Partagez | 
 

 Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Invité
Nikolaï Vertinski

MessageSujet: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Mer 22 Oct - 19:42






Ils volaient bas et rasaient les immenses dunes depuis des heures. Leur dernière escale s'était faite en Sardaigne et ils ne s'arrêteraient désormais plus que pour le Sultan et rien d'autre. Le chanceux, celui-là même qu'ils étaient venus pour tuer. Même si Nikolaï n'avait pas grand chose à voir avec l'histoire – après tout il avait juste trouvé une lettre qui mentionnait un ami de la pirate qui l'avait trouvé après sa transformation un mois plus tôt – il s'était laissé embarqué dans cette histoire et ne pouvait plus faire demi-tour désormais.

Assis sur le pont du Braille, le dos appuyé contre un tonneau à la recherche de la moindre miette d'ombre, il avait l'impression de mourir et commençait à regretter amèrement son choix de s'impliquer. Non en fait ça faisait un moment qu'il se traitait mentalement d'idiot pour ne pas simplement être reparti fissa à Londres.
Et puis, pourquoi fallait-il que maintenant qu'il avait enfin dépassé son mal de l'air, la chaleur des sables vienne l'accabler ?
Les loups n'étaient simplement pas faits pour vivre dans le désert ni dans l'air. La preuve était que malgré la Pleine Lune imminente, sa Bête restait plus calme que jamais.

D'ailleurs...la Pleine Lune, elle se lèverait le lendemain soir. Il ne s'en faisait pas trop, le bateau était en hauteur et le territoire en-dessous immense et quasiment inhabité. Néanmoins, il valait mieux mettre Albadune et l'assassin au courant parce qu'on ne savait jamais.
Tentant un orteil hors de sa zone d'ombre, le loup prit son courage à deux pattes et tenta une escapade sous l'astre solaire jusqu'à la cabine de la Capitaine. Au moins, songea-t-il en observant les autres membres de l'équipage, n'était-il pas le seul à souffrir des rayons ardents.
Au passage, il croisa la grande silhouette basanée d'Elardar et l'interpella :

Selim ! Il faut je vous parle. À toi et la Capitaine.

Reprenant d'un pas rapide son avancée, le le russe songea qu'il appréciait bien l'assassin -l'un des rares hommes qu'il pouvait regarder face à face sans baisser la tête- et ce malgré ce métier qu'il pratiquait et que lui haïssait. Ôter la vie d'innocents pour l'argent, c'était quelque chose qu'il ne comprenait pas, lui qui chérissait tant la vie et qu'on obligeait chaque mois à la détruire.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Selim Elardar

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Sam 25 Oct - 20:37
Selim contempla pensivement, assis à même le pont du Blackbird Braille, les rares nuages qui défilaient à vive allure. L'Ankou était natif des régions désertiques que le vaisseau volant traversait, et par conséquent, il était une véritable mine de savoir en ce qui concernait la traversée du désert. Hélas, personne ne semblait assez sage pour vouloir profiter de l'expertise du basané. En effet, les pirates, qui riaient des multiples couches de vêtements blancs que le colosse portait, préféraient quant à eux porter des vêtements légers, même si en ce faisant ils laissaient leur peau trop exposée au dangereux soleil. L'assassin avait bien essayé de les avertir, mais ils n'en avaient cure. C'était le même problème pour la boisson. Lorsqu'il était à l'extérieur, l'assassin buvait du thé chaud, alors que les pauvres railleurs incultes essayaient de passer leur soif à grand coup de rhum. Là encore, Selim avait tenté de leur expliquer, mais ils n'avaient pas voulu l'entendre. Ils riaient de lui, mais celui-ci se sentait entièrement vengé lorsqu'il les voyait asséchés sur le pont alors que lui ne souffrait d'aucun problème dû à l'extrême chaleur. L'assassin n'était pas cruel, et il leur proposait du thé, mais rares étaient les pirates qui acceptaient cette généreuse offre, et lorsqu'ils le faisaient, c'était uniquement parce qu'ils n'avaient plus la force d'atteindre une bouteille de rhum qui ne soit pas vide, espèce qui à ce rythme là risquait de devenir en voie de disparition.

Comment ce faisait-il que Selim ait été autant bien équipé pour ce long périple ? La réponse était simple : lorsque la capitaine et le dénommé Nikolaï étaient venus le chercher, avant de partir, il avait pris le temps d'acheter ces éléments nécessaires. Grâce à sa formidable prévoyance, l'assassin se voyait donc privilégié et en pleine forme. Heureusement, cette distinction n'avait pas eu d'incidence autre que quelques railleries dans ses relations avec les pirates du bateau volant. En effet, ces derniers s'étaient montrés sincèrement heureux de revoir leur compagnon balafré et avaient dignement fêté sa venue.

D'ailleurs, n'allez pas imaginer que durant cette torride traversée, l'équipage soit resté inactif ! Les pirates n'étaient amorphes que durant la journée. Le soir, en revanche, comme le temps se faisait frais, ils semblaient renaître, et les parties de cartes, dans lesquelles l'assassin finissait toujours dernier, ne manquaient pas. Bref, vous l'aurez compris, à bord du Braille, la vie était paisible et belle pour l'assassin.

Bref, ce jour-là, le dénommé Nikolaï vint interrompre la céleste contemplation de l'Ankou. En effet, il semblait avoir rassemblé son courage et avait émergé de l'ombre dans laquelle il siégeait. L'assassin n'avait pas besoin d'être un remarquable génie pour remarquer que son camarade n'avait apparemment pas suivi ses conseils. En effet, ce dernier semblait autant mal à l'aise au soleil que tous les autres pirates. Alors que Selim allait lui proposer une tasse de thé, Nikolaï lui dit, avant de continuer sa route vers la cabine de la capitaine :

- Selim ! Il faut je vous parle. À toi et la Capitaine.

- Ok, j'arrive.

Selim fini donc sa tasse de thé, puis la laissa là où il était assis. Après tout, personne n'irait la chercher. Il se leva et se dirigea à son tour vers la cabine du capitaine Albadune, tout en prenant bien soin de ne pas marcher trop près de la terrible Planche. Sous le regard intéressé de quelques pirates, le colosse frappa à la porte de manière virile.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Yama Albadune

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Mer 29 Oct - 13:12
Dans l'épisode précédent:
 


Assise dans l’obscurité, sa tête reposant contre une carte qu’elle avait tenté d’étudier, la Capitaine Yama Albadune dormait d’un demi-sommeil agité. Vêtue d’un pantalon que la sueur collait à ses jambes ainsi que d’une chemise dont elle avait retroussé les manches et ouvert quelques boutons, elle avait relevé ses cheveux sur son crâne en un chignon à moitié défait, laissant la plupart de ses cheveux s’étendre sur le bureau comme les tentacules d’un poulpe. Tous les rideaux avaient été fermés, empêchant les rayons du soleil de pénétrer la pièce et ne laissant pour seule lumière que celle de bougies bientôt entièrement consumée.

Le soleil omniprésent du désert, couplé à la chaleur accablante, avait transformé Yama en une sorte de loir que le sommeil pouvait faucher au milieu de toutes sortes d’activité. C’était que, ayant vécu dans la neige de la Russie profonde, volant là où le ciel était froid et étant elle-même réceptacle de l’hiver, la pirate n’avait guère l’habitude d’un tel climat. Le sommeil avait été le meilleur moyen que son corps avait trouvé pour se protéger de l’agression constante de la chaleur.

Il y eut des coups qui résonnèrent contre la porte, brisant le silence de la pièce. Sursautant, Yama se redressa rapidement, ôta la feuille qui s’était collée à sa joue et resta quelques secondes sans réagir, le regard glauque et sans vie. Puis elle étouffa un bâillement, se leva et lança, alors qu’elle refermait les boutons de sa chemise :

- C’est bon, j’arrive !

Elle défit ce qui lui restait de chignon et avança vers la porte, l’ouvrant avec brutalité. Aussitôt les rayons du soleil la frappèrent, envahissant sa vision durant quelques secondes où elle tituba, bras levé dans une vaine tentative de se protéger, agressée par la lumière. Lorsque ses yeux s’habituèrent à la luminosité ambiante, elle baissa le bras pour fixer les deux hommes qui se tenaient à sa porte : Nikolaï Vertinskaya - fossoyeur un peu balourd et compagnon d’enquête - et Selim Elardar - l’assassin pour lequel ils avaient effectué tout ce trajet. Yama les fixa tour à tour d’un oeil peu amène :

- Qu’est-ce qu’il y a ?

Ils n’étaient pas censés arriver avant le lendemain, et puis si le vaisseau avait été attaqué, il y aurait eu plus de bruit sur le pont. La Capitaine retint un soupir : elle avait bien précisé qu’elle ne voulait pas être dérangée sauf urgence. Ses compagnons avaient intérêt à avoir une bonne raison de l’avoir tirée de son antre d’obscurité.

En parlant de cela, elle ne rêvait que d’une chose : retourner à l’ombre. Ignorant les railleries des pirates déshydratés sur le pont, elle adressa un signe de tête aux deux invités.

- Ramenez-vous. Si je dois supporter cette foutue chaleur une minute de plus, je vais commettre un meurtre.

Sur ces paroles enthousiastes, elle leur tourna le dos et s’engouffra dans la pénombre de la cabine, laissant Selim et Nikolaï lui emboîter le pas.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Nikolaï Vertinski

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Sam 15 Nov - 16:24
Dans la cabine l'air était un peu plus frais, ce qui aurait du être bénéfique en théorie. Sauf que malgré l'obscurité, ici il n'y avait pas de vent et l'atmosphère n'en était que plus étouffante. Passant une manche sur son front en sueur, Nikolaï vint s'appuyer contre l'un des murs de planches en croisant les bras. Il n'était pas venu souvent dans les quartiers d'Albadune et l'attention presque délicate apportée au mobilier le surprenait toujours autant de la part de l'occupante des lieux.
Ses yeux glissèrent d'abord vers Selim avant de se fixer sur la Capitaine :

C'est pas si important, enfin pas autant que habitude je crois. Mais c'est important que vous êtes au courant.

Du bout de la langue, il vint humidifier ses lèvres. Ces fautes qu'il commettait encore en anglais l'agaçait franchement. Mais d'un autre côté, il n'était pas vraiment en forme ces jours et pour la raison la plus physiologique possible. Les rations de nourriture sur le bateau étaient nettement insuffisantes pour son cas -c'est qu'ils étaient deux à devoir manger en lui- et il perdait du poids à vue d'oeil.
Avec un peu de chance la Bête aurait son comptant de chasse la nuit prochaine. Même si ça ferait beaucoup de lézards à dénicher parmi les cactus...

Je sais pas si vous savez, mais la Pleine Lune est demain, poursuivit le loup tout en passant les doigts dans ses cheveux moites, dégageant ainsi son front ; Il n'y a pas de problème, il faut juste me faire descendre dans le désert. Le truc c'est que c'est à ce moment qu'on va arriver chez le Sultan, non ?

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Selim Elardar

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Dim 23 Nov - 16:06
Ah ! La cabine de la Capitaine. Tant de rumeurs régnaient sur ces lieux qui pourtant n'avaient rien de suffisamment remarquable pour en être la cause. À bord du Braille, Selim avait rapidement compris la cause de la réputation de ces lieux et avait déjà dû en subir les conséquences lorsqu'il en était ressorti, c'est à dire qu'il avait dû subir de nombreux commentaires déplacés de la part des pirates. Bref, ces faits étaient revenus en mémoire à l'assassin lorsque ce dernier avait été accueilli (froidement malgré la température torride) par la capitaine et qu'il avait entendu les railleries et subi les regards goguenards de certains pirates alors qu'il pénétrait dans l'obscur antre de Yama Albadune. Il n'avait aucun doute sur les ragots qui circuleraient ce soir.

Bref, alors que Nikolaï était entré, Selim avait refermé la porte de la cabine afin d'éviter que la capitaine ne subisse la chaleur et se voit contrainte de commettre un meurtre, comme elle l'avait averti. Une fois dans la cabine, l'Ankou jeta un regard réprobateurs aux deux personnes qui étaient avec lui. Il était évident, au vu de l'accablement que la chaleur avait provoqué sur eux, qu'ils n'avaient pas suivi les conseils de Selim. Pourtant, celui-ci venait du désert, mais bon... se dessécher à coup de Rhum devait sans doute avoir plus d'attrait que de s'hydrater avec du thé... Ces pensées furent interrompues par la voix de Nikolaï.

C'est pas si important, enfin pas autant que habitude je crois. Mais c'est important que vous êtes au courant.

Il y eut un bref silence durant lequel Selim, qui avait cru déceler une faute, se demanda si s'était sa grammaire anglaise ou celle de son interlocuteur qui était légèrement défaillante. Il n'eut hélas pas le loisir d'y réfléchir plus longuement car Nikolaï avait repris :

Je sais pas si vous savez, mais la Pleine Lune est demain. Il n'y a pas de problème, il faut juste me faire descendre dans le désert. Le truc c'est que c'est à ce moment qu'on va arriver chez le Sultan, non ?

L'assassin resta pensif un instant. Que voulait donc dire Nikolaï ? Pourquoi redoutait-il la pleine lune ? Bon... Cela ne le regardait pas après tout. Si l'homme à la peau pâle voulait décaler le jour de la confrontation d'un jour, cela ne dérangeait pas l'Ankou qui se trouvait après tout dans son élément. Il déclara de sa voix grave :

- On peut faire un détour pour que l'on arrive chez le Sultan un jour plus tard que prévu... Ainsi, on peut te faire descendre quand tu le veux. Ça ne me dérange pas d'attendre un jour de plus. La chaleur ne m'incommode pas, moi.

Une fois sa merveilleuse idée déclarée, il n'avait pas pu résister à l'envie de faire remarquer qu'il ne souffrait pas de la chaleur grâce aux méthodes qu'il avait essayé d'enseigner. Après tout, si ces incultes voulaient ignorer ses conseils, ils en avaient le droit, mais l'Ankou avait le droit, lui, de faire remarquer à quel point ses méthodes étaient efficaces.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Yama Albadune

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Dim 30 Nov - 20:16
Nikolaï fut le premier à entrer, suivi de Selim qui - prévenant - ferma la porte derrière lui. Yama se laissa tomber plus qu’elle ne s’assit sur son fauteuil, observant ses deux invités d’un oeil maussade. Bras croisés, le russe finit par ouvrir la bouche après avoir jeté un regard à l’assassin.

- C'est pas si important, enfin pas autant que habitude je crois. Mais c'est important que vous êtes au courant.

Yama haussa un sourcil, légèrement interloquée. D’un seul coup, le loup lui semblait bien solennel. Joignant les mains, elle se pencha et y posa son menton, se faisant plus attentive.

- Je sais pas si vous savez, mais la Pleine Lune est demain.

Les yeux de la Capitaine s’écarquillèrent alors qu’elle retenait une envie soudaine de se frapper le front. La Pleine Lune, bien sûr. Accablée par la chaleur, elle avait complètement oublié.

- Il n'y a pas de problème, il faut juste me faire descendre dans le désert. Le truc c'est que c'est à ce moment qu'on va arriver chez le Sultan, non ?

Oui, il avait parfaitement raison. Pensive, la Capitaine se mit à fixer le plancher, réfléchissant aux différentes manières de traiter le problème. Il était hors de question qu’ils aient à gérer une Bête sauvage en plus des gardes du palais, mais l’idée de lâcher la créature dans l’immensité du Désert sans assurance de la revoir n’était pas des plus plaisantes non plus.
La voix de Selim résonna dans la cabine, la tirant de sa réflexion.

- On peut faire un détour pour que l'on arrive chez le Sultan un jour plus tard que prévu... Ainsi, on peut te faire descendre quand tu le veux. Ça ne me dérange pas d'attendre un jour de plus. La chaleur ne m'incommode pas, moi.

La Capitaine ne put s’empêcher d’adresser un regard noir au basané. En plus de ne rien comprendre au problème, ce dernier n’avait pu s’empêcher de souligner son insupportable résistance à la chaleur du désert. S’il n’avait pas été son allié, Yama l’aurait volontiers étranglé de ses deux mains mais bref. La pirate détourna son regard de l’assassin pour fixer le lycan avec une gravité insoupçonnée.

- On peut te perdre dans le désert, non ?

Son ton semblait plus inquiet qu’elle n’aurait voulu le laisser paraître, elle sentait le stress la gagnait. La Capitaine n’aimait pas que des imprévus se glissent dans ses plans : sur ce point, elle restait fidèle à elle-même.

Elle reprit, plus hésitante, s’adressant toujours à Nikolaï :

- Ce ne serait pas mieux... qu’on te garde enfermé ?

Yama se mordit les lèvres nerveusement : c’était qu’elle n’en avait aucune idée, au fond. Si le russe avait fini par lui confier son secret, elle était loin d’être une experte en lycanthropie et ne savait pas quoi faire de telles situations.
Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Conteur d'histoires
Narrateur

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Ven 5 Déc - 1:16



De l'agitation secoue le navire. Ce dernier subit une attaque qu'il n'a jamais connu auparavant. L'équipage, pourtant habitué aux pires conflits, ne sait pas comment réagir. Une horde de Chanteurs s'est retrouvée sur le navire, emportée par le vent. Les créatures semblent partout, juchées sur les mats, glissant sur les voiles, se baladant sur le pont.

Les Chanteurs ne sont pas des êtres dangereux. Ce sont même des créatures douces et inoffensives. Mais leur présence nuit à l'équilibre du navire, empêchant l'équipage d’œuvrer correctement. Il semble vital de se poser, afin de chasser les Chanteurs.



© Avatar par Nougat. Compte PNJ, merci de ne pas envoyer de MP.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Nikolaï Vertinski

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Lun 8 Déc - 18:02
Le perdre ? Nikolaï n'avait pas réfléchi à cette éventualité. Mais c'était pertinent dans le sens où la Bête pouvait galoper une bonne centaine de kilomètres en quelques heures simplement pour trouver une proie. Et si au matin il se retrouvait seul au milieu de la fournaise des dunes, le russe ne donnait pas cher de sa peau.

Pensif parce qu'une fois n'était pas coutume, il était encore en train de se retourner les méninges pour une potentielle solution lorsque la Capitaine reprit :

— Ce ne serait pas mieux... qu’on te garde enfermé ?

— C'est une idée stupide, répondit le loup du tac-au-tac avant de se rendre compte de sa grossièreté. Il baissa le museau, confus ; Désolé mais...c'est vrai, ça vous mettrait tous en danger au lieu de juste moi.

À ce stade, il n'accordait plus trop d'importance à la préservation de son secret sur ce bateau. D'ici vingt-quatre heures tout au plus, tout le monde serait au courant. Alors bon. Et puis il était temps que le principal intéressé de leur quête – l'assassin Selim Elardar – soit aussi mis dans la confidence.

Soudainement, le jeune homme eut une idée. Il hésita un peu avant d'en faire part à ses deux compagnons mais fini par dire :

— C'est assez humiliant mais, vous pourriez me mettre une chaîne autour du cou, me faire descendre..et rester en l'air en me gardant en laisse. Je ne me perdrais pas et vous serez en sécurité.

L'image était particulièrement déplaisante et il sentait sa gorge se serrer à la perspective d'être attaché comme un chien. Mais c'était sans doute la meilleure solution qui s'offrait à-

Le bateau tangua tout à coup et Nikolaï manqua de perdre l'équilibre. Seule la coiffeuse à laquelle il avait pu se rattraper l'empêcha de finir sur les fesses. Qu'était-ce ? Une tempête de sable? Non, la mélopée claire qu'il captait dehors ne ressemblait pas au hurlement du vent. Mais après tout, qu'est-ce qu'il y connaissait en navire du ciel et météo ottomane ?
Il se tourna plutôt vers Albadune :

— Capitaine ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Selim Elardar

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Sam 20 Déc - 18:13
Décidément, l'assassin ignorait pas mal de choses sur son compagnon. Pourquoi aurait-il fallut le garder enfermé ? Pourquoi disait-il que ce plan était trop dangereux pour être appliqué et surtout, pourquoi diable voulait-il être tenu en laisse ? Certes, Selim ne faisant pas vraiment parti de la haute société, il avait connu quelques personnes louches qui demandaient à subir ce genre de traitement, mais il ne pensait et n'espérait pas que ce soit pour ces mêmes raisons que Nikolaï ait parlé de lui passer une chaîne au cou... Alors que Selim s'apprêtait à prendre la parole (non sans avoir au préalable hésité à cause du regard noir que l'on lui avait lancé, sans doute par jalousie), le bateau se mit soudain à tanguer et une douce mélodie passa à travers la porte boisée de la cabine. Alors que Nikolaï, apparemment surpris, appelait la capitaine, Selim, un sourire au lèvre s'esquissant grâce à un merveilleux pressentiment, se dirigea vers la porte et l'ouvrit, chassant l'obscurité de la cabine et laissant pleinement entrer la mélopée qui venait de l'extérieur.

En sortant sous le brillant soleil et en apercevant une multitude de créatures installée sur le pont, Selim ne put retenir un bref cri de joie presque enfantin alors qu'il s'avançait à grand pas vers un groupe formée par les nouveaux occupants du pont.

- Des chanteurs !!!

Voyez-vous, certaines personnes s'entendent naturellement bien avec les chats, d'autres avec les chiens. Et bien, dès son plus jeune âge, c'est avec les Chanteurs que le basané s'entendait le mieux. Ce furent d'ailleurs les seuls à avoir su parfois illuminer sa sombre enfance, même si le fait que les villageois voient le futur assassin entouré de Chanteurs ne l'aidait pas à avoir bonne réputation, mais durant ces moments si précieux il n'en avait cure. Ainsi, le bonheur ressenti par l'Ankou en voyant tout ces Chanteurs était tout à fait compréhensible. Mais ça, les pirates qui le regardaient, interloqués, se mêler à la foule chantante qui se frottait à lui, ne pouvaient pas le savoir.

Une fois que Selim les avait rejoints, les Chanteurs s'étaient rassemblés autour de lui et chantaient à présent une mélodie plus douce et plus belle encore que la précédente. Si bien entouré, l'assassin, ému, ne put retenir une petite larme de bonheur. Face à une telle joie, face à tant d'agréables souvenirs qui le traversaient subitement, il oubliait sa triste condition, ses sombres pensées, sa déchéance, sa décadence. Il oubliait ses tracas, il volait avec la magnifique mélopée, laissant ses ennuis aussi innombrables que les grains de sable du désert qu'il survolait loin derrière lui. Durant cet instant si précieux, il n'était plus un assassin, mais seulement un homme comme tant d'autre.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Yama Albadune

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Dim 4 Jan - 16:30

- C'est une idée stupide

Peu enchantée par la brutalité du lycan, Yama haussa un sourcil.

- Désolé mais...c'est vrai, ça vous mettrait tous en danger au lieu de juste moi.

Voilà qui était pertinent. Ramenant ses mains sous son menton, la pirate acquiesça en silence. Ils ne pouvaient pas garder un loup-garou à bord, mais ne pouvaient pas non plus le lâcher en plein désert... il y avait peut-être moyen qu'ils suivent sa course à bonne distance. Certes, ce serait une perte de temps considérable mais ils n'avaient pas d'autre choix, et puis il était hors de question d'abandonner le-

- C'est assez humiliant mais, vous pourriez me mettre une chaîne autour du cou, me faire descendre..et rester en l'air en me gardant en laisse. Je ne me perdrais pas et vous serez en sécurité.

- C'est hors de question.

Elle lui avait à peine laissé le temps de finir. Relevant la tête, elle planta ses yeux dans ceux du russe, le foudroyant du regard comme s'il avait dit une insanité. Elle voulut en dire plus mais une série de vibrations ébranlant le navire l'interrompit. Habituée aux secousses, si perturbantes soient-elles, la Capitaine resta cramponnée à son fauteuil, voyant plus qu'elle ne regardait Nikolaï et Selim perdre l'équilibre. Si le russe était resté à l'intérieur, l'appelant d'une voix incertaine, ce n'était pas le cas de l'assassin qui se précipita au dehors. La lumière du désert inonda la pièce, laissant la mélopée harmonieuse qui jaillissait du pont parvenir à ses oreilles.

- Mais qu'est-ce que...

Elle se leva, tira son sabre de son fourreau et s'avança au-dehors, pour apercevoir une petite foule de créatures dispersées un peu partout sur le vaisseau.

- Des chanteurs !!!

Contrairement aux pirates qui, eux, semblaient parfaitement décontenancés, Selim s'était avancée vers les créatures qui l'entouraient, entonnant un choeur que Yama aurait sans doute trouvé splendide si elle n'avait pas été dénuée de toute oreille musicale.

- Baissez vos armes. Hurla-t-elle à la cantonade sans pour autant quitter l'attroupement des yeux. Le Braille continuait de tanguer, un peu trop fort pour leur bien à tous. Yama remis son sabre en place, s'approcha d'un pavillon et distribua les ordres qui se transmettraient à tout l'équipage : quoi que ces Chanteurs puissent être, il fallait qu'ils s'en aillent. Ceci fait, elle s'approcha de Selim, les créatures s'écartant légèrement sur son passage.

- Tu peux me dire ce que sont... ces choses ?

L'aspect humanoïde desdites choses la mettait mal à l'aise.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Nikolaï Vertinski

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Mer 7 Jan - 23:37
La Capitaine avait voulu dire quelque chose à Nikolaï mais avait manqué de temps. Il aurait pourtant aimé savoir, car il avait pu lire dans ses yeux une vive opposition à son idée et ne comprenait pas. Après tout, qu'est-ce qu'une pirate humaine – libre et non emprisonnée – pouvait bien connaître de l'humiliation des chaînes ou de la cage ?

Sortant à la suite d'Albadune, les pensées du russe furent bien vite accaparées par autre chose. Il y avait là des dizaines – si non des centaines – de créatures d'une beauté épurée à l'image des terres arides qu'ils survolaient. Chacune d'entre elles possédait une voix qui joignait les autres dans un chant magnifique et dénué de paroles. Comme lui louait parfois la lune elles le faisaient pour le désert.

Il remarqua que l'assassin semblait les connaître car les choses venaient tourner autour de lui comme une meute de chats ronronnants. Mais c'était le cas pour les autres aussi, sauf lui. Pourtant il ne leur voulait pas de mal !
Tendant une main vers la silhouette blanche au faciès sombre la plus proche, il tenta de se présenter comme ami mais la créature rompit son chant et lui cria un son dissonant aux tympans. Ses pairs les plus proches firent de même jusqu'à ce qu'il soit obligé de couvrir ses oreilles puis fuirent pour aller se frotter contre un vieux pirate. Le loup en fut dépité.

Devant lui, au fur et à mesure de ses pas, l'essaim se fendait et s'écartait aussi fichtrement bien qu'avait fait la mer pour Moïse.
C'est donc en très peu de temps qu'il arriva vers Yama, à qui il dit d'un ton d'enfant déçu qui aurait été oublié le jour de Noël :

— Je crois qu'ils m'aiment pas... pour lui prouver, il avança vers les étranges visiteurs, et ceux-ci reculèrent à nouveau en sifflant ; Ils n'aiment pas les loups.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Selim Elardar

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Jeu 15 Jan - 20:00
Une musique mélodieuse entourait Selim comme une aura qui ne le quittait pas, car ceux qui en étaient la cause avaient tendance à converger vers l'assassin. Des chanteurs ! Quelle chance d'être tombé sur eux ! Pour sûr, le voyage allait être plus gai ! À cette pensée, Selim jeta un regard vers une personne qu'il savait homosexuelle sur le Braille et ne put s'empêcher de rire à cause du jeu de mot qu'il avait en tête mais que je ne vous retranscrirais pas ici car il est évident (et pas très bon). Alors que l'Ankou pouffait de rire, les chanteurs l'imitaient mélodieusement. Quel bonheur !

- Tu peux me dire ce que sont... ces choses ?

Selim regarda, un air surpris au visage, la capitaine qui venait d'arriver. Face à cette question qui semblait à ses yeux stupide, l'Ankou répondit comme si ce qu'il disait était l'évidence même :

- Ben... Ce sont des chanteurs !

Et comme pour confirmer ces dires, les créatures entonnèrent presque simultanément une nouvelle note. Un large sourire fendirent les lèvres du basané.

- Ne sont-ils pas merveilleux ?

Puis vint le camarade russe, qui fendait la mer de chanteurs. L'air déçu, il avait déclaré à Yama, tout en faisant reculer l'une des créatures :

- Je crois qu'ils m'aiment pas... Ils n'aiment pas les loups.

Voyant et entendant que les chanteurs présents derrière lui semblaient s'inquiéter, Selim leur déclara d'une voix apaisante un "Tout va bien...", puis, alors que les chanteurs se calmaient un peu et que leurs chants se firent à nouveau harmonieux (sans doute ne comprenaient-ils pas le sens des paroles de l'Ankou mais en imaginaient-ils le sens grâce au ton employé), il se tourna vers Nikolaï et lui dit :

- En effet, ils ne doivent pas souvent avoir l'occasion de croiser des loups dans le désert, mais je ne vois pas pourquoi ils ne t'aimeraient pas, toi. Au pire, il ne faut pas t'inquiéter, ils sont tout à fait inoffensifs.

Et c'était vrai ! Tandis que le bateau descendait, Selim songeait au fait que jamais il n'avait vu un chanteur agresser qui que ce soit mais que, malgré ce fait, ces créatures étaient trop souvent mal vues dans le désert et rares étaient ceux qui les appréciaient à leur juste valeur. Et pourtant, que le monde serait triste sans leur présence !
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Yama Albadune

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Sam 24 Jan - 23:39
- Ben... Ce sont des chanteurs !

La réponse était simple et parfaitement inefficace, mais l’assassin semblait s’en contenter parfaitement : au milieu de la petite foule de créatures, il souriait d’un sourire d’enfant que la Capitaine ne l’avait jamais vu aborder auparavant.

- Ne sont-ils pas merveilleux ?

Yama ne se sentit pas le coeur à répondre. Une autre voix humaine intervint au milieu de la mélopée entonnée par les créatures.

- Je crois qu'ils m'aiment pas... Ils n'aiment pas les loups.

C’était vrai que le lycan semblait avoir sur les chanteurs l’effet d’un repoussoir. Bras croisés, Yama observa les créatures feuler sur le passage du russe comme de gros chats mécontents. Selim leur adressa quelques paroles qui semblèrent les apaiser, à la surprise du pirate - depuis quand l’assassin possédait-il des talents de dresseur ? Peu importait, ce dernier s’était tourné vers Nikolaï.

- En effet, ils ne doivent pas souvent avoir l'occasion de croiser des loups dans le désert, mais je ne vois pas pourquoi ils ne t'aimeraient pas, toi. Au pire, il ne faut pas t'inquiéter, ils sont tout à fait inoffensifs.

C’est déjà ça. Pensa la Capitaine en se retenant de se frapper le front devant la stupidité du criminel. En même temps, pouvait-elle vraiment lui en vouloir ? Ni elle ni Nikolaï n’avaient vraiment pris la peine de lui expliquer clairement la véritable nature du lycan. La Capitaine jeta un oeil au ciel : les nuages s’éloignaient à vue d’oeil, ils seraient bientôt au sol.

Après avoir jeté un regard au russe pour quêter son approbation, la pirate posa ses deux mains sur les épaules du colosse, qu’elle tourna vers elle avec brusquerie. Ceci fait, elle planta son regard dans le sien.

- Selim.

Le chant, tout autour d’eux, continuait de résonner.

- Nikolaï se transforme en loup toutes les pleines lunes. Et la prochaine, c’est demain.

Il y eut une secousse, signe que le Braille s’était posé. Alors que l’on déployait les passerelles, Earl la vigie, descendue sur le pont, s’approcha du russe.

- Hé, puisque ces trucs ont pas l’air de t’apprécier, tu voudrais pas courir pour les chasser du pont, un peu ?

Perplexe, le loup finit cependant par s’exécuter, faisant le tour du pont tout en éparpillant les créatures qui sifflaient, feulaient et fuyaient sur son passage. Yama reprit sans y prêter attention :

- C’est un loup-garou. Et si on le garde à bord demain soir, il va bouffer l’équipage.

C’était là leur plus gros problème. Autour d’eux, les chanteurs se dispersaient, chassés tantôt par les pirates tantôt par Nikolaï.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Nikolaï Vertinski

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Ven 30 Jan - 16:39
Quand la Capitaine avait croisé son regard, Nikolaï avait de suite su ce qu'elle lui demandait. Il avait hésité, l'espace d'une seconde, mais à quoi bon. Dès le lendemain tout l'équipage saurait qu'il était un monstre, un jour de plus ou de moins ne changeait rien.
Toutefois, rien non plus n'obligeait le loup à écouter la réaction de l'assassin lorsqu'il serait mis au courant de sa nature ; ce n'était jamais plaisant.

C'est donc presque avec bonne volonté qu'il se mit à courir en rond sur le pont à la demande du vigie. Et ce malgré l'aspect franchement ridicule de la chose.
D'un autre côté, ''Niko le Gigolo'' n'avait plus aucun honneur à préserver sur ce bateau.

À la fin de ses épuisants cinq tours de piste, plus aucun chanteur ne s'aventurait dans la zone. Il ne savait pas si c'était à cause de son odeur ou de son aura mais ne chercherait pas à savoir. C'est qu'il ne manquerait plus qu'on lui demande de pisser tout autour de la coque pour les tenir à distance.
Ceci dit...il doutait même avoir encore assez d'eau dans son corps pour marquer ne serait-ce qu'un petit palmier.

Venant se laisser tomber assis – le dos contre une caisse – près de Selim et de Yama, le russe écarta une mèche humide de transpiration qui lui piquait les yeux et s'adressa ensuite à eux deux d'un ton fatigué :

— Faites-moi dix autres comme ça et demain la Bête n'aura même plus la force de sortir demain soir.

Il plaisantait un peu, parce qu'il fallait bien ça, mais il fallait tout de même trouver une solution. Inclinant légèrement la tête, il fixa les planches du pont tout en demandant :

— Dites, Capitaine. Pourquoi vous avez refusé de me mettre le collier et une chaîne tout-à-l'heure ? C'était une bonne solution. Sans danger. D'habitude les humains n'ont pas peur des laisses..

L'idée même d'être attaché faisait froid dans le dos malgré la température cuisante du désert. Nikolaï savait pourquoi il avait peur des cage et des liens, mais il avait envie d'entendre pourquoi Albadune était aussi réticente.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Selim Elardar

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Mar 10 Fév - 18:49
Les paroles de la capitaine résonnèrent dans la tête de Selim tandis que Earl proposait à Nikolaï un moyen de faire partir les chanteurs.

- Nikolaï se transforme en loup toutes les pleines lunes. Et la prochaine, c’est demain. C’est un loup-garou. Et si on le garde à bord demain soir, il va bouffer l’équipage.

Voilà qui expliquait tout, le comportement de Nikolaï, son inquiétude quant au lendemain et sa remarque sur les chanteurs. Selim ne put retenir un "Aaaah !" exprimant sa compréhension comme son intelligence. Puis il regarda, pensif, le russe qui courrait pour faire fuir ces formidables créatures qu'étaient les chanteurs. Cet être était donc un loup-garou. Sans doute avait-il été rejeté et persécuté à cause de cette particularité. Sans doute le considérait-on comme un monstre...

Non, Selim ne le jugerait pas, lui. Il savait ce que cela faisait de ne pas être accepté, d'être pourchassé. Il connaissait la douleur que provoquait tout ces regards haineux posés sur soi. Et surtout, il savait ce que cela faisait de tuer contre sa volonté. Décidément, l'assassin avait bien des points communs avec le loup-garou. Sauf que lui, au moins, résistait à la chaleur du désert.

Les chanteurs avaient quitter le navire et partaient vers l'ouest en entonnant une douce mélopée. Tandis que Selim leur faisait à grands signes de bras de touchants adieux, le russe revint, essoufflé.

— Faites-moi dix autres comme ça et demain la Bête n'aura même plus la force de sortir demain soir. Dites, Capitaine. Pourquoi vous avez refusé de me mettre le collier et une chaîne tout-à-l'heure ? C'était une bonne solution. Sans danger. D'habitude les humains n'ont pas peur des laisses...

Nikolaï avait prononcé ces mots, remettant sur le tapis (absent du pont du Braille) la proposition qu'il avait précédemment faite, proposition dont Selim pouvait à présent saisir le sens. Comprenant à présent le danger, l'Ankou put enfin chercher et trouver une solution. Sa voix grave s'éleva, d'abord faible puis prenant peu à peu de l'ampleur au fur et à mesure qu'il exposait sa splendide idée :

– En fait, j'ai peut-être une meilleure solution... Je pourrais faire affaisser le sable pour creuser un gouffre assez grand pour que la Bête puisse courir, mais assez profond pour qu'elle ne puisse fuir et s'échapper.

Selim était fier de sa solution. Pas de traitement inhumain et pas de victimes. Que demander de plus ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Yama Albadune

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Dim 8 Mar - 16:19
- Dites, Capitaine. Pourquoi vous avez refusé de me mettre le collier et une chaîne tout-à-l'heure ? C'était une bonne solution. Sans danger. D'habitude les humains n'ont pas peur des laisses..

Yama se raidit, profondément agacée par l’obstination du lycan. Sa réplique, glaciale, claqua dans la chaleur du désert.

- Je ne savais pas que mon statut de criminelle m’empêchait d’avoir un sens moral.

La phrase fut conclue par les "ooooh" de deux pirates un peu trop attentifs qui passaient par là. La Capitaine voulut les rappeler à l’ordre, mais l’intervention de Selim ne lui en laissa pas le loisir.

- En fait, j'ai peut-être une meilleure solution... Je pourrais faire affaisser le sable pour creuser un gouffre assez grand pour que la Bête puisse courir, mais assez profond pour qu'elle ne puisse fuir et s'échapper.

L’idée n’était pas mauvaise. Songeuse, la pirate commença à l’envisager : pour avoir déjà vu les pouvoirs de l’assassin à l’oeuvre, elle ne se doutait pas qu’il en était capable. Après, l’idée de passer un jour de plus dans ce désert était déplaisante, mais s’il n’avaient pas le choix...

- Cap’taine ?

- Quoi ?


L’un des deux pirates, un grand brun à la coiffure improbable et au sourire stupide, s’était approchée d’elle. Son éternel complice, lui, était resté prudemment en retrait.

- Si j’peux me permettre, y’aurait une autre solution...

Yama consentit à se tourner vers le pirate - un certain Wayne, de son prénom.

- Explique-toi.

- Si j’ai bien compris, vous cherchez à éliminer le sultan mais en évitant d’nous faire tous bouffer par le loup.

- C’est exact.

- Y’a qu’à laisser le loup faire le sale boulot à vot’ place !


Elle se figea.

- Qu’est-ce que tu veux dire ?

- Vous lâchez le loup au palais, vous vous éloignez et... vous savez ce qu’on dit : plus de sultan, plus de problème !


Yama mit quelques secondes à prendre pleinement conscience de ce que le matelot sous-entendait. Lorsque ce fut fait, la réponse fusa :

- C’est hors de question.

Elle refusait de se servir de leur compagnon de voyage comme une arme. Livide, elle se mit à faire les cent pas sur le pont du navire. Sentant que sa brillante suggestion n’avait pas été appréciée à sa juste valeur, Wayne s’éloigna en haussant les épaules. Sans cesser de faire des aller-retours fébriles sous le soleil du désert, la pirate finit par s’adresser à Selim.

- Tu aurais la force de maintenir le sable toute la nuit ?

Mieux valait revenir à la solution du colosse.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Nikolaï Vertinski

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Mer 22 Avr - 11:10
Nikolaï était au courant que l'assassin possédait la capacité à faire agir la roche et la terre à sa guise, mais il n'aurait jamais pensé que son pouvoir puisse être aussi foutrement puissant. Suffisamment pour créer une fosse d'une pensée, assez profonde pour que l'un des plus grands prédateurs ne puisse s'échapper ? Le loup s'imagina au fond du trou, tentant d'escalader les bords glissants comme un faon pris dans un torrent qui essayerait de grimper une pente de glaise pour ne pas mourir noyé.

La comparaison le fit déglutir. L'idée de se donner en spectacle comme ça ne lui plaisait pas tant, mais ça restait moins humiliant que la laisse. À la place c'était une cage. Sacré amélioration. Vraiment. Mais ce n'était pas comme s'ils croulaient sous le poids des solutions à l'instant. Et comme la Capitaine l'avait fait remarquer, ils ne pouvait pas simplement le laisser aller gambader dans le désert et gober les lézards. Le russe ne tiendrait jamais une journée seul au milieu du désert à son réveil. D'ici la nuit il serait rôti au milieu d'une dune en buffet à volonté pour chacals.

S'apprêtant à demander à Albadune ce qu'elle pensait du plan de Selim, il fut interrompu comme les autres par l'un des hommes de la pirate venu ajouter son grain de sel et il suivit l'échange avec grande attention. On causait de lui comme s'il n'était pas là, un clébard dans le coin de la pièce, mais ça le dérangeait pas plus que ça. À l'instant il était trop obnubilé par les paroles du corsaire à la coiffure moche.

La Bête lâché dans un Palais humain, les dévorer tous jusqu'au dernier et lécher les os.

Malgré la chaleur abrutissante, Nikolaï sentit sa peau se couvrir de chair de poule et les poils blonds sur ses bras se dressèrent autant que la fourrure sur le dos du monstre qui commençait à remuer dans ses entrailles. Ce dernier aimait la suggestion de Coiffure-Moche, elle l'excitait et le faisait baver des cascades. La chasse pour l'amusement et la viande pour leur estomac vide si vide.

Honteusement, le russe sentit ses propres gencives suinter et ses narines tressaillirent. L'idée en soi le dégoûtait mais la perspective d'un ventre rempli était si alléchante pour la Bête qu'il était obligé d'en ressentir une partie.

— Tu aurais la force de maintenir le sable toute la nuit?

— Attendez, interrompit le loup ; je dois savoir. Il y a des enfants dans le palais ?

C'était un détail essentiel avant qu'il envisage franchement la chose.

— Parce que jamais j'accepterais de tuer des louveteaux. Mais pour les autres...ils sont condamnés par vous de toute façon non ? Mes crocs sont plus forts que vous épées.

Et puis comme ça la Capitaine ne perdrait pas d'hommes, même s'il ne s'agissait que de pirates criminels. Lui doutait mourir, mais si ça devait arriver ce serait pas plus mal. Un monstre de moins sur Terre.
Revenir en haut Aller en bas
Hasard

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   Ven 11 Déc - 22:18

Malheureusement tout projet échoua lorsque une gigantesque tempête de sable accueillit nos fringants mousquetaires. Le navire du rebrousser chemin afin d'éviter un "naufrage" au sein du désert. Mais, après tout, ce n'était peut-être que partie remise.

RP clos


© Avatar par Odori. Compte PNJ, ne pas lui envoyer de MP, merci.
Si vous souhaitez une intervention dans vos RPs.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]   
Revenir en haut Aller en bas
 

Un Sultan Insulté [Août 0003 - Empire Ottoman]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Contes Défaits :: Le Moyen-Orient :: Empire Ottoman-
saigoseizon Cabaret du Lost Paradise bouton partenariat