[Année 02] Discussion cristalline ~ Solal

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Willow
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Willow
Ven 14 Mar - 23:14
Willow avait continué son voyage vers le Sud, après avoir débarqué sur la côte bretonne d'un navire en provenance de l'Angleterre. Elle voyageait sans but précis, se contentant de sillonner les forêts, les montagnes, les plaines qu'elle était amenée à traverser. Enfin, sans but... c'était peut-être exagéré.
Toutefois, retourner en Angleterre après son périple roumain lui avait fait beaucoup de bien, quand bien même son séjour avait été court. Mais elle souhaitait tout de même poursuivre ses recherches sur l'ancienne magie celtique, peu présente sur les terres anglo-saxonnes, bien plus abondante en France.

Au détour d'un sympathique petit bois, où elle trouva quelques traces de vieille magie druidique et d'hommages à la Déesse, la jeune fée se décida à se reposer. S'ensuivit son rituel habituel : création d'un abri pour la nuit, d'un feu de bois. Elle préférait éviter autant que possible les villes françaises : les habitants avaient un siècle de retard, ici, et pour eux, les rousses équivalaient à des créatures maléfiques, bonnes pour le bûcher.
Mais si Willow était certaine de savoir éviter cette terrible sentence et d'arriver même à rire des humains et de leur bêtise, elle préférait encore éviter les ennuis. C'était plus par flemme que par autre chose.
La peur ? Elle ne la connaissait pas vraiment. Preuve en était qu'elle n'avait pas cillé une seule fois lors de ses retrouvailles avec Solal.

Solal ! Ce cher Solal. Elle n'aurait jamais cru retrouver le pirate Perse sur les côtes françaises. Le hasard faisait bien les choses. Il avait décidément bien changé. Les yeux perdus dans le brasier, Willow se rappela son séjour en Perse.
Elle avait alors treize ans. Solal en avait quinze.
Ils étaient jeunes, si jeunes. Téméraires. Insouciants.
L'un qui aimait le mensonge et l'autre qui ne pouvait supporter d'être trompée de la sorte.
Il en fallait parfois bien peu pour gaspiller une amitié pleine de tendresse.

Était-ce vraiment de la faute de Willow si cela avait mal tourné au point qu'aujourd'hui, Solal veuille attenter à sa vie ? Certes, il ne le ferait plus, tant que tiendrait leur marché, mais tout de même.
Et puis non. Il n'avait qu'à ne pas commettre cette grossière erreur. Enfant ou pas.
Et puis, ce n'était pas son genre de se remettre en question comme ça.

Quoiqu'il en soit, maintenant, elle savait qu'il ne lui ferait pas de mal. Pas avant qu'elle ne lui demande un service et qu'elle doive remplir sa part du marché. Si elle la remplissait.
Elle eut un sourire, plongea sa main dans son ac et en ressortit le cristal de communication, celui là dont le double était en possession de Solal. Elle caressa la surface lisse et limpide de la gemme, laquelle se mit à briller à ce contact. Willow put apercevoir alors un tout autre paysage ; rien à voir avec la France. Ils avaient du repartir des côtes bretonnes pour aller Dieu sait où.

    - Solal ? Soooolaaaaal ?


La voix chantante de Willow résonnait maintenant au cou du pirate, qui se trouvait quelque part dans le monde...

    - Allez, Solal... va vers la lumière...
Willow
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Dim 6 Avr - 2:04
Ce pays de bouseux n'était décidément pas fait pour eux... Enfin, les pirates du Souffle Gris avait quand même réussi à faire leurs petites affaires, et l'épisode du commanditaire était oublié. Du moins en apparence, d'un hochement de tête sombre du Capitaine en direction de Solal tandis qu'ils repartaient au dessus de l'océan.
Le Second, lui n'avait eu qu'une envie. Oublier.
Tout oublier de cette journée à bannir d'un trait rouge dans son esprit.
Ce soir-là, il avait d'ailleurs bu comme un trou, laissant de côté, juste quelques heures ses responsabilités... pour se faire réveiller d'un saut d'eau glacé au petit matin. Ce n'était pas encore ce jour-là que Solal Yarhi se ferait totalement respecté comme bras droit de Trappen... Il était encore un jeunot aux yeux de certains pirates présents depuis bien des années sur le navire noir, et avait été nommé quelques mois auparavant.
Si les mécaniciens lui faisaient pleinement confiance, ainsi que les voiliers, certains vieux croutons se méfiaient encore un peu de lui. Mais Solal était patient, surtout pour ce genre de choses...
Et si les autres poussaient trop loin, l'impétuosité du jeune Second ferait le reste, leur faisant ravaler leur verve et leurs doutes bien vite.

L'épisode passé, les voiles du Souffle Gris avaient disparu du ciel de France pour se diriger plus au Sud, au cœur des contrées aborigènes d'Amérique du Sud. Après une escale plutôt endiablée à Tortuga puis à Nassau, leurs éternels ports de prédilection, le Capitaine Trappen avait donné l'ordre de gagner les terres du Mexique.
Encore peu touchées par les puissances royalistes, les "commerces" en tout genres étaient foisonnants, pas regardants et surtout à des prix imbattables.
Bien assommé par la soirée en compagnie du navigateur et de Lazaro, Solal avait finalement accepté de débarquer, laissant les voiles du Souffle Gris glisser leurs ombres sur la petite ville près de laquelle ils s'étaient amarrés.
Et comme pas mal de nuits, le persan avait fini dans les draps d'une belle inconnue, dont il ignorait jusqu'au prénom, mais bordel, quel corps... !

Avachi dans l'aube du petit matin, Solal s'était entortillé sans le vouloir dans le drap, cachant tout de même un de ses pistolets sous l'oreiller où ses mèches de cheveux s'étalaient, bien plus longues qu'on pourrait le penser.
Il grogna, une fois, puis deux, ébloui par une lumière étrange provenant de ses vêtements éparpillés au sol. Tâtonnant comme un forcené, harcelé par cette loupiote qui avait décidé que non, le Second n'aurait pas de grasse matinée.
La lueur, éclatante, provenait du pendentif que Willow lui avait donné en France.
En voyant ça, le persan fronça les sourcils, prêt à jeter le cristal par la fenêtre tant l'idée que la fée vienne l'enquiquiner l'exaspérait. Déjà hein ? Elle pouvait pas attendre un bon mois !

Un instant, le pirate se détourna de l'appel, mais c'est qu'elle insistait la bougresse !


Allez, Solal... va vers la lumière...

Dos à la fenêtre donnant sur une forêt luxuriante, Solal avait levé la roche à sa hauteur, torsu nu et assis sur le matelas. Sourcils froncés et un regard à coupé au couteau.

"- Continues comme ça, et je te fais voir la dernière lumière, saleté de feu-follet ! Tu veux quoi ? "

Non, le persan n'avait pas décoléré depuis leur dernière rencontre, et les jours en plein ciel n'avaient pas atténué son ressentiment. En vérité, il l'avait enfoui, au plus profond de lui-même, malgré les questions des rares membres de l'équipage qui l'avait vu revenir un peu tardivement. Et la voir au travers de ce petit bijou qu'il pourrait écraser d'une main ne rendait pas Solal de meilleure humeur, ou avec l'intention de ne pas lui tordre le cou. Malgré leur accord.
Un sourire torve fleurit sur ses lèvres.

" - Ça serait trop beau que tu te sois décidée, n'est-ce pas ? T'es toujours aussi fourbe..."

Il avait craché les derniers mots, comme si c'était du venin. Willow restait une vision bien trop acide...
Solal Yarhi
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Willow
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Willow
Dim 13 Avr - 19:48
Hé bien, où était-il donc ? Il n'avait tout de même pas laissé le cristal dans un coin du bateau pour l'oublier complètement ? Si c'était vraiment le cas, ça n'irait pas du tout. Ça mettrait même en péril leur petit compromis... quelque part, Willow songeait que cela irait tout aussi bien à Solal. Il pourrait enfin la tuer tranquillement, même si cela signifiait finir sa vie avec ce don qui la lui empoisonnait...
Mais c'était oublier le fait que Willow se battrait, elle aussi, ne se laisserait pas arracher sa vie aussi facilement.

Enfin, le cristal sortit de ce qui ressemblait à un tas de vêtements. De l'autre côté de l'écran magique, une fenêtre dorée, emplie de végétation luxuriante qui faisait penser à l'Amérique du Sud ou Centrale, se détachait d'une certaine pénombre. C'était l'aube, aucun doute. Dans quel pays exotique pouvait bien se trouver Solal ?
Enfin, la silhouette du pirate apparut dans le champ du cristal. Les yeux un peu cernés, les sourcils froncés, sans ses turbans colorés... et visiblement sans vêtements sur le dos. Cette vision agréable arracha un sourire à la jeune fée, qui laissa échapper un petit rire au « salut » de Solal.

    - Moi aussi je suis ravie de te revoir, Solal. Je viens simplement prendre de tes nouvelles. Après dix ans de silence, c'est la moindre des choses tu ne trouves pas ? Où te trouves-tu ? Ce que je vois derrière toi ne ressemble pas à la végétation européenne...


Inquisitrice ? Si peu.
Le voir au réveil et de surcroît d'aussi mauvaise humeur enchantait plutôt la jeune rouquine. Ce petit bijou était vraiment pratique. Grâce à lui, elle allait pouvoir contacter le pirate tant qu'elle voulait, que ce soit pour lui parler ou pour le taquiner. Aujourd'hui, elle penchait plutôt sur la deuxième option, quoiqu'il ne lui déplairait pas de continuer leur petite conversation d'il y a quelques semaines. Elle répondit d'un charmant sourire au rictus du pirate.

    - Oh voyons, ça fait si peu de temps qu'on s'est retrouvés, je ne voudrais pas précipiter la fin de notre petit contrat ! Je ne suis même pas encore arrivée à destination depuis notre rencontre...


Willow s'installa plus confortablement devant le feu qu'elle avait allumé dans son abri. Les flammes se reflétaient sur son visage, ses cheveux, ses yeux également, les faisant brûler plus malicieusement encore que d'habitude.

    - Non, je pensais que ces petits cristaux nous permettraient de discuter sans que l'on soit dérangés par tes pulsions meurtrières, fit-elle en pouffant légèrement. Néanmoins, je suis curieuse... comment en es-tu venu à devenir pirate après ta... disons, carrière militaire ?


Non, elle n'allait tout de même lui taper la causette alors qu'elle le réveillait à l'aube ?
Bien sûr que si. Chiche. Et même si Solal rangeait la pierre rageusement dans ses vêtements, ça n'empêcherait pas Willow de le rappeler et de lui reposer la question. Aujourd'hui ou plus tard.
Willow
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Lun 28 Avr - 12:54

Elle se foutait de lui, hein. C'était ça.... Willow ne pouvait pas lui sortir un discours pareil en étant de bonne foi, d'un après l'avoir réveillé, de deux : à l'aube !
Mais qu'est-ce qui n'allait pas avec ce foutu feu-follet... Elle avait vraiment un grain.
Solal passa sa main sur son visage, ses doigts grattant légèrement l'arrière de sa tête, encore un peu ensommeillé. Il lui restait surement un peu d'alcool dans le sang, aussi et le pirate ne se gêna pas le moins du monde pour bailler outrageusement sur le cristal. Tu as voulu le réveiller, hein ?!

A l'évocation de son environnement actuel, il tourna machinalement la tête vers la fenêtre. Oh oui, ça elle pouvait le dire ! ils s'étaient vraiment éloignés des forêts du Vieux Continent, mais une telle retraite ne pourrait pas leur faire de mal.
Leur "métier" exigeait de se faire parfois discret par moment, obligation un peu contraignante mais nécessaire à la continuité de leur "commerce". Solal, comme beaucoup d'hommes du ciel, n'appréciait ces pauses qu'un temps, l'envie dévorante de remonter au dessus des nuages reprendrait bientôt le dessus... Autant en profiter tout en évitant la potence !
Le Second garda un silence ostentatoire, assez longtemps pour faire comprendre à la rousse que son envie de causette était loin, très loin d'être la bienvenue. Non, elle ne lui avait pas manqué, c'était certain...

- Oh voyons, ça fait si peu de temps qu'on s'est retrouvés, je ne voudrais pas précipiter la fin de notre petit contrat ! Je ne suis même pas encore arrivée à destination depuis notre rencontre...

A ces mots, le persan faillit éclater de rage, mais garda les lèvres scellées dans une grimace sombre. Il la maudissait, se maudissait aussi d'avoir accepté cet accord qui lui semblait biaisé depuis le départ. Elle allait jouer avec lui, l'avoir à sa botte et à peine deux semaines plus tard, Solal avait déjà l'impression que cela ne mènerait nulle part.
Willow allait s'amuser, et lui n'aurait probablement pas ce qu'il désirait depuis dix ans. Inutile de se retenir de la tuer n'est-ce pas ?
Un instant, il faillit tout envoyer chier, les quelques mots de la fée ayant réussi à le mettre de très très mauvaise humeur. Cela faisait quoi ? quelques minutes à peine. Rongeant son frein, Solal laissa un filtrer un sifflement agacé entre ses dents.

Percevant les mouvements indistincts de sa compagne d'une nuit, il chopa une chemise qui n'était plus toute blanche d'une nuit, et posa le cristal à côté d'elle, en grognant dans sa barbe avant de sortir de la chambre, ses affaires sous le bras, et "Willow" autour du coup, si on peut dire ça.
Il ne s'en rappelait plus trop, les brumes de l'alcool ayant occultés de nombreux moments de la soirée, mais il se trouvait dans une petite bicoque assez simple, mais agréable.
Une cigarette au coin des lèvres, il avança dans ce qui faisait office de jardin, raccrochant ses ceintures d'une main.

"- La distance n'empêche pas les malheurs d'arriver... Hm, comment tu sais ça toi ? "

Qu'elle se méfie donc, la bougresse. Bien sur, le pirate n'était pas idiot au point de tenter quelque chose tout de suite, mais il aurait sa vengeance, parole de Yarhi. Il pouvait se montrer particulièrement patient pour ce genre de choses.
Le persan avait l'intention de clore la "discussion" rageusement, mais les derniers mots l'interpellèrent. Il fronça les sourcils, plus que méfiant avant de se rappeler que oui, il avait surement laissé entendre qu'il avait été militaire. A croire qu'il avait véritablement rayé cette journée d'un trait sombre, dans sa mémoire.

"- En quoi ça t'intéresse ? Tu veux t'engager dans la piraterie ? " De ses lèvres s'échappa un rire acide. "- T'as pas l'impression de faire assez de carnage autour de toi, pour venir porter malheur à un navire ?"

Oui, c'était de la méchanceté gratuite, s'appuyant sur des rumeurs auxquelles Solal ne croyait lui-même que peu. Mais il était de notoriété publique que magie et bateau ne faisait pas bon ménage, tout comme une femme sur un navire... Le pirate arriverait à la blesser, lui retourner la verve que provoquait ses mots contre elle... Il n'en doutait pas.
Solal Yarhi
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Willow
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Willow
Mar 20 Mai - 22:49
Le nez plissé par le plaisir de voir Solal dans cet état – n'était-il pas mignon au saut du lit ? Il était facile de deviner, même au travers du cristal, que dans son sang courait encore quelque quantité d'alcool – Willow s'amusa à la provoquer. Encore et toujours. Ce n'était pas sa faute, elle ne pouvait pas s'en empêcher quand elle rencontrait de nouveau le regard du pirate. Et puis c'était si drôle de le voir bouillir de la sorte, contenir sa colère, lui donner l'envie de la tuer alors qu'elle était hors de portée ! Son sourire ne se décrocha pas devant le bâillement excessif qu'il eut, ni devant son long silence après la petite phrase d'ouverture de la rouquine. Il ne semblait pas être d'humeur à converser. Ce qui était parfait ! En à peine quelques mots, la fée avait réussi à mettre Solal dans un état de rage contenue. Elle laissa échapper un petit rire, comme une réponse à son soupir agacé.

Toutefois, la « conversation » dut se stopper le temps pour le pirate d'enfiler un vêtement et de quitter la pénombre de la pièce dans laquelle il se trouvait. « Accorchée » au cou de Solal, Willow pouvait voir sa progression le long du couloir, jusqu'à ce qu'il traverse une porte et n'arrive dans un décor tout doré de l'aube, florissant comme jamais. Les plantes qu'elle pouvait voir intriguaient la rouquine : drôle de verdure qui différenciait de beaucoup des chênes et des bouleaux du vieux continent, mais qu'elle souhaitait néanmoins voir de près un jour...

Histoire d'alimenter un peu la conversation et de tenir Solal éveillé, Willow lui posa des questions sur sa carrière. Comment son « ami d'enfance » était-il passé de militaire à pirate ? La fée n'avait pas oublié l'histoire qu'il lui avait contée lors de leurs retrouvailles... Un rire cristallin se fraya un chemin dans la gorge de Willow. Qu'il était drôle ce pirate !

    - M'engager dans la piraterie ? Serais-tu tombé sur la tête en plus de te saouler ? Je suis simplement curieuse.


Le sourire de la jeune femme sembla se figer l'espace d'une seconde, mais elle se reprit très vite. Balivernes que tout cela. Ce n'était que des rumeurs. Un éclat brilla dans ses yeux couleur saphir.

    - Ce serait idiot de causer du tort à ton navire... surtout si tu as besoin de lui pour honorer ta part du marché ! Mais revenons à nos moutons... maintenant que tu sembles réveillé, plus ou moins sobre – quel grand mot pour toi – et que tu disposes de temps, tu vas pouvoir me raconter en détail ton parcours, pas vrai ?


Willow s'installa confortablement dans sa cabane créée, le feu en face duquel elle se tenait dansant se reflétant dans ses yeux et sur son visage, accentua son air de malice tout en lui donnant un léger côté menaçant. Il serait tellement gentil de la part de Solal qu'il assouvisse enfin sa curiosité... mais voilà, « gentil » n'était pas, vraiment pas le terme qui convenait à un pirate. À fortiori à un pirate perse victime d'un don lancé par la demandeuse d'explications.
Willow
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Jeu 3 Juil - 18:53
Patience est mère de vertu, dit-on.
Et bien qu'il puisse se montrer particulièrement patient dans certaines situations, Solal n'était pas vertueux. Oh loin de là... S'il ne cumulait pas tous les vices connus et murmurés des pirates, l'homme n'en était pas moins quelqu'un qui posait un regard opportuniste sur le monde, faisant fi de la logique, de la loi, et des autres.
Willow n'échapperait pas à cette règle de vie ; elle avait usé de la tolérance que l'on pouvait demander au Second de bon matin. En quelques minutes seulement, elle avait éveillé en lui un désir de meurtre sombre, tapi sous un sourire torve jouant à cache-cache avec une mine renfrognée. Recrachant encore une fois la fumée sur le bijou, comme s'il avait la jeune femme en face de lui, Solal ne céda pas d'un pouce, une grimace mécontente répondant au sourire, un poil plus amusé de l'autre côté de l'océan.

"- Trop curieuse pour ton propre bien. "

Qu'elle n'aille pas croire que son état lui importait, c'était même tout le contraire et une menace qu'elle ne prendrait surement pas en compte. Comme d'habitude... Mais le persan n'était pas le seul à "jouer" : que la jeune femme en rit le mettait en rogne bien sur, mais surtout... ça lui servirait.
Oh, non. la vertu n'aurait pas droit de citée.

Le pirate ne comptait pas assouvir les désirs de la fée, et si elle était frustrée.... Et bien tant pis. Il laissa planer un léger silence parlant de lui-même, mais apparemment la rouquine ne devait pas vouloir capter le langage non-verbale du pirate, puisqu'elle insistait encore et toujours.
Les sourcils froncés, la voix du pirate se fit moqueuse.
" - De toute façon, tu ne vaudrais rien. Et qu'est-ce que tu crois ? que je risquerais mon bateau pour toi ? Je suis responsable de l'équipage, et tu portes malheur... "
L'hypothèse le fit légèrement rire, acide.
Il glissa sur l'insulte sous-jacente de sa propension à la bouteille, jugeant la remarque idiote- un pirate sobre était aussi rare qu'un verre vide à Tortuga et pencha la tête sur le côté, semblant réfléchir, le regard porté vers le port.
L'inactivité forcé du Souffle Gris commençait déjà à lui peser... Et la fée n'arrangeait rien à cette impatience qui lui vrillait le cœur et les jambes.

"- Cherches-toi un valet, un idiot ailleurs Willow. Je te suis pas ton chien. "

Et sur ses mots, crachés plutôt calmement malgré des accents de colère inévitables, il fourra le cristal dans une de ses poches. Solal ne comptait pas se livrer sur sa vie privée de sitôt, et la rousse, agaçante, entêtante, n'était pas la personne à qui il le ferait.
Un drôle de sourire apparut sur ses lèvres... Oh, elle devait être furax, vexée ou même simplement désappointée. Qu'elle s'époumone, qu'elle peste... Willow n'aurait droit qu'au silence. Mais elle rappellerait, entrant de nouveau dans ce jeu vicieux commencé dix ans plus tôt par une devinette sans réponse.
Le pirate le savait, et malgré cette petite victoire arrachée à une colère noire qui menaçait d'exploser, il ne pouvait que soupirer à cette éventualité. Sa main se referma dans un mouvement saccadé sur sa poche, résistant à réduire le bijou en poussière.

Pour l'heure, il avait gagné la première manche.
Et avec un petit sourire, il remonta à l'étage, non pas pour récupérer le reste de ses affaires, mais continuer la partie commencée cette nuit avec une ombre brune.
Solal Yarhi
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Willow
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Willow
Ven 11 Juil - 21:43
Sympathique petit jeu du soir. Ou plutôt, du petit matin, concernant Solal. Willow s'amusait vraiment bien, à vrai dire. Faire enrager le pirate était toujours distrayant, bien que pour une fois, une sourde curiosité était cachée derrière ce sourire malicieux et ces questions. Mais le Perse lui tenait tête... la jeune femme étira ses lèvres en un sourire qui cachait bien sa frustration. Allons... si elle n'arrivait pas à lui tirer les vers du nez cette fois, elle y arriverait plus tard. Rien ne pressait ! Maintenant qu'il avait ce crystal en sa possession, elle pourrait le solliciter à tout moment...

    - Je suis ravie de te voir te soucier de mon bien.


Elle accompagna ses propos d'un rire moqueur, signifiant bien qu'elle comprenait la menace sous-jacente, mais qu'elle s'en moquait comme d'une guigne. Au contraire, elle réitéra ses questions, jusqu'à ce que Solal finisse par céder... ce qu'il ne fit certes pas.

Le sourcil de Willow se fronça l'espace d'une seconde. Non, elle ne portait pas malheur ! Tout cela n'étaient que rumeurs et racontars ! Ah vraiment, les humains étaient des ânes pour prêter l'oreille à de pareilles inepties ! La rouquine les plaignaient, un peu.
Mais ce qu'elle n'avouerait jamais, c'est que quelque part, elle essayait de se convaincre elle-même de la fausseté de ces rumeurs... son sourire revint bien vite sur son visage.

La discussion se termina rapidement par des mots crachés par le pirate, et auxquels la fée n'eut guère le temps de répondre. Un valet, un chien ? Elle n'avait que faire de ce genre de choses ! Tout ce qu'elle voulait, c'était un pirate à taquiner !

Résultat des courses ?
Franchement, la rouquine était vexée. Un poil frustrée aussi. Non mais ! Que croyait-il ? Qu'il allait lui tenir tête souvent comme ça ? Solal, Solal... ta fierté te perdra !
La jeune femme émit un rire malicieux. Le prochain contact risquait d'être amusant, lui aussi !

Posant le crystal sur son sac, la fée se redressa et alla rejoindre sa couche ; après une aussi longue journée de voyage, elle avait bien mérité quelques heures de repos, pas vrai ?
Willow
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Dim 3 Aoû - 22:38
Elle recommencerait.
Comme un cycle éternel, comme ça avait commencé entre eux, un jeu dangereux mais tellement prenant que malgré les années, elle ne pouvait s'empêcher de le provoquer et lui de lui répondre.
Solal le savait, et attendit de pieds ferme une autre tentative de Willow. Un jour ou deux, mais il avait évidemment d'autres chats à fouetter qu'une fée trop taquine pour son propre bien. Alors le pirate laissa volontairement le pendentif dans sa cabine tandis qu'il était parti s'enfoncer dans la jungle brésilienne, une soif de découverte et de connaissance à jamais rassasiée.
Et puis si le Souffle Gris pouvait faire du "commerce" avec les autochtones, c'était tant mieux. Après tout, c'était le but premier de la visite des pirates dans ses contrées, à part le fait de se faire oublier quelques temps des autorités avec lesquelles ils jouaient à cache-cache.
Mais la veille, le navire pirate n'avait pas été assez rapide, et les cris de guerre avaient résonné sur le pont, affrontant le bâtiment américain avec des sourires sanglants.
Les pertes avaient été minimes.
Passablement éméché en ce début de soirée, Solal avait piqué la place de Cat à la vigie, savourant l'immensité de la nuit au dessus de lui, la lune se reflétant sur les masses nuageuses qui l'entourait. Mouvement divin... que vint briser Willow par un tintement cristallin caractéristique.
Solal décida, comme à son habitude d'ignorer d'abord l'appel brillant du bijou, avant de s'en saisir rageusement. Le persan ne laissa pas la fée en placer une.

" - Vas voir ailleurs si j'y suis, fée de malheur !! "
Et d'un geste à la rage contenue, il plaça le cristal au milieu d'une de ses écharpes, qu'il laissa là, accrocher légèrement à une corde tandis que sa silhouette redescendait souplement malgré l'alcool, les cordages.
Qu'elle peste, la gourgandine !
Pour ce soir, Solal ne serait pas son amuseur à disposition, et il comptait bien lui faire comprendre. Il était libre. Et elle n'aurait pas sa réponse.
Discussion close.


~

Les heures, les jours avaient passé, et le pirate se souvenait s'être emporté contre la fée de façon véhémente une ou deux fois. Peut-être plus. Surement d'ailleurs, énervé par les commentaires de Lucian et Lazaro sur la correspondance particulière qu'il entretenait avec la fée.
Mais aujourd'hui, dans l'ombre de la cabine, alors qu'il devait prendre du repos- ordre du Capitaine à l'avoir observer se démener et crapahuter au travers des voiles pendant trois jours d'affilé sans dormir - il ne resta qu'un vague agacement quand le cristal dans sa poche se mit à luire doucement.
La lassitude habitait ses prunelles depuis plusieurs heures et c'est d'une voix orageuse mais fatiguée qu'il apostropha l'impudente. Après quelques échanges, Solal avait apprit qu'il valait mieux lui clouer le bec tout de suite, enchainer sans lui laisser le temps de le provoquer plus encore.

"- Qu'est-ce que tu veux ?"

Ni politesse, ni convenances avec elle. Une part de lui pensait toujours que Willow ne le méritait pas... et puis, il était un pirate non ?
Solal Yarhi
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Willow
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Willow
Mar 5 Aoû - 23:02
Willow était satisfaite.

Contente d'avoir de nouveau une perpétuelle victime à tourmenter, à provoquer, à qui balancer des piques pour mieux rire de ses réactions. Solal était une personne de choix en la matière, tant il débordait de rancœur et de désir de vengeance impossible à accomplir.
C'est, du moins, ce que croyait la jeune femme. Inconsciente fée qui ne mesurait guère l'ampleur des dégâts que pouvait causer un satané pirate. Mais elle eut tout le loisir de s'en rendre compte.

Cela se passa une bonne dizaine de jours après le dernier échange cristallin – guère productif d'ailleurs, puisque le Perse n'avait pas daigné répondre à la jeune femme. Willow avait repris sa route vers le Sud-Est, en direction de la Roumanie, et n'avait plus retouché au cristal depuis, ayant fait d'autres rencontres intéressantes et étant quasi-certaine que Solal la boudait – ce cher humain.

La rouquine arrivait en milieu de journée dans une ville assez conséquente, au point d'être pourvue d'un port aérien, auquel était amarré nombres de navires volants et autres aéronefs. Loin d'elle l'idée de rester plus d'un jour dans cette cité, elle y fut pourtant plus ou moins contrainte, la curiosité et la colère étant ses principales motivations.

Alors qu'elle traversait le port aérien, nombres de regards s'étaient posés sur elle, d'une manière assez inexplicable. À moins que les rousses ne soient rarissimes par chez eux, mais cette supposition fut vite démentie quand elle vit passer devant deux gamins roux. Des frères sans doute. Mais les regards qu'on lui jetait étaient particulièrement hostile. Et quand elle entendit enfin d'étranges murmures sur son passage, elle comprit que, définitivement, quelque chose n'allait pas. Elle en fut d'autant plus certaine que les deux bambins qu'elle avait vu courir devant elle se firent rattraper par ce qui devait être leur mère, qui les enferma dans une maison proche.

Elle s'approcha d'un commerce quelconque, non pas spécialement pour la marchandise mais plus pour entreprendre la conversation avec les vendeurs. Ils représentaient en effet une source d'information privilégiée. Mais avant même que la rousse n'ait pu ouvrir la bouche...

    - Va-t-en, ogresse ! Tu n'es pas la bienvenue ici !
    - Que... ?
    - Tu es venue dévorer nos enfants ? Nous t'aurons chassée d'ici avant !
    - Qu'elle disparaisse !
    - MEURTRIÈRE !


Lorsqu'elle vit que certains étaient armés de couteaux et de fusils, elle sut qu'elle n'avait pas le choix. Elle dut quitter la ville, coléreuse, ne comprenant rien à la situation. Il fallait qu'elle mette ça au clair. Et elle avait une idée de comment faire.

Plus tard, alors que le soleil déclinait à l'horizon, Willow se tenait dans l'ombre d'un bosquet en bordure de la ville, et avait trouvé ce qu'elle cherchait dans son sac. Une potion qu'elle avait acquise auprès de la sorcière Katerina, en Angleterre, et qui avait pour effet de modifier l'apparence. La fée n'avait aucune idée de ce à quoi elle allait ressembler, mais c'était l'occasion ou jamais d'utiliser ce philtre. Si elle attendait davantage d'ailleurs, elle serait totalement inefficace, comme elle se rappelait les recommandations de la magicienne.

Quand elle eut absorbé la potion, et que les douleurs liées à la transformation eurent disparu, la fée se pencha au-dessus d'une flaque d'eau, pour contempler son reflet : à la place de la flamboyante rouquine, se tenait une petite blondinette au visage mince et pâle, plus inoffensive qu'un lapereau. C'était parfait. C'est donc avec cette apparence que Willow se rendit de nouveau en ville, se faisant passer pour une voyageuse et se rendant, par conséquent, dans l'auberge du port, comme si elle voulait y passer la nuit.

S'avançant jusqu'au comptoir, c'est là qu'elle entama la discussion avec l'aubergiste, conversation auxquels se joignirent bientôt nombre d'autre gens qui écoutaient alentours ou qui voulait simplement apporter leur avis sur la terrible ogresse rousse qui tuait et mangeait les enfants.

Rien que ça.

Innocente, Willow continua à poser des questions sur cette terrible femme, se demandant d'où elle venait. Les villageois ne se firent pas davantage prier pour lui répondre. Quand elle eut enfin compris d'où venait la rumeur, ses prunelles s'étrécirent. Voilà qui expliquait tout.
Mais elle n'avait passé que trop de temps dans l'auberge. Baissant les yeux sur une mèche qui lui chatouillait la joue, elle constata, alarmée, que sa chevelure commençait tout doucement à reprendre ses boucles et sa couleur de feu. Habilement, elle s'extirpa de l'auberge, laissant là les villageois qui ne tarissaient plus de potins et de commentaires, et regagna rapidement le bosquet où elle s'était cachée plutôt. Le temps d'y arriver, elle avait repris sa forme originelle.

Elle reprit sa route, s'éloignant toujours davantage vers le Sud, et lorsqu'elle se fut installée pour la nuit, la première chose qu'elle fit fut de tirer rageusement le pendentif de cristal de son corsage et de crier face à lui, attirant l'attention de son destinataire.

    - SOLAL YARHI !


Oh, il avait vraiment, vraiment intérêt à répondre cette fois. Et il le fit.

    - Bravo, c'était bien joué de lancer une rumeur pareille... une ogresse tueuse ! Tu comptais sur ces gens pour qu'il exécute ton rêve à ta place ? Ce n'est pas demain la veille que tu verras ma tête plantée sur une pique, maudit pirate... !


Oui, elle était fâchée. Même si au final, elle aurait simplement du se moquer du Perse et lui montrer que son plan n'avait pas marché, elle ne pouvait s'empêcher de déverser sa colère sur lui.
Willow
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Jeu 18 Sep - 23:18

- SOLAL YARHI !

La colère moribonde de la fée ne faisait rendre ses cheveux encore plus ... roux. Aussi flamboyants que le feu qui animait son regard, et qui tira un haussement de sourcil désabusé de la part du pirate.
Quoi ? Elle était dans sa mauvaise semaine ?

La raison, ainsi que le sourire de Solal ne tarda à venir s'installer entre eux, et même s'il était très fier de son coup, le Second ne s'en vanta pas. Pas trop. La colère et l'indignation de Willow le réjouissait, et il se félicitait intérieurement d'avoir fait mouche. Une mimique carnassière au bord des lèvres, il se redressa un peu plus sur le cristal, fixant délibérément la fée en pétard.

" - Je n'ai fait que me servir des vérités que tu sèmes derrière toi... Il n'y a pas de fumée sans feu, Willow. En tant que feu-follet, tu devrais le savoir mieux que moi... "

Le ton du pirate était à la fois amusé, et dangereux, grondant d'une menace simple, diffuse.
Qu'elle ne vienne pas lui reprocher ses erreurs à elle !
Qui lançait des malédictions sur les gens hein ? Qui les perdait dans les bois et les faisait mourir, par amusement ?
Solal, certes, était très loin d'être un agneau, mais au moins il embrochait proprement. Le pépiement indigné de Willow égayait sa journée, pensée vicieuse et pourtant... oh combien délicieuse.
Calme, le Second du Souffle Gris se roula du tabac, et alluma sa cigarette avant de continuer.

" - Ça ne me coutait rien d'essayer. Ce n'est pas non plus ma faute si tu t'incrustes dans des régions du monde où tu sais, pertinemment, que ta présence fait chier les gens."

Encore vrai.

"- Et ça ne fait que commencer... "

Le grand sourire de Solal était sincère.
Dans toute sa rancœur, sa violence.

Le persan n'était plus un gamin à s'embarrasser de manières, d'une quelconque chevalerie. Oui, c'était lui planter un couteau dans le dos, c'était continuer de vouloir lui faire payer malgré tout. Puéril mais réfléchi et vicelard. A croire que Trappen avait surement un peu trop déteint sur lui durant toutes ces années mais le forban ne le regrettait pas.
Il aurait sa vengeance, par tous les moyens possibles.
Willow voulait jouer ?
Très bien, mais elle allait apprendre amèrement à qui elle avait affaire.
Solal n'était plus le gamin un peu trop vantard, braillard et prêt à se faire embobiner par un joli sourire. Il lui avait promit après tout, et malgré tous les coups bas qu'il était capable de faire....
le Second tenait ses promesses.


Solal Yarhi
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Willow
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Willow
Dim 26 Oct - 14:53
Les yeux plissés par la colère, ses lèvres déformées par un rictus, la fée toisait Solal, nonchalamment installé sur le Souffle Gris, quelque part dans le monde, la Déesse savait où. Son air lui parut désabusé, mais c'était avant qu'il comprenne ce qui motivait le courroux du Feu-Follet. Quand il sut de quoi il en retournait, le pirate se mit à sourire, fier comme un paon, cette maudite crapule !

    - Les vérités... il n'est même pas de concept plus obtus pour toi ! Cracha Willow.


Il ne manquait pas de toupet ! Il ne se servait d'aucune vérité, bien au contraire. Il répandait ses mensonges comme du venin, attendant patiemment les effets qu venaient tôt ou tard. Quelle façon de faire, vraiment ! N'avait-il donc rien appris, malgré le sort que lui avait lancé la jeune femme ? N'avait-il donc pas compris que les mensonges le ferait courir à sa perte ?
Ça lui donnait presque envie de rompre sa promesse tiens. Sans rien lui dire. Ce petit humain énervant avait définitivement besoin d'une bonne leçon !
Le calme dont il faisait preuve ne faisait qu'exacerber l'agacement de Willow. Impertinent !

Elle pinça les lèvres, se retenant de lui répondre cette fois. Si sa présence faisait chier ces gens, comme il le disait, c'est parce qu'ils savaient qu'elle était là ! La discrétion dont elle faisait preuve en voyageant n'était pas feinte ; c'est lui qui avait tout gâché !

Les lèvres de Willow se relâchèrent. Elle les étira alors en un sourire de lionne.

    - Très bien. Ouverture des hostilités. Tu l'auras voulu, Solal.


Sans rien ajouter de plus, Willow enferma le cristal dans son poing, mettant fin à la communication.
Il allait voir ce qu'il allait voir. La rouquine ne resterait pas les bras croisés.
Souffler sur le feu peut l'éteindre. Mais il peut aussi le raviver.
Le rendre encore plus dangereux.
Willow
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Lun 24 Nov - 0:41

Némésis embrasée,
indomptable fée.


La colère et l'air furibond de la fée était quasiment divin pour Solal.
Il ne pouvait s'empêcher d'afficher un grand sourire, mine satisfaite de son forfait. Le pirate ne pouvait rêver mieux et la guerre ne faisait que commencer entre eux... ou du moins pour lui, elle ne s'était jamais arrêtée.
Le persan était bien décidé à lui faire payer ce "don", cette décision de régenter sa vie pour... pour quoi d'ailleurs ? Une petite plaisanterie de rien du tout.

Il soutenait son regard embrasé en se demandant distraitement si Willow avait la même lueur quand elle s'adonnait à d'autres danses mortelles, mais penser ainsi à elle le perturbait, et il détourna un moment son regard du cristal avant d'y revenir, amusé par les menaces de la fée.

"- C'est toi qui a commencé Willow. Tu t'es permise de t'immiscer dans ma vie sans en peser les conséquences. Les dettes se payent. Toujours. "
Si le sourire du Second n'avait pas quitté ses lèvres, le ton de ses mots, presque susurrés, n'étaient que douleur à venir, menaces et mort avant d'éclater d'un rire franc. Qu'elle essaye donc la bougresse !

Il ricanait encore quand le contact du cristal se rompit, et clôtura personnellement leur conversation avec une rasade d'un rhum piqué à Lazaro.
Elle n'avait encore rien vu. Ce n'était que le début... Solal avait piégé son parcours d'embuches et la rumeur était allée bien plus loin que lui-même ne l'aurait voulu au départ. La croqueuse d'enfant, fille de Satan à la chevelure flamboyante était connue de toutes les bourgades autour de celle où Willow s'était arrêtée.
Et à la frontière, l'attendait un comité d'accueil plutôt bien préparé en terme de "purification" et de sorcellerie.
Oui, le pirate ne faisait rien à la légère en ce qui concernait la vengeance et il regorgeait d'idées sous un sourire carnassier, même si cela dépassait parfois son idée première.

~

Mimique goguenarde qui s'estompa furieusement quelques jours plus tard.
Autre lieu, ambiance toute autre. Un mouvement brusque et le poignet de Solal entrainait son épée dans une danse mortelle, sensuelle.
Le sang maculant son torse et imbibant un de ses foulard ne le gênait pas le moins du monde, ombre aux yeux clairs qui se frayait un chemin au travers de ses adversaires.
Toujours plus nombreux, comme s'ils poussaient comme des pâquerettes !
Les pirates du Souffle Gris, pourtant nombreux haletaient sous l'effort, repoussant tant bien que mal l'abordage simultané des deux navires.

" -LAZARO ! "
Solal avait reculé face à un assaut plus féroce, sa voix résonnant dans les cales. Il fallait absolument que leurs adversaires n'aient pas accès à la salle des machines. Le mécanicien en chef avait intérêt à ramener ses fesses très vite.
Le sang gicla. Une fois. Puis deux, sous la chorégraphie de mort orchestrée par le Second, aussi implacable que son capitaine.
Sur le pont, on pouvait d'ailleurs entendre les cris d'agonie des pirates qui s'étaient cru capable de l'atteindre. Le pouvoir cauchemardesque les ensevelissait sous une peur viscérale.
Tous marchaient dans le sang et la boue que la crasse et la pluie avait fait naître sur le sol, dans un cri.
Bestial, sauvage, écho de la sueur et de cet éclat si sombre au fond de l'âme humaine.

Une fraction de seconde, l'attention de Solal se détourna et il grimaça sous la brulure de la balle menaçant de se ficher dans ses côtes. La lame du blond en face de lui déchira le cuir et sa chair. Coup qui ne fit que redoubler la rage du persan, l'assommant d'un bon coup de tête.

Le coup de feu suivant retentit du fond du navire où Lazaro, aussi habile tireur qu'il savait y faire avec les moteurs venait de lui sauver la vie.
Un regard échangé, un sourire et le carnage reprit.
Les voiles ténébreuses se teintèrent de sang ce soir-là, encore.

Mais malheureusement ce ne fut pas que le pourpre des ennemis, et le bleu glacial des prunelles du pirate s'assombrirent brutalement en relevant le col du pirate qui avait voulu le refroidir.
Il y avait quelque chose qui n'allait pas. Cette attaque, cette façon de savoir où ils se situaient, alors que les pirates n'étaient pas franchement synonymes des alliances les plus sincères ! Et à la clé .. ? les cales du Souffle Gris n'étaient pas pleines.

"- Que le Clown n'aime pas Trappen je peux le comprendre... mais si nombreux ... Qui vous a engagé ? POUR QUI TU BOSSES !? "
Les doigts dans la trachée de l'homme serraient de plus en plus fort à mesure que les réponses ne venaient pas. Autant dire que le pauvre mercenaire passa un très mais quart d'heure avant de s'éteindre dans un gargouillis pitoyable.

En sortant de la pièce, l'aura du Second n'augurait rien de bon, et il passa devant ses camarades, les dents serrés. Le regard meurtrier.
Toujours en silence, il aida les blessés, refusant qu'on le touche et cassa de rage le cigare qui ne le calmerait pas ce soir. Oh non. La lueur assassine et rageuse n'avait presque jamais autant brillée dans le regard de Solal.
Il n'avait pu tirer du cadavre édenté qu'un murmure et un mot.
Rouge.
Un jour, il saurait. Et la personne qui avait commandité cette attaque allait payer.
Fort.

Solal Yarhi
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Willow
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Willow
Lun 24 Nov - 21:30
Cristal serré dans son poing, Willow n'avait pas abandonné son sourire de lionne.
Dangereuse flammèche, Solal avait tort de la prendre à la légère.

Quelques jours plus tard, minutieusement dissimulée sous sa cape, aucun de ses cheveux roux dépassant de sa capuche (ce qui en soit était déjà un miracle), Willow était assise dans une auberge à la réputation plutôt médiocre d'une autre ville. C'est dans l'ombre qu'elle attendait un certain contact auquel elle avait donné rendez-vous la veille. Bien entendu, se gardant bien de donner son nom véritable, elle ne laissa qu'un pseudonyme : Rouge.

Rouge, donc, avait des informations dignes d'intérêt à transmettre au capitaine de cet équipage de forbans. Elle ne savait pourtant absolument pas que la chance lui souriait, car l'équipage en question n'était pas très très ami avec celui du Souffle Gris. Jouant donc sur les animosités qui existaient entre eux, Rouge mentit, encore et encore, révélant la position du vaisseau de sa victime favorite au large des côtes brésiliennes et indiquant qu'ils possédaient un butin faramineux.

    - Et qu'est-c'qui m'dit qu'tu racontes pas des conneries ?
    - Vous n'avez qu'à vérifier par vous-même. Pourquoi je vous mentirais ?
    - Et t'attends quoi en échange ?


La rouquine sourit, une étincelle s'alluma dans ses prunelles.

    - Que vous remettiez cette bande de pirates à sa place. En particulier le Second. Je ne demande rien de plus. Gardez le butin.


*

Malheureusement, ça ne tourna pas exactement comme elle l'aurait souhaité, mais ça, elle n'en sut jamais rien.
Au final, les pirates n'avaient que faire de répondre à la demande de Rouge. Tant qu'il y avait de l'or à la clé, des coordonnées offertes sur un plateau et qu'ils étaient suffisamment nombreux pour avoir facilement le dessus, c'était tout ce qui comptait. Willow ne s'était pas franchement adressée aux pirates les plus intelligents qui soient, il fallait bien l'avouer. Mais pour le moment, elle considérait cette affaire comme réglée.

À vrai dire, elle avait bien d'autres soucis dont elle s'inquiétait. Et parmi les plus importants, sa trajectoire à travers le pays. À cause de Solal, l'alerte était donnée dans tous les villages alentours, aussi devait-elle les éviter. C'est en maudissant copieusement le Perse que la jolie rouquine continua sa route, jusqu'au jour où elle parvint à la frontière. Elle avait, naïvement, pensé que le danger était passé et qu'elle pourrait gagner l'Italie sans encombre.

Elle s'était lourdement trompée.

Déjà, toute la discrétion qu'elle mit en œuvre ne servit à rien. Un coup de vent trop fort, sa capuche qui glisse, et voilà ses cheveux de feu et frisés exposés à la vue de tous. Les noms de sorcière, d'ogresse, fusent dans tous les coins de rue. Aussi puissante soit-elle, aussi habile soit-elle à manipuler le feu, Willow ne put lutter contre la ribambelle de gardes qui se précipita pour l'arrêter.

Jugement. Un synonyme ? Torture. Mauvais traitements. Lapidez-la ! Frappez-la ! Plongez-lui la tête sous l'eau ! Si elle respire encore, c'est que c'est une sorcière ! Humiliant, pour une fée du feu. Elle avait beau se débattre, on la maintenait fermement, et avec ce qu'elle arrivait à respirer entre deux plongées sous-marine, elle parvint bientôt à bout de forces.

Mais bien sûr, ça ne s'arrêta pas là. Confiscation de ses livres, de ses pommes, de sa besace. Emprisonnement, et pour être bien certains qu'elle ne tenterait pas de fuir, on lui attacha les poignets par des chaînes pendant du plafond de sa cellule. Elle ne pouvait ainsi joindre ses mains.

D'abord épuisée, à bout de forces, Willow ne chercha pas à se libérer. Puis la nuit tomba, et elle fut vite frigorifiée, ce qui fit ricaner le garde qui veillait : demain, on la réchaufferait sur le bûcher.

La haine lui redonna bientôt d'autres forces.

Par chance, le sol de sa prison était fait de terre et de sable. Alors, avec le bout de sa botte, Willow traça, doucement, patiemment, minutieusement, des flammes. Quand le dessin fut terminé, elle invoqua sa magie afin de donner vie au feu, qui alla rougir ses fers, les faire fondre. Cela prit une bonne partie de la nuit, mais au bout d'un long moment, elle était enfin libre. Quant au garde, il s'était endormi après descendu une bouteille de vin.

À ses poignets cliquetaient le reste de ses chaînes. Subtilisant la lame du garde, elle la planta dans son cou. L'homme mourut dans un affreux gargouillis sanglant. Attrapant sa besace restée auprès du garde, Willow sortit de la prison et fila dans la nuit... l'aube pointait tout juste. Il se passerait encore quelques heures avant que l'alerte de sa fuite ne soit donnée.

Alors Willow courut. De toutes ses forces, dans un pays qui lui était inconnu. Dans cette région de là de l'Italie, elle comprit vite que les forêts boisées n'étaient pas répandues. Elle glissait sur les rocailles, se tordaient les chevilles, mais elle ne pouvait pas s'arrêter avant d'avoir mis dix, vingt lieux entre elle et le village de la frontière !

Arriva ce qui devait arriver. Encore une fois, son pied se tordit sur un pierrier, situé au bord d'une falaise. La fée glissa, tomba dans la crevasse, ses mains cherchant vainement des racines inexistantes auxquelles s'accrocher. La réception fut désastreuse : au lieu de rencontrer de la terre, de la mousse, de l'herbe, c'est encore des rochers qu'elle rencontra. Sa tête frappa sur le sol, lui ouvrant le front qui déversa une rivière de sang sur son visage.

Le soleil se levait à peine. Épuisée, la fée n'en cogita pas moins sur ce qu'il s'était passé. Entre le village portuaire et la frontière... ce n'était pas une coïncidence. Dégageant son bras, elle eut une exclamation de douleur: il était cassé. Recourant donc à son bras indemne, elle prit le cristal coincé dans son corsage et invoqua le pirate. Une intuition lui disait qu'il était derrière tout ça.

Mais ses appels restèrent sans réponse. Elle en resta alors là, finissant par s'évanouir d'épuisement et de douleur.
Willow
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Lun 5 Jan - 19:27
Après l'attaque des navires pirates, le Souffle Gris bien amoché avait mouillé dans une des baies de Nassau pour des réparations plus poussées de quelques semaines.
Des jours où Solal avait parfois tenté de joindre cette fichue fée sans obtenir de réponses. Inutile de dire que cela avait joué sur son humeur et ses doutes.
Qu'aurait-il pensé de différent si elle lui avait répondu innocemment ? Rien, car tout ce qui sortait de la bouche de cette rouquine était potentiellement du mensonge. Du poison.
Son fond de commerce à lui...

Et le persan se maudissait de s'être laissé embobiner, d'une faiblesse rageuse à ne plus savoir distinguer le faux du vrai avec elle. Juste elle. Cette Némésis de feu.
Finalement, il avait haussé les épaules, fourrant le cristal dans ses affaires, appelant la fée une dernière fois, juste pour la faire chier à son tour.
Mais aucune réponse et il avait bien d'autres choses à faire, accroché aux cordages du Souffle Gris, réparant les voiles, entre deux virées de rhum et de prostitués, d'affaires louches, coups de poings et de blagues salaces avec Lazaro.

Cependant, la tranquillité ne serait jamais associé à son nom, à son mode de vie. Trop chiens fous pour rester en place, les pirates de Trappen avaient repris les airs. Leur domaine.
Et ils comptaient bien en rester les maîtres incontestés, sabordant les zeppelins touristiques jusqu'à s'attirer les foudres de certains pays. Autant de faits d'armes et de pillages qui asseyait petit à petit l'autorité de Solal parmi l'équipage.
Coïncidence ou non, quelques jours après leur départ de Nassau, un convoi de la Royal Navy les intercepta bien rapidement à son goût.

L'affrontement fut bref mais sanglant, tout comme le fut assez vite les mains du persan. D'un pourpre qui faisait écho à la grimace amère qui semblait figée sur son visage. Les pertes avaient été importantes et ils venaient de s'en sortir victorieux, mais de peu.
Solal haletait sous l'effort, la crasse et le sang poissant son visage et ses vêtements sous la pluie battante.
Son yatagan avait fait des merveilles, traçant un cercle pourpre dans son sillage, mais son regard semblait parfois absent, vide devant les cadavres de ses camarades. Ces pirates qu'il avait appris à connaître, à apprécier. Et d'un mouvement rageur, le Second trancha la gorge d'un garde qui s'était pourtant rendu.

Ca sentait le roussi. Véritablement, et ce nom ... Rouge.
Les deux attaques étaient-elles liées ? Quelque chose lui soufflait que les mercenaires n'avaient été que le dessus de l'iceberg, et Solal avait bien l'intention de clarifier tout ça, si besoin en se salissant les mains.
Ca l'obsédait, rendant le jeune homme irritable et tout aussi sombre que son Capitaine.
Le rhum coula abondamment ce soir là, mais dans une ambiance étrange, entre célébration joyeuse, parce que pleurer ne servirait à rien, et oubli doucereux.

Il était en train d'éponger le sang sur sa chemise, grimaçant sous les bandages serrés dans son dos qui commençaient déjà à se teinter de pourpre, quand la chaleur familière du cristal autour de son cou se mit à se manifester et à luire doucement.
Machinalement, sans qu'il en ait conscience, le Second l'avait garder sur lui.
Acte manqué ou vigilance, jamais Solal n'en avouerait la raison.

S'asseyant avec difficulté sur une caisse en bois, il prit le bijou dans sa main, et afficha une mine faussement joueuse. Amusée même.

" - Alors toujours en vie ?... Ou tu t'es décidé à me foutre la paix royalement ? "

Solal laissa un rire un poil acerbe s'échapper.
Peut-être n'était-ce encore qu'une manigance de Willow pour le pousser encore plus dans ses jeux idiots.
Eternel joueur-menteur, il cacha bien vite la lueur trouble qui traversa ses prunelles océans quand il nota l'état de la fée. Elle n'allait pas l'avoir si facilement ! et le pirate, en bon connard fini, toussa comme un danmé. Semi-vérité... mais le jeu ne faisait que commencer.

Jouer avec le feu, risquer tout.
Mourir dans un rire.


Si le sourire de Solal ne disparut pas, toujours prêt à faire face à sa furieuse adversaire, l'envie de rire fut un peu altérée malgré tout.
Solal Yarhi
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Willow
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Willow
Lun 19 Jan - 0:09
Willow avait sombré dans l'inconscience, après sa chute.
Elle ignorait exactement combien de temps il s'était passé quand elle se réveilla, le visage en sang, le bras cassé, douloureux, frigorifiée. Ignorante de la moindre connaissance médicale, elle devait impérativement reprendre son chemin et trouver un village où un guérisseur pourrait l'aider. Le risque de tomber de nouveau sur des humains haineux de la magie était grand également, mais la rouquine n'avait pas le choix. Et quand bien même cela devait arriver, elle les fuirait encore ou les brûlerait. Hors de question de laisser sa vie entre leurs mains !

Durant son voyage, le cristal brilla de nombreuses fois dans son corsage, pourtant Willow n'y répondit pas. Pas encore. Elle ne régalerait pas Solal de son désastreux état, faible et blessée qu'elle était. Il attendrait ! Lui l'avait déjà fait attendre de nombreuses fois. Un sourire de lionne se dessina sur son visage pourtant, à la pensée que Solal serait déçu de la savoir encore en vie.

Willow était une dure à cuire.

Il lui fallut deux jours de marche pour atteindre un petit village côtier ; les migraines, conséquences de son traumatisme crânien, l'avaient beaucoup affaiblie et retardée dans son voyage. Elle avait dû prendre de nombreuses pauses, et avait dû porter une attention particulière à son avant bras gauche cassé. Elle ne pouvait trop le bouger, encore moins l'utiliser. Par chance, elle était droitière, mais cela restait un gros handicap.

La rumeur s'était-elle arrêtée à la frontière du pays ou est-ce que le village était trop éloigné de la ville pour avoir reçu les plus récentes nouvelles ? Willow n'en avait aucune idée, mais quoi qu'il en soit, elle fut reçue sans aucune animosité dans cette petite bourgade. Le médecin, ou guérisseur, ou soigneur, qu'importait, celui qui était capable de la remettre sur pied s'occupa d'elle, en échange des quelques pièces qui restait à la rouquine, le reste lui ayant été subtilisé par les gardes de la ville précédente.

Elle serra les dents quand l'homme lui remis l'os en place ; ce n'était après tout qu'un mauvais moment à passer. Elle n'était pas une douillette non plus, pouvait faire face à la douleur ! Après cela, le guérisseur lui mit une attelle en place, qu'elle devrait garder le temps que l'os guérisse correctement. Quant à sa tête, il n'y avait pas franchement grand chose à faire : les maux de tête se feraient plus rares avec le temps, et le sang avait cessé de couler. Toutefois, Willow arborait une mine pâle, fatiguée, avec ses yeux cernés.

Même si la prudence lui commandait de quitter aussitôt le village après qu'elle soit passée entre les mains du soigneur, la jolie rousse resta pour la nuit à la petite auberge ; elle avait un besoin dément de repos. Assise auprès du feu qui redonnait à ses cheveux un éclat flamboyant, elle prit entre ses doigts le cristal magique. Elle l'activa, et une fois n'était pas coutume, Solal répondit bien vite de l'autre côté. Il arborait un sourire carnassier, victorieux, sûr de lui. Ça n'empêcha pas Willow de remarquer l'état dans lequel il se trouvait, et malgré sa colère, elle eut l'espace d'une seconde un froncement de sourcil.

Néanmoins, elle retrouva vite son sourire insolent et ses pupilles pétillantes de malice feinte.

    - Ne prends pas tes rêves pour des réalités, mon cher. Je vois que je n'ai même pas besoin de demander à qui je dois mes mésaventures...


Elle approcha son visage du cristal, comme si elle voulait se pencher davantage vers le visage du pirate, qui présentait encore quelques tâches de sang frais. Son sourire s'élargit, la rendant plus flamboyante, plus insolente que jamais, mais aussi plus menaçante. Sa voix n'était qu'un murmure.

    - Ce n'est pas de cette manière que tu me tueras, Solal Yarhi... il faudra que tu me retrouves et que tu me transperces le cœur toi-même. Et je n'aurais pas rendu mon dernier soupir sans t'avoir maudit une dernière fois...


Elle s'éloigna du cristal, luttant pour ne pas fermer les yeux tandis que les migraines la prenaient une nouvelle fois.

    - N'oublie pas notre contrat, foutu pirate. Reste en vie.


Aussitôt après ces paroles, elle étouffa le cristal dans son poing et mit fin à la communication, laissant aller sa tête contre le bois du mur. Elle était proche de la perte de connaissance, aussi, avant que cela n'arrive, elle se hissa sur le lit et sombra avant d'avoir pu se glisser dans la couverture.
Willow
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Ven 20 Mar - 0:48
Willow était une adversaire de taille.
Une des meilleures qu'il ait jamais eu, si on ne comptait pas ces salopards d'autrichiens, mais jamais ces mots ne sortiraient de la bouche de Solal.
La fée pouvait bien se montrer aussi flamboyante et dangereuse qu'elle le voulait, cela n'ébranla pas vraiment le pirate, lui rétorquant un sourire amusé, tandis que ses prunelles d'eau se perdaient une fraction de seconde dans les reflets roux de la jeune femme.
Il aimait jouer avec le jeu, c'était le cas de le dire.

Le Second du Souffle Gris haussa les épaules, et un fin soupir franchit ses lèvres.

"- Je fais simplement avec tes stupides règles, ma jolie. Et au jeu du plus vicieux, crois-moi, t'es encore une môme."

Après tout, qui avait menti en premier ?
Aussi puéril que fut cet épisode qui marqua à jamais leur relation, cela démontrait bien que Solal gamin avait déjà jeté un coup d'œil du côté magouilleur de la vie, avant de s'y plonger complètement.
Au vu de ce qu'il avait subit, l'état de la fée ne lui tira pas une pointe de culpabilité, même si... la pensée fut vite balayer par un rire moqueur, s'estompant alors que la conversation arriva à son terme.
C'était idiot. Con, et un sentiment totalement étrange, mais dans les yeux du pirate brillait une drôle de lueur. Willow était encore en vie. Fait énervant, agaçant mais une sorte de soulagement. Comme si, en dehors du pacte passé pour lui ôter son don, il aimait ça : la savoir en vie, parce que c'était à lui de le faire.

Seul Solal avait le droit de la tuer.

Un drôle de sourire au coin des lèvres, le Second ne tarda pas à sortir sur le pont, claudiquant légèrement et cachant les traces de sang qui réapparaissaient déjà sous les bandages. C'est le médecin de bord qui n'allait pas être jouasse ce soir...
Mais ils arrivaient en vue du port de Tortuga... Et pour l'heure, Solal avait besoin d'alcool. Beaucoup d'alcool.

~~
[ Fin Octobre 003]


Les semaines, les mois s'étaient écoulés au rythme des affaires du Souffle Gris, et son Second avait été bien trop occupé pour penser à emmerder Willow. Il faut dire qu'il s'était embarqué dans une aventure vengeresse aux côtés d'autres pirates, fait plusieurs escales dans des pays reculés pour leurs trafics d'armes, et avait été de nouveau trouver une certaine Korzha.
Encore une rouquine, et peut-être aussi pire que la fée... Une bonne femme, la tête remplie de chiffres et de formules, c'en était à douter de son humanité à cette vieille pie roumaine. Déjà qu'il devait lui manquer un bon bout d'âme !

Mais il gardait toujours le cristal dans ses affaires, comme si le perdre allait attirer le mauvais œil. Idée fixe bien que non formulée, tout comme ce qui le taraudait encore... Rouge. Trouver son identité, même si Solal commençait à s'en douter.

Pour l'heure, malgré des nez écrasés, et des têtes secouées sauvagement, il n'avait pu récolter qu'une maigre description. Faible piste, d'autant que ce mystérieux commanditaire n'avait pas envoyé d'autres flottes à leurs trousses.
Étrange. C'est d'ailleurs la réflexion que le persan se faisait, accoudé au bastingage, quand des voiles claires se détachèrent des nuages sombres d'Angleterre.
Et merde.
Le corps du pirate réagit d'instinct, hurlant à ses comparses de réduire la voile pour mieux manœuvrer et préparer les canons. Ils n'avaient pas encore les fameux moteurs promis, mais les hommes de Trappen ne se comptaient pas pour des enfants de cœur.
Et surtout, ils ne fuiraient pas.

Le Galion, plus imposant, plus fort, était néanmoins plus lourd et lent.

C'était de la folie... mais la raison, c'était un prétexte d'idiots.

Quelques coups de feu plus tard, les deux équipages se jetèrent l'un sur l'autre, chiens enragés contre loups. Les ponts se teintèrent de larmes de sang, et le rugissement des hommes emplit le ciel en colère.
Un carnage, c'était un véritable carnage, où Solal, Trappen, et les pirates traçaient un sillage pourpre sur le Galion. Les silhouettes tombaient, mais cela ne faisait que raviver la flamme vengeresse dans les yeux du perse, et le yatagan dansait sauvagement dans ses mains.

L'ombre du Capitaine avait envahi une partie du pont, véritable faucheuse en cape noire. Ses adversaires tétanisés par leurs propres cauchemars, étaient pris au piège de leurs esprits, embrochés sans pouvoir réagir.

Et Trappen riait.
D'un rire sinistre, et d'une joie malsaine, appelant au sang et à la guerre. Le Capitaine vivait pour cet instant. Les pirates aussi. Ces fractions de seconde où l'adrénaline était si forte qu'elle semblait transcender les limites physiques, la fatigue, la douleur pour se dépasser et clouer au pilori ces imbéciles qui pensaient leur enlever leur liberté.
Du moins, c'est comme ça que cela aurait dû se passer, la silhouette du Galion s'effondrant sous les cris des pirates... mais l'orage semblait avoir amener d'autres dangers, contredisant la bonne fortune des flibustiers.

Les foulards de Solal étaient devenus noirs de sang, tout comme sa veste, déchiquetée par endroit mais le Second s'en fichait, les prunelles rivées sur ce navire, sorti de nulle part et bien décidé à leur couper toute retraite.

Les condamnant à une mort certaine.


L'inquiétude sourde, aussi dérangeante qu'un frisson glacé avait remplacé la joie sauvage dans son regard.
Le bois et le fer du navire grinçaient sinistrement sous les volées de canons, tandis que le tonnerre grondait, la pluie s'abattant sans cesse sur les bâtiments.
Liquidant le reste des rescapés du navire marchand, Solal hurla à ses hommes de battre en retraite immédiatement. Le pillage était avorté et les canons pointés sur eux ne leur disait rien qui vaille !

S'en suivit une course poursuite serrée, où le Souffle Gris tira profit de sa taille moyenne pour fuir le plus rapidement possible.
Dans les voiles, le persan s'acharna à maintenir les cordages, véritable singe encourageant ses coéquipiers.
Ils étaient trempés, amers et une colère sourde, revancharde dansaient dans les prunelles de la plupart d'entre eux. Les pertes, dont la petite souris que le Second avait lui-même formé étaient toujours un peu plus de bile acide au fond de leur gorge.
D'autant qu'ils avaient l'impression d'avoir fuit la queue entre les jambes, et pour les pirates, c'était ... presque honteux.

La vengeance viendrait, c'était certain.
En temps et en heures.

Quelques heures plus tard, de fines gouttelettes s'écrasaient sur la carcasse adossée dans la vigie. Les muscles noués malgré la position assise du Second semblaient vouloir se tendre à l'extrême. Cat' s'était prise un éclat dans l'œil, et le persan avait automatiquement rejoint son poste de beuverie attitré.
Le niveau de la bouteille avait baissé de moitié, mais le pirate restait encore alerte
.
Le regard perdu dans l'immensité stellaire, Solal sentit soudain une chaleur incongrue autour de son cou, et sortit le cristal qui commençait à lui cramer la peau en fronçant légèrement les sourcils, interloqué.

Tiens, ce truc fonctionnait encore ?

Il posa le bijou entre ses jambes, et afficha une drôle d'expression, entre la grimace et le sourire, cerné de fatigue et de lassitude crasseuse du sang séché.

"- Ayé, tu t'emmerdes ? ... Toujours aussi gamine à ce que je vois !"

Une cigarette fit son apparition, capricieuse étincelle.
Etincelle d'un brasier à venir... invisible et pourtant divinement meurtrier.
Solal Yarhi
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IWillow
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IWillow
Mar 7 Avr - 0:01
C'était Samhain, la Fin de l'Été, début de la saison de l'ombre. Willow avait tracé le cercle, placé les cierges autour du feu dans lequel elle faisait brûler du millepertuis. Tout cela dans une clairière au fin fond d'un bois italien, loin des cités chrétiennes remplies de gens hostiles à la moindre forme de magie. Qu'ils étaient hypocrites, d'ailleurs, car la moindre de leurs fêtes chrétiennes correspondait à un sabbat célébré par la magicienne : Litha pour l'été, Yule pour le solstice d'hiver, ou encore Mabon pour l'équinoxe d'automne.

La jolie rousse eut un rire sarcastique à l'idée de fêter, à quelques kilomètres de là, un rituel qui horrifierait plus d'un villageois superstitieux. Elle s'installa entre le cercle de bougies et le feu, posant ses affaires, avant d'entamer la danse rituelle.
En soit, ce genre de célébration ne servait pas à grand chose. Mais la jeune femme y tenait tout de même, car cela faisait partie de ses origines. Elle avait souvent brûlé de la sauge ou du thym avec son cadet ; sa mère lui avait appris le nom des pierres, des plantes, lui avait enseigné ses plus vieux sortilèges. C'était ancré dans sa personnalité : elle ne pouvait pas se défaire des ces rituels magiques d'où provenaient ses origines.

Ayant pris un nouveau bouquet de millepertuis dans les mains, elle le tendit vers le feu, puis une fois que la flamme eut pris, elle tint le bouquet en l'air, laissant la fumée s'envoler au gré de la légère brise qui soufflait. L'effet de la fumigation ne tarda pas ; bientôt, le Feu-Follet se retrouva entourée de tout un groupe de petites créatures magiques : lutins, farfadets et lucioles, tout un rassemblement magique dont se réjouit la jeune femme.

    - Et si on s'amusait ?


Chacune des créatures entreprit alors de jouer avec sa propre magie : étincelles de lumière colorée, danses, petits tours magiques, tous fêtaient à leur façon leur nature magique, au nez et à la barbe des chrétiens qui dormaient paisiblement à quelques lieues de là, après avoir remercié le Seigneur pour ils ne savaient quelle raison.

C'est donc après un long moment, après avoir joué avec le feu et ses créations, que la petite fête improvisée pris fin. Calée devant un bon feu dans son refuge, Willow, qui après s'être copieusement roulée dans l'herbe, avait une chevelure digne de la cime d'un arbre. Elle farfouilla un moment dans son sac, feuilletant ses grimoires, quand elle tomba sur son cristal de communication, artefact qu'elle avait gardé hors de sa vue le temps de se remettre de ses blessures, suite aux actes de Solal.

Solal. Maudit pirate. Fier humain qui lui tenait toujours tête, qui arrivait à lui mettre des bâtons dans les roues même à l'autre bout du monde. Le jouet perse de la fée rousse, qui répondait toujours à ses provocations, qui l'amusait sempiternellement.

Il fallait dire ce qu'il en était. Le jeu avait commencé 13 années auparavant et jamais il ne s'était arrêté, malgré le long silence d'une décennie. Si l'un et l'autre avaient bel et bien grandis, les deux gamins qu'ils avaient été s'affrontaient toujours. Et Willow n'avait jamais renoncé à emmerder Solal à l'aide de son cristal, lequel y répondait toujours en grinçant des dents, pour le plus grand plaisir de la fée.

Le voilà qui apparaissait d'ailleurs, ses étincelants yeux bleus comme l'océan tranchant nettement sur sa peau mat et ses vêtements sombres. Seule la lueur faible d'une cigarette accompagnait ses deux prunelles claires. Willow sourit largement, cueillant une feuille de chêne dans ses cheveux emmêlés.

    - Qui est le plus gamin de nous deux, mon cher Solal ? Celle qui danse dans les arbres ou celui qui ment sans arrêt ?


Le ton était insolent, provocateur, comme toujours lorsqu'elle s'adressait à Solal, avec une mimique moqueuse et faussement innocente par-dessus le marché.

    - On dirait que tu t'es calmé depuis quelques temps, tu n'as plus donné signe de vie. Tu n'as plus envie de jouer avec moi ? Tu sais pourtant à quel point j'adore ça...


Elle eut une petite moue boudeuse, presque triste. Jouer avec Solal était son passe-temps favori ; elle retrouva l'instant d'après son sourire malicieux, croquant dans une belle pomme rouge rendue plus éclatante encore grâce au brasier qui brûlait en face d'elle, et dont la lumière colorait aussi ses joues et ses cheveux.

    - Mais tu as en partie raison. Je voulais terminer ma soirée sur une note amusante. Et tu es particulièrement doué pour me divertir. Peut-être as-tu une histoire à me raconter ?


Elle n'avait pas oublié son talent pour cela. Et puis, pour ce soir, cela suffirait amplement ! La jeune femme s'adossa plus confortablement contre l'arbre, ses yeux rivés dans ceux du pirate, l'air presque aguicheuse... afin qu'il cède.
IWillow
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Lun 19 Oct - 22:33
Un instant, l'âme damnée de Trappen ne répondit pas.
Les yeux vagues, il s'était perdu dans les reflets du feu dont les éclats se reflétaient dans le cristal. Véritable passage à vide, non volontaire mais qui l'arrangeait souvent. Avec Willow, le silence en réponse pouvait être bien plus agaçant qu'une réplique acide.
Elle détestait ça.
Un autre jour, Solal aurait surement résisté, joué au plus malin. A qui cracherait le morceau le premier, mais pas aujourd'hui.
Parfois, il était plus avisé de changer de méthode pour mettre son adversaire à terre.
La fée voulait une histoire ?
Soit.

Ce soir, les foulards du perse cacheraient le visage du conteur. Enjôleur, refaisant l'histoire au rythme envoutant de ses mots, semi-vérité.

Le pirate se redressa un peu, les coudes appuyés sur ses genoux.
Il adressa à Willow un faux sourire, ennuyé. Fronça les sourcils avant de soupirer exagérément.
Puisque Madame le demandait... elle allait être servie.
Dans les prunelles océan du Second brulait une lueur de noirceur acide, sous le manteau de l'amusement.
Il laissa le silence plané après les derniers mots de Willow, puis se pencha légèrement en avant, comme s'il n'y avait pas des miles et des nœuds qui les séparaient. Juste un sourire et un souffle.


" - On raconte souvent les histoires des héros, des grands décideurs et des femmes aussi flamboyantes qu'un volcan. Des Djiins capable de faire tomber une montagne en gravas, d'égorgeurs d'enfants dont les pas ne sont jamais entravés par la justice.
Mais ce soir, ma chère... tu vois cette étoile ? là, tout à gauche, qui manque de s'éteindre ? Je vais te conter une histoire comme cette étoile. "


En parlant du morceau de poussière lumineux, Solal avait levé son bras, pour donner son ciel, sa vision à Willow.

"- C'est l'histoire d' une souris. Une incapable en capeline rouge, sale et maigrichonne. Une poussière blonde qui tremble sur le quai. Elle doit fuir, s'échapper de sa vie, de son pays, de son passé et recommencer... Car une ombre la guette, dans l'obscurité. On chuchotait dans les rues pavées que c'était une bête, un être sombre, bordé d'un sourire aux crocs acérés. Pire que ceux qui hantent les forêts de Roumanie et de Russie. Une créature capable de vous poursuivre sans être là, celle dont on raconte les horreurs pour que les gamins aillent se coucher... mais en pire. "

Ce n'était qu'une introduction, mais Solal y mettait le ton, sa voix se modulant, tantôt moqueuse, tantôt rauque, mystérieuse.

" Elle a fuit.
Elle s'appelait Elisabeth, Lizette, mais personne ne l'appelait par son vrai nom de petite bourgeoise.
Elle veut changer, la souris.

Mais on raconte aussi qu'elle avait autour du cou, un fil rouge.
Un simple bout de laine, aussi pourpre que sa destinée.
Son envie de liberté a pris des chemins détournés, son voyage a mal tourné .... ".


Silence, avant qu'il ne reprenne.

" - La souris s'est retrouvée au milieu d'une meute de loups, de chacals et de vautours aussi sombres que les voiles du Souffle Gris, et elle tremble, au milieu des trafiquants. Au départ, c'est une carpette, même si elle avait abandonné sa capeline de rouge.
Elle se prend des coups de pieds au cul, la Lizette, mais elle s'endurcit. Et elle change. Un soir, ses yeux brillent plus, d'une lueur naissante.
Elle s'intègre, décide qu'ici commence le premier jour de sa nouvelle existence.
La souris est devenue un coyote. Petit, tout mince et maigrelet, mais capable de japper et de mordre. Un peu.
Mais il en faut plus pour rompre le fil de sa destinée. "


Une respiration, et les prunelles du pirate deviennent de plus en plus sombre, s'enfonçant dans les noirceurs de son récit, qui le prend aux tripes malgré lui. Mais son visage reste impassible, comme absent.
Solal est un menteur après tout.

" Ses yeux brillent à la Souris, elle contemple l'immensité de ce qui s'offrira à elle, quand elle arrivera à terre. Ses yeux fixent le ciel, sans voir le reste. Son sourire se fait plus grand face à l'adrénaline criminelle de sa presque nouvelle vie.
Sans voir sa propre ombre disparaitre et ce fil de laine s'effilocher.
Dans certains pays, on chuchote que chaque vie est aussi fragile qu'un cheveu, et qu'il existent des êtres sans âges, capable de les balayer d'un regard.
Mais dans cette histoire, pas d'êtres surnaturels à l'œuvre, juste les cadavres de la meute, et au milieu de tout ce sang versé inutilement, ... un commanditaire vicieux.

Cet enfoiré s'appelle Rouge.


La Souris en capeline pourpre, ses yeux fixent encore le ciel.
A jamais.
Hier, le fil autour de son cou s'est brisé...
Elle a simplement été la victime collatérale d'une vengeance qui est allée trop loin. "


La dernière phrase n'avait pas été prononcé dans un soupir, mais d'un ton tranchant. Couperet dont l'éclat résonnait au coin du sourire de Solal. Pointe amère sur le bout de la langue.
Inutile de préciser que Lizette s'était éteinte dans les bras du perse. L'avorton en jupons qu'il avait entrainé... mais pas assez. Le pirate l'avait vengé, telle un diable s'abattant sans répit sur ses victimes.

Solal laissa planer un silence qu'il ne comptait pas combler, s'étirant légèrement, sa face cachée par l'obscurité.

"- Satisfaite ?".







Solal Yarhi
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Willow
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Willow
Lun 9 Nov - 19:05
Elle s'était attendue à retrouver dans les reflets du cristal un pirate grincheux, agacé par les taquineries d'une fée, qui lui aurait rabattu le caquet – ou plutôt essayé – avant de ranger l'artefact dans les plis de ses écharpes colorées.
Mais pas cette fois.
Solal avait de magnifiques yeux, bleus comme un ciel d'été. Mais jamais rien de joyeux dans ces iris colorés, seulement de la malice, du mensonge, et ce soir, une inquiétante ombre qui n'avait rien à voir avec la nuit tombante. Willow souriait toujours, mais cet air noir l'interpella tout de même.

Plus de cristal, plus de forêt ni de bateau volant. Les deux vieux ennemis se faisaient face, le premier déliant sa langue pour se jeter à corps perdu dans l'art de l'éloquence et du conte, la seconde ouvrant ses esgourdes à d'autres murmures que celui des feuilles et du vent. Le perse lui montra une étoile dans son ciel, mais avait-il oublié qu'ils partageaient le même ? En levant les yeux sur la portion de ciel que Willow pouvait voir depuis sa clairière, elle aperçut de son côté également ce tout petit point brillant qui vacillait, petite bougie sur le point de s'éteindre.

En réalité, elle était déjà soufflée.

L'histoire commença. Pas de légendes perses, pas de trésor à dénicher ou d'ennemi à éliminer. Ça parlait simplement d'une petite souris qui visiblement n'était pas faite pour survivre dans un environnement hostile.
Ou peut-être l'était-elle ? La vie est parfois si cruelle.

Willow haussa un sourcil en apprenant que le personnage du pirate portait un nom. Cette fillette n'était pas juste un simple élément de l'histoire, à l'image de ces héros ou personnages qui constituent des histoires connues de tous. Cette fillette avait bel et bien existé.
Et Solal lui contait son histoire, l'histoire de cette Lizette.
La belle rouquine ne voyait pas où voulait en venir le perse avec cette démarche, mais elle ne l'interrompit pas, même quand le silence s'installa.

Elle écouta la souris devenir renardeau, petit monstre vivant parmi les plus gros, les plus dangereux.
C'est la loi du plus fort, il en a toujours été ainsi.
L'étoile qui s'était éteinte n'était alors pas vraiment une surprise ; bien d'autres retournements de situation sont plus extraordinaires.

Les prunelles de la fée s'étrécirent imperceptiblement quand le noir devint rouge.
Rouge comme le fil, rouge comme la gorge tranchée de l'enfant, dévorée par des loups à l'appétit trop aiguisé.
Dans le cristal, le regard de Solal était noir, son visage recelait encore de quelques tâches de sang. À qui appartenait-il ?

Et dans la tête de Willow, que se passait-il ?
Oui c'était un dommage collatéral. Quand on n'est pas capable de survivre dans un bateau pirate, on n'y monte pas, point final. Critiques et sarcasmes se bousculaient sous le front blanc de la fée, Lizette avait payé le prix de sa témérité.
Après tout, elle serait morte aussi vite même sans cette vengeance orchestrée par la rouquine. Pas vrai ?
Le Feu-Follet ne portaient pas les humains dans son cœur, loin de là. Pourtant, elle sentait son cœur se serrer, un tout petit peu. Pas de quoi verser de larmes, juste de quoi avoir un léger regret.

    - Pas vraiment.


Ses yeux semblaient moins brillants, mais le sourire de la jeune femme était toujours dessiné sur ses lèvres.
Solal n'était pas le seul à savoir mentir après tout.

    - J'espère que tu me raconteras une histoire plus joyeuse la prochaine fois.


Elle étouffa son cristal dans son poing et s'allongea près du feu qui s'éteignait peu à peu. Un peu de magie le raviva.
Mais malgré la chaleur, les rêves de la rouquine furent froids.
Froids et rouges.
Willow
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