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 [Avril 0002] Retrouvailles au bercail

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Merlin Sylestri

MessageSujet: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Ven 15 Aoû - 0:19
"Deux années, deux longues années passées loin des hautes gens, à l'écart de mon nid orné de ces richesses royales qu'offrait Versailles. Ce temps où la folie m'eut prit, cette période si courte, mais à la fois si longue, séparé de ma chère et tendre, de notre nouvelle Reine, de mes plantes, et même de ces chers domestiques... Plus que deux années, ce fut un siècle qui passa sous ma conscience à moitié éveillée, cent ans sans voir ceux qui m'étaient chers, cent ans à la fois si près et si loin de cette France... Je ne pouvais dire avec certitude laquelle de ces deux période fut la plus longue, mais je pouvais affirmer sans aucun doute que la pire fut celle que m'offraient ces deux années..."


Triste sourire qui se dessinait sur mes lèvres. Regard en peine qui se posait sur le sol, les murs, Versailles. Après tout ce temps, toutes ces années, ces cents deux ans, me voici revenu, enfin, au bercail. La décoration m'avait manquée, toujours aussi riche et débordante, digne du siècle dernier, elle éblouissait et me changeaient grandement de tout ce que j'avais pu voir les deux dernières années, cela tout en faisant remonter de doux souvenirs à ma mémoire. Ce château toujours aussi prestigieux ne devait rien avoir à envier aux autres, en cent ans , il était certainement devenu un vestige de l'architecture que certains qualifieraient de vieillerie, mais que d'autres monteraient au niveau d'un trésor inestimable. J'avais, pour ma part, un grand attachement à cette somptueuse bâtisse. Encore jeune, j'y fus domestique; promu et anobli, j'y devins conseiller. Souvent aux côtés du Roi, je lui donnais conseils, solutions, voire même prévisions. La Reine m'appréciait, mais sans plus, elle ne m'écoutait que peu, surtout lorsque je me permettais de lui parler de ses enfants, mais je ne lui en voulait guère. Le cadet, Ciel, ne me fut que peu présenté, même maintenant encore son visage ne me remontait plus en mémoire... L'aînée, Ronce, j'en fus le tuteur et le précepteur, bien qu'il lui en fallu d'autres pour certaines activités. J'aimais cette jeune princesse, lui enseignant tout les rudiments du trône, ainsi que de nombreuses autres choses. Et maintenant, la voici devenue Reine.

Je marchais lentement avec les deux gardes qui me guidaient pour la rejoindre, notre nouvelle Reine. L'un de mes accompagnateur était un visage familier, je l'avais souvent vu lors de mes allées et venues, il me semblait même avoir réussi à sympathiser avec lui par le passé, mais je ne me souvenais plus de son nom... Certains diront que se rendre trop amical avec ce personnel était une bien mauvaise idée, mais je ne le pensais point; ces hommes, ces guerriers, ils savaient reprendre leur place lorsqu'il le fallait et obéir aux ordres lorsqu'on le leur demande, et ce sans rechigner, autant ne pas les priver d'une certaine laxité si peu qu'il faille les remettre dans les gonds par moments. Il me parla alors de ce qu'il savait sur Versailles en ce nouveau siècle, et il ne savait évidemment que peu de choses, surtout des rumeurs déjà entendues... Mais je l'écoutais quand même tout en pensant à ce qui allait se dérouler ici, à Versailles.

Il ne faisait aucun doute que Ronce passerait outre mes stigmates ou encore mon apparence physique peu adaptée, mais j'avais déserté pendant deux ans. Je lui avais appris à savoir faire preuve d'indulgence tout comme de dureté, alors qu'en serait son jugement ici présent, comprendrait-elle les raisons de mes actes, si peu que je lui en parlais? Autrefois tuteur de cette petite princesse, me voici cette fois-ci à la merci de cette Reine, et j'espérais, dans un sourire qui m'échappa, que je ne fus pas trop sévère avec elle...

Avant que je ne m'en rendis compte, nous étions arrivés devant la porte de la salle à l'intérieur de laquelle se trouvait Ronce. J'adressais aux gardes un "Merci" accompagné d'un hochement de tête et d'un sourire rassurant, mais je ne leur ordonnais pas de retourner à leur poste, je n'en possédais après tout plus le droit. Je ne portais pas mon haut-de-forme, l'ayant perdu depuis environ deux mois, j'étais simplement habillé de ma vieille veste noire et d'une chemise blanche, comme à mon habitude. Mon accoutrement, et en particulier ma propreté, n'étaient pas adaptés à de telles retrouvailles, mais il allait falloir faire avec... Remarquant alors que les gardes se tenaient toujours là, je me demandais s'ils m'accompagnaient dans le but de me guider, ou alors celui de me contrôler.

"Vous pouvez disposer, merci"

Leur offrant un dernier sourire, je les voyait s'éloigner, Mes inquiétudes étaient donc totalement infondées. Une fois qu'ils furent partis, je portais mon regard vers la porte et les décorations qui ornaient le couloir, me préparant mentalement à la retrouver. Il allait avant tout falloir faire preuve de politesse et savoir se contrôler, ne pas laisser les émotions prendre le dessus, et je savait que cela ne poserait aucun problème. Prenant une respiration calme, j'abaissais de mon gant blanc la poignée de cette fameuse porte. Puis je la ferma derrière moi.

Face à moi se tenait Ronce, notre Reine, mon ancienne princesse maintenant devenue Reine de France. En la voyant ainsi, je fis apparaître un sourire contenu, mais ravi. Mon enseignement semblait avoir porté ses fruit, et d'elle même, Ronce, si radieuse, semblait avoir réussi à manier sa vie ainsi que le trône comme il le fallait. Face à cela, je mis un genoux à terre et baissa la tête en tant que simple homme du peuple, main sur le cœur. C'était le moins que je me devais de faire.

"Votre Majesté... "

En cent deux ans, cette petite princesse avait bien grandi...
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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Ven 15 Aoû - 21:58
Une semaine. Cela faisait une semaine qu'on avait annoncé à Ronce qu'on avait retrouvé Merlin. La jeune femme avait eu du mal à croire à la nouvelle. Deux ans avaient passés depuis l'éveil de la France. Pendant ces deux ans personne n'avait su où avait disparu le conseiller royal. Et voilà qu'il revenait, comme surgi de nulle part. Ronce avait exigé qu'on la tienne au courant et qu'on lui emmène Merlin dès qu'il avait mis les pieds dans la ville.

C'est ainsi qu'elle put prendre place dans une des salles du palais, une pièce que Ronce utilisait pour converser en toute intimité. Inutile d'user d'une grande salle de Versailles où viendrait toute la cour. Ronce avait besoin de vérifier si ce Merlin était le vrai, avant tout.

Assise sur un sofa, Ronce avait le regard rivé sur la porte. Elle regarda l'homme faire son entrée, et dut se retenir pour ne pas lui sauter au cou. Elle n'était plus une princesse, elle n'était plus une enfant. Elle était la reine, elle avait une image à tenir. Elle ne se leva donc que lorsque Merlin la salua, en mettant genou à terre.

— Relevez-vous, Merlin.

Oh, qu'il était dur de demeurer fière et droite, de ne pas se laisser aller à serrer dans ses bras un vieil ami. A défaut, Ronce prit la main de Merlin pour l'inviter à se mettre debout.

— Si nous buvions quelque chose ? Un café ?

Une domestique, restée en retrait, s'empressa de servir deux tasses de café. Elle attendait, sucrier en main, que Merlin lui dise combien de morceaux il voulait. Reprenant place sur son sofa, Ronce n'attendit pas davantage pour poser ses questions.

— Cela fait deux ans que nous vous cherchons. Nous avons envoyé des avis dans tout le pays. Qu'avez-vous fait pendant tout ce temps ? Avez-vous subi un sortilège ?

D'ailleurs, depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu, Ronce trouvait Merlin changé. Mais elle n'aurait pas su dire en quoi précisément.

— J'ai du agir sans personne pour m'épauler pendant deux ans. J'ai même subi une tentative d’enlèvement ! Pourquoi avez-vous disparu pendant deux ans ?

Ronce attrapa sa tasse de café et l'avala d'un trait. Ses nerfs avaient lâché plus tôt que prévu. Trop d'émotions d'un seul coup.


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Merlin Sylestri

MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Sam 16 Aoû - 0:11
Forte, Ronce me demanda de me lever. Forte, car je savais bien qu'elle ne m'avait connu que lorsqu'elle ne fut qu'une simple princesse, une enfant, et donc que ses sentiments étaient tout autre que ceux qu'aurait une Reine face à une connaissance du peuple. J'admirais ses manières et sa tenue; elle n'avait fait preuve d'aucune émotion bancale pour son rang lors de son invitation. Ou peut-être était-elle tout simplement en colère contre mes actes, je ne pouvais y répondre. Je me levais alors en prenant sa main, me dirigeant ensuite vers le sofa se trouvant de l'autre côté de la table, face au plus proche qui devait appartenir à la Reine.

— Si nous buvions quelque chose ? Un café ?

Elle ne m'invita pas à m'assoir, mais sa proposition précédente s'y prêtais certainement. Je m'installais droitement dans mon somptueux fauteuil, bien évidemment digne de ce lieu, et m'accordais un sucre de la part de la domestique qui venait de nous servir un café de qualité certainement bien supérieure à tout ces breuvages que j'avais pu goûter lors de ces deux années passées. Ronce, déjà installée avant moi, n'attendis pas bien longtemps avant de me poser ses nombreuses questions. Recherches, sortilèges, enlèvement, deux ans... Elle ne su se contenir pour me demander tout cela sans même me laisser le temps de répondre et bu son café en n'amenant à ses lèvres la tasse qu'une seule fois, en un instant. La voir faire cela me fit sourire, et ce malgré les questions qui venaient d'êtres posées ainsi que la situation dans laquelle nous nous trouvions.

"Ainsi, les rumeurs concernant votre enlèvement étaient donc bien fondées..." Dis-je en me parlant à moi-même.

J'apportais la tasse du service à mes lèvres pour boire une gorgée de la merveille qu'elle contenait. Je savais déjà auparavant apprécier le café, bien que son goût me laissait parfois perplexe, mais après tout ce temps, en boire un de cette qualité était un véritable délice. Tout cela aussi bien pour la gorge que la mémoire, ce café étant encore chargé de saveurs passées malgré son siècle d'évolution. Je posais la tasse une fois ma gorgée rapidement avalée.

"Avant toute chose, permettez-moi de vous dire que je suis bien heureux de vous voir ainsi, ma Reine. Vos manières, votre tenue, et même votre capacité à contenir la ferveur, je me vois obligé de les admirer!"

Toujours le sourire aux lèvres, je savais que ces quelques compliments ne changeraient rien au fait que la Reine voulait ses réponses... Mais dire cela, je m'en voyais obligé, même s'il ne s'agissait pas forcément du résultat de mon travail de tuteur, mais plus de son adaptation personnelle pendant ce deux années sans ma présence... Mon regard se plongeait dans les café, mon expression se faisait plus triste, mes doigts gantés se croisaient entre eux.

"Vous me voyez désolé de ne pas avoir pu être à vos côtés en ces deux années qui furent les premières pour vous sur le trône, et mes raisons furent des plus égoïstes... Peut-être comprendriez-vous si je vous faisais part ce celles-ci, mais je ne saurais me résoudre à vous en parler; certaines pensées me poussent à croire que vous en parler pourrait, d'une certaine manière, vous mettre en danger, et..."

Expliquer tout cela sans être explicité était bien trop compliqué, et je préférais donc m'en tenir à cela. Passant mes mains sur mon visage en soupirant pour remonter mes cheveux, je dévoilais à Ronce mon front.

"Ces stigmates sont la raison de mon isolement, comme vous l'avez supposé il s'agit bien d'un sortilège..." Je pris une autre gorgée de café et marqua un petit temps de pause, ne posant cette fois-ci pas la tasse tout de suite. "Appliqué par moi-même..."

Je gardais mon petit sourire, un peu plus joyeux que le précédent... Je me permis alors, après une courte réflexion, un petit écart, ce tout en conservant la politesse que je devais de par mon statut actuel.

"Mais vous, vous voici devenue Reine! Permettez-moi alors de vous demander, outre le pouvoir et le trône, comment vous portez-vous?"

Cette question aurait été totalement déplacée si je n'étais pas malgré tout ce que j'avais été... Mais plus qu'un devoir que je ressentais, je voulais poser cette question. Cette jeune princesse que j'avais connue était maintenant sur Reine. L'arrivée sur le trône, cette tentative d'enlèvement, et le travail qu'il avait fallu fournir pour régner... Avec tout cela, je ne m’inquiétais pas pour la Reine, non, mais pour Ronce...
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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Sam 16 Aoû - 21:43
Les compliments de Merlin eurent comme effet immédiat de faire rougir Ronce. L'infortunée reine détourna la tête pour masquer au mieux ce changement d'humeur. Son visage avait pris une mine boudeuse. La reine venait là de rajeunir de plus de cent ans redevenant, pendant quelques secondes, une petite fille que les flatteries mettaient mal à l'aise.

La confession de Merlin transforma instantanément ce visage en un masque d'effroi. Ronce n'eut pas le temps de contenir le cri qu'elle poussa.

— Mon dieu, Merlin... Qu'avez-vous fait ?

Ses doigts se tendirent vers le front de Merlin. Ronce referma précipitamment sa main, sentant qu'elle ne devait absolument pas toucher ces stigmates. C'était un fardeau que seul Merlin pouvait porter. Quelque chose de profondément intime.

Le changement soudain et inattendu de discours déconcerta Ronce, l'espace de quelques secondes. Puis elle lâcha un soupir, tandis qu'un sourire ornait son visage. Un sourire oscillant entre la nostalgie et la joie, entre l'amusement et la tristesse.

— Vous n'avez pas changé tant que cela, vous. Toujours à fuir les sujets difficiles en ma présence. Je ne suis plus une enfant.

Enfin, elle pouvait lui accorder la victoire pour une fois, et jouer le jeu.

— Ma foi, hormis l'enlèvement je me porte bien. Nous avons encore beaucoup de retard, mais je crois que le roi d'Espagne s'intéresse à notre pays et voudra me rencontrer. Il règne sur un des royaumes les plus avancés de l'Europe !

Ronce était certaine que cette future rencontre déboucherait sur une relation qui ne pourrait qu'aider la France à se relever. L'avenir ne la tromperait pas sur ce sujet. Mais cela, elle ne le savait pas encore. Faisant signe à la domestique de la resservir, un souvenir revint en mémoire à la reine.

— Oh et j'ai rencontré l'empereur d'Autriche-Hongrie. Je dois d'ailleurs m'excuser Merlin, mais.. Il a joué, si je puis dire, le rôle de conseiller à votre place pendant ces deux ans. Du moins il m'a aidé et conseillé concernant mes questions. Je veux tellement bien faire pour mon pays.

D'un côté c'était risible qu'elle s'excuse auprès d'un homme qui avait été infidèle à son poste pendant deux ans. Mais en même temps Merlin était un vieil ami, le confident de ses inquiétudes enfantines face à son avenir. Il n'était pas un simple meuble que l'on pouvait aisément remplacer par un autre.


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Merlin Sylestri

MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Dim 17 Aoû - 11:59
Je laissais retomber mes cheveux, cachant de nouveau partiellement mes stigmates. Ils semblaient avoir provoqué une certaine stupeur chez la Reine, mais je me voyais bien obligé de les lui montrer en en dévoilant partiellement la source, cela aurait fait bien trop de cachoteries, et elle les auraient de toutes manières déjà vus.

— Vous n'avez pas changé tant que cela, vous. Toujours à fuir les sujets difficiles en ma présence. Je ne suis plus une enfant.

Hélas je ne pouvais qu’acquiescer ses mots. Ces sujets ne la concernaient pas en elle-même, lui en parler ne pourraient que provoquer chez elle une plus grande tristesse et des problèmes autrement plus graves... Viviana ayant disparue, je ne pouvais savoir si elle s'était faîte enlever; si j'en parlais à Ronce, ou a qui que ce soit, la rumeur selon laquelle l'aimée du conseiller de la Reine aurait disparue se propagerait. Certains pays tels que l'Angleterre pourraient bien y voir un profit de chantage, je ne pouvais le savoir, et déduire les réactions de Ronce face à tout cela serait de même bien difficile. Enfin, des suppositions, tout cela n'était que supposition... Mais, sans parler de chantage, en parler à Ronce pourrait être pour elle source de problèmes, il valait mieux éviter cela, même si elle n'était plus une enfant.

Maintenant concentré, je l'écoutais me parler du roi d'Espagne tout en buvant par moment quelques gorgées de mon café. J'étais resté bien trop longtemps loin de ces royautés et de ces informations, mes connaissances sur ce nouveau siècle sur le plan des pays étranger n'étaient pas des plus développées et il allait falloir me rattraper... Je fis signe à la domestique de ne pas me resservir de suite du café, n'ayant pas terminé le mien, puis écoutais Ronce parler d'un nouveau sujet: l'Empereur d'Autriche-Hongrie qui l'avait aidée à gérer le trône. Je posais alors ma tasse de café pour prendre la parole sur tout cela une fois qu'elle eut terminé.

"Vous rapprocher d'un des pays les plus développés de ce siècle est une bonne initiative de votre part, surtout si le Roi d'Espagne lui-même s'intéresse à notre pays! Lorsque vous le rencontrerez, pensez bien que s'il souhaite nous aider d'une quelconque manière que ce soit, ce ne sera pas sans contrepartie. A moins qu'il ne s'agisse là d'un Roi ayant la main sur le coeur, une aide pour faire avancer notre pays aura un prix, et si ce prix n'est qu'une simple alliance entre nos pays respectifs, vous seriez bien chanceuse: à peine arrivée dans ce nouveau siècle, la France aurait un allié pour son avancement, mais peut-être même aussi pour dissuader les anglais de l'attaquer. Ce pays vous aidera peut-être de nombreuses manières, mais ne devenez pas à sa botte, faîtes attention, évitez toute dépendance trop importante sur quelque position que ce soit..."

Ce fameux Roi d'Espagne, Marisma me semblait-il, je ne pensais pas en avoir entendu du mal, ni des ragots qui circulaient, ni de la bouche des personnes mieux placées... Peut-être ferait-il un bon allié, mais je ne l'avais pas vu de mes propres yeux, et Ronce ne m'avait fait part que de légère informations, me disant juste qu'il "s'intéressait" à la France; le terme en lui-même n'était pas forcément des plus rassurants... Je demandais, me retournant un peu, que l'on me serve à nouveau du café. J'en avais finis la tasse et me délecter d'un tel breuvage après toutes mes expériences de ces deux dernières années était proche d'un miracle... Hochant simplement la tête pour remercier la domestique, je pris ma tasse pour l'amener à mes lèvres un court moment, la reposant ensuite dans sa coupelle, à moitié pleine.

"Quant à votre relation avec l'Empereur de l'Autriche-Hongire, s'il vous plaît, ne vous excusez pas de m'avoir remplacé! J'ai disparu alors même que vous montiez sur le trône, il vous fallait bien là quelqu'un pour vous guider dans vos premier pas, ce serait à moi de m'excuser de vous avoir expliqué comment marcher sans vous tenir ensuite pour que vous ne tombiez pas!" Je souriais, reprenant la tasse par sa petite poignée sans la soulever. "De plus, vous avez dû vous faire là un nouvel allié, c'était une action judicieuse. Du moins, j'espère qu'il s'agit encore une fois d'un homme de bien, qu'un tyran vous ai appris à manier le trône ne me plairait guère..."

Soulevant donc ma tasse encore une fois, je regardais vers le sol parfait de Versailles, pensant au passé et à la dernière phrase que Ronce avait prononcée. J'en bu une gorgée, et cette fois-ci ne posa pas la porcelaine, la conservant entre mes mains.

"Vous savez, enfant, vous étiez déjà forte et téméraire, même si votre jeunesse le cachait parfois, mais vous possédiez malgré tout une grande bonté. Vous avez intéressé le Roi d'Espagne et fait du Roi d'Autriche-Hongrie votre conseiller, vous avez agi vite sans même avoir besoin de mon aide, vous vous êtes chargée de votre devoir comme vous avez pu... Vous avez grandie, certes, vous êtes montée sur le trône et avez appliqué mon enseignement ainsi que celui d'autres personnes de haut rang. Mais, permettez-moi tout de même de vous dire..."

La tasse allait de nouveau se poser dans sa coupelle, et je souriais légèrement, hésitant un instant sur le choix de mes derniers mots.

"En vous regardant, même si vous êtes devenue Reine, je peux dire que vous n'avez vous aussi que peu changé..."

Je souriais à nouveau. Je disais ce que je pensais: même si Ronce semblait ainsi, elle était simplement dans l'application de ses fonctions, elle ne faisait que reproduire ce qu'on lui avait appris pour gouverner sur le trône avec de bonnes manières, peut-être était-elle devenue plus forte, évidemment moins enfantine, mais au fond, elle restait similaire à la princesse que j'avais connue, j'en étais persuadé. Ou peut-être tentais-je de m'en persuader...
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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Dim 17 Aoû - 22:08
Peu changée, hein ? C'était assez flatteur comme remarque. Cela voulait dire qu'elle n'était pas encore devenue une despote tyrannique. Mais cela sous-entendait qu'elle n'était pas encore pleinement adulte.

— J'espère tout de même changer. Ne serait-ce qu'un peu. Pour ne plus être cette gamine terrifiée par ses parents, terrifiée par son avenir.

On n'apprenait pas aux enfants de rois à vivre dans l'amour. On leur apprenait les règles, comment se conduire en société, comment être digne de son rang. Pour Ronce s'était ajouté tout un enseignement habituellement réservé aux princes : devenir le futur roi. Avec un prince dont la maladie pouvait être synonyme de mort, il fallait savoir miser sur un autre cheval. En l’occurrence, Ronce. Jamais on ne lui avait caché qu'à son réveil, elle serait seule. Entourée de domestiques, d'une cour de nobles, mais seule face à son destin. Seule à la tête d'un pays.

— Je suis ravie que vous approuviez mes actes. D'ailleurs, je me demandais...

Ronce posa ses mains sur ses genoux, entrecroisant ses doigts. De façon presque imperceptible elle redressa son dos pour se tenir plus droite.

— Pensez-vous reprendre votre poste de conseiller ? Ou peut-être voulez-vous prendre un peu de repos avant de vous décider. Après tout ce que vous avez du vivre...

Il peut se passer bien des choses en deux ans. Et Ronce sentait que les souvenirs étaient encore trop frais, trop douloureux, pour être mentionnés.

— Si vous le souhaitez, je vais vous conduire à vos appartements. Vous avez sûrement besoin de repos après ce long voyage.


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Merlin Sylestri

MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Lun 18 Aoû - 11:46
— Si vous le souhaitez, je vais vous conduire à vos appartements. Vous avez sûrement besoin de repos après ce long voyage.

J'esquissais un sourire en entendant tout cela. Elle faisait mention de mon ancien poste de conseiller et des mes vieux appartements. Tout cela allait provoquer une bien grande nostalgie, en particulier le fait de retrouver mes appartements et toute ses merveilles de Brocéliande. D'ailleurs, les domestiques s'étaient bien occupés du château, mais s'étaient-ils occupés de mes plantes? J'espérais que non, qu'aucun d'entre eux ne se soit empoisonné ou rendu malade... Toutes ces pauvres plantes devaient bien mal se porter après cent deux ans sans soins appropriés.

"Je serais bien heureux de retrouver mes anciens appartements, je vous mentirais si je disais qu'ils ne m'ont pas manqués..."

M'appuyant sur les accoudoirs de mon sofa, je me relevais, tendant ensuite ma main vers la Reine pour qu'elle puisse prendre appui en se relevant; bien sûr, cela faisait aussi partie des bonnes manières, il allait falloir que je les reprenne...

"Pour ce qui est de mes fonctions, nous en parlerons sur le chemin, j'ai eu bien assez de deux ans pour y penser."

Une fois qu'elle se fut levée, j'allais vers la porte, près à la lui ouvrir, mais je fus devancé par la domestique qui avait posé le service à café en voyant que nous partions. Lui lançant un sourire, je remarquais que je n'étais plus vraiment habitué à ce genre de traitement, et il allait falloir s'y faire à nouveau. Cherchant dans mon manteau, j'en sortis un petite fiole de celles que j'avais confectionnées lors de ma disparition, lui la tendant pour la remercier. Peut-être n'était-ce pas digne d'un conseiller de remercier ainsi une domestique pour si peu, mais j'étais bien heureux de retrouver tout le personnel de ce somptueux château. Et puis, après tout, je n'étais pas encore de nouveau conseiller, n'est-ce pas?

"Ce n'est pas son usage premier, mais si vous êtes de corvée pour la vaisselle, vous pourrez utiliser cela, je me suis rendu compte que laver devenait bien plus efficace et rapide avec... C'est complètement inoffensif, mais rincez tout de même bien la vaisselle ensuite."

Donnant la fiole à la domestique, Je tournais la tête pour regarder Ronce par dessus mon épaule, reprenant une des phrases qu'elle eut dit un peu plus tôt.

"Le peuple n'a pas besoin de dirigeant sans peurs, la peur est purement humaine. Ce que veux le peuple, c'est une Reine qui le comprend et le protège, rien de plus. Vous êtes une Reine qui aime son peuple et son pays, ne vous remettez pas trop en question."

Tournant de nouveau la tête vers la domestique, je perdis mon sourire. Je pensais évidemment aux parents de Ronces que j'eus aidé en tant que conseiller, eux que seul la sainteté et le pouvoir intéressaient, mais je ne pouvais le lui dire si ouvertement. Je repris tout de même mon sourire au bout d'un court moment.

"N'oubliez pas de me rendre la fiole une fois vide, j'en aurais besoin à nouveau."

Sur ces mots, je la laissais, ouvrant les bras de manière à inviter Ronce à sortir la première.

Face à tout ces souvenirs, mes stigmates me faisait souffrir...
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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Mer 20 Aoû - 16:25
D'abord les stigmates qui marquaient Merlin, puis maintenant une fiole qui ne devait pas contenir un simple composé chimique... Merlin semblait user de sa magie bien plus facilement qu'avant le réveil de la France. Du temps des parents de Ronce, la magie était pour ainsi dire proscrite. Parce qu'ils la considéraient comme dangereuse, une pensée que Ronce partageait à un degré moindre. La magie l'avait fait dormir pendant un siècle et, comme si cela ne lui suffisait pas, elle lui avait laissé un don handicapant.

La magie de Merlin serait-elle dangereuse pour elle également ? L'homme avait toujours été à ses côtés et n'avait jamais usé d'un quelconque sort à son encontre. Mais la magie demeurait un domaine complexe. Qui sait, en voulant bien faire, Merlin mettrait peut-être Ronce dans une situation dangereuse.

Ces pensées emplissaient l'esprit de Ronce alors qu'elle menait Merlin dans les étages supérieures. Alors qu'ils n'étaient qu'à quelques mètres de leur but, la reine finit par briser le silence.

— Dites-moi, Merlin, votre magie... Vous savez réellement la contrôler ? C'est que je n'ai rien contre la magie. Je laisse les fées et sorcières agir, mais... Je crains ses dérives. J'ai tout de même dormi un siècle à cause d'une fée.

Tout cela seulement pour punir sa mère qui n'avait pas su tenir une promesse. On devrait interdire aux gens de se venger sur les enfants.

Le valet qui accompagnait le duo entreprit de leur ouvrir la porte. Celle-ci céda sous sa poigne et manqua de lui tomber dessus. Le valet évita le pan de bois d'un saut de côté, mais pas les plantes. Elles se déversaient de l'ouverture en masse : lianes longues de plusieurs mètres, feuilles qui faisaient presque la taille d'un homme... Une vague de végétation s'écoulait, telle une immense cascade.

Ronce recula de plusieurs pas, les yeux grands comme des soucoupes. Elle posa son regard sur Merlin, soudainement craintive devant cet homme.

— Est-ce vous qui avez fait de ces plantes des... monstres végétaux ?

Ou peut-être était-ce simplement un reste de l'influence du sommeil de cent ans, comme les ronces géantes.


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Merlin Sylestri

MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Mer 20 Aoû - 22:34
Nous avions laissé notre salle de retrouvailles pour nous diriger dans les couloirs et étages supérieurs du châteaux, certainement vers mes appartements. Les lieux n'avaient pas grandement changés et je retrouverais bien moi-même mon chemin, mais me faire guider était autant plus sûr, et refuser aurait été bien malpoli. Sur le chemin, alors que nous arrivions, Ronce m'adressa la parole en révélant quelques craintes quand à la magie ainsi que la mienne. Mes stigmates et cette fiole que j'avais fournis devaient être la cause de son inquiétude, peut-être avait-elle peur que mon produit ait un quelconque effet indésirable, ce qui était compréhensible suite à tout ce qu'elle avait vécu... Mais j'étais bien certain que rien d'étrange ne ressortirait de mon breuvage!

"Ne vous inquiétez donc pas, cette magie est-"

Un bruit puissant me coupa alors que le valet "ouvrait" la porte qui manqua de lui tomber dessus. De l'ouverture de celle-ci sortaient nombre de plantes et toute une végétation luxuriante, face à quoi je me contentais de hausser un sourcil tandis que Ronce recula, visiblement bien plus étonnée que moi. Sans bouger, je terminais ma phrase à voix basse: "Sous mon contrôle...?"

— Est-ce vous qui avez fait de ces plantes des... monstres végétaux ?

A cette phrase, je répondis par un simple regard, m'approchant des plantes qui s'extirpaient de la porte. Je n'en savais moi-même pas grand chose, mais j'aurais pourtant du m'y attendre, il fut bête de penser que ces plantes aux nombreuses vertues magiques meurent si facilement. Mais même sans soins, cela me paraissait tout de même peu probable; comment ces nouvelles espèces avaient-elles pu se développer de manière si aisée dans un environnement si peu commun?

"Protégez votre visage avec votre mouchoir, par précaution."

Faisant un signe de tête au valet pour qu'il fasse de même, je cachais mes voies respiratoire d'un de mes mains gantés après avoir retiré le gant de celle qui était libre. J'évitais tout contact avec les plantes qui semblaient se propager plus lentement puis j'approchais ma main nue d'une des gigantesques feuilles, créant une lueur bleutée presque imperceptible entre mes doigts et le végétal. Lorsque la très fine brume l'atteignit, la feuille marqua un léger mouvement de recul, minuscule, mais présent. Je pris un sourire gêné en voyant la réaction, remarquant que j'avais raison quant à ce que je pensais...

"J'y suis visiblement pour quelque chose... Un fertilisant de ma confection leur a été administré, et je me demandes même si elles n'auraient pas réussies à s'en octroyer le plaisir par elles-mêmes...

Personne n'avait du entrer ici depuis un siècle, alors qui d'autres que les plantes elles-mêmes? Elles possédaient après tout nombre de caractéristiques, et ces nouvelles espèces y étaient peut-être pour quelque chose. Mais qu'elles se soient offertes par leur propre soin mes engrais me semblait tout de même assez absurde, bien que possible avec du temps et de la chance... Ou les propriétés émanants de ces engrais avaient peut-être attirés mes plantes à aller le rejoindre lentement au fil de leur développement pour s'en nourrir jusqu'à épuisement, qui sait... Mais que quelqu'un leur avait donné une si grande dose de mon fertilisant n'était pas à exclure non plus; alors dans ce cas, pourquoi? Comment? Et quand? La porte semblait en trop piteux état pour pouvoir l'ouvrir sans encombre, notre valet en eut été la preuve... La fenêtre semblait une entrée logique, mais nous étions aux étages supérieurs de Versailles, qui se serait donné tout ce mal pour une telle chose? Remettant mon gant, je poussais les feuilles titanesque pour porter mon regard vers toute ces magnifiques plantes, commençant à entrer dans mes appartements en me tenant à l'encadrure de la porte pour enjamber une liane.

"C'est merveilleux..."

Elles devaient posséder de nombreux atouts, j'en connaissais même certaines qui n'était de base pas ici; c'était pour moi un véritable spectacle, une multitude de produits majestueux.

"Surtout, ne touchez pas celle-ci."

Mais cette merveille ne devait pas appartenir à Versailles, il ne pouvait y avoir une telle pièce... Il allait falloir tout nettoyer. Même mon ancien "capharnaüm" -comme aurait dit certains- n'arrivait pas à la cheville d'un tel désordre. Conserver certaines plantes sera primordial, de tels dons ne devront pas être gâchés, mais je me devais tout de même de faire du ménage, il s'agissait après tout de Versailles.

Au milieu des plantes, je baladais mon regard dans la salle pour tenter de reconnaître les caractéristiques de chacune d'entre elles et dire si oui ou non elles pouvaient être un danger. La seule que j'eus pointée un peu plus tôt me semblait pour le moment être aussi la seule à représenter un danger potentiel, mais autre chose attira mon attention: mes étagères.

Elles étaient presque vides, la majorité des fioles en avaient disparues et aucun débris de verre n'était présent. Je voulais bien admettre que les plantes puisse absorber le contenu d'une fiole, mais en absorber le récipient est une autre affaire...
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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Mer 20 Aoû - 23:47
Un fertilisant ? Ronce n'en croyait pas ses oreilles et ses yeux étaient prêts de sortir de ses orbites tant ils étaient écarquillés. Ce ne devait pas être un fertilisant commun pour causer de tels dommages. Et Merlin qui lui avait assuré que sa magie n'avait rien de dangereuse. Cette jungle qui s'était mise à pousser dans les appartements du conseiller prouvait tout le contraire.

Suivant les directives de Merlin, Ronce appliqua son mouchoir sur le bas de son visage masquant sa bouche et son nez. Ces plantes devaient lâcher des spores dangereuses, ou exhaler un parfum si puissant qu'il en devenait étouffant. Comme ces femmes qui abusaient de parfum musqué.

Ronce suivit donc Merlin, davantage mue par la curiosité que par véritable envie. Ces plantes gigantesques lui rappelaient les funestes ronces qui avaient poussé dans son royaume, jusqu'à l'enfermer dans un carcan d'épines. Le « merveilleux » lâché par Merlin résonnait en l'esprit de Ronce comme « monstrueux ». Quand Merlin la mit en garde, Ronce se crispa davantage.

— Je risque pas de toucher celle-ci ou même une autre.

Un craquement sinistre résonna à ses oreilles. Sa robe venait de s'accrocher à une plante couverte d'épines. Des épines... Des ronces ? Ronce se colla contre un mur, et sentit son souffle se précipiter. Les ronces... Elle ne supportait plus d'en voir depuis son réveil. Quelle ironie aussi de lui avoir donné le nom de la plante qui l'emprisonnerait.

Ronce se précipita d'un coup vers une des fenêtres et l'ouvrit toute grande. Baissant son mouchoir, la reine se pencha vers l'ouverture pour inhaler l'air frais de l'extérieur.

— Les ronces... Les ronces qui ont poussé dans tout le royaume... Rassurez-moi, me dites pas qu'elles viennent d'ici !

La voix de Ronce était montée dans les aiguës, hystérique. Elle ne savait pas si elle s'en remettrait de savoir que les ronces venaient de cette pièce. Que leur foyer se trouvait là, à Versailles, à quelques pas de sa chambre. Oh les ronces n'étaient pas coupable de son sommeil, mais elles étaient un des éléments. Les cauchemars de Ronce étaient peuplés de ces plantes qui venaient l'enserrer et planter leurs épines dans sa chair. Jusqu'à ce qu'elle expire et qu'elle se réveille, essoufflée et tremblante.



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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Jeu 21 Aoû - 13:26
— Les ronces... Les ronces qui ont poussé dans tout le royaume... Rassurez-moi, me dites pas qu'elles viennent d'ici !

Ronce semblait elle-même déconcertée face à des... Ronces... Ces plantes avaient hanté le sommeil de la France, entourant Versailles de ses tiges ornées de pointes, il était normal que Ronce en soit à bouts lorsqu'on lui parlait de tels végétaux. Souriant légèrement, je m'approchais moi aussi de la fenêtre pour chercher à rassurer la Reine.

"Vous vous emportez, calmez votre respiration. Ce n'était même pas une ronce à proprement parler, aucun rapport avec les plantes qui entouraient le château... Je pointais le rebord de la fenêtre et l'extérieur, suivant un chemin contre les murs externes de Versailles. "Si les Ronces venaient d'ici, vos domestiques y seraient remontés et vous auraient alertés, et de toute manière regardez; aucun tige qui sort par les fenêtres ne ressemble aux Ronces qui entourent votre château, si ce n'est celle-ci... je me penchais maintenant par la fenêtre et attrapais de ma main libre une tige ornée de piquants, semblable à celles des rosiers. Mais c'est une vieille plante que je possédais déjà, je l'aurais reconnue s'il s'agissait des ronces, et ce n'est pas une plante aussi envahissante que celle qui s'est développée dans le royaume pendant un siècle... Ne craignez rien, les ronces ne proviennent pas d'ici, mais de vos jardins.

Me retournant, j'allais m'accroupir auprès de mes étagères pour ouvrir les tiroirs inférieurs et en extirper une fiole. La débouchant pour la sentir, je la referma de suite en découvrant l'odeur nauséabonde qui s'en dégageait. Un siècle n'avait pas fait de bien non plus à mes mixtures restantes, bien que certaines aient pu y résister... Ce qui m'étonnait était qu'il me restait des fioles. Quelqu'un avait visiblement subtilisé la majorité de mes mixtures et créations, mais pourquoi en avoir laissé certaines?

"Je ne vous mentirais pas, je ne peux pas vous affirmer si mon engrais est impliqué ou non dans l'histoire des ronces, mais je peux vous dire que s'il l'est, c'est un acte délibéré. Quelqu'un a volé cet endroit, rien de difficile en un siècle d'ouverture, mais je viens à penser qu'il l'a fait il n'y a pas si longtemps que cela, du moins, pas il y a cent ans...

La seule raison pour laquelle je pensais cela étaient le fait que certaines de mes fioles étaient restées présente, en majorité des mixtures périmés et inutilisables. S'il y avait eu un pilleur, il avait dû agir dans le demi-siècle dernier, ou plus tôt encore, de ce fait il se serait retrouvé confronté à quelques mixtures moisies qui ne l'auraient pas intéressé... Mais pourquoi utiliser mon fertilisant sur des Ronces pour en envahir le pays? Peut-être...

"Si quelqu'un a fait tout cela, il devait m'en vouloir... Si mon fertilisant est bien présent dans ces ronces...

Fatigué par tout cela, je mettais les coudes sur mon bureau recouvert de plantes, posant ma visage entre mes mains dans un long soupir.

"C'est bien pensé..." Je faisais glisser mes mains sur les côtés, tirant mes cheveux vers l'arrière. "Trop bien pensé... C'est..."

Je commençais à m'énerver, ne sachant plus trop quoi penser. Tout en tentant de garder mon calme, je me redressais avec un visage maintenant plein de sérieux.

"Il me faut un échantillon des ronces qui entouraient le château... Tout de suite!"

Mon ordre strict s'adressait au valet encore présent qui avait échappé au poids de la porte un peu plus tôt. Il fallait que je vérifie tout cela aussi vite que possible.
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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Jeu 21 Aoû - 18:20
De ses jardins ? La nouvelle était loin de rassurer Ronce. Elle ordonnerait aux jardiniers de détruire toute trace de ronce, quitte à user du feu s'il le fallait. Ronce ne voulait pas courir le risque de voir des ronces proliférer partout, et la saisir dans leurs épines. Non, plus jamais elle ne voulait vivre cela.

Ce que disait Merlin la rassurait de moins en moins. Qui aurait intérêt à voler quoi que ce soit dans l'appartement de Merlin ?

— Ce devait être les Anglais. Oui, sûrement ce Walter Miller ! Il a peut-être cru que vos fioles contenaient une magie puissante !

Ronce n'avait aucune preuve de ce qu'elle affirmait. Mais les choses seraient bien simples si le coupable était Walter. Cela ne lui ferait qu'une raison de plus de poursuivre cet individu et de l'envoyer en prison. Voire à la guillotine – on n'enlève pas une reine sans en subir les conséquences.

"Il me faut un échantillon des ronces qui entouraient le château... Tout de suite!"

L'ordre soudain de Merlin fit bondir le valet. Le pauvre homme s'empressa de courir dans les jardins. Ronce hésitait à le suivre puis se ravisa. Si elle voyait la moindre ronce, elle serait capable d'entrer en crise et d'arracher les ronces de ses propres mains. A défaut elle demeura auprès de la fenêtre, tâchant de calmer sa respiration.

— Avez-vous une idée de qui vous en voudrez ? Vous avez des ennemis au sein de la cour ?

Ronce, en tout cas, ne voyait pas qui pourrait orchestrer un tel vol. Hormis les Anglais (oui elle était bornée). Peut-être un noble, partisan de l'ancien couple royal, haïssant la magie et voulant sa disparition. Une telle explication était probable.

— Vous savez au moins comment... arranger tout ça ?

Elle ne pouvait décemment pas laisser Merlin dormir dans une serre tropicale.


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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Jeu 21 Aoû - 21:15
— Vous savez au moins comment... arranger tout ça ?

"Ces plantes ne me poseront aucun problème..."

Je lui avais répondu rapidement, ne voyant cela que pour un problème mineur. Tiraillé par de nombreuses pensées et mon front qui me faisait souffrir, j'y passais par moment ma main et tournais en rond pour tenter de réfléchir. Je n'imaginais pas mon retour à Versailles ainsi...

"Il y a trop de coïncidences, vous ne comp-... C'est..."

Soupirant, je m'approchais de Ronce en évitant quelques plantes pour la rejoindre auprès de la fenêtre. L'air y était bien plus frais, toute ces plantes étouffaient l'air, certainement de leurs spores ou de certaines de leurs propriétés. Calmement, je regardais vers l'extérieur avant de retourner mon regard vers la Reine après avoir vérifié que le valet soit bien parti.

"L'enchantement que je me suis lancé il y a de ça un siècle m'a permis de rester partiellement conscient pendant cent ans, et certains entendraient par là d'autre chose. Je me suis délibérément infligé ce sort, et certains pourraient bien y comprendre que je voulais rester éveillé tandis que toute la France dormait, le vieillissement de mon corps stoppé par le sort..."

J'ôtais mes gants en regardant par la fenêtre sans m'y pencher mon visage était crispé, soucieux malgré un petit rictus.

"Et pendant ce temps où toute la France dormait, Mon fertilisant que moi seul connaissait a été utilisé pour donner naissance à des ronces géantes... Même vous, vous n'en saviez rien, vos parents non plus... Et qui aurait su qu'il s'agissait d'un engrais puissant pour en synthétiser à nouveau? Je doute que votre Walter y soit pour quoi que ce soit, et s'il l'avait fait il serait maintenant bien vieux, ou même mort... Les anglais pourraient être liés à tout cela, mais ils auraient fait bien pire que de faire pousser des ronces... C'est bien une personne qui en voulait à la France, et peut-être aussi à moi de manière personnelle.

Ce ne pouvait être ce Walter Miller, à moins qu'il ne possède quelques connaissances en magie il n'aurait su différencier un breuvage moisi face à un autre encore utilisable, certains possédant un aspect et une odeur hors du commun de base. Les anglais n'étaient pas censés connaître mes affaires, la France elle-même et sa royauté savait à peine que j'exerçais dans la magie, seuls peu de personnes en avait conscience. Je perdis définitivement mon sourire.

"Regardez moi donc, je me jettes à bras ouverts dans Versailles alors que tout porte à croire que je pourrais avoir commis un crime de folie important... Et j'en explique moi-même les teneurs directement à vous, la Reine de France! S'il en advient que mon fertilisant se trouve dans ces plantes...

Je me tenais l'arrête du nez de deux doigts et appuyait nerveusement. Cessant cela, je retournais lentement vers mon bureau pour m'asseoir sur une chaise qui étrangement, malgré le temps, arriva à supporter mon poids. Mes yeux se portaient vers le sol et mes doigts se croisèrent.

"Je me suis infligé un sortilège pour rester en partie conscient lors de ce siècle de sommeil, et cela pouvait très bien sans que je ne m'en rende compte dans mon état inclure la possibilité de bouger. C'était prémédité, interpréter que ma volonté de pouvoir me mouvoir alors que tous dormaient était aussi prévu à l'avance de ma part est aussi possible... J'aurais ainsi pu agir et utiliser ce fertilisant que je devrais être le seul à connaitre, en créer à nouveau pour l'utiliser en masse et tout envahir de ronces. La folie inconsciente que le temps m'aurait procurée pourrait très bien répondre à "pourquoi"... Et si on entreprend qu'il s'agit d'un tout pensé à l'avance, trouver une raison est toujours possible, comme organiser tout cela pour ensuite vous faire croire qu'il s'agissait là d'une attaque ennemi, ce que je suis peut-être en train de valider en vous parlant de tout cela..."

Je prenais mon crâne entre mes mains, baissant encore plus le regard. D'une certaine manière le raisonnement se tenait et tournait en boucle; j'étais déjà presque certain que les ronces étaient imprégnés de mon engrais.

"Le pire n'est pas que nous ne sachions pas s'il s'agit d'un piège ou non, de savoir si le but était de me faire emprisonner ou quoi que ce soit de ce genre..."

Court silence.

"Le pire, c'est que je ne saurais vous dire et appuyer de moi-même que je n'ai pu commettre cet acte..."

Mon retour avait certainement été prévu et tout cela pourrait bien être ce qui devait en résulter, même avec deux ans de retard. Un faible sourire nerveux se formait sur mes lèvres.

Je n'aurais jamais du revenir à Versailles.
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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Ven 22 Aoû - 15:14
Ronce avait écouté les paroles de Merlin en clignant des yeux. Son cerveau carburait à cent à l'heure, menaçant même d'exploser. Pendant que Merlin palabrait, la reine ouvrait toutes les fenêtres. Comme si chaque bouffée d'air pouvait mieux aérer son cerveau en surchauffe. Ronce finit par trouver un fauteuil épargné par la végétation. La reine le tira sous une fenêtre et y prit place. Elle posa ses coudes sur ses genoux, massant ses tempes.

Elle attendit que Merlin stoppe son monologue pour faire entendre sa voix.

— Ce que vous essayez de me dire c'est que... La personne qui aurait saccagé votre appartement ne serait autre que vous ?

Voilà qui était saugrenu, et perturbant.

— Vous avez été... somnambule ? Votre corps a agit indépendamment de votre corps ?

C'était complètement irréaliste. Ronce embrassa du regard la pièce. Des plantes s'étendaient à perte de vue, grimpant le long des murs, camouflant le sol avec leurs lianes et leurs fleurs. Qui aurait l'idée de causer un tel désastre ? Ronce ne comprenait pas pourquoi Merlin, ou son inconscient, aurait causé un tel sinistre.

— Mais dans quel intérêt ? Pourquoi ? Pourquoi Merlin ?

Ronce s'était levé de son fauteuil, et se rapprocha de Merlin. Mais à quelques pas du sorcier, elle stoppa net. Soudainement le conseiller lui faisait peur. La magie qui régnait dans ces appartements et ses conséquences effrayaient Ronce. Ces plantes auraient pu envahir tout Versailles, jusque dans les appartements de la reine. Les lianes auraient pu enserrer son corps, son cou, sa gorge... Et la faire expirer alors qu'elle était endormie, attendant un réveil qui ne viendrait pas.

Ce fut d'une voix blanche qu'elle adressa la parole à Merlin. La voix d'une reine se trouvant face à un ennemi de la couronne.

— Qu'est-ce qui me garantit que vous ne recommencerez pas ? Cette folie vous reprendra-t-elle ?

Le valet choisit ce moment pour revenir, tenant dans ses mains un pot de terre d'où sortaient des ronces. L'homme n'osait pas franchir le seuil, comme si les plantes allaient soudainement se jeter sur lui.

« Je... Vos ronces, Monsieur... »

Le valet tendit à bout de bras le pot, espérant que Merlin ne lui demanderait pas d'avancer.


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Merlin Sylestri

MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Ven 22 Aoû - 16:44
A présent, Ronce se faisait froide, m'ayant posé nombre de questions. Toujours le regard porté vers le bas et les poings sur le front pour maintenir ma tête, je m’apprêtais à lui répondre alors que le valet revint, ayant accompli sa tâche.

« Je... Vos ronces, Monsieur... »

Apportant mes doigts entrelacés au niveau de mes lèvres, j'ignorais un moment le valet en ayant tout de même prit en compte sa présence. Je n'avais fait que me plaindre et parler de manière inutile, juste énoncer ce qui pourrait être, pas ce qui était, aucune certitude. Dans ma complainte et la peur d'avoir moi-même pu faire une telle chose, j'en avais oublié certains éléments, faibles, mais qui d'un certain angles changeaient la donne.

"Je ne vous dis pas que j'ai fait cela, mais que j'ai pu le faire, ou qu'on souhaite me faire croire que je l'ai fait et vous le faire croire par mon intermédiaire. Je ne nie pas qu'en cent ans la folie ait pu me prendre par moment, mais mon corps n'a pas bougé, du moins, n'est pas venu ici."

Je me levais, allant chercher le pot tant attendu dans un faible remerciement. Rapidement tout en restant assez délicat, je retournais auprès de mon bureau pour y poser le pot avec un faible sourire, sans le lâcher pour autant.

"Utiliser des ronces est à la fois ironique est judicieux, elle portent le même nom que vous, un nom que je n'aurais pas oublié pendant cent années de sommeil et qui m'aurait hanté, au point que j'utilise ces plantes liées à votre nom de part ma folie. C'était bien pensé, mais j'aurais utilisé des vignes..."

Posant mes gants sur le bois après avoir lâché le pot de la plante, je lançais un regard à Ronce qui affichait une expression forte, mais tout de même peu rassurée...

"Je ne fais en rien de l'humour, j'aurais utilisé des vignes, peut-être même des vignes vierges." Je portais à nouveau mes yeux sur les ronces, commençant à les étudier. "En premier lieu, j'ai dans le sortilège lié mon esprit à... Disons... Certaines choses, qui feraient que mon esprit se serait porté vers une plante commençant au moins par un "V", et "Vi" se trouve être encore mieux; la folie doit bien se rattacher à une source particulière pour exister, et ici c'était tout ce qu'elle aurait eu. En second lieu, la vigne est une plante grimpante bien plus envahissante que les ronces, si j'avais voulu étouffer le pays d'une plante je l'aurais utilisée. Avec ces deux éléments, je vous certifie sans aucun doute que j'aurais utilisé des vignes, et non des ronces, surtout sous la folie. "

La panique est une bien mauvaise chose, et reprendre enfin mes esprit pour détecter les failles me faisait le plus grand bien, à même que je poussais un soupir de soulagement. Lorsque je remarquais que la ronce se pliait sous ma brume bleue, je ne pu m'empêcher de laisser s'échapper un sourire attristé. Après tout, je m'y attendais...

"Regardez cette salle, elle est envahie de plantes, mais presque rien n'y est cassé, la majorité des meubles et tiroirs sont rangés. Je veux bien admettre devenir fou un temps, mais pas si rangé, encore moins rangé et pris par la folie en même temps! Quelqu'un a fouillé l'endroit et a tout remis à sa place, mis à part quelques fioles qu'on aurait voulu me faire croire que j'avais pris moi-même, la preuve, les périmées étaient encore présentent, et j'aurais bien été capable de les différencier, on voulait don-...

Je me taisais. Maintenant que je réfléchissais, je m'emportais dans une explication trop approfondie de la chose que je n'aurais qu'à rédiger une autre fois pour m'expliquer... Cela me fit sourire malgré la situation et je posais mes mains sur le bureau pour m'y appuyer. J'étais bien heureux de ne pas avoir commis tout cela...

"Je ne ferais point de tout cela dans le futur, ne vous inquiétez pas, je n'ai pas commis ces choses moi-même. La folie ne m'a pas poussée à faire cela alors que j'ai passé un siècle proche d'elle, il n'y a aucun risque qu'elle ne m'atteigne maintenant, encore moins après deux longues années de purge..."

La plante ne m'intriguait plus et je la décalais, la laissant au bord de mon ancien meuble de travail. J'en aurais certainement encore besoin plus tard, peut-être m'aidera-t-elle à quoi que ce soit pour retrouver certaines traces... Toujours debout, je me tournais vers Ronce.

"Je vous expliquerais tout une autre fois, à moins que vous ne m'y invitiez de suite par vos questions. Je ne voudrais pas vous embêter plus que cela après toutes vos émotions dans cette salle!"

Alors que la Reine m'avait parlé d'un ton bien différent, je conservais toujours celui que je possédais depuis nos retrouvailles, voulant lui montrer qu'il n'y avait plus rien à craindre et que je restais malgré tout amical.
Mais quand je pensais "rien à craindre", je pensais bien évidemment de moi... Avoir partiellement retrouvé de mon fertilisant dans les ronces n'était en rien rassurant.
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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Sam 23 Aoû - 18:29
Toute cette histoire allait la rendre folle. Son esprit partait d'un point à une autre, d'une théorie à l'autre. Elle ne savait plus quoi penser, quoi dire. La magie n'était pas son domaine et les explications de Merlin avaient plus tendance à embrouiller son esprit qu'à clarifier la situation. Un rire remonta le long de sa gorge et finit par éclater sous le plafond, comme une bulle s'envolant jusqu'à exploser.

Le rire l'habitait toute entière, occultant toute pensée.

Sans savoir comment, Ronce s'était retrouvée au centre de la pièce. Elle se tourna vers Merlin, dans une grande envolée de tissus.

— Je. Ne. Comprends. Rien.

Le rire la reprit, la secouant de spasmes. Ronce finit par inspirer un grand coup pour se calmer. Avec sa coiffure échevelée, ses yeux brillants et le sourire nerveux qui étirait ses lèvres, elle avait tout l'air d'une folle.

— Et je ne veux pas chercher à comprendre. La magie m'est aussi limpide que la théorie scientifique. Je suis reine, pas sorcière ou fée. Ne cherchez pas à m'expliquer, juste... agissez.

La vision de cette végétation lui devenait insoutenable. Tout comme le parfum qui lui montait le dos. Les spores lâchées par certaines plantes avaient du commencer déjà à agir sur son organisme. Ce qui pouvait expliquer sa soudaine « crise ». Ronce recula jusqu'à la porte sentant que, si elle restait davantage, elle finirait par perdre complètement les pédales. Et, en tant que reine, elle se devait de conserver sa dignité.

— Je veux que vous me débarrassiez de tout ça. Si jamais je vois une seule plante de ce genre dans le palais, je... Je vous chasse du palais.

Ronce s'entendait parler, comme si son esprit était détachée de son corps. Elle ne comprenait pas pourquoi sa colère était tant dirigée vers Merlin. Peut-être parce que toutes ses explications lui avaient torturé l'esprit. Parce qu'il lui avait montré que des choses lui échappaient, qu'un ennemi demeurait tapi dans l'ombre.

La migraine la reprenait. Fronçant les sourcils, Ronce sortit de la pièce et rejoignit les couloirs. Il ne lui fallut que quelques pas avant de stopper net et de se laisser tomber sur un fauteuil. Lentement, la reine se massa les tempes, tentant de refouler la douleur qui irradiait dans son crâne.


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Merlin Sylestri

MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Mer 27 Aoû - 22:43
A peine avais-je pensé avoir résolu un problème qu'un autre intervint, bien plus immédiat et d'un certain point de vue plus important. Un rire.

— Je. Ne. Comprends. Rien.

Puis un autre rire.

Notre Ronce avait là tout l'air aux prises d'une faible crise d'hystérie, même s'il n'en était rien... Et pour ainsi dire, je ne savais que faire. Autant la magie naturelle ne possédait aucun secret pour moi, autant la nature féminine posaient de bien grands mystères que je ne saurais expliquer... Ne sachant trop que répondre, je frottais mes doigts entre eux en observant la Reine en pleine crise, crise qui ne me semblait pourtant pas des moins familières avec elle en vue de certaines sautes d'humeurs de son enfance...

— Je veux que vous me débarrassiez de tout ça. Si jamais je vois une seule plante de ce genre dans le palais, je... Je vous chasse du palais.

Je haussais un sourcil.

- Me débara-... Je... Hm...

Mon regard se porta vers le valet qui ne me rendit qu'un faible haussement d'épaules en ravalant sa salive. Je soupirais. Peut-être voulait-elle simplement parler du fait que ces plantes soient si encombrantes, que j'en conservent des échantillons ne devrait pas être un problème... Mais vu l'état de Ronce, mieux ne valait pas lui parler de cela et ne pas faire de supposition trop rapide...

Ordonner tout cela allait prendre un peu de temps, je ne pouvais pas me permettre d'éliminer ces plantes sans en conserver les bonnes parties avec précaution, des espèces uniques avaient peut-être même réussi à se développer grâce à cet alliage de temps et de magie, des espèces orphelines introuvables ailleurs. Ne voulant pas plus porter préjudice à Ronce, j'admirais les plantes présentes tout en protégeant mes orifices respiratoires, et ce malgré un regard quelques peu blasé. Je n'aurais pas pensé tout cela ainsi, quelques différents certes, mais pas de ce genre.

En en arrachant une que -malgré son apparence-, je pourrais qualifier de mauvaise herbe inutile, je m'inquiétais tout de même pour la Reine. Cette crise était peut-être bien le reflet de ses deux premières années au pouvoir, toute une pression qu'elle avait dû subir sans ne rien pouvoir y faire... Lui avoir étalé mes pensées ainsi n'avait peut-être pas été bien judicieux, et je pouvais mettre cet acte peu réfléchi de ma part sur le compte de ma longue absence de cent deux ans; certaines choses auront besoin d'un peu de temps pour me revenir après cette si longue période.

Je laissais alors tomber à terre la plante, sortant d'une de mes poches une lettre d'importance maintenant moindre. M'approchant de mon bureau, je pris l'un de mes outils quelques peu rouillé pour commencer à découper le papier avec application et rapidité, ne voulant tout de même pas prendre trop de temps. Cela fini, j'usais de mon flux bleu avant de sortir de la salle, souriant.

Retrouvant rapidement Ronce, je me penchais vers elle en tendant le bout de mon index sous son visage.

- Regardez, vous vous rappelez?

A l'extrémité de mon index se trouvait un papillon de papier posé sur l'angle qui devait être le bout de son "corps". Ses ailes doubles étaient assez pointues pour celles du haut, mais les bords en étaient soigneusement arrondis malgré quelques faibles ratures que je n'avais pu me permettre de corriger en si peu de temps. La partie basse des ailes possédait, comme j'aimais à le faire, des appendices semblables à des gouttes, bien qu'ici peu réussies...

De mes souvenirs, j'avais fait à Ronce nombre de ces papillons de papier en lui disant de les cacher à ses parents, tels des récompenses. Ils ne demandaient presque rien, le papier était déjà d'une origine végétale, leur seul inconvénient était leur durée de vie si courte... Une heure, deux heures, cela dépendait ce que je me permettais d'y insuffler, mais cela ne pouvait dépasser quelques heures, il s'agissait après tout d'un papillon... Celui qui se tenait sur mon doigt bougeait ses ailes tel un véritable papillon, et je souriais, espérant calmer Ronce et faire remonter en elle un bon sentiment nostalgique de son enfance.

Mais j'espérais aussi ne pas m'être fourvoyé quand au fait qu'elle les aime... En étant plus conscient pendant cent ans, les rêves que j'avais fait à certains moments me semblaient bien plus lucides; même si j'avais conscience de leur virtualité, en cent ans certains faux souvenirs peuvent s’immiscer...
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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Jeu 28 Aoû - 17:10
Ronce loucha sur le papillon. Elle tendit son doigt et la création de papier vint se poser dessus. Oui, cela lui rappelait des souvenirs. De minuscules créations qu'elle cachait loin des yeux des domestiques et de sa gouvernante. Quand ils étaient « décédés », elle les enfermait dans une petite boîte. Boîte qu'elle avait enterré, peu de temps après son réveil, quelque part dans les jardins du palais. Ce geste symbolique lui avait permis d'enterrer son passé. Pour mieux aller de l'avant.

— Merci Merlin, mais vous savez... Je ne suis plus une enfant.

Le cadeau la touchait tout de même, lui arrachant un sourire. La reine se leva afin de faire face à l'ancien conseiller de son père.

— Veuillez m'excuser pour mon comportement. Je vis dans la crainte perpétuelle de voir ce royaume sombrer, à cause de son retard. Mon imagination s'est emballée et j'ai imaginé la France recouverte par ces plantes qu'un... obscur ennemi a peut-être fait naître.

D'un geste de la main, Ronce fit comprendre à Merlin qu'elle ne voulait pas de nouvelles hypothèses sur la question. Elle avait déjà bien assez donné tout à l'heure dans les appartements. Le papillon de papier continuait de battre doucement des ailes, posé sur la main de Ronce.

— Vous pouvez conserver vos plantes, mais... Veillez à les tailler. A leur rendre une taille plus normale. Vous ne pouvez décemment pas dormir dans cette serre !

S'il faisait ça, Merlin risquait de subir à nouveau un long sommeil. Et celui-ci n'aurait probablement aucun réveil.

— Avec tout cela, nous avons oublié l'essentiel. Merlin.

Ronce avait repris sa voix impérieuse de reine.

— Pensez-vous pouvoir reprendre votre ancien poste ? La France aurait grand besoin d'un conseiller.

Ronce pouvait lui ordonner, sans avoir à demander son avis. Elle était reine, elle avait tous les droits. Mais elle voulait entendre, de la bouche de l'homme, une réponse sincère. Elle voulait savoir si le sommeil avait tant touché le sorcier que cela. Ou s'il demeurait sensiblement le même.


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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Sam 30 Aoû - 11:42
— Merci Merlin, mais vous savez... Je ne suis plus une enfant.

Je souriais, me redressant. Bien évidemment qu'il ne s'agissait plus d'une enfant, elle était maintenant âgée d'une centaine d'années au moins, sur le plan moral il n'était plus possible d'appeler quelqu'un "enfant" avec une telle longévité, même si certains fils et filles furent touchés par la malédiction... Je regardais sur le côté, remarquant un point de ce sommeil qui se montrait dérangeant. Ces pauvres petits qui ont dormis cent ans dans une période où leur corps est censé grandir ne subiront-ils pas des séquelles d'un tel sortilège? Pensez de ce point de vue là était horrible mais, si tout ces enfants subissaient des dommages physiques suite à un mauvais développement, toute la populace du futur français deviendrait problématique pour le pays lui-même. J'avais déjà pensé à cela par le passé, et mes pensées venaient de dérailler à nouveau dessus, j'allais encore y penser pour l'heure à suivre au moins...

Écoutant malgré tout Ronce, j'étais heureux d'apprendre que je pourrais conserver mes plantes si peu que je m'en occupais convenablement et je lui lançais un sourire en l'entendant s'excuser pour son comportement maintenant bien justifié.

— Avec tout cela, nous avons oublié l'essentiel. Merlin.

Voulais-je redevenir conseiller, récupérer mon ancien poste auprès de la cour royale? Le ton se voulait bien digne d'une reine, et j'appréciais cela... Je me retournais en passant mes mains sur mon visage, réfléchissant. De ce geste, je me rappelais d'une phrase de Ronce: "toujours à fuir les sujets difficiles en ma présence". Pourtant ce n'était là qu'une question simple censée n'impliquer que moi, et un oui était presque obligatoire... Mais j'avais passé deux ans loin de la cour de manière volontaire, n'ayant vécu qu'auprès du peuple et des ragots, même si j'employais déjà cette technique par le passé... Je ne sais pas même qui est celui qui lui a servi de pilier pour ses deux premières années au trône, ce Friedrich dont je ne connaissais que le nom et quelques rumeurs.

Ma réponse allait tout de même venir, j'allais prouver que d'une certaine manière je pouvais rester le conseiller qui allait devenir à son service, tout comme je fus son tuteur. En plus de cela, je pourrais enfin dire aux hautes personnes ce que je pense, le moment était parfait. Je me tournais à moitié, dévoilant mon visage sérieux. J'avais eu un siècle, même deux ans en plus pour penser à de nombreuses choses que je ne pourrais pas toute divulguer d'un coup.

- Le peuple français s'est réveillé et a subit pendant un siècle une magie surpuissante, avez-vous pensé à mettre toute une tribu de scientifiques sur cette magie et au mieux, si vous vous êtes sentie de la faire, des sorciers de toutes sortes? Il nous faudrait prendre des mesures si cela recommençait, admirez la simplicité avec laquelle tout un pays a été englouti par le sommeil...

Je marchais pour rejoindre l'encadrure de ma porte, montrant les plantes qui dépassaient.

- La France a dormi cent ans, mais concrètement, qu'est-ce qui a dormi? Même si celles-ci sont des cas particulier, les plantes au travers du pays fleurissent toujours, et je sais que certaines d'entre elles ont besoin d'espèces vivantes particulières pour survivre, ce qui signifie que tout les animaux ne dormaient pas. Ou peut-être bien que cette magie confère notre énergie aux plantes pour nous garder endormis tout en leur permettant à elles de grandir? Enfin... C'est pour cela que vous devez faire appel à des inventeurs, des scientifiques, des mages, une magie si dangereuse doit pouvoir être contrée, et l'avancement de ce siècle doit pouvoir nous le permettre.

Conservant mon visage d'un sérieux rare pour prouver que je pouvais l'être, je m'approchais maintenant de Ronce.

- Vous le savez, la magie est incertaine, alors avez-vous pensé à prendre les mesures qu'il fallait après votre réveil? Vous vous êtes souciée du trône, du pouvoir qui vous était conféré, c'est une bonne chose, mais avez-vous pensé à vérifier les dégâts de cette magie incertaine sans parler des ronces? La verdure a poussée, certes, mais au contraire toute la population française a dormi pendant un siècle, sans grandir... Avez-vous pendant ces deux ans fait attention aux enfants, à toutes ces bonnes femmes enceintes? Nous avons dormis un siècle sans grandir, rien ne nous a dit que ce serait sans séquelles...

Je marquais un temps de pause en voulant lui laisser le temps de chercher le problème par elle-même, bien qu'il saute aux yeux dans ce que j'eus dit. Tout de même, je le lui expliquais avec un grand sérieux.

- Trop heureuse d'être enfin sortie de son sommeil, la France a peut-être bien décidé d'oublier ce mauvais temps... Mais nos enfants vont-ils grandir correctement? Vont-ils grandir? Avez-vous tout simplement vérifié s'ils avaient grandis en deux ans? Le nombre de fausses couches de ces femmes qui sortaient de ce siècle de sommeil avec un enfant en leur sein, peut-être a-t-il augmenté. Si la population grandit mal et ne peut plus donner naissance qu'avec difficultés, ce qui n'est pas à exclure, comment la France peut-elle s'en sortir sur la longueur? Tout cela ne s'est peut-être pas dévoilé au grand jour, mais en étudiant les enfants et le reste vous pourriez bien vous rendre compte que cela est possible, et de ce fait trouver de quoi contrecarrer ces problèmes, il y a toujours des solutions tant que l'on connait le problème! ... La magie peut avoir des retombées que l'on ne peut prévoir à l'avance, vous le savez, mais lorsqu'elles apparaissent elles deviennent certaines, certaines et évitables.

Mon front me faisait à nouveau souffrir et de ce fait je reprenais un petit rictus dans un claquement de langue, portant mes doigts sur les stigmates. Je les sentais se rétracter malgré le fait que cela ne soit presque pas visible et soufflais, possédant maintenant un visage bien moins sérieux, plus souriant. Je baissais la tête en signe de révérence, concluant mes paroles.

- Ce serait une joie que de vous rejoindre à nouveau en tant que conseiller, Majesté.
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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Sam 30 Aoû - 16:34
Merlin agissait sûrement avec de bonnes intentions. Mais Ronce avait surtout l'impression d'être redevenue une petite fille qui, à la moindre maladresse, se recevait une punition. A ses oreilles les paroles du sorcier résonnaient comme autant de reproches. La petite fille qu'elle avait été, il y a longtemps, aurait versé des larmes et se serait cachée, quelque part, le temps de réparer un orgueil blessé. Mais la reine qu'elle était devenue devait faire face, et se défendre.

— Je ne peux pas être partout, Merlin. Rappelez-vous que j'ai été seule pendant ces deux ans. Rome ne s'est pas bâtie en un jour.

La reine secoua la main, chassant le papillon de papier qui revint auprès de son créateur. Envolé les jours heureux de l'enfance. C'était une adulte qui parlait à Merlin.

— Faire appel à des mages, dites-vous ? Avec ce qui est arrivé à la France, les sorciers et les fées tâchent de ne plus faire parler d'eux. De peur qu'on pense qu'ils sont tous comme la fée qui a endormi tout ce pays. Rappelez-vous aussi que mes parents n'étaient guère enclins envers la magie. Et tous ces événements m'ont inculqué la crainte de la magie. Moi qui suis novice en la matière, je ne puis faire appel à quiconque, craignant de tomber sur un sorcier ou une fée pétri de mauvaises intentions. Il me faut quelqu'un qui s'y connaisse bien mieux que moi pour cela.

Le regard que la reine posa sur Merlin était on ne peu plus éloquent. Merlin semblait tout destiné à s'occuper de cette tâche qu'il reprochait à la reine de ne pas avoir exécuter.

— J'ai pu constater par moi-même que Ciel a grandi, sans le moindre problème. Il reste encore souvent alité, mais le sommeil semble lui avoir octroyé plus de force. Au moins un aspect bénéfique. Nous avons même eu quelques accouchements, aussi bien parmi les humains que les animaux. Mais peut-être faudrait-il, effectivement, envoyer des domestiques à travers le pays. Mais je pense que s'il y avait eu un quelconque souci de ce côté-là, le peuple se serait lancé dans une chasse aux sorcières.

Les sorciers étaient les premiers boucs-émissaires quand une population faisait face à des phénomènes inexplicables. Reste que, oui, la croissance des plantes demeurait un mystère. Mais Ronce ne s'était pas penchée sur le sujet, désireuse d'aller de l'avant. S'épancher sur le passé n'aurait mené rien de bon.

— Si vous devenez mon conseiller, Merlin, vous devrez vous charger aussi de toutes ces théories magiques que vous avez formulé. Mais j'aurais un droit de regard sur ce que vous menez.

Parce qu'elle était la reine, et parce que sa méfiance en la magie demeurait pleine et entière.

— Cela vous convient-il ?


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Dernière édition par Reine Ronce le Mer 3 Sep - 14:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Mar 2 Sep - 20:16
Je reprenais mon sourire et quittais mon air sérieux pour de bon, voyant là celle qui était devenue Reine. La papillon, faible, vint se poser sur mon épaule.

- Vous voici devenue bien réfléchie et attentive, ce sont de bonnes choses!

Frottant mes mains, je haussais légèrement les sourcils avec un sourire avant d'avancer la tête en prenant une légère inspiration.

- Pire, je trouve que comparé à l'époque dans laquelle je vous ai connu, vous avez pris du répondant, et je me dois d'admirer cela...

Je devais dire non. Maintenant, quelque chose me poussait à dire non alors que j'avais déjà donné ma réponse. Rien de ce qu'elle ne m'avait dit avait pu être ce qui avait pu faire changer mon avis, autre chose entrait en jeu, mais je n'arrivais pas à savoir quoi... Je me retournais, allant de nouveau vers la porte brisé de mes appartements pour cacher mes yeux fermés et fortement plissés que le valet ne manqua pas de remarquer.

- Il va vraiment falloir que je fasse quelque chose pour ces plantes...

Mon front me faisait de plus en plus souffrir, mais il était rarement douloureux à ce point, de ce que je m'en rappelais... J'y amenais ma main, réfléchissant en répondant du tac au tac.

- Oui, tout me convient...

Puis je lâchais mon front, soupirant en relevant mes mains comme pour renverser une table.

- Non, enfin... Non! Je...

Mon esprit commençait à s'embrouiller, je ne savais plus vraiment que penser, que croire, je me trouvais comme dans un état proche d'avant un évanouissement, sans aucune réaction physique pour le moment. Toujours dos à la Reine, je regardais vers le bas.

- Je ne peux décemment pas redevenir votre conseiller... Mais... Oubliez tout de ce que je suis en train de vous dire!

Je ne savais pas clairement pourquoi je ne pouvais pas l'être, je ne savais plus, mais ça revenait... Je pointais alors le valet, commençant à transpirer.

- Vous, allez chercher la garde! Maintenant!!

Le valet s'exécuta, ou peut-être pas, je n'arrivais pas à me concentrer. Je me tournais vers Ronce, un léger sourire aux lèvres malgré ma situation si fulgurante et impromptue. Je n'osais pas m'approcher d'elle plus que cela.

- Je n'ai... Pas le temps de vous expliquer, plus tard... Dès que je m'évanouirais, vous me ferez mettre aussi vite que possible un foulard sur le crâne, qu'il recouvre les marques que je vous ai montrées... Écoutez-moi! Hmph... Vous me ferez enfermer dans une pièce du palais, pas votre chambre, même un cachot conviendrait, un cachot serait.... Parfait... Où que vous me mettiez, des gardes, à chaque entrée, même fenêtres, personne n'entre, surtout pas vous... Ne vous approchez pas de moi!

Ces paroles ne me ressemblaient point, mais je me trouvais dans un tout autre état, presque incapable de me contrôler, et en cet instant je savais ce qui était en train de m'arriver.

Nous pouvons dire que ... Tout homme fait des erreurs... Et je vous ai raconté n'importe quoi...

Sans en dire plus que cela, sans expliquer la situation, je m'écroulais lamentablement au sol en écrasant dans ma chute le papillon de papier posé sur mon épaule.
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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Mer 3 Sep - 15:19
Bon. Soit.

Là ça dépassait tout son entendement. Ronce ne poussa pas même un cri en voyant Merlin chuter. Elle se sentait même étrangement calme. Quand les membres de la garde débarquèrent, Ronce leur ordonna de couvrir le front de Merlin, de l'attacher et de l'amener dans un appartement du palais. Versailles ne possédait aucun cachot. La Bastille était là pour remplir ce rôle, du moins auprès des bourgeois et des nobles. Pour le peuple il y avait d'autres prisons, disséminées dans tout Paris.

— N'oubliez pas de poster un garde dans la pièce même, et deux à l'entrée. Méfiez-vous, il semble victime d'une magie puissante. Ne le tuez pas mais tâchez de l'empêcher de sortir de la pièce. Si jamais il se réveille, faites-moi appeler !

On fit comme la reine l'avait demandé. Merlin fut déposé dans un appartement, attaché au lit même, comme un pensionnaire dans un asile. Un foulard avait été noué sur son front, afin de masquer le charme qui creusait sa peau. Un garde demeura à l'intérieur, tandis que deux autres gardaient l'entrée. Après un hochement de tête, Ronce repartit vaquer à son devoir de reine. Non sans une once d'inquiétude. Merlin était-il devenu fou ?

Citation :
Réponse courte mais je voyais pas quoi mettre de plus. A toi de voir si tu veux continuer, conclure après moi... Comme tu veux !


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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Mar 9 Sep - 22:44
Dans un des appartements de Versailles, quelques heures après l'incident



Lentement, j'ouvris les yeux.

Il me fallut quelques secondes pour comprendre que je me trouvais sur un lit, et mieux encore, directement attaché à celui-ci. Pourquoi? Je ne le savais pas vraiment, mais je pouvais bien malgré mon esprit embrumé émettre quelques hypothèses. Je devais me trouver à Versailles, à en juger par la décoration et le garde presque endormi qui ne remarqua pas mon réveil, garde qui devait être présent pour me tenir compagnie et me surveiller. Certainement plus pour me surveiller que me tenir compagnie... Dans un grand calme et un trop grand sérieux, je baladais mon regard dans toute la salle, ne pouvant que bouger la tête de droite à gauche ou encore à peine la soulever. Mes yeux se portaient parfois vers le garde qui me tournait le dos, visiblement occupé par quelque chose qui attirait son attention à travers l'une des fenêtres de la pièce, me pensant certainement sans danger aucun.

Fermant les yeux, je tentais de me remémorer les évènements récents, ceux qui avaient précédés l'évanouissement, ils se trouvaient souvent êtres flous et cela devait être dû à la libération de mon ancienne mémoire... Souriant, je me remémorais mentalement la scène.

"Ronce, la voici enfin... Ce qui explique ma présence ici... Je me suis évanoui en face d'elle, je n'aurais pas pu faire pire!"

Poussant une grande expiration pour laquelle le garde prit la peine de se retourner un bref instant avant de retourner à son affaire en pensant que je faisais un mauvais rêve lorsque je serrai fortement les dents, je continuais.

"Avant de m'évanouir je lui ai demandé de me ligoter et de me couvrir le front... Hmph, en quelque sorte, ça m'aide... Si j'avais pu oublier le ligotage, ça aurait été bien mieux."

J'ouvrais à nouveau les yeux, les dirigeant vers le garde pour voir ce qu'il faisait, et visiblement il ne bougeait pas pour le moment. Je fit un geste de vague de mes doigts, simple geste de lassitude qui ne fit aucun bruit, mais aussi geste représentant une certaine forme de stress quand à ce qui allait venir.

"Ce n'est pas le moment, il va falloir être patient, pour Viviana... Que tout soit au mieux..."

Sous ces pensées, je laissais couler quelques larmes que je ne pouvais pas même essuyer, des larmes que je n'aurais de toute manière pas voulu essuyer. Il ne s'agissait pas de larmes de tristesse, oh non, mon visage crispé par la colère et la haine en témoignait.

Je serrais la couverture du lit de mes mains, aussi fort que je le pouvais, me préparant à ce que j'allais provoquer une nouvelle fois.

Puis, me crispant dans mon intégralité malgré les liens, je me mis à crier de toute mes forces pendant la minute à venir, hurlant de douleur sans retenue et ne pouvant qu'à peine penser.

Tout cela avant de m'évanouir à nouveau pour de nombreuses heures...



HRP:
 
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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Mer 10 Sep - 14:46
Ronce avait eu beau essayer de se concentrer, rien n'y faisait. L'attitude de Merlin la travaillait, et surtout la poussait à réfléchir. Beaucoup. Beaucoup trop. Toute son attitude, ses soudaines sautes d'humeur, ses élucubrations, tout poussait Ronce à cultiver davantage sa peur de la magie. Le sommeil d'un siècle, couplé au sort qu'il s'était lancé, avait eu raison de son intégrité mentale. Ronce en avait eu la certitude. Quand un des gardes qu'elle avait posté devant la porte de Merlin était venu la voir lui faire son rapport, le doute n'était plus permis.

Merlin était devenu fou.

— Qu'on fasse venir un prêtre exorciste sur le champ !

L'ordre avait jeté un froid, mais avait été promptement exécuté. Le prêtre arriva, quelques minutes après, saluant la reine, qui en fit de même. Même si elle n'était pas une croyante aussi chevronnée que feu sa mère, Ronce respectait ses principes et les hommes d’Église.

— Mon Père, c'est un être bien égaré que je vous demande de sauver. Le maléfice qui semble avoir touché la France lui a laissé des marques bien amères...

Tout en menant le prêtre jusqu'à la chambre, Ronce expliqua les phénomènes auxquelles elle avait du faire face. Elle exclut tout de même la végétation qui peuplait une partie du château. Elle ne souhaitait pas voir Versailles fermé, le temps que le prêtre « exorcise » les plantes impies. Le prêtre écoutait, en hochant la tête, ne montrant aucune surprise. Il avait du voir bien pire cas par le passé.

Les gardes s'effacèrent, laissant passer le duo. Laissant le prêtre sortir ses instruments (en l’occurrence une Bible), Ronce se rapprocha de Merlin, toujours attaché au lit. Non sans laisser quelques mètres entre eux. Ronce préférait jouer la carte de la prudence.

— Merlin, j'ai amené ici Père Mathieu qui va vous aider à retrouver le repos de votre âme.

Du moins, elle l'espérait.


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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Sam 20 Sep - 19:16
- Hmph...

Forçant sur mes paupières, je commençais à reprendre conscience avec un horrible mal de crâne. J'aurais bien voulu me presser le front de mes mains, si seulement elles n'étaient pas attachées au lit sur lequel je me trouvais...

- Oh.... Ah!

Me crispant lentement comme pour m'étirer malgré ma position, je fermais à nouveau les yeux en gémissant, ne cherchant pas vraiment à comprendre immédiatement ce qu'il m'arrivait. La douleur était principalement concentrée sur mon front, et j'y sentais en plus de cela une légère pression extérieure, certainement un bandage fin... Que m'était-il encore arrivé?

- -à retrouver le repos de votre âme.

- Ronce...?

Lentement, je tournais la tête en stoppant tout bruit, plissant les yeux pour discerner la silhouette de la Reine. Après un petit temps, tout me revint en mémoire, et je compris alors lentement ce que je faisais ici, attaché à ce lit. Le bandage me semblait maintenant évident, et mon mal de tête de même... Le choc avait certainement causé une faible perte de ma mémoire, rien de bien grave.

- Le repos de mon âme...

Mon regard se portait vers le plafond une fois me tête tournée à nouveau, droite sur l'oreiller du lit. Je plissais les yeux.

- Je suis mort?

Je regardais de côté les yeux de Ronce avant de hausser les sourcils dans un petit sourire.

- Evidemment que non...

Je soupirais, regardant du coin de l'oeil le prêtre qui se rapprochait de nous pour je ne sais quelle raison.

- Là, je commence vraiment à douter...

Mon malaise n'avait pas simplement provoqué une perte de mémoire courte, certainement aussi qu'un petit malaise me retombait sur la pensée, et je m'en trouvais là quelque peu perdu.

- Mon père, faîtes ce que vous avez à faire au plus vite, nous avons des sujets importantes dont nous devons discuter avec la Reine.

"Si peu que je me trouve bel et bien encore en vie" pensais-je.

Au lieu de fuir le regard de Ronce en tournant le mien vers la fenêtre pour attendre, je la regardais du coin de l'oeil, la suppliant presque d'avancer les évènements.

Je n'avais rien contre la religion, mais je ne voyais que peu l'intérêt de me faire cela, j'avais simplement eu un malaise, je n'allais pas en mourir, si peu que je ne l'étais pas déjà...
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MessageSujet: Re: [Avril 0002] Retrouvailles au bercail   Aujourd'hui à 7:24
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[Avril 0002] Retrouvailles au bercail

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