Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Ven 2 Jan - 15:30
Teague se reposait dans sa cabine. Les pieds sur la table -dérobée en Angleterre- il était affalé sur son fauteuil – prit en Italie. La cabine de Teague était une vraie mine d'objets volés de toutes sortes, chacun ayant un prix plus ou moins inestimable. Sur cette table se trouvait une bonne vingtaine de bibelots et de parchemins en tous genres -volés, bien sûr. Sur cette autre bibliothèque, une collection de livres -volés- valant ensemble au moins un navire entier. Dans le fond, des coffres, déjà remplis d'or et de pierres précieuses. Sur le mur, une collection de masques et de tapisseries, pris un peu partout en Afrique et en Orient. Tout était là, mélangé à une odeur de vieux papier et d'encens en tout genre. Sur les objets plus anciens, on pouvait sentir la poussière rien qu'à les regarder. Teague était donc là, assis sur ce fauteuil italien datant de plusieurs siècles, les bottes sales posées sur une table conçue par un expert, les yeux paisiblement fermés. Cela faisait six jours qu'il avait donné rendez-vous au prince de France, rencontré par un hasard des plus total.
Il leva le visage au plafond et chercha dans sa chemise. Il en sorti le médaillon argenté de la famille royale française. Il l'observa encore un peu. Bientôt, grâce à la promesse de ce médaillon, il serait encore plus riche. Il fouilla à nouveau dans sa chemise, il en sorti cette fois l’artefact qu'il avait récupéré pendant son voyage. Il luisait encore constamment d'une lueur rouge. Il le posa sur la table et l'observa à nouveau. Cette fois, il était tantôt rouge, tantôt bleu, tantôt vert. Il s'enfonça un peu plus dans son fauteuil.


-Hm... Étrange.

On frappa à la porte. Teague rengea l'artéfact.

-Entre.

Aouan entra et avança vers la table.

-C'est Munich. Il ramène le gamin et son valet.
-Enfin. Soit prêt à partir, on dégage dès que possible.
-Compris

Teague sorti alors qu'Aouan criait déjà les ordres de départ et posa un pied sur le bastingage. Ils étaient là, dans la barque. Munich ramait comme d'habitude, et le prince et son valet étaient assis en face de lui. Teague regarda le ciel, on était en pleine après-midi.

-Eh bien. Six jours pile. Tu sais tenir parole, gamin.

Il lui tendit un bras pour l'aider à monter, mais laissa le valet se débrouiller seul.

-Navré pour le moyen de transport précaire pour arriver jusqu'ici, mais je ne pouvais pas rester prêt du port.

Il se tourna vers la barque.

-Merci Munich ! Tout est ok !

Et la barque repartit doucement vers la plage.

-Je devais donc me trouver une digue un peu à l'écart.

A peine avait-il finit de parler que le navire s'en alla vers l'est. Il se tourna vers Ciel en souriant.

-Direction Le Havre ?
HRP:
 
Teague « Sharpeye » North
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Prince Ciel
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Prince Ciel
Ven 9 Jan - 21:19

– Hâte-toi, Valet !

Le majordome n'était, manifestement, pas accoutumé au maniement des rames dans un contexte maritime. Il avait l'habitude d'emmener le prince en promenade sur le lac, au sein d'un canot blanc d'un style des plus raffinés, contrastant fortement avec la barque crasseuse et délabrée dans laquelle ils se trouvaient présentement... La houle des vagues n'avait rien à voir avec l'eau lisse du lac et la progression demeurait lente.
Le valet dut réprimander, toujours dans la limite de ses droits, plusieurs fois le jeune prince qui, tout à son excitation, oubliait tout geste de prudence. Il se tenait quasiment debout à l'avant de la modeste embarcation, le nez pointé vers le rafiot imposant qui se découpait dans le ciel bleu. Un sourire ravi s'épanouissait sur ses lèvres pâles.

L'odeur de la mer emplissait le nez, la gorge et les poumons de Ciel. Il hésita à tremper ses doigts dans l'écume salée, mais le regard perçant de son valet l'en dissuada. L'eau de mer était certainement très mauvaise pour la santé... C'est pour cela qu'elle était, de même, aussi attirante.
Le trajet jusqu'au navire lui parut une éternité. Lorsque le canot fut remorqué, Ciel s'accrocha aux bords d'un air mal assuré, impressionné par les secousses pourtant moindres mais qui étaient toute représentatives de ce qu'était « la vraie vie ».
Son sourire ne réapparut que lorsqu'une poigne leste se referma sur sa petite main blanche. Il sursauta avant de reconnaître, malgré la capuche, la silhouette du pirate. Ciel le trouva bien plus impressionnant dans son environnement naturel.

– Ainsi vous êtes capitaine ? Ceci est votre esquif ?

Par réflexe, le valet lissa son col et son manteau et Ciel se laissa faire. Il détonnait franchement dans l'assemblée intriguée de pirates. On aurait dit une tache de javel sur une guenille.

Les cris de mouette, le souffle du vent dans les voiles, les grincements du bois humide, tous ces bruits semblaient cacophoniques aux oreilles de Ciel. Ayant passé toute la traversée jusqu'en Amérique confiné dans sa cabine, il n'avait pu expérimenter une telle effervescence.
L'apparence des marins était un autre élément ubuesque à prendre en compte. Ils étaient si laids et abîmés qu'ils en devenaient cocasses aux yeux du petit prince. Teague North était moins dégoûtant, mais il ne faisait aucun doute quant à la nature de ses activités... En témoignait le nombre et la taille des armes qu'il portait sur lui.

– Nous comprenons fort bien, mon valet et moi-même, répondit Ciel d'un air entendu, en réponse aux excuses du forban. Lorsqu'on est pirate, il est préférable de rester discret, ajouta-t-il sur un ton de confidence, comme s'il était particulièrement au fait de ces choses-là.

Le Havre ? C'était bien en France. Pourquoi pas.
Ce qui intéressait Ciel plus que toute autre chose, ce n'était pas la destination, de toutes façons. C'était le voyage. Il avait transposé tous ses désirs assoiffés d'aventure liés au Nouveau Monde sur ce périple océanique. Il imagina un instant la tête de Ronce si elle avait pu le voir... Ceci ne fit que sublimer l'éclat de son sourire. Ciel hocha la tête.

– Nous devons donc nous rendre... à la barre ? C'est bien cela qui permet de diriger le navire ? Je crois que l'on dit... En anglais... Oh, Valet, aide-moi, comment dit-on ?

– Larguez les amarres, sire ?

– Ah ! Oui ! Larguez les amarres !!

Ciel avait hurlé l'ordre, bras tendu et bouche ouverte. Il fut parfaitement choqué de constater qu'aucun matelot ne s'activait à la suite de son commandement.

Le petit prince se tourna vers son nouveau garde du corps.

– Que se passe-t-il ? Me suis-je trompé ? chuchota-t-il, sourcils froncés.


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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Lun 19 Jan - 23:45
Le petit prince hurla l'ordre habituel comme si cela était tout à fait naturel. Hurler dans le sens où il avait laissé pousser un petit cri de moucheron, ce qui, en un sens, est très amusant à regarder. Il se tourna ensuite vers Teague comme s'il était anormal que les marins n'aient pas réagi.

-Que se passe-t-il ? Me suis-je trompé ?

Teague équarquilla les yeux. Il laissa pousser un grand rire des plus sincères.

-HAHAHAHAHAHAHAHA ! Alors ça c'est la meilleure !

Il essuya la larme qui avait perlé de son œil avant de se pencher vers le prince avec un sourire sur les lèvres.

-Ecoute gamin, ici c'est moi qui donne les ordres. Tu pourras jaser autant que tu le souhaite, mes matelots n'écouteront que moi. De plus, avec le peu de son qui sort de ta bouche...

Il montra la vigie du doigt.

-... Pauvre Edgar là-haut n'a sûrement rien entendu. De ce fait, il suffirait de laisser pousser un peu plus de voix, comme ceci.

Il hurla de tous ses poumons.

-LARGUEZ LES AMARRES ! ON DEGAGE DE LA LES GARS, DIRECTION LE HAVRE !

Le serviteur du prince avait sursauté de peur, ce qui amusa le pirate. Il se tourna à nouveau vers le prince avec un grand sourire.

-Je vous fais faire le tour ?


Et il les emmena autour du navire. Il entra à l'intérieur du Red Wings et leur montra chaque pièce. La cuisine -sale-, les quartiers libres -sales-, la cale -sale- où était entreposé le rhum et les provision (mais surtout le rhum, c'est le plus important après tout), les quartiers de l'équipage -plus sales que jamais. Il passa devant les fers, mais n'y entra pas. Après tout, la crasse qui se trouvait là dedans était bien différente, et le sang n'était pas encore bien nettoyé. Il passait devant sans vraiment présenter le navire.

-Toutes ces pièces sont importantes pour le navire. Si l'une d'entre elle n'est pas bien tenue, c'est l'équipage entier qui est compromis.

Ils remontère sur la batterie.

-Il n'y a sur ce navire qu'un seul et unique chef.

Il se stoppa net et se retourna vers eux.

-C'est moi.

Il se remit en route. Tout cela n'était qu'une mise en scène pour lui,mais il s'amusait à la faire durer.

-Toute contestation sera sévèrement punie.

Il se retourna vers le serviteur et lui adressa un regard noir.

-Est-ce bien clair ?

Il attendit quelques secondes pour gêner l'homme et attendre qu'il détourne les yeux.

-Bien.

Il remontèrent sur le pont. Une bonne demie-heure s'était écoulée depuis qu'ils étaitent partis et le vent était favorable. Les rives américaines commençait déjà à disparaître. Il n'y avait presque aucune nuage et le ciel était très bleu.

-Il y a t-il questions ?

Le serviteur s'avança et désigna la porte de la cabine de Teague.

-Et cette pièce ? Vous ne nous la présentez pas ? N'est-ce pas là la cabine du cap...

Teague le coupa net et s'avança rapidement vers l'homme, pour se retrouver, de manière imposante, juste devant lui.

-Exactement, c'est la cabine du capitaine. Vous savez, vous les français, vous appelez cela comme vous voulez, mais en anglais, cela se dit « private quarters ». Private. Quarters. Ce qui veut dire Quartier privés. Ce qui veut dire que seul moi, et les personnes que je désignes sont autorisés à y entrer. Suis-je bien clair ?

Le serviteur balbutia ses mots.

-Ou...oui.
-Autre chose ?
-Où... Où allons-nous dormir ?

Teague se recula.

-Tu dormiras avec le reste de l'équipage. Le prince, lui, dormiras là où je le lui indiquerai.

Il regarda au ciel.

-Er... D'ailleurs, il me semble que l'on ai besoin de toi. A l'avant du navire, demande Aouan, mon second. Il a besoin de toi. Maintenant !

Dès que le serviteur fut parti chercher ce qu'on lui avait indiqué, il invita, d'un geste de la main le petit d'homme à le suivre vers la barre.

-Maintenant que la sangsue est partie faire la corvée pomme-de-terres, une question me brûle les lèvres. Pourquoi avoir accepté d'entreprendre un tel voyage ? La plupart des princes que je connais auraient simplement pris l'escorte royale.

Il arriva devant l'homme qui était à la barre et lui fit signe qu'il pouvait aller se reposer. Teague posa ses mains sur la roue et regarda le prince.

-Et pourtant, vous voilà avec un homme comme moi, sur un navire que bien des rois redoutent.
Teague « Sharpeye » North
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Prince Ciel
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Prince Ciel
Dim 25 Jan - 19:15

– LARGUEZ LES AMARRES ! ON DEGAGE DE LA LES GARS, DIRECTION LE HAVRE !

Diante, cela, c'était du cri !
Ciel se sentait un peu honteux. Le métier de capitaine était plus éprouvant et compliqué qu'il ne l'avait présagé. Juste avant, à la mention du mot "gamin", il s'était tourné en direction de son valet en écarquillant les yeux. C'était davantage un étonnement intrigué qu'un effarouchement piqué qu'on y lisait, toutefois. Le Prince Ciel de France ne se faisait jamais appelé "gamin". Jamais.

Ciel hocha vigoureusement la tête. Faire le tour, c'était visiter, et c'est ce qu'il mourait d'envie de faire depuis le début. Avec jouer au pirate bien sûr, mais sa première tentative avait échoué assez misérablement. Il était décidé à capter chacune des façons de son hôte afin de pouvoir les reproduire en temps voulu.
Une pointe de culpabilité accompagnait cet enthousiasme. Si Ronce savait ce qu'il était en train de faire. Le visage de sa soeur, rouge de colère, s'imposa à son esprit. Il frissonna et tenta de chasser l'image terrifiante. Ronce était encore plus effrayante que le capitaine North à ses yeux. Il trottina derrière ce dernier pour le rattraper.

Ce qui frappa le plus Ciel lors de la visite, ce fut l'odeur. Il régnait un arôme d'une répugnance affligeante sur le rafiot. Plus on s'enfonçait dans les profondeurs de la coque, plus les relent étaient vifs et agressifs. Ciel finit carrément par avoir des haut-le-cœurs. Il tâcha de les dissimuler afin que Valet n'écourte pas la visite, mais aussi pour ne pas avoir l'air faible devant North. La phrase sur les "pièces bien tenues" lui fit hausser un sourcil. Chez les pirates, l'expression avait certainement un sens différent... Lorsque le capitaine les mena sur un terrain moins... brutal, Ciel était plus pâle qu'un spectre.

– Il n'y a sur ce navire qu'un seul et unique chef. C'est moi.

Ciel hocha à nouveau la tête, la main posée sur une corde pour maintenir son équilibre de plus en plus précaire.
Il ne réagit pas à la question de son majordome mais fut surpris de son intervention. Il était rare que Valet s'autorisât à participer à une conversation. Lui aussi devait être tout à fait intrigué par ce nouvel environnement, finalement ! Hélas pour lui, cet élan inédit fut coupé net par le rabrouement sévère du pirate.

Ciel se tourna d'un seul coup vers ce dernier lorsqu'il mentionna leur lieu de retraire. Valet dormirait dans cet endroit morbide et répugnant, au sein de tous les autres matelots ?? Il ne tiendrait jamais la nuit ! Et si par malheur Ciel avait besoin de lui ? Qui lui apporterait son eau, ou ses chaussons de laine, ou borderait sa couche froissée ?! Pour la première fois depuis le commencement de cette escapade peu banale, Ciel eut peur.
Au même moment, justement, North congédia le majordome. C'était, également, la première fois que quelqu'un d'autre que Ciel lançait un ordre au valet. Ciel lui adressa un très discret signe de tête et l'homme s'éclipsa, tendu comme un arc.

Tandis que le pirate s'approchait de la barre, Ciel observa ses doigts sales et calleux enserrer le bois sculpté. Il attendit un moment avant de répondre à la question profonde lancée par Teague North. Le vent soufflait dans sa tête.

– Je ne suis pas comme les autres princes, répliqua Ciel qui, pour la première fois, joignait à cette vérité une certaine fierté. Je ne connais pas grand chose du monde. Ronce me...

Il s'interrompit. Était-ce bien de parler ainsi de sa soeur ? A un pirate ?

– Je ne voyage pas beaucoup. C'est normal, lorsqu'on a un titre important. Je suppose que je suis plus courageux que les autres. Je souhaite voir, je souhaite tout voir... Mais surtout...

Il s'approcha.

– Dans les livres, les pirates sont représentés comme des êtres absolument dégoûtants. Ils capturent les femmes, tuent les enfants, n'ont ni dents ni yeux, et on prétendent qu'ils vendent leur famille pour de l'argent. Les nobles sont, au contraire, des gens à la morale indéfectible. Mais ces livres se trompent sur les nobles, car j'ai vu des nobles qui n'étaient pas fort moraux, capitaine North. J'ai vu des nobles s'adonner à des actions bizarres dans l'obscurité ou comploter les uns contre les autres. Sans parler de Gilles de Raie, capitaine. Alors si les livres se sont trompés sur les nobles, peut-être se sont-ils trompés, au moins quelque peu, à propos des pirates.

Il ne savait pas trop pour quelle raison il se mettait à déblatérer ainsi. Il inspira et ajouta, tâchant de prendre un ton désinvolte :

– Par exemple, vous, capitaine. Avez-vous déjà tué un enfant ?

Malgré lui, il retint sa respiration.



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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Dim 25 Jan - 20:32
Il avait écouté le récit avec attention, voulant en apprendre plus sur le petit garçon qu'il allait devoir transporter pendant ces prochains jours, mais lorsqu'il entendu sa question, Teague se raidit. Des enfants, il en avait tué un. Une fois. Le petit Timmy courait vite, il était réputé pour ça, mais personne ne court plus vite que les balles. Et North en avait logé une directement dans le dos de son petit frère. Il n'avait sûrement pas envie d'en parler, il décida donc de contourner le problème. Il esseya de se détendre du mieux qu'il put.

-Je sais lire, mais je n'ai jamais beaucoup aimé ça. Quand au contenu de ces livres... J'ai bien connu ce vieux Greyson. Un pirate, complètement immonde, une sorte de... de...

Il essaya d'imiter quelque chose avec ses mains dans le vide, comme pour dessiner son visage dans l'air.

-De cochon de mer.

Il eut un petit sourire.

-C'est comme ça qu'on le voyait en tout cas. Mais ce Greyson, il aimait les femmes. Il adorait ça. Mais ce n'était pas très réciproque. Je ne sais pas s'il les capturait à proprement parler, mais je l'ai déjà surpris en train d'en violer une. Et ce cochon là, même tout dur il était pas bien grand, hinhinhin...

Teague laissa échapper un rire un peu cochon avant de se souvenir qu'il parlait à un enfant. Il regarda Ciel et se demanda s'il avait vraiment comprit ce qu'il venait de dire.

-Pour ma part, je n'ai jamais eu de vrai problème avec les femmes. Si elle ne voulaient pas de moi, je me dirigeais vers les femmes un peu plus... joyeuses.

Il laissa échapper quelques secondes.

-Comme tu le vois, j'ai encore tous mes membres, dents et yeux. Et je compte bien faire durer ce plaisir. C'est toujours plus facile de tenir une femme avec deux mains hahaha.

D'autres secondes passèrent

-Mais le comble, c'est que si dans tes livres on vend nos familles, mon second, Aouan, s'est fait vendre par la sienne. Dans les colonies française d'Afrique, la vie est presque pire qu'ici. Enfin il s'est échappé et a réussi à traverser l'Atlantique, c'est toute une histoire. Quand à ma famille...

Il l'avait tué. Sa mère, ses deux frères... Seul son père qu'il n'a jamais connu a survécu. Il continua l'air de rien.

-J'ai effectivement rencontré beaucoup de nobles, mais peu d'entre eux l'étaient vraiment. Donc au final, tes bouquins...

Non. Les livres avaient raison. D'une manière générale, les plus grandes activités de Teague c'était piller et tuer. Parmi ces connaissances, on pouvait rajouter violer et comploter.

-On peut dire qu'ils ont leur opinion.

Cette conversation qu'il avait lui même lancé le mettait mal à l'aise. Lui qui voulait récupérer des informations sur son « prisonnier », il avait fini par raconter sa propre expérience. Il demanda à un marin qui passait de lui ramener une bouteille de rhum. Il la dé-bouchonna et en bu une gorgée. Il tendit la bouteille au prince.

-Tu veux essayer ? Je te préviens, c'est pas une boisson de gamins.
Teague « Sharpeye » North
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Prince Ciel
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Prince Ciel
Mer 11 Fév - 22:06

Au delà du côté bourru et vulgaire, quelque chose chez Teague North ressemblait à une sorte de... sagesse. Ciel hochait lentement la tête en réponse silencieuse à chacun de ses propos. Le point de vue du pirate était une vision inédite du monde pour lui, car tous ceux qui avaient partagé leur propre conception avec lui s'avéraient répondre à des indications pédagogiques. Ou bien, du fait qu'ils appartenaient tous à la même caste sociale, celle de l'aristocratie, ils préféraient tous considérer la globalité du monde dans leur intérêt. Malgré qu'il fût fort instruit pour son âge, il manquait finalement de diversité de points de vue, et North lui offrait cette chance.

Tout en lui contrastait avec les individus qu'il avait côtoyé durant sa courte existence. Il était revêche, sale, grossier, sans gêne et par-dessus tout, il était libre. Ciel se prit à fantasmer une vie de flibustier, qui aurait semblé ridicule à tout oeil extérieur mais qui, à ses yeux, était épique et flamboyante.

North lâcha un soupir d'aise après s'être désaltéré à son espèce de bouteille, et Ciel fut arraché à ses rêveries lorsque le pirate s'adressa à lui. Au son qu'avait produit l'homme après avoir bu, il devinait que la boisson n'avait rien à voir avec l'eau dont lui-même s'abreuvait de façon quasi exclusive. Lors des jours de fêtes et des banquets, Ronce autorisait qu'il prît un peu de vin mais...
Son regard d'azur plongea dans celui, plus sombre, de Teague North. Il le testait, Ciel en était sûr ! Il voulait savoir si le petit prince délicat qu'il était pouvait aussi être un vrai forban. Après sa tentative échouée de commandement, Ciel savait qu'il n'aurait pas un quota de chances infini pour prouver sa valeur. Inquiet mais déterminé, il s'empara de la bouteille et but tout le breuvage d'un seul coup.

Le liquide lui brûla la gorge, incendiant sa langue au passage et enflammant encore davantage son estomac. Il crut réellement qu'il prenait feu de l'intérieur. Il sentait vaguement un relent de fruits sucré, mais la puissance de l'alcool masquait globalement toute sensation.
Pendant un instant, Ciel se contenta d'essayer de ne pas mourir, incapable de parler, de cligner des yeux ou même de respirer. Puis, le feu de forêt se changea en feu de cheminée, agréable et revigorant, et il se détendit peu à peu. En fait, il était même très détendu. Il se sentait extrêmement bien. Il hoqueta mollement, rendant la bouteille au pirate d'un geste un peu vague.

Une sorte de brouillard avait investi son esprit tout entier. C'était comme une maladie, mais plaisante. Quand il tournait la tête, l'image s'incrustait à retardement sur sa rétine. Et puis, qu'est-ce qu'il avait chaud ! Il avait vraiment du attraper quelque chose. En outre, une terrible envie de rire, de d'uriner et de dormir assaillait sa volonté, en même temps ! Il se mit à pouffer dans sa manche, le nez et les joues empourprés.

– Bien ! dit-il d'une drôle de voix. Quand donc participerons-nous à un abordage, catipaine ? Heuuu... capitaine ! Je veux capturer un trésor et découvrir un corsaire ! Ou plutôt...

Il tenta de rattraper la pensée confuse qui se carapatait dans les abîmes obscures de son esprit, mais elle lui échappa et il abandonna.

– Il me tadre de me battre !

Il sortit sa fine épée de son fourreau et la dressa en l'air. Son étrange mal semblait même avoir anesthésié sa peur. Il ne ressentait ni honte, ni douleur, ni crainte. En fait, il était tout à fait en for...

Brusquement, le petit prince se retourna et vomit par-dessus le bastingage. Ses yeux mi-clos contemplèrent le contenu de son déjeuner se fondre dans l'océan. Il était devenu plutôt pâle.
Valet accourut à cet instant précis, comme poussé par la détresse subite de son jeune maitre. Il fonça sur lui et, dardant sur North un regard lourd de reproche, soutint la silhouette vacillante du prince. Son épée tomba et roula sur le sol jusqu'à la botte du pirate.

– Que lui avez-vous fait ? Il doit s'étendre, et prestement ! Dites-nous où je peux le transporter. Et ne m'indiquez pas cette salle rustique où couchent vos matelots, Ciel est un prince, il ne saurait parcourir ce lieu ! Mon dieu, il ne tient plus sur ses jambes... De grâce, emmenez-le vers quelque couche convenable.

Le majordome papillonna des paupières, un peu inquiet d'avoir osé s'adresser ainsi à l'individu rude et redoutable qui lui faisait face. Il massa son cou légèrement, comme s'il craignait que la tête qui le surplombait fût bientôt arrachée à son socle.

– Je... Heu... S'il vous plait, monsieur. Vous avez juré que... vous vous êtes engagés à veiller sur le prince.

Chez les pirates, l’appât du gain était toujours plus efficace qu'un sermon, non ?


Prince Ciel
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Dim 22 Mar - 1:06
HRP:
 

Teague regarda le prince boire l'intégralité de la bouteille en écarquillant les yeux. Il se demandait s'il ne venait pas de faire une terrible bêtise. Le petit lui tendit la bouteille mais la lâcha au sol avant que North n'ait pu tendre le bras. Ciel ne semblait même plus tenir ses jambes, mais le capitaine ne pouvait pas lâcher les deux mains de la barre et ne faisait donc que regarder l'enfant tituber en marmonnant des phrases d'un air totalement saoul. Soudain, le gamin dégaina son sabre et le fit voltiger autour de Teague, qui poussa un cri d'instinct.

-Eh ! Gamin ! Arrête tes connWOH !

La pointe du sabre passa tout près de son œil et il recula la tête juste à temps pour éviter le cache-œil à vie. Soudain l'enfant se colla contre le bastingage et Teague entendit un son très proche d'une mort intestinale. Le repas du matin allait passer aux poissons. Le capitaine vira légèrement la barre pour faire tomber le prince du bon coté du bastingage, mais le valet vint réceptionner sa chute. Ce dernier regarda Teague d'un œil lourd tandis que l'épée du gamin roulait à son pied. D'un signe de la main, il appela quelqu'un à la barre.

-Que lui avez-vous fait ? Il doit s'étendre, et prestement ! Dites-nous où je peux le transporter. Et ne m'indiquez pas cette salle rustique où couchent vos matelots, Ciel est un prince, il ne saurait parcourir ce lieu ! Mon dieu, il ne tient plus sur ses jambes... De grâce, emmenez-le vers quelque couche convenable. 

North ramassa l'épée du prince et l'observa un peu. C'était une belle œuvre. Une épée courte, plus proche d'une rapière que d'un sabre. Le manche était magnifiquement orné... Cette lame devait valoir son pesant d'or. Il la plia légèrement pour la tester et la fit voltiger très rapidement autour de lui. Cependant, dans un vrai combat, cette rapière ne tiendrait sûrement pas le coup. Le majordome se ravisa sans attendre la moindre réponse de Teague.

-Je... Heu... S'il vous plait, monsieur. Vous avez juré que... vous vous êtes engagés à veiller sur le prince. 

Le capitaine soupira. Il pointa le valet à l'aide de l'épée.

-Je peux savoir ce que tu fais ici ?

Sans même lui laisser le temps de répondre, il continua en approchant l'épée de la gorge de l'homme.

-Je t'avais ordonné d'aller parler à mon second pour qu'il te donne du travail n'est-ce pas ? Et ce travail, si mon second te l'as correctement transmis, devrait être d'éplucher des pommes de terres auprès du cuisinier n'est-ce pas ? Et ce travail, si le cuisinier te l'as correctement transmis, devrait encore être en train d'être effectué n'est-ce pas ?

Il toucha légèrement le gorge du valet à l'aide de la pointe de la rapière. Ce dernier tremblait de peur et suait de terreur.

-Alors que fais tu ici sur le pont ?

Simplement à l'aide du regard, Teague fit comprendre au valet qu'il avait intérêt à se lever et à retourner au travail. Le majordome se leva lentement et lança un regard inquiet vers le prince avant de faire route vers la cuisine. North terrifiait sans réelle raison cet homme, et il avait tout intérêt à faire durer ce plaisir. Il se tourna vers Ciel qui semblait dans un autre monde, à moitié en train de colmater et de rêver sur les planches du navire. Teague posa l'épée entre ses mains à la manière d'un chevalier pour ne pas le blesser, puis le souleva du sol, un bras sous ses jambes et l'autre sous la nuque. Il le transporta jusqu'à sa cabine, et il ferma la porte du pied une fois à l'intérieur. Il se fraya un chemin jusqu'à lit dans le bazar ambiant de la pièce. Il renversa une statuette avec les pieds de Ciel et manqua de casser un vase avec sa tête. Il l'allongea sur le lit et posa l'épée non loin. Il déplaça le fauteuil à coté du matelas et fouilla rapidement entre les parchemins entassés pour en sortir un magnifique brandy qu'il dé-bouchonna proprement avant d'attraper un verre en ivoire posé sur la table. Il se servit un verre et regarda le prince. Il n'arrivait pas à savoir s'il était réveillé ou non. Le capitaine s'enfonça dans son siège et bu une gorgée de sa boisson. Il restait à attendre que le gosse se réveille. Il n'était pas question de le laisser seul dans sa cabine. S'il se réveillait, il allait forcément commencer à fouiner. Et ça, Teague ne le permettrai pas.
Teague « Sharpeye » North
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Prince Ciel
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Prince Ciel
Ven 3 Avr - 17:08

Valet était un homme qui n'avait pas d'ego.
Il possédait un certain amour-propre, une dignité tout à fait nette, mais les choses s'arrêtaient là. Sa personne entière était niée au profit du petit prince, tout comme son existence lui était absolument dévouée. En témoignait son absence de réaction lorsque son jeune maître le nommait par sa fonction plutôt que par son nom, que par ailleurs, il ignorait. Valet était donc devenu Valet, et un valet se doit de ne penser qu'à son petit monarque, aussi versatile, capricieux et juvénile fût-il.
A contrecœur, le majordome avait prit congé du pirate. Il détestait profondément les pirates. Ils étaient rustres, vulgaires, et n'avaient aucun code de conduite. Ils représentaient quasiment son opposé naturel. Sans mentionner la qualité de leur hygiène... Toutefois, il n'osait pas – pas encore, du moins – se soulever contre la volonté du capitaine North. Ils étaient ici à son bord, et un simple changement d'avis, une contrariété quelconque, serait capable de provoquer un tragique retournement de situation. Valet était ainsi contraint de serrer les dents et de laisser son prince aux mains de ce grossier personnage. Une chose le préservait d'une angoisse ingérable : il était convaincu que North tenait à ce que Ciel restât en vie. C'était dans son intérêt stratégique.
Valet rejoignit donc le reste de l'équipage, levant les yeux au ciel à l'entente de leurs quolibets et autres rires gras.


*


— Valet ?

Ciel papillonnait doucement des paupières. Son visage avait pris une teinte olivâtre. Il aperçut alors la silhouette, légèrement floue, de Teague, enfoncée dans un fauteuil. Son coeur manqua un battement, jusqu'à ce qu'il se souvînt. Il soupira de soulagement et se détendit sur l'oreiller. L'oreiller ? Mais où était-il ?
Son regard se promena sur les meubles et autres bibelots qui encombraient la vaste pièce. Un doute, presque un espoir, scintilla au creux de sa tête.

— Mons... Capitaine North, sommes-nous présentement au sein de votre cabine ?

Il n'aurait pas été plus ravi dans la caverne d'Ali Baba.

— Diantre, que c'est sale et encombré ! s'exclama-t-il avec ravissement. Est-ce là que vous amassez vos trésors ?

Ses yeux brillaient d'excitation. Il se redressa sur la couche, et le regretta aussitôt sous la violence de haut-le-coeur qui l'assaillit.

— Oh... Vous... Vous n'avez point cherché à m'empoisonner, n'est-ce pas ? Souvenez-vous que vous avez donné votre parole d'honneur...

Pour la première fois depuis le commencement de ce périple, Ciel eut peur de North. Il sembla se souvenir qu'il était avant tout un forban, un criminel, capable du pire pour parvenir à ses fins. Ses yeux pâles s'attardèrent sur le sabre qui pendant à sa ceinture, sur les armes qui jonchaient sa table.
Il déglutit avec effort.

— Est-ce important, l'honneur, parmi les pirates ?

Il semblait que sa voix était plus fluette encore qu'à l'accoutumée.


Prince Ciel
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Narrateur
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Dim 5 Avr - 21:55



Un curieux hybride lapin a eu l'idée saugrenue de voyager dans une montgolfière. L'individu s'amuse à lancer des œufs en chocolat en contrebas, occasionnant des incidents sur son passage. Mais il faut avouer que ses œufs sont délicieux. Le chocolat donne un coup de fouet, améliore l'humeur. Néanmoins, ces sucreries renferment des dons curieux.

Croquerez-vous un de ces œufs surprises ?

Teague est allergique à l'alcool.

Ciel a le pouvoir de l'encyclopédie. Il a, désormais, la manie de sortir la définition de mots qu'il entend/prononce.

Libre à vous de faire durer ces dons tout le long du RP, ou non.


© Avatar par Nougat. Compte PNJ, merci de ne pas envoyer de MP.
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Dim 19 Avr - 23:59
North vira de gauche. Le navire avait prit de sérieux dommages, et le Man of War infameusement nommé le Marseillois leur tournait autour dangereusement. John Cleaveland, le capitaine du navire aboyait ses ordres d'un air complètement effrayé.

-Soyez prêts, aux canons !

Un marin arriva, trempé et suant, presque en train de pleurer.

-Capitaine, il ne nous reste que trois canons, tous les autres sont inutilisables !
-Quoi ?!
-Le Marseillois les a emporté !

Teague vira de droite pour éviter la ligne de mire de l'ennemi, faisant trébucher le capitaine. Au sol, le chapeau tombé, il venait de perdre ses moyens.

-Mais qu'allons-nous faire ? Qu'allons-nous faire ? Nous allons tous mourir !

Teague cria au marin.

-Dis aux hommes encore debouts de se poster aux voiles ! On va tourner autour de ce démon en attendant l'arrivée de la flotte !

Le marin resta un instant sans bouger, l'air étonné. Il regardait le capitaine qui était en sanglot au sol.

-ALLEZ !

L'homme se mit à courir, transmettant les ordres. Le capitaine se leva et s'aggripa violemment au bras de Teague. Il pleurait et criait comme s'il venait de voir la mort devant lui.

-Mais qu'allons-nous faire ?! On va tous mourir !
-Lâchez-moi ! Je ne peux pas...
-On va tous mourir !

North donna un coup de pied violent au capitaine qui se cogna contre le bastingage. Il vira de gauche, tentant tant bien que mal d'éviter cette maudite ligne de mire. Le temps était mauvais, et la pluie et les vagues ne rendaient pas son travail facile. Il tentait de silloner entre ces dernières pour semer le navire, mais le Man of War le rattrapait toujours. La fuite dura une longue demi-heure, et le navire ne put esquiver deux salves de boulets et plusieurs 'vagues scélérates'. Le marin revint à ses cotés. Teague ne quittait pas les yeux du navire ennemi.

-Comment ça se présente ?
-Mal, on est plus que sept !
-Par les tréfonds...

Soudain, le son de plusieurs rafales retentirent. Le Marseillois explosa magnifiquement, laissant une trainée de feu dans les airs. Le marin sauta de joie.

-La flotte ! C'est la flotte ! On a réussi ! On l'a fait !

Il se tourna vers Teague et l'enlaça dans ses bras en explosant de rire, le soulevant dans les airs, le faisant tourner.

-Hahaha ! Je ne veux jamais oublier ce moment ! Qui es-tu, camarade ? demanda-t-il en reposant North sur le bois.
-North, répondit Teague en riant. Teague North.

Le marin lui serra la main.

-Valet ?
-Quoi ?

-Valet ?

La petite voix du prince tira le pirate de son sommeil. Ce dernier se frotta les yeux. Il s'était endormi. Et il avait encore rêvé de son service dans la marine. Il détestait ces rêves. Trop réels. Plus des souvenirs que des cauchemars. Ils le mettaient toujours mal à l'aise, et en colère. Le tout avec un sérieux mal de crâne.

-Mons... Capitaine North, sommes-nous présentement au sein de votre cabine ?

Teague laissa échapper un grand soupir.

-Parle anglais ou français, gamin, mais que je te comprenne.
-Diantre, que c'est sale et encombré !

Teague équarquilla les yeux. Le petit con osait critiquer sa cabine ? Si le gosse n'avait pas tiré un énorme sourire d'imbécile en prononçant ces mots, il se serait probablement prit une claque.

-Est-ce là que vous amassez vos trésors ?

North laissa échapper un soupir encore plus grand.

-Oh... Vous... Vous n'avez point cherché à m'empoisonner, n'est-ce pas ? Souvenez-vous que vous avez donné votre parole d'honneur... Est-ce important l'honneur, parmi les pirates ?

Teague resta un très court instant dans le vide avant de se lever brusquement, penché vers le garçon. Ce gosse de riche venait de dépasser la limite.

-L'honneur ? Tu me demandes si l'honneur compte parmi les pirates ?

North ne rigolait plus du tout. Il était peut-être trop occupé à être en colère pour se rendre compte à quel point il était effrayant, à ce moment précis.

-Tu crois que je suis devenu pirate pour le plaisir ? Pour le vin, les femmes et les trésors ? Tu crois que c'est tout ce qui nous anime ? Ou peut-être penses-tu que les pirates ont un code de l'honneur comme dans tes foutus bouquins, hein ?!

Il ne pouvait s'empêcher de monter graduellement la voix. Il se leva, fit de pas et se retourna en montrant Ciel du doigt.

-Ecoute-moi bien, sale petit morveux de merde ! J'ai combattu pour la marine américaine, j'ai combattu dans deux guerres ! Deux guerres et plus de batailles que tu pourrais compter sur tes petits doigts polis ! J'ai perdu plus d'amis que tu n'en as jamais eu, et j'ai tué plus d'hommes que tu ne pourras jamais en tuer ! Tiens-toi sur les cendres de centaines d'âmes et demande-toi si l'honneur compte !

Il avait hurlé ces derniers mots. Il s'arrêta tout d'un coup, se recoiffa et resta un instant, le regard dans le vide. Il transpirait. Peut-être s'était-il laissé un peu emporté... Il se caressa la barbe et regarda le gosse qui était devant lui. Il se calma intérieurement. Il plonga la main dans sa chemise et en tira le pendentif du prince. Il le jeta sur le lit.

-Tu vois ça ? Ceci, est la seule raison pour laquelle tu es sur ce navire. La seule raison pour laquelle je te garde en vie, et la seule raison pour laquelle personne ici ne tentera de t'empoisonner. Tu as plus de chance de te faire empoisonné par un vin servi par un de tes proches en France qu'en buvant un peu de rhum sur mon navire.

Il s'approcha du lit, se pencha vers Ciel et reprit le pendentif dans sa main.

-Ce pendentif, il te garantit ta sécurité. Parce que ce pendentif, va me rendre riche. Du moins, encore plus riche.

L'artéfact rangé dans sa chemise tomba de son coup, et, tout en étant accroché au coup de Teague, tomba dans les mains du prince. L'artéfact passa alors de la couleur rouge à la couleur bleue, mais le capitaine le repris rapidement et violemment des mains du petit. L'artéfact reprit immédiatement une couleur rouge vive. North le rangea rapidement et fit de même avec le pendentif du prince.

-Ce n'est rien. Cette chose ne t'intéresse pas, vu ?

Il se releva et regarda en direction de la porte de sa cabine.

-Bon. J'ai à faire. Toi, tu dois te reposer. Tu restes ici et tu dors.

Il marcha jusqu'à la porte. Il se retourna.

-Je reviendrai d'ici une heure ou deux.

Il ouvrit la porte et se retourna à nouveau.

-Tu ne touche à rien, et tu reste dans le lit.

Il s'apprêta à fermer la porte, mais la rouvrit pour l'interpeler une dernière fois.

-Sérieusement. Ne touche à rien.

Il ferma la porte et se retourna, pour se retrouver face au valet. North eut un petit sursaut, suivi, d'un soupir et d'un regard noir. Il ne dit rien et se dirigea vers l'avant du navire. Le valet lui colla aux talons.

-Comment va-t-il ?

Teague ne répondit pas.

-Monsieur Teague ? Comment va le prince ?

Teague se contenta de poser un pied sur le bastingage et de sortir sa longue vue pour regarder un peu les alentours.

-Capitaine North, comment va mon prince ?!

North se retourna et posa sa main sur la nuque du valet.

-Appelle-moi encore une fois par un autre nom que celui-ci et je te jette par dessus bord. Maintenant, le prince. Il va bien. Mais si tu quitte encore ton poste sans me demander la permission, je ferai bien pire que de te jeter aux poissons, vu ?

Le valet, à moitié rassuré et à moitié terrorisé aquiesca de la tête.

-Bien.

Il le lâcha et se tourna vers l'horizon. Une tempête approchait. Et elle n'allait pas être belle.
Teague « Sharpeye » North
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Prince Ciel
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Prince Ciel
Mar 9 Juin - 14:31
Spoiler:
 


L’aventure, légère et palpitante, prenait un tout autre virage. Ciel, étendu mais point détendu, fixait ses yeux grands et ronds, aussi pâles que l’eau des îles, sur le visage soudainement durci de son hôte. A mesure qu’il l’avait observé, imité, appris à son contact, Ciel s’était conçu une image quasi sympathique du pirate. Il s’y serait presque attaché. North avait le romantisme, le romanesque des pirates sans pour autant dégager l’effroi et la violence propres aux forbans. C’était un compromis qui ravissait Ciel. Jusqu’à présent.
Tout dans l’attitude du capitaine était métamorphosé. On l’aurait cru habité par deux personnalités, deux visages, et le petit prince découvrait à présent le plus sombre des deux. Il était si choqué qu’il ne parvenait pas à pleurer, à peine à respirer. S’il avait eu une mère, il se serait probablement mis à désirer ardemment sa présence, mais du fait il n’en avait pas, il pensa très fort à son valet. Comme il regrettait, à présent, de l’avoir éloigné de lui ! Comme il se sentait seul, vulnérable et désespéré ainsi cloisonné dans la cabine d’un terrible pirate qui crachait sa colère sur sa figure comme jamais aucun homme ne s’était jamais permis de le faire…

Il sursauta lorsque North jeta le médaillon – sa garantie – sur lui. Chacun des mots du pirate le glaçait, le brusquait, le pénétrait comme une lame effilée. Le monde était changé. Les odeurs salées, boisées, moisies et suantes qui suintaient du rafiot étaient plus entêtantes et moins agréables que tout à l’heure. Le ballotement de la mer était plus inquiétant. Les cris des matelots lui donnaient envie de se cacher dans un coffre. Le regard de North lui givrait les veines.
Brusquement, un second pendentif, bien différent, jaillit du chemisier du capitaine, emporté par sa hargne. Ciel le saisit par réflexe, regrettant quasiment aussitôt ce geste tant il redoutait que le moindre mouvement put inciter North à le massacrer sur place. Il écarquilla les yeux en lâchant une inspiration de surprise lorsque la chose, dont il ne connaissait absolument pas ni la forme ni l’utilité, se mit à bleuir.

— Cette chose ne t’intéresse pas, vu ?

Ciel faillit répliquer qu’au contraire, elle l’intéressait beaucoup, mais son instinct de survie lui intima de garder le silence.
Et North partit. Il le laissa seul dans sa confusion, son désarroi et sa stupeur. Son ultime commandement, sur lequel il prit le soin d’insister, était superflu tant Ciel était trop tétanisé pour ne serait-ce que sortir du lit. La traversée était devenu infernale, oppressante et interminable, en quelques secondes. Les deux êtres, l’un petit et frêle, l’autre grand et impétueux, avaient été si absorbés qu’ils n’avaient même pas remarqué les étranges colis déposés sur le navire. Des choses bien plus préoccupantes les accaparait tous les deux.


*



Ciel avait envie de partir. Ciel voulait partir. Le confinement de la cabine devenait insupportable. Il se leva, avec une précaution extrême, comme si le moindre craquement de son pas sur le parquet aurait pu être perçu par le terrible capitaine North. Ce dernier avait raison lorsqu’il disait que les « bouquins » étaient loin de rapporter une vérité toujours exacte. La preuve, puisque la plupart des ouvrages sur la piraterie indiquaient que Barbenoire était le forban le plus cruel, le plus méchant, le plus horrible de tous. Or, Ciel était à présent convaincu qu’il s’agissait de Teague North.
Le petit prince se dirigea vers la porte sur la pointe des pieds. Il l’entrouvrit un tout petit peu et observa l’extérieur. Le vent soufflait et les ordres fusaient. Plusieurs hommes passèrent devant la porte, ou plus loin, sans le remarquer. Ciel n’aperçut nulle part son majordome et commença à angoisser à l’idée que North eût pu s’en débarrasser. La vie de Valet n’était, elle, garantie par aucun objet de valeur. Soudain, il aperçut un habit sobre, noir et blanc, qui détonnait furieusement au sein de l’équipage de flibustiers. Mais il était loin, trop loin pour que Ciel pût capter son attention sans attirer les regards.
Comme par miracle, une mouette vint se poser sur un petit poteau soutenant un escalier. Ciel siffla pour l’interpeler et après une brève hésitation, la mouette plana dans sa direction.

— Je suis le prince Ciel de France, le capitaine de ce bateau me tient prisonnier, expliqua Ciel, qui aimait à enjoliver la vérité selon son bon vouloir.

— Mes hommages, sire. Je ne vois hélas pas très bien ce qu’un volatile de ma condition pourrait changer à votre sort !

— Voyez-vous cet homme grand et maigre, avec une perruque ? Il s’agit de mon valet. Je ne puis le héler sans me faire repérer. Auriez-vous l’extrême obligeance de lui rapporter en toute discrétion qu’il lui faut venir à moi ?

—Certes. Je vous suggère de vous armer tout de même, dans le cas où votre courage vous mènerait à défier le capitaine. Pour information, des canots de secours se trouvent amarrés au bord gauche – à bâbord, si vous préférez.

—Merci. Comment puis-je vous exprimer ma gratitude ?

Mais la mouette, serviable, s’envolait déjà. Ciel l’observa se poser tout près de son valet et tendre l’aile vers la porte de la cabine. Le domestique fut tout à fait perplexe devant ce spectacle, puis sembla se souvenir des aptitudes de son jeune prince à propos des animaux. Il trottina, le regard fuyant, en direction de la cabine.

—Valet ! North a révélé son vrai visage. Je crois l’avoir offensé, et je crains que ce voyage ne soit pas si formidable que nous le pensions.

— Vraiment, sire ? répliqua le majordome d’un ton un tantinet sarcastique.

—La mouette m’a donné une idée. Nous allons nous armer et dérober l’un des canots amarrés au bord gauche – à bâbord, si tu préfères – tant pis pour le pendentif.

— Heu…

Ciel se dirigea sans plus attendre vers un coffre qui renfermait quelques armes. Il s’empara d’un sabre et d’un pistolet et tendit un autre sabre au valet. Il lança également un manteau rapiécé à ce dernier et se vêtit lui-même d’une vieille veste tout en drapant un ruban sur son front, comme si cela pût le fondre dans l’assemblée…
Sans avoir le temps de prendre la mesure de l’entreprise téméraire du petit prince, Valet se fit emporter dans son élan. Ils parvinrent aux canots sans trop d’efforts, car une étrange agitation s’était propagée parmi les matelots. Mais défaire les noeuds était une autre histoire ! Les petits doigts polis de Ciel s’acharnaient sur la corde serrée, sans succès. Pendant ce temps, il décrivit avec précision ce que Teague North lui avait dit, et surtout, l’énigmatique objet qu’il avait eu entre les mains.

—Il me semble que ce capitaine est bien plus mystérieux que nous ne le pensions, Valet. Il me tarde de consulter Ronce à ce propos. He bien, qu’y a-t-il ?

Le majordome s’était redressé, le teint blême et les traits affaissés. Il semblait fixer un point, juste derrière le petit prince.



Prince Ciel
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Jeu 25 Juin - 1:10
-TOUS A VOS POSTES ! QUE TOUT LE MONDE DEGAGE DU PONT ET UTILISE UNE CORDE DE SECURITE !

North aboyait les ordres à la volée en gardant un œil sur les nuages gris s'approchant très dangereusement dans leur direction. La chose sûre, c'est que ça n'allait pas être une petite pluie qui allait délicatement se déposer sur leurs visages, mais bien une rafale d'éclairs, de tonnerres foudroyants et vagues terribles qui allaient s'abattre sur leur crânes. Teague savait reconnaître ces tempêtes-là. Ce n'était pas bien difficile, certes, mais cela n'enlevait rien à la détresse grandissante qui s'emparait de son corps. Aouan arriva alors que le vent commençait à se lever.

-Tout le monde est prêt, Teague.
-Bien. Vas prendre la barre un moment, j'arrive.

Il sorti sa longue vue pour prendre un dernier bon regard sur la tempête. Il commençait à faire nuit, et la navigation n'allait pas être de tout repos. Lorsqu'il la rangea, le pont était presque vide. Presque. Deux silouhettes s'agitaient dans un coin du navire, près des chaloupes. Lorsque Teague remarqua Ciel, son sang ne fit qu'un tour. Un regard vers la porte de sa cabine, entrouverte, et vers ces deux hommes, ou presque, et il s'avança rapidement vers eux. Lorsqu'il ne fut qu'à un ou deux pas, il se rendit compte de leur entreprise et s'arrêta. Le valet se stoppa et regarda Teague, l'air frêle.

-...me tarde de consulter Ronce à ce propos. He bien, qu'y a-t-il ?

Dos au pirate, le petit prince continuait de triturer les noeux de l'embarquation. Lorsqu'il remarqua Teague, ce dernier les regardait d'un air désabusé.

-Mais qu'est-ce que vous êtes en train de foutre.. ?

Le sang lui monta très rapidement à la tête et il attrapa l'enfant par le col en criant.

-Est-ce que vous essayez de vous faire tuer ?!

Il secoua Ciel.

-Tu vois pas la putain de tempête qui est en train de nous arriver droit dessus espèce de mioche à la...

Il reçu un coup sur le haut du dos, ce qui le fit lâcher le prince, qui tomba durement sur le bois du navire. Les mains jointes, Valet avait tenté d'asséner un coup sur le félon, sans réel succès. Teague serra fermement le poing, faisant grincer son gant de cuir. Il se tourna vers son attaquant doucement et sans dire un mot. Il lui attrapa le col de sa main gauche, leva lentement le poing droit et lança une droite incroyablement puissante directement dans le nez du valet, qui vola en arrière et tomba sur le sol dans un râle d'agonie. Les gouttes d'eau commençaient à tomber en abondance et les vagues faisaient de plus en plus chavirer le navire. North esquissa un sourire.

-Des heures qu'il me démangeait celui-là.
-VOILE A BÂ...

Le cri de la vigie fut interrompue par un tir de canon qui alla s'écraser non loin du bois du navire. Teague releva la tête, couru mettre une botte sur le bastingage bâbord et sortie sa longue-vue en moins d'une demie-seconde. Une frégate, longeant la tempête, leur arrivant droit dessus. Le capitaine observa les drapeaux. Anglais, Rose Rouge. Anglais ? A moins de deux jours des côtes américaines ? Impossible !

North couru jusqu'à la lumière de communication et traduisit directement en direction du navire ennemi.

« NE CHERCHE PAS LA BATAILLE STOP SOUHAITE SIMPLEMENT PASSER STOP »

Aucune réponse, la frégate ne ralentissait pas. Teague ne se dégonfla pas et continua à traduire.

« AUCUNE ENVIE DE GUERRE STOP REPRESENTANT ECOSSAIS A BORD STOP »

Ce mensonge ne suffit même pas à faire arrêter le navire ennemi qui arrivait, toutes les voiles sorties vers eux. North traduisit un dernier message avant d'aboyer.

« GO FUCK YOURSELF YOU FUCKING LITTLE PRICK STOP »

-TOUT LE MONDE A SON POSTE DE BATAILLE !

La cinquantaine de marins s'activa en moins d'une seconde et se mit à charger les canons sous la pluie, ce qui n'allait pas rendre le combat facile. Dans ces conditions, il n'était pas rare que les canons ne tirent pas, ou bien que les vagues emporte la moitié des marins avant le début du combat, rendant par conséquent les abordages bien plus dangereux. Le Capitaine aggripa fortement la barre, leva le visage au ciel pour sentir la pluie tomber sur son visage, restant ainsi, pendant quelques secondes. Un coup de canon le réveilla. Il hurla les deux mots habituels en levant le poing.

-FOR FREEDOM !

Tout l'équipage laissa poussa un cri de guerre digne du plus puissant des hakas. Cela faisait des mois que le Red Wings n'avait eu des combats aussi difficiles. Tous le savaient. Certains firent une dernière accolade ou une dernière poignée de main. Puis le premier coup de tonnerre retentit.

En plein dans la tempête, Teague tentait de tout gérer à la fois. Il fallait éviter les coups de canons en prenant les vagues fourbes de la bonne manière. Aouan s'occupait de faire en sorte que leur coups de canons atteignent l'ennemi, mais les vagues, le vent et l'obscurité rendait la tâche extrêmement difficile. Les boulets sifflets dans leurs oreilles, et la sueur de Teague se mélangeait aux gouttes. Son manteau volait au vent et un regard noir était porté sur son visage. Il ne se laissait distraire par rien, la seule chose qui lui importait était sa survie. La dernière fois qu'il avait eu un combat si dangereux, c'était... CE combat-là. Le même qui revient le hanter. Non, cette fois, il ne laissera pas son équipage mourir. Cette pensée lui traversa l'esprit, et suffit à le déconcentrer pendant quelques secondes. Une série de boulets vinrent traverser la coque du navire, projetant Aouan à terre, et faisant voler le bois, blessant Teague à la joue gauche.


-Aouan !

Ce dernier se releva un peu sonné, faisant signe qu'il allait bien. Son capitaine, soulagé, commençait à avoir des sueurs froides. Il oublia les vagues un instant et se concentra sur le navire qui avait toutes ses voiles sorties. North cria.

-Les boulets enchaînés ! Je veux la prochaine rafale en boulets enchaînés !

Vingt secondes plus tard, ces même boulets volèrent et allèrent s'écraser directement sur les mâts ennemis. Un cri de joie échappa du navire. Au même moment, une vague fourbe alla s'écraser sur le Red Wings, projetant tout l'équipage contre bâbord, faisant tomber trois ou quatre hommes à la mer. Teague allait approcher le navire afin de les finir une bonne fois pour toute. Il ne pouvait pas se permettre d'aborder le navire. Soudain, des boulets volèrent à la verticale depuis la frégate anglaise. Aouan laissa échapper un cri froid.

-Mortier ! Tout le monde à terre !

Tous se protégèrent des boulets enflammés qui retombèrent violemment sur le navire, mettant le feu aux voiles.

-Non! Non ! Non ! Non !

Les voiles s'enflammaient malgré la pluie et le navire commençait à perdre de la vitesse en s'approchant de la frégate.

-Fecking feck feck feck feck feck feck ! Feeeeeck !

Ce moment de stress intense fit ressortir l'irlandait qui était en Teague. C'était la pire erreur de timing de sa vie, et il savait qu'il allait le regretter. Le Red Wings se 'stoppa' non loin de la frégate. Quelques secondes plus tard, des grappins jaillirent de cette dernière et Aouan cria aux armes. Les marins se passaient les fusils et se mettaient en position alors que le navire se faisait doucement tirer vers l'ennemi. Par chance, les vagues semblaient se calmer, mais la nuit et la pluie ne faisait que redoubler. North resta un instant dans le vide. Depuis combien de temps ce combat durait-il déjà ? Il était épuisé. Il prit sans doute conscience que c'était sans aucun doute la plus mauvaise posture dans laquelle il s'était mis, et qu'il n'allait sûrement pas s'en sortir vivant. Etrangement, cette idée ne lui donna qu'une envie. Celle de se battre. Il dégaina son sabre et déscendit les quelques marches qui menait au pont. Les yeux rivés sur la frégate ennemie, il hurlait les ordres.

-Camarades ! L'enfer vient de nous tomber dessus !

La pluie et le tonnerre rythmaient ses mots, tout l'équipage, armes à la main, écoutait ce qui pouvait être le dernier discours de leur capitaine.

-L'enfer ! C'est à dire cette frégate qui est en train de nous tirer vers elle à cet instant même ! Peu de chance que nous nous en sortions n'est-ce pas ?! Et pourtant ! Voici le moment de se battre !

Il leva son sabre.

-Que tous ceux qui veulent en emporter un maximum avant de tomber le fasse savoir !

L'intégralité du navire poussa un cri de guerre, presque plus puissant que le premier.

-Let's go to hell boys !

Les deux bastingages s'entrechoquère et à ce moment, les canons des fusils retentirent, et les marins sautèrent sur la frégate ennemi alors que ceux de la frégatent sautèrent sur le pont du Red Wings. L'abordage avait commencé. North jouait de son épée et tirait une balle de l'un de ses pistolets pour descendre un ennemi de manière régulière. L'adrénaline de la peur et cette envie de se battre lui donnait l'impression d'être invincible. Il enchaînait les ennemis, pourtant deux fois plus nombreux qu'eux. Son chapeau était tombé, avait été piétiné, mais à ce stade là, il s'en moquait, il se battait, tuait, et semblait presque sourire et s'amuser. Tout se passait à merveille pour Teague, mais soudain, quelque chose attira son regard. Une petite chevelure dorée s'agitait un peu plus loin. Et à ce moment là, le capitaine manqua de tomber. Ciel ! Il l'avait complètement oublié ! Mais comment avait-il pu être aussi stupide ? Le prince semblait toujours en vie, et Teague se freya un chemin jusqu'à lui. Un marin ennemi se plaça devant le petit et leva sa hache au dessus de sa chevelure blonde. D'un coup de sabre puissant, North planta sa lame dans la tempe de l'homme, qui s'effondra, le regard vide, aux pieds du petit prince. Teague sorti un pistolet et tira sur un autre homme, quelques mètres derrière Ciel avant de se baisser vers lui.

-Qu'est-ce que tu fais encore là ?! Pourquoi tu n'es pas à l'abri ?!
HRP:
 
Teague « Sharpeye » North
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Prince Ciel
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Prince Ciel
Jeu 6 Aoû - 16:44
Spoiler:
 

Les gouttes de pluie se mêlaient aux larmes, fruits d’un mix dosé de consternation et de choc profond, qui coulaient sur les joues de Ciel. Ses poumons s’agitaient encore sous le coup de la violence avec laquelle North l’avait secoué, puis avait attenté à l’intégrité de son valet. Ce dernier, sonné, gisait au milieu de cordages et de caisses, la figure sanguinolente, des borborygmes inquiétants s’élevant de sa silhouette effondrée. Ciel, tremblant et paralysé, ne parvenait même pas à se rapprocher de lui. Il demeurait prostré sur le parquet martelé de pas hâtifs, jetant des regards terrifiés autour de lui.

Le Capitaine avait évoqué une tempête, mais il était persuadé d’avoir également entendu le mot « abordage ». Son anglais n’était pas mauvais...
Le jour avait décliné, certainement à cause des nuages qui s’amoncelaient au cœur de la voûte céleste. Ciel se sentait refroidir à chaque nouvelle goutte, à chaque nouvelle bourrasque. Des nausées secouaient son estomac et il n’osait même pas faire un pas de peur de tomber à la renverse aussitôt…
Personne ne l’aidait. Personne ne le protégeait. Personne ne le voyait.

Il hurla lorsqu’un canon défonça une partie du bateau dans un fracas épouvantable, tout en repliant ses bras contre son visage. Ses cheveux d’or étaient plaqués contre son front ruisselant et sa vision totalement brouillée par les éléments déchainés qui prenaient peu à peu possession du navire.

— Capitaine ! hurlait-il, désespéré, s’agrippant de toute sa hargne à un cordage.

North ne l’entendait pas.
Puis, tout s’enchaina. Un choc violent le fit culbuter ; il sentit l’eau glacée et salée de la mer en colère s’abattre sur lui, sa main lâcha prise et son petit corps fut emporté vers le flanc opposé de l’esquif. Toussant et crachant, il tenta de reprendre son souffle et de s’accrocher à ce qu’il trouvait. Il n’avait jamais subi de tels tourments physiques. Jamais.
Le seul avantage se trouvait en le fait que les évènements se précipitaient tellement qu’il n’avait pas le temps de les analyser, donc d’en souffrir trop profondément. Son instinct de survie, qu’on aurait pu croire annihilé depuis le temps, se décadenassait de minute en minute. Après l’eau glaciale, le feu dévorant. La confusion qui s’emparait de Ciel atteignait des sommets.


— Aaaaah !

Il crut vraiment que c’était là sa fin. La fin du prince de France. La fin de son règne même pas entamé. L’homme avait tout du brigand de la pire espèce. Laid, repoussant, imposant, crasseux, terrible. Son arme luisant dans la nuit. Ciel ferma les yeux, recroquevillé sur lui-même.
Il y eut un bruit de chair remuée, assez dégoûtant.
Il y eut un bruit mat, un bruit de corps lourd qui s’effondre.
Il y eut un bruit sonore, résonnant, un bruit de détonation.
Et puis le silence, qui finit par lui faire ouvrir les yeux.

— Qu'est-ce que tu fais encore là ?! Pourquoi tu n'es pas à l'abri ?!

Ciel n’aurait jamais pensé se trouver si soulagé de voir le visage du capitaine North surgir de la brume pluvieuse qui pilonnait le navire. Il tenta de se redresser péniblement, les jambes flageolantes.

— Ca… Capitaine… A l’abri ? Mais… Mais mon valet est inconscient, et c’est bien votre faute, capitaine… Peut-être même est-il tombé à la mer ou sous le coup d'un ennemi. Il balbutiait, tremblait, tâchant de couvrir par sa voix brisée le son du vent véhément. Personne ne… Personne n’a pris soin de me protéger. Personne n’est même venu à moi ! Est-ce que… Est-ce que c’est bien fini ? … Je ne sais que faire… J’ai… peur… Je ne sais que faire…

Entre les rafales qui tambourinaient sur sa peau, sa chevelure, ses habits, on pouvait discerner au-delà du bouleversement une sorte de gêne, de honte.

— Vous devez me trouver bien gauche et bien inapte. Mais comprenez que c’est ma première véritable aventure. Je n’ai aucune idée de comment je suis sensé agir ! Et si je venais à mourir… Oh, Ronce ne me le pardonnerait pas !

Il releva les yeux vers ceux, plus sombres et enfoncés, du pirate. Il semblait que la tempête s’y était engouffrée. Les aventures sont si différentes dans les livres…



Prince Ciel
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Lun 24 Aoû - 3:11
Le pire dans tout ça, c'est que ce foutu gamin n'avait pas bougé depuis les trente dernières secondes. Il restait là à baragouiner des mots inaudibles dans les cris et la tempête. Il fini par lever les yeux au ciel et resta là, sans bouger. Il fallait qu'il réagisse, qu'il se bouge... Mais il ne faisait rien de tout cela. Teague attrapa le gamin et le mis sur ses pattes.

-Réveille-toi par tous les dieux ! Personne ne va venir te sauver ici !

Malgré ses paroles, il attrapa un marin et lui cria dans l'oreille.

-Hans ! Va mettre le prince à l'abri et barricade-le !
-Oui capitaine !

Hans attrapa Ciel du bras gauche et se fraya un chemin jusqu'à la cabine de North. Il découpait, plantait à tout va, faisant de son mieux pour que le prince ne se prenne aucun coup. Il arriva devant la porte, l'ouvrit, puis jeta l'enfant à l'intérieur.

-Reste-là ! Tout va bien se passer !

Il referma la porte, mais en se retournant, un marin avec une hallebarde lui fonça dessus et l'embrocha violemment contre la porte. La hache de la hallebarde avait traversé la porte et l'avait bloquée avec le corps désormais inanimé de Hans. Un flot rouge coulait de sa pointe et des gouttes de couleur sang tombait au pied de la porte, formant une véritable petite flaque devant les yeux du prince. Le combat n'allait probablement faire qu'empirer.

De son coté, Teague avait perdu son chapeau et se battait de tout son âme. Ils étaient en sous nombre, mais il avait réellement l'impression de gagner. Il massacrait les marins ennemis, les insultant et les narguant de bon cœur. L'adrénaline lui donnait l'énergie et la vigueur pour détruire une armée. Qu'ils viennent ! Anglais, américains, français ou même espagnols ! Il les tuerai tous. Tous ceux qui se mettraient en travers de sa liberté ne feraient que signer leur arrêt de mort ! Sauf peut-être...
Une hache énorme vint s'écraser au pieds du pirate. Un homme, non, un géant se trouvait devant lui. Il était incroyablement grand et improbablement large. Il souleva sa hache vers Teague, et un éclair dévoila le regard du bonhomme. Il n'avait pas l'air de vouloir rigoler... La hache s'écrasa à nouveau non loin du pied du capitaine qui avait reculé juste à temps. Il fonça sur l'homme et voulu lui asséner un coup d'épée. Son ennemi attrapa la lame avec une main, tira un coup sec sur l'épée pour la sortir de la main de Teague, avant de la laisser tomber à terre comme si de rien n'était. Il avança vers North, levant à nouveau sa hache. Il la planta, et rate encore Teague qui avait esquivé sans trop de problème. Ce dernier sorti un pistolet, pointa la tête de l'homme, et tira. Un 'clack' se fit entendre, mais aucune détonnation. La pluie avait ruiné sa poudre, et aucune détonnation ne sonna. L'homme attrapa la main de Teague, le retourna et lui déboita l'épaule sans effort. North poussa un cri abominable avant de tomber à terre. Il ne sentait plus son bras droit et ressantait une douleur affreuse sur son épaule. L'homme leva une dernière fois sa hache, sûr d'asser un coup direct cette fois-ci. C'était la fin. L'adrénaline avait disparue et Teague allait mourir sur le pont de son propre bateau. Ce n'était pas si mal comme mort. Il aurait peut-être préféré que ça soit avec un peu plus de panache. Mourir « héroïquement », pour lui, c'est moins drôle qu'avec une paire de seins sous la main, c'est sûr. Une lame rouge ressortie du ventre du géant. Ce dernier la regarda, lâcha sa hache, et s'éffondra, sans vie. Le valet de Ciel était debout, tremblant, en train de réaliser ce qu'il venait de faire. Planter une épée dans le dos de quelqu'un, la première fois, c'est dur. Il regarda le corps, puis le capitaine. Il s'avança et l'aida à se lever. Il ne savait que dire. Pour toute réponse, Teague l'attrapa et lui cria dessus.


-Reste près de moi !

Teague attrapa une épée au sol de sa main gauche et fonça dans la mélée. Le valet le suivi, mort de peur. Il n'avait plus d'arme et esquivait tant bien que mal tous les coups perdus. A partir de là, le combat devint à la fois bien plus facile, et bien plus difficile. De manière incroyable, ils avaient réussis à repousser la majorité des forces anglaises. Peu à peu, le calme s'installait, et le soleil se levait. Lorsque Teague planta son sabre dans le visage du dernier anglais sur le pont du Red Wings, le calme était total. De l'autre coté du navire, les derniers marins jetèrent leurs armes. Aouan emmergea de derrière le mat. Il avait le bras gauche en sang et une grande entaille sur son épaule. Il s'essuya la sueur du front avant de faire signe à Teague avant de compter combien de leurs marins avaient survécus. Treize. Non, ça c'était le valet. Douze. Ils étaient Quarante deux en partant du port. Cette idée lui coupa la respiration. Il s'accoupit pour reprendre son souffle. Il essuya la larme qui coula de son œil avant de se relever et de se remettre au travail. De son coté, Teague regardait l'horizon, en train de faire le même calcul. Il se sentait infinimement triste, mais se retenait de laisser échapper la moindre émotion. Michael lui remit l'épaule en place, et Teague poussa un grognement sombre. Il se laissa faire installer un bandage pour stabiliser le bras.

-Voilà. Ça devrait aller, capitaine.
-Merci Michael.

Valet arriva, l'air hésitant.

-Euh... Mons... Capitaine ? Où...

Cette question lui brûlait la gorge, d'autant plus qu'il appréhendait durement la réponse.

-Où est mon prince ?

Teague se retourna.

-Toi...

Il leva la main, Valet trembla, de peur de se prendre un autre coup, mais North déposa sa paume doucement sur l'épaule du serviteur.

-Tu m'as sauvé la vie.

Valet resta sans comprendre un instant.

-Je... J'ai...

Teague sourit d'un sourire des plus sincères.

-Je ne l'oublierai pas.

Valet sourit bêtement à son tour, sans savoir vraiment quoi dire. Il réfléchit un instant avant de s'avancer.

-Je veux juste trouver mon prince... capitaine.

Le prince. Teague sonda le pont des yeux. Il ne voyait le corps du petit nul part. Son regard s'arrêta malgré tout sur le corps d'Hans, planté contre la porte de sa cabine. Il avança d'un pas décidé, suivi de près par Valet. Il s'accroupit devant le cadavre d'Hans, l'épée à la main, les yeux ouverts. Teague eut un petit sourire qui s'effaça rapidement. Le bougre avait défendu la porte avec sa vie. Teague lui ferma les paupières et se releva. Il tenta d'ouvrir la porte, sans succès.

-Il faut enlever cette hallebarde. Aide-moi l'ami.

Teague attrapa le manche de sa main gauche, et, à l'aide du valet qui tenait le manche à deux mains, il se mit à tirer la hache. Le coté dérangeant était vraiment que le corps d'Hans bougeait à chaque fois qu'ils tiraient un coup sur le manche. Après une longue minute d'essais, ils finirent par sortir la hache, qui ouvrit la porte dans un vracas sonore. Valet fonça à l'intérieur, et Teague déposa le corps de Hans doucement sur le coté. Il s'engouffra ensuite dans la cabine à son tour. Tout était sans dessus dessous. Entre la tempête et les combats, la cabine était méconnaissable. Un boulet de canon trônait fièrement dans une des bibliothèques, faisant face à un grand trou causé par l'entrée fracassante du boulet. Teague regarda à l'extérieur par ce trou. Le soleil était désormais levait et le matin était là. Les nuages avaient disparus et le ciel était clair et bleu. C'était le coté incroyable des caraïbes. Les tempêtes qui arrivent aussi vite qu'elles repartent. Et maintenant, il fallait se mettre au travail. Réparer le navire, s'occuper des prisonniers, offrir des sépultures décentes aux morts et surtout... Surtout... Il tourna la tête vers le valet, agenouillé près de son prince. S'occuper de lui.
Il s'approcha et se baissa vers lui, l'air narquois.


-Alors ? Quelle est la meilleure aventure gamin ? Les livres ? Ou la vraie vie ?
Teague « Sharpeye » North
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Prince Ciel
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Prince Ciel
Ven 11 Sep - 19:07

Va mettre le prince à l’abri et barricade-le.
Voilà que Ciel, oh l’arrogant petit Ciel n’est-ce pas, se retrouvait dans la même éternelle situation qui l’accablait depuis sa naissance. A l’abri et barricadé. A l’abri et barricadé.

Cette fois-ci l’ordre le plongea dans une confusion de paradoxes qui l’empêcha de réagir, de protester ou d’acquiescer. Il s’en voulait, humilié et rageur de ne pas avoir eu la ténacité de soutenir l’effort de l’Aventure jusqu’au bout. De n’être plus que celui à barricader. De donner raison à ceux, à celle, qu’il s’était tant acharné à considérer injuste et méchants. C’était, en vérité, réellement douloureux. Doublement douloureux puisque la partie moins fière de son être était à l’inverse fort pressée d’être enfin à l’abri.
Le petit prince avait été courageux. Résistant. Mais il ne pouvait que se rendre à l’évidence. Il n’était pas prêt pour cela.

—Reste-là ! Tout va bien se passer !

La porte se referma sur lui, le projetant ainsi dans une pénombre froide et solitaire. Les meubles, les lives, les chandelles se renversaient en une valse frénétique. Il ne les évitait qu’à peine. Ses lèvres tremblèrent, des larmes muettes roulèrent sur ses joues, et il attendit ainsi, raide, immobile, inexpressif, comme un arbre sous l’orage espérant humblement que la foudre l’épargnera. Et valet dans tout cela ? Pauvre Valet. Ciel n’avait même pas la force de songer à son sort. Il y eut un son mat contre la porte. Ciel mouilla ses dessous.


*



Silence. Assourdissant silence.
Ciel inspira précipitamment, comme s’il remontait à la surface après une longue apnée forcée, sans toutefois oser avaler trop d’air. Il était trop crispé encore.

On s’agita derrière la porte et Ciel plaqua ses mains contre ses yeux. La porte s’ouvrit au rythme de sa poitrine affolée. Une main attrapa la sienne. Il sursauta sans découvrir ses yeux.

—Ce n’est que moi, sire…

Valet tenta d’abaisser ses mains, et au terme de quelques secondes, le prince consentit à hausser ses paupières tremblotantes.

Valet… souffla-t-il très faiblement. Tu n’es pas…
—Non. Tant que vous vivrez, je vivrai aussi.

Valet lui replaça une mèche de cheveux dans un geste un peu superflu.


Alors ? Quelle est la meilleure aventure gamin ? Les livres ? Ou la vraie vie ?

Ciel jaugea longuement le pirate.
Il se trouvait en contre-jour, ce qui lui donnait un côté irréel.

Je ne suis point encore décidé.

Au moins, il n’avait pas tout perdu de son aplomb.
Il parvint même à esquisser un très fragile sourire.

Votre ami est mort, ajouta-t-il gravement mais naturellement, comme seuls savent le faire les enfants.




Prince Ciel
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Ven 11 Déc - 22:32

Toute aventure a son lot de tragédies, et un mort ponctua celle-ci. Comme le voulait la tradition pirate, le corps fut immergé dans les profondeurs de l'Océan. Un rituel rude, ponctué de vagues prières - un spectacle qui avait de quoi frapper un prince. Il était toujours surprenant de voir des forbans baisser pieusement la tête en entonnant des chants religieux.

Le reste de la traversée se déroula dans une quiétude plus sereine, même si chaque pirate demeurait sur la défensive. On ne transportait pas un prince sans risquer quelque attaque. Ciel de France rejoignit ses terres sous bonne garde, et le capitaine North reçut son paiement comme convenu.

Qui sait si les deux êtres se retrouvèrent pour partager une énième aventure.

RP clos


©️ Avatar par Odori. Compte PNJ, ne pas lui envoyer de MP, merci.
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