[31 décembre 04] Dent de Sagesse

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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Sam 3 Jan - 23:49
Résumé des événements.


Un an plus tôt, à l'aube de l'année 04, la Contessa Vassilissa Lagoushka de Valeroso, proche de la reine mère d'Espagne et de son fils Felipe de Marisma, organisa une bien étrange réception. Réunissant sur le navire volant de l'Albatros toute la lie de la piraterie et de la briganderie, elle les envoya sur la piste de sa filleule, inconnue jusqu'alors : Zahnfee Fatina. A la clé : son héritage et son titre.

Durant les festivités, un attentat sur la personne de la Contessa fut commis. Elle y survécut, protégée par l'un de ses condisciples, Nikolas Klaus Jensen, lui aussi élève de Koscheï l'Immortel. Mais cette tentative de meurtre n'avait pour but que de faire diversion et voler l'Oeuf-Âme de Koscheï. On découvrit alors l’existence des Enfants de Rostrhamus, une organisation terroriste à plusieurs visages.
Double échec pour les pions du Milan ! L'Oeuf-âme étant vide, cela ne signifiait qu'une chose : le sorcier avait déjà effectué son transfert vers un autre corps, celui du jeune Grigori Raspoutine. Il resterait un grain de sable dans leur plan.

Partie sur les traces du mystérieux Arsène Martes "Pervenche", espionne du Roi d'Espagne, découvre que les enfants de Rostrhamus sont fortement implantés en Allemagne et notamment au village d'Hamelin, village natale de Zahnfee Fatina. Elle en apprend d'avantage sur une légende, celle de la Batrakhomuomakhía, qui aurait opposé autrefois Rats et Grenouilles pour obtenir le droit de prendre forme humaine et d'user de la magie. Son enquête la mène sur les traces du bras droit du milan qu'elle parvient à capturer.
A ce jour il est toujours prisonnier dans le manoir de la Contessa de Valeroso.

Zhanfee Fatina fut donc chassée pendant plusieurs mois à son insu. La jeune confiseuse, éblouie par les retrouvailles avec son père, Orphée, l'avait suivi jusqu’au bout du monde, y gagnant une petite soeur au passage en la personne d'Alice Liddell. Les deux furent kidnappées par un des mercenaires de Vassilissa. Les deux sœurs de cœur échappèrent à leur geôlier durant les attentats d'Emerald et agrandirent la "famille" avec Chester du Cheshire. Mais les trois donzelles furent séparées lors de la fuite de la cité.
C'est la fameuse Yama Albadune qui récupéra la fuyarde. Cependant, indécise sur la décision à prendre, elle conserva l’allemande à son bord.

Une invitation de l'imposante Contesse l'obligea à trancher.

Alors que les routes ont tout fait pour séparer les soeurs, une étrange missive parvient à chacune d'entre elle, quelque soit le lieu et la distance. Alice et Chester reçurent ces mêmes mots :

Citation :
" Si vous voulez sauver votre soeur, trouvez vous à Madrid, au Manoir Valeroso, la nuit du 31 décembre de l'année 04.

R."



Vous êtes désormais réunis pour voir jouer le dernier acte de cette comédie...


**************************************************


Manoir Valeroso,
31 décembre 04,
début de soirée


Madrid bruissait d’effervescence. Les espagnoles avaient soif de faire la fête. Ils avaient soif tout court. Car quoi de mieux que l'alcool pour oublier ? Le monde cette année là avait vacillé : L'attentat contre leur bien aimé roi, le putsch pour faire tomber Emerald révélant l'existence des hybrides, la destruction du London Bridge en Angleterre, le raid de pirates de l'air sur l'exposition universelle autrichienne... Le monde devenait fou. Comme un amant éperdu.
Cette pensée la ramena à ce gourgandin de Felipe qui perdait la raison pour les seins d'une roturière. Une pirate qui plus est.

Vassilissa fit tournoyer l'alcool de Bénédictine dans son verre de cristal. C'était plus sirupeux que de la vodka. Mais elle devenait vieille. Et moins affutée.

Qu'aurait pensé sa chère Tanfee de ce monde malade, en proie à la déliquescence ?
"Rostrhamus est partout. Tout ceci est son œuvre. Il faut le tuer avant qu'il ne nous tue."
Tanfee était directe et ne s’encombrait jamais de fioritures. C'était une vraie guerrière germanique comme on en fait plus. Elle était pourtant intelligente et très fine pour juger les gens, mais elle jetait tout aux orties pour vivre. Faire l'amour et les confiseries, c'était son credo.
Et elle était morte avant elle.

La Contesse chassa toute sensiblerie parasite. Elle devenait vieille, certes, mais elle restait russe.

On frappa à la porte.
Charca passa sa grosse bouille ridée sertie de deux yeux globuleux par l'embrasure.

- Vos invités sont là, Maitresse. Et le diner n'attend plus que d'être servi.
- Bien, habille moi.


Ce soir, la Contessa si rare en société, donnait à diner pour le nouvel an.
Et parmi les invités, il y'avait le butin de toute une année de traque.


HRP:
 
Zahnfee V. Edelstein
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Dim 4 Jan - 0:20
Sauver votre sœur.

Ces quelques mots avaient sonné une sirène d'alarme dans l'esprit d'Alice. Elle devait se rendre à ce château, quoi qu'il lui en coûte ! Heureusement pour elle ses pérégrinations lui avaient permis de se faire un allié de poids en la personne de Pitt. Il ne fallut que quelques explications pour que le lièvre accepte que le Zeppelin amène Alice à ce curieux rendez-vous.

Qui dit château dit assemblée de haute lignée, dames aux beaux atours. Les fleurs, ces dames aux robes colorées qui constituaient le commerce de Pitt, veillèrent à ce qu'Alice soit parée. Telle une princesse des faubourgs, l'Androïde délaissa sa robe défraichie pour des atours plus... voyants. Et des plus équivoques. De grise souris, sous l'effet des fleurs  jouant les fées marraines, Alice devint une fille de trottoir. Provocante par sa robe aux couleurs éclatantes et son attitude de jeune fille candide, ignorante de ses charmes et des effets qu'elle provoquait chez les autres.

Car Alice était certaine d'être belle, d'être vêtue telle une dame. Douce candeur d'oie blanche.

Le Zeppelin déposa l'Androïde à quelques pas de la capitale, laissant Alice suivre les indications laissées par l'équipage pour se rendre à destination. Sa venue provoqua quelques remous dans la foule. On était habitué désormais à voir des Androïdes, mais sûrement pas des Androïdes vêtus tels des prostituées. Quelques remarques grossières fusèrent qu'Alice ignora, ses pieds dévalant les pavés, son regard quêtant la vue du château.

Il lui apparut soudainement, telle l'apparition d'un palais merveilleux.

La jeune fille frappa timidement à la porte et suivit le domestique qui la mena à l'intérieur. On lui demanda de patienter dans une petite salle. Incapable de s'asseoir, tant elle était nerveuse, la jeune fille tournait en rond dans la pièce. Elle était comme une lionne en cage.

Avisant un vase richement décoré, Alice se rapprocha pour mieux l'observer. Un mouvement brusque de sa part fit tanguer dangereusement le précieux ouvrage. La jeune fille tendit brusquement les bras, saisissant le vase avant qu'il ne se répande en éclats sur le sol. La porte choisit ce moment-là pour s'ouvrir.

Un énième invité ? L'auteur de la missive ? Un dangereux meurtrier ? Ou était-ce, sa chère sœur, Zahnfee Fatina ?
Alice Liddell
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Chester du Cheshire
Le chat du Cheshire
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Dim 4 Jan - 14:49
Chester vagabondait comme à son habitude de ville en ville des USA, à la recherche de nouvelles choses à découvrir. Jouant comme à son habitude des farce aux gens du commun, laissant toujours traîner un sourire derrière son passage .

Chester, un matin, en se réveillant sur un peau d'ours dans une pièce inhabitée, s’étira dans une position qui ferait regretter à tout être humain normal de ne pas être un chat. Chester se lécha les tresses pour se laver comme tout bonne chatte qui se respecte, jusqu'à apercevoir une lettre lui étant adressée.

Il y a peu de temps Chester aurait eu du mal à bien lire la lettre en question. Mais avec tout les événements qui lui étaient arrivés, la chatte s’était cultivé un peu, en lisant quelques livres pas trop compliqués, et donc avait apprit à lire correctement. Elle était fière et lisait la lettre facilement.

— La sœur de Chester ? Alice ? Alice a des problèmes. Chester veut protéger Alice... Ou alors c’était cette autre fille que Chester aimait bien. Sa grande sœur qui aimait les dents de Chester !

Mais dans la petit tête de l'hybride elle pensa plutôt à Alice et sortit en grande pompe de sa maison de la journée avant de s’arrêter net.

— C'est où déjà l’Espagne ? Chester se rappelle y avoir déjà été il y a longtemps... Ah oui c'est la où Chester a rencontré le vrai petit garçon de bois. C'est loin et Chester n'aime pas les bateaux qui volent dans le ciel. Comment faire pour retourner là-bas ? Il est hors de question de passer par la mer. Chester aime pas l'eau et les bains !

Un mois et demi passa. Chester avait réussi à rejoindre l'Europe après bien des soucis sur le navire volant. Elle avait failli finir par être jetée par-dessus bord. Mais à la vue des étendues d'eau qui l'attendaient sous le navire, elle s’était agrippée, toutes griffes dehors, à un pauvre petit membre du personnel !

— Chester est enfin arrivée. Bien que les habits de Chester soient légèrement en lambeaux maintenant. Mais c'est pas grave. Chester doit vite retrouver sa sœur en danger !

Après bien des jours de recherche Chester était enfin arrivée devant le château. Chester se souciait peu de sa tenue. Après tout elle n'avait jamais été invitée dans un château et ne connaissait rien des choses à respecter dans ces lieux.

Chester vit au loin une fille aux longs cheveux noir. Chester reconnut Alice. Enfin c’était jusqu'à ce que Chester voit son visage. Chester avait presque peur de voir Alice de la sorte. Qui avait pu défigurer sa sœur de la sorte ? Du coup Chester comprit que ce n’était pas Alice qui était en danger mais son autre sœur, la gentille femme qui grattouillait Chester !

Chester suivit Alice dans l'antre du château où tout était beau et propre. Tout sauf ses vêtements à elle .


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Ange
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Ange
Mar 6 Jan - 22:19
Ange ne savait pas vraiment ce qu'il faisait là, joindre réceptions et fêtes n'était certainement pas dans ses habitudes. Pourquoi était-il ici d'ailleurs ? Il était certain qu'il ne connaîtrait personne.
Pour s'échapper, souffla une voix légère à son esprit.

Ah oui, c'était pour ça. Parce que durant quatre années, depuis son réveil, il avait été seul mais pas vraiment. Mistral revenait toujours à un moment ou à un autre passer quelques temps au château avec lui. Son petit-fils n'avait pas été un homme exemplaire mais il était son unique famille et il avait l'amour d'un père pour lui, même s'il avait désespéré de le voir si obtus à lui-même engendrer.
Et puis un jour de cet Automne, l'ancien pirate avait lancé son adieu définitif pour rejoindre la cité d'émeraude. Son aïeul lui avait souhaité tout le bonheur du monde car c'est ce que faisait un bon parent lorsque son enfant quittait la maison.
Puis au final c'était peut-être mieux ainsi, Ange ne se serait jamais pardonné d'avoir mis le plan élaboré avec la vieille Avela à exécution. Même s'il l'aurait indéniablement fait. Car à présent, il devait faire le deuil définitif de sa Lignée et de son nom.

Le français soupira. Ce n'était pas là le genre de pensées qu'aurait du avoir un jeune homme de vingt-trois ans, mais à quoi bon. Il se sentait tellement plus vieux de toute façon. Comme si son âme avait continuée à vieillir sans son corps durant le Grand Sommeil.

Caressant les pétales de la rose lie-de-vin accroché à son veston, Ange attendait avec les autres que leur hôtesse fasse finalement son apparition. Il y avait des gens étranges dans la masse, habillés comme les autres mais qui ne dégageaient pas la même aura noble que les autres illustres invités. Mais peut-être qu'il se trompait, il n'était lui-même pas très à l'aise. Pour une fois il ne portait pas de blanc mais un costume moderne à queue de pie en brocard gris foncé. Ses cheveux blonds d'ordinaire lâches avaient été noués à l'arrière de sa nuque avec un lien de cuir. Ses gants comme sa canne étaient noirs.

Ce soir, malgré la toute finesse de son visage, il avait l'air très homme. Et il avait déjà remarqué qu'on ne s'adressait pas à lui avec la délicatesse habituelle, comme s'il était quelque chose d'infiniment fragile mais comme l'un des nombreux autres convives de marque.
Ce n'était pas si dérangeant en soi, il n'avait juste pas l'habitude.

Alors qu'il s’apprêtait à partir en quête d'un peu d'eau, un bruit sur sa droite lui fit tourner la tête.

Ange
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Yama Albadune
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Yama Albadune
Jeu 8 Jan - 23:36
Après avoir quitté la réception de Vassilissa en catastrophe en début d’année 04, Yama prend connaissance de l’association entre Mistral Despair et Lucas Grey pour ramener la dénommée Zahnfee à la Comtesse. Déterminée à mettre des bâtons dans les roues de son ancien bourreau, la pirate profite du chaos des événements d’Emerald pour sauver Zahnfee et Morrigan d’Avalon, qu’elle ramènera sur la terre anglaise saine et sauve. Les mois passent. Entre pillages et visites régulières au Château d’Espagne, la Capitaine Albadune s’occupe de manière assez efficace pour ne pas penser au moment où il lui faudra remettre sa "captive". Mais une invitation met fin au temps des réjouissances.

C’est ainsi que - accompagnée de la fugitive et d’un certain mousse aux allures canailles - Yama Albadune (ou "Ran", comme certains commencent à l’appeler) fait son apparition au manoir Valeroso.


❄❄❄

- Capitaine, vous êtes sacrément bandante !

Le coup que ramassa le mousse à l’arrière du crâne provoqua un "hé" de protestation, pour la forme. Mais Hawkins souriait, ravi de l’irrévérence de sa remarque. À ses côtés, fagotée dans un kimono de soie sombre à l’aspect précieux, la Capitaine Albadune ne décochait pas un seul sourire. Son expression était d’une gravité étrange : même alors qu’ils étaient aux portes du manoir, son sens moral la tiraillait.

Pourtant, elle le voulait, ce titre. Et son associé - l’assassin qui avait oeuvré dans l’ombre tandis qu’elle parcourait les cieux - avait besoin de cet argent. Malgré cela, la criminelle hésitait encore. C’était pour cela qu’elle était venue armée, son sabre restant sagement glissé dans une doublure de sa tenue. Et accompagnée d’un adolescent qui, à défaut d’avoir l’air bien méchant (même en costume), restait un allié de taille.

L’homme qui les reçut les conduisit directement dans la salle de réception, où s’étaient déjà rassemblés bon nombre de convives. Étourdi par le faste soudain du décor et l’ambiance solennelle, Hawkins fit un tour sur lui-même, émerveillé.

- Wah Cap'taine, vous avez vu c’te salle ? Il doit y en avoir, des trésors là-

Un invité le bouscula, l’envoyant bousculer à son tour un jeune homme blond. Le petit mousse s’en détacha immédiatement, lui adressant un sourire rayonnant en guise d’excuses.

- Excusez-moi mon brave. La gravité semble bien forte par ici.

Sur ces sages paroles, Hawkins s’en retourna vers la Capitaine qui adressa un regard vaguement désolé au jouvenceau. Cependant, alors qu’elle s’attardait vaguement sur les traits de son visage, une sensation étrange s’empara d’elle. Un très bref déjà-vu, dérangeant comme une piqûre d’insecte, et qu’elle chassa en focalisant son attention sur la jeune femme qu’elle accompagnait.

Elle ne savait toujours pas ce qu’il allait advenir de cette Zahnfee, pour laquelle elle s’était surprise à éprouver une forme d’affection. Dans ce jeu-là, Yama avait été tout au plus un mercenaire, mais elle ne pouvait se voiler la face : le véritable terme, celui qui faisait le plus mal restait celui de pion.
Yama Albadune
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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Dim 11 Jan - 1:10
Les jeux sont faits.
Soyons honnêtes j'ai bien cru que l'épilogue ne viendrait jamais. La pirate bridée semblait hésiter. Je crois que sa fierté y faisait obstacle et son égo étant aussi gros que son bateau, le saut fut sportif. Je ne lui en veux pas. Au final on s'attache toujours à ses geôliers. Elle n'est pas une mauvaise bougresse, juste une trainée. Mais une trainée avec des principes et du panache. On peut lui en être gré.
Après avoir vécu mes premiers mois de captivité dans l'angoisse, la tension était progressivement redescendue. J'allais et venais presque librement, j'étais entretenue comme courtisane par ma flibustière au décolleté tellement fourni qu'il aurait pu nourrir à lui seul tout Tortuga - ce qui avait déjà du avoir lieu, du reste. La donzelle avait les mœurs particulières qui seyaient à une vraie femme de mauvaise vie : abus de stupéfiants, brigandages douteux, amitiés équivoques et, cerise sur le gâteau, détournement sexuelle de roi. Quand j'évoquais le panache !
Mais la "Maitresse Espagnole" avait beau être tout cela et plus encore, elle tenait parole. Toutes mes requêtes étaient exhaussées : robes, nouveaux outils d'odontologie, livres, escales... J'aurais pu être libre, oui. A plusieurs reprises.

Mais je ne l'ai pas souhaité.

Père m'avait abandonnée à mon sort. Mes sœurs avaient été contraintes de fuir. Cette foutue putain de la Toundra avait lancé un avis de recherche si large que j'avais déjà deux fois changé de mains. S'évader. Formidable ! Pour aller où ? Pour faire quoi ?
Mon orientale à la cuisse légère et au sabre aiguisés n'était pas le plus mauvais des lots. Loin s'en faut.

Mais tout à une fin, n'est-ce pas ?

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Salle de récéption


- Capitaine, vous êtes sacrément bandante !

Yama Albadune abat le poings de la justice sur le crâne de ce nègre d'Hawkins. Il a le phrasé aussi crasseux que son teint. J'ai toujours eu peur que ce soit contagieux. Silencieusement, je les suis, elle dans son peignoir et lui endimanché comme un fagot. Suis-je la seule à être décemment apprêtée ?

La robe de Zahnfee:
 

Quitte à être exécutée ce soir, autant que ce soit dans de jolis atours.
Mes cheveux blonds, coupés courts sont seuls restés les témoins de la femme de bien, au commerce honnête que j'étais. Je sens entre les plis de ma traine, battre la flûte de père qui ne me quitte plus jamais.

Nous sommes tous réunis dans la salle de réception du manoir Valeroso. J'ai des souvenirs ancien, écorchés et éparses de cet endroit. Je crois y avoir joué enfant. Nous sommes peu pour une sauterie de noble : une dizaine de pourceaux en costume de fête. Outre mes deux compagnons, il y'a ce blondinet efféminé à qui Hawkins vient de voler ses boutons de manchette en faisant mine de le bousculer par inadvertance, un gros homme au faciès large et à la moustache gominée qui respire fort, un couple d'une quarantaine d'année, un homme au regard en amande qui me met franchement mal à l'aide, une mondaine dont j'ignore la vocation artistique, et j'en perds le fil.
Chacun déguste un petit apéritif, sur un lit musical d'une exquise maestria, avant que le diner ne soit servi, et surtout que la maitresse de maison ne fasse son apparition.

*********************************************************

Alice n'est pas seule. Alors qu'elle manque de renverser un vase chinois, une autre personne se glisse en catimini dans la pièce. Il ne s'agit nul autre que de sa chère Chester ! Mais les deux sœurettes n'ont guère le temps de se retrouver avec effusions. Une domestique en livrée vient les trouver avec une mine de conspiratrice. Elle semble visiblement savoir qui elles sont :

- Venez avec moi, j'ai ménagé des couverts pour vous. Tâcher d'entrer sans vous faire remarquer dans la grande salle. Mêlez-vous aux autres. "Elle" est déjà là.

Aucune place pour les questionnements, la bonne les jettent en pâture aux convives , par une porte latérale dérobée puis disparait.

Et soudain les violons cessent, les gorges se raclent, le silence se fait maitre des lieux. Une porte énorme s'ouvre révélant la Comtesse, plus belle que jamais, drapée dans une robe extravagante, presque moulante, d'hermine et de voile.


Son sourire, étudié comme en toute chose, était chaleureux et embrassa la salle entière.

- Mes chers, très chers, amis, bienvenue en mon humble demeure.

La mascarade commence...




Zahnfee V. Edelstein
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Dim 11 Jan - 12:19
Le vase se stabilisa, Alice lâcha un soupir.

Elle avait évité l'incident, mais à quel prix ! La jeune fille frotta ses mains moites de sueur sur sa robe. Un grand sourire surgit dans la pièce, un énorme croissant de lune que Alice ne connaissait que trop bien. Déjà l'Androïde ouvrit grand les bras, prêt à accueillir la nouvelle arrivante, sa compagne des anciens jours.

Mais l'intrigue ne laissait guère place aux effusions sentimentales. Une domestique les envoya dans l'arène, leur laissant le choix des armes. Les questions se bousculaient dans l'esprit d'Alice. Comment Chester était-elle venue ici ? Avait-elle reçu la même mystérieuse missive ? Pas de place pour les interrogations, il fallait agir.

La salle de réception grouillait, littéralement. Alice observait, béate, toutes les grandes dames en robes. La plus belle apparut en hauteur, auréolée de gloire. La Comtesse était une Dame parmi les dames.

Mais tout cela n'indiquait pas où elle était. Leur sœur de cœur, leur ainée, Zahnfee.

— Chester, souffla Alice tout bas. Utilise ton pouvoir, deviens invisible. Essaye de trouver Zahnfee parmi les nobles. Je vais regarder de mon côté.

Chance pour elle qu'ils se trouvaient en Espagne. On acceptait les Androïdes en ce pays.

Affichant un sourire faux, forcé, mais brillant, Alice se mouva au sein de la foule, cherchant du regard une tête blonde familière. Elle sentait sur elle des regards dérangeants. De la curiosité, du mépris et parfois... quelque chose d'autre. Indéfinissable, mais sans aucun doute sale.

On lui faisait sentir que sa présence, en ces lieux, n'était guère apprécié.

Une main se posa sur son bras et, instantanément, Alice se raidit. La peau était moite, le geste bien trop pressant pour être innocent. Son propriétaire respirait fort, faisant vibrer sa moustache. Il ressemblait à un morse.

« Mademoiselle, vous êtes seule ? Une demoiselle comme vous devrait être en bonne compagnie... »

Elle n'aimait pas ça. Le ton pressant, la moiteur de la peau, la façon dont l'homme se collait à elle. La raison d'Alice tentait de bailloner ses impulsions. Elle n'était pas dans une ruelle fétide des bas-quartiers. Les fleurs de Pitt lui avaient bien précisé qu'elle devait bien se conduire.

Mais un chat sauvage, même enrubanné et parfumé, demeure un chat qui n'aime pas être caressé. Surtout par un inconnu.

Alice gifla l'importun de sa main androïde. Le sang gicla, le morse hurla comme si les chevaliers de l'Apocalypse s'étaient jetés sur lui. Le liquide carmin goûtait des griffes de l'Androïde, figée, attendant les conséquences de son acte.

Il fallait au moins espérer que cette diversion aiderait Chester dans sa traque.

Citation :
Zahn, si mon post pause souci, n'hésite pas à me le dire. :write:
Alice Liddell
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Chester du Cheshire
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Dim 11 Jan - 15:17
Chester avança, se rapprochant d'Alice. Bien que le visage d'Alice laissait perplexe Chester cette dernière sauta dans les bras qu'on lui tendait. Elle ronronnait de joie de revoir enfin sa sœur. Mais les joie des retrouvailles furent trop vite ininterrompue.

Une femme, qui leur parla sèchement, leur ordonna de la suivre. Chester avait les poils de la queue qui se dressaient légèrement. Elle n'aimait pas qu'on lui parle, à elle ou à sa sœur de la sorte. Elle lui aurait bien sauter dessus toutes griffes dehors. Mais Alice avança sans rien dire. Chester dut se retenir et suivit sa sœur silencieusement.

La domestique leur ouvrit la porte, laissant apparaître une salle énorme pleine de lumière et surtout avec beaucoup trop de monde au goût de Chester. Surtout que, vu son accoutrement, beaucoup de gens la dévisageaient avec grand mépris. Le sang de Chester commençait à bouillir en elle. Les gens qui la regardaient ainsi finissaient souvent avec leurs yeux au bout de ses griffes, avec lesquels elle jouait comme avec des petites billes. Mais Alice s'approcha de Chester et lui murmura quelque chose à l'oreille :

— Chester. Utilise ton pouvoir, deviens invisible. Essaye de trouver Zahnfee parmi les nobles. Je vais regarder de mon côté.

Chester fit apparaître son plus beau et grand sourire, et commença à disparaître doucement laissant d'elle que son éternel sourire. Mais avant tout on ne pouvait pas accomplir une mission le ventre vide. Chester fit un crochet vers le buffet alors que tout le monde regardait la femme qui était entrée dans la salle. Mais Chester elle n'en avait rien à faire et finit de dévorer le plateau de nourriture avant de prendre sa mission au sérieux.

Chester regardait partout mais tout le monde se ressemblait dans ces vêtements de peigne-cul. Les effluves de parfum étaient trop forts pour que Chester puisse reconnaître l'odeur de sa sœur. Tout le monde se rassemblait vers un point précis de la salle. Chester profita de ce moment pour essayer de trouver Zahn.


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Ange
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Ange
Dim 11 Jan - 17:03
Un objet non identifié manqua de faire tomber Ange de sa chaise.
Après rectification, il s'agissait en fait d'un être humain qui ne semblait guère âgé et qui avait une peau bien foncée pour être en ces lieux.

— Excusez-moi mon brave. La gravité semble bien forte par ici.

Le français inclina la tête en disant que ce n'était rien, ne relevant pas la note d'humour et se contentant d'y sourire car aujourd'hui était un jour où l'on se devait de garder ses manières. En se redressant pourtant, son regard croisa celui d'une femme en kimono qui le dévisageait avec un drôle d'air. Est-ce qu'elle le connaissait ?
Tout en se levant de sa chaise, il s'apprêta à lui dire quelque chose lorsqu'une scène un peu plus loin attira son attention. Il dit :

— Pardonnez-moi, j'ai quelque chose à faire, il se faufila entre les deux invités et leva le visage (la femme aux cheveux noirs était un peu plus grande que lui) vers l'étrangère ; Mais j'aimerais avoir une conversation avec vous tout à l'heure.

Détachant ensuite ses cheveux (ne pas les sentir libre le gênait passablement en fin de compte), le jeune homme se dirigea d'un pas rapide vers la demoiselle vers qui l'attention des invités commençait à se tourner. Et il y avait de quoi puisque le gros bourgeois face à elle avait la joue dégoulinante de sang.
Pourtant, il avait le sentiment que la victime ici n'était pas celle qu'on pensait. Et puis, il avait remarqué sa main de métal et il valait mieux qu'aucun Androïde ne fasse de scandale dans ce pays qui les accueillaient. Le français était décidé à l'aider.

Il y avait de nombreuses choses qu'Ange ne savait pas faire. Il n'était pas doué en escrime ou en course, ne savait pas monter à cheval, n'aurait probablement pas pu se cuire une omelette et était un amant plus passif que fougueux.
Néanmoins, s'il y avait bien quelque chose pour laquelle le petit marquis savait y faire, c'était se servir de sa langue. En effet, il mentait comme personne, séduisait facilement les esprits, et n'éprouvait aucune culpabilité à user de ses talents sur autrui.
On aurait pu ainsi dire, qu'Ange était un homme qui avait compris et savait utiliser à son avantage, l'art le plus secret des femmes.
Aujourd'hui, il allait l'appliquer.

Saisissant allègrement le bras de la fille comme de vieilles connaissances, il regarda le moustachu droit dans les yeux et déclara :

— J'ai presque envie de dire bien fait pour vous, on ne fait pas d'avances à la cavalière d'un autre. C'est malséant, il resserra les doigts autour du poignet qu'il tenait dans l'espoir que sa propriétaire se taise ; Mais elle a toujours été impulsive, vous savez. C'est le sang – hum – italien. Alors désolé pour votre joue, mais vous guérirez, un sourire charmant vint étirer les lèvres du marquis et il sortit un mouchoir en soie de sa poche pour l'offrir à l'homme répugnant qui le plaqua contre sa plaie ; Je vous l'offre, il a de la valeur. Et puis vous savez...certains trouvent les cicatrices très attirantes.

Sur ces mots, il précisa aux autres invités que les choses étaient réglées – il l'espérait – puis emmena la jeune femme à l'écart en lui chuchotant qu'il ne lui voulait pas de mal mais qu'elle avait meilleur temps de le suivre pour éviter davantage de problèmes.
Mais de toute manière, il n'avait pas l'air du type d'individu à faire de mauvaises choses.

Une fois qu'il furent tout deux au fond de la salle et loin des oreilles indiscrètes, il demanda gentiment et à voix basse – il n'avait pas envie de l'énerver et de finir lui aussi défiguré :

— Vous allez bien, ma Dame ? Je sais à quel point les goujats peuvent être insupportable, mais je suis sûr qu'il y a d'autres solutions que l'énucléation. Peu importe. J'ai prétendu aux gens là-bas que vous êtes ma cavalière pour ce soir, alors il va falloir jouer le jeu, d'accord ?

Le bruit d'une lourde porte se fit entendre et Ange releva la tête à temps pour voir la comtesse leur souhaiter la bienvenue de son accent profond:

— Mes chers, très chers, amis, bienvenue en mon humble demeure.

Il souffla:

— Regardez notre hôtesse, n'est-elle pas magnifique ? Ce blanc, cette silhouette, on croirait presque voir une déesse des anciens grecs. Même moi qui n'ai jamais tant désiré les femmes me laisserais tenter.





HRP:
 
Ange
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Rey de Marisma
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Rey de Marisma
Mar 13 Jan - 0:10
Spoiler:
 

La voiture était toujours ses coulisses, l'enclos avant la corrida, l'instant où le temps arrêté ne pouvait le surprendre autrement que dans une parfaite posture immobile, son regard vert irisé d'or fixé sur un point invisible. Non pas qu'il se comparait nécessairement au taureau ou encore à son toréador, mais il y avait quelque chose dans le monde des hommes et ses mondanités qui y ressemblait fortement. Comme un retour à l'état sauvage et à la loi du plus fort derrière les manières. Alors que tout cela répondait à des moeurs bien subjectives. Il était roi subjectivement, gouvernait seul face au grand nombre, il devait se montrer à la hauteur des attentes, assumer ses choix, et les grandir à la vue de tous pour se faire accepter et continuer pour le bien de tout un peuple. C'était cela ou mourir.
Quant aux autres autour de lui, à rechercher ses grâces, c'était à qui saurait le mieux jouer avec ses cartes, celui qui tromperait et parviendrait à abattre ses atouts au bon moment, parier et risquer de tout perdre, gagner ou mourir.
La loi du plus fort, malgré ce que l'on dira, est toujours présente dans ce système ou un seul gouvernait face au grand nombre.
Paradoxe de la monarchie.

Peut-être était-ce en conscience de cette réalité que Felipe balayait aujourd'hui du regard ce qu'il avait accompli dernièrement. Tout en lui n'y avait pas été irréprochable. Et ses nerfs, longtemps mis à vif, ne pouvaient pas être les seuls à blâmer : trop facile.
Enfin, dans l'ensemble il était satisfait.
Au moins son repos forcé du fait du dernier attentat en date qui avait bien failli ne pas le manquer avait eu cet avantage de lui permettre de réfléchir posément au futur qu'il voulait offrir... à lui, à son entourage et enfin à son pays.
Il ne devait regretter que son oeil droit dans cette affaire. Une maigre perte comparée aux conséquents progrès qu'il avait faits, bien qu'à choisir, il préférerait ne pas perdre le second, à l'avenir.

Ce soir, le roi était de sortie. Et à présent, il reconnaissait les plaines, les routes et les arbres qui défilaient au-delà de la vitre, une pointe de nostalgie mêlée à une certaine et délicieuse anxiété se riva dans son ventre, une anxiété assez excitante, à vrai dire, le genre qu'il connaissait bien et qui rendait tout son panache au roi.
Il sourit. Ce sourire d'une neutralité déconcertante aussi vide qu'une plaie ouverte sur un esprit en contemplation.
Cette dernière soirée de l'an sera radieuse. Il allait se mesurer avec plus fort que lui, sans doute. Réduit à l'état d'enfant. N'était-ce pas troublant ? excitant ? Absolument inhabituel ? C'était le genre à appeler son esprit paradoxal à s'élever plus haut encore !

— Nous sommes arrivés, Su Majestad.

Ses yeux n'avaient pas quitté le spectacle de la vitre.

— Oui, effectivement, souffla-t-il derrière ce sourire qui n'avait pas quitté ses lèvres, ses yeux reflétant un Manoir bien connu.

~~~


Il vit au regard du domestique qu'il était en retard, pas à cause d'un reproche visible — on ne reproche pas à un roi d'arriver en retard — mais d'une certaine curiosité dans son air. Curieux sans doute de la réaction que la maîtresse des lieux manifesterait et de comment cet invité-là s'en accommoderait. Pour sûr, cela risquait d'être du grand spectacle.
Son entrée sembla déranger une action en suspens. Celle de Vassilissa, de son entrée, à elle : il y avait répondu en un parfait écho.
Comme si cela avait été répété. Papier à musique parfaitement millimétré.

Il avait seulement pu attraper au vol ses paroles avant que les portes ne s'ouvrent : Mes chers, très chers, amis, bienvenue en mon humble demeure, avant que l'on ne se tourne vers l'inopportun, d'abord exaspéré, puis immobilisé en reconnaissant le roi, ce même roi qui avait tenu un silence de mort, ne se montrant plus dans le Monde, dirigeant avec efficacité le pays, mais de loin, laissant naître des rumeurs concernant son véritable état de santé.
Les réactions étaient assez diverses parmi ces gens, mais toutes étaient silencieuses... et il y avait matière à nourrir cette diversité. Tout d'abord, loin d'être diminué, il semblait être en parfaite santé. Ensuite, ses éternelles lunettes avaient subi quelques améliorations pour devenir un monocle au style sensiblement semblable à celui du couvre-chef de cuivre et de rouages qui avait accompagné le monarque durant tout son règne. À présent, l'ustensile habillait sa tempe droite et son oreille, s'y accrochant, s'appuyant sur son nez, le verre de teinte verte, parfaitement opaque, ne laissait rien voir du "manque occasionnelle" de globe oculaire et l'habillage cachait suffisamment ses cicatrices pour paraître dignement en société, ne laissant voir que de très fines traces brillantes, invisibles sans y prêter une attention toute particulière.
Enfin, son allure vestimentaire était passée du tout au tout. Loin de l'accoutrement un peu fantasque, on notait qu'en dehors de son monocle, le roi avait opté pour un ensemble remarquablement chic et sobre, simple et efficace, tout d'un noir avec un gilet en velours d'un vert sombre au arabesques également noires.
La parfaite figure d'un monarque qui arrivait à être superbe parce qu'il négligeait pour une fois ses habitudes bariolés. À la fois reconnu et méconnaissable, il faisait honneur au ton de la soirée.
Solennel.

Canne d'apparat d'un vert sombre sertie de cuivre en main, il s'avançait vers l'hôtesse après l'annonce du domestique.

— Felipe de Doñana de Marisma, el rey de España.

L'ainsi nommé en rejoignant leur charmante et radieuse hôtesse glissa ces délicieuses paroles :

— Je vous prie de m'excuser, Señora, pour ce retard impardonnable. Mais vous savez qu'il n'est en rien voulu et qu'être privé un seul instant d'une si charmante compagnie m'est insupportable.

Difficile de dire de quelle compagnie il parlait, puisqu'il y avait ici plusieurs personnes qui partageaient son coeur, mais la politesse et l'impeccable baisemain de circonstance tournait la phrase en faveur de la Comtesse de Valeroso.

Il se redressa, et s'effaça doucement devant la maîtresse des lieux en un sourire.
Oui, un sourire, le genre qui donnait tout son panache au roi. Gamin, il l'était. Gamin, il le resterait auprès d'elle, un gamin superbe et royal, apparemment irréprochable, absolument insupportable.
Le miroir se brisa donc. C'était bien une provocation. La conformité à laquelle il se pliait était délicieusement belle et ironique, comme le plus élégant clin d'oeil malicieux qu'elle seule pouvait apercevoir. Aux autres, il serait un roi métamorphosé et... un peu plus grand.

La Comtesse savait tout comme lui que l'on se faisait désirer, que l'on se faisait attendre en société... elle était celle qui le lui avait appris, avec sa mère.

— Je vous en prie, reprenez les rênes de votre soirée.

Rey de Marisma
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Yama Albadune
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Yama Albadune
Mar 13 Jan - 21:39

Yama avait beaucoup de peine à détacher son regard du jeune homme blond, de même qu’elle se trouvait incapable de définir ce qui - en lui - la perturbait autant. La sensation était puissamment troublante, étrangement amère. Alors que des éclats de voix résonnaient un peu plus loin, l’homme se leva et s’approcha d’elle.

- Pardonnez-moi, j'ai quelque chose à faire, mais j'aimerais avoir une conversation avec vous tout à l'heure.

Elle hocha la tête, légèrement irritée par l’accent français qu’elle percevait dans la voix de l’inconnu. Ce dernier fila un peu plus loin, mais Yama ne le suivit pas du regard. Le silence était tombé dans la salle, silence brisé par le bruit d’une lourde porte qui s’ouvrit sur la Comtesse.

- Mes chers, très chers, amis, bienvenue en mon humble demeure.

La pirate fut agitée d’un frisson et sentit bien malgré elle sa gorge se nouer : Vassilissa était d’une splendeur indécente, aussi terriblement attirante que la dernière fois. Troublée par la vision de leur hôtesse, Ran ferma les yeux un infime instant, le temps de reprendre contenance. Elle travaillait sur elle-même, sur une meilleure acceptation de ce qu’elle était. Cette attirance déplacée, dégénérée, faisait partie des choses qu’elle n’avait plus d’espoir de changer. Mieux valait s’y faire.

Lorsqu’elle rouvrit les yeux, un autre invité fit son entrée.

La criminelle tourna la tête, comme les autres. Son regard pourtant n’avait rien, absolument rien de comparable avec ceux des autres invités.

Ainsi vêtu, ainsi présenté, le Roi d’Espagne - borgne, à présent - faisait forte impression. Yama le suivit du regard alors qu’il s’avançait vers la Comtesse. Au silence s’était substituées les rumeurs, commentaires inutiles des mots de Sa Majesté, du moindre détail de sa personne. Comme toujours en sa présence, la criminelle sentit un pincement entre ses poumons glacés. Pincement accentué par la vision de cette blessure sublimée, cette absence dont elle était, en partie, la cause.

Une main s’accrocha à la manche de son kimono.

- Elle est classe, la Majesté.

- Je te l’accorde. Répliqua-t-elle avec, semblerait-il, une pointe de fierté. Elle était heureuse de le voir ici et - même si tentait toujours de chasser la culpabilité - stupidement ravie qu’il puisse la voir ainsi apprêtée, mieux même : en compagnie de celle qui, si tout se passait bien, lui vaudrait un titre de noblesse.

Que pouvait bien faire une pirate d’un titre pareil ? Absolument rien. L’amante du Roi dont elle ne pouvait que ternir l’image, elle, voyait cependant toute l’utilité de la chose.

Un très mince sourire vint éclore sur les lèvres blanches de la Capitaine. Voir ici la raison principale de la traque qu’elle avait menée renforça sa détermination. Un bref instant, quelque chose sous la peau de son bras droit la démangea. Ses ongles vinrent se glisser sous le tissu sombre, grattant la peau marbrée, engourdie, parsemée de marques violacées, dont certaines commençaient à s’estomper. Le geste n’échappa au mousse, qui lui jeta un regard étrange.

- Ça vous manque ?

- Ferme-la.

Son sourire disparût. La sobriété, malgré la santé qu’elle lui apportait, avait le don de la rendre bien trop sentimentale.
Yama Albadune
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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Mer 14 Jan - 0:09
A peine la maitresse des lieux eut-elle fait son entrée coté court, qu'un autre personnage lui fit écho, coté jardin. Et pas des moindres. Le Roi, rien que ça. Il se sont donnés le mots tous ces acrobates, pour enflammer la piste. Ça crie, ça couine, ça remue sous les dentelles et les jabots, à l'ombre des lumières tamisées des bougies. Bandes singes abrutis d'eux même, enivrez-vous de votre égo et crevez-en.

J'éprouve un frisson, comme si quelque chose me frôlait, quelque chose de familier. Je m'ébroue.

Le Capitaine s'agite à ma droite. Légère congestion de la mâchoire, grattements caractéristiques. D'un geste rompu par l'exercice, je pose ma main sur son avant bras. Je sens presque la peau à travers la soie.

- Ça vous manque ?
- Ferme-la.
- N'écoute pas ce sale Kauderwelsch. Rappelle-toi de respirer comme je t'ai appris. Ça va passer...


Je continue à observer les clinquantes retrouvailles en face de moi, sans quitter ma prise.
La bridée a l'habitude. Je diminue ses prises depuis plusieurs mois déjà, je l'aide à surmonter ses petites tracasseries .Voyez-vous, c'est que je déteste abandonner un travail en cours quand je l'ai commencé. J'ai eu du temps à revendre et rien pour m'occuper les doigts. Alors je me suis lancée dans quelques projets d'ordre scientifique : "dégriser" le capitaine, inclure des nutriments essentiels pour un bel émail bien blanc dans l'alimentation de base du flibustier, offrir une brosse à dents à chaque membre de l'équipage et quelques cours sur l'entretien buccale....Si on m'avait laissé plus longtemps en retenu sur ce navire, j'aurais rendu l'inspection dentaire hebdomadaire obligatoire.

*******************************************

Vassilissa observa l’hurluberlu lui faire la révérence, puis lui baiser la main. Elle ne se départit pas de son sourire énigmatique. Elle avait inculqué l'art de la composition à son filleul. Elle se maitrisait en toute occasion.

— Je vous en prie, reprenez les rênes de votre soirée.

Alors, seulement, elle lui attrapa le menton et tint le souverain de cette manière, peu gratifiante, qu'ont les gouvernantes avec leurs pupilles. Son rire fouetta sauvagement le visage de Felipe. Il enfla, profond, violent, comme une bourrasque de vent et éclata contre les murs de la salle de réception. D'abord nimbés dans le silence, indécis quant à la conduite à adopter, les convives suivirent le mouvements. Les pouffades gênées laissèrent bientôt place à une hilarité drue et piquante, encouragé par l'apparente intimité des deux rôles principaux.

Vassilissa s'arrêta net.

Elle posa son regard vert aux éclats de givre sur la créature qu'elle avait contribué à éduquer, non sans mal. Elle l'embrassa sur les deux joues et avec une voix chaleureuse s'exprima en ces termes :

- Mon cher enfant, sachez que je suis la plus heureuse des marraines, car j'ai avec moi ce soir mes deux précieux filleuls.

En un instant, la Comtesse avait renversé la dynamique, transformant la superbe du monarque en puérile rodomontade. Se gardant pourtant de l'humilier complétement.
Elle tendit la main vers une jeune femme d'une rare blondeur, parée de rose et d'or, dont les cheveux courts étaient la seule entorse à sa mise très soignée. Elle se tenait droite à coté d'une femme brune en kimono d’apparat que Felipe ne put que reconnaitre immédiatement. Elles semblaient se tenir la main. La blonde répondit à cet appel avec un regard gris d'orage qui augurait bien des tempêtes.
Mais elle rejoignit le duo au centre de la pièce, non sans éviter scrupuleusement la paume tendue par sa parente.

- Gardez-vous de vous de ricaner une nouvelle fois "Marraine", je m'en voudrais que vous vous en étouffiez, dit-elle a un sourire poli de petite fille bien élevée mais une intonation à glacer les sangs.

On ne rit point.
L'homme au regard en amande comme un félin, plissa des yeux. La jeune fille sembla le remarquer et ne dit plus un mot.

- Mes chers amis, dignes représentant des Familles, chers Chats, Taureaux , Grues et Tortues, cette soirée ne marque pas seulement la fin d'une année, d'une époque, mais l’avènement d'une nouvelle ère. Car vous avez devant vous le Roi-Grenouille, Felipe de Marisma, et la Fée-Souris Zahnfee Tanfee Fatina. Mes deux filleuls aimés et chéris, incarnation d'espoir pour nos heures sombres à venir.

Les invités éclatèrent en applaudissement nourris et exclamations de contentements. Visiblement ils avaient saisi en tout point les obscurités du discours de leur hôte. Une femme brune au long cou, s'épongea les yeux près d'Alice et de Ange en murmurant un très ému " C'est la fin de la Batrachomyomachia". Plus loin Hawkins crut entendre un "Le Milan n'a qu'à bien se tenir."

************************************************************

Me voilà au centre de l'attention. J'ai franchement du mal à comprendre ce qu'il se passe. Le discours de Vassilissa est incohérent et digne d'un soiffard. "Fée-Souris", Qu'est-ce que c'est que ce titre ? Et tout ces boniments animaliers ? Je jette un oeil au Roi d'Espagne qui n' a pas l'air d'en siroter plus une que l'autre. Mais le borgne fait le job et compose comme un musicien de talent. Il se ferait exploser l'autre œil plutôt que d'admettre qu'il n'y pipe rien.
J'embrasse la salle du regard.
L'homme au visage matois me met franchement mal à l'aise mais je ne comprends pas pourquoi.
Mes yeux s'accrochent sur une donzelle brune, habillée et fardée comme une troussée à soldats. Je la connais... Je.... où... Non... Ce bras... Mon esprit me joue des tours, ce ne peut pas être...

Alice !

Ma surprise et mon désarroi doivent se lire sur mon visage. Mais avant d'avoir le temps d'affirmer ou d'infirmer mes visions, ma terrifiante Marraine reprend la parole.

- Je dois cette prouesse en partie au talent de Dame Yama Albadune qui sut avec délicatesse me ramener ma pauvre Zahnfee.

Elle désigne le Capitaine d'un geste théâtrale.

- Sachez que c'est cette demoiselle aux multiples talents que j'ai choisi pour héritière. Accueillez je vous prie avec les honneurs dus à son nouveau rang, la Comtessa Yama de Valeroso.

Des "Bravo" et des "Viva" fusent tous en même temps dans une liesse que je en m'explique pas, comme l'émotion un peu plus tôt.

- Et à présent, Dansons et Festoyons !

La Comtesse frappa dans ses mains et la musique reprit son envol.
Zahnfee V. Edelstein
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Mer 14 Jan - 17:47
Alice se laissa entrainer par Ange sans mot dire. Elle dévorait l'homme des yeux. Jamais elle n'avait vu un homme aussi prévenant envers elle. Il lui faisait songer à ces princes charmants que les jeunes filles espéraient un jour rencontrer, somptueux cavaliers d'un autre temps, pétris de délicatesse. Sa façon dont il l'avait sauvé démontrait une intelligence fine. Alice ne pouvait que s'incliner devant cet homme.

— Je vous remercie. Tout le monde n'aurait pas été aussi... gentil que vous.

Alice se demandait même s'il avait vu son bras de métal, mais ne posa pas la question. De crainte que le charme ne se brise.


— Regardez notre hôtesse, n'est-elle pas magnifique ? Ce blanc, cette silhouette, on croirait presque voir une déesse des anciens grecs. Même moi qui n'ai jamais tant désiré les femmes me laisserais tenter.

L'Androïde hocha la tête.

— C'est une grande dame. Mais je ne comprends pas, « jamais tant désiré les femmes » ? Vous préférez les hommes ?

La question d'Alice était posée avec la plus grande des innocences. Élevée loin des règles sociales, la jeune fille avait du mal à saisir certaines subtilités. Comme le fait que les relations entre même sexe étaient prohibées, ou du moins devaient être cachées aux yeux des autres.

Mais l'arrivée du roi d'Espagne détourna rapidement l'attention d'Alice. La jeune fille observait la scène, les yeux grands ouverts. Son inconscient lui soufflait que tout allait se jouer autour de la Comtesse. Et son inconscient sut viser juste. La Comtesse était le centre de la scène, tous gravitaient autour d'elle. Elle était le Soleil, entouré des planètes et satellites soumis à sa puissance.

Grande comédienne, elle lançait des énigmes qui, chacune, faisait lever un sourcil chez Alice. Cette dernière étouffa un cri quand une femme rejoignit la comtesse. La provocation qui se lisait dans son attitude, ses cheveux blonds, son regard... Le doute n'est plus possible.

— Zahnfee...

Leurs regards s'étaient croisés, un bref instant. Alice ne voulait plus qu'une chose : courir après sa sœur, la serrer dans ses bras, la sortir de cette salle. Elle le sentait, un piège se refermait sur eux. Et ce qu'avait murmuré la femme à ses côtés ne la rassurait guère.

Batrachomyomachia. Le mot sonnait comme une antique formule magique.

Elle devait rejoindre Zahnfee, mais une foule les séparait. Et, curieusement, Alice craignait la Comtesse. Elle semblait aussi belle que dangereuse. Une exquise fleur vénéneuse.

Chester demeurant invisible, Alice n'avait plus qu'un seul allié potentiel : Ange. De sa main de chair, la jeune fille s'agrippa à la manche du Marquis.

— Monsieur, je sais que vous ne me connaissez pas, mais vous m'avez aidé et j'aurais encore besoin de vos services. Zahnfee Tanfee Fatina est ma sœur, nous avons vécu longtemps ensemble et... Je crains qu'elle ne court un grand danger. Je me dois d'aller la voir. Vous qui savez vous conduire dignement, est-ce que... vous pourriez m'aider ? Je vous en serais redevable, et... Je saurais vous aider à mon tour.

Une parole est une parole, et Alice se promettait de payer sa dette.
Alice Liddell
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Chester du Cheshire
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Jeu 15 Jan - 1:20
L'animation ne manquait pas. Chester était agacée par toutes ces personnes qui parlaient trop fort, qui applaudissaient pour on ne sait quoi. Chester voulait retrouver sa sœur.

Chester tourna la tête et vit plusieurs personnes à côté de la femelle dominante. Un homme qui se tenait avec un bâton, une femme vêtue d'un fin peignoir noir qui semblait très belle, pulpeuse même !

Mais la grande surprise était la personne juste à côté. Bien que les vêtements qu'elle portait était très différent de ce qu'elle avait vu sur sa sœur, c’était bien elle. Sa sœur de canine comme elle aimait le dire.

Chester, qui était toujours invisible, se mit à quatre pattes. Elle plaqua son torse sur le sol, le fessier et la queue en hauteur, remuant les fesses comme pour partir chasser. Après avoir poussé de toute ses forces sur ses jambes, Chester courut à toute vitesse, bousculant tout ce qui était sur son passage. Bien que les gens ne la voyaient pas, Chester courut jusqu'à être à proximité de Zahn et bondit sur cette dernière, la clouant au sol.

Chester était comme une puce, toute excitée, toute contente de retrouver sa sœur qui avait l'air en bonne santé. Chester était contente, on pouvait entendre un léger ronronnement.

— Grande sœur Zahn, Chester t'a retrouvé !

Chester leva la tête, regardant autour d'elle. Elle vit au loin Alice, et cria dans sa direction.

— Alice ! Chester a retrouvé grande sœur Zahn !


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Ange
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Ange
Ven 16 Jan - 23:55
Le jeune marquis ne répondit pas à la candide question de l'Androïde, il n'en eut pas l'occasion.
Tel un spectateur piégé dans le dernier acte d'une pièce qu'il ne comprenait pas ; il observa l'arrivée du Rey d'Espagne en personne, les singulières et familières salutations de la comtessa à son égard et l'anoblissement de cette femme étrange en kimono.

Yama Albadune, c'était un nom qu'il connaissait pour sûr et qui tintait comme un cloche à ses oreilles. Il avait déjà croisé dans ses recherches et plus tard, dans les hauteurs russes. Yama, Ran, la ; une seule et même personne pour deux noms.
Devant cette réalité, Ange s'accrocha à la manche de la demoiselle qu'il avait prétendue être sa cavalière de peur de flancher.
Pour la première fois, il voyait celle dont Mistral chuchotait le nom lorsqu'il se réveillait fiévreux d'un cauchemar, celle qu'il ne pouvait oublier, celle qu'il avait-

— C'est la fin de la Batrachomyomachia.

La fin, oui, même s'il le français ne comprenait pas le sens de Batrachomyomachia. C'était dans tous les cas un mot étrange et laid qui lui donnait mal au ventre.

Parler à Ran, souffla l'esprit du jeune homme incapable à présent de détacher ses yeux bleus de l'asiatique tant elle avait indirectement de la signification dans sa propre vie. Elle était là, la raison de tout ; c'était à cause d'elle si son enfant se refusait au mariage, c'était parce qu'elle vivait que sa lignée s'éteindrait...
On tira soudain sur sa manche alors qu'Ange se mordait la langue d'oser penser de telles choses. Un goût cuivré envahit brièvement sa bouche et il jugea mériter cette amère saveur.

— Monsieur, je sais que vous ne me connaissez pas, mais vous m'avez aidé et j'aurais encore besoin de vos services. Zahnfee Tanfee Fatina est ma sœur, nous avons vécu longtemps ensemble et... Je crains qu'elle ne court un grand danger. Je me dois d'aller la voir. Vous qui savez vous conduire dignement, est-ce que... vous pourriez m'aider ? Je vous en serais redevable, et... Je saurais vous aider à mon tour.

Fermant les paupières un instant, le marquis écarta avec difficulté son regard de la nouvelle Comtessa Yama de Valeroso et baissa les pupilles vers la jeune femme à ses côtés. Elle était fardée et habillée comme un prostituée, et pourtant, le français doutait sincèrement qu'elle en fut une depuis qu'il l'avait aperçu devant cet horrible moustachu. Mais même ainsi ; Androïde, candide et grimée, elle ne le mettait pas à moitié aussi mal à l'aise que la plupart des autres invités. La femme qui avait chuchotée vers eux, l'homme aux yeux perçants.
Gentilhomme qu'il était, il concéda néanmoins :

— Je vais vous aider à retrouver votre soeur. Mais...j'appréhende la suite des événements. Cette endroit n'est pas sain, je ne sais pas qui sont ses gens ni ce que je fais là, cette réception est comme une suite de fausses notes qu'on essaie de faire passer pour une symphonie. Attendons encore un moment, je vous en prie.

Quelque chose vint bousculer Ange – pour la deuxième fois ce soir ! - qui reprit son équilibre tant bien que mal. Juste à temps pour être témoin de l'appel d'une curieuse jeune femme...

— Alice ! Chester a retrouvé grande sœur Zahn !

...qui regarda droit dans leur direction l'air triomphant.

Le français se figea et se demanda dans quoi il venait vraiment de s'engager en acceptant aussi chevaleresquement d'apporter son aide. Pourtant c'est en gardant sa contenance et le port haut qu'il souffla à celle qu'il avait deviné être la fameuse Alice en espérant qu'elle l'écoute :

— Prenez mon bras, ne bougez pas, n'avancez pas encore.
Ange
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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Lun 19 Jan - 16:13
Pendant un instant infime, Ange eut l'impression de voir une gamine, une adolescente, au sourire étincelant et aux oreilles effilées, à quatre pattes sur la blonde présentée comme étant la filleule de la Comtesse : Zahnfee Fatina. Il a même eut la sensation qu'elle se tournait vers eux et qu'elle criait quelque chose.
Mais la musique qui venait de démarrer en trombe, les rires, les tintements des verres en cristal, brouillèrent son ouïe.
L'instant d'après, alors qu'il demandait à Alice de lui étreindre le bras, l'image de la fillette-chat avait tout bonnement disparu, tel un songe.

Intervention "MJ" [Ange]:
 

****

Le monde se met à tournoyer. Ce n’est ni l'effet de la musique, ni les vins fins qui arrosent les gorges des riches invités de Vassilissa. Mon ivresse est intangible, invisible, elle m'étreint le coeur et l'âme comme une petite vieille oubliée sur un banc qu'un de ses petit-enfant vient visiter. Elle est chaleureuse et ronronne comme un chat.
Un oeil extérieur me voit vautrée au sol, empêtrée dans mes dentelles, le cul s'abandonnant avec indécence aux embrassades du parquet.

Mais moi, je sais que la réalité est autre.

Mes soeurs, mes adorables petites soeurs. Ma famille ! La vraie, celle que j'ai choisie, est venue me chercher, s'inquiétait de moi. Moi qui n'ai plus qu'un vaste trou béant dans la poitrine, un vide incommensurable, voit ma carcasse s'emplir d'une vague brutale d'amour et de soulagement.

— Alice ! Chester a retrouvé grande sœur Zahn !

Intervention "MJ" Yama et Rey:
 

Je la plaque brutalement tête la première sur mon décolleté, la collant contre moi pour faire taire sa joie -et la mienne-, tout en me redressant sur mon séant. Je la sens, plus que je ne la vois. A mon cœur battant, elle sentira le danger et la nécessité de se tenir coi. Je dois préserver son invisibilité. Quiconque observerait la scène, aurait juste la sensation que je tente de préserver ma dignité. Vassilissa, alors absorbée par el Rey, l'autre filleul, me jette un regard froid.
Durant quelques secondes interminables, je la sens voir à travers moi, comme si ses pupilles perçantes mettaient Chester à nue.

- Je.. J'ai perdu l'équilibre.
- Vous n'avez pas l'habitude des atours qui siéent à une femme adulte,
fait sournoisement ma marraine. Vous aurez tout temps d'apprendre.
- Certes, comparée à vous j'ai du temps à revendre.


Son visage se crispe. Je l'agace. Tant mieux.

- Cher Duc de Raminagrobis, auriez-vous l'amabilité sans fin de relever cette pauvre demoiselle.

A mon grand désarroi, l'homme aux regard en amande, s'avance.


Je libère Chester en lui soufflant "File, reste cacher... c'est dangereux !" de manière inaudible pour un humain.
Mais pas pour un chat.

Il se penche vers moi pour me porter secour avec une exquise courtoisie. Pourtant son contact me fiche la chair de poule. Il y'a quelque chose qui me déplait, instinctivement, chez lui. En me remettant sur mes pieds, il chuchote à mon oreille.

- Je n'aurais pas cru qu'une souris telle que vous, s'acoquine d'un chaton.

Mon cœur d'ordinaire si maitrisé, manque un battement. Je tente de garder mon calme et de ne rien en laisser paraitre, mais son regard limpide et singulier s'arrête sur moi. Sa cruauté naturelle pénètre en moi avec plus de facilité qu'un couteau dans une viande tendre.

- Mais un chaton, n'est pas un chat, conclut-il sans lâcher ma main.

Je suis tétanisée de terreur. Jamais je n'ai éprouvé de ma vie pareil sentiment.
Et je comprends enfin le sens de sa présence, de mon absence de chaine, de cage. Cette créature est là pour s'assurer que je demeure docilement sous la coupe de la premoudraïa.

A tout jamais.

Intervention "MJ" [Chester]:
 

HRP:
 
Zahnfee V. Edelstein
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Chester du Cheshire
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Mar 20 Jan - 0:17
Chester était heureuse : elle était sur sa sœur. Mais à peine Chester avait clamé haut et fort cette joie à Alice que Chester fut plaquée contre Zahn. Ce contact, cette douceur moelleuse... Chester avait l’impression d’être revenue à l’époque où elle était une chatte. Ces nuits douces où elle était avec sa petit chatte Dinah. Et Zahn, en ce moment, lui rappelait cette femme qui lui était si chère.

Chester aurait voulu rester comme cela contre sa sœur pendant des heures. Mais sa sœur se releva, la gardant contre elle, la serrant dans ses bras. Sa sœur l'avait reconnu, Chester en était sûre. Mais sa sœur lui murmura quelques mots, avant de la relâcher.

Chester avait bien compris mais ne pouvait se résoudre à partir. Mais c'est à ce moment-là que tous les poils du corps de Chester se dressèrent, laissant échapper des petits grognements presque pas audibles.

Un homme approcha. NON ! Chester le sentait : il était de nature féline, tout comme elle. Un mâle alpha était en train de toucher sa sœur de ses sale pattes. Pire encore, il osait mal lui parler.

Chester se retenait. Elle se sentait mal face à ce chat. Elle avait bien compris qu'il ne voulait pas d'elle sur son territoire de chasse. Chester prenait sur elle, pour respecter la demande de sa sœur. Mais ses griffes sorties, qui grattaient le sol, trahissaient ses envies d'en découdre avec ce chat de bourgeois. Surtout quand il l'a comparé à un simple chaton. Mais à ce moment précis Chester savait qu'elle ne pourrait pas le battre avec ses propres moyens.

Chester ne pouvait rien faire d'autre que rester contre le mur, se frottant contre ce dernier pour marquer son territoire, regardant sa sœur. S'il osait faire du mal à sa sœur, Chester lui sauterait dessus toutes griffes dehors, quitte à y laisser des poils !


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Alice Liddell
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Alice Liddell
Mar 20 Jan - 0:48
Alice trépignait sur place. Ses pieds martelaient le plancher, frappant en rythme. La voix de Chester lui était parvenue clairement, tranchant le brouhaha des conversations. Mais les recommandations d'Ange la poussaient à demeurer sur place, à rester sur ses gardes. La jeune fille lui prit le bras, le serrant même un peu trop fort, la paume moite. Si même cet homme sentait qu'un piège s'annonçait, c'est que la situation était des plus épineuses.

Alice leva la tête, voulant interroger Ange. Mais elle stoppa net à la vue de son regard. Fixé droit sur Zahnfee, plus précisement même à l'endroit où devait se trouver Chester.

Devait-elle confirmer le doute qui devait naître dans l'âme de cet homme, ou se taire ?

La suite de la scène se déroulant autour de Zahnfee empêcha Alice de répondre à cette question. Elle ne put entendre ce qui se disait, mais la situation semblait s'assombrir. A sa façon de se mouvoir, l'homme aux yeux en amande lui rappeleait un chat. Un doute s'immisça dans le cœur de l'Androïde.

La jeune fille embrassa la salle du regard. Les visages humains laissèrent place, dans son imaginaire, à des faciès animaux. Oui, elle en était certaine désormais. Tous ici n'étaient que des animaux, une gigantesque ménagerie. Zahnfee en faisait-elle partie ? Ange, non, Alice en était certaine. Sinon il ne se sentirait pas aussi mal à l'aise.

Il fallait qu'elle s'éloigne de ces êtres, et qu'elle aide l'homme qui l'avait aidé. Le bras d'Alice s'enroula autour de celui d'Ange, tel un serpent, ses doigts s'entrêmelant à ceux de l'homme.

— Venez , souffla-t-elle tout bas en veillant à ne pas être entendue de la ménagerie. Je sens des regards sur nous. Nous serons plus en sécurité si nous nous approchons de la comtesse.

C'était comme éviter le cyclone en se logeant dans son œil.

Alice tira Ange derrière elle, louvoyant au mieux parmi les invités. La jeune fille baissait le regard, certaine que si ses yeux croisait un regard néfaste elle userait de la violence. Tel un animal.

L'Androïde stoppa net quand son pied marcha sur un pan de soie sombre. Les yeux d'Alice remontèrent, pour finir par se poser sur un visage asiatique. Elle avait marché si précipitamment qu'elle n'avait pas remarqué s'être rapprochée de la scène principale aussi vite. Alice avait tant voulu se rapprocher de la comtesse qu'elle avait confondu la comtesse originale, Vassilissa, avec la toute jeune nommée comtesse, Yama Abaldune.

— Vous... êtes magnifique.

C'est tout ce qu'Alice trouva à dire, son pied toujours posé sur le pan de kimono.
Alice Liddell
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Yama Albadune
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Yama Albadune
Mar 20 Jan - 21:47
Une main se posa sur son bras, interrompant le massacre. Yama se figea.

- N'écoute pas ce sale Kauderwelsch. Rappelle-toi de respirer comme je t'ai appris. Ça va passer...

Zahnfee avait raison, comme de juste. Fermant les yeux, la Capitaine inspira profondément, se concentrant sur son souffle, le ralentissant pour se distraire du manque, de la douleur. Durant toute la durée de son séjour à bord, son "invitée" avait en quelque sorte pris soin d’elle, de manière certes froide et impersonnelle mais qui convenait à la pirate : après tout, elle avait depuis longtemps oublié ce que cela faisait... et puis l’attention étouffante ne lui avait jamais réussi.

D’un geste légèrement enfantin, Yama posa sa main sur celle de l’allemande. Cette dernière l’avait vraiment aidée à reprendre des forces depuis la Toussaint, la pirate ne pouvait donc pas se permettre de rechuter. Par pour un instant de faiblesse.

Il y eut de l’agitation, un peu plus loin, et la criminelle observa son amant se faire humilier sans ciller. Les non-dits de cour ne l’intéressaient pas : mieux valait qu’elle fasse profil bas et laisse le Roi se débrouiller seul. La maîtresse de cérémonie tendit la main vers elle, et Yama ne put s’empêcher d’exercer une légère pression sur celle de Zahnfee alors qu’elles se séparaient. La jeune femme blonde vint donc rejoindre sa marraine, qui entama un discours auquel la pirate ne comprit foutrement rien. À ses côtés, Hawkins affichait une mine d’autant plus perplexe, qui s’accentua lorsque une voix lui parvint à travers la rumeur :

- Le Milan n’a qu’à bien se tenir.

Il hésita à poser une question à Albadune, mais se ravisa lorsque la Comtesse reprit :

- Je dois cette prouesse en partie au talent de Dame Yama Albadune qui sut avec délicatesse me ramener ma pauvre Zahnfee.

C’en était trop. Le mousse pouffa et murmura à l’intention de sa Capitaine :

- Avec délicatesse ? J’ai pourtant pas l’souvenir d’avoir disposé des coussins quand on l’a réceptionnée...

Il reçut une tape à l’arrière de crâne. Les regards s’étaient tournés vers Yama que désignait désormais Vassilissa :

- Sachez que c'est cette demoiselle aux multiples talents que j'ai choisi pour héritière. Accueillez je vous prie avec les honneurs dus à son nouveau rang, la Comtessa Yama de Valeroso.

Le son sonnait bien. Avec une docilité qui - une fois n’était pas coutume - laissait transparaître ses lointaines origines, la nouvelle Comtesse s’inclina, consciente que la grande majorité des regards convergeaient désormais vers elle. Le titre, cependant, n’avait pas fait de miracle sur sa façon de penser : alors qu’elle se redressait, sourire aux lèvres, une liste de talents dont elle aurait adoré faire la démonstration à la Très Belle en privé défilait dans sa tête. Avec les images, bien entendu.

La musique reprit, mettant un terme à la cinématique indécente qui se déroulait dans son esprit. Yama fit la moue, secoua la tête. À ses côtés, Hawkins avait applaudi.

- Bien joué, Cap’taine. Une noble à la tête d’un vaisseau, c’est incroyable que ça puisse arriver.

Il avait raison. Mais Yama ne l’écoutait pas : un mouvement du côté de la maîtresse de cérémonie avait attiré son regard : Zahnfee était brutalement tombée, avant qu’un homme ne l’aide à se relever. Il y avait quelque chose d’étrange dans ses manières. De décalé. Comme le discours que Vassilissa leur avait tenu tout à l’heure, un discours qui ne leur était sans doute pas adressé, à eux.

- Quelque chose nous échappe.

- Ouais.


La Capitaine voulut se rapprocher de la scène, mais quelque chose tirait sur sa tenue. Elle se retourna, contrariée, pour aviser l’homme blond qu’elle avait remarqué tout à l’heure ainsi qu’une jeune fille brune - une androïde vêtue d’atours provocants mais que la criminelle trouva de toute beauté.

— Vous... êtes magnifique.

Elle haussa les épaules, vaguement embarrassée, puis se dégagea un peu trop brutalement.

- Merci. Toi aussi.

Elle le pensait sincèrement.

Son regard vint ensuite se planter dans celui - atrocement bleu - de son accompagnateur. Il disait vouloir lui parler ? Cela tombait bien : ils se retrouvaient.

- Puisque tout le monde connaît mon nom désormais, je pense que vous pourriez me donner les vôtres.

Spoiler:
 
Yama Albadune
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Ange
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Ange
Mer 21 Jan - 14:35
Personne d'autre n'avait donc vu la jeune fille qui avait bousculé la filleule de la voluptueuse Vassilissa ? C'est la question que s'était posé Ange lorsqu'il avait remarqué que les autres invités pouffaient discrètement ou restaient indifférents face à ce qu'ils considéraient comme une simple maladresse.
D'ailleurs le français avait lui aussi perdu de vue la créature qui l'avait bousculé et il se demanda un instant s'il n'avait pas rêvé. Non, non, il était sûr de ce qu'il avait vu. Il avait beau se sentir vieux d'âme, il n'en était pas sénile pour autant.

— Venez, chuchota soudainement l'Androïde qui avait lui avait pris la main dans la foulée ; Je sens des regards sur nous. Nous serons plus en sécurité si nous nous approchons de la comtesse.

Ange n'était pas totalement séduit par l'idée de se mettre sur le devant de la scène, mais d'un autre côté il sentait aussi le regard inquisiteur de quelques-uns des invités sur eux.
Et puis il n'eut pas trop le choix . Sa complice avait beau être petite et chétive, elle n'en avait pas moins une poigne d'homme.

Néanmoins, le marquis bien vite que la jeune fille prenait une étrange direction.

— Je crois que vous-
— Vous... êtes magnifique.

Ils venaient de s'arrêter soudainement et le français, qui avait les yeux fixés sur leur hôte, tourna la tête pour voir à qui Alice s'était adressée.

— Merci. Toi aussi.

Le jeune se figea et son regard croisa celui de Ran. Maintenant qu'il savait il pouvait voir la ressemblance avec Avela, elle vieillirait sans doute aussi magnifiquement que sa grand-mère. Un bloc douloureux se forma toutefois dans son ventre à être si proche d'elle. Alors Ange fit ce qu'il savait le mieux comme chaque fois qu'il se trouvait dans un situation délicate ; il lâcha la main de l'Androïde et s'inclina profondément devant la nouvelle Comtesse. Après tout, elle avait beau être une parvenue, elle était à présent d'un rang élevé et ils se devaient un respect mutuel.

— Madame la Comtessa de Valeroso, c'est un plaisir de vous recevoir dans les rangs de la noblesse. Si j'avais su, je ne me serais pas montré aussi impoli tout à l'heure et vous aurais salué comme il se doit. Pardonnez-moi.

— Puisque tout le monde connaît mon nom désormais, je pense que vous pourriez me donner les vôtres.

Se redressant lentement, le marquis déglutit. Il avait la gorge sèche et craignait la réaction de son interlocutrice tout en étant curieux, aussi mal que celui puisse être, de voir quel serait son regard lorsqu'elle entendrait son nom.

— Évidemment, Comtesse. Je vais vous donner mon nom, tout entier. Et si ensuite vous souhaitez encore me parler j'en serais enchanté, il ajusta ses manchettes, trahissant sa nervosité ; Je suis Ange, Marquis de Raincourt.

Peut-être s'en faisait-il pour rien, peut-être ne connaissait-elle pas le vrai patronyme de Mistral.
Ange
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Rey de Marisma
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Rey de Marisma
Ven 23 Jan - 15:47
L'humiliation était cuisante pour un roi, mais... pour un crapaud, animal des marais au regard détaché et pénétrant tout à la fois, qu'en était-il ? Mais encore... pour un Roi crapaud ? Là nous entrerions dans des considérations et des labyrinthes de conscience régis à la fois par l'animal et l'humain qui demanderait un trop d'attention.
Le roi n'eut aucun mal à réagir selon sa nature et se tourna . Superbe dans le grotesque, la boue, la vase, l'humiliation, tout cela était une fange fertilisante, après tout. Au rire fort de la Comtesse, le sourire du monarque devint une mince ligne esquissée en coin.

— Magnifique, ma chère Marraine, j'ai cru un instant que je vous avais trop fâchée pour entendre votre rire,
dit-il assez bas pour qu'elle seule puisse l'entendre.

Oh, pour une fois, il ne s'agissait pas d'une provocation, mais d'une remarque presque complice de ce que signifiait très exactement ce rire, le danger qu'il représentait, pour lui, et les échos qu'il avait dans ceux de son enfance.
Un aparté.

L'atmosphère de la soirée en elle-même lui paraissait légèrement différente de celles auxquelles il était habitué. Quelque chose le tracassait. Main sur le pommeau de sa canne, il embrassa du regard la salle avec une nonchalance caractéristique du monarque, montrant l'insouciance là où tous ses méninges tendaient à élucider un mystère qu'il pensait toucher du bout des doigts...
Et son regard s'arrêta bien sûr sur la filleule... jeune femme blonde au caractère trempé dans une adversité et une rébellion qui lui rappelait vaguement quelqu'un d'autre d'un peu plus.... brune.

Ils étaient deux facettes d'une même pièce, le filleul qui s'était contenté de la place où on l'avait placé pour faire son propre trou et à sa convenance par la suite, et celle qui s'était vraisemblablement enfuie et était donc des deux la plus à même de pouvoir répondre aussi franchement à la Comtesse.

- (...) vous avez devant vous le Roi-Grenouille, Felipe de Marisma, et la Fée-Souris Zahnfee Tanfee Fatina. Mes deux filleuls aimés et chéris, incarnation d'espoir pour nos heures sombres à venir.

Oh...
L'un des deux intéressant resta parfaitement stoïque à la marée de significations que comportait cette seule phrase. Bon, certes, "Roi-grenouille" éait un surnom qui lui collait à la peau même chez les humains, mais si sa chère Marraine en venant à interpeler par des noms d'animaux ses convives...
Hybrides ? Ou.... autre chose encore dont il n'arrivait pas encore à pleinement saisir l'importance ?
Voilà une tournure inattendue que prenait la soirée.
Voilà la tournure pour laquelle il était venu.
Il avait depuis trop longtemps négligé sa Marraine, et depuis l'épisode du dirigeable, il trouvait que cette dernière bougeait beaucoup.
Et, plus que tout, il voulait comprendre.
Et n'appréciait pas d'être laissé à l'écart.

Il s'autorisa enfin à regarder son amante au moment où celle-ci devenait le centre de l'attention.
Et comme à chaque fois, il la trouva belle.
Aujourd'hui, il la trouva en plus ravissante.

- Sachez que c'est cette demoiselle aux multiples talents que j'ai choisi pour héritière. Accueillez je vous prie avec les honneurs dus à son nouveau rang, la Comtessa Yama de Valeroso.

L'esprit du roi survola royalement l'ironie de cette présentation, compte tenu des diverses réprimandes qu'il essuyait régulièrement sur ses aventures avec la capitaine en question : hé quoi ? Est-ce de sa faut à lui si la Comtesse Valeroso avait demandé à des criminels de lui accorder une requête ? Que ce soit Yama qui s'en soit acquittée relève de la coïncidence ou d'un opportunisme très bien placé.
En somme, il préférait de très loin que ce soit elle plutôt qu'une autre tête chassée par son royaume.
Même si cette situation allait nécessairement poser quelques problèmes.

— Alice ! Chester a retrouvé grande sœur Zahn !

Tout occupé qu'il était dans ses pensées — et la brève absence occasionnée par la vision de Yama — il ne sut d'où venait exactement la voix, par contre il nota une rapide affluence de personne dans leurs alentours... Un noble blond, bien mis sur lui, et que con instinct n'identifia pas comme étant animal — que faisait-il ici ? — du côté de Yama, il tenait une androïde à son bras — à moins que ce ne soit l'inverse ? — laquelle était habillée assez légèrement, assez en tout cas pour qu'elle dénote avec le reste de l'assemblée, et enfin, un grand personnage d'une aisance et d'une souplesse étonnante compte tenu de la prestance que dégageait son grand âge.
Il aurait adoré discuter avec la jeune androïde mais cela allait à l'encontre de plusieurs règles de bienséance parmi lesquelles nous noterons : le fait qu'il ne dérangerait pour rien au monde une conversation qui s'annonçait fameuse entre Yama et un noble, puis, un roi n'irait discuter avec une fille habillée comme une prostituée avant d'avoir parfaitement rendu ses devoirs envers son hôte.

"Soeur Zahn"

— Très chère Marraine, m'accorderiez-vous cette danse ?
demanda-t-il en lui tendant la main tandis que les musiciens entamaient une rythme un peu plus endiablé.

Peut-être que "Soeur Zahn" avait besoin d'air.
Et lui... avait besoin d'éprouver certaines choses.
Rey de Marisma
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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Dim 25 Jan - 20:02
Vassilissa observa son petit théâtre s'animer. La grande Comtessa, la "Très-Belle", la "Très-sage", succombait toujours aux délices de la mise en scène. Elle avait réunit là les ingrédients les plus fameux de l'opéra bouffe à la russe: un roi veuf et sa maitresse cachée, une parente ingénue faisant son entrée pour la première fois dans le monde, un public avide d'animaux sauvages prêts à les dévorer... Oui. Tout était à sa place. Mais comme dans toute bonne histoire, il faut laisser aux protagonistes le temps de s'amollir, de baisser leur garde avant de porter l'estocade du coup de théâtre.

- Très chère Marraine, m'accorderiez-vous cette danse ?
- Mais volontiers, votre majesté.


La Comtessa claqua des doigts. La musique prit soudain une tournure plus agressive, plus sulfureuse aussi. La blonde ouvrit les bras et laissa choir sa fourrure au sol avec emphase. Puis elle se jeta avec une brusquerie calculée sur son filleul, entamant quelques pas que seul le Diable pouvait guider. Le tango enflamma la salle telle de la paille sèche. La foule s'écarta pour faire place aux deux escrimeurs du tempo, de peur d'être blessée par le charisme insoutenable du duo. Felipe avait sa jeunesse et sa fougue pour lui, mais Vassilissa avait l'expérience fatale de la maturité comme alliée. Les deux corps se répondaient tantôt langoureusement, tantôt avec ardeur, si bien que bientôt on oublia de qui était roi, de qui était parent. Il n'y avait là que le feu passionné des amants. Ces dames en eurent le rouge aux joues et ces messieurs les sangs chauffés à blanc.
On poussa des vivas, on voulut se joindre au charivari.

Cette assemblée bestiale dévoilait enfin ses véritables appétits.

Intervention MJ Felipe:
 

**************************************************************

La vieille se donne en spectacle avec le crapaud. Diversion parfaite pour m'extirper des griffes du vieux matou. Je me soustraie à sa poigne et me précipite vers Yama qui, de dos, converse avec deux individus que je n'identifie qu'en arrivant à portée de voix. Des mois de restrictions, de contrainte à ne rien exprimer de mes angoisses et les digues lâchent brusquement à la vue véritable de ma soeur. Ma soeur chérie !

- Alice !

J'oublie le danger, j'oublie la peur. Adieu Prudence !
A la surprise de ma pirate de geôlière et de son nègre, du blondinet efféminé endimanché comme un mâle, je me jette sur la petite androïde, la serre avec une affection dont aucun d'entre eux n'a pu être témoin. Je respire le parfum de ses cheveux lisses et noirs d'ébène qui m'ont tant manqués.
Je m'entends gémir de désespoir.

-Oh Soeurette ! Elle va te tuer ! Elle va te tuer pour sure si jamais tu restes ici !

Je l’étreins plus fort encore comme pour me contredire.

- Vous êtes venues me chercher, mes adorables chéries.

Je me tourne brusquement vers ma camée bridée, maitresse de roi, catin de comtesse. Mes yeux embués ne lui sont absolument pas coutumiers. Ma voix est sourde, pleine du colère vive dont je ne me savais pas sujette.

- Toi... Tu as intérêt à les protéger. Quoi qu'il t'en coute.

Déjà le chat est sur moi. Le duc m'attrape pas la queue comme la petite souris grise que je demeure. Sa volonté m'écrase si puissamment que mes muscles se tétanisent et que mon épiderme se grêle.

- Permettez que je vous emprunte cette jeune demoiselle pour une danse, déclare Raminagrobis d'un air affable que démentent ses yeux perçants.

Mon regard prie l'assistance de ne pas le laisser faire, alors qu'il m'entraine sur la piste.

*******************************************************************

Repoussée dans un coin de la salle, collée au mur, Chester observait, prostrée, la scène. Deux soubrettes munies de plateaux garnis de verres sales passèrent à coté de la petite chatte sans la voir.

- La Comtesse veut qu'on fasse préparer le petit salon. Pour la suite de sa réception "privée". Viens m'aider.
- Faut faire quoi de son "invitée privée" ? Elle réclame qu'elle a faim.
- Hum... Fait lui porter un encas.
- J'peux pas ! J'ai promis à Marco de lui apporter de quoi boire. Lui aussi a besoin d'un encas, il a pas pu profiter de la fête lui. Il est de garde du "tu sais quoi" !
Elle désigna le sol avec une drôle d'expression. Une expression de comploteur.
- Bon très bien, soupira sa collègue. Va retrouver ton homme, moi je vais m'occuper des préparatifs...

Les deux femmes se séparèrent par des portes de service différentes.

Intervention MJ pour Chester:
 


Zahnfee V. Edelstein
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Lun 26 Jan - 1:52
Alice eut un sourire flatté face aux propos de la nouvelle comtesse. Même si le ton était froid, les mots étaient là. Devant la demande de l'asiatique, Alice fit une révérence maladroite.

— Alice Liddell, madame... mademoiselle ?

L'Androïde hésitait sur les termes, ne sachant lequel adopter. Ses hésitations laissèrent le champ libre à son « chevalier servant » pour se présenter. Le « chevalier » n'était autre qu'un marquis ! Voilà qui expliquait la prestance innée de l'homme. Une comtesse et un marquis : que du beau monde en somme. Alice souriait grandement, flattée de se trouver en aussi belle compagnie.

Sa fierté était telle qu'elle en aurait presque oublier le but premier de sa venue. Mais le but vint à sa rencontre, en une vigoureuse tornade blonde. Des mains pressèrent sa chair, un parfum familier lui parvint. Zahnfee. La main de chair de l'Androïde empoigna vigoureusement la robe de sa sœur. Ses paroles, loin de l'apeurer, ne firent qu'accroître sa détermination.

— Elle ne me tuera pas, souffla-t-elle à l'oreille de Zahn. Elle ne tuera aucune d'entre nous.

Mais déjà Zahnfee s'éloignait de ses bras, et un inconnu venait la kidnapper. Il suffit à Alice de croiser le regard de sa sœur pour saisir la situation. Cet homme était dangereux. S'il emportait Zahnfee, elle ne la reverrait plus. Plus jamais.

De sa main de chair, Alice agrippa celle de Zahnfee. Les pupilles de l'Androïde croisèrent le regard perçant de l'homme. Elle avait l'impression de plonger son regard dans celui d'un chat. Un gros chat, maître de son domaine. Le contact arracha un frisson à la jeune fille.

Serrant les dents, elle tâcha de reconstituer, difficilement, un sourire factice.

— Veuillez m'excuser monsieur, mais j'avais déjà réservé une danse à cette dame.

Sans plus attendre l'Androïde tira Zhanfee contre elle, l'attirant de force sur la piste de danse où se mouvait déjà le duo marraine-filleul. Maladroitement, l'Androïde entoura de son bras mécanique la taille de sa sœur.

— Je ne sais pas danser, il faudra que tu me guides.

Se collant à Zahnfee comme pour mieux l'enlacer, elle lui chuchota à l'oreille :

— Je dois t'avouer que moi et Chester n'avons aucun plan. Si tu sais ce que cette grande comtesse projette, dis-le moi. On va tenter de fuir toutes les trois. Ensemble.
Alice Liddell
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Chester du Cheshire
Le chat du Cheshire
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✦ Libre pour RP ? : Dispo

✦ Double-compte : Friedrich Franz Edelstein // Alexender Rammsteiner// Nikolas Klaus //Kay Sokolov//Hanako Hayashi

Mar 27 Jan - 1:07
- La Comtesse veut qu'on fasse préparer le petit salon. Pour la suite de sa réception "privée". Viens m'aider.
- Faut faire quoi de son "invitée privée" ? Elle réclame qu'elle a faim.
- Hum... Fait lui porter un encas.
- J'peux pas ! J'ai promis à Marco de lui apporter de quoi boire. Lui aussi a besoin d'un encas, il a pas pu profiter de la fête lui. Il est de garde du "tu sais quoi" !
Elle désigna le sol avec une drôle d'expression. Une expression de comploteur.
- Bon très bien, soupira sa collègue. Va retrouver ton homme, moi je vais m'occuper des préparatifs...

Voila une conversation bien étrange dont Chester n'avait pas loupé une miette. Il y avait quelque chose de secret. Ce fameux invité privée avait-il un lien avec sa sœur ? Dans le doute Chester se devait d'aller voir au cas où. Chester allait bien sûr suivre cette maid qui devait se rendre au petit salon. L'autre allait voir un homme. Rien qui donnait envie à Chester de la suivre.

Chester suivit de près, restant invisible, sans même laisser son éternel sourire. Chester passa une porte qui l'amena dans une antichambre. La maid traversa la pièce sans même s’arrêter.

Mais Chester s’arrêta et regarda la salle. Il y avait pleins de tableaux dont un où il y avait marquer en dessous « comte Ivano de Valeroso » . Chester ne connaissait absolument pas cette personne et n'y prêta pas plus attention.

Chester regarda la salle. Elle était légèrement éclairée, la pièce respirait la richesse à plein nez. Les matières ici étaient des matières premières. Chester venait de voir quelque chose qui lui paraissait familier.

Elle vit un grand tableau sur le mur du fond, un tableau aussi grand que Chester. On pouvait y voir, Vassilissa, la maîtresse des lieux, avec deux enfants : une petite fille blonde et un petit garçon brun, très jeunes.

Chester crut reconnaître sa grande sœur sur le tableau. Elle en était même certaine au plus profond de son âme de chat. L'autre enfant, le petit garçon, avait un gros air de ressemblance avec l'homme qui était pas loin de sa sœur tout à l'heure dans l'autre pièce. L'homme qui était roi, si elle se rappelait bien.

Chester se demanda si sa sœur avait un lien avec ce « roi ». Chester devrait le demander à sa sœur quand elle la révérait. Chester continua son inspection. Elle n'avait pas remarqué plus tôt mais la salle était remplie de bibelots à l'apparence de grenouilles. Est-ce-que la maîtresse des lieux avait un lien avec cela ? Avait-t-elle été une grenouilles ? Chester secoua la tête. Trop de questions pour sa pauvre tête.

Chester voulait sortir de cette pièce. Elle se dirigeait vers la porte quand elle aperçut une petite vitrine avec un écrin. Une petite inscription était gravée sur l'écrin : "à la mémoire de Tanfee Fatina".

— Tanfee, Tanfee... Zahnfee.


Ce nom lui rappelait celui de sa sœur. Chester attrapa l’écrin et l'ouvrit. Il y avait une petite dent à l'intérieur. Après l'avoir refermé, Chester plaça l’écrin dans une de ses poches. Au moment où Chester ouvrit la porte elle entendit quelqu'un chantonner. Mais cela ne ressemblait en aucun cas à la voix de la maid que Chester avait suivit préalablement.


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Yama Albadune
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Yama Albadune
Ven 30 Jan - 0:07
L’homme blond semblait particulièrement nerveux. Bras croisés, Yama attendit qu’il finisse par cracher le morceau.

Elle ne fut pas déçue.

- Alice Liddell, madame... mademoiselle ?

- Évidemment, Comtesse. Je vais vous donner mon nom, tout entier. Et si ensuite vous souhaitez encore me parler j'en serais enchanté. Je suis Ange, Marquis de Raincourt.

Ah.

Ah, d’accord.

Prise d’un brusque accès d’émotion, Yama manqua - quelques secondes durant - de vaciller. Une foule d’émotions diverses passèrent dans ses prunelles, se succédant jusqu’à ce qu’elle se redresse. Il y eut un moment de silence, brisé par la voix de la Capitaine.

- C’est mademoiselle. Dit-elle d’abord à Alice. Puis elle planta son regard dans celui d’Ange pour reprendre. Non pas que je te porte dans mon coeur, mais je te préférais en noiraud.

Elle ne ria pas, contrairement au mousse qui s’esclaffa un peu trop bruyamment. Le trait d’humour avait été lancé sans animosité mais sans chaleur non plus, accompagné d’un sourire las, cassé. Mieux valait en rire.

Le retour brutal de Zahnfee les interrompit : cette dernière se jeta sur la dénommée Alice Liddell, l’étreignant avec une sincérité déchirante, un abandon désespéré. Surprise, Yama observa les retrouvailles avec l’impression de s’être faite voyeuse. Ces deux femmes seraient-elles donc soeurs ? Peu importait au final, puisque la plus blonde d’entre elles se tourna vers la Comtesse.

- Toi... Tu as intérêt à les protéger. Quoi qu'il t'en coute.

Il y avait, dans la voix de Zahnfee, un sentiment que Ran reconnut immédiatement, parce que ce sentiment-là faisait partie de ceux qui la brûlaient, la consumaient constamment jusqu’à faire partie d’elle-même.

La rage de protéger les siens.

Un sourire fier et sincère vint étirer les lèvres de l’asiatique.

- Ça marche.

Une promesse était une promesse. Elle voulut ajouter quelque chose, tenter de clarifier la situation mais l’arrivée de l’homme qu’elle avait déjà aperçu plus loin mit brutalement fin aux retrouvailles.

- Permettez que je vous emprunte cette jeune demoiselle pour une danse,

L’aura de cet homme était écrasante. Entraînée par ce dernier, Zahnfee leur jeta un regard suppliant, auquel Yama ne put répondre qu’en portant la main à sa manche...

- Capitaine, non.

Une main noire s’était posée sur la sienne, l’empêchant d’avoir recours à la violence. Ici, les conflits ne se réglaient pas de la même façon. Déjà Alice arrachait la jeune femme blonde au danseur, l’entraînant sur la piste où Vassilissa avait elle-même entraîné son amant dans une danse... des plus inconvenantes. Yama resta interdite, sans savoir comment agir. La voix de Zahnfee se rappela à elle.

Tu as intérêt à les protéger.

Très bien, il était l’heure de faire diversion. S’avançant vers le Duc, la pirate vint poser la main sur son épaule.

- Puisque Zahnfee n’est pas disponible pour le moment, m’accorderiez-vous cette danse ?

La requête avait été prononcée comme un défi. C’était que, malgré tout, Yama restait toujours aussi incapable de se faire enjôleuse.
❄❄❄


Laissé à l’écart, Hawkins se tourna vers Ange. Il aurait bien aimé le questionner sur les De Raincourt, mais l’heure n’était pas des plus appropriées. Tout en surveillant sa Capitaine du coin de l’oeil, le mousse glissa à voix basse :

- Va falloir comprendre qui d’autre on va devoir protéger, m’sieur le Marquis. Et surtout c’qui se trame ici parce que - si vous voulez mon humble avis - ça pue !

L’adolescent eut pour le noble un sourire éclatant. Il était, lui aussi, déterminé à aider Zahnfee. Après tout, bien qu’il n’apprécie pas l’attitude de la blondasse frigide à son égard, elle n’en restait pas une amie de la Cap’taine ainsi que - par extension - un membre temporaire du Braille.

- J’peux compter sur votre collaboration ?

À deux, ils ne seraient jamais de trop.
Yama Albadune
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