Partagez | 
 

 Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Invité
Solal Yarhi

MessageSujet: Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda   Ven 26 Sep - 23:48
Nul n'échappe à son passé.
Regardes, contemples tes erreurs
Mais ne te noies pas, imbécile.


Un bras lourd mais sympathique s'abattit sur les épaules du mécanicien en chef alors que le sourire de son comparse à crête rouge se faisait plus taquin.
"- Alors, ça va de mieux en mieux, la scientifique et toi heiiin ? Y' parait que y'a plus de clés qui volent, bientôt ça ser... "
"- Ta gueule".
"- Oh mais ça va, je plaisante. Mates-moi ça, hé ! Lazaro ! reviens ! Gardes pas tout pour toi ! "
"- Ta gueule Lev', tu m'emmerdes ! T'es aussi chiant qu'elle ! "
Et après un regard d'avertissement, menaçant, avec tout de même un sourire discret, la silhouette de Lazaro sortit de la salle commune pour prendre un peu l'air avant de s'engouffrer de nouveau dans les entrailles du navire. Et retrouver la silhouette de cette affreuse bonne femme !
Cette greluche dont l'espagnol ne pouvait nier qu'elle en avait tout de même dans la caboche. Oh bien sur, ça gueulait dans "sa" salle des machines et ils s'affrontaient du regard au moins une fois par jour, mais depuis leur fuite de Roumanie, le chef mécanicien l'avait comme toujours à l'œil.
Lazaro n'était pas un homme de mots, de palabres et il détestait se perdre en élucubrations, mais plutôt dans le geste, l'action. Rustre dirait certains, lui se qualifiait plutôt d'efficace.
Magdalena Korzha l'agaçait prodigieusement, l'avait impressionné, lui donnait des envies de meurtres, tenait drôlement mal l'alcool, et était une chieuse. Une chieuse qu'il commençait tout de même à plus ou moins supporté mais il n'en montrait rien.
Les hommes avaient néanmoins remarqué que c'était un peu moins électrique vers les moteurs.
L'urgence, le sang les avaient forcé à collaborer mais cette entente tacite était restée, fragile.
Bancale mais valable.

Un boulet de canon aux mèches brunes cuivrées éclatant de rire lui percuta les jambes et Lazaro grommela contre Viorica, qui s'enfuyait déjà à l'autre bout du pont. Pas traumatisée pour un sou la gamine, et elle était devenue en peu de temps la coqueluche du navire.
De parasite ambulant, il n'avait fallu que quelques semaines pour que son sourire et sa vivacité d'esprit charment les forbans.
Le mot " future apprentie " était même sorti de la bouche de Solal, pour faire enrager sa mère, mais aussi parce que le concept faisait pas mal rire le pirate.
Suivi d'un tas d'insultes en ayant découvert que la petiote avait trouvé la fabuleuse idée d'aller farfouiller dans certains coffres...

Le Second était d'ailleurs appuyé au bastingage, un de ces derniers cigares au coin des lèvres. Lazaro vint se poster à ses côtés, le regard vague sur l'horizon sablonneux qui se profilait. Après un petit carnage en règle dans les airs d'Autriche-Hongrie ( petite vengeance personnelle oblige !) , les voiles du Souffle Gris se profilaient au dessus de la partie Nord de l'Empire Ottoman.
Terre natale du persan, et son enfer à la fois. Un soupir s'échappa des lèvres du basané.
Mais malgré ces dernières semaines, où les pertes cruelles en Roumanie, le silence lourd de sens de l'équipage avaient laissé place à une vendetta tachée de sang, Solal refusait de céder à la morosité, les nerfs à fleur de peau.

Il était partagé.
Mitigé face à ce paysage qu'il n'aurait pas cru revoir avant quelques années.
Tout ce que ça lui rappelait, et ce que cela impliquait pour leur escale. Mélange de nostalgie, de rage, et d'envie.
Son regard était glacial mais un fin sourire apparut sur le visage du Second.

"- Yarhi, tu vas pas faire de conneries hein ... ? On est tous plus au moins pas très bien vus mais ici, c'est vraiment la merde pour toi. "
Lazaro ne faisait qu'évoquer une évidence.
Le persan haussa les épaules, mais hocha la tête.

"- Je reste à bord, ordre du Capitaine". La rage et une pointe de rancœur dans la voix.
Le "mais" ne franchit pas ses lèvres mais Lazaro naviguait à ses côtés depuis assez longtemps pour savoir que Solal était un acrobate, un singe qui jouait des règles. Des siennes aussi.

~~

Quelques heures plus tard, sous les ordres criés des pirates, le navire s'amarra à un ponton aérien qui aurait bien eu besoin d'une nouvelle jeunesse. Mais ça ferait l'affaire.
A l'intérieur, Solal avait ordonné à la savante et sa fille de le rejoindre dans les cabines.
D'un coffre sans prétention, il sortit plusieurs étoles, tissus au couleurs chaudes et pleines, parsemées quelques fois de fins symboles ou broderies pour les plus rares.

"- Les gens d'ici regardent d'un mauvais œil les étrangers, et blanches comme des c... cachets comme vous, on va vous prendre pour des autrichiennes. Autant dire que ça sera pas bon. Alors si vous voulez sortir, il faudra porter ça, couvrez-vous au moins la tête. Elles ont quelques années mais ça passera. "

Et avant qu'une des deux n'ouvre la bouche "- Et non, vous crèverez pas de chaud dessous, ça vous protégera au contraire !"

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Magdalena Korzha

MessageSujet: Re: Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda   Sam 4 Oct - 22:49
Magdalena avait mis quelques minutes à retrouver sa fille. Elle s’était fourrée dans le fin fond du navire, discutant avec l’un des pirates qui s’affairait dans ce coin-là. L’enfant, enjouée, fit un grand signe de main à l’homme et quitta les lieux en suivant sa mère. Mère qui, plongée dans ses réflexions, concentrée à souhait sur les plans des moteurs –ils étaient presque tous finalisés mais… Magdalena était une perfectionniste.- fut très contrariée qu’on lui ordonne de se rendre aux cabines.

« De jolis foulards ! »

Viorica ne se fit pas prier, elle se jeta presque dans le coffre, comme si elle y découvrait un trésor. La savante demeura en retrait, pendant que l’enfant tentait de toucher à tous les bouts de tissus. Tous. Dans sa main se retrouva bien vite quelques étoffes, celles que sa fille venait de choisir pour elle. Et elle ne cessait d’en rajouter, en gardant quelques unes pour sa petite personne en les posant sur ses épaules. Magdalena eut le nez qui se plissa, et leva les yeux vers le jeune Second.

« Pensiez-vous que nous sortirions sans être couvertes ?! Nous brulerions ! »

Magdalena était encore rousse, et le soleil demeurait toujours l’un de ces pires ennemis. La Roumanie ne lui offrait pas de grands dangers en étant toujours nuageuse, mais l’Empire Ottoman menaçait de faire apparaitre sur sa peau de porcelaine de petites tâches indésirables. Elle n’aimait pas cela, mais elle savait vivre avec. Viorica qui, il y a à peine quelques mois, se faisait embêter en pension à cause de ses joues tachetées de rousseur, le prendrait sans doute moins bien si un petit sudiste venait à pointer son visage.

« Celui-là irait bien avec vos yeux !
- Qu’est-ce qu’ils ont mes yeux ?
- Mère ! Faites un effort !
- D’accord, je mettrai celle-là…
- Mais non, elle ne va pas avec votre robe ! Mettez plutôt celle-ci.
- Hors de question, il y a un défaut dans le droit fil, juste ici. »

Viorica grommela et fouilla encore un peu avant de tendre à la scientifique une écharpe de la bonne couleur et, surtout, dont le tissage ne comportait pas de défaut. Magdalena ajusta les rubans de ses cheveux pour remonter sa coiffure avant de dissimuler le tout sous un voile crème. L’enfant l’imita, mais ne préféra pas cacher ses boucles brunes. Toutes deux discutèrent en roumain pendant quelques minutes, débattant sur leur tenue –visiblement-, se demandant si elles devaient mettre une robe de promenade ou demeurer telles qu’elles, vêtues d’un accoutrement de pirate.

« À quelle heure devrons-nous être rentrées, Monsieur Yarhi ? »

L’heure fut dictée et Viorica ainsi que Magdalena quittèrent le Souffle Gris. Première sortie depuis qu’elles étaient embarquées, ou presque. Elles traversèrent le port et prirent une voiture pour se rendre plus en ville. Les rues étaient grouillantes et nombres de marchés vendaient des choses plus étranges les unes que les autres. La savante peinait à garder un œil sur sa fille qui, elle, fascinée par tout et n’importe quoi, courrait de droite à gauche sans hésiter.

Alors qu’elle tenait Viorica fermement par le bras –pour ne pas dire brusquement, Magdalena avait trouvé un petit stand où l’on vendait des pâtisseries locales. Elles s’y attarda, puis, lorsqu’elle vint pour prendre commande, elle remarqua que la vendeuse, une dame plus âgée, la fixait avec des yeux ronds et la bouche ouverte. Elle n’avait jamais, jamais vu de rousse de sa vie. Les petites taches de rousseur sur le nez, l’un de ces petits neveux en possédaient, mais une crinière rousse, jamais. Et ce n’était clairement pas une couleur normale. Et ce fut à cette pensée que la vieille vendeuse leva son doigt vers la grande dame et babilla des mots dans sa langue, des mots que Magdalena identifia comme « Sorcière », « Jahannam » et « Karina. » Ce qui était loin d’être positif.

« Venez, Viorica, nous rentrons.
- Mais nous avons à peine acheté de souvenirs !
- À peine ?! »

La savante leva son bras, sous lequel pendaient plusieurs paquet qui commençaient à peser lourds. Viorica ne lutta pas longtemps et, tout comme sa mère, elle fut frappée par l’indécision. Fallait-il prendre à gauche ou bien à droite, pour rentrer ?

« Il faut prendre à gauche !
- Je crois plutôt que nous sommes arrivées par la droite.
- Vous dites cela juste parce que j’ai dit gauche !
- C’est vrai, mais ne le prenez pas comme ça. »

Mais elles ne savaient toujours pas où aller.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Solal Yarhi

MessageSujet: Re: Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda   Mar 28 Oct - 0:40
Parce qu'elle était là,
comme une perle d'occident
Une véritable.... mégère.



Un instant, devant tant de facéties purement féminines- et inutiles- , Solal pensa qu'au contraire, que Magdalena Korzha se brûle la couane ne pourrait qu'améliorer la savante... Avant de se dire , qu'en fait.
Elle n'en serait que plus insupportable.
Foutue rousse.

En s'appuyant sur le chambranle de la porte, le Second les observa foutre le bazar dans le coffre qu'il avait apporté. Trésors pillés, souvenirs oubliés d'un temps où il aurait été libre de parcourir les rues bombées sans craindre d'avoir la tête tranchée net.
Mais le risque n'arrêtait pas le pirate, pourtant, il ne fit pas mine de les accompagner.
Les avoir dans ses pattes ? Encore ?
Non merci !

Une seconde, Yarhi hésita à lui prêter un de ses pistolets, mais se ravisa, leur conseillant simplement de rentrer en fin de matinée et d'éviter certains quartiers. Mais pas sur qu'elles retiennent le conseil, surtout si les roumaines n'avaient jamais mis les pieds dans l'Empire.
Sous les sourires, les voiles de couleurs chatoyantes, les bonnes manières et la bienséance, se cachait une citée sombre, où le sang mêlait Djiins, marchands d'esclaves et magouilleurs en tout genres dans une danse sinueuse et mortelle.

Mais après tout, qui oserait se heurter à cette furie roumaine ? A cette pensée, le pirate éclata de rire dans le couloir le menant à la salle des machines. Il allait emmerder un peu Lazaro, histoire que celui-ci bouge son cul et lui ramène du rhum.
Ouais, c'était une bonne idée ça... se poser dans la vigie et attendre que les heures passent, que son calvaire dans ce pays maudit finisse. Du moins jusqu'à ce soir, car Solal n'allait certainement se laisser dicter sa conduite par une menace, même émanant d'un Sultan de pacotille.
La sensation du sable, de cette atmosphère toute particulière dans les souks lui manquaient un peu, mine de rien.
Et si l'on pouvait faire de merveilleuses affaires en pleine journée, il se jouait d'autres transactions, très intéressantes une fois les lumières éteintes. Et un peu de détente aussi...


~

Ici, le vent ne soulevait aucunes tentures comme il aurait pu le faire avec les voiles du souffle gris. Au mieux, au milieu de cette agitation toute commune, s'élevait une légère brise marine, bien vite oubliée au détour d'une négociation ardue.
Mais ce qu'une paire d'yeux avisée observait n'était pas l'étal en face d'eux... Mais les deux silhouettes qui faisaient leurs achats sans se douter de rien.
Un signe invisible et un sourire torve plus tard, une petite bombe courrait dans leur direction, arrachant sans ménagement plusieurs des sacs au bras de la roumaine, la bousculant au passage.
L'éclat d'un rire enfantin résonna dans une rue adjacente avant de cascader sur les murs plus lointains de la ville basse.

Un jeu d'enfant. Cruel et au risque de perdre ses mains, mais Magdalena et sa fille n'avaient fait que poser les pieds dans le début des emmerdes.
Du moins, pas en apparences, puisqu'un homme, haute stature, et sourire désolé et avenant sur le visage proposa son aide à la rousse.

"- Madame, Madame ! Vous allez bien ? Il ne vous a pas blessé... ? "
La soutenant sous le coude par un bras puissant, le persan à la barbichette et aux yeux d'ambre semblait chercher à voir si l'étrangère allait défaillir ou non. Discrètement, il dévorait du regard les taches de rousseurs, la couleur si claire de sa peau, avant d'aider à ramasser les quelques paquets que le chenapan n'avait pas subtilisé.

Une barre d'inquiétude barrant son front, l'homme entraina Magdalena un peu plus sur le côté, enjoignant Viorica de faire de même.

"- Vous avez reçu un gros choc....".

Si ses mots n'étaient pas forcément les plus appropriés, on pouvait sentir chez lui une certaine aisance dans la langue espagnol, un accent qui indiquait qu'il pratiquait plus que la plupart de ses congénères.
"- Mon nom est Ozman Vazil'ed. Vous ne devriez pas vous promener sans escorte par ici. "


Son sourire soucieux mais charmant espérait convaincre la savante.

~~

Plus loin, à l'autre bout de la rue, celui d'un pirate du Souffle Gris se plissa en apercevant leurs invitées en compagnie d'une ombre. Canaan, puisque c'était le sniper qui avait décidé de refaire le stock de papier et d'encre- en plus d'autres trucs essentiels-comme du poison, l'alcool et autres, les fixait. Suspicieux, et sa mine se renfrogna quand il fut un peu plus près.

Si son intuition ne le trompait pas, Solal ne tarderait pas à l'étrangler s'il ne faisait rien pour prévenir une catastrophe.

Parce que les sourires et l'or cachent parfois le feu et les démons.
Parce qu'Ozman Vazil'ed n'existe pas.
Plus.



Revenir en haut Aller en bas
Invité
Magdalena Korzha

MessageSujet: Re: Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda   Jeu 20 Nov - 23:58
Magdalena et sa fille devisèrent sur le chemin du retour, à pas rapides. La savante réajusta son foulard sur sa tête, prenant soin de dissimuler ses cheveux orangés. Si la teinture prenait sur ses mèches, elle aurait opté pour un brun depuis bien longtemps ! Ce fut lorsque la roumaine écarta les bras pour s’exprimer, les yeux rivés sur l’enfant, qu’un petit voleur la heurta et faillit lui arracher le bras pour lui prendre ses sacs. Magdalena utilisa sa fille pour se retenir et s’assombrit. Quelle petite peste !

« On nous a volé la poupée ! C’était la plus belle dans le magasin et il est partit avec ! »
Dit la petite Viorica, attristée de voir son ancien nouveau jouet disparut dans la foule ottomane.

La scientifique ignora les enfantillages et massa son bras endoloris, poussant les sacs restant au niveau de son coude. Elle fit un pas brusque sur le côté lorsqu’apparut un grand homme. Magdalena le jaugea sévèrement, poussant subtilement sa fille avec son bras pour l’en éloigner. C’était un fait, Madame Korzha aimait très peu la gent masculine. Les méprisait presque, lorsqu’ils faisaient mine de surprotéger le sexe faible.

« Je n’ai rien, ce n’était qu’un enfant, après tout. »

Et un enfant pauvre, surtout. Le mal était fait et, pouvait-on vraiment en vouloir à un petit être qui ne tentait que de survivre dans ce monde cruel ? Qui sait s’il n’avait pas une petite sœur qui hériterait de la poupée que sa famille ne pourrait jamais se permettre d’acheter ! Mais l’homme était persistant et tira la femme sur le coté malgré elle. Magdalena, en dame sauvage, se dégagea d’un coup de l’emprise de l’inconnu. Dans la même langue, sur un ton qui montrait un certain courroux, elle s’exprima :

« Je n’ai pas besoin d’escorte, Monsieur Vazil’ed, vous pouvez retourner vaquer à vos occupations. »

En cas de danger, il y avait le Jabberwock. Fermement, elle attrapa Viorica par le bras et s’éloigna, tentant de retrouver le port et de rejoindre le Souffle Gris. Elle sortit une montre à gousset et observa l’heure, fronçant les sourcils. Il est vrai qu’elles auraient du prendre une escorte. Un pirate qui connaissait le coin, ne serait-ce que pour ne pas se perdre ! Lazaro, par exemple, elle aurait apprécié de l’avoir comme accompagnateur… mais tentez de faire sortir un mécanicien de son trou ! Elle jeta un coup d’œil par-dessus son épaule et obliqua au croisement d’une rue, cherchant avec ses grands yeux bleus le chemin qui les ramènerait au bateau.

Pourquoi ne pouvait-elle pas sortir en paix, hein ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Solal Yarhi

MessageSujet: Re: Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda   Jeu 27 Nov - 23:41
Le monstre tapi sous le sourire
N'est pas celui que l'on croit.
Vacille, flammèche.



Devant la véhémence de Magdalena, l'ottoman écarta les bras en signe de paix.
Avec sourire malheureux, il se confondit en excuses aux accents un peu amer tout de même, avant de les laisser, disparaissant dans une ruelle adjacente.
Une fois caché dans la pénombre de celle-ci, ses prunelles sombres s'allumèrent d'un feu étrange et un drôle de sourire lui mangea les oreilles. Les tatouages à ses bras, cachés sous les étoles semblaient prendre vie et conscience.

Quelle bonne femme ! Surement une austro-hongroise vu l'éclat pale de sa peau et la couleur de ses yeux... Mais en pensant à la façon dont elle avait refusé son aide, il cracha par terre.
Ce n'était que partie remise.

Croire que le prochain mouvement sur l'échiquier n'était que vengeance serait bien naïf et pédant.
Croire que l'Ifrit qui avait approché la veuve n'était qu'un rustre tout bon à poser ses sales pattes sur n'importe quelle femme exotique était une véritable erreur.
Il savait.
Que peut importe ce qui suivrait, à qui elle était liée, cela fragilisait encore un peu la paix factice régnant dans la citée. Et même si Magdalena Korzha n'intéressait personne, son corps saurait contenter son maître.

Tout ce qu'il voulait se résumait en un seul mot. Chaos.
Ozman Vazil'ed disparut, un sourire torve au coin des lèvres, et les doigts fins transmettant déjà des indications aux sentinelles silencieuses perchées sur les toits, cachées dans le moindre recoin de la citée.


~

Une bonne demi-heure plus tard, une ombre qui suivait tranquillement les deux étrangères se rapprocha imperceptiblement à une intersection et fit un léger signe de l'index. Comme une massue, les silhouettes s'abattirent sur Magdalena et sa fille, les assommant sur le coup.
Ne restait de leur présence que les souvenirs suspicieux des quelques marchands qu'elles avaient dû encore croisé et le foulard choisi par Viorica pour sa mère.

Les minutes, les heures s'égrenèrent inexorablement jusqu'à ce qu'elles émergent, fortement ligotées, la scientifique droguée.

"- SOLAL ! .... SOLAL ! SOL' ...ESPECE D'IVROGNE , Réponds ! "
L'horloge tournait, et à l'autre bout du port se fit entendre un grognement indistinct, avant que de la vigie n'émerge une touffe de cheveux sombres.
Solal, qui avait passé la demi-journée à pioncer et à boire s'accouda et lâcha un regard désabusé au chef des mécaniciens et à Canaan plus bas.
"- 'Faites chier. Y'a encore besoin de vous torcher le cul comme des poupons ou quoi ? "
Malgré son état d'ébriété léger, le second sauta souplement dans les cordages, véritable singe, jusqu'à descendre à leur hauteur, mécontent.
"- Korzha et sa fille devenaient revenir y'a bien une heure... Y'a un problème".
"- C'est des bonnes femmes, elles ont dû bailler sur des étales..." Haussement d'épaules.

"- Non, Solal. Il y avait un homme sombre avec elles, il les suivaient. "

Le tireur n'était pas un bavard, mais les mots qui sortaient de sa bouche étaient toujours réfléchi, et Solal savait que pratiquement rien ne trompait les yeux de lynx du pirate. Soupirant bruyamment, il se dirigea en silence vers sa cabine, en ressortit rapidement avec un cimeterre qu'il tendit à Lazaro, bouclant sa propre ceinture et son immense Yatagan. Le persan prit cependant quelques minutes à se dissimuler derrière une grande cape couleur terre.

"- Bon, y'a pas le choix. Tss... Vu les rumeurs ici, faut qu'on les retrouve rapidement. Canaan, guides-nous jusqu'au dernier endroit où tu les as aperçus. "

Fichues roumaines.
Fichues bonnes femmes !




Revenir en haut Aller en bas
Invité
Magdalena Korzha

MessageSujet: Re: Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda   Mer 3 Déc - 0:08
Magdalena était une femme ponctuelle qui n’aimait pas beaucoup sortir dans la foule. Viorica était tout l’inverse. En temps normal, elles seraient rentrées pile à l’heure – Parce que la décision revenait à la mère, de toute façon. Penser que Magdalena Korzha était une autrichienne ou une hongroise était ridicule. Elle n’appréciait guère se pays. Froide et farouche, son cœur appartenait à la Roumanie. L’inconnu s’était presque offusqué mais, la vérité était que la veuve se mettait sur ses gardes dès qu’un homme entrait dans son cercle d’introvertie.

Puis le noir.

La faible constitution de la savante la garda profondément assommée. Viorica, certes petite mais très agile, très alerte, se réveilla en grimaçant. Pourquoi, à chacune de ses sorties, devait-elle se faire kidnapper ? Les malfrats semblaient l’aimer elle plus que les autres petites filles. Était-ce les boucles brunes ou les tâches de rousseur ? L’enfant tortilla son petit corps et constata qu’elle était attachée. Elle étendit les pieds et poussa doucement sa mère. Aucune réponse. Viorica bougea frénétiquement les poignets. Heureusement, heureusement, les cordes étaient trop épaisses pour être efficace sur une si frêle enfant. Naïve et insouciante, la peur ne se manifestait pas très bien chez elle. Lorsqu’elle fut libre, elle rampa jusqu’au corps inerte de sa mère et tenta une dernière fois de la réveiller. En posant sa tête dans ses cheveux roux, espérant une réaction, ses doigts glissèrent sur une plaie qui s’était créée lorsqu’elle avait été assommée. Du sang ! Viorica eut un frisson qui parcourra tout son corps. Son monde s’effondrerait définitivement si Magdalena ne devait plus jamais se réveiller. Elle inclina son visage vers celui de sa mère et fut soulagée de constater qu’elle respirait toujours. Il lui fallut plusieurs secondes pour s’en remettre et fouilla dans les poches de la grande jupe de lin.

Parmi quelques boulons et morceaux de cuivre, elle trouva l’arme que sa mère portait toujours sur elle. Viorica la chargea rapidement, tourna une petite manivelle et retourna rapidement cacher ses bras parmi les cordages. Elle était une guerrière, elle saurait survivre le temps que sa douce et délicate génitrice se réveille. En attendant que quelque chose se produise, elle alla tapoter du pied l’épaule de Magdalena, espérant la faire réagir. Elle détestait qu’on la touche, alors avec les pieds… Elle ne resterait pas endormie très longtemps !
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Solal Yarhi

MessageSujet: Re: Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda   Ven 26 Déc - 23:45
Inquiétude et rage
Transcendance.



L’ombre des trois hommes projetait des promesses démoniaques aux autochtones qu’ils croisaient, le regard noir et déterminé. Sous la capuche couleur terre, Solal serrait des dents en maudissant la savante. Dans quel pétrin était-elle encore allée se fourrer ? Il allait finir par croire que l’emmener à bord du Souffle Gris était définitivement une bien mauvaise idée.
Femme et rouquine, elle attirait la guigne comme du miel pour des abeilles.

Nul doute que quelqu’un paierait les pots cassés, et la rage froide dans ses prunelles bleutées fit plusieurs fois hoqueter des passants ou des marchands qu’ils interrogeaient. A côté de lui, la colère se mêlait à l’inquiétude sur le visage de Lazaro. Le chef mécanicien était en colère, contre elles, contre elle, mais surtout contre lui-même.
Il aurait dû insister pour que quelqu’un les accompagne vraiment.

D’une, parce qu’une telle machine sans sa créatrice, c’était limite suicidaire même s’il n’était pas homme à craindre les risques et le danger.
Et de deux, bien qu’il ait du mal à se l’avouer… parce que Magdalena Korzha avait gagné son estime petit à petit. La scientifique possédait un caractère de cochon, de bonne femme. Mais elle avait un esprit vif et intelligent, perspicace et joueur. Les œillades assassines avaient laissé place à un drôle de silence fait de compréhension et d’un semblant d’appréciation… peut-être même un peu plus le concernant, ce qui avait alimenté les rumeurs et les sourires goguenards. En y repensant, le pirate secoua la tête pour lui-même.
Pas de temps à perdre avec une connerie de sentimentalisme. Les sauver, elle et la petiote, et après il verrait bien.

Diables encapuchonnés et menaçants, ils interrogèrent les passants, mais les rares personnes à pouvoir identifier Viorica et sa fille ne pouvaient leur en dire guère plus. Un instant, le Second resta en arrière, sentant un regard incendiaire dans son dos.
On l’avait plusieurs fois regardé étrangement, comme on essaye d’attraper un feu-follet, une illusion sans réussir, et Solal se doutait bien que son visage pouvait signer leur arrêt de mort. Le diable aux yeux de mer était de retour dans sa terre natale. Dix ans d’absence, mais le territoire était toujours miné. Il haussa les épaules et continua de s’enfoncer dans les ruelles, suivant les pas assurés du tireur africain.
Le pirate à la peau sombre s’élança soudain et disparut à une intersection avant de les rejoindre, un drôle de singe accroché dans ses mains. Le gamin se débattait, mordait et feulait comme un chat avant de s’immobiliser devant les trois silhouettes.
« - Ça ! Ou est son propriétaire ? » Le ton de Solal était sans appel, tandis qu’il désignait le foulard accroché à la ceinture du voleur. « - Où sont les deux étrangères à qui tu as piqué ce foulard !? RÉPONDS ! » Le gamin, rieur, sursauta au ton de la voix et à la vue de la lame sortie au clair. Le persan n’avait pas l’intention de le passer par le fil de son sabre, mais il savait, pour l’avoir été, que la témérité des voleurs, surtout gamins, frôlait bien souvent la bêtise.
Il fallait lui faire peur.
Solal fit un léger signe du menton à Canaan qui se saisit d’une des mains du gamins, prêt à lui casser les doigts. La menace fit son effet sans que le Second ait à enfiler le gantelet d’acier et le petit voleur bégaya, oscillant entre la panique et la colère.
« - J’sais pas ! Je leur ai volé des paquets c’est tout …. Non, NON ! pas mes maiiins ! d’accord, y’a des hommes qui leur ont sauté dessus, ils m’ont pas vu !… Ils les ont emmenés dans un entrepôt vers la garnison. Et j’ai juste ramassé le foulard, j’ai rien fait de mal ! »

« - Qui sont-ils ? Réponds et je te laisse partir… » Bougon, le gamin haussa les épaules, le fusilla du regard. « - ‘sais pas ! … je vous jure !j’vous ai dit tout ce que je savais ! j’vous jure ! »

Solal soupira et fit signe au pirate noir de le relâcher.

« - Fiches le camp et prends ça… Et gardes tes mains dans tes poches, gamin ! Si tu m’as menti, je te les coupes !»

Le conseil était inutile mais il n’avait pas pu s’en empêcher, avant de se retourner et entrainer ses compagnons vers le centre de la cité. Il ne souriait plus, bien emmerdé d’être aussi proche des autorités en place, mais au fond de lui… une espèce de désir morbide de danger lui brulait l’estomac.
Après quelques recherches, ils trouvèrent le hangar, d’où s’élevaient des éclats de voix à l’entrée. Trop vives et trop suspectes pour ne pas mettre la puce à l’oreille.
Surtout quand on parle ouvertement de rousses ! Nul doute sur la marchandise !
D’un signe muet, Solal ordonna au tireur de monter sur le toit tandis que Lazaro et lui étranglaient les supposés guetteurs. Devant la porte, le second adressa un sourire au mécanicien.
Frapper ou … ?
D’un coup de pied commun, ils fracassèrent le bâtant de la porte, et l’espagnol tira dans le tas. Le tromblon ne faisant pas de grosses victimes mais avec l’avantage de faire du bruit et de surprendre.
En quelques secondes, ce fut le chaos. Un bordel infernale où les cris, les coups, se mélangeaient aux tirs et à l’éclat des armes blanches qui fendaient la poussière avec rage. Après tout, les forbans étaient dans leur élément et le sourire torve qu’ils affichaient sous les sourcils froncés ne pouvait le démentir !
Ils se fichaient de savoir à qui ils avaient affaire. Tout ce qui comptait était cet éclat roux qu’ils avaient aperçu au fond du hangar et personne ne les empêcheraient d’atteindre les captives. Canaan couvrait leur arrière, Lazaro finit par lâcher ses armes à feu pour trancher dans le tas et hurla le nom de la savante à plein poumons, tandis qu’à ses côtés, l’ombre du Capitaine Trappen tournoyait au rythme de la longue lame, mortelle.
Dos à dos, le mécanicien et le second haletaient mais avaient le sourire aux lèvres. Revanchard, déterminé malgré le bruit sourd de l’extérieur qui n’annonçait rien de bon pour leurs fesses.

« - Franchement t’as pas honte de la faire attendre. Regardes, elle a finit par pioncer ! J’pensais plutôt que tu l’avais envoyé au septième ciel depuis le temps ! » Le rire de Solal doubla à l’expression désabusée mais un brin rageur de son compagnon. « - Ta gueule, et gaffes à ton cul, macaque ! »

Lazaro avait beau avoir de l’entrainement en matière de blagues douteuses, il se faisait quand même bien avoir, surtout par le persan.
Il riait toujours en contrant la lame recouverte de symboles d’un autre homme. Rire qui se fit souffler par l’explosion que provoqua le sabre ouvragé. Oh, merde. Si la magie s’en mêlait !
L’élan avait balancé Solal en arrière, qui buta violemment contre un seau d’eau glacial, qui s’envola avec lui…. Pour éclabousser la tête penchée de Magdalena. Mais le second n’y fit pas attention, se relevant difficilement pour faire barrière devant Viorica.
Il lui adressa un sourire franc.

« - Bah alors, gamine, on a fait un caprice et on s’est perdue ?... » Il la taquinait, mais était profondément soulagé de voir que la brunette allait bien. Sa mère ? boh, cette femme était une furie… plus dur à cuir qu’un corsaire !
Seulement, le persan n’avait pas le temps de taper la causette, l’ombre du Djiin dessinant des arabesques rouges au milieu du vacarme ambiant. Un gros morceau, et le pirate n’en était que plus heureux. Enfin du challenge !
Enfin, si on arrêtait de vouloir le trancher en lamelle à tout va entre temps !



Revenir en haut Aller en bas
Invité
Magdalena Korzha

MessageSujet: Re: Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda   Dim 28 Déc - 19:39
Le fracas fit sursauter la fillette. Petits yeux plissés, elle fixait la porte prête a brandir son arme si l'on venait s'attaquer à elle. Le sourire qui s'étira sur ses lèvres à la vue des pirates du Souffle Gris fut large et enjoué. Viorica retira ses mains des liens mal faits et passa ses bras autour des épaules du pirate. Elle échappa un rire cristallin et regarda Solal dans les yeux.

« Ce n'est pas vrai ! Nous avons été volées puis attaquées par des malfrats ! »

Elle jeta son regard derrière le pirate, observant l'ennemis de ses grands yeux bleus clairs. Courageuse et téméraire, elle tint fermement son arme électrique pour se défendre. Hélas, elle ne demeura pas concentrée bien longtemps, le corps de sa mère se réanimait peu à peu. Les doigts de la savantes se pliaient, se dépliaient et grattaient le sol. Elle ramena contre son buste ses poignets liés par des des cordes, se dissimulant derrière ses longs cheveux roux défaits par l'agitation… Et par-dessus tout mouillés. Aucun son ne traversait ses lèvres mais la gestuel de son corps maigre montrait de l'agitation, de la colère. L'eau glissait sur ses boucles jusque sur ses vêtements, se laissait absorber par les plis de sa chemise.

Les liens cédèrent.

Les mains libre, le corps de Magdalena se souleva rapidement. Ses mains poussèrent violemment le sol et, dans un élan brusque, elle fut soulevée et se projeta contre le mur. Le bois résonna sous l'impact, mais la savante ne démontrait aucun signe de douleur. Ces idiots de pirates, le voleur, celui qui les frappa avant de les kidnapper. C'était beaucoup trop pour que le monstre reste endormi. Viorica ne l'avait jamais vu, mais elle connaissait son existence, ainsi retint-elle d'une main ferme, le pirate venu a sa rescousse. Il ne lui était pas inconnu que le Jabberwock ne distinguait pas ses amis de ses ennemis.

Et Dieu savait que la créature ne résistait jamais à une bataille !

Elle était recourbée vers l'avant dans une position d'attaque, prête à se jeter à la gorge du premier qui ferait un geste trop brusque. Ses yeux étaient vidés de toute réactivité, l'éclat de génie était devenu une ombre bestiale. Pirates ou brigants, ce que voyaient le corps de Magdalena Korzha n'étaient que des proies.

De sa droite arriva un homme bruyant, le premier que le monstre attaquerait. La savante ne maitrisait aucune technique de combat mais sa force dupliquée sous la colère fut suffisante pour repousser son ennemi. Un bras pour se protéger, un bras pour le projeter. Et un coup de pied pour le faire tomber lourdement sur le sol. Magdalena tenta d'écraser son estomac une fois, deux fois, mais l'homme roulait, évitant de justesse de se prendre les coups. Cela énerva le Jabberwock qui désirait voir sa victime saigner et mourir. Et malheureusement pour lui, Emilian Korzha n'était pas là pour le sauver.

Enervée, Magdalena se laissa tomber à genou, mettant tout son poids dans son poing, cognant sa proie. Elle tira sur ses vêtements, griffait sa peau brunâtre au travers ses gants de soie, jusqu'à ce que sa tête tombe entre ses mains. Elle attrapa solidement son crâne et une agressivité incontrôlée se déchaina en elle. Il fallait qu'il meurt, mais il serait le premier. Le tout premier qui perdrait la vie à cause d'elle ! Le monstre ne lui laissa aucun répit, assommant sa tête de malfrat, de simple humain, contre le sol dur et froid. Elle répétait mécaniquement les même mouvements, sans que jamais son courroux se réduise. Viorica regardait la scène avec une curiosité malsaine mais refusait de lâcher Solal, s'agrippant à lui de toutes ses forces de petite fille.

Quand l'homme cessa de bouger, que son corps inerte ne provoquait plus l'incontrôlable Jabberwock, Magdalena se remit sur ses pieds en un bond, sa respiration sifflante de colère. Quelques secondes et la voila qui s'attaquait dorénavant à quelqu'un d'autre, l'homme le plus près d'elle et qui avait daigné la provoquer. C'est à mains nues qu'elle se lançait dans sa prochaine bataille.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Solal Yarhi

MessageSujet: Re: Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda   Dim 4 Jan - 19:01
Noir total
Il n'existe plus que la Bête.
Cours



Le sourire de Viorica valait toutes les emmerdes du monde !
C'est ce qu'aurait aimé se dire Solal en voyant la gamine saine et sauve, toujours aussi vive qu'à son habitude ; mais ce qui se profilait devant eux était de bien mauvaise augure.
Le comportement de la scientifique était obscure et le pirate la regardait avec des yeux ronds, retenu par la petite main ferme de la petite fille. La curiosité lui fit faire un pas en avant.

"- Korzha ?.... "

Bien vite, l'expression du Second passa de la surprise à un air soucieux, méfiant. Il fit passer Viorica derrière lui, essayant de surveiller à la fois la folie furieuse de sa mère et les ennemis toujours là.
L'enfant tétanisée et hypnotisée par ce qu'était devenu Magdalena, parce que ceci n'était pas naturel, Solal en était sur, l'empêchait de se mouvoir correctement et le yatagan traçait un cercle sanglant autour d'eux.

D'un coup sec, il stoppa son geste brutalement, se mangeant une droite. Il recula, trébuchant sur Viorica, mais le tua net, sans hésitation.
Le sang qui maculait les mains de la savante, la tête du pauvre ère éclatée dans le sable ... et elle s'attaquait déjà au suivant. Cette scène était si... étrange. Si contraire à l'image et à la personne qu'était Magdalena Korzha.
Un instant, le trouble s'empara de Solal, se demandant quoi faire, avant que le danger et l'adrénaline ne lui brule de nouveau les veines. Pour il ne savait quelle raison, la rouquine était devenue un monstre... capable de les tuer. Peut-être.

Cachant les yeux de Viorica d'une large main, il hurla.

"- LAZARO, CANAAN , emmenez Viorica !"

Ordre difficile à suivre, ses comparses encore aux prises des brigands, et jetant des coups d'œil presque affolés en direction des portes. Il semblait que l'agitation ait attiré du monde. Et pas des moindres...
L'espagnol parvint à les rejoindre et écarquilla les yeux de stupeur devant la scientifique haletante, à genoux... mais dont les prunelles ne reflétaient plus rien. Rien, si ce n'était une soif de sang plus grande. L'inquiétude traçait un pli au coin des lèvres du mécanicien, son attention toute entière portée sur Magdalena, et elle fit écho à celle de la gamine.

"- Solal, qu'est-ce qui se passe ? ... On ne peut pas... la laisser comme ça. " . Il essuya le sang sur une des ses arcades sourcilières.

Un autre coup de feu et un des derniers pauvres fous qui les avaient kidnappées succomba. Seulement, les ombres des uniformes des gardes royaux se profilaient ...bien trop vite. Le pirate, sombre, avait pris Viorica dans ses bras, prêt à courir.
"- Qu'est-ce que tu fous Solal ? REVIENS !"
"- Trouves un moyen de ramener sa mère à la raison ! moi je m'occupe d'éloigner les gardes "

Le second était fou. Complètement détraqué ! L'insulte resta coincé dans la gorge du mécanicien, médusé par le sourire de diable de Solal, en colère contre lui de lui donner de l'inquiétude en plus ET SURTOUT de le laisser dans une merde noire avec la savante.

L'ombre du pirate s'éclipsa sous un tonnerre de poudre, protégé par les tirs en cadence du sniper, qui finit par descendre de son perchoir pour couvrir la fuite des deux captives. Le persan avait intérêt à revenir en un seul morceau...
Mais pour le moment, le plus préoccupant était l'état de Magdalena Korzha...
Courbé, une main en avant, comme on parle à un animal sauvage, Lazaro s'avança un peu, en questionnant Viorica.

"- Tu l'as déjà vu comme ça ? On fait quoi pour la calmer? "

Cela semblait bien mal parti, et l'espagnol se doutait qu'au moindre faux pas, Ce qu'était devenu la savante l'attaquerait. Malgré tout, il tenta de lui parler d'un ton bourru.

"- Miss Korzha ? ... Magdalena ?! Vous allez bien.... Ils sont morts. Tous. Vous êtes libres maintenant. Vous et Viorica..."

Le nom de la gamine ne semblait pas la calmer mais plutôt attiser son intérêt... Et merde. Pourtant Lazaro ne pouvait reculer. Pas face à elle. C'aurait l'abandonner, même si c'était logique et prudent.
Il s'en voulait déjà assez de l'avoir laisser dans cette situation.
Mais ses remords ne le sauverait pas face au Jabberwocky.


Soudainement, il se retrouva plaqué au sol, brutalement. Son arme coincé dans son dos pour ne pas effrayer Magdalena était un handicap à présent.
Ses yeux s'agrandirent d'effroi face à la force de la scientifique, un des bras broyé sous la pression et par réflexe, son poing vint frapper la tempe de la roumaine.
Mais c'était peine perdue, les ongles s'enfonçant dans sa peau, ses os criant de douleur.
Lazaro étouffa un cri, essayant de s'extraire de la prise infernale.
"- MAGDALENA STOP ! Argh ! Foutue bonne femme.... "

Chiante, exigeante, et... effrayante.
Plus tout à fait humaine... et si animale. Bestiale.

Il mordit férocement les doigts qui essayaient de fourrager dans sa bouche pour lui arracher la mâchoire, sa salive se mélangeant au sang. Il lui mit un sévère coup de genou dans les côtes. Mais ça ne semblait pas changer la situation d'un iota.
Elle allait finir l'étouffer ou le tuer. Pour la première fois de sa vie, le chef mécanicien se sentait réellement dans la merde. Son épaule se déboita sous le choc et avant qu'il comprenne quoi que ce soit, il avait rouler pour venir s'éclater contre des débris, sonné.

Deux coups de feu avait retenti dans le hangar. L'un venait de Canaan, le tireur du Souffle gris, et de l'autre côté se tenait un miraculé petit emmerdeur faisant partie de la bande de brigands.
Il fallait que cela cesse avant que tout ça ne vire véritablement au carnage.



Quelques secondes plus tard, un cri aigu, désespéré retentit.


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Magdalena Korzha

MessageSujet: Re: Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda   Mar 20 Jan - 0:13
Inutile de cacher les yeux de Viorica, déjà elle retirait la main qui traversait son visage et ses grands yeux bleus et innocents continuèrent de suivre la scène. La question de Lazaro n’eut pour effet que de la faire hausser les épaules. Sa petite voix résonna, alors que, dans le coin où l’avait laissée le second, elle parla :

« Je ne sais pas ! Papa m’a seulement dit qu’une fée voulait qu’elle puisse tenir tête à tous les hommes ! »

Information peu utile, mais connaitre l’origine d’un problème aidait à le résoudre –enfin, selon l’hypothèse de sa mère. Cette dernière, penchée à la manière d’un prédateur qui attendait le meilleur moment pour jaillir sur sa proie, ses yeux vides qui ne reflétaient rien, mis à part sa victime. Une seconde d’inattention de rien du tout et le Jabberwock s’était jetée sur le mécanicien. Comme un chien enragé mordant dans sa prise, elle tint fermement –beaucoup trop- le bras de l’homme, écrasant dans sa chair ses doigts agressifs. Le coup qu’elle reçut sur la tempe ne sembla pas la blesser, mais son corps fragile, lui, roula sur le côté.

Elle rappliqua. Prête à séparer sa mâchoire et son crâne, ses doigts se faufilèrent dans sa bouche. Elle lui arracherait la tête. Elle voulait que lui, là, cesse de bouger. Ses petits poings qui frappaient plus fort que l’homme le plus costaud du Souffle Gris s’acharnaient. Un monstre qui désirait du sang ne s’arrêterait pas avant de l’avoir vu. Et ses longs cheveux roux, depuis longtemps défaits par l’action bestiale, pendaient de chaque côté de sa tête et venaient s’écraser sur le mécanicien. Incontrôlable, il lui arrivait de s’accrocher et d’arracher ses propres mèches pendant ses mouvements violemment.

Elle poursuivit Lazaro, ignorant les coups de feu. Le cri l’interrompit. Ce cri enfantin, celui de sa propre progéniture. Magdalena se manifestait un peu, faisant trembler la poigne du Jabberwock, l’obligeant à cesser sa violence.

« Arrêtez cela immédiatement ! »
Fit Viorica en adoptant le ton de sa mère.

Un son fort et rauque sortit des lèvres de la savante. Elle menait un dur combat intérieur, luttant pour faire taire le monstre qui prenait sa place. Elle se tortillait, commença à cogner sa tête avec ses paumes. Sur ses pieds mais renfermée sur elle-même, elle se mit à reculer jusqu’à se prendre de plein fouet un mur. Elle recommença une fois, puis deux fois avant de s’effondrer contre le sol, à bout d’énergie et surtout inerte. Inconsciente.

Oh, elle aurait du aller voir Lazaro, mais Viorica accourut rapidement jusqu’à sa mère. La petite fille retourna celle-ci sur le dos et la secoua un peu pour voir si elle se réveillerait. Rien. Magdalena était blessée, mais à son réveil elle n’en voudrait à personne. Une lèvre fendue saignait et ses jointures étaient amochées. L’important était qu’elle respirait toujours.

Viorica se releva et rejoignit le mécanicien. Elle s’agenouilla près de lui et le regarda de la tête aux pieds. Gentiment, elle tapota sa joue.

« Lazaro, Lazaro ! Mère est inconsciente vous ne risquez plus rien. Puis-je vous venir en aide ? »


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Solal Yarhi

MessageSujet: Re: Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda   Dim 8 Fév - 1:58
Jeux d'ombres
Soulagement retenu
Il la fixe. Puis se détourne.



Le choc du corps de Lazaro contre le métal expulsa le peu d'air qui restait dans ses poumons, le sonnant littéralement.
Tout ce qu'il percevait dans ce flou à gerber était des formes indistinctes, et les coups de feu qui résonnaient à ses oreilles, comme si tout était plongé dans du coton. Puis vint une douleur sourde quand il essaya malgré tout de se relever, réflexe d'un corps forgé par les batailles. Restes immobile et t'es mort.
Mais Lazaro ne faisait que tâtonner, ne pouvait se fier qu'aux sons rauques qu'il captait, avant de sentir le contact des petits doigts de la fillette.
Un grognement lui échappa en guise de réponse alors qu'il essayait de se rétablir seul, avec difficulté.

A un peu plus d'un mètre, le sniper du Souffle Gris avait abattu froidement le dernier trafiquant sans un regard en arrière, mais s'était tenu à bonne distance le temps que le problème "Korzha" se règle de lui-même.

Pendant quelques secondes, il avait fixé le corps de la scientifique avec un drôle de regard, surveillant la légère respiration de la femme, inconsciente. Entre méfiance et fascination. Dangereux.

Malgré ça, il comprenait le besoin de protéger les roumaines et posa un regard sur la gamine en prenant le pouls de Magdalena. Décidément bien mature pour son âge la mioche. Un sourire déforma son visage d'ordinaire si sévère, et ses cicatrices guerrières, ancestrales.

"- On va s'occuper de ta mère... "

L'africain ne pourrait pas porter les deux en même temps, si bien qu'il tapa plus fort la joue du mécanicien, pour le faire reprendre complètement conscience. Nom de Dieu !
La gifle était surement partie un peu fort.
Les yeux de Lazaro papillonnèrent, perdues, captant à peine ce que lui disait le pirate en face de lui quand .. " HAAAA !!!!!!!! " le cri lui échappa avant qu'il se morde les lèvres sous la douleur de son épaule remise en place d'un coup de poignet adroit du pirate.
Mais au moins, ça avait le mérite de l'avoir fait complètement émergé.
Prestement, avec presque les gestes de l'habitude, Canaan aida Lazaro à couvrir son bras d'un linge sommaire, bien vite rougi de pourpre.

Vacillant, mais préoccupé, le chef mécanicien reporta rapidement son attention sur Viorica et sa mère.
Ses prunelles brunes fixaient le corps de Magdalena, guettant le moindre mouvement de vie.
Ses doigts burinés par le soleil et les travaux dégagèrent avec une douceur insoupçonnées les cheveux roux de son visage, effleurant sa joue tandis qu'il la retournait délicatement.
Comment une femme aussi frêle qu'elle, avait pu lui broyer l'avant-bras d'une seule main ??!
La rousse lui devrait des explications.
Le terre et le sang maculait la chevelure de feu et le visage de la savante, mais au moins était-elle vivante.
Foutue bonne femme ! Elle allait le rendre barge !

Un soupir s'échappa de ses lèvres.
Entre fatigue et soulagement.
Restait à sortir de cette merde de ville, et avec un Solal en vie accessoirement. Qu'est-ce qu'il foutait encore celui-là ?!
"- Viorica, ca va ? ... Il va falloir que tu nous aides. J'sais que tu connais pas la ville, mais il faudra absolument que tu nous préviennes si tu vois des hommes armés. A tout prix. "

Inconsciemment, sa main était venue effleurer la tête de la fillette, un sourire encourageant au bord des lèvres. Mais sans les avoir vu, la roumaine saurait forcément les reconnaître. Le vieux loups de mer avait l'intuition que Viorica s'en sortirait toujours. Diablement.

En quelques minutes, les deux hommes réussirent à hisser Magdalena sur le dos du tireur noir, et Lazaro récupéra quelques armes sur les cadavres avant qu'ils ne sortent du hangar.
Le soleil était déjà bien bas et le silence dans le quartier n'était forcément des plus rassurants.

Viorica en éclaireuse malgré elle, le quatuor avançait prudemment, les deux hommes à l'affût du moindre éclat dangereux.
Néanmoins pas assez vigilent pour empêcher la main brune de choper la gamine et l'entrainer dans une ruelle !

"- Il faut être encore plus discrète, gamine !" Le clin d'œil azur et le sourire qui accompagnèrent ces mots, firent pousser des soupirs d'exaspération aux forbans. Singe d'Ottoman ! Solal arrivait toujours à les surprendre, par ses actes et ses paroles.
Il menait sa vie comme ses récits. Dans une frénésie infernale, et ce n'était pas prêt de changer aujourd'hui.
Souriant comme un fou, le Second, essoufflé, désigna pourtant la patrouille non loin à Viorica et interrogea Lazaro du regard vis à vis de la roumaine. Bonjour le carnage s'il ne ramenait pas la scientifique en un seul morceau. Déjà qu'avoir mis le nez en dehors du navire allait leur poser des soucis, l'alerte donnée.
Rumeur incertaine, qui ne tarderait pas à les obliger à lever l'ancre.

Les pas du persan les menèrent rapidement au port d'attaches, son corps connaissant parfaitement cette petite ville, encrée dans ses souvenirs d'éternel voleur.


~ ~ ~ ~

Le lendemain, la coque du Souffle Gris s'élevait dans les airs et prenait doucement de la hauteur.
Dans la cabine des invitées, Solal somnolait contre le mur, surveillant Magdalena du coin de l'œil. Il avait envoyé Viorica chercher sa récompense auprès de Jam, le cuistot - tout en lui glissant l'objectif de lui chiper une patate douce en plus ! - et après une entrevue plus que houleuse avec Trappen, dont il était ressorti le regard douloureux, il était venu remplacer Lazaro.
Le Chef mécanicien était reparti, comme presque gêné, soulagé dans les ombres de la salle des machines. L'espagnol était décidément plus à l'aise avec le métal qu'avec les femmes !

Solal en pouffa de rire, et leva un sourcil à voir cette foutue roumaine émerger. Plus solide que de la mauvaise herbe !

"- On émerge ? ... Vous avez une sale tronche. 'Parait que vous avez foutu un sacré bordel là-bas, et que vous avez fait voler Lazaro ! Ils vous donnent quoi à bouffer en Roumanie ? "
Le Second secoua sa carcasse, ses muscles rechignant après les efforts de la veille - semer les gardes avaient été une sacré galère, et une nouvelle cicatrice ornait son dos.

"- J'vais prévenir Viorica que vous êtes réveillée, soyez fière d'elle... "

Et Lazaro au passage, parce que le pirate, malgré tout, s'était bien inquiété de ne pas voir la Korzha émerger tout de suite.




Revenir en haut Aller en bas
Invité
Magdalena Korzha

MessageSujet: Re: Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda   Dim 15 Fév - 22:33
Viorica sursauta lorsque Lazaro hurla à la mort. Ça avait du faire si mal quand Canaan lui avait tiré brusquement le bras ! Elle demeura silencieuse, accroupie près du long corps de sa mère. Ah ! Elle s’inquiétait pour rien, ce n’était pas ce qui allait tuer Magdalena Korzha. Viorica, en vaillante enfant, tenta néanmoins de retirer la terre qui s’était incrustée dans les boucles rousses. Elle leva le nez quand le pirate l’interpela, le regardant de ses grands yeux bleus un peu tristes. Oh ! La journée avait siii bien commencé. Calme, elle acquiesça.

Aussitôt qu’elle se mit sur ses pieds, elle reprit de son énergie. Elle ne savait pas trop quoi faire, mais partie tout de même en éclaireur, tâchant d’être discrète. Mais Solal étant ce qu’il est, il fit une surprise à la gamine qui lui tira un petit cri. Celui-ci se conclut en un petit rire.

« Solal, vous m’avez fait peur ! »

Les autres les rejoignirent et l’enfant contourna l’homme noir pour se rapprocher de sa mère. Avec sa petite main, elle attrapa le bras de celle-ci et la secoua un peu, tentant de la réveiller. Rien. Magdalena Korzha demeurait inerte, réagissant trop peu aux stimuli extérieurs.

Après qu’elle fut prise ne charge par le rabouteur du navire, Viorica était demeurée près de sa mère encore un moment. Elle avait tenté plein de choses pour la réveiller ! Taper bruyamment dans ses mains, lui toucher le bout du nez, lui montrer des plans complexes, parler sans arrêt… rien ! C’est à croire qu’elle ne désirait pas ouvrir les yeux.

« Pourquoi mère ne veut pas se réveiller ? D’habitude elle ne dort pas aussi longtemps ! Elle dit toujours qu’elle a trop trooop de choses à faire ! »

Viorica posa ses mains sur ses hanches, comme si sa petite autorité allait avoir raison du coma de la scientifique. Hélas, elle repartit errer dans le bateau, trainant dans les pattes de Jam, se mettant à la corvée de couper des patates. Elle avait un peu de mal, d’ailleurs, enlevant souvent une épaisse pelure au lieu d’une toute fine et, au final, se retrouvant avec moins de patate.

Magdalena se réveilla au bout d’un moment. Ses cernes étaient plus apparentes que d’habitude et ses cheveux trainaient de part et d’autre de ses épaules. Personne n’avait jugé bon de l’arranger décemment. Saleté de pirates. À peine fut-elle consciente que le rire d’imbécile du second parvint jusqu’à ses oreilles. Elle grommela, les yeux encore petits et tourna la tête vers lui.

« Non ! Non… Pas la peine, si elle va bien… »

Encore peu habituée à devoir s’occuper de sa fille, Magdalena était encore au stade où elle l’appréciait… quand elle était loin. S’aidant de ses mains pour se redresser, la roumaine s’assied et passa une main sur son visage. Ah ! Ses mains. Aux jointures blessées de rouge et de bleu et aux doigts pas très droits. Elle était contrariée. Énormément. Elle détestait perdre le contrôle, laisser cet autre… entité l’envahir. Hélas, elle n’avait pas de temps à perdre à déviser intérieurement là-dessus. Magdalena sortit du lit et rejoignit l’une de ses valises. Elle prit une brosse à cheveux et se recoiffa très rapidement, se contentant d’une simple tresse.

« Ai-je été assoupie longtemps ? »

Par-dessus sa chemise, elle enfila une veste et contourna Solal, rejoignant le couloir. Oh, elle avait mal. Son dos était courbaturé et le coup de pied que lui avait mis Lazaro dans le ventre se faisait encore ressentir mais, elle n’était pas là pour se plaindre.

« Je vais retourner dans la salle des machines. » Elle prit une inspiration. « J’avais acheté une pièce particulière pour les moteurs et… » Et elle ne finit pas sa phrase, déjà repartie plus loin dans le navire.

Ce fut lorsqu’elle tourna le coin que la réalité vint la frappé en plein visage. La tête lui tourna et elle s’écrasa une épaule contre le mur. Sa vision s’assombrit, mais cela ne l’empêcha pas de descendre vers les moteurs, gardant une main de secours contre le bois, pour se guider. Elle eut une hésitation, lorsque vint le moment d’entrer dans la salle des machines. Solal avait bien dit qu’elle avait fait voler Lazaro, non ? Elle soupira, se disant que le pirate voudrait sans doute lui régler son compte.

Pressée, elle entra dans la pièce, attrapa ses feuilles de plans et de calcul, de quoi écrire et mesure puis repartit aussitôt, revenant vers sa cabine pour travailler seule. Pourquoi y avait-il autant de monde sur ce bateau ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Solal Yarhi

MessageSujet: Re: Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda   Sam 18 Juil - 20:12
Au coin du regard,
au bord des lèvres,
du soulagement.



Au retour de Viorica dans son giron, Jam n'avait pas haussé un sourcil, presque habitué aux babillages du moustique. Mais il la regardait du coin de l'œil, imperturbable, peu bavard mais non moins idiot. La petiote deviendrait un sacré bout de femme, aussi volontaire qu'un chasseur d'ouragan...
Un micro-sourire suivi d'un léger soupir s'afficha sur son visage, à voir le désastre des patates entre les mains de la roumaine miniature. Il n'avait rien demandé et pourtant elle s'y était mise comme si c'était sa tâche sur le Souffle Gris.
Bonjour le stock... mais au moins la fillette n'était pas en train de farfouiller dans les recoins du navire, à ouvrir on ne sait comment des cales pourtant interdites...

" - Forces pas dessus comme ça ! Vas-y doucement ... "
et il abandonna son tabouret pour venir à ses côtés lui montrer la marche à suivre. " - Parait que t'as été courageuse là-bas ... Depuis quand t'as appris à te servir d'une arme ? "

Oui, les infos circulaient vite sur le bâtiment. Un peu trop vite parfois !



Un peu plus loin dans les cabines, Solal était sorti de celle des invitées après avoir informé la dormeuse qu'elle avait roupillé bien six heures, si ce n'était plus . Un léger sourire flottait au coin de ses lèvres, franchement goguenard à voir le comportement bravache de Magdalena Korzha. Pire que de la mauvaise herbe autrichienne...
Après tout, il n'était pas responsable de sa santé, enfin juste un peu. Mais une intuition fort avisée lui soufflait qu'un autre idiot prendrait soin de la scientifique à sa place. Le persan avait mieux à faire ... voir entre autre leur itinéraire vers les Caraïbes maintenant que la cargaison était à bord.
Ils avaient quitté ce foutu pays et cette pensée lui tira un soupir mi-amer, mi-soulagé. L'Empire Ottoman était l'ombre, l'épée de Damoclès dans le cœur de Solal, son foyer et son enfer à la fois.


Un autre qui soupirait était Lazaro, frustré de l'écharpe qui lui entourait le bras et l'épaule, réduisant ses mouvements et l'agaçant de minutes en minutes. Il pestait intérieurement devant son état diminué mais le chef mécanicien avait tenu à reprendre ses activités dès que le doc avait tourné le dos...
Ce n'était pas ça qui allait tuer une vieille raclure comme lui, foi de pirate !
Et, surtout, s'occuper les mains, était une façon assez efficace de remettre de l'ordre dans ses idées, de clarifier ce qui s'était passé dans cet entrepôt. C'était aussi une manière assez lâche, mais justifiée de son point de vue, à ne pas aller voir comment allait la scientifique.
Lazaro ne lui en voulait pas, s'inquiétait même d'avoir frapper trop fort...

Si l'espagnol n'avait pas tout compris de ce qui s'était passé, il avait clairement senti la différence, entre cet être, sauvage, dépourvu de raison, et la savante - même si Magdalena faisait parfois figure de folle sur le navire !
Derrière son silence, et le bruit de la clé sur les rouages, il s'en voulait un peu de ne pas les avoir prévenus d'avantage, ou même accompagnées... Relan d'un autre vie, d'un sentiment naissant à bien vite étouffer.

Mais le pirate n'eut pas plus le temps de ruminer qu'il recevait déjà un léger coup de coude dans les côtes par son acolyte, qui lui désigna du menton l'ombre de Magdalena, qui sortait précipitamment de la salle des machines.

Lazaro laissa filer quelques secondes avant de partir à sa suite, confiant le reste à Lens, sans un regard en arrière. Le forban ne la rattrapa mais arriva assez vite devant la porte de la cabine, soudain hésitant.
Qu'est-ce qu'il foutait là hein ? Qu'est-ce qu'il lui avait pris de partir à la suite de la scientifique comme ça ? et qu'est-ce qu'il allait bien lui dire ?
Se dandinant et pestant contre lui-même, l'espagnol se faisait l'effet d'être un jouvenceau avec trois poils au menton !

Le mécanicien inspira un grand coup avant de frapper et d'attendre quelques instants avant d'ouvrir la porte. Peu importe la réponse initiale de Magdalena d'ailleurs.
Mais Lazaro n'entra pas, restant à l'entrée, un peu gêné... Ses yeux bruns détaillait la silhouette de la roumaine, captant, scrutant le moindre détails qui aurait pu lui indiquer l'état de santé de la dame.

"- Magdal... Miss Korzha, vous. Vous allez bien ?... " Honteux de sa propre gêne, l'homme se redressa, la tête toujours un peu penchée vers le sol. " Je voulais m'excuser de vous avoir frapper... Vous ne m'avez pas vraiment laissé le choix ... " Sur ces paroles, un léger sourire passa sur ses lèvres, avant qu'une expression sérieuse, un peu bougon mais soucieuse l'efface bien vite.

" - Qu'est-ce que c'était ? "

Viorica avait donné une demi-réponse à l'énigme, mais pour Lazaro, rien ne valait de mieux que demander à la première concernée.



Revenir en haut Aller en bas
Conteur d'histoires
Narrateur

MessageSujet: Re: Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda   Lun 28 Sep - 15:28

Magdalena ne donna jamais sa réponse.

Toute femme avait son lot de secrets, et celui de son don en faisait partie.

Le reste du voyage se passa sans réel heurt, ramenant Magdalena et sa fille en leurs pays, saines et sauves. Mais il était certain que personne, Roumains ou pirates de l'air, n'oublierait cette histoire.

RP clos


© Avatar par Nougat. Compte PNJ, merci de ne pas envoyer de MP.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda   Aujourd'hui à 1:04
Revenir en haut Aller en bas
 

Des grains de sables dans les rouages ▬ Magda

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Contes Défaits :: Le Moyen-Orient :: Empire Ottoman-
saigoseizon Cabaret du Lost Paradise bouton partenariat