[Juin 04] Quand le fer croise la baguette

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Narrateur
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Sam 31 Mai - 13:41



Souterrains, Aube.

Le jour se levait à peine, mais qu’à cela ne tienne : Les rayons du soleil n’atteignaient de toute façon pas les sous-sols de la ville. La seule source de lumière provenait de l’incandescence d’une cigarette que l’on fumait.

Appuyé contre l’un des piliers, Ivan attendait. Il était patient : il savait qu’il était arrivé largement avant l’heure. Il aurait fait mauvais genre que l’instigateur d’une attaque d’androïde arrive en retard, après tout !

Alors il contemplait le plafond, seule couche qui le séparait encore de la surface d’Emerald, où probablement on l’enfermerait s’il apparaissait. Où on le discréditerait. Comme partout ailleurs !

Il était de ceux qui exécraient ce qu’il était devenu, une créature de métal conçue pour le combat au mépris de son humanité. Et il détestait plus encore ceux qui entretenaient l’exclusion dont les androïdes faisaient les frais.

Alors il avait voulu frapper fort, là où ça allait faire mal. Les missives étaient parties d’Emerald même dont il investissait les fondations depuis des semaines. Il avait massivement fait appel à tous les réseaux d’androïdes de sa connaissance, comptant sur le bouche à oreille pour que la rumeur se propage. Emerald, la discrimination et l’élitisme par excellence allait plier face à la force des androïdes !

Ivan allait prouver qu’eux aussi comptaient dans la balance. Et tant pis s’il lui fallait passer par la démonstration de force !

« Bientôt. » murmura-t-il, tandis qu’il exhalait un nuage d’une fumée âcre.

Souterrains, 8h.

Ivan se redressa à l’écoute des premiers échos. Fermement appuyé sur la canne qui les soutenait, lui et sa jambe de métal disloquée, le vétéran garda tête haute lors de l’entrée de ses premiers fidèles. Une moue de sombre satisfaction au visage, il salua chacun d’eux, évoluant parmi les androïdes ou simples partisans avant de se hisser sur la ruine de pierre d’un ancien pilier. Aussitôt, sa voix tonna.

« Amis, androïdes. Je suis heureux de voir que vous avez répondu à mon appel. Je suis Ivan Krouglov ! Tout comme vous, j’ai souffert des années durant des expériences sur mon corps… » De sa canne, il frappa sa jambe métallique qu’il ne ménageait pas. « Des années durant, je n’ai pu avoir ni foyer, ni métier parce que l’on me qualifiait de monstre. Le monde ne nous respecte pas. Bête de foire, créature, démons… ! Il est temps pour nous de nous révéler, de faire la différence ! »

Ivan avait repris ses vieilles habitudes de soldats. D’un pas, il se retrouva au sol et à nouveau, il marchait parmi son groupuscule de pro-androïdes.

« Il n’est plus question de subir ces harcèlements que nous connaissons tous, de se voir condamnés à la pauvreté pour un crime que nous n’avons pas commis. Androïdes, mes frères, je fais appel à vous ! Aujourd’hui nous prendrons le contrôle de cette ville qui nous déteste tant ! »

Sortant un bras de sa cape de voyageur, il désigna le labyrinthe qui s’étendait sous la ville.

« La voilà, notre entrée. Les portes de la ville s’ouvrent à nous ! Maintenant... Je suis prêt à vous écouter. Quelle conduite adopterons-nous ? Les souterrains regorgent des machineries vitales de la ville… Et offrent également des points d’entrée stratégiques. Que dites-vous ? »

Ivan fit un large geste de la main. La révolution avait officiellement débuté et c’est sans peur qu’il s’engouffra dans le plus large des couloirs, réseau principal porteur de bien des promesses.


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Bloody Tee
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Bloody Tee
Dim 1 Juin - 17:33
Les paroles se perdaient si facilement... A tel point que les reflets n'avaient aucun mal à repérer et desceller les rumeurs qui se baladaient au gré du vent, passant d'une bouche à une autre. C'est en ayant intercepté certains ragots que le personnage rouge était arrivé ici, dans les souterrains d'Emerald. Les rumeurs parlaient d'une révolution, d'Androïdes, d'une date bien précise et banale qui se trouvait en juin... Mais qui sait quelles autres informations les reflets pouvaient bien avoir captées au travers de toute leurs fenêtres?

Debout, en chair et en os, Tee était arrivé dans ces souterrains par les reflets mécaniques de certains invités avant de sortir d'une surface assez grande pour le lui permettre. Un discours prenait place, prononcé par un certains Ivan Krouglov; Bloody en enregistrait chaque parcelle, mêlé à la dizaine de partisans. La discrétion n'était pas son fort, mais la pénombre ambiante cachait ses couleurs rougeoyantes et les rendait ternes bien que tout de même encore démarquées du reste. Pour une raison quelconque, il avait aussi enlevé ses lunettes qu'il avait rangées dans son long manteau rouge, peut-être pour que les montures n'attirent pas plus l'attention sur lui.

Il s'était promis de ne pas rater un tel événement, une révolte aussi palpitante ne se reproduirait pas avant quelques temps et Tee aurait trouvé vraiment dommage de ne pas y participer.
Justement, la révolution des androïdes débutait, le chef du mouvement fit un ample geste du bras en commençant à s'enfoncer dans le conduit principal des souterrains, suivit de ses fidèles. Emporté par le discours qu'avait prononcé Ivan, Bloody ne put s'empêcher de répondre en premier tout en marchant dans la petite foule en quête de justice; il avait inspecté la ville et ses profondeurs dès lors que la rumeur d'une révolte commençait à se faire entendre. Sa voix aiguë et cassée résonnait dans le réseau souterrain, elle était forte et souhaitait se faire entendre des autres.

- Si vous tous ici comptez prendre le contrôle d'une telle ville, il faudra jouer de la diversion. Je doute que vous soyez venu les mains vides avec de telles intentions que les vôtres, n'est ce pas ? Si vous avez sur vous des explosifs, nous pourrions attaquer d'ici les fondations de certains bâtiments de la surface ! Une telle explosion enclenchée par une ou deux personnes provoquera une augmentation de la sécurité dans la zone touchée, ouvrant ainsi aux autres les portes aux machineries et autres points vitaux de la surface ! Une nouvelle diversion serait aussi à faire ensuite sur toute la ville pour permettre de brouiller les esprits... Si encore une fois vous avez du matériel, je pourrais m'occuper de propager une certaine panique là-haut... Des petits objets en masse, bruyants ou qui créent je ne sais quoi, pourraient arriver à semer la panique si j'en parsème la surface... Quoi qu'il en soit, je peux m'occuper pour vous de faire une diversion là-haut !

La proposition était exaltée et enjouée, mais cependant simpliste, imprécise et extravagante. Elle comptait évidemment sur le fait que certains fidèles possédaient des explosifs puissants tels que de la nitrocellulose ou du fulmicoton qu'ils auraient préparés pour l'occasion. S'il n'y en avait pas, ce plan serait inutile, il faudrait se rattacher à l'idée d'attaquer les quelques machines qui trônaient dans les souterrains. La seconde partie de l'idée pourrait cependant encore être réalisable, à condition qu'il y ai encore une fois dans le groupe quelques petits objets pouvant être utilisés pour créer une panique générale de masse, au pire des armes à feu, sans quoi la chose ne serait de nouveau pas possible.

Souriant de manière assez contenue et espérant que certains possèdent quelques unes de ces babioles technologiques, Tee regardait ceux qui avaient rejoint l'attaque en attente de réponses. Corps automatisés, personnes aux allures banales, le groupe n'était pas vraiment homogène sans être hétérogène pour autant.

La marche vers la conquête avait débutée, les propositions allaient se faire nombreuses pour lancer l'offensive. Tout en marchant au sein du groupe, Bloody avait de plus en plus de mal à contenir son large sourire amusé.


Debriefing:
 
Bloody Tee
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Dim 1 Juin - 19:23

Venir jusqu'ici n'avait pas été une paire de manches pour Solal.
Non pas qu'aborder l'île flottante était un problème pour un pirate aérien, mais la destination lui avait tiré une grimace amère, et un soupir à fendre l'âme. Il avait glissé un regard en coin à Trappen, faussement agacé. Emerald. Tout ce qu'il détestait à quelques points ramassé en une si petite superficie...
Mais il était là, étouffant un bâillement, les bottes boueuses dans les conduits souterrains de la cité, et comptait bien participer à cette petite revanche bien salée à laquelle on lui proposait de participer. Cela servait à la fois les intérêts de son Capitaine et ... c'était un petit défi. Pour plus de discrétion, le pirate était venu seul à la réunion, trois de ses hommes débarqués à la surface en cas de besoin. Il était un peu plus armé qu'à l'habitude bien qu'il ait troqué son éternel yatagan, peu utile sur des espaces étroits contre une épée courbée plus courte.
Pour un homme du ciel comme lui, les souterrains étaient une lente torture, et c'est pourquoi le persan continuait à penser férocement à des données utiles, terre à terre, outre la petite vasque de rhum qui aidait à apaiser ses nerfs.

Sur le qui-vive, il avait croisé ce qu'il soupçonnait être d'autres partisans de cette joyeuse fête, leur avait adressé un bref signe de tête en guise de salut, avant de s'accouder à une paroi en métal. Un poste en retrait mais qui lui permettait d'écouter, et d'observer à souhait la petite troupe. Androïdes, mais pas que.
Ses prunelles claires croisèrent le regard convaincu du leadeur, reflet d'une vie à piaffer, et alimenter sa vengeance par une succession de regards, de réflexions, d'un déni de son existence. Pas bien difficile d'imaginer sa vie à celui-là.
Et un empaffé aux cheveux d'une drôle de couleur prit la parole.
Solal pencha la tête de côté, et eut un léger sourire, approuvant l'idée, sortant de l'obscurité à son tour.

"- J'ai de la poudre, mais surement pas assez. La diversion est essentielle, on pourrait peut-être faire s'effondrer une partie des souterrains, et ce qu'il y a au dessus. Mais détourner l'attention pour attaquer quoi au final ?
Leur faire peur oui, mais il faut frapper fort, marquer les esprits. Emerald est une cité qui n'arrête pas de jacasser qu'elle est à la pointe du progrès. A mon humble avis, il faut viser leur système de vol, leur ambassade ou les laboratoires. Est-ce que quelqu'un ici sait où seraient leurs salles des machines ? "


Lui aurait parié sur une partie seulement des souterrains, ou au cœur de l'île. Peut-être même à l'extérieur, qui savait ? S'il y avait une ou plusieurs salles de contrôle, sur qu'ils les avaient planqué.
Il fallait faire trembler Emerald. La faire gronder.
Pas suffisamment pour la faire chuter, mais au moins la faire branler.

Debrief :
 
Solal Yarhi
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Peter Davies
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Peter Davies
Dim 1 Juin - 19:29

Par réflexe, Peter Davies gardait sa casquette vissée sur son crâne. Ses cheveux rougeâtres en émergeaient sur les bordures, revêches. Ses yeux luisaient sous la visière qui dissimulait son visage fermé.
Il avait entendu parler de la révolte qui s'apprêtait à gronder à Emerald quelques semaines auparavant. Par des fées, ironiquement. Celles chez qui il se fournissait en poussière. Il était étonnant de constater à quel point les grandes personnes ne prêtaient guère attention à taire les conversations les plus tendancieuses dès lors que les seules oreilles enclines à les entendre se révèlaient être des enfants. Car pour les grandes personnes, les enfants sont des êtres plutôt diminués, dénués de conscience et de réflexion, qui ne comprennent décidément pas grand chose.
Bref. Peter avait entendu. Peter avait hésité. Peter avait décidé.

Et puis... L'instinct peut-être. L'instinct de survie, l'instinct d'envie. Une sorte d’effervescence intérieure, bouillonnante, l'adrénaline, le frisson de l'aventure. Plein de tous ces ingrédients qu'il ne connaissait que trop bien, et auxquels il succombait toujours.
Peter Davies s'était rendu à Emerald, vêtu de culottes courtes, de galoches et d'un veston élimé qui le faisait passer pour n'importe quel fils d'ouvrier. Son visage mangé par sa casquette trop large, il gardait l'oeil alerte et les épaules rentrées. Le souvenir de son premier séjour dans la cité volante le hantait, l'agrippait, comme une vieille brûlure ravivée.


L'enfant oiseau écouta avec une attention vibrante la déclaration véhémente de l'homme à la canne. Il était le seul gamin du lot, et ses efforts pour se grandir demeuraient vains. Certains regards intrigués, compassés parfois, se dardèrent sur lui, et il renfonça encore davantage sa casquette, qui prenait de plus en plus des allures de vrai casque.
Il cherchait des yeux. Quelqu'un. Elle. Il ne la voyait pas. Pourquoi ne brilles-tu pas ? Il faisait noir ici. Éclaire-toi, révèle-toi, je suis surtout venu pour toi. Selene.
Il aperçut, en revanche, Alice Liddle. Son coeur se serra, un trouble passa sur ses traits. Alice, ici ? Elle avait grandi. Elle avait changé. Était-ce possible que... Si c'était vrai, il venait d'obtenir une sacrée revanche sur le damné Duca. Et ses lèvres frémirent d'un petit sourire effronté. Mais Peter restait sur ses gardes. Toujours.

Un drôle de type à la dégaine franchement farfelue s'exprima. Peter sursauta légèrement car l'homme en question se trouvait tout près de lui. Il ne l'avait même pas vu. Un autre homme, à l'allure un peu orientale et plus effacée, répondit, et chaque intervention faisait gonfler son thorax d'avantage, comme si une cocotte minute avait investi ses côtes.
Au terme de la tirade, qui avait inspiré chez lui le plus grand respect – il en tremblait d'excitation – l'enfant oiseau rabattit légèrement sa casquette en arrière et s'avança, claironnant de sa voix à la fois juvénile et impétueuse :

– Je connais pas la salle des machines, je sais juste où est la prison. Mais en tous cas, moi j'aime bien l'idée des feux d'artifice ! Et d'ailleurs... Il fouilla laborieusement dans la poche de son veston, et exposa sa paume gorgée de petits cylindres méchés. Ce sont des pétards ! Je les ai eu grâce... Enfin, peu importe. C'est pas des explosifs, mais ça fait du bruit et de la fumée. M'est avis que les gens d'ici, c'est des sacrés pétochards !

En sa pensée, son idée était une exhibition puissante et convaincante de son génie. Il ne doutait pas de l'effet qu'il saurait provoquer, et n'imaginait même pas qu'on pût ne pas le prendre au sérieux. N'était-il pas le plus malin de tous les sacri-pans ?


Résumé:
 


Peter Davies
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Selene Maeleth
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Selene Maeleth
Dim 1 Juin - 21:33
Apparences, elle n'était qu'apparences.

Vêtue d'un pantalon et d'un pull dans lesquels elle pourrait nager sans problèmes, elle avait vissé sur ses cheveux d'encre une casquette sombre, complétant sa tenue de gamin ouvrier. Elle n'avait rien pu faire pour sa peau palissime et ses grands yeux aux reflets rougeâtre mais le résultat était plutôt convaincant. C'était la deuxième fois qu'elle revenait dans la cité volante cette année, mais cette fois, son but était totalement différent.

C'était au cours de ses errances, alors qu'elle s'était momentanément établie dans une auberge crasseuse, qu'elle avait pour la première fois entendu parler du projet d'Ivan Krouglov. La jeune fille n'avait pas hésité une seconde et avait confié Yohann à une famille trop pauvre pour refuser la somme qu'elle leur proposait. Puis elle s'était envolée vers cette ville qu'elle avait vu brûler, mue par un seul objectif, une seule pensée.

Tu es le seul qui peut me comprendre.

Elle se tenait donc en retrait, cherchant du regard le garçon aux ailes d'oiseaux. Mais au milieu de toutes ces grandes personnes, elle ne le trouvait pas...

Elle n'eut pas le temps de partir à sa recherche, leur leader s'était adressé à eux, bientôt suivi d'un énergumène qu'elle n'eut pas de peine à reconnaître. L'homme aux cheveux rouges n'avait que peu changé depuis leur rencontre au coeur de la ville de porcelaine, et elle pouvait reconnaître que, si son discours était décousu, il contenait quelques pistes intéressantes. Prenant la parole à son tour, un autre homme s'avança et abonda dans son sens, donnant une liste de lieux à attaquer. Voulant intervenir, Selene fit un pas en arrière mais se figea en reconnaissant le troisième intervenant.

Elle se fit violence pour ne pas lui sauter au coup et s'étonna de la force avec laquelle son cœur s'était mis à battre. Après des mois de recherches, elle l'avait enfin retrouvé...

Une fois qu'il cessa de parler, elle s'avança à son tour d'un pas léger, s'arrêta à ses côtés et releva sa propre visière, consciente que la plupart des partisans risquaient d'être surprise d'entendre sa voix et le genre qu'elle trahissait. S'adressant à la cantonade et surtout à leur chef, elle adressa néanmoins un petit sourire à Peter. Un sourire complice, une assure qu'elle l'avait reconnu.

-... la prison. Il nous faut aussi attaquer la prison.

Soudainement intimidée par tous ces regards qui s'étaient posés sur elle, l'enfant reprit d'une voix un peu plus forte :

- Rien ne distraira plus les autorités qu'une fuite de criminels. Et puis, nous trouverons peut-être des alliés potentiels là-bas. Sinon... j'ai sur moi un grand nombre d'allumettes.

Un éclat étrange passa dans son regard alors qu'elle se tournait vers Ivan.

- L'année dernière, une partie de cette cité à brûlé par ma faute. Je ne sais pas si cela vous sera utile... mais je suis prête à mettre mes talents d'incendiaire à votre service.

Elle se tut, baissant la tête. C'était qu'au final, être le centre de l'attention ne lui plaisait que moyennement.
Et donc... ?:
 
Selene Maeleth
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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Dim 1 Juin - 22:23
La lettre était arrivée à point nommée.
Elle ne m'était pas destinée, évidemment, mais Alice ayant tenté d'égorgé deux de ses précédents geôliers parce qu’ils avaient approchés son écuelle trop près, je faisais office de passeur. D'entre tous, j'étais la seule qu'elle acceptait à proximité. Quelque part c'est parce qu'elle était là que j'arrivais encore à ressentir quelque chose.

Voilà quatre mois que nous avions été kidnappées toutes deux dans la jungle aux abords de Tortuga.

J'avais moi aussi hurlé, jappé, vociféré, mordu, rué et craché au visage de Hugues, auteur de ce rapt odieux, commandité de manière surprenante par un vieil ami d'enfance. Le seul que je puisse qualifier "d'ami", en vérité. Survoltée et furieuse contre le monde entier, j'avais repoussé tout contact avec l'oppresseur. Ils m'avaient séparée de ma petite soeur afin de diviser la force de coalition de deux furies. J'ai attendue, persuadée que Papa viendrait me délivrer. Il m'avait retrouvée, j'étais un phare dans sa nuit, jamais il ne m'abandonnerait. Cela me paraissait incongru.
Mon hystérie s'était bientôt muée en fatigue. J'observais à juste titre que la colère était grande consommatrice d'énergie et ma volonté farouche de ne pas me nourrir de ce que pouvait m'offrir ces monstres n'était pas la plus judicieuse des stratégies pour survivre. Néanmoins J'attendais encore, solidement encrée dans cette pensée farouche que Papa ne pouvait pas vivre sans moi.
Ma hargne désespérée avait finie par me quitter, transformée en vide. Un vide abyssale qui me happa goulument. Un vide salutaire, aussi, qui permit à mon intellect de retrouver son trône. Depuis quand mon coeur se substituait-il à ma tête ? Le miroir de la petite chambre où on m'avait installée -confortablement somme toute- m'offrit un spectacle désastreux : J'étais carencée, le visage sec, les teint hâve, les yeux rougis. Mes fins cheveux blonds s'étaient changées en broussailles bien trop longues et ma robe était tâchée et trouée. Je passe outre tout commentaire sur l'odeur pestilentielle de mes effluves corporelles.

Il y avait du laisser-aller.
Je n'était ni faite pour le chagrin , ni pour les émotions vives.

Partie de là, mon pragmatisme retrouvé - ainsi que ma décence capillaire, vestimentaire et hygiénique - les choses allèrent mieux. Docilité et politesse furent mes cartes vers un certain confort. Je n'étais pas plus libre, mais Hugues nous laissait quelques aises, veillant discrètement à ce que nous ne nous échappions pas. Il n'était pas loquace et cela m'arrangeait. Parler m'était devenue étrangement épuisant. Je m'épargnais donc au maximum, Alice étant suffisamment en colère pour deux. Quoi qu'il puisse se jouer entre ma Marraine, mon Corbeau et ces malandrins, je m'en fichais pas mal. Je me fichais à peu prêt de tout.

Sauf D'Alice.

La lettre décachetée contenait une invitation à une rébellion en bonne et due forme pour la cause androïde. Ma petite soeur y vit une occasion de fomenter un plan pour s'échapper. Elle en était à son trente-troisième échafaudage d'évasion rocambolesque. Pas une n'avait encore aboutie. Sa propension à ne jamais baisser les bras avait quelque chose d'étrangement fascinant.

"...Peut-être que ton père y sera aussi, du coup !"

Au milieu de son babillage, cette simple phrase s'était dénudée pour s’offrir crue à moi. Quelque chose au fond de ma carcasse éteinte sembla y réagir. C’est sans doute pour cela que cette fois, je me mis en tête d'aider Alice à réussir...

*****************************************************

Convaincre Hugues n'a pas été une mince affaire. Mais mes quelques mois d'apparente soumission lui ont finalement forcé la main. Ils nous chaperonne, moi et ma petite Alice que j'ai apprêtée comme une adorable poupée pour l'occasion. Nous avons d'avantage l'air de demoiselles se rendant à un bal bras dessus, bras dessous, qu'à un attentat.
Le lieu de rendez-vous est ridiculement typique - Des souterrains, franchement, a-t-on vu plus commun pour ce genre de populace criminelle - et le leader semble démunit de tout plan élaboré. Depuis quand la démocratie est un gage de réussite pour une révolution ? Je vous le demande ! Chacun y va de sa petite explosion, de son petit feu d'artifice...

Diantre que ces pécores m'agacent ! Je ne peux pas laisser les choses en l'état plus longtemps : Mon besoin de rigueur prend le dessus !

Je lâche le bras d'Alice pour rejoindre en quelques pas guindés ce Krouglov. Je toussote pour intimer à la populace vociférante le silence.

- Excusez-moi... Excusez-moi Herr Krouglov, vous semblez particulièrement désorganisé pour un groupe terroriste : aucune connaissance du terrain, pas de plan préétabli, une absence totale de hiérarchie claire. Votre petit puche risque d'aller droit dans le mur. Si je puis me permettre ?

Je m'avance face à la foule d'hommes et de femmes grignotés de métal.

- Vous désirez voir sombrer la ville d'Emerald : Décapitez sa tête. Approchons-nous d'un des dirigeants - ces.. "père fondateurs" c'est cela ?- et tuons-le de manière théâtrale et symbolique pour l'exemple ? Revendiquez le meurtre et vous aurez l'oreille de ses collègues et du monde.

Telle une maitresse d'école parlant à des demeurés, je poursuis.

- Voyons les choses de manière plus pratique à présent : Il me semble, que nous avons parmi nous quelques membres parfaitement humains, sauf votre respect Herr Krouglov. Servons-nous de ceux là pour infiltrer la cité et approcher un "Père Fondateur". Et quel meilleur prétexte pour cela que de leur faire valoir qu'il ont capturé un prisonnier de haut vol, extrêmement disputé par tout ceux qui haïssent les androïdes.

Je bats des cils.

- Vasile Ducas.

Un ange passe, se suicidant contre le mur épais du souterrain, tête la première.

- Peu importe que ce soit lui ou pas, en vérité, car personne -et surtout pas un des fondateurs- ne voudra passer à coté d'une telle opportunité. Une fois dans les murs nous pourront user des souterrains pour que nos comparses investissent les lieux. Ensuite nous pourrons faire exploser tous les feux d'artifices que vous désirez, la cible sera acquise. Ça, Herr Krouglov, c'est un plan. Un plan pertinent.

Je souris poliment.

- Ne me remerciez pas.


Ze cunning plan :
 
Zahnfee V. Edelstein
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Lun 2 Juin - 23:13
Alice était une poupée. Une belle poupée toute enrubannée, vêtue peu commodément pour mener des actes terroristes. Comme bien souvent, l'Androïde se laissait emporter par ses vagues d'émotions, ses impulsions sans demi-mesure. La jeune fille avait éclaté de joie quand Zhanfee l'avait aidé à quitter le navire où elles résidaient, de force, depuis des mois. Elle s'était mirée sous toutes les coutures, telle une Cendrillon devant se rendre au bal.

Arrivée dans les souterrains de la ville, face à Ivan, elle avait bu ses mots ainsi que ceux de toute l'assistance. Dans son esprit tous ces êtres étaient là pour la même chose : faire d'Emerald un refuge pour les Androïdes. Car pour quoi d'autre seraient-ils là ? Alice laissa chacun parler à son tour, non sans saluer Peter qu'elle reconnut dans le groupe. Un salut qui s'exprimait par une grande agitation du bras et un immense sourire.

Et comme souvent, quand Zhanfee parla, Alice l'approuva. A grands cris.

— Je peux vous aider pour faire semblant qu'on a Vasile. J'ai vécu longtemps avec lui, je connais ses habitudes, son physique... Au cas où les pères poseraient des questions !

Oui parce que même Alice se doutait que des dirigeants n'étaient pas assez idiots pour croire le premier venu. Ils devaient entendre souvent des gens leur dire qu'ils avaient capturé l'ennemi public n°1.

— Pourquoi ne pas même déguiser un d'entre nous en Vasile ? Vous là, le m'sieur avec le turban (elle pointa du doigt Solal) vous pourriez faire l'affaire. Même si vous êtes bronzé. Peut-être avec du talc comme les grandes dames pour qu'elles soient toutes blanches...

Alice s'était déjà rapproché de Solal. Et sans même lui demander son avis, elle commença à vouloir dénouer le tissu qui lui encerclait le crâne.

— Ah oui vous êtes brun comme lui ! Oh mais il est gros vot' turban ! Y a une fin au moins ?

A force de tirer sur le turban improvisé, la jeune fille se retrouvait débordée. Le tissu enroulait son bras humain, son cou, retombait sur sa tête.On aurait dit un chat qui tentait de se démêler d'une pelote de laine.

Rapide récap' a écrit:
Alice approuve l'idée de miser sur une fausse capture de Vasile. Elle propose même de déguiser Solal en Vasile.
Alice Liddell
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Tinky
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Tinky
Jeu 5 Juin - 4:12
Une frêle silhouette se faufilait entre les personnes, passant pratiquement inaperçu. Tinky avait l'habitude que les personnes ne la remarquent pas, ne portant nullement des vêtements singuliers, se contentant plutôt de vêtements simples et ternes. De plus, sa petite grandeur n'aidait pas à la cause. Heureusement, la jeune femme n'était pas venue ici dans le but de se faire remarquer.

La première voix qui suivit le discours Ivan Krouglov fit sursauter la demoiselle, reconnaissant le timbre de voix ainsi que ses intonations. Un frisson lui parcourra dans un dos alors qu'elle aperçu des mèches rouges entre les diverses têtes présentes. Il n'y avait aucun doute, c'était bien lui. L'orpheline prit de la distance entre elle et cet homme tandis qu'une deuxième personne prit parole. La jeune femme n'écoutait pas vraiment ce qui se disait, plutôt occupée à chercher une certaine personne qu'elle était pratiquement certaine de retrouver ici. Elle n'eut pas à chercher bien longtemps puis sa voix résonna soudainement dans le couloir. Pan.

Elle en oublia complètement l'homme aux cheveux rouges et se dirigea vers la voix. Lorsqu'elle l’aperçu enfin, elle était à deux doigts de lui sauter dessus lorsqu'une enfant le salue discrètement d'un sourire. C'était discret, mais c'était là, et Tinky connaissait ce regard pour l'avoir si longtemps observer dans les yeux d'une certaine Wendy lors de son enfance. Les yeux bleus de Tinky s’assombrit alors qu'elle ralentit le pas, gravant le visage de l'enfant au creux de sa tête. Bien que l'envie de saluer Peter était plus que présente, elle se força pour reporter les salutations. Pas maintenant, ce n'est pas le bon moment.

Le débat s'animait de plus en plus, et la blondinette ne se remit à les écouter lorsque le nom de Vasile Ducas fut prononcé. Vasile Ducas. Les yeux plissés, elle écouta la suite du plan proposé par la femme, puis ce fut au tour d'une jeune femme d'appuyer cette proposition. Docilement, Tinky se rapprocha de la jeune femme, qui soit dit en pensant lui rappelait légèrement Luliana, pour l'aider à se dépendre du foulard sans prononcer un mot. Elle n'avait rien à rajouter à tout cela, préférant plutôt observer comment le cours des choses allait continuer tout en continuant de se montrer discrète.

Blblbl:
 
Tinky
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Laurentius Tempels
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Laurentius Tempels
Jeu 5 Juin - 19:26
Souterrains, dans une temporalité figée, en retard.

« Dépêche-toi, tu sais bien que je ne peux pas tenir longtemps, alors avec un passager, c’est encore pire. » J’halète, mon souffle est court, ma vision se trouble au fur et à mesure que nous remontons les galeries qui infestent cette maudite île volante, je ne suis pas certain d’arriver au bout des tunnels encore éveillé. Il faut faire plus vite, toujours plus vite, mais combiner une décélération du cours normal du temps, combinée à une accélération de mon point de passage et de l’androïde, c’est au-delà de mes moyens. J’ai besoin de plus d’énergie, plus, toujours plus.

Enfin, une troupe, foultitude de corps rafistolés ainsi que de nombreux êtres « normaux », je n’en peux plus, je traverse la masse, toujours accompagné de mon compagnon à la lourde démarche, je frôle des silhouettes qui entrent instantanément dans notre espace confiné du temps avant d’en sortir presque instantanément. Nous sommes des ombres. Des ombres qui se faufilent dans la nasse, mais plus pour bien longtemps, mon rythme cardiaque devient chaotique, mes difficultés à respirer s’empirent, je vais être à court d’énergie très bientôt. Je prends néanmoins la peine de nous amener au plus près d’un homme détaché du reste du groupe, écoutant avec attention, le chef de cette amusante mascarade je suppose.

Dieu, je suis à bout ! Encore bien que c’est à ce morceau de métal ambulant que j’ai confié le transport du matériel, lui, il voyage aux frais de la Princesse, pas une seule embuche sur tout le chemin, aucun effort à fournir. Ah ! Elle est belle la famille. Il faudra tout de même que je pense à vérifier la mécanique du cœur, si elle n’a pas été déréglée par cette petite entrave aux conditions requises à son bon fonctionnement, c’est que c’est de la précision, cet engin.

Je lâche Axentius, le soumettant à nouveau à l’emprise du flux des évènements, pour ma part, je profite de la dernière minute qu’il me reste pour prélever une seringue, dans la doublure de mon long manteau gris, je retrousse une manche, vise une veine sans aucune précaution, l’aiguille s’enfonce lentement, trop lentement, je vois la peau s’incurver, laisser place au morceau de métal effilé, la douleur courir le long de mon bras, je sers les dents, j’injecte le produit, je retire le tout, j’apparais, le bruit de la seringue tombant au sol résonne dans la pièce ; il ne m’en reste plus qu’une.

Je balaye rapidement la salle du regard, rajustant mon éternel chapeau à larges bords, orné de ses sempiternelles plumes blanches, je me racle la gorge, cligne quelques fois des yeux, je prends la parole, m’adressant à ces misérables de manière intelligible, haut et fort, dans un espagnol parfaitement maîtrisé mais dont l’accent laisse largement à désirer. « Veuillez nous excuser, notre vol a eu un léger retard, j’espère que rien d’important n’a été engagé. De toute façon, cela ne servira à rien. »

Je tends une main dans la direction de mon cher frère, avec une remarquable synchronisation, un petit quelque chose d’une bonne dizaine de livres atterrit dans ma paume, j’expire longuement, le soulevant. « Donc. Révolution ? Ou quelque chose dans le genre ? » C’est presque avec amusement que je fais dos à ce que je crois être le leadeur de tout ce beau monde. « Chaos. La seule solution. Et vous avez de la chance car, le monsieur ci-présent et moi-même sommes … Assez doués pour le chaos. Pas besoin de plans tortueux. Et voici l’argument qui prouve que notre idée est de loin supérieure à toutes les vôtres. » Une lourde bourse de cuir retombe au sol à la suite de mon monologue, dévoilant une multitude de pièces en or frappées du sceau d’Hambourg. Je souffle, déjà libéré de ce poids, reste encore celui du « petit quelque chose », qui n’est autre qu’une arme que j’affectionne … Tout particulièrement et qui a la capacité de cracher des flammes de manière assez spectaculaire. Des cliquetis résonnent alors que mon bon ami détache son jouet, pointant une imposante arme de destruction massive des corps d’armée, ses engrenages tournant à plein régime.

L’Allemagne, les enfants, première puissance industrielle mondiale. Et si ce n’est pas le cas, ce le sera prochainement.

En bref:
 

Laurentius Tempels
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Axentius Clemens
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Axentius Clemens
Jeu 5 Juin - 20:50
Thème

Les égouts d’Emerald s’ouvraient sous mes pas, les murs crasseux défilant au rythme de notre marche ; le rythme de mon cœur s’y était accordé naturellement. J’étais en totale et parfaite maîtrise de mon corps, j’en avais conscience comme si ses contours étaient en surbrillance. Dans mes veines, le sang, l’oxygène, la vapeur, je les sentais, je les entendais, leur flux, leur reflux, et leur flux à nouveau. Je n’entendais plus que cela. Plus d’odeurs, plus de sons extérieurs, plus que la conscience de soi. L’expérience était fascinante.


« Dépêche-toi, tu sais bien que je ne peux pas tenir longtemps, alors avec un passager, c’est encore pire. »

Le vieux hibou ne parvint qu’à me sortir de mon état de transe qu’un instant seulement ; il me suffit d’envisager à nouveau l’idée que nous étions tous deux les seuls à avoir conscience de cet instant, que pour chacun des autres êtres vivants de cette planète et de tout ce qu’il pouvait avoir ailleurs, il ne se passerait que l’instant T, l’infiniment petit, qu’on ne distingue pas, pour replonger dans la fascination. Plus grand encore était mon ébahissement face à la désinvolture avec laquelle Laurentius prenait les événements. Certes, on voyait dans son visage un quelque air blasé, comme s’il s’était accoutumé à un tel concept, mais… Nous avions franchi une porte que nul d’autre ne franchira ; chacun peut se cacher dans l’espace, mais nul, ou presque, ne peut se cacher dans le temps. Seul lui. Et ses passagers.

Je relevai soudain le crâne, reprenant une conscience plus aiguë. Tout autour de nous, androïdes et hommes s’étaient mêlés dans un splendide désordre organisé. Nous fendions la foule tandis que ma grande silhouette surplombait un peu tout le monde ; j’eus un sourire en songeant à l’effet que j’allais faire en… Apparaissant. Vêtu d’un haut-de-forme – un peu poussiéreux- comme le font les gens de bien, d’un long manteau et d’un foulard qui me couvrait la bouche et le nez, mon allure était des plus austères ; de longues bottes couvraient mes jambes, remontant jusqu’à mi mollet, et des gants obscurcissaient mes mains. Il s’en fallait de peu pour que l’on n’aperçoive qu’une seule once de ma peau, et il en était bien sûr fait ainsi expressément ; ce n’était pas l’animosité qui manquait dans la cité volante, en particulier contre les individus de mon espèce – ou celle à laquelle je semblais appartenir.

Soudain, arrivés non loin d’un homme qui, devant la foule, semblait vaguement la diriger, mon frère me lâcha pour m’apparaître un mètre plus loin que là où il était censé se trouver si il avait eu la politesse de respecter les lois de la physiques universellement établies ; à nouveau, il avait vécu un instant qui n’avait pas existé. Du bout de mes doigts, je fis descendre la fine étoffe qui me couvrait la mâchoire tandis que l’autre prenait la parole.

« Veuillez nous excuser, notre vol a eu un léger retard, j’espère que rien d’important n’a été engagé. De toute façon, cela ne servira à rien. »

Laurentius me tend la main. J’y dépose son lance-flammes, reprenant conscience soudain de ma mitrailleuse gatling qui pendait à mon flanc.

« Donc. Révolution ? Ou quelque chose dans le genre ? Chaos. La seule solution. Et vous avez de la chance car, le monsieur ci-présent et moi-même sommes … Assez doués pour le chaos. Pas besoin de plans tortueux. Et voici l’argument qui prouve que notre idée est de loin supérieure à toutes les vôtres. »

Nous eûmes un sourire entendu à la vue de la bourse qui venait de s’étaler au sol.

En bref:
 
Axentius Clemens
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Vasile Duca
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Vasile Duca
Sam 7 Juin - 0:08
Dans un recoin sombre, à l'écart des autres, une ombre se tient et se tord les mains. D'extérieur, il n'est qu'un voyageur parmi tant d'autre, calme et silencieux, préférant scruter chaque visage plutôt que d'élever la voix trop tôt, trop vite. Un faible éclat éclaire de temps à autre son bras androïde sous on manteau de voyageur, une justification à lui seul de sa présence en ces souterrains.

La vérité, elle, était tout autre.

Ces longs mois de plénitude et de tranquillité dans le secret de la demeure de Magdalena, au sein même du Pays qui désirait tant sa mort, venaient de prendre fin. Ah ! Lui qui s'était jusqu'alors félicité du tour qu'il leur avait joué, à s'enfuir de leur cachot pour se cacher à la barbe des autorités de la ville, le voilà très embêté.

Il ne pouvait que se féliciter d'avoir consentit à laisser son chapeau de côté, signature indubitable de l'inventeur Chapelier. Au moins l'avait-on simplement prit pour un androïde lambda en le traînant dans cette sombre cave. Les deux quidams, androïdes révoltés qui l'avaient vu errer dans les rues - Fichue malédiction, allait-il un jour pouvoir se promener sans se perdre ? - l'avaient automatiquement prit pour un allié.

Grossière erreur.

Seul au milieu des autres, anti-Emerald, certes, mais surtout Androïdes plus qu'agressifs, même le Chapelier fou avait suffisamment de bon sens pour savoir qu'il n'était pas l'heure pour lui de se faire connaître. Ni maintenant, ni jamais ! Il ajusta donc l'écharpe sur son nez et le manteau sur ses épaules à la mention du nom de Duca. De loin, il visualisa le pauvre Solal se faire assaillir de quelques partisans de cette idée incongrue. Le saint homme.

S'il le pouvait, il le remercierait.

Les politesses allaient devoir attendre néanmoins, car nulle autre qu'Alice se dressait au milieu du groupe. À la simple vue de la fée démoniaque, il se sentait flancher, furieux et paniqué à la fois. Un bref regard en arrière lui indiqua que toute retraite lui était interdite, l'entrée bouchée par nombreuses autres de ses créations belliqueuses.

Dans quoi s'était-il embarqué...?

Récapitulatif:
 
Vasile Duca
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Narrateur
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Sam 7 Juin - 1:16


Un air de sombre satisfaction fleurissait sur le visage d’Ivan. Il la tenait, sa révolution. S’il n’avait pu venir avec autant d’armements qu’il l’avait souhaité, ce déficit se voyait compensé par l’inventaire des roublards qui composaient son « armée ».

Debout au milieu de ses pairs, appuyé sur sa canne, il écoutait. Il laissa à chacun un temps de parole, sachant pertinemment que tous auraient un rôle à jouer. De l’homme aux reflets – quelles capacités fascinantes ! - au garçonnet avec ses pétards. Il avait salué l’idée de ce dernier d’un hochement de tête. Souvent, les plans les plus simples étaient terriblement efficaces, aussi ne sous-estimait-il pas l’enfant.

« Mes amis, je vous ai entendu, tous. Souvenez-vous toutefois que nous ne voulons pas faire exploser la ville. Nous n’y survivrons pas. Beaucoup d’entre vous s’accordent au sujet de diversions… Elles n’ont qu’un but, détourner l’attention le temps que l’on atteigne les points stratégiques de la ville. C’est le contrôle d’Emerald que nous voulons. Vous ! Votre artillerie est un élément de poids dans notre révolution. J’espère que nous pourrons compter sur elle lorsque nous auront à confronter le cœur de la cité. »

Il se tourna ensuite vers Zahnfee, Alice et le pauvre Solal. S’il n’avait pas aimé le ton de la demoiselle, il ne pouvait nier la validité de son plan. Celui-ci avait d’ailleurs fait des émules et déjà, le pirate subissait quelques changements et tiraillement capillaires, en plus de jets de poudres blanches pour le rendre plus ressemblant à l’ignoble Chapelier.

« Pensez comme un fou, traitez votre prochain avec dédain et supériorité et alors peut-être vous arriverez à approcher l’expression constipée qu’aborde constamment cet individu. Ha ! Et qu’on lui trouve un chapeau. J’approuve cette idée. Si notre sortie tourne mal, une négociation nous permettrait de gagner du temps et de trouver une échappatoire. »

Il se détourna ensuite et, d’un signe de main, invita sa troupe de révolutionnaires à le suivre. Claudiquant à son rythme, il s’engagea le long de l’énorme couloir souterrain et tourna à gauche, au bout de celui-ci. Ils débouchèrent alors sur une immense salle des machines. Cadrans en tout genre, soupape, tubes énormes reliés à des réservoirs de vapeur emplissaient la salle. D’un côté, une machinerie de bronze vrombissait, laquelle échappait des volutes de vapeur au milieu d’une cacophonie d’un réseau complexe de rouages en marche. De nombreux levier semblaient contrôler l’ouverture et la fermeture des tuyaux de transport et d’évacuation de la vapeur. De l’autre, trois larges cylindres munis de hublots échappaient une lumière colorée, tantôt verte, rouge, ou jaune. Sur chacun trônait une valve étroitement serrée. Magie et mécanique cohabitaient parfaitement dans le réseau complexe que formait l’énorme machinerie sous-jacente d’Emerald.

D’un bout de sa canne, Ivan tapota un cadran.

« Nombreuses sont les machines telles que celle-ci dans ces souterrains. Vous me parliez de diversion, chacun de ces tuyaux débouchent à la surface… » Un sourire carnassier étira les lèvres du vétéran. « Il y a fort à parier que si nous agissons sur ces choses, la surface tremble suffisamment pour nous permettre d’y percer en toute sécurité. Je vous déconseillerais toutefois de faire exploser quelque chose trop prêt de ces cylindres, je ne pense pas qu’un embrasement des souterrains servirait notre cause. Parfois, un rien suffit pour déclencher de grandes choses ! »

Il s’éloigna en claudiquant des cadrans, laissant aux autres le loisir d’étudier la machine à laquelle il ne connaissait rien, sinon qu’elle ne s’arrêtait jamais !


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Récapitulatif MJ:
 


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Bloody Tee
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Bloody Tee
Sam 7 Juin - 12:17
Ayant écouté toute les réponses et nouvelles propositions, Tee écoutait maintenant maintenant celle du grand chef de cette révolte. Tout les plans lui avaient semblé être bons, même celui des pétards, mais pas celui des grands artifices... Bloody comprenait cette réticence, mais l’absence de grandes explosions le désolait un peu. Le groupe arriva ensuite dans une des salles à machine après une invitation d'Ivan à bouger. Tout en observant l'étrange chose métallique qui occupait la moitié de la salle, Tee écoutait Yvan qui pour sa part parlait de la tuyauterie dont les hublots laissaient paraître des lumières amusantes et colorées.

Que faire alors ? Continuer sur l'idée d'une explosion, suivre l'attaque politique et d'infiltration qu'avait proposé une dame bien autoritaire, faire diversion ? Pour le moment, ses pensées chaviraient entre cette révolution et certaines de ses rencontres qui se présentaient ici, des personnes qu'il n'avait pas vu depuis longtemps. Alors qu'Yvan se traînait de nouveau sur sa canne pour s'éloigner des hublots, le reflet rouge alla chiper les pétards à leur propriétaire sans trop lui laisser le choix, adressant tout de même une forme de remerciement et un petite phrase rapide tout en marchant:

- Ils me seront très utiles...

Quitte à se les faire redemander dans un instant par le gamin qui les possédait, il se dirigeait ensuite vers la seconde personne qui détenait ce qu'il souhaitait, par malheur une de ses rares connaissances ici. Avant d'arriver jusqu'à elle, il s'adressa tout de même à tout le groupe en marchant lentement pour s'expliquer:

- Je n'ai rien à faire ici, je vais m'occuper d'une diversion à la surface le temps que vous sortiez, de toute manière rien d'au-...

Une interrogation venait de lui frapper l'esprit, son regard se portait vers le haut, son sourire disparaissait... Oui, il y avait un meilleur moyen ! Il baissa alors les yeux, souriant de plus belle pour aller rendre presque en sautillant ses armes de destruction massive au gamin. Enjoué, il s'adressa de nouveau à tout le monde, ayant presque oublié celle vers qui il se dirigeait un peu plus tôt. Tee marchait dans une toute autre direction.

- En fait, je resterais auprès de ce "Vasile" et de son escorte ! Il appuya sa main sur un des tuyaux aux amusantes lumières, disparaissant d'un coup dans son reflet sombre, partiellement visible. Je vous suivrais de cette manière dans vos mouvement, discrètement. Si quoi que ce soit venait à arriver, j'interviendrais, et je vous aiderais dans vos déplacements !

Ce n'était à ses yeux pas une mauvaise proposition, un plan de secours si l'infiltration échouait; mais c'était aussi une grande source d'amusement, une jubilation énorme que tout ce qui était à venir allait lui prodiguer...

Récap':
 
Bloody Tee
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Mar 10 Juin - 0:43
Alice était fière. Fière que son idée soit approuvée par le grand chef. Elle l'aimait de plus en plus cet homme. Il avait de la prestance, de belles idées. Alice se demandait tout de même où ils trouveraient un chapeau. Mais qui sait, peut-être que l'un des participants en sortirait un de sous son manteau ?

En attendant un autre défi se présentait à eux. Une obscure machinerie se dressait devant eux. Ivan leur donnait le feu vert pour lui faire subir ce qu'ils souhaitaient. Dans la limite du raisonnable. Sortant un ruban de ses poches, Alice noua ses chevaux. Une chaleur moite se dégageait des tuyaux. Des jets de vapeur filtraient à certains endroits.

Quelle valve choisir ? Personne ne semblant vouloir jouer en premier, Alice choisit celle la plus à droite. La jeune fille grinça des dents en voulant tourner la valve. Celle-ci semblait grippée. Mais l'androïde réussit à la tourner de plusieurs crans. Le tuyau relié à la valve vrombit sous la pression. Alice recula, partagée entre la surprise et la crainte d'avoir fait une bêtise.

— M'sieur... C'est normal ce bruit ?

→ Conséquences de l'action à la surface : voir post MJ des fées.
Alice Liddell
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Laurentius Tempels
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Laurentius Tempels
Mar 10 Juin - 13:56
"Pardon, pardon..!"

M'exprimant en Allemand en oubliant ma présence ici, je m'approchai de l'engin, fendant la foule avec rudesse de ma grande taille. Toute mon attention était désormais sur l'engin de bronze, de vapeur et de magie, aussi beau et bien réglé que la machinerie qui me servait de cœur; ainsi, l'élément central de la cité volante résultait plus ou moins du même algorithme que moi-même. Je m'étais frayé un chemin au devant de l'engin infernal, tentant de contenir mon excitation juvénile mêlée à de l'intérêt scientifique.

Une fillette en robe, accoutrement qui, elle semblait s'en être aperçue elle-même, ne convenait guère à l'entreprise plus ou moins criminelle que nous entreprenions, avait tourné la première vanne, avec une témérité curieuse digne des plus grands scientifiques; on aurait dit moi au même âge, foncant vers un danger certain, un grand sourire au lèvres. Mais je ne lui laisserai pas le plaisir de faire de même aux autres vannes; c'était mon jouet, désormais.

— M'sieur... C'est normal ce bruit ?

Il était certain qu'elle parlait à ce grand dadais de meneur improvisé, mais je me permis de me prendre pour le principal intéressé. Sans savoir si elle avait eu la chance de se voir enseignée la langue de nos mères, je lui répondis.

- Mais oui, mais oui. Allez.

Des deux mains, j'empoignai la première vanne et la tournai avec facilité le plus loin dont il m'était donné la possibilité; sans savoir si elle en était arrivé à son point de rupture ou si ma force avait atteint une quelconque limite, chose fort peu probable, et sans tenir compte du bruit assourdissant qui s'était joint à celui dégagé par la première valve dans une étrange harmonie, je m'occupai de la troisième et dernière, qui vint ajouter à la note terrible un dernier son. La cacophonie était assourdissante, et même moi, je dus me boucher les oreilles; d'une moue approbatrice, je regardai la machine vrombissante en hochant la tête.

Je ne comprenais rien à l'engin ni à ce que je venais de faire, mais c'était une bien belle mécanique, et c'était tout ce qui contait.

Spoiler:
 
Laurentius Tempels
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Sam 14 Juin - 1:10

S'il avait eu ses pistolets à la place des yeux, le Second du Souffle Gris aurait été certain que de la blondinette et l'androïde bien intrépide ne seraient restés qu'un tas de cendre. Pour l'attitude hautaine et du genre "je sais tout" de l'une et cette initiative tout à fait stupide que tout le monde avait approuvé. Bien évidemment. Bonjour Solitude.

" Eh mais ! ... Je n'ai pas !" La suite se perdit.
Tout ça parce qu'il était brun ??! Pour une fois, il aurait souhaité avec des cheveux aussi roux que certaines de ses connaissances... et se fustigea pour avoir pensé pareillement.
Solal avait ouvert la bouche pour protester, hoqueta de rage mais bien vite, il avait à faire avec une Alice empêtrée dans ses foulards. Elle était si petite qu'on aurait dit que l'androïde avait fini noyée sous les couches de tissus. D'un geste rageur, il récupéra son bien et en un noua un à sa taille. Sa marque de fabrique en quelque sorte, même s'il avait cédé un de ses turbans à la petiote Korzha, récompense dûment méritée.
Ses prunelles se plantèrent dans le regard de la blonde, surement allemande vu l'accent, puis dans celui de cette siphonnée trop enthousiaste de gamine avant de pousser un soupir de résolution désespéré à voir le meneur de leur petite troupe approuvé ce plan foireux.

"- Et bien sur, si ça tourne mal je me débrouille tout seul hein... Qui vient se jeter dans la gueule du loup avec moi .... ? "
Le pirate avait plus d'un tour dans son sac, mais se retrouver enfermer sur Emerald lui semblait tout à coup une bonne manière de finir la tête sur le billot et la grimace sur ses lèvres montrait clairement qu'il n'était pas convaincu.
Oh non, il était loin d'être enthousiaste, très loin de là, d'autant qu'en moins de temps qu'il faut pour le dire, il se retrouva pâle comme un mort, à grand renfort de poudre - mais d'où sortaient-elles ça ? - dont il goba une petite quantité sans le vouloir et étouffa un cri de douleur à sentir les doigts froids tirer sur ses tifs. Il ressemblait à un clown endimanché dans un pantalon qui ne lui plaisait pas du tout, et des chaussures trop petites.
Un épouvantail tout blanc aidé d'un drôle de type capable de se fondre dans les reflets... et bien, ça promettait.
S'il aimait biaiser ses ennemis par une ressemblance troublante avec son Capitaine, jamais le pirate n'aurait cru se retrouver attifé comme cela.
Sans savoir à quoi ressemblait le fameux Duca, Solal se doutait que la copie était loin d'être parfaite. Se comporter comme un goujat sans avoir peur de heurter les bonnes mœurs et les sensibilités, ça il savait le faire. Imiter les roumains, ça, c'était bon aussi. Mais se prétendre au dessus des autres. Hm. Ça allait être à travailler un peu plus...
Avec un sourire mauvais, il se tourna vers l'instigatrice de son malheur.
"- Pour le comportement, ça ne devrait pas être trop dur si je prends exemple sur vous, n'est-ce pas ? "
Mais avant d'obtenir une réponse, les autres membres du groupe avaient commencé à tester les valves et un bruit assourdissant emplit le couloir. Les mains sur les oreilles, il hurla.

" - Vous êtes fous ! Vous n'avez jamais touché un mécanisme de votre vie ou quoi ? Espèce d'incapable, Creier de maimuta*"
Le pirate toisait l'inventeur avec un agacement et une colère non feinte. Le côté " vous n'êtes qu'un cafard sous mon talon" venait...
Et sans attendre, il tenta de refermer une des valves. Trop de pression relâchée d'un coup pouvait tout simplement faire exploser le conduit de métal et le faire sauter alors qu'ils étaient encore proches lui semblait une très mauvaise idée.
Par instinct, Solal commençait à reculer légèrement.
Finalement, la surface et les Fondateurs, c'était peut-être mieux.

(*cerveau de singe en roumain xD)


HRP :
 
Solal Yarhi
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Narrateur
Conteur d'histoires
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Dim 15 Juin - 1:48


La machine s’activait maintenant dans de grands « Bang » sonores et résonnants. Ivan regardait, inquiet, la vapeur s’élever des interstices entre les tuyaux et les réservoirs. Ne surchauffait-elle pas ? Était-ce un souci de pression ? Ces gens n’y connaissaient donc absolument rien non plus !

C’est tout de même satisfait qu’il écoutait le tumulte en surface. Des pas de course résonnaient jusqu’aux souterrains, provoquant quelques retombées de poussières de suie et de rouille sur la grande équipée. Quoique les androïdes aient fait, ils semblaient avoir suffisamment secoué la ville pour leur permettre de sortir sans trop avoir à s’inquiéter.

Ne restait qu’à régler le souci de la machine qui ne semblait pas apprécier les variations de pression que lui avait fait subir l’ingénieur. En bon soldat, Ivan prit les devants pour étudier la machine heureusement désamorcée par leur faux Chapelier.

« Vous faites bien. Nous n’aurions pas eu le temps de fuir si cette chose explosait. Mes amis, je crois bien que nous avons créé les diversions dont nous avions besoin. Il ne nous reste qu’à nous frayer un chemin vers la surface… »

Tandis qu’il parlait, un sifflement aiguë s’échappa de l’immense structure de métal... Peut-être n'étaient ils pas tirés d'affaire, finalement ! En surpression, le mécanisme cherchait à rétablir un équilibre dans ses tuyaux et dans un grondement sourd qui fit trembler le sol sous leurs pieds, un passage s’ouvrit à l’autre bout de la salle de machines, déversant un flot d’eau glacée dans un immense réceptacle conduisant l'eau dans un circuit de refroidissement. Le sifflement parut alors momentanément réprimé, le réservoir de vapeur se contentant de trembler sous les yeux des apprentis machinistes.

Ivan, pour sa part, claudiqua vers ce nouveau tunnel ascendant, curieux. Avant qu’il ne formule ses doutes et ses espoirs au sujet de ce nouveau chemin, un explosion secoua le souterrain. Un boulon venait d’être expulsé d’une des plaques de métal tremblant de gauche à droite, sifflant à nouveau à la façon d’une cocotte-minute géante, pour rebondir sur la tête de Bloody Tee. Sans perdre de temps, le meneur androïde scruta le tunnel, discernant les reliefs d’une échelle le long de celui-ci.

« Je crains que nous n’ayons pas le temps de tergiverser. Par ici, tous ! On ne devrait pas être loin du centre ville maintenant. Plus vite ! »

Battant l’air de sa canne, il les fit tous passer dans le tunnel, prenant lui-même la décision de fermer la marche. L’ascension étant lente, quelques-uns restaient encore à l’arrière lorsque la deuxième explosion retentit. Une pluie de boulon et de fractions métalliques s’abattirent sur les retardataires et les vapeurs brûlantes chauffèrent les plus lents. Lorsqu’enfin il débuta son ascension, Ivan sentait une partie de son visage brûlée, couverte d’une longue trace rouge et douloureuse. Deux de ses comparses semblaient souffrir de dégâts similaires, une blondinette aux longs cheveux ainsi qu’un ex Chapelier, entre autre.

Ne restait plus qu’à espérer qu’ils n'allaient pas déboucher au milieu de la milice locale.

[La suite de l'aventure]


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Récapitulatif MJ:
 


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Laurentius Tempels
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Laurentius Tempels
Dim 15 Juin - 11:12
Chaque jour m’offre une raison supplémentaire de mépriser le monde, aussi minime soit-elle, elle s’ajoute, s’inscrit, se grave au plus profond de moi. Aujourd’hui, j’ai appris à détester ceux qui m’ignorent. Tout de même, je suis arrivé avec de quoi largement leur payer à tous une petite maison de ville coquette et à proximité des quartiers bourgeois, mais non. Ils ont laissé mes pièces d’or au sol, sont passés devant moi, comme si je n’existais pas, me laissant tout le loisir de les ramasser. Même Axentius m’a abandonné pour rejoindre cette bande d’incapables aux cerveaux sous-développés et au cœur suffisamment cotonneux, mielleux que pour refuser des intérêts sonnants et trébuchants.

J’étais resté là, seul, agenouillé dans la poussière à recompter chacune des pièces, vérifiant autour de moi s’il n’en manquait aucune, malgré une luminosité exécrable, je m’appliquais à récupérer le compte juste. Peut-être que ceux d’en haut seraient plus sensibles à elles. Quoi que. Emerald n’a pas besoin des richesses d’un membre de la noblesse allemande, elle se suffit à elle-même, la grande, la belle, la puissante Emerald. Un bruit parvint à mes oreilles, long sifflement strident, je me relevai aussi prestement que ce que ma jambe me le permettait. Un mauvais pressentiment, très mauvais. Partir d’ici, vite, ils ne savent pas ce qu’il se passe, ils ont dû faire n’importe quoi, j’aurais dû les suivre plutôt que de récupérer des bout de métal qui ne me servent à rien. Axentius … Et s’il lui arrive quelque chose ?

Marcher à grandes enjambées jusqu’au groupuscule de gens résolus à nous faire tous mourir sous la cité volante, observer l’état des lieux, se glisser dans le couloir que tout le monde semble désirer emprunter, écouter attentivement par-dessus le brouhaha, soupirer de soulagement en reconnaissant un boucan de tous les diables unique en ce bas monde, entre la locomotive et la porte aux gonds mal huilés. Il ne doit pas être bien loin, devant, relativement à l’abri de tout danger, même si ce maudit passage peut se refermer d’un instant à l’autre dans un éboulement qui ne serait que la suite logique des mésaventures de la compagnie des Révolutionnaires Maladroits. Grand Dieu, mon estomac est noué et mon pouls doit être une représentation tout à fait valable du chaos. Que plus rien ne nous empêche de continuer, pitié … De la pitié, si l’Univers en avait une once, seulement …

Un souffle, un grand et puissant souffle remonte le long du couloir, chaud, brûlant, d’épais nuages de vapeurs viennent se perdre contre les murs. Ne pas s’exposer, se faire le plus petit possible. Il ne faut pas regarder en arrière et continuer, tant pis pour les blessés, ils ne voulaient pas travailler à ma façon, ils ne méritent pas ma considération, c’est tout. Qu’ils meurent tous incendiés dans ce qu’ils ont eux-mêmes provoqué, ça ne me concerne plus à partir de maintenant, dès que j’en ai l’occasion, je fiche le camp et je rentre au pays pour relancer la manufacture familiale, on n’a jamais assez d’argent, disait mon père. Je le comprends. Ma tête tourne, on manque sacrément d’air dans le coin, trop nombreux, le tumulte et la panique épuisent plus qu’autre chose, en plus l’atmosphère est lourde avec ce que cette fichue explosion a libéré, c’est presque un calvaire que chaque inspiration.

« Allez, on se dépêche, s’il vous plaît, je n’ai pas spécialement envie de finir ébouillanté ici. » J’arrive malgré tout à en placer une, je suis incorrigible, j’en souris. J’ai parlé instinctivement en allemand, dans la foule agitée, je n’ai pas dû être entendu, mais cela me rassure. L’ironie reste un magnifique moyen pour s’échapper aux griffes de la peur.



En bref:
 
Laurentius Tempels
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