[Année 04] Et volent les oiseaux de proie

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Yama Albadune
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Yama Albadune
Mar 12 Aoû - 16:09
Qui parle de vaincre ? Ce qui compte, c'est de survivre.
- Rainer Maria Rilke


[Composition en cours d'écriture. En attendant que je puisse l'achever, vous pouvez toujours écouter cette chanson-là pour vous mettre in da mood.]

- Vous y croyez encore, vous ?

- Personne ne l'a encore ramenée, que je sache.

- Ouais mais ça fait quelques mois, quand même... elle pourrait très bien ê-

- Boucle-la.


La jeune femme rousse obéit sans pouvoir s'empêcher de jeter un regard noir à sa supérieure. Depuis que Darla Valentyne, ancienne canonnière et experte en artillerie, avait été élue au rang de nouvelle seconde du Blackbird Braille, la Capitaine Albadune s'était montrée d'une sévérité inhabituelle avec elle. La jeune pirate se doutait bien que cela devait faire partie d'une sorte de test d'endurance, comme celui qu'elle avait dû passer à son arrivée... mais cela ne l'empêchait pas de ressentir parfois une pointe d'amertume. En silence, elle resserra sa prise sur la rambarde. À ses côtés, Albadune avait les yeux fixés sur l'horizon.

- Elle n'est pas morte. Ce salopard de Grey l'a attrapée avant nous.

- Mais alors pourquoi on s'acharne ?

- Parce qu'aujourd'hui même, elle va avoir une chance de s'échapper.


Il y eut un silence entre elles, silence ponctué par les craquements du vaisseau et le sifflement des vents. Le regard de la seconde se perdit dans le lointain.

- Espérons qu'elle la saisisse.

Bien sûr, ni Darla ni Yama ne pouvaient avoir idée d'à quel point la dénommée Zahnfee saurait tirer profit du chaos.
❄❄❄

La proue effilée du vaisseau creva les nuages, laissant apparaître un Blackbird Braille étincelant sous le soleil. Au loin, les contours de la cité d'Emerald se dessinaient et c'était comme si les deux figures volantes se jaugeaient dans l'immensité du ciel. Hélas l'image fut éphémère : le navire s'éleva et fila vers la cité à une vitesse remarquable.

C'était un plan risqué, très risqué. Yama Albadune le savait. Une fois aux alentours immédiats d'Emerald, le Braille se fondrait dans les nuages, envoyant ses esquifs pour atteindre la cité sans trop d'éclats. Elle avait eu vent des projets d'attentat qui devaient se dérouler ce jour-ci et espérait que, dans le chaos qui risquait d'avoir envahi la cité, ils trouveraient la jeune femme blonde que leur avait désigné Vassilissa.

L'expression du visage de Yama se durcit : elle se foutait de l'argent mais ce n'était ni le cas de son équipage ni celui de son acolyte, resté en Europe où il voyageait en quête d'informations. De plus, elle ne pouvait pas laisser Lucas Grey saisir une occasion pareille et amasser contacts, argent et influence.

Pas avec leur connaissance commune.

- Cap'taine, v'nez voir ! C'est le bordel là-bas !

Comment ça, le bordel ? A ce point ? Yama fronça les sourcils devant l'interpellation de la vigie. Pourtant, quelques secondes plus tard, elle avait rejoint le nid-de-pie et jetait un œil dans la longue vue que lui tendait Earl.

- Mais qu'est-ce que...

Elles étaient deux, deux femmes au sommet du dôme de l'Assemblée, point de repère le plus visible de la cité des ceux. Les yeux de Yama s'écarquillèrent : si elle en reconnut une parce qu'elle était la cible de ses recherches, l'autre lui était familière pour des raisons d'un autre ordre...

-... Morrigan ?

Elle ne prit pas le temps de réfléchir. Jetant la longue-vue à la pauvre vigie qui manqua de la faire choir, elle descendit du grand mât à toute vitesse. À l'avant du bateau, le manœuvrier faisait plonger le Braille vers les nuages. Avec brutalité, Yama le força à remonter.

- Hé !

- Changement de programme, on monte vers l'Assemblée.


Il voulut lui dire qu'elle était folle mais l'attitude du Capitaine le découragea. Poussant un soupir presque désabusé, il manœuvra les commandes du navire et modifia l'orientation de ses ailes. Avec brutalité, le vaisseau remonta vers la cité.

Il y eut du mouvement à bord. Les nouveaux ordres furent transmis, des ordres que criaient Yama dans tout le navire grâce à un réseau de tuyaux qui donnaient dans chaque pièces. Les esquifs restèrent en place, le vaisseau fila droit vers l'Assemblée.

La manœuvre était ardue, les ailes gémissaient dans le vent. On déploya des hélices pour que le Braille puisse s'enfuir au plus vite une fois sa tâche accomplie. Tâche qui était désormais connue de tous : récupérer les deux apparitions au sommet du dôme au plus vite.

Agrippée à la proue, Yama observait les deux silhouettes avec crainte : les vents étaient forts, ils risquaient bien de les déséquilibrer en passant à proximité mais ils n'avaient pas d'autre choix. Désormais une dizaine de mètres séparait le navire du dôme. À terre, on s'exclamait brutalement. Yama déglutit.

Ils étaient repérés, ils n'auraient pas de deuxième chance.

Tout se déroula très vite.

La blonde saisit la brune et se jeta dans le vide. Pourtant ce ne fut pas à la terre qu'elles se heurtèrent mais au plancher de bois d'un navire qui filait à tout allure, fracassant de son aile une partie du dôme et dispersant une pluie de verre dans l'atmosphère. Il sembla entendre à Yama une détonation mais elle n'en était pas sûre : tout à l'invocation qu'elle lançait, elle appela les nuages à entourer la cité et à y déverser une tempête de neige incroyable. Protégé par le chaos, le Blackbird perça la tempête.

Silence.

Ils se retrouvèrent dans l'immensité bleue, laissant derrière eux une cité meurtrie par les eaux.

Le vaisseau aux moteurs surchauffés ralentit, ils s'éloignèrent à un rythme moins soutenu. Revenant à son état normal, Yama courut vers le pont et les deux femmes qui s'y trouvaient. Elle n'était pas la seule : la plupart des pirates vinrent également aux nouvelles.

Alors que le médecin de l'équipage s'approchait de la jeune femme blonde, Yama s'était rendue auprès de la sorcière.

- Est-ce que ça va ?

Il était rare de voir une inquiétude aussi sincère se peindre sur ses traits.
Yama Albadune
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Morrigan d'Avalon
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Morrigan d'Avalon
Mar 12 Aoû - 23:52


L'instant où la sorcière se retrouva dans l'espace aérien, sans plus le moindre contact, la moindre ancre, si ce n'est celle qui l'avait précipité dans le vide, fut comme un long silence qui se répandit en elle, comme si son corps entier s'était mis à l'arrêt. La surprise laissa place à l'évidente et totale perte de contrôle sur sa vie dans cette ultime seconde où elle bascula. Plus rien.
Elle allait simplement mourir. Cette idée, très vague dans nos vies quotidienne, revêtit un manteau lourd de certitude sur elle et l'ensemble de son corps. Elle allait mourir.
Elle pensa à bien des choses durant ces quelques secondes.
Des regrets. Celui d'avoir entrainé avec elle cette suicidaire. Celui aussi de ne pas avoir revu Nikolaï et d'avoir failli dans son rôle d'épouse, de mère... son existence et toutes ces petites préoccupations allaient rejoindre le néant.
Le néant, ne plus être rien...
Peut-être rejoindrait-elle les anciens dieux ou bien deviendrait-elle un de ces esprits errants, rongés par le remords...

Les vents sifflaient à ses oreilles. Tout se mêlait sans se distinguer : l'eau des nuages, l'air du ciel, tourments intérieurs et vents tumultueux, même d'étranges apparitions comme celle d'un bateau blanc ailes et moteurs sifflants. Morrigan eut un drôle de sourire.
Pourquoi ?

L'impact fut rude, repliée sur elle-même la jeune femme protégea instinctivement son ventre des coups et roula sur le pont au milieu des débris de verre jusqu'à être doucement réceptionnée par les cordages d'amarrage enroulées plus loin. Là, elle resta parfaitement inerte, reprenant doucement son souffle, les yeux hagards fixés sur un point invisible et les bras enroulés sur son ventre. un blizzard déchira le ciel et le bateau fit une dernière envolée céruléenne. Un détonation puis le froid et le silence.
Le calme.

Une voix familière se révéla à elle au milieu des brumes.
Les yeux de la sorcière se levèrent vers sa source. Le visage pâle aux cheveux noirs lui apparut seul au milieu d'un désert d'incompréhension. Elle était vivante, après un saut dans le vide depuis Emerald où la tentative de révéler la magie au monde s'était soldée par un échec cuisant, où elle ne savait ce qu'était advenu de certains de ses amis comme Nikolas ou Alice, abandonnés en arrière, elle s'était montrée d'une incapacité écoeurante et maintenant, affaiblie, complice d'un meurtre malgré elle, elle se trouvait sur ce pont vidée de sa magie et la mâchoire en feu de sentir ses dents repousser lentement dans sa gencive.
Elle en sut si c'était de soulagement ou si simplement ses nerfs, au bords de la crise, lâchaient, mais elle ne put retenir les secousses de ses épaules et les larmes qui coulèrent par la suite, incontrôlables. Elle resserra son étreinte sur son ventre. Pourvu qu'il n'est rien, que cela se passe bien.
Elle ne savait trop si cela répondait à la question de la pirate, mais elle était dans l'incapacité la plus totale d'émettre le moindre son. Sanglots et dents comme principaux fautifs de cet état de faits.

Tant d'événements et d'émotions lui firent oublier plusieurs détails : l'état de l'autre jeune femme, l'état de son bagage qui s'était purement écrasé sur le pont — il y avait sans doute là-dedans quelques fioles qui n'auront pas survécu à l'impact — et l'inquiétude grandissante de son amie. Il lui parut impossible de se redresser, le moindre mouvement lui aurait donné une nausée de tous les diables. Le plancher du pont lui semblait être la plus sûre des ancres dans ce tourbillon. Ce n'est qu'une fois sa légère crise passée, à se cramponner au bois qu'elle rouvrit les yeux.

Ce n'était plus le bois du pont, mais celui d'un lit, dans une chambre.
Cette fois-ci encore il lui sembla que son bon-sens lui échappait. Elle supposait qu'elle avait perdu connaissance mais avait le plus grand mal à reconnaître les lieux de là où elle était et dans son était de demi-éveil. Elle se laissa retomber sur le lit, sentant un léger soulèvement de coeur la prendre alors qu'elle essayait de se redresser. Redevenue calme et rendue pensive par la force des choses, elle glissa une main sur son bas-ventre, habitée à la fois pas un espoir démesuré et par une profonde angoisse.
Et s'il n'était plus là, que ferait-elle ?

Spoiler:
 
Morrigan d'Avalon
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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Mar 19 Aoû - 0:48


Rire.
Rire libère de tout.
Pas de pourquoi, pas de comment, pas de sol, pas de sens.
Nous sommes là, fendant le ciel comme des oiseaux déplumés, ballotées par le vent, prêtes à nous écraser comme des fruits mûres sur le plancher des vaches. Ma poitrine est vide, mon cœur tout autant, mes yeux menacent de crever et se noient de larmes là où le vent s'engouffre. Et mon hilarité fauche tout. Les nuages, l'azur, la brise, la haine, la panique, l'angoisse. Tout. Je ne suis qu'une masse de chair, de nerfs, d'os qui s'attendrit au contact des cieux et de leurs gifles cinglantes. Le temps est à la fois précipité et figé. Ma liesse me disloque et me recrée.
Je suis toute nue.
Déshabillée par mon rire.
Même lorsque notre course s'achève, plus brusquement que prévue, sur ce gigantesque rafiot, impossible de juguler mon euphorie. Impossible. Les milliers d'échardes et de planches brisées qui se régalent de notre dégringolade, sont accueillies avec joie. La douleur de mon poignet cassé et de mon épaule démise par la mauvaise réception n'enraille en rien mes éclats. Bleus et bosses n'y parviennent pas plus.

Là, allongée sur le dos, la tête dans les copeaux et les yeux rivés vers le zénith, ma main valide fermée en un poing inviolable sur la flûte de Papa, sur mon seule et unique bagage, sur tout ce qu'il me reste à moi, carcasse creuse et solitaire, je ris. Je ris à m'en crever les côtes et leur tympans.
Je ris pour cette ville de crevards.
Je ris pour Vassilissa et Lucas et tous mes violeurs de liberté.
Je ris pour les écrous et les vis.
Je ris pour la magie et ses vices.
Je ris pour mes Soeurs. Je ris pour Papa.
Je ris.

Je suis en vie.
Putain de bonne blague !

*****************************************************

Je n'ai jamais aussi bien dormi que cette fois là.
Du moins c'est la réflexion que je me fais en immergeant de mon sommeil, repue d'un repos immérité. Je sers toujours la flûte de père entre mes doigts. Ils on essayé de me l'enlever, ils n'ont pas pu. Elle est une extension de moi à présent. On m'a soignée, lavée, habillée -un pantalon et une affreuse chemise d'homme informe- à mon insu. Du moins je n'en ai aucun souvenir.
Soyons honnête, j'ai quand même la sensation d'avoir pris une sacrée cuite, mais pas de celle qui vous donne mal aux cheveux à l'arrivée, plutôt de cette délicieuse ivresse qui vous rend heureux et somnolent.
Je n'ai pas la moindre idée d'où je suis et de quel jour nous sommes. Emerald me semble loin.

Il me faut de pleines et juteuses minutes pour m'apercevoir que je ne suis pas seule dans ma chambre...

HRP:
 

Zahnfee V. Edelstein
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Yama Albadune
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Yama Albadune
Mer 20 Aoû - 0:25
Il y eut des allées, il y eut des venues. Passant d'une invitée à l'autre, le médecin du Blackbird Braille distribuait les ordres, devenant à l'instant plus important que la capitaine même du navire. Il y eut des soins, il y eut des gestes. On banda ce qui pouvait être bandé, une attelle fut attachée au poignet de la plus blonde. L'équipage, en bonne équipe de mauvaises langues, surnomma les deux femmes "anges de malheur". Puis le médecin prit à part la capitaine, lui faisant part de toutes ses observations.

Enfin, presque.

Concernant la sorcière, il ne mentionna pas son ventre, se contentant d'insister sur le fait que cette dernière devait être traitée avec la plus grande diligence.

Puis il y eut du mouvement : le Blackbird Braille mit le cap sur l'Europe.

Et les heures passèrent jusqu'au lendemain.

❄❄❄

Cabine de la Capitaine Albadune
(Darla Valentyne & Morrigan d'Avalon)



- Allez... ouvre-toiiii...

Un énième cliquetis, légèrement différent des autres. Retenant une exclamation de triomphe, la pirate rousse retira l'aiguille de la serrure et ouvrit le coffre, révélant son contenu : des dizaines et des dizaines de lettres en vrac. Avec impatience, la jeune femme s'empara de quelques unes d'entre elles, au hasard et revint s'asseoir dans son fauteuil de garde.

Ah ! Pour sûr, la Capitaine risquait de ne pas apprécier qu'on aie fouillé dans sa correspondance, mais Darla s'en fichait : elle n'avait rien eu d'autre à faire en attendant le réveil de la sorcière et puis Hawkins allait être vert de jalousie quand il saurait qu'elle avait eu accès aux Lettres.

Elle ? Fouine ? Pas du tout, qu'allez-vous vous imaginer là. Elle était juste curieuse, voilà tout et préférait d'ailleurs ce terme.

Alors que la seconde lisait avec étonnement la correspondance de Yama avec une dénommée "Korzha", un mouvement dans son champ de vision lui fit lever les yeux : la sorcière s'était redressée... avant de retomber dans le lit de la Capitaine. Reposant avec hâte les lettres dans le coffre, Darla s'approcha d'elle : elle avait les yeux ouverts. Bien, bien.

Un sourire, un petit geste de main.

- Bonjour, Morrigan !

Car oui, elles se connaissaient, grâce aux quelques jours qu'avait passé la brune à bord du Braille en décembre de l'année passée.

Tirant une chaise près du lit, Darla s'y assit.

- Comment tu te sens ? Tu as besoin de quelque chose ?

Elle attendit quelques secondes, puis un éclair de compréhension passa sur son visage. Se levant brusquement, elle retourna vers le bureau.

- Ah mais c'est vrai, attends...

Ouvrant deux tiroirs, elle finit par en tirer ce qu'elle cherchait : un crayon et quelques feuilles de papier intactes. Puis, d'un pas léger, elle revint s'asseoir et tendit le tout à l'amie d'Albadune.

- Maynard m'a dit que t'avais un problème de dents, alors tiens ! Comme ça tu pourras communiquer quand même.

Elle lui adressa un sourire amical. Pas vraiment de ceux que l'on attendait de la part d'une redoutable pirate à bord d'un redoutable navire, mais bon. Ce ne serait pas Morrigan qui irait s'en plaindre...
❄❄❄

Cabine du médecin
(Yama Albadune & Zahnfee Fatina)

Un soupir, deux soupirs. Assise tête baissée, la pirate se tordait les mains, faisant gémir ses articulations alors que, régulièrement, ses dents venaient rencontrer la peau tendre de sa lèvre inférieure et la mordillaient sans relâche. Si les craquements du bois et le sifflement du vent résonnaient parfois ailleurs dans le vaisseau, aucun bruit autre que celui de deux respirations ne venaient troubler le silence des lieux.

La petite cabine, exiguë mais propre, servait de lieu de travail à Maynard Oaken, soigneur à bord du Braille. C'était aussi l'un des seuls endroits - exceptée la cabine d'Albadune - où se trouvait un lit véritable, destiné aux malades. Et le lit se retrouvait momentanément occupé par la dénommée Zahnfee, jeune femme qui, jusqu'à peu, était retenue par Lucas Grey... ou, plus probablement, l'un de ses sbires.

Et maintenant, elle était à bord du Braille. La prime était à portée de main, et pourtant...

Incapable de contenir sa nervosité, Ran se leva et se mit à faire les cent pas autour de la table d'examen. Avec le lit et une armoire pleine de matériel médical, cette table était le seul meuble de la pièce et la Capitaine en faisait mille fois le tour sans même s'en rendre compte, ses pas faisant écho à la danse chaotique des pensées dans sa tête.

Elle voulait ce titre. Mais elle savait une chose également : jamais elle ne pourrait retirer sciemment sa liberté à quelqu'un. Qu'avait fait cette femme, à part courir le monde ?

Rien, justement. C'était pour cela que Ran ne pouvait - non, ne saurait l'amener de force. Il fallait qu'elles en parlent, qu'elle l'informe et lui demande. C'était pour cette raison qu'elle se retrouvait dans la cabine de Maynard et non auprès de son amie.

Un bruit attira son attention. S'arrêtant brutalement, la capitaine se retourna. L'ange de malheur semblait émerger d'un sommeil bienheureux, à en voir l'expression de son visage. Une ombre de sourire passa sur les lèvres de la Capitaine, elle revint s'asseoir près de Zahnfee en restant néanmoins à distance raisonnable.

Après tout, elles ne se connaissaient pas.

- Bien, je vois que tu es réveillée.

Un temps. Elle se racla la gorge et reprit :

- Je suis la Capitaine Yama Albadune et tu es à bord du Blackbird Braille. Enchantée.

C'était sobre mais suffisant à son goût. Elle se tut, préférant laisser son interlocutrice poser toutes les questions qu'elle aurait à poser.
Spoiler:
 
Yama Albadune
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Morrigan d'Avalon
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Morrigan d'Avalon
Mer 20 Aoû - 17:08
Spoiler:
 



Boum Boum.
Son coeur battait la chamade. Non, dansait.
Boum Boum.
À moins que ce ne soit sa tête ?
Boum Boum.
Allongée et faite de plomb, la sorcière était comme profondément ancré dans le matelas, une profonde sérénité l'avait enfin prise.
Elle ne savait pas comment c'était possible, comment, au final, elle s'en était sortie avec aussi peu de blessures, mais il n'y avait qu'une seul mot pour l'expliquer : miraculée, elle était une miraculée, et miraculée aussi la petite étincelle de vie en elle. Et enfin, pour la première fois depuis qu'elle se savait enceinte, les événements d'Émerald passés, elle sentit naître en elle un sentiment nouveau. Elle était fière.
Diablement fière d'avoir survécu, et fière de porter un enfant... qui avait survécu. Certes, cela poserait sans doute quelques problèmes ultérieurement auxquels il faudrait songé, mais n'importe. Le présent était là et plus important et sa fierté maternelle aussi.

Une tête rousse entra dans son champ de vision.

— Bonjour, Morrigan !

L'intéressée battit plusieurs fois des paupières, un peu sonnée par un tel entrain.

— Comment tu te sens ? Tu as besoin de quelque chose ?

Un temps.
Morrigan hésitait franchement à ouvrir la bouche. Sa mâchoire la lançait toujours et elle doutait franchement de ses facultés de communication.

— Ah mais c'est vrai, attends...

La tête rousse — Darla — repartit, la patiente ne manqua pas de la suivre des yeux, trouvant même un certain intérêt à suivre cette comète d'énergie alors qu'elle-même était dans un état léthargique. Ce faisant, elle vit un coffre mal refermé et débordant de... papier.
Tiens, tout à l'heure il lui avait semblé entendre un bruit sourd d'un coffre que l'on refermait. Quand la pirate fut de retour, la sorcière eut un regard appuyé puis un haussement de sourcils vers le coffre, signalant à la fois que ce dernier était mal fermé et... qu'elle l'avait vu. Elle ne put retenir un petit sourire en coin. Il faut croire que dans l'équipage de Yama, rien n'était à l'abri de la curiosité, même au coeur de sa cabine — car il ne faisait aucun doute qu'elle se trouvait dans sa cabine, maintenant qu'elle avait pris le temps de regarder autour d'elle. Il y était déjà venue après tout.

Elle prit le crayon et la feuille et écrivit : "Vais bien, et toi ? Fait plaisir de te revoir et d'être en vie. Tu sais quoi à propos de mon état ?" Darla lui avait donné une petite planche, calée sur ses cuisses, à moitié assise dans le lit avec la pile de coussins derrière elle, la sorcière n'avait heureusement pas besoin de se redresser pour pouvoir écrire convenablement. Puis se rendant soudain compte qu'elle la bouche, la gorge et toute son anatomie à sec, semblait-il, elle écrivit soudain : "Eau ?", elle aurait bien fait le geste de boire, mais préciser qu'elle voulait de l'eau et aucun autre breuvage sous peine de rendre ce qu'il y avait dans son estomac, soit pas grand chose, était d'une importance capitale.

Morrigan d'Avalon
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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Jeu 21 Aoû - 23:18
- Bien, je vois que tu es réveillée. Je suis la Capitaine Yama Albadune et tu es à bord du Blackbird Braille. Enchantée.

Je tourne mon regard d'acier vers la voix. Mes yeux s'accrochent sur la poitrine opulente saucissonnée de telle manière qu'elle menace de dégorger et de rouler sur mes cuisses. Cette femme -car il est difficile de s'imaginer autre genre avec de tels attributs- est aussi brune que pâle, les yeux ridiculement en amande comme deux petites fentes suspicieuses sur un masque de farine.

- Capitaine ? Mais... vous êtes une femme, dis-je le plus simplement du monde comme si l'idée était stupide.

C'est vrai, ma foi ? Soyons sérieux deux minutes : les femmes n'ont rien à faire sur un bateau et encore moins au commandement de celui-ci. C’est une tâche d'homme. Et puis bon, depuis quand ont-elles le moindre sens de l'orientation pour naviguer ? Je doute qu'une femelle sache gagner le respect de ses hommes autrement qu'en leur accordant des faveurs sexuelles.

Diantre.

C’est donc cela ? Je suis en présence d'une de ces prostituée de port. Voilà bien ma veine.


- Enfin, supposons. J'imagine que je dois vous remercier pour... ça.

J'embrasse ma condition d'un regard circonspect. J'ai connu pire. J'ai également connu mieux.


-Mais on va éviter les familiarités tout de suite, je déteste qu'on me tutoie sans m'avoir demandé au préalable. C'est discourtois au possible, vu ? Je suis Zahnfee Fatina, sinon, simple confiseuse. Enfin... plus vraiment, mais c'est un détail.

Je bats des cils devant le regard insistant de mon interlocutrice. Un souvenir me chatouille la mémoire.

- La fille, l'autre... elle est morte ? Pas que ça m’intéresse mais je trouverais un peu triste d'être la seule épargnée... ou ironique...


Je ricane.

- Non ce serait quand même foutrement ballot, avouez !

Je change brusquement de sujet :

- On est loin d'Emérald ?
Zahnfee V. Edelstein
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Yama Albadune
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Yama Albadune
Lun 25 Aoû - 1:14
Cabine de la Capitaine

Lorsque le regard de Morrigan se dirigea vers le coffre, Darla fit semblant de regarder ailleurs. Oh, elle se doutait bien que la sorcière l’avait vue mais elle n’avait franchement pas envie de leçon de morale maintenant... elle était pirate, bon sang ! Forcer un coffre plein de lettres était sans doute le moins pire de ses crimes.

Et puis, l’engueulade dont Albadune la gratifierait plus tard lui suffirait aaaaamplement.

Heureusement, la patiente sourit. Avec une pointe de soulagement, la rousse lui rendit son sourire. Dirigeant sa chaise de manière à ce qu’elle puisse lire le bloc sans se tordre le cou, la pirate s’y assit et observa Morrigan écrire.

“Vais bien, et toi ? Fait plaisir de te revoir et d’être en vie. Tu sais quoi à propos de mon état ?”

Elle voulut répondre mais la brune poursuivit, écrivant :

“Eau ?”

Ah oui, c’était vrai. Garder la patiente hydratée. Bondissant de sa chaise, Darla se mit à fouiller ses poches avant d’en tirer une flasque qui - exceptionnellement - était remplie d’eau douce. Elle la tendit à Morrigan, se rassit puis répondit :

- Selon Maynard, t’as quasiment rien et ça tient du miracle. Quelques coupures plus ou moins profondes, peut-être une ou deux côtes fêlées... mais rien de plus. De toutes façons, il reviendra te voir pour te donner plus de détails.

La pirate darda brutalement son regard vert sur la sorcière avec intensité.

- T’as eu du bol. Un bol incroyable, Mo’.

Elle resta songeuse quelques instants, poussa un soupir et lança :

- Ah, il m’a aussi dit que t’avais un môme dans le ventre. Félicitations... mais le dis pas à la Cap’taine. A coup sûr, si elle sait ça, ça va la rendre folle...

Un temps.

- Mais me demande pas pourquoi. J’ai juste cette impression.

Darla se laissa aller contre le dossier de son siège.

- Au fait, t’as fait comment pour te retrouver au sommet de ce dôme avec l’autre cinglée ?
❄❄❄

Cabine du médecin


Zahnfee lui donna presque immédiatement l’impression d’une pile, enchaînant remarques et questions avec une vélocité impressionnante. Bras croisés sur sa poitrine, Yama l’observa avec attention, prenant le parti de ne pas l’interrompre (même si ça la démangeait foutrement, par moment).

Seulement lorsqu’elle posa et une question et sembla attendre sa réponse, la Capitaine reprit la parole, sourire narquois aux lèvres :

- Hélas oui, je suis une femme. Malgré mes prières incessantes, une queue et des couilles ne me sont jamais poussées entre les jambes.

Bien qu’elle ne soit pas réputée pour sa vulgarité, la capitaine restait une pirate et savait donc s’exprimer crûment lorsque le besoin s’en faisait sentir. Elle fixa Zahnfee, reprit :

- La femme qui était avec vous s’en est sortie aussi, elle dort en ce moment dans ma cabine. En ce moment, nous survolons l’Atlantique donc oui, nous sommes loin d’Emerald.

Un silence. Yama laissa son regard errer au plafond de la cabine, poussa un court soupir et reprit, une expression sérieuse au visage :

- Je vais me montrer directe, je ne vous ai pas repêchée par hasard.

Imperturbable, la pirate ancra son regard dans celui de celle qui se disait confiseuse.

- Vassilissa Lagouchka a mis votre tête à prix. Je sais que vous le savez, cette ordure de Lucas Grey a été le plus rapide d’entre nous.

Nouveau soupir. Elle maîtrisait mal le vouvoiement mais s’était adaptée : c’était la première fois qu’on lui demandait directement d’utiliser cette formule et elle ne voyait pas de raisons de refuser. Son regard se perdit un instant dans le vide avant qu’elle ne reprenne :

- Je ne suis pas mieux que tous les autres, la prime m’intéresse. Mais je suis incapable de priver mes pairs de liberté. Je vais donc te... vous poser une question simple, qui définira notre itinéraire.

Nouvelle inspiration. Ran ferma les yeux, expira doucement, les rouvrit et les planta dans ceux, acier, de son interlocutrice :

- Voulez-vous que je vous amène auprès de cette femme, et, si non, où voulez-vous que nous vous déposions ?
Yama Albadune
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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Lun 25 Aoû - 2:12
-Hélas oui, je suis une femme. Malgré mes prières incessantes, une queue et des couilles ne me sont jamais poussées entre les jambes. La femme qui était avec vous s’en est sortie aussi, elle dort en ce moment dans ma cabine. En ce moment, nous survolons l’Atlantique donc oui, nous sommes loin d’Emerald.

Je laisse échapper un gloussement.

- Vous êtes amusante, vous jurez comme un homme. Cela sonne si "femme libérée", si typiquement "pirate" ! Enfin , j'imagine, ceux que j'ai rencontré étaient illettrés, puaient le rhum frelaté et la syphilis bien implantée. Ils ne parlaient pas beaucoup, du reste... Dis-je après un temps de réflexion.

-Je vais me montrer directe, je ne vous ai pas repêchée par hasard. Vassilissa Lagouchka a mis votre tête à prix. Je sais que vous le savez, cette ordure de Lucas Grey a été le plus rapide d’entre nous.

Je soutiens son regard noir -Diantre ! Peut-on avoir seulement deux billes d'encre comme cela en guise d'iris. Une pupille géante. Voilà tout !- et mes yeux glissent sur sa mâchoire. Fait rare : ses dents sont relativement bien alignées ce qui lui offre une symétrie de visage qui doit la rendre sans doute appétissante au regard d'autrui. Seul bémol, un émail jauni sans doute par l'abus de tabac ou autres fumigatoires.
Tout de même un peu de rouge au joue ce ne serait pas la mer à boire et ça lui donnerait meilleure mine.

Je soupire :


- Ah... Un nouveau sbire de "Marraine". Elle aurait pu se contenter de cartes d'anniversaire et de quelques rubans à Noël, celle là. Vraiment, que de dérangement pour une filleule qu'elle a si peu regardée ! Vous l'appelez par son nom de jeune fille ? Comme c'est curieux... Vous savez qu'elle est mariée à un conte espagnol, j'imagine.

Je marque une pause, comme une évidence.

- Mais vous n'êtes pas une fervente supportrice de l'institution maritale.... Cela va de soi.

Sotte que tu es, Zahnfee ! Évidemment qu'elle ne s’est pas "préservée" pour le mariage. Pas en faisant le plus vieux métier du monde.


- Je ne suis pas mieux que tous les autres, la prime m’intéresse. Mais je suis incapable de priver mes pairs de liberté. Je vais donc te... vous poser une question simple, qui définira notre itinéraire.

Je hausse un sourcil.


- Voulez-vous que je vous amène auprès de cette femme, et, si non, où voulez-vous que nous vous déposions ?


J'éclate de rire. Mon hilarité lui éclabousse la figure comme de la confiture de groseille.

- Impayable ! Vous êtes impayable ! J'aime beaucoup votre humour.

J'écrase une larme au coin de mes yeux gris et arbore une expression féroce.

- Mais ne vous donnez pas le beau rôle, faites donc ce pourquoi on vous paie. Allons donc voir cette putain endimanchée de concert pour que je lui crache enfin dans la bouche.


Zahnfee V. Edelstein
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Morrigan d'Avalon
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Morrigan d'Avalon
Lun 25 Aoû - 19:18
Spoiler:
 



La sorcière prit la flasque avec un soulagement non feint : elle était purement assoiffée et le sentiment d'avoir du sable ou du verre dans la bouche était passablement désagréable. Un sentiment qui ne laissait plus planer de doutes sur les heures qu'elle avait dû passer allongée là et les médicaments qu'on avait dû lui prescrire.

Elle était d'accord. Aussi ironique que cela puisse être elle avait eu de la chance dans son malheur, vraiment beaucoup de chance.

- Ah, il m’a aussi dit que t’avais un môme dans le ventre. Félicitations... mais le dis pas à la Cap’taine. A coup sûr, si elle sait ça, ça va la rendre folle... Mais me demande pas pourquoi. J’ai juste cette impression.

Elle n'eut aucun mal à voir ce qu'elle voulait dire par là. Yama avait tendance à partir au quart de tour pour pas grand chose, et quand ça touchait les rapports à long terme... autant dire que c'était encore plus flagrant. Compréhensible, mais flagrant. Enfin, dans son cas, être enceinte ne signifiat pas qu'elle était actuellement dans une relation de ce type.
Elle ne pouvait pas certifier de l'état dans lequel elle retrouverait Nikolaï.

- Au fait, t’as fait comment pour te retrouver au sommet de ce dôme avec l’autre cinglée ?

La question eut au moins le mérite de chasser ses sombre pensées. Certes, Eerald était un mauvais souvenir, mais c'était passé, donc supportable. L'avenir était beaucoup plus effrayant.
La sorcière glissa un main sous les couvertures et pinça le coin d'une feuille chargée de magie, celle-ci avait grandement diminué depuis la mort de celle qui l'avait créé mais persistait à rester attaché au courrier. Le message en restait donc obscur pour des non-initiés, mais Morrigan réussit à temporairement lever le cryptage magique et le tendit à la pirate.
C'était l'invitation qui avait été envoyée aux membres de la communauté magique, une invitation à discuter de l'avenir de la magie qui est préoccupant face à l'élévation de la technologie et l'oubli des anciennes croyances.

La sorcière reprit son crayon : "Observation pour éviter une bêtise : certaines créatures magiques sont dangereuses quand elles sont acculées."

Elle laissa sa main suspendue, un temps. "Ça n'a pas marché. Un autre groupe était là-haut et a saccagé la ville, cette fille et moi nous sommes éloignées des combats" Elle soupira, oui, vraiment quelle belle ironie cette histoire, elle avait eu faux sur toute la ligne. Même quand elle avait voulu s'éloigner, elle s'était retrouvé au coeur du problème avec deux tarés, en face d'un haut-gradé, aujourd'hui mort. Et franchement, si elle n'était pas encore sous les effets des médicaments, elle aurait eu une nouvelle crise où sa personne — et quelques autres — auraient fait les frais de ses torts : "Et je me suis rendue compte de mon état qu'en arrivant à Emerald."

Sacrée journée.
Morrigan d'Avalon
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Yama Albadune
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Yama Albadune
Mer 27 Aoû - 23:51
Cabine de la Capitaine

Avec curiosité, Darla s’empara de la lettre que lui tendait Morrigan et la lut avec attention. Une réunion pour papoter ? A Emerald ? Ils auraient franchement pu choisir un endroit moins... fermé, dans le sens "flottant dans les airs au milieu de nulle part". Mais la sorcière reprit le crayon.

"Observation pour éviter une bêtise : certaines créatures magiques sont dangereuses quand elles sont acculées."

- Ça, c'est pas une spécialité des créatures magiques. Fit remarquer la pirate d’un ton sentencieux. Puis elle se pencha à nouveau, lisant les mots suivants au fur et à mesure que Morrigan les écrivait.

"Ça n'a pas marché. Un autre groupe était là-haut et a saccagé la ville, cette fille et moi nous sommes éloignées des combats"

Sage décision, mais à nouveau, Darla ne put s’empêcher de se faire la réflexion que le dôme de l’Assemblée n’était sans doute pas la meilleure cachette de la ville.

"Et je me suis rendue compte de mon état qu'en arrivant à Emerald."

- Ah... c'est con.

La seconde resta silencieuse quelques instants. Puis, se relevant, elle lança d’un ton songeur :

- La Cap’taine est en train d’interroger l’autre fille. A la base, c’était elle qu’on était venus chercher. Une femme très riche a mis sa tête à très bon prix.

Sur ces paroles, elle revint auprès du coffre et y rangea les lettres qu’elle avait sorties.

- Le pire c’est que je me doute bien qu’Albadune va lui demander son autorisation pour l’enlever.

Le claquement d’un coffre que l’on ferma résonna sèchement dans l’espace. La rousse se releva et poussa un long soupir.

- Elle est foutrement trop gentille pour une pirate. Mais on ose rien lui dire, elle serait capable de nous passer à la planche.

La seconde resta quelques secondes silencieuses, puis reprit d’un ton enthousiaste, sourire aux lèvres :

- Alors, dis-moi : tu comptes lui cacher ton état comment ?
Le sourire de Darla s'élargit. Cette discussion - comme les autres à venir - risquait de se montrer... des plus intéressantes.

❄❄❄

Cabine du médecin

La réaction de Zahnfee ne se fit absolument pas attendre : cette dernière éclata d’un rire si tonitruant qu’il fit sursauter la pirate.

- Impayable ! Vous êtes impayable ! J'aime beaucoup votre humour.

Ran se retint de lui signaler que ce n’était pas de l’humour. Après tout, cela aurait été diablement ironique de la part d’une criminelle incapable d’organiser un enlèvement sans avoir des remords.

- Mais ne vous donnez pas le beau rôle, faites donc ce pourquoi on vous paie. Allons donc voir cette putain endimanchée de concert pour que je lui crache enfin dans la bouche.

La violence des mots de la blonde, loin de l’effrayer, fit étrangement écho aux sentiments de la Capitaine. Cette dernière hocha la tête solennellement, poussa un bref soupir et lança :

- Très bien, nous mettons cap vers l’Espagne.

Elle se leva, ouvrit la porte de la cabine, attrapa un aéronaute qui se rendait en salle des machines et lui ordonna de faire passer le message. Le pirate s’exécuta, non sans avoir auparavant jeté un coup d’oeil à l’intérieur de la chambre. Yama, surprenant son regard, lui donna une tape à l’arrière de la tête avant de refermer la porte. Elle se retourna vers son "invitée" et lui adressa un mince sourire.

- Bien sûr, si vous veniez à changer de décision au cours de notre voyage, je vous déposerais en chemin.

Elle réfléchit, puis rajouta après un court temps.

- Ce n’est pas une blague.

Après tout, la confiseuse avait l’air d’avoir le rire facile. Se passant la main sur le crâne, la Capitaine attrapa une mèche de cheveux et l’entortilla autour de son index.

- En attendant, vous êtes libre d’explorer le Braille comme vous l’entendez.

Elle n’avait pas besoin de dire à ses hommes de la laisser tranquille : le dernier à avoir eu les mains baladeuses à bord avait été livré à un chasseur de primes... un certain De Belmonte, si Yama s’en souvenait bien.

Elle jeta un dernier regard à son invitée, puis reprit :

- Sur ce, je vais voir comment se porte Morrigan.

Morrigan son amie.

- En cas de problèmes, mes hommes vous diront où me trouver.

Sur ces succintes paroles, la capitaine s’en alla, laissant à Zahnfee un peu de tranquilité. L’affaire avait été conclue ainsi, sans guère plus de heurts.

Jusqu’à ce que vienne l’invitation, mais nous n’y sommes pas encore.
RP Clos
Yama Albadune
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