[Juin 04] Au pays des merveilles

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Alice Liddell
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Alice Liddell
Dim 10 Aoû - 16:55
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Ce RP se situe après l'event à Emerald, et est ouvert à qui veut le rejoindre. Pour résumer, Alice veut créer un refuge pour les Androïdes et s'est établie dans la ville de Salem. Elle a essayé de contacter des gens via des pigeons-voyageurs (très pratique 8D) mais vous aurez sûrement plus de chance d'entendre parler de la ville via les avis de recherche. Ou autrement, comme vous voulez ! Venez donc!

« Je ne voulais qu'un refuge... Pour moi, pour nous... »

Les mots d'Ivan revenaient sans cesse dans l'esprit d'Alice depuis qu'elle avait quitté Emerald. En compagnie de Chester, les deux jeunes femmes avaient voyagé clandestinement dans les cales d'un navire jusqu'à rejoindre la terre ferme. Là elles s'étaient séparées, partant chacune de leur côté.

Alice cherchait un refuge, une ville où elle pourrait s'établir pour fonder un foyer pour les Androïdes. Ses pas l'avaient menés jusqu'à la ville de Salem. Il y a deux siècles, la ville avait connu des procès de sorcières sans précédent. Une bonne partie des habitants avaient fui, ou avaient fini à l'échafaud. Depuis la ville s'était reconstruite, les nouveaux habitants tentaient d'oublier ce noir passé.

C'était sans compter sur le prêtre qui officiait à l'église. Il veillait à la bonne conduite de ses ouailles, soupçonnant la moindre personne qui se rapprochait du profil typique de la sorcière. Salem ne connaitrait pas une nouvelle ère hystérique où le bûcher brûlait chaque matin. Mais quand un matin, en balayant devant sa porte, il vit Alice son sang ne fit qu'un tour. Cette femme brune, habillée comme une vagabonde, dôtée de métal ne pouvait être qu'une fille de démon. Quand elle s'approcha de lui et voulut lui parler, le prêtre brandit sa croix.

— Arrière, créature impie ! Retourne dans les flammes de l'enfer, et laisse les brebis égarés retrouver le chemin de la bergerie ! Quitte ce sanct...

Les derniers mots du prêtre se terminèrent dans un gargouillis sinistre. Des griffes de métal venaient de se planter dans son ventre, jouant avec ses organes. La croix tomba à ses pieds, se tâchant de sang.


Les rares habitants de la ville de Salem quittèrent les lieux dans les heures qui suivirent, fuyant dans la ville la plus proche. Les histoires se transformèrent en rumeurs, gonflant les faits réels pour les rendre encore plus horribles. Ainsi naquit la légende d'un monstre aux membres de métal, plus fort qu'un ours, dévorant la chair humaine. On lui attribua même un goût prononcé pour les enfants.

Un avis de recherche fut délivré, de ville en ville. On invitait, quiconque en avait le courage, de chasser le monstre de Salem. Mort ou vif, la récompense serait la même.


De son côté, Alice était heureuse. Une ville rien que pour elle ! Quand elle avait vu les habitants fuir à sa vue, elle avait même surjoué un peu afin qu'ils courent plus vite. Que les plus téméraires plient bagage. Quand elle avait été certaine que la ville était complètement vide, elle s'était amusée à visiter chaque maison. Piochant dans les assiettes laissés sur la table, dans les marmites, éteignant les feux pour éviter que tout brûle. Elle était comme Boucles d'Or chez les trois ours ; sauf que les ours ne reviendraient pas et qu'elle pouvait donc dormir dans le lit qu'elle voulait.

Chaque jour, Alice veillait à faire le ménage. Tout devait être propre. Elle avait essayé d'écrire des lettres qu'elle avait accroché à des pattes de pigeons, en espérant que ceux-ci livrent leurs messages. Elle n'avait pas réfléchi à d'autres moyens pour contacter des Androïdes. Il fallait qu'ils sachent tous qu'ils avaient désormais un refuge dans cette ville. Un endroit où vivre, loin de la haine et du mépris.

Un matin, Alice vit des silhouettes se profiler à l'horizon. Certaine que c'étaient des Androïdes, Alice se rua dans une maison pour corriger sa tenue. Des rubans ornaient ses cheveux qu'elle avait attachés, elle avait réussi à nettoyer sa robe. Parfaite.

Souriante et rayonnante, elle ressortit et se rapprocha des silhouettes, tout en claironnant « Bienvenue chez vous ! » d'une voix emplie de joie. Il fallait espérer que ce n'étaient pas des mercenaires venus la tuer.
Alice Liddell
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Tyill Ulnspegel
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Tyill Ulnspegel
Mer 13 Aoû - 17:04
Amérique. Un continent de liberté, de renouveau, d'espoir. Un continent où même les bandits les plus recherchés de l'Ancien Monde peuvent tenter de s'intégrer. Un monde où...

« Allez, debout feignasse ! »

Ohmondieumatête... fut la première pensée sensée qui traversa l'esprit de Tyill. Il était trempé jusqu'aux os, ce qui devait aisément s'expliquer par la présence du seau vide entre les mains du moustachu qui l'avait si gentiment et si délicatement réveillé... Bon, qu'avait-on là ? Une sale austère, une botte de foin, un fenêtre avec des barreaux... Hum... Ah oui, c'est vrai. La veille, il avait tenté de manger "pour de l'argent"... Et certains n'avaient pas apprécié ses grimaces. D'où le cachot. Et les bonnes manières.

« On n'aime pas les voleurs, ici. Encore moins les voleurs gays. »

Je suis gay ? Mmmh... Oh. Peut-être que mes habits ne lui reviennent pas. Ou peut-être que j'ai fait quelque chose de bizarre, hier... Ohmatête ! Ne rien répondre pour le moment. Ne rien faire. Ne rien dire. Laisser couler le temps que le cerveau redémarre. L'homme empoigna le bras du jeune homme avec la délicatesse d'un forgeron battant le fer. Histoire de bien aider les neurones à se remettre en place. Et un coup. Ça, ça devait être gratuit. Un joli hématome bleu jaillissait sur la joue blanche.

Pendant qu'on le traînait devant une parodie de tribunal, Tyill se taisait. Pendant qu'on le jugeait coupable, il resta muet. Pendant qu'on l'amenait à l'échafaud, Tyill resta silencieux. Mais au moment de passer la corde au cou, la voix du moribond se fit entendre.

« Je peux avoir une dernière volonté ? »

***

Visiter Salem. Quelle idée. Tout ce que souhaitait le cerveau embrumé de Tyill c'était que la présence du monstre fasse fuir ses gardiens. Ou du moins qu'il attire leurs regards. Effroi ou cupidité, l'un des deux devait les divertir de leur tâche. Et le groupe marchait. L'homme coupable et ses quatre gardiens. Leurs pas dirigés vers la ville fantôme.

Et soudain, elle était là. La fille fantôme de la ville fantôme. Qui leur avait souhaité la bienvenue. Et qui les avaient tous laissé coi. Cette fille avait quelque chose de bizarre, mais elle avait attiré leur attention. Oui. C'était le moment. Tyill se mit à courir, se baissant pour donner moins de cibles aux balles.

« Le prisonnier s'enfuit ! Abattez le ! »

Les premières balles fusèrent, visant Tyill, mais le ratant, de peu. Ou pas. L'une d'entre elles vint se loger dans sa main. Une autre lui écorcha la cuisse. Ne pas s'arrêter. Là, une fenêtre. Tant pis pour le verre. L'acrobate sauta dans la fenêtre. Sauvé. Une balle dans la main, le dos hérissé de verre, mais sauvé pour le moment... Qu'est-ce qu'elle avait de bizarre cette fille, déjà ?
Tyill Ulnspegel
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Jeu 14 Aoû - 16:31
Oh non, ça n'allait pas du tout ! Ça ne devait pas se passer comme ça ! Dire qu'elle s'était faite toute belle pour l'occasion et voilà que ces rustres casaient tout. L'Androïde jeta un regard noir aux quatre hommes qui tentaient de rattraper le fuyard. Déjà l'un d'eux entrait dans une maison pour suivre le prisonnier, cassant tout sur son passage.

— Non ! Je viens tout juste de faire le ménage !

Un des hommes vint la voir, parlant de la mettre en sécurité. Alice ne l'écouta même pas. Par contre ses griffes de métal, eux, allèrent se planter dans la gorge de l'homme. Alors que sa victime gargouillait, la gorge en sang, prostrée au sol, l'Androïde ramassa le revolver. Comment marchait cet engin ? Alice visa la tête de l'homme, pressa la détente. Le crâne explosa comme un fruit trop mûr. Bon, elle avait compris le mode de fonctionnement.

Suivre les trois hommes et leur fuyard était tâche facile. On les entendait hurler à des mètres, et ils laissaient derrière eux un véritable carnage.

Armer, viser.

La première balle fut perdue, la seconde toucha un des hommes dans le dos. Alice rit en le voyant sauter de façon grotesque, et retomber avec la grâce d'une gelée ratée. Le bruit des tirs avaient stoppé ses collègues encore en vie, laissant probablement à Tyill le soin de se cacher.

— Messieurs. Ici c'est ma ville, mon refuge. Vous allez nettoyer tout le bazar que vous avez commis. Puis nous discuterons autour d'une boisson chaude. J'ai du café.

La proposition qu'elle leur faisait était des plus raisonnables, non ?

Citation :
Tyill, si jamais ma réponse ne t'inspire pas, que tu as besoin de plus de matière... N'hésite pas à me le dire !  :hello: 
Alice Liddell
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Tyill Ulnspegel
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Tyill Ulnspegel
Sam 16 Aoû - 0:29
Le dos meurtri, la main gauche inutilisable, Tyill avait payé le prix fort pour cette fuite... En dehors de la maison, il y avait des coups de feu. Il y avait des cris. Et, d'après ce qu'avait vu l'acrobate, en regardant par la fenêtre, un mort. Quatre moins un, ça faisait trois. Et devant la fille, il n'y en avait que deux. Plus le mort... Où était le dernier ? Et mon dieu mais cette fille avait quelque chose de bizarre... Vraiment. Elle venait... de proposer un café... aux types dont elle venait de descendre un collègue ? Pas froid aux yeux, en tout cas.

Il n'y avait que deux issues possibles. Ou bien les types abattaient la chose, parce que oui, on pouvait bien parler de chose avec cette attitude bizarre, ou bien la chose abattait les types. Et si les types survivaient, ou bien ils l'oubliaient et Tyill mourrait seul, ou bien ils viendrait le chercher pour le pendre. Il fallait faire pencher la balance.

Là, près du cadavre. Le pistolet du mort. Tyill sortit aussi discrètement qu'il le pouvait de sa cachette, s'approchant de l'arme... Que personne ne fasse attention à lui... Facile à dire, avec son costume de scène exprès pour être vu. Mais à priori, les deux avaient plus leurs vues sur Machine qui elle devait les regarder dans le blanc de l'œil... Machine ? Ah ouais... Son bras était un peu bizarre quand même... Et le trucs couché, là-bas, dans le fond du paysage... Ça devait être le quatrième. Pfiouh.

« ... ou vif, hein ? »

« Ouais, ben j'crois qu'elle va être morte. »


« Ou pas ! »

On vise, on ferme les yeux parce qu'au final, on est un peu petite nature, on a pas envie de voir le résultat, on tire. Et on prie.

Citation :
Un jour de retard >_< Et sinon, ben... De même ! Si ça va pas, dis le moi !
Tyill Ulnspegel
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Sam 16 Aoû - 18:27
Alice écarquilla des grands yeux en voyant Tyill. Que faisait un clown ici ? Non ce n'était pas un clown. Un saltimbanque ? En tout cas sa tenue donnait l'impression qu'il travaillait dans un cirque. Un cirque avait-il approché la ville ? Un cirque avec des animaux ? Les suppositions se multipliaient dans l'esprit d'Alice, tandis que les deux hommes, eux, se disputaient au sujet du sort de l'Androïde.

La balle tirée par Tyill toucha un des hommes qui se mit à beugler comme un cochon qu'on égorge.

« Ma main ! L'enfoiré ! »

Son collègue prit son arme et visa Tyill. Un couinement grotesque lui échappa alors que le pied d'Alice se logeait entre ses cuisses.

— Sortez de ma ville, hurla Alice d'une voix hystérique. Ou je vous fais la même chose qu'à votre ami !

Du doigt, l'Androïde pointa le cadavre le plus près qui gisait dans une flaque de sang. Mais voyant que les deux hommes semblaient prêt à en découdre, Alice posa le canon sur le front de l'un. Et approcha sa main du second. Elle fit un signe de tête à Tyill.

— Ça vous dirait pas de m'aider à les chasser ?

Ou à les tuer. Au choix.
Citation :
Aucun problème Tyill !
Alice Liddell
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Mistral Despair
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Mistral Despair
Mar 26 Aoû - 21:18











Un petit oiseau était venu souffler à l'oreille du Marquis que quelque chose se tramait par ici, de l'autre côté de l'océan. Et de ce fait il avait décidé d'y jeter un coup d'oeil avant de retourner en France. Il avait toujours eu de l'intérêt pour les androïdes sans jamais trouver la bonne opportunité de se lancer sur le marché (parce qu'il devait bien y en avoir un).

Et puis alors que tout allait pour le plus mal dans son dernier projet, il avait eu vent d'une ville “Salem” qui serait en voie de devenir un refuge pour cette nouvelle race mi-homme mi-machine. La décision avait été vite prise.
Évitant ainsi d'empirer les choses à Emerald, il avait planté Arlequin et les autres sur place pour prendre la route. Avec un peu de chance il arriverait même à rendre se voyage lucratif.


♘ ♘ ♘

Ouvrant le capuchon de sa gourde d'un coup de dents, Mistral en bu une gorgée avant de se retourner sur sa selle pour regarder son compagnon de voyage, un canadien d'une quarantaine d'années à la moustache grisonnante qui avait l'habitude du pays et à qui il avait déjà eu à faire par le passé.

Il lui dit « Ce matin tu m'as dit qu'il ne restait que quatre heures de route. Ça fait quatre heures et je ne vois toujours rien. »

Sans un mot le moustachu sourit puis secoua les rênes de son mustang, partant au grand galop sur la gauche.

Tout en proférant une insulte concernant le savoir-vivre inexistant des gens du nouveau monde, le français fit faire demi-tour à son étalon tacheté et poursuivit son guide dissident sur la pente verdoyante d'une petite colline- avant que sa monture ne freine des quatre fers, le projetant en avant contre le pommeau qui vint meurtrir son bas-ventre causant l'hilarité de Wilbert.

« Votre cheval vient de vous sauver la vie, Marquis. » se moqua d'ailleurs celui-ci.

Retenant une réplique cinglante et relevant ses yeux bleus, Mistral se rendit compte qu'ils se trouvaient au sommet d'une petite falaise abrupte au pied de laquelle s'étendait la ville de Salem à la triste réputation.


♘ ♘ ♘

La cérémonie de bienvenue des deux hommes se matérialisa sous la forme d'un cadavre, et deux types dont un bien amoché et le duo tenu en joue par une jeune fille avec un gros calibre à la main et dont certains membres n'étaient plus vraiment humains .
Ils avaient donc bien entendu des coups de feu.

« Ça vous dirait pas de m'aider à les chasser ? » lança la gamine à un guignol près d'elle.

Wilbert cracha le tabac à chiqué qu'il avait dans la gueule et porta la main à sa hanche comme un vrai cowboy mais Mistral l'arrêta en posant ses doigts sur son bras « Attends. Je veux voir ce qu'elle fait. »

Sortant une cigarette de sa poche, il la glissa entre ses lèvres avant de craquer une allumette. Il était curieux de voir si la fille allait tuer les deux hommes; elle paraissait si innocente avec ses rubans dans les cheveux. Mais si il en croyait les rumeurs sur les androïdes elle était bien plus plus qu'une simple enfant.



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Mistral Despair
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Mer 27 Aoû - 16:14
Alice attendit la réponse de Tyill. Une poignée de secondes. Voyant que le saltimbanque ne semblait pas avoir le courage de tuer un homme, Alice haussa les épaules.

— Tant pis.

Le crâne explosa dès qu'Alice appuya sur la gâchette. Le sang éclaboussa son visage, l'obligeant à fermer les yeux l'espace d'une seconde. Elle perçut le hurlement du second homme. Quand elle rouvrit les yeux, ce fut pour voir un canon pointé sur son visage. L'unique survivant gesticulait dans une langue qui lui apparut soudainement incompréhensible. L'Androïde eut même l'audace de pencher la tête sur le côté, comme si elle n'avait pas conscience du danger.

Alice tendit le bras, enfournant le revolver dans la bouche béante de l'homme qui se figea devant un tel geste.

— Tu fais trop de bruit.

Un rire secoua Alice quand elle vit de la cervelle jaillir du crâne de sa victime. C'était si drôle ce rose. Cela lui rappelait quand on éventrait un ours en peluche. Ce rose rappelait aussi les sucreries qu'on pouvait voir dans les confiseries. Le crâne de cet homme était-il empli de sucre ?

Alice avait plié les genoux pour mieux voir, touchant du bout du doigt la cervelle. Elle grimaça. Le contact était visqueux, désagréable. La jeune femme pesta. Ces hommes n'avaient rien d'intéressant. Ils n'avaient fait que lui amener des ennuis.

Se remettant debout, l'androïde se retourna... et se figea à la vue des deux cavaliers. Agissant par instinct, Alice brandit le revolver dans leur direction. Appuya sur la gâchette. Et rien.

— Mais.... Marche !

Son index appuya frénétiquement, mais rien ne sortait du canon. L'Androïde finit par lancer l'arme à terre. Quelle idée de tomber à court de munitions ! La voix grondante comme un animal, Alice lança au duo :

— Qu'est-ce que vous voulez ?

Son visage était encore maculé de sang, tout comme le devant de sa robe. A cet instant elle avait tout l'air d'une échappée de l'asile.
Alice Liddell
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Mistral Despair
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Mistral Despair
Mer 27 Aoû - 22:42









Les attentes du Marquis furent entièrement satisfaites lorsque la fille, sans une once d'hésitation, tua purement et simplement l'homme qu'elle tenait en joue. Ce n'est pas qu'il aimait particulièrement que le sang soit répandu mais il était très sensible à la beauté des choses. Et un meurtre infligé par une lame ou un canon de la part d'une chose d'apparence si mignonne méritait son public. D'autres morts cependant demandaient plus d'intimité, mais cela était encore un sujet différent.

Mistral tira une nouvelle fois sur sa cigarette, se demandant si en tant qu'homme honorable il aurait du intervenir. Mmh...il n'avait pas assez de compassion et d'humanité pour s'embêter à sauver un pauvre clodo qui était encore assez stupide pour pointer son revolver sur la petite Androïde. Les gens du peuple étaient vraiment navrants.

« Monsieur...ce n'est pas nécessaire. Comment pouvez-vous regarder ça d'un oeil si froid ? » finit par lâcher Wilbert, incapable de contenir son sens d'homme bon plus longtemps.

Secouant la tête de dépit, le français lui répondit « Considérez cela comme un test de qualité, mon ami. » si tous les Androïdes se trouvaient être des assassins aussi froids et impitoyables, il allait sérieusement penser à investir.

« Oh et puis temps qu'on y est. Wilbert, en tant que loueur de vos services, je vous interdis d'intervenir. » il ajouta.

« Tu fais trop de bruit. »

Le Marquis reporta son attention sur la scène au son de la voix, la pointe de ses cheveux qu'il avait noué sur son crâne venant lui effleurer le bras alors qu'il tournait la tête. Il allait devoir songer à les couper, bientôt ils deviendraient encombrants.

La gamine avait retourné l'arme du gueux contre lui et appuya sur la détente une seconde plus tard. Bon sang, elle était rapide à la gâchette.

Cette fois la mort fut bien moins jolie. La cervelle de l'abattu avait giclée aux quatre points cardinaux, un morceau venant se loger jusque sur le toupet de son cheval. Avec une moue de dégoût Mistral le dégagea de la pointe de sa cravache. Il n'aimait pas qu'on salisse ses affaires.

« Et c'est ça que vous voulez acheter...? »

La voix du français était enjouée lorsqu'il répondit « C'est fascinant ! »

Wilbert soupira « Vous êtes horrible. »

Le Marquis claqua de la langue « Allons ne faites pas votre rabat-joie ! Admirez plutôt la science à son Apogée ! L'expression du plus pur Génie humain ! »

Ce qu'il disait était si beau, il s'en émut presque lui-même.

Il avait du néanmoins parler un peu fort car l'Androïde se releva, les regarda et tira-

« Mais.... Marche ! »

Mistral se palpa la poitrine par réflexe. Non il n'était assurément pas mort, le chien du pistolet avait claqué dans le vide. Il ricana alors que la fille s'évertuait à les fusiller de balles imaginaires.

« J'étais champion de roulette russe autrefois, je suppose que certaines choses ne s'oublient pas. » entendit-il dire le canadien.

« Qu'est-ce que vous voulez ? » leur aboya dessus la gamine, l'air d'avoir vécu un attentat.

Descendant de cheval tout en prenant garde à ne pas marcher dans les restes de boîtes crâniennes (il aurait été ridicule de gâcher le daim de ses bottes pour si peu), le Marquis employa son anglais le plus poli bien qu'il méprisât la langue et dit « Quel endroit charmant ! Sauriez-vous où je pourrais trouver des croissants et un peu de vin ? »



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Mistral Despair
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Tyill Ulnspegel
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Tyill Ulnspegel
Mer 3 Sep - 9:49
Des cris, des coups de feu... Des morts. Mais pas Tyill. Ni la fille-machine qu'il entendait rire. En vie. Il était encore en vie, et ça allait durer encore longtemps, son plan bancal avait fonctionné ! Bon, il avait un deuxième trou de balle dans la main, un peu mal au dos, mais la douleur n'est-elle pas preuve de vie ?

« Je vous dois d'être encore vivant, mon amie...» murmura Tyill un peu pour lui-même.

Il semblerait d'ailleurs qu'elle ne l'ait pas entendu, puisque apparut au regard du bouffon deux hommes. L'un à cheval, l'autre à pieds. L'un avec une allure noble, l'autre plus... Local. L'un avec une assurance indéniable, l'autre... Et bien semblant fixer avec effroi Tyill, qui sourit en le remarquant. Ce qui sembla provoquer un frisson au laquais. Et ce qui allait indéniablement entraîner un cercle vicieux...

« Du vin et des... OUTCH ! dit Tyill en se levant. Je vais voir si je peux en trouver... Permettez-vous, messire, que je m'occupe de vos chevaux en même temps ? »

Évidemment, le local n'allait pas avoir confiance. Évidemment, il allait suivre à contrecœur l'olibrius qui venait d'apparaître derrière la fille-machine. Tyill le savait, et c'est ce qui se produisit. Il accrocha les chevaux près d'un abreuvoir. Vide. Hors de portée du noble et de sa sauveuse.

« Hélas, j'ai bien trop mal au dos pour remplir cet abreuvoir... Pouvez-vous m'aider monsieur ? »

La mine pitoyable que Tyill afficha au canadien lui fit baisser sa garde. Après tout, le clown était blessé, et il avait l'air vraiment inoffensif. Le bouffon sauvé par la princesse ! Ha ! Finalement, il n'était pas si effrayant que ça, le bougre... Et alors que l'homme commençait à remonter le seau d'eau, il sentit quelque chose s'enfoncer dans son dos, entre les omoplates. Et il entendit le son très distinguable du pistolet que l'on arme.

« Et pendant que l'on est seuls, si tu pouvais me dire ce que ton maître compte faire avec mon amie
Tyill Ulnspegel
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Mer 3 Sep - 16:05
Mon amie ? Oh tiens on ne lui avait jamais faite celle-là. C'était curieux. Gratifiant. Alice se retourna vers Tyill, le remercia d'un sourire et d'une légère courbette. Il fallait demeurer polie auprès des gens qui ont un minimum de savoir-vivre.

— Je vais m'occuper du vin, Monsieur... Arlequin. (Alice n'avait pas trouvé de meilleur surnom pour nommer Tyill) Pour les croissants, je ne sais pas s'il y en a. Mais j'avais cuisiné une tarte aux pommes.

Tarte qui était le fruit de nombreux essais, dont l'un avait failli causer un incendie. Faisant signe au Marquis de la suivre, Alice se rendit dans une des demeures. Comme les autres, elle avait été récemment nettoyée. L'atmosphère embaumait le propre, et le travail dévoué d'une fée du logis. Avec une voix toute guillerette, l'Androïde invita le Marquis à prendre place dans un fauteuil. Quelques minutes après, Alice revint, portant la fameuse tarte à pommes qu'elle déposa sur la table basse, avec un air presque solennel.

— Et je vous ai trouvé du vin, clama-t-elle en posant bouteille et verre. Par contre, cela vous gêne de l'ouvrir vous-même ? La dernière fois, j'y ai mis trop de force et la bouteille m'a explosé dans les mains.

Un rire de petite fille gênée sortit des lèvres d'Alice. Sans le sang qui la maculait encore, et qu'elle avait omis d'ôter, il aurait été difficile de faire le lien entre elle et la tueuse qui avait occis plusieurs hommes, il y a de cela quelques minutes.

Rassemblant ses jupes, Alice prit place sur le sofa qui faisait face au fauteuil. Elle entreprit de couper la tarte en parts égales.

— Qu'est-ce qui vous a amené à Salem ?

Il n'avait rien d'un Androïde. Ni d'un chasseur de primes. Ce qui le rendait doublement intéressant aux yeux d'Alice.

Citation :
Oui je m'amuse à changer de couleur pour mes paroles. J'en avais marre du rouge pour Alice. :ello:
Alice Liddell
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Mistral Despair
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Mistral Despair
Ven 5 Sep - 1:00









En toute sincérité, Mistral avait davantage formulé sa demande afin d'engager la conversation plutôt que par réelle espérance.

Aussi sa surprise fut totale lorsque le bouffon à grelots qu'il avait remarqué lui dit « Du vin et des... OUTCH ! Je vais voir si je peux en trouver... Permettez-vous, messire, que je m'occupe de vos chevaux en même temps ? »

Eh bien, malgré la jeune fille qui avait voulu leur visser un peu de plomb dans le séant, le français s'inclinait devant l'impeccable savoir-vivre des locaux. Tout sanglant qu'il pouvait être, le clown veillait à respecter l'étiquette. Ce qui était une bonne chose même si au fond il tout ça un peu suspicieux. Mais si cela pouvait le défaire des tâches ingrates et encore mieux lui permettre de se remplir l'estomac...nom d'un coq il n'y avait pas à hésiter !

Agitant vaguement sa main gantée en direction de Wilbert et des chevaux il accepta « Faites donc, faites donc. » laissant ensuite son guide se débrouiller avec lui.

« Pour les croissants, je ne sais pas s'il y en a. Mais j'avais cuisiné une tarte aux pommes. »

Les paroles de l'Androïde attirèrent l'attention du Marquis qui se tourna vers elle, inclinant brièvement la tête (il n'arrivait pas à se contraindre de s'incliner comme le faisait Ange. Pas devant une femelle même pas humaine) « Une part de tarte sera parfait. Merci »

Vraiment. La déférence envers les femmes était quelque chose dont il n'avait pas l'habitude -il évitait généralement celles-ci- et qu'il accomplissait sans envie. Mais il pouvait faire semblant assez bien pour flouer quasiment n'importe qui, c'était l'essence même de l'étiquette.
Le tout était de ne pas fâcher, vexer ou froisser la gamine. Elle était une enfant qui trouvait les armes définitivement trop amusantes. Il l'aimait bien.
D'un signe elle l'invita à la suivre.
S'approchant, Mistral enjamba consciencieusement les cadavres, veillant à ne pas se salir les semelles « Pardonnez ma lenteur, mais les fluides humains sont vraiment difficiles à faire partir. Comprenez, je ne voudrais pas laisser de viscères sur vos parquets. »
C'était une question de principes.

L'air suffisant, les cheveux au vent et le manteau flottant, Le Marquis suivit d'un pas confiant la petite Androïde à travers la ville désespérément déserte. Ils marchèrent jusqu'à une petite maison tout ce qu'il y avait de plus commun dans la région. C'était donc ça le quartier général de l'avancée scientifique ?

Peu importe, une minute plus tard il était confortablement installé dans un fauteuil de bonne facture en train de se faire servir un morceau de gâteau par une hôtesse couverte de sang et dont les doigts avaient trempés dans la cervelle.
Tout compte fait il allait peut-être se couper une par lui-même...

« Et je vous ai trouvé du vin. Par contre, cela vous gêne de l'ouvrir vous-même ? La dernière fois, j'y ai mis trop de force et la bouteille m'a explosé dans les mains. »

L'humeur de Mistral monta au beau fixe à la mention du vin. Et peu importe si celui-ci était de qualité médiocre. Il laissa échapper un rire franc « Pas d'inquiétude ! J'ai toujours un tire-bouchon d'urgence dans ma botte ! » Et c'était vrai.

« Qu'est-ce qui vous a amené à Salem ? »

Pop, l'être du français dans son entièreté vibra de plaisir au son du liège que l'on retire de son goulot. Il ferma les yeux un instant, appréciant la vibration.

Enfin son regard se posa sur la jeune fille dont l'état était toujours aussi déplorable mais qui soudainement avait pris de parfaites manières. Le tableau aurait pu paraître grotesque, certes. Mais la vision avait quelque chose de presque plaisant.

« Vous m'intéressez. N'êtes-vous pas les enfants de la science ? Vous et vos semblables. » répondit-il finalement.

Sur ces quelques mots, Mistral s'apprêta à verser un peu de ce sang terrestre qu'il avait entre les mains mais suspendit son geste au beau milieu « Misère ! Je ne peux pas boire dans de tels verres ! »

Bienheureusement il avait aussi toujours en voyage un verre à vin d'urgence. Un modèle dont il avait ingénieusement rendu le pied démontable afin de pouvoir le glisser dans la doublure de son manteau.







Au même moment à l'écurie, Wilbert Von Bertington se lissait la moustache en regardant un seau se remplir.

Ce clown était vraiment un drôle d'énergumène, pensa le canadien avant de se rappeler pour qui il travaillait.

Mais franchement, quel genre d'homme s'empresserait ainsi de répondre aux exigences d'un français à l'allure excentrique alors qu'il était blessé et venait d'être témoin d'un carnage ? Ah, ce Nouveau-Monde était encore définitivement trop jeune. Il deviendrait certainement plus sage dès le prochain siècle.

Fléchissant ses jambes pour prendre le saut, il sentit son mauvais genou craquer. Il commençait à se faire vieux, il aurait peut-être fallu que-

Clic. le son d'un chien de fusil qu'on abaisse. Toujours au garde-à-vous pour donner de l'effet dramatique.

« Et pendant que l'on est seuls, si tu pouvais me dire ce que ton maître compte faire avec mon amie

Wilbert se gratta la tête. Il se grattait toujours sur le côté pour éviter de se dégarnir le sommet de l'oeuf « C'est mon patron. Pas mon maître. » Il trouvait important de préciser ce fait

Il poursuivit « Pour répondre à votre question, qu'est-ce que vous voulez que ça me foute aussi ? Je suis payé pour faire le guide, pas la brigade des mineurs. »

Tic tic tic tic tic tic tic tic

Le canadien eut tout juste le temps de voir un reflet métallique disparaître dans l'obscurité de l'écurie et les chevaux renâclèrent.

« Eh ! Vous avez vu ça !? » s'écria-t-il

Il n'était pas sûr d'avoir bien vu. Mais il était arthritique pas sénile !
Sa moustache frémit mais il n'osa se retourner avec le canon du revolver toujours contre son dos « C'est vous qui cocotez l'Earl Grey ? »


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Alice Liddell
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Alice Liddell
Ven 26 Sep - 20:53
Citation :
Tyill ne répondant pas à mon MP, je me permets de continuer. Si jamais tu reviens Tyill, tu peux toujours reposter quand tu veux ! :ello:

Alice déplia une serviette mais le Marquis la prit de court dévoilant un verre au pied démontable. La jeune femme ouvrit une bouche toute ronde. Quelle invention ingénieuse ! Sa serviette désormais inutile entre les mains Alice l'utilisa pour s'essuyer le visage et les mains, couvrant le tissu blanc de tâches sombres. Elle était déjà bien plus présentable ! La jeune femme replia la serviette, la posant sur ses genoux.

— Les Androïdes vous intéressent, vous dites ? J'espère que cet intérêt n'est pas semblable à celui des Anglais. Ou des Allemands. Ils ont massacré nombre des miens.

Une menace sourde planait dans les paroles de l'Androïde. Elle avait penché la tête sur le côté, plissant ses yeux devenus sombres. Il y avait quelque chose de félin dans cette attitude. Comme si Alice, à l'instar d'un chat, cherchait à dominer la situation en donnant à son regard une lueur méprisante. La jeune femme avait appris que, sous des habits immaculés, pouvait se cacher une âme aussi sombre qu'une nuit sans étoiles.

Une fragrance de thé vint lui chatouiller les narines. L'odeur lui rappela à l'instant Vasile Duca. Le Chapelier était perceptible à des mètres à la ronde à cause de cette senteur. Le thé lui collait à la peau, embaumait ses vêtements, son chapeau. A croire qu'il cachait des sachets dans ses poches, ou se frottait le corps avec des feuilles de thé. Avant même de s'en rendre compte Alice bondit de sa chaise. Tout ce qui pouvait lui rappeler Vasile la plongeait dans une fureur dévastatrice. Les poils de ses bras se hérissaient, finissant de compléter la ressemblance avec les augustes félins.

— Vasile...

Alice avait sifflé le nom sur un ton bas, perceptible par le Marquis. Sans un regard pour l'homme, la jeune femme ouvrit grand la fenêtre et se pencha par l'ouverture. Mais aucun chapeau ne se profila, malgré la senteur de thé qui persistait.

Un éclat métallique traversa le champ de vision d'Alice, presque imperceptible. L'Androïde l'avait aperçu entre deux maisons, aussi rapide qu'un serpent voulant se cacher sous une pierre. Impossible de dire ce que c'était. Une arme ? Un Androïde ? Ou autre chose ?

Alice perçut alors un bruit comparable à celui de multiples pattes frappant contre une surface métallique. Deux pattes surgirent du haut de la fenêtre, comme pour crever les yeux de l'Androïde. Alice recula d'un coup, son dos cognant contre le fauteuil.

— Vous avez amené une machine ? demanda-t-elle au Marquis.

Curieuse machine dans ce cas.
Alice Liddell
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Mistral Despair
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Mistral Despair
Dim 28 Sep - 23:19









La menace était moindre, même si perceptible. De toute manière, de celle-ci le Marquis se fichait. Ce qui le hérissait en revanche était que la petite Androïde osât le comparer aux anglais et à ces rustres fils de goths qu'étaient les allemands.

Il lui fit d'ailleurs part de son offense en quelques mots « Oh par pitié, je ne suis en rien semblable à ces pieux barbares. Mon intérêt n'est absolument pas de vous détruire. »

C'était amusant parce qu'elle le fixait avec un certain défi, comme pour établir le rapport de force entre eux. Avec ce regard semblable à celui des chats lorsqu'ils jaugeaient leur dominance mutuel. Bien inhabituel en fin de compte de la part d'un jeune femme d'apparence aussi sage (si l'on exceptait les membres métalliques). Mais après tout elle n'était pas humaine, ça devait jouer dans l'équation de son audace.
Et puis Mistral n'avait rien contre cette éclat de combativité, de toute façon il ne s'inclinait devant rien ni personne en ce monde. Excepté peut-être Ange, mais c'était là encore une autre histoire.

« Vasile... » chuinta soudainement la gamine d'une façon suffisamment animale pour rendre le Marquis perplexe ; surtout qu'il n'y avait aucune raison apparente à son attitude. Cependant, il était bien possible que les opérations qu'elle avait subi pour en arriver là aie affecté ses capacités cognitives. Cet poussée d'agressivité était en soi très intéressant.

Le français tenta néanmoins d'apaiser sa jeune hôte, n'ayant pas envie de se trouver si proche si elle entrait dans une soudaine crise de colère. Elle avait en effet deux trois jouets à son arsenal qu'il préférait ne pas voir de trop près. Il dit « Cette ville est déserte, ce n'est sûrement que votre ami clownesque que vous avez entendu. »

Et puis, subitement, d'un mouvement presque trop rapide pour l'oeil de Mistral, quelque chose tenta d'attaquer l'Androïde du haut de la fenêtre par laquelle elle regardait.

Se levant d'un bond, il alla jusqu'à renverser quelques gouttes de son vin. C'est dire s'il avait été surpris. « Bon sang. Qu'est-ce que c'était !? » s'exclama le Marquis.

Comme toute réponse de la gamine il dut se contenter d'une autre question « Vous avez amené une machine ? »

Il détestait les gens qui faisaient ça, c'était censé être sa technique à lui. Se massant l'arrête du nez, le français répondit d'un ton quelque peu irrité « Évidemment que non. Vous avez bien vu qu'il n'y avait que moi et Wilbert. » il renifla « Vous avez fait du thé ? » Des cliquètements se firent entendre, nombreux. Regardant autour de lui, Mistral ne vu que le vide et pourtant...l'odeur s'intensifiait en même temps que le bruit. Il agrippa sa canne plus fermement.

Le Marquis n'aurait pas pu dire qu'il s'était attendu à quelque chose ; son imagination ne parvenait pas à établir une relation entre le thé et des pattes métalliques en si peu de temps. Cependant, rien n'aurait pu le préparer à la soudaine apparition d'une demi-douzaine de théières en fines porcelaines, toutes montées sur de petits membres d'acier articulé.

Un rire moqueur échappa ses lèvres, il ne parvenait pas à croire avoir été un instant effrayé par des choses aussi ridicules « La vermine est d'un goût très anglais par chez v- »

Une exclamation de douleur l'empêcha de continuer lorsqu'une théière bleue décorée de fleurs roses à l'air agressif lui bondit dessus avec un sifflement féroce, laissant un nuage de vapeur dans son sillage. A la seconde où elle le toucha, deux des pattes s'enfoncèrent dans sa cuisse à plusieurs centimètres de profondeur, ancrant le pot verseur à sa jambe aussi sûrement qu'une tique à l'encolure d'un cheval.

Puis, comme si le signal avait été donné par le chef de meute, les cinq autres théières passèrent à l'offensive.



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Alice Liddell
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Alice Liddell
Mer 1 Oct - 21:46
Des théières vivantes, c'était un véritable cauchemar ! La vision de telles machines causait des sueurs froides à Alice. Décidément non, jamais plus elle ne boirait la moindre goutte de thé. Vasile l'avait déjà dégoûté de ce breuvage mais ces créatures ne faisaient qu'enfoncer le clou. Face à l'arrivée des théières, l'Androïde avait promptement bondi en arrière. La jeune fille avait eu le réflexe de croiser les bras devant son visage, craignant qu'une patte métallique ne vienne perforer un de ses yeux.

Le hurlement de Mistral résonna jusque dans son crâne, l'ébranlant toute entière. La jeune fille voulut se rapprocher de l'homme pour l'aider mais, déjà, une théière avait décidé de l'escalader. Ses griffes entouraient son mollet, et la créature avançait ainsi, centimètre par centimètre, déplaçant chacune de ses pattes, une par une. Avec un cri inarticulé, plus proche du grognement animal que du cri de jouvencelle, Alice secoua sa jambe. Mais la théière tenait bon, même sur une jambe tendue à l'horizontale. Si elle avait pu sourire, ou même rire, elle l'aurait fait très certainement. En guise de moquerie son bec verseur cracha du thé à la figure d'Alice.

Une forte odeur de thé au jasmin imprégna l'air et les vêtements de l'Androïde. Bien décidée à se débarrasser de l'intruse, Alice sautilla sur un pied pour avancer. Et donna un grand coup, avec sa jambe tendue, contre une armoire à vaisselle. Le verre se brisa dans un fracas épouvantable, projetant des débris un peu partout. Le choc sembla avoir sonné la théière qui roula au sol. Son bec verseur émettait quelques ronds de fumée.

— Je déteste le thé, laissa échapper Alice comme si cette simple phrase expliquait tout.

Même si elle était libérée, la théière lui avait laissé de magnifiques striures d'un rouge carmin, accompagnée d'une douleur piquante. Blessures à vif et thé chaud n'ont jamais fait bon ménage. Traînant de la jambe, la jeune femme attrapa au passage un balai et se mit à fouetter l'air devant elle pour faire reculer les théières. Avec les « ouste » qu'elle poussait, on aurait pu croire qu'elle chassait des chats errants.

Un grand coup de balai vint frapper la théière toujours accrochée à Mistral. Pour mieux la pousser à lâcher sa proie, la jeune fille la corrigea à coups de manche à balai. La théière finit au sol, brisée en partie. Le balai tomba des mains d'Alice qui s'agenouilla auprès de Mistral pour mieux voir les dégâts.

— Je sais pas soigner, moi. Est-ce qu'il faut faire bouillir de l'eau, et trouver du linge propre ? A moins que ce ne soit pour les accouchements... Verser de l'alcool sur la plaie, peut-être. Du vin ferait l'affaire...

Mais alors qu'Alice était sur le point de lever elle se souvint qu'elle avait quelque chose de plus efficace que du vin pour soigner la plaie. La magie. A Tortuga elle avait accompli des miracles. Il était possible qu'elle en provoque un autre ici.

Les mains de l'Androïde se posèrent là où les griffes s'étaient plantées. Lentement, elle inspira, expira. Ses yeux étaient fixés sur les plaies comme si elle pouvait en sonder les profondeurs. La magie vint. Ce ne fut d'abord que des picotements dans son doigt, puis un flux se dessina allant d'elle à Mistral. Quelque chose l'avait quitté et s'était logé en l'homme. Difficile encore de définir quoi. Mais plus aucune trace de sang n'était visible sur Mistral, même sur sa plaie encore béante. Ce qui laissait Alice perplexe.

— Je pensais vous avoir offert le don de vous soigner vous-même. Mais les plaies ne se sont pas refermées. Réessayez pour voir ?

La magie était un élément encore trop instable dans les mains d'Alice. Ce qu'elle avait offert à Mistral n'était pas le don de guérison, mais celui de contrôler la fluidité du sang. Un pouvoir bien plus obscur, surtout entre de telles mains.

Citation :
Alice a offert un don à un PJ, uh uh. :like:
Alice Liddell
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Tyill Ulnspegel
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Tyill Ulnspegel
Sam 4 Oct - 10:18
Citation :
Sorry ! Entre les cours, la procrastination et l'angoisse de la page blanche, je me suis un peu oublié ! Bon, je hacke Wilbert pour le début ! Mouahahahaha... Ha... Hahem.

Le temps de se rendre compte de quoi que ce soit, le puits et les deux sous-fifres avaient été encerclés par une dizaine de petites théières. Qui, en dépit d'une absence totale d'yeux, regardaient le clown et le guide. Et il était plutôt facile de dire que ce regard, ça n'était pas un signe de bienveillance. Wilbert et Tyill se tenaient dos à dos, surveillant les récipients hostiles...

« Il s'rait p'têt temps de tirer, non ? »

« Faites, si l'envie vous prend, mais je ne pense pas que ça aidera beaucoup, dit Tyill en lui donnant son arme. elle n'est pas chargée, et je pense que ces trucs vont nous attaquer avant. »

Il y avait autre chose. Ce que vit Wilbert en croisant le regard de Tyill était une lueur. Presque invisible, mais qui disait clairement ce qu'elle voulait dire. Ce fou voulait une de ces choses. Et quand l'une de ces machines à thé s'approcha, comme pour le jauger, l'acrobate, dans un réflexe digne d'une mante religieuse, lui sauta dessus pour l'attraper.

Ce fut le commencement d'un chaos autour du puits. Tyill se débattait avec sa théière tout en essayant de repousser les autres du pied. Wilbert tentait d'utiliser son arme, en vain. Les cibles étaient trop petites et trop rapides. Et déjà l'une de ces bestioles venait de planter ses griffes dans le bras du guide, tandis qu'une autre crachait son thé bouillant au visage de Tyill, qui eut à peine le temps de se protéger avec son bras.

La bataille allait rapidement être perdue. Les théières sautaient sur les deux humains sans éprouver la moindre fatigue. Et même si ces derniers arrivaient plus ou moins à repousser les assaillants, ce n'était qu'une question de temps. Alors Tyill fit un choix. Laissant courageusement le pauvre Wilbert seul face aux monstres de cinq heure, il descendit avec toute l'agilité qu'il lui restait dans le puits. Dans une ville à sorcière, il devait forcément y avoir un tunnel qui débouchait dans le puits ! Forcément !

Effectivement, en bas du puits, il y avait le fameux tunnel. Il ne restait plus qu'à espérer qu'il restât une entrée libre quelque part, dans une maison. Mais en errant dans le tunnel, il avait beaucoup à faire. Il fallait dompter la théière. Le clown tenta l'approche douce. Cajolant l'ustensile comme un fou cajolerait une fourchette, il dit doucement :

« Calme toi, Fünführchen... Je ne te veux aucun mal, bien au contraire... On va bien s'amuser, toi et moi... Chhtchht, caaaalme... »

Dehors, Wilbert criait.
Tyill Ulnspegel
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Mistral Despair
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Mistral Despair
Sam 4 Oct - 13:18









Plutôt que d'aller chercher de quoi le soigner, ou du moins désinfecter la plaie, les mains de l'Androïde se posèrent autour de ses blessures en intensifiant ainsi la douleur. Mistral siffla « Mais qu'est-ce que vous fichez- »

La phrase mourut dans la gorge du Marquis alors qu'il aperçut avec horreur un entrelacs vaporeux de couleur indéfinissable bondir vers lui comme une araignée lancerait sa toile. Il tenta de sa rejeter en arrière mais n'y parvint pas. Les fils lumineux glissèrent en lui par ses yeux, son nez et sa bouche et il eut un instant l'impression de s'étouffer dans du miel. Bien que le ''goût'' de cette substance rappelât davantage quelque chose de métallique que sucré.

Lorsque la lueur s'atténua, le français savait qu'il avait été question de Magie. D'un manière ou d'une autre la gamine n'était pas que faite de science et elle l'avait soigné. Enfin pas tout à fait, il avait arrêté de saigner mais les plaies ouvraient encore des tranchées dans la viande de sa jambe, c'était encore plus écœurant.

« Je pensais vous avoir offert le don de vous soigner vous-même. Mais les plaies ne se sont pas refermées. Réessayez pour voir ? »

Mistral sentit un frisson polaire lui glisser au bas du dos à cette déclaration. Un don...lui...un DON DE MAGIE. Levant un regard haineux vers la jeune femme il la saisit à la gorge d'une main, sans réfléchir un instant à la stupidité de son action.

« Vous. Avez. Osé. Vous avez osé mettre du surnaturel en moi. » cracha-t-il.

Cela faisait longtemps que le Marquis ne s'était pas senti autant en colère. Sur le moment il eut envie de la tuer, à cause d'elle il n'était plus humain et c'était impardonnable.
Mais soudainement, les théières restantes recommencèrent à faire siffler la vapeur hors de leurs becs. Elles avaient du être déstabilisées par la casse de leur dominante qui gisait en plusieurs morceaux sur le sol.

Lâchant un juron, le français lâcha l'Androïde et arracha une manche de sa chemise sans se soucier des cicatrices blanches – MDCCCXLVIII – que cela dévoilerait. Il attacha le morceau de tissu serré autour de sa jambes pour au moins éviter que les plaies s''infectent, il verrait plus tard comment faire revenir un peu de sang dedans. Car sans celui-ci, pas de coagulation possible.

La table basse l'aidant, Mistral parvint à se relever. Bien, il tenait debout même si ça faisait mal. Il tourna la tête vers celle qui l'avait maudit de sa magie et lui prit le bras « Ces choses doivent être partout, il faut trouver une autre sortie. Viens. » Il ne pouvait pas l'abandonner, il avait encore besoin d'elle pour comprendre comment utiliser ce truc de fluidité.

Filant à travers la maison le plus rapidement possible, ils tombèrent sur ce qui ressemblait à l'entrer d'une cave. La porte paraissait épaisse, ils pourraient peut-être s'y cacher le temps que les théières s'en aillent.





Ce que le Marquis avait cru être un simple cave, s'était en fait révélée être aussi l'entrée d'un vieux tunnel souterrain. Sans hésiter une seconde, il avait entraîner la gamine à l'intérieur complètement à l'aveuglette. Ils n'avaient rien pour faire du feu et pas le temps de chercher.

Et puis, subitement, le boyau tourna à gauche et il se prit le mur de plein fouet « Ah bordel ! » il lâcha l'Androïde et se frotta l'épaule « Vu que tu sembles tellement aimer utiliser ta magie, petit fille, tu pourrais nous aider un peu sur ce coup-là. »

« Calme toi, Fünführchen... Je ne te veux aucun mal, bien au contraire... On va bien s'amuser, toi et moi... Chhtchht, caaaalme... »

Cette voix. Le français était persuadé de l'avoir déjà entendue.

Tournant le regard il vit, dans une alcôve lumineuse, le bouffon de tout à l'heure en train de cajoler une de ces bouilloires qui les avaient attaqués. Celle-ci ronronnait en sifflant doucement, lovée dans les bras du jeune homme.



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Alice Liddell
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Alice Liddell
Dim 5 Oct - 13:57
Alice avait à peine cillé lorsque Mistral l'avait empoigné par la gorge. La magie ne plaisait pas à tout le monde, et elle pouvait le comprendre. En Roumanie la magie était haïe de tous, une pensée commune qu'Alice avait partagé pendant des années. Mais tout de même, avait-il besoin d'user de la violence ? Ce n'était point marqué sur son front qu'il ne supportait pas la magie ! Faites le bien autour de vous, et voilà comment on vous remerciait.

Mais Alice n'eut pas le temps de s'appesantir sur le sujet. Déjà Mistral l'emportait vers le cave de la demeure, ne lui laissant nullement le loisir de dire quoi que ce soit. Furtivement l'Androïde aperçut les cicatrices qui ornaient le bras de Mistral. Mais les lettres ne retinrent guère son attention. Elle n'y connaissait rien en chiffres romains et ne se souciait guère de ce qu'un inconnu pouvait infliger à son propre corps.

Les ténèbres du tunnel les engloutirent si soudainement qu'Alice crut qu'ils avaient été dévorés par une créature. L'air était sec et froid, faisant se hérisser les poils d'Alice. Le froid de l'air lui donnait la chair de poule. La jeune femme se frotta son bras de chair, tentant de ramener un peu de chaleur dans son corps.

« Vu que tu sembles tellement aimer utiliser ta magie, petit fille, tu pourrais nous aider un peu sur ce coup-là. »

Voilà bien un novice. Alice fronça les sourcils, appréciant mal d'être désignée par les termes « petite fille ». Elle avait voyagé, vu bien des choses, en avait appris tout autant. Elle se sentait plus proche d'un adulte que d'une gamine sans cervelle. Quel homme méprisable !

— Veuillez m'excuser, monsieur, mais j'ai un pouvoir très limité. Je ne peux qu'offrir des dons.

Ce qui en soit était déjà beaucoup et pouvait se révéler dévastateur. On était témoin la ville de Tortuga qui avait été plongé dans le chaos après son passage. Mais la présence d'Orphée et de Zahnfee y avaient beaucoup aidé.

Suivant le mouvement opéré par Mistral Alice vit Tyill, tout occupé à caresser une de ces théières maléfiques. Mais loin de s'adonner à la violence, celle-ci... ronronnait. La jeune fille se rapprocha, intriguée.

— J'ai déjà vu des chats ronronner et sourire, mais sûrement pas une théière ronronner. Elle sait peut-être aussi boire du lait et chasser les souris. Après tout si elle sait ronronner comme un chat, elle sait peut-être faire d'autres choses comme eux.

Rapprochant sa main de la théière, Alice vit alors une idée se dessiner sous ses yeux. Elle aurait pu user de cette idée sur Tyill mais elle craignait qu'il ne réagisse comme Mistral. Ou ne se mette à la fuir, poussé par la peur, en la traitant de tous les noms. Et puis elle voulait tenter de voir si son pouvoir se portait aussi sur les objets inanimés.

Sous les mains de l'Androïde, la théière se mit à luire. Elle ressemblait à une lanterne avec cette lueur qui irradiait d'elle. Mais, à contrario, la théière n'était plus animée. Plus de mouvement, plus de ronronnement. Un don ne pouvait pas se combiner à un autre don. Il ne peut que remplacer l'ancien.

— Voilà qui va nous permettre de mieux voir ! Monsieur Arlequin, vous avez été aussi attaqué par ces créatures ? Comment vous en êtes-vous sortis ?

Possédait-il un pouvoir de charme ? Alice en avait déjà vu en action. Une flûte dont la musique pouvait plonger ses cibles dans une étrange torpeur, ou dans le pire des chaos. Mais Alice ne voyait nulle flûte accrochée à la ceinture du saltimbanque. Son pouvoir devait se trouver ailleurs. Si pouvoir il avait.

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Tyill Ulnspegel
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Tyill Ulnspegel
Lun 6 Oct - 0:07
« Fünführchen...»

Le cri de désespoir sortit à peine de la gorge du clown.Sa théière vivante, cracheuse de thé, psychopathe, avec qui il avait vécu tant de moments drôles, émouvants, et tristes... Bon d'accord, il ne les avait pas vécus. Mais il avait prévu de les vivre. Bref, son dernier outil de malice en date venait de perdre toute fonction utile pour être une simple lampe. Bon, dans un endroit pareil, c'était plutôt utile, mais tout de même...

Tyill resta quelques instants prostré... Sa théière... Mais tant pis. Elle n'avait pas une valeur si sentimentale que ça, après tout. Il se ressaisit. Maintenant, il y avait d'autres choses à faire. Comme chasser une deuxième thé... Euh NON ! Sortir d'ici, et en vie ! Tyill n'avait pas échappé de justesse à l'échafaud pour mourir ébouillanté dans un tunnel sombre de cette ville fantôme. Il fallait sortir d'ici, et ex-Fünführchen allait bien aider à cette tâche. Tyill soupira.

« Quel gâchis... Enfin. J'en trouverai bien une autre plus tard... Bon, trouvons la sortie. »

Tenant la théière comme une lampe orientale, l'arlequin ouvrit la marche, se décidant enfin à répondre à la demoiselle-machine.

« Nous avons été attaqué par un bon groupe... J'ai juste eu le temps d'en attraper une et de sauter dans le puit. L'autre n'a pas eu le temps, je l'ai entendu hurler, et c'est tout. Au fait, mon nom est Tyill, pour vous servir. »

Le temps de déblatérer, les voilà arrivés à une intersection. Gauche, droite, impossible de dire de là où ils sont où aller. Mais l'œil aiguisé de Tyill lui fit voir un étrange reflet sur la gauche. Un reflet... Intéressant. Fünführchen-II allait bientôt entrer en scène...

« Si vous me permettez, deux secondes... » dit Tyill en confiant la lanterne au "patron".

Alors, comme un prédateur, Tyill s'approcha doucement de l'innocente théière qui exhalait sagement quelques bribes de vapeur... Avant de lui sauter dessus pour l'attraper. Elle se mit alors à siffler comme une locomotive folle, et au loin, on entendit des cliquètements assez reconnaissable...

« Tous à droite ! » hurla un Tyill, le sourire aux lèvres, tenant à bout de bras une théière sifflante, en passant devant ses deux compagnons d'infortune...
Tyill Ulnspegel
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Mistral Despair
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Mistral Despair
Mar 7 Oct - 21:35









Ainsi Wilbert n'était plus. Et comme cause de son trépas; saigné à mort par un service à thé. Requiscat In Pu-erh graverait-on plus tard sur la stèle du malheureux.

C'était fort dommage, il avait été un allié de choix pour Mistral dans les étendues ridiculement gigantesques du Nouveau-Monde. Il ne le pleurerait pas évidememnt mais le regretterait néanmoins un peu. Ce qui était déjà quelque chose.

Mais plus tard, pour l'instant il était occupé à presser le pas tant bien que mal à la suite du bouffon tout en tenant à bout de bras la théière de compagnie recyclée en lanterne. Sa jambe avait beau ne plus saigner, la douleur restait vive et seul son ego l'empêchait de rester traîner en arrière. Et peut-être son instinct de survie en partie étant donné que d'autres de ces satanées créatures étaient à leur trousses. Tout crédit au clown qui venait de kidnapper l'une de leurs consoeurs et l'emmenait plus loin en sautillant comme un cabri. En plus ces fichus souterrains sentaient la fange de chauve-souris mêlée à l'Earl Grey et le Marquis ne pouvait même pas couvrir ses narines agressées.

Rattrapant ses deux compagnons, le français s'adressa au joyeux luron tout en pointant la théière sifflante entre les mains de celui-ci d'un doigt impérieux « Si tu nous perds dans ces dédales, je te promets de t'aider à faire plus intimement connaissance avec ta nouvelle amie » le vouvoiement était oublié, la situation était trop fâcheuse pour les politesses.

Et puis subitement, alors qu'il s'apprétait à rajouter quelques gentillesses, tout trois débouchèrent à l'entrée d'une salle si immense que la lueur de la lanthéière ne parvenait à en percer que très peu les ténèbres. S'agitait-il du lieu de culte des sorcières de Salem ?

« J'ai une mauvaise impression. » lâcha-t-il

La lumière dans sa main s'éteignit et ils se retrouvèrent tout à coup dans le noir le plus absolu. Reculant d'un pas, Mistral manqua de se heurter à l'Androïde.

Une voix d'outretombe roucoula soudain dans les ténèbres « Ach nein, mein Herr Marquis. Ne soyez pas effrayé de moi. » un clapement de main retentit puis la salle s'illumina d'une lueur lunaire provenant d'un personnage haut en couleur au centre. L'homme était grand, les cheveux noisettes, habillé élégament de rouge et muni d'une cape rose criard. Son teint de marbre scintillait comme si autant de diamants avaient été incrustés à sa peau , dessinant des arabesque d'une argentée flamboyance sur les murs et la porcelaine de la centaine de théières qui se trouvaient tout autour. Un grand modèle chinois d'un rose fabuleux était d'ailleurs lové dans le giron de l'être scintillant. Celui-ci leur sourit d'une bouche aux dents trop aiguisées « Je ne suis qu'un pauvre alte Mann qui a faim maintenant que Günther m'a quitté. Ces affectueuses Teekannen m'amènent les visiteurs. »

Sans perdre son flegme, le Marquis saisit le clown a côté de lui par le col et le poussa vers le...vampire ? « Et bien voici mon offre pour que vous ne fassiez sortir moi et la » il chercha un instant ses bribes d'allemand « ...Fräulein. »



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Alice Liddell
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Alice Liddell
Mer 8 Oct - 14:06
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Un cri d'admiration, digne d'une jouvencelle ayant trouvé son prince charmant, retentit sous la voûte de la salle.

— Woaaaaah.

Alice observait le Comte comme si elle se trouvait devant le Saint Graal, ou toute autre entité hautement mystique et sacrée. La jeune femme avait joint ses mains, comme si elle allait formuler une prière envers les dieux. Elle se rapprocha de quelques pas, dépassant même Tyill, ignorant totalement ce que le Marquis tentait de faire avec son cher Arlequin. Toute son attention était concentrée sur le Marquis, et lui seul.

— Vous êtes un vampire ? osa-t-elle demander d'une voix devenue craintive.

La Roumanie avait son lot d'histoires les concernant. Pendant des siècles on avait même suspecté le pays d'être leur foyer, d'avoir abrité les pires spécimens dont un certain Vlad Tepes Dracul. Les Roumains eux même le croyaient, multipliant les grigris et les rites païens pour se protéger de ces créatures de la nuit. Alice s'était toujours demandée s'ils existaient vraiment. Elle n'aurait jamais pensé en voir un. Surtout affublée d'une cape rose. Ce devait être la mode en Allemagne.

Le Comte hocha la tête d'un air très gracieux.

« Ja, meine kleine tochter. »

Alice manqua de tomber dans les vapes. Elle suffoquait tant elle se sentait soudainement privilégiée. (On n'ose imaginer sa réaction si un jour elle devait faire face à une licorne. Son cœur se romprait, assurément, ne pouvant supporter tant d'émotions) La jeune fille s'appuya contre un des murs, sa main androïde posée sur son cœur. La présence du membre métallique sembla intrigué aussi bien le Comte que ses amies les théières.

« Meine kleine, qu'avez-vous là ? Je peux... »

N'osant aller à l'encontre du Comte, Alice se rapprocha de lui, et lui tendit son bras métallique. L'homme le caressa lentement, sa peau frôlant à peine le métal, son regard inspectant la moindre jointure, la moindre faille. Les théières refermaient leur cercle, peu à peu, autour des deux individus.

« Ja, mein Herr Marquis, ce tribut me tente plus que ce... Arschloch. Je me suis toujours demandé ce que valait le blut d'un Androïde. »

L'exaltation d'Alice retomba d'un coup, la glaçant de la tête aux pieds. Les notions d'allemands qu'elle avait acquis par ses voyages lui avaient permis de comprendre toute la profondeur des derniers mots du Comte. Son admiration pour une créature légendaire lui avait fait oublié que les vampires n'étaient pas seulement curieusement attirants (de cette attirance morbide qui nous pousse à écouter des récits macabres, si possibles véridiques). Les vampires n'étaient que des cadavres sublimés par la Mort, dont le sang était le moteur.

Alice déglutit. Être mordue par un vampire n'avait jamais fait parti de ses fantasmes.
Alice Liddell
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Tyill Ulnspegel
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Tyill Ulnspegel
Ven 10 Oct - 23:19
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Arscloch ? Und ich hab' noch nichts gemacht ! pensa un Tyill qui retenait ses rires.

Le monstre que le trio venait de rencontrer parlait allemand. Parlait. Allemand. La langue natale du clown. Mais la situation n'autorisait ici aucun impair. Pas une perte de temps. Le vampire pourrait très bien se montrer extrêmement dangereux. Les théières autour semblaient attendre leur heure, et celle dans les bras de Tyill n'était pas encore très amicale.

Cependant, l'acrobate devait la vie à l'androïde, et s'il n'agissait pas maintenant, il ne pourrait jamais lui rendre la pareille. Réfléchir vite. Et bien.

D'abord gagner du temps. Offrir de la conversation. Sortir la pauvre fille des crocs du monstre.

« Hören Sie auf, Herr... Herr ? »

Le compte s'arrêta, surpris. Le jeune Arschloch venait d'employer son dialecte natal, à un accent près. Décidément le trio s'avérait surprenant.

« Ich heisse Jens von Schwartzwald, mein Sohn. Aber du kannst mich Jens rufen. »

« Tyill. Tyill Ulnspegel. »

[i]« Es ist ja eine gute Überraschung, jemand zu finden, der Deutsch spricht. Bist du Deutsch ? »


« Ich komme von der Schweiz, Herr Jens... »

La bonne humeur du compte s'évapora soudainement. Pas si intéressant que cela, finalement.

« Ich hoffe, dass du eine gute Grund hast, um mich zu halten, Clown. »

Tyill n'avait fait que ce qu'il savait faire de mieux. Reporter l'attention sur lui. Il avait offert à Alice quelques instants de répits. Maintenant, il fallait que lui-même s'en sorte. La raison la plus simple lui vint immédiatement à l'esprit.

« Es wird gesagt, dass das Blut den Androiden ein Gift ist ! »

Ein Gift. Un poison. Le mot était lancé. Tyill sentait le regard inquisiteur du vampire rose porter sur lui. Il soutint celui-ci, d'abord par nécessité, puis peu à peu le naturel revint, et ce fut par jeu qu'il regarda le vampire droit dans les yeux. Un jeu très dangereux, d'autant plus excitant...

« Ein Gift... Wie wisst du das ? »

Bonne question. Mais Tyill ne cilla qu'à peine.

« Ich hab' für ein andere Vampir gearbeitet. Mein Herr wollte dieses Blut treiben. Er kann nichts über seiner Erfahrung sagen. »

Le clown jeta un regard à ses compagnons. Combien de temps pouvait-il encore gagner... Ça il ne savait pas. Le vampire rose était dans son domaine, et les théières pouvaient mal réagir à tout moment. Et Tyill sourit.

HRP:
 
Tyill Ulnspegel
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Mistral Despair
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Mistral Despair
Ven 17 Oct - 20:53









Mistral n'avait pas compris traître mot de la conversation entre le bouffon et le vampire, excepté ces noms - Jens Von Schwarzwald et Tyill Eulenspiegel - ainsi qu'une vague mention de la Suisse. Dans tous les cas, ne pas savoir de quoi il en retournait l'agaçait fortement et il s'interposa donc entre les deux germains « Ça suffit. »

Ses yeux se posèrent sur le fameux Comte Rose, seigneur des théières et il lâcha dédaigneusement « Je ne parle pas votre langue de barbare, mais vous ne toucherez pas à la gamine. »

Un rire foncièrement joyeux vint éclairer le visage de celui-ci, exposant plus largement une paire de crocs éclatants (le reste de son être avait cessé de scintiller mais des reflets chatoyants continuaient d'orner les murs) « Vous avez de l'audace Herr Marquis » s'interrompant pour donner un coup de pied dans un théière audacieuse qui avait commencer à grimper sur sa jambe et l'envoyant se briser plus loin, le vampire reprit comme si de rien n'était « Ich muss sagen qu'il y a peu de cas de figures dans lesquelles je refuserais le Blut d'un Adonis, mais la nouveauté -ah- est très... appelante. » il porta la manche à son front comme une emphase à ses paroles.

« Ah. Vous êtes donc ainsi. » lança le Marquis en croisant les bras avant de chasser l'air d'une main « Ça ne m'étonne pas finalement. »

« Warum ? Tu es intéressé kleinen Marquis ? » lui souffla le monstre au visage, ayant franchi les deux mètres les séparant en un instant.

Mistral fit un pas en arrière.

Le comte rit à nouveau comme s'il passait un moment mondain très divertissant « Oh, wart! Nein. J'aurais trop l'impression de me nourrir de moi-même. En plus vieux. » pour la forme il lui envoya quand même un baiser soufflé et le français se demanda ce qu'il était arrivé aux croques-mitaines de ce monde. Il avait davantage envie de s'en servir comme paillasson que de le fuir.

Il marmonna « Peuh. Comme si je ressemblais à ça »

S'approchant des deux autres une fois son méfait accompli, Jens Von Schwarzwald ronronna de son accent allemand, frappant dans ses mains avec anticipation « Herr Marquis boude ses rides. Laissons-le et amusons nous, FREUNDE ! »

Écartant les bras tel le Jésus crucifié, le vampire fit réagir les dizaines et dizaines de tasses présentes qui se mirent au garde à vous derrière lui.


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Mistral Despair
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Ven 17 Oct - 23:59
Alice n'avait, tout bonnement, rien compris à l'échange entre Arlequin et le Comte. Elle s'était surtout concentrée à bouger lentement, mais sûrement, pour s'éloigner au plus vite du vampire. Les théières, en bon chiens de garde, continuèrent de l'encercler. L'une d'elles s'accrocha même à sa jambe, l'obligeant à stopper net. Alice se retrouva ainsi prisonnière d'une théière raffinée, parées de dorures, mais bigrement attachante.

L'Androïde tendit sa main en direction de Tyill, l'incitant à l'aider. Mais le Comte revenait déjà vers eux, tout sourire.

« Herr Marquis boude ses rides. Laissons-le et amusons nous, FREUNDE ! »

Alice écarquilla les yeux à la vue soudaine des tasses qui apparurent, comme par magie. Elles sautillaient avec toute la grâce que peut avoir une tasse. Elles semblaient avoir beaucoup de finesse étant de porcelaine. La plupart allèrent saluer les théières, formant des duos qui se mirent à défiler en cercle en exécutant des danses. Des danses forts simples mais bien rythmés. La geôlière d'Alice rejoignit les autres, libérant l'Androïde qui se colla à son ami Arlequin.

La jeune fille ne savait quoi penser de toute cette soudaine magie. C'était la première fois qu'elle voyait de la vaisselle douée de vie.

Des assiettes, destinées à accueillir les sucreries lors du service de thé, s'invitèrent à la danse. Elles tournaient parmi les duos tasse-théière, virevoltant telles des danseuses de ballets. Les moins distinguées, celles qui étaient ébréchées, étaient rapidement chassées de la chorégraphie. Une malchanceuse finit même brisée aux pieds d'Alice sans une once de compassion.

« C'est la fêteeeeuh. »

Le cri d'allégresse du vampire sembla descendre la température de quelques degrés. Alice crut entendre des voix spectrales répondre à l'appel, le répétant pour créer un écho. L’Androïde agrippa Arlequin par la manche, tout en reculant pour s'éloigner du ballet de porcelaine.

— Je n'aime pas le thé, souffla-t-elle dans un chuchotement. Et je n'ai pas envie de voir mon sang remplir une de ces tasses. Ou pire, une théière.

Rien que l'idée lui arrachait des frissons d'effroi.
Alice Liddell
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Tyill Ulnspegel
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Tyill Ulnspegel
Dim 26 Oct - 9:59
Et comment avoir perdu bêtement le temps gagné. Le marquis avait décidé d'affronter le compte en face, ce qui avait résulté en une soif plus grande du vampire. Et soit il avait oublié ce qu'avait dit Tyil à propos du sang d'Alice, et il souhaitait vider l'automate, soit c'était lui, l'acrobate, la cible. Et dans les deux cas... Il n'avait pas vraiment envie. Au moins, Jens semblait vouloir s'amuser un peu avant de boire, ce qui laissait le temps de trouver un échappatoire...

Soudain, Tyill eut l'illumination de sa vie. Du moins, depuis la transformation de la théière en lampe. Il pencha la tête vers Alice, et se mit à parler bas.

« Arrête-moi si je me trompe, mais... Si ce lieu est le rendez-vous des sorcières... Alors toutes les entrées y mènent. Ce qui signifie surtout que ce lieu mène à toutes les sorties. Et si ces dames ne sont plus là, c'est que ce n'est pas un labyrinthe plein de détours retors... Donc, n'importe quel chemin partant d'ici mène à une sortie, non ? »

Bien sûr que si, forcément. Ce devait être ça. De toute façon, il n'y avait pas vraiment d'autre choix que d'espérer avoir raison.

« De toute façon, je lui ai dit que le sang des Androïdes était un poison pour les vampires... S'il m'a cru, alors ce sera moi son prochain repas, si nous ne fuyons pas. Fais-moi confiance... »

Et tandis qu'autour de leur maître dansait la vaisselle, l'arlequin se défit de l'étreinte de l'Androïde et approcha en évitant les assiettes volantes. Il attrapa au vol une deuxième théière, et, les secouant violemment, il interpella le compte.

« Herr Jens ? »

Le vampire se tourna alors face au clown, qui lui présenta les deux théières qui fulminaient de rage.

« Kann ich Ihnen ein bisschen Tee vorschlagen ? »

L'odeur mêlée de thé au citron et de thé à la menthe envahit soudainement la pièce lorsque les deux théières, unanimes, jetèrent au visage du compte le contenu de leurs ventres de porcelaine. Lâchant l'une d'entre elle pour prendre la main humaine de l'Androïde, Tyill se mit à courir vers la sortie la plus proche.

Et c'est là qu'il se rendit compte qu'il avait oublié quelque chose, dans l'histoire. Impossible de fuir très loin sans lumière...
Tyill Ulnspegel
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Mistral Despair
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Mistral Despair
Ven 31 Oct - 1:49









Mistral se serait volontiers frappé la tête contre les murs de la stupidité du clown s'il n'avait pas autant tenu à son visage. Franchement, combattre un vampire à la tisane, et puis quoi encore ? Van Helsing devait s'en retourner dans sa tombe.
Idiot idiot idiot.

Le chuintement du vampire ne se fit pas prier, comme un chat à qui on aurait tiré la queue. Sauf que sur l'échelle du danger, le comte tenait davantage du tigre que du sacré de Birmanie. Aussi, la température devint soudainement glaciale – le Marquis pouvait sentir ses cils geler – et toute la vaisselle de porcelaine commença à s'entrechoquer parmi. Si on le lui avait dit, jamais il n'aurait cru que le chant de guerre de la dînette puisse être aussi effrayant.

Subitement, le français se rendit compte que ses deux comparses venaient de prendre la poudre d'escampette en le laissant en arrière avec sa jambe blessée. Il maugréa « C'est ça. Jetez donc l'estropié aux requins, bande de clodos. »
Quoique, en y réfléchissant, est-ce que deux personnes pouvaient être considérés comme une bande ?

« Vous avez des amis bien dissidents, mein Herr Marquis. » souffla la voix du monstre derrière Mistral, les roulements des théières et tasses jouant toujours en arrière plan. Plus basses et dangereuse qu'auparavant, signifiant clairement que celui-ci avait fini de jouer les complaisants « Ach, il ne reste donc plus que vous. » des doigts aussi froids que ceux d'un cadavre enserrèrent la nuque du Marquis qui se retrouvait pétrifié et incapable de fuir « Tiens, tiens. Vous aussi vous avez le pouvoir du Blut. Nous nous ressemblons vraiment, vous feriez un bon Vampyr »

« Me coucher à l'aube dans une crypte au son des chants grégoriens et devoir léchouiller le cou des paysans et des moines ? Je vais passer mon tour. » répliqua le français.

Sa phrase eut le don de faire rire le vampire rose, ce qui l'agaça. C'était lui qui menait les discussions et usait de son charisme généralement. Là il se sentait aussi rabaissé que lorsqu'il parlait avec Ange, comme si son interlocuteur avait réponse à tout.

« Dehors il fait trop jour pour moi und ich muss mich zu füttern. Vous serez mon intermédiaire, Herr Marquis »
« Comment cela ? »
« Tut mir leid. Mais ne vous inquiétez pas, l'effet est temporaire. »

Mistral sentit un froid atroce l'envahir alors que le comte, s'étant saisi de son visage, se rapprochait de lui. Ensuite, de la brume rose et scintillante (comme agrémentée de paillettes d'or) se mit à sortir de sa bouche et s'introduisit en lui par son nez et ses lèvres.




Son enveloppe originale sagement assise sur son trône, entourée de l'armée de porcelaine qui la protégeait. Jens étendit devant lui ses nouveaux doigts, longs et graciles comme il les aimaient. Un sourire amusé étira ses lèvres. Voilà bien longtemps qu'il n'avait plus fait ça. La chose promettait d'être amusante. Et puis l'esprit de ce français et ses souvenirs étaient encore plus palpitants que ce qu'il s'était imaginé ! Quelqu'un ici avait été un très vilain junge Mann.

Esquissant quelques pas de danse avec ce nouveau corps, il le trouva bien en forme et s'amusa de la souplesse des boucles dans ses cheveux. Ach, il n'y pouvait rien d'être de si bonne humeur ! Il allait voir le Sonne de nouveau et s'amuser encore un peu avec les deux fugitifs.

Le vampire souffla « Warten, Warten, mes chéris. Il reste votre tribut à payer. » le son le fit un peu grimacer, cette langue habituée aux intonations françaises rendait très mal l'allemand. Mais ce n'était pas important, pas du tout. Rien n'aurait pu entacher son allégresse du moment ! Pas alors qu'il se sentait si vivant et vigoureux, avec ce coeur qui battait dans la poitrine empruntée. Oh ! Mais il oublait !

Retournant à son corps assoupi, il se saisit d'une cape de rechange vieux rose et l'accrocha à ses nouvelles épaules. Puis vite avant de s'en aller rattraper ses proies, il apostropha deux théières parmi les plus grosses « Ceylan ! Darjeeling ! Vous venez avec moi. »

Et dans une pirouette, une théière sous chaque bras, le Comte-Marquis se lança à toute vitesse dans le tunnel que venaient d'emprunter l'Androïde et le Clown Suisse.



HRP:
 



Image: © .:Soaking II:. by rupuceree sur Deviantart


Mistral Despair
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