[Année 004]Vassillissa

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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Sam 22 Fév - 0:08
Vassilissa Lagouchka
Contessa de Valeroso

HistoireInformations
"Vassilissa Bella" l'appelle-t-on parfois, car elle est à n'en pas douter l'une des plus belles beautés slaves ayant jamais foulé le sol d'Espagne. Sa blondeur éthérée et ses grands yeux verts, pétillants d'esprit, font oublier à ses interlocuteurs ses origines quelques peu floues. Certains détracteurs l'ont qualifiée, à ses débuts, d'aventurière ou de courtisane, ayant gagné le cœur du Conte Valeroso, de vingt ans son ainé, par pur calcul afin de jouir de ses richesses.

Ce sont pourtant les mêmes qui la qualifient de "Vassilissa la très Sage", à présent, et fréquentent ses salons où se réunie la crème des penseurs et des artistes européens. Car depuis que son vieil époux a cassé sa pipe, sa veuve dépense son argent avec intelligence, en entreprises d'avenir, subventionnant beaucoup d'inventeurs indépendants en mal de financements. On raconte même qu'elle se serait fait construire son propre dirigeable à des fins personnelles et qu'il plane quelque part au dessus de l'Espagne. Elle entretient par ailleurs quelques correspondances avec les grands philosophes de ce siècle. Sa présence est prisée par toutes les réceptions bien qu'elle se fasse assez rare, surtout à la cours du Roi Marisma. Ses apparitions sont d'autant plus guettées qu'elle sont éclatantes.


On ne lui connait pas de famille et elle n'a jamais eu d'enfant. Pourtant certains de ses serviteurs se souviennent qu'il y'a une quinzaine d'années, une petite fille d'une blondeur diaphane jouait dans les jardins de son manoir...
  • Personnage de conte : Vassilissa (Vassilissa la très belle/La Princesse Grenouille)
  • Profession: Mondaine
  • Caractéristiques: excentrique, esprit brillant, fantasque, mystérieuse, charmeuse, riche...
  • Pouvoir: La rumeur dit qu'elle serait une de ces Ved'ma, ces sorcières russes, et que dans son pays, elle est la sainte patronne des grenouilles bestiolle qu'elle affectionne.
© CONFITURE sur SOS RPG



*******************************************************

La rafale balaya la jetée et lui fouetta le visage. Ses cheveux blonds, noués en chignons lâche, s'éparpillèrent dans le grand vent sans la moindre retenue. Elle savourait la quiétude du soleil couchant, à des kilomètres au dessus du sol, à peine parasitée par le bruit cisaillant des hélices tournant à plein régime. Elle se prit à sourire en songeant que la petite grenouille qu'elle était avait bondi bien haut cette fois. Elle se demanda fugitivement ce qu'en aurait pensé une certaine petite souris grise...
La caresse du zéphyr s'insinua dans les plis de sa robe de lin et persifla contre sa peau nue. Elle frissonna. Elle ne portait rien d'autre qu'une longue chemise de nuit blanche rendue informe par la brise. Elle se sentit grisée par un plaisir soudain.

Qu'il était bon d'être libre !

- Madame ! Madame ! Rentrez je vous en prie !

Une vieille servante à la peau tannée et aux yeux globuleux, s'accrochait au montant de la porte comme une damnée, de peur de s'envoler, et faisait de grands gestes en sa direction.

- Vous allez attraper froid ! Rentrez !

- Oh... Charca que tu es rabat-joie ! Ne savoures-tu pas cette ballade dans les airs ? Ne prends-tu pas conscience de notre petitesse vue d'ici ?


Elle fit quelques bonds gracieux vers le bord et se pencha dangereusement à la rambarde. La pauvre bonne poussa un couinement en se tenant le cœur.

- MADAME ! Je vous en prie. Vos invités vont arriver ! jappa-t-elle

Vassilissa rejeta la tête en arrière et éclata de rire.

- N'ai crainte ma Charca ! Je ne les ai pas fait venir d'aussi loin pour les voir me jeter à moitié nue dans le vide !

Avec souplesse, elle se redressa et parvint à la hauteur de sa camériste. La pauvre vieille espagnole ne sembla reprendre des couleur qu'une fois l'énorme hublot verrouillé. Elle se signa plusieurs fois.

- Cet engin me fait peur !
- C’est un cadeau de Ser Robur ! C'est une des plus belles machines modernes de notre siècle, ma pauvre amie.
- Je suis plutôt vieux jeu, Madame,
fit Charca avec dignité.

Vassilissa tacha de conserver son sérieux. A mesure qu'elle déambulait dans les couloirs de fer, elle le regagna complétement. Elle fit halte devant ses appartements.

- Charca. Apprête moi. Je veux "qu'ils" sachent qui sera leur commanditaire.

La vieille hocha la tête silencieusement. Il y avait une dureté aussi coupante que du diamant dans la voix de sa maitresse.


*******************************************************

Quelques mois plus tôt.
extrait du journal de Vassilissa Lagouchka.


Tanfee, ma chère Tanfee, Je suis une bien mauvaise marraine. Tu n'aurais jamais du me choisir. Si l'univers à conspiré pour que je ne puisse pas avoir d'enfant c'est qu'il y'a une raison : je ne sais pas m'en occuper. Plusieurs fois j'ai essayé, mais j'ai eu peur. J'ai rebroussé chemin avant d'atteindre ta petite confiserie. Tes douceurs me manques. C'était trop douloureux. Je n'ai pas rendu visite une seule fois à ta petite Zahn depuis que tu nous a quittée. Je n'ai pas pu. Je ne suis plus la jeune paysanne courageuse que tu a connue. Le soleil d'Espagne m'a ramollie. Je me suis faite à cette langueur. Mais voilà, le temps à filé et mon emprise sur les murs du Topino s’est amenuisé.
Elle s'est échappée.
Zahnfee...
Ta fille est aussi têtue que tu ne le fus. Elle est aussi forte aussi. Elle a comme toi et moi le gout de terre brulée en elle. "Détruire le passé pour ne jamais revenir". Elle est comme nous. Elle a brulé ses racines, elle a brulé le cocon que nous lui avions modelé. C'était une prison douillette, je le concède, mais les barreaux étaient solides. Désormais, elle ère de part le monde et les survivants de la Batrakhomuomakhía vont bientôt la reconnaitre. Il finira par la retrouver et lorsque ce sera fait, Rostrhamus achèvera de dévorer ta lignée [...]


*******************************************************

Ils étaient là, patientant dans le grand salon de velours vert et d'or.
Elle les avaient appelé des quatre coin du monde, agitant ses réseaux, envoyant missives et messagers des les lieux les plus mal famés que la terre ait portée. Elle avait fait passer le mot : un gros bonnet était prêt à recruter. Pirates, bandits, chasseurs de prime, il y'avait là toute la lie d'une humanité, celle de l'ombre, celle qu'elle avait pu toucher de son bras long. Il y avait là des femmes et des hommes qui avaient vécus hors des règles et qui n'obéissaient à aucune autre loi que la leur. Elle avait mandé de grands noms mais également laissé la porte ouverte aux plus petits, avides de se forger une réputation.
Son meilleur appât : sa fortune.
Sa plus grande sécurité : le bâtiment isolé en plein ciel et un service d'ordre qui avait pris soin de désarmer -que dis-je de déshabiller intégralement à nu- les invités pour les parer à la "fête".

Elle s'attarda quelque peu dans les hauteurs du grand escalier, observant les visages burinés, chafouins ou patibulaires. Puis elle entreprit de descendre, lentement, laissant sa grâce naturelle emplir la salle et couvrir la musique. Les violons se turent, le petit personnel se figea, forçant les convives à lever les yeux. Elle portait une robe délicieuse d'un bleu profond que rehaussait ça et là perles et sequins. Elle semblait plus jeune que son âge réel, mais sans doute était-ce du au nacre parfait de sa peau d'albâtre.

- Chers amis, merci infiniment d'être venu ce soir.

Elle descendit quelque marches.

- Je sais que certains on fait un long voyage, souvent volontaire, parfois forcé. Et je vous remercie d'avoir répondu présent à mon intrigante invitation. Par quoi voulez-vous commencer : le buffet ou les questions ?

Elle sourit et sa beauté illumina la pièce plus surement que les lustres.



Petites règles du jeu:
 
Zahnfee V. Edelstein
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Yama Albadune
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Yama Albadune
Mer 26 Fév - 0:44
- NE TOUCHEZ PAS A MES CHEVEUX !

Évitant la brosse qu'on avait lancé en direction de sa tête, la jeune servante poussa un cri aiguë. On l'avait prévenue que de rendre présentable des criminels serait tâche ardue, mais elle ne pensait pas à ce point... ramassant la brosse sans plus quitter la pirate des yeux, elle ne put que bafouiller ;

- Mais... si je ne m'occupe pas de vos cheveux, qui -

- Je m'en chargerai moi-même.

Sur ces paroles, la pirate du ciel s'avança et lui reprit brutalement l'accessoire, se rasseyant pour coiffer elle-même ses mèches d'ombres. Restée en retrait, la domestique ne put que l'observer sans plus rien dire, attendant qu'elle finisse pour la conduire à la réception.

Yama Albadune, Capitaine dont la tête avait été mise à prix d'or en Espagne, était réputée pour ses exploits mais également son désir de plus en plus grand d'atteindre les sommets de l'art de la piraterie. Privée de ses armes dès le départ, elle avait ensuite dût suivre une servante qui l'avait aidée à s'apprêter... jusqu'à ce que survienne l'incident de la brosse. S'emparant ensuite des bijoux que l'on avait mis à sa disposition, la criminelle termina de se parer avant de nouer ses cheveux au-dessus de son crâne. Gardant toujours bonne distance, la jeune servant lui dit d'une voix hésitante ;

- Pensez-vous être prête ?

La Capitaine observa un instant son reflet dans le miroir. Un fin sourire polaire vint s'étirer sur ses lèvres.

- Oui.

Elle n'était sans doute pas aussi belle que leur hôtesse, mais elle se savait digne d'intérêt.
---

Elle n'était pas sensée revenir en Espagne. Ni sur sa terre, ni dans ses airs. On l'avait avertie.

Pourtant Yama s'y était rendue. Elle s'y rendait souvent maintenant, ignorant les recommandations et les dernières volontés d'une relation morte-née.

"Ne revenez pas."

Elle revenait, et plus personne n'avait à lui donner d'ordres. Plus jamais.

Ce n'était pas l'appât du gain qui avait attiré la Capitaine Albadune mais plutôt... les informations qu'elle pourrait récolter. Elle avait donc répondu présent à l'invitation de la Comtesse, profitant du supplément de renommée qu'une collaboration de cet ordre lui apporterait et espérant que de frayer ainsi avec la haute-société lui permettrait de mieux atteindre son but.

Elle voulait revoir Felipe de Marisma. A tout prix. Et si cela signifiait s'acoquiner avec n'importe qui, elle le ferait. Elle avait des choses à régler et c'était cette volonté qui la maintenait à flot, lui permettant de survivre parmi cette assemblée de criminels déguisés en bourgeois pour sauver les apparences.

Elle même avait été vêtue d'une robe d'un pourpre sombre dont les manches laissaient deviner ses bras couturés de cicatrices et de plaies. Immobile dans un coin de la salle, elle s'était assise et observait les visages des autres invités présents, savourant malgré elle le faste de la réception. Yama était venue seule, ne pensant rien avoir à craindre des autres criminels, bien que son sabre absent la démangeait comme un membre fantôme. Qu'est-ce qu'une Comtesse pouvait bien avoir à faire avec une assemblée aussi disparate de marginaux ? Plus le temps passait, et plus le Capitaine Albadune sentait sa curiosité grandir.

Puis la musique cessa, l'atmosphère changea. Levant les yeux vers l'escalier, Yama retint son souffle, soudain prise d'un trouble de nature hélas plus si inconnue que ça.

- Chers amis, merci infiniment d'être venu ce soir.

La femme qui s'était exprimée là était magnifique. Incapable de détacher les yeux de sa peau nacrée, Yama se pinça violemment le bras pour parvenir à détourner le regard. Allons bon, voilà que la beauté de leur hôtesse la troublait et qu'elle n'en ressentait nulle jalousie mais plutôt...

Autre chose. Qu'elle refoula aussitôt.

Après tout, la pirate était jeune ; il existait certaines marginalités dans lesquelles elle ne pouvait se perdre encore.

- Je sais que certains on fait un long voyage, souvent volontaire, parfois forcé. Et je vous remercie d'avoir répondu présent à mon intrigante invitation. Par quoi voulez-vous commencer : le buffet ou les questions ?

La pirate mit quelques instants à reprendre ses esprits. Les joues encore légèrement rosies, elle finit par être celle qui prit la parole en premier. Parce qu'il le fallait bien, et qu'elle ne voulait surtout pas se montrer trop impressionnée.

- Une précision...

Elle se leva, consciente que la plupart des regards s'étaient tournés vers elle. Un sourire vint se peindre sur ses lèvres, elle qui ne fixait personne d'autre que la Comtesse. D'un ton assuré, à la limite de l'insolence, elle reprit :

- ... la raison de notre présence ici.
Yama Albadune
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Selim Elardar
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Selim Elardar
Mer 26 Fév - 20:00
Selim Elardar avait été flatté lorsqu'il avait reçu l'invitation. Certes, il aurait préféré être reconnu pour son humour plutôt que pour ses talents d'assassin, mais bon, pour une fois que l'on reconnaissait l'un de ses talents, il n'allait pas chipoter. De plus il avait besoin d'argent. En période de fête, les gens se réconciliaient et les demandes d'assassinats se faisaient plus rare. Eh oui, vous l'avez bien deviné (votre perspicacité me surprendra toujours...), il avait accepté l'invitation. Après tout, ce n'était pas parce qu'on l'avait invité pour sa capacité à tuer qu'il n'aurait pas la possibilité de faire preuve d'humour.

Enfin bref, il avait pris le train pour l'Espagne, puis marché jusqu'au lieu de rendez-vous, et à présent qu'il était arrivé à destination, il avait faim. Il n'avait en effet pas eu le temps de manger ces dernières heures, trop occupé à fuir la police à l'aide de ses dagues et du sable. Sa faim était donc naturelle et le rêve de nourriture logique. Mais non, il fallait d'abord le rendre présentable et lui confisquer ses dagues si précieuses parmi lesquelles trônaient les souvenirs d'une époque disparue, à savoir des dagues sur lesquels étaient inscrite les initiales S.E. Outre l'espoir évident de nourriture, il nourrissait aussi celui d'une récupération rapide de ses dagues. Après tout, il en avait déjà perdu une. Alors qu'il sortait de la cabine il voulut remonter sa capuche, réflexe qu'il avait développé durant ses nombreuses années de fuite, mais ses mains ne rencontrèrent que le vide : l'élégant costume qu'on lui avait attribué n'en avait pas. Alors, c'est à découvert et avec un sentiment d'impuissance presque intolérable qu'il se dirigea vers la salle.

En fait, Selim n'était pas d'excellente humeur. Outre le fait désormais bien connu de sa tristesse, il avait de plus en plus faim et ne se sentait pas en sécurité sans capuche ni armes ni sable. En plus il ne se sentait pas à l'aise quand il y avait trop de gens à proximité, c'était d'ailleurs pour ça qu'il se tenait à l'écart après avoir encore une fois vainement tenté de remonter une capuche imaginaire. Même la musique ne l'aidait pas à se sentir mieux, mais malgré cela, il remarqua quand même son arrêt. Et alors il la vit, celle qui les avait appelé. C'était une femme séduisante, mais son charme n'avait pas atteint l'assassin qui n'avait plus éprouvé de désir depuis bien longtemps. Mais bref, ce n'était pas le moment de parler d'une des périodes les plus sombres de la vie de l'assassin, car à présent, la femme qui accaparait l'attention avait pris la parole :

- Chers amis, merci infiniment d'être venu ce soir.

Le silence planait tandis que la dame descendait les escaliers.

- Je sais que certains on fait un long voyage, souvent volontaire, parfois forcé. Et je vous remercie d'avoir répondu présent à mon intrigante invitation. Par quoi voulez-vous commencer : le buffet ou les questions ?

La réponse à la question était évidente, alors pourquoi la poser ? Entre la soif de savoir et la faim, Selim se laissait plus facilement convaincre par celle qui le faisait souffrir. Il était habitué à la faim mais savoir la nourriture proche l'accentuait. Bref, pendant les quelques instants durant lesquels le balafré hésitait à déclarer son opinion, il y eut un silence propice aux blagues. Mais ce n'était pas le moment. Puis une voix que Selim avait l'impression de connaître s'éleva, repoussant par la même occasion l'heure du repas tant attendu :

- Une précision...

Oui... l'Ankou en était persuadé à présent : il connaissait cette voix. Mais à qui pouvait-elle appartenir ? Alors qu'il tournait sa tête vers la locutrice, celle-ci poursuivit sa requête.

- ... la raison de notre présence ici.

Puis alors il vit une capitaine qui ne lui était pas inconnue. Non, pas une capitaine, La Cap'taine. Alors discrètement il s'approcha, oubliant presque sa mauvaise humeur. Puis une fois arrivé à côté de celle dont il avait reconnu la voix, il chuchota de manière à ce qu'elle seule puisse l'entendre :

- Yama ?
Selim Elardar
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Mistral Despair
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Mistral Despair
Mer 26 Fév - 22:13
<< Monsieur le Marquis ? >> La porte s'entrouvrit et une charmant tête brune d'une vingtaine d'années apparue dans l'encadrement << Monsieur...les invités ont tous rendez-vous dans vingt minutes. Il faut vraiment vous habiller maintenant. >>

Mistral expira un léger soupir avec élégance puis plongea la tête dans l'eau chaude et parfumée de la baignoire en cuivre d'anciens temps une dernière fois avant d'en émerger totalement, s'aidant de chacune de ses mains. Les cheveux -si bouclés que même trempés ils le demeuraient- et le corps dégoulinant de rigoles d'eau il tendit une main à l'aveugle attendant qu'on lui tende une moelleuse serviette de coton. Et tout en se tamponnant la peau lorsqu'il la reçue, il tourna ses yeux bleu nuit aux longs cils noirs vers la demoiselle servante visiblement surprise au rose de ses pommettes qu'un homme de son âge -allons il n'avait même pas encore la quarantaine- puisse se trouver être en si bonne forme physique. << Vous vous bilez bien trop ma petite. Il faut prendre le temps d'apprécier les choses qui en valent la peine. >> Comme à l'instant quand il avait profité -pas assez néanmoins à son goût- de ce délicieux bain ; le français était le genre d'homme à souvent suivre ses propres conseils lorsqu'ils étaient autant parole de raison.

La jeune femme à ses côtés tressautait presque d'impatience, ses yeux café emplis d'une solide nervosité et l'Espagne dans son accent ressortant avec encore plus de présence que tout à l'heure. Elle lui aurait fait presque penser à sa défunte Esther qui avait eu l'accent tout aussi exotique et la colère facile. Bien sûr Esther avait été bien plus jeune en son temps. << Madre de dios. Vassilissa Bella ne va vraiment pas être contente. Vraiment pas. Contentez-vous d'enfiler vos vêtements et vous arriverez à l'heure. >>

Les sourcils du Marquis s'élevèrent plus haut de coutume devant cette ridicule affirmation. Il avait beau être ici pour sa notoriété de dealer et sa précédente carrière de flibustier plutôt qu'en noble héritier et homme politique cela ne signifiait pas pour autant qu'il accepterait de se montrer sous un aspect négligé aux yeux des autres convives. Il avait d'importantes valeurs personnelles à respecter à chaque moment << Vous donnez beaucoup d'ordre pour une servante. Allez plutôt chercher la brosse et l'huile d'amande douce qui se trouve dans mon bagage. >>

<< Lequel ? >>

<< Le rouge. >> La jeune femme se dirigea vers la gauche de la petite cabine et Mistral pointa son doigt à l'opposé << L'autre rouge. Le petit là, sur la valise vert sapin. Voilà celui-ci. >> Et pendant qu'elle fouillait à l'intérieur afin de lui ramener son exigence il commença à se vêtir. Un pantalon de cuir noir laqué, des bottes hautes aux boucles dorées et une chemise à jabot d'un rouge carmin. Aussi il ajouta un serre-taille pour homme noir avec des rivets d'or qui se contentait davantage de rendre la silhouette encore plus élégante que de réellement affiner la taille. << Petite. Venez donc attacher ces lacets pour moi. >>

Elle déposa le flocon d'huile et la brosse en poil de sanglier sur la minuscule coiffeuse. << Je m'appelle Catherina. >>

Le français eut un petit mouvement d'insignifiance de la main << Oui, oui, peu importe. Attachez cette chose. >>

<< ¡Cristo ! Vous êtes encore plus long à apprêter qu'une Dame. >> Saisissant les deux embouts du lacet, elle tira assez fort pour lui faire faire un demi pas en arrière sous l'impulsion.

Il se moqua. << Catherina ! Quelle poigne vous avez ! >> Puis saisit la brosse et entreprit de démêler ses longues boucles encore humides. Il allait sans doute devoir songer d'ici peu à les raccourcir d'un centimètre ou deux. Elles lui arrivaient à présent jusqu'au centre du dos, à la taille et c'était tout de même une longueur bien certaine. Ce fut ensuite au tour de l'huile qui vint parfumer et sublimer sa chevelure. Une paire de gants de soie noire au bout de ses longs doigts et il était prêt. Le Marquis s'observa une dernière fois dans la glace et fut satisfait de son paraître. << Me conseilleriez-vous de prendre une canne ou cela ferait-il extravagant ?

<< Vous vous souciez réellement de votre extravagance... ? >>

<< Vous avez raison, belle enfant. Donnez-moi la canne dorée, celle avec les rubis sur le pommeau. >> Une seconde et un ange passèrent << L'étui noir Catherina. >>

Il serait en retard.
Mistral Despair
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Jeu 27 Fév - 0:04
Comment cette invitation avait-elle bien pu parvenir jusqu'au Capitaine Trappen alors que celui-ci se trouvait à l'autre bout du globe ?
Solal se posait encore la question, alors qu'il franchissait le pont aux côtés de son supérieur...Il était surement une des rares personnes à en savoir le plus sur Kris Trappen, ou du moins plus que la plupart des gens, mais ce dernier s'entourait de mystères avec délectation, et son second n'avait pas fini d'avoir des surprises à son sujet... Le Capitaine du navire volant avait de nombreux contacts, alors pourquoi pas une comtesse ?

Ils en avaient vaguement parlé avant de venir, le persan lui demandant simplement si le Souffle Gris s'y rendrait. Simple et direct, tout comme l'avait été la réponse du sombre dirigeant du bateau. Curieux, mais prudent, le pirate n'avait aucune envie de finir dans un traquenard espagnol... et l'idée d'entrer dans cette demeure complètement désarmé ne lui plaisait pas du tout.
Bien sur, son propre corps pouvait en être une, mais...

Solal avait d'ailleurs rechigné à laisser la longue lame qui l'accompagnait souvent, fixant l'employé, comme si celui-ci allait risquer de la briser, ou de laisser sa sale odeur de cul pincé sur le fourreau.
Néanmoins, il s'était laissé faire, suivant la sombre silhouette de son Capitaine, ses yeux d'eau scrutant la bâtisse pour en repérer toutes les sorties possibles.
On leur avait déjà posé des problèmes (où Solal avait bien failli repeindre le crépis avec la tête de l'empaffé à l'entrée) dû au fait qu'ils étaient deux pour une seule invitation, alors qui sait ce qui pouvait bien ressortir de cette soirée ? Il n'était pourtant pas là pour assurer la sécurité de son Capitaine, mais plutôt pour offrir une autre vision des choses et le Souffle gris fonctionnait ainsi ; une Comtesse, toute noble soit-elle n'allait pas changer ce fait.
Mais il fallait dire que ladite femme avait de sacrés atouts dans sa poche.

Le cliquetis sinistre des pas de Trappen et ceux plus léger de son second retentirent dans la pièce quelques minutes après que Vassilissa Lagouchka ait fait son entrée. Quelques têtes se retournèrent, entre grimaces, hochements de tête discrets et indifférence totale mais bien vite, l'attention revint sur la belle maitresse de maison.

Sa silhouette captivait les sens et l'esprit... c'en était étrange, presque dérangeant sans pour autant être désagréable, bien entendu. Les prunelles du forban avaient glissé le long des formes appréciables de cette femme . Elle savait parfaitement en jouer et ça le fit sourire.
Mais plutôt de focaliser son attention sur leur hôtesse contrairement à son Capitaine qui la fixait et semblait afficher un rictus moqueur, Solal préféra observer le reste de l'assemblée.
Il lui semblait reconnaître quelques mines, pas toutes amicales d'ailleurs. Bah... ce ne serait marrant si ça n'était las le cas.
Le persan en profita d'ailleurs pour piquer une coupe de champagne à un de ses voisins avec un grand sourire, le mettant au défi d'interrompre la tirade de la Comtesse par une esclandre, et l'avala cul sec en gardant le silence.

Il n'avait pas entendu la question, mais la devinait aisément. Quelqu'un était décidément bien impatient, même s'il ne pouvait qu'être d'accord sur l'intention.
Pas qu'ils ne se plaisent pas à faire la fête joyeusement dans une pièce remplis de rivaux, inconnus tous plus obscurs les uns que les autres, mais beaucoup ici n'étaient pas venus pour les beaux yeux de Vassilissa.

Ses mots et ses intérêts leur importaient plus.
Solal Yarhi
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Vance C. Smith
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Vance C. Smith
Jeu 27 Fév - 18:58


Vassilissa
Libre.


~

Quelques jours encore nous étions en train de flâner dans les rues londoniennes à la recherche du passage de Cyrus. Qu'avons-nous trouvé de plus que quelques marques laissés au couteau et quelques anciennes victimes qui ne sauraient nous reconnaître ? Rien de bien intéressant pour la légende qu'il se croyait être. Puis nous l'avons rencontré lui, un ancien camarade d'infortune, que l'on aurait pu dire ami si l'on oubliait toutes les fois où Cyrus a protégé sa vie de ses lames. Tu lui as parlé comme à un autre, intéressée par son parcours que nous connaissons, laissant échapper le nom du maître-voleur par inadvertance – soit-disant. Et alors l'incroyable s'est produit sous tes yeux amusés. Il a parlé de nous, de celui que nous étions avant, en bien d'abord puis il a pesté contre notre départ. Tout ça pour quoi ? Pour une invitation des plus inattendues. Les plus grands criminels regroupés en un même lieu, autour d'une même personne. Par nostalgie, il avait pensé à Cyrus, à la puissance du jeune voleur. Il s'était dit que cet événement referait sortir de l'ombre son ami et son arrogance, sans se douter que tu avais été lui. Il n'a pas su te contredire quand tu as déclaré connaître l'homme en question, et t'a alors donné l'invitation.

Te voici alors dans une chambre, entièrement nue devant une servante aux yeux écarquillés. Tu m'as laissé entrer sur le navire volant, tu m'as laissé quitter ma dague et enlever mes vêtements. Tu as laissé la servante sortir de la pièce à la recherche d'un costume pour l'homme que je suis. Et la voilà de retour, devant une femme aux courbes gracieuses et au visage magnifique malgré le sourire malicieux sur tes lèvres.

« Veuillez me pardonner, je reviens avec une robe !
- Non, mon enfant, ceci sera parfait. »
Ta voix résonne de malice et glisse sournoisement dans ses oreilles, comme tes doigts sur sa joue et ta main dans son dos. Tu aimes à voir la peau rougir sous ton regard inquisiteur et ton sourire empoisonné. Tu lâches finalement la pauvre jeune fille de quelques années notre cadette pour commencer à t'habiller. Tu rejettes tout ce qui n'est pas pantalon et chemise, ne désirant pour rien au monde t'encombrer d'autres couches insignifiantes tels que veston et gilet. Ainsi donc tu finis par ouvrir les boutons du haut de la chemise pour libérer ta poitrine sous le regard choqué de la servante, et remontes les manches jusqu'à tes coudes. Tu ne comprends pas ce qu'il y a de choquant alors que les robes offrent aux femmes des décolletés plus extravagant que celui-ci. Mais le problème est justement là, tu ne portes pas de robe, Chandra, mais les habits d'un homme. « Fais silence, Vance. » Prenant place devant le miroir, tu inspectes rapidement ton visage et refuses quelconque maquillage. La servante, qui n'a plus pipé mot depuis tout à l'heure, et ce malgré ton retard certain, se laisse prendre la brosse des mains par ton toucher délicat qui la fait sursauter. Tu ne saurais plus tourmenter cette pauvre fille qui a encore tout à apprendre sur la vie. Ainsi tes doigts enroulent rapidement un ruban autour de tes cheveux pour une haute queue de cheval qui ne sait relever que de quelques centimètres la longueur de ta chevelure châtain. Habillée en homme, certainement pas coiffée comme une dame, te voilà prête à t'intéresser à celui ou celle qui réclame la présence du défunt Cyrus.

Tu atteins une des nombreuses portes avec un peu d'avance sur le timing que tu t'étais donnée, aussi prends-tu soin de te retourner pour embêter quelque peu la servante à tes côtés. Ta grande taille ne rendant la jeune fille que plus petite et plus gênée, tu te penches en avant pour ébouriffer ses cheveux et déposer un léger baiser sur son front. Ton idiotie ne connaît de limite que ton ennui, qui semble incapable de reprendre le pas sur l'amusement qui t'habite.
L'hôte avait parlé, donnant le choix entre le buffet et les questions. Entendant qu'une femme posait malheureusement une interrogation à la grande dame du bal, tu pousses fortement les portes fermées devant toi en prononçant deux petits mots, attirant l'attention sur ta misérable personne. La servante, choquée et gênée, s'excuse du dérangement en refermant derrière ton passage. Ta voix glisse sournoisement dans la salle, se frayant un passage jusqu'à chaque oreille capable de t'entendre et t'écouter. A chaque fête son casse-pied, idiot, trouble-fête, etc. Et puisque personne ne semble vouloir se lancer, tu tiendras ce rôle jusqu'à ce qu'on crie au scandale.

« Le buffet ! »
Spoiler:
 

Vance C. Smith
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Ven 28 Fév - 1:11
-Il n’en est pas question.
-Teague, ne fait pas ta chochote, monte sur ce putain de zeppelin.
-Va te faire foutre, Simon. Je n’irais pas dans ce piège évident.
-Quel putain de piège ?
-Invitation, parvenue par un type suspect ? Forteresse volante ? Une entrée, une sortie ?
-Alors pourquoi on a fait tout ce chemin ?
-Pourquoi pas ? C’est toi qui a insisté pour qu’on…
-C’est vraiment inutile de discuter avec toi.
-Bon alors, vous avancez, devant ? On est là pour assister à cette putain de fête, nous !

Cela faisait facilement dix minutes que Teague et Simon étaient restés bloqués devant l’entrée de cette forteresse volante. Ils appelaient ça un zeppelin, mais ils n’étaient même pas sûr que c’en soit vraiment un. Ils venaient de Paris, où un homme pour le moins étrange leur avait donné ce qui ressemblait à une invitation. North ne voulait pas y aller, étant prêt à partir pour la Roumanie. Seulement voilà, Frost insista longuement et… Dieu sait que cet homme est convainquant. Mais une fois arrivés ici, Teague refusait de monter. Dieu sait que cet homme est exaspérant. Un couple de bandits les pressait, voulant apparemment rentrer au plus vite. Teague les regarda rapidement. Ces-deux là ne feraient pas long feu sur un champ de bataille. North s’approcha du plus grand.

-Tu veux passer ?
-Ouais.
-Mais passe donc.

L’homme fit deux pas, puis Teague lui donna un coup violent dans l’entrejambe, le mettant à terre. North se pencha.

-Deux petites merdes comme vous… C’est vraiment dommage, tu viens de perdre ta descendance.

Il infligea à l’autre un coup puissant dans le visage.

-Et toi tes dents.
-Teague.
-Quoi ?
-Tu es toujours obligé de…

Simon fut coupé dans son élan. Un bateau flottait un peu plus loin.

-Ces deux gars me provoquent, je suis sensé faire quoi ?
-Teague ! Regarde !

North se retourna et vit le Souffle Gris. Trappen était là, Solal devait l’être aussi.

-Les sales petits…

North pénétra dans le bâtiment flottant.


A l’entrée, deux hommes les arrêtèrent.


-Messieurs. Veuillez décliner votre identité.
-Captain FuckOff.

Il tenta de passer, mais les deux hommes l’en empêchèrent.

-Monsieur, cette attitude ne sera pas tolérée ici.

Frost prit l’initiative de calmer la situation.

-North. Captain Teague North. C’est son nom. Je suis Simon Frost.

Il leur tendit l’invitation, que les homes analysèrent rapidement.

-Bien, très bien… Bon. Messieurs, vos armes, je vous prie.

Teague le repoussa.

-Fuck off mate.

Frost donna ses poches de couteau de lancer.

-Teague…
-Fuck you Simon.

Teague poussa violement l’un des deux hommes avant de s’avancer rapidement vers la grande porte.

-Monsieur, s’il-vous-plait !
-Teague !

Ce dernier ouvrit violement la porte. Il y avait une foule de personnes, semblant venir des quatre coins du monde. North essaya de trouver Solal ou Trappen des yeux parmi les invités, sans succès. Les deux hommes, accompagnés de Simon, étaient derrière lui. L’un d’eux posa la main sur son épaule.

-Monsieur, si vous ne nous donnez pas vos armes, nous allons être contraints d’utiliser la force !

Teague détourna la tête vers lui.

-Essaye et tu finis la tête sur le sol.
-Vous n'oseriez pas...

Teague attrapa l'épaule de l'homme et le fixa droitement dans les yeux.

-Try me.
Teague « Sharpeye » North
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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Ven 28 Fév - 9:32
Vassilissa se tourna lentement vers la seule voix qui avait osé briser le silence. Elle descendit trois degrés, avec une démarche étudiée, sa main gantée effleurant négligemment la rambarde. Elle finit pas stopper net, la tête tournée vers son interlocutrice, le menton reposant presque sur son épaule. Son déhanché parfait venait de faire monter la température de la salle de quelques degrés.
Elle ne s'était aucunement départie de son sourire.

- Oooh! Que cette soirée me comble de ravissement : n'êtes vous pas la grande Yama Albadune ? La pirate préférée de notre bon roi d'Espagne ?

Le sourire de la Comtesse s'accentua d'avantage.

- "Droit au but".... Votre réputation vous précède, il faut dire qu'on m'a fait un tel portrait de vous...


Vassilissa s'autorisa un petit gloussement incroyablement juvénile tout en achevant de descendre l'escalier. Elle fut bientôt à hauteur de la jeune pirate dont elle prit la main, la forçant à se rapprocher si ce n’est à se lever. Le plus naturellement du monde, elle fit bras-dessus, bras-dessous avec la criminelle puis lui tapota les doigts. Elle glissa une œillade appuyée vers le grand échalas à peau sombre qui semblait être une accointance de la jeune Albadune.

- Il faudra que vous me racontiez tout cela en détail, ma chérie ! Mais pour l'heure il me semble que les estomacs de mes convives crient famine.


En effet, une hurluberlue attifée comme un homme venait de faire son entrée en hurlant "Buffet!". Étrangement disciplinée -ou prudemment sur le qui-vive- les invités avaient pourtant attendu l'assentiment de leur hôtesse pour faire un sort à la nourriture. Ce qu'elle ne tarda pas à donner :

- Festoyez, mes très chers amis, lorsque vous serez repus et guillerets je vous exposerais les circonstances particulières de ce "bal".


La musique reprit sa valse avec entrain.
La Comtesse ne s'étaient pas moquée de ses invités. Il y'avait là à disposition un grand nombre de mets raffinés et de vins délicats que servait, avec un professionnalisme à l’épreuve de toute anxiété, plusieurs employés de maison à la mise impeccable.

Alors que l'ambiance semblait quelque peu se détendre et qu'un cercle s'était formé autours de la Contesse de Valeroso, les grandes portes s'ouvrirent à la volée. L'homme qui venait de s'autoriser cette fantaisie fut aussitôt violemment plaqué au sol.
Le capitaine North avait pour habitude de sous-estimer n'importe quel troufion en uniforme. Bien mal lui en prit. Ce service d'ordre là ne plaisantait pas. Martiaux et rigoureux, il avait à faire là à une troupe de soldats entrainés à mater de plus coriaces que sa carne. On le délesta de ses armes, non sans quelques coups bien placés dans les côtes, et on effectua une fouille intégrale de sa personne en public. Ce qui déclencha l'hilarité générale.
Son compagnon, bien que les mains libres, se trouvait sous bonne escorte et semblait aussi dépité que lasse de la situation.

Vassilissa -tout en trainant sa nouvelle dame de compagnie- vint les accueillir.

- Messire Frost, quel plaisir de vous voir parmi nous, fit-elle en ignorantdélibérément son capitaine. J'ai bien cru que vous alliez refuser mon invitation. J'en aurais été fort marie....

Elle battit des cils outrageusement tout en tendant sa main gantée pour un baise-main obligatoire.
Zahnfee V. Edelstein
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Shin
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Shin
Ven 28 Fév - 10:56
Shin plongea son regard émeraude sur celui de la jeune servante, un sourire charmeur aux lèvres.

Ecoutez très chère, je sais que vous ne faites qu’obéir mais je refuse de m’habiller en votre présence.

La jeune servante semblait déstabilisée par le regard du Voleur, elle avait pourtant été prévenue, certains de ses criminels étaient des experts en manipulation, qu’ils pouvaient faire faire n’importe quoi à n’importe qui. Elle bafouilla :

-Mais. Monsieur, on m’a demandé de vous aider à vous préparer, Madame désire voir tous ses invités habillés et…

Shin lui coupa la parole en lui posant un doigt sur la bouche. Il approcha son visage du sien, assez près pour sentir la chaleur qu'elle dégageait, et plongea ses yeux dans les siens, profitant du trouble dans lequel était plongé la servante, il lui pris les habits des mains.

Je sais que vous voulez bien faire. Mais ne vous inquiétez pas, je m’occupe de me préparer et ensuite je vous ouvre ? Ainsi vous jugerez vous-même de ma tenue, Qu’en dites-vous ?

Shin l’accompagna vers la porte et la referma derrière elle, poussant un long soupir, il enleva ses vêtements et laissa sa queue à l’air libre pendant qu’il examinait la tenue qu’il allait porter. Un pantalon noir d’une qualité étonnamment bonne qu’il enfila simplement, il était parfaitement à sa taille, bien qu’un peu moulant à son goût. Sa queue coincée au niveau de la ceinture était condamnée à rester immobile et à souffrir en silence. Il enfila la chemise noire donc les manches étaient désagréablement trop grandes. Après avoir mis le gilet rouge qui venait avec la tenue, il remonta ses manches au niveau du coude et fit un pli pour les empêcher de tomber.

Réajustant sa cravate il ouvrit la porte à la servante qui attendait gênée à l’entrée.

Eh bien me voilà, ma chère. Qu’en pensez-vous ?

Celle-ci, surprise par la soudaine apparition du Voleur réussit à marmonner quelques mots en détournant les yeux.

- Je….Vous devriez baisser vos manches monsieur.

L’Acrobate rigola en passant une main sur la joue de la jeune femme.

Ne vous inquiétez pas, j’ai mon propre style. Et si vous m’ameniez à la salle de réception ? Il ne faudrait pas faire attendre votre maîtresse.

--

Shin ouvrit la porte menant à la salle où se trouvait la réunion, après avoir salué la servante comme il se devait. Celle-ci avait disparu aussitôt, le visage écarlate dans une salle réservée au personnel. L’Acrobate leva les yeux explorant la salle du regard. Celle-ci était immense comparé aux salles qu’il avait l’habitude de fréquenter, et bien plus prestigieuse.

Le Voleur était ici sous les ordres de Lucas. Pendant que celui-ci était accompagné de Samaël, Shin devait récolter des informations sur les Criminels et Bandits présent, et si possible, en faire des Alliés potentiels… Il n’était pas question que cette réception ne serve qu’à l’hôte, il fallait aussi qu’ils en tirent quelque chose d’intéressant. Après tout ce n’était pas tous les jours qu’il était entouré des plus connus des hors-la-loi. L’Acrobate soupira d’impatience et se souffla à lui-même :

Tant d’âmes à observer…Et si peu de temps.

Il s’adossa à un mur, observant la foule à la recherche de visages familiers, quand la musique s’interrompit soudainement, tous les regards se tournèrent alors vers les escaliers d’où descendait l’hôte de la soirée. Une magnifique femme à la peau albâtre, un véritable piège à hommes, elle portait une robe bleue rehaussée de perles qui donnait un ensemble ondulant et profond qui rappelait l’océan…Shin ferma les yeux, saleté d’étendue marine, pourquoi fallait-il qu’il se repense à elle. Il avait voulu l’oublier, sans succès jusqu’à présent…Le poignard était toujours figé dans son cœur, coincé dans la chair froide qui lui avait provoqué maintes nuits blanches. Peut-être devrait-il la retrouver. La voix de Vassillissa le sorti de ses pensées :

- Chers amis, merci infiniment d'être venu ce soir.

- Je sais que certains on fait un long voyage, souvent volontaire, parfois forcé. Et je vous remercie d'avoir répondu présent à mon intrigante invitation. Par quoi voulez-vous commencer : le buffet ou les questions ?

Shin n’avait pas envie d’être celui qui allait briser le silence, s’il voulait espionner les conversations, il se devait d’être silencieux. Mais heureusement une voix féminine se fît entendre, celle de Yama Albadune, une pirate dont la réputation tant sulfureuse que dangereuse la précédait. La raison de notre présence…Une question franche mais pertinente. Qui restera malheureusement sans réponse pour le moment…

Festoyez, mes très chers amis, lorsque vous serez repus et guillerets je vous exposerais les circonstances particulières de ce "bal".

L’acrobate soupira lentement, il avait devoir attendre pour connaître la raison de leurs présence ici. Mais point positif, il allait pouvoir commencer sa récolte d’informations… Il se redressa et s’avança vers une table, subtilisant au passage un verre de champagne à un serveur. Par où pouvait-il commencer ? Il fouillait la salle du regard quand une voix familière cria famine. Shin se figea :

Oh non…

Il connaissait que trop bien cette voix, il avait quand même failli tomber sous son charme, et se laisser à ses pulsions ce jour-là. Chandra était là, s’elle le voyait, elle allait le tourmenter un long moment...Un bruit se fit entendre, un des invité venait de se faire plaquer par des valets, ce qui tira lui un sourire. Décidément cette réception promettait d’être mouvementée. De plus Lucas devrait être là d'une minute à l'autre, son don pourrait créer quelques situations profitables pour eux...
Shin
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Nikolas Klaus Jensen
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Nikolas Klaus Jensen
Ven 28 Fév - 12:45
*Ah, cette chère Yama...*

Nikolas se glissa dans l'ombre, derrière un homme beaucoup trop grand qui s'amusait à piétiner les orteils d'un autre très mal rasé et s'évertua à répandre son aura en direction des éventuels fauteurs de trouble. Grâce à l'enchantement qu'il avait opéré sur le ruban qui lui nouait les cheveux en courte queue de cheval remontée, personne ne faisait attention à ses déambulations erratiques. Un sort bien pratique, malgré le nombre de contraintes imposées au dessus de la normale. Il l'améliorerait. Un jour. Pour le moment, il avait une mission. L'espace d'un instant, il se demanda pourquoi il s'était laissé embarquer dans cette histoire.

~~~~~~~~~~~~

Il était encore en Allemagne, à tenter de reprendre le contrôle de sa magie quand il avait été contacté. Il était assis en tailleur dans le froid quand une toute petite grenouille d'un vert d'émeraude avait jailli de la neige pour atterrir sur son genou. Surpris mais pas effrayé, il avait délicatement pris l'animal dans ses mains et lui avait demandé ce qu'il pouvait faire pour rendre service. Voici ce que la grenouille avait répondu :
"Nikolas Klaus Jensen, incapable notoire et honte pour toute ton espèce, salut ! J'espère que tu t'es bien doré la pilule pendant tes voyages, que tu t'es bien changé les idées. Parce que je te rappelle que tu me dois encore quelques années de ta vie et j'ai bien l'intention de m'en servir."


Kochtcheï... Nikolas avait frissonné en reconnaissant les tonalités de la voix du vieillard. Avant même que tous ses souvenirs aient eu le temps de s'organiser, la grenouille avait repris.
"Tu vas te rendre en Espagne et te mettre au service de ma petite Vassilissa. Tu seras entièrement à sa disposition pour la durée qui lui conviendra. Et tu garderas un œil sur elle afin que rien de grave ne lui arrive. Et tu excelleras."


La grenouille s'était ensuite dématérialisée, devenant un boule de lumière violette qui était venue se loger dans le corps de Nikolas. Il n'avait pas eu besoin d'en entendre plus pour savoir ce qui lui arriverait s'il ne se montrait pas à la hauteur. Kochtcheï savait se montrer extrêmement convaincant et le dernier Jensen n'était pas assez fou pour le provoquer une fois de plus. Il savait pertinemment que le jour arriverait où il devrait de nouveau faire face à ses dettes.

Il avait donc quitté l'Allemagne et ses compagnons d'infortune pour se diriger lentement mais sûrement vers l'Espagne, par tous les moyens, la présence de son vieux maître pressant sa poitrine et glaçant son cœur à chaque seconde.
~~~~~~~~~~~~~~~~

Yama avait été rejointe par un homme sombre, menaçant et drôle à voir en même temps. Nikolas irait lui dire bonjour plus tard. Il enfila ses lunettes et scruta la foule. Plusieurs criminels n'étaient pas ce qu'ils semblaient être. La femme en tenue d'homme, par exemple, semblait avoir son âme scindée. Un jeune homme au manches remontées cachait une queue de singe et semblait en tirer grande peine. Peut être aurait-il droit à un pantalon sur mesure, s'il était sage... Le pirate bruyant avait été maîtrisé et ridiculisé devant tous, ce qui n'était pas pour le goût du dernier Jensen. Il avait beau être dégoûté par tous ces adultes égoïstes et dangereux, il n'était pas à l'aise avec l'idée de nuire à quelqu'un.

Traversant la foule avec légèreté tel un ange gardien invisible, il apaisa un brigand qui tremblait de manière inquiétante et enleva un couteau trop pointu des mains d'un autre, sans faire de bruit, et sans que qui que ce soit ne remarque quoi que ce soit. Il vérifia l'état de ses enchantements de protection magique et de communication à distance. Tout était parfait. Pourtant, il ne pouvait s'enlever de l'esprit cette idée saugrenue selon laquelle, tôt ou tard, quelque chose allait tourner à la catastrophe.

Il arriva aux côtés de Vassilissa et prit une posture nonchalante.
"J'espère que tu sais ce que tu fais, Vass'. Parce que je n'aimerais pas devoir recourir à des mesures extrêmes. J'ai déjà étendu mon aura à l'ensemble de la salle de bal -et c'est très fatigant, merci de t'inquiéter- mais ils sont encore trop nombreux à me glisser entre les doigts. Tu aimerais que je cible quelqu'un en particulier ?"


Il porta machinalement la main à son ruban, vérifiant que son enchantement était encore en place. Il aurait détesté qu'on le remarque ici. Heureusement qu'il avait d'autres atouts dans ses manches...
Nikolas Klaus Jensen
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Yama Albadune
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Yama Albadune
Ven 28 Fév - 15:08
- Yama ?

"... Selim ?"

Elle connaissait cette voix. Se retournant, elle avisa Selim, méconnaissable dans une tenue de gala. Elle voulut lui parler mais la voix de Vassilissa accapara à nouveau toute son attention, lui faisant tourner la tête vers elle.

- Oooh! Que cette soirée me comble de ravissement : n'êtes vous pas la grande Yama Albadune ? La pirate préférée de notre bon roi d'Espagne ?

La Capitaine ne broncha pas à la mention de Felipe, même si un élan de douleur transperça sa poitrine. Elle avait rempli ses poches de médicaments contre ce genre de trouble mais là n'était pas l'instant de les utiliser. Sans se départir de son sourire bravache, elle répliqua :

- Oui, c'est bien moi.

La préférée du roi, hein ? Vu le prix qu'il offrait contre sa tête, ce n'était pas étonnant. Elle était néanmoins curieuse d'en savoir plus.

- "Droit au but".... Votre réputation vous précède, il faut dire qu'on m'a fait un tel portrait de vous...

Yama haussa un sourcil. Elle avait décidément fort hâte d'en savoir plus. Se mordant les lèvres dans un geste plus inconscient qu'autre chose, elle vit la Comtesse glousser avant de descendre, fondant droit sur elle tel un splendide oiseau de proie...

"Hein ?"

Lui prenant la main, Vassilissa avait ensuite coincé son coude et le sien, augmentant la surface de peau qu'elle mettait en contact avec la sienne. Elle était proche, si proche que Yama pouvait sentir son parfum. Prise d'une soudaine bouffée de chaleur, la pirate resta interdite, absolument perturbée par cette nouvelle proximité. Elle jeta un regard de détresse à Selim qui ne sembla pas comprendre son subtil appel à l'aide. Ah c'était clair, les hommes l'enviaient, elle que la Comtesse avait prise en affection. Espérant de tout cœur que ses joues ne trahiraient pas son trouble, Yama déglutit.

Allons bon, depuis quand une femme lui faisait cet effet-là ? Elle devait sans doute l'avoir ensorcelée. Oui parfaitement, ça devait être ça. Après tout Yama Albadune ne couchait qu'avec des hommes...

Enfin, il y avait bien eu une exception...

Le cri d'une femme la tira de sa désagréable remise en question. Réagissant à sa récrimination, leur hôtesse déclara :

- Il faudra que vous me racontiez tout cela en détail, ma chérie ! Mais pour l'heure il me semble que les estomacs de mes convives crient famine.

Sur ce, elle déclara le buffet ouvert (ce qui sembla plaire énormément à Selim). Toujours à son bras, Yama se rendit compte qu'elle n'avait toujours pas eu de réponse à sa question. Tant pis, elle le saurait en temps et en heure. La musique reprit, la salle s'anima. Combien de personnes connaissait-elle ici ? Un certain nombre...

En parlant de connaissance, elle se tourna vers Selim.

- Ravie de te revoir, Elardar. Tu as fait bon voyage depuis la France ?

Elle lui fit un petit sourire avant de s'adresser à la Comtesse ;

- Je serai enchantée de vous raconter quelques histoires, Dame Vassilissa... et curieuse d'en savoir plus sur ma réputation dans les hautes-sphères, je dois l'admettre.

Elle parlait bien, comme une Dame Du Monde. En fait, en ignorant l'enchantement que la tentatrice semblait avoir jeté sur elle, la Capitaine s'amusait plutôt. Participer à ce genre d'événements pour elle était en temps normal impossible, elle en appréciait donc chaque instant.

Puis il y eut une série d'événements qui rappelèrent à tous de quoi était constituée l'assemblée... et le service d'ordre. Haussant un sourcil, Yama manqua de recracher l'alcool qu'elle avait en bouche (du vin. Ew.) en reconnaissant le nouvel arrivant. Poussant un soupir qui s'apparentait à celui d'une mère regardant son fils se faire gronder, elle attendit que la Comtesse ne la traîne jusqu'à eux pour faire les gros yeux à Teague.

- Messire Frost, quel plaisir de vous voir parmi nous. J'ai bien cru que vous alliez refuser mon invitation. J'en aurais été fort marie....

Si la Comtesse ignora le Capitaine, Yama n'en fit pas autant. Adressant un regard las au pirate, elle lui parla d'un ton froid mais où perça une pointe de complicité. Après tout, elle avait déjà sauvé Teague une fois et les amis de ses amis étaient ses amis.

Généralement.

- North. Pourquoi faut-il qu'à chaque fois que je te voie tu sois en situation critique ?

C'était comique mais elle ne rit pas. Le pauvre avait eu son comptant de moqueries.

Ce fut peu après qu'un homme qui semblait avoir servi de figurant tout ce temps dans l'assemblée s'approcha d'elles, s'adressant doucement à Vassilissa. Yama le scruta, incrédule. Nikolas Klaus Jensen. Encore une connaissance.

Bon sang, elle ne se savait pas si populaire. Elle qui était venue dans le but de se faire discrète, c'était raté. Il ne manquait plus que l'apparition d'un vieux fantôme pour que le tableau soit complet.
@Niko:
 
Yama Albadune
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Samaël Izyn
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Samaël Izyn
Ven 28 Fév - 16:31





Ils avaient passé l’entrée sans trop de problèmes, mais en retard, à cause d’un homme qui avait jugé bon de taper une petite crise d’angoisse couplée de paranoïa, avant de filer quelques droites et de tabasser ceux qui se plaignaient. Bien. Au moins, ils étaient sûrs qu’ils étaient au bon endroit. Tous les criminels n’avaient pas les mêmes arts de vivre en société.
Et au vu du gaillard qui était entré plus ou moins de force, certains ne vivaient même, pas du tout en société.

L’incident fit sourire Samaël, et il avait montré son invitation en dissimulant cette fois ci une grimace. C’était son nom et son prénom qui s’étaient retrouvés sur ce fichu carton orangé et jaune. Non seulement il se demandait comment la dénommée Vassilissa connaissait sa vraie identité, mais il se demandait aussi comment cela se faisait-il que la lettre soit arrivée jusqu’à lui. Enfin …

Ils pénétrèrent dans un grand hall des plus élégants puis furent arrêtés par des gardes qui les délestèrent de toutes armes, ce qui ne fit qu’assombrir encore un peu l’humeur du jeune anglais, bien qu’il se plia aux règles de bonne grâce.
Oh, et ce « ils » c’était lui et son cavalier. Ce cher Lucas qui avait débarqué à nouveau dans sa vie, après avoir tapé une monumentale crise de jalousie en le trouvant au lit avec un délicieux blond. Tout à fait normal n’est ce pas ? Il aurait bien du se douter que malgré les multiples rejets des plus clairs de la part du beau lord, il aurait du faire abstinence dans le possible cas hypothétique où celui ci aurait décidé de revenir !

La colère lui fit raidir le dos, langue brulante montant le long de sa colonne vertébrale alors qu’il adressait un sourire charmant à Grey. Allons, allons. Si l’ambiance était des plus électriques, rien ne devait être visible de l’extérieur. Ils étaient tous deux largement assez bons comédiens pour exceller dans le domaine de flouer autrui.
Ils furent conduits par deux charmantes demoiselles le long d’un couloir, comme d’autres convives derrières et devant eux, puis elles s’apprêtèrent à les faire entrer dans la même pièce lorsque Samaël esquissa un doux sourire, frôlant le bras nu de l’une des jeunes femmes pour attirer son attention.

Si vous n’y voyez guère d’inconvénient ma chère, j’aimerais que nous nous préparions dans des chambres séparées.

Il jeta un coup d’œil à Lucas, frappé comme toujours par la beauté de celui-ci. Raison bien évidente pour laquelle il était hors de question qu’ils se déshabillent et se lavent dans la même pièce. Le fait qu’il ne soit en retard ne venait d’ailleurs pas du seul fait que le lord était pire qu’une femme à apprêter, mais bien du fait qu’ils s’étaient préparés dans la même pièce.
Il n’avait déjà pas beaucoup de concentration lorsque le beau brun lui accordait son attention, mais il perdait autant de volonté que le lord perdait de vêtement. Autant dire que les disputes tournaient souvent très court. Lucas avait rapidement compris qu’il lui suffisait de se déshabiller pour qu’il perde toute véhémence à son égard. Fichus hormones. Fichue obsession.

La fille obtempéra et l’emmena dans la chambre face à celle de son amant. La préparation fut relativement rapide, et il passa un temps record et très court dans le bain coulé à son intention. Il ne voyait pas l’intérêt de rester plongé dans de l’eau parfumée pendant des heures, il était vrai.
Il se laissa amener d’une pièce à l’autre alors que la demoiselle aux grands yeux noisette lui apportait des vêtements qu’il enfila rapidement. Un pantalon taille haute d’un bleu sombre accompagné d’une chemise blanche et d’un gilet de la même teinte nocturne que le bas. Des bottes noires aux boucles argentées vinrent compléter l’ensemble d’une élégance toute adaptée.
La Comtesse avait des habits de qualité, mais ses servantes avaient surtout très bon goût. Elle avait choisis dans l’armoire la même chose qu’il y aurait pioché pour lui-même.

Debout devant le miroir, il passa sa main dans ses cheveux blonds déjà quasiment secs et fixa un moment ce regard vairon. Il n'était pas venu avec sa forme originelle. Il ne tenait pas à se montrer à tous les criminels d'Europe -peut être même du nouveau monde- quelle tête il avait réellement. Surtout en sachant que cela impliquait ensuite. Non, il avait choisis une de ses formes, et donc pris Aaron.
Deux raison à cela... La première, une douce vengeance pour Lucas qui avait débarqué sans excuses. La seconde, c'était une forme discrète et élégante, faite pour les mondanités.
Il posa finalement ledit regard sur la jeune femme qui attendait sagement à ses côtés, jetant régulièrement des coups d’œil à la pendule.

Ma chère, voudriez-vous bien aller vous quérir de l’état du lord en face ? Savoir si je dois l’attendre ici, ou si je puis prendre de l’avance.

Il accompagna sa demande d’un sourire, et c’est les pommettes roses que la suivante s’exécuta puis revint lui dire que Messire Grey n’était pas encore habillé.
Comme cela ne l’étonnait pas. A ce rythme, il doutait même que Lucas arrive avant la fin du buffet. Un air amusé sur le visage, il remercia la jeune femme d’une élégante et charmeuse révérence puis s’éloigna le long du couloir en direction de la salle.
Il n’entra cependant pas par la porte principale, mais plutôt une dérobée, dont il avait gentiment demandé la localisation à cette charmante demoiselle, prétextant qu’il ne supporterait pas d’interrompre le discours de la Comtesse par une entrée remarquée.
Il se glissa donc dans la salle avec discrétion au moment où la même brute qu’à l’entrée se faisait fouiller et déshabiller en public. Ah. Bien. Heureusement qu’il avait lui-même coopérer.

Samaël s’intégra sans peine aux convives alors que la Comtesse parlait à nouveau, ce qui lui permit de la localiser. Le jeune anglais se figea en arquant légèrement un sourcil. Elle était sublime. Vraiment magnifique. Il n’aurait sur dire si le charisme de cette femme était naturel ou du à un quelconque charme magique. Quoiqu’il en soit, il était sûr qu’elle habitait la pièce avec autant de prestance qu’une Reine.
Un sourire se peignit sur la jolie bouche pleine de l’incube alors que son regard vairon se posa sur la femme qui accompagnait –plus ou moins de force, semblait-il- Vassilissa.

Yama.
La jeune femme lui avait dis dans sa précédente lettre qu’elle serait à la réception de la Comtesse. Samaël n’avait pas trop su qu’en penser, surtout que la pirate était interdite de séjour en Espagne, que ce soit à terre, en mer ou dans les airs. Mais vous ne forciez pas Yama à faire quoique ce soit. Elle le faisait et puis c’était tout. Que ça vous plaise ou non, vous vous adaptiez où vous dégagiez.
La voir ici rendit un peu de sa bonne humeur au jeune homme qui se glissa avec souplesse en direction de l’entrée où se trouvait les deux dames, accompagnée d’un homme basané un peu en retrait, de l’homme qui avait fait une esclandre à l’arrivée et de son second, dont le nom était manifestement « Frost ». Et qui était d’ailleurs pas mal du tout, ceci dit en passant.

Mais l’incube passa plutôt de l’autre côté et arriva près de la Capitaine Albadune sans qu’elle ne se rende compte de rien. Il hésita un instant, puis pris d’une espièglerie soudaine, il frôla sa nuque dégagée du bout de ses lèvres avant de reculer prestement, échappant ainsi à la main d’albâtre qui avait été lancée par reflexe dans sa direction.
Les yeux pétillants de malice, Samaël s’inclina face aux deux femmes, effectuant un baisemain à la Comtesse avant de se redresser.

Lady, vous êtes d’une grande beauté. Bien que ce soit là une évidence qu’il n’était pas nécessaire de préciser.

Il tourna ensuite ses yeux bleu et vert sur la jeune femme dont les yeux noirs le fixaient avec une intensité incendiaire. Il doutait qu’elle le reconnaisse sous cette forme, et devait donc se demander de quelle façon elle allait punir cet affront.

Yama, comme toujours, c’est un plaisir de te revoir.

Il lui adressa un sourire éclatant, et ajouta afin de l’aider, car il ne tenait pas à finir embroché avant la fin de la soirée :

Tu es sublime. Même si je suis positivement convaincu qu’une robe rouge te siérait encore mieux.

Il vit la compréhension se faire dans les magnifiques yeux d’ébènes de la jeune femme. Mais avant qu’elle ne puisse dire quoique ce soit, les portes s’ouvrirent à nouveau, faisant se tourner toutes les têtes vers l’entrée, où se dessinait une silhouette bien connue.
Samaël soupira doucement alors que Lucas Grey faisait son entrée, avec autant de panache et de charisme que la Comtesse elle-même.

Samaël Izyn
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Lucas Grey
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Lucas Grey
Ven 28 Fév - 17:10


Vassillissa




▬ « Donc, vous voulez que je m’habille avec ces vêtements ? »



▬ « Je… Oui monsieur. Madame Vassillissa a fortement insisté pour que ses invités soient convenablement habillés et… »



▬ « Et vous trouvez que mes frusques manquent de classe. »



▬ « GRAND DIEU, NON ! Enfin je veux dire… Madame a insisté pour offrir les vêtements que vous porterez et… »



▬ « Offrir ? Mais il fallait commencer par-là, jeune fille. Et bien apportez moi donc une chemise noire ainsi qu’un pantalon de même couleur. Pas de veste, le soleil d’Espagne est bien trop chaud pour moi. Oh et tant que j’y pense apportez moi une canne.»



▬ « Désirez-vous un chapeau, monsieur ? »



▬ « Merci, j’ai le mien. Filez donc pendant que je profite du bain que votre camarade m’a proposé. »

Il était une fois un magnifique Corbeau. Corbeau qui était très fier de son effet. Balbutiant, la jeune servante était partie en quatrième vitesse en contournant le tas de vêtements qui se trouvait derrière elle. Lucas avait consciencieusement observé chacun des vêtements mis à sa disposition mais n’avait rien vu de noir. Couleur du deuil, certes, mais surtout couleur qu’il aimait à porter. Et même s’il devait souvent expliquer que cela n’avait rien à voir avec la perte d’un proche, il aimait à porter les affaires le plus sombre qu’il le put. Le seul vêtement qui avait trouvé grâce à ses yeux était une ceinture en tissus qui recouvrirait sans doute une partie de son ventre ainsi que le sommet de son pantalon. Soit, ce serait parfait. Déposant son manteau sur l’accoudoir d’un fauteuil de cuir marron, il entreprit de se déshabiller mais une nouvelle jeune femme intervint.



▬ « Permettez monsieur, je vais vous aider. »

Lucas ne pensa même pas à protester. Il fut cependant troublé de repenser à son enfance, à Alfred et aux autres servants. Pauvre Alfred… Les mains de la jeune femme le firent sortir de ses pensées lorsqu’elle entama d’ouvrir sa chemise. Lui attrapant vivement les poignets, il eut un mouvement de recul évident. La bile lui montait déjà à la gorge alors qu’il se contenta de pousser la servante sans un mot. Il avait déjà suffisamment parlé, c’en était assez de tout ce cirque. Il n’espérait qu’un bon bain. Une fois entièrement nu, et sans le moindre complexe aucun, il avança vers la baignoire un peu en retrait après avoir poussé une tenture d’un rouge sombre. Il fut bien obligé de remarquer qu’elles avaient la même couleur que sa future ceinture, ce qui l’amusa. L’idée de porter un rideau autour de la taille et d’en être complimenté le rendrait presque hilare. Puis il se laissa glisser dans la vaste baignoire fumante alors qu’une servante approchait avec une bassine d’eau qu’elle hésita à verser. Le corbeau ne releva même pas le rouge écarlate qui possédait ses joues comme un démon.



▬ « Versez donc, jeune fille. Nous n’avons pas toute la journée.»

Elle s’exécuta, bafouillant allègrement sans vraiment réussir à dire quoi que ce soit –sans doute des excuses. Et Lucas quant à lui, se détendit dans l’eau chaude en souriant. Une énième jeune femme entra, accompagnée de la première, les bras chargés de vêtement. Elle eut l’air extrêmement surprise en le voyant puis tourna son regard vers sa collègue avant de déposer les vêtements sur un divan face à la baignoire.



▬ « Je suis ici pour vous aider à vous apprêter ensuite, monsieur. Je serais en charge de vos cheveux ainsi que de votre visage… Même si je doute d’avoir grand-chose à faire.»

La fin de la phrase s’était perdue pour elle-même et Lucas ne lui demanda pas de répéter. A vrai dire, il n’en avait cure. Il se leva et presque instantanément la servante au seau approcha avec une énorme éponge et tenta de le savonner tout en détournant le regard, le visage au bord de l’explosion.



▬ « Très bien, même si je doute que vous arriviez à quoi que ce soit avec mes cheveux. Je vais prendre la chemise à jabot de gauche… Non l’autre. Voilà et le pantalon le plus à droite. Non, finalement celui au milieu. Voilà c’est parfait. »

Doux Jésus, était-ce prémédité que tous les domestiques qui s’occuperaient de lui soient des femmes ? Le jeune homme retint une grimace avant de se rallonger dans l’eau, faisant reculer la pauvre servante qui le savonnait jusque-là. Un souffle, qui aurait pu passer pour du soulagement, s’échappa de ses lèvres fines alors que l’eau éclaboussait tout autour de la baignoire. Il pensa à Samaël, chez qui il avait tant perdu de temps à choisir ses vêtements –si il avait su- et soupira à nouveau en fermant les yeux. Il laissa glisser sa tête sous l’eau chaude et laissa glisser quelques bulles entre ses dents. Son métamorphe avec un autre, son Samaël qui essayait de lui échapper. Il ne voulait pas que cela se produise. Il voulait garder Samaël pour lui, être certain qu’il ne lui fausse pas compagnie. Comment allait-il s'y prendre pour réussir à faire une chose pareille ? Il sortit la tête de l’eau en reprenant son souffle, puis sortit de l’eau tout en ruisselant. Ses pieds se posèrent sur le tapis déjà humide alors qu’il redressait les bras pour permettre à la servante de le sécher. Il regardait strictement devant lui, sans mot dire. Il pensait, il réfléchissait à Samaël mais également à ce qu’il allait voir ce soir. Il allait devoir étendre son réseau de connaissance encore, bien qu’il n’en ai pas réellement besoin. La première servante approcha alors des vêtements.



▬ « Je suis assez grand pour m’habiller seul mesdemoiselles. Merci de nous laisser moi et votre jeune camarade. »

La jeune fille rougit ostentatoirement lorsqu'il la montra de la pointe du menton, pendant que les autres disparurent dans un coup de vent incroyable. Leur maitresse devait sans doute savoir mater les domestiques pour qu’elles soient si obéissantes. Il se pencha pour attraper le pantalon, ne prenant pas la peine de mettre quoi que ce soit en dessous. Il avait suffisamment perdu de temps. Il était grand temps de collecter des informations. Il enfila la chemise et alla s’assoir à la coiffeuse.



▬ « Bien. Parlez-moi de votre maitresse. Il me tarde d’en apprendre davantage. »

***

C’est après une plus longue discussion qu’il ne l’aurait pensé –la domestique semblait avoir une propension incroyable à colporter les ragots qui l’avait extrêmement fatigué- qu’il parvint enfin à sortir de la pièce. La jeune brune avait noué la ceinture avec doigté et il passa devant un miroir avec un sourire, se faisant à lui-même un clin d’œil. C’est en poussant la porte qu’il réalisa qu’il avait déjà raté une partie de la fête. Peut-être cesseront de l’embêter avec sa tenue pour lui dire des choses intéressantes, maintenant ? Il avança en triturant son nouveau collier, une pierre précieuse taillée en triangle et retenue par un fil de cuir. Il observa la foule –qui l’observait en retour, mais ça n’avait pas d’importance pour lui- avant de voir Sama… Aaron. Il ne savait même pas comment il devait l’appeler au cours de la soirée. Il était difficile de parler avec lui depuis son retour. Le corbeau porta sa main à sa tête en caressant ses cheveux désormais secs depuis longtemps. Il avait été incapable de retrouver son chapeau, il ferait donc sans.


© By Halloween sur Never-Utopia

Lucas Grey
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Willow
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Willow
Sam 1 Mar - 0:09
Les tavernes étaient des mines d'or d'information. Si l'on savait prêter l'oreille, on pouvait apprendre des tas de choses, plus ou moins intéressantes. Ayant voyagé jusqu'au sud de la France, près des montagnes marquant la frontière avec l'Espagne, Willow avait fait une halte dans une auberge, cherchant à se reposer après son long voyage.
Assise donc à une table et savourant une réconfortante boisson chaude, la jeune fée rousse laissait traîner ses oreilles dans la taverne. Elle était bondée, les serveuses avaient bien du mal à circuler dans la salle, entre les tables et les chaises. Mais malgré le brouhaha continu, Willow pouvait intercepter des bribes de conversation. Et certaines d'entre elles étaient particulièrement intéressantes...
Ainsi donc, une réunion se projetait chez une dénommée Comtesse Vassillissa. Mais pas n'importe quelle réunion ! D'après les rumeurs, il y avait nombre de bandits et de criminels qui s'agitaient dans les environs, et il était bien possible que les deux éléments soient en étroite relation...
Une situation extrêmement intéressante pour Willow.

***

La jeune femme, dissimulée par sa capuche et sa cape, attendait le bon moment, scrutant les allées et venues des gardes dans l'ombre pour pouvoir saisir le bon moment pour entrer. Vint le moment, enfin, où il n'y eut plus qu'un seul soldat pour contrôler l'entrée que visait Willow. Un jeune homme, l'air peu expérimenté et moins baraqué que les autres vigiles que la rouquine avait pu remarqué... armée de son charmant sourire, la fée s'avança dans la lumière et, plongeant la main dans un sachet de poudre se trouvant dans son sac, en lança une petite poignée au visage de l'homme, avant même qu'il ne puisse élever la voix. Le regard du garde se fit vitreux, et la rouquine s'approcha, levant ne main légère sur sa joue. Sa voix était douce, résonnait comme une incantation.

    - Tu ne m'as jamais croisée. Tu ne garderas aucun souvenir de cet instant.


Et sans attendre, la jeune femme dépassa l'homme pour rejoindre la lumière qui brillait à l'intérieur.

***

Se faisant le plus discrète possible, Willow avait fini par repérer la salle de réception. Cachée dans une alcôve qu'elle avait rejointe par une porte dissimulée – elle n'allait pas passer par l'entrée principale tout de même – il lui suffisait d'écarter légèrement le rideau pour avoir une vue d'ensemble sur la grande pièce et tous ceux qui y étaient présents. Il y avait d'ailleurs bon nombre de personnes, entre l'hôtesse, somptueusement vêtue, au bras de laquelle l'accompagnait une dame aux longs cheveux noirs, les invités – était-ce bel et bien Solal qui se tenait là-bas ? Willow ne put s'empêcher de sourire – et les serviteurs qui s'occupaient du service.

Il était temps maintenant d'assister à ce qui allait se passer et surtout, de s'amuser ! Déposant son sac et sa cape, dévoilant ainsi une superbe robe émeraude aux motifs celtiques dorés. Ce n'était pas parce qu'elle n'était pas officiellement invitée qu'il ne fallait pas jouer le jeu ! Toutefois, la jeune femme ne risquait pas de passer inaperçue, surtout avec une pareille masse de cheveux... mais elle avait la solution pour cela. Tirant de son sac un cercle de tête, semblable à un torque presque, Willow le plaça dans sa chevelure, comme un serre-tête. Aussitôt, sa chevelure changea : de flamboyante rousse frisée, elle passa à délicate brune ondulée. Son visage ne changea pas pour autant. Mais elle serait ainsi beaucoup plus discrète pour naviguer entre ces gens, grappiller des informations et s'amuser gentiment.

Sortant de derrière le rideau rouge, elle regarda un instant l'hôtesse faire le tour de ses invités. Mieux valait éviter de se diriger vers ce petit groupe pour le moment. En revanche, comme elle se tournait vers la grande porte de la salle de réception, l'apparition d'un homme aux cheveux noirs sembla faire son petit effet auprès des jeunes femmes qui se tenaient le plus proche de lui.

    - Hé bien, mes petites... un peu de courage voyons !


Et d'un geste de la main, elle ensorcela les quatre jeunes demoiselles pour leur donner l'occasion d'aller témoigner leur admiration à ce ravissant jeune homme. Elle ne se doutait absolument pas de l'effet que cela allait produire, mais elle allait très vite s'en apercevoir et s'en amuser grandement.

Puis laissant ce petit groupe de côté, la rouquine – devenue brune – attrapa une pomme sur un buffet près de l'endroit où elle se tenait et se dirigea nonchalamment vers Solal. Ce dernier ne l'avait pas encore remarquée, mais nul doute qu'il la reconnaîtrait très vite. Elle se tint donc juste à côté de lui, scrutant la foule et s'adressant à son cher pirate.

    - C'est une très belle réception, ma foi. Qu'en penses-tu, mon cher ?


Quand elle eut capté l'attention du pirate, elle leva vers lui ses étincelants yeux bleus et eut un rire très doux avant de croquer dans sa pomme, reportant son regard sur la foule.
Willow
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Selim Elardar
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Selim Elardar
Sam 1 Mar - 13:40
Ah ! Selim connaissait au moins une personne en ces lieux. Quel soulagement ! En plus, la personne connue se rappelait de lui. D'ailleurs, celle-ci voulait lui parler, mais hélas, l'hôtesse prit la parole.

- Oooh! Que cette soirée me comble de ravissement : n'êtes vous pas la grande Yama Albadune ? La pirate préférée de notre bon roi d'Espagne ?

Et flûte, dire que Selim voulait être discret. Pendant que Yama répondait, Selim tenta vainement de remonter sa capuche inexistante. Décidément, les vieilles habitudes ne s'en allaient pas si facilement. L'hôtesse reprit, s'approchant de Yama et de Selim :

- "Droit au but".... Votre réputation vous précède, il faut dire qu'on m'a fait un tel portrait de vous...

Elle fit bras-dessus, bras dessous avec Yama comme si elles se connaissaient depuis longtemps, non sans jeter un bref regard à Selim. Celui-ci fut gêné, d'autant plus que la capitaine venait elle aussi de lui jeter un regard qui semblait contenir de la détresse. Non, il devait rêver, après tout, Yama n'avait aucune raison d'avoir peur. Et il faut aussi dire que l'assassin ne savait pas vraiment comment se comporter face à des personnes importantes. Faisant donc fi de l'interprétation du regard de son amie, il se tint donc légèrement en retrait, ne voulant surtout pas entraver Vassilissa. Puis, lueur d'espoir pour l'Ankou, quelqu'un réclama le buffet. La Comtesse, s'adressant toujours à Yama, déclara :

- Il faudra que vous me racontiez tout cela en détail, ma chérie ! Mais pour l'heure il me semble que les estomacs de mes convives crient famine.

Oh oui, Selim avait faim, tellement faim qu'il sentait son estomac s'auto-digérer. Heureusement, l'hôtesse poursuivit, s'adressant cette fois à l'assemblée :

- Festoyez, mes très chers amis, lorsque vous serez repus et guillerets je vous exposerais les circonstances particulières de ce "bal".

Bonne nouvelle ! Dans quelques instants, il allait pouvoir se remplir la panse, mais avant il devait répondre à la question que la capitaine lui avait posée.

- Il s’est assez bien déroulé, je n'ai pas rencontré trop de membres des forces de l'ordre et un peu de sable a suffit à m'en débarrasser. Et vous, avez-vous fait bonne route ?

Puis il remarqua un homme qui avait fait une entrée pour le moins fracassante avant de se faire arrêter puis fouiller. Ce sont des choses qui arrivent, après tout, il ne fallait pas oublier que c'était une assemblée de criminels. Selim suivit les deux femmes jusqu'à être arrivé aux côtés des nouveaux venus puis, voyant que Yama les connaissait, décida qu'il était temps d'aller accomplir son destin. Après tout, la capitaine ne risquait pas de se sentir seule.

- Je vais vous laisser quelques instants, j'ai une tâche importante à accomplir. Nous nous reverrons bientôt.

Puis, non sans remarquer qu'un homme s'approchait de Yama, Selim se dirigea rapidement vers le buffet. Aucun doute, la capitaine ne risquait pas de manquer de compagnie. Mais bref, préoccupons de choses plus importante : la nourriture. Quelle joie de pouvoir enfin manger ! L'assassin s'était déjà emparé d'un aliment jusqu'alors inconnu qu'il dégusta. Quelle saveur ! Puis il s'empara d'un autre aliment présent dans le plat qu'un serveur qui passait par là. Quelle joie ! Et Selim poursuivit sa quête culinaire, s'emparant des mets, les dégustant, profitant pleinement du feu d'artifice de goût qui envahissait ses papilles et de la sensation quasiment euphorique d'un ventre qui se remplissait enfin. Mais bref, n'allez quand même pas imaginer que Selim ne faisait pas attention à ce qui se passait autour de lui. Malgré l'euphorie que provoquait de la bonne nourriture, il gardait toujours un oeil sur Yama. Après tout, il serait trop bête de perdre de vue sa seule amie. Celle qui d'ailleurs avait failli gifler un homme. Se rappelant des dires des pirates, Selim se dit que cet homme venait fort probablement des Caraïbes.
Selim Elardar
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Mistral Despair
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Mistral Despair
Sam 1 Mar - 14:20
Et parfois l'homme a ce sentiment de nostalgie qui le prend aux tripes. Une main de spectre lui serrant les boyaux entre ses doigts froids, longs et fins et se riant de ce qu'il a jadis perdu ou quitté. Et Mistral qui ne parvenait pas vraiment à vivre au présent était maintenant assaillit de charnels et affectifs souvenirs alors qu'il déambulait seul dans l'étroit couloir au plancher et murs de bois Ô si similaires à ceux qu'il avait pu dans le passé fouler sur sa Veuve adorée. Sauf que celle-ci avait été noire, noire comme la nuit, noire comme la teinte amère de son esprit. Mais aussi des même ténèbres que ses cheveux et ceux de Ran.

Il fit glisser sa paume le long d'une poutre apparente et se réjouit du chuchotement de la soie précieuse de son gant sur celle-ci. Oh oui, même s'il s'agissait là d'un Zeppelin (construit par un talentueux Led lui avait-on soufflé), le français trouvait en celui-ci une ressemblance poussée avec un navire et de ce fait ne pouvait empêcher les sinueux souvenirs de ses années Capitaine d'infiltrer l'arrière de ses rétines. Et d'évidence ses mémoires d'aéronaute étaient pour lui principalement liés à sa Petite Fleur et les douze mois où ils avaient été unis. Elle lui manquait et il l'aimait toujours d'amour.

<< Monsieur ? >> une main sans gêne aucune se posa sur son épaule, visiblement perturbée par son arrêt soudain alors qu'il revivait ses pensées. << Si vous cherchez la réception c'est par ici, dépêchez-vous, ça a déjà commencé. >> Saisissant cet insidieux poignet, le Marquis le tordit en faisant face arrière pour observer avec agacement l’inopportun. Un homme tel que lui n'avait qu'un quota très limité d'ordres qu'il acceptait bien de recevoir en un jour et celui-ci avait déjà été dangereusement atteint par la petite servante de tout à l'heure, encore était-ce pour rire. << Monsieur...vous me faites mal... >> Oui, oui c'était bien le but que de lui faire mal. Que de faire comprendre à ce gamin à peine pubère qu'il n'avait pas l'autorisation éthique de se montrer aussi familier avec ses aînés. << … >> .

Au final il le lâcha et lui fit comprendre avec clarté qu'il avait meilleur temps de ne plus se mettre au travers de ses réflexions. Et aussi que si l'envie lui prenait d'être en retard, eh bien, qu'il fasse donc. Il était le Marquis après tout.

Débarrassé du parasite, Mistral pu ainsi reprendre son chemin vers la salle où se tenait la toute première rencontre des criminels invités. Criminels, ce mot le faisait doucement rire. Lui, criminel. Si seulement ils savaient ses actes commis qu'on jugeait véritablement criminels sans comprendre. Ils n'étaient pas de ceux qui l'auraient fait inviter pour peu importe ce qu'il faisait ici. Ce n'était pas tellement la cause qui l'avait poussé d'abord à accepter mais les conséquences de cette visite. Il se ferait de nouveaux contacts parmi les hors-la-loi, ce qui tombait bien tant il avait besoin de nouveaux et rafraîchis distributeurs voir consommateurs de sa marchandise. Il offrait contre quelques pièces du rêve en flacons, ces gens dans leurs mésaventures avaient souvent besoin de rêver. Et pour cela il les méprisaient d'être si faibles tout en enviant parfois cette intense altération de l'âme. Même si le français savait pertinemment que jamais il ne toucherait à ce qui faisait son chiffre d'affaire. C'était simplement contraire à l'ordre moral et cela serait aussi sa fin.

Les double-portes de la grande salle se profilèrent bientôt devant lui et il prit une seconde à réajuster ses atours avant de faire un léger signe aux portiers qui lui ouvrirent le passage.

Et c'est ainsi que le Marquis fit sa véritable première apparition sur le dirigeable de Vassilissa Bella, s’enivrant à l'instant de ce bain de foule, se délectant de l'ironie d'avoir tant de bandits de haut vol, de bandits d'étalage ou encore d'assassins confirmés réunis en une soirée mondaine et perdus d'être désarmés. Petits joueurs que se dit Mistral en son fort intérieur. Lui ne se souciait aucunement de la perte de son épée ou de sa dague. Il avait toujours sur lui les plus fatales de ses armes ; son esprit et son parlé. Oui, jouer avec la psychologie de ses ennemis comme de ses amis avait toujours été l'un de ses hobbys favoris.

Tout de suite néanmoins, ses oreilles furent durement assaillies par le caquètement de quelques jeunes voix femelles et euphoriques par-dessus le ronronnement des discussions. Au passage d'aller voir ce qu'il se passait, Mistral saisit une coupe de nectar rouge sur le plateau d'un serveur et le porta une fois à ses lèvres avant de tout de suite le reposer deux pas plus loin. Espagnol. Ni français ni italien, il n'était pas encore assez désespéré pour boire de ce vin-là.

Enfin aperçut-il l'origine des désagréables piaillements. Quatre pucelles en chaleur entouraient un jeune homme dont l'aura intrigua fortement le français. Celui-ci semblait souffrir d'être le centre d'autant d'attention et même s'en trouver mal. Il comprenait. Où étaient donc les pères, maris, frères et amants de ces filles ? Elles auraient bien eu besoin d'une correction.
Puis le Marquis se rappela qu'ils étaient à une réunions de bandits et se mit à déplorer la qualité médiocre de la nouvelle génération de criminalité. Puis-

Manquant de se faire envoyer tester un contact plus intime avec le tapis, Mistral parvint tout juste à rétablir un équilibre précaire. Un grand homme au gabarit impressionnant et à la face scarifiée venait de le heurter, les mains pleines de nourritures. Manifestement l'individu n'avait pas cru bon de faire attention aux obstacles sur son chemin dans son avancé vers l'autre partie du buffet.

Haussant un sourcil, le français jeta un regard aux aliments dans les mains de son assaillant d'infortune puis releva ses iris bleu nuit vers ceux du bandit à la peau mate et dit d'un ton saupoudré d'ironie. << J'espère pour vous qu'on ne tente pas de nous empoisonner >> Il fit un signe de tête vers la nourriture et dit d'un ton sérieux, sa moquerie restant invisible << Sinon vous allez être le premier à tomber. >>
Mistral Despair
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Dim 2 Mar - 2:25
Un homme plaqua Teague à terre. Il lui fit une simple clef de bras et le pirate se retrouva rapidement immobilisé. Un seul homme le tenait à terre pendant qu’un autre le fouillait et le délestait de ses armes. North se sentait très faible, et comme tout homme fort se sentant faible, il se mit à crier.

-Let go off me you piece of shit ! I’ll slice you out like I did to your mother after I’ve fucked her in your dad’s laundry room ! That’s right ! I’ve fucked you mother so hard that she…

Il n’arrêtait pas de beugler, mais personne n’y faisait vraiment attention. Rapidement, ses trois pistolets se retrouvèrent dans les mains des troufions, suivis de ses sabres. Il ne restait que le couteau dans sa botte. L’homme commença à fouiller un peu plus en profondeur.

-WOWOW, tu fais quoi, là ?!
-Croyez-moi, monsieur, en vingt ans de métier, j’ai tout vu.

Ce mouvement provoqua l’hilarité générale. Sauf celle Frost, qui commençait à avoir un sacré mal de crâne. Il préféra se diriger vers l’hôte.

-Messire Frost, quel plaisir de vous voir parmi nous.
-C’est un plaisir totalement partagé, madame la Comtesse.
-J’ai bien cru que vous alliez refuser mon invitation. J’en aurais été fort marie…

Elle tendit la main, attendant la baise réglementaire. Simon se courba et effleura le dos de la main de la comtesse des lèvres puis se releva avec un grand sourire sur celles-ci.

-Jamais je n’aurais osé.

L’homme sorti le couteau de chasse de la botte de Teague.

-HA-HA ! Qu’avons-nous là ?!
-Ah, you fucker !

L’homme se releva et lui donna son chapeau.

-Vous avez intérêt à vous tenir tranquille, à présent.
-Ouais, ouais, c’est ça…

Il prit le chapeau des mains de l’homme et se dirigea vers le bar. Il chercha une bouteille de whisky, sans succès. Maudites soirées mondaines. Il prit une bouteille de vin, prit un verre, regarda la bouteille, le verre, la bouteille, le verre, bouteille, verre… Il posa le verre et prit une grande gorgée à la bouteille. Il cala son dos contre la table, les coudes posés entre les mets, observant les invités. Il cherchait encore Solal et Trappen, mais sans succès. Mais où étaient-ils ?

De son coté, Simon discutait avec la Comtesse.


-Oui, c’est un vaisseau incroyable que vous avez là ! D’où vient-il donc ?

Il écouta le début de la réponse, mais la fin lui échappa. Il venait de remarquer un visage familier. SilverFists Jong ? Mais comment ?

-Pardonnez-moi Comtesse, je suis vraiment navré.

Il se précipita vers l’endroit où il avait vu son visage. Il cru voir le dos qui allait avec, l’agrippa fermement et le retourna. Samaël semblait tout étonné.

-Je… J… Qu’est-ce que.. ?

Il fit une légère courbette.

-A thousand pardons.

De toute évidence, Frost s’était trompé. Pourtant, il était persuadé de l’avoir vu. Et si c’était le cas, la moitié de Hong Kong serait derrière lui.
Teague « Sharpeye » North
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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Dim 2 Mar - 10:09
Vassilissa échangea quelques banalités. Ce genre de banalités qui la faisaient rayonner en société, bien que celle-ci soit plus iconoclaste que sont habituel public. Néanmoins la belle ne semblait nullement démontée par la présence de tous ces égos patibulaires, elle naviguait avec l'aisance d'une sirène en ces eaux profondes. Grenouille un jour, grenouille toujours !

Elle sentit le souffle du jeune Nikolas balayer sa nuque. Elle eprouva un petit frisson de plaisir qu'elle maquilla sans difficulté face à la foule

"J'espère que tu sais ce que tu fais, Vass'. Parce que je n'aimerais pas devoir recourir à des mesures extrêmes. J'ai déjà étendu mon aura à l'ensemble de la salle de bal -et c'est très fatigant, merci de t'inquiéter- mais ils sont encore trop nombreux à me glisser entre les doigts. Tu aimerais que je cible quelqu'un en particulier ?"


Elle murmura de manière quasi imperceptible :

"J'aime quand tu es invisible cela ajoute encore plus de charme à ta voix, mon chou ! Reste vigilant, plusieurs d'entre eux se connaissent. La petite Yama n'appréciera sans doute pas de découvrir que j'ai également invité son marquis de mari. Garde une œillade sur ce petit nerveux de North et puis... je crois sentir qu'un de nos confrères a cru bon de venir jouer les pique-assiettes."


Sa tête se tourna instinctivement vers l'endroit où se tenait une petite brune croquant une pomme et un grand basané, sans véritablement distinguer la menace avec précision. Vassilissa n'avait pas fait usage de ses dons depuis longtemps, mais elle restait très sensible aux effluves de la magie tournoyant dans l'air.

Yama Albadune frétilla dans ses filets.

- Je serai enchantée de vous raconter quelques histoires, Dame Vassilissa... et curieuse d'en savoir plus sur ma réputation dans les hautes-sphères, je dois l'admettre.

- Il semblerait que nous ayons une amie très chère et très spéciale en commun, ma chérie...

Elle libéra momentanément sa prise pour laisser la jeune pirate aller à l'encontre des autres poissons connus de son étang. Un blondinet en profita pour l'interpeller. Un blondinet dont ce n'était pas le vrai visage.

-Lady, vous êtes d’une grande beauté. Bien que ce soit là une évidence qu’il n’était pas nécessaire de préciser.

- Vous en convenez, fit-elle en souriant malicieusement. La beauté est un masque si confortable qu'on croirait qu'il s'agit de son vrai soi...

Elle posa un regard ambiguë sur l'inconnu, un regard qui donna l'impression à son interlocuteur de voir au plus profond de lui. Mais elle n'ajouta mot, ni ne l'obligea à se présenter. Ce simple regard avait instauré le malaise dans le coeur de celui qui tentait de se dissimuler.
Elle adressa un signe de tête discret à Nikolas pour désigner l'étranger.

Elle entreprit ensuite de badiner avec Simon Frost qui la quitta prestement après son baise-main. Elle se prit à contempler la salle et les personnalités ainsi réunies. Quelle incroyable équipée, le salon le plus fou qu'elle n'ai jamais tenu. Elle sentait l'excitation du danger et de nouvelle découverte poindre, mais elle les refoula. Là n'était pas sa mission, bien qu'elle ne douta pas de l'aspect passionnant des témoignages réunis de tous ces invités.
Le sémillant Mistral Dispair fit son entrée et discuta avec le jeune homme à peau matte que Yama avait appelé "Elardar". Ce dernier plaisait fortement à Vassilissa. Elle avait toujours adoré les hommes avec un puissant coup de fourchette. Là encore, elle réfréna son envie naturelle de séduction.

Elle avait une mission ce soir.

Elle aperçu un jeune dandy d'une trentaine d'année, vêtu intégralement de noir. ce dernier fut rejoint par un jeune gaillard à la mise noir et rouge et par une demoiselle en pantalon -celle-là même qui avait réclamé de festoyer à corps et à cris- qui visiblement entretenait une relation de très forte proximité avec son congénère. Elle abandonna Yama à ses douteuses amitiés. Elle reviendrait à elle plus tard. Elle se dirigea vers lui d'un pas gracieux et se posta à ces cotés, comme un vieux camarade de tapisserie pendant un bal où personne n'a pris la peine de vous inscrire à son carnet.

- Un être civilisé parmi un tel équipage... Vous êtes une sorte de curiosité n'est-il pas ? A moins que vous ne soyez de ceux qui apprécient la proximité grisante du danger...
dit-elle sans prendre la peine de se présenter.

EDIT:
 
Zahnfee V. Edelstein
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Vance C. Smith
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Vance C. Smith
Dim 2 Mar - 12:15


Vassilissa
Libre.


~

Et ainsi passèrent les plus interminables minutes de ta vie. Ton entrée avait eu l'effet escompté, puisque la dame déclarait maintenant le buffet ouvert. On ne calme les esprits criminels qu'en les laissant leur remplir le ventre... ou presque. Mais plus que ça, ton véritable but avait été atteint. Débarquer en attirant l'attention de tout le monde, en se faisant passer pour une idiote à qui il ne faut pas parler, c'était la première étape. Le tout était maintenant de remarquer avec amusement que plus personne ne te prête d'attention. Tu es sans intérêt à leurs yeux, et c'est ce que tu cherchais. Ainsi il te sera permis de déambuler dans la salle, les regards se poseront peut-être sur toi, puis se détourneront. On ne s'intéresse pas à une folle habillée comme un homme qui crie famine au risque de manquer de respect à leur hôte. Si l'on t'enlevait ton idiotie, Chandra, que te resterait-il ?

A ton plus grand bonheur, les esprits oublient rapidement ta personne pour se concentrer sur une intrusion plus choquante que la tienne. L'homme qui avait voulu faire le malin et entrer sans suivre les ordres qu'on lui donnait, avait fini par terre, cloué fermement au sol par les hommes de main de la Dame. Ainsi donc il te faudrait faire attention à ce que tu oserais, il ne faudrait pas que l'on te traite avec autant d'indélicatesse, ou il te faudrait me laisser la place, à moi qui suis entré sans poser de question, et qui en cet instant, voudrait simplement que tu te poses dans un coin en silence pour tout observer. Mais tu n'es pas moi, et tu t'avances alors vers le buffet pour attraper une pomme et la faire rouler dans ta main. Ca valait le coup de déranger tout le monde juste pour un fruit, n'est-ce pas ?

Des rires un peu trop stridents viennent perturber ton calme. Quatre idiotes viennent de s'approcher d'un homme pour le moins séduisant. Tu le plains un instant d'être le centre d'autant d'attention, avant de te désintéresser de sa personne. Il y avait quelque chose qui n'allait pas, quelque chose qu'il te fallait fuir avant que ce ne soit trop tard. Aussi te détournes-tu du groupe pour t'éloigner quelque peu, passant non loin de la propriétaire de ce château ambulant. Un détail te force à continuer ton chemin au plus vite, ne voulant pour rien au monde rester près de ce groupe qui monopolise toute l'attention, une présence parmi eux que tu ne remarques qu'en passer à côté. Décidément, il faudrait rester loin d'un bon nombre de personnes à cette petite fête. Peut-être n'aurais-tu simplement pas dû m'obliger à venir, à nous faire monter à bord et passer le contrôle, puisque tu ne pouvais le faire à ma place. Finalement tu en viens à te demander s'il ne te faudrait pas fuir, ou te terrer dans un coin en attendant que ça passe. Du moins la pensée traversa-t-elle ton esprit avant que tes yeux n'aperçoivent une connaissance, et pour mon beau malheur, il s'agissait évidemment de Shin.

« Shin, mon amour. Que penses-tu de ma nouvelle tenue ? Te donne-t-elle des idées ? »
Tu l'avais rejoint rapidement, et les mains sur les hanches, un large sourire sur les lèvres, tu lui avais presque murmuré ces quelques mots, bien décidée à l'embêter de nouveau. Tu avais fait de lui un jouet depuis notre passage en France, t'amusant à provoquer sa personne sans te soucier des conséquences, qui avaient d'ailleurs été désastreuses selon moi. Ta main vient un instant caresser sa joue pour finalement tomber sur son bras et tapoter un instant son épaule. Les souvenirs de votre rencontre tournent dans ta tête et te rappellent à quel point il est facile d'embêter le Singe. Ton regard se fait donc haineux, et ta voix s'emplit de reproches pour une énième provocation qui saura faire son petit effet, autant dans le cœur de Shin que pour les quelques oreilles indiscrètes qui pourraient traîner par ici.

« Plus un signe de ton existence pendant un an, j'ai bien cru qu'il allait finir orphelin. »

Vance C. Smith
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Shin
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Shin
Dim 2 Mar - 13:29
Shin bût une gorgée de champagne en observant la salle. Il y avait trop de monde pour qu’il s’amuse à observer chaque personne, une par une. Il allait devoir trouver les plus intéressantes, les aborder puis regarder si elles ne pouvaient pas être utiles pour eux. Et ce tout en évitant de croiser Chandra. Shin se déplaça vers le côté opposé de la salle pour détailler le reste des convives. Alors que La capitaine Yama parlait avec Vassillissa accompagnée par un homme à la peau mate qui semblait mourir d’impatience d’aller manger ainsi que du pirate qui fit une entrée remarquée. Puis un peu plus loin une jeune fille brune mangeait une pomme, elle intrigua Shin, elle n’avait absolument pas l’air d’une criminelle.

L’Acrobate aperçu finalement une silhouette connue, son Corbeau de patron se passant une main dans les cheveux regardait machinalement la foule, celui-ci portait une tenue noire qui le rendait attrayant au plus haut point même pour un homme à femme comme Shin, celui-ci remarqua par ailleurs qu’il ne portait pas de chapeau. Le Voleur s’approcha de ce dernier et reprit un air un tant soit peu sérieux. Il croisa les bras avant de saluer Lucas.

Bonjour Boss, vous avez l’air de bien vous amuser.

Shin rigola, il avait toujours aimé parler avec Lucas, bien qu’il lui devait le respect dû à son poste, il préférait parler franchement à ce dernier, il était une des rares personnes à qui il ne mentait pas. Une chose compréhensible vu l’attachement que portait Le Singe à son Patron, il est celui qui l’a sorti de l’errance dans laquelle il était à l’époque, et c’était grâce à lui qu’il était ici maintenant. Le Voleur regarda autour de lui, Etonnamment, il ne voyait Samaël nulle part près de Lucas, ou du moins pas dans une forme qu’il connaissait. Il questionna donc le Corbeau.

Mais…Où est passé Samaël ?

L’Acrobate voulut continuer sa phrase mais une voix vint se glisser à son oreille, le faisant frissonner au passage.

« Shin, mon amour. Que penses-tu de ma nouvelle tenue ? Te donne-t-elle des idées ? »

Shin respira une grand coup, elle l’avait vu, en plus devant son patron. Comment allait-il expliquer cela à Lucas ?! Shin tourna la tête vers Chandra et força un sourire, mon amour ? Très bien, il allait assumer les conséquences.

Tu es ravissante comme toujours, bien que ta tenue cache tes formes harmonieuses, mais elle mérite que je me penche dessus en détail un peu plus tard.

L’Acrobate lui offrit un sourire charmé avant de se tourner vers Lucas pour la présenter avec honte.

Lucas voici Chandra, je l’ai croisée en France, elle est pleine de talents.

A peine avait-il fini les présentations qu’il senti la main de Chandra se poser sur sa joue et ensuite descendre sur son bras pour tapoter l’épaule du Singe. Il se rappela de la nuit qu’ils avaient passé dans cette auberge en France, de comment d’un simple jeu de pistes ils se retrouvèrent à jouer à un jeu bien plus charnel. Shin reporta son regard sur Chandra et se figea, son visage était plein de reproches, il pouvait sentir la haine dans le regard de Chandra, elle semblait en colère contre lui. Mais pourquoi à ce point ?

« Plus un signe de ton existence pendant un an, j'ai bien cru qu'il allait finir orphelin. »

Shin se fixa, les yeux grands ouvert. Avait-il bien entendu ? Il senti une vague de panique l’envahir, non ce n’était pas possible il devait avoir mal compris. Malheureusement pour lui, il n’y avait rien à comprendre d’autre. Il allait devenir orphelin, un an presque c’était passé depuis cette nuit. Elle avait eu un enfant .Son enfant … Il regarda Lucas qui semblait aussi surpris que lui part ce qu’il venait d’entendre avant de passer une main autour des épaules de Chandra. Le Voleur emmena la jeune femme à l’écart de son patron avant de planter ses yeux paniqués dans ceux de la Voleuse. Il balbutia d’une voix paniquée.

Qu….qu’est-ce que…. tu as dit ? Il...Qui?

Le Voleur pouvait sentir son monde tomber en lambeaux autour de lui. Comment allait-il faire maintenant ? Il ne pouvait pas la laisser seule avec cet enfant, surtout s’il était le responsable de sa création. Ses pensées se tournèrent vers la sirène, il n’allait pas pouvoir la retrouver, plus maintenant à cause de ses erreurs il pouvait faire une croix sur elle pour toujours. Cette soirée virait au cauchemar .
Shin
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Dim 2 Mar - 14:41
Les bras engoncés dans des manches trop étroites à son goût, Solal se grattait l'arrière du crâne. Ah, foutue servante qui avait voulu lui faire enfiler ses frusques et oh, malheur ! lui donner une tête un peu moins ébouriffée en s'attaquant à la masse de cheveux, habituellement cachée sous ses turbans, tentant de les discipliner.
La pauvre avait d'abord voulu les lui couper, récoltant un regard promettant milles morts de la part du pirate et une belle frayeur. Il ressemblait peut-être à un mouton aux yeux de cette écervelée "civilisée" , mais c'était sa tête, ses cheveux, sa propriété, et s'il ressemblait à un épouvantail, ça restait son affaire. Non mais !
Si le perse aimait parfois se déguiser, là... il avait la sensation de ressembler à un clown en pourpre et noir.
~
S'il pouvait être un peu trop loquace lors des nuits plus qu'arrosées sur le navire, ce soir Solal laissait de côté ses récits, plutôt attentif à ceux des autres. Silencieux, il ne le resta pourtant pas longtemps, au vu de l'arrivée de fracassante de North.
Il éclata d'un léger rire, l'ayant reconnu tout de suite malgré des habits un peu plus pompeux ; c'était pire qu'une habitude de débarquer comme ça ou quoi ? Le persan n'avait pas revu le pirate depuis l'attaque subite sur Tortuga mais le Capitaine du Red Wings lui paraissait en forme. Il s'en était tiré finalement...

Il avait l'intention d'aller le saluer, après que tout ce beau monde qui gravitait autour de Teague et de Vassilissa ait cessé leurs politesses mais se tendit en captant le regard de son Capitaine. Aussi noir que pouvait être sa colère, un peu flou, l'inquiétude du second augmenta d'un cran quand il sentit le frisson caractéristique provoqué par le pouvoir de Trappen.
Ce n'était apparemment pas conscient, mais celui-ci avait réagit instinctivement à quelque chose et en miroir, Solal s'était tendu pendant quelques secondes, avant de venir bourrer un peu violemment l'épaule de son supérieur en l'interpellant d'une voix sonore. Si une partie de la salle se retrouvait plongée dans des ténèbres cauchemardesques, bonjour les dégâts... Et pour l'avoir vu déjà faire, le pirate n'avait pas envie de revivre ça.

L'impression d'étouffer, de malaise se dissipa rapidement, même si le Capitaine Trappen ne semblait toujours par tranquille. D'un ton presque froid, il déclara à son second qu'il s'absentait pendant un moment, finissant son verre de vin d'une traite.
Étrange.
Tout comme l'était cette soirée et cette assemblée... Rebuts de la société, voleurs-menteurs, forbans de tout horizons et au milieu, ces deux bruns qui avaient fait une entrée remarquée, se pavanant comme des paons dans une basse-cour, entre autres.
Bien des choses étaient une affaire de réputation, mais quand même... Un soupir amusé s'échappa des lèvres de Solal.

- C'est une très belle réception, ma foi. Qu'en penses-tu, mon cher ?

Ouais, cette foutue soirée était étrange... et jamais le pirate n'aurait pensé se retrouver en face de ses billes opalines qui le fixaient en croquant une pomme.

- Hmm .. Bordel, qu'est-ce que tu fais ici ?

Il s'était retourné en entendant la question, sans pour autant la reconnaître tout de suite. Mais la pomme, et ses yeux... ses yeux, Willow ne pouvait qu'être démasquée. Il avait haussé un sourcil perturbé, puis ouvert des yeux étonnés, ronds comme des soucoupes avant de sourire.
Si ces mots pouvaient être grossiers, son ton démontrait que Solal était... comment dire ? en trêve cordiale avec la fée.
Et malgré toutes les insultes qu'il lui arrivait de lui balancer parfois au travers du cristal, le persan devait bien admettre que la revoir, même brune - ça lui allait moins bien - ne lui déplaisait pas complètement . Constatation étrange, et dérangeante.
Comme pour se débarrasser de cette sensation désagréable, il émit un rictus mauvais.

- Cette réception est une belle mascarade oui... Pour une fois, tu as su te fondre dans la masse, félicitations.

Gruger sur son apparence, n'est-ce pas un mensonge Willow ?...
C'était instinctif avec elle, le persan ne pouvait s'empêcher de la provoquer un peu, ironie mordante, ersatz du désir de vengeance qui coulait encore dans ses veines, même si celui-ci s'émoussait parfois ; ce qui énervait l'homme encore plus d'ailleurs. Mais pour l'heure, la réception.

Un beau jeu de dupe, entre courbettes et promesses silencieuses, intérêts et soif d'or, mais Solal voulait, devait en voir la fin.
Si son regard revenait souvent vers Vassilissa, il ne doutait pas que parmi la foule se dissimulait encore un certain nombre d'acteurs inattendus, dans la pièce qui se jouait ce soir.
Solal Yarhi
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Yama Albadune
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Yama Albadune
Lun 3 Mar - 12:08
- Il semblerait que nous ayons une amie très chère et très spéciale en commun, ma chérie...

Ah ? Yama leva un sourcil interrogateur en direction de la Comtesse. Cependant, elle n'eut pas le temps de réagir. Sentant un frôlement caractéristique contre la peau nue de sa nuque, elle se retourna vivement vers l'auteur d'un geste aussi déplacé, un blond qu'elle était persuadée de ne pas connaître. La fixant d'un regard espiègle, l'homme s'adressa d'abord à leur hôtesse avant de lui parler. La pirate le foudroya du regard, cherchant à comprendre d'où elle pouvait bien le connaître.

- Yama, comme toujours, c’est un plaisir de te revoir.

Car en tous cas, lui la connaissait. Posant ses mains sur ses hanches, la Capitaine lui donna trois secondes pour s'expliquer, avant qu'elle ne lui fracasse la première bouteille venue sur le crâne.

- Tu es sublime. Même si je suis positivement convaincu qu’une robe rouge te siérait encore mieux.

Une... robe rouge ?

Elle mit un instant à comprendre, avant que les souvenirs ne se rappellent à elle. Elle n'avait pas très bonne mémoire, les souvenirs de ses nuits avec d'autres étaient souvent flous. Mais elle se souvenait très bien de la première soirée qu'elle avait passé avec Samaël, car - à l'inverse de beaucoup de ses conquêtes d'un soir - ils avaient gardé contact. Et elle l'avait vu sous sa véritable apparence, privilège qu'elle savait rare.

Un sourire sincère se traça sur ses lèvres.

- Je vois. Tu n'es pas mal non plus, très cher.

C'était vrai. Cette apparence lui allait à ravir.

Se substituant à Vassilissa (qui - heureusement - l'avait laissée tranquille pour s'enquérir de ses autres invités), Samaël se glissa à ses côtés, lui murmurant le prénom de son identité actuelle à l'oreille. Bien, elle avait un véritable allié dans cette assemblée, et c'était plutôt rassurant.

Enfin, il y avait bien Elardar qui l'avait lâchement abandonnée pour aller se remplir la panse, mais où était-il donc ?

Le regard d'Albadune glissa sur les invités, s'arrêtant jusqu'à Selim qui, les bras plein de nourriture et l'air aux anges, discutait avec un homme qu'elle peinait à distinguer avec tous les convives mouvants et présents entre eux. De toutes façons, elle ne pouvait l'apercevoir que de dos et, même si cette silhouette lui rappelait quelqu'un -

Ses ongles s'enfoncèrent machinalement dans le bras de Samaël. Récupérant hâtivement un verre de vin qu'un serveur amenait par là, elle en but une grande gorgée avant de calmer sa respiration. Un instant, elle avait cru... mais elle devait avoir mal vu. Ceux qui étaient morts étaient morts, quant à elle... elle devait arrêter les substances qui commençaient sérieusement à influer ses sens.

Un petit groupe bruyant détourna son attention de Selim et de son perturbant interlocuteur. Les fixant, elle vit plusieurs filles qui entouraient un jeune homme... pour le moins charmant. Le fixant durant quelques instants, Yama eut un petit rire. Si Vassilissa avait bien failli lui faire remettre en question son orientation sexuelle, ce jeune homme aux cheveux aussi noirs que les siens venait de confirmer ce qu'elle savait : elle aimait les hommes, dieu merci.

Désignant le groupe nouvellement rejoint par la Comtesse, Yama s'adressa à Samaël.

- Dis-moi, Sa... Aaron. Ce type, là... tu le connais ?
Yama Albadune
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Selim Elardar
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Selim Elardar
Lun 3 Mar - 12:59
Décidément, rien ne remplaçait la bonne nourriture. Même si pour en profiter pleinement, il fallait accepter quelques dommages collatéraux. En effet, poussé par son estomac, Selim se déplaçait de plat en plat. Qu'il était bon d'enfin pouvoir manger. Si bon que celui qui pouvait profiter de cette sensation ne remarquait pas toujours ce qui se trouvait sur son chemin. C'est ainsi que Selim avait accidentellement bousculé un Marquis. Voyant que ce dernier avait faillit tomber, Selim s'excusa. Puis, alors qu'il s'apprêtait à partir vers un monde meilleur, à savoir l'autre partie du buffet, le Marquis déclara :

- J'espère pour vous qu'on ne tente pas de nous empoisonner.

Puis, en désignant la nourriture chérie qui sommeillait dans les bras de l'Ankou, il poursuivit :

- Sinon vous allez être le premier à tomber.

Selim regarda un instant la nourriture qui se trouvait dans ses bras. Pourquoi même cet objet divin pouvait-il être source de mort ? Le monde était décidément bien cruel. Selim regarda l'homme affublé d'un serre-taille (ou serait-ce un corset ???) et déclara :

- Il faut bien que quelqu'un meure en premier, n'est-ce pas ?

Puis il ajouta, philanthrope :

- Si ce que vous dites est vrai, au moins ma mort aura servi à avertir les autres que la nourriture est empoisonnée.

Puis il ajouta, philosophe, tout en regardant la nourriture :

- C'est incroyable comme tout peut être source de mort. Que se soit une dague, un pistolet ou un met succulent... Que la vie est fragile... Nous avons tous frôlé la mort à plusieurs reprises. Je suis persuadé que c'est aussi votre cas, n'est-ce pas ?

Puis il ajouta, défaitiste :

- C'est le Destin, est il est très difficile de s'y soustraire. S'il décide que nous devons mourir, sa volonté sera faite.

Et quand il s'agissait du traitre Destin, Selim savait de quoi il parlait.
Selim Elardar
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Nikolas Klaus Jensen
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Nikolas Klaus Jensen
Lun 3 Mar - 13:55
"Ponyal. YA budu smotret' eti."

Son russe était un peu rouillé mais il ne pouvait pas chuchoter plus bas et Vassilissa se déplaçait en se souciant bien peu de Nikolas et des gens qui pouvaient le bousculer. Pour garder un minimum de discrétion, il s'assura que son ruban fonctionnait parfaitement. Non. Il avait des ratés. Il lui avait bien semblait que Yama l'avait regardé comme si elle l'avait vu. Il devait encore faire des progrès en matière d'enchantement de dissimulation.

Il se dirigea sans aucune gêne entre les convives et arriva tout près du grand balafré et de gentilhomme efféminé. Nikolas eu du mal à respirer tant son parfum se montrait agressif pour des naseaux peu habitués à des olfactions chimiquement préparées. Il saisit le type à la cicatrice par le coude et la boule puante par l'épaule, très légèrement, comme une simple bousculade de plus, et harmonisa le dialogue. Il mit leurs émotions au même niveau d'enthousiasme et poussa un peu leur niveau d'espoir pour qu'il s'attendent à une bonne nouvelle au cours de la soirée. La démarche n'avait pris qu'une seconde. Même s'ils s'étaient rendus compte de quelque chose, ils étaient à présent de trop bonne humeur pour tenir rigueur à un inconnu qui les bousculait alors qu'ils obstruaient l'accès au buffet.
*Bon, ça, c'est fait. Au suivant.*

Il s'éloigna dans un souffle, cherchant des yeux l'autre nid à problème. Il se dirigea vers la femme travestie qui semblait mener à mal un jeune homme à l'allure étrange. Suffisamment près, il comprit qu'il y avait matière à dispute. La paternité, ce n'était pas un problème à prendre à la légère. Dans un fluide mouvement autour du couple, il posa une main sur le dos de l'homme et lui donna un regain d'espoir. Il semblait en avoir besoin. Des forces pour combattre, pour percer à jour son interlocutrice. Quant à elle, Nikolas lui passa une main sur la joue, comme une caresse d'ange, et lui baissa son espoir afin qu'elle ne prenne plus autant de plaisir à malmener le "père de ses enfants". L'expression fit sourire le jeune Père Noël. C'est pas demain la veille qu'il serait...
*Willow ?*

Cette aura. Cette flamme. C'était elle, à n'en pas douter. Même avec une perruque et même séparée d'elle par une foule aux émotions bouillonnantes, il la reconnaissait. Il la reconnaîtrait toujours. Il se précipita vers la brunette qui croquait nonchalamment une pomme en s'entretenant avec un pirate qui paressait moyennement ravi de la voir.
*Un peu ravi quand même, hein, enflure*

En une bourrasque qui fit s'envoler quelques assiettes, il se retrouva près du duo. Il ne s'était pas trompé. Sans réfléchir, il toucha l'homme à la tempe, détruisant tous ses espoirs. Sa seule volonté serait de disparaître de la surface de cette maudite terre, jusqu'à ce qu'il y arrive ou que Nikolas en décide autrement.

Sans une hésitation, il se redressa face à sa flamme.
"Ne crois pas que je ne sois pas heureux de te voir, lune de ma vie.... Mais... Est-ce bien judicieux ?"

Pour être sûr qu'elle le voit, il lui prit la main. Il tremblait d'inquiétude.
"Willow, regarde-moi. Qu'est-ce que tu fais là, pour l'amour de Grumgni ?"
Nikolas Klaus Jensen
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Samaël Izyn
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Samaël Izyn
Lun 3 Mar - 18:47





- Je vois. Tu n'es pas mal non plus, très cher.

Cela fit sourire Samaël qui prit la jeune femme par le bras, lui glissant son prénom d’emprunt à l’oreille avant de frôler sa joue d’un baiser.
Il s’adressa à elle de cette voix si intense et si particulière que possédait Aaron, chuchotant à moitié. Il ne tenait pas, contrairement à Vassillissa, que tous les convives entendent leur conversation, même s’il n’y avait pas forcément quelque chose de secret dans cette dernière.

Tu espères qu’il finisse par t’attraper de nouveau, ou tu viens juste ici pour braver les interdits ?

Son ton était légèrement taquin, car il savait pertinemment que personne ne pouvait empêcher à la jeune femme de faire quoique ce soit. Même un Roi. Et surtout le Roi dont il était présentement question. Ils marchèrent lentement, se faufilant avec aisance au milieu des invités comme s’ils faisaient ça tous les week ends, chacun laissant son regard vagabonder dans la salle tout en entretenant une conversation plus ou moins intellectuelle, voir même complètement fictive.
Ils s’arrêtent en bout de pièce, avec un point de vue particulièrement bon sur le reste de la réception, chacun sirotant un champagne.
Champagne qui faillit bien signer l’arrêt de mort de l’incube lorsque Yama planta soudainement ses ongles dans son bras, le faisant s’étouffer avec le liquide pétillant. Il toussa, foudroyant la jeune femme du regard, ce qui suffit à la faire sourire d’un air malicieux, bien qu’il perçut un fantôme dans ses yeux noirs. Ce même fantôme qui traversait parfois ses prunelles nocturnes lors de leurs discussions.

Il lui sourit à son tour, posant sa main sur la sienne pour la serrer brièvement. Il ne connaissait pas l’objet de son trouble mais il savait que cette ombre voulait aussi dire qu’il ne demanderait pas. Il réfléchissait d’ailleurs à cet accord tacite entre eux lorsqu’elle l’interpela, changeant de prénom à la dernière seconde.
Il suivit son regard et tomba sur … Lucas. Lequel était entouré de quatre petites dindes gloussantes qui s’amusaient à papillonner des cils, touchant ses manches ou le devant de sa chemise avec des air de biches énamourées.

L’incube échappa un petit rire mi-moqueur, mi amusé. Sûr que Monsieur Grey devait a-do-rer être au centre de l’attention cette fois ci.

Ah non, désolé Yama, mais tu ne l’auras pas celui là.

Elle lui jeta un regard d’abord surpris, puis le défi illumina ses iris d’ébène, le faisant doucement rire à nouveau.

Mh. Tout d’abord, tu es beaucoup trop féminine pour lui, sweetheart. Et ensuite…

Son regard vairon remonta sur le lord anglais qui avait été rejoint par la Comtesse, bien que cela n’ai nullement découragé ses groupies qui continuaient de s’agglutiner autour de lui, malgré l’air agacé du jeune homme. Il aurait bien été chassé ses demoiselles, mais il n’en avait pas l’envie pour l’instant. Sa colère l’empêchait surement d’être objectif. Et il savait très bien qu’il finirait par aller montrer à ces dindes qu’elles étaient un peu trop… gloussantes pour le brun jeune homme. Il ne supporterait pas de voir à nouveau ces prunelles de velours voilé par cette mélancolie et cette fragilité qui prenait parfois Lucas lorsqu’il était approché de trop près par une femme entreprenante.

Et ensuite ma belle, oui je le connais. Il s’appelle Lucas Grey. Et figure toi que cet homme est le même qui m’a poussé dans ce bar le jour de notre rencontre. Et aussi celui qui est mon cavalier pour ce soir.

Il rebaissa les yeux vers la jeune femme qui avait écarquillé les siens. Il s’apprêtait à s’expliquer lorsque des assiettes volèrent au sol près d’eux, sans raison manifeste, attirant leur attention. Mais ce que Samaël retint, ce fut le visage de la jeune femme brune près d’un grand basané. Ces grands yeux bleus, serait-ce … ?
Un sourire s’étala sur le visage de l’incube alors qu’il entrainait Yama en direction des deux autres, et se stoppa d’ailleurs pile en voyant quelqu’un qu’il n’avait jusque là pas remarqué, et qui s’adressait à sa Willow, la tenant par les mains.

L’air interloqué, surpris et perdu de la jeune femme le fit intervenir.

Nikolas ?!

Le jeune homme sursauta et se tourna vers lui, surpris avant de froncer les sourcils.

Ah. Oui. C’est vrai…

Il tendit la main, touchant l’avant bras du beau gosse. Oui, il n’y pouvait rien, c’était quelque chose que vous ne pouviez louper chez Nikolas, et la raison même pour laquelle ils se connaissaient. Entre autre.
L’intéressé ouvrit d’ailleurs de grands yeux en reconnaissant l’empreinte de son aura puis il récupéra sa main.

Qu’est ce que tu fais avec ma petite sœur ?

Son ton était brusque, mais c'était bien malgré lui. Toute rationalité semblait disparaître de sa personne lorsqu'il s'agissait de Willow. Il n'y pouvait pas grand chose.
L’incube n’attendit même pas la réponse, tournant la tête la jeune femme brune dont il embrassa tendrement la joue.

Tu aurais du me dire que tu venais Sorà.

Il lui sourit puis fronça à nouveau les sourcils, pointant les deux hommes du menton, notant la pâleur extrême de Nikolas sans en connaître la raison.

Ils t’importunent mon ange ?

Samaël Izyn
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