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 [année 003]La vie de pirate ? Le paradis voyons ! [pv Lizette]

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Solal Yarhi
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MessageSujet: [année 003]La vie de pirate ? Le paradis voyons ! [pv Lizette]   Lun 17 Fév - 2:23

Comme un souffle de liberté...
Aah Emerald.
Citée flamboyante et pourtant, aux yeux de Solal, elle n’était qu’un bijou en toc.
Il suffisait de gratter un peu l’or, pour ne trouver que du cuivre puant, et des gens à l’esprit aussi étriqué que leur île. Elle n’était qu’un faux-semblant, mais moche. Malgré sa curiosité pour leur technologie, et les légendes de courses qui pouvaient s’organiser au départ de la cité volante, le persan avait été surpris, blasé par les regards de haine qu’il avait récolté, en ne posant pratiquement pas un seul petit doigt de pied sur leur territoire.
Et dire que Magdalena Korzha voulait vivre là-bas… ça le sidérait. Bon, elle n’était pas un exemple de tolérance, mais au fil des jours à naviguer avec elle et sa mioche, Solal avait fini par l’apprécier. Un peu. En dehors de tout aspect du contrat commercial qui les avait liés, et il trouvait que c’était dommage.
Ouais, c’est ça. Du gâchis… Ça leur ferait du bien de redescendre un peu sur terre à ces empaffés en altitude…

Alors qu’ils perdaient peu à peu en altitude, le second secoua la tête pour lui-même, la clope au bec, en disant que de toute façon, ça ne le concernait plus. Son monde à lui, était là, étendue vaste et immense où ceux qui croisaient sa route ne s’en sortaient pas forcément indemne, entre deux escales de rhum et de plaisirs. Un univers de liberté et de rires. De sang et d’adrénaline surtout.

Solal se retourna légèrement au bruit caractéristique des pas de son capitaine, sombre augure au sourire discret.

" - Une petite virée en Angleterre, ça te dit ? Il semblerait que le Red Queen transporte des choses intéressantes… Et si l’on croisait sa route par hasard… "


Ce n’était pas de véritables questions, même si le capitaine Trappen savait écouter les conseils de Solal. Il n’avait juste pas besoin de terminer sa phrase, une lueur dangereuse dans les prunelles de son bras lui indiquant que le persan était plus que d’accord pour aller voir faire un tour du côté des roastbeef.
Qu’ils aient été proche de se faire couper la tête par Roscat ne les avaient pas refroidi une seule seconde, et il fallait bien avouer que les services de la veuve Korzha leur avait couté plutôt cher.

Par une heureuse coïncidence, ils croisèrent quelques jours plus tard la coque rutilante d’un des plus gros navires marchands du pays. Red Queen, en hommage à la dirigeante intransigeante du pays en proie à la révolte. Mais cette fois, toute royauté quelle qu'elle soit ne les sauverait pas. La proue du Souffle gris perça les nuages, et ce fut le chaos.

En quelques minutes, une dizaine de pirates s’élancèrent à l’aide de cordages pour atterrir brutalement sur le pont du bateau, armés jusqu’aux dents et bien décidés à détrousser les quelques invités de tout ce qui brille.
Sous le bruit des voiles qui claquaient, des clameurs de panique s'élevèrent des cabines où les pirates avaient rassemblé le personnel, les passagers et leur garde du corps aux lèvres fendues - involontairement bien entendu !- tandis que d'autres pillaient tranquillement les cales du bâtiment.
C'est là qu'était Solal d'ailleurs, les doigts tordant l'oreille d'un des hauts gradés pour qu'il lui montre là où était la vraie valeur de leur cargaison.
De l'or, des cristaux, dispatchés dans divers petits coffres... mais ce que ce gredin avait bien omis de dire, c'est que la cargaison n'était pas montée seule à bord. Et c'est comme ça qu'il se retrouva nez à nez avec un des gros bras de la garde royale.
Oh.
Le coup de feu leur vrilla les oreilles, geste rapide du pirate qui avait tout bonnement éliminé un obstacle de son chemin, l'enjambant comme si de rien de n'était. L'idiot qui avait cru le mener dans un piège risquait de subir le même sort...

Mais là où le remue ménage était le plus chaotique, c'était un étage au dessus, où sous l'apparition héroïque du reste de la garde, les pirates commençaient à transformer les murs en véritable gruyère, les coups de feu s'enchainant sans cesse.
Au milieu des hurlements hystériques et des insultes, Rob', un des fusiliers du Souffle gris agrippa brutalement l'épaule d'une jeune femme pour poser sur sa tempe le canon froid de son pistolet. La manœuvre fonctionnait, les gardes reculant jusqu'à leur laisser quelques secondes de répit avant de les pourchasser ... et se faire tirer comme des lapins par le reste de l'équipage, restés sur le sombre navire volant.

Tout à sa fuite, Rob', lui, n'avait pas lâché son otage improvisé, et il se retrouva bientôt nez à nez avec elle, mais plus sur le Red Queen, se demandant presque ce qu'elle foutait là, avec eux.
" - T'es qui toi ?"

Après quelques minutes où l'équipe remontait sur le Souffle Gris par les systèmes de poulies, l'ombre du capitaine Trappen apparut sur le pont. Le sourire qu'il affichait n'avait rien de rassurant.

"- Donnez-leur un joli souvenir de notre part. "

Et c'est ainsi que le navire marchand termina sa course en catastrophe, avec un joli trou dans sa coque... Au mieux. Mais ça, l'équipage du Souffle Gris n'en avait strictement rien à faire, s'ils survivaient tant mieux, sinon...
Les yeux sombre du capitaine se posèrent sur la frêle silhouette blonde, inconnu au bataillon.

"- Et c'est quoi ça ? on ne prend pas d'otage... " comprenez en vie.
Sans plus se prononcer sur le sort de la passagère, il se retourna et disparu dans les entrailles du navire, tout en ordonnant le départ immédiat de la région.
Solal, qui était resté silencieux, tout en observant la jeune inconnue, fronça les sourcils.

"- Rob', qu'est-ce que t'as foutu ? ... Tu te sens de la refroidir maintenant hein ?! "

Fixant son subordonné, sa voix s'était faite aussi tranchante qu'un couteau, moqueur et à la fois étonnamment en colère pour un pirate. Tuer oui, mais pas sans raison, ou presque.
Et puisque le concerné détournait les yeux, hésitant, grommelant dans sa barbe, le second leva les yeux au ciel en soupirant, mais s'adressa directement à leur "invitée".
Son anglais laissait à désirer, mais était un minimum compréhensible malgré un accent sudiste bien marqué.

"- Bon c'est quoi ton nom, gamine ? Tu faisais quoi sur le Red Queen ? " Sait-on jamais qu'elle ne soit pas une vilaine petite fouine... " - Tu vas devoir prouver que tu mérites d'être encore à bord... "
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Lizette Peterson
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MessageSujet: Re: [année 003]La vie de pirate ? Le paradis voyons ! [pv Lizette]   Mer 26 Fév - 18:30
Misère. Des pirates. Partout. Menaçants. Au secours !

Attends là. Doucement Lizy, on reprend depuis le début. Y se passe quoi là ? Nan mais je m’absente deux secondes et voilà où je te retrouve ? Sur un navire pirate ? Tu te moque de moi hein, c’est une mauvaise blague et tu vas m’annoncer la chute ? Nan parce que aux dernières nouvelles tu étais sur un navire tout ce qu’il y a de plus respectable. Alors, bon sang, explique-moi un peu ce que tu fais là !!!

Si on revient suffisamment loin dans le passé de Lizette, on retrouve notre petite blondinette anglaise les deux pieds sur terre, à Londres, dans sa modeste demeure de vendeuse. La veille du jour où nous nous trouvons actuellement. C’est là que la jeune femme, à la lueur d’une bougie, avait compté ses économies. Le but ? Savoir si elle avait amassé suffisamment d’argent pour quitter la capitale. Car oui, Lizette avait fini par se dire que la ville ne la cachait pas assez bien. Elle était décidée à quitter Londres pour aller s’installer le plus loin possible du palais royal et de tous les nobles qui pouvaient trainer dans les rues de la ville. Surtout d’un noble en particulier. Heureusement qu’elle n’avait pas eu à Le croiser malgré ses craintes lorsqu’elle avait du se rendre dans la gueule du loup (c’est bien le cas de le dire).
Ainsi donc, sa petite fortune dument inventoriée, Lizy avait fait des estimations. Oui, cela devait pouvoir suffire pour voyager et subvenir à ses besoins le temps de retrouver un travail dans la nouvelle ville qu’elle habiterait. Elle avait donc préparé ses affaires, emportant peu de choses en somme, puis s’était couchée. Elle s’était levée tôt le lendemain -aujourd’hui donc, si vous suivez toujours- avait donné congé à la concierge, avec un superbe sourire, ravi de quitter cette commère pour toujours, l’avait également chargée de transmettre un message à Mrs Stark concernant son départ. Enfin, elle avait prit la route du port. Elle comptait bien y trouver un bateau faisant route vers ailleurs, rapidement.

Et c’était ce qui était arrivé. Par bonheur, le Red Queen appareillait et il restait bien un peu de place pour une modeste voyageuse, quitte à ce qu’elle dorme sur le pont (mais Lizy, elle, espérait bien trouver un lit à l’abri). Le navire faisait plusieurs escales dans le pays, la jeune femme descendrait à l’une d’elles.
Voilà donc notre Lizy en partance pour ailleurs, de nouveau en route pour une nouvelle vie. Ce n’était jamais que la deuxième fois après tout. Et comme on dit, jamais deux sans trois pas vrai ?

Bah ouais, elle a réussi à nous la faire la troisième fois. Accordons-lui tout de même le fait que ce n’est pas tellement de sa faute ce coup ci. Car, après un moment de voyage paisible où tout se déroulait comme prévu, soudain la tranquillité des voyageurs fut interrompue sans crier gare. Le cri dans la situation présente était plutôt du genre “à l’attaque”.

Des cris, des coups de feu, des combats… les pirates s’étaient jetés sur le bateau comme des affamés sur un festin. Une vraie meute de loups qui fondait tel un seul être sur la proie qui n’avait aucune chance, quelque soit ses défenses. Car en effet, la proie se défendit, vaillamment, mais elle ne résista pas à l’attaque de la meute organisée. Elle fut grièvement blessée dans la bataille. Et perdit des plumes.

Lizy, l’une de ces plumes, se vit prise à partie alors qu’elle tentait simplement de se faire discrète. Mais encore une fois elle avait lamentablement échouée à se faire transparente. Douée qu’elle était pour se mettre dans les ennuis, la jeune femme avait encore réussi à attirer un pirate jusqu’à elle. Mais ce coup-ci, elle n’avait pas le moindre espoir de voir autant de sympathie que celle dont Yama avait fait preuve à son égard. Difficile de se lier d’amitié -si on pouvait qualifier ainsi la relation que les deux femmes avaient eut l’espace de quelques heures- avec un homme qui vous menaçait de son arme.

Glacée d’effroi, Lizy s’était contentée de suivre le mouvement. Elle ne poussa pas un cri -hormis le petit cri de souris qu’elle lâcha lorsque le rustre l’attrapa violemment par le bras- ni même un gémissement et obéi à tous les ordres du pirate. Elle n’avait aucune envie de se retrouver avec une balle de pistolet dans le crane.

Et c’est ainsi que nous la retrouvons sur le bateau adverse, sans même que personne n’y ait fait attention. Elle pourtant l’avait bien remarqué, difficile de s’y méprendre. Elle regarda, les yeux ronds, la bouche béante et la peur solidement ancrée en elle, le bateau sur lequel elle voyageait encore quelques heures avant. Il disparaissait déjà de leur vue, “coulant” à pic, sa coque largement trouée par les canons du bateau pirate. Toutes ses affaires étaient encore là bas, songea-t-elle, avec désespoir, juste avant de se souvenir qu’elle avait bien pire ennuis encore à gérer pour l’instant.

Morte de peur, elle se retourna d’un bloc en entendant des voix tout près d’elle. On lui parlait. Oups ! D’autant plus oups qu’elle ne comprenait pas un traitre mot à ce qu’on lui baragouinait. Olala Lizy ! Dans quoi t’es-tu donc encore fourré ?

Les pirates n’avaient même pas l’air d’accord entre eux. Celui qui l’avait embarquée n’osait même plus la regarder tandis que les autres posaient sur elle des regards hostiles. La jeune femme se disait que ça ne sentait pas bon, mais alors pas du tout bon pour elle. L’idée aurait été pas mal de songer à peut-être plaider pour ne pas être abattue froidement. Mais alors ça, la blondinette, ça ne risquait pas de lui venir à l’esprit. Et puis, qui sait si ils l’auraient comprise ? Ou si cela ne risquait pas de la couler aussi surement que le Red Queen

Alors Lizy attendait de voir ce qui allait lui arriver. L’air totalement imbécile d’une pauvre petite fille perdue collé sur le visage, celui qu’elle avait chaque fois qu’elle était morte de peur, lorsqu’elle était confrontée à une situation qu’elle jugeait périlleuse. Sur ce coup là, on ne pouvait pas lui donner tord remarquez.

Et puis voilà qu’il y en a un qui se met à lui parler en anglais. Enfin quelqu’un qui parle correctement ! Celui là avait l’air d’être plus ou moins le chef en plus, à en croire l’attitude des autres à son égard. Le tout maintenant, pour sauver ta peau ma p’tit Lizette, c’est de répondre correctement.

“Euh… je…”

Try again.

La pauvre était trop intimidée et surtout morte de peur à cause de tous ces pirates autour d’elle. Ils étaient loin de l’idée que la jeune femme s’était faite des pirates après avoir rencontré Yama.

“Je… m’appelle Lizy… Lizette en fait mais tout le monde m’appelle Lizy… et je ne suis pas une gamine.” ajouta-t-elle d’une toute petite voix.

Ha bah bravo ma fille ! C’est tout ce que tu trouve à faire ? Les provoquer ? Tu as raison, tu as surement tes chances va, ils sont à peine plus que toi, t’en fais donc pas pour ça. Et sinon, pour l’autre question, tu en fais quoi ? Ah, tu n’ose pas répondre parce qu’ils vont se moquer de toi ? oui, remarque tu n’as peut-être pas tord. Mais il va quand même falloir dire quelque chose si tu ne veux pas qu'ils viennent chercher l'info eux-mêmes, ce sont des pirates hein au cas où t'aurais oublié, ils s'embarrassent pas de palabres.

“Je voyageais sur le Red Queen. S’il vous plait, je n’ai aucune richesse, et tout ce que je possédais est resté sur le bateau, je n’ai rien à vous donner, mais ne me tuez pas !”

Ha là tu as p'tet tes chances. A voir...
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Solal Yarhi
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MessageSujet: Re: [année 003]La vie de pirate ? Le paradis voyons ! [pv Lizette]   Lun 10 Mar - 23:40
Echauffés par l'affrontement précédent, les sourires des pirates autour d'eux s'étaient fait mauvais, carnassiers. Ils avaient encore la bataille dans le sang.
Sauf que Lizette ne faisait pas exactement partie du butin du jour... Mais allez faire comprendre ça à des hommes assoiffés de sang et d'alcool.
Trappen et Solal était la loi sur ce navire. Ils la dictait, la régissait mais un équipage qui ne comprend pas la logique de ses supérieurs est un équipage dangereux....
Néanmoins, les pirates étaient autant habitués aux colères terrifiantes de leur Capitaine qu'à ses facéties, ou ses lubies.
Il pouvait ordonner sans sourciller que l'on massacre une assemblée entière ou au contraire, laisser tout le monde en vie, suivant son humeur. Et les rares personnes, comme Solal, qui connaissaient un peu sa réputation passée, savaient que Trappen était quelqu'un de ... plutôt entier. S'il avait laissé le choix à son second de décider, ce n'était pas tant que la vie de la jeune anglaise lui semblait importante, bien au contraire, mais plutôt que son sort lui importait peu.
Son second le suivit du regard et reporta son attention sur leur nouveau passager.

Le rictus de Solal aux premiers mots de la jeune femme montrait bien qu'il se moquait d'elle.
Pas une gamine ? vraiment ?
Pour lui, elle semblait sortir des jupes de sa mère, avec ses grands yeux bleus éplorés et sa mine défaite. Qu'est-ce qu'y avait pris à Rob d'embarquer l'otage avec lui?!
Tss... c'était maintenant à lui de réparer les pots cassés.
Elle était à deux doigts de tourner de l'œil, mais le persan devait bien avouer qu'elle avait oser répondre malgré ses bégaiements agaçants.
Il fronça les sourcils, la fixant en silence, mais fit signe à l'équipage de se disperser en les encourageant à fêter un peu en avance leur victoire. S'il devait prendre une décision, bonne ou mauvaise pour cette Lizette, le persan préférait ne pas avoir le regard pesant des autres pirates sur le dos. Son influence ferait le reste, et s'il fallait casser quelques gueules pour se faire entendre, le pirate n'hésitait jamais à le faire.


“Je voyageais sur le Red Queen. S’il vous plait, je n’ai aucune richesse, et tout ce que je possédais est resté sur le bateau, je n’ai rien à vous donner, mais ne me tuez pas !”

Il s'approcha d'elle, la dominant de toute sa hauteur et prit son menton entre ses doigts, un mauvais sourire sur le visage.

"- Si on avait voulu te tuer, dis-toi bien que tu serais passée par-dessus bord depuis longtemps. Mais... c'est con, ça, Lizy que tu n'ai rien pour payer. Ici, rien n'est gratuit. "

Le rire qui suivit était aussi froid que les nuits désertiques. Il la testait, encore. Ne cesserait de le faire... Lizette lui semblait trop blanche, trop "propre" pour ne pas avoir envie de la pousser hors de ses retranchements. De la briser pour voir ce qui ressortirait de son âme poussée à bout. Parfois, Solal pouvait être pire que son Capitaine...
Il se gratta la tête, ses cheveux cachés en partie par les turbans toujours présents autour de son cou, avant de planter de nouveaux ses prunelles d'eau dans celles, similaires, de l'anglaise.

"- Le Capitaine n'a pas ordonné ta mort, sois contente. Mais va falloir que tu nous prouves qu'on a eu raison... Tu sais faire quoi de tes dix doigts ?!"

Il était hors de question qu'elle soit une bouche de plus à nourrir sans bouger le petit doigt. Lizy devait vendre sa peau chèrement à présent ; Solal ne lui ferait pas de cadeaux, peu importe qu'elle soit frêle, qu'elle soit une femme. Ou même qu'elle n'ait pas le choix. Elle payerai sa présence ici et devrait prouver que sa vie valait cher.
Solal ignorait si elle mesurait la chance insolente qu'elle avait. Il n'était pas un salaud fini, mais plutôt que de s'embarrasser de questions sur ses capacités, l'homme aurait très bien pu la laisser au bon plaisir de son équipage...
Mais le Souffle gris, même s'il ne traitait pas les filles de joie mieux que d'autres, ne pratiquait pas ce genre d'habitude à bord, et le second ne le permettait pas.
Elle ne serait pas pour autant protéger et le découvrirait bien assez tôt...

Le monde du persan était fait de sang, d'adrénaline et de sourire torve, et s'il lui offrait cette chance de voyager parmi eux, elle avait plutôt intérêt à la saisir pour le temps que cela durerait.
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Lizette Peterson
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MessageSujet: Re: [année 003]La vie de pirate ? Le paradis voyons ! [pv Lizette]   Mer 12 Mar - 8:56
Oh c’était pas bon ça ! Il faisait dégager les autres. C’était probablement pas pour la tuer, il n’y avait rien à dissimuler là dedans, mais il y a certaines choses qu’on ne peut pas faire en public. Et ça, Lizy en avait plus que peur. Son esprit revoyait sans cesse le visage du Loup lorsqu’il s’y était adonné lui-même, à ses dépends. Cette idée ne la quittait jamais. Et l’homme, qui qu’il soit, devenait beaucoup, beaucoup, trop proche au gout de Lizy. Lorsqu’il la toucha, ce fut la fin. Ce n’était que son menton mais il était trop près d’elle, elle pouvait sentir sa chaleur, son haleine (pas ragoutante d’ailleurs). Et elle n’aimait pas du tout son sourire carnassier qui ne présageait rien de bon. Tétanisée, elle regardait les yeux bleus comme la glace qui la fixaient, sans pouvoir bouger. Dans son esprit des multitudes d’images se succédaient. Ou plus exactement, le même film repassait toujours en boucle sans cesse et la figeait d’horreur aussi surement que lorsqu’elle était entourée de pirates. O seigneur, pourquoi n’étaient-ils pas restés ? Au moins, devant leurs yeux elle savait, ou du moins espérait, que rien ne lui arriverait de pire que de mourir. Et à y réfléchir, mourir valait bien mieux que ça.

Le capitaine n’avait pas ordonné sa mort, d’accord c’est toujours bon à prendre, c’est clair, mais si pour ça elle devait passer à la casserole, elle préférait encore mourir ! Il était hors de question qu’elle serve de putain à l’équipage en échange de la vie sauve. Rien qu’à cette idée, la nausée la prit et son corps se révulsa. Elle repoussa l’homme aussi violemment qu’elle le put et s’éloigna de lui de quelques pas. Son regard fit le tour du pont. Aucune arme à portée de main, elle n’avait aucune chance de pouvoir se défendre. Néanmoins, elle lança d’une voix blanche, rendu un chouya aigüe par une pointe d’hystérie :

“Ne me touchez pas !”

Ses yeux bleus exprimaient une telle frayeur à l’idée qu’on la touche qu’il était clair qu’elle ferait n’importe quoi, tout ce qu’elle pourrait, pour empêcher qu’on s’en prenne une nouvelle fois à son honneur. La dernière fois, il y avait eut Yama, cette fois-ci, la jeune femme ne pouvait compter que sur elle-même.

“Si vous me touchez encore, je vous tue !”



Non, c’est promis Lizy, je ne me moque pas. Je te jure je ne ris pas. Mais je peux te poser une question ? Tu compte le tuer comment au juste ? Ah non, je ne doute pas que tu le pense, seulement que tu y arrive.

Son regard fit à nouveau un tour d’horizon. Non, vraiment, il n’y avait pas moyen de s’échapper. Elle allait devoir vendre chèrement sa vie. Il était temps pour elle de décider ce qu’elle voulait. Mourir, ou bien rester sur le bateau au moins le temps qu’ils décident de faire escale quelque part et de la relâcher ? En fait, la réponse était plutôt simple, si on considérait sa situation et le peu de choix qu’elle avait.

Son regard revint au pirate. La peur était toujours là, mais elle était dominée par la détermination.

“Faites de moi ce que vous voulez mais je ne serais pas votre putain !”

Au moins, ça a le mérite d'être clair, même si c'est un poil dangereux de s'exprimer comme ça avec quelqu'un qui peut très bien le prendre au pied de la lettre.
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Solal Yarhi
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MessageSujet: Re: [année 003]La vie de pirate ? Le paradis voyons ! [pv Lizette]   Dim 16 Mar - 18:06
La réaction violente de Lizette surprit Solal, qui s'écarta d'elle, d'un pas léger. Qu'est-ce qui lui prenait ?... mais il ne tarda pas à capter la lueur de peur, de terreur dans sa voix, qu'il ne comprenait pas mais, d'un autre côté, il ne pouvait que l'apprécier. Un rictus naquit sur son visage, très amusé à la voir le menacer comme ça.
Ainsi donc, elle espérait le buter, là, avec quoi ? la force de ses ongles ? l'étouffer avec ses bas ou le balancer par dessus bord à la force de ses petits bras ?
Le pirate se retint d'exploser de rire, mais il se marrait intérieurement des cris de la jeune blonde. Elle avait du cran, pour lui soutenir ça alors qu'elle était à sa merci, sur son bateau, entourée d'une flopée de pirates qui n'hésiteraient pas à la bouffer toute crue.
Et pas forcément au sens où elle l'entendait...

Juste pour rire, il poussa le vice jusqu'à la provoquer.

"- Ah ouais ? Bah, vas-y ! "
Sur ces mots, il lui lança un des couteaux à larme recourbée qu'il planquait dans une de ses bottes, attendant de voir ce qu'elle allait faire avec ce cure-dent.
Solal savait combien on pouvait être dangereux en étant acculé mais il voulait prendre le risque... Il n'avait aucune envie de jouer au chaperon pendant son séjour forcé et c'était une manière comme une autre de vérifier sa détermination.
Si elle prenait la lame et tentait quoi que ce soit, il la désarmerait aussi facilement que l'on enlève un couteau à dents de la main d'une enfant, ses réflexes de soldats encore bien ancrés en lui, et aiguisés par des affrontements quotidiens.
Autant dire que si elle tentait quelque chose, l'anglaise s'en mordrait les doigts. Trop fort pour oser recommencer, et si cela pouvait sembler sérieux ; pour Solal ce n'était qu'un jeu vicieux.
Jeu qui l'amusa tout de même moyennement au dernier cri de la blondinette. Voilà qu'elle hurlait, comme si ça allait protéger sa foutue vertu.
Là, il fonça sur elle, la dominant de toute sa haute pour l'acculer contre un des mâts du navire et lui donner une claque retentissante.

" - Espèce d'idiote !! Tu te prends pour qui ? Tu penses franchement qu'on s'intéresserait à toi ? " Le cou d'œil éloquent du pirate avait de quoi vexer une frigide. "- ... ET SHIT ! Tu nous prends pour quoi ? des animaux !? "

Sa voix était devenue orageuse, aussi sèche que les sables de son pays d'origine sans pour autant atteindre les mêmes décibels.
Les pirates étaient honnis, des bannis, des condamnés à la potence d'avance mais... des monstres. Pas tous. Fucking hell !
Agacé par cette chialeuse qui se laissait guider par des préjugés d'une "bonne société" qu'il vomissait, il avait éclaté, la rabaissant.
Certes, ce qu'elle affirmait n'était pas totalement faux mais le second n'autorisait pas ce genre de chose, pas en voyage, et certainement pas sur le navire. La réputation des pirates avait la vie dure, même quand c'était régime sec sur la plupart des bâtiments. Question de discipline.
Le reste, n'était plus son affaire. Et si la traversée d'une partie de la Roumanie avec ce petit con de Kay aurait pu tourner dans ce sens, le persan avait mis les points sur les "i" très vite.

"- Je t'ai demandé ce que tu savais faire... pas si tu savais contenter des hommes ! Viens là, gamine, je vais te présenter au coq"

La voix de Solal avait perdue ses accents de colère, mais elle restait sombre. Un rictus moqueur réapparut bientôt sur son visage, alors que d'un geste, il enjoignait la gamine de le rejoindre dans les entrailles du navire.

" - A part des épluchures, y'a rien qui risque de t'attaquer... "
Un léger rire le secoua, alors qu'il descendait, Lizy devant lui. Quelques minutes, le persan la fit entrer dans une petite pièce, cuisine rustique mais assez bien aménagée. Là, un homme ou plutôt un géant se retourna, les sourcils froncés.
"- Yep ? "

" - Jam' , voilà Lizy, ta nouvelle appert' , taches de la garder en vie , celle-ci ! "
Le dit Jam', un grand gaillard à la peau basanée parcouru de tatouages indonésiens soupira en levant les yeux au ciel. Évidemment, c'était à lui qu'on la refilait...
Ses perles grises, luisant drôlement dans la pénombre de la pièce éclairée à l'huile, se posèrent sur la frêle silhouette, et il s'exprima d'une voix bourrue.
" - Epluches-moi ça, et on se bouge, pas de temps à perdre... "
Malgré sa masse corporelle, il se mouvait comme un danseur dans l'espace clos et d'un geste fluide, il vint planter une petite lame tranchante sur le côté de la table, indiquant à ce parasite - à ses yeux- de s'exécuter.
En gardant un œil sur elle, il retourna à sa casserole, faisant grincer la prothèse qu'il portait au genou.
"- J'sais pas ce que t'as fait au Second pour qu'il t'épargne, mais t'as intérêt d'être efficace... "
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Lizette Peterson
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MessageSujet: Re: [année 003]La vie de pirate ? Le paradis voyons ! [pv Lizette]   Mer 19 Mar - 8:17
Lizy regarda le couteau planté devant elle. Comme elle avait envie de s’en saisir et de se jeter sur le pirate pour lui montrer qu’elle ne plaisantait pas ! Mais elle n’en avait pas les tripes, elle hésitait. Pourtant c’est vraiment pas grand-chose, c’est facile, rapide, t’as même pas le temps d’y penser que c’est déjà fait. Il t’offre une occasion en or de te faire la malle et toi t’es là à faire de la cosette avec ta conscience ! Bon, d’accord, si on regarde plus loin que le bout de ton petit nez, c’est sûr que si tu refroidis celui là, t’en as des dizaines derrière qui vont pas aimer et te montrer ce que ça coute de s’en prendre au patron… mais j’ai du mal à croire que tu y ais vraiment pensé. M’est plutôt avis que ce n’est qu’une excuse.

Malgré l’odeur de traquenard, Lizy commençait quand même à se dire que prendre ce couteau, ce serait pas mal. Même si ça ne servait à rien de plus qu’à une menace inutile. Oui mais ma grande, lui il est pas aussi long à la détente que toi. Il fallait te bouger un peu, parce que là maintenant, t’as l’air bien fin, coincée entre le mat et un pirate en colère, avec ce couteau trop loin pour être saisi.

Quand le pirate se jeta sur elle, Lizy senti la peur lui torde les entrailles. Elle crut qu’il allait passer outre son avertissement. C’est ce qu’il fit bien sûr (il la toucha) mais pas comme elle l’avait envisagé (il ne la tua pas, ni ne chercha à lui faire quoi que ce soit). Tu sais Lizy, tout le monde n’en veut pas toujours à ta vertu, va vraiment falloir que tu te remettes un jour, il y a aussi des gens biens. Enfin bon, douée comme tu es, en plus de ne pas être bien futée, tu ne vas pas beaucoup le voir. Faudrait faire quelques efforts de temps en temps.

Outch ! Ce coup là il est dur quand même ! Nan mais lui aussi il se prend pour qui ? Y’a que moi qui ais le droit de dire des vilainetés à ma petite blonde ! Je proteste ouvertement : elle est très jolie Lizy. Un peu blonde et blanche, d’accord, mais ça il n’y a que moi ais le droit de le critiquer.

Lizy se sentit terriblement blessée. Son orgueil balaya un temps sa peur. Les joues en feu, et pas seulement à cause de la claque qu’il venait de lui assener, elle lui renvoya un regard incendiaire. Elle mourrait d’envie de lui rétorquer quelque chose, un truc marquant, blessant, mais rien ne lui venait. Ultime humiliation que de ne pouvoir répondre à un tel affront. Honte, rage et frustration. Il n’y avait plus de place pour la peur, c’était fini. Qu’il lui en laisse seulement l’occasion et elle lui ferait payer. Il les ravalerait ses foutues paroles ! Et qu’importe ce qui arriverait ensuite.

C’est dans cet état d’esprit qu’elle accueillit les nouvelles paroles du pirate. Mais ce coup-ci, elle ne put s’empêcher d’être surprise. Le coq ? Comme celui qui faisait la cuisine ? (Non non, il parle de la bestiole capable de chanter les pieds dans la merde, imbécile…) Il comptait la mettre dans l’assiette ?

Nan, pitié, ne me dîtes pas qu’elle a vraiment pensé ce qu’elle vient de penser… Espèce d’idiote ! Il ne va pas te manger, il vient de te dire qu’il n’est pas un animal et toi tu pense à encore pire. Il ne compte pas te tuer, ni s’en prendre à ta précieuse vertu déjà volée depuis longtemps et encore moins te manger. Il pense te garder comme cuisinière. Enfin pour l’instant du moins, parce que c’est pas dit qu’une fois qu’il te connaitra mieux il ne veuille pas se débarrasser de toi à la première occasion. Remarque, moi à sa place je te balancerais tout de suite par-dessus bord, histoire de gagner du temps. Et oui, non, n’envisage même pas de répondre que tu n’es pas une gamine sinon je te jure je me tire. Les conneries ça va un moment.

Voilà donc notre désespérante blonde de nouveau entrainée sans qu’on lui demande son avis. Enfin, entrainée, pas vraiment. Disons que l’homme lui laisse sa liberté de mouvement tant qu’elle suit le chemin qu’il veut qu’elle emprunte. Tandis qu’elle avance vers le fond du bateau, Lizy songe. Elle pense à plein de choses, on dirait pas comme ça mais ça lui arrive. S’il fallait décrire tout ce qui passât par l’esprit étriqué de la jeune femme à ce moment là, on y serait encore demain, alors je vais simplement vous faire un résumé, ça sera déjà pas mal.
La petite blanchette se disait qu’elle était probablement définitivement perdue si elle acceptait d’œuvrer sur le navire pirate, fut-ce pour sauver sa vie, mais son côté moins blanc (oui on trouve du gris chez cette petite blonde trop propre sur elle, finalement) lui fit remarquer que la société et ses règles ne lui avaient rien apporté de bon. En plus, personne ne l’attendait, personne ne la regretterait. Elle pensa à Yama qui, même si elle était un poil trop brutale à son goût, était une femme autrement plus sympathique que certaines personnes que Lizy avait pu fréquenter. Elle pensa à tout ce qu’elle avait apprit de l’univers pirate grâce à elle. Et puis, sa honte lui revint et elle eut envie d’envoyer paitre le pirate. Il n’avait pas agit comme elle s’y était attendue, mais elle aurait pu comprendre, après avoir écouté Yama, que les pirates ne sont pas si horribles qu’on le dit. Ils ont d’autres valeurs, d’autres lois (si on peut parler de lois), simplement. Enfin, en dernier lieu, elle se dit qu’au moins ici elle n’avait aucune chance de se trouver face au Loup.
Alors, concernant ce dernier point, j’aimerais dire… ouais, non, t’as raison, je me tais, ça vaut mieux pour toi. Parce que la gueule du loup, c’est pas du tout comme si tu y étais, n’est-ce pas ?

Bref, je raconte la vie de Lizy.

On retrouve donc Lizy, au bout du chemin de ses pensées, et de la cuisine. Et quand la porte s’ouvre, elle ne sait plus trop ce qu’elle est sensée penser, si elle devrait être heureuse de vivre et d’être entière au prix d’un moment d’exploitation sur un navire pirate. Mais voilà qu’on lui en sort une nouvelle qu’elle ne peut pas louper. Son regard légèrement affolé se fixe sur le pirate qui l’a amenée ici.

“Comment ça celle-ci ?”

Bravo les gars, maintenant elle va nous ressortir ses idées bizarres de blonde qui passe à la casserole. Merci du cadeau, vraiment. En plus, c’est qu’il a pas l’air commode le cuisto’. Les yeux de Lizy parcourent ses tatouages avant de revenir au regard exaspéré qui lui s’était à peine posé sur elle. Au moins il avait l’air ni cruel ni en colère. Mais un peu brutal quand même. Lizy sursauta quand le couteau se planta dans la table. Il était obligé d’en faire autant ? Ca va, elle n’était pas idiote, elle savait quand même éplucher des patates. Moi j’ai envie de dire que je le comprends, à te voir, on devine que t’as pas inventé l’eau tiède.

Toujours vexée (oui, la dernière pensée qu’elle a eut a été de se souvenir qu’elle venait d’être humilié, et en plus elle avait l’impression que l’un se moquait tandis que l’autre la prenait pour une idiote) Lizy s’empara du couteau… ou plutôt essaya. Il était planté profond ! Elle tira donc fort sur le manche et l’instrument vint finalement, manquant la faire tomber, puis regarda le pirate qui commandait… il n’était plus là. Bon ben, plus qu’une solution : se mettre au boulot. Elle attrapa une pomme de terre dans la pile gigantesque et commença à la peler en se demandant elle aussi pourquoi le second ‘lavait épargné. Et à vrai dire, je me le demande aussi.
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Solal Yarhi
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MessageSujet: Re: [année 003]La vie de pirate ? Le paradis voyons ! [pv Lizette]   Sam 5 Avr - 23:40
De par sa stature, le coq du navire avait une autorité naturelle, terrifiante, indéniable, et un seul coup d'œil pouvait signifier que vous, là, ne mangeriez que des restes, s'il y en avait... Pourtant, Jam' n'était pas le genre de gars à abuser de sa place, infime et parfois oubliée, mais centrale sur un bateau. Pas chieur, il était plutôt du genre taciturne, et plutôt tranquille tant qu'on ne venait pas mettre ses bottes boueuses sur ses plates bandes.
La cuisine était son domaine, son territoire, et il était aussi agressif à propos de cela qu'un lion.
Non, Lizette n'était pas la première qu'on lui mettait dans les pattes, et plutôt que de démentir les paroles du Second, Jam' ne répondit pas à la question de la jeune fille. Il avait toujours besoin de petites mains pour nourrir cette bande d'empaffés, voraces et surtout complètement alcooliques, et il ne lui semblait pas qu'une des personnes venus lui filer un coup de main, volontairement ou non, soit passée par dessus bord.
A moins qu'il ait oublié... Possible, remarque.

Il ne lui adressa qu'un vague sourire carnassier, propice à développer la paranoïa de Lizy, avant de goûter la sauce du ragout. Jam' rêvait de faire de sa cuisine un art, respecté et célèbre, mais la réalité, surtout sur le Souffle Gris ne lui permettait pas franchement. Quelque fois, quand un bon gros et gras navire marchand passait dans le coin, ou à Tortuga, où il mettait sa connaissance des saveurs épicées au service de plats du "dimanche" comme diraient les curaillons.
Mais le grand cuistot ne s'en plaignait pas trop, l'équipage était devenu son port d'attache, sa famille, et ceux qui osaient aborder le navire, et se diriger vers la salle des machines croisaient mortellement sa silhouette de boucher, sortie de son antre aux fourneaux rutilants.
S'essuyant les mains sur un torchon, il se tourna vers la nouvelle venue, la détaillant du regard une bonne fois pour toute.
Lizette avait des allures de souris à ses yeux, mais elle s'était mise à la tâche sans broncher. Bon point, pour l'instant.

" - C'est quoi ton nom ? ... " Sa voix plutôt bourrue résonnait dans la pièce, alors que Jam s'était assis sur un tabouret, ses mains s'affairant à une vitesse remarquable pour taillader en miettes les herbes. Pas de viande au menu ce soir, tant pis. Jam' n'était pas en colère mais il avait toujours une mimique un peu contrarié sur le visage... " T'as déjà cuisiner ? "
Non, parce qu'il fallait savoir hein, si la blondinette était une quiche, ou s'il y avait quelque chose à en tirer aux yeux du Coq.
Il lui posa quelques autres questions de façon tout aussi directe, sans prendre de gants... Et sorti s'en griller une sur le pont une fois le repas prêt, ordonnant à son nouveau commis de ne pas bouger d'un iota.
Il l'avait dominé de toute sa hauteur, la fixant sérieusement.

"- T'es à peu près en sécurité dans les cuisines, alors tu bouges pas ton cul d'ici compris ? "
Et si elle osait jouer les curieuses, lui ou d'autres lui en feraient passer l'envie...
Jam était sur le Souffle Gris depuis assez longtemps pour avoir capter à peu près la position de Lizette, et il savait qu'elle devrait montrer les crocs, sinon elle était foutue. Mais autant lui donner quelques heures de répit... A bien y penser, le coq se dit que Solal ne l'avait peut-être pas foutue dans ses pattes pour rien.

Dehors les nuages chargés n'annonçaient pas une très bonne nuit pour le Souffle Gris.
Plus encore qu'en mer, les navires volants étaient la proie et le jouet favori d'un temps parfois bien capricieux...

Mais ça n'empêcha pas les pirates de fêter leur "victoire", avec grandes doses de rhum en renfort, et de chansons paillardes - que même les femmes reprenaient en cœur.
Quelques minutes avant le début du repas, Jam' s'était retourné pour regarder son empotée de nouvelle arpette rester immobile.
"- Restes pas plantée comme une gredine, apportes le reste, et installes-toi ".

C'est ainsi que la tablée commença, l'ombre du Capitaine souriante comme une damnée, et Solal qui assena une grande claque dans le dos de l'anglaise, en lui présentant les différents membres d'équipage.
" ... Cat', la vigie, elle est anglaise donc elle pourra p't'être t'aider, et Jam' que tu connais déjà ! Manges ! Je te l'ai dit, si t'es bonne à rien, on te passera par dessus bord".

Drôle d'accueil, et malgré le sérieux des paroles du persan derrière son sourire, l'ambiance était assez conviviale. Accueillants, mais non moins dangereux...
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Lizette Peterson
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MessageSujet: Re: [année 003]La vie de pirate ? Le paradis voyons ! [pv Lizette]   Dim 27 Avr - 14:37
La compagnie du pirate imposant et silencieux n'était pas des plus agréables. Elle n'était clairement pas de celles que Lizette aurait naturellement recherchées. Mais dans le contexte présent, elle se sentait presque mieux. Une fois passées les idées bizarres de blonde en ragout (même si elle jetait des coups d’œil réguliers en direction du cuistot et de sa casserole) Lizy se disait qu'être isolée loin de l'équipage ce n'était peut-être pas si mal. Ici au moins elle n'en avait qu'un à gérer, et il n'était pas franchement envahissant.

Enfin, elle allait peut-être bientôt déchanter. En attendant, elle obéissait et continuait à éplucher ses pommes de terre, rapidement et efficacement. Au moins elle ne lui donnerait pas l'occasion de râler à ce sujet, sauf s'il était de pure mauvaise foi, chose qui devait bien sûr être si rare chez les pirates...

Lorsqu'il la rejoignit et s'installa au plan de travail, en face d'elle, il n'en dit rien cependant. Heureusement car elle s'arrêta un instant en voyant avec quelle rapidité et quelle agilité il s'occupait de sa part de la recette. C'était comme si la nourriture avait déjà été comme ça à l'état naturel. Elle se rappela rapidement qu'elle avait aussi une tache à effectuer, réveillée par la grosse voix bourrue du chef cuisinier.

“Lizy. Et oui, j'ai déjà cuisiné, mais jamais pour autant de monde.”

Ses mains tremblaient légèrement. Elle assura sa poigne sur le pauvre tubercule qui n'avait rien demandé à personne et continua sa tache comme si de rien était. Il valait mieux pour elle qu'elle fasse profil bas et ne se fasse pas trop remarquer. Ça changeait des habitudes tiens... mais bon, c'est qu'elle n'était pas particulièrement en sécurité dans le coin, et pour une autre raison qu'un violeur en liberté cette fois, à moins que... Non, mieux valait ne pas penser à ce dont était capable l'équipage. Quant au temps qu'elle allait devoir passer sur le bateau, Dieu seul le savait. Ceci étant également à la condition qu'elle survive assez longtemps pour pouvoir le quitter de sa propre volonté.
C'est donc avec docilité et en faisant en sorte de ne pas montrer sa peur qu'elle répondit une à une à toutes les questions du coq. Avec autant d'honnêteté que possible et sans oublier de continuer à éplucher. Il lui sembla que ses réponses plaisaient au pirate. Ou peut-être pas, c'était difficile de savoir. Mais elle avait le sentiment que, dans le cas contraire, il aurait manifesté son mécontentement. D'une façon ou d'une autre.

En tous cas, elle fut sacrément contente lorsque le repas fut fini et qu'il fit mine de quitter les cuisines. Le problème c'est qu'il s'était souvenu de sa présence avant de partir, et l'avait menacée.

OK message reçu, promis elle bougerait pas de là.

Elle s'empressa d'acquiescer pour que le pirate arrête de la regarder du haut de toute sa hauteur. En plus ça l'arrangeait bien de rester en cuisine. Ça lui évitait les fâcheuses rencontres. Bon, le seul problème, c'est qu'elle se retrouvait maintenant sans rien faire. Rester inactive, ce n'était pas son genre. Du coup, elle nettoya le plan de travail. Jeta les épluchures, lava rapidement la surface ainsi que le peu de vaisselle déjà sale.

Le reste de la journée apporta son lot de découverte pour la petite blonde. Elle avait eut quelques heures de répit en se cachant en cuisine, et l'heure du repas lui montra à quel point elle avait été tranquille.
C'est à ce moment là qu'elle fut obligée de quitter son refuge. Jam' et Lizy, chacun portant sa gamelle, se rendirent dans le réfectoire pour amener le repas à l'équipage qui attendait impatiemment et bruyamment sa pitance. Le spectacle figea Lizy sur place. Ils étaient encore plus nombreux que ce qu'elle en avait vu ! Son visage perdit toutes ses couleurs devant le spectacle qu'ils offraient. Bruyants, pour la plupart déjà fortement alcoolisés, ils chantaient à tué-tête des chansons dont, sans comprendre, Lizy devinait les paroles tout à fait en contradiction avec les bonnes mœurs.
Mais toute choquée qu'elle était, elle nota tout de même, non sans surprise, la présence de plusieurs femmes parmi l'équipage. Elle avait beau savoir qu'il y avait aussi des femmes dans la piraterie, elle ne pensait pas en voir autant. Enfin, elle n'en était pas rassurée pour autant. Elle craignait ce qu'elle allait devoir faire pour être acceptée par l'équipage sans se faire grignoter toute crue.

Ce qu'elle ne nota pas mais que moi je relève, c'est que la petite blonde envisageait de rester un certain temps sur le bateau. Elle commençait à voir, au moins à court terme, un avenir parmi l'équipage. C'est sûr qu'elle se disait qu'ils ne feraient pas escale avant de longues semaines, mais quand même, je trouve que ça mérite d'être noté.

La petite gourde, potentiellement gredine, fut extraite de sa statufiction par la douce voix aimable et Ô combien chaleureuse de son nouveau patron provisoire. Elle fila exécuter les ordres et revint presque aussitôt, pour la même raison.

S'installer à table fut une épreuve difficile pour Lizy. Elle craignait pour sa sécurité si elle choisissait le mauvais emplacement. Elle n'était d'ailleurs pas certaine qu'il puisse y en avoir un bon. Finalement, elle opta pour une place laissée libre et dont l'entourage paraissait relativement calme. Elle se cala discrètement entre ses voisins, faisant en sorte de ne pas les gêner et surtout de ne. Pas. Se faire. Remarquer.
Durant le repas, elle se fit discrète comme une souris. Mangea sans grand appétit et but tout aussi peu, ne voulant pas engourdir ses sens. Si ses lèvres restèrent résolument closes pour ce qui ne concernait pas le boire ou le manger, ses yeux en revanche ne perdirent pas leur temps. La jeune femme de bonne et haute éducation ne comprenait rien aux paroles des pirates, elle ne comprenait pas beaucoup plus leurs gestes grossiers, mais elle apprenait déjà. Se fondre dans la foule, elle savait plutôt bien le faire, la plupart du temps. Elle savait apprendre. Blonde mais pas si idiote que ça, du moins quand elle le voulait bien. La nécessité faisant loi, il le fallait bien dans ces conditions. Aussi ne perdit-elle pas une miette de la soirée. Elle se demandait si, où qu'elle soit en cet instant, Yama passait une soirée similaire.

Quant au tour de l'équipage auquel elle eut droit, si elle n'en retint pas même dix noms et trouva l'expérience grandement terrifiante (y fallait voir les numéros qui vivaient sur le bateau aussi), Lizy compta au moins quelques personnes avec qui elle pourrait réussir à communiquer. La vigie au moins pouvait même être une aide potentielle.

A la fin de la soirée, elle se sentait toujours aussi apeurée mais elle était déjà un peu différente. Et ce n'était que le début du changement, mais cela, elle ne le savait pas encore.
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Solal Yarhi
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MessageSujet: Re: [année 003]La vie de pirate ? Le paradis voyons ! [pv Lizette]   Ven 18 Juil - 23:44
Le regard aiguisé du Second était resté vigilant au comportement de leur "invitée" pendant le début du repas, souriant malgré lui à la voir se rapetisser comme une petite souris. A l'observer, Solal était partagé entre l'envie de se moquer ouvertement, et celle de la secouer pour qu'elle lui montre encore une fois cette lueur.
Cet éclat que l'oriental avait perçu dans les prunelles rageuses de la jeune femme. Un drôle de sourire fleurit sur ses lèvres à cette pensée. Oh, ça ne faisait que commencer, mais le pirate comptait bien la pousser plus loin. Par curiosité. Par sadisme, et par jeu, oui aussi.

Elle ne s'était pas évanouie à côtoyer Jam', ce qui était déjà une preuve que l'anglaise avait un semblant de tripes. Ne restait qu'à vérifier, en "jouant" si ce n'était qu'un fugace sursaut de ténacité ou bien autre chose. Leur coq ne semblait pas vouloir la jeter par dessus bord, elle était surement efficace, du moins un minimum et ne jeta au Second qu'un regard neutre, accompagné d'un micro-sourire.
Solal nota cela, et repartit de plus belle en mêlant sa voix à celles de ses camarades en chantant joyeusement !
Ils avaient fait une assez bonne récolte. Pas de perte, et le repas était légèrement plus copieux qu'à l'habitude, même si les chopes se vidaient toujours aussi vite. Pas de quoi se plaindre !

On donna à Lizette quelques accolades joyeuses, oubliant son "statut" sur le navire, sans voir la tension apeurée qui l'habitait et la soirée s'éternisa presque jusqu'aux lueurs de l'aube pour certains.
Solal remplaça Cat', la vigie en lui demandant de trouver un coin où dormir à la blondinette dans le dortoir des femmes. Elle avait aussi l'ordre de rencarder Lizy sur le rôle de chacun en gros. On ne donne pas non plus les clés et les secrets d'un navire pirate à une inconnue. Adossé au grand mât, il fumait et savourait un de ses derniers cigares. Hum, il faudrait qu'ils repassent par Tortuga et Cuba un de ces quatre.

~

deux ou trois jours plus tard tout au plus, à l'aube, la silhouette du Second se découpa dans l'embrasure du dortoir féminin. appuyé négligemment contre le bois, Solal se racla la gorge assez fort pour provoquer un remous dans les couvertures. Un claquement de langue agacé plus tard, la chopine d'eau qu'il tenait se retrouva vide.

"- Ayé, la belle au bois dormant est réveillée ? Sur le pont dans cinq minutes et que ça saute !"

Le ton de sa voix ne tolérait aucun incartade, aucun refus. Si le Capitaine Trappen n'avait que faire de ce moustique sur son navire, tout prêt à la pendre par les pieds, Solal lui ne voulait pas avoir une incapable dans les pattes, surtout s'ils devaient rencontrer d'autres bâtiments volants. Et puisque leur prochaine escale n'était pas prévue tout de suite, autant voir ce qu'elle avait dans le ventre.

Son Yatagan dégainé, le Second du Souffle Gris l'attendait tranquillement, s'impatientant légèrement d'ailleurs. Il lui jeta un bâton en chêne et un poignard.

"- Puisque tu comptes rester ici... Je ne compte pas te sauver les fesses en cas de problème, alors on va voir comment tu te défends."

Déjà quelques pirates les observaient du coin de l'œil, étonnés ou amusés de voir leur quartier-maître prendre cette peine. Mais le persan ne faisait jamais rien pour ne rien obtenir.
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Lizette Peterson
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MessageSujet: Re: [année 003]La vie de pirate ? Le paradis voyons ! [pv Lizette]   Dim 27 Juil - 14:09
Deux jours. Cela faisait deux jours et quinze heures que Lizy était sur le bateau. Elle n’en était pas à compter les minutes (avec quoi ?) mais elle était consciente de chaque instant passé en compagnie des pirates, et où elle était encore en vie. D’ailleurs, elle ne savait même pas par quel miracle elle était toujours vivante. La chance de Lizy, c’était qu’elle était douée pour passer inaperçu. Se fondre dans la foule ou dans le décor était comme une seconde nature chez elle.

Cat’ avait été relativement gentille avec elle. La pirate était un peu brute de décoffrage mais ça n’avait rien d’étonnant si on considérait le milieu dans lequel elle évoluait au quotidien. Lizy commençait à comprendre que si elle comptait rester en vie, elle allait devoir faire comme la vigie et montrer un peu plus de caractère et d’assurance. Mais bon, disons que pour l’instant ce n’était qu’à l’état de projet.

Bref, la petite souris avait eut droit à une visite guidée du navire. On lui avait montré, avec une évidente mauvaise volonté, là où elle avait le droit de couiner et là où elle n’avait pas intérêt à mettre ne serait-ce que l’ombre de son museau. Avec ça, Cat’ avait accepté de lui prêter une tenue plus adaptée à la vie sur le bateau que sa robe de “petite souris”. Mais qu’est-ce qu’ils avaient tous à l’appeler comme ça ? Elle n’était pourtant pas si stupide qu’ils avaient l’air de le penser !
Heu Lizy… comment te dire ça sans te vexer ? T’es un tout petit peu naïve en fait, et légèrement blonde sur les bords. Et puis ce sont des PIRATES ! Tu enregistre ça dans ta caboche ? Bien. Brave petite.

Après ça, Lizette fut officiellement assignée à Jam’ (j’aime bien ce nom de confiture, un truc bien sucré, pour un cuistot pirate). Le pirate s’en offusqua mais, même pour Lizy, on aurait dit que c’était pour la forme. Pas folle, notre blonde nationale avait comprit que, pour l’instant, se montrer capable en cuisine représentait ses meilleures chances de survie. Alors elle y mettait du cœur à la tache, ce qui n’était pas bien compliqué. Ce faisant, elle ne se rendait pas compte qu’il lui arrivait d’oublier où elle se trouvait, sans parler du plaisir qu’elle arrivait à prendre dans ces moments là. Il faut dire que, depuis des années, Lizy avait tout fait elle-même dans sa demeure et elle était plutôt douée à ce jeu. Ça lui avait toujours plu de tenir sa maison propre et bien rangée.
Le deuxième soir, son regard était tombé sur sa robe, en regagnant le dortoir des femmes (parce qu’il y en avait quelques unes sur le bateau finalement, elle l’avait découvert en même temps que son “lit”). Elle fit alors fonctionner sa cervelle de blonde (non, non, pas de soucis d’enfumage dans le dortoir, elle n’a pas eu le temps de faire fumer tout ça). Combien de temps allait-elle rester sur le bateau pirate ? Probablement un bon moment. Et tandis qu’elle réalisait ça, elle se disait qu’une tenue appropriée et à elle serait pas plus mal. La tenue de Cat’ était légèrement trop grande pour la petite souris, elle avait la fâcheuse manie de dénuder régulièrement une épaule. Et en plus, elle s’appelait “revient”, ce qui ne plaisait pas trop à la blondinette. Elle se débrouillerait quand elle regagnerait la civilisation, elle trouverait un moyen, d’une façon ou d’une autre, comme elle l’avait toujours fait jusque là.
Alors, décidée, elle s’était dégotée fil, aiguille et ciseaux et s’était attelée à la tache. Elle avait travaillé tard à la lueur de la bougie jusqu’à ce qu’elle n’y voit plus clair à cause de la fatigue. Quand elle se coucha, elle avait déjà réussi à obtenir une nouvelle tunique découpée dans son ancienne robe. Ne restait plus que le haut de chausse, autrement plus commode qu’une robe pour les mouvements, comme elle l’avait constaté grâce à Cat’. Et désormais elle ne se baladerait plus avec les épaules nues.

Le réveil fut loin d’être idyllique. A une époque lointaine, Lizy aurait fait avaler la chope vide au responsable de son vidage. Mais ça, c’était il y avait bien longtemps. Elle habitait encore chez ses bourges de parents à cette époque, et non avec des pirates…
La douce voix du second, dont elle avait appris qu’il valait mieux ne pas risque de contredire les ordres si on tenait à continuer sa vie avec tous ses membres, l’informa qu’elle avait intérêt à ramener son derrière et ses bouclettes sur le pont illico-presto.

Après le cri de souris (tu commence à comprendre ton surnom ?) qu’elle avait poussé pour ce réveil doux et aimant, Lizy grogna. Mais seulement quand le chef fut partie. On a beau dire, elle a quand même un léger instinct de survie la petite. Pas très prononcé je vous l’accorde, mais tout de même existant.

La petite blonde se leva avec toute l’élégance d’une souris mouillée et électrisée. C'est-à-dire avec une rapidité qu’on lui avait rarement connue, mais avec une tignasse en bataille dégoulinante d’eau. De ce qu’elle avait compris, elle était déjà censée être sur le pont, alors elle ne perdit pas de temps en chichi. Elle enfila ses bottes, prit quand même le temps de changer de tunique parce que se balader avec un habit mouillé et transparent ne lui disait rien, puis elle courut rejoindre le pont sans se donner la peine de se coiffer (et je vous raconte pas le spectacle parce que c’est tellement magnifique que je ne trouve pas les mots). Heureusement pour elle, Lizy avait dormi dans la tunique de Cat’, la tunique qu’elle avait fabriquée dans la nuit était sèche, ainsi elle ne se retrouvait pas à moitié à poil.

Elle n’eut même pas le temps d’arriver qu’un bâton l’agressait sauvagement. Elle ne l’avait pas vu venir. En revanche, le poignard, elle parvint à l’éviter. Ce n’était probablement pas ce que môsieur le second attendait d’elle, mais là il en demandait trop. Attends, elle vient seulement de se réveiller, faut pas pousser non plus ! Elle n’a même pas eu le droit à son thé et son petit déjeuner, les pirates étaient vraiment des barbares.
Lizy lu adressa un regard à mi-chemin entre le “pas réveillée” et le “tu me fais chier”. Puis elle se souvint de qui elle avait en face d’elle et ravala sa mauvaise humeur. Formidable, il avait décidé de la tailler en lamelles pour le petit déjeuner de l’équipage. Délicate attention de sa part, l’équipage lui en serait probablement reconnaissant. La jeune femme déglutie en voyant ça, et les regards des pirates qui les entouraient. Elle allait se taper une honte magistrale devant tout l’équipage. Vraiment, cette journée commençait délicieusement.
Puisqu’elle y était contrainte, elle ramassa le bâton et le tint à deux mains. Puis après réflexion, elle se baissa pour prendre le poignard aussi et le glissa dans sa ceinture, pour l’avoir sous la main au cas où, on sait jamais. Tout était bon à prendre.
Un éclat fugace de joie sinistre passa dans le regard azur de la blondinette. Peut-être qu’elle allait pouvoir botter le cul du second en toute impunité, avant de se faire étaler lamentablement. Elle aurait au moins le plaisir de se venger pour le réveil.

Résignée, mais pas tant que ça comme vous pouvez le voir, Lizy se mit silencieusement en position pour faire face au second.
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Solal Yarhi
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MessageSujet: Re: [année 003]La vie de pirate ? Le paradis voyons ! [pv Lizette]   Dim 17 Aoû - 13:53
Le regard haineux de la "gamine" fit sourire Solal... Ce n'était que le début.
Il voulait la revoir, cette étincelle. Réveiller en Lizette cet instinct qui pourrait la sauver surement un jour, et cela, même si elle devait le détester de toute son âme. Oui, le Second était suffisamment joueur - ou stupide, au choix pour mettre sa vie en jeu dans une démarche qui ne lui apporterait qu'un amusement passager.
La blondinette avait des tripes, et le pirate se positionna de biais, la lame à l'horizontale mais retournée - il ne voulait pas la tuer même si cet entrainement en comportait le risque, délia son poignet par des mouvements circulaires avant d'attaquer.

S'il n'était pas le plus fort de l'équipage physiquement, Solal était parmi les plus souples et les plus rapides. La lame fusa vers la petite souris comme un chat sur sa proie, et en quelques secondes, le pirate était à quelques centimètres d'elle. Le mouvement circulaire fit voler le bâton que son arme avait violemment heurté d'une poussée sur le côté.
Il poussa un soupir et fronça encore les sourcils. A ce rythme là, il .... Bah, ce n'était que le premier coup. Le persan toisa la jeune fille à terre.

"- Ramasses-le, allez ! "

Il allait falloir qu'elle soit plus réactive, même sans petit déjeuner. (Et puis avez-vous vu des adversaires qui attendent que vous soyez prêts avant de vouloir vous trancher en deux ? ) Moins fragile et prête à tout. Mais il ne pouvait lui demander tout cela en quelques minutes, cela prendrait du temps.
Les quatre tentatives se soldèrent par un autre échec et des coups sur les doigts de la blonde, mais le Second ne la lâchait pas, lui ordonnant de reprendre le bâton. Méthode dure, rustre et sans concession mais par expérience, le persan ne voyait pas comment faire autrement. La théorie était bien belle quand, au moment T, vous restez pétrifié....
Et puis, c'était nettement plus intéressant.
Son intuition s'avérerait-elle juste, ou la petite blonde lui ferait-elle perdre son temps, en chialant dans ses jupes ?
Il savait que le premier changement serait probablement imperceptible et n'arriverait pas aujourd'hui. Peut-être même pas avant d'être probablement réellement en danger... Mais sa vie en dépendait, alors elle allait se réveiller !

Solal recula un peu, et attendit que la petite souris ait juste posé ses mains sur le bâton de chêne pour la forcer une fois de plus à se défendre. Cette fois, la lame courbe n'était retournée et le risque était réel, sinon mortel.

"- DEFENDS-TOI ! Ne réfléchis pas ! Réagis ! "

Il avait rugi, en assaillant féroce, la poussant dans ses retranchements. Sa voix, autant que sa lame était une arme, et Solal voulait lui faire comprendre qu'elle ne servait qu'à la tétaniser pour mieux l'achever.
Mais il allait beaucoup trop vite en besogne, ce que lui fit remarquer Lazaro, sortit de la salle des machines.


"- Vas-y mollo Solal, c'est qu'une gamine.... "


Le persan répondit par un rire, sa lame sur l'épaule. C'était lui qui disait ça ? A son arrivée sur le Souffle Gris, le Chef mécanicien lui avait botté le cul un nombre incommensurable de fois et il était loin d'être tendre....
"- Tu peux parler !
Je ne suis pas là pour langer ses couches. Et la vie ici n'y va pas "mollo" ... "


Autrement dit, Lizy n'avait pas le choix. Et Solal ne comptait pas abandonner son idée de sitôt, même si Jam lui gueulait dessus ensuite parce que son arpette ne pourrait plus bouger correctement et efficacement ses mains.
Et au fond de lui, le Second attendait de voir si elle allait se décourager ou non.... Décision qui, mine de rien, influerait beaucoup sur son avenir, et sur la façon dont elle resterait sur le navire.
Pas même une menace, juste une constatation.
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Lizette Peterson
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MessageSujet: Re: [année 003]La vie de pirate ? Le paradis voyons ! [pv Lizette]   Lun 18 Aoû - 9:19
Un petit cri aigu s’échappa des lèvres de Lizy. Alors qu’un instant auparavant elle se sentait presque de taille à relever le défi qu’on lui imposait (comprendre par là non pas qu’elle comptait battre le second mais plutôt lui donner un peu de fil à retordre avant de mordre le plancher) elle se sentait désormais minuscule et bien désarmée face au pirate, et ce même s’il lui avait fourni deux armes contre la sienne.
Elle s’était tout à coup figée alors que la lame de son adversaire (autant dire son exécuteur) se matérialisait comme par enchantement à quelques pouces d’elle en la désarmant au passage, et en l’envoyant à terre, tant qu’à faire. La petite blonde ne bougea pas d’une bouclette alors que le boucher soupirait. Elle avait bien trop peur pour oser l’ouvrir, ou faire le moindre geste. Mais la réaction du Second l’intrigua. Il paraissait en colère naturellement, de toute façon il était toujours en colère contre elle depuis qu’elle avait eut le malheur d’atterrir sur le pont de son navire bien malgré elle (il en avait de bonnes lui ! Il croyait vraiment qu’elle avait demandé à se trouver là ? Et est-ce qu’elle se plaignait elle de l’avoir lui pour Second ? ... Oui, certes, mais ça n’avait rien à voir !) mais au delà de cette colère il avait l’air… déçu. Il s’attendait à quoi ? Hé mon gars, t’as vu la marchandise ? La pire des batailles qu’elle ait eu à vivre (à un détail près) c’était avec des clientes mécontentes, et en général la mercerie accueillait plutôt des dames dont les épées étaient des aiguilles à couture. Estime toi déjà heureux qu’elle sache de quel côté on tient une épée (de préférence celui qui ne coupe pas).

Obéissante malgré son cœur qui battait comme un tambour dans sa poitrine au rythme de sa peur, Lizy se releva. Moins assurée, elle récupéra son bâton et se releva sans conviction. Elle ne comprenait pas ce qu’il attendait d’elle. Elle était une fille, n’avait jamais vu d’épée de sa vie (bon si, une ou deux fois, mais pas dans ces conditions) et ne savait absolument pas se battre. Et pour quoi faire d’ailleurs ? Son boulot c’était de faire la cuisine, ou plutôt d’aider. Elle n’allait pas éplucher les patates avec un sabre quand même. Et elle s’imaginait sans mal qu’on allait se débarrasser d’elle au plus vite, peu importe la raison pour laquelle ce n’était pas déjà fait. Pour sa part, elle avait hâte d’en finir avec cette histoire.

Oh allez Lizy ! Nous gâche pas notre plaisir de te voir ridiculisée systématiquement, c’est tellement drôle ! Moi en tous cas, j’espère que tu vas rester longtemps, parce que c’est autrement plus marrant que de te voir travailler dans une mercerie. Avoue que tes clients actuels sont moins monotones que ceux d’avant. Je peux même jouer de mes relations si tu veux (non, ne me remercie pas, ça me fait plaisir).

Pas bien longtemps après ce premier bonjour au plancher, Lizy tomba pour la cinquième fois. Son expression avait changé. Elle avait mal. Au dos, aux bras, aux mains et aux doigts… sans parler de son petit derrière rebondi qui en avait marre d’amortir les chutes de la blonde incapable de se protéger. Mais après avoir mangé du bois cinq fois d’affilé sans même avoir pu bouger, Lizy avait acquis la certitude que le Second ne cherchait pas à la mettre au menu du prochain repas. Il voulait autre chose et, même si elle ne savait pas ce qu’il comptait tirer d’elle, sa peur s’était calmée. Maintenant, elle éprouvait surtout un désir farouche de lui faire bouffer son bâton (à défaut de la chope qui l’avait réveillée). Exécutant l’ordre du Second, elle reprit son arme pour la énième fois et se releva.

Alors qu’elle se mettait en position, la voix de son adversaire lui assena un coup, comme décidée à l’achever. Se défendre, il en avait de bonnes ! Parce qu’il croyait qu’elle faisait quoi ? Sa manucure ? Il était bien trop rapide pour elle, la petite anglaise était incapable de se défendre face à un type comme lui.

Heureusement pour elle, un autre gars intervint. Enfin “heureusement” c’était vite dit. Dans l’état où elle se trouvait, Lizy était une véritable teigne. Elle bouillait de colère, une rage impuissante, retenue par sa trop bonne éducation de bourgeoise et par la peur qu’elle avait d’une punition en retour. Son amour propre était déjà mis à mal, et l’autre là, il la traitait de gamine ? Mais le must, ce fut lorsque le Second prononça les mots de trop. “Langer ses couches”. La petite blonde vit rouge. Pour un peu, ses joues auraient prit la couleur d’un de ses ancien chaperons… Là, c’était trop pour elle !

Cette fois-ci, au diable les bonnes manières. Tant pis pour le fair play, l’honneur et la droiture, l’éthique qui voulait qu’on ne prenne pas l’adversaire en traitre alors qu’il n’était pas prêt. Tout ça : oublié. Furieuse au-delà du raisonnable, elle se jeta sur le Second. Il voulait qu’elle ne réfléchisse pas, il était servi ! Elle avait laissé son cerveau derrière elle (pour autant qu’elle puisse en avoir un). Elle se projeta de toute sa force et son poids au point de les faire basculer. Ce coup-ci, elle ne fut pas la seule à manger du plancher, et en plus c’est lui qui se le bouffa le plus, coincé en dessous d’elle. Mais en fait, Lizy n’en avait rien à cirer. Ses yeux luisaient de colère et d’orgueil bafoué. Elle en avait marre. Depuis deux jours on la traitait de gamine et de souris, on la prenait de haut et depuis deux heures elle se faisait massacrer pour le plaisir ? (si vous vous demandez, oui elle exagère) Et là… LA ! On la traitait en plus de bébé dont il faudrait changer les couches ? Non, c’était trop.

Assise de tous ses 51kg toute mouillée sur l’abdomen du pirate, elle compressa son torse avec son bâton en le maintenant avec force. Son regard foudroyant accrocha celui du Second et elle se mit à crier.

“Je… ne… suis pas… une gamine ! Traitez-moi encore comme ça et vous allez voir ce que peuvent faire les dents d’une souris !”



Bon, hé bah moi je crois que j’ai plus qu’à me trouver une autre blonde à aller embêter parce que celle là risque de pas faire long feu.

Toute à sa rage, Lizy avait quelque peu oublié où elle se trouvait et qui elle venait d’agresser sauvagement.
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MessageSujet: Re: [année 003]La vie de pirate ? Le paradis voyons ! [pv Lizette]   Lun 3 Nov - 21:25
Du duel, jamais on n'en vit la fin. Le cri de la vigie alerta tout l'équipage, chacun prit les armes délaissant le spectacle au profit de la bataille qui s'annonçait. Un navire les accostait. Ironie du sort, c'était un navire de corsaires anglais. Le canon et la poudre se déversèrent dans le ciel en un tumulte qui rappelait les orages. Enhardie, emportée par la fougue de sa jeunesse, Lizette participa au combat. Mais fut rapidement mis à trépas. Une balle perdue se logea en plein cœur, noyant ses espoirs et son avenir en quelques heures. Il en est ainsi des gentilles filles qui veulent courir l'aventure. Elles en oublient tant le danger que, par le loup, elles se font croquer. Sans pouvoir s'en échapper.

RP clos.


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MessageSujet: Re: [année 003]La vie de pirate ? Le paradis voyons ! [pv Lizette]   
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[année 003]La vie de pirate ? Le paradis voyons ! [pv Lizette]

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