Pile ou face ?

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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Jeu 23 Oct - 1:05
Pour Emilian Korzha, il y avait trois choses très importantes dans sa vie : Son épouse ainsi que ses deux filles. Et si la petite Viorica était toute heureuse à l’idée de suivre son père en France, l’homme avait du tourner autour de son ainée ainsi que de sa femme un bon moment avant que celles-ci ne cèdent. La France, selon les histoires, était un pays absolument fabuleux. Il se devait de découvrir cette contrée avec sa petite famille. Longtemps il avait embêté Magdalena pour s’y rendre. Prendre des vacances, se détendre –tout ce qu’elle ne faisait pas, en somme. Ce fut lorsqu’une lettre, scellée officiellement, glissa entre ses mains : Celle-ci quémandait la présence des Korzha à Versailles pour discuter de l’avenir technologique du pays. Adopter la vapeur ou s’adonner à l’électricité ? Voila qu’Emilian Korzha venait de trouver l’excuse parfaite pour emmener sa famille en France.

« Papa, pou’quoi nous ne pouvions pas aller en France avant ?
- Parce que le pays était recouvert de très dangereux arbustes.
- Pourquoi il y avait des a’bustes ?
- On raconte qu’un vilain sort aurait été lancé sur le pays pour punir la méchante Reine !
- Et pou’quoi elle était méchante la Reine ?
- Je ne sais pas, mon cœur, je ne la connais pas personnellement.
- Mais tu vas la voir, bientôt, non ? Tu as pas peur ?
- Pas du tout ! »

Et le petit manège de Viorica qui pose mille et une question à son père ne cessa que très tardivement. Côte à côté, Magdalena ainsi que Maria demeuraient silencieuses, n’ayant rien à se dire. Alors qu’Emilian prenait sa cadette au visage tacheté dans ses bras, la portant haute pour lui faire voir Paris, les deux autres ne s’accordaient même pas un regard. Ils étaient arrivés très tôt dans la ville, profitant de la liberté pour visiter, pour observer le peuple tranquillement se relever et surtout, pour les voir aller dans leurs vieux accoutrements. C’est que les robes françaises étaient très larges ! Magdalena refusa prestement lorsque son époux lui suggéra d’en porter une.

Le jour suivant était celui où ils devaient se présenter à la reine de France. Bien sûr, les deux jeunes filles demeureraient avec leur gouvernante. On n’emmenait pas des enfants pour une telle réunion ! Les Korzha furent très proprement habillés… à la mode de leur époque. Emilian préféra éviter la perruque ainsi que les talons, à bien y penser. Un costume noir serait suffisant. Magdalena, quant à elle, du revêtir une robe bien jolie, aux couleurs du Rococo français mais avec une coupe bien actuelle. Tous deux se présentèrent à Versailles, formels et furent dirigés vers une pièce plus calme où tous seraient plus disposés à discuter.

« Elle est en retard.
- Une reine n’est jamais en retard, ce sont les autres qui sont à l’avance.
- Où irait le monde si tous pensaient comme vous ?
- Au même endroit, mais plus tard. »

Il sourit, devinant le roulement d’œil de sa femme. Magdalena ouvrit sa bouche, mais il la coupa aussitôt :

« Si vous me demandez encore une fois en quoi votre présence ici est nécessaire, je vous enferme dans l’une de ces grandes robes ! »

Il utilisa ses mains pour mimer les larges hanches des robes classiques. Magdalena, en signe de désaccord, agita sa main hasardeusement dans la direction de son mari. Pour se jouer de son attitude, Emilian bougea ses doigts de la même manière, percutant ceux, gantés, de son épouse.

« Cessez un peu de vous agiter, ce n’est plus de votre âge.
- …Mon âge !
- Très très vieil âge !
- Vous me blessez affreusement, oh lala, je pense que je devoir m’éclipser quelques instants pour me remettre de ces émotions.
- Emilian…
- Ah, quelle épouse cruelle !
- …Emilian ! »

Et ce fut dans ces mimiques théâtrale que disparu celui qui aurait du conversé avec la reine de France. Nullement timide, bien à l’aise en société –et puis la reine était une femme comme toutes les autres, non ?- il avait, dans le couloir adjacent, accosté un serviteur à perruque pour qu’on lui apporte un verre de vin, bien fier de son vilain coup.

Magdalena, laissée à elle-même, demeura tranquillement assise sur le divan royal, attrapant au passage les plans concernant les projets électriques, se jurant de tuer son légitime.

Spoiler:
 
Magdalena Korzha
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Ronce de France
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Jeu 23 Oct - 22:42
Deux ans après le réveil de la France, Ronce demeurait encore bien naïve sur bien des sujets. Lorsqu'elle entendit parler de la fée-électricité et de ses exploits, la reine ne voulait plus qu'une chose : la faire venir dans son pays.

« Madame, la fée-électricité est... une expression. Ce n'est pas une véritable fée. »
— Oh. Peu importe. Je veux que le créateur de cette chose si fabuleuse vienne en France.


Les ministres trouvèrent rapidement le nom d'Emilian Korzha à qui la reine envoya une missive officielle, signée de sa main.

Désireuse de voir l'électricité dans son pays (le progrès, mes enfants, le progrès), Ronce ne négligea aucun détail. Une domestique entra promptement dans la salle où avaient été conduits les Korzha. Discrète comme une petite souris elle déposa, sur la table basse, des plateaux de pâtisseries. Des macarons, déclinés dans des tons pastels, formaient une pyramide. Du massepain et des éclairs étaient disposés dans une assiette en cercle. Les notes sucrées s'élevaient, doucereuses, tentatrices.

Délicatement la domestique servit le thé avant de s'incliner pour prendre congé. Ronce arriva au même instant, son entrée savamment calculée. Le nom d'Emilian Korzha manqua de franchir ses lèvres, toutefois elle remarqua promptement que l'homme était absent. Une femme patientait sur le sofa.

Ronce s'avança pour la saluer dignement.

— Madame Korzha, je présume ? Enchantée de faire votre connaissance.

Dans une grande envolée de tissus la reine prit place dans le fauteuil qui faisait face au sofa.

— Monsieur votre époux n'a pas pu venir ? J'espère qu'il ne lui est rien arrivé de fâcheux.

Point de signe de deuil sur la femme. Au moins n'était-il pas mort.


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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Ven 24 Oct - 14:01
Lorsque la si attendue Reine de France entra dans la pièce, Magdalena, comme le voulait la politesse, se leva. Sa royale personne à portée, la scientifique s’inclina poliment, inclinant la tête en signe de salut. Irréprochable, elle avait été élevée ainsi. Irréprochable, jusqu’à ce qu’elle ouvre la bouche. Parce qu’elle ne pouvait s’empêcher d’être franche et condescendante. On lui pardonnait presque l’affront, en respect pour la famille de ducs dont elle était issue. Une fois la Reine de France confortablement posée, Magdalena fit de même, en face. Seule, avec les plans en main. Emilian aurait déjà ouvert la bouche, déblatérant à l’infini sur tout et n’importe quoi.

Les sourcils de la savante se soulevèrent. Elle prit toute sa force en elle pour ne pas grimacer, mais son ton était contrarié.

« Monsieur se porte très bien, il se trouvait ici quelques minutes avant votre arrivée. Il reviendra. »

Aurait-elle du ajouter à cette chère jeune fille qu’il ne fallait pas le prendre mal ? Qu’il s’agissait du propre d’Emilian Korzha de faire un peu n’importe quoi ? Magdalena, avec ses grands yeux en amandes, clairs, regarda vite fait celle qui lui faisait face. Une robe immense et à peine l’âge de se marier. Au moins semblait-elle tout ce qu’il y avait de plus respectable !

Pendant ce temps, Monsieur Korzha errait non loin dans les couloirs de Versailles. Il avait interpelé une mignonne petite serviteur et s’était arrêté pour discuter avec elle. Il lui posa quelques questions sur la France, les coutumes et les mœurs. Il approfondissait ses connaissances, notait tout dans un coin de sa tête. L’électricité devrait s’adapter au peuple, après tout.

Magdalena, elle, tentait de convertir son grand esprit scientifique à l’art de la conversation. La timidité ne faisait pas partie de ses défauts, mais la communication n’était pas chez elle une qualité innée. Néanmoins, elle ouvrit l’un des plans qu’elle tenait dans sa main, écarta précautionneusement les sucreries –hm, sucreries- de la table, et y posa l’objet. Ses yeux revinrent sur la Reine et, en femme forte et confidente, elle la regarda dans les yeux :

« Si, lors de notre entretien, vous vous sentez perdue, ce qui serait compréhensible, n’hésitez point à m’arrêter pour que je prenne soin de vous expliquer. Inutile de tout connaitre, la théorie la plus complexe sera enseignée à vos meilleurs ingénieurs, mais Monsieur Korzha et moi tenons à ce que Mademoiselle la Reine connaisse le nécessaire pour ne pas faire face à de mauvaises surprises. »

Les Korzha étaient bien des choses, mais loin d’être des escrocs. C’est en étant consciente des qualités et des défauts de l’électricité que la Reine de France prendra la décision ou non d’utiliser celle-ci pour alimenter son pays. Et Dieu savait que ni Emilian ni Magdalena lanceraient les français dans le brouillard sans leur apprendre quoi que ce soit sur la nouvelle technologie.
Magdalena Korzha
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Ronce de France
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Ven 24 Oct - 23:55
Note à soi-même : ne plus mentionner l'époux. Du moins pas en relation avec le cadre privé. Vu le ton employé par la dame Korzha, il y avait du avoir une dispute conjugale. Les détails ne la regardaient pas, quoi qu'il en soit. Ce qui était de l'ordre du privé se devait de rester privé.

Alors que Magdalena repoussait les sucreries, Ronce en attrapa une au vol. Elle ne pouvait résister à l'appel des confiseries qui s'offraient à son regard. Il fallait leur rendre justice. Elles étaient là pour être croquées goulûment. Les ignorer aurait été comme se rendre dans une maison close, et se contenter de regarder la marchandise sans la toucher.

Le macaron à la rose se logea dans la bouche de Ronce.

— J'apprécie beaucoup votre sollicitude. J'ai un cruel besoin de mieux connaître cette splendide invention qu'est l'électricité. Pensez donc, j'ai bien cru, avant, que c'était une fée. La faute à cette expression qui court dans toute l'Europe. 

Oh. L'erreur s'imposa à l'esprit de Ronce au même instant où le macaron fut avalé.

— Je connais vos réticences en Roumanie pour la magie. Chose tout à fait compréhensible. Moi-même j'ai mes raisons pour l'observer, ainsi que les fées et sorcières, d'un œil alerte. La magie est prompte à nous enfermer dans ses pièges. 

Elle savait de quoi elle parlait, le sort d'une fée l'avait laissée prisonnière pendant un siècle. Tout cela pour une faute dont était coupable sa mère.

Sentant tout de même que mentionner la magie n'avait guère plu à son invitée, Ronce tenta de l'amadouer. En lui proposant des sucreries.

— N'hésitez nullement à vous servir, dicta-t-elle en montrant les assiettes, demeurées à portée de main. Ils sont là pour cela. Je veux que vous vous sentiez à votre aise.

Pendant ce temps, dans les couloirs, une pauvre domestique nommée Eugénie répondait aux interrogations d'un homme des plus curieux. Le plus gênant dans tout cela était qu'elle portait dans ses bras du linge à amener aux blanchisseuses. Le linge lui pesait, mais elle ne pouvait décemment pas renvoyer le monsieur. Elle espérait, secrètement, qu'il ait bientôt fini.


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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Dim 26 Oct - 23:00
Viorica Korzha donnait du fil à retordre à sa gouvernante. Elle avait très très envie de voir Versailles et ce n’était pas juste qu’on la laisse derrière ainsi. Maria, plus calme, mais surtout, plus maligne, ne tenta en rien de contenir l’énergie débordante de sa petite sœur. La cadette était comme son père, en un sens. Emilian en personne serait capable de sauter à point joint sur le matelas d’un lit à cause d’un caprice. Viorica allait d’un bord à l’autre, causant beaucoup de problème sa la dame qui s’occupait d’elle.

« Moi aussi je veux aller à Versailles ! Je veux voir les princesses ! » Clamait-elle haut et fort au rythme de ses bonds.

Jusqu’à ce qu’elle glisse sur le drap et tombe mollement parterre, s’écrasant de tout son petit long contre le bois de la chambre. Alors que la petite demeurait immobile comme une loque, Maria n’avait pas pu retenir un rire cristallin, et la gouvernante s’empressa de ramasser l’enfant, ignorant si elle devait s’inquiéter ou la sermonner. Écrasée dans les bras de la dame, battant rapidement des paupières sans trop comprendre ce qui venait de se passer, elle poussa un drôle de bruit, montrant qu’elle était encore belle et bien vivante. Ce ne fut pas bien long qu’un sourire vint se dessiner sur le visage tacheté de rousseur de Viorica.

« Je suis tombée…
- Vous devez faire plus attention, vous auriez pu vous cogner la tête ! »

La petite grommela et, aussitôt, se remit sur pieds en rigolant. Lorsqu’elle vint pour grimper sur le lit à nouveau, la gouvernante l’attrapa d’un coup et l’obligea plutôt à s’asseoir sur une chaise. Non mais il ne fallait pas exagérer non plus !

Pendant ce temps, dans les couloirs de Versailles, Emilian Korzha remarqua finalement que la petite Eugénie –évidemment qu’il lui avait demandé son prénom !- peinait à porter ses draps. Évidemment… évidemment ! Elle n’était pas aussi forte que lui, ce qui semblait être un poids plume devait peser davantage sur le corps d’une petite française. Il la laissa donc filer à ses tâches et tourna les talons, se disant qu’il faudrait retrouver sa femme. Emilian était un homme joyeux, mais son sourire disparu et ses yeux s’agrandirent quand il s’aperçut qu’il ne reconnaissait absolument pas le couloir dans lequel il était. Telle une duchesse, il porta ses doigts à son visage, se posant enfin de sérieuses questions.

« La magie est, à mes yeux, de la science que nous n’avons pas encore réussi à expliquer. J’ignore cependant d’où est venue une telle expression, aussi cocasse soit-elle. »

Magdalena semblait neutre, presque blasée. En fait, en présence d’inconnus, mais surtout, en présence d’une reine, elle demeurait transparente. Elle ne put s’empêcher de se demander à quel moment l’on avait commencé à associer l’électricité avec une fée et finit par se dire qu’Emilian devait avoir échappé une bêtise de la sorte, un soir qu’il avait trop bu avec ses copains.

« Je vous remercie, Mademoiselle. »

Elle inclina poliment la tête et pigea aussitôt dans les petites sucreries. C’était sa faiblesse, son péché mignon. Magdalena l’avala rapidement, n’ayant point de temps à perdre à manger alors qu’il y avait de la science à réaliser !

« Sachez avant toute chose que monsieur Korzha et moi avons développé l’électricité pour servir d’abord et avant tout le peuple. Notre but premier est de la rendre accessible autant au marquis qu’à l’artisan, sans oublier la femme au foyer, mais surtout, nous voulons que celle-ci soit sécuritaire. »

La savante jeta un coup d’œil aux prunelles de la jeune Reine pour confirmer que celle-ci ait bien compris. Elle vint ensuite désigner quelques dessins sur un plan dont les instructions, malheureusement, n’étaient pas encore en français. Elle joignit aux dessins une suite de gestuelle, tentant de simplifier ses dires.

« L’électricité est créée lorsqu’il y a une différence de tension d’un point A à un point B. La nature, que ce soit les forêts, les mers, les êtres vivants, tout, tend vers un équilibre parfait, il en est de même pour l’électricité. Il y a un courant qui se créée lorsque le point A et le point B tentent de se mettre au même niveau. En comprenant ceci, nous avons pu être aptes à utiliser cette énergie et à la perfectionner pour faire de nombreuses choses comme… de la lumière, plus, sécuritaire que les bougies, ou encore une machine à coudre plus rapide mais aussi précise que celles, traditionnelles, qu’il faut tourner à la main. »

Oh, Magdalena aurait pu continuer ainsi pendant bien longtemps, tant le sujet la passionnait mais, heureusement, elle sut se contenir et posa sur ses jupes ses deux mains bien sagement. Son regard avait délaissé l’air sévère et adoptait dorénavant une lueur plus amicale.

Et, dans une autre aile de Versailles, Emilian Korzha était en train de s’inquiéter, imaginant sa femme jeter au visage de la Reine Ronce les plans parce que celle-ci ne comprenait la différence entre la tension et le courant. Quelle idée avait-il eu de s’enfuir !
Magdalena Korzha
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Ronce de France
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Jeu 30 Oct - 21:29
Ronce écoutait les paroles de la Roumaine telle une élève docile. Elle buvait les mots tout en avalant tout rond les macarons, irriguant son cerveau de sucres rapides. Les explications de la dame Korzha étaient tout ce qu'il y avait de plus limpide, banalisant la science pour que Ronce puisse en comprendre l'idée globale. Elle avait tout de même du mal avec le concept de différence de tension. Elle comprenait simplement que le concept était au cœur de l'électricité, ce qui permettait à cette grande invention d'exister.

A la fin des explications Ronce se rejeta en arrière dans son siège.

— Vous savez être très convaincante.

Ronce croisa ses doigts, portant ses index à ses lèvres.

— L'électricité est, à mes yeux, l'enfant du progrès. Sans lui aucun pays ne pourra évoluer dignement, demeurant dans l'âge sombre de la bougie. Nombre de villes ont déjà été consumées à cause d'une simple chandelle oubliée, laissée brûlante, la nuit tombée. L'électricité éviterait de telles tragédies. Dites-moi... Pourrais-je voir l'électricité en action ? Une démonstration de ses capacités ?

Rien ne valait mieux, à ses yeux, qu'une démonstration en bonne et due forme, bien plus éloquente que de simples paroles.

Pendant ce temps, le comte Gédéon de Castelnaud marchait à grands pas dans les couloirs de Versailles. La sueur perlait sous sa perruque poudrée, son maquillage manquait de s'effacer. Il était en nage, en proie à la plus grande décision de sa vie. Il devait s'adresser à sa promise, la belle Olympe de Gouges, afin de lui demander sa main avec la bénédiction des parents de la jeune fille. Mais, au lieu de se rendre dans les jardins comme convenu, l'homme tentait de se réfugier dans le château. Il préférait fuir que combattre.

L'infortuné Gédéon sortit un mouchoir, s'épongeant le front. Il vit alors un homme qui semblait connaître une mauvaise fortune pire que la sienne. Le pauvre homme semblait en plein délire, chuchotant des mots prononcés dans une langue inconnue. Touché par la détresse de cet inconnu le bon Gédéon s'empressa auprès de lui, dans un nuage de musc et de poudre de riz.

« Mon bon monsieur, vous portez-vous bien ? Par ma foi vous m'avez l'air bien pâle. Un verre vous ferait du bien. Suivez-moi, mon brave homme, j'ai de quoi vous aider à retrouver tous vos moyens. »

Se sentant obligé d'aider l'inconnu, Gédéon avait déjà empoigné Emilian Korzha par le bras, le menant de force vers son appartement. En tout bien, tout honneur.


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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Jeu 6 Nov - 23:15
Magdalena appréciait que l’on vante sa science comme le faisait la Reine. Oui, l’électricité, c’était le progrès ! Celle-ci était encore jeune, mais il y avait tant à découvrir encore. Monsieur et Madame Korzha imaginaient déjà de grandes inventions, se disant que d’ici quelques années ils auraient évolué beaucoup plus vite qu’avec la vapeur ! La théorie, ils l’avaient déjà fait. Ils ne restaient plus qu’à se mettre au travail et à commencer la pratique.

La savante plissa les yeux, sévère et froide, comme si elle venait de juger la reine de France elle-même. Magdalena se leva, repoussant derrière elle la traine de sa robe et alla là où Emilian était assied auparavant. Une mallette trainait derrière le fauteuil, celle qui contenait ladite démonstration électrique ! Il fallait le voir pour le croire, la roumaine en était plus que consciente et savait pertinemment que des plans seuls ne suffiraient pas à Ronce. Distraite, ses yeux lorgnèrent vers les petits macarons. Elle tendit son long bras pour en attraper un et le manger tandis qu’elle ouvrait sa valise. Il y avait plusieurs choses, séparées par un papier de soie bleu. Magdalena jeta de côté l’ampoule électrique. Des lumières, des lumières ! Versailles ne changerait pas de sitôt ses beaux lustres !

« Mon époux et moi voulions expliquer à nos jeunes filles ce qu’était l’électricité. Elles ne s’intéressent pas beaucoup aux grosses machines, alors nous avons du attirer leur attention autrement. »

Elle sortit de la mallette une grande boule de verre scellée et posée sur un socle. À l’intérieur de celle-ci se trouvait un petit filament, semblable à celui d’une ampoule. Elle posa le tout sur la table –direct sur les plans, voila !- et activa un petit interrupteur sur la… boule. L’on entendit l’objet faire de petites étincelles mais sans les voir et, aussitôt, le filament se mit à projeter de petites éclaires sur les parois du verre. Maria s’était rapidement lassée de ce jouet, mais Viorica l’adorait.

« La lumière ambiante étant très forte, c’est beaucoup moins impressionnant. »

Ce n’était pas le même genre d’électricité qui serait utilisée pour éclairer une demeure ou faire fonctionner une machine à coudre… mais Ronce avait-elle vraiment besoin de le savoir ? Magdalena posa un doigt contre le verre et de nombreux arcs vinrent se former autour de celui-ci. Puis elle retira sa main, la reposant au creux de sa robe et regardant de ses yeux autoritaires la reine. Oserait-elle y toucher à son tour ?

Emilian fut interpelé par une… un homme ! Il s’agissait bien d’un homme ! Tout fardé et déguisé comme une demoiselle. Docile ou plutôt, facilement distrait, il suivit l’inconnu qui lui offrait un verre aussi gentiment. D’un coup, il ne paraissait plus autant préoccupé et se dit que, si la structure de Versailles tenait toujours, c’est que la reine n’avait toujours pas exaspéré sa jeune épouse.

« Je me porte à merveille, mon ami, il se trouve que je me suis égaré ! Je suis bien content d’être tombé sur un gentilhomme tel que vous. »

Il connaissait suffisamment sa femme pour savoir qu’elle pardonnerait. Peut être pas aujourd’hui, peut être pas demain, mais le jour viendrait où elle en rira ! Gédéon n’eut même pas besoin de le forcer, Emilian se laissait entrainer, tout joyeux.
Magdalena Korzha
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Ronce de France
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Mar 11 Nov - 16:54
Ronce était aussi fascinée que si on venait de faire apparaître un dragon devant elle. La reine se leva de son siège, se penchant pour voir la démonstration exécutée par Magdalena. Dès que la femme retira ses doigts de la sphère, Ronce posa ses mains sur la surface. La reine s'amusa à bouger les doigts, observant le mouvement des filaments électriques. On aurait dit un organisme vivant, réagissant à tout facteur extérieur. Un grand sourire s'épanouit sur le visage de Ronce.

— C'est prodigieux ! Fabuleux ! Serait-il possible de créer un double de cette sphère ?

Ronce venait de se trouver un nouveau jouet à partager avec son frère, le prince Ciel. Oui, elle en était certaine, son frère serait tout aussi fasciné qu'elle par les pouvoirs de l'électricité.

La reine ôta ses mains de la sphère, croisant ses bras.

— C'est décidé. Quel serait votre prix pour que la France puisse acquérir l'électricité ?

Ronce était prête à payer le prix fort. Si besoin elle ferait appel à ses alliés, plus fortunés qu'elle. Contracter une dette pour le bien de son royaume ne lui posait aucun problème.


Quel homme tout bonnement charmant, se dit le brave Gédéon. Arrivé à son appartement, le Français servit lui-même le vin. Le boudoir n'était que rococo, avec sculptures toutes en rondeurs, fioritures s'accumulant jusqu'à l'excès... Cela sentait davantage la chambre de demoiselle que de vieux garçon. Il n'y avait pas même d'odeur de tabac.

« Mon bon monsieur, si je puis vous aider à retrouver votre chemin... Je vis en ce beau palais depuis des années. J'ai même pu, une fois, approcher la Reine ! Si vous souhaitez la rencontrer, je peux vous y aider... »


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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Dim 16 Nov - 23:28
Ronce réagit comme l’aurait fait Maria ou Viorica. Comme une enfant émerveillée, innocente et facilement impressionnable. Ce ne fut pas reproché par la savante qui, elle, avait déjà vu ce petit tour de nombreuses fois ! Ses yeux allèrent de la boule pleine d’électricité statique jusqu’à la Reine. Elle aurait pu sourire, c’est vrai mais, froide et peu démonstrative, elle se contenta d’écarquiller les yeux.

« Je peux vous offrir celle-ci, si vous le désirez. »

De cette petite fille, elle en avait fait un double, puis un triple, ainsi qu’un quadruple ! Magdalena se redressa –comme si elle ne se tenait pas suffisamment droite- et jaugea la jeune adulte en silence. La reine avait accepté si vite, sans aucune hésitation, pleine d’entrain ! L’engouement de la jeunesse ! Heureusement, Ronce faisait le bon choix et cela fit s’esquisser sur le visage de la scientifique un peu sourire heureux. Elle aimait quand les autres partageaient son amour pour l’électricité, même si cet amour se manifestait de manière un peu enfantine.

« Les couts varient selon l’installation. »

Et Emilian était le possesseur majoritaire de ces informations. Que faisait-il ? La scientifique jeta un coup d’œil vers la porte par laquelle il était sorti, mari puéril. Magdalena prit la sphère et la posa par terre pour dégager la table. Elle prit un petit gâteau, bien sûr, et déroula un autre plan. Celui-ci montrait des installations modestes, floues pour le non-connaissant.

« Vous devrez faire bâtir une centrale appropriée aux mécaniques qui génèreront l’électricité. Celle-ci sera distribuée dans les foyers et centres de ceux qui le désireront. Beaucoup seront réticents, ils le sont tous au début, mais quelques publicités devraient suffire à les familiariser. Ici vous avez le genre de dispositif qui sont installés dans les maisons : Un panneau principal qui contrôle tout, avec des disjoncteurs en cas de surcharges et le courant qui se diffuse par-ici »

Ses mots coulaient comme de l’eau de source. Rapidement, mais fluide. Elle ne semblait pas éprouver de difficulté à s’exprimer dans une langue qui n’était pas la sienne. Pourtant, c’était la première fois qu’elle faisait ce discours et elle évaluait mal le niveau de compréhension de Ronce.

« Les illustrations montrent les différentes machines qui pourront être alimentées, comme un four, la lumière, chauffage et certains appareils ménagers. Monsieur Korzha et moi avons fait traduire en français un double de tous les plans nécessaires à l’installation. Et s’il n’était pas parti dans l’unique but de m’embêter, je pourrais vous faire part d’une approximation des couts. Ceux-ci seront élevés, nous ne désirons pas vous le cacher, mais c’est un investissement qui vous sera favorable sur le long terme. »


Emilian Korzha jonglait entre la culpabilité d’avoir laissé seule son épouse et l’amabilité face à ce nouveau monsieur qui lui semblait fort sympathique. L’appartement de Gédéon était loin de faire très masculin, mais le scientifique vivant dans un foyer presqu’exclusivement féminin, les fanfreluches ne le gênait plus depuis longtemps (Si elles l’avaient un jour gêné !) Appuyé contre un bureau dans une pose de dandy, sirotant tranquillement le fabuleux vin qui venait de lui être servi, il leva en sourcil en écoutant le gentilhomme.

« C’est d’ailleurs la Reine que je suis venue voir ! En ce moment mon épouse doit se trouver avec elle et… »

Emilian pâlit. Le Jabberwock et la pauvre petite belle au bois dormant, comment les deux pourraient-elles se concilier ? Il finit son vin d’une traite et bondit sur ses pieds.

« …Loin de moi l’idée de diaboliser mon épouse, c’est une femme… très respectable ! mais très peu sortable. Je ne cesse de me laisser distraire et je me dois la retrouver. Mon brave, pourriez-vous m’y aider, avant qu’une guerre soit déclarée entre nos deux pays ! »

Contrairement à sa femme, l’homme était très expressif. Toutes ses émotions passaient sur son visage, on pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert. Les traits marqués par son âge semblaient ajouté à son désarroi (ou sa joie, selon la situation).
Magdalena Korzha
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Ronce de France
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Mer 19 Nov - 23:12
La détresse d'Emilian touchait Gédéon en plein cœur. Le français porta la main à son cœur, très théâtral.

« Mais bien entendu, mon ami ! Par contre, vous allez vous rendre ainsi ? Loin de moi l'idée de critiquer la mode de ce nouveau siècle mais... La reine sera plus touchée si vous adoptez la mode de notre pays, vous comprenez ? Et si conflit il y a eu avec votre épouse, cela ne pourra qu'adoucir la reine en votre faveur. »

Prenant le silence de l'inventeur comme un acquiescement, Gédéon fit appeler des valets qui vinrent aider le Roumain à se vêtir à la française. Une perruque poudrée recouvrit ses cheveux, la poudre recouvrit son visage de blanc, et son corps fut sanglé dans une tenue où rubans et dentelles s'accumulaient. Emilian avait tout l'allure digne d'un mignon. Un mignon avec de l'âge, mais un mignon séduisant tout de même.

Gédéon lui-même fut subjugué par la métamorphose.

« Vous êtes magnifique ! La Reine pourrait bien tomber amoureuse de vous. »

L'image était si cocasse que Gédéon eut un rire de gorge. Ce rire qu'ont les demoiselles après avoir dit quelque chose de particulièrement drôle.

« Allons, maintenant que nous sommes fin prêts... Allons-y ! »


Gédéon guida Emilian dans les couloirs de Versailles, n'hésitant pas au besoin à esquiver certains groupes qui se promenaient. La reine n'attendait pas !


Ronce avait eu bien du mal à comprendre les paroles de la dame Korzha. Mais, polie, elle hochait la tête.

— Sera-t-il possible, au besoin, de vous contacter, vous et votre époux à ce sujet ? Je crains que même avec des indications détaillées mes ingénieurs se perdent, et agissent dans l'erreur. Garder contact nous permettrait d'éviter ce genre de situation...

La porte trembla dans ses gonds, frappée par une main impatiente. Ronce se redressa à l'instant, se demandant bien ce qui pouvait bien se passer.

— Entrez donc.

Un garde ouvrit la porte et s'inclina avant d'exposer les faits. Deux hommes voulaient entrer dans la pièce pour voir la reine. L'un d'eux se présentait comme étant Monsieur Gédéon de Castelnaud. Ses propos étaient très décousus, le garde avait seulement compris les termes de « épouse », « reine » et « incident diplomatique. »

— Je connais fort bien Monsieur de Castelnaud. Faites-le entrer lui et son ami. Veuillez m'excuser pour ce désagrément, Madame Korzha.

Le garde s'effaça, laissant entrer un Gédéon tout souriant qui ne cessait de s'incliner devant la reine, à grands renforts de moulinets du bras.

« Majesté, votre beauté resplendit tel le soleil, plus beau encore que l'Aurore et le Jour associés. Veuillez excuser ma visite impromptue, mais j'ai là un brave homme qui voulait retrouver sa femme avec qui vous avez audience... »

S'écartant de la porte, Gédéon laissa entrer Emilian Korzha. Un Emilian transformé en Français typique du dix-huitième siècle.


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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Sam 22 Nov - 23:56
Emilian était un homme qui était libre comme l’air, difficilement stoppable… mais docile. Ou trop naïf et curieux ? Il acquiesça et accepta de se faire changer et pouponner. La sensation de se faire maquiller était curieuse. La poudre sur ses joues, qui tomba un peu sur les poils de sa barbe. Cependant, il se sentait plutôt inconfortable dans la perruque et en vint souvent à se gratouiller le sommet du crâne. De fil en aiguille, il eut l’impression d’être habillé par ses filles. Des rubans et de la dentelle partout ! Il se jugea dans le miroir, ayant du mal à se trouver séduisant, mais… Si Gédéon affirmait que la reine de France pouvait tomber amoureuse de lui, cela voulait dire que même attriqué comme une poupée de porcelaine, il possédait toujours autant de charme !

Il battit fémininement des cils en regardant son nouvel ami. D’un côté, il se sentait tout fier de sa nouvelle tenue. Emilian ne fut donc pas gêné de sortir des appartements, prêt à aller retrouver son épouse.

Son épouse qui n’avait toujours pas déclenchée de guerre avec la Reine Ronce. Son mari était une si mauvaise langue ! Magdalena hochait lentement et sévèrement la tête face à la dirigeante. Elle vint pour répondre mais fut interrompue par des coups portés à la porte. La savante n’aimait pas qu’on l’interrompe et, reprenant un air des plus glacial, s’adossa au divan, mains posée sur ses jupes. Impolie, mais surtout très farouche, elle détourna les yeux lorsque l’intrus entra dans la pièce. Elle daigna se retourner uniquement lorsqu’elle entendit :

« Ma chérie ! » dans un français cassé.

Ses yeux clairs s’agrandirent, montrant de l’étonnement. Emilian s’avança dans la pièce, sourire au visage. Il fallait dire que se plonger dans cet univers français lui plaisait énormément ! Il se rapprocha de la reine qu’il salua poliment.

« Bonjour, votre majesté. Je me nomme Emilian Korzha, je suis ravi de vous rencontrer. »

Puis il s’inclina pour lui faire un baise-main. Elle était plutôt jolie, la petite Ronce. Il dut se retourner rapidement vers son épouse pour ne pas être déconcentré par les tenues Rococo. Il eut un sourire tendre pour Magdalena. Il s’attendait à ce qu’elle partage sa joie mais, écrasée dans le fond du divan, elle se contentait de le fixer avec un air incertain. Pour ne pas qu’elle demeure ainsi crispée, il lui fit un baisemain à son tour. Son expression avait changé, mais elle restait de glace. Quoi qu’un petit sourire malin venait d’apparaitre.

« Voulez-vous vous écarter, Emilian, la reine et moi devisions sur les plans des installations. »

Il plissa le nez, se promit de se venger –gentiment, hein !- puis prit place aux côtés de sa femme, comme un garçon sage. Il sourit à Gédéon, et se promit d’échanger une correspondance avec lui. Il eut une brève discussion en roumain.

« Tout se passe donc bien, Lena, vous n’avez point irrité sa majesté ?
- Vous avez l’air ridicule.
- Vous ne le pensez pas.
- Vous dormirez dans une chambre à part, cette nuit.
- Non-sens ! Je suis celui qui paie, je dors où je veux.
- C’est ce que vous croyez… »

Il eut un plissement de nez puis tous deux portèrent toute leur attention à la jeune Ronce.
Magdalena Korzha
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Ronce de France
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Dim 23 Nov - 21:16
Ronce n'aurait jamais cru que le grand inventeur de l'électricité avait une telle apparence. Un rapide murmure de la part de Gédéon lui apprit que le français avait veillé à ce que l'invité ait une tenue correcte. Il n'empêche que Ronce aurait été curieuse de voir Emilian au naturel. Une autre fois peut-être.

La reine profita de la rapide discussion du couple pour congédier poliment Gédéon, tout en lui promettant de lui fournir un contact avec son nouvel ami roumain.

Dès que la porte se referma, Ronce se retourna... et se retrouva nez à nez avec un couple qui la fixait du regard. Une expérience troublante. Mais Ronce réagit promptement.

— Monsieur Korzha, je suis ravie de vous voir. Votre épouse a réussi à m'expliquer les bases de l'électricité. Elle est tout à fait charmante.

Il n'y avait pas même une once d'ironie dans ces propos.

— Comme je le disais à votre épouse, je suis prête à mettre le prix pour instaurer l'électricité en France. Elle me sera essentielle pour maintenir mon pays à flot, et le faire briller dans toute l'Europe.

Ronce se rassit dans son sofa, le dos droit ne touchant pas le dossier, mains croisées sur ses jupes.

— Monsieur et Madame Korzha, quel est votre prix ? Je suppose aussi que vous avez des obligations à respecter. On ne partage pas une découverte scientifique comme on vend des chiffons. Je suis prête à respecter scrupuleusement toutes vos consignes.

Le visage de Ronce avait pris le pli sérieux du dirigeant prêt à tout pour son royaume.


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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Jeu 4 Déc - 0:00
Emilian Korzha salua de la main son nouvel ami d’un air enjoué avant de lui mimer qu’il lui écrirait bientôt. La liste de ses correspondances était longue, mais l’homme aimait recevoir des nouvelles des gens qu’il avait rencontrés et appréciés. Contrairement à son épouse qui ne semblait avoir ni ami ni contact. Distraction hypocrite et inutile, disait-elle !

Face au compliment de la Reine, le couple se regarda brièvement dans les yeux. « Charmante ?! » « N’est-ce pas ? » Venait de passer dans leur regard. Magdalena demeura majoritairement muette, elle se permit même de regarder un peu la décoration d’un autre âge du salon. Emilian, tout à fait à l’aise, fouilla dans les plans étendus, attrapa celui que lui tendit machinalement sa femme et le déroula.

« Un prix exact est difficile à établir. Chaque pays et région dispose de ressources différentes. Je devrai m’asseoir avec vos hommes de chiffres pour vous donner une approximation. Cependant, vous pouvez observer ici une moyenne théorique des coûts nécessaires. »

Il offrit à la reine un papier avec des noms de région, subdivisées par ville. Le prix des installations, de la maintenance, les ressources, tout. Ces totaux furent additionnés et donnèrent une facture… salée. Très élevée, à faire grimacer.

« Pour les installations, vous pouvez les faire sur une période de temps indéfinie, s’ajustant au rythme de votre pays. Les matériaux que nous conseillons permettent le bon fonctionnement de tout le système. Inutile de vous dire qu’ils ne doivent pas être changés pour de moins bonne qualité. De plus… »

Magdalena ramena ses yeux clairs vers la jeune femme, toujours silencieuse. Au passage, elle attrapa une petite pâtisserie pour la manger.

« L’énergie produite sera distribuée gratuitement. Nous désirons que les bienfaits de l’électricité atteignent tous et chacun, pas uniquement les classes sociales qui débordent déjà de ressources et de privilèges. »

Emilian, ce grand philanthrope ! Humaniste, par-dessus tout. Il n’était pas noble, seulement issu de la bourgeoisie. Sa famille avait su s’élevée grâce au génie, aux inventions ! Son épouse partageait sensiblement son point de vue. Issue des plus hautes classes sociales de la Roumanie, sa vision déviait légèrement. Cela ne l’empêcha pas de prendre la parole une fois sa pâtisserie terminée.

« Nous partagerons le fruit de nos recherches avec vos meilleurs ingénieurs pour qu’il puisse maitriser ces nouvelles connaissances à leur tour. Idéalement, nous souhaiterions que nos plans demeurent dans vos frontières. L’Allemagne a déjà tenté de…
- Lena, inutile d’en faire part à mademoiselle la Reine.
- Ils ont tenté de faire du profit sur le dos de pauvres travailleurs et vous ne désirez point que je l’en informe ?! »

Ils échangèrent encore une fois quelques paroles en roumain avant de sembler se mettre d’accord. Emilian était d’un calme fort serein tandis que Magdalena le fixait avec les yeux plissés.
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Ronce de France
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Dim 7 Déc - 16:00
Ronce était loin d'avoir l'esprit mathématique – on n'avait pas jugé utile de lui enseigner cela, les demoiselles ayant un esprit trop frivole pour retenir des formules complexes. Elle en savait tout de même assez pour comprendre que l'électricité lui coûterait cher. Très cher. Si elle acceptait ce marché, le royaume aurait une longue dette à remplir. Mais le progrès ne méritait-il pas ce sacrifice ?

La reine écouta les remarques et explications du couple. Ils avaient songé à tout, et étaient même prêts à mener de longues discussions entre eux et les ingénieurs français. C'était décidé : l'électricité ferait son entrée en France, en commençant par Paris. Puis la technologie se répandrait dans tout le pays, petit à petit, apportant sa bienfaisance à tous. L'idéal de Ronce rejoignait celui d'Emilian. L'avenir promettait d'être enrichi par l'association de ces deux êtres.

Ronce allait donner son accord, mais le couple mentionna un conflit avec l'Allemagne. L'épouse en semblait encore profondément bouleversée.

— Il est évident que je ne partagerais pas ces plans avec quiconque. Ce serait vous manquer du respect le plus élémentaire. D'ailleurs, si vous le souhaitez, je veillerais à ce qu'un des ingénieurs vous fasse un rapport détaillé de vos avancés afin que vous soyez au courant de tout. Je me doute que vous aurez mieux à faire que de voyager sans cesse entre votre pays et la France.

Reposant les papiers sur la table, Ronce planta son regard dans les yeux du couple. Du moins son regard dériva d'Emilian à Magdalena, et inversement.

— Parlez-moi de cet incident avec l'Allemagne. Le secret ne sera pas éventé, et aucune information ne sortira de cette pièce. Mais comme l'a dit votre épouse, je dois savoir. Ainsi je saurais me méfier si jamais l'Allemagne avait des vues sur mon pays et, en particulier, sur votre invention.

La reine n'avait encore jamais eu aucun lien avec le dirigeant de l'empire allemand. Mais elle connaissait sa situation des plus tendues. Dans de mauvaises mains, l'électricité pourrait devenir une arme qui diviserait la masse et saignerait la populace.


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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Ven 9 Jan - 0:34
Un rapport détaillé. Évidemment ! Si Emilian négligeait de les lire –car il était facilement distrait, Magdalena les parcourait tous et chacun. On croirait à une tâche ardue mais la savante lisait vite. Très vite. Quand la petite reine demanda plus ample informations sur le conflit avec l’Allemagne, Emilian et son épouse se dévisagèrent. Lui jugeait qu’une jeune fille comme sa majesté n’avait pas à se soucier de ce genre de choses, Magdalena, au contraire, préférait la prévenir.

« Les progrès de la science ne doivent jamais demeurés secrets.
- Mais alors que nous rencontrions quelques dirigeants allemands, nous avons vite remarqué qu’ils désiraient revendre l’électricité comme un vulgaire produit, pour n’en faire bénéficier que les plus munis. »

Mais ce n’était pas que cela, et le couple échangèrent un froncement de sourcil sévère. Malheureusement pour Monsieur Korzha, il avait pris pour femme une des seules demoiselles qui ne se rangerait pas de son côté.

« Toutes les nouvelles inventions peuvent être exploitées à des fins militaires. Ceux que nous avons rencontrés espéraient créer de nouvelles armes à feu. Ceux que Monsieur Korzha et moi désapprouvons.
- Nos recherches ont un but philanthropique. »

Car Emilian était un grand philanthrope et que, malgré son caractère difficile et condescendant, Magdalena suivait ses idéaux. Ils laissèrent le temps à Ronce de tourner cette information dans sa tête et, comme le faisaient souvent les génies, le couple changea de sujet. Passant à autre chose. Considérant que si la reine avait des questions, elle les poserait d’elle-même en temps et lieu. Magdalena attrapa une plume ainsi que du papier, et Emilian posa son coude sur l’un de ses genoux.

« De quelles ressources dispose votre pays ? Nous devons savoir quels matériaux devront être importés pour l’installation de l’électricité. »
Magdalena Korzha
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Ronce de France
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Dim 11 Jan - 13:25
— Je comprends tout à fait votre point de vue. L'armement est nécessaire à tout pays, mais une invention qui souhaite unir et pacifier les populations ne devrait pas devenir l'épée qui divise les familles.

Face aux dernières interrogations, Ronce n'avait aucune réponse concrète à leur donner. Un rapide ordre fut donné au domestique qui ramena, en quelques minutes, la personne la plus à même de répondre sans se tromper. Le nouveau venu était, à l'image de tout Français, poudré de frais, les manches dentelés. Mais là où nombre de nobles Français affichaient une bonhomie joyeuse, l'homme lui était sec et la poudre ne masquait pas les rides. Petites lunettes au bout du nez, il était l'image du comptable comme l’imaginent communément les gens.

Avec la plus grande des politesses, l'homme s'inclina.

« Gaspard de Beaulieu, ministre du Département de la Reine, pour vous servir. Sa Majesté m'a fait mander pour répondre à vos interrogations... des plus légitimes. »

Sous le titre alambiqué de « Ministère du Département de la Reine », se mouvaient nombre de services. L'administration des provinces côtoyait les affaires du clergé, à côté de la gérance domestique de Versailles et des travaux commandés par le souverain. Un joli mélo-mélo comme seule l'administration française en était capable.

Gaspard déposa un paquet de feuillets devant le couple de scientifiques.

« Nous avions tout préparé dans l'éventualité que vous vouliez en savoir plus. Tout est rédigé en espagnol, afin que la lecture ne vous pose aucun problème. Si des points vous semblent obscurs, je suis à votre disposition. »

Tout était classé par province et par type de matériaux, en occultant évidemment ceux qui n'auraient aucun lien, même lointain, avec l'électricité. Quel intérêt il y aurait à connaître la production mensuelle en blé de la France ?

— Monsieur de Beaulieu pourra vous être utile comme interlocuteur privilégié. Il sait à qui s'adresser et a, comme nous le disons en France, le bras long. Il sera bien mieux placé que moi pour vous répondre, surtout sur les points techniques.

Le ministre s'inclina respectueusement, flatté des éloges de sa reine.

Citation :
Moi et la technique, on fait trois. ='D Du coup, est-ce qu'on part sur la conclusion de l'entretien, avec à la rigueur une ellipse sur l'arrivée de l'électricité en France ? Parce que je crains de te faire tourner en rond à force.


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Magdalena Korzha
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Magdalena Korzha
Jeu 5 Fév - 23:54
La France était tout comme un petit univers. Les influences extérieures ne parvenaient pas jusqu’à eux, tout était différent et répondait à ses propres règles. Au sein de Versailles, cette sensation était accrue. Magdalena se demandait souvent si l’étiquette qu’on lui avait inculquée plus jeune était toujours valable ici. Toutes ces femmes qui portaient des tenues aussi larges qu’indécentes suscitaient beaucoup de questions dans son esprit.

Le couple Korzha se levèrent et saluèrent poliment le nouveau venu. Magdalena se contenta d’un hochement de tête froid alors qu’Emilian, toujours aussi poudré, lui avait chaleureusement serré la main. Ce fut lui qui continua les interactions sociales, alors que la jeune épouse s’emparait du paquet pour le feuilleter. Distraitement, une main quitta le papier pour rejoindre une pâtisserie. Quel péché, tout de même, la gourmandise !

La Reine fut libérée et libre de s’adonner à ses autres devoirs tant dis que les scientifiques s’approprièrent la personne qu’était Gaspard de Beaulieu pour lui poser mille et une question. Les préparatifs prirent plusieurs mois. D’abord, une maison fut munie d’électricité, pour promouvoir cette nouvelle énergie. Il ne fallait pas que les français soient effrayés, ou sinon leurs efforts seraient inutiles. Les Korzha eurent à leur disposition quelques ingénieurs Rococo à qui ils demandèrent de se départir de quelques fanfreluches pour s’assurer qu’ils complètent leur travail en toute sécurité. Bien vêtus, ils acquirent les connaissances de l’électricité, traduisirent les documents espagnols en français. La plus part devinrent des amis d’Emilian –avec qui ne se liait-il pas ?- et ils gardèrent une correspondance.

Une fois installée, et les Korzha en confiance, ceux-ci retournèrent en Roumanie. Quand ils inventaient une nouvelle machinerie : Une composante plus sécuritaire, un appareil ménager, ils faisaient une copie de leurs plans et les envoyaient aux ingénieurs français. Ainsi purent-ils offrir à leurs ouvriers des mécanismes plus faciles à manipuler, leur permettant d’accomplir plus rapidement leur travail.

« La France est un pays formidable !
- Vous pensez cela de tous les pays que vous visitez.
- En effet, mais là n’est pas la question.
- Il y avait une question ?
- ….Tu le fais exprès ? »

Le couple échangèrent un regard de défi.

« Je trouve les robes françaises très jolies, alors je t’en ai acheté une. Oh ! Dragosta mea, cache ta joie, elle n’arrivera que la semaine prochaine. Je sais, je sais, tu es déçue, tu aurais aimé l’avoir tout de suite et…
- Vous êtes méprisable, lorsque vous vous y mettez.
- Je suis certain qu’elle vous ira à merveille ! »
Magdalena Korzha
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