[Avril 04] Salutations familiales

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Ronce de France
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Lun 20 Oct - 23:38
Les cahots de la route secouaient le carrosse, mais Ronce ne prêtait aucune attention à ces maigres désagréments. Ses pensées étaient demeurées à Brocéliande, mystérieuse forêt qui avait littéralement pris vie sous ses yeux. Elle y avait laissé Willow, fée vagabonde, qui lui avait ouvert les yeux sur les secrets de Brocéliande. Un pan de la magie lui avait été révélé, lui permettant de mieux saisir toute l'importance de ceux qui la manipulaient.

Un dernier cahot la fit bondir littéralement de sa banquette, le haut de son crâne frappant le plafond. Le carrosse résonna de multiples jurons, des plus obscènes dans la bouche d'une reine.

— Ventre saint-gris ! Ne connaissent-ils point les pavés dans cette région ?

Se frottant le crâne, Ronce passa la tête par la fenêtre du carrosse. Le morne paysage de la Bretagne s'offrit à elle. Comme pour mieux coller aux idées reçues qui lui collaient à la peau, une fine bruine tombait dans les environs, ne rendant pas grâce au paysage qui, sous le soleil, devait être resplendissant. Ronce rentra promptement la tête. Sa domestique essuya l'eau qui lui coulait sur la figure en la tapotant délicatement avec un mouchoir parfumé.

— Je crois que le Bretagne n'apprécie guère notre venue...

Le grondement d'un orage ponctua la fin de sa phrase et la bruine se fit averse. Ronce demeura les bras croisés, tandis que le carrosse tanguait, évitant au mieux les ornières. Mais heureusement pour son équipage le véhicule ne s'embourba pas, les menant à bon port dans la cour du château. Ronce fixa l'entrée des yeux, attendant le salut.

— J'espère qu'ils vont nous envoyer promptement des gens. Même un canard, par ce temps, pourrait attraper un rhume.

Ronce haïssait l'humidité. C'était maladif.


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Duchesse Aelis
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Duchesse Aelis
Mar 21 Oct - 0:09
Cela faisait une bonne semaine que Quimper était au aguet. La rumeur de la venue de la reine Ronce donnait une sorte de vigueur aux habitants qui s’activaient avec acharnement pour donner à la cité sa plus belle apparence.

Au château, c’était la valse des draps de soie, des assiette en porcelaine et des robes en tout genre, le tout mené avec autorité par la gouvernante en chef. Aelis veillait à la bonne manœuvre des domestiques et son cœur s’impatientait. Elle n’avait jamais vu cette cousine si mystérieuse donc parlait Edern avec bonté. Peut être que la jeune duchesse aurait la chance d'aller visiter Paris avec une guide d’honneur. Elle qui rêvait de pouvoir sortir des murs de Quimper.

« Madame, la reine est arrivée. Monsieur se joindra à vous plus tard, les affaires le retiennent.»

Aelis se demandait bien ce qu’Edern avait encore à faire. Il savait pourtant que sa cousine était le sujet principal de la semaine mais il se bornait à travailler sans relâche. Un dernier regard dans la glace pour vérifier que tout allait pour le mieux. Sa robe en mousseline blanche était parfaite et ses cheveux retenus dans une divine coiffure à la mode. Elle était prête.

Toutes les servantes se mirent en place pour accueillir les bagages de sa majesté. Descendre les marches bousculée de toutes parts rendait la marche de la jeune duchesse gauche et vacillante. Elle ne doutait pas qu’à la fin de la journée ses escarpins baigneraient de sang. Même les servantes ne lavaient pas ses chaussures. Aelis s’en occupaient elle-même pour ne pas éveiller les soupçons.

Le carrosse royal déboula dans la cour du château. La jeune fille ne savait pas comment se comporter devant une reine. Edern ne lui avait jamais appris. Mais elle allait improviser et elle s’en sortirait. De plus, le temps breton faisait des siennes. La pluie ne rendrait pas très heureuse la reine, mais tous les bretons y étaient habitués. Ronce arriverait à s’y faire avec le temps, mais pas précaution une servante brandissait un parapluie pour que la souveraine ne soit pas gênée par la bruine locale.

« Bienvenue en Bretagne, votre Majesté. Je m’appelle Aelis, je suis la femme de votre cousin. Avez-vous fait bon voyage ?»
Duchesse Aelis
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Ronce de France
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Mar 21 Oct - 20:18
Ronce força son sourire en faisant face à sa cousine par alliance. L'averse la rendait maussade mais ce n'était point une raison pour rejeter la faute du temps sur la duchesse de Bretagne. Elle apprécia d'ailleurs le parapluie tenu par la domestique. Du moins jusqu'à ce qu'elle remarque que la duchesse, elle, n'était pas abritée. La pluie gorgeait ses cheveux d'eau. Déjà des mèches se libéraient de la coiffe. Dans quelques minutes la robe ne serait plus qu'un chiffon gorgé d'humidité.

— Mais quelle inconscience ! Abritez-vous donc !

Les ordres de la reine n'admettaient aucune réplique. Ronce avait saisi la duchesse par le bras, la coinçant de force sous le parapluie où les deux femmes se serrèrent, coude contre coude. Accompagnés des domestiques elles traversèrent vivement la cour, évitant au mieux les flaques.

Ronce ne relâcha son emprise que lorsque l'humidité laissa place à la chaleur. Elle l'accueillit d'ailleurs avec un léger soupir. Repliant le parapluie, la domestique partit chercher promptement de quoi sécher les deux femmes. Ronce observa de haut en bas sa cousine.

— Vous devriez vous changer, vous risquez d'attraper la mort, ma pauvre... N'êtes-vous donc point habitué à la pluie ? Il me semble pourtant qu'elle tombe souvent en Bretagne.

Elle n'osait pas lui assurer, en plus, que porter du blanc par temps de pluie n'était guère conseillé. Ronce pouvait presque voir, à travers le tissu détrempé, des choses que seul un mari pouvait voir. La domestique arriva à point nommé, enveloppant la duchesse dans une serviette. Elle voulut en faire de même avec Ronce qui la stoppa d'un geste.

— Je n'ai que le cheveu légèrement mouillé, cela devrait sécher vite. Votre maîtresse a davantage besoin de vos services.

Tandis que la domestique essuyait, du mieux qu'elle pouvait, la duchesse, Ronce conversait comme si la situation était des plus normales. Une reine devait savoir garder un self-control même au sein des situations les plus rocambolesques.

— Ce cher cousin... Que devient-il ? Je n'ai guère eu le temps de me soucier de la famille, vous m'en excuserez.


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Duchesse Aelis
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Duchesse Aelis
Mar 21 Oct - 23:55
La reine gesticulait dans tous les sens. Après tout, ce n’était pas la première fois qu’Aelis était mouillée. Mais la reine semblait prendre très à cœur sa santé, aussi la duchesse se laissa faire. Il était vrai que sa robe commençait sérieusement à prendre l’eau et laissait voir certains détails.

« Ce n’est pas si grave que ça votre Majesté. Il m’est arrivée d’être encore plus trempée je vous rassure… »

Aelis se tut aussitôt. Personne au château ne savait que leur duchesse était en réalité une fille des eaux et elle ne tenait absolument pas à ce que son petit secret soit dévoilé.

« Je veux dire…et bien qu’il peut régulièrement en Bretagne, vous savez. »

Un mensonge météorologique et un petit rire nerveux accompagnèrent sa justification. Elle avait échappée belle et il fallait absolument qu’elle fasse plus attention à l’avenir. Aelis conduit la reine dans le salon où deux fauteuils situés au coin de la cheminée centrale les attendaient. La duchesse ne doutait pas un seul instant que ces fauteuils représentaient une rédemption bienvenue pour la française.

« Désirez vous boire ? Nous avons du thé de Chine si vous voulez. Il est arrivé ce matin à St Malo. Nos marchands ont fait le tour du monde pour se procurer ces feuilles de thé. »

Sur ces paroles, elle ne put s’empêcher de rêver aux merveilleux périples que les marins avaient dus traverser pour gagner une patrie aussi lointaine. Pour arriver après des semaines et des semaines d’errance à bon port. Elle s’imaginait crier à tous les domestiques qu’elle avait traversé le monde entier et ses splendeurs pour rapporter une longue-vue à Edern. Et quelle fierté il aurait eu de pouvoir regarder la mer lointaine muni de cet instrument fabuleux et totalement exotique !

Elle dut se reprendre très vite. Elle devait passer pour une simplette à regarder la cheminée, le regard vide et soupirant comme une locomotive.

« Edern ne devrait pas tarder à arriver. Les affaires du Duché lui prennent tout son temps. Alors, vous habitez Versailles. On ne m’a raconté que du bien de cet endroit. Racontez-moi tout en détail. »
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Ronce de France
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Mer 22 Oct - 21:51
Curieuse femme que cette duchesse. Elle était aussi ingénue et innocente qu'une enfant, devisant avec la Reine comme si elle se contentait d'accueillir une simple amie. Ronce ne se frustra pas de cette attitude ; la politesse était là même si elle était maladroite. Mais elle songea que l'infortunée duchesse, si elle venait à la cour, se ferait rapidement croquer.

Ronce s'installa sur le fauteuil. La chaleur dégagée de la cheminée détendit légèrement son corps, et son humeur. La proposition du thé vint à point nommé.

« J'en prendrais volontiers. Vous avez su user des ports aériens qui ont été érigés sur les côtes ? Le progrès n'est-il pas fascinant ? Désormais on peut voyager en quelques heures au lieu de plusieurs jours. L'économie ne s'en portera que mieux. »

Ronce se rendit compte qu'elle entamait là un discours peut-être un brin trop politique pour une demoiselle. Elle se devait de guider la discussion sur des sujets plus futiles. Elle avait pris des congés, il lui fallait relâcher la bride. Oublier un peu ses devoirs, se ressourcer, redevenir une simple femme.

Comme si elle avait lu dans ses pensées, la duchesse lui jeta une bouée. Ronce la saisit au vol.

« Versailles est bien plus resplendissant qu'au temps de mon père. Fut un temps où les échafaudages étaient présents partout, bloquant les couloirs, transformant le palais en labyrinthe. Sans compter les nobles qui, ne trouvant pas les aisances, se laissaient aller... Je vous passerais les détails scabreux. Désormais Versailles est propre comme un sou neuf, et étincelant comme jamais. »

Ronce remercia d'un signe de tête la domestique qui vint apporter le thé. La reine but une gorgée du bout des lèvres, ne voulant pas se brûler.

« Ce thé est très... raffiné. Vos navires apportent-ils d'autres denrées de l'étranger ? J'espère d'ailleurs, excusez moi de ce changement subit de sujet, que votre mari ne rencontre pas de difficulté dans son duché. Si c'est le cas, il ne doit pas hésiter à me le faire savoir. Je me dois d'aider mon peuple. »

Même en congés, la reine travaillait, à sa façon.


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Duchesse Aelis
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Duchesse Aelis
Mer 22 Oct - 23:28
A peine la reine avait elle prononcé le nom de bateau volant qu’Aelis était dans tous ces états. Elle avait toujours rêvé de pouvoir voler. Tout ce qu’elle avait essayé pour l’instant était plonger à des mètres de profondeur en compagnie de Grand-Mère.

« Vous ne pouvez pas savoir à quelle point je voudrais visiter Paris, Versailles et la France en général. J’ai fait le tour du duché des centaines de fois depuis mon arrivée ici, mais j’ai la fièvre voyageuse. Je suis une curieuse et Edern essaye de me contrôler mais c’est difficile. »

La jeune duchesse riait. Non parce qu’elle trouvait ça tordant de rire, mais elle parlait de problèmes personnels à une femme qu’elle ne connaissait pas.

Elle se demandait sérieusement ce qui retenait Edern. Aelis envoya une servante pour lui annoncer la venue de sa cousine. Elle savait qu’il avait déjà été prévenu mais il voulait sûrement terminer sa tâche.

La bretonne se concentra sur les questions que lui posait la reine. Elle l’a trouvait très cultivé et son langage la faisait rire. Bien que quatre années avaient passées depuis leur réveil, Ronce ne semblait pas résigner à perdre son français si traditionnel. Aelis aimait parler des navires et de leur marchandise, aussi elle se fit une joie d’en parler avec sa cousine.

« Une multitude de frégates autant bien marines qu’aériennes quittent St Malo pour d’autres horizons. Certaines rapportent de la soie d’Inde, d’autre des épices de Chine. Tous ces biens sont ensuite envoyés aux quatre coins de votre royaume. Et je trouve que… »

A ces mots, le duc de Bretagne fit son apparition. Toujours aussi souriant et enjoué, il prit l’épaule d’Aelis.

« Désolé du retard. Cousine, votre Majesté, je ne sais plus où donner de la tête. Je suis ravi de vous revoir Ronce. Je suppose que mon épouse s’est déjà présentée. Je vous remercie petite sœur d’avoir accueilli notre invité de marque. »
Duchesse Aelis
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Ronce de France
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Jeu 23 Oct - 0:20
Tout ce commerce avec l'extérieur expliquait sûrement le faste du palais ducal. Ronce savait que des biens provenaient de plusieurs régions de son royaume, mais elle ne s'était jamais penchée sur les détails. Des hommes s'en occupaient mieux qu'elle, l'interpellant seulement lorsque la situation devenait trop complexe et demandait l'aval royal. La reine pouvait sentir toute la passion de la duchesse dans ses paroles. Elle était emplie de fierté, une fierté qui rappelait à Ronce la sienne lorsqu'elle arrivait à avancer, même d'un pas, vers le progrès.

Mais tout de même... Les épices ne provenaient-elles pas plutôt de l'Inde, et la soie de Chine ? Bon elle pouvait excuser cette erreur. Il était notoire que les femmes n'étaient pas douées en géographie.

Sur ce, le duc fit son apparition. Ronce tendit la main afin que l'homme la salue dans les règles de l'art. Mais au lieu de cela, le duc demeura auprès de sa femme, la prenant même par l'épaule. Tant de familiarité et de désinvolture. Avait-il donc oublié que sa cousine n'était plus une enfant, qu'elle se trouvait désormais à un rang bien au-dessus du sien ?

Sa main toujours tendue en attente du baise-main, Ronce attendit quelques secondes. Mais son cher cousin ne semblait pas avoir remarqué son indélicatesse.

— Cher cousin... 

La voix était tendue, un brin froide. Ronce se sentait aussi blessée que si l'homme lui avait jeté son gant à la figure.

— De vivre loin de la cour vous aurait-il fait oublié les règles de bienséance ? Un homme se doit de saluer une femme par un geste galant. Surtout quand il s'agit de la Reine. 

La jeunesse et la campagne. Associez les deux et vous vous retrouviez face à des jeunes gens voulant vivre comme dans les romans, d'amour et d'eau fraîche.

— Et quel est ce... surnom... absurde ? Petite sœur... Cela est bon quand on est enfant, quand on est dans l'âge de l'innocence et de la candeur. Vous avez de la chance que nous soyons en famille. Ailleurs on vous aurait méprisé du regard, et suspecté de pratiquer l'inceste.

Ronce sentit bien qu'elle avait jeté un froid. Néanmoins même si ses propos touchaient en plein cœur le duc et sa femme, ils sauraient leur ouvrir les yeux sur ce monde cruel qu'est la noblesse.

— Je dis cela pour vous mettre en garde. Les nobles aiment se dévorer entre eux. Ce sont de véritables prédateurs.

Et elle disait cela calmement tout en sirotant son thé.


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Duchesse Aelis
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Duchesse Aelis
Jeu 23 Oct - 11:20
Ronce tendait sa main avec agacement. Le duc embrassa donc sa cousine devant le regard vide d’Aelis.

« Je suis confus, chère cousine. J’ai eu beaucoup de travail ces temps-ci et je dors très peu. J’ai l’esprit ailleurs. Veuillez me pardonner. »

Aelis voyait bien que son époux allait exploser. Il fallait qu’elle l’empêche de tuer leur invité.

« Je vais vous conduire dans vos appartements, votre Majesté. Vous devez être exténuée par le long voyage »

Bien qu’elle ne voulait en aucun cas marcher, la duchesse dut se forcer. Grimper les marches s’avéra bien plus difficile que d’habitude. Les remarques de la reine l’avaient profondément touchés. Edern l’avait toujours appelé "Petite Sœur" aussi longtemps qu’elle s’en souvienne. La reine devait sans nul doute être fatiguée du voyage et était donc un peu sur les nerfs.

« Nous vous avons choisi la chambre de votre tante Désirée. Nous avons pensé que cette petite attention vous plairait. Une servante viendra vous chercher pour le dîner. Sur ce, je vous laisser. A ce soir. »

Aelis avait toujours été gentille, mais elle ne put s’empêcher de mettre une pointe de tristesse dans cette dernière phrase.

***

« Te rends tu compte de la gravité de ses propos ?»

Edern était hors de lui et faisait les cent pas dans le salon. Son épouse n’aimait pas le voir ainsi. Il fallait impérativement qu’il se calme.

« Ecoute moi Edern… »

« Elle nous a traité de… C’est un affront Aelis. »

Cette dernière soupira. Il avait un sale caractère et partait au quart de tour. Elle ne pouvait pas le contrôler dans des moments pareils. Elle lui prit les mains et caressa son visage. Il la regardait avec douceur mais ses veines apparentes de son cou trahissaient sa rage.

« Elle nous a protégés Edern. Nous sommes les seuls ici, les nobles nous respectent et vivent hors de nos murs. A Versailles, cela doit être très différents. Je la crois quand elle nous dit que les nobles de la cour sont prêts à tout pour descendre les autres. Tu t’emportes trop vite quand il s’agit de moi, mais je ne suis plus une enfant. J’arrive à me défendre quand on m’attaque. Alors maintenant, tu vas me faire la joie d’aller te laver. Tu sens le bouc à des kilomètres et tu me rejoindras dans le jardin. »

Il soupira longuement. C’est vrai que son travail le faisait transpirer et il ne sentait pas la rose. Il passait pour un rustre. Il embrassa Aelis et lui murmura dans son oreille le traditionnel "Petite Sœur". Il était têtu tout comme elle.

« Edern, je t’interdis de t’occuper des affaires du Duché désormais. Tu laisseras ces tâches à Preden. Toi et moi on va s’occuper de la reine avec le respect qu’on lui doit. Nous devons lui montrer qu’en Bretagne, nous sommes aussi raffinés qu'à Paris. »
Duchesse Aelis
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Ronce de France
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Jeu 23 Oct - 20:15
Les retrouvailles avec la famille ne commencèrent guère sous de bons auspices. La domestique rejoignit Ronce qui, assise, observait le paysage par la fenêtre. Sans un mot, Eugénie (ainsi se nommait la domestique) ôta les épingles, laissant la chevelure de la reine se dérouler le long de son dos. Lentement elle se mit à brosser les lourdes mèches. Rien n'était plus apaisant que de se faire coiffer par une autre femme. Le geste avait le mérite d'instaurer une scène intime propre aux confidences.

— Mes relations avec la famille ne risquent pas de s'arranger, j'en ai bien peur. J'ai vu la lueur dans le regard de mon cousin. Il était blessé dans son orgueil.

Eugénie continua son travail, se faisant simple réceptacle des paroles de sa maîtresse.

— J'ose espérer, qu'un jour, le plus rapidement possible, lui et sa femme comprennent que mes paroles n'étaient là que pour les prévenir. Le monde n'est pas comme leur couple, empli d'insouciance et d'illusions. Sans aller à Versailles, nombreux sont les nobles emplis de mauvaises intentions. Ils risquent d'être traités comme des bourgeois parvenus.

Sentant la brosse quitter ses cheveux, Ronce se leva. La robe tomba, dans un froufroutement de tissus, aux pieds de Ronce tandis que sa domestique l'apprêtait pour le dîner. Mieux valait se préparer à l'avance, même si Ronce n'espérait pas être mandée avant l'heure. Elle avait bien senti que la duchesse l'avait éloignée afin de calmer son époux et éviter une esclandre.

Ronce se retrouva vêtue d'une robe typiquement du siècle actuel, sobre. Ce n'était qu'un dîner intimiste, inutile de sortir les robes de bal.

Une des domestiques de la duchesse vint frapper à la porte. Il était l'heure de rejoindre les maîtres de maison.

Ronce la suivit sans un mot, observant simplement les environs comme pour mieux saisir l'ambiance de la maison. Les yeux de la reine s'agrandirent de stupeur en remarquant qu'elles se rendaient vers les jardins. Quelle surprise lui réservait ses hôtes ?


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Duchesse Aelis
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Duchesse Aelis
Jeu 23 Oct - 22:28
Le duc et sa femme se promenaient dans les jardins avant leur repas traditionnel prévu en l’honneur de la reine. Edern semblait avoir oublier l’incident de toute à l’heure et sourirait volontiers à sa femme. Il lui avait promis de ne plus gérer le Duché pendant quelque temps, histoire que la pression de son rang retombe. Il lui promit aussi de ne plus l’appeler "Petite Sœur" devant des membres de la cour ou des serviteurs. Tous avaient cependant un profond respect envers eux, et leur popularité auprès des bretons était au beau fixe. Aucun souci à se faire pour l’instant.

Iozenn, la servante chargée d'aller chercher la reine fit son apparition.

« Monsieur, Madame, je vous présente la reine. »

Vêtue d’une robe blanche de goût, Ronce ne semblait en rien affecté par les événements de son arrivée.

« Votre Majesté, nous voulions vous présenter les jardins avant d’aller manger. Ils sont certainement moins beaux que ceux de Versailles, mais ils font la fierté du Duché. »

Le nombre impressionnant de fleurs toutes plus belles les unes que les autres qui y poussaient émerveillait chaque visiteur. Si on venait au château ducal, c’était surtout pour admirer les espèces végétales et la vue imprenable. Les jardins donnaient directement sur la mer. Divisé en plusieurs étages, le parc semblait plonger dans l’océan et les plantes flottaient avec grâce à la surface des flots. Des fontaines représentants des figures maritimes et divines parsemaient le domaine.

Des escaliers se trouvant derrière une tonnelle de verre plongeaient eux aussi directement dans l’eau. Les enfants aimaient barboter dans la mer pendant les jours de grandes chaleurs.

L’Eden breton.

« C’est en partie votre tante qui a modelé ce jardin pour lui rappeler les fastes de la cour. »

Iozenn toujours cachée derrière un rosier en attendant patiemment la fin de la visite, toussa.

« Le dîner est servi. Si vous voulez bien me suivre. »

Au menu de ce soir, des crêpes et du kouign amann. En espérant que Ronce saura apprécier la richesse culinaire de la région.
Duchesse Aelis
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Ronce de France
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Jeu 23 Oct - 23:27
Ronce se rapprocha pour mieux voir les jardins, veillant tout de même à rester dans les chemins délimités. Elle craignait que la pluie, tombée auparavant, n'ait laissé la terre trop détrempée. La jeune femme observa les jardins d'un regard non dénué d'intérêt et fut surtout frappé par les jardins suspendus à la falaise, descendant jusqu'à la mer. C'était là un prodige de la Nature.

Ronce se pencha pour mieux observer en contrebas. Le vent marin lui fouetta le visage, apportant avec lui un parfum d'iode.

— Les jardiniers qui ont fondés ces jardins ont été de véritables artistes. Savez-vous s'ils ont usé de magie ? Sinon cela relève du pur prodige.

Apprendre les raisons de la naissance des ces jardins replongea Ronce, quelques instants, dans ses souvenirs. Elle n'avait que vaguement connu sa tante. La malédiction qui pesait sur la princesse exigeait qu'elle soit éduquée et formée au plus vite, la famille venait donc en second plan. Elle n'avait donc jamais su si sa mère et sa tante s'appréciaient réellement, ou non. En tout cas sa tante semblait avoir grandement apprécié Versailles.

— Je peux comprendre son intention. Les jardiniers qui oeuvrent à Versailles mènent un travail colossal. Nous avons de multiples fontaines qui viennent rafraichir l'air, des grottes à l'image des anciens contes où l'on va badiner, des vergers dont les arbres portent des fruits, même en hiver. Ma mère a même fait construire, de son vivant, une petite ferme où elle allait se retirer.

Le dîner fut alors annoncé. Suivant ses hôtes Ronce prit place, curieuse de connaître la suite. Elle fut surprise de découvrir ce qui se tenait dans son assiette. C'était la première fois qu'une crêpe bretonne lui était servie. Après un bref coup d’œil sur ses hôtes pour voir comment ils s'y prenaient, Ronce suivit leur exemple. C'était différent de ce qu'elle avait manger auparavant ; sous ses dehors de simplicité, la crêpe se révélait pleine de promesses.

— Délicieux. Votre cuisinier est très doué. Cher cousin, j'espère que vous ne rencontrez pas de difficulté dans votre duché. Si c'est le cas vous pouvez faire appel à moi et mes ministres. Je me dois d'aider mon peuple où qu'il se trouve.

L'entrée laissa place au plat principal : un assortiments de fruits de mer.


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Duchesse Aelis
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Duchesse Aelis
Jeu 23 Oct - 23:50
A peine arrivés à table que la valse des plats commença. Des crêpes furent apportés en premier.

« Les jardins sont avant tout le fruit de l’imagination de votre tante. On raconte même qu’elle s’amusait à planter les roses elle même. Malheureusement, le climat autour du palais ne permettait pas d’accueillir toutes les plantes, aussi il est probable qu’un peu de magie a été envoyé de ci de là. »

Ronce semblait hésitante sur la façon de manger les crêpes. Edern lui montra avec patience. C’était aussi simple que de couper de la viande. Tout le monde se régalait quand le plat principal entra.

Des fruits de mer.

Aelis manqua de s’évanouir. Elle avait hurlé dans tout le château que toute nourriture marine était prohibée. Mais ces idiots avaient plutôt préférer satisfaire leur bon plaisir. Les mains de la duchesse tremblaient.

« Tout va bien Aelis ? »

Mais elle ne pouvait plus supporter la vue des homards morts ni des poissons frits baignant dans de la sauce au citron.

« Veuillez m’excuser. »

Et elle s’échappa dans le jardin. Elle descendit les marches vers la mer. Elle avait besoin de se reposer. Elle qui avait nager en compagnie des poissons et autres animaux en compagnie de Grand-Mère. Elle repensa à elle. La Vieille Conscience aurait certainement désapprouvé ce massacre.

Les nausées prirent soudainement la duchesse. Elle détestait cette sensation si familière. Ces transformations lui avaient donnés un trop bon aperçu de ses tortures.

« Grand-Mère, je ne peux pas y retourner. La vue des ces animaux morts me répugnent. »

Et comme pour lui répondre, l’écume blanche lui caressa les jambes. Aelis sourit et respira un bon coup.

« Je t’aime Grand-Mère. »

Le vent joua avec ses cheveux de corail. Elle retrouvait les souvenirs de sa vie passée sous les vagues. Elle entendit alors des bruits de pas. Quelqu’un approchait.
Duchesse Aelis
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Ronce de France
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Ven 24 Oct - 23:16
Le prompt départ d'Aelis surprit Ronce. Elle avait vu le visage de la duchesse blanchir comme si la nausée la gagnait. La reine reposa ses couverts, et se tourna vers son cousin. Il avait une mine inquiète, preuve que l'état de son épouse ne le laissait pas indifférent.

— Je pense que votre femme a pris froid. Elle m'a accueilli sous la pluie, sans protection. 

Inutile de demeurer à table. Ronce se leva, invitant tacitement son cousin à faire de même.

— Nous devrions aller le retrouver. Qui sait si elle ne s'est pas sentie mal. 

Edern connaissait bien son épouse et se doutait du lieu où elle s'était retirée. Cousin et cousine traversèrent les jardins, dévalant les marches qui descendaient jusqu'à l'océan. La silhouette blanche d'Aelis se détachait du paysage que l'aube assombrissait. Ronce croisa les bras, sentant le vent glacé lui fouetter la peau. Quelle idée folle que de venir ici !

Ronce se précipita pour poser doucement sa main sur le bras de la duchesse.

— Madame, vous devriez vous abriter... Vous sentez-vous mal ? Des vertiges, des nausées ?

Elle remarqua alors que la jeune femme s'était avancée dans l'eau, au point que les vagues lui léchaient les jambes. Ronce lui agrippa le bras pour la ramener sur la terre ferme.

— Vous allez finir par attraper la mort. Cousin, nous devrions la ramener à l'intérieur. Un bon feu, et une soupe chaude, voilà qui vous remettra d'aplomb.

Habituellement les femmes qui se sentaient mal s'enfermaient dans leurs chambres, plongées dans le noir. Celles qui se rendaient au bord de la mer, les pieds dans l'eau, n'avaient que des idées noires comme celles qui se tenaient au bord des falaises, contemplant le vide. Un frisson glissa le long du dos de Ronce. Elle espérait se fourvoyer sur les raisons qui avaient poussés Aelis à les quitter.

Que se passait-il réellement dans ce château ?

Spoiler:
 


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Duchesse Aelis
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Duchesse Aelis
Dim 26 Oct - 11:11
Edern et Ronce dévalaient ensemble les escaliers. Ils semblaient tous les deux très inquiets. Surtout Edern qui dès qu’il vit son épouse les pieds dans l’eau se précipita pour la prendre dans ses bras.

« Aelis, viens tu vas attraper froid. »

Mais quand la petite duchesse essaya de rejoindre son époux, elle tomba sur les marches. Ses muscles s’étaient détendus, son esprit s’était apaisé et elle ne pensait plus une seule seconde aux souffrances qu’elle endurait. Ses pieds saignèrent et le sang fut emporté par les vagues.

« Merci Grand-Mère. »

Elle murmura à sa Vieille Conscience qui malgré les choix qu’elle n’approuvait pas se devait d’aider sa petite-fille. Aelis voulait néanmoins essayer à nouveau de marcher. Elle n’avait pas tout sacrifié pour passer pour une faible. Mais rien n’y fit et elle retomba sur les marches de marbre. Edern la prit dans ses bras et l’embrassa sur le front.

« Je suis là Aelis. »

La douleur laissa place aux nausées. Aelis voyait trouble mais les yeux bleus de duc resplendissaient comme une bougie dans le noir. Elle n’avait plus ses chaussures, ses pieds ensanglantés devaient être la proie des regards de Ronce. Ses pensées embrumées ne permettaient pas de se laisser aller vers ses peurs ci.

« J’étais bien au bord de l’eau Edern. »

Il lui sourit et l’emmena près du feu. Aelis se sentait désolée pour Ronce et pour ce festin gâché. Elle qui rêvait de faire découvrir à sa cousine les spécialités de leur région.

« Je suis confuse Ronce, nous reprendrons notre festin demain je vous promets. »

Edern posait sur sa femme un regard des plus inquiet. Il ne l’avait jamais vu ainsi. Aussi faible, aussi perdue. Demain dès la première lueur de l’aube, il ferait venir un médecin. Mais pour l’heure, la duchesse devait se reposer.

« Veuillez m’excuser cousine, mais je pense que mon épouse a besoin de repos. Vous pouvez visiter Quimper, le château et les jardins. Demandez à Preden, mon conseiller de vous accompagner. Je vais veiller Aelis cette nuit. Je suis désolé. »

Il prit Aelis dans ses bras, lui murmura des mots doux et s’éloigna dans l’obscurité des couloirs.
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Ronce de France
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Dim 26 Oct - 14:28
Ronce ne cessait de se prendre des gifles depuis son entrée dans son château. Elle avait l'impression tenace d'être une gêne pour le couple ducal. Une étrangère qui troublait leur quiétude. En ce cas pourquoi avoir répondu positivement à sa requête de venir leur rendre visite ?Ils n'avaient, probablement, pas osé refusé. Mais le refus aurait été moins douloureux, et moins honteux, que leur conduite.

La duchesse aurait pu demander à la reine de rester auprès d'elle, le temps d'une courte veillée. Mais non, elle et son époux la laissaient à nouveau seule. Avec comme seule suggestion de visiter les lieux. Mais que visiter alors que le soir tombait ? Sortir était hors de question. Quant à se promener dans des salles vides, Ronce n'y voyait pas l'intérêt.

Son regard se posa sur le sang qui s'étirait en tâches brillantes qu'une domestique tentait d'effacer de son mieux. Cette demeure suintait le secret honteux. Sous couvert de la protéger, le duc martyrisait peut-être sa femme. Ronce ne savait quoi penser.

Le conseiller, demeuré à ses côtés, tenta de briser la glace. Mais Ronce fut plus prompte.

— Ne vous excusez pas du comportement de vos maîtres. Vous n'y êtes pour rien. Je vais continuer le repas. Faites servir la suite.

Inutile de gâcher la nourriture. Assise à une table vide, dans la salle silencieuse, Ronce avait l'impression d'être la Belle enfermée dans le palais de la Bête.


Réveillée aux aurores et déjà habillée par sa domestique, Ronce hésitait. Devait-elle se rendre auprès du couple pour prendre des nouvelles ? Ou devait-elle attendre, comme une poupée dans son coin, qu'on vienne la trouver ? Craignant qu'on ne l'oublie et qu'elle ne finisse par prendre la poussière, la reine opta pour la première solution. Appelant une domestique de la maison, elle se fit conduire dans le couloir donnant sur la chambre ducale.

Elle vit le médecin passer devant lui, dans son habit noir. L'homme s'inclina respectueusement devant elle avant de s'engouffrer dans la chambre. La porte se referma sur lui. Ronce se posta à quelques pas de la porte, assez loin pour ne rien entendre, assez près pour être vue si quelqu'un sortait.

Il fallait espérer que l'état de santé de la duchesse ne soit pas trop grave.


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Dim 26 Oct - 16:43
Le médecin apparut à la première lueur du jour, comme promis. Son long manteau noir ne mettait pas Edern en confiance. Au contraire, on aurait dit qu’il portait le deuil de ses patients avant même de les avoir occultés.

Aelis se sentait mieux. Elle avait retrouvé toute sa lucidité et se sentait prête à réparer les fautes que le couple avait commises envers leur souveraine. La duchesse se sentait mal de la laisser seule dans cet immense palais.

« Je vais mieux Edern. Je t’assure que c’était juste une petite nausée. »

Mais le médecin ne l’écoutait pas et se mit à lever ses bras, écouter son cœur avec de drôle appareils qui intriguaient Aelis.

« Qu’est ce que c’est ça ? »

Mais le docteur, plus sérieux et froid que Preden, ne prêtait pas attention aux questions de sa duchesse. Il hochait la tête et se parlait à lui-même.

« La duchesse Aelis n’a rien. Toutefois, je préconiserai une bonne semaine de repos, loin de la lumière et du bruit ambiant. »

Aelis voulait rigoler. Elle, la jeune curieuse avide de connaître chaque parcelle de la terre, ne pouvait pas rester cloîtrer comme une religieuse en attendant la venue de ma mort. Elle devait agir.

« Edern, peux-tu faire entrer la reine ? Je dois lui parler. »

Elle avait une idée derrière la tête mais en parler avec Edern le mettrait hors de lui. Il fallait qu’elle en parle avec Ronce, en tête à tête. Son plan était simple. Faire en sorte qu’Edern soit submergé de travail, pour qu’Aelis puisse s’enfuir avec Ronce faire le tour du Duché. Quelle incroyable aventure les attendait ! Elle n’attendait plus que la jeune reine fasse son apparition.

***

Edern sortit de la chambre et il regarda sa cousine avec affliction. Le jeune duc raconta toute la situation à la reine en terminant par la phrase qui allait déterminer pleins d’événements futurs.

« Chère cousine, la duchesse souhaite vous voir. »
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Ronce de France
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Dim 26 Oct - 20:13
A la vue du visage de son cousin, Ronce crut d'abord au pire. Mais les paroles de l'homme calmèrent son cœur battant. La duchesse souhaitait même la voir ! Avant de franchir la porte, Ronce posa sa main sur le dos de son cousin.

— Reposez-vous. Vous avez une figure à faire peur.

Une semi-obscurité régnait dans la chambre. Les domestiques avaient tirés les rideaux afin d'occulter la lumière vive du dehors. Personne ne peut désobéir à un docteur. L'homme était d'ailleurs encore au chevet de la duchesse, donnant ses ultimes conseils. Rangeant ses outils, l'homme s'inclina devant la reine et s'éclipsa laissant les femmes seules.

Ronce s'assit sur une chaise posée à proximité du chevet de la duchesse.

— Vous avez un visage moins pâle qu'hier. C'est déjà rassurant.

La chambre silencieuse, le visage pâle, les cheveux défaits sur l'oreiller : tout cela lui rappelait son frère. Son frère et sa maladie qui l'obligeait à souvent s'aliter, à passer plus de temps allongé que debout.

— Duchesse, parlez-moi franchement. Que vous est-il arrivé hier ? J'ai vu... le sang à vos pieds. Votre... mari vous... En est-il responsable ?

Ronce ne pouvait pas formuler sa pensée par des mots. La question était si intime, si gênante. On ne parle pas de ce genre de choses. On les tait, les enfermant dans un coffret, tout au fond de son cœur.

— Vous pouvez tout me dire. Je vous offrirais ma protection.

Et rien ne pouvait briser la protection d'une Reine.


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Dim 26 Oct - 21:57
Aelis qui se faisait une joie de confier son plan d’évasion à Ronce, tremblait. Ainsi elle avait remarqué ses pieds en sang, son plus terrible secret. Mais qu’elle croyait qu’Edern la frappait la rendait encore plus mal. Comment Edern, l’homme pour qui elle avait tout sacrifié pouvait-il être un monstre ?

« C’est compliqué votre Majesté. Je…ce n’est pas Edern qui me frappe si ça peut vous rassurer. »

Et puis Ronce se trompait. Elle ne pouvait pas la protéger de la terrible Gwarc’h des Glénan et de sa malédiction. Même sur ce point Grand-Mère avait échoué. La reine ne pouvait pas la protéger des souffrances qui la tiraillaient au jour le jour. Ses pieds douloureux qui saignaient dès que la belle effleurait le marbre du palais. Le sang n’aurait jamais du couler de ses pieds. Elle s’était fait prendre comme une amateur.

« Je vous ai faite venir pour vous parler votre Majesté. Je me sens terriblement confuse et désolée par la façon exécrable dont nous vous avons accueilli. Je voulais me rattraper en vous emmenant faire un tour de notre Duché. Mais Edern sera particulièrement attentif à mes moindre faits et gestes. »

Aelis par peur qu’Edern puisse entendre leur conversation s’efforça de murmurer.

« Il ne voudra pas me laisser quitter ma chambre. Il faut en profiter pour partir en douce, alors qu’il est occupé. Quelle aventure cela serait, vous ne trouvez pas ? »

La bretonne était très excitée à cette idée et les événements douloureux de la vieille semblaient derrière elle. Elle ne voulait pas montrer à sa nouvelle cousine, sa faiblesse dut à sa nature marine. Et puis personne à Quimper ne savait qu’elle était une fille de l’onde.
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Ronce de France
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Lun 27 Oct - 23:37
Ronce avait posé le doigt sur une blessure, elle le sentait. Mais une blessure toute autre que celle qu'elle avait mentionné. Elle se tut sur le sujet, se disant qu'elle aurait l'occasion de remuer toute cette boue plus tard. La duchesse avait d'autres projets pour l'instant. Des projets qui finissaient de lui redonner des couleurs. Ronce ne put s'empêcher de rire, d'un rire clair dénué de moquerie.

— Pourquoi devrions-nous partir en voleuses ? Je serais votre chaperon. Nous allons nous promener toutes les deux, en passant par la porte d'entrée comme des femmes respectables. Faites appeler vos domestiques, je m'occupe de tout.

Avec un sourire appuyé, Ronce sortit de la chambre. Attrapant le conseiller Preden au vol, elle lui indiqua qu'elle et la duchesse partaient en promenade. Le bon air et un peu de marche feraient du bien à sa maîtresse. Le conseiller assura qu'il passerait l'information à Monsieur le Duc afin qu'il ne s'inquiète pas de l'absence de son épouse. Il ne manquerait plus que son cousin croit qu'elle avait enlevé sa femme.

Quelques minutes passèrent avant que la porte de la chambre ne s'ouvre à nouveau. Ronce prit la duchesse Aelis par la main, l'attirant vers elle.

— Allons, n'ayez crainte. Notre carrosse est avancé, tout est prêt à vous accueillir.

Effectivement le carrosse les attendait au bout de l'allée qui déservait la cour du château. Ronce ne laissa pas à la duchesse le temps de regretter son choix. Elle l'amena avec elle, la tenant fermement par la main, la poussant même à entrer dans le carrosse. Celui-ci s'ébranla, emporté par la force des chevaux. Déjà le château s'éloignait dans le lointain, emportant les deux femmes vers la ville de Quimper. Ronce croisa les bras, satisfaite.

— Alors, duchesse, où voulez-vous que nous allions ?

Le cocher avait pour ordre de suivre les directives de la duchesse Aelis. Elle n'avait qu'à ordonner.


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Mar 28 Oct - 9:17
Aelis n’arrivait pas à croire qu’elle avait embarqué dans un carrosse qui l’emmenait loin de chez elle. Et ce en compagnie de sa reine. Edern allait sûrement la tuer quand il apprendrait qu’elle avait désobéit aux directives du médecin. Mais après tout sortir au grand air lui ferait un plus grand bien que de rester enfermé dans un chambre loin de tout.

La jeune bretonne ne savait pas répondre à la question de Ronce. Son Duché était rempli de trop de merveilles. Les deux femmes n’arriveraient jamais à tout visiter. Cependant, il y avait des trésors bretons qui intéresseraient peut être Ronce. Les menhirs de Carnac. Situés relativement loin de Quimper, ces mégalithes étaient encore des monuments importants du Duché. Edern et Aelis adoraient s’y rendre pour faire leur promenade.

« Nous pouvons aller voir les alignements de Carnac, si cela vous tente. »

Mais la duchesse n’eut pas la chance de finir sa phrase. Le carrosse défilait déjà parmi les dalles de pierre pour aller à Carnac. Elle se réjouissait de pouvoir montrer à sa cousine les splendeurs de sa région. Elle qui était si fière de sa Bretagne natale.

Le trajet dura une bonne heure. Aelis n’osait pas parler à Ronce depuis qu’elle lui avait remarqué les traces de sang sur ses pieds. Edern ne la frappait peut être pas mais il était en partie la cause de la douleur d’Aelis. Tous les sacrifices qu’elle avait faits pour lui n’étaient pas sans conséquences. Et ça, la Gwarc’h lui avait fait bien comprendre.

« Nous sommes arrivés mesdames. »

Le cocher aida la duchesse à descendre. Elle sentit le bon air frais lui fouetter le visage et les cheveux. Elles étaient dans une Bretagne désormais sauvage et mystique, là où les anciens priaient les anciens dieux. Les géants de pierre étaient les seules traces de cette époque.

« La légende raconte qu’un évêque poursuivit par des Romains transforma les soldats de l’empire en pierre. Ce qui explique cet alignement si parfait. C’est magnifique vous ne trouvez pas. »

Quand soudain au loin un cri retentit dans le lointain. Une petite fille malingre attendait la duchesse Aelis de pied ferme avec un message. Un message de la terrible sorcière des Glénan, car une sorcière n'oublie jamais ses engagements.
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Ronce de France
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Mar 28 Oct - 22:38
— Je pense que votre évêque devait être un sorcier ou une fée pour réussir pareil prodige.

Il devait être aussi un parent de la fée qui avait figée le royaume dans un sommeil d'un siècle. Leurs méthodes avaient quelque chose de ressemblant. Ronce observa les alignements de menhirs, se demandant bien quels usages en étaient faits par les passés. De la magie émanait encore de ces roches, tout comme de la terre, anciennement consacrée. Des rites avaient encore lieu dans ce paysage, la magie continuait à imprégner les éléments. Des fées et des sorcières devaient continuer les anciens rites et danser entre les pierres.

Ronce voulut formuler ses pensées à voix haute. Soudainement un cri l'interrompit, la glaçant jusqu'aux os. On aurait cru entendre le dernier cri du condamné à mort.

Une fillette, si maigre qu'on aurait dit un fantôme, faisait face aux deux femmes. Elle ne bougeait pas, sa main tendue tenant une missive. Son regard sombre et terne demeurait fixé sur la duchesse de Bretagne. On aurait dit l'apparition enfantine d'une dame blanche, ces créatures apparaissant pour annoncer une mort prochaine.

Ronce se rapprocha de l'enfant pour lui prendre la missive des mains. Le bras retomba, ballant, contre le corps de la fillette. Partagée entre la crainte et la répulsion, la reine tenta tout de même une question :

— Qui t'envoie, mon enfant ?

Des lèvres de l'enfant sortit des mots prononcés en breton. Des mots qui sonnaient comme une malédiction. Le nom d'une sorcière résonna dans l'air, invoquant le vent qui vint fouetter les cheveux, et fit claquer les robes. L'enfant eut un sourire cruel en voyant que la reine n'avait nullement compris ses paroles. Elle pointa un doigt accusateur sur la duchesse.

« Elle a un engagement. Ma maîtresse vient réclamer son dû. »

Ronce regarda la lettre comme si elle allait soudainement s'enflammer et la brûler jusqu'aux os. Une sombre magie en émanait, la même qui entourait la curieuse enfant.

— Ta maîtresse réclamerait-elle le prix du sang ? Une fée se serait contentée de lancer un don sur sa cliente, ou un de ses proches. Les services d'une sorcière coûtent, eux, bien plus.

D'une main ferme Ronce tendit la lettre à la duchesse. Elle ne pouvait l'ouvrir à sa place. Toutefois elle devait savoir ce qui se tramait.

— J'espère que le service demandé n'était qu'une bagatelle. Avec les sorcières on est toujours perdants. On peut y perdre jusqu'à son âme.

Faites que la duchesse n'ait pas commis l'idiotie d'avoir demandé un enfant. Les sorcières réclamaient toujours une vie, en échange d'une autre.



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Mar 28 Oct - 23:08
Aelis blêmit. La fille la regardait de ses yeux vitreux. La jeune duchesse savait exactement ce que faisait cette fillette au milieu des pierres. Elle avait toujours redouté ce moment. Son bonheur avait effacé au fil du temps le lourd prix à payer. Aelis avait oublié son engagement envers la Gwarc’h qui attendait impatiemment dans son repaire d’être remboursée. Les mains de la duchesse tremblaient et ses muscles se figèrent.

La vérité éclatait sur les menhirs. La malédiction résonna dans la vallée et Aelis en comprit malheureusement les propos.

« Tu m’as défiée, morganez, et ton sort sera terrible. Regarde bien l’herbe fraîche du matin. Regarde bien les oisillons dans le ciel. Ecoute bien les rires des nourrissons. Je te maudis, morganez. Que ta descendance meure dans d’atroces souffrances, car aucun de tes rejetons n’atteindra l’âge de dix ans. »

Le vent souffla si fort que les mèches rousses de la duchesse volèrent dans un ballet désordonné. Son esprit peinait à comprendre ce qui lui arrivait. Edern la rejetterait sur le champ si elle ne pouvait assurer sa descendance. Il ne voudrait jamais de femme infertile. Aelis tomba sur les genoux.

Ronce lui tendit la lettre que l’enfant lui avait donnée. Une enveloppe blanche mouillée où une écriture indistincte mentionnait son destinataire.

« A Aelis, la morganez de Quimper. »

La lettre était elle aussi blanche. Seul des visages d’enfants pleurant du sang souillaient le papier. Aussitôt, la jeune femme lâcha cette horreur qui s’envola dans le vent. La fillette satisfaite du malheur de la duchesse partit en gambadant et en chantonnant une mélodie sinistre.

Les larmes tombaient sans s’arrêter et des cris sortaient de la gorge de la malheureuse Aelis. Elle avait tout sacrifié pour vivre sa fin heureuse, mais son inconscience avait tout gâché. A trop vouloir le bonheur, elle le voyait partir dans le vent.

« Votre Majesté,… Je crains que notre escapade soit annulée. Moi qui me faisait une joie de me repentir pour toutes les erreurs que nous avons commises… »

Mais les sanglots continuels coupaient sans arrêt sa phrase. Sans le savoir, elle venait de voir une partie de sa vie partir dans le lugubre rire de la gamine. Elle avait enfin payé sa dette.

Spoiler:
 
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Ronce de France
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Mer 29 Oct - 23:22
Ronce ne comprit qu'à grand peine les paroles d'Aelis, entrecoupées par les larmes et les cris. La reine voulut relever la duchesse, la pousser à quitter ce site désormais maudit. Mais le corps de la jeune femme semblait ancré au sol, comme si la malédiction lancée par l'envoyée de la sorcière l'avait doté de lourdes chaînes. Il fallut l'aide du cocher pour ramener la duchesse jusqu'au carrosse.

Ordre fut donné de les ramener à Quimper. Non pas au château, mais à la ville. Ronce espérait tirer partie du temps du trajet pour débrouiller ce mystère. Mais mieux valait ne pas retourner de suite au château. Son cousin entrerait dans une rage folle en voyant son épouse ainsi.

— Allons. Calmez-vous. Pensez à des chatons.

Ronce tendit même un mouchoir propre brodé à la duchesse afin qu'elle puisse sécher ses larmes.

— Ce marché que vous avez noué avec cette sorcière... Les détails ne me regardent pas. Votre époux, lui, est-il au courant ? Si ce n'est pas le cas, je vous conseille de le faire. Les secrets peuvent empoisonner une famille.

Elle pouvait en témoigner. Le silence de sa mère sur son contrat, noué avec une fée, avait failli mener un royaume à sa perte. Ronce lui en tenait, à jamais, rancune. Les filles pardonnent rarement les fautes commises par leurs mères.


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Lun 3 Nov - 19:30
Les roues du carrosse heurtèrent violement les pavés de la vieille ville de Quimper. Aelis voulait aller faire un tour parmi les anciennes bâtisses, histoire de rattraper la visite ratée de Carnac. La duchesse réfléchissait sans relâche au terrible incident ainsi que les paroles de Ronce. Pouvait-elle lui faire confiance ? Peut être que si la situation devenait trop gênante la jeune reine irait tout raconter à Edern pour le protéger de sa femme qui avait tout fait pour se retrouver dans ses doux bras.

« Je ne sais pas comment vous le dire. Les choses sont tellement compliquées. Mais avant tout ça, je voudrais avoir votre parole d’honneur. Personne pas même Edern ne doit être au courant de cette malédiction ni de mon secret. Je compte sur votre discrétion votre majesté. »

Les rues formaient un immense dédale. Les maisons à colombage donnaient à la citée un faux air de contes de fées. Mais ce qui se tramait à Quimper n’avait rien d’une fable. Aelis se dirigeait vers la mer. Elle savait que là-bas les choses seraient plus claires pour la reine de France. Aelis priait pour que sa cousine soit compréhensive.

« Il y a des années de cela, Edern et moi étions amis d’enfance puis la Providence nous a séparés. Mais le hasard nous a réunit. Je l’ai sauvé alors que sa vie ne tenait qu’à un fil. Mais nous n’étions plus destinés à revoir. Tout nous opposait à cette époque. C’est pour ça que j’ai forcé le Destin et je suis allée voir la sorcière des Glénan. Une personne peut recommandable. »

Les vagues terminaient leurs courses sur la plage. Sa tenue ne lui permettait pas de marcher sur l’étendue de sable, mais cela lui importait peu.

« J’ai absolument tout fait ce qui était en mon pouvoir pour revenir vers lui. Pour jouer à nouveau avec mon ami d’enfance. Le prix de mon sacrifice était élevé mais je ne le savais pas encore. Mais, alors que j’étais sur le point de le retrouver, la malédiction du sommeil a frappé le royaume. Je commençais à croire que tout allait se mettre en travers de notre chemin. »

Les goélands hurlaient alors que le soleil diffusait ses derniers rayons sur l’océan. Déjà les étoiles lointaines resplendissaient dans le ciel rose. Grand-Mère et Aelis adoraient ce spectacle et chaque soir elles s’asseyaient sur un rocher perdu au milieu de la mer et la Vieille Conscience peignait avec joie la jeune sirène.

« Puis une autre femme est arrivée à notre réveil. J’étais désespérée car je tombais sous son charme de jour en jour. Mais il me voyait encore comme une amie. J’avais déjà changé mon sort, je ne pouvais pas recommencer. De son côté Edern commençait à m’aimer aussi, mais il ne voulait pas m’épouser. Les mariages d’amour c’est bon pour les livres. Tifen, la fiancée d’Edern, n’avait que faire de votre cousin. Tout ce qui l’intéressait c’était les bijoux et la fortune. Et c’est à ce moment-là que mon chemin a recroisé celui de la sorcière. A l’instar de notre premier pacte, je n’ai pas eu l’audace de la rembourser. J’en ai payé le prix fort. »

Des larmes salées tombèrent alors et brisèrent la surface mouillée du sable. Edern serait déçu par les évenements de la journée. Comment sa propre femme pouvait elle ainsi sacrifier ses futurs enfants pour un stupide mariage d’amour.

«Je ne jugez pas, je regrette déjà assez mes choix. J’ai déjà assez enduré.»
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Ronce de France
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Lun 3 Nov - 23:33
Alors qu'elle lui conseillait de se confier à son époux voilà qu'elle le faisait auprès d'elle. Ronce fut, d'abord, surprise par cette attitude, puis compréhensive. Il est plus simple d'ouvrir son cœur à une personne du même sexe.

« Mais avant tout ça, je voudrais avoir votre parole d’honneur. »
— Je suis sa Majesté la reine du royaume de France. Mon honneur est aussi grand que mon royaume.

Elle était femme, certes, mais elle savait conserver sous scellé des secrets. Pas comme ces nobles de la cour qui aiment colporter des rumeurs plus grosses que leurs perruques.

La reine se retrouva dans les rues de la ville, à pied, sans véritablement comprendre comment elle avait pu quitter aussi vite le carrosse. La duchesse la menait d'un pas assuré, leur faisant quitter la ville pour rejoindre la plage. La scène rappela à Ronce celle de la veille. La duchesse, les pieds dans l'eau, fixant l'horizon comme si elle allait se jeter dans l'océan, se laisser emporter par les eaux.

Déjà Ronce tendait la main, prête à empoigner Aelis de toutes ses forces si jamais celle-ci voulait accomplir un sombre projet. Mais la duchesse se contenta de parler, confiant sa peine au vent, à l'eau... et à la reine.

« C’est pour ça que j’ai forcé le Destin et je suis allée voir la sorcière des Glénan. Une personne peut recommandable. »

Ronce secoua la tête face à une telle absurdité. La faute venait de là, inutile de chercher plus loin.

— Pourquoi vous en remettre à une femme que chacun voyait comme malfaisante ?

La duchesse continuait son récit, obligeant Ronce à tout écouter. La reine avait du mal à comprendre cet enchaînement de faits. Pourquoi tant risquer pour un simple ami ? La frontière qui séparait les deux êtres était elle si importante ? Ils appartenaient, après tout, au même rang social sans quoi ils n'auraient pas été éduqués ensemble. A moins que, sous son titre de duchesse, Aelis ne cache des origines plus modestes. Toutefois, si c'était le cas, Ronce en aurait entendu parler. On ne cache pas aisément un mariage de la sorte, surtout venant d'un membre, même éloigné, de la famille royale.

« Puis une autre femme est arrivée à notre réveil. J’étais désespérée car je tombais sous son charme de jour en jour. »

Ronce cligna des yeux à ce point du récit, tout bonnement déboussolée.

— Vous êtes... vous avez... eu une amitié romantique avec la fiancée de votre ami ?

Cette histoire sentait de plus en plus le vaudeville. Ne manquait plus que l'amant caché dans le placard.

Non, à la place, il y avait un second pacte avec la sorcière. Ronce se frappa le front, se retenant de lancer son jugement. Il était tout de même aisée de deviner sa pensée au vu de l'expression de son visage. Elle ne comprenait pas la raison de ce double contrat alors que le prix du premier avait du être déjà bien lourd à porter.

Elle ne put que croiser les bras, laissant son regard suivre le vol des goélands.

— J'aurais compris de tels sacrifices si ceux-ci avaient été menés pour le bien de votre enfant. Une mère est capable de tout envers sa progéniture, et elle se doit de veiller sur elle jusqu'au bout. Mais pour un être qui n'était pas même votre époux... Je suis désolé, mais cela m'échappe. Il y a bien longtemps que j'ai appris à vivre hors des romans et des illusions.

Esquissant quelques pas sur la plage pour chasser le froid qui l'engourdissait, Ronce finit par se tourner vers la duchesse.

— Pourquoi m'avoir confié cela ? Le poids est-il devenu, finalement, trop lourd à porter ?

Ronce n'arrivait pas à prendre en pitié la duchesse bretonne. Son aveuglement envers la sorcière pesait bien trop sur la balance.

Citation :
L'expression amitié romantique désigne, au XIXe siècle, une relation homosexuelle entre femmes. Celles-ci étaient plus ou moins tolérées (contrairement à l'homosexualité masculine).


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