[An 04] En toute amitié

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Ronce de France
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Sam 21 Juin - 19:37
Personne ne s'attendait à voir la reine revenir aussi vite. Entendez par « vite », une semaine après son départ. Les domestiques couraient donc partout, s'empressant de tout mettre en ordre avant que la reine ne descende de sa calèche. Tous furent encore plus étonnés en voyant une femme descendre en compagnie de la reine. Une invité imprévue ! Déjà on entendait la cuisinière se plaindre de devoir préparer un couvert de plus. Mais, telle une horloge bien huilée, tout fut en place et quand Ronce franchit les portes du palais, tous étaient là pour la saluer.

Ronce congédia les domestiques, ordonnant juste qu'on leur prépare une collation dans son boudoir. Guidant Iris parmi les couloirs et les étages, elle finit par l'amener dans son boudoir privé. En digne pièce du XVIIIe siècle le style rococo régnait en maître. Un sofa aux arabesques tortueuses accueillit les deux femmes. Malgré son rang, Ronce voulait être assise aux côtés d'Iris comme deux grandes amies.

Une domestique apporta un service à thé, accompagné de biscuits. Le thé servi elle se retira, laissant les deux femmes en toute intimité.

— Que cela fait du bien d'être à la maison.

Ronce avait lâché cette phrase avec un soupir de contentement. La reine s'était laissé tomber dos contre le dossier du sofa.

— J'espère que nous allons trouver cet homme que vous cherchiez à Berlin. D'ailleurs, Iris, comme nous sommes attablées avec un bon thé, pourquoi ne pas nous confier l'une à l'autre ? Malgré le voyage, je n'ai pas forcément tout dit, peut-être voulez-vous savoir des choses à mon sujet.

Si jamais les questions étaient trop déplacées, Ronce reprendrait gentiment sa nouvelle amie.


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Iris Willemer
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Iris Willemer
Sam 21 Juin - 23:47
Iris était habituée à des choses qu'elle pensait grandes et luxueuse. Elle se sentit paysanne à coté de l'extravagance de Versailles. Tout brillait, tout était richement décoré, le moindre objet semblait valoir plus que tout ce qu'Iris avait sur elle. C'était impressionnant. La grande réputation de ce château était très loin d'être usurpée.

La jeune austro-hongroise était toute admirative et ne savait où poser ses yeux tant il y avait de choses autour d'elle. Seulement Ronce marchait vite donc elle ne lui laissa pas le loisir de tout détailler.

Une fois dans le boudoir de la Reine, Iris put enfin poser son derrière sur une surface qui ne bougeait pas, ce qui après quelques jours de voyage lui fit grand bien. Elle avait hésité à s’asseoir à coté de la reine, pensant sans doute que ce ne serait pas de bon ton, mais Ronce semblait y tenir alors elle s’exécuta. Ça lui allait aussi, elle avait encore du mal à considérer Ronce comme une reine là où dans sa tête elle l'avait déjà placée dans la cas « amis ». Ceci étant, l'arrivée à Versailles aidait un peu plus Iris à se rendre compte du statut de son amie.

Assise, elle souffla un peu, fatiguée par leur voyage depuis Berlin. Le lendemain de l'incident de l'opéra, Iris était allée voir à l'adresse qui figurait sur la lettre qu'elle avait emportée, là où devait habiter la dernière logeuse en date du beau-frère d'Iris. Elle n'avait trouvé personne, mais elle eut de la chance dans son malheur car une voisine lui apprit que l'homme qu'elle cherchait était parti avec une amante habiter en France, il y a de cela trois ans. Apprenant qu'Iris cherchait quelqu'un en France – sans que celle-ci lui ai vraiment dit qui et pourquoi – Ronce avait sauté sur l'occasion pour lui proposer de rentrer avec elle. Iris avait accepté.

C'était une joie de pouvoir encore profiter de la présence de Ronce malgré leur écart de statut. C'est pourquoi Iris décida de tout raconter à la française, et ce avant même qu'elle ne lui demande.

« C'est une bonne idée, Majestée. Il faut dire que... Je ne vous ai encore rien dit vraiment à mon sujet. La confiance que vous me portez me touche beaucoup, alors je vais tout vous dire. »

Elle prit une grande inspiration et expliqua sa situation à Ronce.

« Je me nomme Iris, Iris Willemer de mon nom de naissance, je suis la femme du baron austro-hongrois Daniel von Leitenberg, récemment... emporté par la maladie. Et je suis à la recherche de mon fils, enlevé par le frère de feu mon mari, que je n'ai jamais rencontré et dont je ne sais pour ainsi dire rien... »

Elle enleva son pendentif qu'elle ne retirait presque jamais et l'ouvrit pour lui montrer.

Une fois que Ronce eut les images sous les yeux elle reprit son explication et approfondit plus son histoire, lui narrant la mort de Daniel, le pacte avec la sorcière pour la protection d'Adrian, l'enlèvement d'Adrian, l'arrivée au domaine d'hommes de l'empereur qui retirèrent tout droit de gouverner à Iris tant que sont fils demeurait disparu. Le récit s'orienta ensuite sur comment elle avait décidé de partir seule à la recherche de son fils, sur comment elle avait rencontré Orphée, elle expliqua même les pouvoirs dont il était doté et ne cacha pas le détail de son bras métallique.

Lorsqu'elle eut fini, le thé dans sa tasse était presque froid. Ca ne l'empêcha pas de le boire – et d'en profiter – une fois qu'elle eut terminé de parler.

« Voilà, vous savez tout maintenant. »

Elle attendait de voir si Ronce avait des questions sur son histoire avant d’enchaîner sur les questions qu'elle avait à propos de la reine elle-même.
Iris Willemer
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Ronce de France
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Dim 22 Juin - 1:09
Austro-hongroise ? Et elle qui l'avait toujours considérée comme étant allemande. Enfin, cela n'empêcherait pas Ronce à la surnommer affectueusement « L'Allemande ». Elle trouvait que ce surnom lui allait à merveille. Puis Allemand et Austro-Hongrois parlaient la même langue. Ce n'était pas comme si elle confondait France et Angleterre.

Passé ce petit détail, Ronce écouta attentivement le récit d'Iris. Elle regarda les photos du médaillon, s'arrêtant en particulier sur le portrait d'Adrian. Les tons sépias ne permettaient pas de saisir toutes les nuances de couleur. Mais les traits du visage, la teinte sombre des cheveux, tout clamait que ce garçon étai bien celui d'Iris. Ils avaient un air de famille. Le sang ne pouvait mentir.

Dès qu'Iris eut terminé son récit, Ronce lui prit la main.

— C'est horrible ce qui vous est arrivé.

D'un certain côté elle pouvait comprendre la détresse d'Iris. Elle aurait ressenti la même chose si quelqu'un lui avait enlevé Ciel. Mais contrairement à la baronne elle avait en sa possession de puissants moyens. Non seulement des gardes mais aussi des relations avec d'autres têtes couronnées. L'idée germa alors dans son esprit, lui arrachant un sourire et faisant palpiter son cœur d'espoir mal dissimulé.

— J'ai une idée. Iris, accepteriez-vous que nous diffusions ce portrait ? Avec des affiches, et dans les journaux. Oh, je pourrais aussi le transmettre à quelques dirigeants. Je suis une grande amie du roi d'Espagne. Il pourrait nous prêter son secours.

L'innocence toute « Roncienne » venait de refaire surface. Elle était soudainement certaine qu'avec son concours Iris retrouverait son fils en deux temps trois mouvements. Toute émoustillée, la reine ne cachait plus ses espérances. Elle rendit le pendentif à Iris, non sans ajouter :

— Évidemment c'est seulement si vous le souhaitez. Je ne vous force à rien. Mais cela permettrait peut-être de vous aider ? Il est vrai qu'après le ravisseur peut se sentir menacé et se cacher.

La mine de Ronce s'était soudainement assombrie. Elle prit sa tasse de thé et la sirota pour mieux réfléchir au souci qu'elle venait de soulever.


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Iris Willemer
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Iris Willemer
Dim 22 Juin - 18:42
Ronce semblait touchée par l'histoire qui lui était contée. Elle l'avait écoutée avec une grande attention et ne l'avait pas interrompue une seule fois, ce qui avait permis à Iris de rester bien concentrée.

La compassion de la Reine réchauffa le cœur d'Iris, qui avait l'impression d'avoir enfin trouvée une amie qui la comprenait. Lorsqu'elle avait racontée ses mésaventures à Orphée, celui ci avait à peine cillé. Ronce quant à elle réfléchissait vraiment aux solutions qu'elle pouvait proposer à Iris pour résoudre ses problèmes.

Iris lui sourit, rassurée de voir qu'elle ne serait plus vraiment seule sur sa quête. Et avec une alliée de ce poids – poids en terme de pouvoir, parce que Ronce n'était pas bien grosse évidemment – Iris pouvait bien espérer retrouver son fils rapidement.

La proposition que la reine fit par rapport à la diffusion du portrait égaya Iris un premier temps. Puis lorsqu'elle y réfléchit un peu, l'idée ne lui sembla finalement pas si parfaite. Les ravisseurs de son fils avaient une position géographique inconnue, et de plus, ils étaient possiblement proches des têtes couronnées ce qui ferait trop rapidement remonter l'information jusqu'à eux. Pour le moment, ils n'étaient probablement pas au courant du fait qu'Iris était partie à la recherche de son enfant.

Ronce sembla penser à la même chose car elle se reprit et lui fit part des mêmes inquiétudes.

Iris secoua la tête, la mine redevenue très sérieuse.

« Non... Ca aurait pu être une bonne idée dans une situation differente. Mais je crains que reveler cette information au monde ne fasse courir qu'un plus grand danger à mon enfant. »

Elle regarda à son tour le portrait inerte d'Adrian.

« Et ce portrait date un peu. Adrian a six ans à peine là dessus. Il a grandit et a changé depuis. Alors ça serait prendre trop de risques. »

Elle soupira.

« Je vous suis reconnaissante cependant, Majestée, pour m'avoir proposée votre aide. Rien ne vous y forçait. »

Elle finit sa tasse de thé avant de reprendre.

« Peut être devrais-je commencer par retrouver la trace de cette homme. Si je le retrouve, je pourrai savoir où il a caché mon fils. »

Une colère sourde s'affichait sur visage, transparaissant derrière son attitude calme et polie. Si elle retrouvait le ravisseur d'Adrian, il y avait peu de chance qu'elle réussisse à contrôler sa rage et qu'elle ne le frappe pas jusqu'à plus soif pour toute la douleur qu'il avait causé à sa famille.

Se reprenant car n'aimant pas penser à des choses si négatives lorsqu'elle n'était pas seule, elle souffla et retrouva une attitude sereine, retournant le sujet de la conversation vers Ronce.

« Et vous, Majesté ? Je ne sais trop quelle question poser, j'en ai certes plusieurs, mais elles ne relèvent que d'une simple curiosité à votre propos et à celui de votre pays. Tout ce que je sais de vous c'est ce que j'ai pu trouver dans des livres ou des journaux. »

Elle se disait qu'il ne serait pas très poli de poser ce genre de questions, car elle ne savait pas si elle risquait ou non de tomber sur un sujet sensible.

« Mais dites moi, vous disiez ne m'avoir pas tout dit. Il y a quelque chose en particulier dont vous souhaitiez me parler ? »
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Ronce de France
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Dim 22 Juin - 20:46
Ronce ne pouvait qu'approuver les paroles d'Iris. Cette femme était bien plus posée qu'elle, plus mature. Elle prenait en compte des choses qu'elle-même, dans sa précipitation, elle avait négligé. Iris devenait, peu à peu pour Ronce, un modèle.

— J'espère que vous allez retrouver votre fils. Et si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas à demander la mienne.

Elle avait dit cela en posant sa main sur celle d'Iris. Geste simple pour pouvoir prouver toute l'honnêteté de ses paroles.

Mais il était désormais temps à la reine d'entrer dans le jeu des confidences. Ronce ne savait pas par où commencer. En même temps elle avait l'impression de n'avoir rien de palpitant à raconter. Pas d'enlèvement, pas de relation romanesque. Elle était simplement une reine. Même si le « simplement » était tout relatif.

— Je voulais surtout vous... M'excuser pour mes mensonges quand nous étions à Berlin. Je dois avouer que j'aime cacher ma véritable identité. Non pas pour me moquer des gens, mais... Pour oublier pendant un temps mon statut et toutes les contraintes qui y sont liées.

Porter une couronne était parfois dur à porter. Surtout quand on était seul sur le trône, sans personne à qui se confier. Ronce n'était pas dépourvue d'amis, mais on ne confie pas certaines choses même au plus fidèle des amis. On ne peut pas se blottir dans les bras d'un ami comme on le ferait avec un époux. Un voile passa dans le regard de Ronce, l'espace de quelques secondes. Mais la joie de vivre qui habitait Ronce, son optimisme reprirent rapidement le dessus.

— Même si vous avez été compréhensive, je préfère m'excuser à nouveau. Mentir n'est pas un acte positif.

Ronce eut même un sourire contrit de petite fille prise la main dans le pot à confiture.

— Que vous dire sinon ? Depuis mon éveil, je tente de faire en sorte que mon royaume soit florissant pour tout le monde. Ce qui n'est pas facile, vous vous en doutez. Mais ne parlons pas politique, c'est un sujet ennuyeux. Savez-vous que j'ai un frère qui doit avoir pratiquement le même âge qu'Adrian ? Je vous le présenterais si vous le souhaitez. Il s'appelle Ciel.

Parler d'enfants, de famille, c'était là un sujet typiquement féminin.


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Iris Willemer
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Iris Willemer
Dim 22 Juin - 23:08
Ronce avait engagé un contact physique en prenant la main d'Iris. La jeune femme la laissa faire. Étonnamment, même si elle n'en avait pas l'habitude, être touchée par Ronce ne la gênait pas. Elle avait l'impression d'avoir trouvée une nouvelle sœur.

Elle se demanda d'ailleurs l'age que pouvait bien avoir la reine – sans compter les cent années de sommeil. Elle avait l'air jeune, peut être plus jeune qu'Iris, mais une couronne et les responsabilités qui vont avec vous feront forcément vieillir.

Alors que son Ronce parlait, Iris eut soudain envie de faire quelque chose. Quelque chose d'inattendu, de fou, qu'elle ne se serait jamais permis en temps normal, surtout pas avec le statut de Ronce. Elle regardait Ronce avec une certaine tendresse en la voyant s'expliquer et s'excuser quant à son mensonge. Iris la trouva adorable, cette belle jeune femme, si sincère et pure. Elle hésita un peu, mais les deux jeunes femmes étaient seules dans le boudoir, sans personne pour les surprendre. Et si Ronce n'était pas d'accord, elle pourrait aisément s'écarter. Iris ne put résister. S'approchant de Ronce lentement, elle tendit les bras vers son amie et l'attira à elle pour l'enlacer doucement, avec toute la tendresse qu'elle aurait eu pour une jeune sœur.

« Ne vous inquiétez pas, j'ai très bien compris votre situation. Moi même je n'ai rien dit sur mon identité lorsque nous nous sommes présentées alors je serai bien sévère de vous juger. De plus vous ne m'avez pas menti, vous avez juste omis quelques informations. »

Iris s'écarta finalement et gloussa.

« Quoi qu'il en soit, puisque vous tenez à vous excuser, je vous pardonne avec joie. Et je m'excuse également de vous avoir menti. »

Elle toussa un peu, et rougit, se rendant compte qu'elle venait de prendre dans ses bras la Reine de France.

« Hm. Oh et je serai honoré de rencontrer votre jeune frère. Ciel est un très joli prénom ! »

Un enfant du même age qu'Adrian. Iris sourit, imaginant déjà les deux enfants partager une amitié semblable à celle en train de se tisser entre elle et Ronce. C'en était presque surnaturel, la rapidité avec laquelle elles s'étaient fait confiance, toutes les deux. Peut être que la présence menaçante d'Orphée et les événements déplaisants avaient joué leurs rôles dans le rapprochement des deux femmes.
En songeant à Ciel, Iris réalisa quelque chose.

« Votre frère, est-il au château actuellement ? Nous devrions peut être nous hâter de lui rendre une visite, il ne vous a pas vu depuis un certain temps maintenant, vous avez du lui manquer terriblement ! »

Elle se souvenait lorsque ses frères, partis étudier à l'étranger, revenaient à la maison, elle se serait vexée s'ils n'étaient pas immédiatement venus la saluer.
Iris Willemer
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Ronce de France
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Mer 25 Juin - 14:26
Elle avait été surprise. Personne ne l'avait jamais pris dans ses bras. Hormis sa nourrice et le roi d'Espagne. Mais chez ce dernier ça avait été un geste guidé par l'urgence, quand elle avait succombé au pouvoir du roi. Il n'y avait eu aucune émotion se rapprochant d'une tendre amitié. Pas comme maintenant. Le temps que dura l'étreinte, Ronce se sentit redevenir une petite fille. Une petite sœur dans les bras de son ainée.

La confiance qui la liait à Iris, cette amitié qui se forgeait malgré leurs différences sociales... Tout ceci semblait presque irréel, et Ronce ne voulait pas que cela cesse. Une amie proche, cela lui manquait tellement. Si Adrian n'existait pas, Ronce aurait tout fait pour pousser Iris à demeurer dans ce palais. Mais on ne peut pas éloigner davantage une mère de son enfant.

En parlant d'enfant, Iris lui rappelait son devoir de grande sœur. Rendre visite à son frère. Ronce se leva d'un bond, se maudissant d'avoir oublié son frère cadet.

— Que je suis sotte ! Vous avez raison. J'espère qu'il se porte bien.

Ronce indiqua à Iris de la suivre afin qu'elles rejoignent les appartements du prince Ciel. Chemin faisant, Ronce mit son amie au courant au sujet du jeune garçon.

— Mon frère est très malade. Il a une santé fragile. Parfois il peut partir des jours durant, faire un voyage puis, soudainement, se sentir mal et devoir rester alité. Il est très proche de moi, et j'essaye d'être auprès de lui malgré mes devoirs. S'il avait été présent au château, et bien portant, il se serait empressé auprès de notre calèche pour nous accueillir.

Enfin elles arrivèrent devant les lourdes portes qui fermaient la chambre du prince. En tant que reine, Ronce aurait pu ouvrir sans frapper. Mais elle craignait que son frère n'aille au plus mal et ne voulait pas surgir dans la chambre si son cadet avait besoin de repos. Elle toqua donc doucement. Un domestique lui ouvrit et, à sa question muette, lui expliqua que le prince était alité. Rien de grave, il avait été saisi simplement d'une grande faiblesse. Il était actuellement en train de dormir et le médecin avait prescrit un repos total.

Déçue de ne pas pouvoir voir son frère, ni de pouvoir le présenter à sa nouvelle amie, Ronce demanda tout de même à ce qu'on la prévienne dès que le prince irait mieux. Ne serait-ce que pour le voir. Elle savait combien Ciel n'appréciait guère être enfermé.

La porte se refermant derrière elle, Ronce s'excusa de ne pas pouvoir présenter Ciel à Iris. Mais avec peu de chance, peut-être irait-il mieux dans la soirée.

— Mais je peux tout de même vous montrer à quoi il ressemble. Il s'est fait peindre un portrait récemment.

Suivant le couloir, Ronce la conduisit devant un portrait de Ciel. Non pas un petit portrait de poche, mais un tableau représentant la personne à taille réelle. Ciel était représenté en tenue de prince, avec une épée à la ceinture. Le regard droit et fier, il vous fixait avec la gravité d'un enfant de dix ans. Les cheveux blonds étaient courts, coupés nettement avec une raie sur le côté. Un vrai petit prince.

— Ne vous y trompez pas, il est plus souriant dans la réalité que sur ce tableau. Il affectionne beaucoup les fleurs et les animaux. Parfois nous cultivons des roses ensemble, c'est un passe-temps reposant.

Spoiler:
 


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Iris Willemer
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Iris Willemer
Jeu 26 Juin - 0:35
La jeune femme s'était précipitée à la suite de son amie qui semblait se souvenir comme par magie qu'elle n'avait en effet pas salué son cadet.

Ronce expliqua à Iris la condition de la santé du jeune Ciel, et savoir un enfant de l'age de son fils dans une telle faiblesse fit se serrer son cœur de mère. Elle se mit à esperer que tout aille bien pour ce jeune enfant.

Il en fut visiblement autrement parce que même la reine ne put rendre visite au petit prince, visiblement souffrant. Iris posa une main compatissante dans le dos de Ronce, la voyant abattue par cette triste nouvelle. La baronne cependant n'attarda pas trop sa main, craignant que quelqu'un ne passe et ne s'offusque d'une proximité physique indécente entre elle et la reine.

Ronce tint tout de même à lui présenter Ciel d'une autre manière. Elle l'amena à un tableau dont la facture exquise coupa le souffle d'Iris qui ne put qu'admirer la technique. Ciel et Adrian était très différents mais quelque chose lui rappela son fils dans son regard vif. Probablement quelque chose qu'avaient tous les petits garçons de cet age en commun.

Elle rit lorsque Ronce commenta la tableau.

« Oh, ne vous inquiétez pas. Nous avons un tableau d'Adrian -certes moins beau et plus petit- dans le salon de notre château, et il a lui aussi posé de manière à avoir l'air très digne et très sérieux. »

Elle lança un regard tendre au portrait de Ciel, comme si elle regardait Adrian.

« Ca doit être un trait communs aux enfant dont on attend une attitude d'adulte. »

Elle s'en était toujours un peu voulu de toutes cette pression qu'on avait mit à son fils dès sa naissance, en tant qu'unique héritier du baron. Ça l'avait probablement privé d'une enfance normale, malgré tout ce qu'Iris avait fait pour couvrir son fils d'amour. Et probablement que Ciel, en sa qualité de prince même s'il n'était pas l'héritier, avait lui aussi du faire face à des attentes qui l'avaient fait grandir bien vite.

Sentant la mélancolie lui monter au nez, Iris changea de sujet, rebondissant sur ce que Ronce avait dit.

« Oh des roses, c'est cela ? Je ne me suis jamais trop intéressée au jardinage. Pour me détendre la seule chose qui fonctionne ce sont encore les livres. »

*Depuis combien de temps n'ai-je pas pu me poser calmement à l'écart des gens pour apprécier un bon livre ?*

Trop longtemps probablement. Trop de choses s'étaient succédées ces derniers temps pour qu'elle ne s'autorise à avoir un moment de détente.

« Cependant je serai ravie d'admirer ces fleurs que vous avez fait pousser ensemble lorsqu'elles seront écloses ! Je parie qu'elles sont magnifique. »

Mais en plein milieu du mois de Mars il y avait peu de chances qu'on puisse voir des roses.


HRP:
 
Iris Willemer
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Ronce de France
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Jeu 26 Juin - 21:07
Les livres ? Cela donna une idée à Ronce qui amena « son Allemande » dans les couloirs du palais. La reine amena la jeune femme jusque dans la bibliothèque, vaste salle dont les étagères montaient jusqu'au plafond et inaccessibles sans une échelle. Après avoir fait provision chacune d'ouvrages, Ronce mena Iris en dehors du palais. Dans les jardins.

Il fallut quelques minutes au duo pour rejoindre un recoin bien spécifique des jardins : le hameau de la Reine. En chemin Ronce raconta l'histoire de ce lieu atypique. Sa mère, la reine Aurore, n'appréciait guère l'univers mondain. Afin de répondre à son souhait de n'apparaitre dans la cour que pour les grandes occasions, le roi lui fit construire un village champêtre. La reine pouvait ainsi passer ses journées dans une campagne factice dans des maisons à colombage.

— Bien entendu, cet hameau a le charme rustique de la campagne sans ses désagréments, précisa Ronce. Si ma mère voulait chercher les œufs, des domestiques veillaient à les nettoyer avant qu'elle ne les touche. Et si vous aviez vu les moutons... Ils étaient couvert de rubans, et ma mère s'habillait en bergère toute de blanche vêtue.

Ronce en riait intérieurement de ces souvenirs. Elle avait toujours trouvé sa mère fantasque. Et la voir jouer les campagnardes sans avoir à salir, il y avait de quoi trouver ça presque risible. Mais par égard pour Iris, la reine se tut, ne laissant qu'un mince sourire flotter sur ses lèvres.

Le village leur apparut, exactement comme l'avait décrit Ronce. Une dizaine de maisons en colombages formait un hameau. Des poules se promenaient à l'air libre, becquetant sur le bord du chemin, fixant leurs yeux ronds sur les nouvelles venues. Chaque demeure avait son potager, son verger et son jardin.

— Si vous le souhaitez, nous pourrions nous poser près de l'étang pour lire au frais. Oh, et saviez-vous que ce village produit des œufs et du lait pour le palais ? Quand les temps sont difficiles, j'en offre une partie aux habitants de la ville. Inutile de garder toutes ces denrées si des ventres crient famine.

Elles venaient de s'arrêter sur le chemin, au sein même du hameau. Des poules s'approchèrent, peu craintives, et becquettèrent à leurs pieds.

— Est-ce que ça vous dirait d'habiter ici Iris ? Ou au palais ?

Ronce avait posé la question tout en regardant, yeux dans les yeux, son amie.


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Iris Willemer
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Iris Willemer
Sam 28 Juin - 19:05
Une bibliothèque royale, surtout celle d'un pays à la culture littéraire aussi riche que celle de la France malgré leur siècle de retard, se devait d'être incroyablement fournie, et Iris le savait. Mais elle n'aurait jamais osé supposé d'à quel point. La jeune femme pensait qu'elle possédait beaucoup de livres, dans la grand bibliothèque de son château. Mais ce n'était même pas le dixième de ce qui était entreposé ici.

Les yeux brillants d’émerveillement, Iris entra doucement, en silence, la bouche ouverte, prête à piailler d'excitation mais ne prononçant finalement pas un seul son tant les mots se bousculaient à sa bouche.

* Il y a ici plus de livres que je ne pourrais en lire même en y passant ma vie ! *

Ce constat lui causa autant d'extase que de frustration. Ça ne l'empêcha pas de se fourrer dans les étagères dès que Ronce lui en donna la permission.

Au début elle avait choisi largement plus d'ouvrages que ne pouvaient en porter ses bras. Puis comprenant que Ronce voulait aller lire quelque part ailleurs, et ne souhaitant pas faire porter trop de livres hors de la bibliothèque de peur de les abîmer sur le trajet, elle se contenta de trois livres : deux romans, et un livre de contes français. Iris avait déjà lu quelques livres en Français et se disait que dans le pire des cas, si elle ne comprenait pas un mot, elle pourrait toujours demander à Ronce de lui traduire. Celle-ci maîtrisait un bon Allemand, malgré que son vocabulaire soit adorablement désuet.

Leurs trouvailles en main – enfin plutôt dans les mains du domestique qui les suivait – les deux jeunes femmes sortirent au dehors. Iris suivait sagement Ronce et la conversation qu'elles menaient, mais elle avait grand mal à ne pas être distraite pas toute la beauté que ce lieu lui balançait dans les yeux. Et une fois dans les jardins, ce fut pire que tout.

Versailles, et la France en général, étaient réputés pour leurs architecture et pour leurs jardins, au style difficilement imitable. Iris avait pensé qu'un siècle d'abandon aurait terni l'image parfaite de ce paradis vert mais il n'en était rien. Il était encore plus fabuleux que ce que la baronne aurait pu imaginer. Iris écoutait d'une oreille peu attentive les explications de Ronce quant à l'endroit où elles allaient. Se rendant compte de son impolitesse, Iris s'empressa de s'excuser alors qu'ils allaient arriver à leur destination.

« Oh votre Majesté je suis confuse... J'étais tellement absorbée par la perfection de vos jardins que le sens de vos mots m'est passé au travers sans que j'en retienne quoi que ce soit. »

Iris avait au moins le mérite d'être honnête. Elle espérait que Ronce ne s'en formalise pas trop.

« Je suis profondément désolée. »

Elle s'inclina pour appuyer ses propos. Elle sentit par ailleurs le regard sévère du domestique derrière elles, qui était outré de voir cette arriviste ne pas boire la moindre parole de la Reine. Iris se dit qu'elle ferait mieux de faire attention à son attitude. Elle avait déjà pris la mauvaise habitude de considérer Ronce comme son égale, son amie, et si cela ne semblait pas la déranger dans un cadre plus privé, en public il fallait que la baronne se fasse plus discrète et respectueuse sans quoi elle risquait de se faire des ennemis.

Heureusement Ronce, quoique surprise, ne s'en formalisa pas trop, et reprit son explication. Iris fut rassurée, et écouta cette fois avec attention. Elles arrivèrent rapidement au petit village champêtre dont la reine avait parlé.

C'était un endroit très mignon, tout à fait comme Iris se l'était figuré aux dires de son amie. Une version totalement idyllique d'un hameau, bien propre et bien entretenu, comme tout droit sorti d'un poème. Iris se retint de rire en le voyant, tant l'atmosphère y était différente de la vraie campagne profonde qu'Iris avait pu voir en Autriche-Hongrie.

« Si vous le souhaitez, nous pourrions nous poser près de l'étang pour lire au frais. Oh, et saviez-vous que ce village produit des œufs et du lait pour le palais ? Quand les temps sont difficiles, j'en offre une partie aux habitants de la ville. Inutile de garder toutes ces denrées si des ventres crient famine. »

Iris sourit à la reine.

« C'est une admirable initiative qui ne m'étonne guère de vous. Vous avez vraiment un cœur bon, Majesté. »

Cela ressemblait à de la banale flatterie, mais Iris le pensait sincèrement.

« L'étang me semble être une bonne idée, mais nous ferions mieux de faire amener quelques couvertures afin de ne pas attraper froid. Mars est un mois vicieux, l'air semble doux mais le froid vous prend à la gorge sitôt que vous ne faites pas attention. »

Elle se garda bien cependant de demander quoi que ce soit au domestique de Ronce, lui laissant le soin de le faire elle même pour ne pas donner l'impression de vouloir commander à qui que ce soit alors qu'elle était l'invitée.

Ronce la regarda d'un coup dans les yeux et lui proposa de vivre ici, au hameau ou dans le palais. Iris battit des cils, s'interrogeant. La reine lui demandait-elle juste où elle souhaitait séjourner le temps de faire ce qu'elle avait à faire en France, ou lui proposait-elle d’emménager? Ses pensées furent coupé court par un bruit venant du sol.

Un frisson parcourut le corps de la jeune femme avant même qu'elle ne regarde l'origine du son familier. Elle déglutit, figée, et baissa lentement les yeux vers ses pieds. Son cœur accéléra la cadence à mesure que l’appréhension grandissait.

C'est alors qu'elle la vit, plus horrible encore que dans ses souvenirs. Les plumes d'un roux sale tirant par endroit sur un ocre jaunâtre, l'oiseau mangeait quelques graines à terre, puis se sentant observé, il redressa sa minuscule tête, disproportionnée par rapport à son gros corps hideux, vers Iris. Le geste fit se balancer sa crête et son barbillon d'un rouge de sang, tandis que ses petits yeux noirs se posèrent sur la jeune femme. Il y brillait une lueur aussi cruelle que malsaine.

Iris blêmit de terreur et ne sortit de sa paralysie que pour faire un bond en arrière, poussant un petit cri aigu, avant d'aller se cacher derrière Ronce en couinant d'effroi.

« GRANDS DIEUX CHASSEZ CETTE HORREUR PAR PITIÉ ! » supplia-t-elle, n'osant même pas faire face à la diabolique poule qui se dressait là, le bec fermement relevé, défiant quiconque voulant l'approcher de son regard cynique.




Le monstre:
 
Iris Willemer
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Ronce de France
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Sam 28 Juin - 20:30
Ronce dut réprimer son rire. Elle dut pour cela mordre l'intérieur de ses joues à s'en faire mal. Qu'une femme ait peur des souris, pourquoi pas. Qu'elle hurle en voyant des araignées, Ronce pouvait le comprendre ; elle partageait cette même phobie. Mais qu'Iris se mette à perdre tous ses moyens devant une poule. Ronce vit, du coin de l'oeil, son domestique avoir du mal lui aussi à cacher son hilarité.

— N'ayez crainte Iris, mon domestique va se chercher de chasser l'impudent-AH !

Ronce avait poussé un cri tout à fait féminin – autrement dit sur un bel aigu. Quelque chose venait de le toucher. Là où aucun homme ne l'avait jamais touché. Quelque chose de chaud et de poilu. Ronce gesticulait en tout sens, cherchant à voir ce qui venait de surgir inopinément sous sa robe, et qui lui frôlait les jambes depuis tout à l'heure.

La reine finit par abdiquer et tenta de relever ses jupons. Une tête apparut alors, soulevant un pan de sa robe. Un mouton la fixait de ses yeux noirs, bêlant doucement. Voilà donc le coupable. Ronce aurait bien voulu gronder l'animal (même si ça n'aurait servi à rien), mais il retourna bien vite sous les jupes de Ronce. Un autre mouton surgit et décida, celui-ci, de mordiller la robe d'Iris.

— Trop, c'est trop, craqua Ronce. Fuyons vite ces envahisseurs indélicats.

Prenant ses jupes à deux mains, Ronce marcha à pas hâtifs, loin des moutons et des poules. Le domestique les chassait à grands cris permettant aux femmes de battre en retraite et de fuir le champ de bataille.

Arrivée à l'étang, Ronce stoppa net, non sans inspirer à grands coups. Elle avait du presque courir pour éviter d'autres moutons et elle avait du aider Iris à éviter les poulaillers les plus proches. La reine était prête à se laisser tomber sur l'herbe. Mais elle préféra que le domestique revienne avec des couvertures.

— Ce hameau est plus dangereux qu'il ne paraît, répliqua-t-elle à Iris entre deux inspirations.

Le domestique revint à ce moment, accompagné d'autres serviteurs qui s'étaient rendus dans le hameau, suivant la reine par des chemins détournés. Ils étendirent des nappes sur le sol afin que les dames ne se salissent point. Avec cela des couvertures pour ne pas prendre froid, et une collation pour ce pique-nique improvisé. Des boissons mais aussi des confitures, des biscuits. L'assortiment parfait pour les petites faims.

Ronce invita Iris à prendre place à ses côtés sur la nappe.

— N'ayez crainte, nulle poule ne viendra ici. Avec ça, vous n'avez pas répondu à ma question. Vous voulez demeurer ici, le temps de retrouver votre fils ? Je veux dire... Si jamais vous devez rester en France un moment, je serais ravie de vous réserver une chambre. Si jamais vous devez voyager, je peux vous rédiger un courrier pour dire que vous êtes sous ma protection.

Ronce voulait véritablement aider Iris dans sa quête. Et elle était prête à bien des choses pour cela.


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Iris Willemer
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Iris Willemer
Dim 29 Juin - 5:25


Iris était totalement à bout de souffle lorsqu'elles arrivèrent en lieu sûr. La jeune femme s'était préparée psychologiquement à vivre des choses terribles lorsqu'elle était partie à la recherche de son fils. Mais rien ne lui avait prédit qu'elle irait se faire attaquer par des poules sanguinaires et des moutons dépravés. Et surtout pas à Versailles ! Elle fit de son mieux pour regagner son calme tandis que des domestiques apprêtaient leur lieu de repos.

Dès qu'ils eurent fini, Iris ne se fit pas prier pour aller poser son popotin à l'endroit prévu à cet effet, osant même s'allonger pour mieux reprendre son souffle.

« Quelle aventure, Majestée ! Si on m'avait dit que je vivrais ça dans votre château je crois que je n'y aurais jamais cru. »

Et probablement que personne n'aurait pu prévoir une épopée aussi grotesque. Sûrement que tous les domestiques de la reine allaient en jaser dans son dos pendant encore quelques temps.

Iris se redressa, prit un petit gâteau et mordit avidement dedans tandis que Ronce lui parlait. Cette course lui avait donné une petite faim.

Le discours de Ronce toucha Iris alors qu'elle mangeait son gâteau. Sa gentillesse et sa compassion mirent du baume sur le cœur en deuil de la jeune femme qui dut attendre d'avoir bien avalé sa nourriture avant de pouvoir exprimer sa gratitude.

En voyant Ronce, la regardant fixement, visiblement déterminée à lui venir en aide, Iris se sentit faiblir un peu et des larmes lui montèrent aux yeux. Elle cacha sa bouche de sa main, comme si ça aurait pu suffire à voiler son émotion.

« Oh Majestée... Vous êtes vraiment une personne admirable. J'espère ne pas vous incommoder trop... Votre offre est la bienvenue. Je.. Je n'ai pas grand monde vers qui me tourner, et dans cette quête qui s'annonce ardue, votre main tendue est comme un cadeau divin. Je ne sais pas quelle force nos routes se sont croisées, mais je ne pouvais espérer tomber sur une meilleure alliée, et amie. »

Elle rit doucement.

« Et je ne dis pas cela juste parce que vous êtes reine. Je pense que quel que soit votre statut si je vous avait rencontrée vous m'auriez aidée de la même façon. Et croyez moi je vous prie, si un jour je peux vous repayer de votre générosité, je le ferai par quelques moyens que ce soit. »

Pure politesse. Même si elle le pensait très fort, Iris se doutait qu'elle n'avait pas vraiment le pouvoir de rendre un service de même importance à la reine.

« J'accepte donc de loger chez vous le temps de retrouver mon fils, et voyager sous votre protection m'épargnera probablement bien des désagréments... »

Elle aurait voulu la prendre dans ses bras encore pour lui dire à quel point elle appréciait son geste. Sa voix était emplie d'émotion. Elle se retint cependant, sachant qu'elles étaient observées. Elle se contenta de sourire.

« Et vous pouvez compter sur mon amitié la plus sincère et loyale, il en va de soi. »
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Ronce de France
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Dim 29 Juin - 19:47
Orphée avait au moins apporté une chose bénéfique dans la vie de Ronce. Il lui avait permis de faire la rencontre d'Iris et de trouver en la jeune femme une amie qui l'appréciait pour sa personne, et pas seulement pour son rang. Le visage de Ronce s'éclaira à chaque mot prononcé par Iris, et son cœur bondit de joie en apprenant que « son Allemande » acceptait de vivre à Versailles avant de repartir en route pour retrouver son fils.

— Je suis heureuse de vous l'entendre dire. J'espère que vous me tiendrez au courant de vos recherches lors de vos pérégrinations. N'hésitez pas à solliciter mon aide. Je ne veux pas que vous couriez de grands dangers.

Heureusement que Ronce ne pouvait pas savoir ce que l'avenir réservait à Iris.

Le reste de l'après-midi se déroula sans réel accident. Aucune poule ou mouton ne vient s'inviter de façon impromptu. Les demoiselles purent donc deviser gaiement, lire chacune de leurs côtés tout en échangeant leurs impressions. Une petite scène champêtre en ce mois de mars, digne d'un livre d'images.

La soirée vint plus rapidement que prévue. Ronce leva la tête en sentant la fraîcheur. Une domestique vint proposer à ces dames de se retirer. Ronce aurait bien voulu passer la nuit dans une des chaumières mais elle avait peur que l'aspect faussement rustique rappelle à Iris sa campagne. Et avec cela quelques souvenirs un peu douloureux. Mais en même temps la chaleur un peu intimiste plairait peut-être davantage que les grandes salles vides du palais.

S'excusant auprès d'Iris, Ronce alla discuter pragmatisme avec la domestique. Si les dames voulaient s'attabler dans une des chaumières, le repas serait plus simple que dans le palais. Sauf si elles voulaient patienter, le temps de faire le voyage entre le hameau et les cuisines royales. Malgré son statut de reine, Ronce ne voulait pas gêner outre-mesure. Elle put donc annoncer à Iris la suite du programme.

— Iris, que diriez-vous de diner dans une des chaumières ? Nous irons dans celle la plus éloignée du poulailler et de la bergerie. Les animaux vont rentrer dans leurs demeures respectives vu l'heure. Je vous rassure, l'intérieur des chaumières est tout ce qu'il y a de plus charmant. Pas de paille au sol, ni d'odeur désagréable.

A la place vous marchiez sur un plancher verni et les pièces embaumaient du parfum des fleurs fraichement cueillies. L'aspect rustique tenait en l'absence de marbre et de dorures, remplacés par du bois.

Une fine bruine commença à tomber. Des gouttes vinrent éclater sur le bout du nez de Ronce et s'accrocher à ses cils. La reine noua la couverture qu'elle s'était mise sur le dos, et aida Iris à en faire de même. Les domestiques, eux, remballaient les affaires. L'une d'elles prit les ouvrages et s'empressa de les caler contre elle pour qu'ils ne soient pas mouillés. Elle invita les dames à la suivre dans une des chaumières pour s'abriter.


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Iris Willemer
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Iris Willemer
Lun 30 Juin - 4:23
L'après-midi avait été des plus agréables. Bien que l'air fut frais, les dames étaient emmitouflées dans leurs couvertures bien confortables et ne risquaient donc pas d'attraper mal. Après autant de temps de voyage, goutter à un repos simple était un délice pour la baronne. Sans parler de ces livres, ô quelle merveille ! Iris avait du mal à tout comprendre mais Ronce expliquait très bien. Ça ne gâchait donc en rien sa lecture.

Du coin de l'oeil, Iris avait observée sa nouvelle amie. Elle s'était toujours figurée que la reine de France, ce pays resté en dormance pendant un siècle, devait être une femme extravagante. Et la voilà, sans artifices, nimbée d'une beauté que seule le naturel pouvait offrir, en train de lire paisiblement au bord d'un petit lac, dans un semblant de campagne. Le tableau était joli à voir. Iris se reconnaissait dans la simplicité de Ronce, et elle ne l'en estimait que davantage pour être capable d’apprécier ainsi ce genre de moments de calme et de paix.

Vint le soir et sa fraîcheur qui firent frissonner Iris. On alla les chercher, et Ronce proposa à son amie de rester dans le hameau pour souper contre la promesse qu'aucune volaille vivante ne vienne leur rendre visite. Iris sourit en voyant la reine prendre autant au sérieux une phobie qu'elle savait ridicule. Elle hocha la tête.

« Avec grand plaisir Majestée. »

Regardant autour d'elle les chaumières qu'on apercevaient. Elle n'étaient pas bien grandes, et cela rassurait Iris, qui avait craint que les grands espaces de Versailles n'empêchent les deux jeunes femmes de pouvoir discuter librement. Elle aurait regretté cette intimité à laquelle elles avaient eu droit durant cette après midi.

La pluie s'invita sur ces bonnes paroles et on se hâta de remballer le tout et d'escorter ces dames à la chaumières où elles souperaient. Au loin elle entendait le cancanement des poules qu'on rentraient dans leur poulailler, et les savoir loin la rassurait.

Une fois bien au sec et à l’abri, Iris se débarrassa de sa couverture qu'elle remit à une domestique. La maison était splendide, plus simple bien sûr que le palais, mais tout aussi jolie aux yeux d'Iris. Les matériaux étaient visiblement riches et choisis avec la plus grande attention. Tout le soin apportée à la décoration pour rendre le tout simple mais élégant amusa Iris. Dans le salon on avait dressée une petite table proprette avec un joli napperon de dentelle pour quand la nourriture sera arrivée. Un feu brillait dans l'âtre et avait probablement été tout juste allumé avant leur arrivée puisqu'il n'avait pas encore réchauffé la pièce.

Iris s'installa sur le canapé qui était en face de la cheminée et observa le feu tandis que les domestiques questionnaient Ronce quant au menu. On avait demandé son avis à Iris mais celle-ci avait secoué la tête en souriant, expliquant qu'elle n'avait pas de préférence et qu'elle mangeait de tout.

Une fois les domestiques partis à leur tâche, Iris s'adressa à Ronce.

« Vous savez ? Pour les poules. Je n'en ai pas toujours eu peur. Lorsque j'ai eu douze ans, ma mère s'est mise en tête que nous avions besoin d'avoir des œufs frais à la maison, alors elle a fait installer un poulailler. Un soir mon frère Willem m'a demandé d'aller dans le poulailler pour vérifier quelque chose, et il m'y a enfermée pour faire une plaisanterie. Sauf qu'il est parti et n'est pas venu me rouvrir. J'ai passé une partie de la nuit à pleurer, enfermée dans le noir avec les poules qui étaient énervées par mes pleurs. Mes parents ont fini par me retrouver bien sûr, très inquiets de ne pas me trouver dans mon lit. »

Iris soupira et secoua la tête.

« Rien que d'y repenser je frémis encore. Après ça, les poules devaient m'en vouloir de les avoir dérangées, elles se sont mises à me chasser à vue, et elles devenaient folles et rageuses dès que j'approchais. Ma mère a du s'en séparer, et moi je suis toujours comme une enfant apeurée qu'en j'en vois une. »

Elle fit un petit sourire désolé. Ses mains se serrèrent l'une contre l'autre pour éviter de trembler. C'était véritablement une expérience traumatisante pour elle.

« Oh c'est ridicule, je sais, vous pouvez vous moquer de moi si vous le souhaiter ! »


Iris Willemer
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Ronce de France
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Lun 30 Juin - 16:17
Le temps d'apprêter le souper, une domestique avait allumé la cheminée. Le feu crépitait dans l'âtre, chassant les derniers relents d'humidité. Le contraste était saisissant entre l'intérieur de la chaumière avec son ambiance feutrée et intimiste, et la pluie qui frappait les carreaux à l'extérieur. Enroulée dans sa couverture, Ronce avait pris place aux côtés d'Iris. Ses confidences la firent sourire. Un sourire doux et apaisant. Elle était touchée qu'Iris se confie à elle et lui avoue l'origine de sa faiblesse.

— Pourquoi me moquer ? Il est normal que cette expérience vous ait laissé des marques. Moi je ne supporte ni les araignées, ni les scolopendres. Je sais que ces bestioles ne peuvent rien me faire, mais en voir un me tétanise. Comme si l'araignée pouvait me sauter la gorge !

Rien que mentionner ces créatures lui arracha un frisson. Elle haïssait ces insectes. Leur démarche la dégoutait, c'était instinctif.

Une domestique vint leur annoncer que le diner était servi. Sur la table avait été disposé de l'argenterie et le repas qui fumait délicieusement, répandant une belle odeur. L'estomac lâcha un léger gargouillis, annonçant à tous que la reine avait copieusement faim. Ronce s'assit donc promptement, curieuse de voir ce qu'on leur avait préparé. La domestique découvrit le plat, faisant voir aux affamées un poulet à la peau dorée à point. Ronce réprima un rire mais sa voix demeura sur une note joyeuse quand elle s'adressa :

— Vous allez pouvoir vous venger de ces péronnelles en dévorant l'une de leurs compagnes.


Une semaine plus tard.

Les domestiques œuvraient en s'invectivant à tout-va, hurlant parfois d'une pièce à l'autre pour se faire entendre. On menait de folles courses-poursuites, on s'entraidait, on jetait un œil à l'horloge en craignant que l'aiguille n'avance trop vite. Un vent de panique soufflait sur le palais, empêchant les rideaux de se mettre correctement, renversant les plateaux...

Un invité de marque devait venir au château aujourd'hui. L'Empereur d'Autriche-Hongrie, rien que cela ! Chacune de ses visites avait jeté la confusion à Versailles. L'homme était prompt à critiquer, à chasser le moindre grain de poussière. Une véritable diva ! Les domestiques le craignaient comme les enfants craignant le croque-mitaine.

Ronce avait annoncé la visite à Iris il y a de cela quelques jours, la rassurant. Non sans lui cacher aussi les travers de l'empereur.

— Soyez vous-même, avait-elle finit par dire alors qu'elles s'apprêtaient, mettant la dernière touche à leurs tenues. Et si jamais il ose hausser la voix contre vous, je saurais lui rappeler qui est le maître ici.

Elles étaient descendues pour rejoindre le grand hall du palais. Les portes étaient grandes ouvertes, ouvrant sur la cour par laquelle devait passer tous les visiteurs. L'arrivée de l'empereur se déroula ainsi sous leurs yeux alors qu'elles se tenaient dans la cour, entourées de domestiques. Dès que l'empereur eut mit pied à terre, Ronce alla le saluer. Puis, elle mena Iris près d'elle afin de la présenter à l'empereur.

— Je vous présente Mademoiselle Iris Rosenberg, une amie proche. Mais je pense que nous serons mieux à discuter de tout cela à l'intérieur.

Ronce invita ainsi Friedrich à passer devant elles. Après tout, le connaissant, elle le voyait mal suivre des femmes. C'était un homme aimant prendre les devants. Dès que l'empereur eut le dos tourné, Ronce posa sa main sur l'épaule d'Iris.

— N'ayez crainte, lui chuchota-t-elle. Je veillerais à ce qu'il ne vous mange pas.

Côte à côte, elles entrèrent au sein du palais.


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Mar 1 Juil - 1:04
Friedrich Franz avait reçu une missive comportant le sceau de la reine de France sa disciple. Elle lui avait demandé, pour pouvoir rattraper son retard de cent ans, de l'aider grâce à sa connaissance pointue des événement de ces dernières décennies, et de lui enseigner un peu de stratégie militaire. Il avait été perplexe à cette demande. Mais qu'une femme, qui se prenait pour une reine, lui demande qu'elle soit soumise à lui avait tellement flatté son ego de mâle, qu'il eut du mal à refuser. Mais cela n’était pas sans non plus sans intérêt. Il avait le royaume de France dans le creux de la main.

Elle lui demandait une visite de courtoisie dans ses appartement au château, elle avait des choses à lui demander. Il avait pesté qu'elle aurait pu demander cela par le miroir magique qu'il lui avait donné mais elle ne répondait pas aux appels.

Il devait se rendre là-bas au plus vite. Son conseiller lui avait conseillé de prendre le bateau volant, mais Friedrich n'aimait pas ce moyen de locomotion. Il était fidèle à son bon vieux Nonius hongrois. Il le considérait comme plus fiable que n'importe quelle machine volante.

Il avait voyagé à vive allure avec le moins de haltes possibles en traversant la Suisse. A force de venir dans le royaume de France il connaissait bien ce chemin. Et à chaque fois qu'il arrivait à la frontière, il pensait encore ç ces ronces noires qui peuplaient cette contrée.

Après quelques heures de cheval il arriva enfin aux portes du château qu'on lui ouvrit sans rien demander. La reine avait-elle enfin prévu une de ses venues ? Aurait-il enfin réussi à faire entrer quelques bonnes manières dans la tête de cette reine ?

Il vit au loin une rangée de servantes, il n'y avait que des femmes. Il trouvait cela bizarre. Ronce n'avait jamais approuvé ce trait de sa personnalité, mais ça ne l’empêchait pas de rester fidèle à lui-même. Mais qu'est-ce-qu'elle voulait lui demander pour tout préparer de la sorte ? Friedrich Franz arriva au palier du palais où la reine, en compagnie d'une autre femme, se dirigeait vers lui.

Il mit pied à terre en replaçant sa cape dans un geste théâtralement inutile, et avança vers la Reine. Après quelques pas il eut un blanc et s’arrêta de marcher. La Reine était-elle devenue une gourgandine pour se vêtir de la sorte ? Il avait l’impression qu'on avait tellement serrer son corset qu'au moindre choc sa poitrine dirait « hello world ». Friedrich Franz aperçut derrière elle une autre femme qui portait le même genre de tenue. Serait-elle la source de cette tenue affligeante ! Non pas qu'il n'appréciait pas le physique de la reine. A vrai dire loin de là, mais une femme se devait d’être vêtue jusqu'au cou !

Une fois Ronce en face de lui, il lui fit un baise-main par politesse, mais en la dévisageant de manière très exaspéré, un peut comme si elle lui appartenait et qu'elle lui avait désobéi. Mais cela ne sembla pas la faire réagir, ou alors elle cachait bien son peur. Ou cela avait à voir avec cette femme qu'elle lui présentait comme une amie proche. Proche à quel point ? Avait-elle gâcher tous les efforts qu'il avait fait pendant quatre longues années pour la mettre dans le droit chemin ?

Par pure politesse il fit un baise-main à la dame mais sans réelle bonne conviction dans le geste.

—Nous supposons que nous allons dans la même salle qu'à notre habitude?

La reine acquiesça. Ouvrant la marche il avança dignement et fièrement. Il faisait comme chez lui, la reine des lieux derrière lui, il avait quelque chose de louche.

Une fois arrivé a la salle de réception, il prit place en bout de table où se trouvait un tableau. Mais ce n’était pas la toile qui lui plaisait mais le pourtour, et s'il s’ennuyait il pourrait au moins admirer cela.

Des domestiques aussi immobiles que des meubles étaient prêts à lui servir un café noir avec deux sucres.

— Pourrions-nous savoir pourquoi vous avez demandé notre humble présence en vos appartements,sans donner de motif, au lieu de contacter notre impériale personne par miroir magique ?

Il était légèrement désappointé et ça se sentait dans sa façon de parler. Il fallait dire que aussi belle était la tenue de la reine il trouvait ça quand même déplacé en dehors de la couche.



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Iris Willemer
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Iris Willemer
Mer 2 Juil - 2:56
Sur la semaine qu'elle avait passée à Versailles, seuls les deux premiers jours furent vraiment paisibles. La reine et sa nouvelle amie avaient passé des heures à se promener dans le hameau, discutant de choses et d'autres comme deux jeunes femmes ordinaires. Les domestiques avaient bien évidemment fait en sorte que nul animal de basse-cour ne vienne les déranger.

Pendant ces deux jours, Iris s'était peu à peu sentie rajeunir, retournée à l'époque trop vite avortée de la fin de son enfance, lorsqu'elle était encore une jeune fille pleine de rêves. Ronce et elles partagèrent beaucoup de souvenirs anodins, veillant parfois tard le soir en cachette tellement elles étaient emportées par leurs conversations. Iris ne s'était jamais véritablement liée à une personne en dehors de sa famille, et c'était d'autant plus amusant que ça semblait être le cas aussi pour Ronce. Elles étaient en bonne voie pour devenir totalement inséparables.

Le troisième jour, Iris descendit un peu de son nuage d'amour et d'amitié sur lequel elle flottait depuis qu'elle avait rencontré Ronce afin de partir à la recherche d'une trace de son beau frère. On lui avait dit à Berlin qu'il était allé faire étalage de ses prouesses de poète à Versailles. Elle ne savait même pas qu'il écrivait par ailleurs, et l'avait appris à ce moment. Or il n'y avait nulle trace de son passage... Elle chercha toute la journée durant, demandant à nombre de nobles de cour, à tant d'autres servants étant là depuis que la France s'était réveillée. Et... Rien.

Elle retrouva Ronce plus tard, en début de soirée, dans le boudoir de la Reine. Et elle ne put s'en empêcher, dès qu'elles furent seules Iris se jeta dans ses bras et y craqua, pleurant toutes les larmes de son corps qu'elle retenait depuis des mois. La seule piste qu'elle avait pour retrouver son fils venait de s'envoler. Cette petite lueur d'espoir qu'elle chérissait et qui l'empêchait de s'effondrer venait d'être cruellement mouchée, la laissant dans la pénombre totale. Elle se sentait glisser dans l’abîme et s'accrochait douloureusement à Ronce alors que ses sanglots se faisaient de plus en plus violents.

Le temps passa discrètement, sans se faire remarquer, comme avançant à pas feutré sur le fond des pleurs d'Iris. Celle-ci finit par se sentir épuisée de tant d'émotions, ayant fini de déverser sa peine sur la pauvre reine qui était restée là tout du long à lui caresser tendrement le dos. Depuis leur rencontre, Iris s'était posée en grande sœur par rapport à Ronce, mais pour une fois les rôles étaient inversés. Un peu comateuse, incapable de la moindre pensée, elle resta dans les bras de son amie encore un temps, jusqu'à ce que la fatigue ne se fasse sentir pour les deux demoiselles.

Iris, toujours muette, se contenta d’agripper d'une main timide la manche de Ronce pour lui signifier qu'elle ne voulait pas rester seule. Alors Ronce avait emmenée Iris dans sa chambre, et l'avait doucement bercée contre son cœur jusqu'à ce qu'elles s'endorment toutes deux.

Le lendemain matin fut annoncée la visite imminente de l'empereur d'Autriche-Hongrie et l'agitation maintint Iris assez occupée pour qu'elle n'y repense pas tout de suite, du moins pas en journée.

Le soir, c'était une autre affaire. Seule avec ses pensées, elle n'avait pu s'empêcher de cogiter. En son cœur été né un nouvel espoir, fébrile et ténu. Elle savait que l'empereur Friedrich était un grand féru d'art. L'empereur connaissait peut être le frère du baron von Leitenberg... Mais en ce cas, il lui fallait faire preuve de la plus grande prudence face à lui. Si il était en effet proche de ce diable de beau-frère, qui sait ce qu'il avait pu entendre à son sujet. C'était donc décidé, elle devait trouver un moyen d'amener discrètement le sujet.

Elle n'en parla pas à Ronce cependant, qu'elle ne put de toute façon plus vraiment voir en privé. Curieusement, dès qu'elle essayait de s'isoler avec la reine, les domestiques se mettaient à s'agiter et venaient constamment les épier ou les interrompre ce qui ne lui laissa pas l'occasion pour exposer son plan à Ronce. Là seule chose qu'elle réussit à lui glisser, c'est la demande de garder secrète l'identité d'Iris. Mais là encore, elle ne put en dire plus que des gloussements étouffés se firent entendre de derrière la porte dès qu'Iris s'approchait de l'oreille de Ronce pour lui parler.


Vint le jour de l'arrivée de l'empereur. Iris était toute pomponnée par les soins de la Marquise du Sablon, et se tenait humblement derrière Ronce à sa droite. A en entendre les éloges qu'avaient faits les servantes, Iris était rayonnante de beauté et presque parfaite – la perfection étant l'attribut de seule la reine. Elle appliqua une étiquette parfaite envers l'empereur et tâcha de se montrer parfaitement à l'aise malgré son indécente robe. Il faut dire que même si cela ne se voyait pas dans les robes contemporaines, Iris était plutôt... généreuse du décolleté, et le corset spécial qu'elle portait, bien mieux ajusté que celui que Ronce lui avait prêté à Berlin, faisait tout ressortir de manière.... audacieuse, pour parler poliment.

L'empereur Friedrich était un homme plus impressionnant qu'elle ne se l'était figuré. Elle savait assez peu de choses sur lui, à part qu'il était un bon monarque. Il avait l'air particulièrement sévère en tout cas. Mais tout intimidant qu'il était, Iris lui fit bravement face, poliment souriante, se disant que s'écraser et vouloir se faire oublier face à lui risquait d'attirer encore plus son attention. Elle ne lui adressa pas un mot, se contentant de montrer son respect par d'amples révérences et inclination de la tête. De toute façon, en tant que dame de compagnie, elle n'avait pas à participer à la conversation entre la reine et l'empereur à moins d'y avoir été spécifiquement invitée.

Elle les suivit donc silencieusement jusqu'à une certaine salle de réception. L'empereur s'installa à un bout de la table. Dès que Ronce eut choisi sa place, Iris vint s'asseoir discrètement sur sa droite, à une chaise de distance tout de même. On fit servir du thé, du café, et une farandole de petits gâteaux.

Tandis que les monarques discutaient, Iris buvait lentement son thé, attendant son heure pour pouvoir interroger l'empereur sans risquer de paraître suspecte.
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Ronce de France
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Jeu 3 Juil - 22:03
Friedrich était fidèle à lui-même. Autrement dit d'une humeur exécrable. Mais, cette fois, Ronce avait veillé à ce que le piano soit accordé et si jamais elle sentait que l'humeur de l'empereur partait sur une mauvaise pente, elle se faisait fort, qu'avec le piano, elle saurait renverser la tendance.

— Je vous prie de m'excuser, mais je préférais discuter du sujet face à face. Le miroir que vous m'avez offert est tout à fait exquis et compétent mais... Je voulais profiter de l'occasion pour vous inviter à assister, demain, à la représentation des Contes d'Hoffmann à l'Opéra de Paris.


Jouer la carte de l'art avec l'empereur était le meilleur moyen d'apaiser son courroux. Et, après tout, Ronce ne faisait qu'user du traité qui les liait depuis l'éveil de la France. N'avait-elle pas promis de lui conserver la meilleure loge (après celle de la reine) dans tous les opéras de France ? Ce qu'elle ferait sans hésiter demain afin de prouver sa bonne foi.

Mais Ronce ne laissa pas le temps à l'empereur de trop s'appesantir sur le sujet. Elle voulait aider son amie Iris au mieux. Et elle espérait beaucoup de la visite de l'empereur. Peut-être trop même. Suivant les conseils de son amie, Ronce avait dissimulé sa véritable identité. Sous couvert d'accompagner la reine, Iris pourrait déceler de potentiels indices dans les paroles de l'empereur. Une nouvelle piste pour trouver son fils.

— Désolé d'être si brusque mais ce sujet me turlupine tant qu'il m'a poussé à vous faire venir jusqu'ici. Auriez-vous entendu parler d'un certain Monsieur Gabriel Von Leitenberg ? Voyez-vous, parmi mes courtisans, l'un d'eux affirme avoir été spoilé par cet homme et m'a demandé réparation. Or je ne puis juger sans connaître l'homme qui, de plus, vivrait dans votre empire. Après tout, vous m'avez bien appris à savoir réfléchir, non ?

Ronce espérait avoir mené le jeu comme il fallait. Elle s'en voudrait que, au lieu d'aider son amie, elle ne la plonge davantage dans une situation inextricable.

Citation :
L'Opéra de Paris était l'ancien nom que l'on donnait à l'Opéra Garnier. Les Contes d'Hoffmann est un opéra d'Offenbach (et un opéra français malgré le nom du compositeur 8D).


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Ven 4 Juil - 0:27
L'empereur n’était pas dupe. L'invitation à l’opéra n’était qu'un prétexte tout aussi grossier que subtil. Après tout il en serait presque fier. Il lui avait bien appris à tendre la carotte pour mieux chasser la proie. Et pour cela il pardonna la russe grossièrement mal exécutée et laissa la Reine de France continuer et exposer cette chose si importante qu'elle devait annoncer à l'empereur. Quand même pas une demande en mariage, ou une proposition de mariage ! Avec sa dame de compagnie, au vue des tenues qu'elles portaient il n'en serait même pas étonné...

Et non pas du tout, c'était juste pour une affaire qui concernait un simple courtisan. L'empereur prit sa tète dans sa main et eut un un petit rire sardonique. Le faire déplacer pour ça ! Bien que ce nom était connu de l'empereur, il ne voyait pas son poète attitré faire un quelconque acte saugrenu.

— En effet ce nom ne nous est pas inconnu. Il travaille pour moi en tant que poète à ma cour. Même si en ce moment il a le droit à des repos exceptionnels. Une histoire de famille. Sa belle-sœur aurait tué son frère et son fils pour une histoire d’héritage. Il devait aller faire des recherches sur cette personne, avec un membre de la garde impériale du côté des États-Unis...

L'empereur but une lampée de café, le petit doigt bien en l'air et reposa la tasse. Il porta distraitement son attention sur cette dernière. L'empereur n'avait point remarqué le détail que la reine avait fait pour sa présence en ces lieux. Les tasses de porcelaine étaient peintes de notes de musique, simple, double et même de clef de sol. Cette affaire lui tenait-elle tant à cœur pour mettre les petits plats dans les grands ? Il n'avait encore eu aucun accueil de la sorte en quatre années de relations diplomatiques ou même quand il venait comme "mentor".

— Mais dites-nous de quoi votre courtisan a-t-il été victime ? Car cet homme est un homme on ne peut plus discret et courtois. Nous avons bien du mal à l’imaginer commettre un forfait chez vous.

Friedrich Franz ne doutait pas un seul instant de son poète impérial. Un homme capable d'un tel art ne pouvait commettre des choses qui entacheraient la réputation de son empereur. Enfin sûrement.

Friedrich Franz regarda la reine et sa dame de compagnie qui décidément était trop peu vêtue à son goût. Il fallait espérer qu'elle ne resterait pas toute la journée de la sorte, et encore moins pour la représentation du lendemain à l’opéra.

L'empereur se leva, fixant du regard les deux jeunes femmes. Il y avait quelque chose qui clochait. Il n'avait jamais vu cette dame de compagnie en quatre longues années. Et la reine de France, même avec son train de retard, n'avait encore jamais montré pareille... tenue. Il lui avait pourtant bien apprit que c'était indécent. Mais elle avait du mal avec cette notion et aimait ses robes.

— Mais dites-moi je n'ai jamais vu cette dame auparavant. Serait elle la courtisane que vous avez évoqué plus tôt ? D’ailleurs chère Reine, auriez-vous quelques penchants inavouables ? Vous savez cela est très mal vu, surtout pour une reine de s’être acoquinée d'une autre femme.

Il regarda Iris droit dans les yeux plutôt froidement.

— D’où venez-vous demoiselle ? Quel est votre lien avec la Reine ou même Gabriel Von Leitenberg ?

En vérité l'empereur bouillait de rage à l’idée que deux femmes aient une relation ensemble. Même si cela, en temps général, lui était plutôt égal, il n'aimait pas que les femmes se fassent remarquer. Mais les tenues, plus ou moins identiques, mettaient un doute à Friedrich Franz. Il ne comprenait pas pourquoi. Mais venant de la Reine de France il ne pouvait pas l'accepter, ou plutôt il ne voulait pas.



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Iris Willemer
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Iris Willemer
Sam 5 Juil - 22:52
Iris avait cru mourir intérieurement lorsque Ronce la devança et introduit, ainsi, sans préparation, le sujet sensible. Iris avait pensé que la Reine de France aurait bien plus qu'elle l’expérience de la diplomatie et du tact, elle n'aurait jamais cru que celle-ci lancerait la question épineuse sans préavis, et sans la glisser naturellement dans une conversation comme pensait le faire la baronne.

Et dieu que la question était posée de manière suspecte ! La seule façon qu'aurait eu Ronce de faire pire c'est en présentant directement Iris avec son titre et une fiche récapitulative de son histoire personnelle.

* Oh, Dieu, Jesus, Marie, JOSEPH ! Prenez pitié de ma pauvre existence et faites en sorte que l'empereur ne devienne pas suspicieux.... *

La panique grandissait mais ce n'était pas encore la terreur. Elle se contenta de garder un sourire le plus calme possible, et tempéra au mieux son rythme cardiaque. Elle semblait un peu tendue, mais rien de trop visible non plus, Iris arrivait encore à miraculeusement bien se tenir.

Ca se dégrada un peu par la suite.

« En effet ce nom ne nous est pas inconnu. Il travaille pour moi en tant que poète à ma cour. Même si en ce moment il a le droit à des repos exceptionnels. Une histoire de famille. Sa belle-sœur aurait tué son frère et son fils pour une histoire d’héritage. Il devait aller faire des recherches sur cette personne, avec un membre de la garde impériale du côté des États-Unis... »

Iris ne put s'empêcher de pousser une exclamation scandalisée. Il y avait beaucoup d'informations importantes dans ce qu'avait dit l'empereur. La majorité resta en attente dans un coin de la tête d'Iris, seule une phrase résonnait. Sa belle-sœur aurait tué son frère et son fils pour une histoire d’héritage. Cet infâme personnage, non content d'avoir mis à sac la vie de toute sa famille, et attenté à la vie de son propre neveux... avait en prime osé mettre tout le blâme sur elle !

Le choc était immense. Cependant l'urgence de la situation força à Iris à rester la plus calme possible malgré que des larmes de rage lui montaient au yeux. Si cet homme avait été près d'elle, elle l'aurait probablement étranglé de ses mains. Au lieu de ça, pour justifier son trouble, elle s'excusa en allemand, et oublia même d'utiliser l'accent français qu'elle avait soigneusement préparé.

« Pardonnez moi, Majestés, je.. J'étais juste très touchée par une histoire aussi horrible. J'espère que ce... pauvre homme va bien. »

Elle avait fait de son mieux pour ne pas avoir l'air trop haineuse, mais la dernière phrase avait été presque crachée malgré tous ses efforts. Elle but une gorgée de thé pour se calmer.

Les deux monarques continuèrent la discussion et Iris comprenant qu'on parlait encore de son beau-frère préféra ne plus intervenir pour ne pas attirer l'attention.

Au fond, elle aurait rêvé se mettre debout sur la table pour hurler la vérité à l'empereur. Bien évidemment c'est quelque chose qu'elle ne ferait jamais. Et ça n'aurait de toute façon probablement pas arrangé la situation présente.

« Mais dites-moi je n'ai jamais vu cette dame auparavant. Serait elle la courtisane que vous avez évoqué plus tôt ? D’ailleurs chère Reine, auriez-vous quelques penchants inavouables ? Vous savez cela est très mal vu, surtout pour une reine de s’être acoquinée d'une autre femme. »

Iris but encore un peu de son thé. On parlait d'elle cette fois mais puisqu'il s'adressait à Ronce, elle se tut. Des penchants inavouables... ? S'acoquiner d'une autre femme.... ? Iris fronça les sourcils, se demandant de quoi il pouvait bien s'agir. Et puis elle compris soudain. Et manqua de s’étouffer avec son thé.

*Qu..Qu..QUOI ?!  COMMENT ?....QUOI ??! *

« D’où venez-vous demoiselle ? Quel est votre lien avec la Reine ou même Gabriel Von Leitenberg ? »

Cette fois, et pour la première fois depuis son arrivée, l'empereur s'adressa directement à elle. Au fond d'elle le chaos s'accentua.

* Ô Père céleste, serait-ce trop demander, un petit déluge ? Ou alors une invasion de sauterelles et de grenouilles ? J'accepterai même une invasion de POULES s'il le faut, pourvu que cela me tire de cet immonde bourbier...  *

Il y avait toujours l'envie de monter sur la table en hurlant mais ce n'était pas une solution non plus. Iris toussa pour évacuer le reste du thé coincé dans sa gorge et essaya de rester digne malgré son teint blême et son cœur, décidé à devenir la nouvelle étoile des percussions de l'orchestre impérial de Vienne.

Elle toussota et raffermit sa voix.

« Je.. Je suis très choquée par ce que vous dites, votre Majesté. Il n'y a absolument rien de cette nature entre sa Majestée la Reine et moi-même. Cela serait proprement indécent. Nous nous sommes rencontrées à l'opéra de Berlin lors de son dernier voyage et nous sommes liées d'amitié, voilà tout. Et je n'ai rien à voir avec cet homme dont vous parler, il doit s'agir de quelqu'un d'autre je le crains. »

Elle inclina la tête en signe de respect.

« Je vous prie de m'excuser si ma réponse n'était pas celle que vous attendiez. »

Iris n'avait jamais été une bonne menteuse, aussi se contenta-elle d'énoncer le plus de vérité possible, laissant le flou sur son identité réelle ou sur son statut. Et quant au mensonge qu'elle avait tout de même du proférer, il était pour une fois venu assez naturellement puisque totalement nécessaire à sa survie. La peur et l'adrénaline avaient du l'aider grandement à garder une certaine crédibilité. Elle baissa rapidement les yeux pour ne pas regarder plus longtemps l'empereur Friedrich Franz.

Ça aurait vraiment été un moment idéal pour un incident quelconque, à vrai dire.
Iris Willemer
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Ronce de France
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Dim 6 Juil - 1:16
Ronce avait oublié que l'empereur d'Autriche-Hongrie était homme à rapidement déceler quand quelque chose n'allait pas. Et dans son envie de trop bien faire, la reine n'avait pas su utiliser les bons mots. Elle ne sut pas réagir quand l'empereur sous-entendit, ou plutôt déclara, qu'il la soupçonnait d'avoir des penchants inavouables. Des travers comme disait la reine Aurore lorsqu'elle devait parler de l'oncle de Ronce, un brave homme, bien sous tout rapport, mais ses penchants gâchaient tout le tableau.

Même si Ronce aimait beaucoup feu son oncle (décédé peu de temps après l'éveil de la France), elle ne voulait surtout pas qu'on croit qu'elle partageait les mêmes gouts que lui ! Avec Iris elle ne partageait qu'une relation platonique et, de surcroit, tout à fait amicale. Mais, effectivement, dormir dans la même chambre pouvait, aux yeux extérieurs, paraître comme louche entre deux femmes ne partageant pas le même sang.

Ronce aurait bien voulu chasser tout doute, mais Iris se dressa. Elle la protégea des remontrances de l'empereur, et avoua une bonne part de vérité. Négligeant toute étiquette ou règle de bienséance, Ronce se leva, se dirigea vers Iris et posa ses mains sur les épaules de cette dernière.

— Veuillez m'excuser de vous avoir mise dans l'embarras.

Ronce s'en voulait sincèrement, s'insultant mentalement de s'être conduite de façon aussi sotte. Quand elle se retourna pour faire face à l'empereur, elle avait repris une figure digne d'une reine.

— Vous présenter mon amie, j'aurais du le faire dès le début, je le conçois. Mais je pensais que ce genre de... détails vous ennuierez. Je n'ai aucun penchant... déplacé, je vous remercie de vous en soucier.

Ronce avait prononcé les derniers mots d'une voix pincée. Elle se sentait vexé que l'empereur croit qu'elle puisse s'adonner à de telles choses. Elle qui veillait à conserver sa dignité de reine, qui respectait son rang ! Pour changer de sujet, Ronce allait revenir sur le fameux Gabriel. Histoire d'en apprendre plus, sous couvert d'aider un courtisan inexistant. Elle cherchait comment revenir au sujet sans paraître maladroite quand un vacarme se fit entendre depuis les couloirs.

Une domestique alla ouvrir la porte pour voir ce qui se tramait. A peine le battant fut-il ouvert, que quelque chose fonça sous ses jupes lui faisant pousser un hurlement typiquement féminin. Un valet déboula depuis le couloir, renversant la domestique qui se retrouva sur le sol, les quatre fers en l'air et les jupons par-dessus la tête. Le valet, lui, tentait de se dépêtrer des jupons en hurlant à tue-tête : « Les poules se sont échappées ! Fermez les portes ! »

Mais déjà la troupe de volatiles investissait les lieux, effrayant les domestiques. Plusieurs de ces gallinacées vinrent demander asile à la reine du pays en allant se blottir sous ses jupes, telle une portée retrouvant leur mère. Des poussins, effrayés, décidèrent que la cape de l'empereur de l'Autriche-Hongrie était un bien meilleur abri. Ils étaient peut-être davantage sensible à l'unique figure masculine du groupe. Les plus viles de ces créatures se ruèrent sur l'infortunée Iris, s'échinant sur les rubans de sa robe, les tirant à l'aide de leurs becs acérés.

Un coq présidait cette assemblée de plumes. Comme tous les coqs il était fier, imbu de sa personne et se considérait comme le roi de la basse-cour. Et même du hameau de la reine. Il découvrait, pour la première fois, Versailles et avait décidé qu'il serait roi de ce haut lieu. Avisant la table, il battit des ailes pour l'atteindre et se poser dessus. Se dressant sur ses pattes, il vit alors l'empereur. Une figure masculine qui le dominait. Les plumes du coq se gonflèrent d'indignation.

Un mâle plus haut que lui. Plus grand. Ces idiotes qu'étaient les poules allaient se rallier à ce nouveau mâle, fascinées par son plumage coloré. Non, jamais ! Le coq poussa un cri d'indignation, qui résonna aux oreilles humaines sous la forme d'un « coq ! » sonore. Brassant l'air de ses courtes ailes, prenant de l'élan, le coq s'élança... et atterrit sur le crâne de l'empereur. Désormais il était le seul mâle dominant dans cette pièce. Dans ce château. Vive le nouveau roi de Versailles !


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Iris Willemer
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Iris Willemer
Dim 6 Juil - 5:08
«  Veuillez m'excuser de vous avoir mise dans l'embarras. »

Iris secoua la tête pour chasser les regrets de son amie, comprenant bien que celle-ci s'était rendue compte de l'erreur, mais elle ne parla pas. Puisque Ronce avait pris la parole, la conversation entre les deux monarques avait repris et il aurait été mal avisée de converser avec Ronce alors que l'empereur avait probablement quelque chose à dire.

La reine s'adressa ensuite à lui, confirmant ce qu'Iris avait affirmé quant à leur supposée homosexualité. Visiblement l'idée qu'on puisse penser ça d'elle l’irritait autant que ça avait choquée Iris.

La conversation tourna cependant court car un incident arriva comme par miracle. Enfin... « Miracle. »

Lorsqu'Iris entendit que les poules s'était échappées, elle ne voulu pas la croire. Cela ressemblait beaucoup trop à ce qu'elle avait pu demander dans ses prières absurdes et paniquées. Malheureusement un troupeau de volailles furieuses vint bien rapidement confirmer les dires du valet.

Iris ne resta pas bouche bée très longtemps. Prise d'une folle peur elle se leva brusquement à en faire tomber sa chaise et tenta de s'enfuir en criant. Mais elle fut trop rapidement encerclées.

« Oh mon dieu... ! »

Elle se sentait à cour d'air et respirait rapidement, par la bouche. Elle regarda tout autour d'elle alors que des poules venaient attaquer ses jupes. Elle aurait voulu encore une fois – jamais deux sans trois – grimper sur la table en hurlant mais celle-ci était déjà occupée par l'armée adverse.

La terreur se fit trop sourde, son rythme cardiaque trop rapide. Le combat faisait rage autour d'elle, et le soldat Iris en perdit tous ses moyens et connaissance en prime. Elle s'effondra lourdement à terre, inconsciente.





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Iris Willemer
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Lun 7 Juil - 21:57

Les deux femmes affirmaient qu'il n'y avait rien entre elles. Mais l'empereur ne pouvait leur laisser avoir le dernier mot. Sûrement à cause de son ego démesuré et à son orgueil mal placé. Friedrich Franz regarda la Reine de France et s'adressa à elle :

— Les détails qui nous ennuient seraient plutôt vos tenues respectives qui laissent apparaître encore plus vos formes que d'habitude. Ajoutez à cela le regard perplexe et intrigué que vos subordonnés vous lancent quand vous et cette dame marchaient si proches l'une de l'autre... Vous comprendrez que cette pensée est presque légitime.

Mais l'empereur fut coupé par un vacarme de tous les diables, provoqué par une horde de volatiles. Les fermiers de la reine étaient-ils si peu doués ? Jamais au grand jamais une telle chose serait arrivée sur son territoire et encore moins lors d'une visite d'un gouverneur voisin.

L'empereur se frotta la tempe désespéré. Il tenta tant bien que mal de garder son calme. IL avait l’impression d’être entouré d'incapables. Au même moment un coq le dévisagea. Comment un simple volatile pouvait regarder sa grande et noble personne de la sorte ? D'un seul coup le stupide animal fonça dans sa direction poussant un cri aussi horrible que le volatile lui-même.

Quelques secondes après on pouvait entendre un rire sans retenue. L'empereur tourna la tête et vit son haut conseiller plié en deux tellement il riait. Cela n’étonnait même plus l'empereur. Son haut conseiller, qui avait été des années plus tôt son précepteur, se permettait ce genre d’écart de conduite, bien que cela ne plaisait point à son altesse l'empereur.

— Ronove !

— Toutes mes excuses Monsieur l'empereur, dit-il entre deux pouffements de rire. Vous voir ainsi dominé par un simple coq, vous le monarque qui prétend que l'homme est au-dessus de tout...

Rouge pivoine l'empereur était embarrassé au plus haut point. Mais sont haut conseiller ne pouvait contenir son fou rire. L'empereur tenta de rester digne malgré les circonstances.

— RONOVE !

Mais ce dernier aller achever la patience de Friedrich Franz. Il leva la cape de l'empereur qui traînait au sol pour lui asséner une réplique fatale.

— Monsieur pardonnez-moi mais des félicitation s'imposent il me semble. L'empereur le regarda perplexe, alors que son haut conseiller lui montrait le dessous de sa cape. Félicitations pour votre portée avec ce jeune mâle.

C'en était trop. L'empereur attrapa le coq d'un geste on ne peut plus vif et se leva.


— Il suffit !

L'empereur regarda le coq droit dans les yeux pour lui faire comprendre qui était le chef suprême ici, qui était le mâle, le vrai, dans cette pièce. Quant aux poussins sous sa cape... Il détacha sa cape de ses épaules pour la laisser tomber au sol sur les poussins. Son visage était légèrement déformé par un sourire malsain. Ont l'avait ridiculisé, rabaissé, lui le grand empereur Austro-hongrois. Il se leva pour se diriger vers Ronce quand la dame qui l’accompagnait tomba subitement au sol. L'empereur, le coq immobilisé é dans la main, soupira de désespoir. Qu'avait-il fait pour mériter ça ?

Mais cet instant de distraction lui coûta cher. Le coq lui griffa la main. L'empereur, par réflexe, lâcha la sale bête qui tomba cul au sol. Mais ce dernier se releva et dans un cri une rangée de poules digne d'une attaque de Link courut vers l'empereur et le fit tomber au sol. L'empereur fut ainsi piétiné part une ruée de sales volatiles.



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Ronce de France
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Mar 8 Juil - 1:15

Quand les poules débarquèrent, Ronce craignit qu'Iris ne fasse une attaque nerveuse. Mais l'embarras dans laquelle se trouvait l'empereur était si drôle que la reine ne put s'empêcher de rire. Un rire aussi incontrôlable que celui du haut conseiller. Quand ce dernier asséna des répliques virulentes à son empereur, c'en fut trop pour Ronce qui dut se rasseoir pour ne pas tomber. Les poules, effrayées par son rire, se dispersèrent comme une volée de moineaux, fonçant attaquer des proies moins bruyantes.

Mais quand l'empereur se leva, Ronce ravala son rire au point de manquer de s'étrangler. La peur commençait lentement, mais sûrement, à peser sur ses frêles épaules. Elle s'attendit à des reproches, à des menaces, à tout ce qu'il pouvait y avoir de négatif. Mais sûrement pas à ce qu'une armée de poules renverse l'empereur et ne le piétine, voire lui picore les cheveux.

Le rire revint secouer Ronce une seconde fois, lui arrachant des larmes.

Il fallut la présence, et la patience, du valet pour rappeler à Ronce ses devoirs. Et surtout lui faire remarquer que son amie était tombée dans les vapes. Le choc fit l'effet d'une douche froide sur Ronce. Poussant les poules à grands coups de pied dans leurs postérieurs d'emplumées, la reine se rua sur Iris et tenta de la réveiller en lui tapotant les joues. Ce qui n'eut aucun effet.

Il fallait stopper toute cette mascarade.

— Valet, demandez de l'aide aux domestiques s'il le faut mais faites en sorte de faire sortir tous ces volatiles hors du palais. Leur place est au hameau, et non ici. Vous, ajouta-t-elle en s'adressant à une servante qui tentait de récupérer la cape de l'empereur. Aidez-moi donc à porter mon amie dans ma chambre.

La domestique voulut répliquer que faire appel à un homme serait plus approprié, mais le regard de la reine n'admettait aucune réplique. La servante tenant le haut du corps, Ronce les jambes, elles portèrent Iris jusqu'à la chambre qui se situait juste à côté du Grand Cabinet. Après l'avoir déposé sur le lit, la domestique alla chercher des sels pour ranimer Iris.

Ronce, après un dernier regard sur son amie, retourna voir où en était l'empereur.

— Si j'étais vous, je m'inquiéterais pour ma cape. Vos poussins ont quitté le nid, mais une poule la trouve tout à fait à son goût.

Une poule se trouvait, effectivement, sur la cape de l'empereur et s'y était installé comme chez elle. De son côté le valet, aidé de quatre autres valets, repoussaient peu à peu les poules hors de la pièce. Mais il y en avait toujours une pour revenir en arrière, et courir partout comme si le diable la poursuivait.

Le coq, pour sa part, annonçait à haute voix qu'il était fort mécontent de la situation. Ses caquètements incessants poussèrent Ronce à le faire taire. Relevant ses jupes, Ronce donna un coup de bien placé dans le coq qui vola... et s'écrasa contre le mur. Se rapprochant de l'animal gisant à terre, Ronce fit un constat pragmatique :

— Nous mangerons du coq au vin ce soir.


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Iris Willemer
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Iris Willemer
Mar 8 Juil - 17:58
Iris ne fit pas de rêves. Pas étonnant puisqu'elle était inconsciente et non endormie. Elle se fit ballotter comme un sac d'une pièce à l'autre sans broncher, et son corps totalement inanimé pesait presque un âne mort.

Ce n'est qu'une fois installées confortablement dans le lit que la belle dormeuse fut tirée de son sommeil, réveillée par par le doux baisers des sels qu'on secouait à son nez. Enfin... "doux".

Elle se redressa en toussant, le nez à vif. Une fois qu'elle parvint à respirer normalement, elle s'exclama :

"Oh mon dieu ! J'ai fait un rêve des plus déplaisants, j'ai cru que Versailles était envahi par les armées des poulaillers du Hameau..."

Minute. Elle regarda, perplexe, autour d'elle. Ce n'était guère la chambre dans laquelle elle résidait. Et elle était tout habillée. Une servante la regardait en fronçant les sourcils, ne comprenant pas un mot d'allemand. Elle s'adressa à Iris en articulant lentement.

"Madame, je vais devoir vous ramener auprès de leurs Majestés puisque vous êtes éveillée. En espérant qu'ils aient fini d'évacuer la salle..."

Iris avait réussi à comprendre, et allait répliquer lorsqu'une série de cancannements en approche se firent entendre par delà la porte. La baronne se figea de terreur et sauta hors du lit pour aller se cacher derrière les rideaux.

"Les revoilà !! Nous sommes fichus, courrez pour vos vies ...!"

Heureusement les poules dépassèrent la chambre sans s'y intéresser. Iris soupira d'un profond soulagement et lâcha les rideaux qu'elle agrippait fermement, prête à grimper.

La servante la regarda avec stupéfaction et méfiance. Iris rougit, se rendant compte qu'elle avait agi de manière proprement ridicule. Elle toussa pour mettre un terme au silence gêné.

" Nous allons à la salle de ses Majestés."

Elle ouvrit le pas.

Dans la salle le calme semblait revenu, et la majorité des poules étaient en effet parties. Ne restaient qu'un cadavre de coq qui gisait au pied d'un mur à coté d'une Ronce terriblement sérieuse, une une poule, bien vivante, sur la cape de l'empereur.

Iris se cacha derrière l'encadrement de la porte en couinant.

"Je.. Je suis désolée mais... Pitié faites sortir ce monstre...!" demanda-t-elle plaintivement.


HRP:
 
Iris Willemer
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