[Année 0003] Abreuvez-moi de science, et je vous abreuverais d'or

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Axentius Clemens
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Axentius Clemens
Mer 7 Mai - 20:29
Le Rossignol était vivant. Telle une étoile, il était vivant. Une étoile, un souvenir. Elle brillait toujours, nous illuminant de ses feux célestes alors qu’il faisait longtemps qu’elle s’était tarie, que la lumière avait cessé de l’animer. Nous la voyons toujours. Je la voyais toujours. Je n’avais pas besoin de Fa, je n’avais besoin de rien, juste de moi-même pour être avec elle.
L’oiseau n’était qu’une promesse, qu’un rendez-vous qu’elle m’aurait soufflé du bout des lèvres, le guidant de ses doigts éthérés. Nous nous reverrons… A cette pensée, mon cœur s’était emballé, mon faux cœur, mon vieux cœur qui pourtant, ressentait jadis tellement bien la souffrance. Fa volait autour de moi ; je le voyais dans mon âme et dans les airs, je le voyais tel qu’elle était et tel qu’elle s’était réincarnée, tel qu’elle m’avait légué son héritage, je le voyais oiseau et femme à la fois. Son esprit n’habitait pas la petite créature voletante, non. Son esprit, Amélie, elle, m’attendait ailleurs. Mais elle m’avait fait un cadeau, un magnifique cadeau, qui me rappelait l’unité si contradictoire et si belle que nous avions formé, qui me rappelait la perfection rigide de la mécanique et la splendide sincérité du vivant dans un seul chant d’oiseau. De rossignol. Mon rossignol. Il était vivant. Elle était vivante. J’étais vivant, à nouveau. Je souris. « A bientôt, Amélie », pensais-je, en ouvrant mes mains pour que le petit volatile s’en échappe, pour qu’il aille retrouver sa liberté dans les cieux, pour qu’il retourne batifoler autour de moi, comme il aimait à le faire.

J’ouvris les yeux, tentant de soulever ma tête pesante ; mes cheveux étaient plaqués sur mon crâne par du sang poisseux, le mien, qui avait coagulé sur mon crâne. J’avais roulé dans l ‘herbe avec l’oiseau, puis avait fermé les yeux un instant, tout simplement ; Laurentius était toujours là, discutant avec Dame Ronce, et cela me rassura. Je les apercevais un peu plus loin, derrière ma vision un brin vitreuse, qui conversaient ; la souveraine s’éloignait, et mon frère aussi, n’ayant aucun scrupule à me laisser seul ainsi, probablement trop occupé à ses hypocrites minauderies imbibées d’une soif de pouvoir qu’on sentait suinter à des lieues à la ronde. Il ne changera jamais… J’ignore s’il a jamais connu l’amour ; des amantes dans les colonies, peut-être a-t-il eu, il est même possible qu’il soit père de quelques bambins à la couleur de peau mélangée, mais l’amour, celui pour lequel je ne ferai pas de comparaisons mielleuses ici, ne l’a jamais animé, ou je ne l’ai jamais vu.

La vapeur, dans mes entrailles, battait trop lentement…J’avais besoin de tonus, d’énergie. Un petit remontant. Une… Une capsule. Lentement, de mon bras de chair, je m’emparai d’une petite fiole de verre fermée et de forme cylindrique, aux contours doux et lisses que je glissai dans celui de cuivre, ouvrant une petite trappe dans celui-ci pour y glisser la pilule dans l’emplacement prévu à cet effet, celui que j’avais confectionné moi-même en guise de petite amélioration. Bientôt, le gaz s’en alla rejoindre la vapeur qui filtrait dans mon cœur, directement en moi ; j’eus un discret soupir d’aise avant de sentir l’euphorie violente et l’énergie virulente m’envahir. Ces drogues me brûlaient à petit feu ; j’étais presque accro à mon herbe à pipe faite d’écorces, d’ailleurs, et ce liquide qui venait de s’évaporer dans mes conduits allait s’ensuivre par une puissante vague d’idées moroses.

En un clin d’œil sur mes pieds, je me dirigeai vers le petit prétendant et sa grande Majesté.

« Tu restes ici, ton cœur doit tourner à vide un moment, ne t’excite pas trop, ne cours pas après le piaf. Repose-toi, c’est tout. »


« Mon cœur ? Tourner à vide ? C’est ta tête qui tourne à vide pour balancer des inepties pareilles, Lauren’ ! Et vous savez, pour la voiture, ce n’est pas un problème. Il me faudra juste quelque chose pour ma plaie ouverte, mais c’est secondaire. Allez, en avant ! »


J’empoignai alors l’automobile par le devant, la soulevant un peu du nez - de l'automobile - afin de la remettre sur le sentier sans trop de difficulté ; depuis ces quelques modifications mécaniques, ma force s’en trouvait quelque peu améliorée, et ma forme resplendissante n’y était pas pour rien. Cependant, un rapide examen m’apprit que la jante avant droite s’était détachée, la roue voilée, et tous nos espoirs de rentrer comme nous étions venus envolés dans un grand « PSHH ».

Perdus, en rase campagne, avec la reine de France. Si on me l’avait dit un jour…

« Eh bien, je vais devoir pousser notre chère automobile.. ! »
Sur ces sages paroles, je m'exécutai, faisant se mouvoir l'engin comme un bloc de mousse.
Axentius Clemens
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Ronce de France
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Sam 10 Mai - 0:20
Oh elle y avait cru oui que la voiture allait à nouveau fonctionner comme par magie. Mais la sortie de route avait endommagé la voiture et celle-ci se retrouvait incapable de redémarrer. Ronce regarda Axentius tenter de pousser le véhicule qui ne bougeait pas d'un pouce. Mieux valait ne pas compter sur lui. Même si cet homme venait de déployer une force colossale, il n'avait pas un brin de jugeote. Génie et folie allaient si bien ensemble.

— Bon. Je pense que nous ne serons pas trop de trois pour aller quémander de l'aide. Un fermier voudra peut-être bien nous prêter ses bêtes pour tirer l'automobile.

Ou comment transformer une automobile en carrosse. Mais ce n'était pas comme s'ils avaient le choix. Attendre de nouvelles pièces demanderait un temps fou le temps de contacter un ingénieur d'un autres pays et de faire voyager les pièces demandées. La voiture aurait le temps de rouiller, abandonnée dans les champs.

C'est ainsi que la reine traversa les champs, encerclée par deux inventeurs, le bras tenu par Laurentius. Ils tombèrent rapidement sur un petit hameau semblant tout droit sorti du siècle dernier (ce qui était le cas). La ferme dominait par la taille de sa grange et ses nombreuses dépendances.

L'arrivée du trio n'échappa à personne et quand la reine se retrouva au sein de la propriété, le fermier faillit en lâcher ses ustensiles. Face à la femme qui lui exposait sa requête l'homme ne fit qu'hocher la tête, la bouche béante.

— Bah j'vois pas d'inconvénient ma 'tite dame... Ermh, vot'majesté. J' m'en va vous donner mes boeufs. D'solides gaillards habitués à tirer la charrue !

Ronce le remercia d'un sourire rayonnant. Si elle avait pu prévoir elle lui aurait offert quelques pièces, mais le fermier devrait se contenter d'une reconnaissance royale. Semblant prêt à tous les sacrifices le fermier se proposa même de les accompagner.

— C'est que des buffles ça s'dresse pas comme ça. Je m'en vais vous les attacher, j'vous suis !

Curieux équipage que celui-ci. Une reine entre deux inventeurs amochés, suivie d'un fermier tirant par la sangle deux grands boeufs. On avait jamais vu cortège royal plus amusant !

Citation :
J'espère que ma réponse conviendra, hésitez pas à prendre des initiatives ! Et je viens de remarquer qu'on avait lancé le RP en janvier, je le pensais pas si vieux.  :vasile: 


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Laurentius Tempels
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Laurentius Tempels
Dim 11 Mai - 21:14
Non ! Non ! Non ! Et non ! Ce n’est pas possible, ce n’est pas physiquement possible de faire preuve d’une telle guigne de manière perpétuelle ! Ce doit être une seconde nature, un don inné, ou bien c’est un petit bonus au pouvoir de la manipulation temporelle à basse échelle. Grand Dieu ! Pourquoi ? J’en ai spécialement marre d’être la proie aux calamités diverses et variées que notre monde peut nous réserver. Mon tête-à-tête ! Saint Seigneur impotent pas fichu de m’offrir une journée potable ! Devoir jouer les gentilshommes, quel damne incomparable, pire que le purgatoire.

Et puis ce bruit, cet infâme bruit qu’une masse de rouages et d’engrenages peut générer, c’est atroce. Pourquoi diable n’ai-je pas eu l’idée de génie de me refaire un frère silencieux ? Non ! Moi j’ai fait dans la précipitation ! J’ai utilisé ce que j’avais sous la main, j’ai tout recréé sans la moindre considération pour le confort auditif de son entourage. Quel bel imbécile j’ai pu faire. Et puis la campagne ! Ah ! La campagne ! Ses routes en terre battue, ses prés, ses champs, ses cultures de légumes tous aussi moches les uns que les autres ! Et ses élevages ! Ah ! Ses élevages ! Des vaches au regard de poisson mort depuis des semaines, des moutons au cervelet au moins aussi développé que celui d’une mouche, des gallinacés se promenant au gré de leurs envies au milieu de ces géants et se faisant emporter par des busards à chaque faux pas !

J’aime cet univers bucolique, accompagné d’une reine et d’un androïde, m’arrachant des grognements de douleurs à chaque pas manqué contre un remblai fait avec les pieds. Et comble du bonheur, nous arrivons devant l’immonde masure d’un fermier pourri jusqu’à l’os, complètement brûlé par les heures de travail sous un soleil de plomb, un pauvre, moins encore que de la basse roture, un paysan ! Une saleté de planteur du fin fond de la brousse française ! Un moins que rien ! Ah ! Et moi, pour quoi passe-je dans toute cette histoire ? Rien. Je ne suis rien. J’observe, patiemment, j’écoute cette langue gutturale qu’est le Français, des sons à l’existence desquels je n’aurais jamais cru sans les avoir entendus. Quelle horreur, quelle horreur, quelle horreur ! J’ai l’impression que l’on vient de me souiller les oreilles ! C’est écœurant ! Berk !

Des … Des bœufs ?! Cet homme est sérieux ?! Je ne vais tout de même pas rentrer à Hambourg sur une automobile dans un état lamentable et tractée par deux grosses bestioles complètement crétines ! Ca n’a pas de sens, ça n’a aucun intérêt, mieux vaut encore s’en retourner à pieds ! Ah. Oui, mais il y a Ronce qui rentre dans l’équation. Peut-être allons-nous faire une halte au château le temps de réparer le nécessaire à notre départ, peut-être résiderons-nous dans une salle proche de la chambre de la reine ? Peut-être que … La couronne ! J’y arriverai ! Je n’ai pas dit mon dernier mot ! Moi vivant, je me verrai affublé du pouvoir ! Le grand, le beau, l’unique ! La puissance ! Haha !

Tout à moi, tout. L’Europe, l’Empire Scandinave, la Russie, l’Asie, l’Afrique, les Amériques. Tout. Tempels. Empereur Planétaire Tempels. Ca sonne bien, ça sonne vrai. Voilà mon futur ! Celui de dominer le monde ! Mouhahahaha !

Laurentius, mon petit, un peu de sérieux. La France, ce n’est pas ce que l’on peut appeler une grande puissance avec une armée surdéveloppée, des combattants aguerris, des officiers d’exceptions. Ces loustics ont un siècle de retard tout de même. Devant quelque chose d’un petit peu organisé et moderne, ça tombe comme des mouches, les soldats de France, autant miser sur une valeur sûre. La grande Prusse unifiée est une valeur sûre. Sauf que la grande Prusse, pour le moment, d’unifiée, elle n’a que le nom. Rien qu’à Hambourg on se moque de l’autorité du pseudo souverain de nos terres, le conseil de cette ville de la Hanse est largement suffisant pour prendre des décisions adéquates, selon nos très chers concitoyens. Ma famille étant d’ascendance noble, nous n’avons pas exactement notre mot à dire, nous nous contentons de faire joli, de sourire, assis dans les vieux fauteuils de notre vieux manoir sur notre vieille colline. Bref !

Après nous être coltiné à nouveau le chemin dans l’autre sens, cette fois-ci sous forme de cortège ridicule au lieu de garde rapprochée lamentable. Les bœufs furent vite attachés avec une corde rêche, que l’on pourrait croire ancienne de plus d’un … Oui, en effet, cette corde datait du siècle dernier, bienvenue au royaume des Francs. Sympathique lieu reculé de tout, tant dans le temps que dans l’espace. Parfaite retraite pour un vieux râleur dans mon genre, toujours une ou deux piques bien acérées à lâcher à ces pauvres gens.

Notre carriole se met en branle, c’est à se demander comment, la force des bestiaux est simplement stupéfiante, moins que celle de mon frère, mais unique en son genre tout de même. Et devinez à quelle place je suis à nouveau relégué ! Oui ! Exactement ! Celle toute nulle, pour les enfants, à l’arrière, à moi honneur, prestige et dignité ! Sieur Laurentius Tempels, décoré de la médaille de la « Place de derrière », voulez-vous continuer à vous acharner pour récupérer un pays à la dérive ainsi que le royal fessier de sa Majesté Ronce « Cheveux pleins de paille » ? Non. Très franchement, non.

Profitons juste du trajet, oublions vite fait cette histoire de prétendu amour, profitons du château à l’excès, ainsi que des domestiques, si vous voyez ce que je veux dire. Je suppose qu’on ne refuse rien à un hôte de marque. D’ailleurs, la Demoiselle est-elle simplement au fait que j’appartiens à la noblesse Allemande ? Il faudra que je lui pose la question. Là elle semble bien trop occupée à profiter de son siège confortable. Espèce de … Espèce de … Profiteuse.
Laurentius Tempels
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Axentius Clemens
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Axentius Clemens
Mer 14 Mai - 20:02
Ma voiture n’avançait plus, mais qu’à cela ne tienne ! Je n’étais pas près de tomber à court de ressources, et j’avais plus d’une corde à mon arc ; en moi, je sentais toujours les vapeurs qui faisaient battre mon cœur, qui n’étaient plus exactement que de l’eau en ébullition. Malgré le nombre assez exceptionnel de drogues que j’avais tenté au cours de mon existence, celle-ci demeurait la plus efficace ; j’esquivais néanmoins celles dites trop «addictives », n’ayant pas envie de devenir quelque toxicomane en manque de son produit dopant favori.

Mon frère, devant moi, avait récupéré le bras de la demoiselle sous le sien à nouveau, plein d’intentions hypocrites de cour à l’égard de la reine et du pouvoir qui pouvait être entre les mains de Laurentius si seulement il parvenait à gagner le cœur de la souveraine ; autrement dit, si notre chère Ronce était beaucoup plus idiote que ce que je l’estimais. Ce vieil ours boiteux arrivait avec ses gros sabots, une jeune femme lui tombait dessus par mégarde, et prenant ça pour une ouverture, il partait à la chasse des privilèges royaux sans même avoir regardé plus d’une seconde le visage de la belle, ni même s’être intéressé à sa personne ; si la Française tombait dans le panneau, c’est bien plus bas dans mon estime qu’elle échouerait – et moi-même me retrouverait entraîné devant une série de devoirs politiques à l’allure si bureaucratique qu’ils me feraient déjà imploser.

La demoiselle et le hibou familial et miteux qui l’accompagnaient ainsi que moi-même traversions le champ, le couple artificiel marchant à une allure lente, soi-disant pour soutenir la reine après toutes ses émotions, même si je savais que c’était parce que Laurentius était incapable d’aller plus vite, tandis que je gambadais joyeusement parmi les herbes hautes de la pâture verdoyante, tantôt allant en avant, tantôt en arrière, tel un chien trop excité ; je ne parvenais pas à évacuer efficacement le surplus d’énergie qui était en moi, mêlé à une certaine euphorie assez peu explicable.
Assez promptement, nous pûmes apercevoir, se dessinant sur l’horizon, quelque patelin aux allures vétustes ; l’enchevêtrement de bâtisses se résumait à une organisation centrale autour de la ferme, qui surpassait toutes les autres en taille. Les locaux, malgré le fait que j’aie fait de mon mieux pour me préparer psychologiquement à effacer de mon crâne tout préjugé sur les autochtones Français, semblaient correspondre parfaitement à l’idée générale que chacun avait de la roture de ce peuple ; tous ébaubis devant leur souveraine, ils accédèrent néanmoins à notre requête et à l’accomplissement de leur devoir de citoyen en nous prêtant quelques bovins afin de tirer notre calèche qui, comme qui dirait, aurait perdu ses chevaux, le tout dans un langage obscur, mais qui ne ressemblait pas du tout à la langue que Ronce avait initialement parlée en nous recevant au château.

Incapable de me retenir de tirailler le bout de mes doigts ou de me les écorcher nerveusement sur mes prothèses, j’accélérais imperceptiblement et inexorablement mon rythme cardiaque et celui de l’oiseau par réflexe tandis que nous accompagnions le paysan qui nous servait de guide. Laurentius, à nouveau, s’installa dans la place de derrière, dite « pour enfants », et je dus me retenir d’éclater de rire en voyant son visage tout contrarié lorsqu’il comprit ; dans quelque rôle figuratif, je m’étais installé au volant, car tout d’abord, j’étais le propriétaire de ce véhicule, mais qu’ensuite, je ne voulais pas laisser le plaisir à mon frère de s’installer à côté de Ronce. Dans un tremblement, notre véhicule s’ébranla, à une vitesse lente et un peu triste, et le silence ne tarda pas à s’installer, nul passager de l’automobile ni du citoyen au-devant de nous ne désirant piper mot pour briser celui-ci ; au bout de quelques minutes, je fis par conséquent ce qui devait être dans les choses que j’aimais le mieux faire mais dans lesquelles j’étais le plus mauvais : chanter. Sans jalousie, j’avais toujours admiré l’incommensurable talent de mon rossignol, dont avait hérité sa réplique emplumée ; le cristal de sa voix emplissait l’air et alors, alors l’es autres sens s’en retrouvaient subjugués, comme s’ils voulaient laisser la place à l’ouïe. Plus grand-chose d’autre n’existait, alors.

Mais je n’avais pas ce talent. C’est pourquoi j’accompagnai Fa lorsqu’il se lança dans une vieille chanson qu’elle aimait à chanter ; il possédait un don de mimétisme, semblait-il, et pour autant qu’on chante une mélodie assez régulièrement d’une manière qui lui plaisait, il la gardait en mémoire longtemps. Je chantai donc, mes anfractuosités vocales emplissant, à la plus grande joie de mes camarades, mais pas pour longtemps, car une averse ne tarda pas à éclater, comme pour confirmer la légende selon laquelle le ciel déversait ses larmes lorsque un artiste manquait de talent dans les arts de la voix ; la première goutte éclatant sur mon crâne me fit pousser un petit « ah » d’effroi, et je m’empressai de passer ma veste par-dessus mon corps métallisé, me recroquevillant sur mon siège pour échapper au cruel liquide que j’abhorrais tant. Mais nous n’étions finalement pas si loin car le voyage ne fut plus très long avant d’apercevoir les faubourgs de la ville entourant le château royal.
Axentius Clemens
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Ronce de France
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Ven 16 Mai - 23:31
Foncièrement positive, Ronce trouvait qu'ils ne s'en sortaient pas si mal vu l'aventure qu'ils avaient subis. Du moins c'est ce qu'elle pensa jusqu'à ce que l'averse leur tombe dessus. Ce furent d'abord que quelques menues gouttes qui tombaient des nuages telles des perles s'échappant d'un collier brisé. La fine averse se mua rapidement en cascade. Ronce eut l'impression d'être un de ces passants infortunés se prenant le contenu d'un pot de chambre sur la tête en voulant traverser une rue.

Grelottements et éternuements furent le dur lot que connut Ronce jusqu'à ce que la voiture arrive dans la cour. La reine préféra ne pas relever les regards ahuris des domestiques; elle n'allait pas perdre son temps à leur expliquer pourquoi des bœufs tiraient une voiture. Elle devait avoir le regard bien sombre puisque son conseiller referma la bouche au lieu de lui sortir une sentence.

— Faites apprêter une chambre pour ces messieurs et veillez à ce qu'ils aient tout ce qu'il faut. Messieurs, continua-t-elle en se tournant vers les deux inventeurs après qu'ils aient trouvé, comme elle, refuge sous le balcon du château. Mes domestiques vont veiller à votre confort, prenez votre temps pour vous remettre de ces émotions. Veuillez m'excuser, j'ai moi-même besoin de me... rafraichir.

Le plus dignement possible, Ronce tourna les talons. Laissant derrière elle, à chaque pas, des flaques d'eau.


Une ou deux heures plus tard, sa dignité retrouvée, Ronce fit appeler les inventeurs dans le hall.

— Messieurs j'espère que ce séjour en France ne vous aura pas déplu. Mes domestiques ont apporté dans votre voiture l'argent que je vous aurais promis. Avec un supplément pour vous dédommager et m'excuser des ennuis que vous avez pu rencontrer.

Ronce préféra ne pas épiloguer sur ces fameux ennuis. Elle n'était pas très fière de son baptême du feu au volant de l'automobile.

— J'ai fais affréter un navire volant à votre intention. Celui-ci vous attend au port pour vous mener directement chez vous. Avec votre automobile, évidemment.

Les pièces pour automobiles n'existant pas en France, Ronce n'avait pas trouvé de meilleure idée que celle-ci. Les inventeurs devraient donc rejoindre le port dans leur véhicule, toujours mené par son attelage de bœufs.

Citation :
Je pense qu'on s'approche de la fin. J'espère que le RP vous aura plu.  :) 





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Laurentius Tempels
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Laurentius Tempels
Ven 23 Mai - 20:16
Au petit matin, nous nous étions éclipsés dans la plus grande discrétion, en veillant à réveiller le moins d’occupants du palais qu’il était possible. Nous en avions assez fait en une journée pour ne pas nous attirer les foudres de l’intendance royale et de toute la foultitude de domestiques au service de la couronne. Le soleil dépassait à peine de l’horizon, baignant les jardins d’une lueur orangée, les nuages étaient roses, éthérés, un mince voile voulant protéger le ciel de la curiosité des hommes. Des oiseaux chantaient à tue-tête, me vrillant les tympans à un point inimaginable. Axentius suivait de son pas lourd, ses articulations grinçant à chaque mouvement, il avait tout de même rameuté trois serfs avec sa furtivité légendaire. Bon. J’admets qu’un d’eux est arrivé après que j’aie crié parce que je m’étais emmêlé les pieds au bord d’une grande tapisserie à même le sol.

Mais soit. Ce n’est pas le plus important de savoir qui a fait quoi. Nous avions rejoint notre carrosse et nous étions entiers, c’est l’essentiel. J’ai habilement, dans un français douteux agrémenté de quelques jurons allemands, réussi à nous faire débarrasser des bœufs au profit de deux chevaux de trait, un peu plus classieux que de vulgaire bovins. Pour ce faire, j’aurais quand même dû attendre le premier hameau perdu dans la cambrousse, décrétant être un envoyé de sa Majesté, que nous exécutions une mission de la plus haute importance. Les idiots ne se posèrent même pas la moindre question. En moins de deux, nous étions servis et nous eûmes l’immense chance de repartir en direction de l’aérodrome.

Je profitais de cette place de passager, à l’avant de la diligence improvisée, me laissant balloter aux grés de la lente marche des deux canassons, ma tête dodelinant, mes doigts affairés à rouler et dérouler un long cheveu qui paraissait d’or avec le splendide éclairage dont il bénéficiait. Il appartenait à Ronce, en effet, il faisait partie de ces nombreuses saletés qui avaient pris le parti de salir la création de mon frère suite à notre petite escapade. C’est en grimpant dans mon siège que je l’avais vu, accroché au revêtement, à peine encrassé par de la boue ; je l’avais récupéré et frotté avec beaucoup d’application entre le pouce et l’index.

Je n’arrêtais pas de penser à ce qui aurait pu se passer si j’avais réussi mon petit coup monté, sûrement beaucoup de choses auxquelles je ne pense pas forcément, moi qui veux tant le pouvoir, pourquoi irais-je le chercher chez des étrangers quand je peux déjà me contenter de ce qui se trouve à proximité de moi, que mon hégémonie soit reconnue et interprétée comme le signe d’une nouvelle ère. Ca c’est un plan qui tient un tant soit peu la route. La France, ce n’est pas assez bien pour moi. J’ai besoin de plus, beaucoup plus que ce pays ridiculement inférieur à mes ambitions.

J’avais tout de même laissé aux servants une note à l’adresse de leur maîtresse, rien de bien incroyable, un simple morceau de papier arraché dans le premier carnet qui m’était tombé sous la main, froissé, déchiré de manière irrégulière, sur laquelle des lettres calligraphiées formaient un message, peut-être simpliste mais qui avait l’avantage de ne pas tourner autour du pot.

« Au plaisir d’accueillir sa Majesté, Reine de France, dans la modeste ville d’Hambourg. »

Qui sait, peut-être que j’ai une chance d’annexer ces terres de manière pacifique, après tout. Au final, en empruntant un chemin ou l’autre, le monde m’appartiendra, mais c’est une autre histoire, une histoire plus longue, plus tortueuse, qui n’a pas encore été écrite, qui ne vous regarde pas, pas pour l’instant.

C’est donc au bout d’une demi-journée de route, malgré les cahots rencontrés sur les voies de communication françaises, que nous fûmes en vue du complexe d’aéronautique, pas bien tape à l’œil, sobre tout en restant moderne, au moins nous pouvions profiter d’une installation digne de ce nom, quelques fauteuils en cuir étaient à destination des passagers dans un hangar longeant les zones de … Peut-on parler de mouillage quand on fait référence à des navires volants ? Question pertinente, je la retiens pour plus tard.

La lumière devenait plus ténue lorsque le signal de l’embarquement fut donné ; Axentius avait laissé l’automobile aux bons soins des braves marins de l’air, leur assurant par d’habiles sous-entendus une mort certaine si jamais il arrivait quoi que ce soit à son matériel, il eut aussi recourt à son impressionnante mécanique pour aider ces frêles jeunes hommes à embarquer le véhicule dans la soute de leur bâtiment. Pendant ce temps-là, j’observais, un sourire fantomatique entaillant mon faciès, un rictus figé, tel une balafre. Je devais faire peur à voir, à constater cet étrange fait que tous les gens de ce bas monde évitaient mon regard. Pourtant je n’avais rien fait de spécial de tout le temps que nous avions eu à notre disposition durant le vol nocturne, à part tourner et retourner ce cheveux dans tous les sens jusqu’à le briser en son milieu. J’avais récupéré les deux bouts pour les enfouir au plus profond d’une poche de mon veston, avec ma montre.

L’Allemagne était en vue, ses usines aux cheminées effilées perçant les cieux et crachant leur lot de fumée. Le paysage défila pendant des heures, dans les lueurs de la nuit, une large partie du territoire n’était qu’une masse sombre, jusqu’à ce qu’à force de remonter vers le nord, une nasse de constructions ne nous apparaisse alors que le soleil dardait de ses rayons à l’heure du zénith. Hambourg. Nous étions de retour à la maison.

Citation :
Et à la demande d'Axentius, je clôture ce RP par la présente réponse ! :dance: 
Laurentius Tempels
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