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 [001] Le Lièvre et les Haricots

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Jack Madgreen
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MessageSujet: [001] Le Lièvre et les Haricots   Lun 1 Sep - 21:48
Les arbres le noyaient totalement. Jack avait beau regardé en direction du ciel, il ne voyait rien, ni le doux bleu du ciel, ni l’éblouissante lumière du soleil. Le noir régnait en maitre dans cet endroit isolé de toutes autres formes de vie. Les craquements des feuilles sous ses pas étaient la seule chose qui l’accompagnait dans ce voyage vers l’inconnu, avec le doux murmure du vent et les quelques cris sauvages qui retentissaient de part et d’autre de l’étendue noirâtre.

Pourtant, il n’avait pas peur. Son regard parcourait le sol sans relâche, un sourire niais aux lèvres. Seul son besoin intarissable de connaissance importait pour le moment. Cela faisait des années qu’il tentait de la contenir, de la maitriser, souvent en vain, et, depuis qu’il avait franchi la barrière qu’était cette forêt, il se sentait prêt à pouvoir accomplir n’importe quoi en un claquement de doigts.

Son sac en jute sur son dos et sa belladone entre ses deux mains tremblantes d’excitation, il voyageait, presque à quatre pattes, le nez posé sur le sol. Chaque morceau de feuille, de tige, de bourgeon, d’écorce ou encore de champignon l’intéressait passionnément. Sa folie verte pouvait enfin se libérer.

- Eh ! Mais je m’en souviens de cette plante-là ! J’en avais une comme ça chez moi ! criait-il au vide, encore et encore, sans jamais s’arrêter.

Jamais il ne s’était aussi vivant que dans cet endroit. Posant son regard sur la cime des arbres, il se mit à tournoyer sur lui-même, sa belladone en main, ne sachant pas comme exprimer autrement sa joie réprimée depuis tant de temps.

- Ah, qu’est-ce qu’on est bien ici, tu ne trouves pas, maman ? demanda-t-il en fixant sa fleur avec un regard attendri. Tu étais contre l’idée de venir ici, mais tu n’arriveras pas à me cacher que cela te plait autant que moi, si ? C’est même par ici que tu es née, tu imagines ? Que demander de plus… si ce n’est encore plus de plantes !

Il avait fini sa phrase par un rire convulsif qui relevait plus de la folie que de la véritable joie.

Sa marche sans but l’emmena encore plus profond dans cette forêt, où l’étau noir de l’obscurité se resserrait de plus en plus autour de lui. Une rivière coulait là, limpide et au courant doux. Rien qui n’aurait pu paraître extraordinaire au commun des mortels, mais Jack la fixait pourtant avec admiration.

- Maman, maman ! Tu as vu ça ? dit-il en pointant la rivière du doigts. Regarde comme c’est si beau ! Tu en avais déjà vu, toi, du temps où tu habitais par ici, avant qu’on se connaisse ? Si je m’en souviens bien, c’est une rivière, mais il faudrait que je m’en assure… Tu as un peu soif ? Il y a de l’eau qui coule, et on peut la boire ! J’en profiterai pour un peu regarder ce qu’il pousse autour ! Tu ne trouves pas que c’est une chouette idée ? De toute manière, je commençais aussi à avoir un peu soif, alors autant s’arrêter pour nous deux en même temps…

Ne résistant pas plus à la tentation de se rapprocher du cours d’eau, il se lança à grand pas vers sa nouvelle destination, sa belladone collée contre son corps bouillant d’excitation.

Une fois arrivé à bon port, il déposa ses affaires et sa fleur adorée sur une pierre et se précipita vers l’eau. Tendant ses deux petits bras, il plongea ses mains, en forme de creux, pour essayer de contenir le plus d’eau possible. Ses bras se replièrent lentement, pour ne faire tomber aucune goutte, et apporta le tout près de sa bouche, qu’il but goulument.

- Mmmh, murmura-t-il, un sourire aux lèvres et les paupières closes, elle est vraiment bonne… Ce serait parfait pour maman !

Reprenant encore une fois le liquide entre ses mains, il l’amena avec une prudence démesurée à sa fleur chérie, qu’il abreuva avec la délicatesse d’une mère à son enfant.

- Voilà, je pense que cela devrait suffire, déclara-t-il, le regard satisfait. Ca t’irait si on restait encore plus longtemps ici ? Marcher tout ce temps m’a littéralement épuisé !

Prenant appui sur ses coudes, il se coucha à côté de son sac et regarda encore une fois le ciel, qui était maintenant visible. Le vent se frottait encore et toujours aux feuilles épineuses des arbres, produisant un doux son qui commençait à le bercer, lentement, sur son lit de terre.

- Mais qu’est-ce que… ? demanda-t-il en entendant un bruit venant de l’autre rive, d’un ton qui trahissait un certain stress. Il y a quelqu’un ?
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Pitt
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MessageSujet: Re: [001] Le Lièvre et les Haricots   Mar 2 Sep - 20:54
 
La nuit était fraîche, l'automne était toujours là. Le mars de la troisième saison. Pitt s'était rendu en Angleterre pour un certain nombre de choses... La veille, il se trouvait à Londres. Mais il apprit via des journaux qu'une dizaine de personnes sont mortes dans un village proche à proximité d'une forêt. Et bien sûr, comme il ne comptait pas rester encore trop longtemps sur cette grande île qu'est la Grande-Bretagne, il décida d'aller récupérer les morts.
 
Une charrette mise sur le chemin terreux du cimetière entouré d'arbres de la forêt, déjà la moitié des corps sans vie y avaient été déposés. Ce jardin des gens endormis se situait caché derrière quelques mètres de végétaux, comme si le fait qu'il soit éloigné des habitations ne rassurait toujours pas les habitants.  Ce point n'importait que peu pour l'équipage et leur chef. Les pilleurs de tombes seront plus tranquilles, cachés derrières les ombres devenues squelettiques par la perte de leur chair feuillue. Cette scène donnait un air bien effrayant, quelques lanternes éclairaient et dévoilaient les ombres travailleuses de leurs propriétaires déterrant ceux qui devaient reposer en paix reclus dans les racines denses. Au loin, les superstitieux pourraient croire à des monstres vivants dans la forêt... venus se repaitre des restes laissés sous terre.
 
La travail touchait à sa fin, le soleil devint de plus en plus éblouissant. Pitt avait ramené un corps bien trop décomposé pour servir, mais il ne comptait pas l'emmener. Mais comme il s'était lassé de regarder l'ouverture des coffres de sapin, il avait décidé de faire tournoyer un cadavres plus léger. Plus léger pour jouer dans les airs. Le Lièvre faisait danser le corps encore plus léger que celui des femmes qu'il comparait aux fleurs. Cependant, les membres n'étant pas de la dernière fraîcheur -inutile de parler de l'odeur- finirent par rompre. Un bras resta dans la mains du proxénète, alors que le reste s'en était allé dans le fond de la forêt. Le cimetière se trouvait être juste avant une pente plutôt raide, manque de chance, le cadavre démuni d'un bras avait disparu en bas. Des pensées du proxénète s'échappèrent dans le vide de l'air.
 
- Ahaha... je vais devoir aller le chercher.
- Mais le soleil est levé, on doit partir avec les corps.
 
Pitt regarda son subordonné, lui sourit et retourna en direction de la descente. L'homme n'ayant pas convaincu son patron se mit à aider les autres à déplacer la charrette, il savait qu'il ne servirait à rien de dissuader son employeur... ce dernier ne l'écouterait pas. L'important était de partir des lieux, ils reviendront vers le Lièvre une fois avoir emporté les cadavres. Quelques uns restèrent à proximité, au cas où. Le Zeppelin n'était pas loin, et Pensée arriva sur le lieu du repos désormais peu reposé. La femme à la robe tricolore gardait un mouchoir en tissu sur le nez -essayant de ne pas gâcher son rouge à lèvres-, l'odeur n'étant pas des plus agréable. Pourquoi était-elle ici ? Eh bien, elle trouvait que les hommes prenaient trop de temps. Et rester dans les parages ne lui plaisait pas, elle donc décidé d'essayer de les faire se dépêcher. La femme lâcha un long soupir quand elle vit son employeur entrer dans l'ombre de la forêt. Bientôt elle ne perçu plus la silhouette du pilleur de cadavres, ce qui lui fit accélérer le pas.
 
Pitt descendait tranquillement la pente terreuse et rendue glissante par les morts végétales, des feuilles aux couleurs rappelant le feu. Il riait, descendant en s'amusant, s'appuyant à des troncs lorsque sa marche lui offrait une petite glissade. Après quelques minutes, il entendit le son de l'eau. Puis le cris de Pensée qui venait de trébucher et d'être emportée par les cadavres aux couleurs de l'automne, calmée une fois arrivée au bout de sa chute. Une rivière coulait devant elle, mais un morts fraîchement déterré et aussi squelettique que les arbres qui commençaient à perdre leurs feuilles. Chose qui fit crier la fille de joie, ainsi elle n'entendit pas qu'on avait parlé. Reculant en se traînant elle percuta Pitt qui riait aux éclats en voyant la scène, il releva tout de même Pensée.
 
- Voyons, quelle est cette tenue ?
 
Lorsque le regard d'émeraude du proxénète se leva vers le cour d'eau, il vit que quelqu'un était de l'autre côté. Ses mains terreuses laissèrent quelques traces sur la robe jaune, violette et noire de sa fleur du pays des merveilles. Pensée gardait un appui sur son employeur, la chute l'avait menée dans tous les sens, et ses chaussures avaient malmené ses chevilles.
 
Le mort déterré gisait toujours au sol, la main restante baignant de le liquide frais de la rivière.
 
Pitt prit son grand sourire détraqué, et rit avant d'enfin répondre au garçon en face.
 
- Sauf si je me trompe, mais il n'y pas "quelqu'un"... Il y a "moi" et "elle" ainsi que "lui".
 
Il avait désigné Pensée et le cadavre tout en parlant. La fille de joie, faillit emmener le pilleur de tombes au sol. Le Lièvre la retenu, sans comprendre comment une glissade qui avait l'air si amusante ait pu la blesser. Puis la prostituée fit parvenir des mots dans les airs.
 
- Il me semble un peu jeune pour se trouver seul au milieu d'une forêt...
- Et bien, si ça l'amuse... Tant que j'ai mes futurs habitants ça me va.
 
Le proxénète retourna ses iris d'absinthe sur le garçon, ce dernier lui aussi blond aux yeux verts apparemment, puis il étira à nouveau ses lèvres.
 
- C'est impoli de ne pas se présenter.
 
Pensée était exaspérée, espérant que son employeur puisse vite se lasser afin qu'elle puisse retourner au Zeppelin, loin des tombes et surtout pouvoir se laisser tomber dans son lit. Pitt, lui, reprenait ses habitudes, il venait de se lasser de ce pourquoi il s'était aventuré dans la faune végétale. Tout ce qui s'était passé depuis la chute n'aura au final servi à rien.
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Jack Madgreen
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MessageSujet: Re: [001] Le Lièvre et les Haricots   Mer 10 Sep - 18:27
Un sourire illumina le visage de l’enfant. C’était la première fois qu’il voyait une personne venant de l’ « extérieur ». Elle ne lui inspirait que des bonnes impressions, rien que par sa tenue et sa manière de bouger, un charisme et une présence qui auraient pu faire pâlir toute la royauté en un seul regard. Et puis le regard du jeune garçon passa sur l’homme qui se plantait à côté d’elle. Un homme fort et impressionnant qui semblait être plus agréable à côtoyer que le paradis lui-même. Du moins, c’était ce qu’il croyait dur comme fer.

Ce fut avec des étoiles plein les yeux qu’il fixa la drôle de scène qui se déroulait devant lui. Il ne comprenait absolument pas ce qu’il se passait, au vu de la distance qu’il l’empêchait d’entendre clairement ce qu’ils prononçaient chacun de leur côté, mais quelque chose dans son esprit lui soufflait que tous deux l’avait remarqué.

Le regard de l’homme se posa alors sur le gamin et sa bouche s’agita, comme pour demander quelque chose à l’enfant.

- … présenter, comprit finalement Jack en forçant vraiment pour les entendre.

Ce seul mot réveilla en lui son envie intarissable de rencontrer ces nouvelles personnes.

Reprenant son sac à dos et sa belladone dans les bras, il se leva difficilement et entreprit de traverser la rivière à pieds. La profondeur était vraiment ridicule et l’orphelin parvint à aligner les pas l’un après l’autre sans trop de difficultés, malgré les quelques occasions qui le forcèrent à s’arrêter pour ne pas tomber la tête la première.

- J’arrive ! cria-t-il en levant la main vers les autres êtres humains.

Rien que cette simple parole lui donna encore plus envie de se rapprocher de l’autre rive, augmentant encore l’allure à laquelle il avançait, à ses risques et périls.

Une fois qu’il atteignit la terre ferme, son pantalon brun était trempé jusqu’aux genoux et de grosses gouttes tombaient tout autour de lui, débarrassant à l’occasion de la terre qui s’était incrustée sur son bas. Tenant toujours sa fleur de la main gauche, il frotta tout son corps poussiéreux pour essayer d’être le plus présentable possible.

Redressant une derrière fois son dos, il marcha fièrement vers les inconnus qui lui faisaient face. Ses pas martelaient le sol avec la puissance d’un petit enfant et son regard était aussi perçant que celui d’un lièvre*.

Lorsqu’il arriva face à face avec ces gens, son cœur fit un bond et son corps se mit à trembler d’excitation. Il dût s’y prendre de maintes fois pour réussir à faire partir ce sourire excité de son visage.

- Bonjour ! déclara-t-il simplement pour commencer. Je m’appelle Jack, tout simplement ! On m’a donné le nom « Madgreen »** parce que j’adorais tout ce qui touchait aux plantes et tous les autres végétaux ! Et vous ?

Sa dernière phrase fut encore ponctué par son éternelle sourire dérangé qui le caractérisait si bien.

Ne leur laissant même pas le temps de répondre, son regard tomba sur le corps qui trainait par terre, juste derrière lui, attiré par l'odeur qui s'en dégageait.

- Il va bien, lui ? demanda-t-il en montrant du doigts le cadavre. Parce qu’il n’a pas l’air de vraiment être en forme et il commence à sentir mauvais ! Il a beau mettre sa main dans l’eau, je ne pense pas que cela fera partir toute la mauvaise odeur… Enfin, je ne sais pas, moi. Je dis ça comme ça.

Ses yeux s’illuminèrent alors, comme si la raison s’imposait enfin à lui.

- Attendez, j’ai une idée ! dit-il avec un grand sourire.

Tout son corps se retourna entièrement, en direction du corps, et se mit en marche pour atteindre le mort. Une fois près de la chose, il poussa avec toutes ses forces le macchabée dans l’eau, le tout en bouchant son nez du mieux qu'il pouvait, sa belladone juste à ses côtés. Un nouveau sourire illumina sa petite bouille d’enfant.

- Voilà, c’est comme ça qu’on doit prendre un bain ! cria-t-il à la chose qui flottait sur l’eau. Ne t’éloigne pas trop, hein, on ne sait jamais où le courant peut te mener !

Fier de son initiative, il se retourna encore une fois, un rictus heureux sur tout son visage.

- Alors ! Où en étions-nous ? demanda-t-il toujours avec la même expression.

Spoiler:
 
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Pitt
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MessageSujet: Re: [001] Le Lièvre et les Haricots   Mer 10 Sep - 21:51
Cet enfant, était particulier. Pensée ne cachait pas son appréhension à rester en compagnie de ce jeune garçon, bien sûr son employeur était des plus perturbés... Mais elle le connaissait, ceci pouvant la rassurer en quelque sorte. La fille de joie restait accrochée au Lièvre, essayant de trouver appuie.
 
Pitt, parfois secoué par les manques de force de sa fleur tricolore, écoutait à moitié ce que le garçon lui disait. Il n'avait retenu que ce qu'il avait cherché à savoir : le nom de cette personne. Jack Madgreen, s'il n'avait pas entendu de travers.  Le proxénète le regardait d'un air lassé, son esprit se demandait déjà comment remonter la pente par laquelle il était venu. Elle était bien trop raide et glissante pour retourner au cimetière.
 
Pensée fronçait les sourcils de manière non sévère mais plutôt inquiète, l'enfant se dirigeait vers le cadavre. Il n'avait sans doute jamais vu de mort pour penser qu'il était juste sale. Le pilleur, soutenant sa fleur du pays des merveilles, eut un air étonné puis son sourire aurait pu lui déchirer les joues. Il tomba dans une crise de rire. S'efforçant de rester sur ses pattes pour garder Pensée sur pied. Son regard avait quelque chose de sinistre, chose très rare.
 
- J'ai égaré mon jouet, maintenant il est cassé. Ce n'est pas de la crasse, ce sont des fissures. Et ces fissures-là ne peuvent disparaître.
 
Des ricanements s'échappaient de ses lèvres étirées en croissant fou. Il les calma en les transformant en quelques gloussements. Le Lièvre de Mars faillit retomber en folie cependant Pensée le tira un coup par l'une des bretelles pendantes de son employeur. Il la fixa d'un air boudeur.
 
- Où on étions-nous ?
 
Pitt observa les alentours, puis reprit de son expression de coutume.
 
- Nous sommes dans une forêt, jeune garçon Jack. Avant, moi et Pensée étions dans un cimetière.
 
La prostituée se tourna vers son maquereau, tirant sur la chemise blanche de l'homme aux yeux d'émeraude. Elle lui dit d'une voix discrète :
 
- Je crois qu'il voulait savoir qui nous sommes...
 
Le pilleur de tombes la regarda un instant sans rien dire, puis tourna ses prunelles brutalement sur le garçon. Se désignant ensuite de sa main libre.
 
- Je m'appelle Pitt. Et elle, c'est Pensée. L'une de mes fleurs.
 
Le Lièvre de Mars ne s'était pas encore lassé, ce personnage venait de mettre à l'eau son partenaire temporaire de jeu. Et puis, cette personne ne semblait rien connaître de l'état des corps après leur mort. Il ne savait pas ce qu'il manquait. Certes, lors de l'ouverture d'un cercueil, l'odeur semble exploser dans les narines et même imprégner l'ensemble du corps. L'impression de puer jusqu'aux os. 


- Que fais un enfant seul dans les bois ? Tu ne viens quand même pas du village de là-haut ? 


Il montra du doigt le haut de la pente couverte d'arbres, prenant garde à ne pas laisser tomber sa fleur dans la terre. Le proxénète essayait de ne pas se laisser aller à d'autres pensées ou à d'autres rires incontrôlables. Il se lâcherait plus tard.
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Jack Madgreen
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MessageSujet: Re: [001] Le Lièvre et les Haricots   Mar 18 Nov - 9:12
Jack planta ses yeux émeraude dans les pupilles de la jeune femme qui lui faisait face, à tel point que cela en devenait dérangeant. Ses membres tremblaient légèrement à la vue d’une si belle fleur, comme il n’en avait jamais vu. D’un pas très peu assuré, il se rapprocha d’elle, toujours son regard se dardant sur tous les aspects de la jeune et jolie personne.

Une fois que son corps fut à proximité, il s’élança sur celle qui attisait sa curiosité, enlaçant tout ce corps de ses petits bras d’enfant.

- Alors, c’est donc comme ça que sont les fleurs, à l’extérieur ? questionna le jeune garçon avec des étoiles plein les yeux. J’ai vraiment cru que tu étais humaine, au départ, mais tu es en fait une fleur ! Quelle belle surprise ! Je t’avais déjà trouvée jolie, mais, là, tu l’es encore plus ! Tu n’as ni racine ni couleur verte ? Est-ce normal ? Ou bien les as-tu caché derrière ces vêtements ? Dis, s’il te plait, je pourrai regarder après ? Juste quelques minutes, le temps de toucher et d’admirer cette beauté végétale qui te constitue.

Le jeune garçon n’avait pas arrêté de frotter sa tête contre tout le corps de cette jeune femme, comme un enfant condamné à attendre avant d’ouvrir son cadeau tant attendu. Jamais il n’avait senti de sensations pareilles, cette douceur, cette chaleur, mais quoi de plus normal que cela appartienne à une fleur, symbole de la perfection et de la beauté ?

L’adolescent se tourna alors vers l’homme qui accompagnait la fleur et sourit à pleines dents.

-Pitt, c’est ça ? commença le jeune garçon du seul œil qui n’était pas caché par les vêtements de la femme. Euh, bien, en fait, je viens de ce petit village, mais je l’ai quitté pour faire de nouvelles découvertes ! Pas question que j’y retourne, non, je ne veux pas ! Ma maison est remplie de feu et je ne veux pas y aller, non !

Jack avait fini par crier ses dernières phrases, avec un ton qui laissait percevoir sa détresse profonde. Sa tête se blottit alors encore plus dans les pans des vêtements appartenant à la jeune femme.

- Aussi ! rajouta-t-il après avoir tenté de maitriser les quelques tremblements qui agitaient son corps. Comme as-tu fait pour avoir une fleur pareille, si douce, si belle ? Est-ce que tu l’arroses souvent ? Tu utilises beaucoup d’engrais ? Est-ce que tu l’as cueillie comme ça ou bien est-ce toi qui l’a transformé comme ça ? Tu serais prêt à me la donner ? En échange, je te fais pousser toutes les plantes que tu veux, je te jure ! J’ai un don pour ça.

Un sourire incontrôlable ponctua son visage, fier de pouvoir parler de ses dons et espérer que ceux-ci suffiront à se lier d’amitié avec l’homme et sa fleur.

- Oh, tu veux que je te montre ma plante, aussi ? demanda Jack avec un encore plus grand sourire. Je vais la chercher !

Le jeune garçon quitta l’endroit douillet dans lequel il s’était niché et courut chercher sa belladone, dans son pot en céramique parfaitement nettoyé. Il la prit délicatement entre ses mains, caressa du dos de la main les feuilles si vertes, et se dirigea vers Pitt, en arborant fièrement son pot fleuri.

- Voilà ! s’écria Jack. Je te présente ma maman… C’est la plus jolie, tu as vu ça ? Regarde ses feuilles magnifiques, ses baies si juteuses qu’on aimerait y croquer même une seule bouchée – Je ne te le conseille pas, sauf si tu as vraiment envie, alors, là, c’est toi qui vois -… C’est vraiment ma maman la plus belle…

Son regard se perdit encore une fois dans la noirceur des baies, absorbant son âme d’enfant en extase devant cette beauté maternelle et végétale.

- Tu pourrais m’emmener loin d’ici, aussi ? J’ai envie de découvrir toutes les fleurs, mais je ne sais pas par où commencer… Tu veux bien ?

Jack déposa sa belladone à ses pieds et se précipita sur le jeune homme avant de l’enlacer avec toute sa petite force. Le jeune garçon planta ses yeux dans ceux de son nouvel ami et sourit à pleines dents en enfonçant sa tête dans les vêtements de celui-ci.

Jamais l’adolescent n’aurait cru que se faire des amis serait si facile.
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Pitt
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MessageSujet: Re: [001] Le Lièvre et les Haricots   Mar 25 Nov - 22:34
Surpris par le comportement du jeune inconnu. Pensée avait tiré à plusieurs reprises sur la chemise de son employeur lorsqu'elle devait se retenir afin de ne pas tomber, dans son état l'équilibre lui faisait quelque peu défaut. Pitt, lui, surveillait le jeune Jack.
 
- Alors, c’est donc comme ça que sont les fleurs, à l’extérieur ? J’ai vraiment cru que tu étais humaine, au départ, mais tu es en fait une fleur ! Quelle belle surprise ! Je t’avais déjà trouvée jolie, mais, là, tu l’es encore plus ! Tu n’as ni racine ni couleur verte ? Est-ce normal ? Ou bien les as-tu caché derrière ces vêtements ? Dis, s’il te plait, je pourrai regarder après ? Juste quelques minutes, le temps de toucher et d’admirer cette beauté végétale qui te constitue.
 
La prostituée adressa un regard encore ahuri au Lièvre, ce dernier riait.
 
- Il te couvre de compliments, n'a-t-il pas raison ?
 
-Pitt, c’est ça ? Euh, bien, en fait, je viens de ce petit village, mais je l’ai quitté pour faire de nouvelles découvertes ! Pas question que j’y retourne, non, je ne veux pas ! Ma maison est remplie de feu et je ne veux pas y aller, non !
 
Le pilleur cessa de rire. Le sourire qui avait disparu avait laissé place à un autre plus sinistre tout en étant amusé.
 
- Il est vrai que le feu n'est pas accueillant pour ceux qui ne compte pas se faire rôtir.
 
On aurait dit que la catin trimbalait son enfant dans ses jupons tant le passionné de plantes se mêlait à sa robe. En pensant à cette image, le visage du Lièvre retira l'amusement. Un regard vide, trop sérieux, trop ailleurs tout en restant lié aux mémoires, animait maintenant les traits de l'homme aux yeux d'absinthe. La situation qui le distrayait devint agaçante.
 
- Aussi ! Comme as-tu fait pour avoir une fleur pareille, si douce, si belle ? Est-ce que tu l’arroses souvent ? Tu utilises beaucoup d’engrais ? Est-ce que tu l’as cueillie comme ça ou bien est-ce toi qui l’a transformé comme ça ? Tu serais prêt à me la donner ? En échange, je te fais pousser toutes les plantes que tu veux, je te jure ! J’ai un don pour ça.
 
Alors même que Pitt comptait rétorquer, l'enfant avait ramené une plante portant des baies sous ses yeux et ceux de sa prostituée. Disant que ces fruits noirs n'étaient pas conseillés. Puis il dit vouloir que le pilleur l'emmène loin d'où ils se trouvaient.
 
Tandis qu'il se retrouvait cette fois avec un enfant accroché au tronc, il remettait de l'ordre dans son esprit.
 
- Non. Je ne te donnerai pas ma fleur. Et puis, elle n'est pas végétale, mais bel et bien de chair. Disons que c'est un titre, un peu comme... Marquis, Duc, Comte et ces autres trucs. Mais ce n'est pas aussi prestigieux.
 
Il appuya légèrement son index sur le haut de la tête de Jack, puis reprit finalement le sourire qui lui était si particulier.
 
- Concernant ton don, je suppose que ça fait de toi un être plus ou moins unique. Peut-être pas encore un trésor, mais peut-être que des trésors naissent de toi.
 
Il laissa son regard flâner dans le ciel un instant, puis il se mit à rire aux éclats. Pensée -libérée de son pot de colle- se tenait toujours à son employeur. Elle se remettait petit à petit de sa chute.
 
- Si tu fais pousser une Rafflesia, ou mieux... une Arum Titan, la fleur cadavérique. On la transportera dans un pot improvisé que j'emporterai en Amérique. Mais bref, si tu m'en fais pousser, je veux bien t'emmener au moins à Londres. Ou plus loin, si j'ai la place.
 
Son sourire aurait pu lui déchirer les joues, il riait un peu. Et la fleur tricolore se contenta d'attendre qu'elle puisse enfin retourner au Zeppelin se reposer.


Arum Titan:
 
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MessageSujet: Re: [001] Le Lièvre et les Haricots   Mer 29 Avr - 14:12
La proposition de Pitt était convaincante, et faisait miroiter un avenir radieux pour le petit orphelin. Contre toute attente, l'enfant se braqua. Apprendre que Pensée n'était pas une véritable fleur l'avait désarçonné. Il ne voyait aucune raison de rester auprès de cet homme. Serrant sa belladone contre lui, Jack quitta les bois, sans se retourner en arrière. Dommage pour Pitt, il venait de perdre un employé.

RP clos.


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MessageSujet: Re: [001] Le Lièvre et les Haricots   
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[001] Le Lièvre et les Haricots

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