[année 003] La vitesse n'a pas de prix ~ Magdalena

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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Mar 14 Jan - 0:26


Sortant de la brume à pas lent, on ne distinguait que ses yeux... hypnotiques.

Si le brouillard épais était bien présent en ce jour, la démarche du pirate n'annonçait pas un meurtre, même si sa patience était mise à rude épreuve. Pas un rayon de soleil, ni même un petit bout de ciel pour respirer...
Solal n'aimait pas particulièrement la Roumanie.
Pays de purée de pois et d'orages perpétuels, elle n'était synonyme de rien de bon pour lui. A part peut-être ses progrès mécaniques, et c'est d'ailleurs pour ça qu'il avait accepté de mettre pied à terre et de s'enfoncer dans les ruelles qu'il trouvait macabres.
Les regards glissaient, s'accrochaient à sa silhouette, les sourcils froncés malgré le grand manteau posé sur ses épaules. Son allure ne passait pas inaperçue, mais le jeune homme n'en avait rien à faire. Il était là pour quelque chose, et peu importe l'esprit étriqué de ces amateurs de grisaille.
Tiraillant sur son col qui le grattait légèrement, Solal relut le bout de papier que lui avait donné le navigateur du Souffle Gris pour mieux se repérer. Il était déjà venu en Roumanie, mais s'en était tenu aux alentours des ports d'attaches et plus il s'enfonçait dans le centre ville, plus il pestait contre tout. Son capitaine, ce roumain de boussole humaine, dont il n'avait manifestement pas le sens de l'orientation. Tout le monde.
Mais c'était simple : le capitaine Trappen voulait leur technologie. Et il l'aurait.
Les Korhza avaient beau être connu à grande échelle, leur demeure n'en était pas moins difficile à trouver pour un étranger, d'autant que personne n'avait voulu répondre correctement, ou poliment à ses questions. La peste soit de ces gens de l'Est.
Le pirate avait donc dû faire avec les moyens du bord, et finalement était arrivé à destination, prêt à obtenir ce qu'ils espéraient de cet inventeur. Une part de lui était excité de découvrir ce qu'ils étaient parvenus à créer, encore plus si cela pouvait servir à la quête de vitesse et de conquête du navire.

Poussant le lourd portail de fer, il avança rapidement jusqu'à l'entrée, frappant fortement contre la porte de chêne.
Des petits pas se firent entendre, et une femme d'un certain âge passa la tête dans l'entrebâillement.
"- Vous désirez ?"
"- Je suis bien chez Madame Korzha ? Pourrais-je avoir une... entrevue avec elle ? "

Les phrases semblaient rappeuses sous sa langue à l'accent sudiste, et même s'il ne montrait pas, le perse avait des difficultés à parler le roumain. Les leçons du navigateur payaient, mais pas assez vite à son goût.
Par sécurité, son passage ne devait pas être connu, et un courrier est bien vite intercepté... Bien sur, c'était un peu barbare d'exiger de la voir, mais après tout il s'était suffisamment renseigné sur Magdalena Korzha pour savoir qu'elle était susceptible d'accepter leur marché sans prévenir la garde montée. La réputation de la savante l'arrangeait bien.
Avait-il été impoli, grossier ?
Manifestement, à moins que ce soit encore un foutu problème ethnique, puisque le visage aussi fripé qu'un parchemin, lui répondit que la dite Madame était trop occupée pour recevoir, avec un air méfiant et presque dégouté.
C'est à peu près ce que Solal comprit, plus à la négation que la raison en elle-même.
Et il s'en fichait comme d'une guigne.
Arguant d'un sourire charmeur qu'il n'était que de passage, pressé, attendu, il finit par perdre patience, poussant d'un coup la porte et la domestique qui recula dans la pénombre du vestibule. Vieille bique.

"- Et bah je l'attendrais... dans... Hmm, là. "

D'un geste, il désigna la pièce la plus proche de l'entrée, sorte de salle de séjour. Enfin, ça devait l'être avant, puisque des caisses, des papiers s'empilaient sur la table basse et les étagères. Quel bordel...
Le sourire qu'adressa Solal à la vieille femme n'avait plus rien de charmant, presque carnassier, et il n'était plus question de dire non. Elle fit encore quelques pas en arrière à la vue de la lame courbe dont l'éclat perçait sous le manteau de l'homme, et disparut.
Surement hurler à corps et à cris qu'un rustre étranger était entré dans la demeure.

Il attendrait, patiemment, le temps qu'il faudrait, mais son intuition lui chuchotait que cela ne durerait pas éternellement vu le raffut que la gouvernante avait dû faire.
Ramassant une liasse de papiers aux arabesques incompréhensibles pour lui, il la déposa à côté du fauteuil dans lequel il s'affala négligemment. Un éclat métallique attira son œil et trop curieux, Solal ne put s'empêcher d'observer sous toutes les coutures l'étrange objet entre ses mains.

Quelques minutes passèrent ; la fumée de sa cigarette commençait déjà à emplir l'air de la pièce.
Solal Yarhi
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Mar 14 Jan - 1:53
« Oh, Madame, Madame ! Faites quelque chose ! Un nègre est entré et il refuse de partir !
- Est-ce qu’il ravage ma maison ?
- Non, mais…
- Est-ce qu’il vole ?
- Non plus, mais…
- …Mais quoi ?
- Faites quelque chose, bon Dieu ! »

Anca tournait en rond dans l’atelier de sa maitresse. Avec une joie malsaine, la veuve la regardait s’arracher les cheveux, se délectant de ce flagrant manque de retenu de la part de sa femme de chambre. Elle qui était habituellement si dure et si rigide ! Tout bas, tout en traficotant quelques circuits, Magdalena gloussait. Quelle femme laissait librement un sauvage se balader dans ses couloirs, ne sachant ni son identité ni ce qu’il désirait ? Celle-là, assurément. Celle qui n’avait de considération que pour sa science, celle qui en venait à vouvoyer ses propres enfants –elles qui, heureusement, étaient retournées en pension, enfin !

Magdalena éprouvait difficilement de la gène à faire attendre ses invités. Ce qui fut quelques minutes devint des quarts d’heure, l’inventeur en avait même oublié la présence des intrus. Anca, dans l’entrebâillement de la porte, surveillait l’homme discrètement, n’osant pas lui dire d’arrêter de fumer. Ses yeux vinrent à lui picoter. Après tout, il s’agissait d’une demeure habitée que par quelques femmes, désormais, et aucune d’elle ne s’adonnait à ce plaisir purement masculin.

Lorsqu’Anca vint à nouveau la sortir de son travail, Magdalena se redressa d’un bond sur sa chaise, jetant son outil sur son bureau et sortit de son laboratoire. S’il fallait qu’elle parle à cet homme pour qu’on la laisse tranquille… La veuve faisait de grande enjambée, parcourant de longues distances en un rien de temps, alors que sa domestique trottinait à ses côtés pour la suivre. La scientifique fut, au moment d’entrer dans le salon, rebutée par toute cette fumée qui s’échappait de la pièce.

Les portes de la pièce s’ouvrirent dans un fracas. « Mais êtes-vous fou ?! » S’écria la maitresse des lieux, s’approchant de l’intrus, arrachant objet et cigarette de ses mains. Magdalena donna la cigarette à sa domestique et celle-ci s’empressa de repartir pour aller l’éteindre. La roumaine regarde, sous toute ses couture, l’objet métallique qu’avait pris l’homme puis, au bout de plusieurs secondes, poussa un soupir de soulagement.

« Chez moi, on ne fume pas. Et surtout, on ne fume pas en tenant un objet susceptible d’éclater si une étincelle devait tomber dessus. »

C’était évident, non ? Non ?! Magdalena ferma les yeux, inspira puis… expira. Nul besoin de s’énerver de la sorte. Gestion de la colère, Korzha, gestion de la colère. Elle rouvrit ses grands yeux bleus, puis les baissa vers l’homme au teint foncé. Un nègre ? Pas du tout, Anca n’avait vraiment aucun sens de l’observation. Sa peau, loin d’être noire mais encore plus éloignée du temps blanchâtre de la grande femme rousse, ainsi que la forme de ses yeux, son accoutrement… Elle en vint à la conclusion que s’il était venu pour voler, ce serait déjà fait. Magdalena recula de quelques pas et s’assied en face de lui. Il avait suscité sa curiosité. Serait-ce un nouveau défi à relever ?

« Qu’est-ce qui vous amène chez moi, monsieur ? Anca, ouvrez la fenêtre je vous prie, je ne veux pas que cette odeur infecte s’imprègne partout… »

Sans aucune doute, il savait qui elle était et lui, elle n’en avait rien à faire de son identité… pour le moment. S’il commençait à se présenter, lui, ses origines, l’histoire de sa vie, elle pourrait bien perdre tout intérêt. Mais s’il était direct, qu’il mettait cartes sur table dès le départ… Elle risquait d’apprécier. Néanmoins, avant qu’il ne puisse répondre, elle lança, dure :

« Si Monsieur Korzha est la personne que vous désirez voir, il est mort l’année dernière. »

Peu arrivent à croire en l’intelligence d’une femme, disant qu’elles se laissaient trop porter par leurs émotions et leurs sentiments. La susceptibilité de Magdalena envers les autres, pourtant, était loin de la freiner lorsqu’elle était en pleine expérimentation.
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Mer 15 Jan - 1:14
On l'avait oublié, manifestement.
Ou bien c'était une manière de le faire déguerpir, mais Solal était plutôt du genre têtu, bouché, même diraient certains des membres du Souffle Gris et il n'avait pas bougé d'un pouce depuis son entrée dans le demeure Korzha.
Évidemment, il aurait pu forcer le passage jusqu' à la personne qui l'intéressait, pointant un de ses pistolets entre les deux yeux de cette vieille peau qui n'arrêtait pas de faire des aller retours à l'entrée de la pièce. Ça commençait d'ailleurs à le démanger, mais cela ne servirait pas ses intérêts. S'il fallait que cette bonne femme se fasse attendre, bien. Tout cela n'était que le début.

Un duel de regards s'était engagé entre le persan et la vieille femme, et Solal ne se gênait pas pour la fixer ouvertement, crachant dédaigneusement la fumée de sa cigarette. Plus la première, ses défuntes sœurs écrasées sous le talon du pirate et s''il avait été un gamin, le jeune homme lui aurait surement tiré la langue.
Il souriait d'autant plus férocement à voir la gouvernante bouillir, les mains liées par la bienséance ancrée dans ses jupons.

Le pirate avait eu tout le temps d'observer en détails l'étrange objet ovale, le faisant doucement glisser entre ses doigts. Son poids, les étranges nervures et aspérités qui le parcourait, cachant quelque chose dont il n'arrivait pas à déterminer la nature exacte. Mais c'était dangereux, ça il en était certain.

Et coup de chance ! la seule capable de le renseigner fit une entrée fracassante dans la pièce, lui piquant son mégot de la bouche et l'objet par la même occasion, en criant comme une forcenée !
D'une colère qui retomba comme un soufflet mal cuit, dans un soupir.
Le jeune homme faillit en rire tout haut devant ce revirement soudain de comportement, haussant un sourcil amusé.
Drôle de femme.
Roumaine, qui lui avait piqué sa clope, et rousse: mauvais points. Pourquoi fallait-il qu'elle le soit hein... ? Mais elle ne s'embarrassait pas de politesse mielleuse, de phrases toutes faites, et ça, Solal appréciait. Vraiment.
Magdalena Korzha était à la hauteur de sa réputation, du moins pour ce qui était du caractère.

" - J'en étais arrivé à la même conclusion. Quelle portée ? "

Oui, et pourtant, il avait continué à garder les étincelles trop proches de l'invention, en faisant toutefois attention à ne pas les mettre en contact, même s'il aurait adoré voir le résultat. Chez un ennemi certainement plus que devant lui.
Le pirate se redressa, les coudes posés sur les genoux et fixa la maitresse de maison dans les yeux. Un rapide sourire insolent était apparu sur son visage, attendant qu'elles aient fini leur cirque, avant de reprendre un soupçon de sérieux.

« Si Monsieur Korzha est la personne que vous désirez voir, il est mort l’année dernière. »

" -Je sais. Ce sont des choses qui arrivent."

Si pendant une seconde, une étincelle d'empathie traversa ses prunelles, chassée bien vite par une certaine indifférence, le ton de sa voix ne trahissait aucune pitié. Il n'était pas désolé.
C'était cruel, mais vrai.
Peu importe comment son mari était mort, Solal n'était pas là pour faire office d'épaule sur laquelle on pouvait pleurnicher. La compassion ne faisait pas partie du jeu, aujourd'hui et la morve, très peu pour lui. Ce qu'il ne connaissait pas à propos des circonstances, il pouvait toujours l'imaginer, l'inventer. La rudesse de la veuve ne le choquait pas, pour lui ce n'était qu'une des conséquences "logique" d'une perte... Une façon de réagir plutôt brutale, mais compréhensible.

"- C'est vous que je suis venu voir. Je viens de la part du capitaine Trappen, du Souffle Gris et vos... inventions nous intéressent. "

Son nom à lui n'aurait de toute façon rien évoquer à la roumaine, et c'était surement mieux ainsi. Elle n'avait pas besoin de détails.
Il fit une légère pause, la laissant digérer les quelques informations qu'il venait de jeter sur la table. Son capitaine avait une sombre réputation, surtout en Allemagne, mais les terreurs circulaient parfois bien vite, au delà des frontières. Si l'on ne connaissait pas ses méfaits sanglants, on était au moins au courant que ses affaires n'étaient... disons pas très nettes.

Ce n'était pas tant une tentative de l'intimider, la menacer directement aurait été bien plus facile, et expéditif quand à l'avenir de leur marché ; mais pour l'informer simplement de qui étaient ses potentiels clients. Et des conséquences en cas de problème.

"- Vitesse. Armement. On est prêts à y mettre le prix, si ça vaut le coup... "

De nouveau, le sourire de Solal rejaillit, un brin moqueur. Il soufflait le chaud et le froid, et adorait ça. Il semblait tendre les rennes des négociations à Magdalena, tout en les lui retirant d'un seul coup. Et tant pis si ça froissait sa susceptibilité.
C'était aussi une manière de pouvoir satisfaire sa propre curiosité. Oui, il était venu la voir, elle. Mais il voulait des preuves : que valait réellement le génie de Korzha ?


Solal Yarhi
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Jeu 16 Jan - 2:14
« Moyenne portée, gros dégâts, mais ce n’est pas son utilité. Je ne fais pas dans les armes explosives. »

Bien que Vasile Duca croyait le contraire ! Même si, à la demande de la Reine Roscat, Magdalena devait mettre les recherches philanthropiques de son époux de côté pour se concentrer sur la défense du pays, tout ce qu’elle créait n’avait pas pour bu de blesser ou de tuer. Loin de là. Même la veuve qui méprisait le moindre imbécile du bout des cheveux au bout des orteils ne c’était pas lancé dans la science, dans l’électricité pour le carnage et la destruction.

L’inventeur ne sut si la réponse brève et sèche du pirate lui plut ou non. Dans tous les cas, ça ne l’intéressait pas. Il était là pour elle et son génie, c’était l’important. Magdalena fit signe à sa femme de chambre de déguerpir et celle-ci s’empressa de quitter la pièce et d’aller tout raconter à la cuisinière de la maison. Il était difficile d’être la domestique d’une femme aussi explosive, il fallait savoir la gérer et Anca en était capable, mais cet homme noir… Ah ! Qu’est-ce qu’il lui filait des frissons dans le dos. À Magdalena, cette couleur ne lui faisait ni chaud ni froid. L’intelligence d’un homme ne se mesurait pas sa capacité à bronzer au soleil et ça, la majorité des européens ne semblaient pas s’en rendre compte.

Magdalena hocha positivement la tête. Tiens donc, ses inventions avaient fleurées jusqu’à une bande de sauvages volants ! Un sourire s’étira sur ses lèvres, mais la veuve gardait néanmoins une expression rigide. La scientifique profita du silence non pas pour digérer la nouvelle mais pour creuser au fond de son esprit, ses pupilles dessinèrent les traits étrangers du pirate sans nom, ses vêtements ainsi que les péripéties de sa vie qui avaient marquées son corps. Elle ne faisait pas dans la déduction d’identité, mais elle devinait à peu près que l’homme n’était pas là pour lui demander d’installer des ampoules électriques sur son navire.

Et puis… Trappen ? Souffles gris ?

« Jamais entendu parler. »

Peut-être que si, mais l’information lui semblant superflue, elle ne s’était pas pris la peine de s’en souvenir. Le prix, bien que peu important, était nécessaires. Les pièces devraient être achetées, et ses compétences payées. Elle figura, dans son esprit, un bateau des plus simples et tenta d’imaginer certaines de ses inventions attachées dessus. Ses yeux se levèrent vers le plafond. L’idée lui paraissait infiniment stupide, mais pas impossible. Il s’agissait donc là d’un défi, un vrai. Reposant ses prunelles bleues sur l’homme, son sourire devint de plus en plus. Que d’excitation ! Néanmoins…

« Mes inventions ne sont pas faites pour voler, et encore moins pour piller. Cependant, ce n’est pas un problème démesuré, je peux y remédier. Avez-vous des plans du… Souffle gris ? De ses installations et avec vous une liste de ses capacités actuelles ? »

Après tout, s’ils devaient traverser une tempête, il serait dommage –ou pas- que ces hommes meurent électrocutés à cause d’une mauvaise installation…
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Sam 18 Jan - 0:12
C'en était une drôle de femme, cette Madgalena Korzha.
Si rigide, si froide. Infernale et égocentrique. Un peu harpie sur les bords. Elle lui faisait penser à ces déesses implacables des contes qu'on lui racontait plus jeune pour lui faire peur (et franchement pour certaines, la comparaison était loin d'être un compliment), en plus dénuée d'intérêt pour ses semblables que les originales, puisqu'elle ne semblait pas se préoccuper le moins du monde des avis des autres, mais surtout de leurs vies.
Et quelque part, elle se foutait aussi de lui... Ce qui était beaucoup moins reluisant.

Mais son sourire reflétait une pointe d'intérêt que Solal ne manquerait pas d'exploiter jusqu'à lui faire cracher tout ce qu'elle pouvait leur offrir.

"- Vous devriez changer de chien de garde. "

Il fit un dernier sourire à l'employée qui s'éclipsait, ou plutôt prenait ses jambes à son cou, comme s'il avait été une bête prête à la dévorer, les jupons avec, mais son attention revint rapidement vers l'inventeur, dont il soutint le regard.
Elle était désormais entièrement attentive à son discours ; les affaires pouvaient commencer, même si la langue du persan fourchait encore sur des mots.

« Jamais entendu parler. »

S'il avait été imbu de lui-même, Solal aurait eu la mâchoire qui se serait littéralement décrochée d'indignation. Mais à l'inverse, il ne put retenir un éclat de rire. Est-ce que c'était de la provoc', une franchise d'une simplicité extrême, ou le signe plus étrange encore d'une vie sociale réduite à... rien ?
Pas que l'équipage du Souffle Gris soit connu comme le loup blanc, surtout ici, mais il ne put pas non plus s'empêcher de penser que le jour où cette femme mettrait vraiment le nez dehors, elle subirait une illumination !

"- Pas grave".

Au début, le pirate s'était dit que la présence de son capitaine aurait peut-être changer la donne, mais il était déjà occupé ailleurs, pour d'autres pièces du navire et étant celui qui, à force, s'intéressait le plus aux machines déjà présentes sur le Souffle Gris, Solal était le mieux placé pour définir leur demande après lui.

Il mit quelques secondes à comprendre le discours de son interlocutrice, puis hocha la tête avant de sortir de sous sa veste brune des liasses de parchemins délavées. Avisant la table basse à côté d'eux, il la tira sans ménagement - tant pis pour les affaires déjà dessus - et les déroula, son sourire répondant à celui de l'inventeur.
Les plans d'un navire fuselé, racé mais de construction plutôt classique se formèrent devant leurs yeux. Cependant sa coque avait été aménagée de sorte qu'on puisse en faire jaillir ou sortir des éléments directement des entrailles du bâtiment, par de sorte d'écoutilles, sans compter la salle immense, crée de toute pièce pour leur moteur.
Bien sur, Solal ne comptait pas lui révéler à quoi servait certaines de ces modifications... Pas sans raison.

"- Vous allez vite en besogne ... Vous vous trompez. Notre but n'est pas de piller ou de détruire... Juste se défendre.
En priorité, la vitesse. On participe aux courses organisées sur Emerald. Nous avons déjà ces machines, mais elles fatiguent. La poussée n'est plus aussi puissante. On veut pouvoir sortir de l'eau d'un coup, fuir un ouragan assez vite. "


Tout en expliquant du mieux qu'il pouvait, le visage et les mains de Solal s'étaient fait le reflet de ce qu'il disait, montrant les plans des machines - volées en même temps que celles du navire, - plantant des prunelles brillantes de sincérité bien qu'acérées... dans celles de Madgalena, la seconde d'après fronçant les sourcils de concentration.
Il avait réfléchi à toute vitesse, osant la contredire et inventer un pieu mensonge de toute pièce. Pari risqué même si les courses n'étaient pour l'instant que des rumeurs bien vaseuses... voyez-vous ça, un Solal sur cette foutue cité volante, là où l'on ne supportait pas le moindre grain de beauté de travers, la bonne blague !
Mais pas impossible dans la bouche du perse, et ça restait faisable si on y réfléchissait bien. En restant caché évidemment.
Le reste n'était que pure vérité, ou presque. Ils y arrivaient encore bien, mais après leur aventure plus que mouvementée avec le Red Wings, le navire n'était plus en aussi bon état.
Compétitif et dangereux, mais dans leur univers l'erreur n'était pas permise d'où la décision de venir se les peler ici.

"- Vous pouvez y faire quelque chose ? Et m'apprendre à ... entretenir les machines ? "

Oui, bon c'était pas le bon mot, mais inutile de la mettre sur un piédestal plus que celui où cette femme semblait déjà se tenir.
Les questions n'en étaient pas vraiment, mais plutôt une incitation à ce que l'inventeur laisse libre court à ses propositions. Madgalena Korzha pouvait le leur fournir, cela Solal en était certain.
Mais ce n'était pas la peine, s'il fallait se démerder tout seul comme un idiot fini devant des inventions sans même un soupçon de mode d'emploi, même suédois ...
Solal Yarhi
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Dim 19 Jan - 2:32
L’homme qui lui faisait face était indéniablement un pirate. Pour quel capitaine, sur quel bateau, dans quel ciel, cela, elle n’en avait rien à faire. Magdalena n’avait pas le sentiment que de connaitre le si fameux nom du Souffle Gris soit un plus à son existence, à sa connaissance. Pourtant, elle avait une mémoire incroyable, capable de se souvenir de conversations ou de détails anodins, d’évènements que tous avaient déjà oublié. Hélas, la veuve n’avait pas cru bon de stocker dans un coin de sa tête les pirates qui survolaient à ce moment même la morne Roumanie. Elle ignora l’éclat de rire de l’homme, préférant se concentrer sur ce qui était plus important.

Lorsque les plans furent éparpillés sur la table, la grande femme rousse se pencha sur eux. Ses pupilles allèrent rapidement d’un trait à l’autre. Silencieuse, elle mémorisait chaque plan, chaque section, chaque indication. Ses doigts gantés se glissèrent sur les feuilles de papier, suivant les imprimés qui composaient l’ensemble du Souffle Gris. Donc ce basané voulait aller concourir dans une ville de racistes en s’équipant dans un pays de raciste. Bien sûr, pourquoi pas ! C’était dans les plus grandes dictatures que l’ont faisait les plus grandes inventions, après tout ! Ses doigts continuèrent de pianoter sur les plans, on devinait qu’elle imaginait déjà ses installations, qu’elle réfléchissait à leur emplacement ainsi qu’à leur forme. D’on ne sait trop où, Magdalena sortit de quoi prendre des notes et retranscrit les dimensions du navire les plus importantes en cyrillique. À côté de certains mots se trouvaient quelques points d’interrogation. Ceux-ci devraient être rapidement comblés si le Souffle Gris voulait gagner de la vitesse.

« Oui, bien sûr, je vous montrerai comment les entretenir ainsi que les réparer. Je vous laisserai des notes ainsi que des croquis qui vous aideront en cas de problème. »

Bien que Magdalena mettait du cœur dans ses machines, il arrivait qu’une mauvaise manipulation les abime et, même si elle se montrait froide et désintéressée du monde, elle ne tenait pas à ce qu’une vingtaine d’hommes meurent noyés suite à une panne bénigne. Ils leur manquaient les connaissances pour pleinement comprendre le fonctionnement, mais ils en sauront assez pour se débrouiller comme des grands !

« Je vais devoir me rendre sur le Souffle Gris. »
Dit-elle en levant les yeux vers l’homme. « Vos plans ne sont pas complets et je pourrais ainsi augmenter vos performances et réduire les malus que causeraient l’apport de nouveaux matériels sur votre bateau beaucoup plus efficacement qu’en me fiant à quelques bouts de papier. » Il faudrait se méfier, une femme sur un vaisseau pirate… C’était la meilleure ! Une femme qui se croyait plus intelligente que tout le monde, qui plus est. Et puis, des pirates… « Ce que vous transportez ou faites ne me regarde pas. S’il y a des choses que vous ne désirez pas que je vois, cachez-les. Lorsque j’aurai fait le tour, je vous dirai une estimation du prix à débourser. Je peux d’ores et déjà vous dire qu’il sera élevé. L’eau et l’atmosphère élevée sont des variables à tenir en compte, sinon… » La fin de sa phrase laissait sous entendre le pire. Bref, elle replia ses notes ainsi que les plans du navire qu’elle cala dans un coin avec ses autres choses sorties de son atelier et se leva, lissant sa jupe. « Je suis prête à voir le Souffle Gris quand bon vous semblera. »

Elle n’avait pas de temps à perdre !

Spoiler:
 
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Dim 19 Jan - 23:31
Si les yeux de Solal avaient d'abord suivi la danse des doigts de l'inventeur parcourant les plans, il s'était plutôt amuser à décortiquer les expressions fugaces et si bien cachées dans le regard clair de la rouquine.
Il cacha un sourire, en s'imaginant les rouages et cliquetis que devait produire ce cerveau tourné à plein régime vers des idées concevables.
S'il ne comprenait pas le comportement de Madgalena Korzha et se retrouvait en face d'elle, avec pour seule arme une franchise acide et une certaine incertitude, il pouvait apprécier cette passion qui se dégageait de son corps. Ça, il connaissait.
Le capitaine l'avait laissé se débrouiller avec cette énergumène roux mais ce n'était pas pour rien. Elle était imbuvable, mais elle semblait en valoir la peine. Comme lui dans d'autres domaines - mais avec moins de mégalomanie.
La roumaine s'étoufferait avec, un de ces quatre. Mais ce n'était pas le problème du pirate qui hocha la tête à ses propos.

Il ne la remercia pas, jugeant que ce n'était ni sympa, ni une faveur qu'elle leur accordait. Simplement quelque chose de logique dans ce qu'il demandait. De toute façon, Madgalena ne serait pas repartie sans ça.
La suite ne lui plaisait qu'à moitié, même si Solal en comprenait la nécessité. Fronçant les sourcils une seconde, il ne pouvait qu'accepter et finit par sourire.
Il n'était pas du genre à penser qu'une femme portait malheur, mais les gars pouvaient être... insistants et le persan n'avait pas franchement envie de voir repartir une furie en pétard, sans rien alors qu'il avait accepté de ne pas être en position de force avec elle.
Et à la fois, ça l'amusait d'avance de voir ce qui se passerait parce qu'une telle femme à bord du Souffle Gris, ça promettait...

Solal ne comprit pas tout des subtilités de ce qui disait Madgalena mais il en captait suffisamment, entre terme compréhensible et expressivité du visage - heureusement qu'elle l'était d'ailleurs !

"- Bien. On y va maintenant alors, si vous êtes prête à louper le diner... et j'suis pas responsable de votre sécurité."
Enfin si, un peu quand même. Garde-chioume roumain n'était pas son job, mais ça serait trop bête de perdre une des seules personnes capable de leur donner une technologie plus poussée encore. Qu'elle voit ce qu'elle n'était pas censée voir pouvait être une complication, mais si elle s'en foutait comme d'une guigne, la rouquine ne dirait rien.
Il se leva, rattrapant au passage un vague papier où était dessinée... une haïtienne très , très légèrement vêtue. Oups.
Il savait maintenant pourquoi cet empaffé de navigateur s'enfermait dans le bureau. "Dessiner des cartes" hein...
Fourrant le dessin dans une de ses poches, il la suivit jusqu'à l'entrée de la pièce.

"- Oh, et je vous l'ai dit. On n'est pas venu vous voir sans avoir prévu votre... paiement."

Des pirates à peu près honnêtes, ça existait, oui Madame.
Quelques secondes plus tard, Solal ouvrait la porte et un sourire moqueur aux lèvres, enjoignant l'inventeur à franchir le seuil et s'enfoncer dans les ruelles.

~

S'il avait d'abord décidé de la laisser mariner dans son jus, ou plutôt dans son bain de calculs et d'invention tout le long du trajet jusqu'au navire, sa curiosité se chargea de faire le contraire.

"- Vous êtes devenue comment... inventeur ? Et l'intelligence n'est pas une réponse."

Lui parler, même si c'était pour récolter des réponses pires que ce qu'il s'imaginait valait toujours mieux que d'arpenter les rues sous les regards outrés, intrigués de ces boueux de roumains. Enfin, presque.

Le pirate ralentit le pas, pour s'engouffrer dans une ruelle qui donnait sur une place presque déserte, plongée dans l'ombre du navire qui se découpait dans les hauteurs au dessus des toitures. C'était un ancrage à l'arrache, mais qui leur permettait de vite décamper en cas de problèmes. Et si cette vision pouvait sembler écrasante, elle ne pouvait que plaire au second.
Il lui semblait respirer correctement à nouveau, que la vue du Souffle Gris lui rendait son âme.
Du même noir acier que son nom, le bâtiment flottait doucement, les voiles penchées à l'horizontale.

Il siffla deux fois, et un long cordage s'écrasa lourdement à leurs pieds.
Sans attendre quoi que ce soit de Madgalena, l'homme la prit par la taille et tira une fois sur leur ascendeur improvisé, s'appuyant une fois d'un pied sur une écoutille pour les faire basculer sur le pont d'un bond.

"-Madgalena Korzha. Bienvenue sur le Souffle Gris !"

Leur arrivée avait attiré les curieux de l'équipage qui étaient resté sur le navire par besoin ou par envie. La coque avait été endommagée lors de leur dernier "accrochage " et ils posaient encore l'enduis. Les trois silhouettes qui se trouvaient sur le pont la saluèrent, dont un basané qui s'approcha avec un sourire équivoque.

"- Hé salut Poulette ! Bah alors je croyais que t'aimais pas les rousses Solal ?!"

Son mélange de roumain et d'espagnol sonnait... étrange, vraiment.

"- Ta gueule Adis, on t'as rien demandé, elle est notre invitée. Vas plutôt chercher Lucian." Le navigateur serait plus qu'utile pour la traduction.
Sans plus se préoccuper du marin qui s'était reculé, bougonnant, Solal se tourna vers l'inventeur sans une excuse, après tout c'est elle qui avait voulu venir non ?
"- On commence par quoi ? les moteurs ? les cales ? "
Spoiler:
 

Solal Yarhi
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Mar 21 Jan - 18:34
Magdalena, femme haute mais svelte, arrivait à se défendre convenablement. Combien de fois ces ingrats de roumains s’étaient jetés sur elle en hurlant « Sorcière ! Sorcière ! » ? L’inventeur roula les yeux vers le ciel, se relevant pour quitter la pièce. Elle remarqua le dessin d’une femme odieuse dessiner en petite tenue mais ne chigna pas. L’important était que le marin reparte avec son esquisse érotique. Occupée presqu’entièrement par des domestiques féminine, celles-ci ne sauraient retenir une crise de cœur devant une telle image. Ils traversèrent quelques ruelles, Magdalena suivant le pirate et ignorant les airs de singe qu’affichaient les habitants en voyant leur sorcière avec un noir.

« J’ai toujours préféré comprendre comment fonctionnaient les objets qui m’entourent plutôt que de parler chiffons autour d’une tasse de thé. »

La mention du thé fit légèrement frissonner la veuve. La description de son parcours, extrêmement brève, expliquait pourtant très bien pour quelle raison la science avait pris son cœur, alors que toutes les autres jeunes filles rêvaient de se marier et d’avoir des enfants. Arrivés à une aire ouverte, Magdalena leva les yeux vers les airs et remarqua la silhouette du Souffle Gris qui se fondait dans le ciel sombre et grisâtre de la Roumanie. Immédiatement, la savante fronça les sourcils, affichant une mine presque dégoutée. Ce bateau volait-il grâce à la machine ? Elle commença à se demander si elle accepterait de mélanger son incroyable science avec de la magie puéril ou… Prête à se perdre dans son esprit trop agité, Magdalena sursauta lorsque la main du pirate se posa sur sa taille. La femme se crispa, sur le point de lever la main vers l’homme mais, quittant aussitôt le sol, elle se ravisa. Ah… Et dire qu’elle s’attendait à une échelle rustique faite de cordages.

Une fois les deux pieds bien posés sur le pont, Magdalena se dégagea de la poigne du pirate et fit quelques pas d’elle-même. Dire qu’elle grimpait souvent sur un bateau volant serait un mensonge. De plus, celui-ci était rempli d’énergumènes de l’espèce la plus primitive qui soit : des pirates. Il s’agissait d’un monde qu’elle ne comprendrait sans doute jamais. Elle répondit au salut des hommes sur le pont par un digne signe de tête. Lorsque l’un d’eux se détacha pour venir accoster la grande femme d’une manière déplacée –quelle idée de traiter une bourgeoise de la sorte !, celle-ci ne cilla pas, fixant le basané de ses yeux bleus sévères. Magdalena avait l’habitude des railleries, quelle qu’elles soient.

« Adressez-vous à nouveau à moi autrement qu’en utilisant le titre de ‘Madame’ et vous verrez pourquoi votre ami n’apprécie guère les rousses. »

Solal –maintenant elle connaissait son prénom !- quant à lui, l’envoya bouler de façon beaucoup moins distinguée, mais tout aussi efficace. Magdalena revint vers le marin puis s’approcha du rebord, posant ses mains sur le vieux bois dont était fait le bateau. Traitaient-ils leur maison comme elle traitait la sienne ? À en voir les dommages qui s’accumulaient sur sa surface, oui. Elle s’appuya davantage sur le bord, jetant un coup d’œil aux bâtiments roumains qui étaient sous elle.

« J’aimerais faire le tour de vos installations, des endroits où vous désirez mettre mes améliorations. L’électricité combinée à l’eau peut être dangereuse, j’aimerais éviter que vous mouriez à votre prochaine sortie de la mer. »

Elle se recula et se retint de frissonner. En hauteur, le vent était beaucoup plus fort et l’air plus froid. L’inventeur, terrée dans ses machineries toute la journée, avait pris l’habitude de vivre dans son petit cocon chauffé. Ses grands yeux allèrent vers Solal.

« Après avoir vérifié les installations, nous irons voir les moteurs. Je dois savoir comment ils fonctionnent pour ensuite penser à comment les améliorer ou… les remplacer. Les améliorer serait l’idéal, je n’ai jamais fait de moteur de bateau. »

Elle continua encore un instant à marmonner, parlant plus à elle-même qu’au pirate. Quand les pensées étaient plus fortes que les paroles…
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Lun 27 Jan - 22:41
"-Hé, ramènes tes fesses. Solal est rentré, et il a besoin de toi. Y'a une .... espèce de poulette roumaine coincée, avec lui. "
Le navigateur releva la tête, sa tignasse brune cachant un peu l'éclat pourtant amusé de son regard d'un marron chocolat moqueur. Tiens donc, une de ses "compatriotes" sur les planches du Souffle Gris ?
Il n'avait jamais considéré les roumains que comme des portes-feuilles ambulants, un peu trop engoncés dans leur principe et leur peur de leur propre folklore.
Lucian ne les aimaient pas, mais il était suffisamment intelligent pour capter que ses origines pouvaient peut-être influencer les négociations. Et Solal était Solal. On ne lui refusait pas ce genre de choses...
Bougonnant pour la forme, il sortit du petit bureau et se dirigea d'un pas tranquille vers le pont, certain de les croiser en chemin.
Et son intuition ne fut pas si mauvaises que ça puisque la navigateur finit par percevoir un timbre de voix inconnu, sec, sérieux jusque dans le corset de sa propriétaire.

Lorsque le second, ayant accéder à la requête de la scientifique d'un haussement d'épaules et d'un simple hochement de tête , finit par entrevoir la silhouette dégingandée de Lucian, il fronça les sourcils.

" -Te voilà... Voici Magdalena Korzha. M'dame, voilà Lucian, notre navigateur. Tu viens avec nous."
Celui la salua d'un sourire, la détaillant des yeux comme pour évaluer les emmerdes qu'elle était susceptible d'apporter ici. Les roumains sont des chieurs, il était bien placé pour le savoir, mais garda ses remarques pour lui, et les suivit.
Ce n'était pas une demande, mais un ordre, succinct, clair. Et à voir la lueur qui flottait dans les prunelles claires du perse, mieux valait filer droit. Solal n'était certes que le second du navire, d'apparence, mais en l'absence du capitaine, sa voix était celle d'un roi.
Et dans cet univers de bois, d'acier et de poudre, il était les lois, le jugement, et la main tendue à la fois.
~
Le persan avait d'ailleurs fait faire le tour du pont à la roumaine, lui montrant où était la sortie d'air comprimé qui leur permettait de se propulser que l'on pouvait voir en se penchant par dessus bord et était monté le long d'un des mats, agile comme un singe, pour décrocher un des mécanismes qui aidaient les voiles.
Rapiécé, il n'était clairement pas dans sa première jeunesse.
Répugnant à le faire, Solal avait pourtant tendu l'objet à la savante.

"-On en perds un, au moins une fois par mois... Pour les moteurs, et le reste, suivez-moi"
~
Sur ces mots, il s'engouffra dans les entrailles du Souffle Gris en direction de la poupe, se doutant qu'elle allait bien le suivre, le navigateur fermant la marche.
Ils dépassèrent les quartiers de l'équipage, antre sombre et secrète... entre odeurs étranges, objets insolites et lubies ou trouvailles lubriques de pirates. Mais il s'arrêta pas non plus dans les larges cales où s'entreposaient caisses obscures et sac en tout genres, canons, et obus avant de s'avancer devant une large salle où ronronnait une machinerie infernale, protégée par une lourde porte.
Elle couvrait la partie arrière de la pièce, jusqu'au plafond, s'entrelaçant entre les poutres de bois et des fenêtre étroites dans la coque supérieure du bateau, bien au dessus de la ligne de flottaison.

"-Il ya encore un étage en dessous, mais pas la peine de vous faire visiter. A part ce que je vous ai montré, c'est la pièce... maitresse du navire."

S'aidant des coups d'œil et de l'appui du navigateur, Solal lui expliqua les principales caractéristiques de l'engin, de sa poussée puissante à son rôle de stabilisateur aérien.
Sous la demande du second, Lucian expliqua la théorie de son fonctionnement à Magdalena mais alors qu'il allait lui proposer de faire une petite démonstration, une petite tête blonde aux yeux en amandes passa l'entrebâillement de la porte.

"- M'sieur ! y'a des gardes qui se ramènent d'ici dix minutes !"
L'avantage de voir en hauteur, c'était qu'on pouvait prévoir un minimum ce qui risquait de leur tomber sur le coin du nez, et par prudence, la jeune britannique avait préféré prévenir le pirate.
Il y avait peu de femmes dans l'équipage mais ce n'était pas pour autant qu'elles n'étaient pas positionnées à des postes stratégiques, tels que mécano ou encore chargées de la vigie.

" - On se tire ! on revient d'ici demain, Cat', descend et trouves le capitaine, expliques-lui. "
"-Quoi, mais ... "
" - Fais ce que je te dis ! et vous, là, vous aimez les machines ? vous allez nous aider !"

Ni une, ni deux, il lança dans les mains de Magdalena une paire de gants, la planta au milieu de deux autres mécaniciens et fila à la barre du navire, aboyant des ordres, pour qu'enfin le navire s'ébranle et quitte le petit quartier tranquille. En apparence.
D'un point de vue extérieur, Solal venait de signer sa propre mort à prendre une telle décision, mais vu ce qui trainait encore dans leurs caisses... c'était peut-être mieux que finir pendu.
Son capitaine comprendrait, enfin... en temps et en heures. Et cette bonne femme aussi, une petite virée loin de son atelier, ce n'était pas la mort non ?
Spoiler:
 
Solal Yarhi
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Sam 1 Fév - 22:00
Alors que Solal grimpait partout, Magdalena préféra rester au sol et le regarder aller, écoutant attentivement ses instructions qu’elle grava dans un coin de sa tête, certaine de s’en souvenir. Et pour les détails plus complexes qui, au bout d’un moment, pourrait être déformés par son esprit agité, elle les nota dans ses papiers, n’oubliant quelques croquis d’accompagnement. Elle attrapa entre ses doigts la pièce rapiécée qu’il lui tendit et se promit d’y faire quelque chose, d’en construire une plus solide qui n’aurait pas besoin d’être bricolée toutes les semaines.

Lorsqu’ils s’engouffrèrent dans le navire, plusieurs odeurs vinrent fleurer les narines de la savante. De l’alcool, de vieilles choses, des mâles primitifs, des mois et des mois en mer à se rouler dans sa propre crasse. Magdalena ne craignait pas la saleté, la science qu’elle pratique n’était pas des plus limpide, mais elle ne pouvait s’empêcher de serrer les dents. L’on dira que la nature de pauvre femme la rattrapait au galop et ce n’était pas faux, elle préférait les fragrances de fleurs à celles des pirates.

Un sourire s’étira sur les lèvres de l’inventeur lorsqu’ils arrivèrent dans la salle des machines, oubliant toutes ces drôles d’odeurs au passage. Magdalena s’approcha des machineries, visiblement très intéressée et commença à les identifier, à les imaginer mentalement pour voir les améliorations qu’elle pouvait apporter. Elle écouta les deux hommes, associant leurs paroles à ce qu’elle voyait, construisant ses propres théories. Elle se dit qu’au passage, elle se renseignerait davantage sur les navires comme le Souffle Gris.

Comme tous les autres, elle se tourna vers la petite tête blonde, à moitié surprise de voir une femme sur un navire pirate. Les laissant se préparer, elle reporta son attention sur les moteurs. Au passage, elle rattrapa les gants mais fut réticente à les enfiler. Qui avant elle avait mis ses grosses mains là-dedans ? Elle les glissa donc à sa ceinture et, même si Solal s’attendait sans doute à ce qu’elle participe avec les mécaniciens, recula de quelques pas pour se mettre en retrait et prendre d’autres notes. S’ils allaient vraiment fuir, c’était l’occasion de voir de quoi étaient capable ces machines !

Au moins ici, il faisait moins froid.

Alors qu’ils étaient occupés, Magdalena tenta d’échanger quelques mots avec les mécaniciens. S’ils parlaient mal roumains, elle parlait très bien l’espagnol, langue internationale de cette très chère Europe. Ils avaient leur langage bien à eux, leurs termes ainsi que leurs expressions. Cela ne gêna pas énormément la savante qui n’hésitait pas à poser des questions. Prétentieuse, elle pouvait l’être mais un vrai scientifique ne cessait jamais de se remettre en question et là, Magdalena Korzha l’avouait : Elle n’y connaissait pas grand-chose en bateau volant.

Lorsqu’elle jugea avoir récolté toutes ces informations, elle fit le chemin inverse et se retrouva sur le pont. Elle demeura calme, en retrait, ne désirant pas déranger l’harmonieux travail des pirates et s’approcha du bord. Ils s’étaient déplacés, elle en était consciente, cependant, elle ne s’attendait pas à voir un paysage tout à fait différent sous ses yeux lorsqu’ils se posèrent sur la terre ferme. Magdalena se redressa et mit sa main près de son visage pour bloquer le vent. Elle leva la tête et chercha Solal du regard. Lorsqu’elle l’eut repéré, elle se fraya un chemin non sans se faire rentrer dedans par l’un des matelots et se rendit jusqu’à lui.

Aucune question par rapport à leur position, rien sur la raison de cette fuite, juste :

« Quand rentrons-nous à Bucarest ? »

L’on devinait à son ton de voix qu’elle n’avait pas envie d’être là, à tanguer sur un vieux tas de bois qui volait. Une petite secousse lui fit perdre l’équilibre. Elle agita les bras pour se rattraper, réussissant assez miraculeusement à ne pas tomber. Remercions ces grands robes que les femmes portaient, qui vous rajoutaient du poids et vous empêchaient de vous envoler à la moindre rafale de vent.
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Dim 2 Fév - 21:55
Comme une pièce maintes et maintes fois répétée, les silhouettes s'activaient à bord du Souffle Gris, exécutant une danse bien huilée, empreinte d'excitation malgré le petit nombre. Et il fallait le faire vite et bien. L'enjeu n'était pas le même qu'en plein ciel, mais ça n'en était que les prémices, la répétition tranquille.
La manœuvre avait été un peu longue du fait qu'il manquait une partie de l'équipage, mais le navire avait quand même bien vite filé des ruelles de la ville, en témoignait la chaleur dégagée par la salle des machines.

Solal n'y était pas retourné depuis qu'il avait laisser Madgalena là-bas, l'oubliant littéralement et faisant confiance aux mécaniciens. S'il y participait de temps à autre, le pirate n'en était pas pour autant un expert, et en l'absence du Capitaine, le navire avait besoin de lui à la barre, tonnant des ordres d'une voix qui ne souffrait aucune contestation. Au risque de passer dessus bord.

"- Réduisez la voile, on va continuer un peu plus vers le nord. Sylver, tu crochèteras l'ancre quand je te le dirais... "

Les bruits caractéristiques de la ville de fer s'étaient estompés, ne laissant que le sifflement du vent dans les gréements atteindre ses oreilles. Sans qu'il en ait conscience, ses doigts caressaient le bois sombre du Souffle Gris. Par caprice, il aurait bien donner l'ordre d'une cadence plus forte encore, juste pour ressentir l'espace d'une seconde l'adrénaline du moment où le navire se décrassait enfin et prenait une poussée fulgurante au dessus des nuages pour filer loin de ce pays.
Ils en auraient bien l'occasion, il y avait encore de quoi s'amuser en avant de mettre les voiles en direction du Sud. Pour l'instant, il fallait patienter et revenir chercher ceux qui manquaient encore à l'appel, et Solal n'avait pas une mutinerie à l'esprit. Pour l'instant.

« Quand rentrons-nous à Bucarest ? »

Il se retourna à la vue de la robe bouffante sous les coups de vent de la savante. Tiens, elle était encore là, celle-là ?
Bon, il se retint de formuler sa pensée, se contentant de la toiser avec amusement, un sourcil levé, alors qu'elle avait failli perdre l'équilibre. Classique, quand on ne jurait que par le plancher des vaches. Bien sur, il ne l'aurait pas laisser basculer par dessus bord... il lui fallait une bonne raison.

" - Quand on l'aura décidé. Demain surement. "
Non, on ne ferait pas les choses au gré d'une bonne femme, et Solal était bien décidé à lui faire comprendre, toute inventeur de génie qu'elle pouvait être. Elle resterait là, et passerait la nuit sur le Souffle Gris, que ça lui plaise ou non.

Devant la mine mécontente de la roumaine, il ne put s'empêcher de rire un peu.

"- Ça va pas vous tuer de passer la nuit avec nous. On va pas vous manger. " Erreur de langage ou provocation, Solal ne rectifia pas ses mots, conscient du double sens, mais toujours un sourire malicieux au bord des lèvres. Il s'amusait des mimiques purement bourgeoises de la veuve Korzha.

" - Alors ? pour les moteurs ? "

Elle devait l'avoir compris implicitement. Le Souffle Gris ne pouvait pas se permettre de rester trop à la vue de tous et d'attirer potentiellement l'attention. Oh, l'équipage de Trappen n'était pas considéré comme un danger public ... Mais la suspicion des roumains. On ne savait jamais où ça pouvait mener... Et le billot de cette foutue reine n'était certainement pas leur première destination, pas même après lui avoir rendu une petite visite.

Détournant son attention de Magdalena, Solal fit signe à un des marins, qui lança l'immense ancre dans le champ en friche juste au dessous d'eux. Le choc contre le sol secoua le navire, si bien que le persan rattrapa l'inventeur et l'amena à hauteur de la barre, comme amarre improvisée le temps que la lourde chaine arrête de faire tanguer le Souffle Gris.

L'équilibre revenu, il lui fit signe de le suivre vers les cabines.
"- Vous pouvez vous installer là en attendant, si vous avez tout ce qui vous faut. "
Solal Yarhi
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Mar 4 Fév - 2:01
…Demain sûrement. Demain ?! Elle serra les bras, mécontente. Sur ce navire, ce n’était pas elle qui décidait et elle devait dorénavant vivre avec. Magdalena fit quelques pas, tourna en rond sur le pont. Dormir hors de chez elle n’était pas un problème, pour le peu qu’elle dorme, mais avec tous ces hommes… tous ces pirates. Elle ne craignait ni pour sa personne ni pour sa vertu, mais jamais elle ne trouverait le sommeil sur un gros bidule de bois volant.

« J’aurai du fil à retordre, mais je ne recule jamais devant un défi. »

Lorsque Magdalena imaginait des moteurs de bateau, très peu de choses s’esquissaient dans son esprit. Quelques rouages et machineries bougeaient devant ses yeux, mais tout était flou et déformé. Quelques recherches et coups d’œil sur ses croquis lui permettront sans doute d’élargir ses connaissances et d’optimiser les capacités du Souffle Gris.

Lorsque Solal rattrapa la savante au moment où le bateau se secoua, elle marmonna de distraits remerciements, tapotant sa robe pour en replacer les plis. Elle suivit le pirate jusqu’aux cabines et prit plusieurs secondes pour observer l’endroit dans lequel il la jetait. Elle leva les sourcils, lèvres légèrement entrouverte. Son souffle s’allongeait, comme si juger silencieusement cet emplacement lui coutait énormément. Elle leva ses grands yeux vers Solal et déclara :

« Hors de question que je dorme ici. »

Néanmoins, elle y posa ses quelques notes, ajoutant presque pour elle –même « Je ne suis pas réveillée depuis bien longtemps, alors… » La veuve Korzha, depuis la mort de son mari, ne dormait plus à des heures précises et raisonnables. Elle trouvait le sommeil quand celui-ci venait la frapper de plein fouet, au moment où son corps ne pouvait plus lutter. Aujourd’hui, comme de nombreux jours, elle resterait réveillée tard la nuit, incapable de faire taire ses pensées. Elle fit quelques pas, promena son regard sur la petite pièce. Ce n’était pas sa chambre jolie chambre mais, si elle ravalait son orgueil le moindrement, elle pourrait trouver le repos en temps et heure. De toute manière, demain était encore loin.

Elle s’avança vers la porte, prête à retourner sur le pont malgré le vent froid qui lui glaçait les bras et, au passage, lança :

« Au fait, je ne mange ni viande ni poisson. »

Puis sortit, comme une reine, comme le génie qu’elle était.
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Jeu 6 Fév - 2:06
Si la première réponse de la veuve Korzha tira un fin sourire à Solal, la suite lui plût beaucoup moins. Madgalena était peut-être un génie, une femme plus intelligente que lui, et certainement plus que la moitié de l'équipage, elle n'en restait pas moins une horrible grande bonne femme, excentrique et engoncée dans ses habitudes de petite bourgeoise.

« Hors de question que je dorme ici. »

Haussant un sourcil, le pirate continuait à sourire, sans répondre. Parce qu'elle croyait encore pouvoir régir son petit monde ? Si elle voulait roupiller à même le sol, ce n'est pas lui qui allait l'en empêcher, loin de là. L'inventeur ne semblait pas se rendre compte du luxe que le second lui offrait, les cabines servant habituellement plus de débarras qu'autre chose... Certes ce n'était pas son petit confort, mais hé ! qui avait demandé à voir les installations autrement que sur des plans ?
Autant que la scientifique assume ses décisions maintenant ! Et Solal était bien parti pour la laisser ruminer dans son coin sur le fait que les équipages pouvaient être des rustres finis, quitte à en rajouter une couche pour que ses cheveux roux se dressent sur sa tête, quand la principale concernée précisa son .. régime alimentaire.
Il se retourna pour la fixer, amusé et agacé, mais surtout se demandant jusqu'où l'excentricité de la veuve allait...

" Parce qu'en plus vous croyez qu'on a autre chose à vous proposer ? "

Sans attendre de réponse Solal la laissa seule pour s'engouffrer dans les cales. Certes, elle était leur invitée, mais malgré tout ce qu'elle pouvait leur apporter, il n'était pas là pour être son chaperon. Et franchement... Elle était bien le genre de femme à ne pas écouter et à farfouiller partout sur le navire. Une rousse. Roumaine de surcroit, c'était couru d'avance ! A quoi cela servirait de lui dire de ne pas fourrer son nez ailleurs ?
Le persan se promit quand même de la garder à l'œil, après tout ... en tant qu'invitée, elle n'allait quand même manquer de se joindre à eux.

Quelques heures plus tard, alors que des clameurs s'élevaient d'une des cales, la silhouette du pirate s'appuyait contre le chambranle de la cabine attitrée à Magdalena. Il avait quand même frappé, mais sans réellement attendre une réponse de la scientifique pour ouvrir.

" - Vous venez ? le dîner est servi !"

Dîner où l'on buvait plus qu'on ne mangeait réellement, mais ça, Solal n'allait pas le préciser tout de suite. L'ambiance allait la dérider un peu, la veuve, ou au pire la vexer mais ça ferait des économies...
Le pirate l'entraina dans la salle d'où s'échappaient des rires et des claquements d'assiettes, et poussant légèrement un des fusiliers, il incita la roumaine à s'installer entre eux, et s'assit juste à côté. Très vite, il lui fourra une assiette et une chope de bière entre les mains.
Elle n'avait pas le choix. Après tout elle était si bien si élevée, elle n'allait pas pinailler comme une enfant devant ce ragoût de légumes, non ?

" - Bon appétit ! "

Au début, le reste de la tablée l'ignora un peu, puis finit par lui faire la causette sous le regard attentif de Solal ( certaines questions ... et bien disons que pour détendre l'atmosphère, n'étaient pas forcément bien choisies) , pour finalement l'intégrer naturellement dans la tournée des chopines à remplir et re-remplir.
Il y eu un tour de table, puis deux... puis trois et déjà quelques visages commençaient à prendre de jolies teintes mordorées sous la lumière des lanternes, alors qu'un des gars commençaient à entonner une chanson, suivi par d'autres ... plus ou moins dans le ton et le rythme.

Légèrement avachi dans son fauteuil, Solal se pencha vers Magdalena, remplissant de nouveau sa chope, avec un regard d'avertissement face à ses mimiques.

"- Ici, c'est une insulte de ne pas boire et ne pas chanter ... et il y a aussi une coutume sur ce navire. En tant qu'invitée, vous devez la respecter. " La malice dans son regard n'annonçait rien de bon pour la veuve, enfin, de son point de vue à elle surtout. Pour le persan, c'était une façon simple de lui souhaiter la bienvenue... malgré tout.
Si elle voulait rester une espèce de pestiférée roumaine sur le navire flottant, libre à elle, mais Magdalena Korzha ne pouvait pas dire que les pirates n'avaient pas le sens de l'hospitalité !

" - Racontez-nous un de vos voyages, un récit ... "

Solal Yarhi
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Ven 7 Fév - 4:52
Magdalena semblait parfois se plaindre que pour la forme, elle jeta un regard blasé à Solal et prit place sur ce qui serait son lit pour la durée du voyage. Il partit de son côté diriger son équipage et elle, préféra s’isoler dans sa cabine. Elle était mitigée : La veuve désirait voir comment fonctionnait un équipage, les secrets que cachait le Souffle Gris mais, de l’autre côté, la solitude n’était pas de trop. Et puis, toutes ces idées qui germaient dans son esprit ne se mettraient pas seules sur papier… Ah ! Elle déplaça quelques meubles pour se mettre à l’aise dans sa cabine, étala ses notes ainsi que ses plans et ferma les yeux pour trouver la concentration. Le navire tanguait, suivant le flot du vent des airs. Magdalena mit du temps à s’y habituer, à concilier son crayon aux mouvements du vieux bois qui avait du voir mille et une bataille.

Les heures défilèrent sans qu’elle ne s’en rendre compte.

Claquant ses mains sur son plan de travail, Magdalena se redressa d’un coup sous la surprise. Elle se tourna vers la porte, main sur le cœur, dardant sévèrement Solal. Imbécile, imbécile ! Ne pouvait-il pas faire plus attention ? En se remettant de ses émotions, la veuve Korzha se leva et suivit Solal. Les rires de bons grands pirates attaquèrent ses oreilles, les ustensiles qui s’entrechoquaient eut tôt fait d’agresser la pauvre bourgeoise. La savante se tassa entre les deux pirates. Très peu large, plutôt malingre même, elle se glissait bien de manière inaperçue. Du bout de sa fourchette, elle piqua quelques morceaux, prenant bien soin de les vérifier. Hors de question qu’un être ayant été vivant se glisse entre ses lèvres ! Elle mangea les légumes mais les bouts les plus louches demeurèrent dans son assiette. Lorsque son voisin de table daigna lui accorder de l’attention, elle écarquilla grand les yeux. Elle ? C’était à elle qu’il parlait ? Magdalena lui répondit dans la langue qui lui semblait la plus populaire à la tablée, l’espagnol sans doute. D’abord, elle était un peu gênée, ne sachant pas trop quel comportement adopter face à ces énergumènes mais, rapidement, alors qu’elle buvait inconsciemment le contenu de son verre, elle réussissait à parler. Et puis, un verre ne la tuerait pas, si ? Si seulement elle remarquait qu’à côté, alors qu’elle était trop distraite à discuter, l’on remplissait son verre à mesure !

Magdalena se recula sur son siège et tendit l’oreille à Solal. Elle ouvrit la bouche, prête à protester, mais la referma bien rapidement pour connaitre la suite. S’adossant à sa chaise, elle leva les yeux au plafond et réfléchit.

« Un voyage ou un récit, hmm… »

Elle ne savait pas quoi dire. Elle réfléchissait à bien des choses, ses aventures en Angleterre ainsi qu’en Allemagne, les deux pays les plus développés de l’Europe. Elle n’aimait pas l’Espagne, pas après ce qu’il s’était passé… Oh, peut-être pourrait-elle leur raconter. Hélas, ce n’était pas une histoire de coucherie grotesque ou une épopée épique. « Je n’ai pas beaucoup d’histoires, je préfère rester dans mon atelier… » Sa phrase semblait en suspens, comme si elle s’apprêtait à continuer. Elle revint vers la tablée, s’y appuya les coudes et prit une gorgée de son verre d’alcool.

« Lors de mon dernier voyage en Espagne, j’ai du y rester plus longtemps que prévu… » Elle plissa les yeux, concentrée. « J’étais au calme, à l’hôtel, lorsque le valet du prince de France débarqua, dégoulinant de sueur en disant que Viorica avait kidnappé le prince. » Ses yeux s’agrandirent, comme si la chose lui paraissait tout autant ridicule. Ce n’était pas tout à fait ce qui s’était passé –il y avait mention de sa fille et de kidnapping, mais…- « Lorsque je suis allée les chercher, ils étaient entourés d’androïdes qui menaçaient de leur briser le cou. » Elle fit des mimiques avec ses mains. « Parce que je suis une femme, ils ont cru pouvoir me mettre à terre, hélas, ce fut eux qui se retrouvèrent à embrasser le sol. Bande de crétins… Ce n’est pas un bras en métal qu’il fallait leur greffer, mais une cervelle… » Elle soupira, reprenant son verre et, y jetant un coup d’œil, elle sursauta en regardant Solal.

« Mais… Mais vous venez de le remplir ?! »

Et ce n’était pas sa grosse intelligence qui allait sauver sa faible constitution de l’ivresse des pirates.
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Dim 9 Fév - 20:11
Spoiler:
 


S'ils pouvaient être terribles quand on venait leur chercher des poux, ou à l'approche de leurs proies, les pirates du Souffle Gris n'en étaient pas moins sympathiques avec un verre dans le nez et l'ambiance qui régnait dans la pièce était plus que bonne enfant. Pendant quelques heures, oubliées les frustrations passagères, les coups de gueules ... Rien ne comptait plus que se remplir la panse en compagnie de ses compagnons.
Lorsque Magdalena commença à raconter son histoire, d'abord hésitante, Solal envoya une pichenette à son voisin pour qu'il ferme son grand caquet et écoute ... Tout comme le reste de la tablée qui prêta une oreille attentive aux propos de la roumaine.
Au départ, plusieurs haussèrent un sourcil, ne voyant pas très bien où elle voulait en venir, mais dès lors que les androïdes sortirent de sa bouche, ils se penchèrent en avant pour mieux entendre. Certains coups d'œil furent échangés rapidement mais aucune remarque ne filtra.

Chacun sur le Souffle Gris avait sa propre opinion sur les androïdes qui n'étaient plus une légende depuis un bail parmi eux, même si le capitaine "encourageait" tout le monde à observer une discrétion totale sur ses idées, et à adopter une certaine tolérance. S'il leur laissait une liberté parfois troublante, le sombre Trappen pouvait être intransigeant sur certaines choses, celle-ci en faisait partie, même quand il était absent. Habitude prise à coup de baffes distribuées et de regards tueurs.

Quoi qu'il en soit, les prunelles de l'équipage brillaient d'un vif intérêt au récit de l'affrontement entre cette femme étrange et les androïdes qui en voulaient à ses gosses. Il y eu des rires gras à la réflexion de la veuve Korzha, dont celui de Solal, qui lui visait plutôt la chopine de sa voisine.
Elle avait joué le jeu, mais le pirate en voulait plus, et il trouvait que la roumaine, même rousse, avait une bonne descente. Pour l'instant. Autant en profiter n'est-ce pas ?
D'autres étaient restés un peu sur leur faim, et c'est pour ça qu'un des boucaniers se pencha vers elle en lui lançant un merveilleux sourire quelque peu... édenté.
La fée des dents avait dû passer par là.

" Vous êtes une tigresse Señora ! Et comment vous vous y êtes prises pour les envoyer bouffer le sable ? Racontez- nous !"

Si ça lui avait effleuré l'esprit, il ne doutait pas forcément des dires de la savante, mais était plutôt poussé par une curiosité naturelle pour le combat, ce que beaucoup ressentait autour de la table. Le second, lui se posait quand même la question. Niveau caractère, il était sur que Magdalena était redoutable, mais en combat avec des androïdes ? à moins qu'il ait loupé un passage, et ça n'aurait pas été étonnant vu la dose d'alcool déjà présente dans ses veines, il était bien curieux de savoir comment elle avait fait.

Et à propos de rhum...

« Mais… Mais vous venez de le remplir ?! »

" Mais pas du tout !"
Solal affichait une mine tout à fait innocente, mais du bout des lèvres, un fin sourire menaçait de poindre, si bien qu'il finit sa phrase d'un grand éclat de rire. Il avait fait ce geste machinalement, sans se préoccuper de ce qu'une dame pouvait, ou devait boire.
Et puis, Magdalena était cernée : si ce n'était pas lui qui lui remplirait son verre, ça serait son voisin de droite.

"- A la señora Korzha, redoutable tueuse d'androïdes !"
On dira plus tard que le surnom fût trouver en d'autres circonstances, bien plus héroïques, et moins alcoolisées...

Mais à peine cette déclaration inconnue résonna que les pirates autour de la table se mirent à taper des mains sur le bois, imposant un rythme soutenu aux encouragements.
Solal se pencha vers elle, lui chuchotant que maintenant, elle était obligée de boire !
Les poings et les choppes frappaient la table ,la faisant trembler et d'un voix légèrement éraillée, le navigateur commença à chanter, entrainant au fur et à mesure le reste de l'équipage dans son

" Miss Korhza on a dead man's chest
Yo ho ho and a bottle of rum.

Drink and the devil had done for the rest
Yo ho ho and a bottle of rum.... "


Sous l'impulsion de la chanson, Silver, un des pirates irlandais de l'équipage, sortit ce qui semblait être un violon encore en état et profita de l'allégresse pour entamer un autre chant que tout le monde reprit ... avec plus ou moins de succès, bras dessus, bras dessous, intégrant Magdalena comme si elle avait toujours été avec eux.
Les accents de chacun donnait à la chanson une note étrange, un peu discordante mais, qui s'en souciait vraiment ?

Les bouteilles s'enchainaient, au rythme des histoires des marins qui avaient rebondi sur l'aventure de la savante roumaine, passant des rencontres avec des androïdes tous plus étranges les uns que les autres, aux monstres des mer. Ne cherchez pas la logique, il n'y en avait plus depuis un bon moment...
En une soirée, ils avaient refait le monde.
En quelques heures, Magdalena Korzha avait surement pris la plus grosse cuite de sa vie.
Et ce ne serait peut-être pas la dernière...
Solal Yarhi
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Mar 11 Fév - 1:27
Laissant peu à peu la bienséance de côté, Magdalena s’était accoudée sur la table et se penchait vers l’avant pour réduire la distance qui la séparait des pirates. Si elle avait été debout, nul doute qu’elle ne saurait plus suivre une ligne droite. Repoussant son assiette, elle plissa les paupières et darda directement le boucanier. Avec sa grande crinière rousse, la veuve faisait un félin redoutable ! Magdalena étira un sourire malin et posa son index contre ses lèvres roses.

« C’est un secret ! »

Un rire se fit entendre et elle se recula sur son banc. La savante ne sortait pas sans arme, imminente sorcière au service du vilain, elle prenait ses précautions. Les pirates ne l’inquiétait pas, mais l’alcool brouillait son esprit et altérait son jugement. Il lui en fallait peu pour hurler « Je suis un monstre ! » faisant aussitôt référence à ses excès de colère qui lui donnaient une force surhumaine et une rage incontrôlable.

La veuve Korzha jaugea Solal, ne le croyant pas du tout. Son verre était à la moitié la dernière fois qu’elle l’avait regardé ! Rho, saleté de pirate ! Elle décida de ne pas lui en tenir rigueur et but une gorgée. Puis elle sursauta, agrandit ses yeux à ce nouveau surnom fraichement trouvé. Les hommes commencèrent à s’agiter et à danser, Magdalena se sentit d’un coup un peu bousculée. Elle n’appréciait pas le vacarme, préférant le doux bruit de la machinerie au ricanement creux d’autrui. Terminant son verre, se disant que le rhum allait la rendre sourde, elle se laissa finalement emporter par le rythme des chansons.

Elle ne reconnaissait pas les paroles, mais dodelinait de la tête en suivant la musique. Magdalena ne faisait pas preuve d’exubérance, mais on voyait bien qu’elle était beaucoup plus légère qu’à son arrivée sur le navire. Attentive, elle écoutait les histoires décousues des autres marins, acquiesçant à certains, grimaçant à d’autres.

« Sol… lal… »

Elle balbutia, posant lourdement sa main sur le bras de l’homme. Elle voulut se lever mais son propre poids l’obligea à se rasseoir. Ah, elle se sentait toute drôle. Battant des paupières, elle se pencha vers le pirate, lentement et, d’un coup, elle se redressa.

« Vous… vous le regretterez… mais demain, aujourd’hui je suis trop… Oh… Où sont mes gants ? »

Lorsque le plus grand génie de la Roumanie perdait l’esprit, il ne lui restait plus grand-chose pour elle. Magdalena, dans un élan de courage mais surtout d’ivresse, tenta à nouveau de se lever et le fit avec succès. Hélas, lorsqu’il fut le temps de lever ses mains de la table et de marcher seule, elle trébucha dans une choppe qu’un autre pirate avait sans doute échappé là. Pour augmenter son équilibre, Magdalena attrapa la longue tresse rousse qui venait de passer par-dessus son épaule et s’en servit comme appui, grimaçant au passage. Tenant faiblement sur ses pieds, elle fit quelques pas vers la sortie jusqu’à ce qu’un vent inconnu vienne la faire basculer sur le côté. La veuve s’accrocha au fusiller qui passait par là et étira un large sourire plutôt idiot.

Qui sait, après ça, jusqu’où avait vagabondé Magdalena Korzha.
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Jeu 13 Fév - 2:27
S'il avait pensé au départ que Magdalena Korzha était une personne irrécupérable, engoncée dans ses principes de petite bourgeoise, le sourire de plus en plus large qui fleurissait sur les lèvres de la roumaine, montrait à Solal qu'il s'était trompé. Finalement, elle pouvait être ... agréable, avec quelques verres dans le nez !
Sans s'en rendre vraiment compte, il avait posé sa main sur son épaule, dodelinant avec elle au rythme de la musique, tapant du pied pour marquer la cadence de la chanson, que lui connaissait pratiquement par cœur.
L'avantage, avec un équipage aussi hétéroclite que celui du Souffle Gris était qu'on finissait par connaître la plupart des chansons paillardes du monde qu'on partageait autour d'une bouteille de rhum. D'ailleurs, où était passé la sienne ?
D'un air presque surpris, le pirate dû conclure qu'il l'avait fini... ou que son voisin de table en avait profité pour l'aider à la finir, vu les rougeurs qui ornaient sa face.
Il avait glissé la tête sous la table, à la recherche d'une autre lady à la robe doré, à croire que le léger rire qui sortait de sa bouche n'était pas assez vaporeux, quand l'inventeur l'interpella.
D'un coup un peu trop vif, il buta contre le bord et jura trop fort, avant de se retrouver nez à nez avec Magdalena. Il lui souriait comme un damné.

« Vous… vous le regretterez… mais demain, aujourd’hui je suis trop… Oh… Où sont mes gants ? »

Pendant quelques secondes, le forban la fixa, avant d'éclater d'un rire franc.

" - Si vous vous en souvenez... J'sais pas. Oyes les gars, la dame a perdu sa culotte !"
Ah non, ce n'était pas tout à fait ça... Bah, c'était la même chose. Il fallait croire que Solal, même bourré, gardait cette capacité à provoquer les gens, comme une seconde nature.
Sitôt dit, quelques têtes se tournèrent vers eux, en se bidonnant comme des braves mais aucun de bougea de son siège - trop dangereux- pour chercher ce qu'avait perdu la savante.

Ça ne devait pas être si important car l'instant d'après, elle tanguait à l'entrée , accoudée à Silver, comme si c'était le comportement le plus naturel du monde. Le reste se perdit dans les vapeurs d'alcool et de rires, tard dans la nuit.


Complètement avachi entre deux de ses hommes, son écharpe lui cachant à moitié le visage, le second du Souffle Gris grogna, avant de s'appuyer sur un des corps à côté de lui, en essayant de remettre les choses dans l'ordre. Rhum. Chansons. Rhum,... et encore du rhum. Ah, la rousse.
Une insulte en arabe lui échappa alors qu'il tentait de savoir où pouvait bien avoir disparu cette foutue bonne femme, bien éméchée dans son souvenir. Solal rigola légèrement. Elle s'était bien déridée, la bougresse, mais où était-elle ? Il ne se souvenait absolument pas de la façon dont c'était terminé la soirée.

Le pirate ne l'apercevait pas dans la salle, et chopant ce qui semblait être son manteau, il partit à sa recherche, tel un ours sorti trop tôt de son hibernation, mais avec un sourire vaguement idiot sur les lèvres. Il mit quelques minutes à véritablement se réveiller, s'alluma un cigare à l'extérieur.
Le pont était désert sous la légère brise humide de la matinée, et Solal fronça les sourcils en ne voyant personne dans la cabine. Bon ! Une pointe de stress lui traversa l'échine... elle n'aurait quand même eu l'idée totalement stupide, de vouloir prendre l'air??

Mais non, aucun cadavre à déclarer aujourd'hui... Magdalena, elle, était confortablement endormie dans un des lits des quartiers de l'équipage, emmitouflée dans une couverture, et ... pas seule. Il haussa un sourcil, se retenant pour ne pas éclater de rire.
Dommage que le persan ne possède pas un de ces fameux appareils photographiques, il aurait à coups surs immortalisé cet illustre moment.
A ses côtés, la tête plongée dans l'oreiller, un des mécaniciens du navire dormait d'un sommeil de plomb, ronflant légèrement.
Honnêtement, Solal hésita à la laisser là, une jolie surprise au réveil, mais avant que le pirate endormi ne la prenne comme un oreiller très confortable - ce qu'il commençait à faire - le second prit la veuve Korzha par la taille pour la déplacer légèrement à côté du lit.
Il tapota sa joue pour la réveiller, peut-être un peu trop vivement, jusqu'à ce qu'elle papillonne des yeux.

" - Hé, la belle au bois dormant, faut vous réveiller ... Ah voilà. Vous avez passez une trèees bonne nuit dites donc ! ... "

Le persan ne put s'empêcher de rire, avec un mouvement de tête montrant le tas informe, camarade d'une nuit pour cette roumaine, décidément pleine de surprises.
Solal Yarhi
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Sam 15 Fév - 22:03
Sur la route jusqu’à sa cabine, gentiment portée par l’un des hommes du Souffle Gris, elle s’égara et termina sa titubation dans les quartiers de l’équipage, tombant sur le premier lit le plus attirant qui apparut sous son œil fatigué. Sans pitié, elle avait poussé le pirate, lui avait un peu gueulé dessus et avait fait de son lit le sien pour la nuit et il était hors de question qu’elle le partage. Hélas, le grand gaillard ne l’entendait pas de la même façon et, une fois la savante endormie, il l’avait repoussée à une extrémité du lit pour lui-même s’y installer.

Molle, pas tout à fait endormie mais pas encore consciente, elle se laissa trainer par le second. Sous les coups fort délicats de Solal, Magdalena se crispa et commença à s’agiter, levant les mains pour claquer celui qui tentait de la réveiller. Elle grommela, mécontente, ouvrant un œil puis l’autre, alternant selon la lumière qui venait taper ses pupilles. Repoussant le pirate, elle prit maladroitement appuie sur ses jambes et enfonça sa tête dans ses mains toujours dénudées de gants. Suivant les mouvements de Solal, la veuve remarqua que l’homme qui, la veille, l’avait aidée à se trainer jusque là, ne l’avait pas écoutée et n’était pas resté sur le plancher pour dormir. Ahh…

« …Je vous déteste. »

Laissa-t-elle tomber à l’intention du persan. Puis soudain, la panique. Magdalena baissa les yeux, tapota ses vêtements, les replaçant au passage. Elle activa rapidement son esprit, regardant autour d’elle puis l’homme avec qui elle avait passé la nuit. Quelques secondes plus tard elle sa tête retomba contre la dure surface de la cabine et elle soupirait de soulagement. Ah ! L’alcool ne lui avait pas trop fait faire de folie, sa vertu était sauve. Avoir été dans un bon état, elle se serait mise à hurler. Hurler après Solal, après l’imbécile qui s’était presque servie d’elle comme oreille de corps. Elle aurait donné un coup de pied çà et là, bref, l’énervement le plus total… mais pas ce matin. Pour le moment, elle cherchait de solides repères et se concentrait sur des choses joyeuses comme des calculs quantiques ou des gâteaux pour ne pas succomber à son mal de tête.

« ...Ahh, bon… J’ai vécu pire, je crois… » Elle continua en marmonnant. « C’était au réveil de la France, et… c’est tout ce dont je me rappelle… »

Un regard las se posa sur Solal. Magdalena, étonnamment, ne paraissait pas des plus irritée, l’agacement l’avait d’abord gagné au réveil puis s’était envolé d’un coup. Après s’être renfermée sur elle-même pendant de nombreux mois, retenant tout et ne laissant rien passer, peut-être que d’avoir lâché quelques émotions, de s’être laissée aller à l’alcool l’avait aidée à se ressaisir. Bien sûr, la savante aurait préféré que ça ne soit pas entourée de pirates et en risquant sa respectabilité mais… Les choses étaient faites, on ne pouvait retourner en arrière. Repenant peu à peu ses esprits, elle fronça les sourcils et regarda Solal sévèrement.

« Je vous déteste encore. »

Comme si quelques minutes avaient pu y changer quelque chose ! Magdalena tituba et se fraya un chemin jusque sur le pont. La brise matinale lui glaça le sang, lui faisant l’effet d’un sceau d’eau froide à la figure. Croisant les bras, gardant ses doigts nus bien au chaud sous ceux-ci, elle prit place sur une caisse, se remémorant les bêtises de la veille tout en somnolant. Miss Korzha on a dead’s man chest. …Sérieusement ?
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Dim 23 Fév - 1:21
Quelle déclaration d'amour !
Solal résista à grand peine de répliquer à la scientifique un " je vous adore aussi" moqueur , mais sur le coup, le rire fut plus fort que les paroles, et il ne put s'empêcher de ricaner ouvertement tout en s'écartant pour la laisser reprendre ses marques.
Il préférait largement ça. C'en était même charmant de sa part !
Les insultes, les reproches ça, il savait gérer... il les provoquait la plupart du temps de toute façon, mais l'inverse était une toute autre affaire. Et le persan n'avait pas envie de poser un pied sur ce terrain, pas plus avec Magdalena qu'avec quelqu'un d'autre d'ailleurs.

Il se tenait à une distance respectable pour ne pas subir une crise d'hystérie subite mais assez proche si la rousse décidait de tourner de l'œil.
Se réveiller au milieu d'une bande de pillards avérés, ronds comme des queue de pelle et ronflant comme pas possible n'était certainement pas la meilleure manière de s'y retrouver...

Mais la veuve Korzha semblait avoir le cœur bien accroché malgré ce léger moment de panique même si le pirate ne comprenait pas franchement ce que la France venait faire là-dedans. Ses neurones ne devaient pas non plus avoir regagné leurs places... Il fronça les sourcils, sentant poindre un mal de crâne à maudire toutes les rousses de l'univers, en commençant par une certaine fée et son fichu pendentif. Mais il chassa Willow de son esprit assez vite pour se concentrer sur une autre rouquine.

La soirée ne serait pas le plus mauvais souvenir de la roumaine, c'est à peu près ce qu'il capta et cela suffisait.

« Je vous déteste encore. »

"- Mais de rien"

Solal souriait toujours, meilleure parade possible à ces démonstrations d'affections pleine d'émotion. Il la suivit alors qu'elle sortait des cales, fredonnant doucement "Whay Hay and up she rises, whay hay and up she rises , early in the morning !" , la nuque craquant encore sous le coup de l'étirement.
Une part de lui était encore dans l'ambiance de la soirée, mais la fête était finie et il y en avait certains qui ne s'étaient certainement pas autant amusés à terre... Les ordres du Capitaine Trappen étaient sans appel, mais le faire moisir dans une vieille taverne roumaine n'était pas non plus au programme. Ils ne pouvaient pas rester ici éternellement, en attendant que la garde de la Reine Roscat - un peu trop alerte à leur goût, se lasse...
Et Magdalena, toute avachie sur sa caisse qu'elle était à présent, supporterait-elle une nouvelle nuit parmi eux ?
Bonne question... Et cette réflexion tira un sourire torve à Solal.

Le persan balança plus qu'il ne posa son manteau sur les épaules de la femme, en la fixant d'un air grave.

"- J'ai une mauvaise nouvelle. Nous ne pourrons pas rentrer à Bucarest avant une semaine. " Juste le temps d'observer la mine de sa victime, avant de calmer le jeu en éclatant de rire, se marrant de sa propre blague - pas trop fort quand même, oh, ça remuait un peu trop. "- Je plaisante, vous en faites pas... On vous ramène dans quelques heures."

La laissant cuver sa cuite dans l'air frais de l'aurore, Solal s'éloigna, mais se retourna juste une seconde.
"- Au fait, votre amant de cette nuit... Il s'appelle Lazaro, vous avez de la chance, c'est pas un des plus mauvais il parait !"

Peu à peu, le navire reprit vie, rouage de rire, de grognements étouffés dû à une soirée un peu trop arrosée mais après quelques coups de pieds au derrière, éclats de couteaux et quelques taloches vicieuses, le Souffle Gris vibrait d'une musique humaine prête à l'action. A la barre, Solal gueulait ses ordres plus fort que nécessaire, comme si donner de la voix allait faire cesser les tambours qui s'étaient installés dans sa tête...

Le bâtiment regagna bientôt le brouillard entourant la ville, un peu trop vite même, selon lui. Mais au lieu de revenir à leur point d'amarrage précédent, le pirate demanda l'aide de la savante pour lui indiquer la direction de sa demeure.
Une fois devant le manoir des Korzha d'où la lourde porte s'ouvrit avec fracas sur la mine affolée de la femme de chambre de la maisonnée, Solal s'adressa à Magdalena, toujours ce petit sourire moqueur au coin des lèvres.

"- Tenez, voilà une des adresses où nous joindre une fois que vous aurez terminé, ou si vous avez besoin de précisions supplémentaires. Ça, devrait couvrir largement vos frais... " Entre ses doigts tintait une bourse pleine à craquer, de quoi contenter les essais de la veuve Korzha et même plus...
" - Le reste à la livraison, évidemment".

Sur ces mots il se détourna, fit un léger signe de la main avant de remonter à bord de son navire, ses écharpes de couleurs comme seuls petits points de ciel dans le sombre ciel de Roumanie. Le persan ne doutait pas que la prochaine fois qu'il reviendrait, Magdalena aurait tenu parole... Intuition de marin, et de forban.

Mais pour l'instant, direction les limites de la cité pour récupérer le petit groupe manquant de l'équipage, et peut-être bien un "léger" détour par les caisses royales en partance du palais.
Après tout, qui sait ce qui cachait derrière le rideau gris des fumées de cet étrange pays ?
Solal Yarhi
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Lun 24 Fév - 1:00
Magdalena chancela dangereusement sur sa caisse lorsque le manteau de Solal atterri sur ses épaules. Il était épais et lourd, un vrai manteau d’homme. Tout bas, elle grommela, remontant le vêtement sur ses épaules pour se protéger du vent du ciel. Qu’est-ce qu’il faisait froid sur ce bateau… ! Le cerveau de la savante fonctionnait très, très lentement. Il lui manquait une bonne dose de caféine pour se mettre à plein régime, et surtout, beaucoup de repos. L’alcool de la veille continuait de l’assommer, elle redoutait de ne pouvait s’avancer dans ses travaux à cause de son état. Lentement, ses yeux fatigués se levèrent vers Solal. Si son expression faciale ne le laissait pas refléter, elle désapprouvait totalement l’idée de demeurer sur le Souffle Gris une semaine de plus. Son pauvre corps chétif n’y survivrait pas et, si ça continuait de la sorte, son esprit s’abrutirait en présence d’autant de pirate. Ses épaules retombèrent quand le pirate annonça que, d’ici quelques heures, elle pourrait se glisser dans son atelier sans problème. Elle était soulagée.

Ce qui la fit réagir, néanmoins, fut l’énorme sous-entendu que Solal fit sur elle et son compagnon de cette nuit. Elle se redressa et lui lança un regard meurtrier. Meurtrier. Si elle en avait eu la force, le coup serait parti mais, indulgente due à sa situation délicate, elle se refrogna et s’enferma dans son mutisme jusqu’à ce que les pirates amarrent leur navire près de chez elle.

Une partie de la somme fut payée d’avance et tout le reste était arrangé, Magdalena retourna s’enfermer chez elle, ne les rappelant que quelques mois plus tard, une fois les moteurs au point.

•• Months later •

Évidement, ils devaient être testés puis ajustés. Ils n’étaient pas parfaits, mais ils demeuraient de petits bijoux de la technologie. La veuve avait contacté les pirates il y avait plus d’une semaine et attendait patiemment leur arrivée, travaillant sur ses autres projets.

« Madame, les pirates sont là ! »

Sa voix tremblait un peu. Un pirate l’énervait déjà suffisamment, mais dorénavant, ils se pointaient tous ensemble, stationnés au-dessus du manoir Korzha. Magdalena ne fit pas attendre le second comme lors de leur rencontre et se leva, papiers en main et le rejoignit dans le salon où l’avait installé Anca. Sur son visage austère, un sourire s’esquissa et elle hocha la tête en guise de salut. Lorsqu’ils auraient ses moteurs, ils voyageraient beaucoup plus rapidement.

« Suivez-moi. »

Fut la seule chose qu’elle dit avant de repartir d’où elle était venue, retournant dans son atelier où trônait plusieurs machineries. Elle se fraya un chemin jusqu’aux moteurs et laissa le plaisir à Solal –et aux autres s’il n’était pas venu seul- de faire le tour de leurs nouvelles acquisitions.

« J’ai utilisé du matériaux de très bonnes qualités et j’ai également tenu compte du poids, ils sont légers. »

Elle mit l’accent sur légers car, franchement, elle pouvait ne pouvait pas les soulever, mais pour des moteurs et cette taille, ils n’étaient pas si lourds… Et heureusement !
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Ven 28 Fév - 1:47
Cela faisait quelques mois que le Souffle Gris n'était pas apparu en Roumanie, occupé à sillonner des cieux plus clairs, et moins maussades.
Cette foutue humidité... c'est ce qui frappa le plus Solal quand le navire volant perdit de sa vitesse pour entrer peu à peu dans l'espace aérien de Bucarest.
Cette citée semblait figée dans le temps, aussi grise que la boue qui maculait ses pavés. Bon, certains pays n'étaient mieux lotis, mais il ne put s'empêcher de marmonner contre les roumains de manière générale, alors que le pirate n'avait pas encore posé un pied au sol.
Pourquoi Magdalena Korhza avait-elle décidé de rester dans ce trou paumé d'Europe, hein ?!
Pour lui qui venait d'une contrée, certes divisée et en pleine guerre intestine, mais deux fois plus grande, la Roumanie n'avait que peu d'atouts, si ce n'était sa technologie et ses magnifiques navires marchands. Comme une légère routine, le Souffle Gris en avait croisé un et lui "avait fait l'honneur" de sa charmante visite.

Après tout, la savante n'était pas obligée de savoir que c'était l'argent roumain qui servait à la payer n'est-ce pas ?

Revoir la gouvernante tira un rictus amusé au perse, toujours étonné et hilare de voir la réaction disproportionnée à ses yeux que la vieille femme avait en voyant un pirate. Enfin, pas qu'un seul puisque cette fois Solal n'était pas venu seul et le petit salon de Magdalena Korzha s'était rapidement paré d'une atmosphère étrange, doucereuse dangerosité sous le couvert de conversations tout à fait balanes. Il accompagnait le Capitaine Trappen, avec Lazaro et Mae, une petite brune en pantalon et aux cheveux parsemé de perles colorées. En tant que mécaniciens parmi les plus compétents du Souffle Gris, leur avis pouvaient avoir une importance cruciale.
En somme, un bon petit groupe bien capable de provoquer une crise cardiaque à une pauvre bonne femme comme celle-là. Mais son attention fut bientôt détournée par la silhouette élancée et toujours aussi rigide de la veuve Korzha.

« Suivez-moi. »

Pas un bonjour, ni une salutation si ce n'était un imperceptiblement mouvement de tête. Bah... Habituel.
Elle n'avait pas changé, du moins en apparence. Toujours cette stupide petite moue coincée au creux des lèvres, ce qui tira un sourire goguenard à Solal surtout à voir le mécanicien et la rousse dans la même pièce.

Mais l'instant n'était pas encore à la plaisanterie, aussi douteuse soit-elle, et le second fit un léger signe de tête à son Capitaine avant de prendre la suite de la maitresse de maison, s'enfonçant dans la pénombre de l'atelier. Enfin, presque si on pouvait appeler ça ainsi. Ça ressemblait bien plus à un immense hangar où une tornade serait passée. Des machines, des notes, des morceaux de métaux ... et d'autres choses étrangers, intéressantes d'ailleurs. Il n'y avait que ça au mètre carré.
Les mécaniciens haussaient les sourcils, partagés entre l'effarement et la curiosité. Cette même curiosité qui les poussèrent vers ce que leur désignait Magdalena.

Le Capitaine Trappen, lui, se contenait d'observer la scène, sans quitter la scientifique de ses yeux sombres. Il en avait entendu pas mal sur elle, de sa réputation d'ingénieure, autant que par la bouche de ses hommes. Mais Kris Trappen était un homme intransigeant, surtout en affaire.

"- Ils tiendront combien de temps ? "

Comprenez sans accrochages, ce qui ne seraient malheureusement pas leur destin malgré la coque renforcée du navire, mais après tout une fois payés, les moteurs leur appartenaient...
Pour autant, ils n'avaient certainement pas envie d'acheter du toc.

Si son supérieur pouvait émettre des doutes, Solal était captivé par la machine et sans prendre en compte celui-ci, il cessa de tâter les moteurs, et se retourna, manquant de renverser des outils.

"-Jusqu'à quelle vitesse maximale ? "

Il était comme un gosse à l'approche de noël, déjà avide de faire les premiers essais réels, les prunelles pétillantes.
Son excitation ne prenait cependant pas le pas sur son œil avisé et il devait reconnaître qu'au premier regard, les machines semblaient remplir leurs attentes.

Cela demanderait de l'adaptation mais après tout, les pirates étaient prêts à tout.
Solal se releva complètement, questionnant du regard Lazaro et Mae qui hochèrent la tête en guise d'assentiment, puis le Capitaine, un léger sourire aux lèvres, avant de s'adresser à Magdalena.

"- "- Vous comprenez bien que l'on doit les tester avant de finir notre.. marché".
Son ton et son phrasé était rude, et c'était à moitié voulu. En cas de problème, la veuve Korzha serait dans une position délicate.
Il avait encore et toujours du mal avec la politesse en roumain, langue que Trappen maitrisait subtilement, mais c'est le persan et lui seul qui avait mené l'affaire. Et il la finirait, quelles qu'en soit les conséquences...
Ah, s'il avait su...

"- On va chercher de quoi les tracter jusqu'au navire. Est-ce que vous avez de quoi les surélever un peu ? Lazaro pourra vous aider en nous attendant".

Oui. Solal avait tout décidé d'un coup, vicieusement mais pas sans y avoir réfléchi. Et oui, ça ne plairait pas à Magdalena. La faire tourner en bourrique était toujours un plaisir.
Elle ne serait de toute façon pas payée avant et il leur faudrait l'aide de pas mal de bras pour hisser les machines à bord.
Mais avant qu'elle puisse répliquer , il ne restait dans l'atelier que les silhouette de la scientifique et du pirate au visage buriné par le soleil, les étranges pas du Capitaine Trappen résonnant encore dans le couloir.
Spoiler:
 
Solal Yarhi
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Dim 2 Mar - 20:33
Les pirates entrèrent dans le bordel qui lui servait d’atelier et elle leur révéla les fameux moteurs. Rapidement, les questions tombèrent. Magdalena, calme, nullement surprise, s’appuya contre un bureau et les regarda, droit dans les yeux, tour à tour avant de s’arrêter sur le second. Ah, elle le voyait déjà avec ses mains crasseuses sur ses moteurs à elle et cela ne lui plut pas. Elle se hissa sur son bureau pour s’y asseoir et posa ses mains sur ses cuisses, légèrement penchée vers l’avant. Le ton de sa voix paraissait décalé à ses paroles, comme si les deux n’avaient pas affaire ensemble.

« Je n’en ai pas la moindre idée. »

Elle s’y connaissait trop peu en navire. Ses moteurs n’avaient pas été testés et ils pouvaient être largement adaptés au Souffle Gris. La vitesse maximale était incertaine, mais ne cesserait d’augmenter si la personnalisation nécessaire était apportée. Compréhensive, elle se contenta d’hocher la tête lorsque Solal mentionna les tests. Il y avait des risques que les moteurs soient défectueux. Trop petits ou trop gros pour le vaisseau. Mauvaise propulsion, trop grande surchauffe. La marge d’erreur était énorme mais Magdalena préféra garder cette information pour elle.

Elle voulut, d’ailleurs, répliquer mais, avant qu’elle ait le temps de dire quoi que ce soit, ils étaient déjà tous partis. Tous, sauf le mécanicien. La roumaine soupira et descendit de son bureau pour attraper de quoi surélever les moteurs.

« Ne restez pas planté là, rendez vous utile et faites comme moi. »

Installant un pied de chaque côté du moteur, Magdalena commença à soulever celui qu’elle avait emmené et, peu à peu, les moteurs décollait du sol. Lentement, cependant. Sa force n’était pas celle des hommes et, au bout d’un moment, elle ne réussit plus à lever grand-chose. Elle regarda le pirate délaissé quelques secondes avant de l’interpeler à nouveau. La veuve tira jusqu’aux moteurs un grand tableau monté sur roulette. Sur celui-ci était inscrites de nombreuses indications, un plan rapidement du Souffle Gris, quelques croquis posant des hypothèses sur la force de poussée. Rien qui ne mentionnait une vitesse maximale. Sans ménagement, elle balança à Lazaro du papier et un crayon et, avec une habituelle sévérité, elle s’expliqua.

« Hors de question que je laisse mes moteurs à une bande d’incapables. Si dans moins d’un mois ils ne sont plus fonctionnels, ce sera de votre faute et non de la mienne et je ne veux surtout pas que l’on m’associe à un bout de ferraille que vous allez laisser tomber en morceau à cause de vos idioties. Alors prenez tout cela en note, hm… Pas cette partie-là, il s’agit d’autres choses, mais tout le reste, vous l’écrivez. Si vous êtes analphabète, ne vous gênez pas pour me le dire, je ferai écrire quelqu’un d’autre. »
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Ven 7 Mar - 18:14
Lazaro avait haussé un sourcil aux paroles de Solal, ouvrant la bouche pour protester, avant de la refermer en silence. L'homme se retrouva bientôt seul dans l'atelier... en face de cette femme. Cette Korzha dont il ne se souvenait pas tant que ça au final, reconstituant ses souvenirs à l'aide des racontars de l'équipage - ce qui ne l'avait pas franchement aidé, il faut le dire...
Il lui lança un regard de côté, pas si à l'aise que ça malgré sa réputation de mécanicien plutôt grande gueule et un peu autoritaire. En vérité, l'espagnol était un homme plutôt calme, un peu bourru mais pas une brute épaisse comme elle semblait le penser. Par réflexe, ses doigts vinrent gratter la barbe de cinq jours qu'il n'avait pas jugé bon de raser avant de venir.
Son job, c'était faire fonctionner, bichonner les machines du Souffle Gris, pas de faire du charme à un commanditaire.

« Ne restez pas planté là, rendez vous utile et faites comme moi. »

Qu'est-ce qui avait pris à ce foutu second de le laisser avec une bonne femme pareille ?! Elle le prenait pour qui ? Il ne l'avait plus arnaqué aux cartes depuis quelques semaines !

"-... "

Les sourcils froncés, Lazaro hocha pourtant la tête, se positionnant de l'autre côté des moteurs, l'ombre de sa silhouette dépassant celle pourtant particulièrement grande de Magdalena. D'une poussée, il cala les pieds sous la structure des moteurs qui s'éleva légèrement. A grand renforts de poulies et de cordes, les hisser à bord ne devrait pas être trop difficile, d'ailleurs le pirate pouvait entendre les ordres criés et le bois du navire grincé près de la maison.
Il allait demander à la savante si elle avait un moyen de sortir le moteur à l'extérieur mais Lazaro n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche qu'il se retrouvait avec un crayon et un carnet entre les mains. Dix minutes avec Magdalena, et il commençait déjà à la voir comme une mégère.

" Dis donc, je suis pt'être un pirate, mais pas un macaque ! Vous nous prenez pour qui, espèce de vieille pie ?! "
JE gère les moteurs sur ce navire, et je peux vous garantir qu'on ne vous a pas payé une fortune pour les bousiller au premier voyage ! Ne v'nez pas nous la faire à l'envers si vous avez mal fait votre job! ... et j'sais encore lire et écrire, Madame "


Son espagnol était devenu rugueux, rageur.
Le dernier mot était sorti de sa bouche comme une insulte, pleine de mépris. Il la savait hautaine, mais quand on parlait de ses moteurs, ses machines, bien qu'il ne soit pas le seul à travailler dessus, Lazaro était plutôt nerveux. Il avait une certaine fierté. Et se faire insulter d'incapable sur ce point là le mettait franchement en rogne.
Qui était-elle, cette vieille folle pour lui donner des leçons !
En grommelant, il se pencha sur le tableau, recopiant les indications, les rares notions de roumain qu'il avait ne permettant pas de tout capter ; mais bon pour ça, ils avaient Lucian. L'homme jeta rapidement un coup d'œil aux autres signes totalement brouillons, qui ne les concernaient pas, mais n'eut pas le temps d'en savoir plus quand il aperçut la silhouette de Solal.
Le persan revenait avec un tas de cordages épais aussi épais que ses poignets et l'apostropha en voyant la mine renfrognée de son mécanicien.

"-Bah alors Lazaro, pourquoi tu tires la tronches, première dispute conjugale ? "

"-Ta gueule...."

Son rire résonna dans l'atelier, alors qu'il s'approchait des moteurs. Les visages des deux "tourtereaux" le rendait hilare, et l'encourageait à pousser le bouchon encore un peu plus loin. Ils étaient mignons...
Tout en cherchant comme les enquiquiner encore un peu, il se tourna vers Magdalena.

"- Il va falloir les démonter pour les soulever et les hisser sur le navire, les poulies ne résisteront pas au poids total., vous avez de quoi de les sortir de l'atelier ? "

Et elle devrait les remonter, si elle voulait avoir le reste de son paiement, mais Solal ne doutait pas de cela et après quelques négociations, les manœuvres reprirent jusqu'à l'extérieur.
Du pont du Souffle Gris pendait un fatras de cordages reliés à de grosses poulies. Les pièces détachées s'élevaient peu à peu, sous la poussée des poulies mécanisées et le souffle rauque des pirates, en cœur, avant qu'ils les stabilisent à l'aide de planches sur le pont.
Restait le cœur du moteur, lourd et massif malgré les soins de Magdalena. Les muscles noués par l'effort, Solal et Lazaro étaient venus en renfort, pour récupérer l'engin et éviter qu'il n'aille faire un tour sur le pont.

~
Quelques longues minutes plus tard, Solal, Magdalena et Lazaro se retrouvèrent dans les salles prévues pour accueillir les nouveaux moteurs. Le second jeta un regard satisfait à la roumaine.

"- Vous avez besoin de quelque chose en particulier ... ? Je vous laisse avec Lazaro et le reste de l'équipe. Pas de cachoteries dans le noir hein ? "

Un dernier sourire, et il s'éclipse.
Solal Yarhi
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Sam 8 Mar - 0:57
Ce Lazaro, aujourd’hui à peu près sobre, sut mieux se défendre devant Magdalena qu’il ne l’avait fait la dernière fois qu’ils s’étaient vus. La veuve n’avait pas l’habitude qu’on lui réponde sur le même ton et qu’on soutienne celui-ci. Elle regarda le mécanicien droit dans le yeux, stricte et tenta de trouver la faiblesse d’esprit qui le trahirait, qui révèlerait une incapacité à gérer les nouveaux moteurs. Elle ne vit rien. Tant mieux.

« Étant donné qu’ils ne sont pas dans votre navire, ce sont toujours miens. Paduche, cessez de geindre et prenez ces notes ! »

Puis elle s’éloigna, s’occupant d’autres détails concernant les moteurs. Les portes de son atelier ainsi que de sa demeure étaient suffisamment grandes pour les laisser sortir –hey ! Il fallait bien les sortir, les inventions gargantuesques de la Reine Roscat !- mais le poids de ceux-ci, léger pour des moteurs de cette taille mais lourd pour tout le reste, demeurait un problème. Solal réapparut et, alors qu’elle venait pour lui faire part de ce petit soucis, il lâcha la pire des plaisanteries qu’il lui était permis de faire. Ses doigts gantés dans d’épais tissu se serrèrent sur l’un de ses plans.

« Sachez, Solal, que si vous désirez portez atteinte à ma personne avec des remarques désobligeantes, vous seriez mieux de le faire ailleurs que là où mon époux est décédé. »

Qui sait si le pirate ne subirait pas le même sort, hein ! Un maigre sourire pincé montra néanmoins que, malgré son ton dur, elle plaisantait également. Enfin, à moitié. Peut-être moins que la moitié. Elle n’avait pas l’habitude de communiquer avec des personnes normales à vrai dire. Des hommes autres choses que complètement dépourvus de sentiments et qui ne pensaient pas aussi vite qu’elle.

Le transport des pièces détachées fut relativement rapide. Magdalena ne montra des signes d’inquiétudes qu’au moment de porter le cœur de la machine, les propulseurs. Évidemment, elle n’y toucha que très peu, laissant le soin aux hommes largement plus forts qu’elle de les porter mais sans pour autant rester à l’écart.

« Faites attention, bon sang ! »

La veuve s’agitait, tournant autour des moteurs comme une mère inquiète. Si elle traitait ses filles aussi bien que ses machineries, elle serait sans doute une mère diablement extraordinaire. Hélas, toute sa bienveillance s’exprimait au travers ses grands yeux bleus et quelques insultes lâchées par-ci par-là aux porteurs. Ah ! Son petit cœur battait à la chamade.

Elle savait que Solal faisait exprès de la laisser avec Lazaro. Elle savait également que, autant qu’il le pourrait, il ne les lâcherait jamais. Sur un plan de travail, ignorant les commentaires du second, elle étendit les plans du moteur. Au passage, alors qu’elle faisait signe aux mécaniciens de la joindre, elle plaça sa grande main devant sa bouche et lâcha un long bâillement. L’inquiétude quasiment dissipée, la fatigue avait pris le dessus. Et dire qu’elle avait oublié son café…

« Voici l’ordre dans lequel il faut remonter les pièces. Ah… Une journée, même une semaine, ne serait pas suffisante pour les faire fonctionner à leur plein potentiel. »

S’appuyant sur le plan de travail, elle se retourna avec un air suspicieux vers les moteurs en pièces détachées. Ses yeux allèrent rapidement d’une partie à l’autre, analysant toutes les failles qui réduisaient les capacités des machines. Elle croisa les bras, énervée de toutes ces constatations.

« Il faut que je parle à Solal. » Elle se redressa et prit une bonne inspiration avant d’hurler « Solal ! Descendez ici tout de suite ! » Sa voix était puissante et portait à des lieux. Si le second n’avait pas entendu…

Elle tourna en rond dans ses angoisses jusqu’à ce que se pointe le pirate désiré. Magdalena le regarda comme si elle désirait lui asséner un coup mais se contenta de le trainer hors de la pièce, en retrait de l’agitation.

« Hm, comment dire… J’avais calculé une marge d’erreur plutôt large quant à tout cela. Mauvaise taille, mauvaise force de propulsion, mauvais équilibre, plein de détails mais… Pas besoin de remonter toutes les pièces pour voir de flagrantes lacunes ! Mes moteurs ne sont pas défectueux, pas plus que votre bateau, ils manquent seulement de… complicité ? Oui, c’est ça, ils ne s’ajustent pas bien l’un à l’autre. »

Et c’est évidemment la femme que l’on accusera de telles erreurs !

« Ne vous affolez pas ! Ces erreurs sont bienvenues, elles me permettront d’améliorer les moteurs bien plus que je ne l’aurais cru mais… Il faudrait que je reste un moment sur le Souffle Gris –parce que vous ne pouvez rester en Roumanie pour longtemps- et que je les vois travailler en situation réelle. »

Elle croisa les doigts, attendant la réponse du second. Magdalena ne plaisantait pas, elle était sérieuse et paraissait véritablement préoccupée par ses moteurs. C’étaient ses premiers, après tout ! On se rappelle toujours de la première fois, surtout en science.
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Jeu 13 Mar - 0:33
A l'évocation du défunt, Solal avait légèrement pâli, mais ne s'était pas confondu en excuses pour autant. Il n'était pas désolée, ni triste pour Emilian Korzha. Ce n'était pas sa faute si ce pauvre homme était mort, là, comme un couillon. Enfin, presque...

" -Pour ce qu'il peut en dire maintenant... " Il n'avait pas pu se retenir, presque fataliste mais toujours un petit sourire insolent au bord des lèvres.
Parfois, oui le persan n'avait aucun savoir-vivre ... ou peut-être n'était-ce qu'un de ses traits de caractère, à se moquer de la mort. La sienne tout comme celle des autres, aussi triste soit-elle, aussi douloureuse puisse t-'elle être. Mais son monde se foutait de la mort, jouait avec.
Il récolta un regard gêné de Lazaro, mais celui-ci garda le silence, le suivant dans ses démarches pour démonter les installations de Magdalena.

Tout faire monter à bord fut laborieux mais l'équipage comportait de nombreux bras, en plus de sa technologie un peu poussive mais puissante. Et la suite promettait d'être aussi laborieuse à en voir les yeux agrandis d'effroi de la savante. Oh, on touchait à ses petits, et par des sales pattes de pirates, mais les mécaniciens avaient assez de respect - ou de méfiance au choix, pour suivre ses instructions. Leurs yeux avides de savoirs parcoururent les plans de montage et ils s'y attelèrent dans une organisation bien huilée.
Lazaro en était presque le chef de chantier, son regard allant de l'un à l'autre, procurant des conseils tandis que lui se réservait les pièces les plus délicates. Passionné de mécanique, on avait l'impression qu'il était sur le Souffle Gris depuis toujours, ses cris et son rire hantant presque la salle des machines.
C'était presque vrai... L'équipage ne savait au final pas grand chose de ce grand gaillard aux cheveux d'ébène, si ce n'est l'essentiel : Né en Espagne, ancien corsaire d'après les plus vieux, appliqué et passionné. Taciturne, violent, mais généreux et magouilleur. La suite, plus privée, restait floue et sujette à de nombreuses rumeurs...

Espagnol jusqu'au bout des ongles, le pirate était du genre à rentrer dans le lard, surtout sur son territoire, et si Solal n'avait pas été doué en plus de son intérêt pour le fonctionnement du navire, jamais Lazaro ne lui aurait permis de mettre un pied parmi les mécaniciens. L'homme avait d'ailleurs eu la surprise d'apprendre des méthodes différentes auprès du persan, ce qui avait forgé une relation teintée de respect, autant hiérarchique qu'amical. Pourtant dieu savait comment le second pouvait le pousser dans ses retranchements par moment...
Certains jours, les clés volaient.
Et ça n'allait pas s'arranger avec cette foutue histoire avec la veuve Korzha.
Lazaro la regardait d'ailleurs du coin de l'œil s'exciter toute seule dans son coin, en faisant de grands pas décidés et préoccupés.

« Solal ! Descendez ici tout de suite ! »
Quelques têtes se retournèrent au cri de la rousse, rigolant d'avance à ce qui attendait ce pauvre second. Mais il en fallait plus pour faire trembler Solal, qui fumait plus haut, les coudes sur le bastingage en attendant que les gars aient remonté les cordages. Le Capitaine était rentré dans sa cabine, après avoir confié à Solal leur itinéraire prochain, plus à l'Ouest. La Roumanie n'était pas bonne pour le Souffle Gris, leurs pillages faisant les gros titre.

Le persan la laissant mariner dans son jus quelques minutes encore, avant de descendre.
Elle avait l'air d'être tout droit sortie d'un four de l'enfer à voir le regard qu'elle lui jeta, mais il se contenta de lui sourire, l'écoutant malgré tout.
Ses doigts virevoltaient comme si elle tentait de faire rentrer les informations de manière étrange dans la tronche de Solal. Au fur et à mesure des explications, les sourcils du pirate se fronçaient, et d'un geste machinal, il tira un peu sur son turban, dégageant un peu plus son visage.

"-Des problèmes de complicités ? ... "
Il hésitait entre l'inquiétude et le rire, sa voix devenue plus sombre. Mais devant l'air sérieux de la roumaine, le pirate ravala une réplique amusée sur la manière de rabibocher des moteurs et un navire.
" - Mais vous avez la solution, n'est-ce pas "?
Et quelle solution ! Plus il comprenait ce que Magdalena essayait de lui signifier, plus il se disait que ça n'allait pas être simple... Enfin. Si. Mais était-ce réellement une bonne idée ? ?
Il haussa un sourcil, jeta un regard vers Lazaro avant de revenir à la savante.

"- Vous restez avec nous alors ! "
Simple, direct et efficace. Pour Solal, la nécessité sautait aux yeux et il avait formulé cela de façon à emmerder tout le monde. Magdalena comme le reste de l'équipage, bien que ce dernier n'ait pas franchement son mot à dire. Affirmation amusée qui en fit réagir un au quart de tour, au plus grand plaisir de notre second.

" - QUOI !? Elle.... sur le bateau ?"
Sur ses moteurs.
Lazaro s'était retourné, fusillant son supérieur, et aussi un peu inquiet même s'il ne l'avouerait jamais.
" Parfaitement, Lazaro et tu bosseras avec elle. "
" Tss... "
Non, il n'était clairement pas d'accord, mais le ton de Solal ne tolérait pas de réplique malgré son air goguenard. Le pire, c'est qu'il avait raison ce fieffé bouffeur de semoule !
Elle était essentielle pour ces moteurs... et malgré sa curiosité et sa nature plutôt partageuse quand il s'agissait d'inventions mécanique, la savante lui paraissait tellement antipathique, que le pirate n'arrivait pas à envisager de travailler avec elle. De la supporter tout les jours...
Il lui jeta un regard méfiant, et se renfrogna, se retournant vers le plan de travail... Parfois, les machines étaient plus sympathiques que les êtres humains, et beaucoup plus faciles à vivre...

Quand à Solal, qui se bidonnait intérieurement, il se préparait à négocier avec Trappen. Bon, Magdalena n'était pas la passagère rêvée. Elle était roumaine. Rousse. Et prétentieuse. et... Une bonne femme impossible, mais essentielle sur ce coup.
Solal Yarhi
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