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 Prelude To Tragedy [0001]

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Mistral Despair

MessageSujet: Prelude To Tragedy [0001]   Dim 13 Juil - 19:34










Une nouvelle fois, Mistral se retrouvait à marcher dans les rues de la capitale anglaise. Bon sang, pour un pays qu'il détestait il avait tendance à s'y retrouver bien souvent...mais cette fois c'était différent. Il avait reçu le message express deux jours plus tôt et avait fait bagages aussitôt. Généralement le Marquis qu'il était ne se pressait pas sous la demande des autres et encore moins depuis qu'il avait retrouvé son arrière-grand-père et une situation politique stable. Seulement, lorsque la missive d'Apollon était arrivée il n'avait pas pu dire non. Par le passé, le grand français lui avait ouvert les portes de son théâtre et offert le tremplin dont il avait eu besoin pour se lancer dans les affaires ; c'était en partie grâce à lui s'il s'était reconstruit. Et il n'avait beau pas avoir beaucoup de principes, il mettait un point d'honneur à payer ses dettes.

Aujourd'hui c'était jour de foire dans les bas quartiers, et les pluies de Septembre ne semblaient pas arrêter les poissonniers qui côtoyaient les antiquaires et vendeurs d'onguents. Tout ce bas monde et cette crasse environnante, il les méprisaient déjà de base, mais son humeur était encore dégradée par la sensation spongieuse de ses bottes détrempées et ses mèches aplaties par l'eau des cieux qui lui collaient aux joues et venaient lui piquer les yeux. En résumé, là tout de suite, il les aurait volontiers tous envoyés se faire pendre.

Bon, quel lieu de rendez-vous Apollon lui avait-il déjà donné ? À l'abri du couvert d'un petit stand de fromages, il sortit la lettre de sa poche pour la relire-

« Ah ! Mon bon Sir ! V'nez donc vous r'montez la mine avec un bon bout de Stilton ! »

Mistral jeta négligemment un coup d'oeil à la grosse femme qui tendait vers lui un couteau sur lequel reposait une tranche de fromage blanc incrusté de vert qui ressemblait fortement à du roquefort « Virez ce truc qui sent les pieds de mon nez. »

La marchande goba le morceau et lui souffla son haleine au visage lorsqu'elle reprit « Allons ! Faut savoir passer out' les apparences ! C'est parfois c'qui pue le plus qu'est l'plus charmant ! »

Devant cette sagesse, Mistral ne put que cligner des yeux sans rien trouver à répondre et en espérant qu'il n'avait fait qu'imaginer le double-sens de ces paroles. « Tu m'en diras tant » il marmonna pour lui-même en tentant de reprendre la lecture du message en paix.

Encore une fois, l'univers se ligua contre cela car une main vint lui arracher le papier des mains juste avant qu'une voix connue ne s'élève « Jordan's Hin, mais je crois pas que votre ami y soit. »

« Apollon. »

L'étreinte musclée de son ancien chef de troupe le prit un peu par surprise mais il laissa faire sans pour autant y répondre avec vigueur. Il supportait le contact mais n'en était pas spécialement friand. Il avait oublié à quel point les gens étaient tactiles dans le monde du théâtre.

Le grand châtain recula et le fixa un instant. Il s'était mis à la mode anglaise et avait laissé poussé ses favoris mais il restait toujours quelque chose en lui de...français. Mistral n'aurait pas su l'expliquer autrement. Il avait aussi un air perdu qu'il ne lui reconnaissait pas.

« Je croyais pouvoir les doubler...mais ils ont pris ma Lutèce et demandent une rançon... » il l'entraîna un peu à part, loin des oreilles de la fromagère « J'ai pas l'argent pour payer... » Apollon détourna la tête « Bon Dieu, tue-mois, j'ai honte de demander ça. »

Son argent, c'était pour ça qu'il l'avait contacté. Le Marquis le savait parce qu'il l'avait déjà dit dans la lettre mais il se sentait toujours un peu insulté. Il énonça néanmoins la vérité à son ami « Si tu les as doublés, une fois l'argent reçu, ils la tueront juste pour la forme ou la vendront plus loin. C'est ce que je ferais moi. » il interrompit Apollon avant qu'il ne puisse répliquer « J'ai déjà donné rendez-vous à une connaissance dans le milieu. Son nom est Pitt, il nous aidera à récupérer Amédine. »


HRP:
 








Dernière édition par Mistral Despair le Mer 13 Aoû - 0:26, édité 1 fois
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Pitt

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Dim 13 Juil - 21:07
Le Zeppelin n'avait toujours pas quitté Londres depuis le début du mois. Il s'y était passé des choses intéressantes et le réseau fleurissait sur l'Angleterre. Le temps de repartir pour l'Amérique était venu, il fallait s'en retourner à New-Wonderland. Cependant, ce plan fut vite mis de côté. Pitt avait reçu une lettre lui donnant des éléments plutôt particuliers, il devait rejoindre l'auteur et une connaissance de ce dernier au lieu indiqué. Les mots écrits sur le papier venaient du Marquis, le proxénète y vit une sorte de chasse au trésor. L'idée d'apporter son aide ne le dérangea pas. De plus, s'il s'agissait de concurrents dans le milieu du plaisir sous tarif, pourquoi pas leur mettre des bâtons dans les roues ? Sans oublier qu'il fallait soigner ses connaissances dans la pègre. Au final, le Lièvre ne vit pas de raison de poser un lapin à cette petite mission. Un détail l'avait aussi amusé, il devait apporter sa contribution au sauvetage d'une femme enlevée alors que lui-même en enlevait.


 
Après une attente plus ou moins longue, l'heure était venue. Descendant d'une des passerelles qui reliaient la machine volante au sol, le Lièvre de Mars se dirigeait vers le lieu de la rencontre. L'endroit indiqué se trouvait proche de la position du dirigeable. Il ne fallut à Pitt que quelques minutes avant d'en avoir fini avec les labyrinthes de murs et de pavés. Les mains dans les poches, un biscuit dans la bouche, il marchait tranquillement vers les deux ombres qui se dressaient non loin. Le proxénète fit un petit demi-tour sur lui-même, il observa la silhouette de son monstre de métal. Une sorte de point de repère dans cette ville qu'il ne connaissait pas encore dans sa totalité. C'était aussi pour cette raison que Pensée l'accompagnait, elle connaissait mieux les chemins de la capitale que lui. Quand il n'aura plus besoin de sa carte sur pattes il la renverra dans le Zeppelin. Il avait fait trois pas en arrière tout en observant la forme ovale un peu cachée par les parois de pierres.


 
Enfin il reprit le chemin vers les deux hommes, sa fleur tricolore derrière lui. Cinq pas, qu'il s'était amusé à compter dans sa tête, et il arriva face au Marquis ainsi que l'ami de celui-ci.


 
Le Lièvre affichait son grand sourire indélébile, amusé comme s'il était impatient de commencer un jeu. Sans doute le duo n'avait pas envie de rire, mais lui ne s'en priverait pas. Il avala son petit gâteau sec et commença la discussion :


 
- Bonsoir, bonsoir ! Voyons souriez ! On va pouvoir sauver votre princesse. J'aimerais juste savoir qui est l'auteur de cet enlèvement. Vous le savez ? Vous savez comment finir cette histoire tragique à votre avantage ? Mes filles peuvent avoir entendu ou vu des éléments importants sur les ravisseurs.


 
Il eut un petit rire, mais se retint de ne pas tomber dans un fou rire. Il gardait tout de même son esprit enchaîné à la situation. Il ne fallait pas divaguer, ce que lui diront ses interlocuteurs pourront cibler les informations utiles qu'il pourra donner. 




Ses fleurs étaient observatrices et bien éduquées par Pensée. Elles faisaient attentions aux détails, il le fallait bien puisqu'elles devaient en partie chercher des potentiels pièces pour le New-Wonderland de leur employeur. Il était possible que ses filles puissent faire avancer les choses en faveur du sauvetage de la femme enlevée.
Déjà que certaines avaient eu vent du souffle de la rébellion, alors des kidnappeurs devraient avoir eu l'effet d'une tempête, ou du moins d'une bourrasque.


 
Pitt observa le Marquis puis l'autre homme, il ne connaissait pas le deuxième. Enfin peut-être l'avait-il vu sur scène lorsque Lys avait absolument voulu voir un pièce de théâtre dans cette ville. Une artiste qui aimait beaucoup toute forme d'art. S'il avait accepté c'était uniquement parce qu'il s'ennuyait et qu'elle lui avait dit que c'était pareil à une histoire. 



Le Lièvre de Mars partait dans les nuages, il secoua sa tête pour se ramener à la discussion. Il n'avait encore rien manqué d'important. Sa petite escapade en dehors du moment présent fut extrêmement brève. Il reprit son sourire qui s'était un peu estompé.

 

Il était content de pouvoir jouer à ce petit jeu de cache-cache, il se demandait à quel genre de ravisseur ils devraient se confronter.



Pitt adressa un regard rapide à Pensée, comme pour vérifier qu'elle aussi écoutait bien les deux hommes. 
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Mistral Despair

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Mar 19 Aoû - 0:23










Cela faisait à peine deux minutes que Mistral et Apollon attendaient sous la pluie fraîche qui ne semblait pas vouloir s'arrêter lorsque leur futur allié montra le bout de son nez. Parfait, Parfait, s'il y avait bien une chose qu'il appréciait c'était la ponctualité. Il trouvait le fait d'attendre tellement insultant.

« Bonsoir, bonsoir ! Voyons souriez ! On va pouvoir sauver votre princesse. J'aimerais juste savoir qui est l'auteur de cet enlèvement. Vous le savez ? Vous savez comment finir cette histoire tragique à votre avantage ? Mes filles peuvent avoir entendu ou vu des éléments importants sur les ravisseurs. » dit le petit homme blond avec amusement, entrant dès son arrivée dans le vif du sujet.

Le Marquis caressa le pommeau de sa canne noir et argent du pouce et adressa le sourire poli des affaires à l'arrivant « Pitt, Le Lièvre, Proxénète des Fleurs ; c'est un plaisir de vous revoir mon ami. Comment allez-vous ? » il jeta un coup d'oeil à la catin qui le suivait à un pas de distance ; « Toujours fidèle à vous-même à ce que je vois. » il désigna ensuite Apollon d'une main délicatement gantée « Voici Apollon, Chef de la troupe du Théâtre Coquet. Il va vous donner toutes les informations que nous possédons. » L'intéressé lui jeta un coup d'oeil comme pour dire ''Moi?'' et Mistral se demanda pourquoi il avait accepté de l'aider.

C'est ton ami. Non, réponse insatisfaisante, il ne croyait pas en l'amitié.

Il t'a sorti de la rue, c'est le moment de payer ta dette. Ah...oui, là était la vraie raison. Celle qui ne lui donnait pas l'impression d'être un idiot sentimental. Car pour sûr il aurait eu mille autres choses à faire que d'aider un prolétaire à retrouver sa dulcinée. S'il ne savait pas surveiller correctement sa femme et la laissait se promener au gré du vent c'était bien fait pour lui.

Sortant une feuille pliée de sa poche, Apollon adressa un regard à Mistral, Marquis comme on l'appelait depuis toujours. Il savait qu'il était devenu quelqu'un après avoir quitté la troupe, mais il n'aurait jamais pensé à ce point. Il avait toujours eu cette arrogance, et cette aura de prestige ; mais aucun d'eux n'auraient cru qu'il avait réellement le sang bleu et qu'il se construirait une telle renommée. Il était devenu très différent.

Mais ce n'était pas le moment de penser au passé, il fallait retrouver Lutèce. Le grand français s'adressa au fameux Pitt « Ils ont signés : Kreuzbube et ne disent pas grand choses sinon que si je veux récupérer Lutèce je dois leur amener 5000£ Dimanche soir à Picadilly... »

Mistral manqua de s'étouffer avec de l'air et écarquilla les yeux en direction d'Apollon « CINQ MILLES LIVRES ! Bon sang...qu'est-ce que tu leur a fait ? » ses iris s'assombrirent « Et tu comptais me demander de sortir un an de salaire de ministre de ma poche au nom de l'amitié ? »

Le chef de troupe leva les deux mains en signe de reddition et osa dire « Tu as dit que de toute façon cela ne servait à rien de payer. Enfin bref... c'est qu'on était un peu à sec ces derniers temps au théâtre...alors j'ai peut-être commencé à m'intéresser au marché noir de l'art et...»

Soupirant, le Marquis se massa l'arête du nez. Il comprenait maintenant pourquoi on avait enlevé Amédine et trouvait même la punition et la rançon demandé plutôt sympathique. L'art volé et les reliques était une grande partie de son commerce, à la place de ces hommes il aurait pendu Apollon avec son propre rideau de scène. « Espèce d'incompétent » murmura-t-il plus à lui-même qu'autre chose avant de reporter son attention sur Pitt « Peu importe. Kreuzbube, soit Valet de Trèfle ou Jack of Clubs ça vous dit quelque chose ? Après tout je ne touche pas à la prostitution et je n'ai jamais entendu parler d'eux dans les autres milieu. Et puis ce nom est étrange pour des allemands, je croyais les cartes plutôt du goût des roumains. » se souvenant soudain de quelque chose, Mistral glissa une main dans son manteau et en sorti une boîte en fer qu'il tendit au Lièvre « Oh ! Et j'oubliais. J'ai fait préparer ces choux à la crème par mon pâtissier exprès pour vous lorsque j'ai appris que vous étiez à Londres. Votre Zeppelin ne passe jamais inaperçu, cher ami, j'aime votre sens du grandiose. »





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Pitt

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Mer 20 Aoû - 20:33
Pitt se retenait un peu de rire lorsqu'il vit les réactions des deux hommes lorsqu'ils parlaient de la situation. Puis, il parvint à se calmer. De son grand sourire, plus amusé tout en étant sinistre à l'idée de jouer avec les ravisseurs. Mais alors que son attention commençait à partir pour d'autre contrées lointaines, le Marquis résuma. Ce dernier savait y faire pour ne garder que le nécessaire. Surtout avec la confusion de son ami.
 
« Peu importe. Kreuzbube, soit Valet de Trèfle ou Jack of Clubs ça vous dit quelque chose ? Après tout je ne touche pas à la prostitution et je n'ai jamais entendu parler d'eux dans les autres milieu. Et puis ce nom est étrange pour des allemands, je croyais les cartes plutôt du goût des roumains. »
 
Depuis quand mangeait-on des cartes ? L'esprit du Lièvre s'envolait mais il se concentra de lui-même. Pas assez apparemment puisqu'il fut distrait par de simple nuage peu de temps après les paroles de son collègue de la pègre. Mais une boîte de métal réussit enfin à l’enchaîner entièrement à la situation.
 
« Oh ! Et j'oubliais. J'ai fait préparer ces choux à la crème par mon pâtissier exprès pour vous lorsque j'ai appris que vous étiez à Londres. Votre Zeppelin ne passe jamais inaperçu, cher ami, j'aime votre sens du grandiose. »
 
Les yeux d'émeraudes du proxénète brillèrent en apprenant le contenu de l'objet de fer. Il aimait traiter avec le Marquis, il avait le sens de la politesse. Enfin, de ce que Pitt désignait ainsi. Tout en prenant possession des délicieuses pâtisseries de haute qualité, son sourire s'agrandit encore plus.
 
- Comme toujours vous savez y faire ! J'apprécie cette attention qui rendra la mienne des plus attentive. J'aime votre sens des affaires. S'il y avait une cour de la criminalité, vous seriez sans aucun doute parmi les plus grands.
 
À vrai dire, le Lièvre ne savait lui-même pas ce qu'il entendait par là. Mais son interlocuteur devait surtout comprendre qu'il lui retournait en quelque sorte un compliment. Ne serait-ce qu'en remarquant qu'il se donnait la peine de garder des termes de politesse en lui parlant, alors qu'il pouvait sauter de la bienséance à la familiarité, voire vulgarité. Tenant fermement le réceptacle des délices durant un instant, il passa la boîte à Pensée tout en s'assurant qu'elle ne toucherait pas au contenu.
 
- Kreuz... bube. Je crois avoir déjà entendu ce nom si... compliqué et peu amusant.
 
Il se tourna vers sa fleur tricolore, celle-ci lui fit un léger signe de tête, ce qui signifiait qu'elle en avait connaissance.
 
- Si je ne me trompe pas, il s'agit d'un groupe débutant. Raison pour laquelle peu les connaisse. Ils auraient dû choisir un nom plus simple à prononcer s'il veulent devenir influents.
 
Il avait tourné ses iris vertes un peu vers les cieux, signe qu'il réfléchissait. Il s'efforçait d'être des moins dissipé, il le devait bien à une personne qui avait pris la peine de ne pas l'être en se remémorant ce que le Lièvre aurait apprécié.
 
- March est encore frais sur ces terres, mais possède déjà une grande ampleur. Les fleurs poussent vite.
 
Remarquant qu'il s'écartait du but il poursuivit après un petit rire, la rencontre qu'il avait déjà eu avec ce groupe de malotrus l'amusait :
 
- Je ne sais plus exactement pourquoi, mais nous avions dû nettoyer une partie d'un secteur de notre réseau. Les trèfles sont des mauvaises herbes après tout. Ils voulaient commencer à toucher à la prostitution, je suppose qu'ils ne sont pas partis en totalité au vu de ce nouvel événement. Les bas-fonds devraient être un abris pour eux. Je me souviens qu'ils avaient mentionné avoir des androïdes à leur service, fait évidemment faux. Enfin, je l'ai supposé au vu de leur faiblesse.
 
Ses yeux se perdirent dans le vide, il n'avait aucune idée de ce qu'était véritablement une de ces machines venues de Roumanie. Et puis, ces membres du Kreuzbube avaient en effet feint d'avoir de ces êtres encore mystérieux.
 
- Donc, des concurrents ratés, ils vivent sans doute dans les bas-fonds,. Ils ne sont pas véritablement dangereux, mais assez idiots pour ne pas réfléchir à qui ils s'attaquent. Apparemment. Il faudrait peut-être commencer par là où nous sommes allés désherber la dernière fois.
 
Pitt avait essayé de résumer, de clarifier ce qu'il avait dit préalablement. Il aura encore besoin de Pensée, afin de d'abord trouver l'ancienne et peut-être encore actuelle planque des mauvaises herbes à trois feuilles. Le Lièvre de Mars eut un rire, ce jeu lui paraissait amusant. 


Après avoir marqué une pause le temps de rire un coup, il reprit pour y ajouter un élément qui pourrait intéresser ses interlocuteurs.


- La dame peut encore être en vie. Il faudrait juste qu'ils paniquent. Les nouveaux ont la fâcheuse tendance à avoir la cachette facile. On pourra leur proposer une roulette russe !


Un gloussement s'échappa d'entre ses lèvres amusée, il parlait d'une fausse roulette, ces imbéciles de trèfles n'avaient pas saisi leur seconde chance.
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Mistral Despair

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Jeu 28 Aoû - 2:54







Spoiler:
 


Il n'était pas dans la coutume pour Le Marquis d'offrir des cadeaux à quiconque. Pourtant il devait avouer que savoir un présent reçu avec autant de contentement était quelque chose de très appréciable.

Tout sourire comme à son habitude, le Lièvre le caressa à son tour dans le sens du poil jusqu'à le rendre lustré « Comme toujours vous savez y faire ! J'apprécie cette attention qui rendra la mienne des plus attentive. J'aime votre sens des affaires. S'il y avait une cour de la criminalité, vous seriez sans aucun doute parmi les plus grands. »

De la part de l'homme en question, il s'agissait d'un compliment de valeur et Mistral l'accepta comme ceci « Quand à vous, mon ami, si vous continuez sur cette voie vous serez bientôt un aussi beau-parleur que je le suis ! »

En arrière-plan, Apollon attendait avec une envie soudaine et très impulsive de se jeter sous les roues du prochain fiacre qui passerait. Il avait froid, la pluie lui piquait les yeux et...ah oui...CHAQUE SECONDE DE CES POLITESSES MIELLEUSES ÉTAIT UNE DE PERDUE POUR LUTÈCE. Bon Dieu il savait à quel point Mistral aimait parler et parler et parler, mais il n'avait pas souvenir que c'était à ce point. Et puis quel genre de criminels passaient des heures à se lécher mutuellement la fourrure avant d'entamer une conversation ?
Peuh. Il était sûr que son soi-disant ami de Marquis crachait des boules de poils dans son bain parfumé à force.

Et il avait la dalle, un chou à la crème était bien tentant. Mais ayant vu le regard qu'avait jeté le fameux Pitt à sa suivante quand il lui avait confié la boîte...et bien disons qu'Apollon n'était pas prêt à risquer sa vie pour un peu de crème vanillée.

« Kreuz... bube. Je crois avoir déjà entendu ce nom si... compliqué et peu amusant. » finit par dire le proxénète.

Les deux français dressèrent l'oreille, Mistral raffermissant sa prise sur sa canne devant le suspense croissant.
C'était ainsi qu'il fallait agir avec le Lièvre, les friandises avant l'action - ou l'information dans le cas présent.

« Si je ne me trompe pas, il s'agit d'un groupe débutant. Raison pour laquelle peu les connaisse. Ils auraient dû choisir un nom plus simple à prononcer s'il veulent devenir influents. »

Apollon devenait fébrile, cet homme savait donc bien quelque- « AÏE !!! » Mistral venait de le frapper à l'estomac d'un fabuleux coup de canne « Mais ça va pas !? » un autre coup dans le tibia « Aïe ! » et encore un « Mais t'es un grand malade, bordel ! » agrippant à pleines mains la chose par le milieu, il la jeta sur les pavés.

C'est là que le Marquis commença à l'engueuler en français pendant que l'autre allumé regardait le ciel nuageux.

« Bon à rien ! Je vais te remonter les pendules à l'heure moi ! Je quitte tout pour venir ici sauver les miches d'une femme, dans un pays que je méprise et une ville qui pue et tout ça pour apprendre que t'as laissé une bande de clodos Boches avec un nom à coucher dehors la kidnapper ! » Apollon n'osait ni bouger ni parler, décidant encore s'il avait peur ou non de l'ire de son ancien membre de troupe « Tu aurais au moins pu choisir une organisation avec un certain prestige ! Pas de vulgaires maquereaux d'égouts ! Tu fais honte à ta patrie espère de français indigne ! »

Eh ben ! Le chef de troupe était foutrement impressionné. Il savait que Mistral avait tendance à dramatiser...mais pas à ce point. D'ailleurs là, sous la pluie, avec ses cheveux tout aplati il avait vraiment l'air d'un chat de gouttière chuintant sur les passants. Ou plutôt lui en l'occurrence.

« Tu sais à ton âge l'hyper-tension... » commença-t-il avant de se taire lorsqu'il vit la main du Marquis s'approcher dangereusement du revolver qu'il cachait sous sa redingote.

« Je ne sais plus exactement pourquoi, mais nous avions dû nettoyer une partie d'un secteur de notre réseau. Les trèfles sont des mauvaises herbes après tout. Ils voulaient commencer à toucher à la prostitution, je suppose qu'ils ne sont pas partis en totalité au vu de ce nouvel événement. Les bas-fonds devraient être un abris pour eux. Je me souviens qu'ils avaient mentionné avoir des androïdes à leur service, fait évidemment faux. Enfin, je l'ai supposé au vu de leur faiblesse. »

Les deux hommes tournèrent la tête vers le troisième qui avait été momentanément oublié.

Mistral se plaignit « Et en plus il va falloir aller patauger dans la fange et se mêler au bas-peuple... »

Pour de vrai, si ça continuait comme ça il allait bientôt se mettre à pleurer. Il allait devoir chercher une bande de nuls dans un quartier moisi pour sauver l'épouse d'un idiot.

Saisissant ses cheveux entre ses doigts, le français les tordit pour les essorer et soupira. Il allait le faire, parce qu'il avait promis et parce qu'Amédine restait la femme qui s'était de tous temps le plus approché pour lui du terme d'amie. Mais c'était vraiment sans entrain. Il aimait bien l'action mais tout cela était trop pathétique.

« Donc, des concurrents ratés, ils vivent sans doute dans les bas-fonds,. Ils ne sont pas véritablement dangereux, mais assez idiots pour ne pas réfléchir à qui ils s'attaquent. Apparemment. Il faudrait peut-être commencer par là où nous sommes allés désherber la dernière fois. »

Le Marquis avait le désir impérieux d'un bain tempéré et d'une cruche emplie Bordeaux. Un rêve, une innommable chimère qui lui paraissait si éloignée de sa réalité de pluie glacé et de pavé mornes qu'il peinait à se rappeler le goût subtil du vin rouge sur sa langue. L'explosion de saveur, l'émerveillement de ses papilles aux plaisirs de la fermentation...un lointain souvenir. Comme un instant glorieux immortalisé dans un tableau. L'image mais sans rien éprouvé par les autres sens

Pourquoi...pourquoi était-il encore une fois venu dans ce pays à la cuisine aussi affreuse que son climat...? Ô jour damné qui amena la lettre d'Apollon à sa porte.

Spleen...spleeeen

En plus c'était Ange qui l'avait poussé à aider l'artiste, songea-t-il. Le saligaud.

« La dame peut encore être en vie. Il faudrait juste qu'ils paniquent. Les nouveaux ont la fâcheuse tendance à avoir la cachette facile. On pourra leur proposer une roulette russe ! »

Mistral se tapota la lèvre, réfléchissant à l'idée pas si stupide du Lièvre. La pluie tombait de nouveau à verse et ses bottes commençaient à devenir spongieuses. S'ils pouvaient éviter d'aller ramper dans la boue dans l'optique d'une attaque discrète il prenait.

Il trancha « Certes, même truquée une roulette russe reste dangereuse...mais je viens de penser à quelque chose. »

« Je ne vois pas où- » il se tut lorsque son compatriote le fusilla du regard.

« Shh. Tais-toi et écoute. » Le Marquis se tourna à nouveau vers Pitt « Invitez ces hommes dans votre Zeppelin, prétendez avoir envie d'un partenariat ou quelque chose du même goût, ils se sentiront honorés. Et dites-leur d'amener leurs filles avec eux car vous voulez juger la marchandise d'égal à égal. » une sourire retroussa finalement ses lèvres « Nous pouvons faire cela proprement tout en éradiquant les racines de ce groupe une bonne fois pour toute. Qu'en dites-vous ? »




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Pitt

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Ven 29 Aoû - 19:36
Pitt s'était retenu de rire en voyant l'ami du Marquis se faire remettre à sa place, mais il tenta de garder son calme en pensant aux délicieuses pâtisseries. L'idée du criminel distingué avait été bien reçue mais, le Lièvre n'appréciait que moyennement la vision de ces trèfles dans son Zeppelin. Puis, il eut un rire en pensant à la cale des cadavres. Ils avaient retourné un cimetière la veille, après toute cette histoire il faudra retourner aux États-Unis. Il avait tout de même le temps de s'occuper de cette histoire, qui lui rappelait le jeu du chat et de la souris. La Marquis avait été visiblement agacé par la médiocrité du groupe au nom peu amusant, ils étaient médiocres en Angleterre, mais peut-être pas en Allemagne. Le proxénète se força à retenir cette réflexion afin d'en parler à Lys, celle-ci avait une plus grande connaissance du cas allemand.
 
Soudain, le pilleur prit une mine surprise. Il observa ses mains et les personnes l'entourant, puis le ciel. Il venait de remarquer la pluie... Il aurait dû prendre un manteau, maintenant qu'il remarquait qu'il se trouvait être trempé jusqu'à la moelle. Il eut un amusé puis ennuyé.
 
- Bien bien ! Je les ramène, en les appâtant avec un partenariat. Tout en exigeant qu'ils m'apportent quelques marchandises.
 
Son regard parti dans le vide avant d'être ramené sur le Français, il avait dit qu'il resterait plus attentif alors il s'y tenu.
 
- Dites-moi simplement à quoi ressemble votre princesse enlevée ? Si ça se trouve, elle peut être sur le marché, ou bien traîne dans les bas-quartiers accompagnée de ses ravisseurs. Si on a de la chance, les filles en ont déjà parlé à Pensée.
 
Chaque fois que le Zeppelin apparaissait dans un lieu où le réseau fleurissait, quelques délégués racontaient ce qui s'était passé au cours de l'absence des trois fleurs principales et du Lièvre. C'est aussi grâce à ce système que la menace du groupe novice avait été jugée sans intérêt, lorsque March s'était occupé d'arracher ces mauvaises herbes. Lorsque Kreuzbube avait mentionné "Androïdes", personne n'avait idée de ce dont il s'agissait véritablement. La seule chose qui était sûre, c'était qu'il devait s'agir d'êtres puissants. Mais peu importait, ils n'en possèdent pas.
 
Pitt s'était laissé distraire par ces pensées mais revint à nouveau.
 
- Je demanderai aussi quelques informations sur le groupe à Lys, elle en sait plus sur les groupes allemands. Il se peut qu'ils soient plus dangereux dans leur pays d'origine...
 
Il eut à nouveau un rire, qu'il étouffa avec peine.
 
- Mais faisons comme vous l'avez proposé, invitons-les. Cependant, monterez-vous dans le ventre de mon Zeppelin ? Si c'est le cas, il vous suffira d'attendre les souris vertes dans une autre pièce. Enfin... s'ils connaissent vos têtes.
 
La fille de joie, croisait les bas tout en gardant la boîte de métal dans sa main. Elle était soulagée que son employeur se soit rendu compte de la pluie, et aussi que le sauvetage de la dame en question se fera dans le monstre de ferraille. Là-bas, au moins, le nombre de personne veillant sur Pitt était assez élevé pour ne pas se créer d'ulcère.


Spoiler:
 
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Mistral Despair

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Ven 26 Sep - 0:08









Attentif à la réaction du jeune proxénète, Mistral avait l'espoir sincère qu'il accepte la proposition. De plus, davantage que de lui éviter de patauger dans la boue, faire venir les ravisseurs au Zeppelin placerait les rênes de la situation entre leurs doigts plutôt que ceux de Kreuzbube. Ils ne pouvaient décemment laisser le contrôle de la situation à une organisation portant un nom aussi ridicule.
Et avec un peu de chance, il aurait le temps de prendre un bain et de manger quelque chose avant leur arrivée ; car s'il y avait bien une chose qu'il détestait parmi d'autres c'était de se sentir sale et affamé.

Le lièvre s'exprima finalement « Bien bien ! Je les ramène, en les appâtant avec un partenariat. Tout en exigeant qu'ils m'apportent quelques marchandises. » Croyant avoir perdu l'attention de son interlocuteur, Le Marquis s'apprêtant à se rappeler à lui lorsqu'il reprit la parole de lui-même « Dites-moi simplement à quoi ressemble votre princesse enlevée ? Si ça se trouve, elle peut être sur le marché, ou bien traîne dans les bas-quartiers accompagnée de ses ravisseurs. Si on a de la chance, les filles en ont déjà parlé à Pensée. »

Se tapotant la lèvre du bout de son index -le daim de ses gants était humide!-, le français réfléchit « Mmh...et bien, cela fait plusieurs années que je n'ai pas vu Amédine mais- »

Il fut couper dans son élan par un Apollon détrempé et visiblement remis de sa flagellation à coups de cannes « Plutôt mince, rousse de cheveux, les yeux bruns et une tâche de naissance en forme de lune sur la poitrine. Ahem. Le sein gauche, juste sous le mamelon. »

« Laisse-moi vomir, tu aurais pu nous épargner la description des pis de ta femme. » s’écœura Mistral, tentant de chasser l'image nauséabonde qui était née dans son esprit.

Le chef de troupe lui jeta un regard assez assassin pour décimer un bataillon anglais. Heureusement le Marquis ne se formalisait pas de telles choses.

L'époux de l'enlevée reprit, se justifiant « J'ai pensé que dans le milieu de la...prostitution ça pouvait être important. »

La réaction du proxénète sortit bien évidemment de nulle part comme à son accoutumée « Je demanderai aussi quelques informations sur le groupe à Lys, elle en sait plus sur les groupes allemands. Il se peut qu'ils soient plus dangereux dans leur pays d'origine...Mais faisons comme vous l'avez proposé, invitons-les. Cependant, monterez-vous dans le ventre de mon Zeppelin ? Si c'est le cas, il vous suffira d'attendre les souris vertes dans une autre pièce. Enfin... s'ils connaissent vos têtes. »

« Espérons. Cela rendrait toute cette histoire un chouïa moins pathétique. » ricana le français, avant de se courber légèrement devant son allié non sans une pointe d'ironie « Avec grand plaisir, mon ami. Mais pitié, pas de filles pour nous, je préfère ma chair comestible. » se redressant, Mistral passa la manche sur son front, essuyant les gouttes de pluie qui lui piquaient les yeux et poursuivit tout en affichant son sourire le plus charismatique « Ils connaissent Apollon pas moi. Mais pourquoi n'irions-nous pas discuter de tout cela au sec devant un verre ? Donnez-moi simplement le temps de passer à mon hôtel afin d'aller chercher une absinthe dont vous me direz des nouvelles. Un peu de Fée Verte pour égayer les réjouissances de tout à l'heure. »

La clé de la réussite de ce monde se trouvait dans un concept très simple qui disait : Attendrir, soudoyer, détruire. C'était là les trois choses qu'il fallait connaître chez chaque personne, ami ou ennemi.
Le fonctionnement était enfantin et instinctif, comme un animal qu'on attirait d'une voix douce avant de le nourrir à volonté pour ensuite lui passer la laisse au cou.



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Pitt

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Mer 1 Oct - 21:14


Le Marquis devait juste passer à son hôtel, il allait aussi apporter de l'absinthe de qualité sans doute. Un sourire en plus naturel se dessina sur le visage orné d'un tatouage du Lièvre. La pluie se faisait plus forte, comme l'on pouvait s'y attendre, le temps changeait soit vite en mieux soit vite en pire dans une ville proche de la mer. Pitt trouvait Londres encore moins accueillante que les cimetières, cependant il avait de l'argent à se faire et un empire invisible à étendre. Et il lui fallait aussi écraser ceux qui risquaient d'empiéter sur son terrain grandissant.
 
- Eh bien, allez-y. Je repars déjà dans mon Zeppelin, je viens de remarquer que je suis trempé.
 
Il rit de lui-même avant de reprendre la suite de ses paroles, portant sa main vers son front comme le ferait un soldat.
 
- Comme vous pouvez le voir d'ici, je ne doute pas que vous puissiez rapidement trouver mon March. À tout de suite, et j'ai bien hâte de goûter à votre Fée Verte.
 
Sur ces mots, il s'en retourna. Pensée le suivit, en jetant un dernier regard plutôt pensif aux deux hommes. Puis elle accéléra le pas pour revenir à la hauteur de son employeur, tenant toujours fermement la boîte de pâtisseries. Sa robes tricolore était tout autant imbibée d'eau que les vêtements des autres personnes, elle n'éprouvait aucun regret de s'en retourner au sec, et puis cet homme soit disant ami ne lui plaisait pas vraiment... Elle avait remarqué une certaine tenu chez cet "allié", quelque chose qui lui rappelait la noblesse.
 
~~~
 
Le chemin n'était pas long et l'hôtel du Marquis ne devait pas non plus se trouver bien loin du dirigeable puisqu'à peine le Lièvre de Mars avait pu se trouver une chemise sèche, ses invités étaient déjà montés à bord. C'était Charly qui les avait attendu à l'entrée et qui les avaient menés au petit salon où se trouvaient deux sofas l'un en face de l'autre séparés par une table-basse. Une table à manger avait aussi sa place ainsi que des tableaux pris à des clients en retard sur des payements, des vitrines contenant des bouteilles complétait le décor bien moins industriel que celui des couloirs de ferrailles. Seul un tuyaux au plafond rappelait que l'on se trouvait sur un monstre de métal massif. Ses trois étages et l'énorme ovale contenant les chambres à air donnaient l'impression que cette chose ne pourrait jamais voler. Le cuistot avait guidé les deux visiteurs dans les couloirs manquants cruellement de raffinement, tout en esquivant quelques membres d'équipages.
 
Aussitôt Apollon et le Marquis installés, le pilleur les rejoignit. Pensée, elle aussi plus au sec, alla s'installer sur une chaise à la table. Elle se tenait bien droite comme à son habitude, le cuisinier resta aussi dans la pièce. Appuyé contre le mur côté porte, Charly attendait de savoir ce qu'il devait aller dire aux cibles. Il jouerait les messagers, il avait déjà réussi à les trouver une fois... il réussirait bien deux fois.
 
Pitt se laissa tomber sur le l'un des canapés beiges et moelleux, puis fit signe aux autre hommes qu'ils pouvaient prendre place où bon leur semblaient. Toujours souriant, mais plus sinistre...
 
- Quelle journée intéressante ! Des choux à la crème, de l'absinthe et une partie qui s'annonce amusante !
 
Il réfléchit un instant.
 
- Je dirais même, un séjour parfait. Si j'ajoute mes nouveaux cadavres de hier matin.
 
Il rit, enfoncé dans le meuble confortable. Puis ses iris d'émeraude se dirigèrent enfin sur les invités, à croire qu'il avait pensé tout haut ses dernières phrases.
 
- Bienvenus dans le Zeppelin March !
 
Dit le Lièvre de Mars d'un air enjoué en levant les bras.
 
- Charly, ici présent, ira délivrer le message de "partenariat" aux mauvaises herbes. Et aussi, en passant, Lys m'a dit que les trèfles sont plus connus en Allemagne et qu'ils avaient un bordel là-bas. Cependant...
 
Son attention fut détournée par sa fleur tricolore, riant il lui lança :
 
- Pensée, tu vas avoir mal au dos à force de bien te tenir droite.
 
Son expression en croissant fut brisée par un autre rire, en portant sa main à son front. Il se calma aussitôt.
 
- Ah oui, désolé, je me suis égaré. Je disais donc qu'ils avaient une maison close mais, les conflits dans leur pays ont eu raison de leur business. Pourquoi exactement, ça je le sais pas encore.
 
Un peu plus sérieux, il pensait déjà à son jeu favori. 
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Mistral Despair

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Dim 5 Oct - 13:35









Le monde est peuplé de nombreuses personnes différentes. Pourtant, la plupart d'entre elles sont manipulables à guise si l'on connaît les bons mécanismes. Et puis il y avait les énergumènes comme ce Lièvre qui ne suivaient aucune logique et étaient plus imprévisibles qu'un tsunami. Avec ceux-ci, même Mistral se méfiait car ils pouvaient tout à coup oublier leur prétendue amitié et se retourner contre lui. Lui-même faisait parfois pareil mais c'était toujours dûment réfléchi et pas né d'une simple impulsion.

Parce que le Marquis avait beau savoir posséder quelques onces de folie, il se trouvait bien en deça du proxénète qui parlait aussi gaiement des cadavres dans sa cave. Mais après tout, ils devaient tout deux avoir des motivations bien différentes.

Le jeune homme qui avait soudain tourné son attention vers l'une de ses catins – ou sa mère maquerelle peut-être- revint à eux « Ah oui, désolé, je me suis égaré. Je disais donc qu'ils avaient une maison close mais, les conflits dans leur pays ont eu raison de leur business. Pourquoi exactement, ça je le sais pas encore. »

Alors que Mistral réfléchissait aux possibles causes, se tapotant la lèvre de l'index -sec car il s'était changé, ce fut Apollon qui intervint « La situation en Allemagne est plutôt tragique. Il suffit qu'ils se soient trouvés au milieu d'un conflits entre deux seigneurs pour que leur commerce tombe »

Le Marquis croisa les jambes avant d'approuver « Apollon a sans doute raison, peut-être que nous essayons de chercher trop loin. » retirant son manteau parce qu'il avait trop chaud, son regard s'attarda sur les tableaux empilés dans un coin. Il y avait là des pièces qui vues de loin l'intéressait, mais il s'en soucierait plus tard. Il s'exclama « Oh et j'oubliais presque ! » une bouteille apparu presque magiquement entre ses mains – il l'avait cachée dans le tissu de sa veste – et il la tendit à Pitt par-dessus la table basse « Elle vient de Suisse, dans le berceau de naissance de la fée verte. »

Un mouvement à côté de lui fit tourner la tête au français. Son compatriote lui adressait un regard irrité.

« Quand vous aurez fini de vous lécher mutuellement le poil, on pourrait peut-être se concentrer sur tout-à-l'heure. » lâcha celui-ci.

« Tu es trop impatient, mon ami. Les mondanités ne doivent jamais être laissées de côté. »

Sans répondre, parce qu'il savait qu'il avait besoin des deux hommes, Apollon préféra se lever et se mettre à faire les cent pas derrière le canapé beige.



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Pitt

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Dim 5 Oct - 16:50
Aveuglé par la bouteille d'absinthe, Pitt ne prêta pas attention à ce qu'Apollon avait dit. Il avait devant lui la fée verte venue des terres helvètes, le berceau de ce nectar dont la distillation menait -si, mal maîtrisée- à quelques hallucinations. Un autre monde s'offrait ainsi à ceux qui en buvait sans craindre la "magie" de la fée verte. Il suffisait de savoir si le producteur savait ce qu'il faisait, mais le Lièvre ne s'inquiétait jamais des risques fantaisistes de cette boisson. À vrai dire, il n'a pas souvent été confronté à des bouteilles mal distillées.
 
Il saisit sans la moindre hésitation le nouveau présent, il voulu en premier temps l'ouvrir et la boire directement. Cependant, il voulu faire preuve d'un minimum de politesse envers cet allié des plus raffinés. Il lui suffit de fixer un instant Charly pour que celui-ci leur apporte des verres, comptant tout de même l'acteur des cent pas. Le cuisinier les posa sur la table basse, le proxénète ouvrit aussitôt le contenant du liquide végétal. Il s'en versa. Puis, comme une illumination soudaine, il en versa dans les autres objets de cristal. Il venait de se souvenir qu'il allait partager un peu de cet alcool avec ses invités, avant de jouer avec les trèfles. Il prit son verre, qu'il avala d'un coup. Ses yeux s'illuminèrent.
 
- Délicieux ! Marquis, vous savez parfaitement choisir les présents. De l'originale en plus de ça, peu prenne la peine de m'apporter autant de cadeau. Certain m'en laisse mais plutôt par contrainte.
 
Le sourire du pilleur s'étira, tout en observant du coin de l'œil les tableaux ayant servis de monnaie. Un rire se fit entendre avant d'être effacé par un air bien plus sérieux tout en revenant sur les deux hommes. Il fallait encore faire venir les mauvaises herbes dans le Zeppelin du jardin, puis récupérer la dame qu'il fallait sauver.
 
- Charly peut déjà partir chercher ces... nuisibles.
 
Tournant sa tête décorée de ses lunettes d'aviateur vers son cuisinier, Pitt poursuivit :
 
- Dis-leur que je me suis lassé, que je veux continuer avec mon empire de fleur dans d'autre pays. Mais que je veux garder un œil sur l'Angleterre, et pour se faire j'ai besoin d'eux. Je leur propose un partenariat. Ajoute aussi que j'aimerais voir leur marchandise, les plus récentes. Et que j'ai une préférence pour les femmes possédant un trait unique. Quelque chose qui fait qu'on se souvient d'elles...
 
Il ne put retenir un rire, alors qu'il dirigeait ses iris d'émeraude vers son allié puis vers son cuistot.
 
- Cela devrait les convaincre, après tout, je ne suis pas compliqué. Une objection ? Une précision à ajouter ? Si aucune, alors Charly, tu peux partir. Prends trois hommes avec toi, comme ça vous serez quatre.
 
Bien sûr, le Lièvre avait envie d'ajouter une roulette russe dans le jeu de nettoyage et de sauvetage qu'ils avaient entamé. On pouvait lire dans ses yeux son envie de jouer à ce jeu de hasard. Enfin, on ne sait jamais si l'aléatoire est véritablement impliqué... Pourtant, le proxénète portait aussi le canon à sa tempe durant les parties.
 
- Ensuite, que faisons-nous des mauvaises herbes ? Je propose une roulette russe éliminatoire, le gagnant est celui qui est mort en dernier. Pour celui-ci je ne peux pas participer... je ne pourrai que tirer mais ça reste amusant d'être surpris par la balle. De plus, on pourrait préalablement jouer aux devinettes avec eux. En les menant à la pièce où on tirera, parce que le salon serait un peu trop sali...
 
Il riait, mais il réussit à se calmer afin de demander au Marquis avec un sourire plutôt sinistre :
 
- À moins que vous ayez une autre idée de déroulement de jeu ?
 
L'absinthe trônait toujours sur la petite table, une boisson qui mettait le Lièvre de Mars de très bonne humeur. D'une humeur joueuse. Pensée, dans son coin, appréhendait l'idée que des hommes soient tués sur le dirigeable même. La prostituée avait de la peine pour cet homme, Apollon, semblant honnête se retrouvant dans cette situation délicate. Mais il était vrai que le groupe n'était encore pas assez influent pour être un problème trop délicat, il fallait se consoler avec ça. Penser que les trèfles seraient rapidement écrasés par les membres de la pègre plus imposants.


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Mistral Despair

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Dim 12 Oct - 1:38









L'amour du Lièvre envers la Fée Verte était bien connu, aussi le choix qu'avait fait celui-ci de partager son cadeau était une vrai preuve d'appréciation sinon d'amitié. Seul problème, Mistral détestait vraiment ce type d'alcool distillé qui était du feu pour la trachée et les poumons. Il ne trouvait rien d'attirant au fait de transformer sa gorge en brasier ou d'avaler pour n'en chercher que les effets. Lui ne buvait presque que du vin à quelques exceptions près et exclusivement pour le goût. Altérer ses pensées et se rendre irresponsable de ses actions l'effrayait plus que le contraire.

Faisant tourner le liquide dans son verre sans y toucher, il affirma « La roulette russe me convient mais je refuse de prendre le moindre risque. » après tout il n'allait pas mettre sa vie en danger pour une femme qui n'avait été qu'une vague amie dans son passé « Apollon n'a qu'à le faire, c'est son épouse après tout. »

Celui-ci, à son nom, vint s'appuyer des avant-bras sur le dossier du canapé tout en leur adressant à chacun un regard un peu troublé « Pourquoi ne pas simplement les tuer dès leur arrivée ? »

Le Marquis claqua de la langue en réprobation « Ce serait très immoral. On ne tue pas les gens influents comme un soldat à la guerre. »

Apollon fronça les sourcils, visiblement incapable de comprendre ces fondement de la bienséance. Mais en même temps il était très nouveau dans le milieu. « La mort est la mort. » dit-il même.

Ce à quoi Mistral secoua la tête en répondant « C'est là que tu te trompes. Tuer de sang-froid c'est prendre une responsabilité, voler à la personne ce qu'elle possède de plus intime. » il désigna le proxénète d'un geste « La roulette que le Lièvre propose, même truquée, forcera leur chef à s'occire lui-même. C'est absolument différent. » croisant les jambes, il approcha l'absinthe de ses lèvres avant de se dégonfler à l'odeur et de reposer le cristal dans son giron.

« Je ne comprends pas. »

« Ce n'est pas grave, contentes-toi de ne pas perdre. » Reportant ensuite son attention sur Pitt, le Marquis ajouta « Puisque le messager est parti, pourquoi ne pas en profiter pour nous détendre un peu ? Par exemple, je vois que vous appréciez l'art, c'est honorable. »




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Pitt

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Jeu 16 Oct - 22:16
Pitt avait retiré son sourire face aux dires d'Apollon, une mine presque boudeuse se dessinait. Ce type ne savait visiblement pas qu'il était bien trop immoral de faire mourir une personne de manière aussi ennuyante, ce ne serait pas humain ! La mort se doit d'être soit un jeu, soit spectaculaire. Heureusement que ce que répondait le Marquis ramenait la "raison". Durant les répliques de l'allié, le proxénète buvait le présent vert. Un deuxième verre se fut vite rempli une fois la première dose avalée.
 
« Puisque le messager est parti, pourquoi ne pas en profiter pour nous détendre un peu ? Par exemple, je vois que vous appréciez l'art, c'est honorable. »
 
En effet, Charly s'était attelé à la tâche. Levant les yeux sur son interlocuteur, le Lièvre de Mars qui remplissait son petit récipient à ras-bord reprit son sourire étiré.
 
- Ce sont surtout les clients qui apprécient.
 
Il posa la bouteille, l'absinthe menaçait de couler du verre du pilleur.
 
- Ils pensent être riches et être au-dessus des lois avec leur titre, mais ça ne marche pas avec mes fleurs. Elles subissent leur manque, la moindre des choses c'est de verser une compensation puisque je leur prêtes mes filles.
 
Les catins du Lièvres étaient assez discrètes à attendre dans leurs recoins, leur prix sont atteignables pour les gens du peuple et elles permettent de ne pas provoquer trop de ragots pour ceux qui doivent garder leur honneur. Et étrangement, ils ont malgré leur rang, des trous dans leur revenus... March ne fait pas de crédit, mais au pire, il prend l'équivalent -souvent supérieur au prix dû- de ce que les clients doivent à l'origine. C'est le meilleur des cas, sinon... une roulette russe décidera de la seconde chance. Le Lièvre n'endossera pas le rôle d'un tueur, il n'accepte que celui d'un joueur.
 
- Je compte soit les garder pour mon idéal, soit trouver quelqu'un à qui les revendre. Ce n'est qu'une autre forme de monnaie, je n'admettrais pas que mes fleurs travaillent gratuitement ou que les dettes ne soient pas payées.
 
Un air sérieux s'était montré avec un léger sourire, faisant moins enfantin peut-être. Mais un rire brisa cette expression rare. Pitt reprit une gorgée, jouant presque à ne pas perdre une goutte du verre trop rempli. Ce qui avait été trop empli fut aussitôt vide.
 
Le Lièvre observa le récipient, jouant presque avec.
 
- Parce que vous, vous appréciez ces choses ? Je ne m'en souviens plus...
 
Les sourcils froncés, il réfléchissait, il essayait de fouiller dans son esprit mal organisé. Charly savait où le repère des ignorants trèfles se trouvait, espérons qu'ils n'aient pas changé.
 
D'ailleurs, cet ami du Marquis était bien différent de ce dernier. Comment des personnes, qui semblaient au proxénète aussi opposées, ont-elles pu se lier ? Un léger rire s'envola dans le salon.
 
- Comment vous êtes-vous rencontrés ?
 
Cela sonnait comme s'il s'adressait à un couple, le Lièvre ne cachait pas son amusement à voir le Marquis remettre Apollon à en place. Le pilleur de tombes passait d'un sujet à l'autre, mélangeant ces interrogations dans son esprit. Il ne saurait dire laquelle de ses questions l'intéressait véritablement...
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Mistral Despair

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Mar 28 Oct - 19:13









Mistral fit signe à Apollon afin qu'il vienne s'asseoir près de lui et écoute. Comme il leur fallait attendre de toute manière, autant que le chef de troupe occupe son esprit à autre chose. Et la scène actuelle valait encore plus la peine d'être suivie puisqu'ils s'intéressaient tous les deux au marché -noir- de l'art.

Enfin le Lièvre montrait l'homme d'affaire intransigeant qui se cachait derrière l'enfant capricieux qu'il montrait habituellement. C'était aussi pour ça que le Marquis l'appréciait ; il masquait le danger derrière la folie comme lui-même se revêtait de la politesse et du savoir-vivre. Une chose qu'Apollon devrait encore apprendre à faire s'il voulait rester vivant dans l’autre-monde qu'était le crime organisé. Au final c'était un comble qu'un dirigeant de théâtre se retrouve aussi incapable d'être malhonnête.

À la question du proxénète, le français hocha la tête « En effet. L'art sous toutes ses formes m'intéresse, on pourrait même me définir comme...philanthrope. »

« Comment vous êtes-vous rencontrés ? » demanda ensuite leur hôte, ne souhaitant visiblement pas poursuivre sur le sujet des tableaux.

Peu importe, Mistral saurait y revenir en temps et en heures. Tournant brièvement le visage vers son ancien patron, il répondit « J'ai travaillé dans son théâtre, ici à Londres, il y a quelques années. »

Il ne s'agissait que de quelques informations, amplement suffisantes selon le Marquis. Après tout il ne fallait jamais trop révéler de soi à de potentiels ennemis (dans le milieu on était alliés que jusqu'à ce qu'il soit plus rentable de devenir l'inverse).

Mais manifestement, Apollon n'était pas du même avis et se cru obligé d'ajouter « Je l'ai plus ou moins sauvé de la rue à l'époque en lui offrant une place dans ma troupe. Il a été l'un de mes acteurs à succès et c'est là qu'il a choisi pour la première fois le surnom de Marquis. »

Le coupant avant qu'il ne décide de rentrer encore davantage dans les détails, Mistral s'adressa directement au Lièvre « Ne devraient-ils pas bientôt arriver ? Peut-être devrions-nous aller préparer le comité d’accueil. »





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Pitt

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Mar 28 Oct - 20:24
Pitt fixait les deux hommes, tout en se disant qu'il aurait sans doute pu être un peu plus précis sur la raison de la présence de ces tableaux... Le Marquis aurait pu être plus intéressé par ces papiers dessinés que de parler de la rencontre avec Apolon. Quel piètre hôte le Lièvre faisait. De toute manière, ce léger regret fut vite effacé avec les dires du dirigeant de troupe de théâtre. Son allié du moment avait été dans la rue ? Ces paroles avaient garder le proxénète attentif et ne cacha pas une mine étonnée.
 
Étant plutôt bavard, il aurait voulu faire conter le récit qui semblait plein de soulèvements mais l'acteur principal de l'histoire détourna l'esprit du pilleur en parlant de la suite des préparatifs.
 
L'air plus calme et sérieux de Pitt se changea en un grand sourire qui lui aurait déchiré les joues, un rire suivit. Il n'avait pu retenir celui-ci. Calmant enfin son hilarité, il joignit les mains, observa la porte de la pièce avant de diriger ses yeux verts sur les invités.
 
- Oui, bientôt bientôt.
 
Il se leva en un geste rapide, comme si tout le reste ne l'intéressait plus du tout. Alors qu'il était dos aux deux autres hommes, il se retourna une fois à quelques pas de la sortie du salon.
 
- Le chef de théâtre, tu iras dans une autre pièce. Une chambre, le cockpit, j'en sais rien mais ils ne doivent pas voir ta tête. Hmm, ou bien on pourrait te mettre un sac dessus, mais même des idiots voudraient voir ce qui s'y cache.
 
Une main sur son pistolet, entièrement chargé -donc celui qui n'était pas destiné de base à la roulette russe-, il sembla perdu dans ses pensées. Puis revint rapidement à ses explications.
 
- Marquis, vous pourrez venir bien entendu. Après tout, c'est la catin...
 
Il se coupa lui-même, se souvenant que cela n'était pas le terme approprié.
 
-... la femme de votre ami. J'ai une pièce parfaite pour le déroulement du jeu, on les y conduira. C'est le niveau le plus bas, il faudra simplement entrer dans la sorte d'entrepôt.
 
Un des hommes de l'équipage entra dans le petit séjour, annonçant que Charly était revenu et que les trèfles étaient en chemin. Ils avaient accepté le "partenariat", ils se disaient probablement qu'ils pourront ainsi plus facilement relancer leur business allemand perdu. Le messager repartit, Pitt garda la porte ouverte.
 
- Comme vous l'avez dit, allons préparer le tout. Pensée, tu accompagneras le monsieur de scène.
 
Un sourire amusé faisait son apparition. Quelques membres de March attendaient leur patron fou, ils n'allaient quand même pas laisser deux dirigeants d'organisations de crimes organisés seuls face à plusieurs criminels venus des bas-fonds de Londres. Certains avaient déjà descendu les marches afin d'arriver à l'étage inférieur, certains préparaient déjà des foulards qu'ils disposaient sur leur visage. La plupart ne prenait pas la peine de se couvrir le nez face à l'odeur que renfermait la cale où se jouera le jeu. Seuls les hommes ne participant pas aux pillages de cimetières avaient eu l'idée de masquer leur nez. Encore heureux que deux grandes pièces séparaient les cadavres déterrés de la veille dans une, et dans l'autre les provisions. Ne mélangeons pas nourriture et pourriture.
 
Alors que Pitt s'engageait dans le couloir, il s'adressa à nouveau au Marquis.
 
- Prévoyez un mouchoir si l'odeur des morts vous insupporte.
 
Le Lièvre de Mars essayait d'être un bon hôte avec ce conseil.
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Mistral Despair

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Dim 2 Nov - 21:21










À l'annonce du proxénète, Apollon bondit de son siège et se redressa de toute son imposante silhouette « Il s'agit de ma femme ! Vous ne pouvez pas simplement me laisser à l'écart ! » ses yeux se posèrent sur Mistral qu'il regarda avec colère « Et toi, je commence à me poser la question si j'ai bien fait de demander ton aide. » il croisa les bras « Plus les choses avances, plus le plan me paraît foireux. »

Soupirant fortement, le Marquis appuya le pommeau de sa canne sur son front, profitant de la fraîcheur de celle-ci. Le comédien s'était montré silencieux et commode durant un bon moment et voilà qu'il recommençait à faire du chichi.

Cependant ce fut le Lièvre lui-même qui prit la parole avant que le français ne puisse intervenir « Marquis, vous pourrez venir bien entendu. Après tout, c'est la catin...la femme de votre ami. J'ai une pièce parfaite pour le déroulement du jeu, on les y conduira. C'est le niveau le plus bas, il faudra simplement entrer dans la sorte d'entrepôt. »

Mistral hocha la tête plaisamment, adressa un sourire poli à son associé « Merci bien, cher ami. Vos paroles, elles, sont sensées. » il pointa ensuite l'interlocuteur dissident du doigt « Quant à toi. N'oublie pas que rien ne me forçait à venir, alors montre-toi un peu reconnaissant. Et puis, réfléchit un peu des fois. Si tu as déjà traité avec eux ça veut dire qu'ils connaissent ton visage. On ne voudrait pas que Lutèce soit égorgée sous nos yeux, n'est-ce-pas ? »

Tous trois furent soudainement interrompu par l'un des hommes de Pitt venant leur annoncer que les allemands avaient accepté la petite réunion et cela amusa un peu le Marquis. Les gens dans cette ville se valaient vraiment tous niveau stupidité et naïveté.

Ensuite, le proxénète l'invita à le suivre tout en se débarrassant d'Apollon dans les pattes d'une de ses catins – le français la soupçonnait même d'être la maquerelle. Franchement, c'était mieux pour tout le monde qu'il ne vienne pas avec eux. D'abord parce qu'il n'était simplement pas un homme d'affaire et risquait de les mettre en danger eux en plus de lui-même. Et puis Mistral ne savait pas vraiment quel genre de réjouissances on pouvait trouver dans les cales du Lièvre. Toutefois il était certain que le chef de troupe se porterait mieux sans les voir.

D'ailleurs, comme s'il avait lu dans ses pensées, le petit homme blond s'adressa à lui « Prévoyez un mouchoir si l'odeur des morts vous insupporte. »

Portant les doigts à ses lèvres, le Marquis laissa échapper une légère exclamation qui aurait pu s'apparenter à un rire ou un gloussement « Ne vous en faites pas pour moi. La Mort est un parfum que j'ai bien connu dans ma jeunesse. » Ce Pitt était un homme divertissant, aussi imprévisible que l'animal dont il tenait son surnom.


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Pitt

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Ven 14 Nov - 22:50


Le Lièvre se tourna dans la direction à prendre avec un sourire satisfait, sourire qui ne cachait en rien l'amusement du proxénète. Après avoir parcouru le couloir afin d'y arriver au bout, des escaliers descendaient dans une parte un peu plus sombre. Le labyrinthe peu tortueux que formaient les corridors était en général dénué d'une grande luminosité, seule les rares parties ornées de fenêtres offraient une visibilité supérieure. Mais l'étage le plus bas ne possédait pas d'ouverture à l'extérieur, du moins pas depuis le couloir séparant deux grandes pièces : les cales. Toutes deux possédaient des portes plus grandes et plus larges. Mais les ouvertures de chargements donnant sur le monde de dehors se trouvaient chacune dans une des salles de chargements.
 
Les bruits métalliques que produisaient les pas des hommes résonnaient encore plus dans les bas-fond du Zeppelin, il y faisait plus frais que dans tout le reste de la machine volante. Pitt sauta la dernière marche de l'escalier, ce qui fit retentir un son plus fort que ceux provenant de simples pas.
 
Le Lièvre de Mars rasa le mur droit, y laissant flâner sa main jusqu'à arriver à l'entrée de la cale. Il tapota sur la poignée tout en s'appuyant contre la porte qu'il ouvrit. À ce moment, une odeur de renfermé et de mort envahit le couloir. Comme une brise s'engouffrant par l'ouverture d'une fenêtre, mais une brise nauséabonde plutôt que rafraîchissante. Bien que la chaleur se faisait plus rare dans ces locaux, ce n'était pas une température idéale pour stopper la décompositions des corps déterrés d'un cimetière d'Angleterre. À cette odeur, le pilleur de tombes changea de sourire. À vrai dire, il n'arrivait pas à garder une même expression  bien longtemps depuis que ce petit commençait à se dessiner. Il se trouvait sur son terrain et pensait, tout comme un enfant se croit en intouchable une fois dans les bras de sa mère, que toutes les règles étaient maniables à son envie et que le hasard même lui serait toujours favorable. Comme si les vapeur de pourriture avaient une influence sur les pensées. Enfin, le conditionnement du Lièvre en lien avec le parfum des morts, se rapportait à son idéal : New-Wonderland. Ce remémorant cette senteur, il se sentait apaisé et d'un excellente humeur... une humeur trop joueuse peut-être, trop attentive qu'à son habitude. Mais attentive à ce qu'il le voulait bien.
 
Il entra, quelques gloussements résonnèrent dans la pièce froide métallique. Il avança vers un tas, un tas de corps. Source de la puanteur rattachée à un monde agréable selon le fou jaune. Il fit un demi-tour sur lui-même, presque théâtral.
 
- Ta-dam ! Un nid douillet pour accueillir les trèfles. Il leur faudra bien de l'engrais, et les trèfles se doivent d'être plantés. Ils n'ont rien a faire à voyager dans Londres.
 
Le proxénète se laissa tomber dans le tas de chair dépourvue de chaleur, s'y installant comme sur un fauteuil profond et moelleux. Il vérifia tout de même que l'une de ses bretelles pendantes ne se soient pas décidées à s'accrocher à un mort. Voilà le Lièvre de Mars prêt à servir la roulette russe. Il finit sa vérification en prenant en main son arme à feu. Ce n'était pas celle destinée au jeu de hasard.
 
Quelques hommes de March entrèrent eux-aussi dans la cale, ils pensaient sans doute que les "mauvaises herbes" ne devaient pas être aussi naïves que ça. Mais d'un côté, le Lièvre n'agissait pas directement avec violence s'il n'était pas assez concerné. Et ça se savait. Ou bien face à un gamin capricieux, qu'on ne prend pas toujours au sérieux, on relâche toute précaution. Le royaume des fleur était discret et invisible, impossible de savoir précisément où le réseau en était. Tout ce qui se savait c'était qu'il progressait au fur et a mesure, laissant de fleurs ainsi que des bouteilles d'absinthe vides où le monstre de métal avait volé et reviendra se planter tôt ou tard. Mais si on demande directement au Lièvre de Mars, il répondra. De manière tordue ou claire, ou bien s'il a bien écouté la question.
 
Les membres des Valets de Trèfle avaient mis pied sur la machine de métal, accompagnés de femmes. Ils étaient encadrés par des hommes de main de Pitt.
 
On leur avait dit de leur remettre leur pistolets, règles suivie d'une phrase justificative "Les tuyaux qui transportent les gaz sont sensibles aux balles, personne ne veut qu'on meurt tous dans une explosion. C'est une bombe géante ici." Cette indication semblait cohérente, ou pas. En fait, la partie qui aurait pu être sensiblement dangereuse avait sûrement été renforcée. Et puis, le Zeppelin marchait-il véritablement au gaz ? Avec les moteurs présent sur la machine, on pourrait penser qu'il y avait de la technologie proche de celle des bateaux-volant là-derrière.
 
Parfois, l'équipage même ignorait les subtilités du monstre métallique, ils prenaient leur précaution au cas où. Mais les matelots célestes étaient vite rassurés sur la question, il n'y avait pas de danger pareil à celui que l'ont expliquait aux "invités". Juste une histoire que l'on peut se permettre de raconter à ceux que l'on ne veux pas voir armés, du moins avec des armes à feu. Mais le gaz restait présent dans les chambres à air de la coque de ferraille.
 
~~~
 
 
Pensée s'était chargée d'emmener le malheureux mari à la femme enlevée dans une pièce à l'étage. Il valait mieux mettre de la distance, et puis il pouvait être un véritable trouble d'après ce qu'elle avait constaté. Une fois les marches montées, elle le conduisit à une chambre inoccupée. Il y en avait toujours en plus pour les prostituées que l'on changeait de ville ou de pays, ainsi elles avaient toujours de la place pour le voyage. Il s'agissait d'une chambrette, une cabine, meublée d'un lit, d'un meuble et d'un bureau. Une fenêtre donnait sur l'extérieur, juste au-dessus de la structure portant un matelas. La fleur tricolore attendit que le chef de scène entre dans la pièce, en adressant un sourire se voulant rassurant.
 
- Ce sera bientôt terminé.
 
Enfin, elle espérait tout de même qu'ils aient apporté la femme enlevée. Elle était tout de même crispée, se tenant droite tout en joignant ses mains qu'elle serrait bien trop. Éléments qui contrastaient avec son expression sur son visage maquillé. Elle voulait tenter de garder Apolon calme, mais les mots qu'elle prononça semblaient plus s'adresser à elle. Avec un sourire et un léger rire forcé, elle articula :
 
- Étonnement... il s'en sort toujours dans ses "jeux".
 

En tout cas dans ce qu'elle avait désigné par "jeux", parce qu'au fond, il est impossible d'avoir une chance absolue. La triche pouvait être une explication...
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Mistral Despair

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Dim 30 Nov - 1:36
Quelques cadavres de quelques clients peu respectueux qu'on préférait cacher, c'était ce à quoi Mistral s'était attendu tout au plus. Pourtant, cette la réalité dépassait largement la fiction et il toussa un peu en glissant un bras devant son nez le temps de s'habituer à la puanteur. Il n'était pas aussi délicat qu'il aimait le prétendre, pirate ne rimait pas avec petite nature. Et puis l'odeur de la chair qui commençait à putréfier, il l'avait connu d'abord dans sa jeunesse. Ici la chose était différente et d'autre mesure.

Les macchabées s'entassaient sur le sol comme dans un simulacre de fosse commune, la peau tantôt sèche et fripée comme une momie tantôt grasse et dégoulinante ou encore presque indemne. Il y avait là tout un éventail de cadavres, du plus frais au plus abîmé. L'odeur était persistante et vous donnait envie de respirer par la bouche, mais pas autant forte qu'elle aurait du avec une telle quantité de corps. Le Marquis avait déjà eu l'occasion de respirer l'atmosphère d'un champ de bataille après quelques jours et il avait du s'accrocher au pommeau de la selle pour ne pas basculer de sa monture. Ici, l'air sentait la mort d'une façon dérangeante mais pas insoutenable, un peu comme si les morts avaient été précédemment embaumés un minimum.

Cherchant le maître des lieux du regard, le français le trouva affalé sur un empilement de dépouilles tel un monarque sur son trône. C'était une vision dérangeante. Mistral, essentiellement, était contre le fait de souiller les défunts même si pour des raisons non religieuses. Au moins comprenait-il maintenant d'où venait le parfum incommodant du proxénète. Il s'adressa d'ailleurs à celui-ci « Je ne savais pas que vous faisiez dans le pillage de tombes. Mais pourquoi- non en fait ne répondez pas. Vos affaires ne me regardent pas. » Il avait entendu des pas dans le couloir, de plus il n'était pas certain de vouloir connaître la réponse. Chaque homme avait ses secrets et comme il tenait aux siens, il n'était pas dans ses habitudes de s'intéresser à ceux des autres.

Des exclamation s'élevèrent aux seins des allemands à leur arrivée et le Marquis aperçut une ou deux des catins qu'ils avaient emmenées retenir un haut-le-cœur. Il vit aussi Lutèce, et c'était la première fois depuis plusieurs années. À l'éclat de surprise – mêlée de l'horreur du lieu – dans son regard, elle devait aussi l'avoir reconnu mais se montra assez intelligente pour faire comme si de rien n'était.

« Bonsoir Messieurs, et bienvenue » lança Mistral sur le ton de la politesse aux quelques arrivants.

L'un d'eux eut un geste énervé et le pointa du doigt en menaçant Pitt en même temps « Dans votre mot, vous n'avez pas dit qu'il y aurait quelqu'un d'autre ! Qui est ce français ? Sagen mich, Kreuzbube ne traite pas avec les escrocs »

De la part d'un proxénète et trafiquant, le Marquis trouvait ça un peu gros mais il ne dit rien, se contentant de s'incliner légèrement « Ne soyez pas inquiets ; je ne suis que l'homme de main du Lièvre. Son bras droit, son majordome, peu importe comment vous me définissez. Je n'agis que sous la volonté de mon Maître. »

Se mettre en retrait n'était pas dans ses habitudes ; et appeler quelqu'un ''maître'' lui arrachait la langue. Néanmoins, mieux valait-il ne pas révéler son identité au cas où l'un d'eux ressortait vivant de cette affaire. Il avait tout de même un nom à préserver dans le milieu, et pour éviter de se retrouver lier à l'erreur d'Apollon et cet endroit sordide, il voulait bien mettre sa fierté de côté pour quelques minutes.

Apparemment convaincu par son piètre mensonge, les trèfles s'adressèrent au Lièvre « Nous avons amenés nos plus belles Mädchen, mais vous allez devoir mettre le prix. »

Mistral se tourna à son tour vers le proxénète et demanda « Souhaiteriez-vous les voir de plus près d'abord ? »



***



Au même moment, à l'autre bout du March, Apollon peinait à rester tranquille tout en sachant que la vie de sa femme se jouait à quelques pas d'ici. Il n'était pas sûr de se pardonner un jour d'avoir été un si mauvais chevalier sauveur. Condamné à rester sur la touche en laissant d'autres aller secourir sa dame...s'ils y arrivaient.

« Étonnement... il s'en sort toujours dans ses "jeux" »

Relevant la tête vers la jeune femme, le chef de troupe se rendit compte qu'il n'était pas le seul à être agité. Sous son maquillage chargé, la prostituée qui l'avait accompagné dans cette espèce de chambre ne semblait pas non plus très apaisée. Il fut honnêtement assez surpris.

« Vous tenez à lui ? » demanda-t-il avant de prendre conscience que sa question avait été très impolie et presque insultante. Il tenta de se rattraper « Enfin je veux dire...il vous exploite, non ? Et pourtant vous avez l'air d'une mère inquiète. »

Le français n'attendait pas vraiment de réponse, il parlait surtout pour faire dériver ses pensées sur un autre sujet que celui de son épouse en danger. Se massant l'arrête du nez entre le pouce et l'index en sentant la migraine arriver, il tapota ensuite légèrement le matelas à côté de lui « Venez donc vous asseoir, faire les cent pas n'arrange rien. Je parle d'expérience. »
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Pitt

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Dim 21 Déc - 21:26
Immobile, le sourire étiré, le Lièvre semblait calme pour une fois. Laissant Mistral répondre à l'arrogance des trèfles, trèfles dont les tiges s'étaient aventurées dans le jardin du pays des merveilles. Il n'eut pas de crise de rires, étonnement.
 
« Nous avons amenés nos plus belles Mädchen, mais vous allez devoir mettre le prix. »
 
Finit par expliquer l'homme.
 
« Souhaiteriez-vous les voir de plus près d'abord ? »
 
Le Marquis était amusant en jouant un jeu de rôle, il faudrait l'amener sur un autre plateau de jeu un jour. Le proxénète avait laissé son esprit divaguer, brièvement. Mais ses iris se tournèrent finalement sur les femmes que les Allemands vendraient à un prix apparemment élevé. Pitt fut incapable de dire laquelle était la fameuse Lutèce. En plus de ça, la luminosité de la pièce n'était pas des plus démonstratives. Le pilleur se redressa, puis finit les coudes soutenus par ses jambes. Les mains soutenaient, pour l'une, la tête, et l'autre, le revolver.
 
- Voilà des graines toutes neuves pour mon jardin.
 
Un léger rire s'échappa de sa gorge. Il se souvint d'une réponse à donner à Mistral.
 
- J'ai pas besoin de les voir de plus près... Je ferai le tris une autre fois. Celles qui ne sont pas des fleurs pourront toujours devenir autre chose.
 
Lorsqu'il parla d'en faire autre chose, Pitt prit la main d'un des cadavres lui servant de siège, glissant ses doigts entre ceux du défunt -ou de la défunte-. Bien, maintenant, que faire des trèfles ? La roulette russe, le Lièvre de Mars ne rêvait que de ça... Il s'appuya à nouveau dans le tas de morts. Le révolver entre les mains, le révolver... le pistolet. Ce n'était pas la bonne arme pour la roulette. Un soupire finit par se faire entendre, le canon se retrouva en plein milieu du front de l'Américain fou. Les doigts auraient pu faire penser qu'ils allaient peser sur la détente.
 
- Ramenez-moi Violette.
 
Un des hommes de main de March sortit de la pièce, exécutant l'ordre. C'était cette fleur qui portait parmi les pétales l'objet de fer. Le pilleur de tombes baissa finalement son arme. Celle-ci lui aurait éclaté la boîte crânienne, de toute façon sans suivre les règles de la roulette. Il n'aurait pas pu s'assurer du bon déroulement des jeux par la suite.
 
- Je vous propose de jouer à un jeu. Juste pour s'amuser un peu entre collègues, en quelque sorte. Et puis, je doute que ce soit une surprise venant de ma personne.
 
S'ils avaient entendu parlé de March, ils connaissaient alors les manières du proxénète. Enfin, en théorie. Alors que le Lièvre partait dans ses réflexions, la lourde porte s'ouvrit, laissant un tissu mauve apparaitre, s'en suivit la personne entière. La prostituée aux cheveux châtains tenait dans une main un revolver, Violette était arrivée. La porte s'était refermée avec un grincement assorti à la pièce peu soignée. Il laissa un vague soupir se glisser dans l'air en voyant les femmes et les "invités", puis ses pas la portèrent jusqu'à son employeur. Ce dernier se saisit de l'objet froid de métal. Il ne regarda pas même les recharges, il fit tourner la roulette. Un sourire qui aurait pu lui déchirer les joues s'afficha, il pensa que cela devait ressembler à ce que la catin au nom de fleur aurait pu voir dans les casinos.
 
Le canon vint se poser sur la tempe du pilleur. Alors que les membres de Kreuzbube restait sans sembler comprendre, l'hôte appuya sur la détente. Il ne pouvait pas retenir ses gloussements, il s'amusait. Il ne comptait pas mettre fin à la partie. Tous y passeront, et une autre balle sera mise dans la roulette si l'autre trouverait déjà un gagnant. Rien ne sortit du canon.
 
- Kreuzbube n'est pas venu jouer à un jeu !
 
Les paroles de l'homme avait effacé le sourire de Pitt. Il ne voulait pas jouer, pas jouer au jeu, au règles du jeu préféré du Lièvre resté en mars. On ne peut pas sortir d'un plateau de jeu prêt. Non, cela agaçait le joueur. Quittant son siège de viande moisie, le proxénète vint à la porte, l'entrouvrit puis donna un ordre sur un ton trop froid pour être habituel.
 
- On décolle.
 
Suite à ces mots, la porte claqua puis on entendit un autre bruit... comme si l'on fermait l'entrée massive. Le pilleur de tombes se tourna ensuite vers le Marquis, restant anormalement froid.
 
- Ils ne sont pas très polis...
 
Il s'adressa ensuite aux quelques hommes qui avaient accompagnés celui qui avait parlé.
 
- Je descendrai le trèfle que vous choisirez de tuer. Ceux qui désigneront des trèfles pourront éviter ma chère roulette russe, ils auront même droit au prix des graines que j'achète.
 
Les dits trèfles n'avaient pas l'air amusés, encore moins lorsque la machine fit sentir qu'elle quittait le sol. Pitt destina à nouveau des mots au Marquis.
 
- Ce jeu-là est-il mieux adapté vous pensez ?
 
Ce qui le dérangeait était le fait que ce jeu était improvisé, il devait se convaincre de suivre des règles, que ce ne serait de toute pas façon pas lui qui tuerait, mais que ce serait le sort ou les trèfles qui le feraient. Lui, il ne ferait que porter l'objet froid.
 
~~~
 
Pensée avait accepté avec joie de pouvoir s'asseoir. Elle était tout de même heureuse de voir un homme tenir à sa femme, et l'aider à la retrouver plaisait à la prostituée. Elle avait eu un sourire compréhensif lorsqu'Apolon lui avait posé sa question.
 
- Ici, je pense qu'il pourrait mettre une arme à feu chargée entre les mains de n'importe qui et de poser le canon sur sa propre tempe, personne n'appuierait sur la gâchette.
 
Elle souriait légèrement mais elle-même avait du mal à croire ce qu'elle disait, cette air peu convaincu se lisait sans nulle doute sur son visage.
 
- Disons qu'il... qu'il sait parfaitement qui choisir. Je crois...
 
Lorsque la machine décolla, Pensée tourna la tête vers la fenêtre. Ses traits prirent une expression plus grave, puis elle finit par dire :
 
- Tout ira bien.
 

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Mistral Despair

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Dim 28 Déc - 20:46
Le sol trembla sous les pieds de Mistral et celui-ci sentit son estomac se nouer bien que son visage restât impassible. Les allemands avaient contrarié le Lièvre, quand bien même ils l'avaient vu trônant sur une pile de cadavres. C'étaient eux les plus fous ici, en fin de compte.

« Ils ne sont pas très polis... » lui dit Pitt en tournant vers lui un regard qui n'avait plus rien d'amusé.

Jouant toujours le jeu de la servilité – ça restait plus sûr pour l'instant – le Marquis inclina docilement la tête « Non, Monsieur. Vous avez raison. » un demi-sourire vint étirer, à peine, ses lèvres « Mais il est difficile d'espérer de la courtoisie de la part des germains. »

« Je descendrai le trèfle que vous choisirez de tuer. Ceux qui désigneront des trèfles pourront éviter ma chère roulette russe, ils auront même droit au prix des graines que j'achète. »

Le français sentit ses épaules se raidirent à cette annonce. Il glissa un coup d’œil au proxénète. Lièvre, Lièvre, à quoi jouez-vous ?, semblait-il dire. Ils avaient un plan, élaboré si l'on pouvait dire, l'improvisation n'avait pas sa place ici. D'un autre côté il avait été idiot d'espérer une rigueur sans anicroche de la part d'un enfant capricieux. Mais il ne voulait pas d'un bain de sang, simplement récupérer Lutèce, l'acheter s'il le fallait, il rendrait l'argent à Pitt. Une catin, même de qualité, était dans son budget. Car Kreuzbube avait beau ne pas sembler très efficace (en plus de son nom ridicule), la disparition soudaine des membres de tête d'une organisation ne passait jamais inaperçue.

« Ce jeu-là est-il mieux adapté vous pensez ? » demanda ensuite le jeune homme en s'adressant à Mistral qui ne sut quoi répondre d'emblée.

C'était une question piège puisqu'il n'approuvait pas le twist scénaristique qu'était en train de leur préparer le Lièvre. Mais après tout, celui-ci avait mentionné la roulette russe depuis le début, alors il s'était bien douté qu'ils finiraient avec des corps sur les bras. Simplement pas du sang sur les mains comme leur imposait l'ultimatum qu'il avait donné aux allemands. Il finit par dire « Ce n'est plus un jeu. Une exécution, plutôt, un paiement pour leur insulte à votre égard. Ça fera l'affaire, cependant. »

L'un des allemands cracha par terre. Ce n'était pas très élégant mais personne ne s'en offusquerait dans un local rempli de mort pourrissante (même s'il aurait été amusant de lui faire lécher le sol qu'il avait sali. Mais le Marquis ne prônait pas ce genre de pratiques) « Vous nous avez piégés ! »

Mistral haussa un sourcil hautain « Oh non, c'est vous qui n'avez pas respecté les règles de la maison. Nous n'y pouvons rien si des débutants visent trop haut. »

Un autre des quelques hommes présents prit la parole et le français fut surpris. Il avait fini par les croire tous muets. « Vous mentez, je suis sûr que vous comptiez nous tuer depuis le début. Mais sachez une chose, Kreuzbube ne disparaîtra pas avec nous. Coupez une tête et il en repoussera deux autres. »

Étouffant de ses doigts gantés un gloussement qu'il n'était pas parvenu à retenir, le Marquis regarda le nouvel intervenant d'un air condescend « Ne faites pas autant de drame pour si peu de choses, nous ne sommes pas des tueurs en série. Et puis, avec ce slogan, vous auriez mieux fait de vous appeler Hydra. C'est nettement plus impressionnant qu'une mauvaise herbe. »

« Ah ! Tu vois Heinrich ! Je t'avais dit que ce nom était mieux ! » s'écria un autre, plus jeune avant de se faire donner un coup de coude par son supérieur
« Schnauze Ueli ! »



***



Une brève sensation de vertige envahit le ventre d'Apollon lorsque le zeppelin décolla. Il aurait trouvé ça assez grisant, dans d'autres circonstances, car pour l'instant il priait juste pour que la raison qui les avaient forcé à prendre le ciel soit de leur côté.

« Tout ira bien. » souffla la prostituée d'un ton sérieux.

Alors qu'elle avait toujours le visage tourné vers le hublot (il l'appelait comme ça même s'il avait la taille d'une fenêtre), le français observait la jeune femme avec curiosité. Il n'avait jamais vraiment fréquenté les bordels, deux ou trois fois quand il était jeune comme tout garçon de son âge (ensuite le théâtre avait été une source de rencontres amplement suffisante), alors il ne s'y connaissait pas vraiment. Mais aucune des catins qu'il avait vu dans sa vie n'avait eu cette attitude responsable ni ne s'était montrée soucieuse pour son maquereau.

« J'en suis persuadé, il a l'air d'être un homme qui ne se laisse pas avoir facilement. » dit-il en répondant à la question muette de Pensée avant d'ajouter d'une voix un peu hésitante « Je vais te poser une question. Ça ne me regarde pas alors tu n'es pas obligée de répondre, mais comment es-tu arrivée ici ? À travailler pour lui ? »

Apollon n'avait pas beaucoup d'affection pour le Lièvre, à vrai dire il ne l'aimait franchement pas. Mais son interlocutrice semblait visiblement beaucoup tenir à lui donc il allait jouer la carte du respect. Après tout, maintenant qu'ils étaient en l'air, il était comme prisonnier. Et insulter son geôlier n'était jamais une très bonne idée.
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Pitt

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Dim 28 Déc - 22:16
Le Marquis n'avait l'air ravi, tout autant que le Lièvre, mais ce dernier voulait juste son jeu. L'invité ne voulait pas s'embrouiller dans une sombre affaire sans doute.
 
Tandis que l'homme qu'il jouait un rôle s'occupait des nerfs des Allemands, le proxénètes avait les yeux tournés dans le vague. Il aurait voulu une roulette russe. Mais maintenant, il se lassait. Il se lassait des trèfles. Pourquoi des trèfles ? Une histoire de tête lui arriva aux oreilles, et aussi qu'apparemment ils auraient voulu se nommer "Hydra". Il leva les yeux au ciel gris que formait les plaques et les tuyaux du plafond de la pièce nauséabonde. Peu importait le nom, ils jouaient sur son terrain et ils ne se pliaient pas à son jeu. C'était ce qu'il n'aimait pas.
 
- Je coupe pas des têtes. Vous êtes fous. Tous complètements fous.
 
Les yeux toujours perdus dans le vague, puis il les garda sur les morts. Un sourire plus serein revint.
 
- Les Lièvres mangent les trèfles. Mais nous sommes en mars et le temps n'avance pas, alors il n'a pas.
 
Un peu comme une histoire, il avait dit ces mots d'un air chantant. Il voulait bien laisser l'affaire du jeu, prendre les filles et laisser les imbéciles. Si ses hommes les recroiseraient dans les rues, ils s'occuperaient de désherber. Ah oui, arracher les trèfles.
 
- Je crois que j'avais déjà désherbé un peu votre organisation dans Londres... mais vous êtes encore vivants, preuve qu'on est pas des tueurs. Tant que c'est pas dans les règles, je ne peux pas tuer, je ne suis pas une bête assoiffée de sang. Mes hommes je sais pas, mais pas moi.
 
Il soupira. Il alla vers l'un des cadavres, une femme. Pitt s'assit au sol et il lui tressa quelques petites tresses. Il réfléchissait, il commençait à glousser.
 
- Good night and sleep, Just count the sheeps. One, two, three... the fourth one is a hare...
 
Un petit rire, son esprit, frustré de n'avoir joué, s'était enfermé ailleurs.
 
- Good night, Just count again. The sheeps are strange, the hare again...
 
Il s'arrêta. Il se retourna, un grand sourire était revenu. Une étincelle bienveillante dans les yeux d'absinthe.
 
- Désolé, je vous avais presque oublié. Mais heureusement que mon cher ami était là pour s'occuper de vous, il sait éviter ce qui ne va plus. Comme il l'a dit, une exécution n'est pas un jeu, ce n'est pas drôle, pas marrant, pas amusant.
 
Pitt avait repris une certaine logique, celle du jeu évita un écart qui ne lui aurait pas apporté du divertissement. Face aux visages marquant une expression étrange, le proxénète eut l'air de réfléchir. Il haussa les épaules et ria aux éclats. Leurs têtes l'amusait.
 
- Vous êtes drôles. Bien, combien pour les filles ?
 
Le prix qui vint aux oreilles du proxénète lui fit garder le sourire, et ce, malgré le ton désagréable des quatre hommes. Raisonnable comme somme. Un des hommes du Lièvre vint lui apporter un sac, en sortant l'argent nécessaire. Argent qui fut tendue à l'un des membres des trèfles. Ce dernier s'en empara avec hâte. Ils devaient être un peu à sec pour montrer autant de voracité. Un groupe qui se mourait et qui tentait de renaître peut-être.
 
Le pilleur ordonna qu'on aille faire poser le dirigeable. Opération rapide, la distance et la hauteur prise n'avait pas été des plus grandes.
 
Le Lièvre de Mars avait accepté, il aidait le Marquis, il ne jouait pas à l'un de ses jeux. Il venait de s'en rendre compte. Mais, les mauvaises herbes demeuraient dans son territoire. Et il comptait bien les suivre. Enfin, ses hommes de main s'en chargeront. Le Zeppelin sera posé sur un terrain vide. Et ils seront désarmés. En fait, Pitt ne savait pas ce que ses membres d'équipage feraient. Ils les laissaient faire ce qu'ils pensaient qui étaient le mieux. Ils savaient très bien comment ils allaient procéder. Le pilleur de tombes, lui, était en dehors de tout ça.
 
On commençait à sentir le montre de fer perdre de l'altitude.
 
- Une chose à ajouter ?
 
Demanda Pitt au Marquis, d'un ton amical et amusé.
 
~~~
 
Pensée écouta la question d'Apolon, il fut un temps ou elle aurait snobé ce genre de demande. Bien qu'innocente et l'interlocuteur lui avait mentionné qu'elle pouvait très bien ne pas y apporter de réponse. Elle avait tourné la tête rapidement dès qu'il avait formulé la phrase d'ailleurs.
 
Elle l'observa, puis soupira en tournant ses yeux droit devant elle.
 
- Comme beaucoup. Je n'ai pas eu le choix, c'était mieux que rien. Je pense.
 
Elle hésita, fronçant les sourcils. Mais elle se lança, un peu.
 
- J'ai fait des mauvais choix, puis un accident a confirmé ce que je n'avais pas voulu voir. Non seulement ma famille était en colère, mais aussi la personne que j'ai suivi... il m'avait abandonnée. Je n'avais plus d'attache, plus de liens. J'ai tellement joué la comédie, ça m'a rattrapée.
 
Ses yeux étaient un peu plus humides, mais elle ne pleurait pas. Elle ne le fera pas. Elle serra les poings sur sa robe. Puis elle reprit :
 
- Disons, que j'aime materner. Et, il faut une mère, pour rendre les choses plus faciles pour toutes ces filles. Moi, je n'ai personne au-dessus pour m'aider. Alors j'aide celles qui m'ont.
 
Elle refit face à son interlocuteur.
 
- Pensée, c'est le nom que j'ai depuis un peu plus d'un an. "Ne m'oublie pas", c'est ce que j'espère encore. Même si c'est idiot... pourtant, je n'oublie aucun des deux...
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Invité
Mistral Despair

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Lun 29 Déc - 1:00
Le Lièvre se perdait, il s'égarait dans sa folie et Mistral allait bientôt se retrouver seul face aux allemands. Et pour ne rien arranger, le voilà qui révélait à ceux-ci avoir tué plusieurs de leurs confrères. À ce rythme, c'étaient eux qui allaient bientôt nager dans les ennuis.

« Good night and sleep, Just count the sheeps. One, two, three... the fourth one is a hare... »

Malsain. C'était le seul mot qui venait à l'esprit du Marquis quand il voyait cet homme adulte s'amuser à la poupée avec des cadavres pourrissants.

Ironie, lui souffla pourtant son esprit en ramenant à la surface de vieux souvenirs.
Il avait aussi coiffé délicatement les cheveux de filles sans souffle.
Il les avait habillées et maquillées avec amour comme de délicates figurines de porcelaines.
Avant de les enfermer dans de belles boîtes de verre pour les contempler à jamais dans leur éternelle pureté.
Non, non, c'était différent. Mes belles épouses ne ressemblaient en rien à ces catins décomposées.
La pensée le rasséréna quelque peu. Il n'avait rien à voir avec le proxénète et ses jeux morbides. Ses raisons étaient bien plus pures et ses actes poétiques, preuve d'amour.

Mistral ferma les yeux décidant que ce n'était vraiment pas le moment de replonger dans le passé. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait repensé à son Pandémonium et ses jeunes années avec autant de vivacité. Le moment était peut-être venu d'ouvrir la boîte de Pandore et de revisiter tout cela, mais il allait attendre d'être seul et au calme. La nostalgie comme l'horreur de ses actes se savouraient.

« Vous êtes taré ! Tout les deux ! Qu'est-ce qu'il se passe ici à la fin ? »

Glissant un regard distant et légèrement brumeux à celui qui était visiblement le chef des trèfles, le Marquis ronronna « Ne sautez pas aux conclusions, je pense qu'il est presque temps de négocier les termes de notre contrat. » levant une main, le pouce baissé, il ajouta « Comptez jusqu'à quatre et les choses devraient reprendre leur cours. »

Trop perturbés - et passablement effrayés - pour répliquer, les allemands regardèrent le français abaisser ses doigts un à un en comptant certainement dans leur tête.

« Désolé, je vous avais presque oublié. Mais heureusement que mon cher ami était là pour s'occuper de vous, il sait éviter ce qui ne va plus. Comme il l'a dit, une exécution n'est pas un jeu, ce n'est pas drôle, pas marrant, pas amusant. »

Pile à l'heure, c'était très convenant.

Satisfait, Mistral s'adressa aux quatre hommes « Vous voyez, messieurs, il n'y avait pas à s'en faire. Les affaires prennent leur temps, c'est ainsi. »

Les choses qui suivirent et qu'on épargnera ici, furent faites de chiffres et de négociations qui ne durèrent cependant pas longtemps avant d'arriver à un accord commun. Kreuzbube et ses mauvaises herbes avaient très hâte de s'en aller et le proxénète comme le Marquis n'étaient, aujourd'hui, pas radins sur le paiement.

Une fois tout cela et davantage réglé, Pitt se tourna vers le Marquis et demanda « Une chose à ajouter ? »

Hochant la tête, non sans repérer le léger sourire de Lutèce qui devait avoir compris être sauvée, le français dit d'un ton ennuyé « En effet, en effet. Je me rends compte que nous n'avons offert ni boisson ni collation ni animation à nos invités. C'est très grave j'en ai peur. Mais une erreur pour en racheter une autre, ça compensera leur manquement de tout à l'heure. »




***




Tout le monde pouvait se révéler être une oreille attentive selon les circonstances, et Apollon avait déjà été à l'écoute de nombreuses personnes durant sa vie d'artiste. Évidemment, le mystère et la douce beauté brune de la jeune femme n'étaient pas étrangers à son attention. Il était un homme respectable cependant il demeurait un homme tout de même. Ce n'était pas non plus pour ça qu'il oubliait Lutèce, mais on lui avait interdit d'intervenir et il n'avait rien d'autre à faire qu'attendre ici.

« Disons, que j'aime materner. Et, il faut une mère, pour rendre les choses plus faciles pour toutes ces filles. Moi, je n'ai personne au-dessus pour m'aider. Alors j'aide celles qui m'ont. »

Elle ne pleurait pas en revivant les souvenirs douloureux, bien sûr, elle était trop maîtresse d'elle-même pour cela; un mental d'acier dans ce corps délicat. Pourtant elle n'arrivait visiblement pas à faire disparaître entièrement le trouble de ses yeux sombres. Pour cela, le français eut envie de la réconforter, un peu. Lui offrir une épaule sur laquelle souffler pour une fois. Mais il n'osa pas. Elle était la mère maquerelle du Lièvre, intouchable - il supposait - sans l'accord du proxénète.

« Pensée, c'est le nom que j'ai depuis un peu plus d'un an. "Ne m'oublie pas", c'est ce que j'espère encore. Même si c'est idiot... pourtant, je n'oublie aucun des deux... » ajouta la catin en le regardant cette fois directement.

Apollon inclina légèrement la tête, jouant entre le pouce et l'index avec l'une des ses bretelles « Je comprends. Vous ne rêviez pas de cette vie, elle vous est tombée dessus, mais finalement vous y trouvez une certaine stabilité, n'est-ce-pas ? Après ce que vous avez vécu, c'est tout ce que vous demandez. Vous commencez à aimer ce quotidien et les gens qui vous entourent, vous avez arrêter de rêver. » il eut un sourire, mi amer, mi doux « Je suis né dans une famille riche et influente, j'étais à peine adolescent quand j'ai tout perdu. La comédie de rue, ce n'était pas mon ambition mais une façon de ne pas crever. Ça suffisait à nourrir. J'ai du sacrifier mon honneur et mon vrai nom pour ma survie, et finalement je me suis retrouvé chef d'un petit théâtre à défaut d'un comté. » il haussa doucement les épaules « J'ai de l'affection pour Lutèce, nous nous connaissons depuis des années. Mais c'est aussi égoïstement si je tente tout pour l'arracher à ces allemands, J'ai peur de perdre cet équilibre que je viens de retrouver. »

Se rendant compte de la longue tirade qu'il venait de faire, le français secoua la tête et s'excusa « Je m'égare, pardonnez-moi. Je ne voulais pas vous ennuyer avec tout cela. »

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Pitt

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Lun 29 Déc - 14:58
Tout était rentré dans l'ordre. Les hommes de Pitt accompagnèrent les trèfles au sol, la suite ne concernait plus le Lièvre. Ce dernier conduit les filles, l'ancienne otage et le Marquis en dehors de la salle des cadavres. On ne reçoit pas les gens dans ce genre d'endroit. Une fois dans le couloir métallique et sombre, le proxénète s'arrêta.
 
- Bien, les filles vous suivez ces hommes et Violette. La dame qu'on était sensé sauver reste avec le cher Marquis.
 
Grand sourire, bienfaisant, satisfait. La fleur vêtue de mauve prit la tête suivit par les nouvelles pousses et les membres du March. Les pas soulignés par le son du métal, le pilleur de tombes reprit la marche en direction de l'étage supérieur.
 
- Eh bien Marquis, ce fut très amusant ! Vous jouez très bien. Maintenant, il faut aller récupérer votre ami.
 
Les pas résonnait toujours dans les couloirs, personne n'entendrait ce qui se passait loin dans le terrain vide sur lequel le Zeppelin avait atterri.
 
Les trèfles n'étaient pas une véritable menace, ils se cherchaient, et ils n'avaient pas encore trouvé leur domaine. Ils semblaient recommencer, repartir de zéro. March avait déjà étendu son réseau, March était fait de fleurs et de jardiniers. Les jardiniers savaient s'occuper du jardin, ils ne laisseraient pas de mauvaises herbes s'implanter sur leurs terres si bien entretenues. Le Lièvre n'était pas toujours responsable de l'issue de ses jeux.
 
Le chemin menait le trio jusqu'à l'étage, puis le salon où les deux hommes avaient parlé de la manière dont les choses devaient se dérouler, plus ou moins.
 
- Hm... En fait, je ne sais pas dans quelle chambre Pensée à emmené votre ami... C'est ennuyeux, nous devons jouer à cache-cache.
 
Il rit puis entreprit de monter encore un niveau, sans vraiment regarder si on le suivait. Il tourna dans les couloirs froids industriels. Ouvrit des portes, demanda à quelques employées si elles avaient croisé la fleur tricolore. Et ce jusqu'à ce qu'une prostituée raconte avoir vu les personnes recherchées. Donnant à peu près où ils se dirigeaient. C'est que le Zeppelin était pareil à un cargo, on se perdait vite.
 
~~~
 
Pensée écouta le récit de l'homme, elle eut un sourire léger. Prise d'un constat plutôt amer. Ce ne sont pas toujours les plus fortunés qui s'en sortent le mieux... Bien que certains avantages restaient assez évident pour cacher les recoins sombres du monde doré qui fait tant rêver ceux dans le besoin. Ici, elle avait un peu plus de valeur que dans sa famille, ne servant que de génitrice ou de bonne alliance. Mais sans ces éléments, elle n'était plus rien pour les bourgeois et nobles. Elle avait l'avantage d'une catin qui n'enfante pas, mais qui rêverait d'être plongée dans les draps d'inconnus ou de pervers jouant à des jeux qui étranges. Loin des jeux du Lièvres, c'étaient d'autres jeux... Elle avait l'avantage d'être "Pensée", l'une des fleurs du pays des merveilles, l'une de celles que le proxénète garde pour les habitués, pour les meilleurs clients. L'une de celles que le maquereau ne laissera pas être défigurée ou blessée.
 
Elle jouait plus le rôle de mère des fleurs, celle qui n'oublie pas. Elle se souvenait des autres femmes dans sa conditions. Elle parvenait à mettre des visage sur les noms qu'elle voyait sur les livres de comptes.
 
- Nos vies avaient d'autres projets...
 
Un léger sourire se dessinait sur ses lèvres rouges, rouges si intense qu'il la faisait paraître plus blanche qu'elle ne l'était.
 
Apollon avait aussi fait des faux-pas, mais il avait réussit à trouver de la stabilité, d'après son discours. Un discours sensé. La raison aidait, dans le monde fou où la fleur tricolore était plongée. La partie qu'il avait dédié à Lutèce avait donné un regard, une expression d'évidence sur le visage maquillé de la prostituée. Aucun homme n'épouse une femme par amour. Ce n'est qu'un défouloir, qu'un objet nécessaire comme sacoche qui permettra de mener une vie, de continuer le voyage social. Voyage qui se traduisait pas un mariage puis la procréation d'héritiers. Les bardes du Moyen-âge étaient les seuls à parler de romantisme, et ils le resteront. Le chevalier servant n'est plus et ne sera jamais. Seules les maîtresses auront droit à un peu d'amour.
 

- "Les hommes font l'amour à leur maîtresse, pas à leur femme". C'est ce que je me dis à chaque fois que je me retrouve avec un client... Et j'ose m'imaginer être une maîtresse. Même si je dois rester réaliste, on ne paie pas pour sa maîtresse...


De l'amertume dans la voix, le regard ailleurs, les mains serrées sur ses jupes. Elle posa son regard brillant sur Apollon, elle le remerciait au travers de ses yeux intensément sombre pour avoir pu en parler un peu.
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Mistral Despair

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Mar 30 Déc - 0:18
Dès que les allemands eurent quitté la salle, Amédine – dite Lutèce – se rua sur le Marquis et l'étreignit comme un ami de longue date. Ce qui était à vrai dire le cas, mais Mistral n'avait plus trop l'habitude de l'aisance qu'avaient les gens du théâtre au contact. Sans trop savoir quoi faire – il ne pouvait tout de même pas la repousser – il demeura simplement passif, enveloppé dans les bras de la comédienne qui avait caché son visage dans son épaule.

Lorsqu'elle parla – en français, le son fut étouffé à moitié par le tissu « Je n'ai aucune idée de pourquoi tu es là, Mistral, mais je n'ai jamais été autant heureuse de te voir. »

Tout en libérant adroitement l'un de ses bras pour aller piocher sa montre à gousset dans la poche de son veston, le français s'expliqua « Nous dirons que je suis les renforts. C'est sans doute le terme approprié pour ma présence ici. »

« Eh bien Marquis, ce fut très amusant ! Vous jouez très bien. Maintenant, il faut aller récupérer votre ami. »

Mistral hocha vivement la tête. Il avait vu l'heure et ils avaient perdu beaucoup de temps pour pas grand chose. Gaspiller ses minutes n'était pas quelques choses qu'il appréciait beaucoup.

« Merci beaucoup, mon ami. Et Certes. En plus l'heure du dîner approche, il ne faudrait pas la rater. Si je mange trop tard, c'est simple, je ne dors pas. » il baissa ensuite les yeux vers la femme contre lui, une situation assez inhabituelle, « Allons chercher Apollon, veux-tu ? »

S'écartant au préalable – merci ! - Lutèce fronça les sourcils, chose qui créait une ride guère jolie sur son front pâle « Pourquoi il n'est pas avec vous ? »

« Ah. Disons que c'était mieux ainsi. Pour lui, pour toi, pour nous ; mais surtout pour lui je dois dire. Mais pressons, pressons, le Lièvre n'attend pas. »

Presque comme un gentilhomme, le Marquis prit le bras de l'actrice et la guida sur les pas de Pitt qui les avait devancés de quelques mètres. Il avait sincèrement assez hâte de quitter ce local puant où s'entassait la mort dans sa plus vilaine apparence, et encore davantage de clore cette affaire pour retourner chez lui en France. Cette ville lui portait sur les nerfs, il en avait le dos noué comme un sac de noeuds.

« Hm... En fait, je ne sais pas dans quelle chambre Pensée à emmené votre ami... C'est ennuyeux, nous devons jouer à cache-cache. »

Contrarié par ce défi supplémentaire, Mistral lâcha « Alors autant s'y mettre tout de suite. Ouvrons chaque porte. »

Comme pour montrer l'exemple, le français ouvrit à la volée une petite porte sur sa droite. Quelqu'un était à l'intérieur. Malheureusement il ne s'agissait que d'un mécanicien en train de se soulager dans un bidet qui les regarda d'un oeil morne en chiquant son tabac. En soi, rien de bien concluant.




***




« "Les hommes font l'amour à leur maîtresse, pas à leur femme". C'est ce que je me dis à chaque fois que je me retrouve avec un client... Et j'ose m'imaginer être une maîtresse. Même si je dois rester réaliste, on ne paie pas pour sa maîtresse... »

C'est ce qu'avait dit la courtisane d'une voix suintant la rancœur et la colère rentrée. Apollon ne le prenait pas personnellement, ce n'était pas lui en particulier qu'elle haïssait mais, au fond, plutôt sa propre désillusion de petite fille qui avait depuis longtemps cessé de croire aux contes de fée. Et puis, à sa surprise, elle tourna son regard chocolat brûlé vers lui, un éclat de reconnaissance dans les pupilles qu'il ne comprit pas vraiment.

D'ailleurs le français n'était pas sûr d'avoir interprété les mots de la jeune femme comme il le fallait (ou comme elle le voulait?). Pouvait-elle simplement être en train de prier pour un peu d'amour ? Elle qui en donnait tous les jours aux hommes malheureux, finissait par en manquer. C'était un peu ironique, mais pas dénué de sens.

Décidant finalement que l'action valait mieux que la réflexion, Apollon se lança, son ton presque affectueux « Il m'arrive de faire l'amour à ma femme, l'un n'interdit pas l'autre. Après tout, Lutèce a d'abord été mon amante avant que je ne l'épouse. » délicatement, il saisit l'un des fins poignets de Pensée dans ses mains et déposa un baiser sur le bout de ses doigts « Mais pour cette fois, si vous le souhaitez, vous pourriez être ma maîtresse. »

Sa demande – appelons là plutôt ''proposition'' – était certes un peu audacieuse et pas totalement dénuée d'arrières-pensées, mais si cette jolie dame avait besoin d'un prince charmant pour une nuit deux, et bien, c'était un rôle qu'il accepterait volontiers de jouer. Il savait se montrer doux et attentionné si c'était ce dont elle avait envie, les veuves bourgeoises en mal de jeunesse lui avaient bien appris cette école de la vie lors de ses débuts au théâtre.

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Pitt

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Mar 30 Déc - 13:07
La petite recherche avec les deux français -apparemment d'après le langage qu'ils avaient utilisé- avait amusé le Lièvre qui gloussait durant la petite escapade. Mais bon, il décida vite de faire part de l'étage plus approprié où Pensée aurait emmené Apollon. Et puis, les informations données par des membres avaient aidé, grandement aidé. C'est qu'on se perdait vite sur le Zeppelin, ce dernier étant pareil à un cargo, la grandeur et la masse n'aidait en rien à retrouver son chemin au travers des couloirs froids et ternes de métal. Seules les pièces étaient faites de boiseries purement décorative, donnant un semblant de chaleur à cet endroit de réalité sordide.
 
Arrivé au fameux étage, Pitt ouvrit quelques portes. Mais à chaque fois, il trouva une chambre vide ou bien une femme vaguant à ses occupations.
 
- Je devrais définir une pièce pour ce genre de situation, ça éviterait les parties de jeu redondantes.
 
Sur ces pensées, il finit par trouver la fleur. Derrière la porte qu'il venait d'ouvrir tout en partageant ce que disait son esprit.
 
Lorsqu'il tourna ses iris d'absinthe sur les personnes recherchées, il resta un bref instant inexpressif, puis il tenta de retenir un rire, et enfin, il ne put retenir plus. Le Lièvre de Mars s'écroula de rire, se tenant les côte, les larmes montèrent sur les coins des yeux. Le fou rire était des plus amusant sans doute, pour le pilleur en tout cas.
 
La source de cet éclat venait de la scène qu'il avait vu. L'homme marié, pour qui il avait dû aider à sauver la femme, se trouvait être en train d'embrasser les lèvres rouges de la fleur.
 
Ils s'écartèrent, mais la surprise se lisait encore dans les yeux de la prostituée matriarche. Matriarche, c'était une de celles dont il fallait passer par l'accord de Pitt pour en profiter, ne serait-ce qu'un baiser. Et encore, qui dit que le chef de troupe n'avait pas profité de plus ?
 
Pitt s'appuyait contre le cadre de porte, essayant de reprendre son souffle alors que des sursauts de gloussements l'interrompaient. Il finit par reprendre une respiration normale et il tourna son regard à nouveau sur les deux personnes sur le lit. Son sourire disparu aussi rapidement qu'un songe.
 
Une démarche décidée fut entamée, et une fois à la hauteur d'Apollon. Il plongea son regard absinthe dans celui du malheureux plus si malheureux, la femme étant sauvée. Un sourire étrange, un peu dérangeant s'agrandit sur ses lèvres. Il dit d'une voix à l'image de son expression :
 
- Mais c'est pas gratuit, en plus tu t'es servi dans les plus chères. Il s'ajoute aussi que tu n'avais pas ma permission.
 
Pensée ne savait pas quoi faire, ça se voyait sur son visage. Elle finit par tirer le Pitt par le bras, en essayant d'user de son attitude maternelle, même si elle ne savait pas trop si ça aiderait.
 
- Il n'y a rien eu... C'est moi qui... ait fait ça pour le retenir...
 
Elle essayait, mais elle savait aussi que son maquereau était au courant de son attitude inspirant la confiance et de son jeu d'actrice plutôt convaincant.
 
Les mots de la fleur tricolore avaient effacé le sourire étrange du proxénète, mais il gardait un air agacé.
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Mistral Despair

MessageSujet: Re: Prelude To Tragedy [0001]   Mer 31 Déc - 1:06
Mistral roula des yeux devant ce spectacle affligeant. Il n'était même pas déçu, plutôt blasé. Alors pendant que le Lièvre se roulait par terre sous le cocasse de la situation, il lança à son ancien patron qui avait la bouche rosée de l'avoir trop frottée à celle de la catin « Déjà à l'époque tu avais de la peine à garder tous tes membres à leur place. Mais faire ça pendant que des autres risquent leur vies pour sauver ta femme... franchement Apollon, tu aurais pu attendre. » il se tourna ensuite vers le proxénète qui se remettait toujours de son fou rire « Quant à vous, cessez de pouffer et réagissez plutôt ! »

Derrière le Marquis, Lutèce demeurait silencieuse. Peut-être cherchait-elle encore ses mots, ou bien elle avait simplement compris qu'il n'y avait rien à dire; juste à constater la faiblesse de son homme. Quel goujat, lui qui lui avait dit combien il était bon d'avoir une épouse qui était aussi son amante. Ah, quand elle pensait que c'était elle qui avait tout fait pour attirer son attention, elle s'en mordait les doigts à présent. C'est donc les lèvres pincées qu'elle dit finalement « “'Je n'ai pas ces habitudes de bourgeois'', c'est tes mots que je cite, mon époux »

Elle soupira, acceptant bravement l'amère désillusion. Le temps avait été long avant que le comédien ne lui accorde enfin son intérêt, ce qui aurait déjà du être une preuve en soi. Mais pourtant elle y avait cru, au fait d'être l'une des rares femmes de Londres à avoir un mari fidèle. C'était assez douloureux, même si elle ne pouvait rien faire sinon l'accepter. Après tout c'était elle qui avait échoué à son devoir. Saisissant le bras de son ami et ancien partenaire de scène, la française tira dessus « Viens Mistral, on s'en va. Je ne peux pas l'empêcher d'avoir des maîtresses mais il ne peut pas m'obliger à regarder. »

À l'autre bout de la pièce, Apollon, qui avait essuyé de la manche les traces rouges sur ses lèvres, se redressa dans le but d'aller retenir sa femme. Il fut cependant interrompu par le Lièvre avant même d'avoir pu prononcer la moindre parole.

« Mais c'est pas gratuit, en plus tu t'es servi dans les plus chères. Il s'ajoute aussi que tu n'avais pas ma permission. »

Les mots du proxénète étaient piquants, et il avait sur le visage un air qui n'avait rien de rassurant. Pensée tenta néanmoins de l'adoucir, ce dont le comédien lui fut reconnaissant.

« Il n'y a rien eu... C'est moi qui... ait fait ça pour le retenir... »

L'attitude, l'expression, le ton; tout dans le jeu de la jeune femme était si réaliste que même lui y aurait presque cru s'il n'y avait eu les indices flagrants de son mensonge. Le français n'avait même pas terminé de reboutonner sa chemise, c'était dire ! Sans parler de son gilet qui gisait toujours sur les draps. Au moins avait-il eu la décence de renouer sa ceinture.

Se passant la langue sur les lèvres, il attira l'attention du maquereau et dit « Elle ne travaillait pas et vos filles utilisent leurs pauses comme elles le souhaitent, non ? »

Un rire tranchant lui parvint de la porte « Tu pourrais au moins avoir l'honneur d'assumer tes actes. Puisque ma vie à visiblement si peu d'importance. »

Apollon se releva d'un bond et désigna Mistral puis Pitt « C'est eux qui m'ont interdit de venir, sinon tu penses bien que je serais venu égorger ces allemands moi-même. »
« Bah tiens, j'aurais aimé voir ça. »
« Et qu'est-ce que tu insinues ? »

« Vous me fatiguez. Et puis toi, Apollon, aller t'offrir une traînée de luxe alors que tu es ruiné. L'avidité te perdra...ainsi que ton mauvais goût » interrompit le Marquis en avançant dans la pièce pour aller présenter une poignée de pièces au Lièvre « Combien pour la passe ? Ou le dédommagement, peu importe comment vous voyez ça...oh et puis prenez tout et qu'on en finisse. »
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Prelude To Tragedy [0001]

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