Partagez | 
 

 [Année 004]Vassillissa

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4
Invité
Yama Albadune

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Ven 25 Avr - 18:50
Elle en avait eu assez.

Le dénommé Solal avait été le premier à partir. La rouquine avait disparu juste après, entraînant la Capitaine dans les bras de Samaël avant de disparaître. Les événements s'étaient vite enchainés mais le son des coups de feu subsistait. Tentant d'entraîner l'incube à l 'étage du dessus, elle le vit se dégager avant de faire les cent pas, s'agitant comme un poulet auquel on aurait coupé la tête.

Ce n'était pas le moment de faire l'idiot. Déjà exaspérée par l'attitude qu'avait adopté Samaël envers Willow, la pirate tenta de l'appeler par deux fois mais rien n'y fit. Les détonations semblaient se rapprocher, ou du moins en avait-elle l'impression. Elle poussa un soupir, s'excusa d'avance et plaqua son ami contre le mur avec violence.

- Qu'est-ce que...

- Ferme-la.


Plantant son regard contre le sien, elle avait parlé d'un ton sec et profondément agacé. Elle adorait Samaël mais ne supportait pas les hommes qui disaient aux femmes quoi faire. Qui était-il donc pour lui dire où aller et qui voir ? Ses mains se crispèrent sur les épaules de son ami. La pression qu'elle ressentait depuis ses retrouvailles avec Mistral s'était intensifiée et transformée en colère, une colère qu'il lui fallait à tout prix maîtriser si elle ne voulait pas défigurer son compagnon.

Inspirer, expirer. Sa voix était rauque et sifflante, un grognement d'animal empli de rage contenue.

- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, on a des préoccupations plus importantes que de voir ce que ta sorà fait de son temps libre.

Un éclat de surprise passa dans les prunelles turquoise de son ami. Sans le lâcher, Yama reprit d'un ton légèrement plus apaisé :

-... alors maintenant tu vas me suivre et arrêter de faire l'imbécile trois secondes.

Sans attendre de réponse, elle le saisit par un bras et l'entraîna hâtivement à l'étage du dessus. A peine débarqués dans la salle de réception, elle le lâcha, avisa un garde et s'adressa à lui ;

- Une fusillade a éclaté en bas. Vous feriez mieux d'aller voir.

Un bruit dans la salle attira son attention. Déplaçant son regard, elle avisa Selim, Vassilissa, une femme qu'elle ne connaissait pas... et Despair.

Réprimant un frisson, la pirate l'observa : même à distance, elle ne pouvait avoir aucun doute ; le Capitaine avait bravé la mort et survécu à la chute qu'elle lui avait infligé, il y avait de cela dix ans.

Malgré le temps, il restait le même monstre qu'elle avait connu.

Il fallait qu'elle parte. Elle n'avait pas la force de le combattre maintenant. Jetant un regard circulaire à la salle, elle avisa l'entrée par laquelle elle était arrivée et se promit de partir dès qu'elle se serait assurée que Samaël et Selim iraient bien.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Lucas Grey

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Ven 25 Avr - 19:12


Vassillissa


Regardant toujours la foule se presser, se bousculer, Le Corbeau écoutait avec attention ce que lui disait le Marquis. Il était, de toute manière, assez doux dans sa manière de parler pour que ce soit un plaisir de l’écouter. Il s’exprimait d’ailleurs désormais en Français, comme si le fait de trouver quelqu’un capable de le comprendre dans cette langue avait été un plaisir. Il parla, avec raison, du fait que Vassillissa n’était qu’une femme et que, par définition, ils ne pouvaient vraiment lui faire confiance. Il est vrai qu’un bon nombre de conseillers avaient dû lancer la machine, sans doute, afin qu’elle en soit là où elle était. Puis l’homme ajouta :



▬ « Les conditions sont simples ; si vous me doubler je vous tue. Et je vous autorise à faire de même dans le cas contraire. Aussi nous partagerons l'héritage à parts égales même si vous en serez le légataire officiel. Je n'ai pas besoin de titres supplémentaires. Enfin je- »

Il fut coupé par un coup de feu. C’était donc bel et bien une attaque sur la personne de Vassillissa, comme il le craignait plus tôt. Une attaque de front, ridicule et juvénile. Lucas observa son interlocuteur s’éloigner afin d’arrêter l’agresseur présumé pendant que lui-même se tournait afin d’attraper de petits cubes de poulets avec la pointe d’un pic en bois. Délicieux, soit dit en passant. Son regard fit le tour de la salle, regard perçant s’il en est. Il attendit un instant, puis un autre avant de grogner presque ouvertement :



▬ « Et j’imagine que Shin est en train de jouer les jolis cœurs. Ah, il va m’entendre… »

Et, alors qu’il réalisait avoir parlé naturellement en Français, il se tournait vers l’assemblée afin de ne rater aucune miette de ce qui se déroulait. Prenant cependant bien soin de s’avancer suffisamment pour ne pas être pris par une seconde attaque –un terroriste voulant attendre Vassillissa pourrait très bien attaquer ses invités, ce serait de sa faute- et assez loin du théâtre des opérations pour ne pas y être mêlé. Il était trop beau pour être blessé durant la tentative improductive de l’agresseur de s’enfuir.


© By Halloween sur Never-Utopia



Dernière édition par Lucas Grey le Mer 30 Avr - 20:24, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Nikolas Klaus Jensen

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Lun 28 Avr - 15:17
Libérer l'équivalent de 2,21 Gigowatts d'énergie pure sur quelqu'un, c'est clairement vouloir s'en débarrasser.
Mais ce qu'on ne vous dit pas quand vous n'avez pas étudié l'électricité, c'est qu'on ne peut pas diriger une énergie qui se disperse. On vous l'apprend en magie, vu que le principe des énergies volatiles reste le même, mais chaque flux réagit de façon différente face à la libération.

Et la foudre de Nikolas ne manqua pas de l'étonner. Elle frappa de plein fouet l'intruse, comme attirée vers ce point. Il y vit là la confirmation de l'état androïdique de la jeune femme.

Seulement voilà, la foudre, ça ne va pas tout droit. Et le second point vers lequel l'énergie fut attiré, c'était l'armature métallique de la baie vitrée. Oui, celle de la salle de bal. Qui éclata sous le poids de la voleuse, la propulsant entre les convives qui s'écartaient et ceux qui accourraient vers Vassilissa.

La magie étant de nouveau utilisable, Nikolas n'eut aucun mal à rejoindre l'ouverture en deux enjambées à l'aide de ses bottes de sept mètres.

Sous lui, la foule s'était interrompue à l'arrivée du projectile encore fumant et crépitant. Un rapide coup d’œil lui permit de repérer Vassilissa. Debout, pâle comme à son habitude, un mince filet de sang s'écoulait dans son cou et tachait son corsage.
Santa Mierda !

La scène était burlesque. La foule se calmait lentement d'une agitation encore palpable. Sur les marches, la Contesse contemplait ses convives, froide comme le marbre, fière comme une déesse nordique. Une rouquine gisait un peu plus bas, encadrée par deux hommes. Nikolas plongea dans ses souvenirs et reconnu les signalements de Selim Elardar (Assassin) et du Marquis Despair (Trafiquant). Celui-ci était encore armé. L'androïde finit de rebondir au pied des marches, encore agitée de soubresauts.

Le Père Noël descendit d'un saut leste et agile, atterrissant au centre de la pièce, enleva son manteau et accouru pour en recouvrir les épaules de son employeuse. Puis il se tourna vers la foule, du sommet des marches, laissant son aura apaisante se répandre et calmer tout un chacun. Une main sur l'épaule de Vassilissa, il éleva la voix.
"Madame la Contesse remercie chaleureusement Monsieur le Marquis et Monsieur Elardar pour leurs interventions. Profitez donc encore de ce qu'il reste du buffet, pendant que nos gardes mettent les trouble-fête aux fers !"

Nikolas appuya sur l'épaule de Vassilissa qui approuva subrepticement. Les gardes survivants s'avancèrent alors vers la rousse et la menottèrent fermement. L'Androïde, quant à elle, remuait encore, imperceptiblement.
Pour un premier job dans la sécurité, je trouve que j'ai plutôt bien géré !
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Rey de Marisma

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Mar 29 Avr - 22:46






On venait de lui tirer dessus ?

Alors même qu'elle se trouvait en pleine course dans les airs - on aurait aimé dire "cheveux au vent", mais ceux-ci se trouvaient emprisonnés sous son casque - faisant claquer le métal de la passerelle à chacun de ses pas, le regard alerte, l'instinct de préservation autant humain que professionnel à vif et ses années de survie et d'entrainement lui permettant de dire qu'elle n'était pas la plus abjecte dans ce domaine... on venait cependant de lui tirer dessus.
Avec une montre.
Qui tire des éclairs.
Il y avait de ces missions où, parfois, la logique manquait.
Celle-ci en faisant immanquablement partie dés cet instant.

Son poursuivant, jusque là drôlement impuissant, obligé de se cantonner à quelques coups de fusil, venait de littéralement s'envoler sous l'effet de quelques sentiments qui ne l'aurait pas regardé, elle, personnellement, si ce n'était pas justement elle, personnellement, qu'il visait.
JUSTEMENT.
Oh, elle connaissait très bien ce regard, merci.
Même pas le temps de reprendre son souffle, elle s'attendait à une arme à feu. Il sortit une montre. Elle s'attendait à ce qu'il regarde l'heure - même si la situation ne s'y prêtait pas, mais c'était peut-être un anglais, et il était peut-être pressé, qu'est-ce qu'elle en savait ? - mais ce fut un éclair.
...
Tout bonnement.
Un éclair.
Sur une machine volante composé en grande majorité de métal.

Outre le fait que c'était dépourvu de toute raison d'agir de la sorte, cela la faucha tout bonnement, elle n'y comprit rien et plaça simplement instinctivement ses bras en avant, pour contrer bien misérablement l'énergie volatile et foudroyante qui se dirigeait droit vers elle. Dans une ultime pensée égoïste, elle se dit que, tout de même, le vaisseau sur lequel ils se trouvaient étaient une bien plus grosse cible métallique qu'elle et qu'il aurait pu l'atteindre, lui, et non pas elle !

Exaucée ou non, une partie de l'éclair alla fracasser la coque et la transperça, laissant tomber l'espionne dans la salle de réception, au seuil de l'inconscience, inerte.

C'était comme si toutes ses fonctions étaient en veille, le monde en était déformé. Capable de prétendre toujours en faire partie, de le sentir et de l'entendre, il était cependant déformé, comme si un éternel bruit de fond se concentrait sur sa seule existence et la brouillait. Elle se sentait aussi fragile qu'une station de radio en pleine tentative d'émission mais sans cesse truffée d'interférence avec le monde extérieur.
Il lui paraissait grésillant.

Les yeux noisettes identifièrent une femme blonde, comme on identifie la lumière d'un phare à l'horizon, en plein milieu d'une tempête. Comtesse Vassilissa. Et son temporaire vainqueur qui semblait être aux petits soins auprès d'elle. Oh ! Tiens, tiens. Charmant vainqueur, vainqueur idiot, peut-être... après tout, elle n'était pas venue en tant qu'ennemie, était-ce donc là une façon de procéder ? Si les muscles de son visage n'étaient pas temporairement paralysés, elle aurait souri. C'est... qu'il fait partie de ceux qui ne posent pas de questions, hmmh, n'est-ce pas ?
Son regard, son regard... elle avait reconnu ce regard.

Amateur d'androïdes démembrés qui se donne des airs de garde du corps ! Des convulsions l'agitèrent, mais ne vous trompez pas, c'était un rire un rire silencieux et rendu chaotique mais... le tout était là : elle ne croyait pas au coup de foudre, mais n'était-ce pas drôle qu'elle en soit une victime de façon très littérale et absolument pas métaphorique ? et l'ironie ? c'est que ce coup de foudre lui avait été donné par le genre d'hommes qu'elle détestait le plus !
Oh, douce douce ironie.
Mais il l'avait sous-estimée, ou plutôt il avait sous-estimé celui qui avait confectionné ses membres. L'énergie volatile... avait trouvé de magnifiques réceptacles où se loger, même si le processus était loin d'être sans risque, qu'elle-même avait reçu une légère décharge et que le surplus avait dû ricocher.

Elle ne pouvait décemment pas rester par terre.

Finalement le rire s'échappa de ses lèvres, grinçant et sourd, pas moqueur, c'était un rire comme pour signifier sa présence. Elle se hissa sur un coude métallique, puis ses genoux, et rejeta sa tête en arrière, sentit bien qu'elle ne pourrait se lever totalement et resta accroupie pour regarder Vassilissa et son - ses ? - gardes du corps plus criminels les uns que les autres.

Puis, poliment, parce qu'il faut bien se présenter pour que les autres puissent se faire une idée du genre de personne que vous êtes, mais aussi parce que votre salut peut aussi passer par votre politesse dans ce genre de situation :

"Enchantée, chère comtesse Vassilissa. Je suis, je crois, votre dernière invitée. Mercenaire Gremlin."

Pseudonyme.
Car invitation, il y avait.

"J'arrive un peu en retard, je l'avoue, mais... je doutais fort que l'on me laisse entrer avec mes membres mécaniques. Et j'ai été quelque peu... retardée par la sécurité qui n'a pas pris la peine de me poser de questions."

Ses épaules furent parcourues d'un léger soubresaut. Ses articulations lui semblaient brûlantes. Faisant fi de la douleur présente dans ses bras comme s'ils étaient de chairs, et incendiait son dos, elle poursuivit :

"À propos de votre demande" elle toqua son casque "j'ai un intéressé qui aimerait en savoir plus, en bas."



Spoiler:
 


Dernière édition par Rey de Marisma le Ven 30 Mai - 11:41, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Zahnfee V. Edelstein

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Ven 2 Mai - 10:44






Garages


Cinq hommes armés et nerveux.
Deux pirates désespérés. Dont un torse-nu épongeant une flaque de sang avec sa chemise.
Un manchot en sursis.

- On a besoin d'aide, il est en train de se vider de son sang !

L'un des hommes -qui semblait être le leader de ce petit groupe- finit par lever les yeux au ciel et pester dans sa langue de yankee maternelle.

- Elle nous aura tout fait...putain Robur...
fut le seul truc intelligible que parvint à saisir Lucian.

Le soldat se massa l'arrête du nez pour finalement abandonner rapidement sa posture de lassitude extrême afin de regagner un professionnalisme à toute épreuve.

- George , la trousse de secours, grouille toi. Trouve moi le chloroforme. Hemet, ton briquet ! T'as toujours ton nécessaire de couture dans ta poche ? Stérilise-moi tout ça !

Les hommes s'affairèrent, visiblement peu frappés par l'état du blessé, ce qui trahissait une pratique des champs de batailles et de ses horreurs plutôt assidue.

- Vous là, lança-t-il impératif au compagnon de Lucian, il me faut de l'eau clair et de l'alcool.

Il eut un ricanement bref.

- Tous les pirates ont une flasque dans leur veston y parait...

Il retroussa ses manches s'agenouilla pour aider Lucian à comprimer le bras blessé.

- On sauve votre petit pote, et après on s'expliquera, mon gars. J'en ai pas fini avec vous.

Il se désinfecta les mains avec l’alcool et rinça la plaie à l'eau clair. Ses gestes étaient précis, minutieux. Un des ses hommes revint avec le matériel médical exigé.

- Doc'! J'ai ce qu'il faut !

Sans lever les yeux ni sourire, le "Doc" ajouta en guise d'explication :

- J'ai été médecin de campagne.


....Et je sais recoudre une chemise...


Et sans plus de palabre il s'échina à sauver le malheureux patient...



Appartements de Vassilissa


A mesure que Solal et Willow s'approchait de la suite de la Comtesse, la fée rousse fut frappée par un sentiment de vide si profond, si total, qu'elle sut d'instinct que l'épicentre de la zone de Nul se trouvait là. Lorsqu'ils stoppèrent devant l'encadrement de la porte, découvrant une jonchée de cadavres balayés par les vents, le Feu Follet eut la confirmation de tous ses doutes. C'était l'ouverture de la porte qui avait déclenché cette magie ancienne et puissante. Elle devait l'arrêter. Mais comment ? De ce qu'elle savait la Zone de Nul ne pouvait être stoppée que part celui qui l'avait crée.

Willow n'était ni la plus vieille fée, ni la plus forte. Mais elle était incontestablement la plus maligne...

Elle trouverait !

HRP:
 



Salle de Récéption


Vassillissa ne bougea pas d'une once alors que son assaillante brandissait sa lame à quelques centimètres de son cœur, comme si son mépris et sa stature la préservait comme un bouclier, mieux comme une arme.
L'assassin fut coupée dans son élan par un projectile en argent qu'elle eut à peine le temps d'éviter, mais qui lui frôla suffisamment la tête pour lui faire perdre le couteau qu'elle tenait fermement entre les doigts. Sa mâchoire se contracta de fureur, quand d'un bon elle retrouva son équilibre et son objectif. Elle fit face à un colosse basané dont le costume trop serré était taché ça et là de sauce. En tueuse avertie, elle jaugea rapidement son adversaire sans le mésestimer. Elle était plus petite mais plus agile. Un dixième de seconde lui suffit pour trouver la parade et contourner le mur de peau sombre. Ses sens en alerte ne repérèrent que bien trop tard son complice. Elle sentit la morsure de l'aiguille mordre ses chairs et riper sur ses côtes. Elle fit un pas vers Vassilissa, un pas rendu gourd par un poison foudroyant. Elle ne quittait pas des yeux la Comtesse, comme si sa haine pouvait tuer. Elle fit un second pas, extraordinaire, impossible, avant de s'affaisser sur les marches le visage contracté par la douleur. Elle devinait plus qu'elle ne pouvait le voir qu'on tentait de la ligoter , mains dans le dos.
Ce poison était puissant, mais elle avait longuement entrainé son corps à survivre à ce genre d'attaques, dans quelques minutes elle serait à nouveau sur pieds...

Et elle pourrait poursuivre la mission.

Une explosion de verre et d'acier coupa court à toute réflexion.



Coque de l'Albatros


la bataille faisait rage entre les deux duellistes si bien que personne ne remarqua la navette solitaire qui s'éloignait au loin avec à son bord le mystérieux Arsène.
Fidèle à lui même - ne prenant aucune mesure des conséquences de ses actes- le dernier Jensen lança plusieurs éclairs sur sa proie. L'un d'eux la percuta de plein fouet et la projeta à travers la baie vitrée de la sale de réception.
L'armature de métal de cette large fenêtre était directement reliée à celle du vaisseau. Le courant électrique courut à travers les éléments conducteurs de cet immense squelette, se répercutant sur le corps des malheureux se trouvant sur son passage et finit sa folle course en faisant exploser plusieurs hélices.

L'Albatros, entamé dans sa stabilité aérienne, piqua tout doucement du nez.



Salle de Réception



La chose fumante étalée au milieu des décombres se redressa au milieu d'un silence stupéfait. C'était une jeune femme, une androïde. Alors que Nikolas prenait grands soins de sa "Grande Soeur" russe, l'importune jugea utile de faire quelque courbette et ronds de jambes.

- Taisez-vous.

La voix de Vassilissa était froide coupante et dégageait une aura monstrueuse et mortifère qui fit hérisser les poils des plus aguerris. A cet instant, elle avait vraiment tout des sorcières inquiétantes qui peuplait la toundra opaque.

- L’invitation se destinait à Felipe, pas à un de ses subalternes. Ce gamin n'apprendra donc jamais....

L'étrange familiarité avec laquelle la Comtesse évoquait le Roi de la plus grande nation du monde se rapprochait de celle qu'une vieille tante pouvait avoir pour un de ces neveux turbulents. Elle se détacha de son garde du corps pour s'approcher du bord. L'aube naissante colorait déjà le ciel de couleurs sanglantes. Elle claqua des doigts et on lui apporta la soubrette qui avait tenté de la tuer.

- Ne fait pas semblant de dormir. Pas avec moi.

La jeune femme aux cheveux auburn redressa la tête et afficha une expression moqueuse.

- On ne trompe pas la Reine des menteuses, hein, pourriture de Grenouille.

La soubrette ne prit même pas la peine de maquiller son fort accent français.
Vassilissa la toisa en silence.

- Une fouine. Une minable petite fouine. Je ne méritais donc pas mieux pour mourir ?

Son interlocutrice sembla piquée au vif par la remarque et c'est en français cette fois qu'elle éructa :

- Tu es foutue, Grenouille, toi et ton petit roi et toute ta mare ! Vous allez payer pour ce que tu as fait à mon peuple ! Le Grand Milan te dominera, Il te crèvera comme cette petite souris grise dont tu t'es éprise et qui a chialé toute son eau sur le pavé avant de se vider de ses tripes. Ha! Ha! Ma mission est un succès, Nous avons ce que nous voulons, bientôt tu n'auras plus personne pour te proté...


D'un geste vif Vassilissa lui attrapa la langue entre le pouce et l'index. Son assaillante fut incapable d'en dire d'avantage, pendue qu'elle était aux doigts gantés de celle qu'elle devait occire.

- On dit que la nuit porte conseil, pourtant. Visiblement tu n'as pas assez dormi.

La Comtesse lui trancha la langue avec le couteau qui quelque minutes auparavant avait servi à l'attaquer, couteau que personne ne l'avait vu ramasser. Le sang de la soubrette lui gicla au visage mais la russe ne cligna même pas des yeux. La malheureuse, crispée sur une expression de souffrance et d'incrédulité observait l'organe dans la paume de la Belle, gesticulant comme un poisson hors de son bocal. Vassilisa jeta la langue dans la vide.

- Apporte un message de ma part à Rostrhramus : "Une Grenouille a toujours un coup d'avance".

Et la jeune femme fut jetée par dessus bord.

Vassilissa se tourna vers ses invités avec le même sourire mondain et charmant qui les avait accueillit.

- Mesdames et Monsieurs, que la fête continue !

Dehors les mécaniciens luttaient à grand peine pour faire redémarrer les hélices. Il leur faudrait sans doute un petit coup de pouce.

***

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Vance C. Smith

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Sam 3 Mai - 14:43


Vassilissa
Libre.


~

Le plateau d'argent frappe le haut de son crâne sous ton regard satisfait. Tu apprécies de ne pas avoir perdu toute l'ampleur de ton talent de lancer, bien qu'il soit regrettable que tu n'aies pas atteint le milieu de son visage. Histoire de briser quelques os et assommer la petite dame. Mais pour cela, il aurait fallu que tu sois le même qu'avant, et nous savons tous les deux que c'est impossible. Sans moi, tu n'es que la moitié de toi. Tu le comprends, n'est-ce pas ? Les événements suivants s'enchaînent rapidement et déjà tu t'y désintéresses, ton attention revenant sur celui que tu as piétiné. Pestant et jurant à tout va, ton marche-pied bascule son regard autour de lui, cherchant l'affreux ayant décidé de l'humilier en public. Mais la foule fixe la grande Dame sans s'intéresser à lui. Tous à part toi. Ses yeux plongent dans les tiens, et l'évidence lui apparaît alors. Ses doigts agrippent ton col, ton visage impassible ne l'énervant que plus. Si tu es déjà grand, mon amour, le voilà plus grand que toi et prêt à réduire ton visage en bouilli de son poing levé.

La baie vitrée explose sous l'arrivée tumultueuse d'une androïde. Tes sourcils se froncent devant ce spectacle qui ne manque pas d'attiser ta curiosité. Et alors que tu aperçois Shin rejoindre Lucas du coin de l’œil, tu remarques que la suite semble des plus incompréhensibles. L'on cherche à cacher sans le faire, les complots qui ont sévi à l'intérieur de cette prison volante. Tu n'oublies pas au passage de me maudire une énième fois pour t'y avoir emmené. J'apprécie la pensée, Vance. Il te semble d'ailleurs sentir un changement soudain chez ton adversaire, toujours accroché à toi, tout comme dans la direction du zeppelin. Si l'un semble s'être soudain calmé et avoir abandonné sa haine pour ta personne – sans oublier de lâcher une petite phrase des plus stupides qui hausse ton sourcil : un mal pour un bien, mon ami – l'autre, qui tenait sa position jusqu'à maintenant, paraît piquer vers le sol en cet instant. Cette supposition se voit confirmée alors qu'un verre posé trop près du bord de table glisse au sol et explose à son contact. D'un pas rapide tu viens donc à la baie vitrée qui ne ressemble plus qu'à un trou béant, et t'accroches à un rideau pour te pencher vers l'extérieur et analyser la situation. Si la vue des hélices défectueuses te donne envie de te sauver le plus rapidement possible, un coup d’œil à la salle te retient pourtant. Je ne te connais pas cette « gentillesse » qui n'en est pas.

« Mets Lucas en sûreté, c'est un ordre de Chandra. Et ne la cherche pas, elle a déjà fui. »
Tes pas t'avaient mené jusqu'à Shin qui avait rejoint Lucas. Si je ne t'avais pas gentiment harcelé pour leur adresser quelques mots, tu serais passé à côté de leur personne sans un seul regard pour eux. Te voilà donc, un léger rictus aux lèvres, l'air de te demander depuis quand je me permets de donner des ordres, inutiles qui plus est. Et déjà tu fais demi-tour, adressant un léger signe de tête aux deux hommes en guise de salutations. Tu ne veux pas t'attarder plus sur mes problèmes qui ne t'intéressent pas. Passant par la porte qui m'a vue entrer, tu interceptes au passage une soubrette portant de grands draps blancs pour lui en emprunter un et le glisser sous ta chemise. Tu n'es pas prêt à les laisser te tuer, aussi prépares-tu de quoi assurer ta fuite si l'Albatros s'écrase. Sans plus attendre, tu cours récupérer ta dague et uses de ta grande éloquence pour te faire suivre de deux gardes. Ca ressemblait à quelque chose de ce genre : suivez-moi ou mourez. Autant dire qu'ils te poursuivent plus qu'ils ne t'aident.
Arrivé aux hélices endommagées, tu apprécies un instant de voir les mécaniciens essayer de tout remettre en état en si peu de temps. Déjà tu commences à donner quelques ordres par ci par là, et si les ouvriers semblent tout d'abord récalcitrant, te voir te mettre au travail leur passe l'envie de te chercher des poux. Tu uses alors de tes deux officiers pour t'aider à réparer les mécanismes. Tu ne serais pas devenu inventeur si tu n'avais jamais été bons avec les machines, n'est-ce pas ? Mais au vu de certains regards que l'on te lance, il te faudra fuir avant la fin, Vance. Il ne faudrait pas qu'ils osent lever la main sur toi, voyons, ce serait dommage. Vraiment.

Spoiler:
 



Dernière édition par Vance C. Smith le Dim 18 Mai - 18:58, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Yama Albadune

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Dim 11 Mai - 21:00
Il pleuvait du verre, il pleuvait des éclats sur les convives. La tête relevée, Yama vit comme au ralenti la baie vitrée voler en éclat. Certains invités eurent le réflexe de se protéger de la pluie de débris, ce ne fut pas son cas.

Son instinct de survie s'était momentanément éteint.

Un éclat de ferraille l'atteint au visage, traçant une coupure nette sur sa joue. Plus que le spectacle qui se déroulait chez leur hôtesse, ce petit éclair de douleur parmi tant d'autres eut le mérite de la faire sortir de sa torpeur. Le plan, il fallait se tenir au plan. On amena la terroriste à Vassilissa mais l'attention de la Capitaine était déjà accaparée autre part.

Elle vivait dans les airs et survivait par le vol. Même si elle ne s'y tenait que depuis quelques heures, elle pût sentir l'Albatros flancher, dangereusement. Ses pupilles s'écarquillèrent alors qu'elle se raccrochait machinalement à une table. À cette attitude, aucun d'entre eux ne survivrait si le vaisseau venait à s'écraser.

- Capitaine ?

La voix familière la distrait momentanément de sa panique grandissante. Tournant la tête vers sa source, elle adressa un pâle sourire au criminel qui venait d'arriver.

- Bonsoir, Earl.

- Je sais qu'vous nous aviez demandé de pas venir vous chercher mais il y a eu cet éclair et...


Elle l'attrapa par l'épaule.

- Pas de problème.

Autour d'eux les conversations avaient repris. En tant que doyen du Braille, Earl possédait un éventail de talents plutôt pratiques et ses qualités d'aviateur en faisaient partie. Il était celui qui l'avait amenée sous les nuages et devait attendre son signal pour la ramener à bord du vaisseau blanc. Yama se félicita d'avoir choisi des hommes avec un semblant de jugeote ; le soutien que lui apportait sa présence lui sortait la tête de l'eau et lui permettait de mieux réfléchir.

- Tu as pu voir l'étendue des dégâts ?

- Affirmatif. Plusieurs hélices n'ont pas tenu le choc.


La pirate se mordit les lèvres et porta la main à ses tempes. La tête froide, il lui fallait garder la tête froide.

- ... très bien. Va voir ce qu'il en est et aide-les si tu peux. J'ai des amis que je dois prévenir avant de partir, on se retrouve près des escaliers.

L'évocation d'amis comme celle d'un départ surprit la vigie qui n'en montra que peu, se contentant d'un haussement d'épaules avant de s'éloigner d'un pas énergique qui contrastait avec son âge avancé. Yama parcourut la salle du regard, son regard s'arrêtant d'abord sur Samaël (sous l'apparence qu'elle connaissait peu) puis Selim. Elle rejoignit l'incube d'un pas rapide et le prit par l'épaule, le forçant à interrompre la discussion animée qu'il semblait avoir avec son partenaire. Parlant à voix basse, elle plongea ses yeux dans les sens.

- Il faut que je parte. Le vaisseau n'est plus stable, tiens-toi prêt au moindre signe alarmant, d'accord ?

Elle voulut partir mais se força à rester quelques secondes de plus.

- Écoute, je... merci.

Un coup d'œil vers le lieu où se tenait la comtesse. Inspirant profondément, la Capitaine reprit :

- Je ne peux pas rester. On se revoit bientôt, j'espère.

Elle le lâcha et disparut entre les convives, à la recherche de son allié l'assassin.

Se frayant un chemin entre les criminels, elle finit par atteindre l'endroit où se tenait Selim. L'attrapant par le bras pour attirer son attention, elle fut encore moins démonstrative lorsqu'il se tourna vers elle.

- Elardar...

Une silhouette bien connue lui ôta tout envie de poursuivre sa phrase. Son regard se heurta à celui du Marquis, mais elle ne flancha pas.

Pas cette fois.

Sans cesser de le fixer, elle se hissa à la hauteur de l'oreille de l'assassin et lui murmura les mots suivants :

- J'y vais. Ce vaisseau n'est plus sûr. N'hésite pas à partir si tu sens la moindre secousse.

Elle se détacha de Selim et détourna son regard de Mistral. Ses derniers mots furent hâtifs, destinés à l'assassin seul.

- Merci pour tout et... prends soin de toi.

Un dernier regard à Despair avant qu'elle ne file, retenant la panique qui enserrait ses poumons et menaçait de la faire trébucher. Quelques secondes plus tard, elle retrouvait Earl. Ce dernier abordait un sourire satisfait.

- Les hélices sont hors de danger, pour le moment.

- D'accord. Partons d'ici.


Elle l'entraîna vers le pont, hâtivement, ne pouvant s'empêcher de jeter un regard ou l'autre derrière elle. Le minuscule esquif qu'avait posé Earl pour arriver, profitant de la confusion précédente, était blanc comme le Braille.

- Vous êtes sûre de pas vouloir rester ? Lança le vieux loup d'air alors qu'ils se préparaient au décollage.

- Certaine.

Avec la rapidité du vaisseau mère dont il était issu, le petit véhicule décolla, quittant sans guère plus de cérémonie le vaisseau de Vassilissa la Très Belle. Seulement à cet instant Yama sentit l'angoisse qui lui brillait le ventre s'estomper quelque peu.

- Vous avez l'air mal.

- Je ne suis pas au mieux de ma forme.


Il y eut un moment de silence. Puis, d'un ton d'enfant désorientée, elle laissa tomber l'information.

- Despair est revenu.

Il y eut un moment de profonde surprise durant laquelle Earl ne sût que dire. Résistant à la tentation de se retourner pour voir si Ran - car il faisait partie des rares à l'avoir connue en tant que telle - allait bien, il manœuvra pour leur faire traverser les nuages.

Ils émergèrent, trempés et abasourdis, d'une mer moutonneuse que fendait tranquillement le Blackbird Braille sous la lueur de la lune.

- Est-ce que... ça va ?

Elle ne répondit pas. Earl se demanda si elle aurait la force d'attendre d'être seule pour pleurer mais ne vérifia pas.

Elle n'est pas seule, se répétât-il alors qu'ils s'engouffraient dans le ventre du navire.

Et quand ils apparurent sur le pont, tous ceux qui les attendaient lui donnèrent raison.


Spoiler:
 


Dernière édition par Yama Albadune le Mar 3 Juin - 12:44, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Samaël Izyn

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Jeu 15 Mai - 12:48





Les choses s’enchaînèrent si rapidement, que lorsque Vassillissa annonça à la foule que la fête pouvait continuer, Samaël n'avait pas bougé d'où il était. Comme la quasi totalité des convives. L'air hébété, perdu ou choqué, personne n'osait bouger de peur que le moindre geste insignifiant ne déclenche une catastrophe.
Pourtant, des morceaux de verre et de métal finissaient de tomber, forçant les invités à se mouvoir pour les éviter, et réveillant ainsi l'incube de sa torpeur. Eh bien, c'était ce qu'on appelait une réception mouvementée.

De nouveaux pourvu de cheveux blonds platines et de prunelles vairons, le jeune anglais se fraya un chemin parmi les convives et retrouva enfin Lucas avec une légère vague de soulagement qui le surpris. Il passa dans son dos pour se mettre près de lui, laissant glisser sa main de sa hanche jusqu'à l'autre avant de la ramener à lui. De toute manière, il était à peu près persuadé que s'ils avaient décidé de se rouler un patin en plein milieu de la salle, ce serait passé totalement inaperçu avec tout ce qui se passait aux alentours. Mais de tout de même.
Il leva ses yeux dépareillés vers son amant et eut un léger sourire, les sourcils froncés.

Tu vas bien ?

Ils discutèrent un court instant de leur santé mutuelle puis l'incube enchaîna avec la nécessité de trouver un moyen de s'en aller, ou alors d'aller désactiver cette zone de magie étrange en bas. Cependant, Lucas n'était pas d'accord et insista sur sa volonté de suivre Vassillissa pour lui poser des questions. Atterré, le beau blond en resta coi quelques instant avant de s'agacer sur la vénalité et la stupidité dont le lord pouvait parfois faire preuve, tant il était borné et arrogant.
Entre autres qualificatifs.

Une mains sur son épaule vint interrompre la liste, et il s'apprêtait à renvoyer froidement l'importun lorsque ses yeux tombèrent sur Yama. Il fronça les sourcils, inquiet et se pencha pour l'écouter, un frisson parcourant son échine aux nouvelles.
Si la Capitaine, habituée aux navires volants, le prévenait d'être prêt à s'en aller plutôt que d'essayer de réparer, c'est que l'état du zeppelin était critique.
L'incube hocha la tête puis lui adressa un sourire à son remerciement. Il serra doucement ses mains et la laissa filer, se mordillant la lèvre inférieure.

Il finit par se retourner vers Luc... Vers le vide. En effet, la place précédemment occupée par le lord était disponible et Samaël le chercha des yeux. Il finit par apercevoir ses mèches corbeau qui s'avançaient en direction de Vassillissa.
Aaron serra les dents, donna tout un tas de noms d'oiseaux -autre que corbeau- à Lucas dans sa tête et fit volte face pour redescendre.
Et bien qu'il aille donc suivre la Comtesse si cela lui chantait, il avait bien d'autres choses à faire, et tant pis pour lui.

Avec un claquement de langue agacé, il descendit les escaliers à toute vitesse, courant à travers le couloir en criant un prénom. Finalement, il reçu une réponse à la fois intriguée et surprise, et arriva devant sa Sorà et le basané qui l'accompagnait. Elle était toujours rousse, et il devina qu'il devait avoir récupérer ses mèches fauves et ses yeux turquoises.
Il s'avança vers elle, faisant fi de son regard assassin et la serra dans ses bras. L'éclat de Yama avait au moins eu le mérite de lui remettre les idées en place, et il pensa d'ailleurs qu'il lui faudrait la remercier.

Je suis désolé Sorà. Pardonne moi.

Il embrassa son front, avec un regard implorant, serrant ses mains fines et pales dans les siennes jusqu'à ce qu'elle accepte, lui rendant le sourire.
Samaël hocha la tête et regarda autour d'eux, ses prunelles couleur de la mer des caraïbes tombant sur la porte forcée que les deux jeunes gens fixaient déjà.

Bon. Le vaisseau est en train de piquer du nez, on risque de s'écraser au sol à tout moment.

Il plongea ses yeux dans les iris saphirs de sa soeur et un eut un grand sourire enfantin.

On s'occupe de cette fichue zone sans magie, et on file !

Il n'impliquait même pas qu'elle parte avec lui, puisqu'il parlait même à l'homme qui l'accompagnait. Pour l'instant, il se fichait de ses fréquentations, où de ce qu'avait pu décréter le basané sur la vie de Willow. Il fallait qu'il supprime cette Zone de Nul. Avec un peu de chance, cela aiderait au rétablissement du vaisseau. Et sinon, il faudrait qu'ils se dépêchent de déguerpir avant de finir leur vie écrabouillés au sol sous des tonnes de verre et de métal.
Charmant non ?

Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Lucas Grey

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Lun 19 Mai - 18:07


Vassillissa


La cohue fut impressionnante lorsque soudain l’appareil subit un changement de trajectoire qui ne semblait pas être prévu, car trop violent. Le Corbeau pesta devant son manque d’équilibre, ne restant debout qu’en se soutenant à l’aide de sa nouvelle canne. Il ne cessa pas pour autant de pester, se demandant où pouvait bien se trouver Samaël et Shin. Il se demanda même à quoi bon avoir un garde du corps si celui-ci semblait plus intéressé par la garde du cœur et autres parties charnues de bien des femmes. Il vit Vance en premier lieu, jaillissant de nulle part avec Shin à ses côtés et qui parlait dans un timbre bien différent de celui qu’il lui avait entendu.



▬ « Shin n’a personne a surveiller, il ferait bien mieux d’aller voir ce qu’il se trame avec les hélices. »

Et après l’avoir congédié d’un geste exagéré de la main - et de la canne – il fit volteface pour se diriger vers les appartements afin de récupérer ses vêtements. Car oui, le jeune homme n’était pas des plus à l’aise et dans la panique il commençait à manquer de discernement. Assez tout du moins pour ne pas sentir son amant dans son dos avant qu’il ne l’enlace. Il eut un léger sursaut, puis se détendit et se fustigea d’avoir ainsi perdue les pédales. Comment diable avait-il bien pu se laisser aller de la sorte, c’était une honte.



▬ « Tu sais bien que je m’en sors toujours. »

Pour une fois que Le Corbeau ne le vouvoyait pas naturellement. Ils discutèrent un temps, jusqu’à ce que Lucas exprime à Samaël son désir d’en apprendre davantage sur ce que Vassillissa avec proposé à la foule quelques instants plus tôt à propos de cet héritage si fameux et un peu trop beau pour être vrai. Bien entendu, le blondinet temporaire fut passablement contre l’idée et s’apprêtait sans doute à le fustiger lorsque l’imposante Yama fit son entrée. Ah ça, elle ne manquait pas de conversation.

Profitant de cette magnifique feinte, Lucas partit sur le champ vers Vassillissa qui donnait des ordres à ses hommes à droite et à gauche. Sa canne toujours fixée dans sa paume, comme enfoncée dans sa peau, claquait sur le sol comme les talons de ses chaussures.



▬ « Madame, si vous avez un peu de temps à m’accorder par la suite, j’aimerai m’entretenir avec vous. A moins que vous ne quittiez le navire? »

Pas de ton joueur, pas de mi-mesure. Lucas était froid, clair et précis. Lucas reflétait là l’allure de chef qu’il pouvait avoir lorsqu’il donnait des ordres à ses propres hommes. Vassillissa fuirait-elle ?

© By Halloween sur Never-Utopia

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Selim Elardar

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Dim 25 Mai - 21:28
Quelle ne fut pas la surprise de Selim lorsque celui-ci aperçu que l'homme qui avait surgit pour l'aider face à la tueuse n'était autre que l'énergumène qu'il avait pris pour un gentilhomme. Au vu de la réaction que Yama avait eu en apercevant l'homme aux cheveux noirs bouclés, il était logique que Selim se méfie d'un tel individu. Sa méfiance envers cet être était telle qu'il avait, alors que celui-ci surgissait pour attaquer la terroriste, cru être la cible de ce dernier. Heureusement, ce pressentiment s'était avéré erroné, et ce fut la tueuse et non l'Ankou qui s'effondra à terre, apparemment victime d'un poison. Ayant assister à cet acte, l'assassin ne pouvait que se dire qu'il fallait se méfier de cet homme aux cheveux noirs qui avait apparemment plus d'un tour dans son sac... Alors que, ayant réussi à protéger la Dame, l'assassin n'aspirait qu'au repos (ou au repas), la fenêtre explosa dans un grand fracas, afin de laisser passer une androïde qui vint s'écraser dans la salle. Par l'ouverture que cette dernière avait créée, un homme arriva et se dirigea vers la comtesse, la recouvrant de son manteau. Après avoir remercié Selim et le dénommé Marquis, il rappela la présence du buffet. Alors, afin de se changer les idées, l'assassin s'apprêta à se diriger vers ce lieu où était exposé une grande quantité de nourriture appétissante. Après tout, les affaires de Vassilissa ne le concernait pas outre mesure, et elle était sûrement en sûreté actuelement. Mais avant même qu'il ne parte, on lui saisit le bras. Sursautant, l'assassin se retourna, puis remarqua que la personne qui l'avait saisi n'était autre que Yama. Elle l'appela, mais s'interrompit, fixant quelque chose derrière l'assassin. Celui-ci tourna la tête vers l'endroit que Yama fixait et aperçu le Marquis. Selim se demandait qu'est-ce que cet homme avait bien pu faire à la capitaine pour que sa vision puisse l'effrayer et la dégoûter. Alors qu'il était sur le point de questionner la capitaine à ce sujet, profitant du bref silence qui planait entre eux, la capitaine lui murmura à l'oreille :

- J'y vais. Ce vaisseau n'est plus sûr. N'hésite pas à partir si tu sens la moindre secousse.

L'engin dans lequel tous les criminels volaient subissait-il donc une panne ? L'assassin n'avait pourtant rien remarqué... Enfin, il avait senti un changement de direction, mais il pensait que c'était normal. Heureusement que la capitaine l'avait prévenue, sinon il ne l'aurait sans doute jamais appris. D'un autre côté, si le vaisseau avait un accident, Selim ne pourrait absolument rien faire pour s'échapper, mais ça, Yama ne pouvait pas le savoir...

- Je vous remercie de votre avertissement.

La capitaine reprit, en regardant Selim :

- Merci pour tout et... prends soin de toi.

Et l'assassin répondit :

- De rien... C'était un plaisir de vous avoir à nouveau rencontré. Je ne peux que vous souhaiter tout de bon !

C'est ainsi que l'Ankou dit au revoir à son amie. Peut-être était-ce la dernière fois qu'il la voyait, qu'il lui parlait... S'il périssait à cause de l'accident que risquait à tout instant ce vaisseau, il n'aurait plus l'occasion de parler à personne... Mais à quoi bon s'en soucier ? De toute façon, il ne pourrait rien faire pour survivre à l'accident, alors autant profiter du temps qui lui restait à vivre. Il se dirigea donc vers le lieu où l'on pouvait pleinement profiter de la sensation de bonheur que seul un ventre bien rempli pouvait provoqué : le buffet. En ces lieux, il put se servir des desserts qui y étaient désormais installés. Il put savourer leur goût sucré et subtil. Il découvrit de nombreux desserts dont il n'avait encore jamais entendu parler, et qu'il n'avait encore moins pu manger. Il y avait des mets chauds et sucrés qui donnaient une agréable chaleur au ventre et des mets si froids qu'on aurait dit qu'ils étaient fait de neige. La variété des arômes des desserts était gigantesque. Il y avait des desserts sous la forme de pâtisserie et des sous la forme de mousse. Quitte à mourir, et pour ne pas mourir idiot, Selim voulait en goûter le plus possible. Il n'avait que trop peu eu l'occasion de manger ce genre de plats sucrés dans son amère existence. S'il devait quitter cette vie qui ne voulait après tout pas de lui, autant que ce soit dans un feu d'artifice sucré qui flattait ses papilles et lui offrait un ultime bonheur.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Solal Yarhi

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Mer 28 Mai - 22:45
Le poker n’était pas le jeu favori de Lucian mais le navigateur n’était pas homme à craindre les paris.
Il faut croire que ce jour là, il avait une chance de cocu, surtout due à l’urgence de la situation. Les pirates s’écartèrent rapidement, afin de laisser les soldats entrer dans la chaloupe et s’occuper de North, qui pissait le sang comme un cochon, déjà à moitié parti.
Les yeux vairons du navigateur suivirent attentivement, scrutant les gestes rapides mais néanmoins d’une dextérité étonnante de la part du soldat, que seule l’expérience avait pu lui apprendre.

«Tous les pirates ont une flasque dans leur veston y parait...
-Certaines choses sont vraies à propos de nous… »

D’autres moins, mais tout était bon à prendre pour entretenir des rumeurs, une légende. Même les pires crasses.
Le roumain laissa échapper un rire, avant de sortir une petite flasque grise d’une de ses poches arrières, et de faire signe à Hans, resté en retrait de leur donner les deux chopines qu’ils s’étaient gardés pour faire passer le temps. Raaah ! Gaspiller du rhum de cette manière, franchement ! Mais le navigateur garda cette réflexion pourtant sincère pour lui. Inutile de se retrouver de nouveau en joue, avec en prime un macchabé tout frais.
A demi-inconscient, le front de North se perlait de sueur et de sang, tout comme ceux des hommes au dessus de lui, s’échinant à lui sauver la peau. Il leur devrait une sacré chandelle, même s’il ne serait plus jamais le même.
Les dents serrées, et les nerfs noués, Lucian épaulait le « Doc », presque soulagé de ne plus entendre les cris de souffrance du Capitaine du Red Wings, tout en réfléchissant au moyen de se sortir de ce pétrin ensuite. Une autre malédiction plana au dessus de la tête de ses supérieurs, mais le contact de la main de son camarade sur son avant-bras lui fit lever le nez et prendre conscience du raffut au dessus de leur tête.

« J’suis pas sur qu’on aura le temps de discutailler, vu ce qui se passe là-haut… » Un sourire entendu mais pas menaçant ponctua ses dires. « On a un doc’ et du matos sur le navire… »
Oui, ils avaient mieux à faire que s’occuper de deux planqués dans un navire, alors que le zeppelin commençait, à coups de grincements sinistres, à piquer du nez. Lucian fronça les sourcils, et jeta un coup d’œil prudent aux soldats.
S’il osait amorcer la fuite de la chaloupe, lui tireraient-ils dans le dos ? Le navigateur échangea un coup d’œil avec Hans. C’était quasi-certain.
~

Alors qu’il se dirigeait initialement vers la poupe, Solal avait dû faire demi-tour devant ce qu’il soupçonnait être de tout jeunes mécaniciens, surement persuadés qu’il venait empirer la situation vu les regards qu'il récolta. La bonne action du jour avait assez duré… le Second n’insista pas, les envoyant au diable en marmonnant des insultes perses et se remit en chasse d’une certaine ombre noire.
Au détour d’un couloir, il retomba sur Willow, lui jetant un regard où se mêlait de la surprise et de l’agacement. Avait-elle encore trouvé un moyen de se foutre dans le pétrin ? Ou pire, un énième tour à jouer alors que la situation se dégradait de minutes en minutes. Un léger ricanement lui échappa.
« -… Dis-moi, si je t’aide, tu accèderais plus rapidement à ma demande ? »
La question était à la fois très sérieuse et taquine. Donnant, donnant après tout !
« Tu penses vraiment qu’annuler cette Zone de Nul va franchement nous aider ? Le zeppelin va s’écraser Willow… »
Et si une part de lui-même, acide, le pressait de se tirer vite fait, il ne pouvait s’empêcher de garder un œil sur la rouquine. Trappen n’était pas idiot, très loin de là… Il avait peut-être même déjà quitté le secteur, une courbette à la Comtesse avec un air à peine moqueur. Cette vieille carne de Capitaine s'en tirait toujours. Toujours.

Au vu de la confusion dans le regard de la fée, le brun s’attarda. Quelques secondes, mais suffisamment pour être de nouveau sur ses gardes à l’appel du prénom de la fée. D’un geste rapide, Solal sortit un de ses pistolets, canon pointé vers le couloir… d’où apparut son pot de c- … son frère.
Baissant l’arme, le persan s’écarta un peu, la guimauve fraternelle, très peu pour lui.

Préoccupé, agacé, le pirate se racla la gorge, signifiant par là son mécontentement à faire partie du décor malgré cette scène certes touchante, mais qui pouvait attendre selon lui. Ils auraient bien le temps de se rabibocher ?
Sans attendre, le pied de Solal s’écrasa avec élan sur la porte en bois sculpté de la pièce dont elle s’était approchée.
« - On a… environ dix minutes Willow, si c’est pas moins. »
Simple et efficace. Effrayant mais réaliste. En vérité, c’était l’estimation du temps que Solal accorderait pour aider la fée (le concept était encore à travailler, surtout envers elle). Au-delà, et bien…
Il jeta un regard dédaigneux vers l'anglais. Décidément, ça ne passerait pas avec lui.
« - Vous comptez vous tourner les pouces ou ... Z'êtes une fée vous aussi ? »
Autrement dit, le frérot, quelque soit son nom que Solal n'avait pas retenu, pouvait-il aider d'une quelconque manière pendant que lui suait contre cette barrière physique ?
~
La tête penchée sur le côté, ses prunelles sombres cachées par une mèche de cheveux aussi noire, le Capitaine du Souffle Gris avait écouté avec une attention accrue l’échange acide entre la Comtesse et cette écervelée, mais qui avait du cran, il devait le reconnaître.
Ainsi on tenterait d’ébranler la toute puissante de Vassilissa ? Oh, Trappen ne doutait pas du nombre d’ennemis que la Comtesse devait avoir amassé, lui-même en était un, en quelque sorte, mais elle semblait bien sur d’elle. Trop peut-être.
Qui était ce fameux Rostrhramus ? Trappen n’en savait rien mais ça méritait de creuser, et nul doute que certaines personnes en feraient bon usage. L’influence de la Très-Sage était son atout, l’essence de son pouvoir et de ce qui lui permettait d’exiger. Mais son étendue était aussi son point faible…
L’ombre du Capitaine du Souffle Gris s’effaça de la salle de réception, d’un pas tranquille alors que l’angoisse continuait de gagner la foule. Une fois à la porte, le sourire torve du pirate se fit plus mesquin alors qu’il passait au côté d’un groupe de gardes, son pouvoir voilant leurs yeux de douleurs.
Précaution aurait-il rétorqué, sadisme aurait été une autre réponse.
Mais pour l’heure, le Capitaine n’avait plus rien à faire ici.
Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Rey de Marisma

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Ven 30 Mai - 12:10







"Taisez-vous."

Elle semblait l'avoir importuné, pourtant il lui semblait avoir fait les choses dans les règles, non ? Ou bien était-ce cela qui lui était reproché ? Il faut dire qu'elle n'y entendait pas grand chose à toutes ces courbettes, et elle s'y conformait un peu comme le ferait un singe savant — ceci dit, les nobles ne sont-ils pas des singes savants ? Ne sommes-nous pas tous des singes savants ?. Profond pensée que voilà, mais qu'elle se garda bien de partager, l'heure était grave et l'espionne se fit silence.
Le mieux était encore de suivre son instinct et laisser tranquillement son corps récupérer tandis que la Comtesse avait tout son attention sur la jeune femme qui avait tenté de l'assassiner... et lui faisait la misère façon bouchère.
La jeune femme commençait à avoir une assez bonne idée du genre de personne que pouvait être la femme devant elle.

À prendre avec des pincettes.
"L’invitation se destinait à Felipe, pas à un de ses subalternes. Ce gamin n'apprendra donc jamais...." Quelque part, l'espionne fut impressionnée que la Comtesse puisse reconnaître aussi habilement qui l'avait envoyée (même si le roi l'avait prévenue que cela était fort possible qu'elle n'ait pas besoin d'en dire trop pour que cela arrive) et soulagée finalement qu'elle l'appelle que par son prénom. Après tout des Felipe, il y en avait des centaines, mais de Rois d'Espagne, il n'y en avait qu'un en vie actuellement.
La Gremlin resta relativement stoïque face à l'éclat de la Comtesse, mais était beaucoup plus curieuse de connaître l'exacte relation qu'elle entretenait avec le roi — surtout vu ses manières — et fut beaucoup plus inquiète de son devenir immédiat... vu les tremblements qui parcouraient tout le vaisseau. Après un effort de volonté qui lui sembla surhumain, elle parvint à se lever à force de grincements en tout genre qui n'annonçait rien de bon quant à l'état de ses membres. Ce n'est pas avec ça qu'elle parviendrait à partir d'ici sereinement.
Tant pis.

"Que la fête continue !"

L'espionne eut un sourire.
Décidée et ferme dans son choix, elle comptait finir de remplir sa mission. Elle se leva et s'inclina devant la Comtesse... enfin, pas assez bas, mais son état actuel ne lui permettait de faire mieux, et lui tendit une lettre scellée (et miraculée), écrite de main royale.

Madame, je devine sans mal vous offenser d'avance. Mais comprenez que je fus outré que vous me considériez comme un criminel et que je ne pouvais m'y montrer en personne du fait de ma condition. De plus, une affaire urgente qui aurait pu vous porter préjudice demande toute mon attention pour la semaine présente et celles à venir. Cependant, pour me faire pardonner de mon absence en ce jour et me faire la joie de votre compagnie, nous pourrions organiser une rencontre ultérieure où je ne manquerais pas d'être présent en personne. Si les alentours du palais vous importune tant, je vous laisse le choix du lieu.

Votre fils, Felipe


La jeune espionne, quant à elle, était bien incapable de faire quoi que ce soit d'utile — c'est à peine si elle tenait debout ! — ce qui était bien dommage vu l'état critique de la situation.


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Willow

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Sam 31 Mai - 17:53
Alors qu'elle venait de planter Samaël en compagnie de la dénommée Yama, Willow avait repris ses recherches. Où était donc cette fichue Zone de Nul ? Le temps lui manquait cruellement, et elle avait la désagréable sensation qu'elle ne pourrait mener à bien son projet. Se concentrant à nouveau, elle sentait que l'épicentre de la zone n'était plus très loin... se stoppant devant une grande porte de bois finement travaillée, la jeune femme ressentit pleinement cette absence de magie. Désagréable impression, elle se sentait tranchée en deux, déchirée, incapable de magie et de création. Elle devait la désactiver au plus vite, avant que les choses n'empirent davantage.

Levant la main vers le bouton de la porte, elle s'apprêtait à le tourner quand un mouvement à sa droite la fit sursauter et reculer. Elle était tellement concentrée qu'elle avait baissé sa garde... mais heureusement pour elle, il s'agissait de Solal. Enfin, heureusement... vu le regard qu'il lui lançait, le terme n'était pas spécialement adapté. Néanmoins, ce n'est pas cela qui empêcha la rouquine d'étirer un large sourire.

    « Peut-être, tout dépend de ton aide ! … je sais que le temps manque, mais cette zone est génératrice de perturbation. Il n'en coûte rien de tenter de la désactiver et de voir si cela peut retarder la chute du vaisseau... et puis, je voulais... »


Elle fut interrompue par un appel, de l'autre côté du couloir. Ses sourcils se haussèrent un instant en voyant Solal dégainer un de ses pistolets, mais le nouveau venu était également inoffensif, puisqu'il s'agissait de Samaël. Willow fronça un peu les sourcils. S'il était encore venu la sermonner... mais ce n'était pas le cas. Il demanda pardon à la rouquine, prenant ses mains et usant de bisous fraternels pour lui rendre le sourire.

    « Tu n'échapperas quand même pas à la discussion, Irmàn ! »


Solal lui rappela qu'il ne restait plus énormément de temps et entreprit d'ouvrir lui-même la porte de l'appartement d'un puissant coup de pied. Après lui avoir jeté un regard moqueur tout en inclinant la tête en signe de reconnaissance, Willow se faufila dans la large pièce, sans dessus dessous à cause des turbulences, bien que les meubles n'aient pas bougés, sans doute fixés au sol. Elle cherchait, fouillait, tentait de localiser cette fameuse source... dix minutes c'était trop court.

Enfin, elle dénicha ce qu'elle cherchait, bien en vue sur le bureau. Une boîte, toute petite, d'une délicate couleur rose clair. Dans ses mains, la boîte lui procurait des sensations encore plus désagréables. Sans attendre davantage, Willow l'ouvrit, pour voir ce qu'elle contenait.

Des dents de lait.

Willow se figea, réfléchissant à toute vitesse. Que pouvait-elle faire ? Des dents... une empreinte personnelle. Elle ne pouvait rien faire. Si encore ç'avait été un bête objet, comme un peigne ou un bijou ou la boîte en elle-même... mais des dents ! La rouquine referma la boîte d'un geste rageur. Elle ne pouvait pas s'emparer du sortilège... mais au moins pouvait-elle déplacer cette dérangeante zone. S'approchant de la fenêtre, elle l'ouvrit... et lança la boîte dans le vide, la regardant disparaître entre les nuages. Très vite, les sueurs froides dans son échine s'estompèrent. Se détournant de la fenêtre, elle tendit la main et n'eut aucun mal à générer du feu au dessus de sa paume. La magie était de nouveau opérationnelle à bord du zepellin.

    « Allez ! On n'a plus rien à faire ici. Venez ! »


En espérant que le vaisseau serait plus stabilisé... mais il était de toute manière hors de question de rester ici plus longtemps encore. Il était temps de redescendre sur terre...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Nikolas Klaus Jensen

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Dim 1 Juin - 13:16
*C'est juste moi où le sol se penche de plus en plus ? On avait pourtant pas prévu autre autre chose qu'un vol stationnaire...*
Il n'est pas évident d'assimiler plusieurs informations en même temps. Le cerveau de Nikolas fit les frais d'un trop-plein. Le vaisseau piquait du nez, dangereusement, la foule commençait à se disperser, à fuir, à quitter les lieux pour sauver sa peau. Son employeuse s'adressait à l'androïde comme si elle attendait quelqu'un d'autre à la place et la créature lui tendit une missive.

Le jeune père noël ne se faisait pas d'illusions. Il savait pertinemment qu'il y aurait des androïdes parmi les criminels. Mais il avait une mission. Assurer la sécurité immédiate de Vassilissa. Tout aussi étrange que cela puisse paraître, il ne s'y sentait plus vraiment obligé. Un jeune homme sombre et fier s'était approché d'elle à présent.

Elle fricotait avec les androïdes.
Il devait la protéger.
Les androïdes sont une abomination.
Il devait la protéger.
Une seule androïde avait mis en danger toute la population du vaisseau.
Il devait la protéger.
Une androïde envoyée en remplacement d'un invité.
Il devait la protéger.
Une androïde qui avait forcé le dernier des Jensen à recourir à des fins peu recommandables.
Il devait détruire les androïdes. Les libérer du lourd fardeau de leur existence.

Quelque chose se brisa à l'intérieur de Nikolas. Des barrières émotionnelles, des retenues, appelez-ça comme vous le voulez. Toujours est-il qu'il s'adressa à Vassilissa avant qu'elle ait eu le temps de répondre au jeune homme.
"Vass, il est de mon devoir de te prévenir que tu t'es fait vider ton coffre-fort et que cette... jeune personne y est pour quelque chose. Maintenant, vu la situation, je te conseille vivement de prendre le large avec ce jeune homme. On est en train de piquer du nez et il est fort probable que l'Albatros s'écrase dans quelques instants. Tu connais les couloirs qui te mèneront à ta chaloupe personnelle, on a répété le trajet ensemble, tu te rappelles ?"
Il s'approcha de l'androïde et enfila une chevalière, sans pour autant quitter Vassilissa du regard.
"Si jamais tu as besoin de moi, la bague que je t'ai confiée te permettra de m'appeler. Pour l'heure, je reste m'assurer que personne ne te pourchasse. C'est ici que nos chemins se séparent, j'en ai bien peur."
Sans prévenir, il saisit la gremlin à la gorge avec une violence décuplée par l'enchantement de la chevalière, et la souleva comme une plume.
"Quant à toi, soit certaine que nos chemins se croiseront à nouveau. Et ce jour là, je prendrai le temps de m'occuper de toi. Ne t'en fais pas. Je te libèrerai. Je t'en fais la promesse."
Klaus s'apprêta à la lancer dans le vide quand il sentit soudain un poids disparaitre. Bien que sorti de la Zone de nul, il sentait sa présence juste au dessous d'eux. Plus maintenant. Quelqu'un avait réussi à la faire disparaître.

Il lâcha l'androïde sans aucune délicatesse, sortit une craie rouge de sa poche et traça un cercle. Ils étaient à présent en chute libre, quasiment à la verticale au dessus de l'Espagne. Il pouvait encore éviter la catastrophe. Peut être. Il suffirait de ralentir légèrement la chute du vaisseau, juste assez pour permettre aux mécaniciens de faire ce qu'ils avaient à faire. Juste un peu plus de temps et personne d'autre n'aurait à mourir aujourd'hui.

Le cercle fini, le dernier des Jensen y apposa ses mains et concentra toute son énergies magique, vidant la quasi totalité de ses amulettes. Il lui faudrait certainement de l'aide, mais bon. Qui ne tente rien...

*Stop*
Il devait arrêter la chute du vaisseau.
*Stop*
Ou au moins le ralentir.
*Stop*
Il pouvait le faire.
*Stop*
Ou pas.
*Stop*
Pas tout seul en tout cas
*Stop*
Pourquoi se donner autant de mal pour des criminels et pour une menteuse ?
*Stop*
Et puis, les innocents au sol, qui s'en soucie ?
*Stop*
Il pouvait simplement s'enfuir, lui aussi.
*Stop*
Après tout, il n'y a plus rien à faire.
*Stop*
Les êtres humains n'en valent pas la peine.
"STOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOP !"

Le cri de désespoir du Père Noël s'adressait autant à son cerveau qu'à l'Albatros. Malheureusement, aucun des deux ne semblait vouloir s'arrêter.
Vouloir sauver un maximum de vies, même si on en est incapable, n'est-ce pas là une belle façon de mourir ?

Nikolas fit parcourir toute sa magie dans le bateau volant, une dernière fois. Quitte à y laisser sa peau, autant tout donner.
Une larme dorée coula sur sa joue et vint s'écraser près du cercle.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Teague « Sharpeye » North

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Dim 1 Juin - 23:56
Teague ouvrit les yeux, plusieurs hommes autour de lui, l’un en train de lui toucher l’épaule sans bras. Le sang coulait à flot, mais l’homme continuait de toucher. Ils étaient en train de le charcuter ! Il se mit à se débattre, mais soudain, une petite secousse se fit sentir. Surpris, Teague se calma. Il regarda l’homme d’un air apeuré. Il était pale et suait à grosse gouttes.

-Vous allez m’achever ?

Dans sa voix, on pouvait clairement sentir de la terreur et de la douleur. Il respirait difficilement et se retenait de ne pas pleurer. Jamais il n’avait été dans une telle situation, à la merci totale de quelqu’un d’autre.
Frost se dirigea vers Vassillissa qui, finissait de discuter à un homme qui disparu juste après.


-Et bien, madame Vassillissa, on peut dire que vos soirées sont mouvementées, hahaha…

Mais ce n’était bien évidemment pas l’heure de rire, et il s’éloigna, d’un air gêné. Il n’avait pas pu la sauver par lui-même, c’était très désagréable et il le savait. Il se dirigea vers Trappen qui venait de sortir. Il semblait se diriger vers le garage.

-Vous avez retrouvé Teague ? Solal ?

Peut-être que Solal était au garage ?
Une fois arrivé là-bas, Simon remarqua un groupe de personnes se concentrant sur quelque chose, posé dans une des chaloupes. Ou plutôt quelqu’un.


-Teague !
HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Mistral Despair

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Lun 2 Juin - 1:53
L'attentat était passé mais l'univers continuait de s'éparpiller. Peut-être étaient-ils touchés ? Pourtant, de là à dire qu'ils étaient condamnés, le Marquis ne s’avancerait pas. Il n'avait pas l'esprit fataliste, après tout il trouvait toujours un moyen de s'en tirer. Il avait déjà fait rembourser son ticket chez Charon une fois, alors pourquoi pas une deuxième.

Quelques secondes, Mistral reçut la confirmation qu'il avait bien fait de ne pas se formaliser plus que de raison de ces quelques turbulences. Celles-ci se s'apaisaient déjà.
En revanche, ce fut son esprit qui se mit à faire des vagues lorsque soudainement il se retrouva de nouveau face à face avec sa Petite Fleur. Et cette fois la vérité de sa situation, précédemment en retrait devant son agitation à la revoir, le frappa avec la force de cent milles hommes.
Il resta stoïque à la fixer dans le blanc des yeux, tout deux se regardant en chiens de fusil.

Dans l'optique où arriverait à laisser son obsession et cette fidélité maladive en retrait il était libre.
Durant ces dix dernières années il avait été enchaîné car il ne savait pas si Ran était vivante ou non. Parce que rien n'est pire que rien.
S'il avait su qu'elle était morte, il aurait pleuré puis serait passé à autre chose. Si au contraire il l'avait vu galopant toujours le monde, il aurait eu le choix entre la poursuivre ou l'oublier.
Mais au lieu de cela il n'avait rien su. Et ce rien l'avait jalousement gardé prisonnier, l'empêchant d'oublier car il y avait une chance que son amour vive encore, mais le tétanisant trop de la peur qu'elle soit perdue pour qu'il soit capable de réellement la chercher.
Maintenant il était libre de son choix.

La jeune femme rompit en premier leur lien de prunelle à prunelle et se détourna. Le français avait fait son choix.
Oh oui, au nom de ce Dieu qu'il méprisait de tout son être il la voulait. Il la voulait viscéralement et entièrement.

Comme si elle les avait entendues, la cible de ses pensées se retourna brièvement vers lui et le Marquis lui souffla un baiser avant de lui jurer doucement en français << À bientôt. >>


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Zahnfee V. Edelstein

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Mer 11 Juin - 12:08



"La chute.
La chute du fruit près de l'arbre, de l'oiseau fauché en vol, du grimpeur imprudent.
La chute est toujours révélatrice du comportement qui imprègne chaque tissus de l'humanité que le moment où il s'éveille maculé des fluides maternels.

Alors que la chute est lente mais sûre, les âmes s'ébrouent, et se révèlent :

Les Rats quittent le navire.
Les Corbeaux ne conçoivent pas que la Mort -cette vieille amie- les fauche. Il calculent flegmatiquement le coup d'après.
Les Buffles philosophent : quitte à mourir autant le faire avec le sourire sur un dernier plaisir.
Les Grenouilles se gaussent et observent leur petit théâtre.
Les Fouines sont déjà loin avec leur butin.

- Et les autres ?
- Ces asticots ? Ils gigotent, mon ami, ils gigotent..."

[Prédictions de Rhostramus, 1605.]




Garages


Il était rompu, trop peut-être, à l'exercice.
Le soldat désinfecta le moignon avec le rhum puis fit de même avec ses mains. La coupe était nette, si bien qu'elle avait presque brulé la peau et les tissus du muscle. La cautérisation s'était presque opérée d'elle même. Le médecin ne chercha pas à comprendre ce qui avait pu occasionner tant de dégât. Il fit en sorte d'endiguer l’hémorragie avec un garrot très serré et puisa dans la pharmacie de secours pour trouver de l'essence de valériane.

- Ça le soulagera un peu. Mais il faudra surveiller que ça s’infecte pas pendant la cicatrisation.


Il se redressa et fit signe à ses hommes de quitter la navette. Il eut un bref volte-face vers Lucian.

- Cassez-vous. Maintenant. Et que je ne recroise jamais vos trognes sinon je tire à vue.

Le petit groupe de soldats laissèrent les pirates quitter l'Albatros sans sourciller. D'autres les imiteraient bientôt. Il y'avait plus pressé.

- Les gars, sonnez l'évacuation.

Une sirène stridente se fit bientôt entendre dans tout le bâtiment.



Appartements de Vassilissa


Les corps sanglants, la porte défoncée à coup de gros calibre, l’aspiration créée par la bouche d’air, rien ne sembla émouvoir Willow et ses des hommes. Elle était mue par son instinct, un instinct bien plus profond et bien plus puissant que toute magie qui lui fit recomposer l’espace à sa convenance. Elle était fée jusqu’au bout des ongles et ce même privée momentanément de ses pouvoirs. Aussi lorsqu’elle repéra le catalyseur de la Zone de Nul, elle ne put qu’être marquée par l’impression qui se dégagea des quelques dents de lait, petite perles blanches et ciselées, dans leur écrin de soie. Parce qu’elle était une fée par tous les pores de son être, que son sang et sa peau frissonnaient au mêmes appels ancestraux , et que ses os finiraient en poussière merveilleuse.. Elle sut. Viscéralement.

Ces dents avaient appartenu à une consœur.

Elle les jeta par-dessus bord, déplaçant l’épicentre de la zone quelque part dans le néant des nuages en contrebas. Willow les libéra tous. Et ce faisant elle détruit la preuve de ses propres intuitions.



Salle de Réception


Une panique palpable sembla embraser les invités de la Comtesse de Valeroso amplifiée par la sirène d‘alarme qui pulsait chassant l‘ambiance de toute musique. L’Albatros, fier propriété de Robur le Conquérant, ami très cher de Vassilissa, lentement mais surement, comme un pneu de vélo troué menu se vide de son air, l‘Albatros, donc, perdait de l‘altitude. Les plus prudents prirent leurs dispositions pour partir aussitôt, d’autres proposèrent leur aide aux mécaniciens et aux gardes tissant une solidarité de circonstance des plus cocasses. Sans doute les princes et les ne sont plus que des hommes face à la mort.
Et que fait-une grenouille, me direz-vous alors ?
Elle se fait courtiser, même en plein bourbier.

Le jouvenceau ému par sa propre flagornerie sollicitait une entrevue avec elle. Bien qu’elle le trouvât trop friand de lui-même, elle ne devait pas négliger la possibilité qu’ils serait peut-être celui qui retrouverait la petite Zahnfee. A la réflexion elle ne devait plus être si petite à présent. La Comtesse n’eut pas le loisir de répondre, l’Androïde lui présentait une missive dont elle reconnue d’emblée la calligraphie. Le contenu lui arracha un sourire dans la tourmente : « Mon fils »…. Ce godelureau ne manquait pas d’air ! Mais n’avait-elle pas contribué à façonner cette impertinence quand bien même ses entrailles souffraient chaque jour de ne pas avoir pu l’enfanter ?
Elle jeta un regard froid sur la messagère cabossée. Elle lui attrapa le menton d’autorité et du pouce chassa un peu de suie crasse sur sa joue.

- Débarbouillée vous n’êtes pas trop vilaine. « On » pourra faire quelque chose de vous.

Nikolas n’était pas du même avis.

-Vass, il est de mon devoir de te prévenir que tu t'es fait vider ton coffre-fort et que cette... jeune personne y est pour quelque chose. Maintenant, vu la situation, je te conseille vivement de prendre le large avec ce jeune homme. On est en train de piquer du nez et il est fort probable que l'Albatros s'écrase dans quelques instants. Tu connais les couloirs qui te mèneront à ta chaloupe personnelle, on a répété le trajet ensemble, tu te rappelles ?

- Nikolas. dit-elle avec un soupçon de désapprobation -comme une mère prend à nouveau son petit la main engoncée dans le bocal à confiserie caché en haut d’une étagère inaccessible.

Il ne sembla pas le remarquer, poursuivant sur sa lancée.

-Si jamais tu as besoin de moi, la bague que je t'ai confiée te permettra de m'appeler. Pour l'heure, je reste m'assurer que personne ne te pourchasse. C'est ici que nos chemins se séparent, j'en ai bien peur.

- Nikolas.

Il passa ses nerfs sur l’androïde sous le regard vaguement agacé de son ainée. Les jeunes gens étaient si impétueux, ils gaspillaient leur précieuse énergie en futile émois. Cependant n’était-ce pas là la réflexion d’une femme qui perdait peu à peu ce qui lui restait de force d’âme ?

-Quant à toi, soit certaine que nos chemins se croiseront à nouveau. Et ce jour là, je prendrai le temps de m'occuper de toi. Ne t'en fais pas. Je te libèrerai. Je t'en fais la promesse.


-Nikolas … répétât--elle presque tristement.

La Zone de Nul fut brusquement interrompue.
Le dernier Jensen dut le sentir car il abandonna toute velléité de meurtre pour se préoccuper de la survie du bâtiment entier. Pauvre, pauvre petit. Vassilissa le regardait lutter contre ses convictions, contre le monde, contre lui-même. Un élan maternel insoupçonné le poussa vers lui à mesure qu’il vidait son corps de tout flux magique pour permettre au vaisseau de léviter, de regagner son équilibre. Elle entoura les épaules du jeune homme de ses deux bras, à mesure qu’il faiblissait, elle fut son rempart et son pilier, jusqu’à ce que sa tête dodelinante repose sur sa poitrine chaleureuse. Durant ce bref moment d’inti

- Dors, Klaus, dors… le berçât-elle alors que les effets de son pouvoir immense s’estompaient.

Mais ce gain de temps avait été suffisant aux mécaniciens sous la houlette magistrale de Vance pour réparer les dégâts causés sur les hélices endommagées.

Au loin le soleil venait de se lever.



EPILOGUE




Espagne,
Hôtel particulier de la Contesse de Valeroso


Vassilissa cacheta la lettre de son sceau et la posa à coté de sa jumelle.
Deux invitations.
Deux invitations pour deux hommes différents.

Depuis l’Albatros elle n’avait pas répondu aux requêtes des deux seules personnes sollicitant un entretien avec elle. Elle avait tenu à être au chevet de Nikolas le temps de sa rémission. C’était un jeune garçon solide et fougueux, il se remettrait. On se remettait de tout quand on avait la vie devant soi. Vassilissa sentit une pince nuisible menacer son cœur qu’elle chassa d’un simple soupir. Le temps était trop précieux pour le laisser filer en pareils atermoiements : Il était guéri, il était parti.
Un jour peut-être lui écrirait-elle aussi une lettre. Rien que pour cet enfant perdu qui avait eut le malheur d’être un disciple de Koscheï.
Un jour peut-être lui pardonnerait-il.
Elle fit venir un coursier qui emporta les deux missives. Il était temps à présent d’élaborer « le coup d’après »…


HRP:
 





Allemagne,
Village d‘Hamelin


La nuit était tombée sur Hamelin aussi opaque et noire que la bouche du chien des enfers. Pourtant ça et là, des lumières vinrent poinçonner les ténèbres. Elles filaient en rang de perles sur un collier de route vers les grottes du lac. Encapuchonnés dans des étoles pointues, armés de leur seules torches, les marcheurs fendaient la nuit par grappe et pénétraient avec déférence l’antre de leur salut.
Ils étaient là nombreux et venaient de loin pour certains. L’identité blottie dans l’anonymat de leur cagoule, ils n’étaient plus ni bourgeois, béni paysan, ni homme, ni femme.

Ils étaient tous des Rats.

Une silhouette drapée se leva sur une estrade rocheuse et fit silence à l’aide d’un grelot.

- Rat des villes, Rats des champs, l’heure est grave et c’est pour cela qu’a été convoqué le « Nerub ».

- Parle Doyen, nous t’écoutons, lui répondit la foule attroupée en un chœur dérangeant.
- Notre race a survécu à travers les âges et les affres de la défaite grâce au Sacrifice, nous assurant paix, anonymat et protection. Mais notre rempart s’est fissuré : une souris s’est glissée entre les mailles du filet et a survécu, provoquant la colère de notre bienfaiteur.

Un murmure de stupeur se rependit comme une trainée de poudre parmi les Rats.

- Mais n’ayez crainte mes chers frère et sœur, nous ferons tout pour rétablir la confiance de notre défenseur en traquant cette immonde rebus de nos flancs. Dans vingt-et -un jour un porte-parole du Grand Milan se présentera au Nerub. Il nous faudra lui présenter un plan concret et des mesures visant à appuyer notre bonne foi.


L’orateur leva les bras au ciel et une litanie caverneuse s’éleva des rangs :

- Notre sang est pur, lavé par l’étang
De toute magiques souillures et de ses rampants


La clameur fervente enfla, répétant le psaume, puis s’éteignit religieusement.

Des discussions animées s’ensuivirent toute la nuit.




Russie,
Quelque part dans la Taïga


Arsène était emmitouflé dans une épaisse fourrure le barricadant contre le froid mordant. A mesure qu’il progressait parmi cette nature hostile, accompagné de son équipe d’hommes armés, il laissa vagabonder ses pensées. Les événements remontaient à une semaine à peine : l’Albatros, la Comtesse-Grenouille, la femme…
Cette femme et son parfum ferrugineux lui avait fait forte impression. C’était si évident qu’il lui semblait deviner encore toutes les formes de sa silhouette noyées dans l’ombre de son emprise. Mais Arsène était un homme pragmatique - il n’était pas le bras droit de Rhostramus pour rien- et le travail passait avant toute bagatelle.

- C’est là, mein Oberst.

Arsène acquiesça lorsqu’on lui désigna une bicoque perdue au milieu de la forêt boréale. Ses hommes , d’anciens soldats bavarois selon toute vraisemblance, encadrèrent le périmètre avec une discipline toute martiale. Le jeune homme poussa la porte de la masure avec le pied, prudemment.

- Entrez Arsène Martes, je vous attendais, fit une voix vénérable où pesait le poids des années.
- Comment connaissez-vous mon nom ?
- Voyons, fils, crois tu que je ne vois pas le monde plus vivement que toi malgré mon grand âge ? Entre donc, J’ai convaincu le Domovoï de ne point te dévorer.

Dans un intérieur typiquement russe, empli de bric-à-brac de bois et de verre, trônait un vieillard rachitique sur une chaise à bascule. Sa chevelure blanche pleurait jusqu’au sol et ses rides profondément creusées lui donnait l’apparence d’un vieux tronc d’arbre arraché après une tempête.

- Bonsoir Maitre Koscheï, c’est un privilège de vous rencontrer.
- Moi de même Arsène Martes. Mes condoléances pour votre sœur.

Le vieillard darda sur Arsène un regard laiteux et ce dernier compris qu’il était parfaitement aveugle. Pourtant il eut l’impression que ces yeux là le transperçait de part en part comme des aiguilles. Il frissonna imperceptiblement en pensant à sa petite sœur que Vassilissa avait lancée par-dessus bord après une tentative d’attentat raté mais qui avait parfaitement joué son rôle de diversion.

- Je suis là pour vous proposer un marché. Mon patron vous respecte beaucoup mais souhaite que vous ne glissiez pas votre nez dans la guerre à venir. Ce n’est pas la vôtre. Vassilissa est une grande fille et elle assume ses choix. Elle n’est plus votre disciple depuis longtemps. Vous n’êtes pas l’un des « nôtres », restez en dehors de ça.

Koscheï se prit à sourire.

- Fouines, rats, grenouilles, araignées…Vous resterez pour toujours des nouveau-nés face à l’arbre millénaire…

- Nous avons un moyen de pression qui vous donnera un peu moins l’envie de philosopher, Maitre Koscheï.

Arsène sortie une boite de sa poche de fourrure et la déposa sur la table. Il releva le couvercle face contre son interlocuteur. L’Œuf était là, anodin et intact. Le vieillard éclata d’un grand rire tonitruant. Arsène fronça les sourcils : le sorciers était peut-être devenu complètement fou à force d’isolement dans cette cambrousse gelée.

- Ta naïveté t’honore, fils,
fit Koscheî au beau milieu de son hilarité.

Il se leva soudain, faisant craquer tous ses os en même temps, ses doigts fin et parcheminés attrapèrent prestement l’œuf et se refermèrent sur lui comme une serre.

- Que crois-tu que contienne cette vieille coquille vide, mon tout petit ?

Arsène qui n’avait rien vu venir fut désarçonné comme rarement il le fut dans sa vie par la situation.

- Vous.. Que…

Koscheï resserra lentement son étreinte fissurant la surface lisse de l’ovale.

- Arrêtez ! Vous allez broyer votre âme !

- Mais qui te dit qu’elle est encore là, fils.
- Vous n’oserez pas !
- Il y’a longtemps pourtant que je l’ai fait, mon garçon, tout ceci n’est qu’une illusion persistante, un mirage, un souvenir accroché à une coquille d’œuf. Mais consigne mes dernière paroles Arsène Martes et transmets-les à ton roi : « Koscheï l’immortel n’a pas usurpé son nom. »


La coquille d’œuf éclata sous la pression. Le corps de l’ancêtre se réduisit immédiatement en poussière. Une corrosion soudaine attaqua les planches de la maisonnée qui s’effondra sure elle-même, vermoulue. Arsène eut juste le temps de s’en extirper se protégeant le nez des effluves de pourriture et de chair faisandée qui émanait à présent du lieu.

- Oberst ! Que s’est-il passé ?

Arsène mit quelques secondes à répondre.

- Notre cible est morte. Il n’y a plus lieu de la faire chanter.




«... L’Albatros n’avait pas chut.
Mais l’avenir avait vacillé.

La Fiancée en fuite avait retrouvé son Bourreau.
Le Corbeau convoitait un fromage plus alléchant que le sien.
Le Dernier se réveillerait en homme nouveau.
Le Fou deviendrait Manchot.
La Fouine avait occis l'Immortel
Les Grenouilles avaient posé la première pierre.
Les Rats n’avaient plus qu’à s’agiter.
Et le Milan sortirait de sa tanière.

Et au loin une Petite Souris pleureraient sa mère. »



This is ze end !^^:
 

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: [Année 004]Vassillissa    Aujourd'hui à 6:02
Revenir en haut Aller en bas
 

[Année 004]Vassillissa

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 4 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Contes Défaits :: L'Europe :: Espagne-
saigoseizon Cabaret du Lost Paradise bouton partenariat