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 [fin juin 04]Les mouettes n'ont pas de dents

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Zahnfee V. Edelstein
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MessageSujet: [fin juin 04]Les mouettes n'ont pas de dents   Jeu 28 Aoû - 0:43
Deauville.
Un "port-nouveau", comme on dit. Un de ceux que la Reine Ronce a mis en œuvre pour accueillir les quelques navires volants offerts par ce bon vieux Roi d'Espagne. Ça et là s'activent encore les ouvriers grassement payés par le Duc de Morny, le bienfaiteur à l'origine de cette ville neuve qui a poussé en quelques mois comme un furoncle sur la fesse d'une vieille. Franchement loin d'être terminée, cette nouvelle ouverture maritime et aérienne, s'emploie à le compenser.

L'argent.

C'est sans doute ce qu'ont reniflé tous les entrepreneurs de France , de Navarre et d'ailleurs en commençant à y implanter les prémices de ce qui ferait de ce petit village une juteuse station balnéaire. Après les usines et les larges dépôts bondés d'activités, se cachent les boutiques de luxe, les "cafés", les promenades aménagées pour distraire les visiteurs encore peu nombreux.

L'argent.

C’est ce qui permet à la joyeuse bande de pirates du Braille de s'y poser sans trop de difficultés. A moins que ce ne soit encore la magie des passe-droits de ma tendre catin de "Marraine". Notre confrontation est proche. Trop proche. Et je sens la nervosité de la fille de joie qui sert de capitaine me gagner malgré moi. Je lui suis gré d'une certaine liberté d'action bienvenue. Je suis moins sa prisonnière que son passager. Mais je dois avouer que -toute sympathie gardée- j'ai soupé des chemises et des pantalons. Je ne pourrais pas gifler "Marraine" dans cette tenue. Je suis une jeune fille de gout et ma robe est mon armure.
Peut-être sensible à mes arguments vestimentaires -ou au fait de bien emballer son paquet cadeau- L'Albadune, m'a laissé quelques sous pour m'acheter une robe salvatrice, des souliers et un ruban neuf.

L'argent.

C'est lui qui a rabattu le caquet de la vendeuse qui a voulu me chasser de sa boutique , prétextant que j'étais une souillon. C’est lui également qui me permet de muer. Je mire mon image dans le miroir : la coupe est jolie, bien qu'un peu austère. Mais quelque part n'ai-je pas murie? Ne suis-je pas une femme à présent ? J'accroche la flute de Papa à ma ceinture, cachée entre les plis de ma robe. Là, bien avec moi , pour toujours. Je me regarde à nouveau. Le lie de vin sombre de cette soie met en valeur la blondeur de mes cheveux et le nacre de mon teint. Ma taille est galbée par le corset et ma poitrine de femme pure masquée au regard.
Je suis Zahnfee Fatina.
Je suis moi.
Et je te vaincrais , Vassilissa.


La robe en question:
 

Je m'extirpe de la cabine comme un papillon de son cocon. La petite vendeuse me regarde avec ahurissement -Décroche toi la mâchoire, ma chérie, ton râtelier ne vaut pas grand chose- passer la porte de son établissement. Une fois dehors, j'éprouve le besoin de pousser plus loin ma condition d'adulte, de forcer les limites de ma fraiche maturité.
Le vent marin de la fin d'après-midi conduit mes pas vers un café dont je pousse la porte. L'enseigne est comme tout le reste ici, récente mais la décoration semble soignée comme la carte distinguée. Il n'y a pourtant presque aucun client. "Presque" car à la vérité, exceptés le serveur et moi même, il n'y a qu'une personne : un grand échalas, brun comme le trou d'un puits, le regard habité par le fond de son verre de vin. Son visage anguleux donne a penser qu'une pelote d'épingle a raboté son crâne à la diable. Pourtant l'alignement de sa mâchoire forme un angle droit d'une perfection mathématique rare.
Je m'assoie à une table de distance sans cesser de l'observer.
Alors qu'il avale une gorgée de son millésime, je constate une corrosion caractéristique de son émail. Il n'en est pas à son premier verre, c'est une évidence.

Le garçon de café s'approche alors pour prendre ma commande. Très galant, très français.


- Chère mademoiselle, avez-vous choisi ?

Je le regarde.

- Presque. dis-je dans un espagnol mâtiné d'accent allemand.

Je fais alors ce que je n'ai jamais fait. Je heurte ma propre sphère personnelle en me levant pour me planter devant le client inconnu. J'attrape son verre avec une audace qui m'ébouriffe moi même, pour y tremper mes lèvres. Et avant que mon bon sens ne me rattrape, je prends place en face de l'homme aux cheveux de jais.

- La même chose que lui.

L'aplomb. Tout est dans l'aplomb, même si on a les genoux qui tremblent.
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Cezar Roscat
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MessageSujet: Re: [fin juin 04]Les mouettes n'ont pas de dents   Jeu 28 Aoû - 21:57

RP rédigé par Cezar Roscat, roi de Roumanie

    On l’avait envoyé en France. Sous ordre de Roscat, Cezar devait discuter d’affaire quelconque à certains membres de la famille royale. Bien. Pourtant, rien d’important ne se dessinait à l’horizon. Rien. Au final, cette affaire aurait très bien pu se passer de lui, et Roscat aurait très bien pu envoyer n’importe quel conseiller. Il aurait fait l’affaire. Bien obligé de faire quelque chose de ce titre de Roi dont il n’a finalement que le nom, Cezar s’occupait de problème insignifiant, d’affaire inutiles, et de rencontres futiles. Puisqu’il n’était bon qu’à ça.

    Hier, jour de l’entretien avec les importants de France, tout s’était déroulé sans encombre. Aucun problème, et l’affaire en question s’est résolue d’elle-même. Tout se passait tellement vite que Cezar projetait de rentrer au pays plus tôt. A quoi bon s’éterniser dans un pays de retardé ? Il n’avait plus rien à faire ici, il préférait donc rentré. Mais pour faire quoi ? Rien, comme à son habitude.

    Alors il en profite. Puisqu'il n'a rien à faire, il décida de changer ses plans. Il ne resterait pas à Paris, mais s'aventurait dans d'autre lieu français. Deauville. Ville neuve, ville en plein essors. Voilà sa destination. Il n'avait parler à personne de se voyage, seule sa garde le savait, évidemment. Mais elle avait ordre de ne rien dire. Tout devait se passez dans le pus grand calme, et normalement.

    Et pourtant.

    Le début d’après-midi approchait. Bien que toujours accompagné (après tout, on ne laisse pas un roi en liberté dans la nature comme cela), il avait la profonde envie de quitter le quotidien. Souvent, il se demandait qu’aurait été sa vie s’il n’était pas né dans la famille royale de Roumanie ? Et cette fois-ci, il ne voulait plus simplement y penser, mais il voulait le vivre.

    Après avoir sommé sa garde personnelle de le laisser seul dans les rue de Deauville pour le reste de la journée, il décida de sortir dans les rues de la douce France comme n’importe qu’elle personne n’ayant pas une lourde responsabilité sur ses épaules. Exactement.

    Ce n’était pas une chose tellement compliqué, après tout. D’un physique peu remarquable, Cezar pouvait facilement se fondre dans la masse de population locale. Habillé plus simplement qu’à son habitude, mais restant néanmoins toujours tiré à quatre épingles et élégants, il s’en allait désormais dans les rues de Paris, simplement, s’échappant de sa vie habituelle. Il vivait.

    La fin d’après-midi arrivait très rapidement, Cezar se fatiguant, il se posa dans un café typique français. Peu de monde y était, et le calme qui y régnait lui permettrait de réfléchir. Il s’assied à une table au hasard et commanda un vin. Un millésime. Il pouvait se permettre de boire ce qu’il voulait, alors il ne s’en privait pas.

    Le monde partait peu à peu et il finit par se retrouver seul, mais pour peu de temps. Une jeune femme le rejoint dans ce café. Mais, préoccupé par ses pensées, il ne la regarda même pas. Il continuait de réfléchir à propose de cette journée. Elle était magique.

    Personne pour le juger, le regarder, en attendre de lui, en attendre trop de lui. Il était comme libre. Et cela le désolait, car jamais, ô grand jamais, il ne le serait.

    -Si seulement…

    Il murmura. Oui, si seulement il était né simple bourgeois. Mais les ‘si’ n’amélioreront jamais sa condition, et rien que d’y penser, il se sentait de plus en plus mal, et replongeait dans les obscurs tréfonds de sa dépression. Et une gorgée de vin. Bois, tu oublieras.

    Mais quelque chose le fit sortir de son malheur. Oui, une femme, la seule présente ici après tout, vint près de lui, attrapa son verre fermement, et y trempa ses lèvres. Surpris, Cezar ne réagit pas le moindre du monde et se contenta de regarder cette femme. Elle était jolie, avec ses cheveux d’un blond éclatant, et personne ne pouvait le nier. Fine et délicate, le physique jouait grandement en sa faveur. Elle s’assied devant lui et commande elle aussi un verre. Ne s’attendant pas à sa venue, Cezar fut pris de court. Il regarda l’inconnue quelques secondes avant de baisser les yeux pour les planter dans le fond de son verre. Il s’adressa à elle, calmement et poliment, en anglais (sa maîtrise de l’espagnol laissant encore à désirer) non sans un stress intense parcourant ses veines :

    -Bonjour, mademoiselle. Puis-je connaître la raison de votre venue ?

    Gêné, ce genre de situation lui était, après tout, complètement étrangère.



Dernière édition par Cezar Roscat le Jeu 28 Aoû - 22:57, édité 1 fois
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Zahnfee V. Edelstein
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MessageSujet: Re: [fin juin 04]Les mouettes n'ont pas de dents   Jeu 28 Aoû - 22:47
Je plisse les yeux.
L'homme est guindé. Son pouls s'accélère, je le vois déglutir à répétition. Et là n'est-ce pas une goutte de sueur qui coule sur sa tempe ? Visiblement, je brusque ma nature autant que la sienne en m'invitant de la sorte. Et cette pensée me réconforte.
Un peu.


- Bonjour, mademoiselle. Puis-je connaître la raison de votre venue ? fait-il en anglais.
- Je n'en ai pas la moindre idée, lui dis-je du tac au tac dans la même langue.

Et c'était vrai.
Je ne savais foutrement pas pourquoi j'étais venu poser mon auguste fessier dans ce café deauvillois, et encore moi pourquoi je liais conversation avec ce mâle. J'avais éconduit avec justesse chacun de mes prétendants en Espagne -je n'ai jamais eut le gout de ces sangs-chauds volubiles- peut-être parce que j'imaginais attendre l'homme qui m'était destiné. Et il était venu à moi.

Mon Père.

Avant lui, chaque homme me semblait idiot, après lui tous me paraissaient fades.

Je regarde à nouveau l'homme qui me fait face. Son teint -si cireux que j'ai peur qu'il fonde - fait un contraste saisissant avec sa chevelure sombre. Ses yeux son cernés, rougis presque. Il n'est pas heureux. Et ça le rend beau à la manière dont seul le malheur sait sublimer l'être.
C’est peut-être la raison.


- Est-ce un mal ? Je ne sais pas qui vous êtes. Vous ne savez pas qui je suis. Nous sommes deux inconnus attablés à la même table dans un café vide, dans une ville en pleine construction. Nous n'avons ni passé, et pas plus d'avenir. Mais nous sommes là.

Mes yeux gris perce les siens.

- Est-ce important ? Nous sommes libres, après tout.

Quel diatribe futile. La belle philosophe de comptoir que voilà ! Je ne crois pas un mot de mes inepties, mais pourtant je reste là, vissée sur cette chaise par mon culot, attendant qu'il me chasse ou s'invite à mon manège.
Que fais-tu Zahnfee ? A quoi joues-tu ? Est-ce la peur qui t'incite à une conduite aussi désordonnée ? Tu as peur toi aussi, vieille gencive, tu as peur que la partie soit finie ! Vassilissa va te reconduire dans ta cage et tu amuseras la galerie avec tes bonbons.
A nouveau.
Seule.

J'attrape son verre, une nouvelle fois, pour en boire une pleine lampée. Du courage, ma fille, du cran. Ceci est peut-être ton ultime acte de liberté.

- C'est ma dernière nuit. Et vous aviez l'air d'un compagnon tout indiquer pour la passer à mes cotés.


HRP:
 
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Cezar Roscat
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MessageSujet: Re: [fin juin 04]Les mouettes n'ont pas de dents   Ven 29 Aoû - 20:47

RP rédigé par Cezar Roscat, roi de Roumanie

    Alors comme cela, elle n’avait aucune idée de sa venue ? Bien. Cela ne manqua pas de perturber Cezar. Et pourtant, il était persuadé qu’elle devait bien avoir une raison, peut-être inconsciente et qu’elle-même ignorait.

    -Eh bien…

    Tentative complètement raté et inutile de formuler une phrase, mais le sang-bleu n’avait rien trouvé à répliquer. Ni téméraire, ni impulsif et encore moins en confiance, il abandonna cette idée, qui au fond n’allait mener nulle part, de communiquer. Il se contenta de regarder l’inconnue. Elle avait les yeux gris. Et c’était assez fascinant. Un regard transperçant.

    Non ce n’était pas mal. Mais c’était étrange pour lui. Et elle continuait, parlant d’eux et de leur situation, le tout enjolivé par une belle mais vide philosophie. Non, ce n’était pas important. Et non, il n’était pas libre. Devoir surveiller et être surveiller, devoir faire bonne impression continuellement et mentir, ce n’était pas une définition de la liberté.

    -Je suis sûrement moins libre que vous ne le pensez.

    Pourtant, il ne sait rien de ce qu’elle pense. Mais il s’en moque. La présence de cette fille ne lui était ni agréable, ni désagréable. Après tout, la solitude était un de ses fidèles compagnons qu’il avait su apprécier, et même aimer à force de la côtoyer. Mais cette rencontre lui fit oublier sa vie. Et c’était ce qu’il recherchait. Il marqua une pose puis repris.

    -Et vous êtes peut-être moins libre que vous ne le pensez vous-même.


    Peut-être. Peut-être pas. Mais puisque dans ce bas-monde, tout n’est qu’étrangeté et mensonge, cette femme, aussi douce qu’elle puisse paraître, aurait un passé qu’il la rattraperait. Pure imagination de la part du Ri, il toussota légèrement. Il se retint néanmoins. La quinte de toux pouvait attendre.

    Il la regarda boire son verre. Elle ne se contentait pas de tremper ses lèvre, mais elle en bu. Cezar la laissa faire, l’observant par la même occasion. Que diable voulait-elle ? Quelle coïncidence. La dernière nuit ici pour ces deux âmes. Le sang de Cezar ne fit qu’un tour dans ses veines lorsque cette jeune femme semblait évoquer une possible compagnie. Non, cela était impossible. Il ne pouvait pas. Cezar tenta de s’expliquer, tant bien que mal ceci-dit.

    -Je… Je crois que vous vous méprenez… Ce n’est point que je refuse, non, mais…


    Il n’avait envie que d’une seule chose désormais. Dire que c’était impossible, sortir d’ici et rentrez le plus vite possible dans son château en Roumanie.

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Zahnfee V. Edelstein
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MessageSujet: Re: [fin juin 04]Les mouettes n'ont pas de dents   Dim 26 Oct - 10:20
Le camouflet est cinglant.
Je me rends compte à sa mine écœurée, déconfite, de l'implicite signification de mon innocente invitation. Ai-je donc l'air d'une putain ? Comment peut-il croire que je sois à ce point désespérée ? Suis-je donc si pathétique ?

J'étouffe une brusque envie de pleurer. Dans l’œuf. Là, comme ça. Pfiouit! Sentiment mort avant l'heure sous le poids obsédant du contrôle. Sans avenir aucun. L'idiot ! Comment s'imaginait-il pouvoir passer les griffes de cerbère de ce cœur absent ? Le fat ! Cette carcasse est vide, désincarnée, elle ère sans but, sans refuge, sans âme. Je n'ai le droit à aucune émotion, violente ou douce. Je ne m'appartiens pas. Je ne suis rien.
Je suis triste.
Je me dégoute.

Mais j'ai de la fierté. C'est là la seule chose qui m'anime. Ça je le sais.
Je me lève d'un bon, l'air offusqué -à juste titre.

- Pour qui me prenez-vous ? Ai-je l'air d'une de ces femmes de mauvaise vie qui écument les trottoirs afin de s'agripper à un mâle fortuné pour lui soulager l'ensemble de ses bourses ? Regardez-moi ! Regardez-moi bien ! Je suis une femme de bien, une femme de BIEN !

Ma voix s’est étranglée dans les aigus. Formidable. Désormais, en plus d'être une catin, je suis une hystérique. La coupe est pleine.

- Vous gâchez tout, dis-je dans un souffle embué et fiévreux, Adieu monsieur.

Je sors précipitamment du café, les joues en feu, l'air hagard.
Mère m'a abandonnée.
Père m'a abandonnée.
Alice est partie.
Cet inconnu me méprise.
Et le monde me court après alors que que ceux dont je désire l'attention et le regard me dédaignent.

Un pas, puis deux. La cadence s’accélère, les foulées aussi, malgré la robe, et le corset, et les bottines, qui torturent mes pieds. Le pavé défile, les lumières ne sont que des points fuyants à l'aube de mon regard. Riez, riez mouettes futiles. Je reprends possession de moi, je reprends ma liberté. J'arrive comme une trombe au abords des quais,pantelantes et désabusée. Je savoure avec une certaine affection, les humeurs de ce corps éprouvé par l'effort : La sueur qui coule dans mon dos, mes lèvres sèches, ma bouche pâteuse, l'acidité de ma propre salive, la chaleur naturelle des muscles trop sollicités.
Et le sel de mes larmes.

Je regarde la mer en contrebas.

Quelle blague ce serait de voir leurs foutu espoirs réduit à néant. La pirate et son titre, la Marraine et ses lubies, le monde et ses foutaises... Toutes cette comédie pour des prunes. Je peux mourir maintenant en femme libre et leur casser les bonbons à jamais.

Il me suffit juste de sauter...

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Cezar Roscat
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MessageSujet: Re: [fin juin 04]Les mouettes n'ont pas de dents   Dim 30 Nov - 21:13

RP rédigé par Cezar Roscat, roi de Roumanie

    -Non…

    Il n’avait jamais été doué pour tenir une conversation. Il avait d’ailleurs horreur de ça. Auparavant, il avait essayé de faire entendre sa faible voix, mais enchaînant les silences, Cezar a fini par ne plus parler, du moins, ne plus parler librement comme le font tous ces gens. Ces brèves conversations sans aucunes contraintes restaient rares. Celle-ci s’était mal déroulée. Puisque force de ne plus converser avec un illustre inconnu, il ne savait jamais quoi dire, jamais quoi faire, et prenait toujours la mauvaise décision. Et il se retrouvait a essayé de s’expliquer, de s’excuser, d’arranger la situation comme il le pouvait.

    Elle s’enfuit.
    Il reste seul.

    Pourtant, dans un rare élan soudain, le roi s’élança à la poursuite de cette femme, déposant juste au préalable quelques billets sur sa table pour régler sa note et la sienne, surement trop d’ailleurs, mais il avait trop d’argent et pas assez de temps.

    S’efforçant de ne pas perdre la jeune femme de vue, Cezar s’essaya de la suivre. Il entreprit d’aller le plus vite car il savait pertinemment qu’il ne tiendrait pas longtemps en course. Il manque de trébucher. Il accélère sa course, sa respiration se fait de plus en plus haletante. Si seulement il pouvait tenir ces foutus efforts plus longtemps. Il avait juste envie de s’arrêter. Après tout, pourquoi se souciait-il du sort de cette inconnue ? Ce n’était pas comme si il allait la revoir un jour. Comme si son sort l’importait. Mais de la voir regarder la mer ainsi… Bien que la scène ait une certaine dimension romantique, presque sacrée, elle semblait déterminée à sauter. Alors Cezar éleva sa voix, comme pour essayer d’attirer son attention.

    -Mademoiselle, attendez !

    Arrivé au niveau de la jeune femme, il s’arrêta un bref instant, et repris un peu son souffle.

    -Je… Je tenais à m’excuser pour ce que j’ai pu dire à l’instant…

    Il espérait qu’elle pourrait le pardonner, mais il espérait l’avoir arrêter dans ses actes inconsidérés. Quand bien même cela ne suffirait pas, il était déterminé à changer la donne.

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MessageSujet: Re: [fin juin 04]Les mouettes n'ont pas de dents   Ven 5 Déc - 18:17

Une fée passait dans les environs, enveloppée dans une cape d'invisibilité. Ses yeux rieurs cherchaient une proie, une âme avec laquelle jouer. Son sourire étincelle à la vue des deux êtres. Retenant son rire pour ne pas être découverte, la fée murmure quelques mots. Le charme opère, tandis qu'elle disparait, aussi légère qu'une pensée.

La fée a modifiés vos dons le temps de ce RP.

Zhanfee crache désormais des friandises quand elle s'énerve. (Une façon subtile d'user de douceurs en guise de censure) Cezar se voit doté d'une force surhumaine, lui permettant de soulever de lourdes charges. Libre à vous de subir cet effet tout le long du RP.



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Zahnfee V. Edelstein
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MessageSujet: Re: [fin juin 04]Les mouettes n'ont pas de dents   Lun 15 Déc - 21:31
Tu t'égares, ma fille.
Moi ? Mourir ? Plutôt crever ! Enfin façon de parler. Je vais leur en faire voir à ces crevures, tous autant qu'ils sont. Je serais la carie qui pourrira tout leur râtelier, jusqu’à les faire vomir de douleur. Marraine, Pirate, Père,... Je...

-Je… Je tenais à m’excuser pour ce que j’ai pu dire à l’instant…

Je me retourne pour découvrir l'autre ahuri. Il m'a suivie, le bougre ! Son jolis minois et son regard triste me donnent brusquement envie de faire craquer ses os sous ma botte. Pauvre petit caramel mou....

- J'éspère bien que vous allez copieusement vous rependre en exc... c...c...

Quelque chose racle le fond de ma gorge. Une pelote d'épingles semble vouloir remonter mon œsophage et franchir mes lèvres. Je tousse, je m’étouffe, je m’étrangle ! Une flopée de confiseries s'expulse de ma bouche : bonbons, sucettes, bouchées...
Toutes au caramel.
Un sorcier ! C'est un sorcier ! Il m'a jeté un sort ! Il a lu dans mes pensées !

En me débattant avec ma logorrhée sucrée, mes pieds ripent sur le bord de la jeté. Mes bras font de vains et ridicules moulinets dans le vide avant que l'attraction terrestre ne fasse son oeuvre. L'eau froide me cueille avec une violence glacée.

Et brusquement mon cerveau m'envoie un signal, ouvrant un petit tiroir dans mes souvenirs confus.

Je ne sais pas nager...
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Cezar Roscat
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MessageSujet: Re: [fin juin 04]Les mouettes n'ont pas de dents   Mar 23 Déc - 21:49

RP rédigé par Cezar Roscat, roi de Roumanie

    Elle le sermonna. Elle semblait vraiment énervée. Et elle en avait toutes les raisons. Tandis que la jeune femme commençait ses remontrances, Cezar ne disait mot et la regarda, les yeux néanmoins légèrement baissé. Puis elle toussa. Mais sa toux ne s’arrêta pas, et elle continua de s’étouffer vivement, en tentant d’extirper ce qui pouvait bien la gêner. Quand elle recracha enfin l’objet de sa gêne quelle ne fut pas la surprise de Cezar d’observer quelques friandises sur le sol. De la magie donc ? Probablement. Mais son attention se reconcentra vite sur la jeune femme. La voyant faire de grand geste et reculer inconsciemment peu à peu vers le bord de la jetée, Cezar tenta de l’avertir.

    -Mademoiselle, attention !

    Mais c’était déjà trop tard. Elle glissa et atterrit quelques mètres plus bas dans une qui, bien que l’été approchait, ne devait être guère chaude. Le roi s’approcha du bord et se baissa pour contempler la scène. Et il ne lui fallut que quelques brèves secondes pour comprendre que la demoiselle en question ne devait probablement pas savoir nager. Elle allait probablement se noyer.

    Et c’était dans cette perspective que Cezar fit une chose qui était, pour sa personne, inconsidérée. Prenant un vague élan, il plongea dans l’eau, sans réfléchir aux possibles conséquences de son acte. Comme il l’avait prédit, l’eau n’était que très peu chaude. Mais heureusement pour lui, il savait nager, ou du moins vaguement, le nécessaire pour remonter à la surface. Le réel problème restait de se dégager de la mer, lui, mais aussi la jeune fille, bien évidemment. Et ce n’était pas chose évidente. Elle ne devait pas être bien lourde, certes, mais Cezar n’avait que très peu de force à sa disposition.
    Mais il essaya tout de même, et l’attrapa vivement dans l’eau et essaya de la remonter, elle et lui.

    Et, étrangement, il accompli cet acte sans le moindre problème. Porter le corps de la jeune femme et se hisser jusqu’au bord de la jetée lui parut tellement simple.

    Une fois les deux êtres sains et saufs, Cezar repris le souffle qu’il avait perdu, au final plus à cause des émotions que de l’effort. Il déposa doucement la jeune femme sur le sol, puis retira sa veste trempée pour être en simple chemise. Tout cela lui avait donner un coup de chaud.
    Il s'enquit cependant de l'état de sa comparse.

    -Tout va bien?


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Zahnfee V. Edelstein
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MessageSujet: Re: [fin juin 04]Les mouettes n'ont pas de dents   Jeu 25 Déc - 16:29
L'eau s'engouffre, glacée, dans ma gorge et obstrue mes narines. Je me débat, vainement, comme un éléphant dans de la mélasse. Le velours pourpre de ma robe s'alourdit, me traine vers le fond. Mon coeur rue, s'énerve, s'excite. Il gaspille mon énergie, ma vie qui s’effiloche à chaque mouvement désordonné.

Je suis une épave.
Une arche vide à la dérive, sans voiles, sans rame, avec ma seule colère comme capitaine.
Ferme les yeux Zahnfee.
Ferme les yeux et tout ira bien.

Mon palpitant ralentit la cadence. Il est fatigué, moi aussi.
Le voyage s'arrête ici.
Adieu Papa, Adieu Alice, Adieu Chester.
Adieux.

**************************************************

Zahnfee ne prit en rien la mesure de l'acte héroïque de son sauveteur. Inerte, les poumons gorgés, elle ne respirait plus. Elle ne réagit pas à sa question et le laissa pantelant d'inquiétude et tout mouillé face à sa totale inconscience.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: [fin juin 04]Les mouettes n'ont pas de dents   Jeu 12 Mar - 23:48
La noyade malvenue de la blonde allemande alerta les badauds. On s'empressa autour du corps pour observer la suite des évènements. Les humains sont tels des charognards : toujours à tourner en rond autour d'un cadavre, affamés de chair morte. Il fallut que les gendarmes s'en mêlent pour faire reculer la foule. Un gendarme entreprit même de réveiller la demoiselle – il avait l'habitude des noyades, souvent provoquées par des chutes après des soirées avinées. La foule poussa un unanime soupir de soulagement quand la demoiselle reprit connaissance. Les gendarmes veillèrent, tout de même, à l'amener auprès d'un médecin, afin de s'assurer de son état. Quant à son sauveur improvisé, il semblait s'être évaporé.

RP clos suite à la demande d'un des participants.


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MessageSujet: Re: [fin juin 04]Les mouettes n'ont pas de dents   
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[fin juin 04]Les mouettes n'ont pas de dents

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