[Fin 003] For they are jolly good fellows ! | Rey

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Vasile Duca
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Vasile Duca
Sam 12 Avr - 1:52
Désespoir pour certains, bénédiction pour d’autres... depuis le désastre du congré Espagnol, les androïdes s’étaient assemblés en masse dans les villes du Rey. L’esprit corrompu, revanchards et effroyablement bavards, nombre d’entre eux s’étaient avérés aptes à décliner l’identité du Chapelier et, pire encore, sa localisation. Le secret de l’asile n’était plus, et ainsi s'en était allée la sécurité de Vasile.

Des chasseurs de tête sillonnaient l’Europe, prêts à remonter à la source de l’abomination mécanique qui suintait de la petite ville Roumaine. L’instigateur ? Certaines grosses têtes d'Emerald, évidemment. La ville entière, ou presque, rêvait de voir la tête du savant empalée à l’entrée de la ville volante. Aussi, lorsqu'à l'asile on disposa du cinquième corps d’un mercenaire amateur, portant sur lui une fiche d’information affreusement complète concernant le Chapelier Fou de Roumanie, il devint évident qu’il faille le mettre à l’abri, loin du Pays.

Le choix flagrant demeurait l’Allemagne, bien sûr, l’une des rares contrées où on l’accueillait encore à bras ouverts… Et donc certainement pas sa destination finale. On le disait Fou, certes, pas idiot au point de mâcher le travail de ses adversaires !

Maudit et cruellement diminué depuis l’installation de son bras mécanique, Vasile dû quitter sa contrée à l’aube d’un matin, dans le plus grand secret. Seuls étaient au courant la Reine, Marius, et ses plus proches serviteurs. Sorin, son fidèle Sorin, ouvrait la voie et c’est à eux deux qu’ils galopaient hors de la ville. Leur salut : la Russie. Immense royaume de neige et de vide, il avait été décidé en petit comité que cette destination demeurait la plus sûre, le temps d’une retraite de quelques mois, grand minimum. Si la situation actuelle ne s’améliorait pas, alors il restait les Amériques… Au grand dam du Roumain déjà malade de quitter son Pays de naissance.

Finalement, la question n’eut pas lieu d’être posée : le destin en décida autrement. Alors qu’ils traversaient la frontière, une flèche transperça le cou du cheval de Sorin qui s’écrasa dans un fracas métallique contre le sentier forestier qu’ils empruntaient. Coincé sous la bête, l’androïde n’avait pas d’autres choix que de subir les assauts de son agresseur, un grand homme masqué, mercenaire, évidemment. Aucune pitié ne fut accordée au serviteur métallique qui finit par succomber, l’arme au poing. Vasile étouffa un juron et, sans s’apitoyer longtemps sur le décès de sa création, talonna son cheval pour passer l’obstacle… Et foncer droit dans le traquenard tendu à son attention quelques mètres plus loin.

Son propre cheval abattu, Vasile fut rapidement encerclé par une petite troupe de brigands. Tête haute, lèvres pincées, il se refusait à céder à la panique et, l’esprit froid et calculateur, cherchait une porte de sortie. Alors qu’il ouvrait la bouche pour les embobiner et gagner un peu de temps, il ne vit pas arriver le coup de gourdin, bien placé derrière la tête, qui l’assomma aussitôt.

Il avait fini par se réveiller, pieds et poings liés, dépossédé de son manteau et de ses bagages, dans la cale d’un bateau volant ancien. Enfermé dans une grossière cage de fer pour couronner le tout, probablement en lieu et place d’il ne savait quels esclaves ces gredins avaient pour habitude de transporter. Le sol tanguait – que ce soit à cause du vol ou de sa malédiction – et son crâne semblait sur le point de se fendre en deux, aussi n’eut il pas le loisir d’interrompre le petit groupe de mercenaires qui parlait à voix basse, à quelques pas de lui.

« J’te l’dis qu’on a pas choppé l’bon. »

« Le chapeau… Maigrelet, brun… Et en fuite... ça correspond à c'qu'ils cherchent, Bruno ! »

« L’est pas androïde, l’Chapelier. Ni débile. C’type-là avait à peine l’air de pouvoir s’tenir sur ses jambes. »

« On s’en fiche, tant qu’ils nous l’achètent. »


Un brin confus, il avait malgré tout saisi l’importance de cette conversation. S’il était bel et bien recherché, personne ne savait encore qu’il était devenu androïde… Ni qu’il avait été maudit par Alice. L’un et l’autre de ces événements allaient pouvoir jouer en sa faveur… Si Emerald n’était pas aussi hostile qu’on le dit envers les androïdes.

… Peut-être valait-il mieux qu’il n’atteigne pas la ville, finalement.

Parfaitement immobile, il attendait le moment propice et… Alors que ses ravisseurs étaient hors de vue, il se leva lentement et étendit son bras mécanique, le portant aux barreaux pour les tordre – n’avait-il pas conçu ses prothèses dans le but d’accroître la force de l’être humain ? Il était temps de passer l’épreuve du feu et de prouver la supériorité de ses créations.

Un sourire victorieux, carnassier même, étira ses fines lèvres tandis qu’il sentait le fer plier sous sa poigne. Oubliant toute prudence, il exerça une poussée supplémentaire, brisant finalement l’une des barre qui heurta le sol. Le bruit résonna dans la salle et, paniqué, il vit bientôt se dessiner l’ombre de ses geôliers à l’opposée. Habitué à la traque d'androïdes - dont certains bien plus féroces que lui ! - ils l'avaient encerclés, lui coupant toute retraite.

À nouveau rattrapé, il sentit plus qu’il ne vit la masse écraser son bras de métal contre le mur, explosant l’armure de celui-ci et rompant quelques fils conducteurs. Un bref cri s’échappa de la gorge du Chapelier qui contemplait son bras, désormais inutile.

Silencieux, en état de choc, il se laissait mener jusque dans sa cage.

Vaincu, il n’avait d’autres choix que d’atteindre Emerald avec l’équipage.

**

En d’autres circonstances, il aurait été curieux de découvrir cette fameuse ville volante…. S’il n’y était pas reconnu comme ennemi numéro 1, pour commencer, et si ce n’était pas pour finir une fois de plus derrière les barreaux.

Le crâne encore douloureux, le teint livide et son bras de métal brisé serré contre son torse, l’homme androïde était conduit dans les tréfonds de la ville, dans un cachot le temps d’être interrogé et identifié. Pour certains, cela ne faisait aucune différence : androïde maudit, il était voué à l’exécution pour l’amusement du peuple et de ses dirigeants de toutes façons, le nom importait-il vraiment ? Pour d’autres, le célèbre Vasile Duca méritait un certain « traitement de faveur », quelques supplices supplémentaires qui méritaient que l’on s’attarde sur un interrogatoire. Le doute planait encore, donc, et le Chapelier était décidé à mettre à profit ce temps supplémentaire qu’on lui offrait sur un plateau.

Sans ménagement, sa main valide accrochée à son chapeau dont on n’était pas parvenu à le défaire, Vasile fut jeté sur le sol crasseux de sa cellule et la porte promptement refermée derrière lui. Une joue écrasée sur la dalle froide du cachot, le Chapelier avait fixé ses yeux cernés sur les gardes, chacun d’eux, se promettant que même s’il devait périr ici, ceux-là le suivraient dans la fosse commune.

« Vous regretterez, un jour, de m’avoir jeté ici. »

Sous les rires et les moqueries des geôliers, il finit par se relever, une main agrippée aux barreaux. S’il parvenait de mieux en mieux à vivre avec sa malédiction, celle-ci était une véritable horreur lorsqu’il était au plus mal. Après un long voyage en bateau volant insupportablement long et plusieurs jours sans autre chose à manger que du pain rassit, il n’avait pas la force de combattre l’horrible don. Aussi se contenta-t-il de s’avachir sur la couchette la plus proche avant d’enfin remarquer l’homme déjà présent, à l’autre bout de la petite cellule. Il l’étudia longuement, tête penchée sur le côté.

« … Je connais votre visage. »

L’autre, à la façon qu’il avait de le fixer, devait penser la même chose de lui. Aussi, le savant se creusa la tête. N'avait-il pas croisé un primitif ayant son allure ? Non, les primitifs, il les oubliait vite. Puis, son regard s'illumina, presque espiègle. Lentement, un sourire apparut sur le faciès du Chapelier. Le monde entier s’acharnait sur lui depuis des mois et, enfin, le destin lui offrait une occasion de se réjouir : celle de voir un ennemi souffrir autant que lui.

« Et bien et bien ! Vous voilà bien loin de chez vous… Rey. »

HRP:
 
Vasile Duca
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Rey de Marisma
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Rey de Marisma
Mar 15 Avr - 0:22
“For they are jolly good fellows !”


— … Je connais votre visage. »

Aucun doute... ce chapeau.
Et puis le ton supérieur, menaçant, aussi crédible qu'une vantardise d'enfant capricieux au moment de "renvoyer" les gardes qui ne manquèrent de superbement se gausser ou de l'ignorer...

— Et bien et bien ! Vous voilà bien loin de chez vous… Rey.

L'intéressé lui fit son plus beau sourire tordu.

— Cela vaut aussi pour vous... Señor Duca.

Le roi n'avait rien d'un roi, il portait sa chemise de machiniste, rouge, un petit gilet marron, une salopette noire et de grosses chaussures de cuir sans charme réel si ce n'est la seule utilité d'être pratique et de ne rien craindre entre l'huile brûlante, le charbon et tout autre accident de parcours qu'un machiniste digne d ce nom pouvait rencontrer. Ses cheveux avaient été teint et étaient parfaitement noirs, sa peau déjà plus foncée, avait en plus essuyé quelques passages de charbon et de graisse de machine qui avaient laissé des traces même après plusieurs lavages.
Il était méconnaissable.
On lui avait passé un tabac quand on l'avait arrêté, si les boursoufflures et autres réjouissances contondantes avaient fini par disparaître, il lui restait de belles entailles au-dessus de l'arcade gauche et sur la lèvre inférieure. Ça et des bleus ailleurs.
Mais il y avait des hommes qui, même méconnaissable, ne pouvaient que vous reconnaître et il en était de même pour vous.
Malgré la cicatrice et le bras bionique ballant du scientifique, son fasciés plus creux et son allure plus éventée encore que du temps où il était "logé" dans les prisons d'Espagne, il l'avait reconnu, et le chapeau n'était qu'un accessoire qui n'aurait pas été indispensable à cette identification.

Il ne faisait aucun doute, chacun d'eux se réjouissait d'être là avec son pire ennemi.
C'était d'une ironie suprême, mais ils y trouvaient un certain réconfort, et Felipe, tout particulièrement, en lisant la satisfaction du chapelier, car, contre toute attente, il s'amusait à lui rendre son visage et sa pure satisfaction.

Il se demandait néanmoins s'il devait lui dire qu'il était là incognito, difficile de croire que le scientifique ne sauterait pas sur l'occasion d'hurler haut et fort son identité. Aussi, il ne releva pas son nom de Rey. Et lui parla simplement en roumain, comme en parfait signe de courtoisie, mais surtout parce qu'il était conscient que c'était l'une des langues les moins parlées par les gardes.
Il faut dire qu'il avait eu le temps de les écouter. Déjà trois jours qu'il était là, et il espérait que Belmonte ne se faisait pas un sang d'encre au point de vouloir à tout prix faire sauter les murs de la cité... et en même temps il doutait fort qu'il en vienne à de telles extrémités, mais il n'avait cependant aucun moyen de le prévenir de sa situation. C'était critique.

...
Mais il avait un semblant... de plan. Pour sortir. Il lui fallait seulement régler quelques "détails".
Il était venu ici pour enquêter. Non, pas espionner, pas pour commencer, mais bien enquêter sur les agissements d'un groupe terroriste pro-émeraldien qui s'était développé au sol. Recherches fructueuses : il n'avait rien trouvé.
Vraiment rien.
Même pas un semblant de démenti. C'était le néant.
Et vu comme la cité n'avait aucun mal à clamer sa haine contre sa personne ou à faire répandre cette haine, cela serait étonnant qu'elle agisse soudain secrètement. Cela ne collait pas son étiquette. La façon de procéder non plus. Il avait donc sa réponse.
Et avait finit par espionner... oui.

Faut dire que pour un concepteur, c'était trop tentant. Et comme il lui restait des jours à tuer, eh bien, il avait cheminé dans des entrailles un peu trop profondes au point de finir ici.
En tant qu'espion mexicain — il avait au moins réussi à faire passer son allure pour autre chose qu'espagnol, c'était pas trop mal.

Il fit un signe de tête vers le bras de Vasile, faisant mine de s'intéresser à son sort.
Quitte à partager une même cellule... hein ?

— Qu'est-il arrivé à votre bras ? Celui en chair, je veux dire, pour commencer.

Il fronça les sourcils en regardant les dégâts du bras mécanique. Entre ce qui était en métal et avait sauté, les petites pièces, sans doute uniques, et les câbles sectionnés, à l'air et donc inutilisables et disjonctés, c'était un beau gâchis. Mais au moins, il pouvait voir les tréfonds de la bête. Et le roi ne fit rien pour cacher le vif intérêt que cela suscita chez lui.
Peut-être que... peut-être que...

Il remonta ses yeux légèrement dorés sur le chapelier... cette fois, son intérêt était non feint, fit un autre aller-retour entre le bras et le scientifique.

— Vous avez un plan pour sortir ?

Il sourit.

— Des amis ?


Rey de Marisma
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Vasile Duca
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Vasile Duca
Lun 12 Mai - 1:26
" Qu'est-il arrivé à votre bras ? Celui en chair, je veux dire, pour commencer. "

Vasile n'avait décroché son regard clair de celui du Roi durant son questionnement et s'était contenté de serrer son bras abîmé contre lui, possessif.

" ... Mon bras de chair a enfin eu l'amélioration qu'il méritait. Rien de plus. Et celui-ci... " Il accorda un regard peiné à la pauvre prothèse, à peine fonctionnelle encore. "... Et bien. Un enlèvement ne se fait pas sans heurts, j'imagine. Et je sais maintenant qu'il est malvenu de tenter de s'enfuir lorsque nous sommes cerné par... Un groupe d'affreux gorilles au muscles aussi développés que leur intellect est limité. "

Il coula un regard vers l'allée, puis sur la Royauté grimée en pauvre vagabond. Ça, où il était là depuis sacrément plus longtemps que lui et avait eu le temps de se décatir. Vasile releva le menton et s'appuya sur le mur derrière lui, le sourire figé. À la vérité, il ne se sentait pas de bouger d'un pouce maintenant. S'il ne faisait que s'appuyer sur le bord de sa couchette, il s'effondrait, c'était aussi simple que cela. Et s'humilier, de la sorte, devant le Roi d'Espagne ?

Jamais. Autant mourir assis là.

" Vous pensez sincèrement que j'ai un seul ami dans cette ville ? Ils sont ceux à m'avoir enfermé, vous vous souvenez ? " Il secoua la tête et... Subitement, s'immobilisa. " ... J'AI une alliée. "

Ce n'est pourtant pas par enthousiasme qu'il scrutait les allées, comme s'il s'attendait à voir quelqu'un débouler d'un moment à l'autre... Mais bien par inquiétude.

Une alliée, certes. Magdalena Korzha. À la fois sa collègue la plus proche, et la plus à même de le laisser moisir ici si l'envie l'en prenait. Et puis... Elle n'avait pas répondu à ses trois dernières missives.

" ... Finalement, je ne sais pas si l'on pourra en espérer quoi que ce soit... Et d'ici je ne saurais comment la contacter. Je doute que les gardes se montrent très conciliants. Mais ho. Inutile de vous inquiéter pour moi, je ne compte pas m’éterniser ici. "

Son ton s'était fait ironique. La confiance en revanche, il l'avait. Il n'était pas le plus grands esprits de Roumanie (L'UN des plus grands, diront certaines) pour absolument rien. Il glissa sa main intacte contre sa joue que couvrait une jeune barbe de quelques jours qui le démangeait atrocement. Il fixait à nouveau Felipe, cherchant la distraction où il le pouvait.

" Et vous, votre histoire ? J'imagine que vous ne vous êtes pas teint les cheveux et déguisé en moins que rien pour le plaisir de visiter dans ces geôles... "

Il gratifia son ennemi d'un sourire hautain.

" ... Ou alors je dois voir là l'une des conséquences directes de votre coup d'éclat avec mes androïdes. Votre peuple ne devait pas être très content... "

Vasile ponctua cette dernière réplique d'un ricanement. Un regard rapide vers les gardes indiquait qu'aucun d'eux n'avait les capacités de comprendre le Roumain, langage probablement bannit à cette altitude. Joyeux à l'idée de les berner si facilement, il contempla son royal adversaire. À les voir, il ne manquait qu'une jolie table et un service à thé pour parfaire la conversation de gentlemen qu'ils tenaient.
Vasile Duca
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Rey de Marisma
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Rey de Marisma
Lun 26 Mai - 17:42
“For they are jolly good fellows !”


— ... Mon bras de chair a enfin eu l'amélioration qu'il méritait.

Vraiment ? son bras ?
De son point de vue de simple ignare en matière anatomique, il lui semblait pourtant que ledit bras de chair avait tout bonnement disparu et que c'était plutôt son corps qui, à la limite, pouvait être qualifié "d'amélioré". Si l'on ne prenait tout du moins pas en considération les dommages évidents qu'avaient encaissé la prothèse. Il aimait jouer avec les mots. Même pour de la petite auto-satisfaction aussi basse que celle d'être cynique, mais juste, dans les remarques qu'il faisait — même intérieurement — à son ennemi.

— Vous pensez sincèrement que j'ai un seul ami dans cette ville ?

En même temps, sans savoir qu'il avait été enlevé puis amené ici, il aurait été difficile d'ignorer s'il était venu seul ou non. Ceci dit, il n'y avait que LUI, pour venir de son plein gré dans la ville qui désirait le moins sa présence. Alors peut-être que pour cette fois encore il avait la preuve irréfutable qu'il avait fait une vaste folie si son propre (cinglé de) rival ne l'avait pas lui-même fait.

— ... J'AI une alliée.

Un ange passa.

— Finalement, je ne sais pas si l'on pourra en espérer quoi que ce soit... Et d'ici je ne saurais comment la contacter. Je doute que les gardes se montrent très conciliants. Mais ho. Inutile de vous inquiéter pour moi, je ne compte pas m’éterniser ici.

Le roi haussa un sourcil évocateur sur la — ô combien haute — impression que lui faisait cette dernière phrase, mais ne releva pas.
Et voilà qu'ils en venaient à lui, forcément. C'était comme un second tour de présentation, après tout ce temps, les ennemis, d'égal à égal se jaugeait une nouvelle fois. Décidément, même dans les cellules ennemies, on ne pouvait pas être tranquille.
Il accrocha encore quelques instants ses yeux ambrés dans ceux du scientifique puis se laissa tomber en arrière, dos contre le murs, et mains derrière la nuque.
Comment expliquer qu'il se trouvait ici autrement que pour les raisons qui l'ont poussé à s'y rendre ? L'idée qu'il pouvait à la moindre parole hasardeuse donner un indice un peu trop important à Vasile sur sa situation précaire ne l'enchantait, comme le fait, par exemple, qu'il n'était pas à l'abri dans son propre pays, en ce moment.

Mais le roumain lui avait laissé un peu de temps pour préparer sa réponse pendant ses discours précédents...

— Ma foi, l'Espagne est fière d'être à la pointe de la technologie, c'est une image et une réputation que nous avons, " il ignora superbement toute interruption, "Mais elle n'est pas un pays volant pour autant. Tout bon visionnaire se doit de fouler ce sol, alors je suis venu incognito pour m'en rendre compte par moi-même."

Nouveau silence : il est vrai que celui qui parlait aussi simplement d'un ballade en terre ennemie se trouvait à l'heure actuelle dans une cellule.

— Il se trouve que j'ai été pris lors d'une de mes pérégrinations approfondies, voyez-vous ?

Cela lui faisait mal de l'admettre devant cet autre entêté, mais... les faits étaient là, et il préférait encore avouer ce fait que d'inventer une bête excuse concernant une loi qu'il aurait enfreint malgré et il ne savait quelle autre stupidité.

Il lança un regard menaçant à son compagnon de cellule d'infortune :

— Et je vous déconseille de me dénoncer, je suis le seul à l'heure actuelle qui peut vous aider à sortir de cette cellule ET à partir d'Emerald.

Il revint à sa posture initial, coude sur les genoux, et yeux plantés dans ceux de Vasile. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il allait dire, car au fond, c'était reconnaître qu'il avait besoin de l'énergumène chapeauté en face de lui, mais il se le permettait après avoir vu qu'il était dans une aussi mauvaise passe que lui.
Mais inutile de trop le montrer.

— Seriez-vous prêt à accepter une exceptionnelle collaboration avec moi ?

Un fin sourire s'étira sur ses lèvres.

— Vous pouvez refuser, bien sûr. Mais j'ai eu plus de temps que vous pour penser à un plan. Voulez-vous du temps pour réfléchir ? Sachez que s'il faut vous donner une bonne raison d'accepter..." il regarda le membre disloqué "je suis en mesure de le réparer si vous me donnez les directives à suivre."


Rey de Marisma
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Vasile Duca
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Vasile Duca
Dim 6 Juil - 1:02
HA ! Il avait belle allure le batracien couronné ! Piégé comme lui dans le fin fond d'une cellule sale et il le regardait encore comme s'il pouvait se permettre de le juger ! Mimant la pose de son rival, il quitta le mur pourtant rassurant et posa son menton dans le creux d"une de ses mains, coudes sur les genoux.

" On dit de moi que je suis fou.. Pas stupide ! Si je vends la mèche, il ne faudra pas plus de quelques minutes pour que vous leur confirmiez mon identité. Et je n'aime pas imaginer mon cadavre pendu au bout d'une corde, voyez-vous. "

Le Chapelier étira un sourire affable , contrastant fort avec ses sombres propos. Puis, il se figea. Le Roi, le Roi d'Espagne si.. Condescendant lorsqu'ils venaient à s'entretenir lui proposait à lui une collaboration ? Ha ! Au moins cette petite étape par la case prison lui offrait de bons divertissements. Vasile ricana en se redressant.

" Je suis presque surpris que vous n'ayez pas eu en tête de m'abandonner là et partir de vous-même. Qu'est-ce qui me prouve que vous ne comptez pas me vendre sitôt dehors, hm ? "

Il le testait, évidemment. Seulement pour s'octroyer un peu de temps. Ses options ? Rester là à attendre sa sentence - hors de question. Appeler Magdalena à l'aide - cela valait le coup d'essayer, mais il avait peur d'espoir. Fuir seul et planter là Rey et ce serait l'assurance d'être vendu.

Quel choix avait-il ? Aucun. Et le Roi devait probablement avoir pensé aux mêmes choses. Vasile soupira en tentant de plier et déplier son bras endommagé. De sa main de chair, il agrippa subitement sa couchette, pris d'un autre de ses violents vertiges. La peste soit de la magie, la peste soit de son bras, la peste soit d'Emerald ....et de Felipe !

" Vous sauriez réparer ça ? Diable... Commenceriez-vous à porter un quelconque intérêt aux androïdes ? Ou êtes-vous si désespéré que vous accepteriez de contribuer à... cette " abomination " ? " Il matérialisé les guillemets de deux de ses doigts avant de reposer sa main, souriant, presque moqueur. " Trouverions nous enfin un terrain d'entente, Rey ? "

Bien sûr que non. Le Chapelier ne pardonnait pas aisément et il y avait fort à parier qu'une fuite avec Rey se solderait par un enfermement d'une autre sorte. Échapper à la gueule d'un loup pour tomber dans celle d'un autre ! Ces doutes là, il préféra les taire. Au lieu de cela, il se leva de sa couchette et tituba, combattant toujours fièrement cette malédiction aux allures de maladie, seulement pour trébucher et s'accrocher aux barreaux et regardait le couloir, encore calme.

" Nous ne sommes pas si bien surveillés... " Pour être franc, cela le vexait presque ! Il était présumé Chapelier, tout de même ! Chassant son amertume, il parlait à mi-voix. " Nous aurions des occasions d'agir, je suppose... "

Dans un mouvement lent et incertain, il tourna son visage vers celui du Rey avant de démontrer son bras de fer qu'il put à peine soulever.

" Vous me dites que vous pourriez le réparer ? Il nous faudra tout de même un minimum d'outils. Mais si nous y parvenons, nous créer une sortie ne serait plus qu'un jeu d'enfant, pour moi. Mais parlons de ce qui est certain... Vous me dites que vous avez un plan ? "

Il se tut tandis qu'un garde approchait pour sa ronde routinière, ou bien tout simplement intrigué par leurs petits dialogues. Voyant le présumé savant fou ainsi accroché à sa cellule, il donna un coup de matraque contre les barreaux en passant, qui eut tôt fait de le décrocher. Il n'en fallut pas plus au Chapelier pour qu'il s'écrase majestueusement contre le sol, dépourvu de soutient solide et vaincu par la magie.
Vasile Duca
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Rey de Marisma
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Rey de Marisma
Mer 13 Aoû - 20:49
“For they are jolly good fellows !”


— J'ai toujours été intéressé par les androïdes dés que j'en ai entendu parler, répondit le monarque déchu au fond de sa geôle sans relever les autres piques ni révéler ses intentions véritables concernant les androïdes. Et oui, je pourrais réparer ça, me procurer des outils et sortir d'ici. Voyez-vous, vous nêtes pas le seul dans cette pièce à avoir des connaissances en la matière, même si c'est l'une de vos machines, je pense m'en sortir avec vos directives.

Une fois n'était pas coutume de se vanter devant son ennemi. Enfin, il préférait tout de même laisser planer un vague doute, les "directives" pourraient permettre à Felipe de laisser à l'homme en face de lui l'impression d'avoir en main toutes les cartes du jeu, mais devraient également lui permettre d'un peu mieux comprendre comment fonctionnait l'énergumène en face de lui.
Comprendre la machine pour comprendre l'homme.
Reproduire le chemin inverse de la prison, c'était à la portée du premier venu, mais encore fallait-il pouvoir sortir. Et il savait exactement comme procéder, de la même manière que pour se produire de quoi redonner un peu de vie à ce bras métallique.

Il baissa la voix pour que seul le chapelier puisse l'entendre, cela lui faisait mal de l'admettre mais cette première étape reposerait sur un sérieux talent d'observation, d'analyse, et de déduction. Or il soupçonnait fortement cet homme d'en posséder un, même si cela lui faisait mal de l'admettre.
Encore faudrait-il que ce talent ne soit pas aveuglé par l'ego de l'inventeur.

~~~

Le lendemain cueillit les deux ennemis au lever du jour, comme à l'aube d'un jour ordinaire, chacun sur sa couche, et les hommes seront bien gardés. Felipe jouait avec une mèche de cheveux brune, les yeux dans le vague et l'épaule gauche négligemment posée contre le mur lisse percé d'une porte aux longs barreaux. Il y avait fort à parier que l'autre mettait toujours en doute ses talents de mécanicien, mais l'idée de rouler les gardes de la cité volante avait de quoi en enchanter plus d'un.
Leur prochaine cible fit claquer de ses semelles sur la pierre dallée du couloir, le roi tendit l'oreille, reconnut le pas et se détendit légèrement pour paraître le plus naturel possible. À l'aise, son corps traduisait une profonde assurance comme si son statut de prisonnier ne le pesait pas plus que cela...
Les pas se rapprochèrent, s'arrêtait devant chaque porte jusqu'à arriver à la leur.

— Bonjour Victor, comment allez-vous ?

D'une amabilité à faire décoller le plus averti des gardiens, le prisonnier s'arma d'une extrême convivialité, ce qui ne manquait pas de faire naître une sorte de sourire chez le gardien. Habitué mais aussi curieux de ce prisonnier qui lui était agréable depuis son arrivée, il lui rendit la politesse.

— Bonjour, Rafael.

Faute de montrer un profond enthousiasme en écoutant le plan de Felipe, le chapelier laissait au roi le soin de mettre en marche la machine et de commencer les opérations.
Pas si fou que ça, le Chapelier allait simplement voir comment cela se profilait. En un sens, cela allait très bien au roi. Il pourrait lui montrer de quoi il était capable, et il ne doutait pas que l'autre, par simple esprit de compétition allait surenchérir. Ce serait parfait.

— Votre promenade au côté de Madame au parc était-elle agréable ?

La question confondit le pauvre hère qui ne savait plus, des plateaux empli de nourritures qu'il faisait passe sous le grillage ou du jeune homme il devait regarder.
Comment savait-il ?

Rey de Marisma
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Vasile Duca
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Vasile Duca
Lun 15 Sep - 23:25
Vasile avait eu suffisamment à ruminer lors de sa très courte nuit pour dormir vraiment. Certes, Felipe lui avait fait l'offre impensable de tenter de réparer son bras mécanique. Doté de celui-ci, il pourrait tout à fait avoir les moyens de sortir de cette fichue prison ! Mais plus que de vie, c'est de vis et de boulons dont avait besoin l'appendice, et d'une grande dextérité dans l'art de la réparation d'androïde ! Pouvait-il vraiment se fier à lui ? Son plan, en tout cas, avait mérité toute son attention.

Bientôt, les cachots s'éveillèrent pour couper court à ses pensées agitées. Les calmes rondes de nuit étaient remplacées par le pas diligent d'hommes pressés. Les ordres et discussions fusant désormais le persuadèrent qu'il était grand temps d'arrêter de feindre le sommeil.

Précautionneux, il fini par rouler de côté et s'assit sur le rebord de sa couchette, en face du Roi nonchalamment posé contre le mur de la cellule. Aucun mot ne fut échangé. Tout deux n'étaient pas amis, après tout, ils avaient simplement un besoin temporaire l'un de l'autre. Très temporaire, espérons-le. À l'arrivée du dénommé Victor, Vasile demeura en retrait. Il avait mal, le thé lui manquait cruellement et il était sérieusement épuisé, tant de raisons qui ne lui donnaient qu'une envie : celle de se recroqueviller dans un coin comme la drama queen qu'il était ! Mais soit, puisqu'il fallait jouer le jeu du GObeur de mouches royal...

Vasile traîna son regard clair sur le freluquet chargé de les surveiller.

" Elle devait être très agréable, en dépit du vent. En atteste la pâtisserie que vous avez mangé avec tant d'enthousiasme. "

Le garde posa un regard surpris sur ce second prisonnier, plus sauvage et plus distant. Le Chapelier ne s'embarrassait pas d'avoir l'air sympathique, lui. De toutes façons, il n'y arrivait pas, en présence de primitifs.

Ce même primitif agitait sa moustache encore saupoudrée de sucre tandis que ses joues, déjà rougies par les bourrasques, s'empourpraient d'avantage. Le plateau fut peut être déposé un peu brusquement contre son support et Vasile observait avec un plaisir non feint le garde les toiser, de plus en plus mal à l'aise.

Il jeta un bref regard à Felipe puis se leva. Appuyé contre les barreaux, il préleva son plateau, observant de plus près encore leur infortuné garde.

" J'aurais espéré que vous partageriez avec nous un peu du thé que vous avez pris avant de venir. Je ne suis pas un grand adepte du thé aux agrumes, il manque un peu trop d'épices à mon goût... Mais il aurait été le bienvenue après tant de temps passé sans boissons plus correctes qu'un fond d'eau croupie. "

Suite à cela, il reprit sa place à la façon d'un enfant sage. Ho, on pouvait le qualifier de brillant... Il l'était évidemment. Mais en la matière, il se fiait plutôt à son odorat ! Personne ne pouvait s'avérer être plus fin connaisseur de tout thé ayant jamais été conçu dans ce monde. Si certains se fiaient à la couleur, Vasile n'avait besoin que de l'odeur pour reconnaître un breuvage pareil !

HRP:
 
Vasile Duca
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Narrateur
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Lun 20 Juil - 11:31

Par un exploit connu seulement des deux prisonniers, les oiseaux surent s'envoler hors de leurs cages de fer. La fuite ne se fit pas sans difficulté. Quitter la ville volante n'était pas une entreprise aisée. Mais deux esprits aussi bien rôdés que celui de l'inventeur et du roi surent mettre à mal cette énigme qui se présentait à eux. La paix fut, bien entendu, de courte durée. La terre regagnée, chacun reprit sa route en se promettant, mutuellement, de ne pas vendre son ennemi juré. Du moins, pas dans l'immédiat.

RP clos


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