[An 1] Confrontation féerique

 :: L'Europe :: Royaume-Uni Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Mary Poppins
Invité
avatar
Mary Poppins
Sam 20 Déc - 23:35
L'admiration que portait Mary Poppins à la Sainte Albion ne s'était pas amoindrie depuis qu'elle y avait posé les pieds. Bien au contraire. Leur thé était des plus exquis, de même que leurs manières. Et leurs coutumes étaient si pittoresques ! La gouvernante se sentait chez elle, plus Anglaise que jamais. Avec cela, elle menait un travail chez une famille des plus charmantes qui ne cessait de la complimenter, aussi bien entre eux que durant leurs garden-partys.

Mary Poppins s'était retrouvée dans un Eden à sa mesure. Et son orgueil ne faisait que gonfler jour après jour.

Malheureusement tout bonheur est éphèmère.

Des rumeurs se propagèrent au sein de la petite bougarde campagnarde. On suspectait une fée, cachée au sein des bois avoisinants, d'y attirer les enfants pour mieux les perdre. La paix laissa place, peu à peu, à la tension. Mary sentait les regards s'assombrir à son approche. Dans peu de temps on l'associerait à cette fée inconnue. Chose qu'elle ne pouvait tolérer.

Profitant de son jour de repos, Mary Poppins se vêtit comme pour mener une promenade. En habits de dimanche, son parapluie au poignet malgré le beau temps qui s'annonçait, elle se rendit au sein des bois. La trentenaire se laissa guider par les flux magiques, certaine de trouver la responsable au bout.

Elle arriva ainsi jusqu'à une clairière. On pouvait deviner, à l'herbe aplatie, que de nombreuses personnes étaient passées par ici. Et ce, récemment.

La gouvernante frappa, avec son parapluie, le sol par trois fois, comme si elle annonçait la lever du rideau.

« Inutile de te cacher davantage. Nous sommes fées toutes les deux. Je souhaite simplement discuter. »

Et, accessoirement, mettre les choses au clair.
Mary Poppins
Revenir en haut Aller en bas
Willow
Invité
avatar
Willow
Ven 26 Déc - 20:50
See the fading sun
Every light has gone
You should run
If you want to flee by your own ! ♫

In this world of mine
Months and days you'll stay
Maybe even more
If you don't find your way ! ♫

Croquant dans une pomme bien rouge, Willow continua à chantonner la petite comptine qui, psalmodiée d'une voix fantomatique, faisait hérisser les cheveux sur le crâne des enfants perdus. Ces petits suivaient sans réfléchir ses feux-follets dès la lisière du bois, échappant à la surveillance des parents, piqués par la curiosité. Et quand bien même il n'y avait pas de marécages dans cette région, ça n'empêchait pas la jolie rousse de les entraîner toujours plus loin dans la forêt, de plus en plus sombre à la mesure que la cime des arbres se faisait plus épaisse, empêchant les rayons du soleil de passer à travers.

Ainsi s'amusait la jeune celte, partageant son temps entre perdre de pauvres âmes humaines dans les profondeurs des bois, et donner des dons malicieux et toujours à double tranchant à qui le souhaitait. Il en resterait toujours quelques-uns trop téméraires et inconscients pour écouter ce qu'ils pensaient être des contes de bonne femme.

Mais Willow n'était pas un compte de bonne femme, par la Déesse ! Et elle comptait bien le prouver !

Jusqu'à ce qu'une étrange femme ne fasse son apparition, un beau jour. Stricte, vêtue de noire, elle était le contraire de la joviale rouquine, laquelle descendit de son arbre pour faire face à la nouvelle venue.

    - Quelle triste image tu offres, dis-moi ! Tu aurais bien davantage ta place dans une prison ou un cimetière, plutôt que dans cette belle forêt !


Puis, jetant son trognon de pomme derrière elle, elle s'approcha de la nouvelle venue. Quel terrible contraste elle offrait toutes les deux ! Elle, la brune, cheveux tirés en arrière, serré en un chignon très classique, vêtue de noir et à la mode anglaise. Et elle, la rousse, les cheveux frisés et emmêlés, avec des brindilles et des feuilles, et sa robe colorée, tâchée de boue et de suc de pissenlits !

    - Alors, que viens-tu faire ici ? Apprendre la botanique ?


Le ton était moqueur et vivace. Willow s'interrogeait réellement, cependant.
Willow
Revenir en haut Aller en bas
Mary Poppins
Invité
avatar
Mary Poppins
Sam 27 Déc - 21:46
Si jeune. Ce n'était, après tout, pas si étonnant. Il n'y avait que la fougue de la jeunesse, et l'absence de sagesse, pour être à l'origine de tels actes. Mary Poppins observa son interlocutrice de bas en haut, notant les moindres défauts. Ce n'était qu'une fée vagabonde, un électron libre, préférant se vautrer dans la boue que d'entrer dans le monde des adultes. Elle avait même le verbe piquant, la moquerie bien placée.

« Avant tout, on se présente qu'on est bien éduqué. Mais de toute évidence vos géniteurs ont omis de vous enseigner les rudiments de la politesse. A moins que vous les ayez vous-même oubliés. »

Avisant une souche, Mary y posa les fesses. Elle fit tourner le pommeau de sa canne entre ses doigts.

« Je ne suis point botaniste, mais gouvernante. Vous avez déjà probablement entendu mon nom. Je suis Mary Poppins. »

La fée laissa passer quelques secondes. Elle s'attendit à des applaudissements, à des exclamations de joie, voire à une révérence. Mais rien. En plus d'être impolie, la demoiselle semblait être d'une ignorance crasse. Mary en fut si vexée qu'elle renifla de mépris.

« Je suis là pour discuter de vos agissements. Je ne suis point votre mère, je ne suis pas disposée à diriger votre vie. Je souhaite simplement que vos... actions ne soient plus associées à ma personne. Je n'enlève pas les enfants, je les éduque ! »

La colère qui bouillait en Mary lui faisait perdre ses moyens. Son don se propagea dans son parapluie qui prit lentement vie. Le pomme à tête de perroquet se mit à cligner des yeux. Il posa son regard sur Willow. Sa voix n'était qu'un murmure grinçant.

« La patronne n'aime pas voir son honneur bafoué... »

Mary cligna à peine des yeux. Ce n'était pas la première fois que son parapluie recevait une dose de magie et se mettait à parler. Peut-être que cela désarçonnerait la rouquine.
Mary Poppins
Revenir en haut Aller en bas
Willow
Invité
avatar
Willow
Dim 4 Jan - 18:45
Willow haussa ses sourcils devant le ton autoritaire de cette femme qu'elle n'avait jamais vu. Pour qui donc se prenait-elle celle-là ? Pour sa mère ? Holly, la Déesse ait son âme, avait su l'élever de la meilleure façon qui soit, cette femme n'avait rien à redire ! Insolente, la rouquine reprit ses propos :

    - Tu devrais laisser mes parents en dehors de tout cela, tu n'as pas le droit de juger leur travail ! Ici, c'est toi la mal éduquée. Tu viens sur mon territoire, tu te permets de me convoquer et de me faire la morale, mais c'est toi l'intruse qui devrais te présenter la première ! Tu sauras mon nom quand je connaîtrais le tien !


Finalement elle se présenta, pompeuse, fière d'elle. Mary Poppins ? Peut-être l'avait-elle déjà entendu, peut-être que non. Quelque chose disait à Willow que les enfants qui s'aventuraient dans la forêt ne l'avaient assurément pas pour gouvernante. Pour le coup, la rouquine pencha simplement la tête sur le côté, aucunement impressionnée par sa visite inopinée. Mais la voir avoir un reniflement dégoûté mis le feu-follet en joie.

    - Pas vraiment, non. Pour ma part, on m'appelle Willow, et contrairement à toi qui semble emprisonnée dans un carcan de bonnes manières et d'étiquette, je suis libre comme le vent et les herbes sauvages.


Ses agissements ? Que voulait-elle dire par là ? À mesure que Mary parlait, Willow l'écoutait, les bras croisés, sans vraiment comprendre où elle voulait en venir, jusqu'à ce que la lumière se fasse dans son esprit... ça y est, elle avait compris. Et l'intervention du parapluie n'y était pour rien, elle était même inutile ; cependant, cela fit sourire Willow.

    - Tu as une bien terrible patronne... je me demande si elle se sert de toi pour donner des coups de canne aux enfants qui ne sont pas sages.


Quoiqu'il en soit, il y avait effectivement un problème à régler. Pour autant, ce problème ne concernait pas la rouquine !

    - Malheureusement, je ne vois pas ce que je pourrais faire pour toi. Est-ce ma faute si les humains son suffisamment idiots pour mettre toutes les fées dans le même sac ? Il est clair que malgré tous tes talents et les services que tu leur rends, ils ne te font pas confiance... alors il me semble que tu trompes de cible.


Ses lèvres s'étirèrent en un sourire malicieux.
Willow
Revenir en haut Aller en bas
Mary Poppins
Invité
avatar
Mary Poppins
Dim 4 Jan - 22:27
Parapluie et propriétaire s'échangèrent un regard. Ils venaient de tomber là sur une fée qui n'avait pas sa langue dans sa poche. L'orgueil de Mary avait été piqué au vif. Son éducation était stricte, comme il se doit. Mais jamais elle n'irait frapper un enfant !

« Ne me prête pas des airs de Croquemitaine, petite. »

Mary Poppins se releva, mains croisées sur la manche de son parapluie. Cette enfant méritait une bonne correction. Malheureusement la gouvernante n'avait rien amené qui pourrait lui servir à corriger une demoiselle. Ne lui restait que son fidèle parapluie.

Mary n'aimait pas spécialement user de son pouvoir. Mais autant tenter le tout pour le tout.

« Tu pourrais faire bien des choses. Comme laisser échapper, malencontreusement, une de tes victimes qui pourrait te décrire avec exactitude. Une fée comme toi, tu n'es pas vexée à l'idée d'être confondue avec moi ? »

Il fallait toucher la demoiselle, effleurer son orgueil, titiller sa vanité.

Dans son aveuglement, Mary Poppins ne remarquait pas combien l'orgueil de Willow était semblable à la sienne.

« Si tu ne te montres pas sage, je serais obliger de sévir. »

Le ton froid de Mary annonçait que ce n'était pas une menace en l'air.
Mary Poppins
Revenir en haut Aller en bas
Willow
Invité
avatar
Willow
Dim 18 Jan - 18:26
    - Je ne t'en prête pas, tu les possèdes déjà !


Insolente, Willow ne pouvait s'empêcher de tourner Mary en bourrique. Elle représentait typiquement la grande personne sage, stricte, mature et qui respectait scrupuleusement les différents codes et étiquettes de la société. Une attitude que la rouquine abhorrait. En écoutant la proposition de la gouvernante, le Feu-Follet écarquilla d'abord les yeux avant de partir d'un grand rire.

    - Que je laisse s'échapper une victime ? Voyons, tu n'y penses pas ! Je ferais un bien mauvais Feu-Follet si je laissais ma proie s'échapper si facilement !


Toutefois, les dernières paroles de Mary la titillaient. Qu'elle soit confondue avec cette porte de prison ? Oh que non ! Mais Willow cacha bien sa répugnance. Là où cette femme vêtue de noir fulminait littéralement, la jolie rousse gardait son calme et son sourire, l'air de se jouer avec ravissement de la situation.

Son sourire facétieux se fit cependant bientôt plus félin, plus sérieux et plus menaçant aux dires de la gouvernante. Sévir ? Elle pensait vraiment lui faire peur de la sorte ? Willow, son grimoire en main, était prête à l'ouvrir pour user d'un de ses sortilèges afin de nuire à cette femme.

    - Pour qui donc te prends-tu, vieille grincheuse ? Je te préviens gentiment cette fois, mais si tu cherches à me nuire, prépare-toi à recevoir une bonne leçon !


Une étincelle brilla l'espace d'une seconde au bout de ses doigts. Intérieurement, elle bouillait, et il n'en faudrait pas plus pour que le feu ne se mette à gronder dans la paume de sa main. Elle souriait toujours, insolente, dans l'attente de voir si sa comparse allait enfin se montrer raisonnable.
Willow
Revenir en haut Aller en bas
Mary Poppins
Invité
avatar
Mary Poppins
Mar 20 Jan - 19:14
Inutile de reculer. Les jeux étaient faits, comme le disaient les Romains. La gouvernante avait vu, brièvement, la lueur magique brillait au bout des doigts du feu-follet. Les hostilités étaient lancées, et l'orgueil de Mary Poppins était bien trop vaste pour que la femme s'excuse. La Canadienne ne pouvait que se lancer dans un duel magique, lançant les dés du hasard à la face du destin.

« Fort bien, puisse qu'il doit en être ainsi. »

La fée planta le parapluie dans la terre, et posa ses mains l'une contre l'autre, paumes contre paumes. User de la magie pour des choses aussi futiles ne lui plaisait guère. Mais elle n'allait pas laisser une enfant gagner contre elle !

Le regard de la fée se fixa sur le grimoire tenu par Willow. Le livre se mit doucement à vibrer, la vie s'infiltrant entre ses pages. Le grimoire s'ouvrit largement entre les mains du feu-follet, telle une bouche dont chaque page ne serait autre qu'une dent. Comme toute bouche qui se respecte, le livre referma ses mâchoires sur de la viande : ici, les doigts de Willow.

Ce n'était là qu'une petite escarmouche pour détourner l'attention de la cible. Mary fouilla dans ses poches, cherchant un objet pour l'aider. Ses doigts agrippèrent le mètre-ruban qu'elle utilisait pour mesurer les enfants. Laissant la magie se glisser dans l'objet, la gouvernante lança le mètre-ruban sur Willow. Sinuant tel un serpent, le mètre s'enroula autour du corps de Willow, l'enserrant dans ses anneaux.

« J'attends ta leçon, ma chère. »

Même si Mary avait lancé cette phrase sur un ton acerbe, la fée était loin de se déclarer encore vainqueur. Les fées vivant au sein de la nature connaissaient bien des secrets, et savaient tirer profit d'une situation.

Citation :
Je crois que ça fait bien longtemps que je n'ai pas joué de battle magique. J'espère me rôder rapidement pour t'offrir un duel digne de ce nom ! :sword:
Mary Poppins
Revenir en haut Aller en bas
Willow
Invité
avatar
Willow
Jeu 22 Jan - 0:58
Elle ne manquait vraiment pas d'air, cette Mary. D'abord elle osait se pointer sur le territoire de la fée rousse, puis elle la convoquait et lui donnait l'ordre de renoncer à ce qui faisait d'elle ce qu'elle était ! C'était comme si Willow lui imposait de ne plus éduquer les enfants ! Cela lui ferait peut-être du bien d'ailleurs, la dériderait.

Quoi qu'il en soit, la situation était sérieuse, et la jolie rousse était de plus en plus irritée, tel un feu qu'on alimente de plus en plus, jusqu'à devenir indomptable, incontrôlable. C'était la nature profonde de la fée : jamais, au grand jamais Willow ne se laisserait manipuler, contrôler par qui que ce soit ou quoi que ce soit. Jamais. Plutôt mourir que souffrir des chaînes ou une cage dorée.

Mary attaqua la première, délaissant son parapluie pour enchanter le grimoire recelant les créations de la rousse, qui s'anima et se referma sur la main de Willow, lui mordant littéralement les doigts. La jeune femme grimaça, mais soutint la douleur. Mais pendant ce temps là, la gouvernante avait ensorcelé un mètre ruban qui vint s'enrouler autour de la fée, la maintenant immobile.

Elle attendait sa leçon ? Elle allait l'avoir.

Willow était maintenant très en colère. Sa main libre brilla, et une boule de feu en jaillit, enflammant le mètre-ruban qui l'immobilisait. Les lambeaux de l'objet tombèrent à terre, fumants. Une deuxième boule de feu, lancée par la rousse, attaqua la gouvernant de plein fouet, brûlant son corsage, sa peau, ses mains. Le temps pour la fée d'éteindre l'incendie, Willow se débarrassa de son livre, l'ouvrant avec force et le jetant à terre, le maintenant sous son pied pour l'empêcher de s'attaquer de nouveau à elle.

Se baissant, elle attrapa au passage une page du grimoire, et plaqua sa main dessus, créant à l'aide de sa magie une multitude d'arcs et de flèches, autour de Mary. À chaque arc était encochée une flèche enflammée, et Willow elle-même tenait une arme entre ses mains, dont l'une était ensanglantée. Une nouvelle salve de flammes traça un haut mur de feu autour de la gouvernante, l'empêchant de s'enfuir, en plus de la menace des flèches. Willow contrôlait le feu : des flammèches s'envolaient parfois du mur pour attaquer Mary au visage, au cou, aux mains. Ils n'en résultaient pour le moment que de petites brûlures, mais cela pouvait empirer.

    - En as-tu assez ou est-ce que je ne me suis pas encore fait bien comprendre ?


Le ton de Willow se voulait léger, assuré, mais la colère couvait dans sa voix, et ses yeux bleus rieurs s'étaient anormalement assombris.
Willow
Revenir en haut Aller en bas
Mary Poppins
Invité
avatar
Mary Poppins
Jeu 22 Jan - 22:41
Mary Poppins avait serré les dents du mieux qu'elle pouvait, ne voulant pas voir le sourire du feu-follet s'élargir. Oh non, elle n'allait pas lui faire ce plaisir d'hurler, telle une suppliciée face à son bourreau. Les mains de la gouvernante tapotaient les flammes, les éteignant au risque de se brûler la paume des mains. Ce qui ne manqua pas d'arriver. Les flammes avaient eu le temps de grignoter sa robe, dévoilant une partie de son corset.

Heureusement qu'aucun homme ne se trouvait dans les parages. Quelle humiliation sinon !

La chaleur du brasier magique fit rapidement suer la gouvernante. Sa coiffure, auparavant tirée à quatre épingles, se défaisait lentement. De multiples mèches volaient en tout sens, quand elles ne se collaient pas à son front humide. Mary Poppins inspira l'air : celui-ci sembla lui brûler les poumons, comme si le feu était omniprésent. Face à elle, Willow se tenait fièrement, armée, prête à tuer si nécessaire.

Elle ne plaisantait pas.

« Oh tu as été très compréhensible, jeune fille. Mais vois-tu... J'aime avoir le dernier mot. »

La gouvernante tâcha d'ignorer les flammèches qui se jetaient sur elle, son regard se concentrant sur les armes qui la visaient. Lentement, les arcs bougèrent, leurs flèches se tournant pour viser Willow. L'exercice était différent de quand Mary insufflait de la magie dans un objet réel. Ici les armes étaient la création d'une autre entité, les flux magiques étaient différents.

Cela lui rappela, furtivement, la fois où elle avait du contrôler un livre au sein d'un tableau magique. Une expérience intriguante.

« Être touchée par tes propres créations, voilà qui serait doucement ironique. N'est-ce pas ? »

Mary tendit la main. Son parapluie vint à sa rencontre, tel un chien docile. La main de la fée se referma sur le pommeau, son bras se tendit, pointant la pointe du parapluie en direction des flammes. Le parapluie se mit à tourner. Telle une hélice, il brassait le vent, obligeant les flammes placées juste en face à se coucher. Mary avançait pas à pas, tête baissée pour éviter qu'une flammèche ne lui brûle le visage. Elle finit par sortir du cercle, et abaissa son parapluie.

« Aurais-tu un autre tour dans ton sac à malice, jeune fille ? »

Sous son sourire hypocrite, la gouvernante fulminait. Cette dévergondée venait de ruiner sa robe du dimanche!
Mary Poppins
Revenir en haut Aller en bas
Willow
Invité
avatar
Willow
Dim 1 Fév - 18:14
Willow manipulait ses flammes comme un virtuose fait danser son archer sur les cordes d'un violon. Tout était subtil, il ne s'agissait pas de balancer un brasier grondant directement sur la gouvernante tout de noire vêtue. Non au contraire, il fallait qu'elle souffre, un peu, beaucoup, mesurément, afin qu'il lui reste suffisamment de sensibilité pour continuer à ressentir douleurs et brûlures.

La rouquine employait les grandes lignes de sa magie pour chasser l'intruse. Cercles de flammes, multitudes d'arcs et de flèches enflammées, pointées sur l'orgueilleuse dame et prêts à décocher. Mais Willow avait en face d'elle une fille de la même race qu'elle, dotée de pouvoirs qu'elle savait utiliser à son meilleur avantage...

La rouquine pesta intérieurement quand les flèches se tournèrent vers elle et que Mary traversa les flammes en se protégeant de son stupide parapluie parlant. Elle aimait avoir le dernier mot ?

Dommage pour elle, elle ne l'aurait pas cette fois.

Laissant échapper un soupir agacé, Willow baissa son propre arc et jeta une flammèche sur la boule de papier froissé à ses pieds, la faisant disparaître : aussitôt les arcs pointés vers elle disparurent.

    - Si tu crois que je vais te laisser faire, tu te trompes lourdement.


Son sac à malices ?! Willow rêvait-elle ou Mary la prenait-elle vraiment pour une magicienne de bas étage ? Elle allait regretter son impertinence !! Willow ne pouvait dorénavant utiliser ses créations artistiques, mais elle connaissait d'autres façons de se battre !

Nouvelle boule de feu dans la paume de la jeune femme, plus importante, plus violente encore ; elle la projeta sur le parapluie, s'acharnant afin que la toile brûle entièrement. Puis quand Mary eut lâché son bouclier de fortune, Willow abattit violemment sa main sur la joue de la gouvernante, lui donnant un vigoureux soufflet. Mais elle ne s'arrêta pas là. Elle ne lui laissa pas le temps de se remettre droite que la rousse lui avait attrapé son ridicule chignon et lui tirait maintenant les cheveux.

    - Sors. De. Ma. Forêt.
Willow
Revenir en haut Aller en bas
Mary Poppins
Invité
avatar
Mary Poppins
Ven 6 Fév - 1:15
The Man With the Machine Gun by 植松伸夫 on Grooveshark

Citation :
Music epic for the epic battle ! Oh et Mary a viré en mode bitch, t'as réveillé le monstre en elle Willow. :pwease:

Son parapluie ! Son sublime parapluie venait d'être brûlé par cette odieuse gamine ! Le pauvre manche, à tête de perroquet, hurla de douleur. L'objet se mit à rouler au sol, essayant d'étouffer les flammes.

Mary se retrouva , elle aussi, à terre. Le soufflet de Willow l'avait sonné et, avant qu'elle ne comprenne ce qui lui arrivait, elle sentit ses cheveux se faire tirer en arrière. La pression était telle que sa nuque ployait, lui arrachant un cri de douleur.

Oh la garce ! Quelle ignoble garce !

« Ta forêt ? Aurais-tu marqué ton territoire par un cercle magique, ma petite ? Ou tu t'es soulagée contre les arbres ? »

La fureur avait fait tomber les derniers remparts de bon sens, et de politesse, que possédait Mary.

La gouvernante donna un grand coup de tête en arrière. Elle sentit quelque chose craquer contre son crâne, tandis que la pression sur sa nuque se relâchait. La femme patina à quatre pattes dans la boue, se retournant dès qu'elle en eut l'occasion. Un sourire étira sa bouche à la vue du sang qui coulait du nez, blessé, du feu-follet.

« Je vais t'apprendre la politesse, crois-moi. »

Mary Poppins se remit debout pour mieux se ruer contre Willow. Le poing de la gouvernante vint frapper la rouquine dans le ventre, envoyant valdinguer les deux femmes. Malchance pour elles, elles dévalèrent le long d'une pente non sans se frapper, chacune à leur tour, s'arrachant les cheveux à pleines poignées. La joute magique se transformait en duel de gamines, prêtes à s'arracher leurs vêtements pour vaincre l'autre.

La chute se termina dans un marais, vaseux au possible. Des deux mains, Mary Poppins plaqua ses cheveux trempés en arrière. Avec sa mine décoiffée, sa robe trempée et son visage grimaçant, la gouvernante
avait l'allure d'une hystérique. Ou d'un monstre sorti tout droit d'une histoire à faire frémir les enfants.

Mary leva haut les jambes, ses bottines s'enfonçant dans la vase spongieuse.

« Viens ici, que je te mette la fessée que ta mère ne t'a jamais donné ! »

La gouvernante tendit ses bras en avant, ses doigts formant comme des serres qui allaient agripper Willow.
Mary Poppins
Revenir en haut Aller en bas
Willow
Invité
avatar
Willow
Ven 6 Fév - 23:39

Citation :
J'ai encore plus épique ! Et boudiou, ça va vraiment mal finir cette histoire ! Huhu! :lanceflamme:

Willow eut un rictus, mélange de cruauté et de moquerie, aux propos et au cri de douleur de la stupide petite gouvernante. Elle qui était si bien tirée à quatre épingles, la voilà qui était à moitié échevelée et qui pérorait des obscénités ! Et ça osait parler de dignité. La rouquine s'en donnait à cœur joie, dans sa grande colère.

Mais la vieille carne se rebella vigoureusement, secouant la tête qui alla cogner contre le nez de Willow. Sentant la douleur et le sang qui coulait sur son visage et dans sa gorge, le Feu-Follet lâcha sa prise et porta ses mains à sa blessure, tête penchée en avant pour ne pas avaler son hémoglobine. Elle se redressa peu après et jeta un regard meurtrier à Mary, crachant à terre le sang qui avait coulé dans sa bouche. Ce n'était pas un nez saignant qui allait l'arrêter !

    - Garde tes stupides leçons pour toi, vieille peau !


Elle ne put éviter le coup de poing de la femme, qui vint lui couper la respiration comme il s'enfonçait dans son ventre. Willow bascula en arrière, non sans avoir au passage agrippé la chevelure noire comme les ailes d'un corbeau de Mary, l'entraînant avec elle dans sa chute. Elle griffa sauvagement la femme au visage et au cou, véritable furie enflammée qui ne pensait plus qu'à une chose : lui faire du mal, par tous les moyens.

Leurs roulades le long de la pente se terminèrent dans l'humidité d'un marais, en contrebas. Tombée tête la première dans l'eau vaseuse, Willow toussa et cracha plusieurs fois en rabattant ses cheveux de feu en arrière. Elle rouvrit les yeux juste à temps pour voir Mary plonger sur elle, toutes griffes dehors.

    - NON !


Ivre de colère, Willow activa de nouveau son pouvoir, et ses bras ainsi que ses cheveux devinrent littéralement des flammes. Des gerbes enflammèrent la peau des mains de la gouvernante qui tentaient de se refermer sur la chair de la rouquine, mais en vain. Elle ne trouva qu'un foyer rougeoyant et dangereux. Ignorant les cris de Mary, Willow dut se contrôler pour rendre à au moins un de ses bras un aspect humain ainsi qu'une tangibilité correcte. Ainsi, elle attrapa la tête de la femme et la plongea dans l'eau vaseuse du marais, lui tenant fermement les cheveux. Lorsqu'elle la sortit de l'eau, ce fut pour lui crier dans les oreilles.

    - Tu ne gagneras pas contre moi ! Renonce et je te laisse la vie sauve. Continue et tes cendres iront nourrir les racines des mandragores !


Elle ne plaisantait pas. Il y avait dans les yeux bleus de Willow une lueur meurtrière qui ne lui était pas commune.
Willow
Revenir en haut Aller en bas
Mary Poppins
Invité
avatar
Mary Poppins
Sam 7 Fév - 23:02
L'eau s'engouffrait dans la bouche de Mary, dans ses narines, l'empêchant de respirer. La fée tentait bien de se débattre, de relever la tête pour inspirer une goulée d'air. Mais la poigne de Willow la ramenait bien vite sous l'eau, l'obligeant à avaler l'eau vaseuse. Les poumons de la gouvernante brûlaient, criaient grâce. Mais l'orgueil de la Canadienne tâchait de passer outre les appels de son corps. Son esprit serait plus fort que son corps. Elle en était convaincue.

Ses doigts s'enfoncèrent dans la vase, tâchant de trouver un point d'appui pour se redresser. Dans la panique, Mary avait totalement occulté son pouvoir. Mais après tout, à quoi aurait-il bien pu lui servir ? La fée n'avait aucun objet sous la main, capable de lui prêter assistance. Elle ne pouvait compter que sur ses propres capacités, et faire fi de la magie.

Sentant un galet sous la paume de sa main, la fée referma ses doigts dessus. Dès qu'elle put remonter à la surface, la gouvernante passa sa main au-dessus de son épaule, et frappa de toutes ses forces avec son galet. La pierre heurta la chair dans un bruit ignoble, qui fit couler un frisson le long de la colonne vertébrale de la Canadienne. Mais elle continua, frappant aveuglèment, jusqu'à ce que la rousse déserre son étreinte.

Du sang maculait le visage et les vêtements des deux fées, traces de leur duel.

Dès qu'elle se sentit libre, Mary recula à grandes enjambées, tâchant de rejoindre la berge au plus vite.

« Il suffit, fillette. Restons-en là. Je n'ai pas envie de faire sacrifice de ma vie pour apaiser l'orgueil d'une cadette. »

Mary serra les dents. Tout son corps n'était plus que douleurs. Contrairement à Willow, elle n'avait plus vingt ans et son corps n'était pas habitué à de tels exercices.

Une voix, frêle, brisa le climat instauré par le duel des fées.

« Je me suis perdu ! »

Un petit garçon, d'à peint sept ans, se tenait à quelques pas d'elles. L'enfant avait les yeux levés vers le ciel, semblant chercher dans le firmament le moyen de retrouver sa route. Au vu de sa mise, ce devait être un enfant d'une famille lambda du village proche. Il évoquait même quelque chose à l'esprit de Mary. La gouvernante avait du croiser sa route, lors d'une course ou d'une promenade, avec les enfants de son patron actuel.

L'enfant laissa retomber son regard et se tourna vers le marais. Un « AH » surpris s'échappa de sa bouche tandis qu'il bondissait en arrière. Ses grands yeux bruns scrutaient les deux femmes. Mary s'étonna qu'il n'ait pas remarqué leur présence avant, au vu du tapage qu'elles avaient provoquées. Le garçon sembla reprendre contenance mais on voyait, dans son regard, que la crainte demeurait.

« E-Excusez-moi... V-vous connaissez le chemin menant au village ? Je suis perdu... »

La question fit tambouriner le sang aux oreilles de Mary. Elle sentait le sourire de Willow sans le voir. S'extrayant du marais à grands gestes, la gouvernante accourut auprès de l'enfant. Ses mains glacées se posèrent sur les épaules du garçonnet qui trembla.

« Je connais le village. Je viens t'y ramener. »

Ces paroles tenaient davantage de l'ordre que de la proposition. Déjà Mary poussait lentement l'enfant, l'éloignant au plus vite de Willow.
Mary Poppins
Revenir en haut Aller en bas
Willow
Invité
avatar
Willow
Sam 14 Fév - 23:36
Aveuglée par la fureur, Willow ne ménageait plus ses forces pour faire rendre gorge à cette maudite magicienne qui aimait tant la compagnie de ces idiots d'humains ! Elle était venue au sein de la forêt pour l'attaquer et la provoquer, aussi ne récoltait-elle que ce qu'elle avait semé ! Il ne faut jamais contrarier un Feu-Follet...

Feu-Follet qui n'était plus aussi embrasé à présent puisqu'il pataugeait dans la boue et la vase, enfonçant toujours davantage la tête de Mary dans le marais, l'empêchant de respirer l'air frais chaque fois qu'elle réussissait à sortir la tête de l'eau. Courroucée, la rouquine ne se souciait même plus de savoir si elle allait résister encore longtemps ou si elle n'allait pas tarder à rendre son âme pourrie à la Déesse.

Mais elle ne s'avoua pas vaincue pourtant : armée d'une pierre, elle frappa à plusieurs reprises le front de la rouquine ; cette dernière lâcha finalement prise, voyant des étoiles et ne tenant plus debout. À son tour, elle vacilla et tomba dans le marais, sonnée et ensanglantée. Il lui fallut quelques minutes pour se redresser et revenir sur la berge.

    - Tu oses... parler d'orgueil... toi ?...


Sa tête lui faisait mal, elle était épuisée, son ennemie aussi. Et c'est là qu'un enfant surgit. Willow ne le vit pas, mais entendit sa voix, pleine de peur et de détresse. Un rictus mauvais lui tordit la bouche ; et si Mary assistait à la fin tragique de cet enfant, ne serait-ce pas ô combien amusant ?

Mais la gouvernante prit les devants ; Willow entendit les éclaboussements de l'eau tandis qu'elle en sortait, et se précipitait sur le gamin pour le ramener très vite à la ville. La rouquine laissa faire. Elle s'était bien amusée aujourd'hui, et elle était crevée. Aussi ne bougea-t-elle pas, et laissa partir la fée et l'enfant.

    - Retourne près des tiens, chienne... près des humains... c'est là qu'est ta place ! Tu ne vaux guère mieux qu'eux !


Elle parla assez fort pour que Mary l'entende, et avant qu'elle ne disparaisse entre les fourrés de la forêt. Quand Willow eut la force de rouvrir les yeux, le visage ensanglanté, ce fut pour regarder le bleu du ciel s'assombrir à l'approche de la nuit.
Willow
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Contes Défaits :: L'Europe :: Royaume-Uni-
Sauter vers: