Le Vent des Globes

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Mer 23 Avr - 19:22




La compétition. Voilà un mot qui attirait bien des curieux. Afin de stopper, l'espace de quelques heures, les conflits qui agitaient le ciel entre les pirates et les navigateurs de tous horizons, un homme richissime avait décidé de créer une course de navires volants. De nombreux prix étaient mis en jeu, tirés directement de la fortune de l'homme. Le premier prix était, selon ses dires, « son bien le plus précieux ».

Les rumeurs couraient fort sur ce premier prix. Un trésor inestimable ? La main de la fille de l'homme, avec dot à la clé ? Un navire flambant neuf ? Ce mystère attira bien du monde. Une trentaine de candidats se tenait au début de la course, leur équipage préparant le navire pour le grand départ.

Le gérant se tenait dans son propre navire, annonçant les détails de la course.

« Messieurs, et... mesdames. » (Voir une femme piloter un navire avait de quoi vous décontenancer) « Merci de participer au Vent des Globes qui, je l'espère, sera une compétition annuelle. Pour cette première édition, sachez que la difficultés a été placée assez haute car que vaut la victoire sans challenge ? »

Sourire, lissage de moustache.

« Vous devrez faire face à des pièges que mon équipe a elle-même mis en place, mais aussi aux imprévus. Vous savez combien le ciel peut être changeant et traître. Vous n'avez aucunement le droit de mener des abordages, ni d'user de vos canons sur les autres navires. La rapidité seule vaincra ! »

Voyant que tout le monde était fin prêt, l'homme leva le bras. Pour parvenir jusqu'à la ligne d'arrivée les navires n'avaient qu'à suivre les balises flottantes qui indiquaient la direction.

« A vos marques. Prêt... » L'homme baissa le bras. « Partez ! »

Les voiles se déployèrent, claquant comme milles paire d'ailes. La course avait commencé.


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Sofia de Belmonte
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Sofia de Belmonte
Lun 28 Avr - 10:48

La femme en face d'elle semblait surprise par sa proposition, et intérieurement, cela amusa Sofia. Il est vrai qu'on ne devait pas souvent rechercher ou désirer la présence d'une femme à bord, surtout pour ses compétences de navigatrice. Les yeux de Sofia observèrent, non sans une certaine honte, les formes voluptueuses de Iola - il y avait peut-être une pointe d'envie qu'elle tentait de refouler. De Belmonte ne doutait pas de ses hommes, et ils sauraient se tenir. De toute façon, ils connaissaient parfaitement l'opinion de leur Capitaine sur les femmes, alors ils auraient intérêt à se tenir à carreau.

- "Qui ne dit mot consent", dit le proverbe... Dois-je prendre votre silence pour un oui, Lady Mc Allister ?



La demande du Capitaine De Belmonte avait été simple : un regroupement - une course - devait avoir lieu entre navires volants. Sofia nourrissait le secret espoir qu'un certain pirate s'y trouve, afin d'assouvir enfin sa vengeance. Et, accessoirement, gagner le premier prix, quel qu'il soit. Ca serait bon pour sa renommée, et celle de son bâtiment. Les récentes améliorations qu'elle avait apportées au Compass devrait leur permettre de prétendre au podium, mais histoire de s'assurer la victoire, elle voulait mettre toutes les chances de son côté.

Et puis, un peu de compétition ne pouvait pas faire de mal à ses hommes, de temps en temps. Et elle parlait autant de la course en elle-même que de la présence de Iola à bord...

* * *


Iola s'était rapidement intégrée à l'équipage. Oeil d'Étain, le vigie, l'avait d'abord vue comme une rivale temporaire à abattre à tout prix - avant de se prendre d'amitié pour elle, étant donné que leurs compétences étaient plutôt complémentaires... Iola put constater que les dires des autres membres de l'équipage n'étaient pas totalement infondées : Oeil d'Étain semblait vraiment développer n'importe lequel de ses cinq sens selon ses besoins, et en particulier la vue et l'ouïe.

Le reste de l'équipage se montrait courtois envers elle, et le Capitaine lui avait laissé la grande cabine qui se trouvait à l'arrière, sur le pont : en plus d'être spacieuse, outrageusement luxueuse et confortable au possible, elle lui offrait la plus complète intimité. Le genre de détail auquel peu d'hommes devait penser... Arrivé au jour J, on sentait que Sofia était nerveuse, tendue... Sur le qui-vive. Et les fréquents hochements négatifs de la part d'Étain confirmaient qu'il devait surveiller quelque chose pour elle, mais sans résultat. Tant pis.

Tout le monde fut réuni sur le pont, et Sofia leur fit un discours qui les motiva tous. Chacun trouva son poste rapidement, mais Iola fut arrêtée juste avant qu'elle ne parte :

- Je ne vous oublierai pas, bien entendu, lors du partage du prix... Je ne connais vos capacités que par des "on-dit", et j'espère qu'elles seront à la hauteur de mes espérances. Que le vent gonfle vos ailes, Iola. Faites-nous gagner cette course.



Sofia lui offrit un sourire aussi bref que sincère, avant d'inspirer profondément, le regard rivé droit devant elle, une main sur la barre et l'autre sur un levier qui leur permettrait de faire un départ rapide. En salle des machines, la tension était à son comble, mais le roulement de trois équipes allait leur assurer un rendement maximum pour éviter toute fatigue et toute perte de vitesse. Et une fois le drapeau abaissé, Sofia poussa le levier en question, les voiles furent abaissées et fixées, et Étain hurlait déjà de virer de quelques degrés à bâbord.

Sofia de Belmonte
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Iola McAllister
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Iola McAllister
Sam 24 Mai - 21:18
Iola avait travaillé avec des centaines d'équipages et sillonné la plupart des mers et océans dans tous les sens ou presque. Détail que beaucoup ignoraient: son âge. Elle écumait les mers depuis plus longtemps que la plupart ne le soupçonnaient, trop kelpie pour être humaine, tout en étant trop humaine pour être kelpie.
Et du haut de ses multiples voyages, la rousse navigatrice n'avait pas le souvenir d'un accueil si chaleureux et si bienveillant.
Elle ne se rappelait pas qu'on l'eut simplement invitée avec un tel empressement... En général, c'était elle qui luttait verbalement et moralement pour faire valoir ses mérites à un équipage récalcitrant.

Et cet aspect inédit l'avait tellement abasourdie qu'elle en était restée sans voix lorsque le capitaine de Belmonte l'avait réclamé à son bord en toute cordialité.
Il ne fallut guère de temps pour que l'écossaise ne se reprenne et retrouve sa morgue habituelle.

Elle allait aimer ce contrat.

Une impression qui ne fut pas trahie. Son séjour à bord du Compass, s'il demandât qu'elle fasse ses preuves fut d'un calme des plus appréciables. Les marins étaient disciplinés et se tenaient correctement en présence de femmes, preuve qu'ils étaient commandés par un chef du meilleur bois.

Un seul détail déconcertait réellement Iola: le fait d'avoir mit le pied sur un navire volant. La britannique chevauchait les flots, la mer était sa terre, familière et rassurante à ses yeux. Chevaucher le vent était à ses yeux une expérience nouvelle...
Et fortement exaltante.

La compagnie d'Oeil d'Etain si elle fut un peu laborieuse au départ prit un cour des plus intéressants à mesure qu'ils purent apprendre à se connaître. Le vigie était un homme fascinant et son talent ne l'était pas moins, mais outre toute compétence, il s'agissait d'un homme loyal, qualité qu'Iola portait en haute estime.

Jamais à son souvenir, elle n'avait été traitée avec autant d'égards, au point même que la taciturne femme en elle se sentait quelque peu gênée de tant de privilèges. Des attentions qu'elle comptait bien mériter en offrant au capitaine de Belmonte et ses hommes une victoire éclatante. Parole de navigatrice et parole d’Écossaise, il ne serait pas dit que Iola McAllister faillirait à son devoir!

Au jour du départ, c'est avec un mélange d'orgueil et d'appréhension qu'elle se rendit sur le pont pour se préparer au départ. Les paroles du capitaine de Belmonte l'honoraient plus qu'elle n'aurait su le montrer. Avec une humilité non feinte, elle se fendit d'une révérence.

- Je vous remercie de votre confiance capitaine. Et je vous offrirais une course inoubliable!

Dans les airs, son don serait très difficile à utiliser pour améliorer leurs performances -sinon en condensant les nuages qui pourraient leur faire obstacle-, mais même outre l'hydrokinésie, la britannique était capable de manœuvrer les yeux fermés une main dans le dos.
Oui, ils allaient gagner, il le fallait! Elle ferait tout pour leur offrir une victoire éclatante!

A peine le départ sonné, elle prit son poste auprès d'Oeil d’Étain afin de calculer le meilleur cap en fonction des vents.
Pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait faire réellement partie de cette unité de marins, et se surprenait à vouloir se surpasser pour eux...
Iola McAllister
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Sam 24 Mai - 21:53
Dès le départ annoncé, les navires s'étaient élancés. C'était au premier qui allait dépasser les autres. Certains navires s'étaient même heurtés, s'arrachant mutuellement des éclats de bois qui manquèrent d'heurter les autres candidats. Malgré ces incartades, la course se déroulait sans réel incident.

Du moins pendant quelques minutes.

Un éclair pourfendit le ciel, frappant le mat d'un des navires. Un autre le suivit, frôlant un autre candidat. Pourtant aucun nuage n'annonçait le moindre orage. Il fallut l’œil avisé des vigies pour remarquer les sphères qui flottaient en l'air par, on ne sait, quel procédé magique. Celles-ci déclenchaient des éclairs à l'approche d'un navire, frappant à l'aveugle.

Presque indiscernables, ces sphères semblaient être partout. L'air crépitait d'électricité.

Citation :
Première épreuve, mesdemoiselles ! Je vous laisse jouer votre chance aux dés.  :joy: 

Petite explication pour le lancer des dés, pour Iola. Avant de poster ton post, tu peux voir un encart "lancer de dés" en dessous du bouton "envoyer". Il te suffit de sélectionner le dé "Chance" pour le lancer. Tu pourras évidemment éditer ton post selon le résultat du dé. Pour toute question vous pouvez MP Ronce.

Bon jeu !


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Sofia de Belmonte
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Sofia de Belmonte
Sam 31 Mai - 22:14
Sofia affichait une franche assurance, les mains crispées sur la barre. Elle n'avait jamais fait de courses auparavant, mais comme toujours, elle s'était énormément documentée. Les premiers instants étaient les plus sauvages, et elle attendait avec une appréhension maladive le bruit du bois qui se fracasse, la secousse qui en résulterait... Mais rien, pour le moment du moins. Le départ était bon, et le Flyin' Compass se situait dans le peloton de tête. Les premiers bruits d'accidents, non handicapants, se firent entendre derrière eux, mais Sofia les ignora superbement.

Il fallait avancer, c'était le plus important. Se soucier de la route devant elle, assurer leurs côtés. Sofia n'avait aucune confiance en ses adversaires. Elle avait l'habitude de se battre contre des pirates déloyaux. Les canons étaient interdits ? Pas de problème : elle avait prévu des arcs avec la possibilité d'enflammer des flèches pour riposter au moindre écart de ses adversaires - mais elle ne serait pas celle qui entamerait les hostilités.

Et en parlant d'hostilités... Le Capitaine sursauta et regarda vers le navire dont la mât avait été frappé par la foudre. Un éclair ? Mais d'où venait-il, le ciel était dégagé ! L'angoisse monta, et Sofia sentit quelques regards se poser sur elle. Elle secoua la tête, yeux plissés :

- Ce n'est pas de la magie ! Emerald n'aime pas ça : c'est forcément quelque chose de plus tangible. Étain, ouvre les yeux, bon sang !!


Sofia de Belmonte
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Iola McAllister
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Iola McAllister
Lun 9 Juin - 20:08
*
Iola McAllister
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Lun 9 Juin - 20:08
Le membre 'Iola McAllister' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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Iola McAllister
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Iola McAllister
Ven 13 Juin - 18:15
La navigatrice était tellement concentrée sur le départ de la course que l'éclair la fit presque sursauter tant elle ne s'y attendait pas.
Réalisant que le phénomène ne semblait pas très naturel et coïncidait trop avec le départ des navires, la jeune femme courut en proue pour scruter les cieux. Un instant, le vide par delà le bastingage lui donna le vertige. L'idée de ne pas sentir la présence des flots sous la coque lui laissait une désagréable sensation de nudité et de fragilité. Bon sang! Sur l'eau, elle aurait pu réagir sans même y penser!

Mais cette course était aussi un défi, et nul n'aimait tant les défis qu'Iola.
Dans l'immédiat, elle devait déjà guider le Compass hors de la zone de turbulence, ce qui n'allait pas être une mince affaire entre les éclairs qui fusaient et les navires alentour qui tentaient de manœuvrer. Les cris des équipages, le gémissement sinistre du bois, et la froideur dangereuse l'étourdissaient, bien qu'elle se fit violence pour se reprendre.

- Bâbord toute! s'écria t-elle en voyant un autre navire se rapprocher dangereusement par le flanc. Gardez un œil vers le ciel!

Que devaient-ils y chercher, Iola elle-même l'ignorait. Tout ce qu'elle savait, c'est que ces éclairs ne fusaient pas par temps clair. Et certainement pas plus de deux fois.

Entre le guidage et cette énigme, Iola ne savait plus où donner de la tête et s'efforçait de transmettre avec la meilleure diligence possible les directives de manœuvre au capitaine De Belmonte.
La tension était montée d'un cran depuis le premier éclair, et plusieurs bateaux s'entrechoquaient dans des tentatives désespérées d'en éviter de nouveau.
Un éclair fusa de nouveau près de la coque, et le bateau gémit lorsque l'énergie frôla les planches, abîmant superficiellement le bois. Rien d'invalidant pour la course, mais cette dernière promettait d'être longue...
Très longue...
Iola McAllister
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Dim 15 Juin - 15:31
Comme Iola l'avait vu, nombre de candidats n'avaient pas eu autant de chance qu'eux. Deux ou trois navires avaient déjà été mis hors de service. D'autres tentaient de réparer au mieux les dégâts pour pouvoir continuer la course.

Le Compass et plusieurs de ses adversaires réussirent à s'éloigner de la zone de turbulences. Pour mieux taper sur un autre obstacle. Des oiseaux. Des oiseaux-automates volaient au-dessus d'eux. Innocents, n'est-ce pas ? Faux. Sans crier gare ils foncèrent sur les navires, et en particulier les voiles. De leurs ailes et de leurs becs ils déchiraient les voiles, les trouant du mieux qu'ils pouvaient.

Citation :
Suite au lancer de dés, le Compass n'a pas échappé aux attaques des oiseaux. Les voiles ont été transpercées à plusieurs endroits et les effets secondaires de ces dégâts se font sentir. Si vous n'arrivez pas à chasser les oiseaux ou réparer les voiles, il va devenir de plus en plus difficile de manœuvrer correctement le navire.

Le lancer était là pour voir si vous arriviez à esquiver ou non les attaques.


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Dim 15 Juin - 15:31
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'Chance' : 5


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Sofia de Belmonte
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Sofia de Belmonte
Jeu 19 Juin - 16:49

D'une main de fer, Sofia vira à bâbord, puis à tribord, suivant chacune des directives de son vigie et de Iola. Chacun des mouvements de la roue était précis, faisait réagir le bâtiment tout entier au moindre caprice de son capitaine. Si Sofia / Wendy avait une fascination pour les orages en temps normal, celui-ci lui donnait la chair de poule. Elle savait que cette course pouvait être dangereuse, mais ce n'était pas une raison pour mettre en péril la vie de ses hommes.

Assez rapidement, la turbulence fut derrière eux, et Sofia se permit un soupir, constatant d'un simple coup d'oeil circulaire que les dégâts étaient minimes. Au moins, ils s'en étaient bien sortis, contrairement à d'autres concurrents déjà hors jeu. Bien ! Sofia eut un petit sourire de satisfaction... De très courte durée.

- Des oiseaux, Capitaine !!


Les volatiles n'étaient pas un problème, ils avaient l'habitude de les voir s'éloigner d'eux-même - au pire, un peu de bruit suffisait à les éloigner, s'ils cherchaient à voler de la nourriture. Alors pourquoi Étain...

- Des oiseaux mécaniques !
- RABATTEZ LES VOILES. RABATTEZ...


Trop tard. Le bruit des voiles déchirées emplirent l'air et firent mal au coeur de Sofia, qui quitta la proue de son navire du regard durant quelques instants. Il y eut des cris, et des dizaines de paires d'yeux qui la dévisagèrent. Réfléchis, réfléchis vite, Sof' !!

- Lancez leur de l'eau, ça enrayera peut-être leur mécanisme ! Préparez du sable pour le cas où l'eau ne marcherait pas ! (Elle saisit un tuyau de communication et gueula dedans) Troisième équipe, je vous veux sur le pont ! Il y a des voiles à recoudre ! (Puis de nouveau, s'adressant aux gens sur le pont) Protégez-vous les yeux ! Je ne veux pas que vous soyez aveuglés !! Iola ! Tu restes me guider ou tu fais de la couture ?



Ses hommes s'organisèrent aussi vite que possible ; deux d'entre eux saisirent les deux lances à eau qui servaient habituellement à nettoyer le pont ; une chaîne se forma avec des seaux, entre la pompe et les cordages en hauteur, pour arroser les oiseaux les plus hauts.

La troisième équipe arriva sur le pont avec de quoi rafistoler les voiles - deux hommes portaient même une nouvelle voile, encore roulée, juste au cas où.
Sofia de Belmonte
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Iola McAllister
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Iola McAllister
Dim 22 Juin - 23:34
Comme si ces crénons d'éclairs n'étaient pas suffisants, voilà qu'on leur envoyait des piafs mécaniques! Elle devina l'impact sur les voiles avant de le voir et de l'entendre. Par les Neuf Enfers!

Elle se sentit impuissante et pour une fois, peut-être pour la première fois de sa longue vie, elle souhaita un pouvoir plus utile que le sien lorsque les voiles déchirées s'affaissèrent sur le pont en dépit de sa promptitude à participer aux manœuvres.

Ce fut alors que le capitaine de Belonte lui donna sans le savoir la réponse à la question qu'il allait lui poser plus tard... Elle chercha l'eau évoquée du regard autant que de ses sens.
Pas de place pour la pudeur cette fois, il y allait de leur survie à tous: se ruant vers les seaux que les marins ramenaient, elle plongea les mains dans l'un d'entre eux et en retira une sphère liquide de la taille d'un melon qu'elle dirigea avec une célérité presque difficile à distinguer vers un des oiseaux-pièges. Immédiatement, le projectile d'eau fusa en direction de l'oiseau et le heurta de plein fouet, plus rapide et précis que si le seau avait été jeté au jugé. Avant même d'avoir eut le temps de compter jusqu'à trois, elle répéta l'opération encore, et encore et encore, frappant toujours au plus juste.
La manœuvre voyait pleuvoir sur le pont les automates volatiles, déstabilisés par le choc et le contact de l'eau, mais encore en mouvement dans l'ensemble. Un léger voile se sueur luisant sur son visage, et sans relâcher l'effort, la Kelpie héla un marin.

- Écrases-les, ne les laisses pas s'envoler à nouveau, sans quoi nous n'en sortirons pas!

Mais la nuée était nombreuse et les efforts d'Iola n'atteignait leur cible qu'au coup par coup. Des yeux, elle chercha un nuage assez important et pria tous les Dieux de lui accorder assez de force pour tenter un usage de son pouvoir qu'elle n'avait jamais entrepris.
Elle ferma les yeux et se concentra sur la moindre forme liquide aux alentours, appelant à elle toute l'eau qu'elle pouvait rassembler. Quelques gouttes de sueur se détachèrent de son front pour rejoindre une sphère liquide d'une taille imposante qui appelait à elle la moindre source liquide présente sur le pont. En quelques instants, Iola avait rassemblé un "canal" liquide respectable. Elle n'ouvrit les yeux que pour viser la nuée et joignant le geste à la force de ses pensées, dirigea les flots vers le nuage de nuisibles, y mettant toute l'énergie de sa volonté dopée à l'adrénaline.

Une telle démonstration de son pouvoir aurait été inimaginable dans un autre contexte, mais elle avait promis au capitaine de Belmonte d'amener le Compass à bon port.
Et pour ce faire, elle ne reculerait pas devant les sacrifices.
Simple question d'honneur.
Iola McAllister
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Narrateur
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Lun 23 Juin - 0:38
L'attaque de Iola fut un succès. Les quelques oiseaux mécaniques restant encore dans les environs du Compass décidèrent de s'attaquer aux autres navires. L'équipage eut donc le champ libre pour pouvoir repartir, après avoir reprisé au mieux les voiles.

Le reste de la course fut plus calme, comme si l'organisateur avait décidé de mettre toute la pression dès le début. Ce qui avait déjà pas mal réussi. Les participants n'étaient plus qu'une poignée de cinq navires. Les autres avaient subi bien trop d'avaries pour pouvoir continuer.

L'arrivée se présenta aux yeux du Compass. Elle se trouvait là à quelques mètres, symbolisée par une belle banderole tendue entre les mats de deux navires assez éloignés l'un de l'autre pour laisser passer facilement UN navire. Le sprint final promettait d'être tendu.

Citation :
Ultime étape, les filles. Jouez cela comme vous le voulez, au feeling ou aux dés pour tenter le hasard.Après ça la quête sera terminée !


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Sofia de Belmonte
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Sofia de Belmonte
Ven 27 Juin - 21:12

Chacun se donnait à fond dans l'éradication de la menace qui perçait les voiles du navires. Et le travail d'équipe paya rapidement, car les oiseaux s'en allèrent percer d'autres voiles. Parfait ! Sofia hurlait ses ordres, se dirigeant seule. Iola s'occupait des derniers automates, Oeil d'Étain de repriser les voiles en hauteur - capable d'être à l'aise même la tête en bas, sa souplesse l'aidait à atteindre les endroits les moins accessibles pour les repriser le plus vite possible.

Il fallut finalement très peu de temps pour que le Flyin Compass se remette à fonctionner à 100% de ses capacités. Dès que ce fut le cas, la capitaine ordonna un changement d'équipe, afin que ceux qui avaient du combattre puissent aller prendre du repos pour se remettre de leurs émotions - la seconde équipe, fraiche et dispose, était certes restée sur le qui vive durant l'attaque, mais serait bien moins dissipée que la première. Étain, comme toujours, refusa de quitter son poste - il était plus têtu encore que son Capitaine, et Sofia n'essaya même pas de parlementer pour le convaincre d'aller simplement prendre quelque chose à boire. Iola, quant à elle, n'eut pas le choix, et dut s'enfermer quelque temps dans la cabine qui lui était réservée. Si elle avait besoin de quoi que ce soit, il lui suffirait de le demander par l'un des tuyaux de communication. Mais Sofia avait été stricte : elle devait prendre au moins une heure de repos.

Peut-être était-ce parce que De Belmonte n'aimait pas la magie, et que les pouvoirs de la kelpie l'avait mise, un instant, très mal à l'aise. Bien entendu, ce pouvoir les avait grandement aidés, pour ne pas dire "sauvés"... Peut-être, au contraire, que Sofia pensait que cette utilisation de la magie l'avait épuisée, et que Iola devait prendre du repos à tous prix.

Quoi qu'il en soit, les effectifs étaient toujours justes, et le Flyin Compass n'allait pas naviguer seul. Sofia ordonna de ne pas pousser les machines à fond - pas encore ! - préférant surveiller les pièges qui pourraient les attendre encore, durant cette course. Le navire prit une vitesse de croisière qui lui permit de combler son retard et de creuser l'écart entre elle et le reste de la course. Il n'y avait rien à signaler, et Sofia trouvait ça tellement louche qu'elle jouait la prudence, encore et encore. Même quand la ligne d'arrivée fut visible, elle scruta l'horizon, ordonna à Étain de vérifier qu'il n'y avait pas quelque chose - ou quelqu'un - sur les navires qui chercheraient à les nuire. Ce à quoi son vigie répondit :

- Mais bordel, Capitaine ! Il n'y a RIEN. Donne l'ordre de foncer, pour l'amour de Dieu et de toutes ses putains !

Après un dernier regard vers le ciel, l'horizon, Sofia donna l'ordre de foncer. Sans état d'âme, elle frôla suffisamment le navire devant elle pour l'obliger à dévier sa trajectoire, passant à la seconde place. Les moteurs faisaient un bruit incroyable - sans doute y prêtait-elle trop attention aussi - et elle voyait l'écart entre le Compass et le premier se réduire de plus en plus.

- Allez !! Il faut donner notre maximum, MAINTENANT.

Sa voix était grondante, presque bestiale. Sofia voulait gagner, maintenant qu'elle était sûre que personne ne courait le moindre danger. Tout le monde se donnait à fond, gagné par cette passion dévorante, ce besoin de gagner : la victoire leur assurerait des réjouissances pour le soir, et peut-être même pour quelques jours ! Sofia, elle, voulait se prouver à elle-même qu'une fois de plus, une femme pouvait accomplir bien plus que certains hommes. Elle se pencha en avant, sur sa roue de navigation, comme si cela pouvait faire la différence dans la vitesse de son navire.


Sofia de Belmonte
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Iola McAllister
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Iola McAllister
Sam 28 Juin - 13:56
On ne pouvait pas dire que la navigatrice était heureuse. Enfermée à double tour dans la cabine, elle n'avait pas même prit la peine d'ouvrir les rideaux tirés ou d'allumer une lampe. Assise sur sa couchette, elle ruminait.
Ce qui aurait pu être reçu comme un égard par n'importe quel autre marin avait pour elle le goût amer d'une mise de côté.

Elle avait croisé le regard du capitaine, un bref instant. Mais cela avait été suffisant pour y lire ce qu'elle avait déjà lu dans trop de regards jusqu'à présent.
Deux choses l'atteignaient de plein fouet lorsque par absence de choix ou sous la contrainte, elle révélait son don: la convoitise et le dégoût. Les deux attitudes les plus courantes.
Ce n'était pas la convoitise qu'elle avait lu dans les yeux du capitaine de Belmonte.

Rageusement, elle envoya valser le premier objet qui lui tomba sous la main -en l’occurrence son outre d'eau-. Quelle imbécile! Pour une fois qu'elle était acceptée sur un navire, il fallait qu'elle gâche tout!

Minute... Elle n'avait pas pu faire autrement. Et son intervention avait contribué à sauver le Flyin Compass! Mais s'en persuader ne rendait pas son ressenti moins amer...

Une part d'elle avait hâte que la course se termine pour quitter ce navire au plus vite. Elle laisserait sa solde, ne se ferait pas remarquer. Au premier port, elle irait se noyer dans la foule, reprendre un nouveau navire -n'importe lequel, pour n'importe où-, et même si une tempête devait le couler corps et biens, il était hors de question qu'elle utilise ne serait qu'une seule fois son pouvoir!

Par ses propres yeux, elle se voyait comme un monstre, mais se voir perçue ainsi par d'autres, même en silence, même sans un commentaire était plus blessant qu'une attaque directe.

De Belmonte l'avait consignée, mais un relent de colère la poussa à se lever et à quitter la cabine.
Victoire ou défaite, elle voulait voir ce pourquoi elle avait pris le risque de perdre sa place et l'estime d'un équipage.

Quittant ses quartiers, elle ignora superbement les regards des marins et celui du capitaine et alla se porter en proue.
Oh, qu'ils ne s'inquiètent pas, elle ne comptait pas les envahir longtemps! Mais elle voulait vivre la fin de cette course et estimait en avoir le droit.

L'écart entre le Compass et son rival s'amenuisait lentement mais sûrement, mais la ligne d'arrivée se rapprochait également...

Par ma mère la Terre, et par tous les dieux des océans... On y est presque!
Si elle avait pu pousser le Compass à aller plus vite par la force de son esprit, le bateau aurait gagné en un clin d’œil la distance qui pouvait faire la différence.
Mais les choses se passaient autrement. L'écart entre les navires recommença à croître lorsque le Compass dépassa son rival de quelques coudées. Agrippée au bastingage à s'en blanchir les phalanges, Iola ne perdait pas une miette des dernières minutes de la course.
Ils étaient sur la bonne voie.

Allez, allez allez...

Le Compass dévora les derniers mètres qui le séparait de la victoire et rompit le ruban avec un crissement soyeux. Aucun son ne lui avait semblé si doux depuis longtemps!

Toutefois, si l'équipage s'abandonna à une explosion de joie, Iola s'en tint à une expression soulagée et une certaine gravité.
Ils avaient gagné. Elle avait tenu sa promesse.

Bien. Plus rien ne la retenait à présent.
En silence et sans regarder personne, elle fit demi-tour en direction de la cabine pour récupérer ses maigres biens et mettre pied à terre dès l'amarrage du Compass.

Plus vite elle partirait, mieux cela vaudrait.
Iola McAllister
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Narrateur
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Sam 28 Juin - 14:43




Codage par Narja pour Never Utopia


L'organisateur de la course grimaça. Il n'avait pas prévu que quelqu'un gagne. En fait avec tous les pièges qu'il avait posté en début de course, il avait espérer éliminer tous les participants. Et ainsi conserver tous les prix qu'il avait mis en jeu. Oh il avait eu un favori, et si gagnant il y avait, il avait espéré que ce soit lui. Mais le Flyin Compass avait été un redoutable adversaire, et le favori se retrouvait second.

Mais c'est avec un grand sourire qu'il accueillit le gagnant, serrant d'une poigne ferme la main du capitaine De Belmonte. La remise se déroulait sur le pont même du Flyin Compass.

« Mon cher, votre prestation m'a bluffé. Vous méritez votre place au sein des corsaires. »

Il salua tout l'équipage et, à Iola, lui fit un baise-main.

« Quant à vous Madame vous avez su nous surprendre. J'espère que les récompenses vous plairont. »

Après avoir offert les prix, l'homme se dirigea vers le reste du podium, laissant donc à Sofia et Iola le soin de découvrir leurs prix.

Citation :
Vous avez terminé la quête ! En plus d'une somme sonnante et trébuchante (de quoi tenir un bon mois), vous repartez chacune avec un lot.

Iola hérite d'une corne de brume qui permet de dissiper le brouillard. Pratique lorsqu'on navigue. Quant à Sofia, elle a désormais en sa possession une corde magique qui se noue/dénoue sur ordre de son propriétaire. Autrement dit, seule Sofia peut donner des ordres à la corde. Je vous laisse poster une dernière fois pour conclure. Merci d'avoir participé !


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Sofia de Belmonte
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Sofia de Belmonte
Sam 28 Juin - 22:36

Iola était partie en colère, mais c'était le cadet des soucis de Sofia pour le moment. De toute façon, très rapidement, elle sortit de la cabine pour se poster à la proue. Inutile de lui donner l'ordre de retourner s'enfermer, elle semblait au moins aussi têtue que la Capitaine.

Tout le monde avait le regard rivé sur le ruban, sauf Sofia. Trop habituée à traquer des pirates, des êtres manquant d'honneur, elle s'attendait à être poignardée dans le dos au dernier moment. Ce n'est qu'une fois que les acclamations emplirent l'air que son regard azur se dirigea vers le ruban qui coulait de part et d'autre de la proue du Compass. Et enfin, un frisson d'excitation lui parcourut l'échine, et elle se laissa aller à un sourire réellement ravi, les yeux brillants d'émotion. André, son capitaine en second, bondit et lui donna une grande claque dans le dos. Partout, sur le navire, les hommes hurlaient, dansaient. Nul doute que sur la route du retour, l'alcool coulerait à flots, et Sofia ne pouvait les en blâmer - elle-même s'autoriserait peut-être un léger excès.

Tous ses hommes étaient au garde à vous durant la remise des prix - il y eut quelques rires admiratifs face à la taille du coffre d'or - et Sofia accepta le tout avec un hochement de tête solennel, le visage fermé. Le plein de carburant - puis d'alcool et de nourriture fut fait pendant que Sofia comptait leur nouveau trésor. Les deux tiers de cet énorme trésor allait dans les coffres du Compass, couvrant toutes les dépenses de réparation, d'entretien, de réserves de nourriture, mais aussi le salaire de ses matelots... Le reste fut séparé en 45 parts égales, représentant l'une des plus belles soldes qu'ils n'avaient jamais touchées. Sofia avait fini de tout empaqueter dans des bourses quand le Flyin Compass quitta son quai d'Emerald pour regagner un port en Amérique du Nord. André était aux commandes, et comme elle était dans le bureau qui servait normalement de cabine à Iola, elle se demanda où était la navigatrice.

La nuit tomba assez rapidement, et il ne restait que quelques heures de vol pour regagner les États-Unis. Pourtant, quelques torches protégées furent allumées, des tables improvisées, et ceux qui perdirent à la courte paille furent ceux qui devaient absolument rester sobre pour continuer à diriger le navire. Les autres s'en donnèrent à coeur joie ! Même Sofia, pourtant d'habitude réservée, se joignit au sentiment de joie général, buvant (avec modération) et mangeant à s'en faire éclater la panse. Les commentaires allaient bon train, et elle écouta la version de plus en plus exagéré de la course. Sa choppe à la main, Sofia finit par regarder autour d'elle ; là, à la proue, elle la vit, celle qui manquait aux conversations, même si ses exploits étaient souvent relatés dans la conversation. Le Capitaine se leva, remplit deux choppes et une assiette, et s'arrêta à une distance respectable de la navigatrice :

- Vous ne vous joignez pas à nous, Iola ? C'est dommage... A moins que vous ne soyez impatiente de nous quitter ?
Sofia de Belmonte
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Iola McAllister
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Iola McAllister
Dim 29 Juin - 9:22
La remise des prix était un moment qu'elle aurait pu attendre avec impatience, recevoir avec fierté. Mais la vérité était autre, et la Kelpie n'était pas à l'aise. Sa colère et sa frustration étaient vaguement retombées, mais pas son sentiment d'isolement et de solitude.
Ce sentiment l'accompagnait depuis tellement longtemps qu'il commençait à faire partie d'elle. Ni humaine, ni Kelpie, elle était quelque chose entre les deux, un lien entre deux mondes, qui n'avait sa place dans aucun.

Elle fut donc d'un silence remarquable tout le temps que dura la remise des prix, acceptant avec une étonnante humilité le cadeau qui lui fut décerné, et se pliant avec une certaine grâce aux usages que lui valait son statut féminin, elle qui en temps normal ne goûtait pourtant pas au baise-main.

Pour une fois, cela lui donnait la sensation d'être ordinaire. Un état qu'elle aurait aimé pouvoir connaître un jour.

***

La fête sur le Compass lui semblait lointaine. Même si elle s'était retrouvée au cœur de cet heureux rassemblement, elle aurait conservé la sensation de ne pas être à sa place -si tant est que "sa place" eut été quelque part-. Une certaine lassitude pesait sur ses épaules, résultat d'un schéma bien trop répété: d'une manière ou d'une autre, les choses se terminaient toujours ainsi, par sa fuite en avant vers une situation qu'elle espérait différente. La sensation de vivre une boucle sans fin commençait à la faire ployer, et elle était loin d'afficher son assurance et sa morgue habituelle lorsque de De Belonte vint à sa rencontre.
Un affront aux bonnes moeurs, elle ne bougea pas à son approche, moins par insolence que par dépit, préférant ne pas croiser le regard du capitaine. Si elle le dégoûtait, lui, il n'imaginait pas ce qu'elle pouvait s'inspirer à elle-même...

Mais la phrase de son employeur la fit tiquer, la laissant entre plusieurs attitudes contradictoires. Sur ses genoux reposait la corne de brume, qu'elle serrait entre ses paumes, sans lâcher du regard un point fixe dans le vide. Puis doucement, sans se retourner, elle lui répondit.

- Nous sommes je pense des adultes lucides vous et moi, autant ne pas nous mentir. J'ai vu l'expression que vous aviez une fois que j'ai eue fait démonstration de mon... "don". Et je comprends si cela peut vous rassurer, je ne vous en blâme pas. Vous n'êtes pas le premier, j'espère juste que vous serez le dernier...
Si je puis vous demander un unique service, au nom de notre bonne entente jusqu'alors: n'en dite rien hors du Compass, ne parlez pas de moi à d'autres. J'aimerais rester Iola McAllister, la navigatrice, sans devenir Iola, le monstre de foire...


Après un court instant, elle reprit.

- Ce que je suis touche trop de tabous, et je crains qu'être une femme ne soit une circonstance aggravante aux yeux de beaucoup. Sur ce point, je tenais à vous remercier d'ailleurs, de m'avoir traitée sans préjugés.

Elle soupira imperceptiblement, essayant de garder une certaine dignité. Le ton même de sa voix était calme et maîtrisé, mais laissait bien malgré elle filtrer une pointe de tristesse. Sa prière avait un relent de vécu, et sans y penser, elle se mit à serrer un objet dissimulé dans son col. Dépouillée de son orgueil presque arrogant, elle semblait terriblement humaine, faillible, fragile. Et éprouvée.
Avec un sourire un peu amer, elle ajouta sans quitter le vide des yeux.

- Vous êtes un bon capitaine, et le Compass a un équipage vraiment unique. De vous à moi, je vous regretterai.

Elle avait connu des centaines de navires et autant de capitaines, côtoyé toutes sorte de matelots, et jamais jusqu'à présent, elle n'avait eue la sensation de trouver une place quelque part... pour la perdre aussitôt. Et sa tendance à la franchise voulait qu'elle l'exprime, bien qu'elle craignit par la suite que cette confidence ne soit mal comprise ou mal reçue.
C'était égal finalement, tout avait basculé trop vite.

Que n'aurait-elle pas donné en cet instant pour n'être qu'une simple humaine tout ce qu'il y avait de plus normale...
Iola McAllister
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Sofia de Belmonte
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Sofia de Belmonte
Dim 6 Juil - 0:36

Sofia prit les paroles de Iola comme une sorte d'invitation à venir s'installer plus près. Bien que la navigatrice tint la corne de brume des deux mains, le Capitaine posa une chope près d'elle, et l'assiette garnie entre elles deux. Ensuite ? Sofia ne pouvait pas ouvertement dévisager Iola, afin de ne pas la gêner davantage, et préféra donc s'accouder dos au bastingage, observant ses hommes faire la fête un peu plus loin. Elle la laissa parler, ne sachant pas tout à fait quoi dire. Sofia devait-elle se justifier ? Pas du tout, c'était l'avantage d'être le grand chef à bord. Pourtant...

- Je n'aime pas la magie. Trop imprévisible. Trop incontrôlable. Trop aléatoire. Et trop peu de moyens non magiques de s'en protéger, rendant un combat loin d'être équitable. Cependant... Votre "don", comme vous dites, nous a sûrement sauvé la mise.

Et elle comprenait aussi, maintenant, ce qui faisait la renommée de Iola. Sofia but une lampée de sa choppe avant de reprendre :

- Vous avez mal pris le fait que je vous congédie. J'ai sans doute imaginé que vous pourriez être épuisée par ce que vous aviez fait.

Et Sofia ne comptait pas présenter ses excuses. Après tout Iola ne lui avait pas parlé de sa faculté si spéciale, même si le capitaine comprenait pourquoi elle ne l'avait pas fait. Il n'empêche qu'elle avait du improviser pour quelque chose qui devait être planifié du début à la fin, et se dérouler presque sans accrochage. Que se serait-il passé si Iola avait perdu le contrôle ? Sofia ne lui aurait jamais pardonné, c'était évident. Et elle l'aurait démolie, à hauteur des dégâts que son équipage et son vaisseau auraient subis. Mais tout s'était bien passé, alors pourquoi Sofia ressassait-elle autant ? A son tour, elle soupira.

- Nous formons un équipage unique sur plusieurs points. Mes hommes sont honnêtes et loyaux. Tout le monde à ses petits secrets, ici, et je n'oblige personne à les révéler... Sauf si ça peut mettre en danger quelqu'un. Je ne vous parlerai pas des capacités spéciales de chacun d'entre eux, mais je sais tout de chacun de mes hommes. Les origines de chacun m'importent peu : ce sont les compétences qui comptent à mes yeux. Je fais un travail difficile, et j'exige beaucoup de ceux qui veulent être engagés. Je dois avoir une confiance aveugle en ceux avec qui je fais équipe. Ils le savent, et cette confiance, ce code d'honneur tacite entre nous, nous rend plus fort.

Sofia vida sa chope, et en regarda le fond :

- Je parle trop. Cette bière doit être plus alcoolisée que ce qu'on boit d'habitude...

Elle leva un sourcil en se rendant compte avoir fait ce constat à voix haute. D'un coup de reins, Sofia quitta l'appui du bastingage et regarda Iola droit dans les yeux.

- La prochaine fois que vous travaillerez à bord, n'oubliez pas ce que je vous ai dit, Lady McAllister. Je me fiche que vous soyez une femme, je ne suis intéressée que par vos compétences et liée à vous par une confiance qui se doit d'être réciproque. Il y a des gens qui sont dignes de votre confiance. Mais si cela peut définitivement vous rassurer : personne ici ne trahira votre secret. Et je n'ai même pas besoin de demander à mon équipage si quelqu'un vous vendra. Allez donc vous amuser, tant que vous pouvez. Aucun d'entre eux n'aura de geste déplacé à votre égard.
Sofia de Belmonte
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Iola McAllister
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Iola McAllister
Dim 6 Juil - 16:00
La réponse du capitaine la surprit agréablement. Même sachant De Belmonte... différent de la plupart de ses prédécesseurs dans la liste de ses employeurs, elle n'avait pas osé spéculer sur ses intentions, et était simplement partie du principe que sa présence était indésirable. A ce compte-là, même si le capitaine ne l'avait pas congédiée, elle serait partie.
Cependant, la conversation prenait un tour inattendu. Pas la vindicte habituelle d'un homme lésé, mais cela, elle s'y attendait un peu. Ce qu'elle n'attendait pas en revanche, c'était de voir son employeur s'expliquer.

Elle se retourna et lui accorda un regard sincèrement étonné. A la lointaine lueur de la fête et celle plus tamisée de la lune, une certaine candeur se reflétait dans son regard, l'ombre d'un espoir peut-être...? Il ne la condamnait pas d'entrée de jeu.
L'expression presque enfantine de son visage se dissipa rapidement et un sourire calme vint la remplacer, alors qu'elle contemplait la corne posée sur son giron, n'osant pas relever les yeux pour l'instant, moins par timidité que par crainte de trop en montrer. Mais son regard brillait de gratitude.

- Je comprends. Mieux que vous ne le pensez. Pour être honnête avec vous, malgré ce que je suis, je n'aime pas tellement la magie. Mais je ne peux pas la renier, elle fait partie de moi. C'est mon fardeau...

Elle se mordit la lèvre, consciente que pour une fois, avoir dissimulé sa vraie nature l'avait probablement plus desservie qu'autre chose, mais enfin...? Pouvait-elle malgré tout prendre le risque de dire la vérité à De Belonte? Une part d'elle brûlait de le faire.

Et l'expérience lui revint comme une gifle.
Et que crois-tu qu'il fera quand il saura? Et même si ce n'est pas lui, tu croiseras un jour la route de quelqu'un qui te vendra sans vergogne, c'est vraiment ce que tu veux? Retomber dans la servitude?

Elle secoua la tête pour elle-même et soupira légèrement, ayant perdu une part de la flamme qui l'animait précédemment.

- Je vous remercie pour cette attention... Sur l'instant, j'ai simplement pensé que vous ne vouliez plus m'avoir sous les yeux. Vous n'imaginez pas combien c'est une réaction courante...

Sa manière à elle de faire un pas vers lui: elle voulait lui montrer qu'elle le croyait.
La kelpie avait posé sa corne près d'elle, sans toucher la bière ni la nourriture, absorbée par la conversation. Et doucement, elle avait ramené ses jambes contre elle, appuyant son menton sur ses genoux.

- Ce que vous décrivez ressemble à une famille. J'avoue ne pas bien connaître cela. Je vais d'équipages en équipages, pour un voyage ou deux en général, je me contente d'être efficace, d'essayer d'être la meilleure. Sans m'attarder nulle part...

Elle tourna légèrement la tête, de manière à croiser le regard de Belmonte, braquant sur lui deux pupilles d'un vert tendre qui exprimaient une parfaite sincérité et une certaine gravité.

-... Mais je peux vous assurer sur ma vie et sur mon âme que je ne mettrai aucun équipage en danger en faisant quoi que ce soit d'inconsidéré. C'est difficile à comprendre, même pour moi, mais ce "talent" fait parti de moi. Cela m'est aussi naturel que marcher, nager, respirer. Je...

Elle s'interrompit, et détourna le regard par crainte de trop en dire.

- Je ne ferai rien qui puisse mettre qui que ce soit en péril. Je n'ai que ma parole à offrir, mais pour moi cela représente beaucoup.

Elle avait finit par prendre la choppe que Sofia avait déposé à son intention et à y tremper les lèvres lorsque cette dernière avouait que les effets de l'alcool lui avait délié la langue. La kelpie tiqua mais ne bouda pas la bière pour autant. Et tout en goûtant la boisson, elle prêta l'oreille aux propos du capitaine.

- Je ne peux pas vous jurer ma fiabilité, car pour ce genre de choses les mots n'ont que peu de valeur, mais je peux vous la prouver si vous m'en laissez l'opportunité. Et je vous remercie, capitaine. Pour votre franchise et pour être... elle sourit ... aussi unique. Voyez cela comme un compliment.
Iola McAllister
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Sofia de Belmonte
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Sofia de Belmonte
Mar 15 Juil - 23:24

Sofia haussa les épaules. Quelque part, elle comprenait Iola. Elle, la kelpie qui devait cacher son don - Sofia qui devait cacher être une femme - et leur peur sans doute commune d'être découvertes. Par contre, elle se permit de rire, d'un rire un peu mauvais :

- Une famille ? Cet équipage ?

Elle avait bien vu où cette camaraderie trop poussée les avait menés. Elle avait failli tous les faire tuer par sa stupide empathie, et une sorte d'instinct maternel qu'elle exécrait à présent. Non, elle était leur chef ; elle avait des devoirs envers eux, c'est vrai, mais c'était surtout eux qui devaient adhérer à sa politique et sa façon de faire. Elle ne serait plus leur amie, même s'ils étaient familiers avec elle : elle était leur capitaine, ils étaient ses subordonnés. Elle ne voulait plus franchir cette frontière, de peur d'en souffrir à nouveau.

Cependant, il y avait quelque chose dans le regard de Iola qui donnait envie à Sofia de lui faire confiance. Comment ne pas faire confiance à une femme qui n'a pas peur d'embarquer au milieu d'hommes sans cacher sa féminité ? Une fois de plus, le regard de la Capitaine se promène sur les formes généreuses qu'elle-même n'aura jamais, à son grand désarroi. L'alcool aidant, la voilà même qui rougit. Heureusement que la pénombre cache (normalement) sa honte ! Sofia détourna la tête et tenta de reprendre contenance :

- Je n'ai pas de poste à pourvoir pour le moment, mais je ferai à nouveau appel à vous, si la situation l'exige. Si vous êtes si sûre de vous vis à vis de votre talent, je devrai le prendre en compte. Il serait impoli de ma part de vous questionner à ce propos plus avant, et surtout avec de l'alcool dans le sang. Mais sachez que vous serez la bienvenue sur ce navire quand vous chercherez du travail et que j'ai la possibilité de vous rémunérer. Ah !

Parlant de cela... Sofia se tourna de nouveau vers Iola, et s'accouda au bastingage - et dire qu'en temps normal, elle était difficile à enivrer... Elle inspira profondément, tranquillement :

- Votre part du butin vous sera donnée quand nous poserons pied à terre, ainsi que votre paye, pour avoir travaillé pour moi. Nous n'avons d'ailleurs par parlé de vos frais... Nous en discuterons plus tard, si vous voulez bien. Allez donc profiter de cette famille, si vous le souhaitez. Mais un bon conseil : ne jouez pas aux cartes contre Étain. Il ne triche pas, il est juste trop bon pour le bien de nos bourses.

Sofia finit de se tourner pour faire face au ciel infini et à la mer de nuage. Elle leva son visage vers les étoiles, remettant d'une main habile son chapeau en place pour qu'il ne la gêne ni ne tombe. Elle soupira, et sans doute se crut-elle seule quand elle murmura, les yeux clos :

- La nuit est splendide, ce soir...
Sofia de Belmonte
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Iola McAllister
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Iola McAllister
Jeu 17 Juil - 7:53
La conversation l'avait détendue et elle écoutait De Belonte presque en confiance.
Presque. Mais compte-tenu de son expérience, c'était plus que ce qu'elle donnait à la plupart des gens... Elle voulait avoir foi en lui. Elle l'avait vu avec son équipage, comme un patriarche, un leader, et un ami.
Cependant, sa phrase sur la question sembla donner à réfléchir au capitaine dont elle cherchait le regard. Le voyant la détailler, elle se sentit rougir et détourna les yeux pour s'absorber dans la contemplation de la ligne d'horizon avec la mine la plus détachée possible...

La nature même de Iola la poussait souvent à jouer la séduction. C'était dans son sang de Kelpie, dans ses veines. Pourtant, il y avait quelques personnes avec qui elle ne voulait pas entrer dans ce jeu, et De Belmonte en faisait parti.

D'abord, ne jamais mélanger travail et plaisir, dans la mesure où elle voulait être reconnue pour ses mérites et compétences et non pour des minauderies.
Ensuite... Ce genre de relations était sans lendemain et impliquait que chacun reprendrait sa route au matin...
Et elle avait un peu trop d'estime pour le capitaine pour le traiter de la sorte... Par ailleurs, pour une fois dans sa vie, elle avait trouvé un bord sur lequel elle aurait aimé retravailler...
Et les mots de De Belmonte lui mirent du baume au cœur. Avec une sincérité étonnante, et un léger sourire, elle lui répondit.

- Je vous remercie infiniment. Ce serait avec plaisir que je retravaillerai avec vous si d'aventure vous avez besoin de main d’œuvre. Et concernant mon talent, peut-être vous en dirais-je plus un jour mais... Pour l'heure, je préfère m'en tenir là. Sachez juste que nul n'a à craindre quoi que ce soit de ma part.

Elle le fixait avec un regard neuf, une expression qui lui était peu commune: d'une juvénilité retrouvée, emplie d'espoir et de reconnaissance. Le regard d'une personne qui trouve un idéal auquel se raccrocher.
A la question des frais, elle sourit.

- Le solde d'un homme d'équipage, rien de plus. C'est le prix de mon travail, je n'ai rien fait d'exceptionnel, croyez-le ou non... Mais vous avez raison, nous aurons le temps d'en reparler.
Vous ne vous joignez pas à la fête?


Elle s'était levée, prête à rejoindre les autres marins pour profiter de la fin de la soirée, et fixait De Belmonte seul, accoudé au bastingage. De là où elle était, il lui tournait le dos, et malgré l'effet de l'alcool, son port était digne et cette image avait quelque chose qui toucha la kelpie. L'ombre d'un nouveau sourire se glissa sur ses lèvres au dernier commentaire de De Belmonte, mais elle n'y répondit pas, tournant discrètement les talons pour rejoindre la fête.

Venait-elle de se faire un ami...?
Iola McAllister
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