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 [Année 004]Vassillissa

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Lucas Grey

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Lun 3 Mar - 19:12


Vassillissa


Le Corbeau laissait son regard sur son beau Samaël. Son apparence était celle qu’il avait lors de leur rencontre. Cette apparence qui l’avait mise en appétit. Cette apparence qui avait alors abusé de lui. Ils n’étaient pas nombreux, ceux qui avaient abusés le Corbeau et s’en était sortis aussi bien. Mais Samaël était exquis, surprenant et follement intriguant. Il ne risquait jamais de s’ennuyer avec lui. Pour peu que leur relation progresse ne serait-ce qu’un peu vers quelque chose de plus tranquille et plus posée qu’alors. Lucas s’étonnait lui-même de penser ainsi, il ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait et il était convaincu que ses envies de grandeurs passeraient toujours avant une quelconque histoire de cœur… Mais les deux pouvaient être intimement liées, n’est-ce pas ? Mais ses pensées, ses réflexions d’aménagement en France, furent interrompues par quelque chose qu’il craignait bien plus qu’un bain de foule : un bain de fille. C’est en se massant le front qu’il tenta de se dérober –sans succès- à cet essaim de mauvaise nouvelles avec décolleté rembourrés pour se diriger vers Samaël. Lorsque l’une d’elle lui saisit la main dans un élan de courage –ou de désespoir- il sentit sa patience et son masque de calme s’effriter. Mais il resta impassible, se retournant simplement afin de parler avec les glousseuses. Il sentait qu’il aurait beaucoup de mal à se défaire de jeune femmes si entreprenantes. Il entreprit donc de leurs poser des questions sur leurs activités. Peut-être lui seront-elles utiles au final? Mais elles étaient aussi intéressantes que l’eut été un verre de ce vin Espagnol. Intriguant un instant, puis finalement non. Tout du moins c’est la réflexion qu’il se fit en attrapant l’un des verres d’un plateau fermement tenu par un homme qui semblait à bout de souffle. Il devait courir depuis un certain temps entre les tables maintenant. Cela lui pris le temps d’une gorgée pour déposer le verre à peine entamé sur un autre plateau de passage.



▬ «Bonjour Boss, vous avez l’air de bien vous amuser. Mais…Où est passé Samaël ?»

Un grognement lui répondit, suivit d’un mouvement de tête vers l’intéressé. Non ce n’était pas de la jalousie, enfin le Corbeau se refusait à l’appeler ainsi. Mais il détestait que les choses ne se passent pas comme il l’eut souhaité. Et rien ne se passait comme il le voulait. Il fut obligé de se remémorer à plusieurs reprises la raison de sa présence pour ne pas simplement faire demi-tour.


▬ « Samaël s’amuse bien de son côté. Continuez de sonder la foule et cessez de vous moquer de moi, Shin. Vous savez comme je peux être taquin en retour.»

Un fin sourire s’étira sur sa belle bouche, accompagné d’un redressement de son sourcil gauche afin d’accentuer l’humour de son propos. Il était assez proche de Shin –sans doute plus qu’avec la plupart des personnes- mais il ne s’était jamais départis de son vouvoiement. Une manière de garder à l’esprit qu’ils restent tout de même patron et employé sans doute ? Et alors qu’il se tentait désespérément de maintenir ces furies loin de sa nuque et du haut de son torse, une jeune femme habillée tel un homme les rejoignit. Elle devait sans doute être belle –pour une femelle- mais il ne s’attarda pas vraiment sur son physique, interloqué par leur conversation. Son regard fit la navette avec toute la lenteur du monde entre la jeune femme et son garde du corps. Puis il revint à la jeune femme. Puis il la jaugea. Il manqua de donner une tape dans l’épaule du singe pour le congratuler, mais il se souvint soudain des bonnes manières. Trainer avec tant de criminels mal élevés commençait à déteindre sur lui. Puis une histoire de paternité vint noircir le tableau. A tous les coups ce bon Samaritain de Shin allait tomber dans le panneau encore plus vite qu’un aveugle. Et ça ne manqua pas. Lucas ne put retenir son regard de se dresser vers le ciel avant qu’il ne les regardent simplement s’éloigner.


▬ « Un être civilisé parmi un tel équipage... Vous êtes une sorte de curiosité n'est-il pas ? A moins que vous ne soyez de ceux qui apprécient la proximité grisante du danger...»

Légèrement désorienté par tous ces retournements, Le Corbeau pivota sur lui-même afin de se trouver face à face avec une femme somptueuse, sans l’ombre d’un doute. Une nouvelle courtisane ? Non sans doute pas. Elle était bien mieux habillée que toutes les femmes présentes ici et ne semblait vouloir mettre l’accent sur rien d’autre que sa bonne naissance. Des cheveux blonds et un port droit, elle correspondait presque trop bien à la description que lui avait offerte un peu plus tôt la servante. Elle devait sans doute être la fameuse Lady Vassilissa. Le beau Lord recula d’un pas –instinctivement- avant de se rattraper par une majestueuse courbette. Il attrapa la main de la jeune femme et arrêta ses lèvres quelques centimètres avant d’entrer en contact avec son gant. Il lui fallut un peu plus de temps que le voulait la bienséance pour se redresser. Il observait la dentelle de son gant, la longueur délicate de ses mains encerclées de ce fourreau de soie noire. Et le gant qui cessait très vite, montrant la minceur presque émouvante de son poignet. Cette femme avait de très belles mains. Il se redressa, lui offrant un magnifique sourire à la fois éclatant et resplendissant qui respirait la sincérité avec une teinte d’amusement. Il n’avait toujours pas lâché sa main et, comme s’il n’en était pas conscient, il caressait doucement son alliance sous le mince tissu.



▬ « Madame, mes hommages. Je suis ravi de vous rencontrer. Je suis presque toujours une curiosité, sinon pourquoi auriez-vous voulut me parler ? Mais il est bien plus amusant d’être ici que de s’ennuyer chez un noble quelconque. Et je suis flatté que vous m'accordiez votre compagnie... »

Sa voix était de velours, son regard de satin et c’est dans un déchirement presque clair qu’il relâcha sa main. Son espagnol était très bon, tant et si bien que son accent ne s’entendait que très peu, mais il était certain que ses origines avaient été trahis au détour d’une syllabe. Mais il ne s’en souciait guère, il ne voulait que faire la conversation. Et quoi de mieux que de parler avec l’hôte acclamée ?



▬ « Mais et vous donc, Madame, pourquoi donc vous mêler à ce point avec des criminels de la pire espèce comme nous ?»

Il avait insisté sur le nom qu’il lui donnait et avait glissé avec langueur sur la mention du « nous ». Oui, il faisait partit des criminels malgré les apparences. Pourquoi cela serait-il si surprenant ? On pouvait être beau et mal intentionné. Son sourire ne cessait de rayonné au visage de la jeune femme alors qu’il jouait de son pouce et de son index avec le collier inconnu autour de son cou. Il crut entendre les prétendantes grogner derrière lui et derrière la dame à la robe plantureuse, mais il ne s’en formalisa pas outre mesure. Il était trop occupé à ne pas regarder en direction de Samaël qui semblait très proche de la brune qui était plus tôt au bras de la Comtesse. Il lui fallut de nombreux efforts pour conserver son sourire et son regard avenant.


© By Halloween sur Never-Utopia

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Mistral Despair

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Lun 3 Mar - 21:56
Les hommes de sang bleu sont généralement excessivement doués dans les jeux de paroles et d'attention. Tout miel et velours ils complimentent joliment pour insulter ou accordent une attention passionnée à un individu ou discours qu'ils méprisent. Et évidemment le Marquis était doué en ces domaines ; quoique peut-être très légèrement moins dans le second. Il était un homme d'une patience limitée lorsqu'il s'agissait de frivolités -ridicules qui plus est- qu'on lui contait pendant des siècles. Et il détestait lorsque d'autres êtres projetaient leur ennui sur lui.

D'une main gantée et impérieuse, la dentelle carmin de sa chemise carmin glissant jusqu'à son poignet, il arrêta les incessantes sottises du bavardage de l'imposant homme face à lui. << Ne me parlez pas Destin, je vous en prie. Je suis un homme lettré qui sait que la mort ne vient que de celui qui l'inflige. >> Pas de menace dans ses paroles ; ce bandit n'avait rien fait que l'assommer de sornettes mystiques, il ne les valait pas. Un mépris léger sur ses croyances suffirait. Mais soudainement, il fut comme plus bienveillant qu'il ne l'avait jamais été, ou si peu. Quelque chose de si étrange Ô si étrange qu'il s'en montra presque suspicieux. Mais enfin, il avait un bon espoir instantané que cette soirée se passe pour le mieux. Et pourquoi pas serait-elle le fruit d'une nouvelle bienheureuse. Il ajouta donc d'un ton d'excuse. << Mais qui serais-je à vous dire quoi penser ! Retournez donc à votre spirituel festin, très cher ami. >> Sur ce, il abandonna son bousculeur pour d'autres convives qu'il avait précédemment aperçu. Dont cet intriguant gentilhomme qu'il avait observé assailli de tant de criminelle vestales et qui semblait en plus de lui-même l'un des seuls ici présent à avoir une once de bonnes manières inculquées.

De ce fait Mistral orienta ses pas vers l'endroit où il le supposait être ; et fut récompenser par deux lots dans le prix d'un. Le garçon en noir était accompagnée de leur hôte. Vassilissa était une grande femme slave au traits nobles d'une terrifiante beauté. Même lui qui n'avait d'usuel pas ces critères-là devait bien s'avouer devant cette stupéfiante apparence. Néanmoins, cet aval féminin ne s'appliquait pas aux quatre demoiselles qui les entouraient. Aussi le français brandit-il sa canne d'or en avant afin de se frayer un passage entre elles sans avoir à les toucher de ses propres mains. << Pardonnez-moi mesdemoiselles, le Marquis aimerait passer. >>

Une fois la vague d’oestrogènes fendue en deux de son bâton tel Moïse, Mistral eut enfin l'occasion de se rapprocher. Il commença par saluer la comtesse d'une belle révérence et d'un élégant baisemain. << Vassilissa Bella, quel bonheur de vous connaître, vous êtes vraiment de toute beauté. >>

Puis redressant l'échine avec finesse, il porta ses yeux céruléens sur le jeune homme aux cheveux noir corbeau. Il y avait quelque chose de fascinant en lui, de trop subtile pour l'entendement mais pas assez pour être ignoré. Sa beauté peut-être, comme au diapason de celle de Vassilissa. Sauf que jamais il n'avait été sensible à ce genre de choses chez les hommes. D'impulsion pourtant, il lui donna son vrai nom, celui de sa naissance, celui des papiers qu'on avait rayé parce qu'il était trop honteux pour encore le mériter. Et celui qu'il avait récupéré en France bien plus tard. Officieusement davantage qu'officiellement, mais il préférait bannir ce reniement de son esprit. << Je suis Mistral-Ange de Raincourt ? >> Il avait tourné sa salutation d'une manière étrange. Une question à la fin de son nom qui engagerait son interlocuteur à en faire de même mais sans le lui demander expressément. Mistral ne savait pas pourquoi, mais cela était ainsi et simplement ainsi.
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Rey de Marisma

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Lun 3 Mar - 23:11
Spoiler:
 







Spoiler:
 

Le zéppelin s'était ébranlé, avait pris son envol, faisant résonner un doux son mécanique, sourd, ronronnant dans son sein d'acier, les hélices fendant l'air. Et ils rejoignaient les nuées.
Une excitation certaine effleura son épiderme. Elle partit dans un sautillé aérien qui ne laissait pas de bruit dans se sillage, son pas expérimenté de criminelle et de chasseuse étant frère de silence. Elle arriva devant la porte. LA porte. Enfin, la première porte quoi.

De sa serrure, une lumière rouge et or s'échappait. L'intruse se pencha en avant comme pour embrasser la serrure et ses lèvres formèrent ces mots grésillants derrière son masque :

"Holà, mi amor".
Es-tu verrouillée, ma belle ? Elle actionna la poignée. Bien sûr que oui. Elle fit une moue, désappointée, on lui résistait. Tant pis, elle aimait... forcer un peu la main. Un doigt se glissa dans sa coiffure sous son casque, prit une épingle, la tordit, et avec un coup de main qui trahissait une pratique assidue de ce genre d'exercice, fit sauter le loquet. Elle entra.
La salle des machines.

Première phase du plan : en cours.
Sourire sous le masque.
Elle s'éclipsa à pas feutrés dans les ombres de la salle là où la lumière brûlante des fourneaux faisait naître par contraste une obscurité intense
entre deux machines infernales. Elle les aimaient bien ces douces machines, elle. Un coup d'oeil lui suffit pour voir que l'endroit était peu gardé et qu'il y avait fort peu de machinistes, mais suffisamment pour l'empêcher de passer inaperçue si elle voulait correctement obéir aux ordres de son patron. Actionnant son masque, elle fit rouler une bille noire au centre de la salle, passant totalement inaperçue entres les divers amas de charbon. Au premier choc contre la paroi d'un des fourneaux, elle dégagea un gaz incolore qui se répandit rapidement avec la chaleur ambiante.
Ce n'était pas un poison.
Ni un somnifère.
C'était un gaz qui ralentissait les nerfs. Les machinistes continuaient leurs activités tout en faisant chacun de leurs gestes au ralenti, engourdis, un peu fiévreux, la vue embuée.
Elle avait dix minutes.
Usant à outrance de l'immense espace pour trouver des angles morts, elle passa les lieux au peigne-fin. Ombre fine, silhouette svelte et rapide, elle ne se sentit satisfaite qu'après s'être assurée qu'il n'y avait pas la moindre trace de ce qu'elle était venue chercher. Des explosifs.
Eh bien quoi ? Une invitation en plein ciel des plus parfaits bandits par une Comtesse, vous ne trouvez pas que c'est le piège idéal ? On ne savait fichtrement pas ce qu'elle pouvait bien avoir derrière la tête, mais une Comtesse un peu lunée pouvait très bien avoir envisagé la possibilité de tout faire sauter. Cela fait, l'ombre rejoignit l'autre bout de la salle et se glissa dans l'embrasure d'une porte en haut d'une échelle, derrière une grande cheminée à vapeur qui faisait danser les pistons.

Première phase : terminée. RAS.
Deuxième phase : en cours.

Le couloir donnait sur nombre de pièces qui subirent le même sort que la salle des machines, en plus de faire l'objet de recherche d'informations diverses. Salle des cartes. Observatoire. Quel encombrement ! Enfin, selon elle. Pourquoi de telles salles ? La comtesse devait être aussi excentrique que lui. Lors d'un tournant, des voix se dirigeant vers elle firent frémir son excitation première et qui, jusque là, n'avait pas trouvé de réel défi. On venait ! Avisant une bouche d'aération, elle sauta et fit un magnifique grand écart, ses jambes bioniques s'allongeant légèrement, pour la laisser ainsi, dans une posture fort cocasse, un peu en dessous de la grille qu'elle fit glisser avant de s'y hisser avec toute l'agilité d'un chat. Elle attendit patiemment qu'ils passent puis s'éloignent, avant de se laisser retomber, mi accroupie, les sens aux aguets.
Dernière porte de l'étage.
Salle des communications...... occupée, bien entendu. Elle pouvait entendre les voix des standardistes derrière la porte métallique. Le gaz de tout à l'heure ne serait bien sûr d'aucune aide.
Mais le patron lui avait fait don d'un gadget pour le moins surprenant, de la taille d'une grande enveloppe et ayant la forme d'un disque épais, comme ceux des bandes son que l'on trouvait en grand nombre dans ce genre d'endroit. Elle l'ouvrit, laissant apparaître des rouages, et un réseau complexe de fils qu'elle connecta en suivant scrupuleusement les directives qui lui avaient été données, une fois cela fait, les rouages en carbone se mirent en route, telle une grosse horloge.
30 secondes avant le déclencheur.
Et comme une grosse horloge, minutée. Elle remit la coque extérieure en place et cala l'engin sous son bras.
Avec délicatesse et application, elle actionna le loquet sans complètement l'enclencher ni complètement le remonter, afin d'éviter que le cliquetis ne les alerte. Les occupants du lieu avaient tous deux des casques. Bien, parfait !
Après avoir jeté un rapide coup d'oeil dans le couloir, elle se faufila, plaça l'engin parmi d'autres de ses confrères destinés à la benne et lentement, un pas en arrière après l'autre, elle ressortit.

Allaient s'ensuivre 15 minutes d'arrêt de tout engin se trouvant à proximité. Heureusement la salle des machines étaient hors de portée, mais le centre de communication ne s'en sortirait pas aussi bien. Cela donnerait de quoi occuper ces bons hommes. Ce genre de pannes étaient monnaie courante dans les engins volants et sans doute étaient-ils loin de s'imaginer que la cause était due à une intruse.
L'important était que cela désamorcerait également les éventuelles bombes et éviteraient les rapports gênants dans le quart d'heure qui allait suivre...

Second étage.

La population avait changé... Elle allait devoir se déguiser un peu.
reculant légèrement pour se tenir près de l'escalier, elle se changea en un éclair. Abandonnant son masque qu'elle mit en genouillère, son casque en guise de faux-cul, elle sortit de son sac un long pan de tissu à fanfreluches qu'elle accrocha à son bustier noir en cuir et lui tomba jusqu'aux pieds. En tout cas, elle fit en sorte qu'on ne voit pas ses pieds, adoptant une taille plutôt moyenne pour la gente féminine. Puis elle rajouta par-dessus celui-ci une chemise bouffante et un corset assorti. Enfin, elle retourna ses gants qui passèrent de noir à blanc, recouvrant ses bras bioniques, releva ses cheveux d'un tour de mains et abandonna son sac, vide, dans une bouche d'aération.
Prête.

Deuxième phase : terminée. RAS.
Troisième phase : en cours.


Spoiler:
 


Dernière édition par Rey de Marisma le Lun 3 Mar - 23:58, édité 2 fois
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Willow

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Lun 3 Mar - 23:37
Le tour de Willow avait eu son petit effet. Les jeunes femmes piaillaient auprès du jeune homme ténébreux qui avait fait son entrée, attirant ainsi l'attention d'une grande partie des personnes présentes dans la pièce et ennuyant visiblement le centre d'intérêt de ces petites servantes. La fée était très contente d'elle. C'est donc armée d'une jolie pomme bien rouge qu'elle s'avança vers Solal, qui ne l'avait pas encore reconnue. Mais une fois qu'elle eut adressé la parole au pirate, celui-ci n'eut plus aucun doute quant à son identité. Son air extrêmement surpris arracha un rire à la fée devenue brune le temps d'un sortilège.

La rouquine était tout de même contente d'entendre que Solal ne l'abreuvait plus d'insultes, comme les premières fois qu'elle l'appelait au travers du cristal qu'elle lui avait prêté. Certes, son langage n'était pas toujours des plus délicats, mais la tension était bien moindre que lors de leur rencontre en France après dix années de séparation.

    - Je suis venue chercher un peu de distraction et assouvir ma curiosité. Avec tous ces malfrats, il y a de quoi faire, tu ne trouves pas ?


Puis Solal lui fit un compliment sur sa discrétion, arrachant un nouveau sourire à Willow. Son enchantement fonctionnait mieux qu'elle ne l'espérait. C'était à son tour de lui en faire un – et non, la fée n'avait absolument pas en tête la malédiction qu'elle avait octroyé au pirate. C'est donc en toute sincérité qu'elle s'adressa à lui en ces propos :

    - Toi non plus tu n'es pas mal sans tous tes foulards. On voit enfin ton visage. Ça change.


Oh que oui, ça changeait. Car au final, la dernière fois que Willow avait vu le visage – et les cheveux ! – du pirate, c'était il y a une décennie. C'était, en réalité, la première fois qu'elle le voyait à visage découvert à l'âge adulte.
Il avait bien changé.

Il y eut une bourrasque légère, comme si quelqu'un venait de passer tout près d'eux. Willow le ressentit, et crut même voir une silhouette qu'elle ne reconnut pas sur le coup. Puis, le visage de Solal se crispa. Ses yeux se vidèrent avant de se remplir d'une angoisse et d'un désespoir sans nom. La rouquine arqua un sourcil. Que lui arrivait-il donc ? Mais elle n'eut pas le temps d'aborder de nouveau le pirate. Une voix résonna tout près d'elle.

Cette voix. Oh, cette voix ! Elle résonnait de manière tellement agréable aux oreilles de la jeune fée qu'elle ne put réprimer un frisson de joie. C'était lui, ça ne pouvait qu'être lui. Mais ses yeux d'or qu'elle aimait tant restaient invisibles à la rouquine qui s'était mise à tenter de détecter auprès d'elle la présence de son si cher Nikolas. D'ailleurs, que faisait-il ici ? Elle développa ses sens, cherchant l'aura de son amant.

    - Oh... où es-tu ? Souffla Willow d'une voix pleine d'espoir et de tendresse.


Enfin, il apparut devant elle. Leurs mains étant maintenant en contact, le Feu-Follet vit Klaus rejoindre la réalité devant elle, ses longs cheveux attachés, ses magnifiques yeux couleur de soleil trahissant une certaine inquiétude que la jeune femme ne comprit pas. Sa deuxième main vint se refermer sur celle, tremblante, de son Père Noël, à qui elle ne put s'empêcher de sourire tant elle était heureuse de le voir ici, près d'elle. Mais son sourire retomba toutefois très vite, bien que sa joie de le voir n'avait pas changé d'un iota.

    - Nikolas... que se passe-t-il ? Pourquoi tu...


Elle n'eut pas même le temps de finir sa question, de donner un baiser à son amant, ou même de lui demander s'il y était pour quelque chose dans l'étrange état actuel de Solal, qui avait perdu jusqu'à son expression faciale. Un couple s'approcha d'eux, un grand homme aux cheveux blancs ainsi qu'une superbe jeune femme – en réalité, la même qui se tenait tout à l'heure au bras de l'hôtesse. Willow se demanda qui il était, jusqu'à ce qu'elle entende l'homme dire « petite sœur ». Oh, Irmàn ! C'était bien lui, dissimulé sous une énième apparence que Willow ne connaissait pas.

    - Grand frère, c'est bien toi ?!


Elle salua d'un signe de tête la jeune femme qui l'accompagnait. Elle était vraiment très jolie, malgré les multiples cicatrices qui ornaient ses bras.

    - Ta dernière conquête ? Elle est ravissante. Enchantée.


Son grand frère se pencha ensuite pour l'embrasser. Willow ne savait plus trop où donner de la tête, entre Solal qui l'inquiétait, Nikolas qui la souciait tout autant et l'arrivée de Samaël qui semblait connaître son amant.

    - Je ne savais pas moi-même que tu venais. Fit-elle en haussant légèrement les épaules.


Elle ne pouvait pas dire qu'elle était entrée sans invitation devant Solal, cette inconnue et devant Klaus dont la pâleur du visage lui faisait réellement souci. Elle serrait toujours doucement les mains de son Père Noël, mais cela ne l'empêcha pas de répondre à son Irmàn.

    - Oh, non, pas du tout. Solal est un ami d'enfance, précisa-t-elle en jetant un œil inquiet au pirate, quant à Nikolas, il s'agit de mon compagnon. Termina-t-elle avec un sourire, portant à sa bouche la main de son amant pour l'embrasser, ne laissant pas de place au doute pour son frère.


Elle vit alors celui-ci pâlir, devenir aussi blanc que ses cheveux. Que se passait-il cette fois ?! Les yeux de Willow naviguèrent de Solal à Klaus à Samaël, avec une inquiétude non dissimulée.

    - Enfin... que vous arrive-t-il ?!
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Teague « Sharpeye » North

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Jeu 6 Mar - 4:23
Frost suait à grosses gouttes. Si SilverFists Jong était là, ça ne présageait rien de bon. Son passé le rattraperait-il ? Il était pourtant persuadé d’avoir coupé tous les ponts en étant parti. Mais comme le vieil homme le disait, ‘Lorsqu’on s’avance sur le chemin des Sun On Yee, on ne recule plus’’. La question était : est-ce qu’il fallait prévenir Teague ou non ? Ce dernier avait déjà suffisamment de problèmes avec Trappen. Et puis, ce n’était pas la peine de l’affoler pour rien, peut-être que Frost avait de simples hallucinations. Il préféra se diriger vers le buffet, lui aussi. Mais, bien évidemment, pas de thé. Déçu, il hésita à se retourner vers la comtesse. Mais elle semblait occupée à parler avec d’autres convives de la soirée.

Teague repensait à Elsie avec nostalgie. La belle barmaid lui manquait. Il manquait sa chevelure de feu, ses yeux d’espoir et sa bouche de nymphe. Sa pensée dévia un peu sur son corset, non pas pour lui déplaire. Un homme le bouscula accidentellement, mais cela déstabilisa Teague et il renversa un peu de son vin sur ses bottes. Il attrapa l’inconnu par le col.


-Dis-donc, mon gars, tu crois pas que tu pourrais faire un peu plus attention ?

Frost arriva rapidement pour les séparer doucement.

-Teague, va donc faire ami-ami avec les convives avant de te faire plaquer une seconde fois.

Il failli répliquer, mais il préféra s’éloigna en bousculant Simon. Ce dernier se tourna vers l’inconnu.

-Si j’étais vous, je tenterais de ne pas recroiser sa route.

Il lui fit un grand sourire et se tourna vers la foule d’invités. Il se stoppa net à nouveau. Il était persuadé d’avoir encore vu SilverFists Jong. Il tenta de suivre la silhouette, sans succès.
De son coté, Teague cherchait toujours Solal et Trappen, mais le persan au yatagan n’était tout simplement pas trouvable. Il faut dire que si tout le monde avait été dénué de ses armes, un simple sabre ne suffira pas à le retrouver. Il bouscula quelqu’un.


-Oh, sorry mate.

Aux cotés de Samael se trouvait Yama Albadune. Ce capitaine avait des poumons sacrément développés et North n’avait pas oublié qu’elle lui avait sauvé la vie en angleterre.

-Albadune ?

Il ouvrit amicalement les bras avec un sourire, comme pour dire qu’il était content de la voir.

-Ca fait du bien de voir un visage amical ici…

Il se pencha pour regarder derrière elle.

-Où est Nikolaï ?


Simon ne se sentait plus du tout à l’aise. L’idée d’avoir Jong derrière son dos ne le réconfortait pas beaucoup. Au milieu de cette foule, il était comme à découvert, ne pouvant pas voir son ennemi. Il décida de sortir, mais au moment où il allait atteindre la porte d’entrée, il se résigna. Il ne pouvait décidément pas laisser North seul au milieu de tout ces gens, il serait capable de déclencher une guerre mondiale à lui tout seul. Simon repéra un garde et se plaça près de lui. S’il restait proche, rien ne pouvait lui arriver. Seulement, Jong n’avait pas besoin d’armes pour tuer rapidement quelqu’un, bien au contraire. Il imita la posture droite du garde en positionnant ses bras derrière son dos. Il tourna la tête vers ce dernier.

-Dure journée, hein ?

Le garde ne répondit rien.

-Vous en avez beaucoup des gars comme lui ?

Il avait pointé Teague du regard en disant ça, mais le garde resta silencieux. Frost remarqua que le garde ne lâchait pas les yeux de sa patronne. Un long silence resta entre les deux hommes.

-Elle est pas mal la comtesse, hein ?

Le garde détourna les yeux vers lui, esquissa un sourire avant de hocher la tête en rougissant. Apparemment, on avait apprit à ce gaillard-là de rester intransigeant malgré la situation, mais cela restait un être humain. Si Jong était là, avoir un ou deux gardes de son cotés pourrait être très utile si la situation tournait mal.

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Invité
Zahnfee V. Edelstein

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Ven 7 Mar - 15:04



La Salle de Réception


Les convives s'étaient facilement adaptés à l'opulence de la situation. Le buffet avait été dévalisé à bon train et les caves de la Comtesse vidées avec empressement. La plupart, en toute bonhommie, profitaient de la soirée sans se soucier du reste. S'ils s'étaient peut-être montré dubitatifs à leur arrivée, leur méfiance s'étaient complétement envolée.
D'autres voyaient là l'occasion de se retrouver : la flibuste, le meurtre et la rapine étaient somme toute des activités solitaires. On avait rarement l'occasion de festoyer de concert avec autant de collègues de travail. Des groupes s'étaient ainsi formés et papotaient gaiment en trinquant à l'oeil. Ils seraient peut-être ennemis demain, mais pour le moment ils étaient camarades de festin.
Certains restaient pourtant sur le qui-vive, tentant de décrypter la situation. Ainsi s'échinait Simon Frost sur un pauvre garde dont le mutisme semblait à tout épreuve. Quand le pirate mentionna les courbes de la Contesse, le soldat lui jeta un regard aussi furtif que foudroyant qui coupa court à toute velléité de conversation. Le second de North n'obtiendrait rien de plus de lui. Mais cela ne voulait pas dire que le petit personnel était aussi borné : une servante ou un sommelier sauraient d'avantage être loquaces.

Vassilissa se tourna lentement vers Lucas , un léger sourire condescendant aux lèvres.

-"Nous" ? Oh comme vous y allez. Sachez mon cher que ce n’est pas parce que votre plumage est noir que cela fait de vous un criminel.

Elle se pencha un peu en avant. Son parfum de jasmin embauma l'air à rendre ivre n'importe quel homme, même ceux qui ne mangeaient pas de "ce pain" là. Son regard lui avait quelque chose de polaire, à l'instar de ces grandes plaines glacées russes. Il fit frisonner malgré lui le jeune homme.

- Pour cela, il faut se salir les mains et l'âme.... murmura-t-elle.

Elle se redressa comme si de rien n'était. Elle chercha Nikolas et trouva l'empoté main dans la main avec une brunette qui n'en était visiblement pas une. Kochtcheï avait peut-être raison de traiter le jeune homme d'incapable : il avait été mis sur la touche pour les beaux yeux d'une demoiselle. Elle regarda l'heure fixement, puis à pas mesurés, regagna les escaliers qui lui servaient parfaitement d'estrade.

Elle frappa lentement dans ses mains. Une fois, deux fois, trois fois... La musique mourut sur quelques notes dissonantes laissant place aux applaudissement sinistres de la maitresse de maison. Sa voix s'éleva alors, brulante et clair dans le silence.

- Mes très invités, mais très chers amis. Vous avez fait honneur à ma maison et je vous en suis gré. Il est désormais temps de parler affaires.


Elle laissa le soin à un ange de passer.

-Si je vous ai fait venir jusqu’à moi, poursuivit-elle, c'est pour vous proposer un travail bien précis. Un travail qui, je n'en doute pas, ne présentera aucune difficulté pour les experts que vous êtes. Avant d'évoquer la teneur de cette mission, je vais vous en exposer les rétributions...

Elle s'autorisa un sourire étudié.

- Certain le savent peut-être déjà, où du moins l'ont-il deviné, je suis la Contesse Vassilissa Lagouchka de Valeroso, veuve du défunt Comte de Valeroso et détentrice d'une des plus grosses fortunes du monde. Le destin a décidé que je ne pourrais pas offrir d'héritier à la lignée de mon noble époux. J'ai donc décidée de le choisir moi même...

Son sourire s'accentua.


-... Parmi vous.


Un remous invraisemblable agita la salle...





Petits Salons


Le Capitaine Trappen avait eu la sensation de suffoquer au milieu des miasmes de luxe et de complaisance. L'assemblée l'avait irritée d'autant qu'il avait la sensation désagréable qu'une présence familière et invisible l'observait depuis la foule. Il s'était éclipsé promptement, trouvant refuge dans un des petits salons attenant à la grande salle. Malheureusement pour lui, la solitude était un luxe qu'il ne pouvait pas se permettre sur l'Albatros. Un des soldats de Vassilissa le suivait à bonne distance et l'empêcha de fermer la porte du petit cabinet jaune dans lequel il était venu chercher un peu d'intimité. S'ensuivit un petit duel de regards à qui céderait à l'autre. Un duel qui fut brusquement interrompu par des sanglots.

Dans un coin de la pièce, une jeune soubrette aux cheveux auburn pleurait à chaudes larmes. Ses beaux yeux noirs humides se levèrent vers les deux impromptus avec une terreur glacée. Elle tenta vainement de cacher la tâche de vin maculant horriblement tout le devant de son tablier.


- Ne le dites à personne ! S'il vous plait !

Les deux hommes s'entreregardèrent, indécis.



Appartements


L'espionne n'avait pour le moment rencontré aucun accroc. Elle avait déjoué les patrouilles habilement et son changement aussi subtile que spectaculaire de tenue lui assurait à présent une couverture presuqe parfaite.
Du moins le croyait-elle.

- Par tous les Nénuphares !
fit une voix éraillée derrière elle. Quelle est la petite gourde qui vous a attifée ainsi.

Charca observait de ses deux gros yeux globuleux la robe qui couvrait la demoiselle en retard. Sa mine dévastée parlait pour elle.


- Ah ! Elles vont m'entendre ! De nos jours on ne trouve plus de vraies femmes de chambre qualifiées ! Toutes ces jeunettes ne sont que frivolités et manque de concentration ! Le petit personnel n’est vraiment plus ce qu'il était...

Elle empoigna la demoiselle par le poignet et d'un geste ferme la traina dans une des chambres inoccupées. Elle ferma la porte, poussa un bref soupir en roulant ses yeux démesurés dans leurs orbites et ne laissant pas vraiment le choix à son interlocutrice elle entreprit de délacer son corsage.

- Je sais que vous êtes très en retard, mais le cuir est beaucoup trop vulgaire pour une demoiselle. Je vais vous trouver quelque chose de plus seyant !




Salles des Machines



Quinze minutes s'étaient écoulées. Une détonation quasiment indécelable parcourut les couloirs. Seul les murs vibrèrent un peu, faisant couiner le métal. Le chargé des communication, qui comptait fleurette à une des bonnes se retourna avec anxiété pour constater que son matériel ne répondait plus. En sortant dans le couloir, il constata qu'une panique similaire régnait parmi ses collègues ingénieurs et les machinistes. Tous les appareils électriques ne donnaient plus signe de vie. Fort heureusement la salle des machines semblait avoir été épargnée, les préservant d'un crash mortel.
Le soldat attrapa le communicateur radiophonique sur le mur avant de se rappeler dans la foulée -et en lâchant un juron- qu'il était inutilisable. Impossible de donner l'alerte.

- Il faut prévenir les étages supérieurs ! ET QUADRILLEZ-MOI CES PUTAINS D'ETAGES ! ON A UNE INTRUSION !

Le reste se perdit en ordre confus...




La Salle de Réception


Même l'Albatros sembla accueillir la déclaration de Vassilissa avec étonnement. On entendit son ossature de fer et de cuivre grincer.

- Bien évidement il y'a des conditions : En premier lieu remplir la quête que je vous dicterais, en second lieu accepter toutes conditions que je vous fixerais dans le cadre de celle-ci.

La Contesse papillonna gracieusement des cils.

- Ceux qui pensent être assez fous, téméraires ou curieux pour poursuivre connaitrons l'objet de cette quête. Les autres vous quitterez notre petite fête sur le champ, mais rassurez-vous, vous le ferez en homme libre et sans crainte d'être poursuivis...

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Invité
Mistral Despair

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Sam 8 Mar - 0:18
La vision est quelque chose de très relatif après tout. Une courte information lumineuse que l'oeil interprète comme bon lui
semble et dont l'esprit fait ce qu'il lui plaît. Aussi ne peut-on pas vraiment s'y fier car on ne voit que ce que l'on veut voir. Mistral l'avait bien appris à ses dépends car depuis de nombreuses années c'était loin d'être la première fois qu'il croyait la reconnaître. Grandie et plus femme, ce fantôme aimé, cette ombre qui infectait sa vie par l'obsession qu'elle lui causait depuis maintenant si longtemps.

C'était long dix ans. Très long lorsque chaque nuit on rêvait d'un souvenir si ancré dans l'âme qu'il restait aussi vivace qu'au premier jour. Et tant mieux, oublier la saveur de sa Petite Fleur aurait été encore pire.

Mais à l'instant le Marquis qui n'était venu que par curiosité et intérêt se retrouvait détaché de la chose. Il n'écoutait plus la si sublime comtesse que d'une oreille distraite et n'avait offert qu'une attention des plus limités au fascinant gentilhomme dans son costume noir. Ses rétines étaient cramponnées à cette jeune femme à laquelle elles s'agrippaient avec la force d'une mère retenant son enfant qu'on tenterait de lui arracher.
Adressant un faible salut au convive de charme obscur à ses côtés ; << Réservez-moi un instant plus tard, mon cher. Une importance m'appelle. >> il entreprit de se glisser, coulant à travers la foule en émoi des dires de Vassilissa, plus proche de celle qui flouait ainsi son esprit malade d'amour.

 À mesure que le français se rapprochait -de sorte que elle ne puisse le voir- ses doigts gantés faisaient tourner plus rapidement la canne dorée dans sa main et sous le cuir serré à sa taille ses entrailles se resserraient. Rien de franchement perceptible d'un œil extérieur ; mais à l'intérieur il avait honte. Il s'humiliait d'être faible à s'accrocher si fébrilement à ce qui serait sans aucun doute un espoir vain.
Mais cette cascade de soie noire et lisse, les yeux à peine bridés d'une nuit encore plus intense et cette peau à la pâleur lunaire éveillaient en lui tant de mémoires qu'il ne pouvait ignorer. Et puis l'âge concordait ; et il était tellement sûr qu'elle était vivante quelque part. Alors pourquoi pas ici ?
Il prit un verre sur un plateau et le vida d'une traite avant de le reposer. Oui, il était dès lors assez désespéré pour le vin Espagnol.

Bousculant avec grâce sur son passage (de toute manière l'agitation par rapport à cette révélation d'héritier était telle que peu s'en souciaient), Mistral arrivait presque à son but. Sur le moment il se fichait de l'annonce ; même si la part dans sa tête qui était encore rationnelle hurlait que cet argent serait le bienvenue sur les affaires en baisses et qu'on en avait jamais assez. Rien d'autre n'importait que cette créature devant lui, maintenant séparée de personne.

Peut-être sentait-elle sa présence dans son dos.

Il l'espérait. Lui qui était si opposé de nature à ce qui n'était pas la science aurait volontiers accepté un lien mystique entre eux.

Ses lèvres soudainement sèches eurent besoin d'être humidifiés d'un coup de langue rapide et le tremblement de ses mains maîtrisé. Il ne savait pas combien de temps il pourrait encore garder contenance.
Humant doucement la nuque de cette inconnue-connue il sentit ses pupilles s'élargirent et la grande salle manqua de tanguer autour de lui. Il aurait reconnu ce parfum de peau n'importe où et n'importe quand, même après ces années.

Le Marquis était afflué de sentiments. Euphorie, colère, bonheur, peur, amour ; le tout mélanger dans un tourbillon à l'infini dans son corps.

Alors il planta sa canne dans le sol pour un peu plus de stabilité et se pencha à l'oreille de Ran -penser ce nom lui aurait presque donné les larmes-, venant poser sa joue presque contre la sienne et mêler ses boucles noires avec sa lisse cascade de même teinte.

Lorsqu'il parla, sa voix contenait la saveur du rouge Espagnol qu'il venait de boire et plus de son humeur naturelle. Il était suave, presque moqueur, un peu contradictoire avec son ressenti mais il fallait bien soigner son entrée lorsqu'il lui susurra ces quelques mots en français << Tu m'as beaucoup manquée, Petite Fleur >>
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Invité
Yama Albadune

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Sam 8 Mar - 2:07
Peel off all those eyes, crawl into the dark
You've poisoned all your children to camouflage your scars
Pray unto the splinters, pray unto your fear
Pray your life was just a dream, the cut that never heals..."

- Marilyn Manson - Man That You Fear

- Ta dernière conquête ? Elle est ravissante. Enchantée.

Haussant les sourcils, Yama jeta un regard à Samaël. La jeune brune l'appelait "Grand frère", il devait donc s'agir de la sœur de cœur dont il lui parlait de temps en temps. Adressant un sourire bravache à ladite sœur, elle fit un pas de côté, se séparant ainsi de Samaël pour adresser à la brune une révérence ironique.

- En effet, Samaël fait partie de mes nombreuses conquêtes.

Sur ces paroles dignes d'un homme, elle se releva et serra la main de la jeune fille.

- Enchantée, je suis Yama.

Elle adressa un signe de tête à Nikolas qui semblait s'amuser à apparaître et disparaître de sa vue avant de saluer de même le seul homme du petit groupe qu'elle ne connaissait pas. S'ensuivit quelques paroles qui ne l'intéressaient pas vraiment ; la conversation mondaine était loin d'être son domaine de prédilection et les liens des uns avec les autres ne l'intéressaient que très moyennement. Heureusement, la venue d'un pirate qu'elle connaissait mieux vint la distraire et lui donner une occasion de se détourner du quiproquo :

-Albadune ?

Tiens, il s'était décidé à lui parler maintenant. Répondant à son geste amical par un sourire, elle répliqua :

- North. Ravie de te revoir.

Elle ne mentait pas tant que ça.

- Ca fait du bien de voir un visage amical ici… où est Nikolaï ?

Le sourire de la Capitaine disparut, remplacée par une moue songeuse. Croisant les bras, elle soupira ;

- Je n'ai aucune idée. Ces derniers temps, il est particulièrement difficile à joindre.

Puis, plus bas, presque comme pour elle-même, elle ajouta :

- ... j'espère qu'il ne lui est rien arrivé de grave.

Elle voulut reprendre mais le silence qui se fit dans la salle l'en empêcha. Rendue soudainement attentive par la cessation de la musique, la foule se fit silencieuse... à l'exception d'un homme balafré qui, longeant les murs en silence, lui adressa un sourire bienheureux tout en se rapprochant d'elle, les bras pleins de nourriture. Yama lui adressa un petit signe de la main avant de se focaliser sur les paroles de Vassilissa. Elle allait enfin savoir pourquoi ils étaient tous là.
~~~

Il y eut un remous, des bousculades, des rumeurs. Jetant un regard à Selim, Samaël et Teague pour voir s'ils réagiraient, Yama resta immobile, bras croisés, assimilant la nouvelle.

Ce n'était pas qu'elle avait besoin d'argent, non. Mais sa curiosité était trop forte pour qu'elle s'en aille maintenant. C'est ainsi qu'elle resta debout, prête à attendre que la foule se calme pour entendre la suite des instructions. Peu lui importait d'être poursuivie, elle avait un pays à ses trousses, plus rien ne pouvait lui faire peur.

Du moins, c'était ce qu'elle croyait.

Il fut d'abord une présence parmi tant d'autres, un souffle de plus contre elle alors qu'elle attendait. Se raidissant imperceptiblement, elle attendit qu'il parte mais ce ne fut pas le cas. Il restait derrière elle, sa joue frôlant presque la sienne, ses cheveux dans les siens. Et alors qu'elle songeait à s'écarter brutalement, il eut cette voix, cette voix qui la ramena des années en arrière.

- Tu m'as beaucoup manquée, Petite Fleur.

Le temps que les mots parviennent à son esprit que sa respiration s'en trouvait coupée, comme si quelqu'un lui avait asséné un coup au ventre. Les yeux soudainement écarquillés, elle sentit une goutte de sueur couler le long de sa tempe.

Et cette respiration contre sa peau, ce souffle brûlant...

... connu...

... insoutenable.

- ... espèce de fils de pute.

L'insulte, prononcée en japonais, avait commencé d'un ton bas et grave pour finir dans un cri suraiguë modelé par la haine. Faisant volte-face brutalement, Yama se retrouva en face de l'homme qui, il y avait de cela dix ans, avait marqué son âme à jamais. Prenant à peine le temps de vérifier que c'était bien lui (C'était lui, oh oui. Et elle haïssait le fait de l'avoir reconnu), elle se précipita sur Mistral, le plaquant contre un mur proche, serrant son cou des deux mains, bien décidée à en finir une deuxième fois s'il le fallait.

Mais sa résolution faiblissait, comme une pomme trop mûre que l'on laissait à la merci des vers. Même alors qu'elle semblait le tenir à sa merci, elle tremblait et suffoquait, comme si quelqu'un lui maintenait la tête sous l'eau. Incapable de retrouver une respiration normale, elle se contentait de serrer, son regard brûlant d'une haine glaciale mais -

La peur envahissait tout, mêlée à la rage et au désespoir de voir son plus grand cauchemar matérialisé ainsi devant elle à nouveau.
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Invité
Teague « Sharpeye » North

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Sam 8 Mar - 3:39
Yama exprima son questionnement sur la situation de Nikolai avec une sincérité effrayante. Teague tapa amicalement sur son épaule. Il faisait constamment ça sur les personnes qu’il aimait bien, et il venait de s’en rendre compte. C’était la première fois qu’il faisait ça à une femme. Même à Elsie il n’avait jamais la traiter comme un ami. Pour lui, la barmaid était bien plus, mais c’est une autre histoire. Il resta un temps dans le vide, se rendant ainsi compte de ce qu’il venait de faire puis répondit avec compassion.

-Moi aussi. Cet imbécile me manque…

North n’en croyait pas ses oreilles. Il commençait à se rendre compte du nouvel homme qu’il était. L’épisode des Bahamas ne l’avait pas laissé indifférent. Il avait prit conscience des choses, des êtres vivants. Il pensa à Adewale, notamment. Il commençait à s’attacher à l’être humain, et il détestait ça. Il serra des poings. C’était de la faute de Solal et de Trappen, et ils allaient le lui payer.

-…presque.

La Comtesse attira l’attention de toute la salle, ou presque. Au moment où elle commença à parler, Frost aperçu avec certitude le visage de Jong. Sa cicatrice pourrait être reconnue entre mille. Il avait vieilli, mais il n’avait pas beaucoup changé depuis leur dernière rencontre. SilverFists regarda, depuis l’autre bout de la salle, Simon, droit dans les yeux. Son regard était glacial et il ne voulait rien pardonner. Sans même écouter le discours de la Comtesse, il ouvrit la porte qui menait vers les appartements. Simon saisit sa chance, il traversa la salle au pas de course, en tentant de rester le plus discret possible, avant de suivre son ennemi juré dans les entrailles de la forteresse.

Lorsqu’il entendit les mots de la Comtesse, North failli s’étouffer avec sa propre salive.


-COMMENT ?

Il poussa les convives pour avancer jusqu’à se retrouver entre Vassillissa et le reste des invités.

-Vous nous avez fait venir, nous, respectables hommes et femmes, pratiquants d’humbles métiers raisonnables pour une simple histoire d’héritage ?!

Il y avait, dans son ton de voix, un mélange entre de la colère et de l’impatience.

-La dernière fois que je suis parti à la poursuite d’un héritage, j’ai failli perdre un œil et un bras !

Il serait bien parti, mais l’or intéressait toujours l’homme changé qu’il était.

-J’accepte ! Mais vous avez intérêt à nous donner une échelle sur votre maudit héritage, Comtesse !


Bien heureusement, Frost n’était pas là pour entendre ces mots, ou il aurait sûrement tué son compagnon. Il n’en croyait pourtant pas ses yeux. Jong avait encore disparut, comme s’il connaissait les recoins de l’endroit. Un long couloir rempli de portes se dressait devant lui. SilverFists était sûrement dans l’une de ces pièces. Il en ouvrit une au hasard et y croisa avec stupéfaction quatres hommes dans un même lit en train de faire des choses plus ou moins saines. Cela comportait des masques et des objets contendants de tailles différentes, mais Simon aurait préféré l’oublier immédiatement.

-Eh ! Tu peux pas frapper avant d’entrer ?!

Il claqua la porte et resta derrière elle sans bouger pendant cinq longues secondes. Il décida d’aller chercher autre part, en faisant simplement plus attention à ses arrières. La pensée que Jong était l’un des hommes masqués lui traversa l’esprit, mais il l’éradiqua immédiatement. Il ne voulait même pas y penser. Il avança dans le couloir et se retrouva devant une porte qui semblait différente des autres. Il l’ouvrit et se retrouva dans un petit salon. Le luxe de celui-ci était à s’en crever les yeux. Il y avait tout ce dont un petit salon pouvait avoir besoin, avec de l’or et de l’argenterie en plus. Il attrapa une pomme dans l’une des coupes à fruit et croqua sans même se méfier dedans. Un bruit de porte le fit se stopper. Il se dirigea vers la source potentielle de ce bruit et ouvrit la porte à son tour. Un autre petit salon. Trois personnes se trouvaient là et il les interpela.

-Excusez-moi, n’auriez-vous pas vu une personne comportant une grande cicatrice sur le visage pass…

Les hommes se retournèrent.

-Trappen !

Le bougre de Capitaine était là, accompagné d’un homme et d’une servante, dans ce salon luxieux. North tenait Solal et Trappen responsables de l’épisode de Tortuga, mais Frost savait pertinemment que cela ne pouvait pas être eux. Cependant, il allait falloir s’expliquer.
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Invité
Nikolas Klaus Jensen

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Sam 8 Mar - 11:27
Nikolas s'était déconnecté. Il refusait de faire face à ce scénario digne d'une comédie de mauvais café-théâtre. Willow et Samaël se connaissaient. Et ils étaient proches. Et Samaël connaissait Yama. Et ils étaient proches. Et Nikolas connaissait Samaël. Et ils avaient été proches, pendant un temps très court, le temps d'un souffle, d'un soupir. Le temps d'un halètement...

Le silence se fit dans la pièce, comme en réponse au mutisme de Nikolas. Il ignorait quoi dire. Son regard se baladait entre ses trois interlocuteurs, ignorant totalement le pirate qu'il avait rendu dépressif.

Et Vass' fit son annonce. Le Père Noël ne fut pas étonné outre mesure par la teneur de cette déclaration. C'était exactement le genre de choses qu'aurait pu faire Kochtcheï s'il avait été sociable. Ou s'il avait eu de l'argent. Ou s'il avait eu à chercher pour trouver des disciples...

En une fraction de seconde, les neurones de Nikolas se remirent à travailler.

Profitant d'un instant où aucun regard n'était tourné vers lui, il reprit le contrôle de ses membres, déposa un baiser sur le front de sa Rousse et disparu. Courant à travers la pièce tel un courant d'air, il frotta trois fois les talons de ses bottines. Il avait achevé l'enchantement quelques jours auparavant et espérait que ça marcherait. Il les avait appelées "Les bottes de sept mètres".

L'enchantement le rendit plus rapide et annula la douleur qu'il commençait à ressentir dans les jambes.

Tout irait bien. Tout très bien. Tout irait...

Il saisit deux hommes qui commençaient à devenir bruyants, menaçant d'échauffer la foule, et les remplit de l'espoir de devenir les petits héritiers de leur hôtesse.

Il aperçut furtivement un type sortir de la grande salle, talonné par un autre, mais ne s'en fit pas outre mesure. La sécurité des halls était assurée par une équipe très capable, qu'il avait équipé de quelques améliorations magiques, par précaution.

Tout irait bien, tout irait bien, tout irait bien, tout irait...

Il sourit en apercevant Yama parler avec le Pirate Rosbeef et se retourner sauvagement vers un "Jeune homme très sensible" affublé d'une gaine.
*Elle devrait mieux choisir ses fréquentations... Ce type a l'air puant...*

Elle cria et plaqua le type à la gaine contre le mur. Nikolas se rua sur la scène.

Pas la glace, pas la glace, pas la glace, pas la glace...

Il n'avait rien contre les règlements de comptes, mais pas ici, pas maintenant.
Il effleura le bras de la Pirate afin qu'elle lâche prise, transformant son hystérie en colère froide et réfléchie. Il n'était pas sûr que ça fonctionne, mais il était pressé. Dans le pire des cas, le Pirate au caleçon fleuri saurait l'aider. Elle n'était pas seule. Tant qu'il serait en vie, personne ne serait seul.

Il était à court de temps.
- Il faut prévenir les étages supérieurs ! ET QUADRILLEZ-MOI CES PUTAINS D’ÉTAGES ! ON A UNE INTRUSION !

Le dernier Jensen se félicita d'avoir pensé à installer des sortilèges d'écoute dans les endroits stratégiques du vaisseau. Même si certaines pièces résonnait de pleurs et d'autres de gémissements et grincements incompréhensibles, la situation lui prouvait qu'il avait bien fait de se préparer et de se montrer un chouïa excessif. Mais les congratulations seraient pour plus tard. Il devait passer à la vitesse supérieure.

Il s'arrêta derrière Vassilissa. Elle se délectait de l'agitation désordonnée et des questionnements de la foule. Quelle tordue. La digne héritière du vieux fou. Il lui prit la main, y glissant quelque chose.
- On a un problème aux machines. Je vais y jeter un oeil, il serait regrettable que la situation tourne au vinaigre. Continue ton petit manège et amuse-toi bien. Je m'occupe de tout.

Il lâcha sa main et commença à s'éloigner.
- Ah et garde ça près de ton cœur. Je l'ai enchanté de façon à ce que ça me remplace. Un pouvoir diffus, tout ce qu'il y a de plus basique. Fais attention à toi, бабушка

Il sortit de la pièce en coup de vent, porté par ses bottes enchantées.


Dernière édition par Nikolas Klaus Jensen le Dim 9 Mar - 13:32, édité 2 fois
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Invité
Rey Felipe de Marisma

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Sam 8 Mar - 16:43






Troisième phase en cours : obstacle imprévu rencontré.

- Ah ! Elles vont m'entendre ! De nos jours on ne trouve plus de vraies femmes de chambre qualifiées ! Toutes ces jeunettes ne sont que frivolités et manque de concentration ! Le petit personnel n’est vraiment plus ce qu'il était...

- Qu-quoi ?

La vieille femme à la face de crapaud l'attrapa sans sommation et l'embarqua dans la pièce la plus proche où l'espionne fut ni plus ni moins sur le point de perdre toute dignité alors que des gestes un peu trop experts à son goût s'attaquait à son corsage.

- M-Mais ça va pas la tête !

C'était bien la première fois qu'une vieille bique la traitait de la sorte, elle en était toute désemparée, la pauvre. Un homme encore, elle aurait su quoi faire mais là, sa touchait sa fibre sentimentale et le peu de morale qui lui restait.

- Je sais que vous êtes très en retard, mais le cuir est beaucoup trop vulgaire pour une demoiselle. Je vais vous trouver quelque chose de plus seyant !

- Justement ! Je suis TRÈS en retard !

Et d'où a-t-elle vu qu'elle était habillée avec du cuir, d'abord ? Elle était sûre d'en avoir recouvert chaque parcelle à l'aide ces fichus froufrous.

- C'est mon style ! Il est hors de question que vous remettiez mes gouts en question ! Non mais, vous me prenez pour quoi ? Une poupée en porcelaine peut-être ? Je suis une mercenaire par mes aïeux !

Sur ce elle se dégagea avec une force tout bonnement inhumaine, les joues rougies par le feu de la honte tout autant que son plus profond désappointement et la colère qui en résultait ! Haletant dans son corset, faisant face en étant légèrement pliée et à l'affut à la domestique, elle jaugeait la situation. Pas le temps, pas le temps ! Qu'elle l'assomme vite fait et que l'on n'en parle plus ! Mais si on venait et qu'on la réveillait, elle donnerait son signalement. Et avec l'intrus qui serait sans doute signalée, on n'aurait pas de mal à faire le rapprochement.
Dans quelle galère s'était-elle mise.

La femme ridée lui lança une énième ineptie sur la bienséance, la jeune fille l'envoya se faire voir assez fort mentalement pour que cela se voit sur son visage.
Le plus simple serait de la tuer.
Pas de témoin, pas de preuves, juste un meurtre. Elle resterait une fantôme.

Rhaaaa non ! Elle n'allait s'abaisser à leur niveau, ce n'était pas pour cela qu'on l'avait choisie !

Elle se redressa lentement. Ses pérégrinations mentales couplées à l'adrénaline ne lui avait pris que quelques secondes. Elle avait retrouvé son calme à une vitesse aussi rapide que dérangeante, elle avait fait son choix.

- Veuillez m'excuser. Mais je n'autorise à absolument personne de me toucher. J'ai choisi ma tenue, elle me convient, et si vous avez la moindre revendication à me soumettre, rappelez-vous que je reste avant tout une criminelle et que je n'hésiterai pas à vous faire entendre raison par la force si nécessaire.

Comme elle s'y attendait la vieille domestique en face était de l'ancienne école, et une travail mal fait, même sous l'injonction du client, était et restera pour elle le summum du déshonneur. Un manque de respect flagrant pour sa maîtresse, une faute.. bref.
L'espionne la coupa en faisant un bond en avant, la cala contre le mur et en captivant complètement son regard de ses yeux noisettes, une main plaquée contre sa bouche.

- Mais promis, je ferai un effort pour cacher ce vilain cuir.

Elle lui donna un coup de poing dans le diaphragme, jaugeant sa puissance pour seulement l'étourdir et finit de l'assommer proprement, sans bruit. Vraiment maltraiter les vieux n'était pas dans ses attributions, normalement. Mais elle devait faire vite : il lui semblait entendre un tumulte plus bas. Une fois bâillonnée et ligotée, elle laissa la vieille dans el placard après lui avoir administré une dose de drogue capable d'assommer un éléphant et surtout de lui faire débiter pas mal d'inepties. Drogue absolument pas prévue pour cette mission, mais passons. Maintenant que cette maigre menace était écartée, elle put reprendre le cours de son inspection. Les muscles un peu plus tendus que précédemment. Elle avait perdu un temps précieux. Elle sortit dans le couloir, passa devant des salles occupées par des servantes dont elle pouvait entendre les voix avant d'arriver à une porte plus épaisse, plus large et verrouillée.
En clair : suspecte.
Elle reprit son épingle à cheveux, eut quelques difficultés pour en venir à bout, et c'était un sacré compliment venant d'elle. Elle dut recourir à trois épingles avant d'entendre le loquet sauter. La porte s'ouvrit sur une suite.

Elle avait son idée sur l'endroit où elle se trouvait.
Et elle trouvait... que c'était un bon endroit pour chercher des informations.
Ce qu'elle ne manqua pas de faire après avoir pris le temps de refermer la porte et l'avoir verrouillée derrière elle.


Spoiler:
 
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Invité
Mistral Despair

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Sam 8 Mar - 17:05
Il lui rit au nez. Même alors qu'elle avait ses deux mains autour de son cou pâle et serrait, lui riait. D'un rire effrayant et heureux ; moqueur dans son geste mais pas dans son ton. Un rire qui exprimait tout son rayonnement et sa folie intérieurs, qui venait du fond de ses tripes.

Dans l'impulsion du moment, et parce que le monde avait tout bonnement disparu il vint la tenir à ses cheveux de ténèbres, derrière sa nuque, d'une main tandis que la paume de l'autre la saisissait à la joue.
Elle le serrait toujours mais sans plus grand chose de force. Aussi put-il aisément faire plier ses bras pour se rapprocher d'elle de sorte que son étranglement ressemblait davantage maintenant à un geste d'ardeur. Proches ô si proches, à nouveau réunis comme jadis. Et elle avait beau être toute grandie et femme devant lui, avec ses courbes et ce visage plus adulte ; dans les yeux bleus de Mistral elle restait celle de dix ans auparavant. Pour elle maintenant il se ficherait bien de sa pureté et de sa jeunesse.
S'il avait cru à ce genre de choses il l'aurait appelée son âme sœur. Comme Platon qui avait écrit qu'à l'origine ils étaient tous mâles et femelles, des êtres androgynes à deux têtes, quatre jambes et quatre bras que Zeus avait scindé par peur de leur puissance lorsqu'ils étaient réunis. Depuis lors, chaque être humain chercherait celle ou celui avec qui ils avaient été unis à la création.

Inclinant la tête vers la jeune femme de son cœur -ses cheveux glissant par-dessus ses épaules et leur offrant une intimité relative-, un sourire découvrant ses dents blanches, il la maintint bien étroitement contre lui et la força durement de sa bouche et de sa langue à un baiser de retrouvailles.
Il y avait du bonheur dans ses lèvres impérieuses mais aussi une sombre colère et beaucoup de rancœur. Qu'elle le veuille ou non n'était pas le problème, il savait depuis longtemps être celui qui avait plus d'amour d'eux deux ; et sa main sur sa mâchoire faisait en sorte de la rendre accueillante à sa passion. De toute manière elle aurait été bien ingrate, sa Petite Fleur, de le repousser aujourd'hui. Il lui avait été d'une fidélité totale durant ces dix dernières années ; elle ne lui ferait pas l'injustice d'empêcher un homme de retrouver sa femme après une si longue séparation.

De lui-même le Marquis finit par rompre l'étreinte de leur bouches avant que Ran ne retrouve suffisamment ses esprits. Et le front contre le sien, il se dit que la fraîcheur naturelle de sa promise était bienvenue tant il se sentait brûlant à l'instant ; puis murmura pour leur seule intimité << Tu le sais que tu ne peux pas te refuser, Ran. Ni avant, ni maintenant. >>
Et c'était la pure vérité. Elle avait toujours une dette envers lui, la nature de celle-ci avait simplement changée. Jadis elle lui avait été redevable de l'avoir sauvée de la misère de la rue et aujourd'hui elle devait payer pour avoir voulu le tuer, lui causant cette éternité de souffrance loin d'elle. << N'importe où, n'importe quand, tu es à moi. >> Il lui caressa la joue avec affection avant de la lâcher rudement en se redressant, la faisant reculer par sa force << Mais ça tu ne l'as pas oublié, n'est-ce pas? Tu devais bien te douter qu'un jour je te retrouverais, que ta pitoyable et vicieuse tentative de nous séparer ne serait pas un succès. >>

Le céruléens de ses iris étaient incendiés de son ire mais aussi de sa douleur. Il avait souffert plus que de raison à l'idée qu'elle aie réellement tenté de mettre un point final à son existence en le faisant chuter de son propre pont dans l'oeil de la tempête au-dessous et autour d'eux, le faisant s'écraser sur le sol allemand. Puis il avait relativiser ; si elle avait voulu le tuer de manière sûre, elle n'aurait eu qu'à l'embrocher en plein cœur une nuit alors qu'il dormait.

De retour au présent, il marcha vers elle. Sa canne depuis longtemps abandonnée sur le sol et ses élégantes attitudes mises de côté. Néanmoins cette fois il ne la toucha pas << Mais vois-tu ma Petite Fleur, je suis un homme bon. Et je te pardonne de ta méchanceté. >>
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Yama Albadune

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Sam 8 Mar - 18:24
Déjà la haine qu'elle éprouvait s'éteignait, remplacée par le froid de l'hiver qui siégeait entre ses poumons. Les mains toujours autour de son cou, la respiration sifflante et chaotique, Yama voulait partir. Elle voulait croire que tout cela n'était que le résultat de ses abus, une simple hallucination, un mauvais rêve comme elle en avait tant eu. Sa prise se desserra alors qu'il lui riait au nez, d'un rire qui lui sembla découper ses tympans comme des milliers d'éclats.

Elle n'y arrivait pas. Elle ne parvenait même pas à soutenir son regard.

Puis, sans qu'elle ne comprenne réellement ce qui se passait, il lui saisit les cheveux et l'attira contre lui dans une étreinte forcée, indésirable, d'autant plus violente qu'elle ne le voulait pas, jamais. Un frisson d'horreur parcourut son échine dorsale alors qu'il l'embrassait, forçant sa bouche comme si elle lui appartenait toujours, comme si rien n'avait changé. Elle voulait partir, se délivrer de ce contact brûlant mais se trouvait clouée sur place, pétrifiée comme une statue de glace. Le corps agité de spasme, elle ne put que crisper ses poings, espérait vainement encore une hallucination, priant pour que ce contact cesse, qu'elle meure à l'instant.

Et il y avait cette peur, cette peur enfantine, tentaculaire qui enserrait ses membres, l'empêchant de se soustraire à ce contact, à ses mains dans ses cheveux, ses lèvres contre les siennes. Ne me touche pas. Va-t-en, va-t-en, va-t-en.

Il rompit le contact mais resta près - si près d'elle, son front d'enfer brûlant contre le sien que la peur et le froid glaçait. Même encore ainsi, même encore des années après elle ne pouvait supporter ce regard.

- Tu le sais que tu ne peux pas te refuser, Ran. Ni avant, ni maintenant.

Non, ce n'était pas vrai. Elle n'appartenait à personne d'autre qu'elle-même, il fallait qu'elle le croie en cet instant plus que jamais. Déglutissant, la pirate planta son regard dans celui du Marquis, un regard que la haine et la peur transformaient. Il lui en fallait, du courage, pour braver ce spectre après tant d'années.

Mais elle avait changé. Et ce changement se voyait à ce détail, si minime soit-il.

- N'importe où, n'importe quand, tu es à moi.

Il la lâcha, brutalement. Dès que le contact fut rompu, Yama fit un bond en arrière, mettant une distance raisonnable entre elle et lui. Comme délivrée par ce changement, elle avisa rapidement autour d'elle n'importe quelle arme potentielle pour se défendre s'il venait à se rapprocher d'elle. Hélas, elle ne tira rien de concluant de ses observations.

- Mais ça tu ne l'as pas oublié, n'est-ce pas? Tu devais bien te douter qu'un jour je te retrouverais, que ta pitoyable et vicieuse tentative de nous séparer ne serait pas un succès.

Ainsi, il s'en souvenait hein... laissant un sourire grimaçant se peindre sur ses lèvres, la Capitaine se redressa quelque peu. Elle l'avait déjà tué, et peu importait comment il avait survécu, cela voulait dire qu'elle en était encore capable.

Enfin, tant qu'il ne la touchait pas encore.

- Mais vois-tu ma Petite Fleur, je suis un homme bon. Et je te pardonne de ta méchanceté.

Il fit un pas vers elle. Comme de concert, elle recula.

- Ne me touche pas.

Sa phrase avait sonné comme un avertissement, le grognement d'une bête prise au piège. Elle savait que la plupart des regards s'étaient tournés vers eux et la simple pensée qu'on aie pu la voir aussi faible la rendait malade.

Surtout ne plus montrer un signe de faiblesse, garder le contrôle tant qu'elle le pouvait.

Même si elle mourrait d'horreur à l'idée qu'il puisse la toucher encore.

- Je t'ai déjà tué une fois, je peux le refaire.

Bravade pathétique s'il en était. Pourtant elle était sérieuse. Elle se sentait prête à défaillir et priait pour que ses jambes ne se dérobent pas maintenant, pas en public. Serrant les poings, elle retrouvait contenance, en apparence.

Et dans sa poitrine, son coeur lui faisait tellement mal que chaque coup la mettait au supplice.
Spoiler:
 


Dernière édition par Yama Albadune le Mar 11 Mar - 18:06, édité 1 fois
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Vance C. Smith

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Sam 8 Mar - 19:43


Vassilissa
Libre.


~

Ton petit jeu semble avoir eu l'effet voulu, alors que le visage de Shin se décompose lentement. Un regard à ce fameux Lucas te suffit pour comprendre que seul ton compagnon est tombé dans le piège, et qu'ainsi donc le brun n'est pas à prendre à la légère. Mais tu préfères détacher ton regard de lui, tout comme tu fuis ton hôte. Quelque chose ne va pas avec leur beauté qui pourrait subjuguer n'importe qui, et tu t'inquiètes même de mon intérêt pour la grande dame, moi que tu sais intéressé par l'argent et le travail uniquement. Tu suis donc Shin avec joie alors qu'il s'éloigne des autres pour s'inquiéter de tes paroles. Tes mensonges le paniquent plus sûrement que ce à quoi tu t'attendais réellement, et ça ne manque pas de t'amuser. Peut-être te serait-il utile de le laisser mariner un peu plus longtemps avec cette histoire d'enfant. Comme si tu étais une femme capable d'élever un gosse sans qu'il en finisse complètement fou... Et puis, je crois bien, à mon plus grand plaisir, que ta non-existence te rend incapable d'un jour devenir mère, ou du moins pas de ton propre enfant.

Puis, un courant d'air vient effleurer ta joue, comme une douce caresse qui te fait sursauter et éveille ma curiosité. Qu'est-ce qui, en ce monde, peut bien prendre au dépourvu la grande Chandra que tu te dis être ? Tes yeux se vident rapidement de ton amusement, et ton cœur ne bat plus que de la peur de cet endroit. Je t'avais dit qu'il ne fallait pas venir, que ce piège nous laisserait dans des situations inconfortables. En voici une, Chandra, alors que la sensation de ne rien contrôler, pas même ton corps et tes émotions desquels tu n'as jamais perdu le contrôler avant ce jour, prend possession de toi. Tu te dis maître de toi-même et te voici pourtant incapable de retrouver goût à malmener le pauvre Shin devant toi. Que va-t-il penser de ton regard perdu quelque part, et de ton esprit bien trop occupé par autre chose que les prochaines provocations que tu pourrais lui offrir ? Reprends-toi, Chandra, ce n'est pas le moment de faiblir, ou je prendrai à ta place le contrôle de ce qui m'appartient.

« Echec. Que croyais-tu, Shin ? Tu n'auras aucun enfant de moi, mon grand, alors n'aie pas peur de te pencher sur ma tenue une autre fois. Mon prochain coup fera échec et mat, alors prépare-toi, mon chou. »
Tes doigts se glissent dans sa nuque et tu viens déposer un baiser sur ses lèvres, sans lui laisser le temps de se dérober à toi et à tes paroles empoisonnées. Ainsi tu t'éloignes sans attendre qu'il prenne le temps de se réveiller pour te disputer et avoir envie de t'étrangler. Tes pas te mènent alors vers ce coin de la pièce que tu avais juré de fuir, mais tu es trop concentrée sur ce qu'il se passe autour de toi pour penser à ce que tu fais. Tu continues donc ton chemin, passant près de Vassilissa et Lucas sans un coup d'œil pour leurs personnes. Ils sont un danger pour nous, et seraient capable de t'enlever le contrôle pour me le laisser, mais il est trop tôt, n'est-ce pas ? Ton dos se pose contre un mur, les bras croisés sous la poitrine, ton regard captant tout mouvement de la salle. Tu attrapes un verre d'un plateau à ta droite et le reposes vide lorsque le servant passe devant toi. Tu es trop perturbée pour continuer Chandra, laisse-moi fuir cet endroit, laisse-moi le faire pendant que personne ne s'intéresse à toi. « Calme-toi, Vance, rien n'est fini encore. » Tu m'en diras tant.

La belle dame monte quelques degrés pour prendre de la hauteur et capter l'attention générale, tapotant ses mains l'une contre l'autre pour taire les conversations et la musique d'ambiance. Ses paroles prennent leur envol pour venir se réfugier dans chaque oreille, même distraite, de cette salle. Elles trouvent leur cible dans chaque personne, éveillant curiosité ou déception. Ta joie te revient et mon intérêt arrive enfin pour la belle réception. L'argent mis en jeu ne peut qu'intéresser l'inventeur que je suis. Peut-être pourrions-nous trouver un moyen de séparer nos deux personnes avec tout l'argent de la famille de la comtesse. Mais devenir l'héritier de quelqu'un, tout de même, n'est-ce pas énormément de responsabilités ? Et quel genre d'héritier pourrions-nous être ? A la fois fils et fille d'une noble famille ? Personne ne comprendrait. Et tu ne t'amuserais que trop de la situation. Mais tout cet argent...

« Vous feriez un très bel héritier, Lucas, bien qu'il vous faudrait à vous aussi vous tenir en haut d'un escalier pour choisir votre descendant. Enfin, je ne doute pas que vous saurez innover en temps voulu, l'esprit masculin est plein d'imagination. »
Tu passes dans son dos, sans oser toucher le brun ni croiser son regard. Pourquoi donc cette provocation, même si bas murmurée ? Je me le demande encore. Si il t'est donné de comprendre mon esprit, je suis bien incapable de déchiffrer le tien, et personne ne le pourrait, idiote. Te voilà pourtant satisfaite de ta personne, alors que tu dépasses l'homme en noir avec un clin d’œil complice et une démarche assurée. Tes pas te mènent jusqu'au premier rang, jouant discrètement des coudes pour te faire une place. Ton regard se pose un instant sur l'homme qui critique pour finalement accepter le défi. Tes yeux dérivent finalement jusqu'à la comtesse, et tu sens l'agitation au fond de notre cœur. Une plus belle femme nous aurait perdu tous les deux, et je ne sais pas ce que nous serions devenus, à ne pas savoir lequel saurait mieux gérer la situation. Ta main se pose un instant sur ton cœur, alors qu'un grand sourire étire tes lèvres. Ta décision est prise, et je ne saurais mieux faire que toi en cet instant. Si Cyrus cherchait le renom, moi je cours après l'argent pour me séparer de ta misérable personne. Chacun son truc, dit-on.

« Je connais un homme que l'argent achète plus sûrement que vos beaux yeux, ma Dame, et je suis une femme qui ne saurait mieux comprendre votre situation. Nous mettons notre folie à votre service, Comtesse. »
Spoiler:
 



Dernière édition par Vance C. Smith le Dim 18 Mai - 18:54, édité 1 fois
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Solal Yarhi

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Sam 8 Mar - 20:54
Solal l'avait bien senti.
Ce n'était absolument pas une bonne idée de venir ici. Ils auraient dû rester en dehors de tout ça, à se dorer la pilule sur des plages inconnues, ou à piller aux quatre vents. Ils n'auraient jamais mettre les pieds sur ce foutu zeppelin.
Le persan voulait rentrer, se faire oublier... disparaître. Se perdre dans les steppes de son pays natal. Oui, ça semblait une bonne idée ça, c'était très bien. Complète absurde d'autant que c'était le meilleur moyen de se faire égorger comme le meurtrier qu'il était là-bas. Tel le chien galeux que Solal était devenu pour les beaux yeux d'une femme.

~
Il n'aurait jamais eu cette pensée sans le sentiment qui serrait son cœur sans discontinuer, à partir de ce moment-là. Cet instant où tout avait basculé.
Sensation qu'il n'avait pas vu venir, malgré le toucher invisible qui le fit faire un mouvement défensif... dans le vide alors que le second était en train de discuter avec Willow.

- Il fallait être bien habillé,... et, tu m'obsèdes, Willow. Merde, tu pourrais éviter les compliments ... ?

Grognon, Solal avait senti son pouvoir s'activer sans qu'il ne puisse rien y faire, ce qui avait provoqué un regard coléreux de sa part envers la rouquine. Il allait essayer de se rattraper avec une pirouette ridiculement sérieuse du genre " tu m'as cru hein ? " mêlé d'un rire, quand il avait senti ce froid.
Il avait pali, d'un coup, perdant le sourire éternellement accroché à ses lèvres, sous l'impression de suffoquer, souffrance inconnue qui lui vrillait la tête et le cœur. La détresse l'étreignit et il s'était rattrapé sur la table du buffet derrière eux sans s'effondrer pour autant, oubliant la fée à ses côtés l'espace de quelques minutes, tout comme les silhouettes qui s'étaient rapprochés d'eux, sans qu'il sache d'où ils sortaient.

C'était comme si le pirate jouait et assistait à la fois à une pièce de théâtre, en décalage de trois temps sur la situation, ses pensées s'enfuyant vers des zones qu'il avait soigneusement enfoui au plus profond de lui. C'était pire que les rares fois où il avait expérimenté le pouvoir cauchemardesque de son Capitaine. C'était la réalité, la sienne.

Le second du Souffle Gris avait essayé de suivre la conversation, les présentations par Willow. "Ami d'enfance " hein ? "compagnon" ? Ah. Bon. S'il avait été un peu surpris, Solal n'en était pas pour autant choqué ou jaloux. Il avait rapidement observé l'amant de la fée, avec froideur mais sans rien dire. Willow ne lui appartenait pas, elle faisait bien ce qu'elle voulait, même si...
De toute façon, qui était-il pour prétendre à un quelconque statut auprès du feu-follet ? Un minable. Cette constatation intérieure déjà, le dérangeait comme si ce n'était pas lui qui l'avait formulé.
S'il avait su... Oh, s'il avait su, le criminel aurait tout fait pour tuer cet homme, lui crever les yeux, quitte à user de fourchettes à fromage.

Il avait répondu au salut de la femme brune qui accompagnait cet homme que la rousse semblait très bien connaître. Brune. Cette couleur d'ébène qui lui rappelait une autre silhouette... Perdant le cours de la discussion, les pensées de Solal étaient passées de l'absence cruelle d'Alisha, ses conséquences, ses mensonges, les femmes qu'il avait ouvertement trompé, les deux hommes qu'ils avaient perdu lors de la tempête du mois dernier au fait qu'il s'était planté et avait mis des chausses de couleurs différentes hier...

C'était sa faute... Tout était de sa faute. Il était misérable, ne savait pas protéger son équipage ; mauvais marin, pire homme qui soit. Saligaud, meurtrier. Soudain, sa vie lui semblait peser trop lourd.
Et submergé par cet angoisse sans fond, le persan avait détourné la tête, l'eau de ses yeux menaçante de s'enfuir aussi, les sourcils pourtant froncés, reculant, mal à l'aise. Cette faiblesse lui faisait peur, alimentant la colère et la rage que ce sentiment provoquait instinctivement en lui.
Sans qu'il en ait conscience, Solal avait commencé à griffer ses avant-bras, luttant contre ce désespoir qui l'étreignait. sans qu'il en sache les causes exactes.

C'était le gros bordel dans sa caboche, si bien que sur le coup, il n'avait même pas remarqué ce qui s'était passé dans les secondes qui suivirent, ni le Capitaine du Red Wings. Il apostropha Willow d'une voix sombre, atone.

- Désolée Willow, je dois retrouver mon Capitaine, et ... je vais rentrer en Perse.

Qu'il s'excuse auprès de la fée, fait quasi-exceptionnel, ne le perturba même pas et il recula pour passer dans son dos. Le persan ne voulait qu'une chose, s'éloigner et s'effondrer. Mais le discours de Vassilissa bloqua son avancée. Il s'arrêta et comme la plupart des personnes dans la salle fut plus que surpris par ses déclarations.

Etait-il si désespéré qu'il accepterait de se soumettre à une bonne femme pour l'amour de son pactole ? Non. De toute façon, c'était perdu d'avance... Son esprit en pleine confusion n'était plus guidé par l'appât du gain ou l'envie d'aventure.Vaines envies.
Solal se retourna une dernière fois vers le petit groupe qu'il venait de quitter, mais au lieu de s'attarder sur sa maudite fée, ses yeux accrochèrent un autre regard, tout aussi connu.

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Nikolas était décidément une personne bien douée pour frapper d'une pierre deux coups, écartant les deux piliers du Souffle Gris, et si Trappen ne l'avait clairement identifié, il avait bien senti que quelque chose clochait, sensations trop vives pour les ignorer.
Mais pour le moment, le regard ténébreux du Capitaine passait de cet anglais à la soubrette en larmes.
Pas démonté pour un pesetas par le cul-pincé qui l'avait suivi à la trace, il hocha la tête, calmement et salua le nouveau venu.

- Frost. Vous cherchez quoi ?

Simon n'était rien pour lui, ou presque. Un homme de valeur du Red Wings, c'était sur mais le rencontrer ne lui faisait ni chaud, ni froid. Pratiquement tous les pirates s'étaient rassemblés ici, alors après tout pourquoi pas eux ?
Le Capitaine glissa tout de même un regard vers la porte, s'attendant à voir débarquer son homologue, éructant comme d'habitude... Mais pas de North.
Son attention se pencha vers la brunette dont les larmes ne cessaient de dégringoler sur son visage. Il posa un de ses doigt sur le tablier, comme pour vérifier que c'était bien du vin, avant de l'aider à se relever un peu brutalement.

"- Que s'est-il passé ?!"
Non, Trappen et le tact n'allaient pas de paire.
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Selim Elardar

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Sam 8 Mar - 21:13
- Ne me parlez pas Destin, je vous en prie. Je suis un homme lettré qui sait que la mort ne vient que de celui qui l'inflige.

Ainsi avait parlé l'homme qui se trouvait face à Selim, gâchant la merveilleuse tirade que ce dernier avait fait. Dire que pour une fois, Selim avait partagé ses réflexions. Qu'importe, Selim savait qu'il n'était pas autant doué pour les discours que pour les blagues, mais quoi qu'il en soit, il n'allait pas s'arrêter là. Alors que Selim s'apprêtait à rétorquer, il sentit un bien-être l'envahir. Il se sentait plein d'espoir, espoir qu'il avait pourtant perdu il y a bien longtemps. Peut-être ce sentiment était-il né de la divine nourriture que Selim tenait bien au chaud dans son ventre et dans ses bras. Décidément, la nourriture était un cadeau des cieux capable de miracle. Selim était même prêt à ne pas prendre ombrage du fait que l'on avait gâché son discours émouvant et sage. Il remarqua que le Marquis avait repris la parole.

- Mais qui serais-je à vous dire quoi penser ! Retournez donc à votre spirituel festin, très cher ami.

Ah ! Décidément, quel gentilhomme. Dire que Selim avait faillit être vexé face à une personne comme celle-ci. Mais bon, maintenant que le brave était parti, Selim allait pouvoir rejoindre Yama. Il avait pris une dernière poignée de nourriture et la direction vers le petit groupe lorsque la musique avait cessé, annonçant que Vassilissa allait parler. C'est les bras plein de nourriture et le visage bienheureux que l'assassin longeait les murs afin de rejoindre son amie tout en écoutant la Dame parler.

Décidément, l'espoir qu'il avait ressenti grâce à la divine nourriture ne s'avérait pas vain. Si Selim était choisi comme héritier, il aurait assez d'argent pour pouvoir vivre sans tuer et sans avoir peur des forces de l'ordres. Oui, il lui fallait cet argent, pour qu'il puisse vivre sans faire souffrir les autres, pour qu'il puisse enfin goûter au bonheur et vivre en paix. Alors qu'il s'approchait de la capitaine, il remarqua que le gentilhomme qu'il avait croisé auparavant était aux côtés de Yama. La réaction première de l'Ankou fut évidement de penser que le Marquis était encore une personne des caraïbes, mais la suite lui démontra que l'affaire était un peu plus complexe. En effet, après avoir prononcer une phrase en Japonais que Selim ne put comprendre (eh oui, il connaissait pas toutes les langues), la capitaine, devenue folle, tenta d'étrangler le Marquis. Celui-ci lui rit au nez avant de la forcer à l'embrasser. Selim en avait trop vu maintenant. Après avoir relâché sa nourriture si précieuse et, à l'abris des regards, encore une fois tenté de mettre une capuche inexistante, Selim s'interposa entre les deux, tout en prenant l'air le plus imposant possible, gonflant ses muscles et toisants l'homme d'un regard méprisant et froid. Ce regard qu'il utilisait lorsqu'il fallait impressionner des criminels ou ses employeurs. Malgré tous les inconvénients que le métier d'assassin comportait, il y avait quand même quelques avantages. En effet, quand cela s'avérait nécessaire, Selim savait se montrer imposant et puissant. C'était un autre Selim qui se tenait devant le Marquis. Ce n'était plus Selim l'homme torturé avec un humour douteux, mais l'assassin, l'Ankou. Il n'allait quand même pas laisser quelqu'un s'en prendre à son amie, n'est-ce pas ?
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Shin

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Dim 9 Mar - 12:01
« Echec. Que croyais-tu, Shin ? Tu n'auras aucun enfant de moi, mon grand, alors n'aie pas peur de te pencher sur ma tenue une autre fois. Mon prochain coup fera échec et mat, alors prépare-toi, mon chou. »

Shin se figea. Elle avait tendu son piège à la perfection et il était tombé dedans comme un amateur…Il n’y avait aucun enfant, juste un mensonge qui avait probablement accéléré le malaise du Voleur. Tout le poids de la culpabilité qui s’était écrasée sur lui avait laissé place à de la colère. Elle poussa même l’affront jusqu’à lui glisser un baiser avant de s’éloigner vers le coin de la pièce. Chandra avait fuis avant qu’il ait le temps de lui faire payer son culot. Echec ? Non pas encore .Si elle croyait que parce qu’il était tombé dans un de ses coups, la victoire lui était assurée. Il avait encore des atouts dans sa manche, la partie continuait et c’était à lui de jouer. Il voulut rejoindre sa Rivale quand Vassillissa tapa dans ses mains pour récupérer l’attention de la salle. Son discours éveilla la curiosité de toute la salle, éveillant l’intérêt des uns ou la déception des autres personnes ne semblait neutre face à cette femme. Alors que le Voleur s’avançait vers l’hôte, son regard passa sur Chandra qui murmura à son patron. Lucas en héritier ? Oui, c’était le plan, Lucas gagnait les faveurs de Vassillissa pendant que lui et Chandra continuaient à son service. Après la jeune femme ne résistera pas à l’appât du gain qui se présentait devant elle et s’alliera à eux.

Shin se fondit dans la foule, alors que l’agitateur qui s’était lamentablement fait maitrisé par l’employé de l’endroit se donnait en spectacle, d’humbles travailleurs raisonnables ? Eux ? L’Acrobate retint un rire, ils n’avaient rien d’humble et encore moins de raisonnables, la plus part seraient prêt à tuer père et mère pour cet argent, enfin si ce n’était pas déjà fait. Il n’était pas d’accord avec le pirate. Ici était réuni les plus incroyables et extravagants des criminels que cette terre avait connu, chacun était un spécialiste dans son domaine. Les iris de Shin prirent leurs rouges vif alors qu’il activait son don. Un bref coup d’œil dans la salle venait conforter ses pensées, chaque personne présente possédait une âme intrigante, il s’attarda sur celle de la capitaine Yama Albadune qui semblait littéralement avoir perdu un morceau de la sienne. Un frisson parcourut le Singe quand il s’arrêta devant l’âme de l’homme en face d’elle. Il désactiva son pouvoir aussitôt retrouvant ses yeux émeraude qui brillaient d’une lueur effrayée. Cet homme était un véritable monstre, jamais il n’avait vu une âme de la sorte, surtout au vu de ce qu’elle contenait.

Reprenant ses esprits il se tourna vers Chandra qui venait de parler.

« Je connais un homme que l'argent achète plus sûrement que vos beaux yeux, ma Dame, et je suis une femme qui ne saurait mieux comprendre votre situation. Nous mettons notre folie à votre service, Comtesse. »

Il avait vu juste, elle n’allait pas laisser passer une occasion pareille, surtout pas son inventeur qui l’étranglerait s’il elle refusait de gagner une telle somme d’argent. Le Voleur s’approcha furtivement de Chandra et posa ses mains sur les hanches de cette dernière, avant de lui déposer un baiser dans le cou et murmurer une proposition qui allait probablement l’intéresser :

Etre héritier d’une telle fortune est beaucoup de travail même pour toi, si tu t’allierais à nous, nous pourrions faire de Lucas l’héritier et ainsi profiter de sa fortune sans les responsabilités qui y sont liés en étant à son service…Qu’en dis-tu ma belle ?

Sa proposition ne pouvait être plus alléchante. En s’alliant avec eux, elle avait plus de chances de réussir le travail que la comtesse allait leurs offrir, et en plus elle n’aurait pas à assurer son rôle d’héritière puisque se serait Lucas qui en serait le propriétaire, en restant à son service elle aurait se dont elle a besoin. Quant à eux il gagnerait un nouvel allié et de l’influence. Shin esquissa un sourire charmeur alors qu’il plongeait son regard dans celui de sa rivale. Echec aussi.

Comtesse, peu importe le défi que vous nous lancez, mes talents sont à votre service eux aussi.
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Willow

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Dim 9 Mar - 14:39
Très honnêtement, la fée ne gardait pas en tête tous les dons qu'elle avait octroyé à ses victimes... enfin, disons plutôt aux chanceux petits humains qui avaient croisé sa route. Il en allait de même pour Solal. Et c'est donc avec une moue dubitative, puis des yeux écarquillés qu'elle accueillit la réponse du pirate.
Elle l'obsédait ? Tiens donc...
Voilà qui était intéressant.
Mais elle n'eut pas le temps de répondre à cette étonnante déclaration, avec l'apparition de Nikolas, le brusque changement d'attitude du pirate et l'arrivée de Samaël, accompagné.

Willow accueillit le salut de la dénommée Yama avec un léger haussement de sourcils et un sourire calme. Les rôles étaient inversés cette fois, Samaël était la conquête de Yama et non l'inverse. Comme c'était charmant. Mais souriant avec plus de sincérité, la rouquine accepta la poignée de main de la brune.

    - Willow, fit-elle en guise de présentation.


La fée était du genre souriante. Insouciante. Elle était douée dans l'art d'instaurer des situations désagréables et d'en rire insolemment, comme ce qu'elle avait fait quelques moments auparavant. Sauf que cette fois, le malaise se trouvait au sein de leur petit groupe. Et Willow ne comprenait plus rien, entre Solal qui était soudain devenu complètement déprimé que ses traits ne reflétaient rien de plus que de la pure angoisse, et Nikolas et Samaël qui se muraient dans leur mutisme, le visage aussi pâle que de la neige toute fraîche. De son côté, Yama avait engagé la conversation avec un autre homme. Willow devait donc gérer le trio d'hommes, mais la singularité de leurs réactions la laissait pantoise.

    - Mais... réagissez, bon sang !


Solal fut le premier à le faire. Et sa réaction inquiéta grandement Willow. Hey là, où était passé le pirate qui provoquait la fée et grinçait des dents chaque fois qu'elle riait et qu'elle se fichait de lui ? D'où donc sortait ces excuses ! Des excuses, bon sang ! Ce n'était pas le genre de Solal. Maitenant, il disait vouloir retourner en Perse ?
Ça n'allait pas. Vraiment, vraiment pas.

Elle n'eut pas même le temps de l'arrêter. Il s'éclipsa rapidement, juste avant que l'hôtesse – paye ton nom à rallonge ! – ne fasse sa grande annonce.
Cela eut son petit effet sur l'ensemble des invités.
Un contact doux et éphémère sur son front, et Nikolas avait disparu. Il devait être très occupé et inquiet pour filer de la sorte. Willow se demanda le rôle qu'il jouait dans tout cela. Elle se promit d'en rediscuter avec lui plus tard. Son inquiétude l'avait intriguée. Quant à Solal, il ne perdait rien pour attendre non plus. Il possédait toujours le cristal de communication que lui avait donné la fée.

À présent, tous les criminels et bandits murmuraient avec plus ou moins d'enthousiasme, jetant également des coups d’œil interrogateurs à l'hôtesse ; d'autres restaient silencieux, attendant d'autres informations. Willow eut un sourire. C'était bien joué, Vassilissa de... machin-chose ; il risquait de se passer des choses bien intéressantes maintenant. Tout dépendait de la quête, mais l'hôtesse ne venait de faire rien de moins que de lancer une véritable chasse au trésor destinée aux plus grands flibustiers...
Bravo, Vassilissa. Tout cela était prometteur.
Willow ne regrettait pas d'être venue.

Elle attendit de voir quelles seraient les réactions de la plupart des invités. En attendant, elle avait autre chose à faire. Elle embrassa Samaël, s'excusant auprès de lui mais lui faisant promettre qu'il lui expliquerait bientôt le pourquoi d'un tel malaise avec Nikolas. Et s'éclipsant, elle regagna la pénombre d'un rideau, sortant de son corset son cristal.

    - Solal ? Solal !


Pas de réponse. Willow n'était guère contente. Elle s'inquiétait, peut-être plus que de mesure, mais l'attitude du pirate la dérangeait sérieusement. Ils avaient renoué d'assez bons liens ces derniers temps – sans que l'on puisse parler d'amitié pour autant – et voir le Perse agir de cette manière la questionnait.

    - Bon sang, Solal ! Si tu ne réponds pas, je te jette un sort à travers ce cristal, tu m'entends ?!


Bon, en fait, elle ne pouvait pas le faire. Mais lui ne le savait pas. Attendant sa réponse, elle continua d'évaluer la situation, cachée derrière le rideau et toujours déguisée en brune.
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Invité
Lucas Grey

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Lun 10 Mar - 19:25


Vassillissa


La comtesse agaçait le Corbeau. Cette manière d’agir avec lui, le méprisant presque, était d’un manque de respect incroyable. La colère ne l’animait pas pour autant et son sourire n’en était que plus éblouissant. Il n’avait jamais su comment gérer sa colère autrement qu’en la dissimulant et ça n’allait pas changer maintenant. La femme se pencha en avant, approchant un peu trop à son gout de son visage. Il était mal à l’aise, pas seulement à cause de la proximité d’une femelle qu’il n’avait pas décidé mais aussi à cause de ce parfum qui ne lui sembla pas assez désagréable. Il frissonna, sans savoir si c’était à cause du dégout ou de ce parfum qu’il n’arrivait à reconnaitre. Ce parfum qui lui faisait penser à une promesse de chaleur bien plus haute que ce regard frigorifiant qu’elle lui offrait. Le sourire un peu moins prononcé, il l’écouta murmurer près de lui :




▬ «Pour cela, il faut se salir les mains et l'âme.... »

Son haleine était légère, avec une touche de vin lui semblât-il. Elle enveloppa son visage alors que très vite le parfum de ses cheveux la fit disparaitre. Le mouvement fluide de son volte-face lui fit quelque peu perdre l’équilibre alors qu’il reculait d’un pas en la regardant partir. Un sourire bien moins angélique se dessina sur son visage. Elle le méprisait et cela l’agaçait certes, mais elle ne se doutait donc pas une seule seconde de son rôle dans cette Europe devenue chaotique depuis quelques temps. C’est avec ce même sourire qu’il s’adressa à elle, sachant qu’elle ne l’entendrait bien évidemment pas.



▬ « Nul besoin de se salir les mains pour avoir l’âme sombre, ma chère Vassillissa… »

Et remplaçant son sourire par un visage bien plus avenant, il tourna sur lui-même afin de gratifier ses quatre poursuivantes d’une rapide révérence avant de s’en éloigner. Il voulait trouver Samaël, son incube lui manquait. Il le cherchait du regard lorsqu’un homme –pour le moins séduisant- s’adressa à lui avec empressement, lui demandant de lui accorder quelques instants lors de la réception pour discuter. Ce serait avec plaisir bien entendu, il est toujours agréable de parler avec un bel homme. Et c’est alors qu’il s’éloignait que Lucas se mit à le détailler un peu plus. Ses cheveux étaient aussi noirs que les siens mais divinement plus long. Ses boucles devaient sans doute être ce qui l’attendait si il se laissait lui-même pousser les cheveux et, même si cela lui allait à merveilles, il fut ainsi convaincu de ne jamais excéder la longueur qu’il portait tous les jours. L’Amphitryon entama son annonce alors que les convives cessaient leurs activités –à savoir de boire, manger et discuter- tandis que l’homme aux boucles soyeuses s’éloignait. Lucas se stoppa dans la foule, ignorant les quelques-uns qui l’observaient d’un air niais. Il écouta patiemment ce que Vassillissa avait à offrir, à dire à tous ces criminels venus de partout afin d’en apprendre davantage sur elle et ses intentions. Une rumeur d’étonnement parcourut la salle, les convives se regardaient et se jaugeaient soudain. Certains criaient plus fort que d’autres –Ce pirate commençait à lui donner mal à la tête d’ailleurs- et d’autres murmuraient bien bas. C’était le cas de la jeune femme qui avait entrainé Shin dans un jeu qu’il avait bien apprécié. Il l’écouta sans mots dire et la regarda s’éloigner vers la maitresse de maison –même si bateau serait bien plus adéquat- sans doute dans le but de lui parler et qu’elle la voit. Il ne remarqua pas vraiment l’agitation, trop concentré qu’il était à observer le langage corporel de la jeune femme qui l’intriguait bien davantage qu’en faisant perdre ses moyens à son fidèle garde du corps. Shin avait toujours été naïf.

Lucas se dirigea vers le buffet, laissant ces gens s’agiter et se concerter pour décider de ce qu’ils feraient. Certains se dirigeaient vers d’autres pièces –peut-être pour partir d’ici- et d’autres observaient avec un sourire franc la blonde si bien habillée. Lucas, quant à lui, se servait des œufs dans une petite assiette en attrapant une fourchette d’argenterie incroyable. Il ne doutait pas une seconde qu’il en manquerait un certain nombre à la fin de la réception. Mangeant tranquillement son plat, il fut rejoint par ses prétendantes qui le couvaient des yeux. Mh, il devait trouver Samaël afin de faire taire les espoirs de ces femmes ayant si peu de fierté. Ils étaient bien trop en froid pour s’embrasser –et se montrer ainsi n’était pas le genre du Corbeau, il y a des choses qui doivent rester privées- mais lui donner le bras devrait sans doute suffire. Il fendit donc la foule, armé de sa fourchette et de son assiette d’œuf, regardant autour de lui s’il ne pouvait mettre la main sur son bel incube.

© By Halloween sur Never-Utopia



Dernière édition par Lucas Grey le Mer 19 Mar - 18:46, édité 4 fois
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Samaël Izyn

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Mar 11 Mar - 13:43





- Ta dernière conquête ? Elle est ravissante. Enchantée.

Il reçut le regard inquisiteur de Yama dont le sourcil s’arqua d’un air amusé. Il haussa les épaules, et la jeune femme reporta son regard d’ébène sur sa petite sœur et répondit avec tout le naturel du monde, après une petite révérence des plus… ironiques.

- En effet, Samaël fait partie de mes nombreuses conquêtes.

L’incube en question leva les yeux au ciel et attendit qu’elles aient finis de se présenter, en marmonnant.

J’étais sûr que vous vous entendriez bien…

Il ajouta une petite grimace pour la forme et suivis le reste des explications de Willow d’une oreille un peu distraite, le brouhaha ambiant couvrant la douce voix de la jeune femme. Pas assez malheureusement pour qu’il loupe la dernière phrase qui attira de nouveau pleinement son attention sur la fée présentement brune.

- Oh, non, pas du tout. Solal est un ami d'enfance, quant à Nikolas, il s'agit de mon compagnon.



QUOI ?! Comment ça compagnon ?! Mais… Il.. Elle…
Samaël resta interdit, le sang désertant lentement son visage. Il comprenait beaucoup mieux la soudaine pâleur de Nikolas lorsqu’il l’avait reconnu. Ils devaient même être sacrément accordés sur ce coup là. Le jeune anglais cligna des yeux sous la curiosité de sa sœur, incapable de lui répondre que son compagnon était l’un de ses anciens amants. Entre autre.
Outre le fait qu’il était absolument et définitivement contre le fait qu’elle ait déjà un compagnon. Il refusait de partager et de la voir mettre ainsi son cœur en danger. Si jamais il la faisait souffrir il serait obligé de le tuer, et il savait d’avance que ce ne serait pas chose aisé avec Klaus. Il préférait donc que cela ne se fasse pas du tout.

Un autre élément s’ajouta à leur mélodrame digne des plus grandes pièces comiques, et l’homme qui avait joyeusement rencontré le sol pour une fouille publique interpella Yama. De nouveau, particulièrement perturbé, Samaël ne prêta qu’une oreille distraite aux dires des deux compagnons, même si son regard vairon détaillait le pirate en question avec un intérêt dissimulé dans ses prunelles.
Et pourtant… Pourtant le sort semblait être contre lui ce soir car un nouveau commentaire vint chasser le peu de sang qu’il restait encore au visage de l’anglais.

- Ca fait du bien de voir un visage amical ici… où est Nikolaï ?

- Je n'ai aucune idée. Ces derniers temps, il est particulièrement difficile à joindre ... J'espère qu'il ne lui est rien arrivé de grave.


C’était une blague ? Quelqu’un avait-il organisé cette fichue réception pour lui donner des coups de massues mentaux les uns après les autres ?!
Yama connaissait Nikolaï. Yama connaissait le loup et paraissait même tenir à lui.
Eh merde. Il ne manquait plus que ça.
Heureusement pour lui, le retour de Lucas avait poussé Samaël à relâcher son loup sans le tuer comme il était initialement prévu. Malgré cela, Gabrielle semblait avoir cessé d’hanter ses nuits. Peut être ne lui en voulait-elle pas ?

Vassillissa vint interrompre ses pensées d’applaudissements des moins agréables mais qui suffirent à ramener le calme très rapidement. Toute l’assemblée se tourna vers elle pour l’écouter et ses paroles ronronnées d’une voix suave firent frissonner la foule. A moins que ce ne soit le butin ?
Quoiqu’il en soit, les voix recommencèrent à s’élever, certaines plus hautes que d’autres, à l’image de ce pirate que Yama avait appelé « North » et qui ramena une fois encore sa fraise d’une voix forte, criant à qui voulait l’entendre une vague histoire de bras et d’œil. Pas de doute, certains étaient bien plus criminels que gentilshommes, et ne savaient décemment pas se tenir en public.
Samaël continua d’observer les différents protagonistes. Une jeune femme aux cheveux blonds et habillée comme un homme –ce qui lui attira instantanément la sympathie de l’incube- parla pour elle-même et un possible compagnon d’une voix assurée qui dégoulinait la provocation, l’arrogance et le charme. Brave petite.
Curieusement ce fut Shin qui vint se manifester ensuite, les mains posées sur les hanches de la blonde, attestant de sa participation au concours. Donc Lucas serait de la partie. Très bien.

La vue de Shin ramena le beau brun à l’esprit du jeune anglais qui se demanda où le corbeau pouvait bien être. Il jeta un coup d’œil à la ronde, tentant de repérer l’attroupement caractéristique qui indiquait généralement la position du sublime jeune homme. Mais il fut interrompu par plusieurs évènements qui s’enchainèrent sans qu’il ne puisse réagir.
Yama cria une insulte, Nikolas se volatilisa après avoir embrassé le front de la fée, l’autre homme à l’air désespéré s’excusa platement avant de filer, chose que fit aussi sa petite sœur après avoir embrassé sa joue. Elle prit cependant le temps –à son grand damn- de lui faire promettre une explication pour tout ce malaise autour de ses déclarations, ce qu’il fit en grimaçant. Cette discussion promettait d’être… Mouvementée ? Amusante ?

L’incube cligna des yeux et secoua doucement la tête, tentant de remettre les choses dans l’ordre et de revenir à ce qu’il se passait autour de lui.
Son regard vairon se posa sur Yama. La jeune femme faisait face à un homme plutôt grand, dont les longues boucles noires vous donnaient l’irrépressible envie d’y passer les doigts. Pourtant, la tension contenue dans le corps de son amie, ainsi que les tremblements qui agitaient ses mains poussèrent le jeune anglais à froncer les sourcils et remettre en question la légère sympathie qu’il venait d’éprouver pour l’homme.
Il s’avança vers Yama et frôla son bras d’un geste rassurant. Elle sursauta et leva vers lui un regard si paniqué, si perdu qu’il glissa instinctivement un bras autour de sa taille, l’attirant subtilement contre lui. Les gens autour penserait à un enlacement amoureux, non pas à une marque de faiblesse. Ses lèvres frolèrent la joue couleur de neige, et il murmura à son oreille.

Viens avec moi…

Il ne chercha même pas à comprendre, à poser des questions, et ne jeta pas même un regard au responsable de tout ceci. Entièrement concentré sur la jeune femme dont les tremblements s’atténuaient doucement entre ses bras, il l’emmena à l’écart, prenant bien soin que cela paraisse aux yeux des autres comme une volonté d’intimité pour autre chose que des pleurs. Chose crédible si personne ne croisait le regard noir et hanté de Yama.
Celle-ci gardait cependant son visage dans son cou, caché par ses grandes mèches ébène, alors qu’il sortait enfin de la salle principale. A l’instinct, Samaël les conduisit dans une des chambres qui avait servis à les apprêter, et fit asseoir la jeune femme sur le lit. Il s’installa près d’elle, se contentant de la tenir contre lui jusqu’à ce que ses tremblements cessent, caressant doucement ses cheveux et son dos en murmurant des paroles apaisantes d’une voix basse et douce.
Avec tout cela, il n’avait même pas vu ce que faisait Lucas de sa soirée …

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Zahnfee V. Edelstein

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Jeu 13 Mar - 13:40



La Salle de Réception


La nouvelle avait crée du remous. C'était l'effet escompté. Vassilissa observa la salle réagir au rythme de sa seule partition.

Plusieurs lui démontrèrent avec un certain panache qu'ils seraient de la partie quoi que soit l'épreuve à passer.

D'autres vociférèrent leur indignation sans pour autant quitter la pièce.

La Contesse fut quelque peut déçue du manque de réaction de la petite Albadune. Cette dernière semblait plus sujette à ses émois qu'à son sens du professionnalisme. Certes, Vassilissa avait sans doute fait preuve de malice en invitant ce marquis encombrant que la pirate avait autrefois épousée, mais tout de même, une femme qui vibre plus à son cœur qu'à ses intérêts est vouée à ne pas faire long feu en pareil société.
Une paire de gardes fit son devoir et alla s'enquérir de la situation auprès du couple réunit. La Contesse regarda avec un certain désarroi Yama Albadune s'éloigner vers les appartements au dessous en compagnie du blondinet au visage flou, suivi par un des gardes qui -fidèle aux ordres- ne les quitterait pas d'une semelle où qu'ils aillent. Devait-elle prendre cela pour une défection ? Une certaine petite grenouille rousse en aurait été fort peinée...

Klaus se glissa auprès d'elle pour littéralement lui mettre la bague au doigt :


On a un problème aux machines. Je vais y jeter un oeil, il serait regrettable que la situation tourne au vinaigre. Continue ton petit manège et amuse-toi bien. Je m'occupe de tout. Ah et garde ça près de ton cœur. Je l'ai enchanté de façon à ce que ça me remplace. Un pouvoir diffus, tout ce qu'il y a de plus basique. Fais attention à toi, бабушка


- Bien....

Vassilissa la belle s'autorisa à rire, dévoilant une rangée de dents impeccablement blanches.

- Votre enthousiasme collectif me ravie au plus haut point ! Je prends votre présence renouvelée pour un engagement franc et massif à ma proposition. Votre mission sera des plus simples...

Une grande toile de lin blanc fut soudain déroulée dans son dos, en haut des escaliers. Les lumière furent réduites à un presque crépuscule tandis qu'on entendait les battements électriques produit par manivelle d'un épiscope placé sur une des coursives. Le portrait photographique en sépia d'une jeune femme apparut par rétroéclairage : elle était blonde et pâle, les cheveux coupés assez courts, encadrant l'ovale fin de son visage. Elle souriait délicatement, telle une Joconde. Mais son regard clair trahissait un dureté dissonante avec le reste.

Certains connaissaient ce visage et pour cause....


-... Vous devrez retrouver cette femme et me la ramener vivante et en bonne santé. Le premier qui parviendra à cet exploit verra son nom et son nom seul apposé sur mon testament. Il n'y aura qu'un seul légataire, à vous de vous arranger entre vous si vous avez l'habitude de travailler en équipe. Je rédigerais ensuite un contrat vous obligeant à respecter certaines contraintes notariales et me retirerais des affaires publics -avec un pécule de retraite personnel non déductible- afin que vous puissiez jouir pleinement et immédiatement de mon héritage.


Vassilissa papillonna des cils.

- Elle se nomme Zahnfee Fatina, ancienne confiseuse de la boutique du Topino, à Madrid, elle a brulé son magasin pour s'enfuir avec un inconnu de sexe masculin dont la description se limite à une robe de bure à capuche. Ne vous fiez aucunement à son attitude, elle est intelligente et particulièrement retors. Séduisez-là, amadouez-là, enlevez-là de force, séquestrez-là, menacez-là.... Employez les moyens qui vous paraitront nécessaires et efficaces, mais je la veux vivante et jouissant parfaitement de ses facultés physiques et mentales.


La Contesse sourit.

- Des questions ?




Les petits salons


La rouquine fut relevée sans ménagement par le Capitaine Trappen. Celui-ci n'avait visiblement pas l'habitude d'être délicat avec les demoiselles, ce qui fit d'emblée intervenir le garde qui le filait depuis dix minutes. Il s'interposa entre lui et la petite servante, l’obligeant à lui lâcher le bras. Se tournant face à Trappen il lui fit :

- Écoutez moi bien, jeune homme. Il s'agit simplement d'une employée un peu empotée. Retournez dans la grande salle je m'occupe de..son..c...

Un épingle à chapeau venait de se ficher dans le cou du pauvre soldat, se plantant avec précision dans la jugulaire qu'elle déchira sans effort. Le sang perla tout d'abord sur le col du veston d'uniforme avant de glouglouter plus abondement, faisant passer le tissus du bleu ciel au rouge. Le soldat se retourna lentement, incrédule, devant la soubrette qui -désormais sa magnifique chevelure auburn libérée- le regardait mourir avec un sourire poli.
Il vacilla, tenta de s'accrocher aux pans de la robe noire de son assassin avant de chuter au ralenti au sol, ses mouvements se faisant moins précis et plus saccadés à mesure que le fluide vitale s'échappait de son artère.
La demoiselle se pencha vers lui et, alors qu'il peinait à rester conscient et que son corps refusait de lui obéir pour la repousser, elle commença à le fouiller, récupérant méthodiquement les armes qu'il avait sur lui.

- Un colt, un fusil à baïonnette et un petit couteau de chasse... fit-elle en observant sa prise. Pas mal !

Elle souleva ses jupes, planqua le couteau dans sa jarretière et le colt dans son tablier. Empoignant le fusil à pleine mains, elle sembla enfin s’intéresser aux deux pirates dans la pièce.

- Bonsoir les garçons ! Je m'en voudrais de nuire à vos retrouvailles viriles. J'ai un petit boulot à faire, si vous n'y voyez pas d'inconvénient...


Elle se dirigea vers la porte avec une gouaille et une morgue incroyable.

- A moins que vous ne comptiez m'arrêter en route ? Mais bon un job est un job, vous comprenez ça en tant que collègue, pas vrai ?

Ses yeux noirs pétillants croisèrent ceux de Trappen puis de Frost, dans l'attente de leurs réactions.



Appartements de Vassilissa


L'espionne avait assez facilement -somme toute et au dépend de trois épingles de qualité- crocheté la porte blindée. Lorsqu'elle franchit le seuil, elle fut parcourue un instant d'un frisson électrique qui lui fit d'abord croire que la porte avait été dotée d'une barrière de courant. Mais après quelques longs instants sans tomber à la renverse secouée de soubresauts, elle écarta cet hypothétique danger de sa tête.
Elle avança dans l'antichambre de la Contesse de Valeroso.
L'endroit était composé de trois pièces reliées entre elles par un petit couloir décoré de tableaux : un dressing assez conséquent, une chambre à coucher et un cabinet de travail. On aurait pu attendre d'un personnage aussi exubérant que Vassilissa une décoration opulente et un mobilier ostentatoire. Il n'en était rien. L'ensemble était sobre et simple, fonctionnel. On oubliait malheureusement trop souvent que "la Belle" était aussi "La très Sage".
Le dressing contenait , rangées, classées et étiquetées, toutes les tenues, chaussures, chapeaux, manteaux qu'usait la Contesse. Il n'avait donc que peu d'intérêt immédiat.
Restait la chambre à coucher et le bureau.

Un tableau du couloir interpella alors les sens aiguisés de l'androïde. Il y'en avait plusieurs, essentiellement des portraits, qui ne semblaient pas avoir de hiérarchie d'importance : une vieillard vouté en chemise simple dont les broderie évoquait les motifs peints sur les poupées russes; un jeune homme brun, distingué, à la chevelure en catogan; un homme de belle prestance malgré une quarantaine d'années consommées et qu'on devinait être Ivano de Valeroso à son allure ibérique, une petite fille blonde nattée à la mode allemande, assise sur les genoux d'une jeune demoiselle qu'on reconnaissait sans peine être la Contesse, un chapelet de petit médaillons représentant diverses figures... Et au centre de tout ceci un portrait un peu rustre, peint sur du bois, de taille moyenne, représentant une jeune femme corpulente, à la tignasse rousse tombant en boucles sauvages sur ses épaules, le visage constellé de tâche de rousseurs, d'immenses yeux verts lui dévorant le visage dont les trait exprimait une certaine force de caractère.
L'Androïde avait déjà vu cette personne -l'expression en moins- pas plus tard que quelques jours auparavant alors qu'elle venait prendre sa mission de manière dissimulée au palais. Cette jeune fille faisait partie de l'entourage du roi et habitait avec lui. Pourtant la date de réalisation du tableau suggérait qu'il avait été fait il y'a plus de trente ans.
Soit ce n'était qu'une étrange coïncidence, soit la demoiselle n'avait pas vieillit depuis lors.

- Madame, je crains que ces appartement ne soient privés.

Derrière elle, dans l'encadrement de la porte, se trouvait un homme en costume de majordome qui lui souriait avec courtoisie. Il avait la chevelure sombre et de petits yeux noirs en amande.




Les Appartements


L'androïde, peu sensible à la magie, ne s'était pas rendue compte de ce qu'elle avait déclenchée. Tout juste avait-elle été chatouillée par une drôle d'impression.
En réalité, le mécanisme de défense sophistiqué qu'elle avait mis en route n'était pas détectable pour un être de sa nature : Une zone de Nul.

la Zone de Nul était crainte par une grande partie de la communauté magique : il s’agissait d'un périmètre délimité précis qui annulait simplement toute magie en son sein par un subtile enchevêtrement de fluides contraires. Imparable, il n'était désamorçable uniquement que par un mot-clé prononcé par la personne qui l'avait confectionnée. Toute personne pénétrant son périmètre perdait son ou ses pouvoirs. Tout artefact ne devenait qu'un simple objet. Tout cristal se transformait en cailloux. Tout sortilège, potion ou gri-gri perdaient leur effet.
Plus de magie du tout, d'aucune sorte.
On ne pouvait pas lutter contre la Zone de Nul et pour l'heure elle englobait toute la moitié basse du vaisseau, des appartements à la salle des machines.

***

Nikolas, grâce à ses bottes de sept mètres, se trouvait en plein milieu lorsque le sort se déclencha. Il perdit brusquement son invisibilité au milieu d'un couloir quadrillé par cinq soldats en chasse contre un intrus inconnu. Lorsqu'ils le virent apparaitre devant lui, ils braquèrent comme un seul homme leur baïonnettes sur lui.

- Bougez pas où vous êtes mort!!!
, beugla l'un des militaires.

Vassilissa avait omis de présenter le dernier des Jensen à sa garde. Après tout ne devait-il pas agir dans l'ombre pour sa sécurité à elle uniquement ?


***

Samaël et Yama entrèrent de plein pied dans la Zone de Nul une dizaine de minutes plus tard, sans se rendre compte de rien, au détail près que Samaël changea brutalement de visage sous le regard étonné du garde qui les accompagnait. Sur le qui-vive, il braqua son arme sur le couple en tremblant à peine malgré sa nervosité.

- Pas un geste ! Qui êtes-vous ?



***

Willow, toujours dans la salle de réception sentit un picotement lointain courir sur sa nuque. Quelque chose venait d'arriver. Quelque chose d'ancien et de mauvais, de plus mauvais qu'elle...

Règles de la Zone de Nul:
 
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Invité
Yama Albadune

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Jeu 13 Mar - 21:37
Tout se passa vite, très vite.

Une ombre imposante vint s'interposer entre elle et Mistral, la soustrayant momentanément à l'insoutenable regard du Marquis. S'accrochant à une table pour ne pas flancher, Yama fut frappée de stupeur en reconnaissant la silhouette.

-... Elardar ?

Elle avait peine à y croire et pourtant c'était bien le cas : l'assassin la protégeait. Peinant à reprendre son souffle, la pirate n'eut cependant pas le temps de réfléchir à ce qu'elle allait faire ; quelqu'un la toucha et - elle s'en voulut, elle s'en voulut tellement - elle sursauta. Adressant un regard qu'elle aurait voulu moins effrayé à l'importun, elle reconnut Samaël qui la prit dans ses bras sans un mot, la rapprochant de lui. Toujours tremblante, Yama fourra instinctivement son visage dans le cou de l'incube, cherchant un réconfort, une chaleur qu'elle n'avait pas. Ils s'éloignèrent, quittant la salle de bal pour se diriger à l'étage du dessous, suivi d'un homme que Vassilissa leur avait envoyé. Lorsqu'ils s'arrêtèrent dans un des appartements de l'étage inférieurs, qu'ils furent loin de Mistral, Yama releva la tête. Elle avait eu peur, bien trop peur.

Il fallait qu'elle se ressaisisse.

Plongeant sa main dans une poche de sa robe, elle en sortit les pilules qu'elle avait pu garder en en fit glisser quelques unes dans sa gorge. Puis elle jeta un regard noir au garde qui les avaient suivi et les fixait en silence dans l'encadrement de la porte.

Bientôt sa respiration se calma. Se détachant légèrement de Samaël, elle murmura de façon à ce que seul lui puisse l'entendre :

- ... merci.

Elle détestait prononcer ce mot, et pourtant cette fois ce n'était pas si désagréable. Alors qu'ils auraient très bien pu rester immobiles et éviter de s'attirer des ennuis, Samaël et Selim l'avaient protégée d'un homme qui - pour elle - était la personne la plus dangereuse au monde.

Cette fois, elle n'était pas seule.

Prise d'un élan de reconnaissance, elle approcha son visage de celui de Samaël et elle l'embrassa à pleine bouche tout en jetant un regard méprisant à l'impassible garde. Surpris, l'incube lui rendit néanmoins son baiser.

La pirate avait toujours froid et cherchait toujours plus de chaleur. A travers ce geste, elle désirait ardemment se réchauffer, prouver sa gratitude à son ami mais aussi se laver de ce que Mistral lui avait fait subir. Elle se souvenait de la jalousie de Despair, une jalousie qu'elle pourrait peut-être retourner à son avantage. Eten attendant, c'était Samaël qu'elle embrassait avec fougue, ne se détachant de lui que lorsqu'elle cessa définitivement de grelotter. Hésitante, sa voix était presque inaudible.

- Cet homme, là-haut... il m'a fait du mal. Beaucoup de mal, il y a longtemps.

Elle voulut continuer, mais quelque chose l'en empêcha. Un élément pas si étrange que ça pour elle, mais sans doute plus pour la personne qui les surveillait.

Le visage de Samaël reprit ses traits véritables.

- Qu'est-ce que tu fous ?

- Pas un geste ! Qui êtes-vous ?

Yama se tourna vers le garde et leva presque instinctivement les mains pour montrer qu'elle n'était ni armée, ni dangereuse. Son visage avait reprit de son sérieux ; si elle et Samaël étaient habitués à tuer, l'homme qui les menaçait désormais était armé et pouvait les tuer tous les deux d'une simple pression sur la gâchette.

Plantant son regard dans celui du garde, elle dit d'une voix claire :

- Pas de panique. Je suis Yama Albadune, invitée de Vassilissa tout comme mon ami ci-présent.

Elle ne dit rien de plus, attendant une réaction tout en se rendant compte d'une chose étrange.

Elle avait chaud, étrangement chaud. Focalisant son attention sur ses propres mains, elle vit que sa peau d'habitude si blanche avait reprit des couleurs, couleurs qui - elle put le voir grâce au miroir qui occupait un coin de la pièce - teintaient son visage également. Surprise, elle se rendit compte d'une autre chose.

Son coeur ne lui faisait plus mal, plus du tout.

Aussi stupéfiant que cela puisse paraître, elle était devenue humaine.


Dernière édition par Yama Albadune le Ven 14 Mar - 18:20, édité 1 fois
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Invité
Nikolas Klaus Jensen

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Ven 14 Mar - 18:04
Nikolas était déjà loin dans le bateau quand Vassilissa fit résonner son rire éclatant. Il passa devant des portes entrebâillées, d'autres fermées, mais ne fit pas attention à la potentielle agitation qu'il pouvait y avoir dans les petits salons. Il n'y avait que peu de chances que le saboteur soit arrivé aussi haut aussi vite et sans se faire repérer.

Il entendit la demande de Vassilissa à l'aide de ses sorts d'écoute. Vraiment, elle appartenait à un passé que Nikolas ne comprendrait jamais. Elle aurait pu lui demander n'importe quoi, étant donné les circonstances. Mais non, elle préférait organiser une chasse à courre planétaire, lâchant les pires criminels sur une jeune femme vraisemblablement partie par amour.
*Panem et Circenses* pensa-t-il.
Il arrivait au coeur du vaisseau quand il sentit la vague le frapper. Il la reconnut immédiatement. Le ruban enchanté qui retenait ses cheveux en un chignon lâche se détacha au même moment où il se prit les pieds dans les pieds. Ses Bottes étaient redevenues des bottes tout à fait ordinaire. Il plongea en avant et le temps sembla s'écouler comme au ralenti.

Il assimila les informations dans sa chute. Ses sorts avaient été annulés. Et même s'il ne le voyait pas, ses yeux étaient devenus marrons. Encore dorés, mais comme voilés par la brume.

Il tombait la tête la première. Il donna une légère impulsion avec son pied encore en contact avec le sol.

Ses bottes de sept mètres le lâchaient au pire moment qu'il soit et il était convaincu que ce n'était pas un hasard.

Il tenait à présent en l'air, la tête en bas.

C'était forcément un sort de Nul. Une Zone de Nul. L'anti-magie utilisée par les exorcistes et les chasseurs de primes. Le dernier Jensen se rappela les rares fois où il avait du faire face à ce léger désagrément qu'est la condition d'être humain. La dernière fois, c'était en Amérique. La précédente, c'était...
"Kochtcheï", dit-il dans un souffle, à l'horizontale au dessus du sol
Non, c'était absurde. L'Immortel ne sortait pas de son domaine. La seule autre personne capable de mettre en place un Nul était aussi la seule qui n'en tirerait aucun avantage. A moins qu'elle ne parte du principe qu'on ne l'attaquerait qu'avec ses propres armes. L'élève favorite du vieux fou. Vassilissa.

Elle avait mis en place un sort de Nul dont Nikolas n'avait pas eu vent. Oui, cette hypothèse semblait tenir debout. Il se sentit légèrement outré qu'elle ne lui fasse même pas suffisamment confiance pour le prévenir. Il était sensé assurer sa sécurité ! Comment pouvait-il mener à bien sa mission s'il n'était pas en possession de toutes les informations ? Serait-ce une sorte de test ? Une trahison ? Une marque étrange d'intérêt ?

Le temps reprit son cours naturel et Nikolas se réceptionna agilement. Il n'allait pas laisser un léger contretemps l'empêcher de mener à bien sa mission. S'il arrivait la moindre chose à Vassilissa, le vieux ferait bien pire que de simplement le tuer. Pas le temps de s'énerver ou de paniquer. Il avait un saboteur à capturer.
- Bougez pas où vous êtes mort!!!
Un genou à terre, Nikolas releva la tête pour faire face à non pas une, non pas deux, non pas trois, non pas quatre mais bien CINQ baïonnettes pointées sur sa tête. Levant légèrement les yeux il regarda rapidement les gardes au bout de chaque fusils. Tous des jeunots. Pas un gradé. Celui qui avait crié tremblait comme une feuille. Voir quelqu'un apparaître de nulle part et faire un saut périlleux, ça surprendrait n'importe qui. Mais tout de même, l'équipe de sécurité de la Contesse de Valeroso ! A croire que personne ne les avait briefé.

Se relevant prestement et ramassant son ruban au passage, Nikolas opta pour la réaction qui lui offrait le moins de chances de survie. Malheureusement, il commençait à être à court de temps. Qu'est-ce que Vassilissa pouvait bien vouloir protéger au point de créer une Zone de Nul ?
"Cinq gardes n'ayant jamais fait feu sur qui que ce soit. Et moi qui pensait être protégé convenablement en étant invité chez la grande Contesse de Valeroso..." Il réajusta son veston. "Si vous cherchez un intrus, vous feriez mieux de ne pas trop vous attarder sur un grand brun qui apparaît dans les couloirs et qui est visiblement désarmé."
Pour appuyer son propos, il ouvrit grand les bras et sourit tristement.
"Il y a dans la salle de bal des dizaines de personnes bien plus dangereuse que moi, je vous l'assure. Je serais bien incapable de faire du mal à une mouche..." Il écarta les baïonnettes d'un geste délicat. "Et quelque chose me dit que vous n'êtes pas pressés de faire couler le sang d'un innocent lors d'un gala aussi important pour votre Maîtresse."
Le Père Noël avança entre les gardes, abasourdis. Puis, se retournant.
"Vous n'aurez pas à vous battre aujourd'hui, messieurs. Vous deux, allez prévenir Madame La Contesse que la Zone de Nul est activée. Vous deux, allez fouiller les petits salons à la recherche de l'intrus qui s'est hissé à bord. Toi, tu viens avec moi, nous allons inspecter les appartements."
Un soldat plus sanguin que les autres redressa son fusil, irrité.
"Et pourquoi on te ferait confiance ?! T'es suspect ! Tu pourrais tout aussi bien nous embobiner pour nous faire tomber dans un piège !
- Si je voulais vous tendre un piège, pensez-vous vraiment que je m'y prendrais de manière aussi grotesque ? Ecoutez, vous avez le choix : soit vous perdez votre temps à me mettre aux fers au risque de laisser filer le véritable intrus et de mettre en danger la vie de tous les convives en plus de celle de Madame, soit vous me laissez vous prêter main forte, quitte à me surveiller.
- Et comment vous êtes au courant pour l'intrus ? demanda un autre garde qui se prit un coup de coude par un collègue.
- C'est ma capacité. Mon pouvoir si vous préférez. J'ai senti qu'il y avait un problème, quelqu'un qui n'avait pas été invité. Alors je suis venu voir ce qu'il retournait. Moi vivant, personne ne touchera à un cheveu de la Contesse."
Il y eut une pause. Nikolas avait haussé le ton, emporté par ses propres mots. Il réalisait lentement qu'il ne jouait nullement un rôle. Il VOULAIT la protéger. Au prix de sa vie, s'il le fallait.
Il se ressaisit et reprit contenance, passant une main dans ses cheveux.
"Sur ce Messieurs, je vous quitte ! Si vous voulez me surveiller, libre à vous de me suivre pour me regarder faire votre travail et débusquer le rat qui s'est invité à la fête. Que l'un d'entre vous aille au moins avertir votre Maîtresse que la Zone de Nul s'est déclenchée. Nos vies peuvent en dépendre."
Nikolas se retourna et commença à s'éloigner d'un pas pressant. Il avait joué ses cartes. Désormais, soit il entendrait le bruit des pas qui le rejoignent, soit un coup de feu fixerait son sort.
A un tournant, il distingua la porte des appartements de Vassilissa, ouverte, une ombre dans son encadrement...


Dernière édition par Nikolas Klaus Jensen le Ven 4 Avr - 17:27, édité 1 fois
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Invité
Mistral Despair

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Sam 15 Mar - 20:47
Des choses les plus dures à supporter il y a le rejet de l’être aimé ; là-dessus la plupart des hommes s’accordent. Mais le cœur du Marquis était depuis longtemps endurci face à celui-ci. Il n’était plus qu’une éraflure désagréable à la surface de son amour et jamais il ne saurait être suffisant à lui faire abandonner sa cour. Aussi s’apprêtait-il à poursuivre son lent avancement pour rejoindre l’objet de ses vœux lorsqu’il fut, d’une façon très brutale, ramené à la réalité de la situation.

Une masse sombre et encore plus grande que lui qui n’était déjà pas un nain s’interposa en se plaçant devant sa Petite Fleur qui était dès lors masquée à sa vue. Cela n’allait pas du tout. Il venait de la retrouver et voulait apprécier pleinement sa vision. Même ainsi grandie et femme.

Mistral reconnu d’ailleurs le grand glouton de tout à l’heure ; celui à l’esprit si risible qui lui avait parlé de Destin. De Destin ! À lui ! Lui qui avait les idées tellement rationalistes.
Mais enfin, ce géant qui le séparait à présent de Ran de toute sa supériorité physique l’observait non plus d’un regard presque amical mais avec une expression qui claironnait haut et fort qu’il n’aurait aucun scrupule à l’abîmer s’il osait importuner celle-ci. Un homme sage et intelligent aurait tourné les talons.
Mais intelligent, il ne l’était plus autant lorsqu’il s’agissait de sa belle.

La colère emplit ses yeux d’océan nocturne et ses doigts soigneusement gantés de soie se serrèrent en un poing fermé. Il n’était pas du genre à se battre comme ces porcs qui remplissaient les rues et tavernes de bas étage, mais il avait soudainement envie d’enseigner à ce gros gamin à respecter ses aînés. Oh bien sûr il était plus petit et bien moins lourd que lui, il n’avait pas ces muscles terrifiants tant ils étaient imposants ; mais il était vicieux et agile.
Et puis glissés dans les rivets argentés de son serre-taille, indétectables si l’on ne savait pas, il y avait de petites aiguilles empoisonnées. Pas mortelles (le Marquis ne tuait que rarement), mais suffisamment létales pour paralyser durant quelques instants et rendre malade.

Il planta ses pupilles dans celle du scarifié face à lui << Je n’ai rien contre vous. Ne vous mettez pas en travers de mon chemin. >> Le ton était glacé bien que calme, la menace aussi caressante que les écailles d’une vipère invisible sur la peau nue.

Mais soudainement il se passa derrière l’agaçant importun un mouvement et un chuchotement qui attira la totale attention de Mistral. Se déplaçant de côté d’une moitié de pas, il observa, une lance de feu lui transperçant le corps, cette scène dégoûtante. Un sale blanc-bec blond aux yeux dépareillés –ce qui lui donnait l’air aussi inintelligent qu’il devait l’être- avait les bras autour de sa Petite Fleur et l’enlaçait intimement en déposant sa puante présence sur elle.

Dix ans qu’il ne l’avait pas vu, même lui aurait cru s’être assagi sur ce point. Mais la voir se faire souiller par un autre continuait à lui donner des pulsions de violence incontrôlables. Comme cette fois en Espagne où il l’avait battue avec sa main comme on aurait donné des coups de bâtons à chien parce qu’elle s’était enfuie pour aller se trouver un petit gamin des rues.

Cette fois-ci c’était encore pire que jamais. Il la voyait devant lui et sans gêne aucune enfouir comme une ribaude son museau dans le cou du malotru avec une certaine affection qu’il ne lui connaissait pas. Il se mit à trembler imperceptiblement, bouillonnant de sa rage dans des veines de feu. La vision de sa Petite Fleur faire la catin à deux sous était révulsant.

Et il se moqua de lui-même.

Tant de fois il avait pensé à Ran. À cette enfant qui l’avait ensorcelée de sa jeune beauté, avec son corps pâle et ses grands yeux noirs.

‘’Tu es malade Ange’’ lui disait sans cesse son grand-père. À chaque fois qu’il se levait enfiévré au milieu de la nuit pour aller s’évanouir, vomir ou pleurer comme un pauvre diable dans sa salle de bain en pensant à celle qui lui manquait.

Mais ça il le savait qu’il était fou. Bon sang, il était un homme de lettres et était loin d’être stupide, il avait conscience d’être dément à tant aimer. À aimer suffisamment pour deux d’ailleurs.

Sauf que savoir que l’on était atteint n’était pas assez pour se guérir. Alors il avait recommencé à chaque fois autant qu’il avait pu se jurer de ne pas le faire.

Là n’était cependant pas la raison pour laquelle il se fichait à coups de grands rires intérieurs de sa propre tête. Celle-ci était en fait que durant toutes ces années il était resté fidèle à sa Petite Fleur parce qu’il n’avait jamais pu regarder ou toucher une autre femme lorsque ses belles étaient vivantes ; il aimait toujours une fille jusqu’à sa mort. Mais jamais naïf comme il était, et à présent il trouvait cela tellement ridicule, il n’avait réfléchi à la possibilité que elle ne lui fut pas loyale comme une femme à son mari. D’une manière ou d’une autre il n’avait pas une seule fois pensé qu’elle ait pu offrir son corps –ou pire son cœur- à un autre que lui.
Et maintenant il voyait. Cet homme autour d’elle qui l’emmenait, la montagne qui s’était dressée pour la protéger de lui et tous ces mâles dans cette pièce. Combien d’eux l’avaient touchée, combien d’eux l’avaient-ils connu aussi intimement que lui.
Mistral avait envie de vomir ses tripes. La nausée de l’horreur combinée à la paralysie de sa soudaine révélation le figeait sur place aussi sûrement que si méduse avait croisé son regard.

Fermant les yeux un bref instant lorsque Ran eu disparu, il tourna ensuite la tête – les paupières ouvertes- vers un badaud derrière lui << Donnez-moi ma canne. >> Ordre impérieux alors qu’il ne le connaissait pas. Mais il lui obéit parce qu’on ne discutait pas avec le Marquis lorsqu’il vous parlait sur ce ton aussi froid que la toundra russe avec la sécheresse du Sahara.

Une fois sa possession récupérée, il s’en alla le plus loin possible de cet endroit maudit et béni de retrouvailles.
Il n’abandonnait pas, loin de là. Mais il ne pouvait décemment faire une seconde scène en ces lieux. Et puis le vaisseau volait très haut, sa Petite Fleur ne s’en échapperait pas avant qu’il n’ait atterri.
Il partit donc se changer les idées vers le buffet bien que le nœud dans son estomac lui refuse toute nourriture.

Y retrouvant le gentilhomme en noir, le français saisit cette aubaine de distraction et l’approcha. Son masque de tous les jours de retour. Il était à nouveau bien plaisant et maniéré. La conversation se reporta donc naturellement sur le sujet logique de l’annonce de leur hôte et Mistral lui d’un ton doucereux –en anglais teinté d’accent puisque c’était malheureusement la langue parlée de presque tous << Vous me paraissez bien plus raffiné et intelligent que tous ces coupe-jarrets, et vous comprenez sans doute bien mieux l’enjeu d’une telle offre que le simple appât de l’or. J’aimerais faire affaire avec vous. >> Clair et direct, il ne s’était pas encombré de fioritures cette-fois. Mais à quoi bon tourner autour du pot, on parlait d’une chasse à l’homme – ou plutôt à la femme – qui promettait de l’action rapide.
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Selim Elardar

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Lun 17 Mar - 10:25
L'Ankou avait en face de lui quelqu'un qu'il avait cru être un gentilhomme. Oui, il l'avait cru, mais les événements qui avaient suivi ces croyances ridicules avaient prouvé l'inverse. C'est pourquoi Selim s'était interposé entre sa seule amie et le pas-si-gentilhomme-que-ça. Tandis qu'une colère sombre envahissait les yeux du Marquis, l'assassin, sans rien en laisser paraître, se posait quelques questions : Qui était exactement l'homme qui lui faisait face ? Pourquoi semblait-il tant en colère ? Et surtout, quel lien y avait-il entre lui et Yama ? Il faudrait qu'il interroge Yama à ce sujet, mais bref. Il avait entendu les menaces du Marquis, mais elles ne l'affectèrent pas. On avait souvent menacé Selim, et celui-ci, bien que modeste, savait qu'il était fort, même sans armes, même sans sable. Par conséquent il faut dire que les menaces ne l'effrayèrent pas tant que ça. Donc il déclara :

- Je vous conseillerai plutôt de déplacer votre chemin si vous ne tenez pas à ce qu'il y ait de confrontation. Si vous ne savez pas où aller, je vous conseillerais de vous diriger vers l'excellent buffet.

Du coin de l'oeil, Selim aperçu la personne au cheveux blonds qu'il avait identifié comme quelqu'un des caraïbes se placer derrière lui et emmener Yama loin de la salle de bal et du Marquis. Alors, une fois le duo parti, l'homme au cheveux noirs ferma les yeux, les ouvrit après un bref instant et ordonna à un passant de lui donner sa canne. Puis enfin, il s'en alla. Alors la pression retomba et une fois le non-gentilhomme parti, l'Ankou put quitter ses airs d'assassins et redevenir Selim, songer à nouveau à sa peine et à ses erreurs. Quoi que... pour une fois, il y avait une lueur d'espoir dans la brume de sa déprime. Une possibilité de sortir du pétrin dans lequel il s'était mis, de ne plus avoir à tuer. En effet, devenir l'héritier lui permettrait d'avoir assez d'argent pour survivre sans tuer, peut-être même de payer une fée pour qu'elle lui enlève sa malédiction, et surtout, il voulait se recueillir sur sa tombe, et pour ça, il fallait qu'il sache où elle avait été enterrée. Peut-être même la retrouver, si elle n'était pas morte. Après tout, il n'avait pas vu son cadavre.

" Arrête, Selim ! Elle est morte et tu ne peux rien y faire. "

Ainsi furent ces pensées, celle qui le ramenèrent brutalement à la réalité. Ces pensées douloureuses qui lui rappelaient l'horreur de certains actes. Il savait qu'elle était morte, mais il ne devait pas y penser. D'abord, il devait penser à la mission qu'il devait accomplir. Encore une fois, il devait fuir les souvenirs de la seule période où il avait été heureux. Fuir les souvenirs d'une période à jamais finie, afin d'éviter d'être terrassé par les remords et le chagrin. C'était lâche de fuir ainsi ses souvenirs, mais il n'avait pas d'autre solution. Mais bref, parlons donc de la mission. Une chasse à l'homme... Il aurait de la peine à y parvenir tout seul car il n'était pas très subtil lorsqu'il s'agissait de récolter des informations. Il aurait besoin d'un allié. Soit, il attendrait le retour de Yama. Que faire en attendant ? Le regard de Selim glissa vers le banquet et il s'autorisa un discret sourire.
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[Année 004]Vassillissa

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