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 [00] Charmeuse Scandinavie

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Empereur Elias

MessageSujet: [00] Charmeuse Scandinavie   Lun 1 Sep - 0:59
Une froide pluie tombait intensément depuis plusieurs jours. Enfin, comment pourrions-nous dire que c'était des jours: Les nuages couvraient le château d'une noirceur simulant le soir depuis que la tempête avait pointé son nez. Des jours sombres pour une année sombre: Une année de guerre et de mort pour la famille royale. Pas qu'un membre de sa famille n'est été directement touchée: Elias ne l'aurait pas permis. Mais il ne peut rien pour ceux qui ne sont pas encore officiellement de son entourage.

Et malheureusement, un avenir radieux s'était terminée dans la froide extinction de la vie. La promise de son fils, assassinée par jalousie. Elias avait déjà prononcé la sentence pour la meurtrière, mais avant il voulait une dernière discussion avec la jeune femme. Car là où il aurait lui même prononcé la peine capitale, il avait choisit de la gracier par l'exil. Bien que souvent, il savait que l'exil était parfois plus cruel pour quelqu'un né dans ce pays, surtout quand beaucoup tueraient pour le privilège d'y vivre.

Et quand même, il devait lui parler. Car Elias était un homme d'action, un homme qui préférait faire les choses lui même. Quand Elias condamne quelqu'un, il exécute lui-même.

Elias entra dans la pièce où on avait enfermé la sorcière, gardée par des membres de la troupe personnelle d'Elias.
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Ursula

MessageSujet: Re: [00] Charmeuse Scandinavie   Lun 1 Sep - 7:06
C’était l’hiver et le temps commençait à devenir quelque peu capricieux. J’étais heureuse. J’avais décidé de quitter mon temple un instant pour m’aventurer dans les méandres du village voisin. Je quittai rarement mon édifice, car si les villageois me voyait flâner dans leurs rues, ils paniquaient et allaient se réfugier chez eux. On ne peut croiser le chemin d’une déesse. Pour plus de discrétion, j’enfilai ma cape et pris le chemin du village. Le sentier boisé sentait la menthe enneigé et mouillé. Il avait neigé quelque jour plus tôt pour laisser place à une pluie froide. Une fois arrivé à destination, le tumulte de la vie résonna dans mes oreilles. Les marchands hurlaient la qualité de leur tissus ou la saveur de leurs poissons. Les femmes parlaient entre elles et dévisageaient les passants. Une rumeur semblait naître au cœur de la ville.

Sur la place du village, un attroupement se formait. Je dus jouer des pieds et des mains pour me faire un chemin vers l’objet de toutes les convoitises. Une missive royale stipulant que tous hommes ou femmes ayant aperçu la Sorcière des Mers, devraient la livrer aux autorités.
Je pris peur. Qu’avais-je fait de mal pour mériter une missive royale ? Bientôt mon capuchon ne parvint plus à me cacher au regard des curieux. On reconnut mes traits. On hurla que la sorcière avait tué une future princesse.

De toute ma carrière de faiseuse de contrats, je n’avais jamais tué une personne de sang royal. Ces accusations étaient infondées et stupides. Mais le peuple ne savait pas ce qui se passait au sein du temple et s’imaginaient toutes sortes de chimères. A leurs yeux, j’étais une cannibale sans cœur et sans âme, une quelconque fille de Loki. J’apportais le malheur, mais ils avaient besoin de moi et ils étaient terrifiés.

Ils ne dirent rien quand ils me virent courir, reprenant le chemin de ma maison. Les gens savaient qu’ils ne pouvaient rien contre une sorcière bénie des dieux. Mais je devais néanmoins me préparer à recevoir les troupes royales. Je ne parvins pas à passer les portes du village. Des soldats de l’empereur m’attendaient de pieds fermes.

« Et bien messieurs, quelle triste journée, n’est-ce pas ? »

« Êtes-vous la Sorcière des Mers ? »


« Quel vilain surnom, vous ne trouvez pas ? Mais oui c’est bien moi, Ursula. Que me faut l’honneur de la présence de la garde impériale ? »

Ils ne dirent rien et m’empoignèrent les bras. Une longue marche me séparait du palais impérial. Durant tout le trajet, aucune parole ne fut prononcé, seuls les pas sur la terre mouillée troublaient le silence. Le Hildegarde Castel se dressa fièrement devant moi, après trois longues heures. Pour exprimer la puissance d’Elias, on ne pouvait faire mieux. Le palais était gigantesque et impressionnant.

« L’empereur Elias va vous recevoir. »

La voix rauque et dure d’un garde emplit la pièce dans laquelle nous nous trouvions à présent. Spacieuse, ornée d’or et d’enluminures nordiques, je me sentais presque mal à l’aise. La porte s’ouvrit sur un homme grand et blond muni d’une canne dorée sertie de pierres. L’Empereur Elias en personne.

« Votre Majesté. » dis-je ne m’inclinant.

Les gardes firent de même.

« Je ne voudrais pas paraître impolie, votre Majesté, mais je voudrais bien savoir ce que me faut cette escapade loin de chez moi. »


Dernière édition par Ursula le Sam 6 Sep - 16:24, édité 2 fois
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Empereur Elias

MessageSujet: Re: [00] Charmeuse Scandinavie   Lun 1 Sep - 23:39
Elias avait fait mettre des bûches dans la cheminée de la pièce. Le château était parfois humide en hiver, surtout lorsque un redoux inattendu se pointait. Mais le foyer aurait aussi une autre utilité dans ce cas présent.

Il avait allumé lui même le feu. À partir de ce moment, il allait procèder lui même à toutes les étapes de cet exil. Jusqu'à ce que l'accusée quitte cette pièce.

La place commençait à se réchauffée et l'humidité avait laissé place à l'odeur caractéristique du pin que l'on retrouve si communément dans cette région du monde. Une odeur que l'on ne retrouve nul part ailleurs, une odeur scandinave. L'atmosphère était confortable, presque trop chaleureuse pour la situation. Et c'est exactement ce qu'il voulait, un dernier regard à ce que les exilés ne retrouveront jamais.

Et il attendit que la condamné entre, ce qui ne prit pas tant de temps que ça. Il avait espérait que ce ne soit pas long. Et il valait mieux pour ses soldats.

« Je ne voudrais pas paraître impolie, votre Majesté, mais je voudrais bien savoir ce que me faut cette escapade loin de chez moi. »

-"Vous savez parfaitement que je ne vous ai pas reçu personnellement pour vous demander de faire cesser la pluie. Je ne suis pas un homme qui à peur de choquer, ainsi serai-je direct: Vous avez été accusée et condamnée formellement pour meurtre d'une noble de haut rang et future membre de la famille royale par alliance avec le Prince Jarl de Scandinavie. Étant donné les circonstances, vous serez bannie du Royaume de Scandinavie, sentence qui sera de vigueur 1 semaine à partir du moment où vous quitterez ce château et se poursuivra jusqu'à votre mort. Vous devrai donc vivre en exil sous peine de mort. Si vous d'autres questions, excuses ou explications à me fournir, faites le maintenant. Je vous invite aussi a vous asseoir près du feu. Vous ne partirez d'ici que lorsque j'en aurez ordonné les gardes."

Le feu dans le foyer commençait à faire des braises alors que le temps passait et qu'Elias attendait la réaction de la sorcière. Il espérait que cela ne prenne pas trop de temps, mais il devait faire un exemple de chaque personne qu'il condamnait lui-même.
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Ursula

MessageSujet: Re: [00] Charmeuse Scandinavie   Mar 2 Sep - 6:19
La sentence tomba et la situation devenait délicate. Je n’avais jamais touché un noble de toute ma carrière de sorcière. Il devait avoir une erreur, on m’avait sûrement piégée.

« L’arme du crime, vous l’avez toujours ? »


Des éléments de réponses semblaient se former dans mon esprit. Si mes soupçons étaient fondés, j’aurai beaucoup de peine à faire entendre mon innocence.

Le feu crépita dans l’âtre. Le feu et moi, nous n’étions pas amis. Néanmoins la pièce devenait trop chaleureuse pour une jugement de la sorte. On ne traite pas les exilés avec autant d’attention. On respirait la Scandinavie à plein nez. Mais je n’étais pas dupe. L’empereur, dans sa cruauté, voulait que cet instant reste marqué en ma mémoire comme celui de mon dernier moment sur la terre qui m’a vu grandir.

Les gardes me fixaient de leurs grands yeux bleus, comme une criminelle.

« J’ai fait de nombreuses choses dans ma vie, mais tuer une noble, ça jamais. Je vous demanderai de bien vouloir me relâcher, votre Majesté. »

J’étais le parfait bouc émissaire. Je tuais des gens et c’était une aubaine pour le peuple de pouvoir mettre un nom sur celle qui avait osé s’en prendre de près à la famille royale.
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Empereur Elias

MessageSujet: Re: [00] Charmeuse Scandinavie   Ven 12 Sep - 20:10
La femme, même si elle était accusée de meurtre et qu'elle semblait vouloir se défendre, semblait assez calme aux yeux d'Elias. Même presque trop, cela ne semblait pas pour lui qu'elle n'avait jamais rien fait de mal. Plutôt qu'elle ne croyait pas avoir fait ce mal parmi d'autre.

Mais ce n'était pas une accusation, c'était un énoncé de sentence. Les jeux étaient fais.

« L’arme du crime, vous l’avez toujours ? »

-"Nous l'aurions si vous l'aviez eu sur vous. Mais nous avons des preuves circonstancielles suffisantes pour vous inculper de ce crime. Celles ci ont été reconstituer à partir des différents témoignages qui nous ont été fait, et nous avons relié plusieurs crimes à votre mode opératoire, dont celui qui concerne la noble en question."

L'Empereur voyait que la mise en scène faisait effet sur la sorcière.

« J’ai fait de nombreuses choses dans ma vie, mais tuer une noble, ça jamais. Je vous demanderai de bien vouloir me relâcher, votre Majesté. »

-" Si vous croyez ne pas l'avoir tué, c'est simplement que vous n'avez pas fait la distinction. Il a été déterminé que vous avez probablement tué plus d'une personne. Peut-être ne voyez vous plus de différence entre ceux que vous tuer. Ils ne sont que des morts a vos yeux. Pour ce qui est de sortir d'ici, nous n'en sommes pas encore là. Il y aura peut-être reconsidération de votre peine après aveux ou explication de votre crime. Pour l'instant, vous ne passerez pas un coin de ce château sans être accompagné par un garde, sous peine d'exécution à vue."

Elias voulait la faire parler plus. Il préférait des aveux et l'Empereur attendrait de voir si il pourrait la faire parler.

-" Alors, qu'avez-vous à dire?"
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Ursula

MessageSujet: Re: [00] Charmeuse Scandinavie   Ven 12 Sep - 21:32
Je ne pouvais en croire mes oreilles. Cette petite garce de Thalia m’avait dénoncé pour sauver sa peau. Je ne pouvais qu'espérer qu’elle se dénonce, chose qu’elle ne ferait jamais. Pour la première fois depuis bien longtemps, je n’avais aucune idée de comment m’en sortir.

La seule idée qui me parvint à l’esprit fut de charmé l’empereur. Personne ne résistait à mon pouvoir, pas même un dragon. Mais après réflexion, user de mon Charme pourrait aggraver mon cas. Je finirai ma vie sur l’échafaud comme tout bon meurtrier.

« Je n’ai jamais tué personne. J’aide les gens qui en ont besoin. Je n’ai jamais porté la main sur qui que ce soit. Pas même une petite noble écervelée, obnubilé par les fastes de la cour. Si ma peine doit être reconsidérée, je l’attends. Mais jamais je ne passerai aux aveux. Je vous répète que je n’ai tué personne à la cour. Je préfère mourir en héroïne que de me faire accuser pour un crime que je n’ai pas commis. Je suis peut être une sorcière, mais je ne suis pas une menteuse. »


Les gardes remuaient à mes côtés. Mon discours percutant semblait les faire réfléchir et la poigne de leurs mains autour de mes bras se fit moins forte. Ils regardaient Elias avec un regard dérouté tel des enfants ne savant pas discerner le bien et le mal. Je la tenais peut être ma chance.

« Et vous, qu’en pensez-vous ? Mon destin est-il entre les mains des hommes ou est-ce que je mérite mieux ? »


Le soldat auquel je m’adressais fronça des sourcils. Sa bouche s’ouvrit sans que rien n'en sorte. Il était en présence de l’empereur mais mes paroles le faisaient fléchir en ma faveur.

« Je…je… je ne sais pas. Ce n’est pas mon devoir de traduire en justice les criminels. »

« Êtes vous à ce point idiot ? Je n’ai rien fait, espèce d’avorton. »

Il hocha la tête timidement. Je levai les yeux au ciel, me demandant ce que devais être l’armée d’Elias sur le champ de bataille si elle était déroutée par une pauvre sorcière de ma condition. Je me levai, offrit un beau sourire aux imbéciles en armures et m’amusai à toucher au mobilier dorée de la salle.

« Quelle chance de pouvoir vivre ici. Du sang sur ce si bel ouvrage, quel dommage vous ne trouvez pas ? »

Je reposai un chandelier sur sa commode respective.

« Réfléchissez à ce que vous faites avant d’envoyer voler vos sentences. Elles pourraient tomber dans des oreilles bien dangereuses. »
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Empereur Elias

MessageSujet: Re: [00] Charmeuse Scandinavie   Lun 29 Sep - 2:32
Les gardes semblaient mal à l’aise. La Sorcière avait-elle décidé d’user de son charme sur eux? Ce que Elias voyait, c’était que la sorcière bougeait avec une nouvelle confiance et n’était plus sous l’emprise des gardes. Elias se doutait bien qu’elle prendrait cette liberté.

« Vous tuer? Je n’ai pas à vous tuer. Vous n’êtes pas une menace ni à mon règne ni à ma vie, malgré vos paroles. Il y a bien pire que la mort dans ce monde. La mort n’est qu’un outils pour acheter la paix d’esprit contre ceux que l’on craint. Vous serez exilée. Ceux qui découvriront votre identité voudront votre mort, ceux qui vous verront hors de ce pays sauront votre misérable destin. Jamais vous ne sentirez l’odeur du bois de ce pays, jamais vous ne verrez les eaux glaciales de nos fjords à nouveau. »

Il regarda ses gardes à nouveau un instant. Il savait exactement quoi faire pour éviter qu’ils ne se prennent d’amitié avec cette femme de nouveau. Elias leur donnait l’une des meilleures conditions de vie du monde connu et ces pauvres idiots étaient près à laisser passer cette chance pour une criminelle. Elias savait appliquer sa plus grande tactique à tout moment, et il ne se gênerait pas : Il faut tout donner à un peuple, jusqu’au point où ils auront tout à perdre si ils décidaient de se rebeller et rien à gagner. Maintenant, il fallait leur montrer qu’ils avaient tout à perdre.

-« Soldats, faites entrer les gardes à l’extérieur. Ils auront beaucoup à apprendre de cette leçon. »

La Sorcière, marchant et parlant, c’était approché du foyer, peut-être sans s’en rendre compte. Peut-être instinctivement. Les gardes extérieurs entrèrent, portant le nombre à 6, dont un de ses haut-gradés. Elias espérait au moins qu’à 6, l’effet de foule les empêcherait de faire les faibles.

-« Ursula, vous êtes donc condamnée à l’Exil Royal. Jamais un feu ne vous réconfortera plus, jamais vous ne rechercherai quelconque chaleur pour vous remémorer les doux souvenir de votre pays. Vous ne penserai jamais à rien d’autre que ce jour où vous avez pris la décision de commettre ces crimes. Partout dans le monde, les gens reconnaitront la marque. »

Il prit le bras d’Ursula par surprise. Sa poigne était puissante, et il agenouilla rapidement la sorcière devant le foyer. Il préférait se dépêcher, car nul n’est à l’abris d’un sort de charme. Il ne regarda ni ses yeux, n’écouta rien de ce qu’elle pouvait dire : en un instant, le feu du foyer irradiait d’une étouffante chaleur. Il envoya son bras complètement dans les flammes et en ressorti une barre de fer blanchie par les braises. À son extrémité, il y avait un seau impérial recouvert d’un énorme X : La marque de ceux qu’Elias exilait lui-même pour haute trahison. Du même geste avec lequel il avait sorti le fer, il écrasa la marque ardente sur le bras de la sorcière.

-« Vous auriez dû faire attention à qui vous lanciez vos menaces. Je n’ai pas l’habitude de pardonner, mais vous n’avez rien fait pour vous attirer ma pitié. »

Il regarda ses soldats, en leur lançant la femme. Une odeur horrible de peau et de chaire brûlée flottait maintenant dans l’air, les tissus humains déjà noirs sur le fer qu’il lança dans le feu de nouveau.

-« J’espère de vous que vous aurez compris la leçon. Vous avez tout à perdre de me désobéir. Votre famille, votre richesse, votre citoyenneté : Même un chien à plus de droits qu’un traitre. Pansez sa plaie et traînez la dehors. Elle ne quittera pas le château la tête haute. »
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Ursula

MessageSujet: Re: [00] Charmeuse Scandinavie   Dim 5 Oct - 1:15
Une peur panique m’envahit quand il rapprocha mon bras de l’âtre. Mes yeux angoissés cherchaient de l’aide, mais les gardes ne prêtaient plus attention à mon cas. L’empereur leur avait fait très clairement comprendre qu’ils n’avaient plus intérêt à me venir en aide.

Je sentais la douleur à travers mes veines. Le feu détruisait tout sur son passage et ma peau fondait sous le joug d’Elias. Je hurlais et seul le silence de mort qui régnait dans la salle me répondit. Elias ne flanchait à aucun moment et me regardait me tordre de douleur. Je le haïssais de tout mon être. Comment pouvait-il me juger sans aucune preuve mise à part la parole d’une jeune sirène venue de nulle part ?

Toujours est il que mon innocence ne comptait pas à ses yeux. Mes antécédents de sorcière laissaient apparemment des traces indélébiles à ses yeux. Les corps de mes victimes gisaient désormais au fin fond des abysses. Je ne faisais qu’aider mes semblables.

Des larmes perlaient sur mes joues et les gardes me prirent les bras pour m’emmener loin de chez lui. Avant qu’ils m’emmènent, je regardais le scandinave droit dans les yeux.

« Vous êtes vous aussi comme un chien à mes yeux. Cruel, méprisant, injuste. Vous ne méritez pas votre titre. Vous êtes un bâtard à qui on a placé une couronne sur la tête. »

Pour accompagner mes paroles je lui crachai dessus. Dans mon geste, je mis tout la haine, tout le mépris et tout le dégoût que m’inspirait cet homme. Et les gardes me sortirent de force de la salle dorée.

On me traîna à travers les couloirs, les gens m’insultaient et riaient. Ils étaient méprisables. Un guérisseur brava les regards pour venir soigner mon bras. Mais je ne voulais pas qu’il me touche, il obéissait à Elias.

« Ne me touchez pas, vous allez empirer la situation. »

« Laissez moi faire. Je n’aime pas non plus ce que fait notre empereur avec les exilés. »

Il me sourit. La foule des gardes armés surveillait le moindre de ses gestes, mais tout à coup les hommes d’Elias s’écartèrent sur un géant. Un monstre de muscle avec une énorme cicatrice sur son œil droit. Son air imposant et ses yeux bleu nuit le rendaient intimidant.

« Poussez vous bande de crottes à merde. »

Tout le monde en Scandinavie le connaissait. C’était Leif, le fils de Ferguson, le briseur de crânes. A côté de lui, Ferguson n’était qu’un danseur de gigue. Leif était une brute, un véritable monstre de chair et d’os. Il se nourrissait de la peur de ses victimes. Et comme la plupart des hommes de main d’Elias, je le détestais.

« Qu’est-ce que la petite catin des côtes fout ici ? Virez la moi du plancher. »

« Je dois la soigner avant tout. »

C’est avec sagesse que le guérisseur osa répondre à Leif. Mon cœur palpita quand les yeux bleus de Leif devinrent rouges. On racontait qu’il avait de violent excès de colère et que sa première femme, une certaine Thyra l’avait quitté. On le l’avait plus revu depuis 20 ans.

« Ecoute moi bien petit garnement, les gars comme toi qui bouffent des plantes et qui vivent au fond des bois, je les décapite sur le champ. Alors tu vas la soigner et tu vas enlever sa gueule de morue pannée loin de ma vue. Compris ? »

Leif me regardait avec férocité.

« On se connaît ? Tu ressembles à cette incapable de Thyra. Cette chienne des mers, la plus grosse empotée que j’ai jamais vu. Heureusement, elle est partie avec son petit bâtard de gosse dans son ventre et ses petites affaires. Et par Odin, la mer l’a avalée toute crue. Et son gamin avec. »

Ses éclats de rire firent résonner les parois. Tout le monde tremblait comme des feuilles. Les regards des femmes de chambres étaient bizarrement attirés par le parquet. Le guérriseur, ayant fini sa tâche, me remercia de ma patience et me souhaita une belle et longue vie, et je savais que même avec ses encouragements ma vie serait loin d’être belle. En effet, je ne vivrai que de vol et de maigres revenus. La marque des exilés me collerait à la peau comme la peste. Je ne pourrais faire confiance à personne.

Leif me prit par les bras et me traîna vers la sortie.

« Fais gaffe à toi, que je revois plus ta sale face de sorcière dans les parages. T’as de la chance que notre empereur t'ai chassée parce que sinon je t’aurais violée et je t’aurais jetée à pâture à mes hommes et ce avant ton exécution publique. »

Sans le savoir, je venais de faire la connaissance de mon père.

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Empereur Elias

MessageSujet: Re: [00] Charmeuse Scandinavie   Dim 26 Oct - 14:37
La Sorcière quitta la salle enragée. Elias avait vu ce spectacle souvent. Une condamnation à mort amène normalement l’acceptation et la résolution à un terrible destin, une fin inévitable, mais aussi une consolation à la vue des souffrances qui cessent et des tourments qui se calmeront. Mais l’exil est autre chose, c’est vivre une vie de rejet et d’exclusion, une vie à souhaiter la fin de la sentence, à souhaiter un avenir meilleur malgré le désespoir de savoir que c’est maintenant impossible.

Elias resta un moment près du feu qui crépitait dans le foyer de pierre. Les gardes qui n’avaient pas quitté la pièce avec la sorcière ne savaient pas trop ce qu’ils devaient faire maintenant. Ils étaient incommodés par l’odeur nauséabonde, eux qui n’avaient pas combattus lors des différents combats qu’Elias avait inévitablement dût mener pour acquérir son royaume. Seul l’un d’eux avait assisté au jour où il avait obtenu sa couronne.

-« Dites-moi, l’un de vous pourrait me dire comment j’ai été couronné? »

Les jeunes n’osaient pas parler. Ils avaient entendus des histoires, des rumeurs, et aucun d’eux ne savaient quoi croire comme histoire. Mais aucun n’osait dire qu’on lui avait mis une couronne sur la tête, de peur de subir le même sort. Même le plus haut gradé ne voulut pas dire l’histoire qu’il connaissait, mais plutôt parce qu’elle était teintée de sang.

-« Votre supérieur ici pourra vous dire que j’ai pris cette couronne sanglante de la tête de mon père après avoir éliminé tous les héritiers potentiel au trône de mes propres mains avant de réunir la Scandinavie par la force ou par diplomatie. N’oubliez pas ce détail la prochaine fois où vous voudrez réfléchir à un ordre. Maintenant, sortez. »

Elias s’approchait de la fenêtre afin de voir la sorcière jetée hors du château par les gardes. Cette sorcière deviendrait un exemple parmi le peuple et l’armée de Scandinavie.
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Ursula

MessageSujet: Re: [00] Charmeuse Scandinavie   Dim 26 Oct - 18:39
Les gardes me répudièrent hors de l’Hildegarde Castel, me laissant comme une pauvre paysanne aux portes du palais. Elias ne savait ce qu’il avait provoqué. Mais il allait bientôt le savoir. Et ce, plus tôt qu’il le pensait. J’y mettais ma main à couper. A ce moment là, je perdis tout espoir de rester sur ma terre natale. L’empereur avait parlé. La sorcière devait partir.

L’odeur de peau brûlée m’accompagna durant mon chemin du retour. Les paysages qui défilaient autour de moi. Et la haine s’intensifia. Je ne savais pas ce qui l’avait pris de me traiter de la sorte, comme une criminelle. Mais cet acte resterait à jamais gravé dans mon cœur. Et sur mon bras.

A peine arrivée dans le village proche de ma grotte, les regards des passants se faisaient craintifs et moqueurs. La rumeur avait sûrement atteint tout l’empire et a cette heure-ci, la nouvelle de mon exil devait avoir touché la Norvège. Je regardais d’un regard noir et plein de froideur les scandinaves se trouvant sur ma route. Des étrangers.

« Qu’est ce que vous regardez, bande de mollusques. »

Je pris un air hautain et plein de fierté. Je me devais de montrer que ma puissance et ma vengeance terrasserait tout sur son passage quand je reviendrais. Mais quand arriverait ce jour béni ? Jamais, sans doute. Je devais arrêter de me faire des illusions. J’étais un ombre parmi les lueurs de l’aube.

« Je suis peut être exilée, mais je suis toujours votre sorcière, espèce de gueux. »

Un murmure lancé dans le vide. En réalité, je n’étais plus rien à leurs yeux. Ou peut être un misérable chien, ainsi que pensait le misérable souverain de cet empire corrompu. Tellement de rage bouillonnait en moi. Je haïssais le monde entier.

« Un jour viendra où vous me reverrez. Et ce jour sonnera la fin de votre vie, misérables petites créatures. »

***

Mon temple taillé dans la falaise était un symbole. Celui de mon statut de Déesse de l’écume. J’éclairais la route et la vie de nombreux pêcheurs des environs. Tous me vouaient un culte sans borne. Et je me sentais flatté devant toutes ces prières qui m’étaient adressées. Le fait que les hommes comme les femmes n’osaient pas me regarder en face de peur d’être foudroyés. Et tous les colliers de perles et de coquillages placés sur son autel où trônait une statue de pierre à mon effigie. Une femme entourée de vagues. J’aimais cette représentation. Elle me rappelait à quel point j’étais importante aux yeux des autres. Mais en l’espace d’une journée cette statue ne signifiait plus rien. Elle était redevenue une simple pierre représentant une femme au milieu d’une tempête.

Ce soir là, je la contemplais sous la lune froide. Je la pris dans mes mains, des larmes coulant sur la pierre froide. Je la mis dans ma besace de cuir qui allait accompagner mon chemin pendant les années futures. J’avais réussi à reprendre de justesse le Poignard des Profondeurs qui avait servi à Thalia, des poches de Leif. La montagne de coquillages qui contenaient tout ce que j’avais toujours possédé gisait sur le sol de granit. Je m’amusais à les piétiner un à un, dévoilant au passage un nuage d’âmes.

« Vous êtes libres partez donc vers le Valhalla. Je vous remets aux mains des dieux. »

Puis je me dirigeai vers la mer, qui envoyait ses vagues avec rage contre les rochers. Ran compatissait avec moi et déversait sa colère envers la terre. Je sortis le Poignard des Profondeurs de ma besace et me trancha la paume. Mon sang coula dans la marée noire et je murmurai des paroles en scandinave ancien. Puis je me mis à hurler.

« Je te maudis Elias, l’empereur dragon, toi et toute ta lignée. Je souille votre nom sous la pâleur de Máni, la déesse lunaire. Et je jure sur Ran que ma vengeance sera terrible. Je le promets. »

Des éclairs zébrèrent le ciel et frappèrent la mer en plein cœur. Les dieux avaient parlé.


FIN
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MessageSujet: Re: [00] Charmeuse Scandinavie   Aujourd'hui à 17:18
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[00] Charmeuse Scandinavie

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