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 [Fin An 04] Hospitalité étrangère [Axentius Clemens]

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Le renard de la fable "Le renard et le corbeau"
Rouselin Roussel
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MessageSujet: [Fin An 04] Hospitalité étrangère [Axentius Clemens]   Sam 13 Sep - 12:20


Que de péripéties pour ce pauvre renard, et que de malheurs depuis qu'il était revenu d'Emerald.

Après avoir réussi tant bien que mal à se sortir de ce guêpier en se fiant à son nouveau corps, Rouselin avait embarqué clandestinement dans un vaisseau quelconque qui redescendait à la terre ferme. Le voyage lui parût bien long, enfermé dans le noir sans même pouvoir jeter un oeil à l'extérieur au risque de se faire prendre. Ce ne fut qu'une fois arrivé à bon port qu'il réussit à se faufiler à l'abri de tout danger pour examiner enfin sa condition. Et quelle condition mes aïeux! Il put admirer dans toute sa splendeur ses oreilles rousses et sa queue touffue ainsi que la longueur excessive de ses canines et ses griffes. Diantre, lui qui était un être si civilisé, si raffiné, le voilà affublé d'un physique de monstre de foire! Nul doute que si on le voyait ainsi, il ne donnerait pas cher de sa peau -déjà qu'à la base elle ne valait pas grand-chose- .

Tout ceci était à cause de la magie, et pourtant, combien même il dû en vouloir à ces fées, ces sorcières et autres créatures de l'avoir impliqué dans ces histoires, il ne put s'y résoudre. Quelque part, même si son apparence l'effrayait, même si c'était nouveau pour lui, il avait l'impression en quelque sorte d'en avoir toujours rêvé. De faire partie de l'un d'entre eux. Des êtres qui sortaient de l'ordinaire et soudain au-dessus du commun des mortels. Même si ce n'était pas tout à fait ce qu'il voulait, car à part avoir quelques caractéristiques un peu plus développée que celles d'un humain normal, il n'avait guère plus de pouvoir, à part celui de son imagination débordante.

Eh bien, c'était beau de rêver de tout cela, mais en attendant, cela ne le dispensait pas de trouver une solution pour cacher ces attributs particuliers.

C'est ainsi que les jours qui suivirent, Rouselin ne se montra plus en public qu'affublé d'une cape qui cachait grossièrement ce qui ne devait pas être vu par les honnêtes citoyens. Cela ne le rendit que plus mal à l'aise en ville alors qu'au contraire, il se sentait renaître en bosquet. Absent de plus en plus souvent de son domicile, il finissait par s'attirer la furie de son propriétaire avec lequel il du faire le marché de le laisser louer son logement pendant quelque temps, au moins jusqu'à ce qu'il retrouve un peu de travail, donc se fasse publier un nouveau recueil d'histoires. Que ferait Rouselin alors, mit à la porte comme cela de son propre domicile? Ce qu'il savait faire de mieux voyons; voyager!

C'est donc caché en public et libre en nature que notre bien-aimé écrivain se met en marche à travers son pays d'attache, la France.

Il s'arrêta ici et là dans des auberges, usant et abusant de son endurance jusqu'à atteindre la frontière Allemande. Pays qu'il n'a jamais visité, au mieux survolé jusque-là. Non pas qu'il n'aimait pas ses voisins, au contraire, mais il n'était pas particulièrement attiré par la beauté du paysage et l'exotisme de la langue. En outre, il n'y connaissait personne, contrairement à l'Angleterre où il avait un petit réseau. Il fut bien tenté de se consoler avec la perspective de pouvoir s'en construire un ici, mais au vu de sa nouvelle condition physique, il n'y croyait guère. La seule fois qu'il commit l'erreur de montrer son visage entier, et donc les oreilles pointues qui se confondaient dans sa chevelure rousse, il se fit tirer comme un vulgaire gibier en se faisant traiter de monstre...

La vie était dure, mais il n'allait pas baisser les bras pour si peu. Rouselin arriva à la ville d'Hambourg, espérant y trouver refuge pour la nuit, mais son accent et la pauvreté de son champ lexical allemand lui fermèrent toutes les portes. Eh bien, se cacher presque entièrement sous une cape, même en entrant ne lui attirait pas tout de suite la confiance, mais avait-il le choix... Désappointé par l'hospitalité des lieux, il décida de continuer un peu plus son périple autour de la localité. Mal lui en pris, car ne connaissant pas la topologie de la région, il se perdit rapidement sans pouvoir retrouver son chemin. Eh oui, devenir une créature couplée avec un renard ne voulait pas forcément dire avoir un sens de l'orientation parfait en forêt, surtout quand la nuit tombait.

Ne demandez pas comment, il se retrouva à escalader une colline - sans doute pour pouvoir se repérer en hauteur et mesurer l'entendu de sa propre bêtise - et se retrouva face une étrange surprise.

Un grand manoir délabré l'attendait en son sommet, des ruines de taule et de métal qui impressionnèrent plus qu'elles n'inquiétèrent Rouselin. Ce dernier se souvint alors que pendant qu'il négociait une chambre avec un patron dans une auberge, il entendit quelques habitants locaux mentionner une grande baptise abandonnée qui s'allumait de temps à autre le soir comme signe d'une activité maléfique. Les braves hommes se plaignaient que les rumeurs là-dessus fassent fuir les touristes et dépeupler la ville, mais pour être franc, ils n'avaient pas vraiment besoin de ça pour éloigner les étrangers...

Effectivement, quelques fenêtres ici et là laissaient passer une lumière étrange, témoignant sans doute d'une présence effective. Si tel était le cas, le Renard n'allait pas se laisser effrayer par quelques bruits superstitieux. Après ce qu'il n'eut vécu, rien qui puisse être anormal, aberrant ou étrange ne pouvait lui faire peur. Du moins, c'est ce dont il essayait de se persuader en s'approchant du manoir dans l'optique de trouver ce qui ressemblerait à une porte d'entrée. Eh bien, ce ne fut pas tant sa présence qui fut dure à dénicher que le courage de s'y présenter. L'écrivain hésita s'il devait être honnête pour une fois et enlever cette capuche qui écrasait ses pauvres oreilles ou jouer la carte de la sûreté dans l'éventualité où le maître de maison soit quelque de tout à fait convenable -ce dont il doutait un peu quand même- .

Finalement, il garda encore un peu son déguisement et frappa de sa main gantée la grande porte métallique.

"Mes excuses!" Cria-t-il d'un ton qu'il voulait certain. "Je cherche un abri pour la nuit et je ne sais à qui m'adresser, sinon votre générosité!"

Pourvu que ses talents de beau parleur lui servent pour une fois...



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Axentius Clemens
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MessageSujet: Re: [Fin An 04] Hospitalité étrangère [Axentius Clemens]   Jeu 18 Sep - 18:21
A travers le plafond qui n’était plus que l’ombre de ce qu’il avait été, j’observais les flamboyances pourpres des cieux. Dans mon champ de vision fusaient moult volatiles tout aussi divers les uns que les autres, comme autant de silhouettes sombres que je ne pouvais qu’entr’apercevoir que je ne pouvais reconnaître, sinon à leur chant. C’était là le moment de la journée que je préférais. La nuit annonçait enfin au jour, avec tact et fermeté, qu’il était temps de plier bagage, et celui-ci s’empressait toujours de lâcher tout le stock de couleurs qu’il lui restait, au fond de son sac, avant que sa consœur calme et fraiche ne le remplace pour une douzaine d’heures, avec son éternel flegme. Elle avait quelque chose de rassurant ; toutes les choses effrayantes que l’on aurait pu saisir de notre vision horrifiée lorsque le soleil s’obstinait à briller était désormais invisible, sans qu’on ait plus besoin de les craindre.

Dans un geste sec, je refermai le tiroir à l’intérieur duquel j’avais fourré le reste du fourbi qui gisait jadis alentour. Les mains sur ma propre taille, j’observai d’un air satisfait l’aspect propre et briqué de mon cher atelier ; je l’avais nettoyé, fait anodin, mais ce qui l’était moins, au bout du compte, était le fait que la plupart des pièces habitées de la bâtisse l’étaient aussi. Il fallait bien avouer que la colère noire de mon ours miteux fée du logis qui me servait de frère m’avait motivé en quelque action allant dans ce sens, afin qu’il évite de s’injecter de la morphine pour se calmer.
Ce sont des choses qui arrivaient, ici.

Ah oui, je m’étais occupé des cheminées, aussi ; l’anthracite teinte qui m’avait recouverte le visage formait un fabuleux contraste avec ma chevelure grise qui s’échappait, rebelle, en mèches tout aussi instables qu’incontrôlées. D’un geste, j’enlevai ma chemise pour ne plus avoir qu’un fin vêtement sur moi ainsi que mon pantalon, et passai les bras dans un blanc peignoir qui avait comme attribut principal d’être fabuleusement doux. Je descendis les marches de l’escalier quatre à quatre pour me diriger vers la serre, en prenant garde de ne pas assombrir l’éclatante propreté qui régnait autour de moi. Puisque j’avais réhabilité certaines vieilles cheminées, il fallait bien les employer ; or, les réserves de bois baissaient dangereusement, non pas que il était dangereux de manquer de bois, mais c’était une expression. Et puisque je n’avais rien d’autre à faire…

En pantoufles, je sortis sur les herbes hautes de la petite cour arrière, parcourant du regard les silhouettes tordues des arbres se découpant dans le crépuscule, au loin, m’offrant même le luxe de m’esbaudir silencieusement devant ce spectacle durant quelques minutes, le temps pour moi de me souvenir de ce qui me trottait dans le fond de la tête depuis quelques minutes. D’un coup d’un seul, la pensée me sauta au cerveau comme nos chiens sautaient sur notre jardinier : avec une rare vigueur. J’attrapai mon vieil outil qui était posé contre une des parois de la vieille serre ; la hache se résumait à une lame impressionnante montée sur un manche quelconque, le tout dégageant un petit je-ne-sais-quoi de terriblement efficace et fonctionnel, et je me mis enfin en marche vers le cœur de la forêt régnant en notre parc.

Je mis une bonne quinzaine de minutes à trouver la cible qui conviendrait, qui ressemblait à ce que l’on aurait pu nommer un arbre moyen, mais en vaguement plus large et moins haut, et en plus mort ; le tronc étais épais cependant, et il me fallut quelques temps pour en venir à bout, après quoi il s’effondra avec fracas et désinvolture à travers ses congénères, qui ne s’en laissèrent pas ébranler et continuèrent avec beaucoup d’efficacité leur rôle : celui d’être placides et inébranlables à la fois. Je hissai la souche sur mon épaule, qui devait mesurer deux mètres de long, un demi d’épaisseur et qui devait peser le poids d’un poney moyen – après la tonte – autrement dit, un gros morceau, et, avec une petite pensée pour le feuillu d’exception que cette glorieuse relique, ou cadavre, avait dû former au temps de sa prime jeunesse, je retournai vers le manoir.

"Mes excuses! Je cherche un abri pour la nuit et je ne sais à qui m'adresser, sinon votre générosité!"

Tandis que j’arrivais par l’allée principale, sortant des bois de ma lourde et bruyante démarche, pleine de bruits métalliques, une silhouette frappait à la porte. Ciel, voilà qui était inhabituel. La hache dans une main, la souche dans l’autre, je m’approchai de que qui s’avérait être un jeune homme à l’allure étrangement animale ; mais nul ne pouvait tirer de conclusions, dans l’obscurité qui régnait à présent : moi-même, je devais avoir bien fière allure, avec mon fourbi, mon noir minois et mon arme.



« Palsamblouille, mais c’est une bien drôle d’idée de s’en aller à un bal costumé sans savoir ou coucher, mon jeune ami ! » dis-je, avec l’air le plus avenant qu’il m’était humainement possible.
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Rouselin Roussel
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MessageSujet: Re: [Fin An 04] Hospitalité étrangère [Axentius Clemens]   Mer 1 Oct - 20:01
Rouselin n'était pas quelqu'un de peureux.

Non vraiment. Oui, parfois il se comportait un peu comme un lâche lorsqu'il voyait que la situation tournait à son désavantage, mais c'était uniquement de la pure stratégie de sa part, et pas vraiment l'expression d'une émotion forte. Non, d'une manière générale, le renard savait contrôler ses émotions et pour cause; même face à cet événement totalement irrationnel qu'était la transformation de son corps, il avait réussi à garder son sang-froid et réfléchir convenablement à trouver un moyen pour cacher cette particularité et ne pas se faire rejeter (totalement) de la société. Force est d'avouer que ça avait plutôt bien fonctionné, même s'il y avait quand même eu des imprévus mais bons, on ne peut pas tout garantir non plus.

Donc oui, dès que ça ne touchait pas à la magie, notre cher écrivain n'était pas quelqu'un d'impressionnable.

Cependant, il y a un contexte pour tout. Cela faisait quand même quelques minutes qu'il avait frappé à cette immense porte et demandé un peu de bonté sans recevoir de réponse. Bien sûr, n'importe qui à sa place serait reparti face à ce silence flagrant qui pouvait être interprété comme l'absence ou le refus du maître des lieux à sa requête. Mais le Renard avait appris durant sa vie de voyageur qu'il fallait parfois forcer un peu l'entrée de son futur hôte si on voulait s'assurer d'avoir un toit pour la nuit, et ne sachant de toute façon pas comment retourner en ville maintenant qu'il faisait sombre dans cette immense forêt qui lui paraissait de plus en plus hostile, le jeune homme n'avait pas envie de repartir tout de suite.

Aussi, inquiet de son sort futur, il n'avait pas immédiatement vu arriver la silhouette imposante derrière lui. Ce ne fut que lorsque les bruits de bas se mélangèrent à un son métallique, comme une espèce de machine, qu'il se rendit compte que quelque chose approchait. Il resta d'abord figé par l'appréhension de savoir ce qui s'approchait, ne distinguant pas très bien l'ombre, mais lorsqu'il voyait la forme d'un côté ce qui ressemblait à un grand corps rigide, de l'autre une arme tranchante -probablement une hache - son sang ne fit qu'un tour. Et là, tout son self-contrôle s'évanouit en un clin d'oeil et notre viril hybride lâcha un cri de peur tellement aigu qu'on aurait cru un moment une femelle hurlant à la lune.

Évidemment, il n'entendit absolument pas ce que l'individu avait à lui dire. Les fesses par terre et la capuche baissée sous le choc de la chute, il tremblait de tous ses membres.

"Je... je suis confus Monseigneur! Je ne voulais pas vous importuner, je vous le jure sur les yeux de ma précieuse mère! Je cherchais simplement un endroit où loger!"

Imaginez trente secondes se retrouver en face de quelqu'un d'aussi inquiétant en pleine nuit qui tenait en plus en main de quoi potentiellement faire de lui un bon ragoût de renard. Forcément, on ne réfléchissait plus dans ces moments-là et on se mettait à faire et dire des bêtises. Heureusement, Rouselin n'était quand même pas assez bête pour ne pas comprendre au bout de quelques secondes qu'il s'était fourvoyé en voyant que l'inconnu ne l'avait toujours pas attaqué et continuait de le toiser comme si de rien n'était. Les premières lueurs de la lune révélèrent au renard le visage d'un homme tout à fait ordinaire qui ne semblait pas avoir des envies de meurtre à son égard. Bien, la crise était passée, il pouvait se relever dignement et tenter de justifier sa conduite.

Se rapprochant un peu plus de l'individu qui avait une morphologie particulière, ce dernier ne lui était pas si inconnu que cela.


"Je vous prie de me pardonner." Fit-il en s'inclinant dignement. "J'ai été assez surpris... je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un vienne... par ici... enfin derrière moi"

Rouselin se gratta la joue, incertain d'expliquer sa démarche. Cet homme ne semblait pas vraiment hostile mais pour autant, il avait du mal à deviner ce qu'il pensait. En outre, l'hybride avait complètement oublié que cette partie de lui était maintenant totalement à découvert aux yeux de son homologue.



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Axentius Clemens
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MessageSujet: Re: [Fin An 04] Hospitalité étrangère [Axentius Clemens]   Dim 12 Oct - 0:58
Diantre, un godelureau. Ce n’était pas dans les habitudes de la maison que de recevoir de tels individus, j’en avais bien peut ; il y avait certes eu le petit Pinocchio, charmant bambin s’il en était, mais son cas était différent. Mais que vous n’ailliez pas vous méprendre… C’était bien pour lui que je m’inquiétais, non pour moi.
Je n’avais jamais eu de problèmes avec mes interactions étrangères, et je ne rechignais nullement à la tâche de leur offrir quelque morceau de toit pour les couvrir une nuitée durant, fut-il futilement délabré en certains endroits ; il en était tout simplement que, d’une part, Laurentius pouvait faire aussi peur que si mon éternelle comparaison s’avérait soudain réelle et qu’il se métamorphosait en un véritable ours des montagnes rabougri, et que, d’autre part, l’aspect de la bâtisse, mon aspect, l’aspect de ma hache, ou de mon peignoir, ou de mes prothèses, ou de ma chevelure, ou de ma fringance dévastatrice, pouvait très certainement effrayer le badaud allemand banal, qui, rustre s’il en était, restait néanmoins relativement timoré.

Bref.

L’individu chût, fait relativement attendu à la vue de ma dégaine, et poussa quelque cri d’effroi, ou d’admiration, selon le contexte donné. Avec une pensée pour la désagréable sensation qu’il avait dû ressentir en heurtant la terre froide et gelée de son postérieur, j’écoutai ses paroles.


"Je... je suis confus Monseigneur! Je ne voulais pas vous importuner, je vous le jure sur les yeux de ma précieuse mère! Je cherchais simplement un endroit où loger!"

Le pauvre garçon aux allures tant lupines que mutines, que lutines, si l’on voulait forcer l’anaphore, semblait en pleine détresse ; dans un rayon de lune, il avait dû apercevoir mon visage, qui lui affichait un bienveillant sourire. Je fis quelques pas dans sa direction, avec toute la volonté dont j’avais pu faire preuve pour ne pas paraître menaçant ; le pauvre en avait probablement déjà eu assez en quelques minutes que pour remplir le quota de tout un mois de frayeurs nocturnes, et il n’était pas mon rôle d’en rajouter.

Je profitai un instant de la douceur du crépuscule, sentant le vent jouer dans mes mèches rebelles ; dans un geste ancestral et inconscient par son incessante redondance journalière, je sortis ma pipe, la bourrai et, craquant une allumette, l’embrasai, sa rougeoyante et faible lueur illuminant de temps à autre mon noir minois. Je soufflais les vapeurs vers la lune, dans un étrange état de sérénité ; la nuit avait un effet anesthésiant sur les sens et l’esprit.

L’individu s’approchait peu à peu, hésitant ; il semblait balbutiant, presque comme un nouveau-né, dans la pénombre ; pourtant, il apparaissait avoir repris un brin d’assurance lorsqu’il s’exprima à nouveau.

"Je vous prie de me pardonner. J'ai été assez surpris... je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un vienne... par ici... enfin derrière moi"

« N’ayez crainte, je suis doux comme un agneau. Et puis de toute façon, mes armes sont toutes à l’intérieur. Voyez-vous, je coupais du bois, pour les cheminées ; c’est la meilleure tranche horaire pour cette activité : les arbres y sont calmes et André et les chiens dorment. »

Je lui offris mon plus beau sourire, dévoilant mes dents, et m’approchai de lui.

« Entrez donc, mon ami ! Je vais nous ouvrir. »

Sur ces mots, je déposai la massive souche que j’avais extraite de ses racines quelques temps auparavant dans ses bras, et me dirigeai vers les massives portes de la maison, calant ma hache sous mon bras pour en déverrouiller les battants avec ma lourde clef d’acier; icelles s’ouvrirent dans un grincement atroce, dévoilant à nouveau mes dents à l’illustre inconnu.

« Alors, vous venez ? »
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MessageSujet: Re: [Fin An 04] Hospitalité étrangère [Axentius Clemens]   Jeu 30 Oct - 22:55
Les paroles et le sourire de l'homme pleins de bonnes intentions firent baisser la tension qui était montée en Rouselin. Cet inconnu ne semblait avoir de menaçant que son apparence et maintenant qu'il se rapprochait un peu plus, le Renard put se rendre compte que oui, il avait un physique atypique, mais certainement pas inquiétant. Du moins, pas plus inquiétant que ce qu'il put croiser dans sa courte vie. Il lui expliqua d'un ton calme la raison de sa présence ici, et l'écrivain put alors comprendre qu'il n'était pas seul habitant de cette grande demeure qui semblait susciter tant d'appréhension. Cela finit de le rassurer et notre rouquin se dit naïvement qu'il n'avait plus rien à craindre.

Lorsque Axentius lui offrit d'entrer, il lui servit à son tour son plus beau sourire et s'inclina légèrement.

"Je vous remercie de tout coeur!"

Il sursauta un peu en le voyant déposer cette souche, se demandant vaguement quelle était l'étendue de sa force pour manipuler un objet aussi colossal avec une telle aisance. Ce n'était certainement pas un canidé frêle comme lui qui arriverait un tel exploit, n'étant pas ce qu'on appelle un homme manuel. Après un peu de temps d'attente, Rouselin put voir l'immense porte qu'il avait trouvée close et peu accueillante s'ouvrir à lui, comme promesse de la fin d'une galère, du moins temporairement. Cependant, le manoir en lui-même lui paraissait déjà tellement impressionnant qu'il en resta pendant un petit moment cloué sur place, son esprit fourmillant de mille et une images de ce qu'il trouverait à l'intérieur.

La décoration, les éventuels autres habitant, l'agencement du mobilier, l'architecture, peut être des secrets au sous-sol ou aux étages supérieurs; de quoi flatter son imagination. Il s'imaginait sans doute déjà parcourir d'immenses couloirs remplis d'histoire et découvrir des pièces interdites. Oui, une fois la peur passée, la curiosité avait vite fait de l'envahir, combien même ce n'était absolument pas poli ou correct envers la personne qui avait la bonté de l'héberger mais c'était plus fort que lui. Il était intrigué par ce bâtiment qui avait l'air aussi complexe que son possesseur. Le jeune rêveur revint sur terre quand son hôte l'interpella, et il se redressa comme un enfant pris en faute (même ses oreilles et sa queue se mirent au garde-à-vous).

"Oui, je me hâte!" S'empressa-t-il de déclarer avant de suivre consciencieusement Axentius pas à pas.

Empoignant la lanière de sa petite sacoche, il trottina presque gaiement derrière lui, le coeur battant comme s'il venait de recevoir un cadeau. Ah bien, se retrouver au chaud alors que la situation semblait au départ désespéré n'en était pas si loin que cela.

"Oh, à propos, je me nomme Rouselin Roussel, ravis de vous rencontrer!"

Bien sûr, il ne se serait pas imaginé dire cela il y a quelques minutes, mais la situation évoluait rapidement et il était sincèrement ravi de rencontrer cet homme. Et intrigué également. Quelque chose lui disait qu'il avait beaucoup à apprendre en rentrant avec lui dans ce manoir et son instinct disait toujours juste. En outre, le Renard avait vraiment l'impression qu'il avait quelque chose de particulier (en dehors de sa dégaine de bucheron, j'entends). Peut-être qu'il le saurait plus tard, qui sait....



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MessageSujet: Re: [Fin An 04] Hospitalité étrangère [Axentius Clemens]   Lun 15 Déc - 22:12
Les volutes de la nauséabonde fumée s’en allaient dans la nuit, gris panache au-devant de la toile céleste marine piquetée d’étoiles¬ ; les senteurs apaisantes de ma pipe se répandaient dans mon corps que dans mon esprit, s’échappant presque naturellement par mon nez, et la fraîcheur des lieux me baisaient agréablement mes joues piquetées de chaume. J’avais encore omis de me raser, ou plutôt je n’en avais pas pris le temps : ces activités considérées comme de la plus routinière des habitudes reléguaient pour moi d’un effort colossal, car cesser toute tâche constructive pour subvenir à mes besoins vitaux me semblait absurde.

Je baissai les yeux à nouveau sur l’homme aux animales fanfreluches tandis qu’il se hâtait vers le porche du manoir. Ces coutumes hospitalières que j’aurais cru abolies depuis moult années s’avéraient ramenées soudain à la vie, et j’en étais le premier ravi ; nul en ville n’osait plus venir jusqu’à notre bâtisse depuis longtemps, ne serait-ce que pour mendier ou quelque autre fantaisie que ces gens de Hambourg étaient capable d’inventer. Ces petits fous.

L’homme était devant les portes ouvertes, jetant d’avides coups d’œil à ces battants ouverts qui lui tendaient les bras ; quant à moi, je m’en allai rechercher la bûche que j’avais été contraint d’abandonner pour nous ouvrir. Je pénétrai dans l’enceinte chaleureuse et vieillotte de la bâtisse, et admirai un instant le majestueux escalier, prémices des étages ; à ma droite et à ma gauche, dans ce hall aux couleurs de bois, trônaient des portes closes comme autant de portails vers d’autres continents, tandis qu’au fond des couloirs jouxtant les escaliers gisaient des cloisons entrebâillées, dont les noires entrailles menant aux caves appelaient les plus téméraires à se jeter dans ce nouveau monde d’angoisses inconnues. Des sons divers de mécaniques et de jurons s’en échappaient de temps à autre, autant de relents du labeur absurde de Laurentius qui nous parvenaient par les boyaux qui reliaient son antre à ce bienveillant logis.

« Hm ! Montons à l’étage, voulez-vous ? Il y fait bon vivre. Oh, et fermez les portes, je vous en serai gré. »

D’une des branches perpendiculaires de la souche, je m’en emparai, et, ma hache dans l’autre main, nous montâmes les marches. Au premier étage, une grande baie vitrée s’ouvrait sur le parc, et en contrebas, accolée au bâtiment, se déployait la serre luxuriante, dont le contenu fourni contrastait avec les quelques carreaux brisés qui composaient ses cloisons. A l’opposé, une nouvelle volée de marches menait au grenier, mon repaire tant chéri, et après un instant d’hésitation, j’y emmenai mon invité improvisé.

Le plafond vertigineux de la pièce, aux poutres transversales multiples témoignant de la complexité de la toiture, étaient parsemées d’autant de nids d’oiseaux, pleins pour la plupart de petits volatiles endormis. Je levai les yeux pour les observer un instant, et souris pour moi-même tandis que Fa, mon petit rossignol mécanique, ne vienne se nicher dans mes blancs cheveux qui contrastaient tant avec mon visage noir se suie, piaillant doucement pour m’accueillir. L’endroit couvrait la colossale surface du manoir dans tout l’étage, en une seule pièce, parsemée çà et là d’inventions diverses et d’autant de fourbi invraisemblable.

Une automobile trônait dans un angle, près d’une des cheminées improvisées qui étaient disposées à divers emplacements du lieu. Au centre gisait une lourde table de chêne, pleine de plans griffonnés, et de tentatives tout aussi douteuses les unes que les autres ; deux couteaux au manche de cuivre maintenaient une carte rudimentaire de l’Allemagne, leur lame plantée dans le bois, tandis qu’un cœur mécanique de rechange, semblable à celui qui trônait dans ma poitrine, reposait sur un socle, non loin d’une massive chaudière à vapeur.

Une petite table basse, non loin de l’entrée, jouxtée d’un profond fauteuil rouge et décrépi par les années, était couverte de mon nécessaire à thé. Je m’en allai poser la gargantuesque bûche dans les braises agonisantes d’une cheminée et donnai quelques coups énergiques de soufflet pour le faire repartir, renonçant rapidement cependant, car il régnait déjà une agréable chaleur dans cette pièce, et le ronron de quelques machines formaient un plaisant bruit de fond. Je tractai un second siège en face de la table et l’invitai à prendre place tandis que je m’enfonçais un peu trop profondément dans le mien.

Un petit récipient rempli d’eau se trouvait au-dessus d’une sorte de boite en métal ; j’en ouvris le loquet et approchai la paume de mon bras mécanique afin que l’opercule s’ouvre et que je projette de la vapeur brûlante à l’intérieur de la chose. Précipitamment, je refermai le loquet tandis que l’eau commençait à chauffer. Peu après, je versai de l’eau dans d’épaisses tasses de terre cuite, et y ajoutai de manière individuelle des herbes dans de petites boules à thé de ma composition qui empêchaient les végétaux de s’échapper partout.

La saveur du thé était particulière, faite d’écorce et de champignons séchés, et proposait des vertus tant apaisantes que… D’autres qui faisaient voyager par l’esprit dans les contrées exotiques que seule l’imagination, aidée par les substances naturelles, pouvait créer. Je tendis un gobelet à mon invité, et me rendis soudain compte que je ne m’étais présenté.

« Milles excuses ! Je suis Axentius Clemens, ingénieur. Alors, maintenant que nous sommes installés, vous pouvez me dire ce que vous veniez faire ici » dis-je, souriant doucement tandis que j’avalais la moitié de mon amer breuvage.


Dernière édition par Axentius Clemens le Jeu 29 Jan - 20:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Fin An 04] Hospitalité étrangère [Axentius Clemens]   Ven 16 Jan - 0:07
C'était là un tout autre univers que le Renard découvrit.

Après que son futur hôte ait été cherché son bien, ils purent enfin rentrer dans cette demeure qui réveilla mille et une sensations chez lui. Mais avant toute chose, il put mieux observer le visage de l'homme qui l'avait accueillit maintenant qu'il était sous un angle un peu plus éclairé que l'extérieur nocturne. Comme le rouquin s'y était attendu avec les premiers signes qu'on lui donna, son compagnon était assez âgé, portant assez peu gravement la fatigue et le travail sur ses traits cachés sous une barbe de trois jours. La faible odeur de tabac vint lui confirmer qu'il était très certainement face à un bosseur acharné, qui se coupait du reste de son quotidien pour finir son oeuvre. Assez similaire à l'écrivain qui aimait aussi oublier toutes ses habitudes juste pour se plonger dans ses écrits.

Bien sûr, ce qui aurait pu frapper en premier Rouselin aurait pu être les attributs physiques de ce curieux personnage, comme son cache oeil ou la ferraille recouvrant de part et d'autres certaines parties de son corps. Cependant, n'étant pas vraiment un grand spécialiste des créatures hors normes, cela ne l'aurait pas avancé à grand-chose de s'attarder dessus. En outre, il n'était pas vraiment en position de s'en étonner vu sa propre apparence, et préférait se fier au comportement. Le mot "androïde" passa rapidement dans son esprit, mais encore une fois, il en savait tellement peu qu'il se pouvait très bien qu'il se trompe. Et puis qu'importe au final ce qu'il était. Il représentait celui qui lui offrait un toit pour la nuit en premier lieu, et c'est tout ce qui comptait.

Et pas n'importe quel toit, se dit-il en pointant son museau vers le haut.

Tant d'espace... et tant de chemins! Il était vrai que ce manoir paraissait déjà bien imposant vu de l'extérieur, mais Rouselin ne se serait jamais attendu à entrer dans un endroit aussi vaste. Son instinct de curieux explorateur le suppliait d'aller voir chaque couloir, chaque escalier, chaque porte pour en percer le secret. Quand bien même il ne trouverait rien au bout de sa fouille, le simple fait d'avoir fouiné lui donnait déjà satisfaction. Ce n'était pourtant pas un univers très familier au renard; tant de métal, d'infrastructures modelées par les envies humaines lui faisaient généralement peu envie, et même les grands châteaux, pourtant eux aussi vaste, ne l'attiraient pas plus que cela. Mais il y régnait ici une sorte de désordre sauvage qui plaisait bien au renard.

Une fois sortit de son admiration, il put cerner le sens des mots de son hôte et s'empressa alors de s'exécuter.

"Oui bien sûr! Je vous suis prestement!"

Refermant avec un peu de peine la grande porte qui l'intimidait encore un peu du fait de sa grandeur, Rouselin se pressa alors de se mettre sur les pas du propriétaire des lieux. Quelques bruits étranges et grossiers parvinrent à ses oreilles, lui donnant signe que ledit propriétaire n'habitait peut-être pas seul ici. Cela n'étonna qu'à moitié le rouquin, qui s'imaginait mal un seul homme vivre dans un endroit aussi immense. La sensation de liberté gagnait les premiers temps, mais on avait ensuite vite fait de se sentir morose de solitude, surtout s'il ne recevait aucune visite -et vu les rumeurs qui circulaient, c'était très certainement le cas-. C'était rassurant d'une certaine manière.

Rouselin suivit sagement le grand bûcherons, son intention étant captée ici et là par la multitude de passages qui lui étaient offerts. Les escaliers étaient assez éprouvants, surtout après une journée complète de marche, mais le renard préféra n'émettre aucune plainte ou signe de fatigue. Il tenait le coup grâce à la décoration, décidément atypique, qui lui donnerait envie d'écrire une nouvelle accentuant ce monde croisant technologie, élégance et rustique. Une odeur de volaille attira soudain son attention et le museau en l'air, il constata un véritable garde-manger juste au-dessus de lui. Dommage qu'ils soient trop hauts pour pouvoir les atteindre, en supposant bien sûr qu'il ait le droit de toucher à ces oiseaux, ce dont il doutait fortement.

Un autre type d'oiseau, qu'il ne dévorerait certainement pas, s'incrusta alors.

"Eh bien, je ne connaissais pas encore ce genre de possibilité, c'est assez intrigant."

Il préféra cependant ne pas se risquer à vouloir toucher le volatile, déjà parce qu'il devait se mettre sur la pointe des pieds, ensuite parce que cela revenait à tapoter son hôte sur la tête, et enfin il n'était pas sûr que son aspect rassure le petit oiseau.

Arrivé dans la pièce, il semblait au renard qu'il était arrivé en quelque sorte dans l'univers de l'homme. Il ne le connaissait que de son apparence et des quelques phrases qu'ils ont échangé, mais toutes ces machineries, cet agencement des meubles, les objets; tout lui ressemblait énormément. Le renard observa son hôte du coin de l'oeil, se demandant s'il laissait rentrer tout inconnu aussi facilement dans ce qui semblait pourtant être un havre secret pour lui. Laissant de côté ses interrogations, il répondit chaleureusement à l'offre et prit place dans le siège, soulagé de pouvoir enfin poser son corps. Ses pauvres pattes lui hurlaient presque des remerciements alors que, comme toujours, sa queue touffue ne savait jamais comment se poser entre son dos et ses fesses.

Le feu réchauffa l'atmosphère, le laissant enfin se détendre autour de cette petite table alors qu'un thé s'offrit généreusement à lui.

"Oh... merci, vous êtes bien aimable!"

Tenant la tasse entre ses deux petites mains griffues, il attendit que le breuvage refroidisse, le temps d'apprécier les arômes qui lui rappelaient son bosquet adoré. Il en prit enfin une petite gorgée, presque une lampée et ne put retenir une petite grimace face à l'amertume du thé. Bien sûr, il attendait ya, mais sa langue avait toujours du mal à s'y faire. Alors qu'il s'accoutumait au goût, son compagnon se présenta enfin puis enchaîna tout de suite sur Rouselin et les raisons de sa présence.

"Enchanté Monsieur Axentius!" Fit-il en esquissant une courbette, autant qu'il put de sa position assise.

Il prit le temps de faire une pause, peu sûr de savoir comment présenter sa situation.

"Eh bien, voyez-vous je suis un grand voyageur mais un petit écrivain originaire de France. Jusqu'à peu, je vivais honnêtement de mon métier mais à cause de certaines particularités physiques qui me sont apparues, je me retrouve à chercher un autre moyen de vivre. Ce n'est pas vraiment intéressant, je vous l'avoue."

Rouselin reprit une gorgée, un peu plus conséquente cette fois-ci, la chaleur de la boisson faisant monter le rouge à ses joues et l'humidité à son nez. Il renifla rapidement avant de poursuivre avec un sourire étiré.

"En tout cas je suis ravi de vous avoir rencontré. Ce manoir est fort grand, dites-moi! Je suis assez impressionné par toutes les mécaniques que je pus y croiser. Ce sont vos oeuvres?"

Quelques questions indiscrètes mais pas trop, témoignant de la curiosité presque avide du Renard, qui se succédaient.



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Axentius Clemens
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MessageSujet: Re: [Fin An 04] Hospitalité étrangère [Axentius Clemens]   Jeu 29 Jan - 21:14
Le curieux individu s’était installé au-devant de moi, profondément enfoncé dans le fauteuil rouge et antique ; dans ses mains refroidissait le thé que je lui avais servi. Les saveurs qu’ils contenaient avaient quelques vertus apaisantes dont je raffolais, et j’espérais que je n’avais pas eu la main trop lourde pour le jeune garçon, qui ne devait pas avoir une habitude aussi rôdée que la mienne. Cependant, il s’avérait là d’articles de la première qualité, que j’avais moi-même sélectionné dans les âpres forêts de ces contrées lointaines et australes, aucun véritable amateur ne l’aurait nié un seul instant. Baigné dans les fragrances exotiques de mon breuvage et de ses vapeurs qui remontaient jusqu’à mon visage, bercé par le doux ronronnement des diverses machines qui peuplaient l’endroit, j’avais posé mon regard gris sur celui du jeune homme, en m’efforçant d’identifier quel genre de créature il pouvait bien être. J’avais vu pléthore de curiosités défiler au cours de mon existence, mais rares étaient les occasions ou j’avais pu me pencher sur le cas de tels hybrides ; canidé, félidé ? Il était là difficile de le déterminer réellement, mais je gardai un œil attentif sur sa personne, car il semblait observer un peu trop intensément mes amis les volatiles qui batifolaient dans les hauteurs de notre chaumière.

Il sembla également s’attarder un instant sur Fa, qui lui-même s’était niché dans ma chevelure grise. Je ne lui en tins pas rigueur ; n’importe qui, même un individu lambda et sans penchants animaux, s’y intéressaient, tant sa mécanique était sophistiquée. Petit vivipare au cœur d’acier, Laurentius le récupéra au même moment que ma dépouille et en fit une merveille technologique, que je pus perfectionner ; comme un immortel spectre, il me rappelait sans cesse le souvenir doux-amer de feu ma dulcinée. Tout comme moi, il fonctionnait à la vapeur.

Lorsque je me présentai, il me fit une petite révérence, et je ne pus manquer de remarquer ses manières courtoises. Il faisait bien longtemps que je n’avais plus accueilli de voyageur égaré entre ces murs, mais alors, ils n’étaient point tous aussi polis qu’icelui ; je m’en réjouis, un fin sourire étirant mes lèvres pâles, et le laissai poursuivre son récit.


"Eh bien, voyez-vous je suis un grand voyageur mais un petit écrivain originaire de France. Jusqu'à peu, je vivais honnêtement de mon métier mais à cause de certaines particularités physiques qui me sont apparues, je me retrouve à chercher un autre moyen de vivre. Ce n'est pas vraiment intéressant, je vous l'avoue."


J’inclinai la tête, non sans avant avoir terminé mon thé à grande lampées, et pris la parole.

« Mais les écrivains ne sont-ils pas les plus grands voyageurs de notre temps, à parcourir les flots déchaînés de leur propre esprit pour attiser ceux d’autrui ? Oh, je vous envie. Je me suis souvent prêté aux arts de la plume ; mais d’un traité d’histoire ou de biologie, je déviais immanquablement sur ma propre personne. Je ne sais s’il s’agit là de narcissisme ou d’une simple façon de trouver un certain sens à ma vie, mais…

Mais je m’égare. Pardonnez-moi. »


"En tout cas je suis ravi de vous avoir rencontré. Ce manoir est fort grand, dites-moi! Je suis assez impressionné par toutes les mécaniques que je pus y croiser. Ce sont vos œuvres?"

« Oh ! Ma foi, œuvres… C’est un bien grand mot » dis-je, avec une modestie montée de toute pièce. Ce n’était pas des œuvres, mais des inventions de pur génie. « Mais en effet, ingénieur est mon métier, cet atelier ma toile, et la vapeur, ma peinture. » Je marquai une pose, laissant le silence s’installer un petit instant, avant de reprendre.

« Aah, la France… ! Un bien beau pays, dont ses seules affres sont les quelques lacunes technologiques… Mon frère et moi nous efforçâmes jadis de les combler, et si vous distinguez un jour des automobiles en France, ou même des mitrailleuses gatling, vous pourrez avoir une pensée pour votre cher hôte. Enfin, j’espère pour vous que vous n’aurez jamais affaire à une de mes armes ; je me sentirais bien coupable de les avoir vendues à votre cheire reine. »


Psst:
 
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MessageSujet: Re: [Fin An 04] Hospitalité étrangère [Axentius Clemens]   Dim 22 Fév - 22:16
Malgré ses divers contacts avec les herbes sauvages, Rouselin n'était pas encore accoutumé à tous ce qui existait.

Ayant vécu surtout à proximité d'un bosquet déjà bien préalablement aménagé par l'homme, les risques que courent ses sens furent amoindris. Ainsi que son immunité. C'est la raison pour laquelle, bien qu'aimant voyager, il lui arrivait souvent de mal supporter les mets locaux lorsque ceux-ci se présentaient un peu trop excentriques. Généralement, le renard se tenait à ce qu'il connaissait déjà, ne touchait pas aux alcools et évitait bien sûr toutes les drogues. La seule chose qu'il acceptait de goûter les yeux fermés, peu importe sa provenance, c'était le thé. Goût qui lui fut appris par un ancien ami, l'écrivain se prêtait toujours volontiers à une dégustation d'une eau chauffée dans laquelle reposaient des herbes aromatisées.

Alors bien sûr, il ne se méfia absolument pas, ni à l'odeur bien plus forte que ce qu'il connaissait, ni au goût amer qui ferait passer les racines d'herboriste pour des bonbons. Non, rien de tout ça. Le rouquin se contenta d'écouter son hôte réagir à sa petite histoire en énumérant la sienne somme toute aussi intéressante. En buvant avidement la même boisson que la sienne, cela dissipa tout doute au sein du jeune homme hybride. Ignorant la chaleur qui montait beaucoup trop fortement à ses joues pour être due à la vapeur, il tenta de se concentrer sur ce qu'on lui disait. Il était sincèrement intéressé par la conversation. C'était juste son corps qui décidait qu'il ne l'était pas.

"Oh, je vois! Vous savez, j'ai toujours été intimement persuadé que même le plus neutre et le plus objectif des récits contenait toujours un apport de sa propre personne. N'ayez pas honte de parler de vous quand vous parlez d'autre chose, tout le monde fait cela avec plus ou moins d'élégance."

Tout cela était vrai. Son métier étant très littéraire, le renard eut le temps de s'instruire dans de nombreux livres pour apprendre l'art des vers et de la prose. Pas uniquement dans des poèmes, mais dans toutes sortes d'ouvrages, et à force de lire, cette conclusion lui était naturellement venue. Elle fut confirmée lorsqu'il du faire paraître son premier recueil; il ne fut jamais aussi transparent sur son auteur que si ça avait été un journal intime écrit de manière lyrique. Ce côté personnel eut l'avantage de séduire son éditeur, mais ce dernier l'avertit tout de même de faire attention à son implication dans ses écrits, surtout quand ce n'était pas son but premier. Depuis, le renard avait appris la manière de cacher ses expériences dans ses écrits en tenant à côté justement un journal dans lequel il n'hésitait pas à décrire sa vie de manière romancée et romantique.

Son regard se troubla un peu lorsque Axentius se mit à lui parler de son pays depuis... il ne savait plus. Les ouvrages mécaniques étaient aussi mentionnés, visiblement le peu de technologie présente chez lui, Rouselin apprenait qu'il le devait à l'homme en face de lui. En temps normal, il en aurait été sûrement très enthousiaste mais à l'heure qu'il était, ses sens étaient tellement confus qu'il ne put qu'esquisser un sourire pour exprimer son émotion. Il commençait réellement à sentir les effets de cette boisson qui ne devait pas être que du thé, ou alors du thé avec un petit supplément dont il ne voulait pas savoir le nom.

"Votre travail est vraiment incroyable, je n'aurais jamais imaginé rencontrer un génie comme vous... Il serait en effet malheureux que cela soit utilisé à des fins de guerre, alors qu'elles sont plus belles ainsi..."

Il se forçait, encore et encore à garder son masque de courtoisie pour ne pas froisser son hôte, mais même son frêle corps avait ses limites. Dans un petit gémissement retenu, il se redressa pour poser la tasse sur la table, sentant qu'elle lui échapperait bientôt des mains si son état s'empirait. Ce n'était pourtant rien de méchant. Une grosse fatigue qui lui tomba dessus comme une enclume accompagnée de vertige. Mais ce n'était pas vraiment la même fatigue qu'après un gros effort, mais plutôt le genre de fatigue qui ne donnait envie de ne rien faire et vous transformait en loque, peu importe l'énergie vitale qui est en vous. En l'occurrence, Rouselin, déjà bien épuisé par son périple, en ressentit pleinement les effets.
Il retomba malgré lui au fond du fauteuil comme s'il avait décidé d'y dormir et sa queue s'enroula d'elle-même autour de lui.

"Mes plus plates excuses, sir Axentius... je crois que mon aventure fut plus épuisante que je ne le pensais... je ne pourrais pas converser avec vous bien longtemps, je le crains..."

Disant cela, il sentit ses paupières devenir de plus en plus lourdes et du se pincer pour rester éveiller. Au moins qu'il ne s'endorme pas en présence de l'homme qui l'hébergeait, ce serait terriblement grossier de sa part.



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MessageSujet: Re: [Fin An 04] Hospitalité étrangère [Axentius Clemens]   Lun 16 Mar - 21:00
Mes pensées volubiles s’égayaient dans la pièce comme tant de volatiles dans le bosquet printanier qu’était mon cerveau et ses circonvolutions ; elles voguaient tel un rafiot sur les flots aigris, ballotées comme une nef de papier dans un égout. Mon regard cuivré suivait les circonvolutions de vapeur s’échappant du thé et de sa tasse, tandis que les étoiles brillaient avec enthousiasme, dehors. La nuit me semblait belle, et j’avais soudain une furieuse envie de sortir de la bâtisse pour aller emplir mes poumons d’air frais, tacher mes pantoufles de boue et rentrer juste ensuite, dépité de cette constatation et de ma propre bêtise, mais ravi d’être toujours un enfant. Ma raison et la présence de mon invité s’acharnèrent cependant à m’en abstenir, et je reportai mon attention sur ce-dernier, m’efforçant de considérer ses mots comme porteurs de sens et non comme une suite de sons incompréhensibles. Peut-être avais-je forcé la dose d’écorce, car mes sens me semblaient exaltés ; l’air plus chargé de son odeur de bois et de mécanique, la lumière vacillante des lampes à pétrole plus intense, et les plus légers bruits de vaisselle et autres tintements filant à mes oreilles comme autant de gongs dans mon crâne m’avaient mis la puce à l’oreille. De mes yeux gris, je l’observais, mes iris plantés dans les siens tandis que ses lèvres s’agitaient en tous sens. Le jardin et ses étoiles continuaient de m’appeler, mais je les faisais taire, comme on réduisait un cheval désobéissant au silence d’un claquement de langue.


"Oh, je vois! Vous savez, j'ai toujours été intimement persuadé que même le plus neutre et le plus objectif des récits contenait toujours un apport de sa propre personne. N'ayez pas honte de parler de vous quand vous parlez d'autre chose, tout le monde fait cela avec plus ou moins d'élégance."


Je souris, sans toutefois en être certain de la raison. Nous devisions au sujet du métier d’écrivain ; cela, je parvins à m’en remémorer, et je m’en sentais tout fier. Du reste… Je savais ne pas connaître cet homme ; c’était mon hôte. Le commencement de ma journée était désormais perdu dans la chape de brouillard aussi épaisse que du gruau brûlé et pâteux qu’était devenue ma mémoire, mais cela n’avait pas d’importance. Avec un soupir de satisfaction, j’ingurgitai une nouvelle gorgée du thé qui fumait toujours sagement dans sa tasse avant de reposer celui-ci sur la table. Ensuite, je pris un instant pour réfléchir à ses paroles et à leur donner un sens dans mon esprit.

"Votre travail est vraiment incroyable, je n'aurais jamais imaginé rencontrer un génie comme vous... Il serait en effet malheureux que cela soit utilisé à des fins de guerre, alors qu'elles sont plus belles ainsi..."

Mon visage s’étira dans un simulacre de sourire tandis que le compliment gonflait mon ego déjà aussi bien nourri qu’un de ces mastodontes qui peuplaient la cour Scandinave, ou du moins telle qu’ils la peuplaient dans mon imagination ; mais mon rictus s’effaça bien vite à l’instant ou notre renard gémit, poussant lamentablement sa tasse sur le bois défraîchi de la table. Il avait l’air hâve des malades, et je plissai les yeux, le regard braqué sur lui, cherchant ainsi les raisons de son malaise ; je n’en voyais aucune, et cela en était encore plus inquiétant. Je me mis debout, et, alors que j’ordonnais mentalement au sol de cesser de tanguer, je m’approchai du garçon.


"Mes plus plates excuses, sir Axentius... je crois que mon aventure fut plus épuisante que je ne le pensais... je ne pourrais pas converser avec vous bien longtemps, je le crains..."


« Dormez, jeune homme. La journée à dû être éreintante. Vous êtes venus pour cela, après tout, non ? »


Je lui offris mon plus beau sourire tandis que je sentais l’énergie du thé influer en moi ; le contrecoup passé, ce dernier m’offrait un immense surplus d’énergie que je me devais de combler en un fatras d’activités tout aussi vides de sens les unes que les autres. Ainsi, tandis que mon hôte tombait dans le sommeil, je partis m’activer sur un prototype de cœur à vapeur imitant piètrement le talent de mon ours de frère pour tenter de faire s’animer à nouveau un de mes petits volatiles qui avait décédé un jour plus tôt, et que j’avais, plein de peine, déposé dans une boîte de bois. L’âge avait emporté Ut majeur, et j’avais l’ardent désir de l’arracher à la mort. Si l’homme s’était réveillé en cet instant, ou pour plus longtemps dans la nuit, il m’aurait trouvé avec un corps d’oiseau ouvert en deux, entrailles ouvertes vers le plafond, de la mécanique miniature tout autour de moi.
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MessageSujet: Re: [Fin An 04] Hospitalité étrangère [Axentius Clemens]   Dim 5 Avr - 21:52



Un curieux hybride lapin a eu l'idée saugrenue de voyager dans une montgolfière. L'individu s'amuse à lancer des œufs en chocolat en contrebas, occasionnant des incidents sur son passage. Mais il faut avouer que ses œufs sont délicieux. Le chocolat donne un coup de fouet, améliore l'humeur. Néanmoins, ces sucreries renferment des dons curieux.

Croquerez-vous un de ces œufs surprises ?

Rouselin voit sa pilosité s'accroitre. Une belle fourrure couvre sa peau.

Axentius a une envie folle de danser, et est capable d'exécuter n'importe quelle danse.

Libre à vous de faire durer ces dons tout le long du RP, ou non.


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MessageSujet: Re: [Fin An 04] Hospitalité étrangère [Axentius Clemens]   Sam 18 Avr - 17:59

Entre les vapeurs du thé et du sommeil, Rouselin vit Axentius s'approcher de lui avec une expression bienveillante qui le rassura immédiatement. Pendant un moment, il avait en effet eut peur de se montrer aussi vulnérable en présence d'un étranger mais celui-ci n'avait que des bonnes intentions à son égard, sans y douter. Il n'y avait qu'à entendre le timbre de sa voix, plus que ses douces paroles, pour s'en rendre compte. Cependant, dans un brin de conscience, le jeune homme roux se demanda tout de même ce qui l'avait mené dans un tel état de fatigue. Il savait bien que son périple fut dur, mais il avait déjà enduré bien pire sans pour autant tomber de sommeil aussi vite. Ses yeux verts se posèrent sur la table où son thé à peine vidé sur la table qui était en train de refroidir.

Il y avait définitivement quelque chose d'étrange là-dedans. Il demanderait à l'homme plus tard... quand il se réveillera...

"Oui vous avez raison... merci... pour votre hospitalité..."

Sur ces derniers mots, il s'endormit recroquevillé sur lui-même, sa grosse queue touffue lui servant de couverture alors qu'il protégeait inconsciemment son visage dans ses poings. Peut-être était-ce dû à la substance qu'il venait de boire, ou peut-être parce qu'il était vraiment externe après un si long voyage, mais son repos fut sans songe. D'habitude, il rêvait de choses et d'autres, souvent de nature, de lapin et ce genre de simplicité qui le rendaient heureux. Il revivait aussi ce jour où il était devenu hybride, et parfois de manière cauchemardesque où les rayons le transperçaient plutôt que de simplement le transformer. Cependant, cette fois-ci, il fut extrêmement tranquille et silencieux. Il n'y avait que du noir et du silence dans son esprit.

Et c'est tout aussi calme qu'il ouvrit ses yeux dans un moment peut-être un peu trop précoce.

En effet, lui qui n'était pas matinale de nature, s'étonnait de voir que les lieux étaient toujours aussi sombres que lorsqu'il s'endormit. Toujours éclairés par toutes lumières, sauf celle du soleil. Il comprit alors rapidement que l'aube n'était pas encore arrivée et que donc, il s'était réveillé un peu trop tôt. Encore très somnolent à cause de son breuvage et sa courte sieste, il eut du mal à se rendre compte tout de suite de l'endroit dans lequel il se trouvait. Le renard eut un petit moment de réflexion pendant lequel il resta allongé à regarder son environnement alors que d'étranges bruits mécaniques lui parvenaient aux oreilles. Ses oreilles se dressèrent pour mieux les analyser et il put enfin remettre le doigt sur les événements passés.

Quelques minutes plus tard, le temps de réellement trouver le courage, il se redressa en pointant le museau à l'air, comme s'il était à la recherche de quelque chose. Finalement, sa curiosité le poussa à quitter ce fauteuil dans lequel il était si confortablement installé pour explorer les lieux. Il ne lui fallut pas longtemps pour remarquer la présence d'un homme, très certainement le même que la veille, occupé à un ouvrage. Les bruits ne lui étaient pas forcément agréables, surtout pour lui qui aimait plutôt le silence d'une forêt. Il s'avança cependant d'un air curieux, se demandant s'il avait remarqué qu'il était réveillé. Certainement pas it la concentration dans laquelle il semblait plongé.

Lorsque Rouselin fut assez proche pour voir enfin ce que c'était, il manqua de sursauter.

Eh bien, ce n'est pas comme s'il n'avait jamais vu l'intérieur d'une machine, mais c'était toujours des choses très matérielles, très impersonnelles alors que là... Eh bien, cela avait une forme quand même très biologique. C'était très étrange. Une sorte d'abomination entre le naturel et l'artificiel. Et puis cet oiseau... Même un carnassier comme lui qui n'avait rien mangé depuis un petit moment et s'était même léché les babines la veille devant tous ces futurs repas, aujourd'hui n'éprouvait aucune faim. Juste un étrange malaise. Cela éveilla en lui presque de l'obsession, de savoir ce que cet homme allait bien pouvoir faire avec ces choses, toutes les deux mortes. Les transformer en être vivant?

Voilà qui serait aussi bluffant qu'un coup de baguette magique que le Renard affectionnait tant. Et en parlant de cela...

Tout en regardant, il eut le réflexe de poser sa main à l'intérieur de sa sacoche, habitude qu'il avait à chacun de ses réveils, là en particulier, elle luit parut plus lourde que d'ordinaire. Entre ses affaires habituelles, il sentit un objet ovale étranger qui souleva en lui quelques interrogations. Il le sortit de sa poche et découvrit un oeuf de petite taille magnifiquement décoré qui sentait bon le sucre. Voilà bien un mystère auquel il ne s'attendait pas, et le renard se doutait que ce n'était pas un cadeau malicieux de la part de son hôte, aussi gentil et serviable puisse-t-il être. La faim et la gourmandise l'emportèrent sur la prudence et Rouselin croqua dedans avec joie, soulagé de voir son estomac se remplir.

Tellement enivré par ces étalages de fantaisie, il ne se rendit pas compte de ses poils qui commençaient à roussir et grossir à vue d'oeil.
Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: [Fin An 04] Hospitalité étrangère [Axentius Clemens]   Mar 21 Juil - 11:58

Les voyages forment la jeunesse, et permettent de mener de singulières rencontres. C'est ainsi, qu'au détour de la route, le chemin de Rouselin croisa celui d'Axentius, ingénieur allemand. Nul doute que ce dernier partagea ses connaissances avec son invité d'une nuit, avant que chacun ne reprenne le cours de sa vie.

RP clos


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MessageSujet: Re: [Fin An 04] Hospitalité étrangère [Axentius Clemens]   
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[Fin An 04] Hospitalité étrangère [Axentius Clemens]

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