[année 003] La vitesse n'a pas de prix ~ Magdalena

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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Ven 14 Mar - 4:42
Magdalena était persuadée que le second s’opposerait à sa venue sur le Souffle Gris. Elle était heureuse de constater qu’il n’était pas aussi idiot qu’il en avait l’air ! Néanmoins, la veuve avait besoin de plus qu’une petite balade sur le bateau, elle devait se rendre à Emerald. Avec sa fille cadette. Lorsqu’elle s’apprêtait à révéler ces informations, le vieux mécanicien grogna. La savante ne s’énerva pas, demeurant calme malgré son ton de voix élevé et ses propos peu amicaux.

« Même les ingénieurs espagnols ne sauraient comprendre le fonctionnement de ces moteurs ! Ne soyez pas ridicule, je vous apprendrai à les connaitre et, d’ici quelques mois, non seulement vous serez en mesure de les réparer, mais également de les améliorer. »

Ces paroles ne s’adressaient pas seulement à Lazaro, mais également aux autres mécaniciens qui, déjà, avaient posé leurs petites pattes sur la carcasse de ses moteurs. Magdalena, dépourvue d’amour maternel envers la chair de sa chair, devenait démonstrative lorsque l’on touchait à ses inventions. Elle voulait que ces hommes ressentent l’énergie qu’ils dégageaient, qu’ils comprennent l’engrenage complexe des pièces, leurs utilisés. Elle ne voulait pas seulement qu’ils propulsent le Souffle Gris, elle désirait qu’ils sachent comment l’énergie qu’ils dégageaient était créée. S’ils possédaient la passion, un doctorat en ingénierie n’était pas nécessaire pour apprendre tout ce qu’elle tenterait de leur transmettre.

« Et première chose : on ne fume pas près des moteurs et surtout, ah, Seigneur, surtout, on n’approche pas de liquide près des moteurs. Pas d’eau, de rhum, de vodka, de cognac, d’huile. Rien. Et cela s’adresse tout particulièrement à vous, Solal, grand crétin qui avez presque fait exploser ma maison ! Et ne riez pas, vous aussi vous auriez sauté. »

Elle retourna près de ses plans. Elle écarta les vue de face et de côté pour en sortir la version éclatée des moteurs. Au-dessus de chaque pièce se trouvait le nom cyrillique roumain ainsi que l’espagnol. Magdalena avait pris soin de documenter ses travaux, prévoyant en léguer une partie aux pirates pour garder la quasi majorité dans sa bibliothèque. Des connaissances pareilles, on ne jetait pas cela à la poubelle.

« Oh, il manque une partie de la composante en cuivre. J’espère que vous faites cap vers l’Amérique, Solal, car je dois me rendre à Emerald. Elle est restée dans mon atelier, je vais devoir redescendre la chercher. Nous ne partirons pas avant demain, je dois préparer mes affaires. »

Elle agrippa un plan et l’approcha très près de ses yeux, comme si elle avait de la difficulté à le voir. Magdalena était fatiguée, son rythme de sommeil était très peu conventionnel et pas du tout recommandable. La veuve frotta l’un de ses yeux à l’aide du revers de sa manche et dissimula un bâillement derrière sa main.

« Je vous ferez monter les parties manquantes… plus tard. Vous me ferez préparer une cabine, comme la dernière fois. De grandes préférences avec deux lits, même si je saurais m’accommoder d’un seul. Ne vous inquiétez pas, les moteurs seront en état de marche d’ici quelques heures, j’ai seulement… »
Elle se retourna pour bailler, pour continua de s’adresser au second. « …Quelques petites choses à faire. »

Comme dormir, par exemple. Et prévenir qu’elle serait accompagnée de sa fille Viorica.

Spoiler:
 
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Ven 21 Mar - 0:54
« Même les ingénieurs espagnols ne sauraient comprendre le fonctionnement de ces moteurs ! Ne soyez pas ridicule, je vous apprendrai à les connaitre et, d’ici quelques mois, non seulement vous serez en mesure de les réparer, mais également de les améliorer. »

Lazaro grogna, plus pour la forme que pour lui signifier son désaccord. C'était con, mais aussi une question de fierté. Il n'était pas question de dire que les pirates du Souffle Gris acceptaient ses dires sans sourciller, presque à lui manger dans la main. Jamais !
Le mécanicien s'éloigna pour aider un des autres pirates, tout en gardant un œil sur la rousse, dépliant les plans.
Au fond, Lazaro crevait de curiosité vis à vis des machines. De Magdalena aussi, même s'il faudrait lui mettre des tisons brulants sous les pieds pour qu'il le crache : il était intrigué par cette femme, par son savoir, et cette façon de se comporter. Horripilante.

Tout ce qu'il voulait là, c'était virer tout le monde de la salle des machines et passer quelques heures en autarcie complète à décortiquer les schémas et les mécanismes. Mais ça, le pirate ne pourrait le faire que cette nuit, ombre veillant au bon fonctionnement, s'il ne s'était pas fait embarqué dans un concours de la plus grosse chopine. Il reconnaissait les connaissances de la dame, mais ne pouvait s'empêcher de grogner.
Un jour... un jour sa fierté le perdrait (Sa grosse fierté !).

Un sourire goguenard vint fleurir sur ses lèvres quand la roumaine apostropha Solal sur sa capacité presque extraordinaire à tout faire, une clope au bec. Celui-ci ne put s'empêcher d'éclater de rire.

"- C'est justement ça qui est drôle"

Oui, le risque c'est la vie n'est-ce pas ? Qui aurait pu croire qu'expirer un petit brin de fumée pouvait faire exploser une baraque entière ? Certainement pas lui, et même après qu'elle l'eu interpelé comme un gamin ayant fait une bourde. Le Second ne pouvait lui répondre que par une mimique amusée, se foutant ouvertement de ce qu'elle disait, mais en le notant tout de même. Ok... il ferait un effort.
Et sa passion pour la vitesse, les moteurs prendrait surement le pas sur sa charmante addiction.
Il hocha la tête à la suite, réfléchissant à la fois à leur prochaine destination et aux indications façon "pattes de mouches" gravées sur les plans. Sans le regarder, Solal fit signe à Lazaro de s'approcher.

"- Hmm... Logiquement, on devait redescendre sur Tortuga, mais un crochet par l'Amérique du Nord peut être possible. Seulement, vous savez comme moi qu'on n'y sera pas bien accueilli." Lui en particulier, comme bon nombre des pirates du navire, étrangers, dotés d'une certaine dose de magie. Emerald n'était pas fait pour eux. Enfin, d'un certain point de vue, et les yeux du persan brilla une fraction de seconde d'une lueur toute sauf innocente. " Il faut en parler au Capitaine... Et pour les pièces, pas de problème. On doit encore aménager la salle, et changer les composants petit à petit... "

Comme la rousse l'avait spécifié, il faudrait du temps pour adapter les moteurs dans l'architecture du Souffle Gris, les roder pour une efficacité optimale, et le changement ne se ferait que par étapes, ralentissant légèrement l'allure du navire pirate bien qu'ils devraient rapidement quitter le pays.
Leurs "petits" détours par quelques bateaux marchands commençaient à faire pas mal de bruits. La Reine Roscat sortirait-elle de son trou ?
Boh, ce n'était une petite reine de rien du tout, adepte du scalpe façon indigène, qui allait leur ficher la trouille.
Mais la dirigeante n'intéressait pas le moins du monde Solal, ni la potentiel menace du "coupez-leur la tête" . Lui, observait la mine défaite de la rouquine en face de lui, toujours en pourparlers.
A sa demande, il ne put s'empêcher de commenter, légèrement moqueur.

" Bah, voyons... et un bain chaud pendant que vous y êtes. " Mais Magdalena aurait sa cabine, les deux lits, tout dépend de ce qu'il restait en état, et pour le reste, elle serait logée à la même enseigne que les autres habitants du navire. Savante ou pas. Utile et indispensable ou pas.
" Deux lits ? " Le persan retint une remarque sur le physique de la veuve, et son besoin d'occuper un double vie, mais il garda ça en tête, en se demandant ce que Magdalena Korzha allait encore lui réserver.
Elle l'agaçait, et lui aimait la provoquer, même de façon complètement puéril, mais ce ne fut pas lui qui envoya la pique suivante.
Lazaro, le dos tourné et penché sur le plan, glissa un coup d'œil sur la roumaine.

"- Z'avez une sale tête, vous devriez vous reposer, sinon vous survivrez pas"

Son visage à lui était aussi marqué de cernes, mais au moins tenait-il encore debout.
S'il l'avait prononcé sur un ton clairement provocateur, il y avait une note de vérité dans la voix de l'espagnol. On ne survivait pas à un tel voyage en partant épuisé. Il était parfaitement conscient que la réalité des moteurs et de leurs fonctionnements réels serait bien moins claire que ce que décrivait Magdalena.
En plein ciel, la nature était telle que le Souffle Gris luttait, le bois et le fer grinçant pour trouver le vent qui les guiderait en douceur. Plus ou moins. Mais non, clairement Lazaro ne s'attendait pas à ce que ça marche aussi bien. Avec une bonne femme dans les pattes encore moins, aussi intelligente soit-elle.

~

Le lendemain, dès la pointe du jour, les pirates s'activaient à rendre le navire opérationnel pour leur départ, et prêt à toutes éventualités. Les silhouettes de Trappen et de son Second se découpaient dans l'ombre de la barre de navigation. Ils discutaient itinéraire, et si le Capitaine n'aimait pas le détour par Emerald, il n'était pas contre le fait de passer les Amériques.
L'homme finit par céder, avec un soupir bruyant, et haussa les épaules. Après tout, comme l'avait souligné Solal, la citée flottante était une ville riche, très riche...

Quelques minutes plus tard, ils se retournèrent au bruit de la poulie, qui annonçait la venue de la savante. Solal lui fit un signe de tête en guise de salut, un cigare noir au bord des lèvres et s'avança vers elle, souriant.

"- Nous pourrons vous déposer dans votre fichue citée volante, si c'est que vous voulez... Mais autant vous prévenir, ça sera pas un voyage d'agrément. Pas de traitement de faveur. "
Un peu quand même, si l'on considérait que le second n'avait pas relégué la rousse aux latrines, qu'elle avait droit à une cabine particulière et qu'une part de l'argent encore dû payait une partie de son voyage.

Il allait continuer sur les progrès de l'équipe de mécaniciens et du charpentier de bord pour aménager au mieux la salle des machines au vu des dimensions des moteurs quand l'ombre de son Capitaine les enveloppa, sombre.
Mauvaise augure.

"-Qu'est-ce que c'est que ça ? "

Entre ses mains puissantes, se tortillait une petiote, échevelée et pourtant le sourire aux lèvres. La tenant par le col de sa robe, Trappen s'adressait plus à Solal qu'à Magdalena, fronçant les sourcils.
Le persan éclata de rire, et se tourna vers la roumaine, se doutant bien qu'elle était la seule à avoir une explication. Non, les pirates recrutaient jeune, mais pas autant.
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Solal Yarhi
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Lun 24 Mar - 16:36
Le Seconde, plus clown que pirate, s’esclaffa alors que la veuve gardait une attitude blasée. Solal était un vrai gamin, et ça finirait par le perdre. Il sous-estimait la violence de la Reine de la Roumanie, la puissance des androïdes qu’elle employait. Magdalena croyait que si le Souffle Gris faisait trop bruit et qu’il s’attardait trop dans les alentours de Bucarest, l’équipage ne payait le prix. Et elle ne pensait pas cela de manière condescendante, parce que les nouveaux androïdes possédaient des composantes électriques. S’ils se faisaient prendre, tant pis pour eux.

« Un bain chaud, pourquoi pas. Avec un peignoir en soie de canut et des chaussons en laine de mohair. »


Elle plaisantait. Évidemment qu’elle plaisantait, mais elle avait levé des yeux durs et impassibles vers le second, comme si elle était sérieuse. Magdalena s’accommodait facilement de ce qu’on lui donnait. Si elle avait été obsédée par la propreté, elle ne serait pas devenue inventeur, après tout. S’il n’y avait pas de bain, elle se laverait dans un tub. S’il n’y avait pas de couvert d’argent, elle mangerait avec une fourchette en acier. Elle exigeait un minimum, mais l’oreiller en plume d’oie n’était pas indispensable.

« Oui, deux lits, dois-je vous l’épeler ? » Répondit-elle au pirate en croisant les bras. Elle se rapprocha des plans et appuya sa hanche contre la table. Un coup de fatigue la frappait et ses paupières retombaient. Magdalena baissa les yeux vers le mécanicien, mit un moment à répondre. « J’hésite à vous laisser seuls avec mes moteurs. » Elle frotta énergiquement ses yeux, les écarquillant pour regarder Lazaro. « Ne vous énervez pas, je sais, vous n’êtes pas un macaque, vous pouvez lire et écrire et vous gérez les moteurs de ce bateau et blablabla. »

Son départ fut comme son accueil, exempt de civilités inutiles, bref et rapide. Aussitôt qu’elle eut terminé ce qu’elle avait à dire, elle se retourna et quitta le navire à grandes enjambées pour rejoindre sa demeure. Elle obligea ses domestiques à s’agiter, à faire rentrer beaucoup de choses dans peu de valises. Ses livres, ses plans, sa science. Elle ne pouvait emmener tout son matériel, mais elle pouvait faire voyager les traces de ses recherches et ses notes d’expérimentations avec elle. Puis vint les vêtements. Des jupes et des chemises ordinaires, qu’elle mettait pour travailler. Des robes un brin plus habillées, parce qu’on ne se baladait pas en tenue de coton tachée de cendre et autres saletés de laboratoire. Magdalena aurait pu s’arrêter à cela mais, plus femme qu’homme, elle en amena un peu plus, dissimula une robe de soirée et deux paires de chaussures de plus dans ses bagages…

…Et Viorica. Aurait-elle du parler d’elle aux pirates ? Non, ils n’étaient pas des singes, Solal avait du la comprendre lorsqu’elle avait quémandé un second lit.

***


Valise à la main, Magdalena retourna sur le Souffle Gris le lendemain. Elle salua le second et hocha la tête lorsqu’il déballa le tout. Aucun traitement de faveur ? Parfait. La veuve était peut être issue de la noblesse, elle ne désirait pas être traitée en femme du monde, mais en femme d’esprit.

Trappen surgit, tenant dans ses grandes pattes la fille cadette des Korzha. Par réflexe, Magdalena lança un « J’ignore de quoi il s’agit. » regardant l’enfant comme s’il s’agissait d’une tierce personne. Les plus observateurs, néanmoins, remarquaient rapidement que la petite fille avait calqué les traits de son visage sur ceux de sa mère. Et si Viorica était brune, elle ne possédait pas moins de taches de rousseur sur son visage. Habile, la cadette se déprit de la poigne du Capitaine et accourut jusqu’à Magdalena. « Mère, vous êtes enfin arrivée ! » [i]Sale traitre ![i], pensa la génitrice de cette gamine débordante d’énergie. Pour éviter tout contact physique avec l’enfant, la savante s’écarta de quelques pas, laissant Viorica lui tourner autour, nullement gênée à l’idée de se retrouver sur un navire remplit de bandits et de gros méchants messieurs.

« Je croyais avoir été claire, en demandant un second lit. » Elle jeta un œil sévère vers Solal. « Vous pouvez lui faire nettoyer le pont, ou éplucher les légumes et si elle vous insupporte durant le voyage, jetez-la par-dessus bord. »

L’enfant bondit, attrapant la manche de sa mère –qui se dégagea bien vite. Elle tentait des yeux méchants, joues presque gonflées. En roumain, elle débita :

« Hey ! Je ne veux pas être jetée dans les airs !
- Alors tenez tranquilles et faites ce que l’on vous dit.
- Ils ne sauraient même pas m’attraper !
- Ils ont autre chose à faire.
- Vous ne les laisseriez pas faire !
- Je les encouragerais. »

Viorica, insensible aux menaces de sa mère, affichait un large sourire espiègle. Plusieurs boucles brunes retombaient sur son nez, totalement décoiffée. Rigide, Magdalena replaça une mèche de cheveux sur le dessus de la tête de sa fille plus par maniaquerie que par gêne. Soudainement désintéressée de tous ces adultes, Viorica s’approcha du rebord du bateau et y grimpa pour regarder tout en bas et voir sa maison. Écartant le bras, elle l’agita pour saluer Anca qui, tout en bas s’inquiétait.

La savante se contenta de soupirer et, ayant du pain sur la planche, retourna s’attaquer à ces moteurs adorés.
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Mar 1 Avr - 2:10
Cette femme !
S'il adorait déjà la faire tourner en bourrique, alors qu'il ne la connaissait encore que très peu, Solal menaçait parfois de tomber dans ses farces à elle. A l'évocation d'un confort digne d'un babouin entouré de soieries, le pirate haussa un sourcil incrédule, avant de lever les yeux au ciel.
Ça commençait bien... Il ne répondit rien pour les deux lits. Solal était un chieur fini, mais suffisamment patient quand il le voulait : il saurait (peut-être même un peu trop vite pour son propre bien !) ce que cela signifiait. De toute façon, il ne semblait être plus qu'un pet de mouche dans l'univers de Magdalena à cet instant, et au lieu de se vexer, le persan préféra en profiter pour s'éloigner, tapotant l'épaule de Lazaro presque compatissant et s'alluma un cigare.
Le chef des mécaniciens, lui, incendiait littéralement la roumaine du regard, véritable chatte enragée protégeant son territoire. Sauf que la "chatte" avec du poil au menton et une poigne de tous les diables. Entre autre.
Il ouvrit la bouche et la referma aussi sec, grommelant dans le dos de Magdalena que oui "c'était ça, et qu'elle avait pas besoin de le prendre de haut, cette vieille sorcière"...

De loin, Solal les regardait, les yeux rieurs.

~

Ses prunelles ne riaient plus du tout par contre, là, maintenant que son Capitaine tenait par la peau du cou, une gamine échevelée inconnue au bataillon. Il allait falloir revoir la sécurité du navire...
Le « J’ignore de quoi il s’agit. » de Magdalena le laissa totalement perplexe, regardant tour à tour la petiote et la veuve, leur trouvant au final pas mal de similitudes. Les cheveux roux en moins.
" Vous avez pas honte ... ? "
Oui, il avait le culot de faire la morale, et avec le sourire en plus ! alors que lui-même devait avoir surement laissé un ou deux marmots dans les ports de Tortuga et d'ailleurs. Il n'était pas un exemple de responsabilité parentale, mais quand même...

Le second croisa le regard sévère de Trappen, presque imperturbable. Presque.
Le Capitaine du Souffle Gris ne supportait pas les enfants... et Viorica ne ferait pas exception, malgré l'air espiègle et la façon très très marrante - d'après Solal - de répondre à sa mère. Il allait rétorquer à la savante que sa fille avait de qui tenir, quand le Capitaine l'interrompit.
" Solal, t'en es responsable"
Le pirate faillit s'étouffer, désignant de la main successivement la gamine et Magdalena..

"- MAIS ! Mais ! C'est à elle de s'en occuper ! J'y connais rien moi..."
Et elle était surement pire que sa génitrice !

"- T'apprendras. Tout ce que je veux, c'est qu'elle traine pas dans mes pattes... "


Le "sinon" était bien sur exclu devant la mère, mais Solal savait parfaitement que son supérieur n'hésiterait justement pas à la balancer par dessus bord. Le persan soupira, se tenant l'arrête du nez entre deux doigts, avant de parcourir la distance jusqu'au bastingage du navire, choper la fillette et fixer son regard dans les prunelles aux reflets bleutés, similaires aux siennes.
Il s'accroupit, prenant le menton de la petiote entre ses doigts. Peut-être un peu fort d'ailleurs.

" - Ta mère est... une emmerdeuse. " Non, pas ça. Barrant la phrase de son cerveau, il lui sourit tout de même.
"- Ta mère a raison. Une seule connerie et tu fais un vol plané. C'est haut hein ? Tout ce que je veux, c'est que t’aille pas embêté les gars pendant qu'ils travaillent. Ils seraient capable de t'écraser, grignette comme t'es !"
Il savait d'avance que lui interdire d'aller dans tel ou tel endroit serait bien inutile. Il n'avait à priori pas de gamins, mais se souvenait parfaitement du comportement de Selim, son petit frère, ou encore même du sien à cet âge-là.
Et après tout, les pirates le savaient bien, et l'appliquaient presque à la lettre : les lois étaient faites pour être contournées non ?
Mais Solal se promit de fermer à clé certaines parties du navire, histoire que la gamine n'aille pas "jouer" avec des armes à feu, par exemple.
Avant qu'elle file derrière les jupes de sa mère qui s'avançait vers la salle des machines, toujours aussi encline à la reconnaître comme sa progéniture, aimante à souhait, le Second lui attrapa la tête d'une main, la faisant pivoter, les sourcils froncés.

"- Hé, quand on est une p'tite fille polie, on se présente avant d'embarquer. Moi, c'est Solal, et toi... ? " Puis s'adressant à Magdalena. " - On est pas une garderie... Pour l'instant, vous la gardez avec vous. " Enfin, qu'elle essaye quoi. Et non pas de discussions possibles. "- Pas d'autres surprises de ce genre à nous annoncer ? Allez-y hein... "
Il était presque blasé, mais bien sérieux, et ne comptait pas faire le chaperon pour cette gamine qu'il trouvait pourtant bien drôle. Le Second avait bien d'autres choses à foutre.

Derrière eux, une silhouette se découpait aux abords des entrailles du navire. Lazaro était presque sorti, des cernes sous les yeux, un mauvais sourire au coin des lèvres. Acide. Ils avaient passé la nuit à réaménager les salles, pour avoir la place de travailler et naviguer en même temps.

"- Madame la "reine des moteurs" est-elle disposée à venir se casser un ongle avec nous ?"

Solal lui jeta un coup d'œil amusé. Ça promettait pour les prochaines semaines...


Quelques heures plus tard, le Souffle Gris était enfin paré à partir pour les Amériques, silhouette sombre recouvrant pendant un court instant la demeure des Korzha, à une allure lente nécessaire à l'adaptation d'une partie des nouveaux moteurs installés.
Solal Yarhi
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Dim 6 Avr - 1:44
Viorica Korzha laissa le drôle de pirate attraper son visage. Elle ne cilla pas, toujours cet éclat de défi dans les yeux, ce sourire espiègle sur les lèvres. Elle se tortilla puis, lorsque Solal eut terminé son discours, elle se dégagea de sa poigne en reculant sa tête d’un coup sec et fit quelques pas sur le côté pour ne pas être rattrapée aussitôt. Pensait-il qu’elle avait été élevée dans une cage dorée ? Que neni ! Sous ses robes à dentelle et ses grandes boucles brunes se cachait beaucoup plus brave qu’une petite fille ordinaire. De la boue, elle en avait souvent mangé en pension, des menaces, sa mère en faisait tout le temps. Elle ne craignait ni le vol plané ni d’être écrasée. Viorica, au fond de son âme, était un petit garçon.

Elle vint pour sur les traces de sa mère mais se fit reprendre assez rapidement par le pirate. Quelques brins de rire s’échappèrent et elle répondit, amusée, un petit « Viorica… ! » Magdalena, soudainement interpelée, se retourna à son tour et jaugea le second. Elle vint pour lui répondre une bêtise mais lâcha, le plus sérieusement du monde, un simple « Non. » À ce moment, la folie du Jabberwock passa devant le regard bleu clair de la veuve. Les pirates étaient bourrus, insultants et imbéciles, qui sait si un jour, à force de répliquer à la condescendance de la savante, elle n’allait pas s’énerver contre eux tous et se jeter sur les hommes pour leur arracher les yeux ?

Lorsque Lazaro sortit de l’ombre et échappa une aimable réplique à l’intention de sa nouvelle collègue, Magdalena roula les yeux. Si seulement il savait à quel point ses ongles étaient horribles. Noircis par la cendre, détruit par le travail manuel. Ses doigts n’étaient pas mieux, remplis de cicatrices et crochus. Non, les mains de la savante étaient loin de faire partie de ses plus beaux attraits physique. Viorica, heureusement, avait su retenir le plus important de ce qu’avait dit le mécanicien.

« Les moteurs sont les énooormes machines qu’il y avait dans votre atelier, mère ?
- Exactement.
- Wah ! »

La jeune fille, impressionnée par le travail de sa génitrice, se précipita dans les entrailles du vaisseau, se faufilant près de Lazaro avant de repartir là où Trappen l’avait précédemment attrapée. Magdalena, habituée à cette attitude, ne tenta pas de la rattraper et ne se formalisa pas d’un comportement aussi impulsif. La mère vint pour suivre l’enfant et le mécanicien dans les entrailles du Souffle Gris, fit un pas mais s’arrêta. Elle regarda Solal et ouvrit la bouche, prête à dire quelque chose mais se retint, préférant continuer sa route, frôlant à son tour Lazaro comme elle passait. Stupides pirates. Comme s’ils feraient attention à Viorica parce qu’elle venait de perdre son père et n’avait aucun ami –outre ce petit prince français.

Magdalena s’était plantée devant les moteurs. Ses yeux, vifs, se promenaient sur leur installation. Le travail, quoi que peu traditionnel, était bien fait. L’aménagement avait été pensé correctement et outre quelques petits détails, elle n’eut pas grand-chose à redire. Ces hommes ne possédaient pas de doctorat et ne connaissaient pas l’électricité, elle ne pouvait le leur reprocher. Viorica, plus loin, était grimpée sur un banc et tentait de décortiquer les plans dessinés par sa mère. « Je préfère lorsque vous mettez de la couleur… » Fit l’enfant, un peu triste de voir des croquis aussi froids et rigides.

S’approchant des moteurs, Magdalena échangea le branchement de deux composantes. Elle expliqua le pourquoi du comment au mécanicien le plus près d’elle avant de filer et de préparer les morceaux manquants qu’elle avait laissé dans son atelier la veille. D’un coup, elle se crispa et se retourna vers l’un des mécaniciens dont la tête ne lui revenait pas. Un regard noir, puis un doigt pointé dans sa direction, de sa voix forte elle lâcha :

« Vous, là, retournez-vous ! Retournez-vous j’ai dit ! Votre gueule m’empêche de me concentrer et vous faites baisser la moyenne d’intelligence de tout le bateau. »

Viorica, alors qu’elle avait retourné les plans pour gribouiller derrière, se mit à glousser, nullement gênée par l’attitude excessivement rigide de sa mère.
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Dim 13 Avr - 22:10
Aussi vive d'esprit que sa mère, la petiote faisait vraiment rire Solal.
Bon, elle allait certainement poser problèmes à crapahuter comme un singe un peu partout et le pirate se doutait déjà qu'il allait en voir des vertes et des pas mûres avec elle, mais elle restait une enfant. Restait à voir comment Viorica userait de sa patience.
Il soupira, la laissant dans les jupes de sa mère. Les prunelles de celle-ci avait pris une teinte étrange, mais Solal ne releva pas, se contentant de la réponse, sèche comme toujours. Il la toisa en retour, franchement.
Si Magdalena n'était pas satisfaite, il était bien trop tard maintenant. Et le Second n'arrêterait pas de se considérer chez lui, surtout pour une telle bonne femme, aussi caractérielle soit-elle.
La tension suspendue dans ces quelques secondes s'estompa brutalement, quand Lazaro fit une apparition, ce qui rappela à chacun ses obligations.

" - Solal, on quitte ce pays de fanatiques... "

Solal se retourna sur la voix de son Capitaine, revenu à sa hauteur, son tricorne sombre cachant son regard, mais il semblait à son bras-droit que Trappen était presque soulagé. Il détestait encore plus la Roumanie que lui. Avec un signe de tête entendu, le persan donna les ordres aux pirates d'une voix forte avant de s'enfoncer à son tour dans les entrailles du navire, brièvement. Juste histoire de prévoir qu'une gamine brune risquait de courir entre leurs jambes, et que non, il ne s'agissait pas de la faire passer à la casserole.

Sous la pression des cordes, le Souffle Gris commençait à prendre de l'allure.

Le persan passa voir quelques membres de l'équipage, les informant de la présence de Viorica et alors qu'il se dirigeait vers la cuisine, un rugissement rauque se fit entendre. Bordel, Jam' n'était pas franchement le type de pirate à mettre en colère.

"- Ose revenir chiper quelque chose et je te fais RÔTIR ! "

Une flèche brune en sortit en riant à gorge déployée, poursuivie par le colosse aux tatouages.
Sale gosse. Il la perdit de vue vers l'entrée de la salle des machines.
Solal posa une main sur l'épaule du coq, pourtant plus grand que lui.

"- Va falloir que tu t'y fasses, Jam'. Elle fait la traversée avec nous, c'est la fille de la Korzha. "
"- J'te jure, elle a pas intérêt à revenir pointer le bout de son nez de voleuse".

Et Dieu sait à quel point les pirates détestent les chapardeurs, concept légèrement paradoxale mais bien vrai. On entendit le cuistot râler encore un peu dans le tréfonds de ses feux, et Solal l'abandonna en ricanant légèrement. Leurs invitées promettaient de mettre une sacrée ambiance !

Un peu plus loin, dans la salle des machines, c'était à Lazaro de s'étouffer de rage devant le comportement de la créatrice des moteurs. Non mais ! De quel droit se permettait-elle d'insulter son monde, comme ça, juste parce Madame était mal lunée. Serrant les poings de rage, l'espagnol s'approcha de Magdalena, les lèvres crispées, empêchant par la même occasion au pirate insulté de la menacer directement.

"- Hé la loca, va falloir vous calmer ! De quel droit vous parlez comme ça à mes hommes !"

Le ton de sa voix était monté plus vite qu'il ne l'avait pensé. Cette bonne femme avait vraiment le don de le faire sortir de ses gongs. Comment Solal avait-il fait pour la supporter ? pour négocier avec elle ?!!
Il croisa les bras, mais soupira, essayant de recouvrer son calme. Du coin de l'œil, il suivit la gamine de la savante s'échapper discrètement de la pièce.

Magdalena était fatiguée ? Eux aussi. Elle ne les supportait pas ? ça allait être la même chose de leur côté.

" - Vous n'avez pas envie de bosser avec nous. Nous non plus, mais on va le faire. Alors, mettez-y du votre aussi. Vos sautes d'humeur n'ont pas leur place ici."

A vrai dire, Lazaro s'étonnait lui-même de déclarer ça, mais il fallait se rendre à l'évidence. Si Magdalena et les mécaniciens ne s'entendaient pas, ça serait purement et simplement l'enfer.
Mais il n'eut pas le temps d'argumenter plus qu'un brouhaha se fit entendre de l'autre côté du navire.

" ALEERTE ! On est attaqué ! "

Quelques secondes plus tôt, un des pirates sur le pont s'effondrait dans un gargouillis atroce.
Spoiler:
 


Solal Yarhi
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Marius Simanov
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Marius Simanov
Lun 14 Avr - 16:13

❝La vitesse n'a pas de prix❞
feat. Solal & Magdalena



« MONSIEUR SIMANOV, LE BATEAU EST A L’EST DE LA VILLE. ILS ONT L’AIR D’ÊTRE SUR LE POINT DE PARTIR »

Voilà ce qui avait mis une partie du palais royal en branle. Marius, froid et calculateur marchait d’une endroit à l’autre à la recherche d’une poignée d’homme pour réagir le plus rapidement possible. Ils n’avaient plus le temps de chercher la meilleure des stratégies pour aller à l’assaut, ni de comment récupérer ce qui avait été volé à la Reine en plus d’arrêter ces gredins. Il fallait intervenir. Hurlant des ordres, une veste bien plus épaisse que d’ordinaire sur le dos, il ne cessait de faire de grands gestes avec ses bras afin de montrer à ses hommes qu’il n’était pas temps de perdre son temps. En moins de temps qu’il ne l’aurait pensé, Marius réussit cependant à réunir quelques hommes, largement pas assez pour combattre tout un équipage pour un navire de la taille de celui-ci, mais suffisamment pour revenir vivant avec quelques prisonniers. Ils étaient tous très entrainés, ils feraient l’affaire pour ce qui était de capturer le capitaine et le second afin de forcer l’équipage à se rendre. C’était là le seul but de Marius, malheureusement pour ses propres nerfs. La mission promettait d’être des plus difficiles.

Armés jusqu’au cou, une cigarette allumée entre les dents, il s’agrippait à la corde de son grappins en montrant le ciel avec deux doigts. Le commando, tous accroché à leur corde, entreprirent alors de monter sur le navire dans le silence le plus total. Le vent et les mouvements du navire rendaient l’opération bien plus complexe et nombre d’eux manquèrent de tout lâcher. Cependant, tous arrivèrent sans trop d’encombre sur le pont. Marius jeta un œil là ou il le pouvait. Le pont était plein de vie, tous semblaient s’affairer plus que de rigueur, il n’avait pas prévu qu’ils partiraient si vite. Mais l’opération était lancée, il fallait improviser maintenant. Un mouvement de main, enroulée dans un bout de tissu rouge, par-dessus sa tête et le commando sortit les armes et firent feu. L’heure était à l’assaut, au combat, au sang. Le rouquin grimpa plus lentement que les autres, le regard froid et inquisiteur. Il balayait de son œil valide l’endroit qui s’agitait déjà avant de dire tout simplement. « Je suis Marius Simanov, envoyé de sa Majesté. Je voudrais m’entretenir avec votre capitaine » Puis il s’interrompit en sortant un canon de la taille de son propre tronc de son dos.

Une brillante invention de Magdalena, qu’il avait pensé utile pour cette mission. Il dirigea le canon vers le grand mat et fit feu au moment ou ses hommes s’écartèrent –ou lançaient leur adversaire dans le champ. La détonation fut incroyable, plaquant Marius contre le bastingage et le sonnant quelques petites secondes. Il fit un signe de tête à s’en décrocher la nuque et deux hommes vinrent couvrir ses arrière pendant qu’il chargeait le deuxième et dernier coup mis à sa disposition. Le canon était lourd, très difficilement maniable et il avait du mal à viser correctement puisqu’il était obligé de le porter à bout de bras. Le tir avait résonné jusque dans ses coudes et avait rendu ses mains légèrement tremblantes, mais il s’était entrainé à ces conditions de combat. Et il avait entrainé chacun d’eux à en faire autant. Mais les pirates ne sont pas idiots, et ils vinrent nombreux pour empêcher Marius de tirer à nouveau. Le croquemitaine se redressa simplement pour échanger de place avec un grand chauve –encore plus grand que Marius d’ailleurs- qui se mit alors à charger pendant que le rouquin affrontait les pirates. Un pistolet à la forme étrange, qu’il avait acheté sur le marché noir, et une dague dans l’autre main et le voilà qui s’élance dans la foule. Tirant à vue, tranchant dans les corps qui s’effondrait contre lui et se servant d’eux comme de bouclier pour éviter les tirs. Son contrôle, son calme, sa maitrise du combat le rendait absolument terrifiant, comme un démon. Il lança un homme deux fois plus large que lui par-dessus bord avec un coup de pied sauté qui lui fit perdre l’équilibre un instant et lui valut une splendide entaille dans le dos. Mais pas un grognement, pas un son ne sortit de ses lèvres. Il se contenta de tourner sur lui-même avant d’enfoncer le canon de son arme dans la bouche de son agresseur et d’appuyer sur la gâchette. « Prêt ! » Lui hurla le chauve. Il était temps, ils commençaient à être un peu trop nombreux.

Attrapant le canon à deux mains, il changea de position et partit s’appuyer contre le grand mat en dirigeant le canon vers le reste du pont. Il hurla un mot, un seul, dans un Russe très approximatif, avant de tirer. La plupart de ses hommes avaient réussi à dégager la ligne, mais ceux pour qui il était trop tard se firent un devoir de retenir le plus de Pirate possible. Le tir fut effroyable et propulsa à nouveau Marius en arrière. Le canon était désormais inutilisable, il le lança tout simplement par-dessus bord. L’équipage était diminué, il y avait un trou de la taille d’un homme entre le pont et l’étage inférieur et le grand mat faisait assez la tronche pour tomber en cas de trop grand vent. C’est ici que débuterait le véritable combat. Essouflé, encore un peu sonné, Marius se redressa afin de dire d’une voix claire et dans son Espagnol approximatif cette fois : « QUE LE CAPITAINE APPROCHE ! » avant de repartir au combat, comme le reste de ses camarades.

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Marius Simanov
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Mer 16 Avr - 5:36
Ce n’était pas personnel. Magdalena n’avait rien contre ses hommes et ses intentions n’étaient pas de semer la zizanie. Malheureusement, les pirates ne l’avaient pas entendu de cette oreille, peu habitués à se faire secouer violemment par une bonne femme condescendante. La voix de Lazaro s’abattit d’un coup sur elle. Pourtant, elle ne cilla pas ni ne montra de signe de peur. Il était plus grand, plus fort, il savait se battre à coup sûr. La mettre à taire avec la seule force de son pouce. Cela n’effrayait pas la veuve qui se contenta de froncer les sourcils, de lever les yeux vers l’espagnol.

« Que vous pouvez être susceptible ! Je suis ravie de travailler avec votre équipe, mais pas lui. Lui il ne touche pas à mes moteurs. »

Le mouton noir, le vilain petit canard, le pauvre mécanicien qui ne demandait jamais rien à personne. Magdalena l’avait vu, dans ses yeux bruns, son manque de curiosité et d’initiative. Elle jaugea le chef d’équipe nonchalamment avant de reporter son attention sur la petite mécanique qui dansait entre ses mains habiles. Elle marmonna, plus comme une pensée qu’elle avait verbalisée malgré elle « Vous me laissez travailler ou vous en avez encore sur le cœur ? » puis s’écarta d’un pas ou deux sur le côté pour s’éloigner de Lazaro. Pas qu’elle craignait une baffe mais elle n’aimait pas que l’on se tienne à proximité.

Pendant ce temps, Viorica remontait doucement vers le pont. Elle s’amusait, seule, alors que les pirates s’affairaient. Son jeu du moment : Marcher sur une planche et une seule planche qui composait le sol du navire. En ligne droite, elle suivait une direction, jouant l’équilibriste au besoin, changeant courageusement de planche lorsque la première devenait inaccessible. C’est alors qu’un pirate, visiblement pressé, la heurta. Viorica tomba sur les fesses, levant ses grands yeux bleus vers l’homme. « Hey ! » Sa voix, bien qu’encore petite, porta suffisamment pour que le pirate la remarque et la remette sur ses pieds en la tirant par le bras. Préoccupé et n’ayant visiblement pas de temps à perdre, il offrit à l’enfant quelques lettres et lui somma de se rendre sur le pont pour les donner au second du Souffle Gris, à Solal. Beaucoup plus coopérative que sa mère, la cadette Korzha accepta volontiers de remplir cette noble tâche et traça sa route jusqu’à sa cible.

« Ce n’est pas aussi compliqué que ça en à l’air… Tout le monde sait lire ? Ne me regardez pas comme ça, je ne vous insulte pas, je veux que vous compreniez, tous. Hey, comptez vous chanceux, tout le monde n’ar… »

Des complications survinrent sur les étages supérieurs. « On est attaqué ! » ? Quoi ? Qui osait les attaqués alors qu’ils se trouvaient encore tout près de chez elle ? Si elle en chopait un qui abimait ses terres, il perdrait le droit de se reproduire. Si elle savait que Marius Simanov tirait avec ses armes –à elle- sur le navire portant ses moteurs –à elle- Magdalena aurait un mot ou deux à lui glisser… avec son poing. Lorsque l’arme lâcha sa décharge, l’onde de choc fit résonner les planches et secoua les salles. La veuve dut se rattraper à Lazaro pour ne pas tomber. Elle ne resta pas accrochée bien longtemps, se dégageant pour chercher Viorica du regard. Partie, évidemment. Hors de vue, comme toujours. L’énervement montait mais elle le cacha, peu désireuse de montrer ses pauvres émotions de mère. Et puis, au fond, elle se moquait du sort de Viorica, cette petite peste désobéissante et horriblement cinglante. Sans négliger la situation, elle sortit de sa jupe sa petite arme personnelle, un appareil qui tenait dans ses mains, un pistolet déformé. Lorsqu’elle l’activa, la petite invention se mit à briller et des étincelles commencèrent à crépiter.

Par simple curiosité et certainement pas parce qu’elle se souciait de sa plus jeune fille, Magdalena se dirigea vers l’entrée de la salle des machines, se demandant par où elle devrait commencer les recherches.

Viorica, pendant ce temps, s’était cachée entre diverses caisses trainant sur le pont, inquiète à l’idée de se faire disputer : elle avait échappé les lettres lorsque l’attaque avait commencé.
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Lun 21 Avr - 20:16
« Je suis Marius Simanov, envoyé de sa Majesté. Je voudrais m’entretenir avec votre capitaine »

" Il a dit quoi ?"
" 'Sais pas. On s'en fout, royaux ou pas, ces enfoirés vont nous le payer"
Et sur ces mots, les deux pirates s'élancèrent avec un cri sauvage sur les gardes roumains, prêts à vendre chèrement leur peau.

A la première salve de coups de feu, les trois hommes dans la cabine relevèrent la tête d'un seul mouvement. Solal, Lucian et leur Capitaine s'étaient réunis pour définir un itinéraire de secours, car traverser l'Allemagne semblait être plus que risqué ces jours-ci. Et il fallait croire que ça allait leur servir !
Des cris s'élevèrent du pont, alors qu'une partie de l'équipage se ruait contre les intrus tandis que l'autre se précipitait dans les cales, accédant ainsi à plus d'armes que les simples lames et munitions qu'ils portaient sur eux.
Les deux meneurs du Souffle Gris avaient confiance en leurs hommes, mais le bruit assourdissant qui fit trembler la cabine marqua leurs prunelles d'une lueur plus sombre encore. Alors qu'il allait sortir et faire regretter à ces saletés de roumains d'avoir poser leurs sales pattes crottées sur son navire, Solal s'arrêta une seconde pour choper le chapeau de Trappen et un double de son long manteau noir. Un sourire carnassier ornait ses lèvres, il avait un rôle à jouer, et rien ne lui plaisait plus que de le faire dans ces circonstances.

Certes, le subterfuge n'était pas peaufiné mais le persan, caché sous les tissus ébènes ferait autant de dégâts que s'il avait été réellement son Capitaine. Presque.
Il accueillit les premiers ennemis à s'aventurer plus loin que le pont d'une volée d'une balle qui en abattit un mais poussa les autres à devenir plus prudents. Quelques minutes à peine de passées, et Solal grimaçait déjà, du sang au coin des lèvres après un uppercut bien placé, en se disant qu'ils étaient décidément bien trop entrainés pour leur propre bien.
Le Second faisait des dégâts, sa formation militaire se couplant à une vie quotidienne marquée de sang et d'affrontement sans règle, si ce n'était de faire taire l'autre, mais il devait bien avouer qu'ils étaient coriaces.
D'une pirouette aérienne, il régla son compte à cet emmerdeur dont il ne comprenait pas un traitre mot; et s'avança pour constater avec effroi l'état extérieur du navire.

Le Mât principal avait un sacré coup dans l'aile et ces cons avaient fait un trou de la taille d'une cloche dans le sol. Dans son navire. Les prunelles couleur océan de Solal se posèrent sur les restes de cadavres qu'il restait après l'explosion qui avait éventrée le Souffle Gris , et sur une silhouette en particulier. Ses yeux s'étrécirent de colère à la vue du bras inerte, orné des gris-gris dorés de leur charpentier.
Ils allaient payer...
Mais pas immédiatement.
Une respiration hachée attira son attention, une forme recroquevillée entre deux tonneaux. Mais... qu'est-ce que Viorica foutait là ?
Du sang collé au visage et sur les bras mais souriant en essayant de paraître rassurant, le pirate s'approcha doucement de l'enfant, protégé de l'assaut par ses camarades, sans le savoir.

"-Viorica... qu'est-ce que tu fais là, petiote ? Ne reste pas ici, tu m'entends ! Va rejoindre ta mère ou planques-toi dans les cabines ! "
D'un tape, il poussa la gamine plus loin sur le pont, en faisant signe à Silver, un des canonniers de la couvrir un temps. Le vieux loustic acquiesça, et sa main mécanique, agrippa celle de la petite brune

La gamine presque en sécurité, Solal se dirigea vite vers le gros du combat.
D'un geste ample, circulaire, il sortit la lame impressionnante de son yatagan, créant un espace de vide entre ses adversaire et son propre corps.

« QUE LE CAPITAINE APPROCHE ! »

Un instant, Solal quitta des yeux son ennemi, pour repérer cette voix. Si détestable, si ... rousse. Encore, bordel ! A croire que les roumains cultivaient les roux dans leurs potagers ! Il avait l'impression que les personnes à la chevelure de feu poussaient autour de lui comme des pâquerettes !
Ils ne connaissaient pas encore... Mais le Second avait bien senti que Marius dirigeait la troupe.
Tournant, se servant des cordes pour progresser un peu plus rapidement, le pirate atterrit lourdement près du meneur, les yeux sombres sous le tricorne malgré le sourire qui se dessinait sur ses lèvres.

"- Et elle lui veut quoi au Capitaine, la pute borgne ? "

Pas la seule insulte que Solal avait retenu en roumain ... mais c'était sorti tout seul alors qu'il tentait d'atteindre le rouquin, décidé à lui en faire baver. Restait à se débarrasser de tout ces parasites.

Parasite.
C'est ce que devait penser Magdalena à voir Lazaro la suivre comme une ombre.
Ces deux-là n'étaient pas prêts de s'entendre, vu la sécheresse dans la voix du mécanicien qui n'avait pas pu s'empêcher de lui répliquer de redescendre de son petit nuage de grande savante, au moment où justement elle perdait complètement cette infime supériorité qu'elle avait sur eux dans la salle des moteurs.
Ce domaine-là, celui du sang et du carnage était leur terrain à eux. Mais Magdalena Korzha ne semblait pas d'accord avec ça.
"- Madame Kor'... Bordel, Magdalena, revenez !! " Mais elle avait déjà disparu. En pestant contre cette "foutue bonne femme" et son pistolet de moineau, Lazaro, un fusil dans une main et une clé de douze à la ceinture, la suivit, dépassant les cuisines vides : au menu de Jam' ce soir, rôti de roumains !

"- Vous devriez revenir en salle des machines, ATTENTION ! "

D'un bras puissant, il chopa la taille de la veuve, et la plaqua dans le renfoncement du couloir. C'était ça où finir troués comme une passoire. Son souffle faisait voleter les quelques mèches rebelles de la rouquine.
Lazaro pencha légèrement la tête vers la sortie, menant au pont du navire, et grimaça. Les saligauds, ils étaient arrivés à entrer dans la carcasse du Souffle Gris.

"- Je vous accompagne, et on ne discute pas. "
Ordre sans appel.

A l'autre bout du navire, près de la proue, un nuage de cris de douleur pure s'était élevé, le cauchemar vivant du Souffle Gris réveillé engloutissait tout sur son passage. Ennemi comme allié.
Spoiler:
 
Solal Yarhi
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Marius Simanov
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Marius Simanov
Mar 22 Avr - 15:30

❝La vitesse n'a pas de prix❞
feat. Solal & Magdalena



Marius avait déjà affronté pas mal de gens en tout genre. Du parrain en passant par le nettoyeur sans oublier le tueur à gages et le pirate. Ces loups-là n’étaient pas les premiers, et ne serait sans doute pas les derniers d’une longue série. Voilà pourquoi il n’était guère difficile, à l’œil du rouquin, de se défaire de cette petite horde de chiens sauvages et assoiffés de sang. Tous ayant leur propre manière de se battre et de chercher à blesser voir même à tuer. Le plus impressionnant fut un énorme loubard à la peau sombre comme l’ébène qui lui fonça dessus en le poussant près du bastingage. Heureusement, avec une bonne corde coupée, Marius s’envola comme un colibri alors que le pirate passait par-dessus bord avec la grâce de Magdalena face à une araignée. Mais tout commençait à aller trop vite, ils devaient vraiment trouver le capitaine le plus tôt possible avant que tous ne soient clairement tués et qu’ils ne soient trop haut pour pouvoir redescendre. Et en tournant la tête, du haut de son perchoir, le rouquin fit face à un spectacle auquel il ne s’attendait pas.

Un homme portant un tricorne sombre et élimé envoyait Viorica vers une porte ou plusieurs autres pirates se saisirent d’elle. Le rouquin vit rouge. Le croquemitaine se redressa lentement, le plus calmement du monde alors que l’homme au tricorne se redressait de tout son long. Le basané, sans doute persan, venait de s’adresser à lui à n’en point douter. Mais Marius n’entendit pas. Il attrapa simplement une autre corde et sauta afin de prendre son élan avant de tout lâcher. Après un magnifique salto avant qui aurait rendu jaloux le meilleur artiste de rue, il finit par croiser le fer avec l’homme face à lui : VIORICA ! OU EST VIORICA ? furent les seuls mots qui sortirent de sa bouche. Les yeux exorbités, mais le reste du visage plus impassible qu’un mort, il finit par mettre un coup de boule monumental au pseudo capitaine avec la force d’un bœuf. A n’en point douter, demain il aurait une ou deux bosses.

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Marius Simanov
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Mer 23 Avr - 14:33
Magdalena ne l’avouerait sans doute jamais, et personne n’aurait l’audace de le lui dire, mais la veuve, à cet instant, était poussée par l’instinct maternel. Elle qui, pas une fois, n’avait dit à ses filles qu’elle les aimait ou serrées dans ses bras. Elle ne supportait ni les cris ni les larmes ni l’idée de devoir couver et élever ses filles. Ah ! Ce ridicule sentiment typiquement féminin venait presque de la faire exploser… par une arme de sa création. Plaquée contre le mur, retenue sans doute contre son gré par le chef des mécaniciens, elle pestait en se tortillant, cognant contre le mur qui lui servait de protection.

« Cet imbécile de crétin d’engeance consanguine à failli me tuer avec ma propre arme ! »

Soufflant de rage contre Lazaro qui vérifiait si la voie était libre pour une folle rousse, Magdalena prit sur elle-même et se calma, soufflant de manière saccadée contre sa nouvelle ombre. Elle le repoussa sans ménagement lorsque leur étage fut plus ou moins dégagé et le fixa avec ses grands yeux bleus, le jaugeant et le jugeant de la tête aux pieds.

« …Vous venez de rater une occasion de vous débarrasser de moi, vous savez ? »

Puis elle se retourna vers le couloir, passant par-dessus les débris pour se faufiler vers la sortie qui menait au pont. D’un bond, un roumain surgit devant elle. Magdalena était une grande femme, mais ce garde était un grand homme. Elle hésita à utiliser sa petite arme contre lui, après tout il servait les intérêts de la reine, de sa patrie et… Il l’agrippa avec force par le bras, la tirant avec lui –sans doute avait-il reconnu l’un des inventeur de Roscat- mais la veuve ne le vit pas de cette façon. Elle se débattit, envoyant un coup de genou bien placé dans le bas ventre du garde avant de l’électrocuter. Il n’était pas mort, mais ne se réveillerait pas avant un bon moment. Lourdement, le roumain s’effondra au sol, inconscient et ne l’épargna pas, lui assénant un coup de pied dans le ventre même si celui-ci ne bougeait plus. Hey ! Ça lui apprendra à lui défoncer le bras avec ses doigts, non mais oh ! La savante se retourna vers son suiveur.

« Lazaro ! Venez, là, écoutez-moi ! Qu’avez-vous fait à votre dernière venue ? N’importe qui ne porte pas cette arme-là ! »

Seul l’unité de Marius Simanov pouvait porter sur son épaule une canon aussi gros. Les Korzha faisaient des armes sous ordre de la Reine, mais leurs valeurs étaient beaucoup plus philanthropes, en réalité. Les hommes étaient de grands bébés et sous les bruits de coups de feu, Magdalena continua sa route vers le pont, là où, sans doute, Viorica avait été se mettre dans la merde.

Tout d’un coup, la mère aperçu la petite tête brune descendre les escaliers à pleine haleine, courir comme si elle était un membre d’équipage. « Viorica Korzha ! » Hurla la savante de sa voix puissante. L’enfant stoppa son élan d’un coup, trébuchant presque et accourut vers sa mère. Elle sautillait, amusée par tant d’action, inconsciente du danger.

« Mère ! Mère ! Solal m’a sauvé ! Et maintenant il faut l’aider !
- Ce n’est pas notre combat.
- Si nous ne les aidons pas, qu’adviendra-t-il de vos moteurs ? »

Manipulatrice. Sale petite manipulatrice. Violemment, Magdalena attrapa l’enfant par le bras et la traina jusqu’à leur cabine, l’y jetant presque. Viorica, aussi frêle que sa mère, chigna un moment mais se releva bien vite. La savante se dirigea vers son tas de bagages et ouvrit une grande mallette. Les quelques pièces détachées qui étaient à l’intérieur fut habilement remontées par la veuve. À ses côtés, l’enfant la pressait, lui tournant autour et tirant ses vêtements. Magdalena se tourna brusquement et, d’un geste vif, brandit haut sa main pour l’abattre sur le visage de l’enfant. Deux fois. Sans ménagement.

«Taisez-vous, taisez-vous ! Sale petite peste, allez vous étouffer dans un oreiller ! »

Il lui semblait, à cet instant, qu’avoir emmené sa fille sur un bateau pirate était une mauvaise idée, finalement. La respiration de la savante devenait irrégulière et brutale. Elle devait se calmer. Se calmer ou entrer dans une rage si folle que même un homme de la stature du mécanicien ne pourrait rien contre elle. Se calmer ou se transformer en furie surpuissante et s’attaquer à allier et ennemis. Magdalena rebaissa les yeux vers son arme et, lorsque le dernier morceau fut assemblé, elle revint vers le mécanicien et la lui tendit.

« Pour l’activer pour appuyer ici, pour la recharger vous tournez cela et pour tirer c’est une gâchette ordinaire. Pour vous remercier. »

Et elle recula, pour s’éloigner de la sortie de la cabine. La veuve se posa sur le bord d’un des lits en reprenant sa petite arme électrique. Elle fit un geste de main vers le mécanicien.

« Allez vous battre avec vos compagnons ou défendre m... les moteurs, ici je saurai me défendre. »

Sur l’autre lit, assise en tailleur, mécontente, Viorica se frottait les joues, n’osant même plus parler.

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Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Dim 27 Avr - 2:17
Entre les lèvres de Trappen filtrait une sinistre mélopée. Chant de mort indistinct alors que s'affichait sur son visage un sourire digne des plus grandes peurs. En réalité, il s'agissait d'une chanson pirate, légèrement paillarde mais une habitude tordue du sombre Capitaine, ses gestes esquissant la fin de vie des deux imbéciles qui avaient cru pouvoir l'acculer près de la proue du navire.
Leurs yeux exacerbés par le cauchemar nés de leurs souvenirs les plus enfouis ne virent pas la lame du Capitaine s'abattre sur eux. Pas de mort heureuse pour eux, mais une lumière qui s'éteignit dans l'horreur et la peur.
Trappen se fichait bien de ça, piétinant tout, ne respectant rien, et si un de ses propres hommes se prenait dans le champs de son pouvoir cauchemardesque ... et bien tant pis.
Ils avaient intérêt à s'écarter rapidement.

Plus loin, Solal, copie sanglante du Capitaine, ne chantait pas. Pas du tout même, un peu sonné, il grognait de douleur, l'avant bras appuyé contre son nez, à la fois pour tenter d'atténuer la douleur, le sang et se protéger des assauts de Marius. Il avait la tête dure celui-là !

" Qu'est-ce que tu lui veux à la gamine ?... "

Bordel, qu'est-ce que Viorica venait faire dans toute cette histoire ?!
Le rouquin était devenu comme fou, véritable chien de guerre à la vue de la gamine. Son calme ne rassurait pas le pirate, au contraire même.
Le ton du Second n'augurait rien de bon non plus... Sans le connaître le moins du monde, il pouvait sentir que Marius était plus sérieux que jamais dans son intention de le refroidir.
Mais peu importe. Solal, du sang coulant le long du nez fronça les sourcils et répliqua d'une botte vicieuse avant de reculer par des pas légers.
D'un geste rageur, il chopa une poulie et l'envoya droit vers le roumain, tiens, histoire de voir s'il aurait toujours la tête aussi dure après ça... mais son projectile ne fit qu'assommer un de ses propres camarades. Bah, c'était la distribution de coups de boules... Sans regarder le corps du pirate s'effondrer, le persan attaqua férocement, entre coups de crosses de son pistolet à présent vide, et la lame courbe.
L'arme à feu partit bien vite dans le vide, mais son poing s'abattit, furieux, sur le visage de l'homme, premier d'une volonté à faire fondre sur le roumain une pluie de coups. Pour ce que ce connard lui avait envoyé dans la tronche, pour protéger le Souffle Gris, sa liberté, et le sang qu'ils faisaient couler. La lueur dans les yeux bleutés du perse n'était plus que l'expression exacerbée de son mode de vie. Sauvage, animal, libre et avec une envie de faire regretter à cet idiot de roux la charmante idée d'être venu leur tirer les oreilles.
Le souffle court, les muscles douloureux et la tête douloureuse (ou des petits corgis refusaient de cesser leur bamboula), Solal n'en démordait pas, Capitaine sans l'être réellement... si peu de différence.
Marius ne ferait plus d'avancées sur son bateau, Solal dusse-t-il finir en charpies.
Le corps de biais, la lame pointée vers le sol mais prête à amorcer un mouvement sanglant vers le haut, le persan se heurta de nouveau contre le chef de la milice.

~

"- Parce que vous connaissez celui qui vient de faire un trou gros comme une baderne dans la charpente ! "
Estomaqué, l'espagnol grinçait presque contre la savante. Non mais elle était encore plus malade qu'il ne le pensait, pour... fabriquer un engin capable de faire ça.

"- Trop facile. "

Il lui jeta un drôle de regard, un poil méfiant, avant de sourire, goguenard et provocateur l'espace de quelques secondes, pour la suivre comme son ombre au travers des poutres qui grimaçaient sous la pression des débris. Ils n'y étaient pas allés de main morte, les bougres ! Le regard sombre du quartier-maitre des mécaniciens se voila quelques secondes en apercevant une ombre aux vêtements colorés, teintés de sang au travers de ce qui s'était effondré. C'était leur vie, et la sienne depuis une bonne trentaine d'années, si ce n'était plus - il ne comptait plus- mais Lazaro détestait toujours autant la perte de ses compagnons de route.

Cet instant d'inattention ne lui permit pas de protéger Magdalena du garde qui finit par s'effondrer comme une masse. Le mécanicien fixa l'engin de la roumaine d'un œil presque admiratif. Presque, hein.
Tout comme il aurait s'arracher la langue plutôt que de devoir avouer, que Solal lui avait confié la tâche de veiller sur les fesses de la savante, mais surtout... qu'il l'aurait fait quand même, peut-être.
Plutôt mourir que de le dire.
Surtout devant elle.

« Lazaro ! Venez, là, écoutez-moi ! Qu’avez-vous fait à votre dernière venue ? N’importe qui ne porte pas cette arme-là ! »

Alors qu'il allait répondre à Magdalena, la brulure d'une balle éraflant son bras lui fit pousser un juron, mais ça ne l'empêcha pas de répliquer; deux chevrotines tombant à ses pieds, tout comme le corps de l'inopportun. Le regard froid, dur comme l'acier, Lazaro reporta ses prunelles vers la silhouette rousse.

"- A votre avis ?... Ce n'est pas de notre faute si les transits royaux ne sont pas assez sécurisés et s'ils se vantent de leur itinéraire soi-disant secret à tue-tête. " . Lazaro pointait son arme vers la sortie mais l'abaissa en voyant la petiote dévaler les escaliers, du moins ce qu'il en restait. Silver l'avait poussée rapidement, son corps d'androïde l'aidant à empêcher les hommes de Marius à l'attraper.
"- On n'est pas n'importe qui non plus... ". Une fraction de seconde, un sourire mauvais s'étira sur ses lèvres avant que le mécanicien ne reprenne son expression sérieuse.

Il haussa les sourcils au discours de la fillette, la trouvant bien intrépide, et presque marrante à vouloir les aider, même si c'était certainement encore de l'ordre du jeu pour elle. Malgré l'agacement de la veuve Korzha envers sa fille, envers tout ça, Lazaro les suivit jusqu'à l'entrée de la cabine.

La paire de claque qui résonna dans l'espace confiné de la cabine ramena l'attention du mécanicien vers les deux invitées du Souffle Gris, toujours posté à l'entrée , en guettant les cris toujours rugissant des hommes à l'étage au dessus. Mais il ne fit aucun commentaire. Ce n'était pas le moment, et Lazaro n'était certainement pas le mieux placé pour parler d'éducation des gosses... oh non, loin de là.
Ses doigts, tout comme ses yeux inspectaient l'arme que lui tendait Magdalena, intrigué. Il hocha la tête en silence à ses instructions.
D'un geste précis, il activa le mécanisme, et un bourdonnement crépitant se fit entendre.

"- Ça, je veux bien le croire. Mais non, je reste avec vous... On sait jamais. "

Et ça, même si sous sa peau suintait un frisson d'urgence quand à savoir ce qui se passait au dessus d'eux, bruits de pas lourds, et plus loin, dans la salle des machines. Magdalena était importante, les moteurs étaient cruciaux. Et la gamine, bah aussi du coup.

Bénie soit la conscience professionnelle de Lazaro, car l'encadrement de la porte reçut une salve de balles venues de nulle part. Prenant la savante par la taille, il la poussa littéralement sur sa fille, hors du champs de tir, en espérant que les idiots qui avaient fait ça n'étaient pas décidés à transformer la porte en véritable gruyère !

Mais il s'agissait en réalité d'une mesure de sécurité de l'homme de Marius, bien déterminé à ramener les roumaines chez elles. Instinctivement, Lazaro pointa l'arme de Magdalena, les bras noués vers la porte, se tournant une dernière fois vers elle.

" - Et ça fait quoi votre truc là ? "



Solal Yarhi
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Marius Simanov
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Marius Simanov
Jeu 1 Mai - 17:18

❝La vitesse n'a pas de prix❞
feat. Solal & Magdalena



Silencieux comme la mort, Marius avançait vers son adversaire qui ne faisait que reculer encore et encore, longeant le bastingage comme si il avait été son meilleur ami – et un moyen de prendre appui pour une nouvelle attaque- tandis qu’il esquivait une grosse poulie lancée par son adversaire comme un traitre, un lâche, un vrai pirate. Il ne l’aurait sans doute pas avoué, mais cet affrontement lui plaisait. Ses ordres étaient clair, quel que soit le résultat, sauter du bateau à partir du moment où l’église serait en vue et le suicide pour les hommes n’ayant pas pu se le permettre. Marius s’élança à nouveau contre son adversaire en grinçant entre ses dents : « La petite vient avec moi. » dans un russe qui lui était sorti le plus naturellement du monde. Il se fichait éperdument que son adversaire comprenne, il serait mort avant qu’il n’emmène la fille Korzha avec lui.

Le calme olympien dont faisait preuve le rouquin n’avait rien à envier aux gestes rapides et précis qu’opéraient ses armes. Il tira sa dernière balle dans la tête d’un autre homme qui venait pour le tuer par derrière en beuglant comme une vache qu’on égorge. S’il avait été silencieux, il l’aurait sans doute égorgé et… cela n’avait que peu d’importance. Tels étaient les règles de Marius. Si la mort importe peu, l’objectif de la mission se doit d’être suivit jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucune chance de l’accomplir. A ce moment-là, la mort ne servait plus à rien. Marius, dans une rage calme, donna un coup de lame dans le sabre de son adversaire pour le faire chanceler avant de donner un énorme coup de pied dans ses chevilles afin de le faire chuter. Tournant sur lui-même, il coupa un cordage et un énorme rondin lui tomba dessus dans un bruit de fracas incroyable. Il était terminé. Il fallait désormais retrouver Viorica.

Sans relever un sourcil, Marius poussa par-dessus bord un autre de ses agresseurs, prenant soin de ne pas se battre afin de prioriser la petite fille Korzha. Mais il fut forcé à l’assaut par un androïde aussi gros que lui et large comme trois de ses hommes. Le croquemitaine ne fut pas plus étonné que cela de trouver un androïde ici, et il fut bien obligé de reconnaitre la rage et la hargne qui occupait son regard. Il l’avait, sans le moindre doute, reconnu. Lui qui l’avait livré à Vasile. Le gros lui lança son poing dans le ventre, ce qui le fit valdinguer jusqu’au bastingage : « TU TE SOUVIENS DE MOI, CROQUEMITAINE ? » Marius prit appuis sur ses pieds, coupa deux tuyau dans le bras de l’androïde, passa derrière lui en glissant entre ses jambes et lui dit simplement « Non. » avant de couper encore deux autres tuyau et de voir le bras mécanique chuter lourdement contre le flanc de l’énorme homme. Celui-ci, bien entrainé, tourna sur lui-même afin d’envoyer à nouveau le rouquin contre le bastingage. Mais il ne continua pas la lutte, conscient qu’il irait à la mort. Marius se releva donc, couvert par deux de ses hommes à moyenne distance qui empêchait les pirates de l’attaquer pendant qu’il reprenait ses esprits.

@Eques sur Never-Utopia
Marius Simanov
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Ven 9 Mai - 15:34
La cabine semblait être un lieu sûr. Semblait, tout simplement. L’espace était suffisamment calme pour monter une arme qui était en pièce détachée. L’ambiance entière du Souffle Gris était tendue, mais pour ces pirates, ce ne devait être qu’une raison de plus pour lâcher l’adrénaline et se taper sur la gueule. Magdalena n’était pas faite pour le champ de bataille. Elle levait régulièrement les yeux, distraite par les bruyants bruits de pas au-dessus de leurs tête, le son des hommes qui se battent et se blessent.

Après avoir expliqué le fonctionnement de l’arme à Lazaro, la veuve recula dans la cabine, regardant une fois de temps en temps comment se portait Viorica. L’enfant avait cessé de frotter ses joues et se retenait de se jeter hors de la cabine, d’attraper une épée et d’aller se battre aux côtés des pirates. Magdalena s’était levé pour s’approcher de l’homme, se demandant ce qu’il se passait de l’autre côté de la porte mais fut rapidement repoussée, trébucha sur la Viorica, au fond de la pièce. La savante darda le mécanicien, mécontente mais néanmoins reconnaissante de, encore une fois, l’avoir sauvée. Elle commençait à se dire qu’il serait meilleur garde du corps que pirate. Magdalena s’écarta de sa fille et la prit brusquement par les épaules.

« Êtes-vous blessée ?
- Je me suis cognée le coude contre le sol et... »

La mère rendit sa prise moins agressive. Si elle l’avait pu, si elle en avait été capable, elle aurait serré contre son cœur la chair de sa chair. Viorica n’eut droit qu’à l’équivalent ; un regard moins sévère et soulagé. Largement plus démonstrative, elle passa ses petits bras autour de la taille de sa mère. Magdalena se raidit et décrocha l’enfant avant de se relever et de se tourner vers Lazaro.

« Une décharge électrique traversera le corps de votre cible. À l’extérieur il n’aura que quelques brulures, mais à l’intérieur il devrait être calciné. »

Tout dépendant où le mécanicien tirait.

« L’énergie électrique tentera toujours de rejoindre le sol, comme la foudre, et détruira tout sur son passage. Visez au niveau des épaules et des bras, ce sera davantage efficace. Si vous attendez trop longtemps pour tirer l’énergie se dispersera et vous devrez recharger l’arme. »

Peut-être était-ce une bonne idée de préciser ce détail.
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Mer 25 Juin - 22:46
Du feu dans les veines.
De l'excitation sur le bout de la langue.
Danse mortelle.
Dernier tour.


Le souffle court par l'effort et cette sensation grisante au bout de ses doigts, les mouvements du second s'étaient fait plus vifs encore pour éviter, contrer les attaques implacables de cette machine de guerre rousse. Mais le garde était sur son territoire. Le sien. Et Solal, gardien farouche de son bien ne se laisserait pas avoir, même s'il devait reconnaître que ce roumain était plus que coriace. C'était un adversaire de qualité et son coeur de guerrier se gonflait d'excitation morbide. Un sourire carnassier vint barrer son visage, alors que sa lame se plantait dans le bois, lui donnant assez d'appui pour un coup de pied retourné vicieux envers Marius, mais il toucha un de ses comparses qui bascula en arrière, bientôt aux prises avec d'autres pirates, tous aussi assoiffés de sang.

Ce même goût amer et doucereux que sentit Solal en se mordant la lèvre inférieure de douleur au coup de pieds vicieux du rouquin dans ses chevilles. Il était agile mais les combattants autour de lui restreignaient son espace vital et sa marge de manœuvre si bien qu'il perdit l'équilibre et étouffa un juron quand l'énorme morceau de bois s'abattit sur lui.

Trop facile.
Un Yarhi ne meurt pas aussi facilement, fusse-t'il chancelant d'adrénaline et une épaule complètement déboitée. Le pirate cracha au sol avant de saisir des couteaux planqués dans ses bottes, et chercher de nouveau "son" adversaire. Il avait fait de Marius sa priorité, sa Némésis de l'instant.
Le cri de Silver lui indiqua plus rapidement qu'une boussole enchantée, rauque, empli d'une rage mâchouillée depuis des années. Les prunelles de Solal se rétrécirent à la vue de l'androïde atrophié... Comme s'il avait besoin de ça en plus ! Mais pire, l'autre continuait son carnage et il était désormais hors de question que Marius mette la main sur Viorica, en plus de saccager son navire. La culpabilité se disputait à la rage pure dans l'esprit du Second, les lèvres serrées dans un rictus digne de son Capitaine.
L'échange suivant les confrontait sans donner l'avantage à l'un ou à l'autre. Ils avançaient, reculaient. Un des pistolets se révéla inutilisable, une dague déchirant son chargeur, et Solal se battait avec un restant de sabre et un fin couteau dans l'autre main, danseur macabre entre Simanov et deux de ses comparses qui essayaient de le prendre en tenaille.
Une balle lui arracha un sifflement de douleur, alors qu'au bord de son regard apparut une petite silhouette. Malingre et maligne, un des plus jeunes pirates s'était glissé dans le cercle assassin des quelques protagonistes tout près du bastingage, et d'un bond le gamin s'élança.

Pour se rattraper furieusement sur la chevelure du rouquin qui bascula en arrière dans un cri de femme effarouchée. La diversion donnée par le moussaillon fut de courte durée... Sous les yeux écarquillés d'horreur et le cri de Solal, la silhouette du gamin s'affaissa dans une mare de sang.

"- VA MOURIR ! "

C'était le risque, le pirate le savait. Et la mort dans l'âme, le Second en profita, vengeur, et se précipita sur les deux hommes, laissant une estafilade profonde sur le torse de l'un des gardes alors que d'une poussée, sa botte heurta le torse de Marius, lui faisant perdre l'équilibre. Pas sur que celui-ci ait compris les derniers mots de Solal, sa langue natale refaisant surface sous le coup de la colère.

~ ~


Tandis que la lueur d'un des plus jeunes pirates du Souffle Gris s'éteignait, celle de la gamine dans la cabine était bien vivace, un peu trop enthousiaste aux yeux de Lazaro. Mais elle devait le rester.

L'espagnol avait levé un sourcil dubitatif aux explications de Magdalena, mais après tout, il n'était pas franchement en posture à discutailler, et surtout rien ne valait la preuve par l'expérimentation.
Il hocha la tête, et se plaça de biais par rapport à la porte, attendant de pied ferme leur adversaire.
La nouvelle salve finit de transformer la porte en gruyère et avec un clin d’œil pour Viorica, Lazaro leur fit signe de ne plus prononcer un seul mot. Une fraction de seconde, on n'entendit dans la pièce que le bourdonnement léger de l'arme étrange, chargée.
Quand l'ombre du garde apparut dans l'embrasure, le chef mécanicien s'élança d'un bon, son bras droit bloqué par un mouvement de défense du roumain, alors que le gauche brandit l'arme pour la planter rageusement dans la clavicule.

Un grésillement atroce retentit alors que le cri du garde se changea en un gargouillis étouffé par sa propre douleur alors que son corps se retrouva à griller proprement de l'intérieur, tressautant comme un pauvre diable.
Il s'effondra comme un androïde désarticulé aux pieds de Lazaro, stupéfait. Il avait sentit le corps se tendre comme un arc, sa propre main secouée par la décharge.

Un sifflement admiratif s'échappa d'entre ses lèvres alors que ses yeux sombres étaient fixés sur l'arme qu'il tenait encore.
Mais il était encore trop tôt pour les compliments, et la scientifique n'écopa que d'un regard et un hochement de tête en remerciements. Le mécanicien était un peu impressionné mais autant sauter du haut du mât que de l'avouer. Malgré tout, la veuve avait monté légèrement dans son estime.
Légèrement.

"- Merci du cadeau!"
Oui, elle pouvait bien en fabriquer un autre pour elle-même, non ?

Un sourire goguenard s'afficha bientôt sur ses lèvres alors qu'il enfournait l'arme dans sa ceinture, prenant à bras le corps le garde refroidit pour le dégager légèrement de l'entrée, même s'il fallait encore l'enjamber pour sortir à l'air libre.
Des cris leur parvenaient encore un peu du pont mais c'était comme si ceux-ci sonnaient le crépuscule de l'affrontement. Affalé aux escaliers, un des pirates se tenait le ventre en grimaçant, un filet de sang au coin des lèvres.
Lazaro l'empoigna pour l'aider à se déplacer et indiquer à un de ses comparses de l'emmener dans une des cales qui servaient d'infirmerie de fortune.
Il se tourna vers les deux femmes, en disant qu'il fallait essayer de les rassurer, même si honnêtement le mécanicien doutait qu'elles aient été réellement effrayées. Effrayantes oui !

"- Ça m'a l'air de ne plus vouloir descendre... réfugiez-vous dans la salle des machines, sinon l'infirmerie, mais... la petiote..."
Ouais, sans doute une mauvaise idée, car bon nombres des blessés ne finiraient pas la nuit.
Lazaro n'eut pas le loisir de finir sa phrase que l'ordre du Capitaine résonnait dans le couloir, sa silhouette sombre et tachée de sang se découpant dans la pénombre.

"- Lazaro, fais-nous quitter ce foutu pays ! "

Les pas, légèrement asymétriques de Trappen ralentirent à hauteur de Magdalena et de sa fille. L'homme paraissait presque vieilli, son expression mêlant une colère perpétuelle et une lassitude vite effacée. Mais une aura de peur entourait toujours son corps, résidu d'un pouvoir abimé.
"- Si vous pouvez nous aider, faites-le. Sinon ne trainez pas dans les pattes de mes hommes... Hans ! le compte-rendu des dégâts ?! "

Difficile de dire si le Capitaine du Souffle Gris était soulagé ou non de les savoir encore en vie, même si d'un point de vue tout à fait intéressé, c'était une bonne chose. Déjà, il ne se préoccupait plus des roumaines, son regard trainant légèrement sur la chevelure de la savante avant de se diriger vers sa cabine avec le dénommé Hans, grimaçant aux pertes humaines et matérielles, mais fronçant les sourcils à l'évocation du garde encore à moitié en vie, tenu en respect par Solal dans une des salles.
Lazaro, lui avait déjà disparu vers la salle des machines, houspillant les hommes pour faire ronfler les machines et les éloigner de cette ville maudite.
Spoiler:
 
Solal Yarhi
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Ven 4 Juil - 22:13
Ni d’une ni de deux, Magdalena plaqua sa grande main sur la bouche de sa fille. Oh, elle connaissait Viorica, elle savait que celle-ci ne s’empêcherait pas de parler si Lazaro venait justement de lui dire de se taire. Il ne restait que ses grands yeux en amande qui allaient de sa mère jusqu’au pirate. La salve de balles les fit sursauter, mais elles ne paniquaient pas, demeurant calmes dans un coin sûr de la cabine. Une seconde main vint se plaquer contre les yeux de la jeune fille pour lui dissimuler le corps qui se désarticulait sous la décharge électrique. Il était inutile pour Viorica qu’elle voit une telle horreur.

Mais rapidement l’enfant se dégagea de l’emprise de sa mère, elle n’aimait pas la censure. Peu après, elle leva la tête vers le capitaine du navire. Il était laid et il faisait peur. La veuve, quant à elle, le jaugeait sévèrement, presque avec dégout. Abruti d’homme. Se détachant de sa progéniture, la savante passa par-dessus le cadavre d’un garde roumain et retrouva sa place, celle qui l’attendait dans la salle des machines, auprès de ses moteurs. Son cœur battait rapidement. Magdalena, derrière ses airs froids et détachés, ne savait demeurer impassible face à de telles… attaques ? Atrocités ? Contrairement à Vasile Duca, elle supportait difficilement la mort. Même qu’elle ne l’avait jamais souhaitée à personne.

Attrapant une paire de gant, elle se mit au travail avec les autres mécaniciens. Elle s’approcha de Lazaro, l’interpelant avec un léger coup d’épaule et marmonna un « Merci » Après tout, qui sait si elle n’aurait pas été surprise par la salve de balles s’il n’avait pas été là au préalable pour la pousser ? Magdalena tira son plan et l’observa quelques secondes. Puis elle pointa quelques parties des moteurs avec son doigt, à l’intention du chef mécanicien.

« Ce n’est pas l’idéal, mais il suffit de connecter ses deux parties pour donner une bonne poussée au navire qui lui permettra de quitter Bucarest rapidement. Est-ce que vous avez du rhum ici ? Mais il ne faut pas en abuser, sinon cela abimera les moteurs. Question idiote, forcément que vous en avez. Ensuite, nous devrons avancer plus calmement, le temps d’installer les dernières pièces. Où le cachez-vous ? »

Elle regarda Lazaro de manière moins sévère, attendant une réponse. Et sa réponse, elle la voulait maintenant.
Magdalena Korzha
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Dim 3 Aoû - 12:37

Un drôle de silence régna quelques minutes sur le Souffle Gris.

Un silence criant de souffrances, d'esprits pantelants après l'adrénaline de l'affrontement. Les gars essuyaient le sang de leur visage sur leurs manches, grimaçant sous les estafilades qui parsemaient parfois leurs corps. Leurs prunelles sèches pleuraient leurs camarades morts, le regard tourné vers le ciel.
Cet espace de liberté, leur liberté qu'ils rejoindraient bientôt. Les cadavres furent entreposés dans une pièce, les draps sombres devenus pourpre. Couleur vengeance, couleur souffrance.

Le vent claqua dans les voiles noires, et le navire s'ébranla plus vite sous les ordres de Lazaro, cherchant à augmenter leur vitesse, laborieusement. Le remplacement des moteurs n'était décidément pas tomber au bon moment, et l'équipage avait perdu bon nombre d'hommes, dont certains mécaniciens.
L'espagnol se retint d'appeler Solal à la rescousse mais le Second était débordé sur le pont, entre les débris inutilisables à balancer par dessus bord et les voiles, tout en essayant de calmer la douleur de sa tête, sans parler d'une conversation qu'il avait capté sur leur prochaine destination ... et qui ne lui plaisait pas du tout.

Dans l'infirmerie, installée dans une des plus grandes cales du Souffle Gris, les râles de douleurs, et les cris, grognements ne cessaient, rendant l'atmosphère étouffante, poisseuse.
Lazaro ferma les yeux un moment, comme si ce qui filtrait jusqu'à la salle des machines ne deviendrait qu'un murmure, mais son attention fut ramenée un peu brutalement par Magdalena qui venait de débarquer parmi les moteurs. Pâle, échevelée, mais en vie, et c'est ce qui allait peut-être leur assurer une fuite sans plus de problèmes.

Mais pas le temps de penser au "si", aux hypothèses, et aux hommes perdus aujourd'hui. Le navire pirate devait quitter l'espace aérien roumain, et en vitesse.
Le chef mécanicien sursauta légèrement au remerciement discret de la savante, ne s'y attendant pas du tout et glissa un regard surpris vers elle, hocha simplement la tête.
Ses sourcils s'arquèrent à sa demande, ouvrant des gobilles plus grandes que des soucoupes.
Elle voulait gaspiller du rhum... et les mettre dans les moteurs ?!
Les habitudes de pirates bien trop ancrées par les années de Lazaro hurlait au sacrilège le plus inhumain, alors que sa bouche s'ouvrit et se referma tout aussi sec, sans qu'un mot ne filtre.

L'espagnol bougonna un peu dans sa barbe, regarda la scientifique d'un regard qui semblait lui demander de trouver une autre solution. Avant de capituler dans un soupir à fendre l'âme.
Oui, c'était exagéré ... mais comprenez, ça allait vider SA réserve personnelle !
Lazaro se retourna pour disparaître dans le couloir, revenant bien vite avec deux bouteilles pleines, la vie de ses compagnons en dépendait. Du rhum des caraïbes, quel gâchis malgré tout !

"- Il a cinq ans d'âge, j'espère que ça vaudra le coup !" martela t-il.

Pour ce coup-ci, oui le mécanicien acceptait de suivre les ordres de Magdalena Korzha. Leurs chipotages et pics en tout genres reprendraient bien assez vite.
Au dessus d'eux, et dans l'infirmerie c'était encore la guerre.

Contre la mort et la gangrène.
Contre une destination qui signait la mort en sursit du Second.


Plus haut, dans la cabine du Capitaine, le poing de Solal avait frappé la table, tachant les cartes de sang.
La voix tonitruante de Trappen résonna brutalement.

"- ON PASSERA PAR LE SUD ET JE ME FOUS DE TES SIMAGREES ! C'EST UN ORDRE !"

Plusieurs pirates tournèrent la tête en direction de la cabine, puante de menace et de mort, avant d'en voir sortir un Solal au regard noir.
En plus de passer au dessus de ces saligauds d'autrichiens, le Souffle Gris ferait escale en Perse. De quoi réjouir le Second... Vraiment. Il comprenait l'utilité et le bon sens de la manœuvre, s'éloignant rapidement de la Roumanie en évitant ses alliés, et lui non plus ne supportait pas les tempêtes de neiges russes, mais s'arrêter dans son pays natal ?
Vraiment ?
Dans le couloir central, il croisa Viorica, mais lui adressa pas un regard, la mine soucieuse tandis que le Souffle Gris poussé par les moteurs fuyait la purée de pois roumaine.

Quelques heures plus tard, ses prunelles étaient voilées par le décompte des pertes, veillant comme une ombre sur les blessés encore en sursis.
Ambiance lourde où ne résonnait aucun rire.
Solal Yarhi
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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Jeu 14 Aoû - 3:09
« …Quoi ? »

Est-ce que sa demande de rhum était si surprenante ? Était-ce un désir hors du commun que de prendre une gorgée d’alcool pour se remettre sur pied après une attaque ? Magdalena n’était pas une femme de guerre, de violence. Oh, pour sûr elle était agressive, virulente, mais les maux non nécessaires, les salves de balles, le sang, ce n’était pas pour elle. La vue de ce dernier, en temps normal, ne la gênait pas. À la limite, la forte odeur du fer l’indisposait, mais ses tripes ne menaçaient pas de se retourner à la moindre goutte rouge. Depuis l’opération de Vasile, sa sensibilité s’était accrue. Recevoir le contenu puissant et sanglant d’une artère sciée l’avait marquée. Son côté femme, sans doute, qui ressortait.

« …Pas de verre ? »

Elle sourit puis attrapa la bouteille. Comment aurait-elle pu savoir que Lazaro n’avait pas suivi un mot de ce qu’elle avait dit ? Agitant son doigt en direction des moteurs, elle siffla quelques commandes au mécanicien le plus près, lui indiquant la marche à suivre pour donner une poussée au Souffle Gris. Lorsqu’il eut saisi ses propos, elle ouvrit la bouteille de rhum et la leva à la hauteur de son visage. Magdalena prit une gorgée à même la bouteille. Elle était entourée de pirates, qui se soucierait de d’un comportement normalement déplacé en société ? Aussitôt, la roumaine referma la bouteille et la redonna au chef des mécaniciens. La déposer sur une table signifierait sa perte à coup sûr !

« Solal ? Solaaaal ! »

Viorica croisa le Second. Il l’ignora. Elle trottina à côté de lui sans se mettre dans ses pattes. L’enfant passa quelques minutes à suivre le pirate, jusqu’à ce que celui-ci ralentisse, comptant leurs pertes, les blessés. La vue des hommes mal en point, à première vue, ne paraissait pas la choquer et l’ambiance lourde qui régnait sur le navire ne l’atteignait pas. Viorica était imperméable, préférant rire plutôt que de pleurer depuis la mort de son père. Parce que son père, Emilian Korzha, lui il riait tout le temps.

Un des pirates blessés, étendu sur un matelas de basse qualité à cause de sa jambe blessée, l’attrapa par sa robe. La petite fille arrêta ses pas et se posta près de lui, sourire intrigué aux lèvres. Le pirate n’était pas le plus beau. Il possédait une cicatrice qui traversait une partie de son visage, il avait de petits yeux bruns et les traits marqués par une vie de vices et de hors la loi. Viorica se posa là, juste à côté de lui, et discuta de manière enjouée, le distrayant de ses blessures et des soins loin d’être doux qu’il recevait.

Lorsque la discussion se termina, elle avoua à l’homme vouloir devenir un pirate-explorateur plus tard, mais qu’il lui faudrait convaincre sa mère d’accepter.
Magdalena Korzha
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