A tombeau ouvert... [Ronce/Fried/Esel]

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Ashes Dice
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Ashes Dice
Mer 17 Déc - 2:39
- Je ne suis pas une princesse.

Louise regarda l'homme qui lui faisait face. Il était grand, plutôt fin mais carré d'épaules, sa chevelure châtain tirait parfois sur le gris éteint selon l'angle d'où frappait la lumière sur le carreau de la fenêtre. Il n'était pas beau à proprement parlé, mais son visage grave était incrusté de deux grand yeux noirs comme des lacs nocturnes où le reflet de la lune n'avait jamais prise. Elle se sentit nue sous ce regard.

- Vous en avez le sang, il suffit juste que vos veines s'en souviennent.

Il avait une voix grave, calme, enveloppante comme du chocolat chaud. C’est la première fois qu'Esel Vermögen, le grand Argentier de son père, s'adressait à elle directement. Et son entrée en matière était curieuse. Elle avait cru tout d'abord que son intérêt soudain était mû par le calcul. Elle n'était pas une vraie personne, mais une marchandise dont la valeur devait fructifier. Pourtant il s'entretenait avec elle comme un futur partenaire financier. Comme si elle avait voix au chapitre.

- Le sang ? Fit-elle en riant. Un rire chantant.

Elle attrapa un coupe-papier sur le bureau de son père. D'un geste preste, elle lui entailla la chair de la paume. il eut un petit grognement surpris. Le sang perla, rouge et vif. Elle fit de même au creux de sa main et compara.

- Le sang est de la même couleur pour tout le monde, monsieur l'Argentier, princesses et roturiers, hommes et femmes ...

***********************************************************

Esel papillonna des yeux. Le robinet du lavabo, dans le petit cabinet de toilette, coulait toujours. Il regarda ses mains. Il avait eut beau les savonner et le savonner encore, elles lui semblaient toujours maculées de sang. Il s'essuya sur la serviette laissée à disposition et poussa la porte qui donnait sur la chambre.
C'était une chambre d’hôpital, blanche, clinique, froide. Classique. Le fait qu'elle soit spacieuse et individuelle en distinguait pourtant le luxe. Il reprit sa place dans le petit fauteuil près du lit où dormait paisiblement la Reine de France. Il lui attrapa la main délicatement et poursuivit sa veille.

Il s'était passé une nuit pleine depuis que la voiture de l'empereur les avait conduit à l'hôpital de Vienne dans une urgence absolue, créant l’émoi. Durant tous le trajet, alors que Friedrich sombrait dans l'inconscience à la place du mort et sous le regard angoissé de son conseiller et chauffeur, Esel avait tenu Ronce tout contre lui, lui parlant sans cesse, par bribes ininterrompues, comme on berce un enfant. Son costume roulé en boule, froissé et spongieux, continuait de presser la blessure de la souveraine. Lorsqu'on lui avait arraché le corps de sa protégée pour la vouer à un bal d'infirmières, de médecins et de journalistes à l'affût, il était resté hébété, quelques minutes, sur le siège arrière de l'auto.
Il ne dut son salut qu'à Ronove, qui l'embarqua avec lui dans son sillage, à travers la foule, pour franchir les remparts de la clinique. Lui d'ordinaire si discret était soudain propulsé dans l'entourage immédiat du souverain hongrois.
Aux blessés la salle d'opération, à eux l'attente.

Abominable attente.

Ils furent rejoints par un ministre, un chef de police et quelques têtes d'état major dont Esel ignorait totalement l'identité. Et puis la fille de Friedrich fit son apparition, le visage pétri d'une angoisse extrême. Il la vit pleurer, sans que sa souffrance ne le touche vraiment, tourné qu'il était vers la porte qui le séparait de Ronce. Il était là, planté comme un piquet. Seul.

Une main lui avait alors tapoté l'épaule. Ronove l'avait gratifié d'un sourire qu'il voulait rassurant sans y parvenir vraiment.

- Mon garçon, allez vous débarbouiller, vous êtes couvert de sang.

Esel réalisa à quel point sa mise avait quelque chose d'alarmant. Bardé de filets de pommes-de-terre vides, la chemise et le veston taché de rouge, il tenait toujours sa veste imbibée du sang de Ronce dans une main. Il s'était docilement exécuté, sans un mot.
La nuit avait été longue, mais les pronostique vitaux des deux souverains n'étaient plus en cause. La balle avait été extraite de l'épaule de Ronce, non sans déchirer les muscles et égratigner quelques ligaments. Elle garderait une vilaine cicatrice et une certaine rigidité au niveau du bras.
Mais elle serait en vie.


Esel regarda le visage angélique de la reine. Cette femme était incroyablement jolie, même avec les traits tirés par l'épuisement. Plusieurs fois il avait résisté à l'envie de la toucher trop "familièrement" pour finalement s'autoriser à glisser ses doigts entre les siens. " Pour qu'elle sente une présence" se convint-il.
Lui n'avait pas dormi, ni manger depuis le départ précipité de l'exposition. A peine osait-il quitter son poste pour aller aux commodités. Il ne voulait pas manquer son réveil. Dormir : elle avait dormit si longtemps que fermer les yeux devait être une source de terreur infinie pour la jeune femme. Il voulait être là pour la rassurer.
Et se rassurer.

Durant son insomnie, son cerveau s'était remis en route. Les pensées fusaient dans son crâne, mêlées de vieux souvenirs : Le comportement éloquent de l’empereur hongrois vis à vis de son homologue féminin, les rumeurs de romances entre le roi espagnol et la jeune "éveillée", sa propre condition, sa véritable identité, sa vie...

- Ronce, murmura-t-il au terme d'une de ces horribles projections, que m'avez-vous fait ? Tout est sans dessus-dessous...
Ashes Dice
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Mer 17 Déc - 11:30
Friedrich avait perdu, malgré ses efforts, connaissance pendant le trajet. Il ne reprit connaissance que fort tôt le lendemain matin. L'aurore n'avait pas encore pointé ses premiers rayons de soleil. L'empereur voulut se relever mais la douleur lui rappela sa blessure à l'épaule, et lui arracha une grimace.

Friedrich alluma la table de chevet. Il vit, dans le siège placé au coin de la chambre, sa fille Maria. L'empereur se leva pour s'approcher d'elle, elle avait le contour des yeux rouges. Elle avait du pleurer, bien trop au goût de Friedrich.

L'empereur prit une couverture et l'installa du mieux qu'il peut sur sa fille, qui laissa échapper un mot dans son sommeil.

— Père...

Cela fit sourire l'empereur qui pensa que, cette fois, elle ne devait pas dormir à cause de sa malédiction. Friedrich se tourna et aperçut un rapport sur la table de chevet. L'empereur prit le tas de feuilles et sortit de la chambre pour le lire.

Après plusieurs minutes de lecture il avait toutes les informations qu'il lui fallait. L'état dans lequel l'exposition avait fini, le nom de la bande de voleurs qu avaient échappés à Schlange, Ronove qui s'occupait de la presse, et qui avait laissé le jeune garçon avec la reine Ronce. D'ailleurs rien ne mentionnait l'état actuel de Ronce. Bien qu'il aimerait se trouver à ses côtés dans sa chambre il devait prendre sur lui encore quelques instants !

L'empereur se dirigea vers la salle des infirmières. Quand elles virent l'empereur debout, elles en eurent les larmes aux yeux. L'empereur leur fit comprendre qu'il allait bien et qu'elles devaient rester calmes. Ils étaient tout de même dans un hôpital ! Il voulait toutes les informations sur l’état de la reine de France. Elle lui donna le rapport du médecin qu'il lut rapidement. L’état de Ronce n’était plus en danger. Les médecins avaient fait tout ce qu'ils pouvaient pour éviter la pire des cicatrices, pour n'entacher en rien la beauté de la souveraine. L'empereur était fier du travail accompli par ses médecins. Pour les femmes avoir des cicatrices n'était vraiment pas une bonne chose.

L'empereur se décida à aller rendre visite à la reine. Il arriva rapidement à la chambre de cette dernière. Se rappelant qu'elle n’était pas seule il toqua à la porte mais entra avant toute réponse. Il aperçut le jeune homme avec des habits sales, mais il enviait presque la position du jeune homme.

— Bonjour ! Nous vous remercions d'avoir veillé et aidé la reine de France, apparemment pendant toute la nuit. Votre aide pendant l'exposition nous a été très précieuse. Nous tenons à vous remercier.

L'empereur s'installa de l'autre côté du lit, laissant le choix au garçon de faire ce qu'il voulait.

Pendant ce temps la l'empereur plaça sa main contre la joue de la reine, la lui caressant légèrement, murmurant quelque mots :

— Revenez-nous vite s'il vous plaît !



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Ronce de France
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Mer 17 Déc - 16:56
Ce qui se déroula, dans l'esprit de Ronce, pendant son coma, jamais elle ne s'en souvint. Ce n'était que flashs du passé, réminiscences de souvenirs douloureux. La fièvre mouillait son front de sueur, ses lèvres laissèrent échapper un grognement. La reine battit des cils, le regard flou. Son esprit ne reconnaissait pas le plafond, ni la sensation du lit sous son corps. Une grande inspiration produisit un sifflement dans sa gorge, ses yeux roulaient dans ses orbites, la panique la gagnait.

Où était-elle ?

Le Grand Sommeil était-il revenu ?

Son corps lui fit prendre conscience qu'il était en contact avec des corps extérieurs. De la chaleur émanait de sa main, et de sa joue. Ronce baissa son regard, et vit deux hommes près d'elle. Trop près.

Ronce couina de surprise, se reculant loin des inconnus. La douleur de son bras la ramena à la réalité, la stoppant net dans son geste. La jeune femme cligna des yeux. Les silhouettes se firent plus précises, amenant nombre de détails qui lui permirent de mieux distinguer ce qu'elle voyait.

— Monsieur... Votre Majesté... Où sommes-nous, je... Mon bras...

Elle avait essayé de la bouger, mais la douleur qui en résulta lui fit serrer les dents. Son bras n'était plus qu'un poids mort. Allait-on devoir l'amputer ? Ronce en frissonna de dégoût. Le souvenir des évènements la poussa à cesser de penser à son unique bien-être. Elle posa son regard sur les blessures de l'empereur, et baissa la tête.

— Je suis désolé, je ne voulais pas que... Je voulais vous aider, vous prêter assistance...

Elle se sentait aussi penaude qu'une enfant ayant commis une bêtise.

N'osant croiser le regard de l'empereur, de peur de recevoir des remontrances, Ronce posa son regard sur Esel. Le pauvre garçon. Il était venu combattre à ses côtés, et avait manqué de se rajouter à la liste des victimes.

— Vous portez-vous bien ? J'espère que ma folie ne vous a pas fait courir de risques... Oh, j'y pense !

Ronce porta sa main à son front, les souvenirs revenant peu à peu à sa mémoire.

— Les pirates ? Avez-vous réussi à les arrêter ? Ont-ils commis d'autres crimes ? J'y pense, il y avait aussi mon conseiller... La reine du Brésil... De nombreux Français et d'autres personnes... Et je n'ai rien fait pour arranger les choses, rien du tout...

Ronce bascula son dos contre l'oreiller, et porta la main à ses yeux. Elle se rendait compte qu'elle demeurait, malgré tout, une femme. Une simple et faible femme, avec ses failles. Elle ne pouvait pas sauver tout un peuple, même en y mettant toute sa volonté.


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Ashes Dice
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Ashes Dice
Jeu 18 Déc - 0:50
L'entrée de l'empereur surprit Esel dans ses rêveries éveillées. Il fut un instant paniqué par la conduite à tenir : se lever et faire la révérence, saluer d'un hochement de tête, ne rien faire. l'Hongrois, lui, ne s'encombra pas de tant de manières.

— Bonjour ! Nous vous remercions d'avoir veillé et aidé la reine de France, apparemment pendant toute la nuit. Votre aide pendant l'exposition nous a été très précieuse. Nous tenons à vous remercier.

Esel balbutia quelques mots de remerciement un peu confus. La présence de Friedrich le mettait mal à l'aise sans qu'il s'en explique le pourquoi.

"C'est parce qu'il est hongrois. Ces gens à puent. Ils sont faisandés de suffisance."

Père ne mâchait jamais ses mots. Il était bavarois de sang et d'os. Et pour lui la perte de son royaume restait une blessure à jamais pourrie de sel. Incidemment il avait transmit à Louise cette rancœur de souffre dans ses gênes. Sans qu'elle même ne le soupçonne.

— Revenez-nous vite s'il vous plaît !

Esel manqua un battement de cœur. La caresse qui s'ensuivie lui ôta tout doute, si ceux là lui étaient encore permis : cet homme de dix ans son ainé était un prétendant de la reine, peut-être même son fiancé. Un empereur, une reine, quoi de plus logique. Il était perdant avant même d'avoir commencé à jouer.
Le jeune emalradien sentit sa gorge se baigner d'amertume. Plus que jamais il eut le sentiment que sa présence était déplacée. Après tout, il n'était qu'un...qu'un... En fait qu'était-il au juste ? Il posa un regard horrifié sur ses doigts entrelacés avec ceux de Ronce. Il les trouva sales, affreusement sales. Il fallait qu'il la lâche au plus vite pour ne pas la souiller. Pour ne pas créer de méprise avec son amant.

Mais la Rose de France déploya ses épines avant lui.

Ronce s'éveilla et posa une foule de questions dont il n'avait pas la moindre des réponses. L'empereur saurait mieux la renseigner que lui, ce qui accentua son envie de disparaitre au plus vite loin du couple. Lorsque la jeune femme lui lâcha la main pour la porter à son visage, il ne la retint pas.

— Les pirates ? Avez-vous réussi à les arrêter ? Ont-ils commis d'autres crimes ? J'y pense, il y avait aussi mon conseiller... La reine du Brésil... De nombreux Français et d'autres personnes... Et je n'ai rien fait pour arranger les choses, rien du tout...


Esel déglutit.
Les autres. Ses obligations. Il avait tout mis entre parenthèses, se coupant de tout pour les yeux de cette femme. Réalisant avec effroi ce terrible constat, il se leva précipitamment :

- Mon pavillon, mon ambassade. Il faut que je leur envoie un télégramme. Les pierres précieuses. Vous êtes réveillée maintenant et votre fiancé va, enfin votre... Vous n'avez plus besoin de moi... Je dois.. je dois...

La tête lui tourna. Il vacilla sur ses deux jambes et chut dans le fauteuil. La fatigue, l'anémie, une action trop brusque. Il se prit à avoir la nausée et le brouillard naissant d'un début de migraine lui nimba la tête. Esel se tint la poitrine, remarqua un peu hagard que son costume avait disparu. Jeta un regard circulaire autours de lui.

- Ma veste, il me faut ma veste... Où est-elle ?

Il se sentait tout nu et quelques part au fond de sa cage thoracique, il entendait son cœur s' émietter par petit bout avec le bruit d'une craie crissant sur un tableau noir.

"Fuis, fuis mon amour" lui murmura Louise au loin.
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Jeu 18 Déc - 12:56
Ronce sortit de son sommeil. Friedrich retira sa main par réflexe. La jeune femme avait l'air de ne pas oser regarder l'empereur alors que tout c'était passé sur son sol. Ça aurait été à lui d'agir de la sorte.

Mais l'empereur n'avait pas le temps de dire quoi que ce soit. La reine l'assomma de questions. Ni lui, ni le jeune homme ne purent répondre de suite. Friedrich posa sa main sur l'épaule de Ronce pour lui faire comprendre de rester calme.

Mais à la panique de la reine s'ajoutèrent des propos incohérents venant du jeune homme. Enfin disons que, apparemment, il avait l'air d'avoir compris certaines choses. De plus il partit lui aussi dans une panique incompréhensible.

— Vos affaires ont été lavées et posées ici. Reprenez votre calme. Votre état de fatigue vous fait divaguer, vous devriez vous ménager !

Pour les gens de l'exposition, selon le rapport que l'on m'a fait, les seuls grands blessés ont été vous, reine Ronce, et moi. Il y a eu aussi votre Merlin qui a reçu des brûlures du dragon scandinave, une gouvernante, nommée Mary Poppins, qui a été assommée. Mais les bandits non blessés personne d'autre que vous et moi. Après cet incident l'exposition a été clôturée, et tout le monde est reparti dans le calme.


L'empereur but une gorgée d'eau avant de reprendre dans le plus grand calme.

— Pour ce qu'on sait le groupe de bandits se fait appeler « la bande à Robin Hood ». Nous sommes actuellement à leur recherche. Ils sont devenus des ennemis d’État dans l'empire autrichien. Voila pour les plus grosses informations. Mais le plus important, reine Ronce, vous devez vous reposer. Votre bras a eu une sérieuse blessure. Bien que nos médecins ont fait tout leur possible pour ne pas entacher votre beauté vous allez garder une cicatrice. Nous nous en excusons fortement, veuillez nous pardonner, tout cela sur mon sol !

L'empereur serrait les poings. Il s'en voulait. Peut-être que s'il avait tué le chef de la bande cela ne serait pas arrivé.

— Mais surtout, Reine Ronce, ce garçon vous a épargné de graves séquelles. Il a eu le bon réflexe de faire une compresse très rapidement. Sans cela vous auriez pu perdre votre bras !

Suite à cela nous avons, tant bien que mal, réussit à vous faire venir dans cet hôpital de Vienne dans notre voiture. Ronove a conduit vite mais le plus prudemment possible. Nous avons fait parvenir votre état par courrier urgent à votre cours. Mais pour le moment vous ne pouvez pas bouger de cette chambre.


L'empereur était vraiment énervé. Il avait était trop impuissant à son goût. Quand son bras serait remis il reprendrait de plus bel l’entraînement !

— Nous tenons encore une fois à remercier ce jeune homme. Vous avez ma reconnaissance. Si vous désirez quelque chose, nous ferons tout pour réaliser ce vœu. Votre majesté Ronce, je vous en conjure de nous pardonner. Tout cela doit être du à un manque de vigilance de notre part. Nous regrettons vraiment l'état dans lequel vous vous trouvez. Nous en sommes sincèrement désolé.

L'empereur montrait rarement un visage aussi vulnérable. Mais les circonstances étant ce qu'elle sont, le masque de l'empereur montrait que, malgré tout, il ne restait qu'un homme dans cet univers.



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Ronce de France
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Jeu 18 Déc - 19:16
Votre fiancé.

Le mot avait percuté son esprit avec fracas. Ronce regarda autour d'elle, cherchant la présence d'une tierce personne. La reine pensa rencontrer la silhouette de Felipe, le roi d'Espagne. Cela aurait expliqué la confusion du terme utilisé par l'Emeraldien. Mais l'homme n'était nullement présent dans la pièce. Ronce n'était même pas certaine qu'il avait été là durant l'exposition.

Curieuse énigme que l'empereur balaya, expliquant les faits. Calée dans son lit d'hôpital, Ronce écouta jusqu'au bout, essayant de prendre note. Mais l'esprit encore embrumé par le coma et les médicaments, Ronce retenait que les grandes lignes. Peu de blessés, coupables recherchés, excuses répétées de l'empereur.

— Cela aurait pu arriver n'importe où. Les jeux sont faits. Les dégâts auraient pu être bien plus considérables.

Ronce donna une légère tape sur la main de l'empereur.

— Allons reprenez-vous. Laissez les états d'âme aux femmes. Vous êtes un conquérant, redressez-vous ! Soyez digne, tel l'empereur de Rome !

Ronce se rendit compte de ses propos, du ton qu'elle avait pris. Elle laissa échapper un rire.

— Oh pardonnez-moi mais... Je me rends compte que c'est la première fois que je m'autorise un tel ascendant sur vous. Je dois perdre la raison au vu de mon... âge avancé.

Un gloussement agita la reine, riant de ses propres paroles.

Agrippant les draps, Ronce les rejeta sur le côté et s'assit sur le bord du lit, dos à l'empereur. La jeune femme se releva lentement, se tenant à une chaise posée à proximité. A tâtons elle avança auprès d'Esel et lui agrippa la main, avec une poigne fiévreuse.

— Vous m'avez sauvé, et je ne connais pas même votre nom... Je me dois de le savoir pour pouvoir vous remercier comme il se doit...

L'esprit encore brumeux, Ronce n'avait pas même conscience de sa tenue. Dans un lit d'hôpital on ne laisse pas sa robe, pas même à une reine.


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Ashes Dice
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Ashes Dice
Lun 22 Déc - 22:20
Esel avisa le costume plié sur le rebord d'une chaise. Il s'en empara comme si sa vie en dépendait. Ce n’est qu'une fois vêtu de son complet gris qu'il se sentit un peu moins nu et un peu plus lui.

Là.
Du calme.
De la composition.
Voilà.

- Votre Excellence,
fit-il à l'adresse de l'empereur, je puis vous assurer que cela aurait pu arriver dans un autre royaume que le vôtre. Les terroristes sont partout, même dans les airs. Ma belle cité en a fait les frais il y'a peu et je suis certain que vous vous en êtes ému au plus au point.

Il n'était certain de rien du tout. Le Vieux continent avait craint l’ascension de sa cité et l'avait vu essuyer des plâtres avec une certaine délectation. Mais eux, les Eméraldiens, étaient plus nobles que cela.
Et un peu de culpabilisation ne faisait jamais de mal.

- Je ne puis m'exprimer au nom des Pères Fondateurs, mais je ne pense pas me tromper en disant qu'il vous expriment leur soutien dans cette difficile épreuve. Pour ma part, je ne suis qu'un simple instrument de leur bonne parole, un simple employé. Ce que j'ai fait, tout éméraldien aurait pu le faire.


Mais tous les citoyens de la Verte n'étaient pas comptables.

-Néanmoins, si vous souhaitez me remercier, je suis certain que vous pourrez le faire par un geste "commercial". Emerald possède de multiples domaines où investir intelligemment. Vous êtes un esthète et un empereur éclairé, je suis certain qu'un partenariat durable et fraternel pourrait être entretenu entre nos deux pays.

Esel, se sentit mieux, plus au clair. Les données comptables s'empilaient comme des bouliers à entrées multiples dans son cerveau, le rendant plus ordonné. Le produit intérieur brut de son pays venait de gonfler de manière exponentielle avant qu'il n'ait eu le temps de mettre un point à sa phrase.
Mais c'était sans compter la Rose qui remua ses pétales dans son lit.

— Vous m'avez sauvé, et je ne connais pas même votre nom... Je me dois de le savoir pour pouvoir vous remercier comme il se doit...

Elle était là. A moitié nue, le regard enfiévré. Lui serrant la main avec une fougue que personne ne lui avait jamais témoigné.
Il se sentit rougir, perdre pied, perdre tout. Cette femme était un poison. Un véritable poison. Pourquoi lui faisait elle autant d'effets ? Son monde en monochrome irradiait de couleur, était sans dessus-dessous. A cause de son pouvoir.
Ce n'était qu'une femme et lui... Lui n'était qu'un costume. Cela n'aurait du être !

Et après la chaleur du contact, la morsure de la vexation.

- E.... Esel, Esel Vermögen, Majesté. Je vous l'ai déjà dit.
Ashes Dice
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Mar 23 Déc - 19:07
Le jeune homme s’était calmé, après avoir repris les vêtements qu'il avait demandé. Si Friedrich s'en tenait à ce qu'il avait lu dans le rapport, l’état des vêtements du jeune homme était directement lié à l'incident. L'empereur avait lu que le jeune homme avait déchiré une partie de son costume pour sauver la reine de France.

Les paroles de la reine de France frappèrent l’esprit de l'empereur. Avait-il une mine qui inspirait tant la pitié ? Mais annoncer que Ronce pourrait être sa mère était légèrement désagréable aux oreilles de Friedrich. Il ne pouvait, non, il ne voulait pas la voir comme cela. Pour lui, la Reine de France était une femme de vingt-quatre ans et en bonne santé, hormis cette maudite blessure et cette cicatrice !

— Veuillez pardonner ce moment de faiblesse. Cela ne se reproduira plus !

L'empereur se redressa et, de son bras valide, fit un mouvement large et plaça sa cape comme une tunique romaine de César.

L'empereur fut étonné par la réponse du jeune homme qui aurait put demander bien des choses et non penser plutôt à la ville d’où il venait. La cité volante... Cette cité avait déjà intrigué l'empereur. Cette cité avait la réputation d’être une œuvre d'art à elle seule. Et avoir un lien direct avec la ville volante ne se présenterait pas de si tôt.

— Votre réponse vous honore jeune homme. Soit, nous écrirons une missive pour une requête d’échange culturel. Par contre elle devra être remise par vos soins ! Nous insistons sur ce point !

Ronce se tourna vers le jeune homme. Et là un détail n'échappa pas à la vigilance de l'empereur. La nuque de la reine de France avait l'air si douce, au point que l'empereur avait juste une envie : aller doucement, et délicatement, caresser, ou plutôt effleurer, cette douce peau rose qui s’offrait à ses yeux. L'empereur avait déjà vécu plusieurs situations avec la reine Ronce dont certaines plutôt gênantes, par des gestes ou des actions mal interprétées. Comme au bal de cet été, ou après que la reine Ronce avait fortement « caresser » ses jambes contre celles de l'empereur. Elle s’était aussi collée contre le dos de l'empereur alors que cette dernière était torse nue. Mais rien, non rien de tout. Cela n’était rien face à cette douce nuque qu'elle montrait sûrement involontairement à l'empereur.

L'empereur se fit violence pour détourner les yeux de cette délicate vision. L'empereur prit une feuille et nota les grandes lignes de cette demande avec la cité volante.

— Vous m'avez sauvé, et je ne connais pas même votre nom... Je me dois de le savoir pour pouvoir vous remercier comme il se doit...
- E.... Esel, Esel Vermögen, Majesté. Je vous l'ai déjà dit.

Le nom qu'entendit l'empereur le fit sortir de ses pensées. Ce nom ne lui était pas inconnu, mais pas moyen de se rappeler où il avait entendu ce nom. Mais quelqu'un toqua à la porte et sortit l'empereur de ses pensées. Il oublia cette pensée qui ne devait pas être si importante.

Friedrich avança vers le lit de la reine, prenant sa longue cape et la plaça sur les épaules de Ronce.

— Bien que cela ne nous est pas désagréable, nous pensons que vous devriez peut-être pas sortir de vos draps dans cette tenue, votre majesté !

Friedrich alla voir à la porte, où on lui transmit un paquet de vêtements pliés. Friedrich transmit des instructions de faire parvenir une requête à son conseiller Ronove et qu'il rédige dans les moindres délais le contenu de cette missive. Une fois revenu dans la chambre l'empereur fit face à Esel et lui donna les vêtements qu'on venait de lui apporter.

— Cela est pour vous ! Nous avions fait faire ce costume avec les meilleurs tissus de la ville. Vu l’état de vos vêtements c'est la moindre des choses de vous offrir de quoi vous changer ! Nous espérons qu'ils seront à votre taille. J'ai juste donné comme indication que le costume soit aux couleurs d'Emerald. Et si la reine de France le veut nous pouvons faire venir une chaise roulante pour prendre l'air une fois que vous serez changer tous les deux ?



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Ronce de France
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Mar 23 Déc - 21:40
— Vous... Vous l'aviez déjà dit, je... Oh.

Ronce voulut bafouiller des excuses, mais sa bouche demeura close. Elle laissa les hommes parler entre eux, et se retrancha dans un coin. Le choc avait été plus rude qu'escompté. Il fallait espérer que son sommeil, forcé, ne lui ait pas endommagé la mémoire plus que de raison.

« Je suis reine de France, née princesse Ronce, ainée du prince Ciel, fille du roi Jour et de la reine Aurore... Maudite par une fée au nom inconnu... Je pense avoir encore toute ma tête. »

— Bien que cela ne nous est pas désagréable, nous pensons que vous devriez peut-être pas sortir de vos draps dans cette tenue, votre majesté !
— Plaît-il ?

Ronce eut à peine le temps de tourner la tête qu'une cape lui tomba sur les épaules. Le tissu lui chatouilla la peau. La jeune femme leva un sourcil, surprise par le contact. Comme si, sous la cape, elle était à demi... Tournant dos aux hommes occupés à parler politique, Ronce entrouvrit la cape. Ses yeux remontèrent de ses pieds jusqu'à la naissance de sa poitrine, lui prouvant bel et bien qu'elle se trouvait, présentement, en chemises. Et que, quelques minutes auparavant, elle se trouvait en dessous devant deux hommes.

Deux représentants de la gente masculine !

Même son frère ne l'avait jamais vu ainsi.

Ronce referma promptement la cape, s'enroulant même dedans de peur de dévoiler à nouveau son corps de jouvencelle. Dès que l'empereur eut fini de parler, Ronce émit un léger toussotement.

— Je... Je saurais marcher... La preuve...

La reine effectua quelques pas pour prouver ses dires. Son pied gauche marcha sur un pan de la cape, l'envoyant s'écrouler au sol en une belle pirouette. Désemparée, rouge comme jamais, la reine rassembla ses jambes sous ses fesses, se recouvrant de la cape jusqu'au cou.

— Oubliez ce que j'ai dis... Pourriez-vous sortir le temps que je... me change ? Et m'envoyer une domestique pour m'aider ?

Même s'ils l'avaient vu dans ses plus beaux dessous, elle n'allait pas se vêtir devant eux. Il y avait des limites à ne pas dépasser.


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Ashes Dice
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Ashes Dice
Mer 24 Déc - 0:24
Esel avisa le nouveau costume sans mot dire. Il était pour le moins embarrassé. Mais refuser eut été un impair diplomatique. On ne refusait pas les cadeaux d'un empereur.

- Je suis honoré par votre attention. Je vais user des comodités du couloir pour me changer et laisser la reine faire de ....

-Je... Je saurais marcher... La preuve...

*BLAM*

Ronce se recroquevilla comme un escargot sous sa carapace, bientôt aussi rouge que la cape de son homologue viennois.

-... Même. termina Esel posément.

Il sortit prestement dans le couloir et trouva l'air un peu plus respirable. Il chercha les toilettes pour hommes et s'enferma dans l'un des cabinets. Il s'assit sur la cuvette et regarda le costume sur son cintre d'un air perplexe. C'était de la belle étoffe, d'un bleu canard soyeux. Du travail soigné. L'empereur avait subtilement fait prendre les mesures de sa veste pendant qu'il veillait Ronce.
Esel poussa un soupir.
Avec une lenteur calculée il retira sa vieille veste grise. Le sang n'était pas entièrement parti. Il laissait quelques auréoles plus foncée là ou le tissus avait été noyé le plus abondement au cœur de la fibre. Il caressa l'oripeau avec une expression douloureuse.

- Mon pauvre amour, que ne t'ai-je fait subir... Mais je saurais te réparer. Je saurais.

Il plia soigneusement son ensemble gris. Avec beaucoup de délicatesse, il se défit de sa peau. Esel frissonna lorsqu'il sentit le veston trois-quart s'éloigner de sa silhouette. Il vérifia que le tricot de corps qui servait à lui maintenir sa maigre poitrine soit toujours bien serré.
Et il s'affaira ensuite à s'habiller de la parure émeraude.
Le jeune homme réprima mal son dégout et son inconfort. Mais il devait endurer. Il se mira dans le miroir commun. L'habit était bien coupé et lui donnait de l'allure, il fallait lui reconnaitre. Ainsi affublé, il était plutôt bel homme quoi qu'invariablement trop fluet.

Il s'empressa de rejoindre le couple royal, un peu d'air frais lui ferait le plus grand bien.

Ashes Dice
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Jeu 25 Déc - 21:57
Friedrich assista à la chute « comique » de la reine de France, coupant court à la phrase d'Esel qui sortit dans le couloir pour se changer. L'empereur lui aurait bien proposer de prendre une chambre vide, mais le jeune homme était déjà sorti.

Friedrich se dirigea vers Ronce et, sans dire un mot, la prit dans ses bras sans la regarder directement. Il savait bien que cela le générait tout comme la reine de France. Bien que cette dernière gigotait elle finit sur le lit sans tomber.

— Nous allons vous laisser. Nous allons faire venir une personne pour vous aider à vous changer. J'ai fait venir plusieurs sortes de vêtements pour que vous choisissez celui qui vous plaira le plus. Votre robe n’était plus en état d’être portée ! Quand vous serez prête une infirmière viendra avec une chaise roulante. Nous vous attendrons dans le jardin de la clinique. Prenez votre temps et ne faites pas d'imprudences comme à l'instant très chère.

L'empereur sortit de la chambre, laissant la reine qui allait recevoir la visite des serviteurs. L'empereur parcourut les couloirs à la recherche d'Esel. Après de longues recherches Friedrich tomba nez à nez avec le jeune homme.

— Nous vous trouvons très élégant, habillé comme cela.
(tousse) Enfin nous vous cherchions. La reine de France a du finir de se changer. Une infirmière va lui apporter une chaise roulante. Que diriez-vous de conduire la reine jusqu'au centre du jardin nous rejoindre ?

Après la réponse du jeune homme l'empereur s’éclipsa en direction dans les jardins.

Des jardins magnifiques. On pouvait y voir des haies toutes taillées de façon parfaite, et de même hauteur, formant des formes géométriques pour certains, formant pour d'autres des formes plus complexes. Mais toutes avaient des fleurs pour décorer. En cette période de l’année les couleurs variaient plutôt sur les fleurs de couleur jaune, orange voire rouge. L'entretien des jardins était presque aussi bien traité que la santé des patients dans cet hôpital. En son centre le jardin cachait une haie taillée en forme de violon. Ce chef d’œuvre floral était la perle du jardin de l’hôpital de Vienne.

L'empereur avait choisi ce lieu pour attendre la reine et Esel. L'empereur pensait qu'une telle vue ferait sûrement du bien à la reine, comme une bonne bouffé d'air frais. Ils seraient tranquille tous les trois à cet endroit. Il y avait plusieurs bancs pour admirer ce lieu. L'empereur prit place sur un banc, posant doucement son bras contre son ventre. Il en profita pour souffler quelques minutes, attendant ses invités.



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Mary Poppins
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Mary Poppins
Ven 26 Déc - 20:12
Tout l'agaçait. Le chant des oiseaux, le parfum des fleurs, la beauté resplendissante des jardins. Tout respirait le bonheur parfait, comme pour mieux souligner les doutes qui fissuraient son âme.

On lui avait retiré un enfant. C'était la première fois en dix-huits ans de carrière.

Les parents ne lui avaient pas laissé le temps de s'expliquer. Elle avait simplement compris qu'ils avaient jugé qu'elle avait risqué la vie de leur fils. Comme si c'était elle qui avait invoqué les pirates ! L'orgueil de la gouvernante avait bien du mal à se relever face à cet affront. Un affront injustifié. Avec cela les médecins refusaient de la laisser partir, prétextant devoir l'observer d'ici quelques heures pour confirmer ou infirmer son rétablissement.

Assise sur un banc, Mary tapait du pied. Elle ne rêvait que de partir, loin de cet empire.

Elle vit alors une jeune femme parmi les bosquets. Sa tenue annonçait, sans détour, son rang social. Son regard égaré et ses pas hésitants lui donnaient l'air d'une biche aux abois. Mary sentit venir l'incident à la façon dont la jeune femme se mouvait. Se levant d'un bond, la Canadienne rejoignit la jeune femme en quelques pas et lui agrippa le bras, l'empêchant de tomber.

« Vous devriez faire attention. Vous êtes pâle, et tremblante. »

Mary fit glisser le bras de la jeune femme sur le sien, afin qu'elle puisse s'en servir comme d'un appui.

« Voulez-vous que je vous aide à marcher ? »

Quel médecin incompétent avait laissé cette femme sans surveillance ? Nul besoin d'avoir fait des études pour voir qu'elle se sentait mal, au point d'avoir du mal à marcher seule. Mary bouillait de colère, mais se fit force de forcer un sourire aimable. Cette pauvre demoiselle n'était pas responsable des malheurs de sa journée.

« Nous pourrions même demander à ce qu'ils nous amènent un thé. Cela pourrait vous faire... »

La phrase de Mary resta suspendue dans les airs, de même que sa marche se stoppa net. Elles n'étaient pas seules dans le jardin. D'autres personnes se présentaient à elles. Le visage de deux d'entre elles lui étaient d'ailleurs connues. Ne lâchant pas le bras d'Aelis, Mary baissa la tête en guise de révérence.

« Votre Majesté impériale Edelstein, votre Majesté royale Ronce de France... »

En relevant la tête, la gouvernante remarqua le troisième larron du trio. Un jeune homme de très bonne mise, mais qui lui était inconnu. Son visage avait une vague ressemblance, de lointains traits communs avec l'empereur. Un membre de la famille peut-être ?

Le plus surprenant était, tout de même, de voir la Reine de France dans une chaise roulante. Cela était bien moins prestigieux que le trône.

Citation :
Et comme ça j'introduis Aelis dans le RP ! Enjoy ! :write:
Mary Poppins
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Duchesse Aelis
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Duchesse Aelis
Ven 26 Déc - 20:45
Edern lui fut arraché dès son arrivé à l’hôpital. Elle s’opposa à cette décision, déclarant avec courage qu’elle devait accompagner son époux. Mais personne ne l’écouta. On la conduisit alors dans une salle où elle fut examinée. Le bébé semblait aller bien malgré toutes les turbulences de la journée.

« Fraulein Aelis, je suis Erbert Hirch. »

Mais le médecin n’eut pas le temps de parler. Déjà Aelis se souciait de l’état de santé d’Edern. L’Autrichien éluda avec politesse le sujet, préférant plutôt parler du cas de sa patiente. Mais c’était sans compter la détermination sans borne dont la jeune bretonne faisait preuve. A nouveau, il préféra changer de sujet.

« Votre enfant va bien. Mais les chocs dont vous avez été victime aujourd’hui ne seront pas sans incidence. Pour l’heure vous devez vous reposer. Interdiction formelle de quitter votre chambre. Sur ce, au revoir Fraulein Aelis et bon rétablissement. »

Et le petit homme disparut derrière la porte. Il était hors de question pour la duchesse de rester les bras croisés sur son lit alors que son mari se mourrait à quelques mètres d’elle. Elle était rassurée d’entendre que son enfant se portait à merveille, elle n’aurait pas la culpabilité de mettre en danger la vie de son bambin à venir alors qu’elle s’apprêtait à s’évader. Elle se faufila dans les couloirs, plus discrète qu’une souris. Elle était étonnée qu’aucune infirmière n’ait pris son cas en charge, mais elle prit ça comme une bénédiction divine.

Elle parcourait toujours le sol marbré quand elle tomba nez à nez avec une jeune infirmière. Elles restèrent là plusieurs secondes à se regarder dans le blanc des yeux, chacune se demandant comment réagir face à la situation.

« Bonjour, je cherche le jardin. Prendre l’air me fera du bien. »

Tous ses plans étaient tombés à l’eau. Il fallait qu’elle sème cette maudite femme pour pouvoir retrouver Edern et avoir de ses nouvelles. La jeune femme conduisit la française dans les jardins. Cette dernière lui pria de la laisser avec toute la politesse due à son rang.

Elle respira quelques roses. Leurs odeurs lui donnèrent des nausées. Elle vacilla et manqua de tomber. Heureusement qu’une sainte femme était là pour la sauver de sa chute. Alors qu’elle comptait la remercier en essayant de se relever, Aelis vit Ronce, sa cousine par alliance. Ses récentes expériences avec la reine de France n’étaient pas des plus amicales. La bretonne gardait encore à l’esprit la trahison de Ronce. Elle ne comptait pas passer l’éponge ainsi. Deux hommes l’accompagnaient. Le premier était très élégant et était sans aucun doute noble. Elle savait qui était l’empereur bien sûr, mais elle venait de voir son époux se faire tirer dessus. Ses idées n’étaient pas des plus claires. L’autre homme, plus en retrait, avait des airs familiers avec l’empereur et des traits vaguement féminins.

« Vos Majestés. Monsieur. »

Elle s’inclina puis remarqua que sa cousine n’était pas au meilleur de sa forme.

« Votre Majesté, quelle est donc la cause de ce fauteuil ? »

Elle prit un air étonné et lui sourit. Il ne fallait surtout pas montrer la rancune qui l'habitait encore.

Duchesse Aelis
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Ronce de France
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Ven 26 Déc - 21:57
Une chaise roulante. Elle était désormais réduite au simple statut d'infirme. Ronce tâchait, tout de même, de conserver une stature digne de son rang. Elle se tenait aussi droite que si elle recevait un invité de marque à Versailles.

Un sourire étira furtivement ses lèvres en songeant combien nombre de femmes auraient été prêtes à se briser les jambes pour avoir sa place. Rares étaient celles qui pouvaient se vanter d'avoir été escorter par deux hommes, sans y avoir perdu leur honneur. Ou leur vertu.

La reine aurait bien voulu profiter des jardins, mais une rencontre impromptue se fit. Ne voilà-t-il pas qu'elle tombait sur l'épouse de son cousin. Ronce avait, vaguement, eu vent de sa présence parmi les invités. Rumeur qui venait donc de se confirmer.

Laissant la question de la duchesse en suspens, Ronce se permit de faire les présentations d'usage.

— Votre Majesté impériale, Monsieur Vermögen, je vous présente la duchesse de Bretagne. Ma cousine par alliance.

On ne pouvait décemment pas conserver sans savoir qui était qui. L'empereur, d'ailleurs, en profita pour préciser l'identité de la femme qui accompagnait la duchesse Aelis. Une certaine gouvernante du nom de Mary Poppins. Ronce la salua brièvement, avant de reporter toute son attention sur la duchesse.

— Je suppose que vous avez été présente à l'exposition, et que vous avez donc vu dans quel état cela s'est fini. Pour ma part, mon esprit a tiré les rideaux avant la conclusion. Un pirate m'a tiré dessus. Je suis encore convalescente, et ne puis donc pas encore marcher. Si ce jeune homme et l'empereur n'avaient pas été là, vous n'auriez plus de reine.

On ne se remettait pas si facilement de plusieurs heures de coma.

Ronce bougea la tête, essayant de voir au-delà de son champ de perception.

— Je ne vois point mon cousin, votre époux. D'habitude vous êtes inséparables. Il lui est arrivé quelque chose ?

Ou peut-être l'époux avait-il laissé sa femme davantage respirer, et cette Mary Poppins jouait le rôle de chaperon.


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Ashes Dice
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Ashes Dice
Dim 28 Déc - 22:37
- Monsieur Esel Vermögen, citoyen d'Emerald. fit simplement le comptable en réponse à Mary Poppins

"Ça n’est pas moins prestigieux."
pensa-t-il.
Son père grommela quelque chose dans le noir, qu’il n'entendit pas.

Les deux personnes qui lui faisaient face lui étaient parfaitement étrangères. La jeune rousse étaient manifestement une cousine de la reine de France. Sans doute une Comtesse ou une Duchesse. L'autre lui égratignait la mémoire d'une étrange façon. Une mouche bourdonnant sans cesse à son oreille.
Il laissa son esprit vagabonder pendant que s'échangeaient des mondanités, quand soudain sa cervelle fut parcourue par un éclair.

Un jet fulgurant de patate, pour être précis.

Il se souvint très bien de l'axe emprunté par la courbe de son premier tir de patator. Et de la victime qui , frappée en plein visage, avait chut avec violence sur le sol au milieu des pleurs désespérés de son enfant. Il avisa le bandage sur la tête de "sa" victime avec effroi et son teint devint livide - ce qui assorti à la pétaradante couleur col-vert de son habit était du plus bel effet.

Ashes Dice
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Lun 29 Déc - 20:23
Friedrich attendit peu de temps avant l'arrivée de la reine Ronce et du jeune Emeraldien. La reine semblait mieux se porter, et même si elle était en chaise roulante elle restait fière et digne.

L'empereur voulut adresser la parole à la reine quand deux femmes les rejoignirent. L'empereur reconnut l'ex-gouvernante de sa fille, fraü Poppins, qui salua correctement les deux souverains. Ce qui n'était pas vraiment le cas de la personne qui l'accompagnait qui se contenta d'un simple « vos majestés » et cela fit sourcilier l'empereur. Mais la reine de France intervint avant même que l'empereur puisse ouvrir la bouche. Ainsi cette personne était une Française et, plus ou moins, de la famille royale. L'empereur se pressa de présenter l'ex-gouvernante.

— Majesté royale Ronce et monsieur Vermögen, nous vous présentons la meilleur gouvernante qui nous a été donner de rencontrer : fraü Mary Poppins. Elle a d'ailleurs été en charge de la jeune princesse d'Autriche-Hongrie, Maria E. Edelstein. Et si ce que nous savons est juste elle a aussi été au service de l'empire Scandinave !

Les présentations étaient faites. La duchesse de Bretagne posa une question qui semblait pour l'empereur quelque peu étrange. Comme si la reine de France était assise dans une chaise roulante part plaisir. Mais la reine répliqua seule.

— Nous avons entendu parler d'un homme plutôt mal en point qui est rentré hier, peu de temps après nous. Nous avons entendu dire qu'il avait une blessure grave au torse. Les médecins ne sont pas encore optimistes sur son état, ils ont peur d'une rechute. Votre mari a-t-il été victime d'une telle blessure ?



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Mary Poppins
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Mary Poppins
Lun 29 Déc - 21:59
Même si elle avait déjà cotoyé des membres de la royauté, de sang noble, Mary se sentait aussi à l'aise qu'une domestique dans un bal. Ou un canard dans un groupe de cygnes. Elle posa un regard totalement différent sur la femme qu'elle avait aidé. Une duchesse, rien que cela ! Et avec cela, l'empereur lui faisait des compliments. Si Mary avait été une poule, elle aurait fait bouffer ses plumes. A défaut elle se contenta de relever le menton.

La duchesse semblant s'être détachée de Mary pour mener des retrouvailles familiales, Mary s'écarta de quelques pas, se rapprochant d'Esel. L'homme semblait être dépourvu de titre pompeux. Plus accessible.

Voulant briser le silence qui s'était installé à son insu, Mary tenta une approche.

« Ainsi vous venez d'Emerald ? J'ai travaillé quelques temps dans cette ville. J'ai du la quitter après les attentats. La cité a su panser ses plaies ? »

Même tout près d'Esel, Mary ne reconnaissait pas son agresseur à la patate. La faute à sa blessure. Elle avait probablement perdu quelques facultés mentales suite au choc.

« J'aimerais y retourner. C'est une cité si paisible. Quand les terroristes ne décident pas d'y venir... »
Mary Poppins
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Duchesse Aelis
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Duchesse Aelis
Lun 29 Déc - 22:21
Toutes les questions se bousculaient dans les pensées d’Aelis. Avouer qu’Edern était dans un état critique ne rendrait cette tragédie que plus crédible. Mais elle s’était promise de rester forte et de garder sa dignité de duchesse. Elle releva la tête et affronta la réalité.

« Mon mari s’est fait tirer dessus au cours de l’exposition. La blessure semble grave mais les médecins refusent de me donner de ses nouvelles. Ils ont peur que je suis puisse avoir des chocs émotionnels qui mettraient en danger la vie de notre enfant. »

Inconsciemment, elle caressa son ventre naissant. Elle espérait de tout cœur qu’Edern puisse voir leur bébé naître, marcher, lire, écrire, parler, nager. Mais seul le destin pourra choisir la voie que prendrait le duc. Il fallait un peu de patience.

Elle arrivait avec peine à retenir ses larmes. Il fallait qu’elle résiste.

« Je vois qu’apparemment cette exposition a été plus meurtrière que je le pensais. J’espère de tout cœur que vous vous remettrez sur pied rapidement, votre Majesté. »

Elle s’approcha d’un banc de pierre et prit la liberté de s’asseoir. Si les médecins ne faisaient rien pour la tenir au courant de l’état de santé du jeune breton, elle allait sûrement faire un scandale.

« Malgré les malheureux contre temps, je tiens tout de même à souligner que votre exposition était éblouissante votre Majesté Edelstein. »

Sans compter bien évidemment le fait qu’on l’avait traité comme un poisson prêt à se faire frire. A mesure que les secondes passaient, elle se rappela que c’était sous les ordres de l’empereur qu’elle avait été humiliée de la sorte. De nouveau, elle garda cette rancune pour elle. Soudain, un médecin apparut dans le jardin. Il tremblait et transpirait.

« Fraulein Aelis, je vous cherchais partout. Vous avez désobéit à mes recommandations. Mais je tenais tout de même à vous annoncer que nous avons réussi à stabiliser l'état de votre mari. Toutefois, il est fragile et il n'est pas prêt à recevoir des visites pour le moment. »

Cette fois c'en était trop. Aelis pleura de joie sous les regards de ses compagnons d'infortune.
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Ronce de France
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Lun 29 Déc - 22:56
Enceinte, la duchesse ? Ronce observa la main de la duchesse caresser son ventre. Impossible de voir s'il était arrondi, probablement à cause du corset. La gestation ne devait pas remonter à longtemps. Malgré la froideur qui régnait entre les deux femmes depuis leur rencontre, Ronce ressentait de la peine pour la duchesse. Voir son mari blessé, et ne pas avoir des nouvelles de son état, devait être difficile à vivre.

« J'espère, pour ma part, que votre mari s'en remettra promptement. Pour votre bien et celui de votre enfant. »

Cette exposition avait causé bien des dégâts.

Voyant un médecin approcher, Ronce s'attendit au pire. L'homme avait le visage de celui qui vient annoncer les mauvaises nouvelles. Mais la surprise de la reine fut grande en apprenant la nouvelle. Le duc était sauvé. Ronce lâcha un profond soupir de soulagement. Au même moment, la duchesse laissa éclater sa joie en un torrent de larmes. Réaction typiquement féminine.

Faisant signe à Esel de l'aider, Ronce se rapprocha de la duchesse. Lui prenant la main, elle la lui tapota doucement.

« Il faudrait lui ramener des sels... J'ai peur que, vu son état, elle ne tombe dans les vapes. Les femmes enceintes ont les nerfs très fragiles. »

Et cette journée les avait malmené bien trop.

Mandée par le médecin, une infirmière rapporta des sels à la duchesse. Les lui tenant sous le nez, elle laissa la jeune femme les inhaler.

« Respirez doucement... »

Décidément cette journée était pleine... d'imprévus.


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Ashes Dice
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Ashes Dice
Lun 29 Déc - 23:24
Esel tourna la tête vers Dame Poppins comme un automate. Il était plus que gêné. Néanmoins il se rendit vite compte que la gouvernante n'arrivait pas à le remettre et cela soulagea sa conscience quelque peu. Mais son patriotisme fut quelque peu écorché, par ailleurs.

- Emerald est forte. Sa solidité et sa sérénité ne sont plus à démontrer. dit-il avec un brin de sécheresse.

Puis il ajouta, avec une perfidie polie qu'il ne se connaissait pas.

- Nos critères de sélection ont été raffermis, il est possible que vous ne soyez plus en mesure de faire une seconde visite de notre glorieuse cité.

Sourire bien urbain et regard glacial.
Le tout vite dissipé par les effusions brutales de la cousine de la reine. Visiblement enceinte, visiblement éplorée pour cause de mari défaillant, visiblement rassurée, visiblement extatique de bonheur au point de se rependre en larmes et en pâmoison. Esel enregistra benoitement ces données comme autant d'entrées dans un de ses tableaux de comptes.

Il poussa le chariot de Ronce jusqu'à sa parente et constata avec une boule de chaleur dans la poitrine, que la souveraine, plus mal en point et meurtrie, plus titrée aussi, pensait d'abord au bien être de la petite duchesse. Cette femme était véritablement exceptionnelle.

Mais c'est sans doute parce qu'elle n'appartenait pas à ce siècle.

Esel sortit un mouchoir, en lin propre et plié en quatre, brodé aux initiales E.V., de sa poche et le tendit sobrement à Aelis. Sans un mot superflus.
Ashes Dice
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Mer 31 Déc - 12:37
L'empereur écouta la reine de France et et sa cousine, par alliance, parler, quand quelques paroles firent mouche dans son esprit.

« Malgré les malheureux contre temps, je tiens tout de même à souligner que votre exposition était éblouissante votre Majesté Edelstein. »

Déjà qu'elle cumulait les fautes de titre envers sa personne...

— Vous appelez une attaque de pirates un « malheureux contre temps » ? Peut-être qu'en France on appelle les choses ainsi, mais ici en Autriche-Hongrie on appelle cela une catastrophe. Sans vouloir vous offusquer, votre majesté royale Ronce.

Mais Friedrich se fit interrompre par l'arrivée d'un médecin qui vint annoncer que le mari de la duchesse était sortit d'affaire. Loin de lui de vouloir paraître insensible, mais la scène qui suivit lui laissait une impression de jeu forcé. La reine de France et lui-même avaient été blessés et n'en faisaient pas tout un plat.

Friedrich regarda la reine de France consoler sa cousine par alliance, quand un déclic se fit dans l'esprit de l'empereur, comme un flash.

— Mais vous êtes la sirène que nous avons faite amener au stand hybride de l'exposition ! Nous en sommes sûr ! Votre majesté royale Ronce, votre cousine est une sirène ? Étiez-vous au courant de cela ? Et comment se fait-il que vous teniez sur des jambes ? Et vous êtes enceinte. Est-il sage d'avoir des transformations, cela ne peut-il pas provoquer un accouchement prématuré ?


Citation :
Douze en observation sur Aelis, donc il la reconnaît, et se rappelle de l'avoir brièvement rencontré lors de l'exposition.



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Mary Poppins
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Mary Poppins
Mer 31 Déc - 14:53
Oh le goujat. Le vilain garnement !

Mary était aussi blessée que si Esel venait de lui tirer une balle en plein cœur. Main sur la poitrine, le visage estomaqué, la gouvernante avait l'allure d'une tragédienne. Ah ça, si la duchesse n'était déjà pas au centre de l'attention, la gouvernante aurait fait connaître son courroux. Telle une reine outragée elle aurait hurlé au scandale.

Les narines de Mary palpitaient, témoin de la colère qui faisait bouillir son sang.

Les paroles de l'empereur la ramenèrent à la raison. Le regard de Mary alla de l'empereur à la duchesse, tandis que son esprit enregistrait les informations.

« Si Madame peut se transformer, ce n'est nullement une hybride. Elle a, probablement, était victime d'une fée, ou d'une sorcière, aux mauvaises intentions. Madame la duchesse ne contrôle peut-être pas ce pouvoir, votre Majesté impériale. Mais vous avez raison, une magie mal contrôlée peut avoir des effets néfastes sur un enfant. J'ai déjà entendu parler de femmes ayant accouchés d'êtres qui n'étaient plus totalement humains... »

Sentant que l'information avait jeté un froid, Mary s'empressa de préciser.

« Mais ce ne sont que des histoires, je n'ai jamais été témoin de telles choses. Je vous conseillerais tout de même, Madame, de consulter une fée experte en la matière. Mieux vaut prévenir les risques. »

Et sûrement pas une sorcière. Ces êtres ne méritaient qu'un profond mépris !
Mary Poppins
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Duchesse Aelis
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Duchesse Aelis
Ven 2 Jan - 20:07
A peine remise de ses émotions, Aelis s’arrêta nette devant les propos de l’empereur. Elle l’avait été démasquée et Dieu seul sait si d’autres personnes l’avaient vue dans son état marin. Elle s’imagina les pires scénarios possibles et l’espoir d’un avenir radieux n’apparaissait dans aucun d’entre eux.

Elle restait là, assise sur son banc, comme une muette. Ce qu’elle connaissait bien. Elle avait perdu sa voix pendant cent ans. La jeune duchesse aurait pu continuer à ne rien dire pendant des heures. En réalité, elle ne voulait pas aborder le sujet de sa différence. Elle savait très bien que les gens la jugeaient pour cela. Et la preuve vivante se tenait à ses côtés : Ronce.

Mais elle n’eut pas le temps de répondre, heureusement pour elle. La jeune femme qui l’avait aidée commenta les propos de l’empereur. Et cela faisait froid dans le dos. Malgré les preuves accablantes de l’exposition, Aelis maîtrisait son pouvoir. Elle n’avait qu’à garder son bracelet à son poignet, rien de plus. Mais quand la nourrice aborda la question de l’enfant, Aelis manqua de s’évanouir. Jamais de son vivant elle n’enfanterait un monstre. Certes, elle était maudite mais le fait qu’elle soit une sirène ne changerait en rien la nature de son enfant. Aelis était née humaine après tout.

Elle ne voulait toujours pas parler, préférant écouter ce que les autres disaient et s’imaginer dans quel état son époux lui serait rendu. Elle détacha son collier de perles et s’amusa à les faire rouler entre ses doigts. Elle pouvait encore sentir la nacre qui avait enveloppé chacune de ces merveilles. La mer semblait envahir le jardin et ses caresses purent enfin rassurer la jeune bretonne. Dans sa vision, elle vit Grand-Mère cacher derrière un rosier la regardant de son regard mélancolique et doux. Elle murmura et le son de ses mots transportés par la brise légère retentit comme une mélodie aux oreilles d’Aelis.

« Peu importe quelle forme tu prendras, tu seras pour toujours ma petite fille chérie. »

Et elle lui sourit. Le merveilleux songe s’évapora et la mer se retira doucement, ramenant Aelis à la réalité qui l’entourait. En quittant Grand-Mère et le monde d’en dessous des vagues, elle avait été consciente que sa vie serait plus dure. Que rien n’allait plus jamais être facile. Il fallait s’habituer désormais et laisser Grand-Mère reposer dans l’écume du matin.

« Que diriez vous d’aller boire un thé ? »
dit-elle à la troupe qui l’entourait et stoppant net les discussions qui la concernaient.
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Ronce de France
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Ven 2 Jan - 22:26
Le regard vide de la duchesse couplé à son mutisme firent craindre le pire à Ronce. Tout ce choc allait-il l'envoyer dans les vapes ? Ronce tendit les mains, s'attendant à ce que Aelis sombre soudainement sans prévenir. Mais, loin de réagir aux interrogations de l'empereur, elle se contenta de jouer avec son collier.

On aurait dit une petite fille cherchant à éviter le regard de l'adulte qui voulait la punir.

Ronce, du coup, ne savait plus sur quel pied danser. Elle ne pouvait pas révéler le secret de la duchesse à l'empereur. Elle l'avait fait à l'époux d'Aelis, mais par volonté de briser un silence malsain. Elle se contenta donc d'hausser les épaules en jetant un regard à l'empereur. Mentir ne lui plaisait guère, mais elle se devait de sauver les apparences.

La voix de la duchesse brisa l'agitation, déconcertant Ronce.

— Un thé ? … Duchesse, vous sentez vous bien ? Êtes-vous parmi nous ?

Ronce passa sa main devant les yeux d'Aelis. Elle avait l'impression que la duchesse était dans son monde, éloignée d'eux. Présente physiquement mais l'esprit en vadrouille.

Un médecin vint vers eux, se raclant timidement la gorge pour manifester sa présence. D'un certain âge, l'homme tâchait de conserver un visage professionnel. Mais son regard était annonciateur de mauvaises nouvelles.

« Votre Majesté impériale, votre Majesté royale, mesdames et messieurs. Pardonnez-moi de vous importuner, mais j'ai une nouvelle à transmettre à sa Majesté royale Ronce. »

Ronce se tourna sur sa chaise. Une sueur froide coulait le long de sa nuque. Ses doigts se serraient convulsivement sur les accoudoirs de la chaise.

« Votre conseiller... Merlin Sylestri... a été amené chez nous... Il... a succombé il y a peu, malgré nos soins. Je suis navré... »

Ronce sentit son sang quitter son corps. Si elle n'avait pas été assise, elle aurait sombré. La reine porta une main à son front, inspirant longuement pour ne pas craquer. Une boule d'angoisse lui étreignait la gorge. Néanmoins Ronce tint bon. Les larmes devaient êtres versées seulement dans l'intimité. C'est d'une voix blanche qu'elle s'adressa au médecin.

— Ne vous en voulez pas. Vous avez fait de votre mieux. Veillez seulement à ce que sa dépouille soit ramenée en France, je vous prie.

Merlin n'avait ni famille, ni amis. Du moins pas à la connaissance de Ronce. Il lui faudrait assister aux obsèques.

Le médecin se retira prestement, laissant derrière lui un froid sépulcral. Ronce enserra ses mains, s'empêchant de trembler.


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Ashes Dice
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Ashes Dice
Ven 2 Jan - 23:48
« Que diriez vous d’aller boire un thé ? »

Esel retira immédiatement sa proposition de mouchoir avec une expression choquée. Cette femme était frappée d'hystérie et de folie passagère pour passer ainsi du coq à l'âne. Certes elle était enceinte. Mais cet état de fait ne justifiait pas tout. De plus il ne salirait pas les broderies de ses initiales avec la morve d'une hybride. Plutôt crever.
Ces chancres étaient une partie d'un patrimoine honteux que tout bon éméraldien préférerait renier. La gorgone en noire à la tête enrubannée avait beau se poser en parangon d'expertise magique, il n'en démordrait pas. Un bon hybride était un hybride mort. L'adage s'appliquait de même aux androïdes.

Formant un contraste saisissant avec sa cousine, la reine de France faisait preuve d'une retenue et d'une dignité qui ne la rendait que plus belle aux yeux du jeune comptable. Il ne lui fit pas l'affront de lui proposer son mouchoir. Au contraire. Esel posa une main discrète et chaleureuse sur l'épaule -non abimée- de la jeune femme. Il lui offrait là le support solide mais subtile d'un gentleman et d'un ami.

Ce qu'il espérait tendrement devenir à l'avenir.

Cette femme affolait les battements de son cœur et ça n'était clairement pas à cause des décolletés "à la Française".

-Mes plus sincères condoléance, votre majesté, murmura-t-il, recueilli.

Sa commisération était plus que sincère. La mort était une vieille compagne pour lui. Un peu trop présente et ponctuelle.


Ashes Dice
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