[année 04] Vers une quête ! premiers pas... parfois maladroits.

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Iris Willemer
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Iris Willemer
Sam 7 Juin - 21:54



Des cliquetis, un tas de cliquetis. Partout où elle pouvait poser les yeux, elle trouvait des engrenages. Une quantité infinie de roues tournaient à l’unisson au sein d'un mécanisme géant qui s'étendait autour d'elle. Et ça cliquetais dans tous les sens, provoquant une symphonie métallique au rythme précis.
Iris battit des cils. Ses yeux avaient du mal à s'adapter à l'obscurité dans laquelle elle était. La seule source de lumière se trouvait au dessus d'elle, mais elle était tellement lointaine que sa lumière diffuse n'était pas suffisante pour éclairer toute l'ombre projetée par les engrenages se trouvant entre la source et Iris.
L'instinct souffla à la jeune fille de se retourner, ce qu'elle fit. Là, comme tout droit sortie d'un conte destiné à effrayer les enfants, se trouvaient la personnification la plus commune de la mort : un squelette animé, vêtu d'un grand vêtement noir et ample. Celle-ci, flottante, s'avançait lentement et inexorablement.
Prise d'une terreur sourde, Iris ne bougea pas, figée. Mais la mort ne venait pas pour elle. Quelque part, plus loin, plus bas, se discernait la silhouette d'un enfant. Probablement un garçon. Lorsqu'Iris s'en rendit compte, elle perdit toute notion de danger, reconnaissant son fils en cette silhouette lointaine. Elle courut vers lui, criant, tentant de l'avertir.
Et glissa. Et chuta.

Et se réveilla en sursaut dans sa cabine de train. Haletante, son regard se posa un peu partout dans la petite pièce, jusqu'à ce qu'elle soit certaine d'être seule, et bel et bien en sécurité. Une fois qu'elle en fut assurée, elle se détendit et soupira.

«Quel cauchemar idiot... »

Pas si idiot puisqu'il mettait en scène – d'une façon certes un peu grotesque – la pire frayeur de la jeune femme. Elle se passa une main lasse sur le visage.
Iris se leva et décida qu'elle nécessitait un bon thé pour se détendre et se reveiller. Elle sortit de sa cabine et alla en chercher un au wagon restaurant.

Une fois sa grande tasse de thé brûlant en main, elle voulu retourner à sa cabine pour le savourer tranquillement.
C'était sans compter le train qui capricieux qui décida de trembler un instant pile à ce moment là, faisant chavirer la dame et ce qu'elle avait dans les mains. Le contenu de la tasse alla se déverser directement sur le bras des clients du wagon restaurant, qui était assis là. Iris s'écria en constatant cela.

« Oh mon dieu ! Je suis tellement confuse... Ce thé était bouillant, allez vous bien ? Êtes vous brûlé ? Je vous prie de m'excuser, j'aurais du faire plus attention...»

Elle était totalement paniquée, et fixait la tache de thé sans même oser regarder le visage de la personne qu'elle avait incommodée.




HRP:
 
HRP Edition 4:
 
Iris Willemer
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Orphée
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Orphée
Dim 8 Juin - 10:35
Il était une époque où le grand Orphée aurait sortit sa flûte de son fourreau et aurait charmé une riche et belle bourgeoise pour voyager gratuitement en première classe. Aujourd'hui, les temps avaient changés. Sa flûte se trouvait quelque part dans le monde, probablement toujours en possession de sa fille. Son bras droit était de fer, et ses rouages internes brisés...

Il soupira et baissa un peu plus la tête. Il était assis dans un wagon pour gens ayant des revenus moyens, non loin du bar. Ses traits gris se fondirent un peu plus dans les ombres de sa grande capuche noire. Il repensa à la façon dont il était monté à bord. Usant de son pouvoir à se fondre dans les ombres, il avait attendu comme un prédateur. Il avait observé la foule dans la gare. Une vieille dame seule était devenue sa proie. Il l'avait attiré dans les ombres et l'avait assassiné. Pour un simple billet de train.

Une grande douleur le tira de son état mélancolique. Une chaleur moite se nourrissait du tissu de son long manteau sombre. Etait-il encore aux Caraïbes, dans cette forêt poisseuse ?

Une femme bredouillait des excuses, une tasse de thé presque vide dans les mains. Orphée se releva , son menton collé à sa poitrine. Il était comme une longiligne ombre sortant des ténèbres. Il fit un pas pour se rapprocher de la femme et releva alors la tête. La peau de son visage avait la couleur de la cendre. Seul le blanc du tatouage représentant un crâne humain ressortait clairement.

Les pensées s'enchaînèrent les unes aux autres. Il était énervé. Pas vraiment pour ce stupide accident, mais plutôt pour la condition déplorable de son corps et de sa magie. Cette femme lui donnait une excuse pour libérer toute cette frustration en lui. Et pourtant... Il avait un autre plan pour elle.

Son bras gauche et de chairs sortit des plis de son manteau. Le posant sur le dos de la maladroite, il dit :

« Il n'y a aucun mal. »

*Enfin, mon bras ne doit pas être plus endommagé qu'auparavant... *

« Peut-être pourriez-vous vous excuser en m'invitant dans votre wagon ? »

Malgré son aspect insolite et noire, Orphée dégageait un charme naturel.

« Je ne supporte plus toutes ces discussions inutiles, cette proximité avec de total inconnus et les chahutements de ces enfants qui jouent. »
Orphée
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Iris Willemer
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Iris Willemer
Dim 8 Juin - 13:15
Iris avait pensé à sortir son mouchoir pour tenter d'éponger le thé, mais ç'aurait probablement été une action vaine. Le thé imbibait déjà bien le manteau noir mais le problème venait plus de sa température que de l'humidité qu'il laissait. Tout cela laissait la jeune femme à cours d'idée quant à comment se faire pardonner.

Sa victime restait étonnamment impassible pour quelqu'un qui venait de recevoir un présent aussi inattendu que brûlant. A croire qu'il ne ressentait pas l'agressive chaleur du breuvage renversé.

Lorsqu'il se leva, Iris releva à son tour les yeux vers lui, cessant de fixer bêtement son méfait. Et ce qu'elle constata la fit hoqueter. C'était un homme, plus grand qu'elle, vêtu d'un long et ample manteau noir. Sur son visage, voilé par l'ombre, se dessinait les contours d'un crâne humain.

Iris se figea et n'osa plus bouger. Au creux de ses pensées affolées se repassait le cauchemar qu'elle avait fait juste avant l'incident. Elle battit des cils rapidement, comme pour essayer de confirmer que ce qu'elle voyait était bien réel et qu'elle n'était pas encore en train de dormir.

L'inconnu avança une main et le posa sur son dos, engageant un contact qui fit légèrement sursauter la dame.


« Il n'y a aucun mal. »

Il parla d'une voix qui sonna parfaitement humaine aux oreilles d'Iris. Et elle sentait la chaleur de sa main là où il l'avait posée.

« Peut-être pourriez-vous vous excuser en m'invitant dans votre wagon ? »

Sa voix était même douce. Et sa présence n'était pas aussi effrayante que le premier coup d'oeil ne l'avait suggéré. Iris était encore en train de digérer ses informations et ne réagit pas immédiatement, laissant à l'inconnu le soin de préciser.

« Je ne supporte plus toutes ces discussions inutiles, cette proximité avec de total inconnus et les chahutements de ces enfants qui jouent. »

La jeune femme ne répondit pas tout de suite, encore en proie à un questionnement intérieur quant à comment une personne qui lui avait semblé si terrifiante pouvait maintenant lui sembler si étonnament agréable ?

Au bout d'une petite poignée de secondes, elle se rendit compte qu'elle était terriblement impolie à le dévisager ainsi. Elle se reprit et fit un pas poli en arrière, se soustrayant à son contact pour effectuer une légère courbette en avant.


« Oui, oui, bien sûr. »

Elle se redressa et lui offrit un petit sourire.

« Vous êtes le bienvenu dans ma cabine. Pouvoir faire quelque chose pour vous me rassure, je n'aurais pas aimé vous laisser comme une ingrate après cet incident. »

Elle se tourna vers la direction de son wagon et l'enjoint de le suivre.

« C'est par ici, suivez moi, si vous le voulez bien. »

Lorsqu'ils voulurent passer, un agent du train les arrêta et leur demanda leurs billets. Iris montra le sien, puis exprima le souhait de mettre le billet de son compagnon à niveau afin qu'il puisse profiter du voyage en sa compagnie. Une somme fut réclamée, et payée. L'homme qui l'accompagnait était maintenant tout à fait en règle pour pouvoir la rejoindre.

Une fois dans la cabine, Iris constata qu'elle avait encore la tasse vide dans la main. Dans la précipitation elle en avait oublié de la rendre.


« Mettez vous à l'aise, faites comme chez vous, je vais juste aller rendre cette tasse qui ne m'est plus très utile en l'état ! »

Elle fit l'aller retour rapidement. Une fois de retour, elle se rassit à sa place et considéra son invité.

« Puis-je... vous être utile en quoi que ce soit ? Êtes vous certain de ne pas vous être brûlé ? Ce thé était rudement chaud tout de même... Nous devrions peut être vérifier votre bras, dans le doute, non ? »
Iris Willemer
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Orphée
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Orphée
Dim 8 Juin - 16:44
Tandis que sa nouvelle victime passait devant lui pour lui montrer le chemin, un sourire carnassier s'afficha sur le visage blême. Un homme fronça les sourcils en voyant cette expression. Il suivit Orphée jusqu'à ce qu'il disparaisse... et oublia l'incident.

La vie semblait lui sourire à nouveau. Son charme faisait « de nouveau » effet et il obtenait un ticket « comme par magie ». S'il n'y avait eu cet encombrant poids mort pendant le long de son corps, il aurait pu croire qu'il était en pleine possession de tous ses moyens.

Lors de l'aller-retour de sa maladroite, Orphée en profita pour s'asseoir et observer les dégâts. Sa main souleva un pan de son manteau et découvrit qu'il n'y avait aucun brûlure sur sa peau. Tout ce qui était parvenu à traverser son manteau de voyage avait coulé dans les rouages mécaniques. Orphée plissa les yeux mais, sans connaissances dans la science, il ne pouvait déterminer l'amplitude des nouveaux dégâts.

Du bruit dans le couloir. La voilà qui revenait. Très rapidement, il remit le tissus sur le fer.

« Il est inutile de s'inquiéter madame. Mademoiselle ? Tout va très bien. Peut-être pourriez-vous ouvrir la fenêtre ? Le thé qui imbibe mon manteau possède une forte fragrance. »

Le moment était venu de paraître faible pour accroître son emprise sur sa victime.

« Cela me dérange de vous demander à ma place. Le gentilhomme que je suis ne supporte pas de vous voir travailler. La raison en est à ce bras. Ou plutôt à cette absence de bras. Voyez-vous, si je n'ai ressenti votre breuvage brûlant, c'est parce que je ne le pouvais. Les seuls sensations que je possède encore sont des plus désagréables car fantôme. »

Orphée était aux anges. Il se sentait à nouveau dans son costume de metteur en scène. Il avait trouvé un spectacle à mener. Il ressentait de nouveau de l'intérêt pour ce monde fade et ennuyeux. Alors, pour appuyer sa triste explication, il baissa la tête et les épaules. Il laissa quelques instants de silence passer, pour appuyer encore un peu plus les sentiments que ses mots véhiculaient.

Il se leva alors, fit une révérence et se présenta :

« Quel sot je fais, je ne me suis toujours pas présenté. Vous pouvez m'appeler Orphée. »
Orphée
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Iris Willemer
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Iris Willemer
Dim 8 Juin - 17:26
« Il est inutile de s'inquiéter madame. Mademoiselle ? Tout va très bien. Peut-être pourriez-vous ouvrir la fenêtre ? Le thé qui imbibe mon manteau possède une forte fragrance. »

« Ma...Dame. » le corrigea-t-elle alors qu'il posait la question.

Elle avait hésité un peu à révéler le fait qu'elle soit mariée, et y repenser ne fit que raviver la douleur de la perte encore récente. Mais une demoiselle non mariée voyageant seule aurait été impensable, alors elle opta pour le Madame. Son visage s'était quelque peu assombri à ces pensées.

Elle nota cependant qu'il étrange qu'il ne ressente rien après s'être fait ébouillanter.


« Oui, c'est en effet une bonne idée, avant que tous vos vêtements ne sentent le thé corsé. »

Elle retira la bandoulière de son sac pour le laisser gésir sur la moelleuse banquette, puis se leva pour exécuter sa demande. Il reprit la parole alors qu'elle tendait la main vers la fenêtre.

« Cela me dérange de vous demander à ma place. Le gentilhomme que je suis ne supporte pas de vous voir travailler. La raison en est à ce bras. Ou plutôt à cette absence de bras. Voyez-vous, si je n'ai ressenti votre breuvage brûlant, c'est parce que je ne le pouvais. Les seuls sensations que je possède encore sont des plus désagréables car fantôme. »

Elle interrompit la lutte qu'elle avait commencé avec la fenêtre un peu trop dure à ouvrir et reporta son regard sur lui. Sur son bras. Sur le vide qu'il devait y avoir à la place de son bras.

« Oh... »

Elle pinça les lèvres, attristée, lui délivrant un regard compatissant.

« Je suis désolée pour vous.. »

Un peu gênée, ne sachant que rajouter de plus, elle se reconcentra sur la fenêtre qu'elle finit par parvenir à ouvrir en y appliquant un peu plus de force. Le vent s'engouffra dans la cabine, créant un courant d'air. Le bruit du dehors suivit le chemin du vent et s'installa lui aussi, assourdissant un peu les occupants de la cabine.

Iris se rassit au moment où son hôte se leva, pour faire une révérence.

« Quel sot je fais, je ne me suis toujours pas présenté. Vous pouvez m'appeler Orphée. »

La jeune femme se leva précipitamment pour faire de même.

« Je.. Je m'appelle Iris. Iris vo...Willemer. C'est un … Plaisir ? Enfin, je veux dire, je doute que ce soit véritablement un plaisir pour qui que ce soit de rencontrer quelqu'un en se faisant renverser du thé dessus. »

Elle avait hésité sur son nom. Son prénom était sorti de sa bouche naturellement, mais elle buta sur son nom de famille. Il ne valait mieux pas révéler à un total inconnu son statut et son vrai nom, surtout alors qu'elle essayait de ne pas se faire remarquer. Elle n'avait pas songé à un nom d'emprunt, alors se contenta d'utiliser son nom de jeune fille. Et une fois de plus, raviver son deuil lui assombrit le teint.

Cette fois elle se rassit pour de bon et regarda par la fenêtre. Elle évitait de regarder le visage de son interlocuteur, n'appréciant pas d'être partagée entre le malaise causé par cette étrange image de crane sur son visage, et la toute aussi étrange agréable présence qu'il dégageait. Un silence qu'elle trouva gênant s'installa. Elle s'empressa de le combler.

« Et.. Vous voyagez pour quelle raison.. ? Pardonnez moi si ma question est indiscrète. »
Iris Willemer
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Orphée
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Orphée
Dim 8 Juin - 20:38
« Enchantée madame Iris. »

Orphée s'était rassis lui aussi. Mais, au lieu de regarder le paysage au-dehors défilant à toute vitesse, il l'avait observé elle. Et il devait avouer qu'il s'amusait comme un enfant ! Il pouvait lire sur le visage de sa bienfaitrice qu'il y avait là des secrets. Secrets dont il se sentait obligé dans connaître les tenants et les aboutissements. Non pour le commérage, mais pour le jeu et la manipulation.

« Votre question est logique, pas indiscrète. De plus, en vous demandant d'aller dans votre cabine, j'ai pris la décision de partager mon histoire avec vous. Tout du moins le temps du trajet. »

A travers son long manteau, ses jambes bougèrent. L'une passa au-dessus de l'autre. De sa main valide et de chairs, il fit enfin tomber la capuche qui lui recouvrait toujours le visage.

« Je vous disais il y a peu que je suis manchot d'un bras. En effet, là se trouve le but actuel de ma vie. Retrouver l'usage de mes deux bras et me sentir entier à nouveau. Je reviens d'un voyage en Roumanie où j'espérais trouver un médecin de renom. La malchance a voulu que cet homme se soit envolé vers une autre destination. Une urgence à n'en pas douter. »

Il revit l'asile, ses couloirs et ses fous.

« Je suis donc parti à sa recherche. N'en pouvant plus de vivre comme cela. »

La main gauche d'Orphée se posa sur sa joue, l'index dressé. Il la regarda et lui demanda :

« Et vous alors ? Que faites-vous seule et attristée dans ce train ? »
Orphée
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Iris Willemer
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Iris Willemer
Dim 8 Juin - 23:03
« Votre question est logique, pas indiscrète. De plus, en vous demandant d'aller dans votre cabine, j'ai pris la décision de partager mon histoire avec vous. Tout du moins le temps du trajet. »

Iris retourna la tête vers lui. Ce n'était pas poli de ne pas regarder la personne avec qui l'on discute, surtout lorsque l'on a soi même initié la conversation. Et quelque chose l'intriguait malgré tout dans cette personne. Quelque chose le rendait charmant et agréable, alors elle ne voulait pas être grossière avec lui.

« 
Voilà qui est fort aimable de votre part. »

Il enleva sa capuche et Iris pu observer son visage. A la lumière, le dessin sur son visage se voyait un peu moins, et elle pu découvrir des traits harmonieux.

*
Quelle belle personne... * se dit-elle alors qu'il se remit à parler.

«
 Je vous disais il y a peu que je suis manchot d'un bras. En effet, là se trouve le but actuel de ma vie. Retrouver l'usage de mes deux bras et me sentir entier à nouveau. Je reviens d'un voyage en Roumanie où j'espérais trouver un médecin de renom. La malchance a voulu que cet homme se soit envolé vers une autre destination. Une urgence à n'en pas douter. »

Iris se demandait par quel méthode pouvait-on faire repousser un bras avant de se souvenir de cette histoire d’androïdes. Elle avait lu pas mal de choses dessus dans des journaux, et ça l'avait assez intriguée. Ça l'effrayait un peu, mais ça piquait vraiment sa curiosité. Et comme il parlait d'un médecin en Roumanie, ça semblait se tenir.

Elle éprouva aussi un élan de compassion pour cet homme meurtri qui cherchait à retrouver ce qu'il avait perdu. Elle le comprenait d'une certaine façon.

« 
Je suis donc parti à sa recherche. N'en pouvant plus de vivre comme cela. »

Elle le fixa et son cœur se serra. Ce n'était pas vraiment la même chose, mais perdre son mari et son fils c'était comme perdre une part d'elle. Et maintenant elle était à la recherche de cette partie.

« 
Je vous comprends.. » souffla-t-elle.
*
...Et probablement mieux que vous ne le pensez...* finit-elle par la pensée.

« 
Et vous alors ? Que faites-vous seule et attristée dans ce train ? »

Iris hésita. Mais elle se souvint des recommandations qu'on lui avait fait lorsqu'elle préparait son voyage. Elle devait éviter de trop parler d'elle, sinon les bruits allaient immédiatement courir. C'était difficile de résister à l'envie de lui en parler, il semblait tellement digne de confiance.

« 
Et bien.. Je.. Je suis en voyage pour rendre visite à.. Ma cousine. Je ne l'ai pas vue depuis que j'étais enfant, alors j'ai décidé de me rendre chez elle. Voilà, vous savez mon histoire ! Je ne suis pas quelqu'un de très passionnante. »

Elle sourit, changeant de sujet. Elle n'avait jamais été une très bonne menteuse.

«
 En tout cas, j'espère que vous trouverez le medecin que vous cherchez, et que vous retrouverez l'usage d'un bras ! Mais dites-moi.. comment va-t-il faire exactement pour vous rendre votre... bras ? Vous m'avez rendue bien curieuse ! »
Iris Willemer
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Orphée
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Orphée
Lun 9 Juin - 19:24
*Quelqu'un de pas très passionnante ? Pourtant, avec tous vos secrets et vos expressions faciales, votre histoire devient de plus en plus haletante. Hey hey ! *

Orphée avait vécut bien longtemps dans la jungle des Caraïbes, ou marchant seul sur les routes. Il n'était donc pas au courant de toutes ces choses au sujet des androïdes. Enfin, il savait ce que c'était vu qu'il en était un en partie. Mais il n'était pas au courant de la façon dont les gens, dont le monde les voyaient.

Tournant la tête pour regarder le paysage derrière la vitre, il commença à en parler d'un air rêveur :

« Vous connaissez peut-être ces appendices de métal ? Selon certains, cela transformerait un homme en un androïde. Comme si l'ajout de métal dans notre corps changeait notre façon de penser. Notre âme. C'est ridicule, je trouve. »

*Surtout que je ne suis ni un homme, ni un androïde. Je suis plus que cela. *

Ses yeux revinrent dans ceux d'Isis.

« Si selon certains, cela veut dire pactiser avec le diable. Je pactiserais. Si je dois signer un morceau de papier clamant que je ne peux poursuivre pour une expérience scientifique, je considérerais cela comme tel. Mais ce que je ne peux accepter, c'est de vivre diminuer. »

Orphée se leva ensuite. Son bras gauche sortait des plis sombres de son manteau noir. Sa main couleur de cendre se saisit de la main qui paraissait ô combien blanche et pure dans la sienne. Ses doigts soulevèrent avec grâce et manière ceux de la dame.

« Je comprends que je ne suis qu'un étranger au visage inquiétant, mais ce que je comprends aussi, c'est que vous ne me dites pas tout. Je peux lire de la tristesse dans vos traits. Je peux entendre le mensonge dans vos dires. »

Il laissa reposer la main de la dame puis conduisit la sienne sans se hâter vers le médaillon qu'elle portait autour de cou. Ses doigts examinèrent le pendentif en or.

« Si je me souviens bien, à l'intérieur de ce bijou peut être placer deux portraits. Bien souvent de personne chère à notre cœur. Et si je puis en juger par le nombre de fois où votre main vient le caresser, j'en déduis qu'il y a là un grand amour. »

Trois secondes de silence. Un regard plongé dans les yeux de la dame.

« Mais également un grand drame. »
Orphée
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Iris Willemer
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Iris Willemer
Lun 9 Juin - 20:30
Iris avait posé cette question en grande partie parce qu'elle ne voulait plus parler de son histoire à elle, mais elle demeurait tout de même bien curieuse.

«
 Vous connaissez peut-être ces appendices de métal ? Selon certains, cela transformerait un homme en un androïde. Comme si l'ajout de métal dans notre corps changeait notre façon de penser. Notre âme. C'est ridicule, je trouve. »

*
C'était donc bien cela !* pensa-t-elle, un petit peu excitée d'avoir deviné.

Iris n'avait pas vraiment d'avis sur la question. Pour elle, les androïdes étaient une bizarrerie technologique, mais n'en ayant jamais rencontré un elle ne s'était pas offert le luxe de juger sans comprendre. Peut être n'étaient-ils vraiment plus humains après l'opération, peut être pas. En tout cas la question l'intriguait.

«
 Si selon certains, cela veut dire pactiser avec le diable. Je pactiserais. Si je dois signer un morceau de papier clamant que je ne peux poursuivre pour une expérience scientifique, je considérerais cela comme tel. Mais ce que je ne peux accepter, c'est de vivre diminuer. »

Elle comprenait parfaitement le raisonnement de cet homme. Lorsque l'on perd quelque chose de précieux, si par hasard on trouve un moyen quelconque de le retrouver, quels que soient les dangers on se doit d'aller essayer. Alors elle ne le trouvait ni inconscient ni stupide. Elle hocha la tête à son argumentaire.

Orphée se leva sans qu'elle n'ait le temps de répondre à ce qu'il disait. Avançant sa main il saisit celle de la jeune femme sans crier gare. Même si le geste avait été esquissé avec délicatesse et douceur, Iris ne put que se raidir devant un contact soudain auquel elle ne s'attendait pas. Elle se redressa, gênée, et regarda Orphée en fronçant les sourcils. Il ne tarda pas à reprendre la parole.

«
 Je comprends que je ne suis qu'un étranger au visage inquiétant, mais ce que je comprends aussi, c'est que vous ne me dites pas tout. Je peux lire de la tristesse dans vos traits. Je peux entendre le mensonge dans vos dires. »

Ses sourcils se haussèrent de surprise. Était-elle donc si transparente ? Elle avait pourtant tâché de faire attention à ses paroles.
Son interlocuteur lâcha sa main qu'elle s'empressa de reposer, rassurée qu'il rompe le contact. Iris n'avait pas l'habitude d'être touchée aussi nonchalamment. Il n'y avait guère que son fils pour se le permettre, ou encore ses sœurs, qu'elle n'avait pas vues depuis ô combien d'années.

Mais Orphée resta à une proximité physique inhabituelle, même troublante. Lorsque ses doigts saisirent le pendentif, objet le plus cher aux yeux d'Iris, son cœur rata un battement, puis accéléra la cadence.

«
 Si je me souviens bien, à l'intérieur de ce bijou peut être placer deux portraits. Bien souvent de personne chère à notre cœur. Et si je puis en juger par le nombre de fois où votre main vient le caresser, j'en déduis qu'il y a là un grand amour. »

Iris, qui regardait Orphée en tentant de comprendre son geste, fut interloquée d'à quel point il pouvait lire en elle. Il avait même noté le détail d'un geste qu'elle n'avait pas conscience de faire. Elle resta ainsi figée, le regardant, abasourdie.

«
 Mais également un grand drame. »

Cette phrase l'acheva en quelque sorte. Alors qu'elle le regardait avec des yeux ronds, ceux-ci s'emplirent de larmes inattendues qui vinrent sans prévenir couler silencieusement le long de ses joues. En les sentant rouler sur sa peau, Iris revint comme un peu à elle et baissa les yeux, portant une main à son visage pour confirmer la sensation qu'elle avait eu.

En un geste un peu brusque, elle essuya ses larmes d'un revers de manche – action quelque peu inutiles puisque d'autres se mirent à couler à la suite de leurs sœurs – et récupéra son précieux médaillon de la main d'Orphée. Ensuite elle s'enfonça dans sa banquette pour agrandir le plus possible la distance entre elle et lui, ramenant ses bras devant sa poitrine en un geste défensif. Elle était méfiante et paniquée, et ses pensées fusaient chaotiquement dans sa tête.

«
 Q..Que voulez vous ?! Comment savez vous tout cela ? »

Elle plongea la main dans son sac avec précipitation et en sortit maladroitement un couteau de chasse qu'elle brandit en face d'elle avec des mains tremblantes.

«
 C'est lui qui vous envoie c'est ça ?! Il veut m'empêcher de lui mettre des bâtons dans les roues ? »

Sa voix partait dans des aigus incontrôlés. Elle releva la tête, avec un mélange contradictoire de terreur et de courage.

«
 Vous êtes là pour... Pour me tuer ? »

Grosse panique visiblement.






HRP:
 
Iris Willemer
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Orphée
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Orphée
Lun 9 Juin - 23:29
Les yeux d'Orphée s'écarquillèrent. S'il y avait une puissance supérieure qui contrôlait le monde et que certains appelaient « Destin », alors le Destin était avec lui. Cela faisait tellement longtemps qu'il avait éprouvé du plaisir. Cette femme devant lui était parfaite. Une œuvre d'art. Il ne put s'empêcher de sourire.

« Calmez-vous Iris. Je vous en prie, calmez-vous. Je puis vous assurer que je ne suis pas ici pour vous tuer. D'ailleurs, comment le pourrais-je ? Je suis droitier et ma seule main valide est la gauche. »

Il leva son bras et fit tourner sa main pour appuyer ses propos.

« Vous voyez ? Cela vous rassurer ? Apparemment, non. Voyons. Est-ce cette histoire avec le pendentif qui vous a mis sur les nerfs ? Car, si c'est cela, nous allons nous trouver stupide dans quelques minutes d'avoir créer autant d'agitation. »

Il émit quelques rires à l'homme qui venait d'entrer dans la cabine. Une âme charitable qui avait été attiré par les cris paniqués de la dame.

« Vous pouvez retourner à votre cabine, monsieur. Ceci n'est qu'un malentendu. Voyez-vous Iris, si j'ai si aisément lu en vous, c'est parce que j'ai déjà assisté à un nombre incroyable de drames. Cela vous surprendra peut-être, mais il fut un temps où j'allais de réception en bal mondains, de soirées en fête costumé, ou encore de thé dansant en grands opéras. J'ai fréquenté les plus grands et les plus riches. C'est d'ailleurs à une de ces fêtes que j'ai rencontré un Sire. Un homme féru de bijouteries et de mécanismes d'horlogerie. Il m'a invité nombre de fois dans ces appartements où il me décrivait avec force détails sa collection. »

L'homme venu au secours de la dame semblait s'apaiser. Tout comme les tremblements de la main qui tenait le couteau semblait disparaître. Mais rien n'était encore jouer, les sentiments d'une femme n'était pas aussi prévisible que le tic-tac régulier d'une montre à gousset.

« Je m'égare et je parle. Cela m'arrive souvent. Un défaut pour certains. Une qualité pour d'autres. Beaucoup de femmes bafouées m'ont avoué après coup que j'avais tendance à les apaiser. Comme si je les... « charmais ». Amusant, n'est-ce pas ? Dans tous les cas, j'ai opéré plus d'une fois dans les ombres d'un escalier lors d'une soirées entre bourgeois. Apaisant les griefs de mesdames. Je me suis fait une renommée. Je suis devenu un intermédiaire entre les maris frivoles et leurs épouses outragées. »

Il était temps de retrouver un peu de calme. De reprendre le contrôle de la situation. Il avait joué au noir charmeur, au spectateur passif et intéressé. Il était désormais temps d'entreprendre l'acte de sa pièce où il se servait de madame pour servir ses propres intérêts. L'acte d'introduction prenait fin.

« Iris, que diriez-vous de poser ce couteau et de vous asseoir ? Monsieur, pourriez-vous retourner dans votre cabine et calmer cet attroupement ? Cela ne peut arranger l'état des nerfs de madame. »

Orphée se retourna vers Iris et lui dit enfin :

« Je vais vous chercher une tasse de thé. Cela vous calmera. Je reviens de suite. »
Orphée
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Iris Willemer
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Iris Willemer
Lun 9 Juin - 23:59
Un homme entra dans la cabine, alarmé par le bruit. Le regard d'Iris alla d'Orphée à ce nouvel arrivant, mais elle ne se prononça pas encore, trop occupée à essayer de mettre de l'ordre dans l'ouragan de ses pensées.

Iris l'écouta parler, brandissant toujours son couteau. Les arguments qu'il lui servait, révélant un peu de lui même, semblaient faire effet car petit à petit les tremblements des mains de la jeune femme se calmèrent. Il avait une voix très apaisante. Mais elle resta quelque peu méfiante.

Progressivement, Iris se rendit compte qu'elle avait probablement un peu exagéré, dans un accès de paranoïa. Elle se sentit un peu honteuse d'avoir ainsi réagit.

Lorsqu'Orphée lui proposa de poser le couteau et de s'asseoir, elle était déjà en train d'abaisser son arme. Elle tourna sa tête vers l'homme qui était entré et s'inclina légèrement en signe de repenti.

« Je vous demande pardon pour le dérangement.. C'est en effet un malentendu. Je vous suis très reconnaissante d'être venu à mon secours, mais c'était juste une erreur de ma part. J'espère que vous pourrez finir votre voyage paisiblement à présent. Mes sincères excuses. »

Cela sembla lui suffire, à lui et aux autres personnes qui s'étaient déplacés. Les gens retournèrent à leur cabine. Iris soupira en tentant de chasser le reste de nervosité. Ses joues étaient bien rouges.

Elle se rassit enfin et rangea son couteau dans son fourreau se trouvant dans le sac. Cela fait, elle pinça les lèvres, se frotta les mains, tendue, et dit en évitant le regard d'Orphée :

« Je... Je suis désolée. Je me suis emportée et me suis méprise. Veuillez pardonner ma conduite. Un thé me fera en effet du bien, je vous remercie. »

Alors qu'il allait vers la porte, elle le regarda et dit une dernière chose, toujours grave.

« Vous avez raison, il m'est arrivé un drame. Un terrible drame. »

A ces mots, sa voix se brisa un peu, et sa main alla automatiquement chercher le pendentif pour le serrer contre son cœur.

«  Mais pas le genre de drame dont vous parlez. Je ne suis pas une épouse bafouée ou outragée. Et mon mari était tout – elle insista bien sur le tout – sauf frivole. Sachez le. »
Iris Willemer
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Orphée
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Orphée
Mar 10 Juin - 17:16
Orphée était allé chercher la tasse de thé. Il ne s'était pas pressé pour laisser le temps à Iris de penser, de réfléchir. Elle devait croire que son envie de se dévoiler, de fraterniser venait d'elle. Mais c'est avec dégoût qu'il revint dans le wagon de la classe moyenne de la société. Il n'y avait aucun luxe ni esthétisme. Il y avait trop de bruits et une odeur de transpiration. Orphée ne s'y sentait pas à son aise.

Il revint dans la cabine d'Iris, tenant la tasse de thé dans sa main gauche. Il lui tendit et, lorsqu'elle s'en saisit, il plongea sa main dans son manteau et en sortit une coupelle et une portion de sucre emballée.

« Je ne savais pas comment vous l'aimiez. Alors j'ai pris l'initiative de vous en amener séparément. »

Une fois qu'il eut tout donné, il se rassit en face d'elle. Il croisa de nouveau ses jambes, appuyant son dos contre le siège tout en gardant des manières. Il la regarda et n'ajouta rien. Il voulait qu'elle vienne aux confidences de sa propre initiative. Alors il patienta, gardant une bonhomie joyeuse et ouverte.
Orphée
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Iris Willemer
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Iris Willemer
Mar 10 Juin - 18:42
Orphée s'en alla, laissant Iris seule avec ses pensées. Elle laissa son regard trainer sur l'entrée de la cabine, avant de lentement le baisser vers le sol. Ses mains passèrent sur son visage. Le rythme de son cœur était encore rapide, et elle n'arrivait pas à se détendre.

Avec toutes les précautions du monde, elle ouvrit son pendentif qui protesta d'un petit grincement aigu. A l'intérieur, les deux êtres les plus chers à son cœurs la regardaient avec une bienveillance qu'elle aimait à trouver dans leur regard fixe. Iris n'osait même plus passer les doigts sur les portraits, de peur de les effacer ou de les abîmer. Et comme toujours, simplement regarder leurs deux visages suffisait à la calmer.

Orphée revint, avec la tasse promise qu'elle saisit après avoir refermé son pendentif. Elle posa la tasse sur la coupelle puis la coupelle sur ses genoux et vida le sucre dans son thé. Elle sourit en songeant que Daniel – son mari – l'aurait encore sermonnée sur le fait que le thé se buvait brut. Un sourire mélancolique.

Elle mélangea sans un mot, puis, une fois que le sucre fut bien dissout, en bu une gorgée. Elle apprécia la sensation de chaleur qui descendait le long de sa gorge, puis dit :

« Je vous remercie. »

Un silence s'installa, que cette fois Iris ne rejeta pas. Elle se contentait de regarder le sol en buvant de temps à autre une petite gorgée.

Au bout d'un temps, voyant qu'il ne cherchait pas à reprendre la parole, elle releva les yeux vers lui. Il avait l'air calme, comme si il ne s'était rien passé.

*Je l'ai quand même menacé avec un couteau en lui hurlant dessus, et il est encore là. Il est soit quelqu'un de très tolérant, soit quelqu'un de définitivement louche.* se dit-elle en l'observant du coin de l’œil.

Il ne disait toujours rien, et ça commençait à la rendre à nouveau nerveuse.

« Vous avez un billet de première catégorie maintenant, vous n'êtes pas obligé de rester avec moi, le savez-vous ? Le train n'est pas très bondé, vous pourriez aisément trouver une autre cabine libre. »

Elle se demandait vraiment ce qu'il voulait.
Iris Willemer
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Orphée
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Orphée
Mar 10 Juin - 22:41
Sa bouche s'entrouvrit de surprise. Puis un innocent sourire vint le remplacer.

« Il est vrai. Vous avez raison, j'aurais pu déjà changer de cabine. Il faut croire que votre compagnie est des plus plaisantes. »

Animé par un sens du spectacle, Orphée se releva et fit une nouvelle courbette. Il se rassit ensuite.

Ses sourcils se froncèrent. Son regard dévia et sembla réfléchir à un sujet épineux. Il revint finalement vers Iris et annonça :

« Peut-être... »

Étonnant, Orphée semblait avoir des difficultés à formuler ses pensées.

« Peut-être pourrions-nous continuer notre chemin au-delà de cette cabine, de ce train ? Peut-être pourrions-nous nous rendre mutuellement service ? »

Sa main gauche glissa sur son aine. Comme s'il était à la recherche d'un membre fantôme. Dans le cas présent, la housse de sa flûte traversière qu'il portait comme une épée. Car de son instrument de musique chantait des ordres auxquels on ne pouvait se soustraire.

« Comme je vous le disais, je suis à la recherche d'un médecin fameux de Roumanie. Mais je suis actuellement sans le sou. La perte de mon bras conséquemment à cette aventure folle et sans succès m'a valu la disgrâce et la pauvreté. Vous me semblez être une femme ayant des moyens et recherchant de l'aide. »

Un rictus étira le côté droit de son visage.

« Ne croyez pas que je ne suis qu'un fol excentrique manchot. Malgré mon handicap, je puis être encore efficace en bien des situations... »

Ses pensées revinrent à la vieille dame qu'il avait assassiné pour lui voler son ticket de train.
Orphée
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Iris Willemer
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Iris Willemer
Mar 10 Juin - 23:32
« Il est vrai. Vous avez raison, j'aurais pu déjà changer de cabine. Il faut croire que votre compagnie est des plus plaisantes. »

Iris le regarda en fronçant les sourcils.

* Je lui ai renversé du thé dessus, puis je l'ai menacé à tort avec un couteau en passant pour une hystérique des plus sévères, et il continue à trouver ma compagnie « des plus plaisantes » ? * pensa-t-elle.

Cela confirmait ses doutes : cette homme était vraiment louche.

« Je me demande bien quel genre de personne vous avez pu fréquenter pour me trouver « des plus plaisantes » à l'heure actuelle... » marmonna-t-elle sans trop chercher à ce qu'il l'entende.

Ce n'était guère poli de parler dans sa barbe, mais elle était de plus en plus méfiante avec lui. Et même cette présence rassurante qu'il avait n'était pas suffisante pour lui oter ses doutes.


« 
Peut-être... Peut-être pourrions-nous continuer notre chemin au-delà de cette cabine, de ce train ? Peut-être pourrions-nous nous rendre mutuellement service ? »


Un sourcil d'Iris resta froncé tandis que l'autre se souleva, marquant le visage de la jeune femme d'un air profondément peu convaincue. Elle le laissa tout de même parler, au cas où il aurait une proposition alléchante à lui faire.

* On ne sait jamais, il a peut être un atout caché dans sa manche. En espérant que ce soit dans la bonne manche, sinon ça ne serait guère très utile *

Cette pensée idiote manqua de lui faire perdre son sérieux, mais elle se reprit et l'écouta. Elle avait toujours été du genre à laisser une chance aux gens, et aujourd'hui n'allait pas être un jour différent. Mais il allait devoir se montrer très, très convaincant.

« 
Comme je vous le disais, je suis à la recherche d'un médecin fameux de Roumanie. Mais je suis actuellement sans le sou. La perte de mon bras conséquemment à cette aventure folle et sans succès m'a valu la disgrâce et la pauvreté. Vous me semblez être une femme ayant des moyens et recherchant de l'aide. »

Il ne voyait donc en elle qu'une bonne samaritaine prête à aider son prochain aveuglément. C'était peut être bien le cas.... Mais pas à ce moment-là. Pas alors qu'elle risquait d'avoir besoin de son moindre sou pour pouvoir retrouver son fils. Payer un billet de train était une chose, l'assister dans toute sa quête en était une autre. Et puis il semblait vraiment suspect, bien qu'il ne paraisse pas avoir mauvais fond.

Il cachait quelque chose et elle commençait à le sentir.

Elle s'apprêtait à refuser platement son offre mais il parla avant elle.

« 
Ne croyez pas que je ne suis qu'un fol excentrique manchot. Malgré mon handicap, je puis être encore efficace en bien des situations... »

Iris le considéra et soupira.
« Excusez moi Orphée mais... Ce ne sont que vos mots. Vous ne connaissez pas mon problème, vous ne savez pas ce dont j'ai besoin et ce que je cherche. Vous m'avez l'air d'être un homme très.... Brave. Mais comment escomptez-vous m'aider ? Je n'aurai pas employé les termes de fol manchot excentrique mais... Qu'êtes-vous d'autres qui puisse me servir ? »

Elle s'adossa à la banquette et posa sa tête contre le mur, fermant les yeux un instant, marquant une pause avant de reprendre en le regardant.

« En d'autres temps, je vous aurais aidé sans rien demander. Aujourd'hui je ne puis pas me le permettre. De plus, je ne sais si c'est volontaire ou non, mais vous avez une attitude des plus suspecte. Vous ne m'avez pas l'air d'un mauvais bougre, mais j'ai du mal à vous faire confiance. Alors je vous laisse une chance, une chance de toute expliquer et de me convaincre. Je vais vous écouter, et je déciderai ensuite si je peux me permettre de vous aider sans avoir à y perdre. »

Elle croisa les bras et le fixa.
Iris Willemer
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Orphée
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Orphée
Mer 11 Juin - 16:55
« Il fera bientôt nuit. »

Orphée avait laissé Iris avec cette simple phrase mystérieuse. Il y avait des périodes où il ne servait plus à rien de parler. Il fallait démontrer. A travers la vitre de la cabine, la luminosité commençait déjà à baisser.

Il ne la regarda plus et fixa la courbe du soleil ascendante. Si elle lui parla, il fit comme s'il n'entendait rien. En fait, il décida très vite de s'endormir.

Lorsqu'il se réveilla, il découvrit que les lampes dans le train avait été allumé. Un homme était passé et les avait allumé une par une. Les flammes des bougies tremblotaient derrière les reflets du verre.

« Pardonnez-moi pour cette attente. Mais je ne contrôle pas encore le temps. »

Dans son ton, il n'y avait pas une once d'humour. L'homme semblait avoir pour dessein futur d'en venir à contrôler le coucher du soleil et la levée de la lune. Pour le moment, il se leva et se dirigea vers la lampe qui se trouvait à leur opposé.

« Pourriez-vous faire en sorte de masquer cette lumière avec votre gilet ou autre chose ? Je vous remercie. »

Il contourna la source de lumière et observa Iris. Lorsqu'elle consentit à agir, il souffla sur la flamme. La cabine se retrouva alors éclairée seulement par cette lumière obstruée se trouvant à côté d'elle. Orphée en profita pour se dissimuler dans les ombres. Il était devenu invisible. Une voix d'outre-tombe en jaillit :

« Je pense que peu importe votre problème, je puis être une solution. »

Un court instant, il laissa son tatouage blanc de crâne humain sortir des ombres avant de disparaître à nouveau. Lors de ce court instant, il ajouta :

« Dans le cas contraire, vous pourriez être un début de solution... »
Orphée
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Iris Willemer
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Iris Willemer
Mer 11 Juin - 18:50
« Il fera bientôt nuit. »

Iris fronça les sourcils à cette simple phrase. Elle continua à fixer Orphée, attendant une suite, mais rien ne vint. Perdant patiente, elle dit :

« Il va faire nuit... et donc ? Qu'est-ce que cela a à voir avec ce que je vous demandais ? »

Comme toute réponse, l'homme ferma les yeux et s'endormit. Iris en resta stupéfaite de tant de grossièreté.

* Je lui laisse une chance de me donner un bonne raison de lui venir en aide – et c'est tout de même lui qui est venu à moi pour me la demander, mon aide ! Et tout ce qu'il trouve à faire c'est s'endormir là ? Je ne pensais pas cet homme sot, mais je ne vois pas d'autre explication... *

Elle attendit encore un peu, continuant à lui faire les gros yeux d'un air offusqué, mais ça ne sembla pas déranger son sommeil.

Iris se leva, prenant son gros sac à bandoulière mais laissant sa valise, et sortit de la cabine, visiblement énervée. Elle fit le tour du wagon première classe mais ne trouva pas d'autres cabine libre, et même pas une cabine avec une banquette de libre – elles étaient toutes prises par des familles, avec leurs grosses valises, rentrant de vacances d'été dans un pays plus calme que le leur.

Dépitée, Iris revint bredouille à sa propre cabine. Orphée était encore en train de dormir, et le soleil avait fini de se coucher. Dans le noir, le tatouage blanc sur le visage de cet homme ressortait encore plus, causant un certain malaise à Iris. Heureusement, un homme passa pour allumer les lampes. Quelques secondes à peine après le départ de celui-ci, Orphée daigna s'éveiller à nouveau. Iris l'accueillit avec des paroles énervées.

« Et bien, ce n'est pas trop tôt ! Où avez-vous été élevé pour que vous vous endormiez ainsi, en plein milieu d'une conversation ? C'est vous qui disiez avoir besoin de moi, pas l'inverse, je vous signale ! »

«
 Pardonnez-moi pour cette attente. Mais je ne contrôle pas encore le temps. »

Cette phrase étrange ne sembla pas calmer la jeune femme.

« Mais quel rapport est-ce que ça a avec votre manque de bonnes manières exactement ? »

Il ne répondit rien et alla vers la lampe à l'entrée de la cabine.

«
 Pourriez-vous faire en sorte de masquer cette lumière avec votre gilet ou autre chose ? Je vous remercie. »

Iris le regarda comme si il était fou. Elle secoua la tête.

« Mais à quoi est-ce que vous jouez, écoutez vous seulement ce que je dis ? »

Il la fixait et ne répondait rien. Iris était tiraillée entre l'inquiétude et l'agacement. Finalement, espérant avoir une réponse par la suite, elle s’exécuta et plaça son vêtement autour du globe en verre, camouflant la lumière, mais laissant le trou du dessus toujours libre pour ne pas risquer d’enflammer son châle. Le reste de la cabine se trouva plongée dans l’obscurité.

Iris retourna son regard vers Orphée mais elle constata avec étonnement qu'elle ne le voyait plus. Elle alla l'appeler lorsqu'une voix des plus inquiétantes se fit entendre.

«
 Je pense que peu importe votre problème, je puis être une solution. »

Iris se figea. Une chair de poule violente lui parcouru la peau. Elle regarda rapidement partout autour d'elle, cherchant la source de cette voix. Son cœur battait avec affolement dans sa poitrine. Elle ne voyait personne.

Apeurée, elle se plaqua dos contre le coin de la cabine. La fenêtre encore ouverte laissait entrer une legère brise fraiche, faisant vaciller le peu de lumière qui émanait de la lampe voilée. Iris avait d'autant plus de mal à englober l'ensemble de la cabine dans son regard à cause de son œil gauche invalide.

D'un coup réapparut devant elle la simple image du tatouage d'Orphée, plus terrifiante que jamais, accompagnée d'une simple phrase :

«
 Dans le cas contraire, vous pourriez être un début de solution... »

Des larmes de frayeur commençaient à perler aux yeux de la jeune femme. Sa respiration se fit saccadée. Elle parla, d'une voix tremblante et aiguë qu'elle essayait pourtant de discipliner en y insufflant plus de force.

« O..Où êtes vous ? Qu'êtes vous ? Répondez ! U..Une fée ? Un sorcier ? Que voulez vous ? »

Elle continuait à tourner la tête en tous sens pour tenter de l'appercevoir.

« Montrez vous, bon sang ! »
Iris Willemer
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Orphée
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Orphée
Mer 11 Juin - 20:37
« Ah ah ah ! Je vous aime bien, Iris. Vous me distrayez. Et ces occasions-ci sont fort rares ! »

Orphée était de nouveau sur la banquette. Assis comme il l'avait été durant toute la conversation, plus tôt dans la journée. Heureux comme un enfant de son spectacle.

Profitant d'un passage sous un tunnel, il repartit dans les ombres. Le vent semblait souffler plus fort, les rouages de la locomotive tourner plus vite. Au sortir du tunnel, la lune baigna la cabine de sa lumière spectrale. Orphée se retrouvait juste devant Iris. De ses longs doigts fins, il essuya les douces larmes.

« Je suis navré de vous avoir fait pleurer. Je ne pensais pas provoquer chez vous une réaction aussi forte. »

Il décrocha le vêtement de la source lumineuse et le remit sur les épaules de sa propriétaire. Il se dirigea tranquillement ensuite vers la fenêtre, et poussa de sa main gauche sur la vitre pour la refermer.

« Je n'ai pu m'empêcher de remarquer que vous frissonniez. »

Était-ce vraiment la température du dehors qui avait provoqué une telle réaction chez la dame ? N'était-ce pas plutôt ses agissements ? Orphée provoqua un nouveau rictus, étirant les traits de son visage mortuaire.

Il se rassit une nouvelle fois, croisant ses jambes l'une par dessus l'autre.

« Pour votre gouverne, je ne suis ni une fée, ni un sorcier. Bien que j'ai connu la compagnie de ces deux types de personnes. La première était mi fée mi androïde, quand à la seconde, elle pratiquait de la magie noire appelée magie vaudou. »

Lorsqu'il se plaisait dans une situation, Orphée devenait soudainement bavard. Peu importait que son discours dans sa globalité est du sens. Peu importait qu'il joue les grands bourgeois aux grandes manières un instant, puis retournant à l'aspect de machiavélique criminel l'instant suivant. Le principal était de vivre. Peu importe qu'il soit bipolaire, fou ou dérangé.

« Et je tiens à vous préciser que cela n'est qu'une partie de mes dons. Disons que le reste est... endommagé. »

Une idée jaillit dans sa tête. Pouvait-il exploiter cet élément ? Il allait le savoir très bientôt.

« D'ailleurs, je crains que votre malheureuse aventure de début de journée n'améliore pas les choses... »

La main gauche d'Orphée fit glisser son manteau le long de son bras droit. A la place d'un moignon se révéla alors un bras mécanique dont les composants n'était pas dans le meilleur état qui soit. Il y avait également un collier de breloques provenant des Caraïbes enroulé tout autour.
Orphée
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Iris Willemer
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Iris Willemer
Mer 11 Juin - 21:45


« Ah ah ah ! Je vous aime bien, Iris. Vous me distrayez. Et ces occasions-ci sont fort rares ! »

Il était à nouveau sur la banquette comme si de rien n'était. Puis le noir complet, l'espace d'un instant. Et il était juste devant elle, à une distance indécente, lorsque la lumière revint. Il touchait son visage.

«
 Je suis navré de vous avoir fait pleurer. Je ne pensais pas provoquer chez vous une réaction aussi forte. »

Iris ne bougeait pas. Elle était totalement figée, comme une proie devant un prédateur. Elle osait à peine respirer.

Orphée lui rendit son châle, qui avait une agréable chaleur du fait d'être resté sur la lampe, et ferma la fenêtre. Le silence était si soudain qu'il en était assourdissant. L'homme s'éloigna à nouveau et reprit sa place. Iris s'autorisa à respirer à nouveau.

Son attitude avait tellement changé. Il s'était présenté en homme humble et poli, démontrant une certaine faiblesse et un besoin d'aide. A présent, il ressemblait à un chasseur. Il dégageait une présence très forte, qui effrayait la jeune femme. Il était sûr de lui et se jouait de ses réactions.

Iris se redressa, ses mains serrée contre elle, le corps de profil dans un semblant de position défensive.

Il se remit à parler, décrivant ce qu'il n'était pas, et ce qu'il avait pu rencontrer. Des informations qui importaient peu à la dame qui se sentait encore en danger. Il lui fit part du fait que pouvoir disparaître dans la pénombre n'était pas sa seule capacité, mais que les autres étaient endommagées. Et qu'elle avait probablement aggravé les choses. Iris n'était même pas vraiment en état de se demander en quoi, trop occupée à essayer de déterminer si elle devait fuir ou rester.

Orphée enleva son manteau, et là où Iris pensait voir du vide, elle eut la surprise de découvrir un bras mécanique.

Orphée était un Androïde.

* Mais alors pourquoi a-t-il besoin de ce médecin roumain... ?  *

Elle observa un peu mieux son bras, ne pouvant s'empêcher d'être fascinée malgré la peur qui lui nouait les entrailles. Le mécanisme semblait endommagé, maintenant qu'elle y faisait attention.

Iris fronça les sourcils et tenta de se redonner contenance. Les pensées fusaient à présent dans sa tête mais elle tâchait de les discipliner, et de se calmer aussi par la même. Elle considéra longuement l'être qui se trouvait devant elle. Il était très loin, en effet, d'être simplement un manchot inapte à l'aider.

Quelque chose au fond d'Iris lui hurlait de ne pas s'approcher de cet homme. Mais elle savait que seule elle ne pourrait accomplir la quête pour laquelle elle était partie. C'était trop pour ses petites épaules, elle risquait de se frotter à bien plus gros qu'elle. Cette rencontre hasardeuse était peut être le salut de son enfant.

Iris toussota pour que sa voix ne soit pas éraillée et se redressa dignement, effaçant tant bien que mal la peur de son visage.

« Je comprends que vous puissiez être... Un peu plus que ce que je pensais. Je pourrais concéder à vous aider, en échange de vos services bien évidemment. »

Son expression se fit plus grave. Elle le jaugea, tentant de transpercer du regard tous les masques qu'il pouvait revêtir, tentant d’apercevoir la vraie personne dessous.

« Cependant... Je ne sais pas si vous êtes un homme d'honneur. J'ai besoin d'une preuve, d'un gage de bonne foi, quelque chose qui me montrerait qu'une fois que je vous aurais aidé dans votre quête, vous m'aiderez tout autant dans la mienne. »
Iris Willemer
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Orphée
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Orphée
Jeu 12 Juin - 17:23
Il se délectait des émotions qui dansaient sur le visage d'Iris. Il s'amusait à la fixer alors qu'elle semblait chercher elle-même quelque chose dans ses traits et ses expressions.

« L'honneur ? Qu'est-ce que c'est si ce n'est un mensonge, une excuse pour atteindre nos buts de façon élégante et polie ? Je vais être franche avec vous madame Iris, vous pourrez compter sur ma personne tout le temps où cette aventure me sera trépidante. Si l'histoire venait à devenir ennuyeuse, je disparaîtrais probablement dans les ombres. »

Ce qu'il disait était la vérité. C'était le propre même de sa personne. Peu importait au final qu'elle décide d'aller chercher son aide ailleurs. Si ce n'était pas elle qu'il utiliserait, ce serait quelqu'un d'autre. Dans tous les cas, il avait gagné une aventure lors de son voyage entre un point A et un point B.

« Dans la possibilité même où je voudrais vous délivrer une preuve de confiance, je ne le pourrais. Comme vous avez pu le remarquer, je n'ai aucuns bagages. Je n'ai comme richesse que ce long manteau, ce bras mécanique explosé et ce sortilège vaudou autour de ce dernier. Il fut un temps où j'avais un trésor. Mais c'est une autre femme qui l'a en sa possession. »

Une longue flûte traversière qu'il utilisait comme intermédiaire pour user de ses pouvoirs de charme. Mais depuis qu'il avait ce bras de fer, la magie s'était déréglée. Les conséquences de ses mélodies avaient été hasardeuses et dangereuses. Il avait perdu le contrôle.

Cela avait été amusant les premiers temps. Il était acteur et réalisateur. Il dirigeait et était source de chaos. C'était une expérience plus qu'intéressante qui l'avait éloigné d'une quête autodestructrice : la recherche de son Amour. Une femme qui n'était autre que la Mort elle-même.

« Peut-être pourriez-vous m'expliquer vos tracas ? Nous pourrions alors convenir d'une stratégie. »

HRP:
 
Orphée
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Iris Willemer
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Iris Willemer
Jeu 12 Juin - 19:53
Iris croisa les bras et l'écouta attentivement. A mesure qu'il parlait, elle comprenait qu'il n'était pas dangereux pour elle. Du moins pas dans l'immédiat. Elle comprenait également qu'elle était tombée sur un personnage étrange, et on ne peut moins peu fiable. Son chemin semblait dicté par un instinct et un certain grain de folie.

Mais au moins avait-il l'air honnête.

Toujours debout, elle le fixait. Son rythme cardiaque semblait s'être calmé. Elle analysait la moindre information qu'il lui délivrait à présent, parce qu'elle avait bien l'intention qu'il lui soit utile. Au moins jusqu'à ce qu'elle trouve quelqu'un d'autre sur qui elle pourra compter.

Bientôt, ce serait à elle de parler. Elle réfléchissait à quoi dire, et quoi cacher. Cet exercice ne lui était pas inconnu, en tant que baronne elle avait plusieurs fois du convaincre et débattre avec des gens à la place de son mari, et délivrer la vérité crue sans effort de présentation était rarement une bonne stratégie. Manipuler quelqu'un était loin d'être une habitude chez elle, et elle manquait cruellement de pratique. Mais elle savait qu'elle risquait de devoir apprendre rapidement si elle voulait pouvoir s'en sortir.

Il n'y avait plus personne à présent pour prendre les coups et les blâmes à sa place en protégeant son intégrité morale.

Lorsqu'Orphée lui demanda de lui raconter son histoire, Iris était prête et calme. Elle s'approcha de lui et enleva doucement son pendentif, qu'elle ouvrit et lui tendit pour qu'il voit les deux portraits. Après quoi, lui laissant le précieux bijou entre les mains, elle alla s'asseoir en face de lui, le dos bien droit, les mains posées l'une sur l'autre sur ses genoux.

« Willemer est mon nom de jeune fille. Mais je vous l'ai dit, je suis mariée – et en cela je n'ai pas menti. Je suis l'épouse du baron austro-hongrois Daniel von Leitenberg, et je porte son nom depuis maintenant dix ans. C'est mon mari que vous voyez à gauche, et à droite c'est notre unique enfant, Adrian. »

Daniel von Leitenberg avait un air particulièrement austère et sévère. Il semblait grand, d'une structure corporelle très carrée et imposante. La photo était petite et un peu abîmée mais on voyait clairement qu'il devait avoir une bonne trentaine d'années que son épouse. Leur fils Adrian lui, avait l'air d'être un joyeux bambin de cinq ou six ans à la bouille angélique.

Iris lui laissa le temps de regarder et reprit, tentant de maintenir un ton égal alors que l'émotion la prenait visiblement d'assaut.

« Ces clichés ont été pris l'année passée, lorsque la maladie de mon mari fut déclarée. Je les ai réclamés afin de pouvoir garder un souvenir d'eux près de mon cœur quoi qu'il advienne. J'ai bien fait. Quelques mois plus tard, en novembre, mon mari s'est.... éteint. »

Elle marqua une pause le temps de serrer un peu les dents pour ne pas pleurer. Les sanglots risquaient de l'empêcher de continuer. Elle ramena le revers de sa main à ses lèvres, inspira un bon coup, et recommença à parler.

« Ce n'était pas innatendu. Dès que sa maladie avait été diagnostiquée, nous savions que cela allait arriver. Daniel m'a alors enseigné à diriger notre baronnie et... Non, ces informations ne sont pas importantes. Ce qui importe c'est que Daniel m'a appris avoir un jeune frère, disparu dans la nature depuis un certain temps, qui risquait de revenir à la charge pour récupérer les terres et le titre. Alors j'ai... Sans le dire à Daniel, j'ai contactée une sorcière. J'ai... fait un contrat avec elle. Si quelqu'un venait à attenter à la vie de mon fils, il serait protégé, et ce pendant trois ans contre toute tentative d'assassinat à compter de la première agression. »

Elle plaça une main sur son œil gauche.

« J'ai vendu la vue d'un de mes yeux pour cela. La vue me fut prise lorsque le contrat s'activa. La nuit où mon enfant fut enlevé. Bien sûr, aucune trace, aucun indice menant à qui que ce soit. Mais je sais que c'est le frère de Daniel qui l'a fait, personne d'autre n'y avait d'intérêt. Et si j'ai perdu la vue c'est que quelqu'un a essayé de le tuer avant de l'enlever. C'est la seule information que j'ai, ça et le fait que la dernière fois que Daniel ait eu des nouvelles de son frère, celui ci était parti vivre à Berlin. D'où mon voyage. »

Accessoirement, l'empereur, en apprenant la disparition de l'héritier avait ensuite dépêché un émissaire de la couronne pour gérer le domaine en son nom, le temps qu'on retrouve l'héritier direct, ou qu'il soit déclaré mort et qu'on cherche un autre successeur. On avait cloîtrée Iris dans ses quartiers et on ne l'avait plus rien laissé gérer. Mais elle préféra garder cela pour elle.

« Je ne pouvais rester sans rien faire, alors j'ai décidé de partir et de chercher mon fils par moi même. J'ai trois ans pour le retrouver. Mais ce n'est pas le seul but de mon voyage. Si je retrouve mon fils avant que les trois ans ne s'écoule, je retrouverai la vue et le sort de protection sera brisée. Aucun nouveau sort de protection ne pourra lui être appliqué. Je dois donc également trouver un moyen, durant mon périple, de le protéger de tout danger pendant qu'il grandira. Que ce soit avec mes propres forces ou en me trouvant des alliés. »

Elle se redressa encore plus qu'elle ne l'était, affichant un regard plus déterminé que jamais.

« Je suis prête à tout, même à me salir, pour assurer l'avenir de mon enfant. Je suis prête à prendre le risque de m'associer avec vous, mais dans ce cas, nous devrions œuvrer à nos deux quêtes en même temps, afin de nous être mutuellement utiles sans que l'un de nous soit dans l'attente. Et si nos chemins doivent se séparer... et bien ils le feront. J'en ai conscience. »



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Iris Willemer
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Orphée
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Orphée
Ven 13 Juin - 17:48
Orphée s'ennuyait presque de la biographie d'Iris. Une tragique et banale histoire de famille. Il en avait connu des complots et des drames familiaux lorsqu'il errait encore dans les soirées mondaines. Il était presque déjà prêt à abandonner cette femme qui perdait trop vite de l'intérêt, et donc son attention, et donc sa protection. De plus, le baron austro-hongrois Daniel von Leitenberg lui était inconnu. Etait-il donc resté si longtemps des cercles de pouvoir ?

Ses yeux allèrent vers la fenêtre. Les paysages nocturnes avaient quelque chose d'attirant. Le moindre paysage banal prenait un aspect inquiétant et intéressant à la nuit tombée.

Puis vint le moment de la sorcière.

Orphée se retourna donc vers Iris. Elle avait de nouveau captée son attention. Une histoire royale mêlée à un contrat de sorcière faisait une bonne histoire. Il y avait les acteurs. Mais la pièce serait-elle bonne ?

Des péripéties s'ajoutèrent. Un compte rebours, un combat contre le temps. Un œil devenu aveugle, un handicap qui ne se remarquait pas. Son œil paraissait normal. Lorsque la fin de l'explication vint, Orphée sourit :

« Vous dites que vous devez protéger votre fils ou lui trouver des alliés. Mais il existe une troisième possibilité : qu'il se protège lui-même. Comme je vous le disais plus tôt, j'ai traversé une partie du nouveau continent en compagnie du fée qui semblait apprendre à dompter ses nouveaux pouvoirs. Elle avait le don d'en donner. Peut-être pourrions-nous nous mettre à sa recherche ? Elle exaucerait peut-être votre vœux. »

Il se revit dans la cabane de la sorcière vaudou. Le silence qui avait suivit le rituel. L'absence de ses « deux filles ». Il ne s'était pas posé plus de questions. Il avait sa quête. Il avait une destination. Si elles avaient décidés de partit, il ferait sans.

« Mais je n'ai aucune idée d'où elle peut se trouver. J'en suis désolé. »

Ses pensées vagabondèrent. Il réfléchissait à tout ce qu'elle venait de lui dire. Puis il reprit la parole :

« Mais vous, avez-vous un plan ? Si je me souviens correctement, vous êtes parti pour Berlin, c'est cela ? Je pourrais peut-être vous guider. Je suis passé de nombreuses fois dans cette capitale. J'ai vu des choses que les gens préfèrent se détourner. Peut-être trouverons-nous notre individu dans la lie de la société ? »

Au loin, le ciel prenait lentement une teinte rougeâtre.
Orphée
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Iris Willemer
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Iris Willemer
Ven 13 Juin - 19:13
« Vous dites que vous devez protéger votre fils ou lui trouver des alliés. Mais il existe une troisième possibilité : qu'il se protège lui-même. Comme je vous le disais plus tôt, j'ai traversé une partie du nouveau continent en compagnie du fée qui semblait apprendre à dompter ses nouveaux pouvoirs. Elle avait le don d'en donner. Peut-être pourrions-nous nous mettre à sa recherche ? Elle exaucerait peut-être votre vœux.»

Iris écarquilla les yeux. Elle n'y avait même pas songé pour dire vrai. Les fées n'avaient pas répondu à son appel lorsqu'elle avait cherché quelqu'un pour protéger son fils. Elle savait que certaines pouvaient donner des dons aux gens, mais n'y avait pas pensé comme un moyen pour son fils de se proteger lui même. Adrian était un enfant très jeune encore, d'à peine sept ans. Iris ne s'était pas figuré qu'il aurait pu se protéger seul d'une quelconque manière, mais ce n'était pas une mauvaise piste.

«
 Mais je n'ai aucune idée d'où elle peut se trouver. J'en suis désolé. »

Iris s'en était doutée puisqu'il avait proposé de recherche à sa recherche. Mais il lui semblait que plusieurs fées possédaient le don de donner des dons. Il suffisait donc de trouver l'une d'elle.

«
 Mais vous, avez-vous un plan ? Si je me souviens correctement, vous êtes parti pour Berlin, c'est cela ? Je pourrais peut-être vous guider. Je suis passé de nombreuses fois dans cette capitale. J'ai vu des choses que les gens préfèrent se détourner. Peut-être trouverons-nous notre individu dans la lie de la société ? »

Iris se massa le front, réfléchissant à ce qu'il avait dit.

« Et bien... Je me rends a Berlin pour tenter de retrouver la femme qui hébergeait le frère de Daniel, celle qui donc l'a vu pour la dernière fois. J’espère si je la trouve qu'elle a des informations le concernant... »

Elle avait dans son sac une vieille lettre écrite par Daniel à son frère à cette adresse que la femme avait renvoyée en disant qu'il n'habitait plus chez elle.

« Sinon, je suis prête à explorer toutes les pistes pour mettre mon fils hors de danger. Aussi, votre idée de fée n'est pas à exclure, en espérant que nous puissions la trouver. Et comme je vous l'ai dit, je suis prête à tout alors nobles, rois, criminels ou mendiants, je côtoierai quiconque pourra m'aider. Je ne détournerai pas le regard et je vous suivrai, je ferai ce qu'il faut tant que ça me mène à mon enfant. »

Elle étouffa un bâillement. Elle avait un mal immense à dormir depuis qu'Adrian avait été enlevé, et ne parvenait à dormir que lorsque son corps était trop exténué pour tenir. Plus tôt dans l'après midi elle s'était assoupie de fatigue mais s'était réveillée prématurément à cause de son cauchemar. A présent, le manque d'energie se faisait à nouveau sentir, surtout après les émotions auxquelles la compagnie d'Orphée l'avait soumise.

« A présent, j'ai besoin de repos, si vous le permettez. »

Elle se leva et déploya le mécanisme qui transformait la banquette en lit. Après quoi elle sortit le duvet de l'étagère au dessus de sa tête, et sa robe de nuit de sa valise. Elle allait commencer à se déshabiller avant de se souvenir d'un leger détail.

« Hm. Orphée. Vous voudriez bien sortir s'il vous plait ? J'aimerai me changer pour dormir. »

Elle lui lança un regard insistant. Elle songea qu'il allait probablement dormir lui aussi, sur l'autre banquette. Après reflexion, elle sortit son couteau de chasse, dans son fourreau, et le posa à coté de là où elle aurait sa tête une fois couchée. L'air de dire « Et si tu tentes quoi que ce soit, pouvoirs ou pas, tu es encore plus mort que mort»




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Iris Willemer
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Orphée
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Orphée
Sam 14 Juin - 9:44
Orphée n'avait pas envie de dormir. Il avait déjà pris du repos, plus tôt, lorsqu'il avait attendu que la nuit tombe pour faire sa petite démonstration d'homme invisible.

Il sortit donc à la demande de la cabine et se retrouva dans les ténèbres qu'il avait créer. Il disparut donc dedans et resta là. Il n'avait pas envie de dormir, mais n'avait pas plus l'envie de rester assis sur la banquette à observer Iris.

*La vie dans la capitale demandera quelques richesses. J'en aurais besoin si je devais me retrouver seul. *

Il usa donc des ombres pour évoluer dans le couloir et les cabines du wagon de première classe. Il subtilisa ainsi tout l'argent liquide, les montres à gousset et les joailleries qu'il put. Si certains avaient le malheur de se réveiller, il ne faisait apparaître que son tatouage mortuaire. Les forçant à fermer les yeux. Les forçant à croire qu'il cauchemardait. Puis il repartait.

Lorsqu'il revint dans la cabine avec Iris, il la retrouva emmitouflé dans sa couette, le couteau à portée de main. Elle dormait profondément et paraissait tellement faible... Il aurait pu s'approcher, lui subtiliser son arme et la tuer avec. Mais qu'aurait-il fait de ce meurtre gratuit ? Il n'avait aucun sens. Alors, il s'assit sur la banquette et regarda la journée faire disparaître la nuit.
Orphée
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