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 [31 décembre 04] Dent de Sagesse

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Ange
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Dim 1 Fév - 1:04
Ange s'était attendu à beaucoup de choses en révélant son patronyme à Ran mais pas à ce qu'elle plaisante sur le sujet. Ça définitivement pas. Qu'elle l'insulte ou l'ignore, oui, mais pas ce ton désinvolte comme s'il lui avait parlé d'un ancien camarade de classe.
Peut-être la vieille japonaise lui avait-elle raconté une histoire pire que ce qui c'était réellement passé. Peut-être Mistral n'était pas l'homme monstrueux qu'il avait cru découvrir mais juste un se voyant incapable de forcer son esprit à oublier cette femme.
Toutefois, celle-ci semblait néanmoins bien jeune pour une aventure qui datait de dix ans.
Mais là en encore, lui avait bien vécu son premier amour à quelques quinze printemps.

Un brin d'espoir s'alluma dans le coeur du français à cette réflexion mais il chassa bien vite celui-ci d'une chiquenaude. Il était ridicule à vouloir se faire encore des illusions, la Comtesse pouvait très bien jouer l'indifférence. Après tout on étalait pas ses émotions en public ainsi, il était parfaitement compréhensible qu'elle se soit montré si évasive.

— Va falloir comprendre qui d’autre on va devoir protéger, m’sieur le Marquis. Et surtout c’qui se trame ici parce que - si vous voulez mon humble avis - ça pue ! lui glissa soudain quelqu'un à l'oreille dans un langage guère adapté au lieu où ils se trouvaient.

Clignant des yeux, le petit marquis revint à l'instant présent et remarqua qu'Alice et Ran s'étaient toutes les deux éloignées pour tournoyer lentement en compagnie de la Belle Vassilissa et du Roi. L'une était dans les bras d'une blonde et l'autre dansait avec un homme d'aspect correct mais qui dégageait quelque chose d'infiniment dérangeant. Son regard lui aussi était dangereux, les yeux tirés en amande comme un chat.

Ange tourna le visage vers son interlocuteur, le garçon noir qui accompagnait la Comtesse. Lui si proche, cela le mettait un peu mal à l'aise.

— J’peux compter sur votre collaboration ?

— Ah, euh, oui. Certainement, répondit le français un peu prit de court.

C'est qu'il ne voyait pas vraiment quel genre de collaboration il pouvait bien apporter. Il avait beau avoir sauvé, tout à l'heure, l'Androïde du courroux des invités ; il n'avait rien comme arme sinon son beau-parler.
Ses yeux bleus fixèrent ceux sombres de l'adolescent et il dit à voix basse :

— Tout le monde a les yeux fixés sur le Roi et notre hôte. Nous devrions chercher une sortie de secours, si je peux dire. Depuis tout à l'heure j'ai l'impression que nous serons vite amener à fuir et qu'on ne nous laissera pas le faire par la porte principale, saisissant le bras du garçon, le marquis l'emmena à sa suite en rasant les murs ; Restez discret, je pense que si quelqu'un nous voit nous aurons des ennuis, il lui désigna une porte de service sur la gauche ; Partez par ici et cherchez une sortie, je prends celle de droite. Mais il faut qu'on revienne dans moins de dix minutes, c'est important, pour ne pas laisser nos amis sans alliés.

Sur ces quelques conseils, Ange s'engagea dans les couloirs du manoir avec la fluidité d'un chat.
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Bloody Tee
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Dim 1 Fév - 20:03
Apparence de Bloody:
 

Les détails, les détails! Tout entre en compte lorsqu'il s'agit de jouer sur les détails, de se fondre dans la masse par tout les procédés. Mais quel rôle pénible que celui de serveur, quel rôle ennuyant, dégradant! Jouer un tel personnage n'était acceptable que pour la fête de ce soir et ses enjeux, jamais sinon il ne m'aurait été possible de bien vouloir me faire enrôler ainsi! Et quelle fête, quelle fête... La salle ne cessait de se remplir de toute ces têtes à bijoux, ces êtres à titre qui ne savent que se reposer sur les autres pour toute action. Un comité ouvert aux gens méprisables, quoi de plus agréable pour une soirée de réveillon? Oh, il y avait bien plus agréable, oui, comme le fait de se mettre à leur botte, par exemple.

« E-Excusez moi... »

Plateau en main, je tentais tant bien que mal de me frayer un chemin entre tout les conviés tout en conservant mon titre actuel de "serveur", cette fichue idée qui m'était venue à l'idée... Après tout, dans ma prestation, je me devais bien de savoir endosser tout rôle pour savoir briller! Briller sans mes reflets de verre, cela étant... Je mettais vu obligé de m'en séparer, et chacun de mes trop amples mouvements provoquait un mal profond en mes entailles. Et qu'elle galère cela avait été pour tout les préparatifs, à tel point que le seul ressassement de ces choses pouvait me rendre malade! Trouver les habits, la teinte, quel enfer... Seul réussir à camoufler les blessures de mon visage fut au moins amusant, un peu de véritable cosmétique ne fait aucun mal à ma personne! Mais le noir est trop neutre, ces habits, et cette couleur magique qui recouvre mes cheveux si flamboyant d'ordinaire sont... Horrible. Au moins les faibles reflets rouges de mes yeux savaient encore pétiller, et heureusement de part mon statut actuel, peu des conviés les remarquaient.

Mais que de têtes y avait-il ce soir, des biens étranges d'ailleurs, mais aussi des connaissances des plus appétissantes... Dans mon service, j'avais déjà pu reconnaître cette traitresse qui avait su prendre mon cœur, ce vieil homme qui avait osé me menacer d'un gros calibre, et certains visages ne m'étaient pas inconnus, bien que leur donner un nom me fut impossible... Et dire que je devais m'empêcher de rire pour ne pas perdre mon rôle! Acteur est un bien dur métier, surtout sur une si grande scène...

« Du champagne, Monsieur? »

La foule ne me voyait passer que comme un en-cas, un sous-homme, et je devais la nourrir... Je marchais alors lentement entre les groupes, faisant le tour du cercle de danse qui venait de se former, cercle dans lequel commençaient à danser les têtes imposantes. L'attention générale s'y portait, les yeux suivaient les couples les plus importants: Vassilissa accompagné de celui que j'avais tenté de faire sauter quelques mois plus tôt, et la filleule blonde qui dansait avec cette demoiselle au bras de métal. Qu'y avait-il de si intéressant à poser son regard sur une danse sans même y participer? Certains sont si pitoyables à ne pas vouloir entrer en scène...

Et dire que je devais me contenter de suivre ces regards, et encore, ce tout en marchant pour offrir la boisson à ces nobles de tout les coins. Mais dès que je le pouvais, j'offrais mon regard à cette étrange jeune fille qui entourait de son bras mécanique la femme blonde. Leurs visages m'étaient familiers, bien que flous... Ne les avais-je pas rencontrées lors de mon excursion à Emerald, quelques mois plus tôt? Il ne manquait plus que cela, des fugitives! La blonde n'était ni plus ni moins celle qui avait provoqué indirectement la mort du Père fondateur... Et pourtant elle semblait posséder ici une certaine importance. Peut-être bien les nobles ne savaient-ils plus quoi faire de leur temps libre.

« Désirez-vous un peu de champagne, avant votre danse? »

Je tendais d'un bras le plateau de service et baissais la tête, présentant les coupes à Yama et cet homme pour le moins... Intimidant.
Après tout, je n'avais pas pu m'empêcher de tenter le Diable!
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Invité
Rey de Marisma
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Lun 2 Fév - 21:00


Parce qu'elle était parfaitement calculée et d'autant plus orageuse, la brutalité était le plus beau des masque à revêtir pour un roi. Les chants débauchés des instruments déchainaient les pas des danseurs du tango. Guidés par la musique. Plutôt : la sentant avant qu'elle n'arrive et qu'elle ne fasse éclater ses cascades tantôt subtiles et savoureuse, tantôt brutales et passionnées.
Et si le souffle sulfureux du Diable soufflait ici-bas, c'était une rafale où tempêtaient le feu ardent et la glace impassible dans le regard des deux danseurs. Déferlant sur la scène.
Felipe avait parfaitement été réceptif à la danse de la Comtesse de Valeroso, première en titre, et s'y était adapté avec une étonnante souplesse qui frôlait l'indécence royale et en surprenant, ou non, plus d'un dans l'assemblée. Son invitation, calculée ou non, était loin derrière eux et l'ensemble de leurs gestes, de leurs regards étaient autant de messages codés et d'échanges d'escrimeurs émérites, cherchant à faire mouche, et à moucher l'autre. Que l'un des deux feux brille plus que l'autre.

Qui serait le meilleur suppôt du Diable dans cette trainée chorégraphiée ?
Le roi ne manquait pas d'éclat. La canne délaissée au bras de son majordome, il avait prêté le sien à sa parente et marraine pour en faire sa compagne et son adversaire. Ses années de pratique des feux de la rampe en tant que roi, et sa trop grande frustration sur bien des plans et sentimentaux et moraux, et physiques et mêmes visionnaires lui donnait un panache tout-à-fait nouveau et une assurance dans le défi qui rehaussait parfaitement la cambrure du dos de La Belle ou de sa nuque.

La bulle dans laquelle ils se mouvaient était increvable et rien à l'extérieur ne pouvait le perturber pas plus que la situation elle-même, les ragots et rumeurs supposés qui naitront de cette danse, et les interrogations sur leur relation... la bulle était une merveilleuse image de ce que la danse désirait montrer d'elle que les danseurs peignaient en lui faisant honneur.
Combattant avec leur orgueil pour construire une harmonie sensuelle sur le conflit qui éclatait à chacun de leurs échanges provocateurs.

Les premières salves de la danse s'étaient attaquées aux doléances de surface, anciennes ou nouvelles, puis l'ensemble fit résonner les reproches acerbes et noirs qui découvrirent les plaies les plus profondes en une descente infernale où l'âme autant que le corps de l'un et de l'autre était mis à dure épreuve. C'est ainsi, du moins, que le vivait Felipe. Cette danse, loin d'être innocente, évoquait en lui cette présence incertaine, parfois lointaine, mais maladivement accroché à lui et à son destin, accroché, mais sensuellement enveloppé de rubans et de dentelles. Grâce, beauté et pouvoir. Il était difficile pour un homme de ne pas être séduit, de ne pas saluer au mépris de soi ses réponses brutales, si peu habituelle, et si vives, rendues dans leur naturel.

Était-ce cela qui lui fit incliner la tête ? La réaction simple d'un enfant ou d'un amant pris en faute ? Il sourit. La danse était terminé. Cela ou bien il n'était pas encore résigné à complètement éclater son coeur devant elle et à l'emmener là où il le souhaiterait... il n'en avait pas encore la force. Mais il se jurait bien de l'avoir un jour.

Vous avez été superbe, Marraine, dit-il, tout de même bien essoufflé, mais bon joueur.
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Zahnfee V. Edelstein
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Mer 4 Fév - 10:25
-Le coq est mort, Le coq est mort
Le coq est mort, Le coq est mort
Il ne dira plus “Cocodi, cocoda !”
Il ne dira plus “Cocodi, cocoda !”
Le coq est mort, Le coq est mort
Le coq est mort, Le coq est mort
Il ne dira plus “Cocodi, cocoda !”
Il ne dira plus “Cocodi, cocoda !”
“Cocodi-codi-codi-coda !”
“Cocodi-codi-codi-coda !”

(la comptine en question chantée par un homme, mais ça donne une idée^^)

La voix douce et apaisante coula jusqu'aux oreilles de Chester comme le filet d'un ruisseau. C'est un timbre féminin, presque enfantin. En poussant la porte, la chatte découvrit une toute petite pièce éclairée par l'âtre flamboyant d'une cheminée. Dépassant du dossier d'un canapé, se trouvait une tête rousse aux cheveux bouclés et un peu fous. Chester avait du mal à savoir si cette masse capillaire était celle d'un homme, d'une femme ou d'un enfant. Seul l'organe donnant vie au chant trahissait son genre. La voix cessa brusquement de chanter.

- Il y'a quelqu'un ?
fit-elle.

L’entité se retourna pour observer le petit salon vide et la porte entre-ouverte. Sa silhouette dodue était drapée dans un étrange peignoirs chinois boutonné jusqu’à la taille. Elle posa ses immenses yeux verts sur le vide où se trouvait la chatte dissimulée. Elle posa son menton sur le haut du dossier ainsi que deux petites mains potelées. Son visage constellé de son s'anima d'un sourire désarmant.

- Tu es un "fantôme" ? demanda Ranita en penchant la tête sur le coté.



*****

Ange avait un sens de l'orientation assez minable. Il faut dire qu'il ne se déplaçait jamais seul, pas même dans son propre château. C’est donc tout naturellement qu'il se perdit en empruntant un escalier de service, croisée des chemins pour tout domestique qui se respecte. Il manqua d'ailleurs de se faire alpaguer par plusieurs d'entre eux. Mais la soirée battait son plein, et le personnel était aux aguets. Ils ne firent donc pas beaucoup attention à lui.
Finalement, le marquis déboucha sur une porte, dont il se rendit compte qu'elle donnait sur les sous-sols. Au bout d'un couloir mal éclairé, il vit un jeune homme, de forte stature, faisant le guet devant une trappe. Le gardien avait une mine patibulaire et des poings aussi gros que la tête de Ange.

Ce qu'il y avait sous la trappe ? Ange n'en avait pas le moindre indice. Néanmoins il s'agissait d'un des secrets de Vassilissa et peut-être là d'un point faible à exploiter.


Intervention MJ "Ange":
 


****

La piste de danse s'était soudainement peuplée. Vassilissa et le souverain d'Espagne était absorbés par leur duel et restaient le point central de tous les regards. On nota donc un peu moins les deux couples mal assortis qui virevoltaient en marge des autres danseurs. Alice avait su soustraire Zhanfee à l'emprise de l'inquiétant Raminagrobis, appuyée en cela par l'héritière de la maison Valeroso.
Cette dernière soutenait le regard de son étrange et moustachu cavalier. Il était bon valseur et menait sa partenaire avec une aisance gracieuse, quasi féline, malgré son âge mûre.

- Vous ne savez pas vraiment où vous avez mis les pieds n'est-ce pas ?
S'amusa-t-il avec un sourire matois. Mais j’apprécie votre audace. Vous avez du cran. Vous avez plus d'envergure que ce que ne laissait envisager le présupposé...

Faisait-il là référence à son statut de Maitresse Royale ? Son rictus sournois en avait tout l'air, en tous les cas.

- C'est bien, il vous faudra plus que votre physique et votre bande de flibustiers pour tenir votre rôle. Vous n'êtes pas comme nous. Ce sera plus difficile. C'est déjà périlleux pour les sangs-dilués.

Il jeta un regard vers le duo "royal".

- Il ne vous a rien dit de sa véritable nature, n'est-ce pas ? C’est amusant. L'amour n'oblige pas à révéler tous ses secrets j'imagine.


Son sourire se fit plus odieux encore, quand un serveur les apostropha pour leur proposer une coupe de champpagne.

Intervention MJ "Yama":
 

******

- Je ne sais pas danser non plus, figure-toi !

Mais nous nous efforçons de faire des cercles concentriques sur nous même, à petits pas gauches. Ma sœurette est maquillée comme un zeppelin volé et sa robe laisse peu d'espace à l'imagination. Je rajuste inconsciemment son décolleté par deux fois, pour sauver sa décence. Toutes ces crinolines, ces dentelles, ces tournures, ce fatras... j'aimerais tout jeter au feu pour retrouver mon tablier et ma robe toute simple. Toute chaste.

- Je dois t'avouer que moi et Chester n'avons aucun plan. Si tu sais ce que cette grande comtesse projette, dis-le moi. On va tenter de fuir toutes les trois. Ensemble.

- Je ne sais pas non plus mais si je m'enfuis encore, elle me retrouvera. Cela fait un an que je suis en cavale, que je surveille mon ombre. C'est elle la responsable de notre enlèvement sur l'île du crâne. Elle nous a séparé de Papa. Elle recommencera encore et encore.

Je m'arrête brusquement. Je suis percluse d'angoisses.

- Si elle avait voulu me tuer, elle l'aurait déjà fait. Mais ses desseins me semblent plus horrible encore que la mort. Toute sa clique pue la magie nauséabonde.

Je frissonne.

- Je dois comprendre. Je dois l'affronter.

Mon attitude dément complétement l’assurance de mes paroles. Je touche inconsciemment la flûte pendue entre les plies de ma robe. Alice l’aperçoit. Je lui jette un long regard puis chuchote entre mes dents :

- Je suis venue pour la tuer, Alice. Tu peux encore fuir.

Je lui serre la main en tremblant de tous mes membres.

-Même si tu décides de partir maintenant, sache que je suis contente que vous soyez venues pour moi.

Je ne vais pas pleurer ici. Je suis sa grande soeur. Je suis l'Ainée, sainte molaire !

*****

Le combat s’acheva en apothéose. Vassilissa constata avec une pointe de satisfaction que son élève le plus doué avait toujours cette fougue rageuse en lui, la même qui l'avait poussée à agir fermement avec lui. Il n'était qu'un sang-dilué, mais lorsqu'il bravait son autorité et laissait libre cours à sa souveraine insolence, il exprimait tout le batracien qui était en lui. Elle en était consciente plus que quiconque. Elle en était même fière. Felipe était le digne fils de son père. Il serait encore meilleur roi. Encore meilleur garant de leurs intérêts.
Restait à le marier à Zhanfee et les guerres batrachomyomachides seraient enterrées pour toujours.
L’œuvre de sa vie.

Mais avant cela, il fallait donner, à la Souris, sa "dot".

-Vous avez été superbe, Marraine.
-Vous êtes mon digne filleul, Felipe !

Elle l'embrassa sur le front avec une affection non feinte. Elle en faisait peu démonstration. La chose était d'autant plus précieuse.

- Venez, allons vous présenter plus convenablement à celle qui partage mes voeux de marraine avec vous.


Bras dessus, bras dessous, elle s'éloigna de la piste. Le Duc de Raminagrobis fit sensiblement de même avec sa cavalière, empruntant la même direction. Vassilissa trouva Zhanfee en grande conversation avec une brunette vulgaire, une pique-assiette sans doute, androïde par dessus le marché, venue avec le marquis de Raincourt. Cependant l'intimité notable entre les deux femelles lui fit hausser un sourcil.

- Nous allons passer aux véritables festivités. En famille.

Elle se tourna vers Alice.

- Vous êtes des nôtres, j'imagine.

Ça n'était pas une question.

- Où est donc votre cavalier ?

Elle haussa les épaules gracieusement.

- Qu'importe, après tout... La fête ne fait que débuter.

Intervention MJ Globale:
 
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Alice au pays des merveilles
Alice Liddell
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Mer 4 Fév - 14:36

L'Androïde n'avait aucune notion de la bonne société, et encore moins des jeux d'intrigues. Mais ce que lui racontait sa sœur lui faisait songer à une toile d'araignée. Un réseau complexe tissé, petit à petit, afin d'emprisonner sa proie. Vassilissa était l'araignée et, eux tous, des moucherons qu'elle se délectait d'avance de dévorer.

- Même si tu décides de partir maintenant, sache que je suis contente que vous soyez venues pour moi.

Les tremblements de Zahnfee, sa voix... Alice ne peut que demeurer pantoise face à une telle détresse. Jamais la blonde allemande n'avait montré la véritable faiblesse, souriant en toutes circonstances, crachant son fiel au visage de ceux qui osaient l'approcher. Jamais Zahnfee n'avait été faible.

Les doigts d'Alice serrèrent la main de Zahnfee. Ses lèvres déposèrent un baiser léger sur le front de l'allemande.

« Comme si j'étais du genre à abandonner ma famille. Si je dois partir de ce château, ce sera avec toi et Chester. Toutes les trois. Je ne te laisserais pas faire comme à Emerald. »

La voix d'Alice avait été ferme, n'admettant aucune réplique.

Aurolée de gloire et de prestige, la comtesse Vassilissa les rejoignit. Se rappelant les conseils donnés par les fleurs de Pitt, l'Androïde s'inclina pour saluer la propriétaire des lieux. Elle devait agir avec prudence et ne pas foncer tête baissée. Du moins, pas encore.

- Nous allons passer aux véritables festivités. En famille. Vous êtes des nôtres, j'imagine.
« Bien évidemment, puisque je suis sa sœur. »

Certes elles n'avaient aucun sang en commun, mais les aventures traversées ensemble avaient bien plus de force qu'un simple embryon ADN commun.

- Où est donc votre cavalier ?
« Oh, il s'est senti un peu mal. Il n'est guère habitué à de telles festivités. Il faut dire que vous savez mettre du... piment.»

Alice n'avait sincèrement aucne idée de où avait bien pu passer son « prince charmant ». Il fallait espérer que le jeune homme n'avait pas été victime d'une noire intrigue et avait réussi à fuir les lieux.

Ne lâchant pas la main de Zahnfee, Alice suivit le cortège jusqu'à une salle à manger, au décor fastueux. Une domestique s'empressait d'ajouter un couvert avant de disparaître, tel un fantôme. L'Androïde observait le décor partagé entre le ravissement et la crainte. Allez savoir ce qui se cachait derrière ces tableaux et tentures ! La comtesse allait-elle mener un assassinat au sein de cette pièce ? Et avec cela, nulle trace de Chester qui avait disparu.

Décidément Alice n'appréciait guère les intrigues.

Sans attendre qu'on ne leur indique leur place, Alice veilla à s'asseoir à la gauche de Zahnfee. Elle ne voulait plus s'éloigner d'un seul pas de sa sœur. Elle était son chaperon, son garde du corps. Que la comtesse ou son Raminagrobis tentent un geste, et elle bondirait sur eux, toutes griffes dehors.

« Tout ceci est absolument ravissant, madame la Comtesse. Je ne suis guère habituée à tout ceci... »

Grand dieu qu'il était difficile de parler ainsi. Comment faisaient les grandes Dames, et les fleurs de Pitt ? Ce devait être harassant à la longue.

« Pardonnez ma curiosité, mais j'ai entendu un mot étrange prononcé par un de vos... invités. Il a parlé de Batrach... myomachia... C'est un mot russe, je crois. »

Ce mot était peut-être la clé des intentions de la comtesse.



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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Mer 4 Fév - 21:03

Alors que Chester passait la porte, une douce mélodie arriva jusqu’à ses oreilles. Une petit voix douce. Chester l'aimait bien. Elle regarda vite en direction de la voix mais, à part une chevelure rousse qui dépassait du canapé, elle ne voyait rien. Tant pis elle n'avait pas le temps de s'attarder, elle avait des choses importantes à faire. Elle devait penser à ses sœurs. Elle était peut-être en ce moment même en danger.

- Il y'a quelqu'un ? Tu es un "fantôme" ?

Chester fit bouger ses oreilles de chat. Les mots qui venaient d’être prononcés la firent se retourner. Elle aperçut une femme à la chevelure aussi extravagante qu'ébouriffée. Tout en faisant doucement réapparaître juste sa tête, et bien sûr le sourire en premier, Chester s'adressa à la femme bien en chair.

— Chester est Chester. Et non un fantôme ! Et toi qui es tu pour dire que Chester est un fantôme ? Chester a déjà senti la même odeur que la tienne dans les cuisines de la France !

Chester eut comme un flash. Elle pensa que, peut-être, cette femme rousse pourrait lui fournir des informations sur le lieu où elle se trouvait. Ou quelque chose pour aider ses sœurs. Ou même sur cette femme qui était la maîtresse de l'autre mâle alpha.

— Et toi que fais-tu ici? Tu veux empêcher Chester d'aider sa sœur Alice et sa sœur Zahn ? Tu sais, Chester connaît plein de bonnes choses à manger. Si tu l'aides Chester peut te donner des choses super bonnes.

Le naturel de Chester était revenu. Elle ne pouvait s'empêcher d'utiliser les gens pour en tirer profit.


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Ange
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Jeu 12 Fév - 13:16
Ange commençait à comprendre à quel point son plan était idiot. Il se savait un sens de l'orientation misérable, et se perdre seul dans les dédales du manoir n'avait rien d'intelligent. Avec un peu de chance il arriverait au moins à trouver le chemin inverse vers la salle de réception.
Il fallait qu'il garde un oeil sur Alice parce qu'elle était pour le moment sa seule alliée ici et aussi sur la nouvelle comtesse. Et ça simplement parce que c'était Ran.

Sur sa route, il avait croisé quelques domestiques qui ne lui avaient guère accordé d'attention, ce qui l'arrangeait bien que le sentiment était inhabituel. Généralement il était plutôt au centre de leurs priorités.

Arrivant à un nouveau croisement, le petit Marquis s'arrêta un bref instant pour réfléchir puis décida de prendre la porte face à lui en ayant assez de suivre les interminables couloirs qu'il avait pris jusqu'à présent.

— Que- , entama-t-il avant de se taire pour plus de discrétion.

Le changement était flagrant, les belles galeries éclairées avaient fait place à un mince corridor à la lumière vacillante au bout duquel se dessinait la silhouette d'un homme trapu de haute stature qui ne ressemblait en rien à un simple domestique. C'était sans aucun doute un garde, mais garde de quoi ? Il n'y avait personne à protéger ici.

Sentant néanmoins qu'il ne serait pas bon d'être vu ici, le français se plaqua contre le mur et ses yeux dévièrent vers les jambes du cerbère, attirés par quelque chose qui se détachait de la continuité du sol. Une trappe ! C'était donc ça qu'il gardait. Mais pourquoi donc ? Dans un endroit comme ça elle ne devait certainement conduire qu'à une cave à vin, même s'il doutait Vassilissa assez attachée à ses crues espagnoles pour les faire surveiller ainsi.

Ange s’apprêtait à rebrousser chemin quand il fut soudainement arrêté par un bruit ; celui de pas léger et du roulement d'un petit chariot que l'on poussait. Sa curiosité l'empêcha d'écouter sa raison et il resta sur place à tendre l'oreille, les yeux rivés sur le bout de couloir.
Heureusement qu'il avait opté pour une tenue sombre cette fois, on le remarquait ainsi nettement moins.

Au bout de quelques secondes, une jeune femme apparut dans son champ de vision.
Visiblement elle amenait au garde sa part du festin.

Et de réjouissances aussi, songea le marquis avec un léger sourire lorsqu'il fut témoin du fougueux baiser échangé par les deux employés. Apparemment, l'homme à la mine bourru avait d'autres appétits plus urgents que celui de son estomac et c'est bien rapidement qu'il agrippa les hanches rondes de la domestique pour l'emmener à l'écart, délaissant son poste sans un regard en arrière.

Le français attendit encore un moment, jusqu'à ce qu'il entendre le bruit distinct d'une porte que l'on ouvre puis referme.

En homme réfléchi, il aurait du en profiter pour s'éclipser. Mais l'envie de savoir ce qui se trouvait sous cette trappe l'en empêchait. Surtout que la voie était libre à présent, il n'aurait qu'à se dépêcher avant que les deux amants n'en reviennent à leurs obligations.
Être aussi aventureux ne lui ressemblait pas pourtant.

D'un pas discret, Ange franchit les quelques mètres qui le séparait du poste de garde. Il n'était pas très confiant et n'avait aucune idée finalement de sur quoi il tomberait là-dessous, c'est que cet endroit tout entier était malsain, ainsi que la plupart de ses invités. Mieux valait-il se méfier de chaque recoin, chaque tableau, chaque miroir.

Avisant le plateau repas, il décida de s'emparer non pas de nourriture mais des couverts brillants qui accompagnaient le plat. Glissant une grande fourchette dans sa poche, il prit ensuite le couteau qu'il comptait garder en main. Il aurait bien voulu croquer dans l'un des appétissants petits-pains mais cela n'avait aucune de passer inaperçu. Alors qu'on pouvait prétendre à une erreur inattention pour le manque d'ustensiles.

Puis il ouvrit la trappe et s'y glissa avec une certaine appréhension au creux du ventre, refermant après son passage.
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Yama Albadune
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Jeu 12 Fév - 23:51

Cela faisait longtemps qu’elle n’avait plus dansé ainsi. Un an, quelques mois, le temps d’une valse doucereuse, surréaliste. Un éclat de nostalgie inattendu fila dans les prunelles de la Capitaine, éclat qu’elle réfréna brutalement alors que le chat l’entraînait, menait la danse.

Lâcher prise, garder le contrôle. C’était compliqué, de valser ainsi entre deux instincts. C’était compliqué et ça l’avait toujours été.

- Vous ne savez pas vraiment où vous avez mis les pieds n'est-ce pas ? Mais j’apprécie votre audace. Vous avez du cran. Vous avez plus d'envergure que ce que ne laissait envisager le présupposé...

Le sourire du Duc, sournois comme celui d’un chat, arracha un frisson involontaire à la criminelle. Vaguement, il lui fit penser à l’ancien Capitaine, son prédécesseur à elle. Elle ne s’écarta pas pourtant, lui rendit son sourire. Le temps passait, les plaies se refermaient, cautérisées par la colère. Elle ne leur en laissait pas le choix. Elle ne se laissait pas le choix.

- Il serait mal avisé de me voir uniquement sous un aspect. Répliqua-t-elle d’un ton froid qui contrastait avec son sourire.

- C'est bien, il vous faudra plus que votre physique et votre bande de flibustiers pour tenir votre rôle. Vous n'êtes pas comme nous. Ce sera plus difficile. C'est déjà périlleux pour les sangs-dilués.

Sangs-dilués... Yama n’avait jamais entendu cette expression. Elle voulut interroger son cavalier sur ses paroles, mais ce dernier reprit :

- Il ne vous a rien dit de sa véritable nature, n'est-ce pas ? C’est amusant. L'amour n'oblige pas à révéler tous ses secrets j'imagine.

La musique sembla s’assourdir autour d’eux. L’attitude du Duc et son ton fielleux étaient des plus irritantes, et cette dernière remarque donna à la nouvelle héritière l’envie de lui arracher son sourire sournois du visage. Elle n’en fit rien cependant. Le ton l’énervait plus que le contenu.

Derrière ses mains, contre sa peau, se pressait un froid hivernal qui pulsait d’une énergie propre, réconfortante. Yama sentit ses cils se craqueler, ses yeux se refroidir dans leurs orbites. Garder le contrôle, juste assez pour montrer. Qu’il sente, lui aussi, qu’humaine elle ne l’était pas entièrement non plus.

- Qui... parle d’amour ?

Sa voix charriait des glaçons. Une présence vint rompre l’instant, la colère froide s’évanouit alors que Yama tournait la tête vers le serveur. Elle resta immobile quelques instants, frappée par une sensation étrange, le même genre de sentiment que lorsqu’elle avait posé son regard sur Ange un peu plus tôt. Une impression... de déjà-vu.

- Non, merci. Répliqua-t-elle d’une voix absente. Préoccupée par les frasques que sa mémoire semblait vouloir lui jouer, la Capitaine se laissa entraîner à la suite du couple formé de la marraine et de son filleul. Alors qu’ils pénétraient dans une salle à manger richement décorée, elle sentit une vague pression contre sa manche et aperçut du coin de l’oeil un Hawkins fraîchement débarqué qui lui souriait de toute sa dentition de pirate. Alors que le mousse suivait l’androïde, elle-même resta près de Raminagrobis. La Capitaine sentait confusément que ce dernier était dangereux. Elle avait promis à Zahnfee de protéger les siens, cela lui suffisait pour garder le Duc à l’oeil.

Une petite voix dans un coin de son esprit lui rappela qu’elle ne parviendrait jamais à sauver tout le monde, voix qu’elle balaya avec une rage froide. Elle essaierait, ils verraient. Et puis, avait-elle vraiment le choix ?
HRP:
 
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Bloody Tee
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Ven 13 Fév - 1:39
Se retenir, se retenir de rire, ne pas écarter les lèvres, ne pas rire, quel enfer, l'enfer sur terre! Jouer la comédie en devant restant d'un plus grand sérieux, c'est un travail épuisant, un travail fatiguant, un travail qui sait raviver quelques plaisirs perdus et secrets de l'effort. Mes entrailles bouillonnaient, je ne pouvais presque pas contenir mon sourire qui paraissait vu de l'extérieur comme une simple invitation à prendre les coupes, mais qui aurait facilement pu être aussi grand que si l'on m'avait tailladé le coin des lèvres au verre tranchant. Se concentrer sur le travail était ce que je devais faire. Le travail, quelle blague! Pourquoi avais-je donc accepté cela, ici, avec toute ces personnes que je connaissais? Ma tête me jouait des tours, et je ne pouvais que penser qu'il s'agissait là d'une action de ma folie habituelle qui se dévoilait de plus en plus ces derniers temps. Et dire que je m'étais moi-même coltiné ce rôle, je ne pouvais que m'amuser moi-même!

- Non, merci.

Je hochais la tête, me retournais en gloussant presque dans un sourire face au regard de l'homme au semblant impitoyable. Pour une fois, après cette faible mais palpitante petite folie, je n'avais réalisé aucun coup fourré, n'avais rien piqué à la charmante capitaine, ni même envoyé de regard en coin. Ce que je devais faire était bien trop important pour ne plus me laisser emporter avec mes quelques plaisirs personnels, certainement.
Quoi qu'il avait pu en être, le temps avait déjà bien passé. La danse continuait certes, mais les plus grandes têtes ne tournoyaient plus, il suffisait d'attendre un instant pour continuer ce que je devais faire, et...

Je déposais le plateau de coupes de champagnes sur le buffet, arrangeant quelques autres plats d’amuse-gueules -les grands plats se tenant plus loin. Dans ma manipulation, je sortais discrètement de ma poche un papier plié de la taille d'une lettre que je posais sur la table, entre les plats qui se trouvaient là. N'ayant pas arrêté de bouger les quelques plateaux comme si je me préparais à emporter l'argenterie sale en cuisine, je pris la lettre après quelques secondes en mimant un air étonné, à la manière d'un simple domestique qui aurait trouvé un morceau de papier qui n'avait rien à faire là. Je la dépliais, puis, l'instant après l'avoir lu, prit une mine presque effrayée. Ah, quel acteur je faisais...

Mes pas étaient rapides, ma mine apeurée. Plus je m'approchais de ma cible, plus ma mine tentait de se faire rassurée; un domestique se devait de savoir garder son calme après tout. Non? Tout de même, mes gestes se faisaient maladroits, et cela ne pouvait que m'amuser. Que j'avais l'air faible, pitoyable! J'adorais cela.

Je m'approchais de Vassilissa qui elle même semblait se diriger à l'extérieur de la grande salle de bal. Je remontais mes lunettes maladroitement en tenant fermement la lettre entre mes mains, la cachant légèrement afin que les conviés ne puissent la voir. Une fois à sa portée, je l'interpellais et lui parlait de manière à ce qu'elle seule puisse m'entendre, que les autres invités ne s'affolent pas. Et surtout que cet homme intimidant ne s'immisce pas trop vite dans tout cela...

« M-Madame la Duchesse, nous avons reçu une lettre de... De menace madame... C'est un invité qui a dû la poser sur les tables... »

Je tendais à Vassilissa la soit-disante lettre de menace avant de croiser directement après mes doigts entre eux.

_

Madame Vassilissa,

J'ai eu vent de la mondanité que vous organisiez pour ce réveillon, et à l'heure où vous tenez cette lettre, j'y suis moi-même présent.

Cependant ni la réputation de votre fête ni sa gastronomie ne m'intéressent, tout ce que je souhaite obtenir de vous est la tête d'El Rey de Marisma.

Si vous souhaitez que votre réveillon se passe pour le mieux et qu'aucune autre vie innocente qui vous est chère ne soit emportée, je vous demande de me livrer El Rey dans vos jardin, seul.

Si je remarque que vous ne souhaitez pas coopérer, ce sera un bain de sang qui vous sera offert, un bain fait du sang de votre propre famille.

_


Une fois que je supposais qu'elle eut pu lire toute la lettre, j'adressais à nouveau la parole à la duchesse.

« Que devons-nous faire Madame? Souhaitez-vous que nous rappelions des gardes? »

Je n'avais pas autant envie de rire que lorsque je me tenais face à Yama quelque temps plus tôt, mais si j'avais pu, je l'aurais fait, même si mon visage laissait croire tout le contraire. Se retenir, se retenir de rire... Continuer de jouer!
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Zahnfee V. Edelstein
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Sam 14 Fév - 19:43
— Chester est Chester. Et non un fantôme ! Et toi qui es tu pour dire que Chester est un fantôme ? Chester a déjà senti la même odeur que la tienne dans les cuisines de la France ! Et toi que fais-tu ici? Tu veux empêcher Chester d'aider sa sœur Alice et sa sœur Zahn ? Tu sais, Chester connaît plein de bonnes choses à manger. Si tu l'aides Chester peut te donner des choses super bonnes.

Ranita écouta la petite voix féminine s'agacer, questionner et soudoyer avec un sourire égale. Elle irradiait d'une aura bonhomme que rien ne semblait pouvoir perturber. Pas même une chose invisible qui cause.

- Chester ! Chester-chester !
répéta-t-elle pour elle même. Moi je suis Ranita, Ranita tout court mais certain disent Ranita Sapo. Et je suis bien une grenouille. Tu es forte Chester !

Elle sembla réfléchir.

- Les gens invisibles doivent voir les choses cachées,
conclut-elle en secouant ses boucles rousses.

Elle reprit s'en s’émouvoir d'avantage de cette immense découverte.

- J'ai grand faim et je suis sure que tu me donnerais des choses délicieuses à manger, mais j'attends justement qu'on me donne l'autorisation d'apparaitre au diner.


Elle gloussa.

- C'est le jour le plus important de ma seconde vie, tu sais ? Tous mes amis seront là.


Ses grands yeux verts se voilèrent quelques secondes d'une sorte de nostalgie. Elle s'ébroua pour revenir à son interlocutrice.

- Donc je ne peux pas grignoter avant le repas le plus important de ma vie, tu comprends ?

La porte s'ouvrit soudain, laissant apparaitre la tête ridée de la vieille Charca.

- A qui parlais-tu, grenouillette ?
- A l'esprit du gouter.
- A... Tu ne penses qu'à manger ma parole !


Ranita se mit à rire, un rire espiègle et charmant, bourré de vie.

- Tu es prête ?
- Depuis toujours,
dit la jeune femme en se redressant sur ses pieds. Son grand peignoir chinois fit des vagues de soie autours de sa silhouette dodue.
- Alors ne faisons pas attendre "La Très-Sage"

En partant, la rouquine murmura dans le vide :

- Adieu, Chester...

Et la jeune grenouille emboita le pas à la plus âgée.


Intervention MJ "Chester":
 

***

La cave de la Comtesse était éclairée faiblement par une petite lampe à huile, projetant des ombres gigantesques sur les murs et les planches de bois des fûts de chêne imposants, entreposés dans la pièce. Le verre des bouteilles contenant de grands crus de divers pays et d'années variées, renvoyait en minuscule reflets luminescents la lumière fractionnée de cette unique source d'éclairage.
Là, accroché en étoile par les pieds et les poignets au couvercle d'un des énormes tonneaux , trônait un homme entièrement nu, la tête dodelinant sur sa poitrine. Il portait tous les stigmates de séances de tortures régulières et raffinées. Sa chevelure noire-corbeau était engluée de sang, de souillures et de sueur. Sur une table à quelques mètres se trouvaient plusieurs instruments tranchants et exotiques, dignes d'un collège inquisitorial.

En entendant les pas du Marquis sur le sol de pierre, il leva pourtant la tête, révélant un visage tuméfié où perçait deux yeux noirs et profonds qui provoquèrent un malaise immédiat chez le français.

Arsène Martes eut un sourire amusé en observant cet inconnu.

- C’est donc vous qu'on a envoyé pour me chercher. Je ne vous imaginais pas comme ça
, fit-il sur le ton de la conversation, comme si son état n'était qu'un détail insignifiant dans un flot de mondanités.


Intervention MJ "Ange":
 

***

Vassilissa observa sa petite assemblée de convives face à leurs couverts, attendant son assentiment pour s’asseoir. Elle parvint à sa chaise, présidant la tablée, entourée de Felipe à sa droite et de Zahnfee à sa gauche. Elle remarqua avec amusement que Raminagrobis avait su asticoter son "héritière", ce qui prouvait une forme de séduction à défaut d'acceptation. Elle regrettait l’absence du Marquis de Raincourt. Ce n'est pas elle qui avait choisi d'inviter l'humain mais elle devait bien ce petit cadeau à la personne qui avait formulé ce souhait. Elle regrettait qu'il n'ait pas eut la décence de rester jusqu’au bout. Mais que voulez-vous, il était français.
La brunette androïde se disait être apparentée à sa filleule -ce qu'elle savait faux par le sang. Cependant, elle était mieux placée que quiconque pour savoir que les liens du coeur étaient bien plus puissants que ceux de la filiation. N'était-elle pas la sœur de cœur de Tanfee, jusqu’à ce que la Mort ne viennent aussi la chercher pour lui permettre de la rejoindre ?

La demoiselle lui posa une question, brisant l'ambiance cérémonieuse. Elle n'eut guère le temps de lui répondre. Un domestique vint l'interpeler avec une lettre.

-M-Madame la Duchesse, nous avons reçu une lettre de... De menace madame... C'est un invité qui a dû la poser sur les tables...

Vassilissa fronça les sourcils mais décacheta le pli et en fit une lecture rapide. Ses yeux bleus vinrent se poser sur le pauvre jeune homme, visiblement apeuré.

-Que devons-nous faire Madame? Souhaitez-vous que nous rappelions des gardes?
- Appelons la garde, en effet.


Plusieurs hommes -avaient-ils toujours été là ? - sortirent de l'ombre des rideaux pour encadrer le messager. Ils portaient une tenue militaire que Yama reconnut aussitôt pour les avoir déjà vu sur l'Albatros, un an plus tôt. Robur le conquérant était donc toujours l'amant de la veuve. Quatre soldats firent cercle autours de l'employé de maison et deux d'entre-eux l'attrapèrent de manière musclée pour lui entraver les bras derrière le dos. On le fouilla avec une rigueur toute policière, c'est à dire en lui ouvrant la chemise et en déchirant toutes les doublures de ses vêtements.

Tout en souriant, Vassilissa brula la lettre sur la flamme d'un des chandeliers ornant sa magnifique table de diner.

- Sachez mon petit, que je ne suis pas Duchesse, mais Comtesse. Lors qu'on se targue de mentir, on apprend à le faire bien. Votre requête n’est pas acceptée, vous m'en voyez fort peinée pour vous.

Et avec une expression glaçante, elle posa son regard polaire sur le jeune garçon, lui retirant ses lunettes.

- La puérilité de vos menaces, me laissent à penser que vous ne savez pas à qui vous vous frottez. Pauvre chéri...


Elle fit tomber les bésicles au sol et les brisèrent sous le talon de son escarpin.

- Emmenez-le à la cave. Ça fera un peu de compagnie à notre autre "invité".

Les quatre gardes encadrant Bloody disparurent manu-militari de la salle à manger.
Intervention MJ "Bloody":
 

Vassilissa put enfin prendre place et inviter ses convives à faire de même. Le service commença sa valse de vins et de mets raffinés.

- Mais chers amis, désolée pour ce petit contre-temps. Rostrhamus a rependu ses agents sur le monde comme une nuée de mouches sur un cadavre. Mais nous le réduirons bientôt lui et ses sbires en poussière. Car à cette nouvelle année annonce, comme je vous l'avais promis, une nouvelle ère.

La Comtesse se tourna vers Alice avec un sourire urbain.

- La Batrakhomuomakhía...

Elle fit une pose solennelle avant de reprendre.

- ... Est la guerre la plus connue parmi les Animaux. Les Animaux avec un "A" majuscule, ceux qui ont su dépasser leur état bestial pour se mêler à la race dominante qui prolifère sur notre planète : les hommes. Elle opposa pendant des millénaires l'armée des Grenouilles et leur alliés...


Elle désigna sa droite et le roi d'Espagne.

- Et le peuple des rats.

Elle fit un geste théâtrale à sa gauche, montrant Zahnfee.

- Mais ce soir, les Animaux et leurs alliés humains se réuniront sous une seule bannière, celle de deux clans retrouvés. Car cette veille d'année nouvelle, je vous offre, moi Vassilissa, la Sorcière-Grenouille, la plus grande magicienne pure de la lignée des batraciens, la réunification de nos deux communautés. Zahnfee Fatina, héritière de la première Fée des Dents, Prime-souris du Nerub, Sang-dilué, et Felipe de Marisma, héritier du premier Roi Grenouille, Roi d'Espagne et sang-dilué vont faire la paix et proclamer leurs fiançailles. Ils seront nos héros face à la sombre menace qui plane sur le monde tel que nous le connaissons.


Vassilissa savoura l'effet de son discours et le brouhaha de la tablée. Puis sa voix s'éleva à nouveau, fendant la rumeur comme une lame.

- Mais avant cela, je dois rendre à ma chère filleule, son héritage.

Elle se tourna vers une Zahnfee figée par la surprise et la terreur. Elle lui caressa la joue avec un sourire odieux.

- Il y'a longtemps, ta mère est venue à moi pour que je retire ton âme de fée de ton corps, comme Kotcheï, mon maitre, me l'avait enseigné. Je me suis exécutée et j'ai pris soin de la protéger de toutes mes forces depuis ces longues années. Il est temps de te restituer ton bien.


Et elle ajouta avec malice :

- Ce sera un peu ma dot...

Les portes derrière elle s'ouvrirent en grand.
Une silhouette fit son apparition : c'était une demoiselle potelée, rousse, dont les grands yeux verts sereins étaient noyés sous une constellation de tâches de rousseur. Elle portait une sorte de grand peignoir de soie très ample, boutonné jusqu’au cou.

Ranita entra dans la pièce avec un sourire paisible.
Zahnfee, se leva d'un bond, blême comme la Mort elle-même.

- Maman... bredouilla-t-elle devant l'apparition.


Intervention MJ "générale":
 

PLAN DE TABLE:
 
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Le chat du Cheshire
Chester du Cheshire
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Si on en savait plus sur toi ?
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Lun 16 Fév - 16:49
Chester observait la pièce, mais il n'y avait rien du tout de particulier ici, hormis l'odeur de cette Ratina. Alors qu'une personne entrait dans la salle Chester resta muette comme une carpe.Le surnom que la dite Ranita venait de lui attribuer «  l'esprit du goûter » lui plaisait. Après cette remarque Chester observa avec plus d'attention la femme rousse. Elle portait un vêtement très joli, très fin et aussi... Chester se mit à rougir. Elle qui, depuis son plus jeune âge, n'avait jamais eu de préférence pour les mâles dit alpha, mais plutôt pour les douces chattes de son village, était troublée. Chester se rendit compte que la rousse était nue sous son habit. Pour le coup, voir les formes sous le fin peignoir qui laissait largement entrevoir les formes volumineuses de la grenouille. ne déplaisait pas à la femme-chat.

Si Chester le pouvait elle lui aurait sauté dessus pour jouer avec elle. Mais pour le moment Chester devait retenir son instinct animal, et suivre discrètement les deux femmes. Mais Chester se posa une question, à laquelle la grenouille seule pouvait répondre. Chester accélérât le pas pour se placer juste à côté de Ranita pour lui chuchoter sa question.

— Chester se demande en quoi ce dîner est important. Chester est curieuse. Tu peux l'expliquer à Chester ?

Chester, pour une fois, était sérieuse et faisait preuve d'une discrétion qui aurait fait pâlir de jalousie un serpent. Mais le trio de femme approcha d'une grande porte qui s'ouvrit devant elles. Chester regarda la salle : il y avait plein de gens, et une voix attira toute son attention.

C’était celle de sa grande sœur. Le mot « maman » fit regretter à Chester d'avoir apprécié le corps de Ranita, la mère de sa sœur... Chester réalisa avec un temps de retard : SA MAMAN. Mais la plus grosse surprise était le visage de Zahn et sa réaction. Elle n'avait pas l'air très ravi de la revoir. Chester ne comprenait pas pourquoi elle ne voulait pas voir sa mère. Mais elle savait une chose. Elle se devait d’être aux côtés de sa sœur, de ses sœurs. Chester jeta un œil sur les personnes qui étaient à la table. Quand elle vit cette ignoble chat de salon à côté de ses sœurs, elle avança le plus discrètement possible. Elle ne pouvait laisser ses sœurs dans cet état, et encore moins à côté de ce sale matou moustachu !

Une fois entre ses sœurs Chester retira ses bras de ses longue manches, laissant en sortir des bras légèrement poilus avec des coussinets à chaque doigt, prenant d'un côté la main de grande sœur Zahnfee, et de l'autre la main de grande sœur Alice. Elle émit comme un léger ronronnement pour apaiser les esprits de ses sœurs.


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Alice au pays des merveilles
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Mar 17 Fév - 21:48
Alice se tint coi face aux évènements mais, yeux et oreilles grandes ouvertes, elle tâchait de glaner la moindre information. La Comtesse usait de termes plus loufoques les uns que les autres qui lui faisaient lever les sourcils, à tel point que ceux-ci manquaient de disparaître derrière sa frange. Qui cette femme pouvait-elle cacher dans sa cave ? L'Androïde espéra que le « prince charmant » (alias Ange) n'était pas le fameux invité mentionné. Le pauvre homme ne méritait pas cela. Même si « cela » demeurait flou dans l'esprit d'Alice, elle se doutait bien que la Comtesse ne jouait pas aux échecs dans ses caves.

Le récit de la Batrakhomuomakhía ne fit que confirmer les soupçons naissant dans l'esprit d'Alice. Posant son regard sur Raminagrobis, la jeune fille eut la conviction que, derrière la moustache, se cachait un gros matou. Il en avait les yeux, et l'attitude. Mais jamais, ô grand jamais, elle n'aurait cru que, sous la peau de Zahnfee, se cachait une souris. La jeune femme n'en avait ni l'attitude, ni le physique.

L'annonce des fiançailles poussa Alice à se lever d'un bond. Le visage de l'Androïde était blême, et son corps entier tremblait. Le piège venait de se refermer sur eux, leur liant les mains. Alice posa les siennes sur la table, sa main mécanique formant un poing qui alla heurter le bois dans un grand fracas.

« Zahnfee n'épousera pas cet homme ! Qu'il soit roi, grenouille ou crapaud, peu m'importe ! Il n'est pas digne d'elle ! »

Certaine que le roi d'Espagne était de mèche, Alice pointa un index accusateur dans sa direction.

« Allez vous trouver une comtesse, une duchesse, ou je ne sais quelle dame de votre pays ! Zahnfee mérite mieux qu'un crapaud dans votre genre ! »

La main de Chester vint alors agripper ses doigt de chair. Mais la colère faisait bouillir le sang d'Alice. Elle sentait que sa sœur était aussi réticente qu'elle devant ce mariage. Le regard de l'Androïde passait d'un convive à un autre, cherchant une nouvelle victime à haranguer. Ses prunelles finirent par croiser celles de Ranita. Sans même prêter attention au reste de l'assemblée, Alice se dégagea de la poigne de Chester et grimpa sur la table. Couverts et assiettes furent éjectés d'un grand coup de pied, ou finirent brisées sous ses pas. Alice marcha ainsi jusqu'à la chaise où se trouvait Vassilissa, se décalant d'un pas pour voir Ranita. La jeune fille croisa les bras, debout parmi les reliefs du repas.

« Et vous, quelle genre de mère êtes-vous pour laisser une femme décider du sort de votre fille à sa place ? Où étiez-vous pendant tout ce temps, pendant que votre fille errait de par le monde ? Où étiez-vous alors que son père abusait de sa gentillesse ? Mère indigne ! »

Ramassant une assiette, Alice l'envoya sur Ranita. L'Androïde se saisit ensuite d'un verre de vin, encore plein. Sous la surprise générale, l'Androïde pivota et envoya son projectile sur... Vassilissa.

« Sorcière-grenouille, hein ? Je m'en fiche comme de mon premier ruban ! Laissez-nous partir avec Zahnfee et tout ira pour le mieux ! »

Alice se saisit d'une bouteille et la tint devant elle, tel un mousquet.

« Je ne vous laisserais pas l'emprisonner. »



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Ange
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Jeu 19 Fév - 9:45







Le couvert qu'Ange tenait dans la main glissa sur le sol de la cave avec un tintement qui résonna dans toute la pièce et il vint couvrir nez et bouche de son gant sombre. Il s'était douté d'autre chose que du vin, l'idée de cachots lui avait même traversé l'esprit à un moment...mais le français n'aurait pu imaginer tomber sur une scène aussi humiliante et sanglante.
Il avait toujours été préservé de la toute violence, il connaissait les choses sans les avoir vues et n'avait jamais rien confronté de plus que quelques coups de la part de son père ou certains de ses anciens amants. Cela lui avait déjà paru terrible sur le moment mais il savait que c'était bien peu par rapport à ce que recelait le monde.
Les livres d'histoire parlaient des tortures, certes, mais n'évoquaient jamais l'odeur de la douleur. Celle du sang à demi coagulé, de la sueur et de Dieu sait quoi qui en rajoutait à l'horreur.
Mais il fallait dire que le petit marquis n'était pas de nature très vaillante pour certaines choses. Les seuls cadavres qu'il ait jamais vu étaient les décès qu'il y avait eu dans sa famille. Joliment habillés et maquillés, paisibles dans leur cercueil.

L'homme qui avait remarqué la présence d'Ange lui dit en espagnol mais d'un accent qui venait indéniablement de la France :

C’est donc vous qu'on a envoyé pour me chercher. Je ne vous imaginais pas comme ça

Le ton badin qu'il avait utilisé choqua le patriarche. Il avait de la peine à concevoir que l'on puisse se montrer aussi détaché dans une pareille situation.
Mais il y avait autre chose qui le troublait chez le prisonnier. Une impression de familiarité, comme s'il le connaissait depuis bien longtemps. Ce qui était ridicule.
Retrouvant sa voix, le marquis répondit dans sa langue natale tout en s'approchant :

— Je ne suis pas censé être là, je ne suis entré que parce que le garde s'est éclipsé. Seigneur, mais à quoi joue donc Vassilissa...

Arrivé à un pas de l'homme, le malaise d'Ange s'était accentué. Il avait toujours été très observateur à défaut de pouvoir beaucoup agir, et il avait vu ces yeux d'un noir d'obsidienne, cette bouche et ce nez assez souvent pour ne pas les oublier.
Ça faisait à la fois plus d'un siècle et moins de dix ans.

— Madame d'Aubigné... délicatement, ayant presque oublié la situation devant l'étrangeté familière de la personne face à lui, Ange dégagea du bout des gants une mèche poisseuse qui barrait le visage du prisonnier.

— Maîtresse du Roi Jour selon les rumeurs. Avec du sang de fée dans les veines, ça avait fait polémique de son temps, ajouta-t-il dans un souffle avant que le bruit de plusieurs personnes se déplaçant de façon peu discrète ne vienne l'interrompre.

C'était trop, le garde avait-il déjà donné l'alerte ? Pas si vite tout de même...

Implorant en silence son compatriote pour qu'il ne le trahisse pas, Ange alla se réfugier le plus silencieusement possible derrière l'un des immenses tonneaux. Le plus éloigné de l'entrée et dont l'arrière était le plus sombre.

Et là, agenouillé dans l'ombre et les toiles d'araignées, il se demanda s'il venait de rencontrer l'un des bâtards de l'ancien Roi. Peut-être même l'unique.
Il pria aussi Dieu de ne pas se faire remarquer.
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Bloody Tee
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Jeu 19 Fév - 12:43
- Sachez mon petit, que je ne suis pas Duchesse, mais Comtesse. Lors qu'on se targue de mentir, on apprend à le faire bien. Votre requête n’est pas acceptée, vous m'en voyez fort peinée pour vous.

Saleté... Duchesse, comtesse, que le Diable emporte ce sale crapaud! Je venais d'être humilié à même la scène, piégé par un simple mot, un pauvre mot! Presque déshabillé, les entailles profondes et ma brûlure furent révélées pour encore plus m'enfoncer, comme si mon infime erreur n'avait déjà pas suffit à certifier au crapaud que j'étais l'auteur de cette lettre... Ce n'était plus la peine de jouer, ce rôle était tout aussi bien fichu que l'étaient mes vêtements.

- La puérilité de vos menaces, me laissent à penser que vous ne savez pas à qui vous vous frottez. Pauvre chéri...

Et ces lunettes que j'avais pris le temps de me faire fournir "légalement" par Ancolie... Saleté! Mettre un coup de la plus grande violence à cette horreur qui ne cherchait qu'à m'humilier dans mon erreur m'aurait offert l'extase, mais les gardes ne souhaitaient en rien me permettre le moindre mouvement...

- Emmenez-le à la cave. Ça fera un peu de compagnie à notre autre "invité".

La cave, il ne manquait plus que cela. J'avais tout de même voulu lâcher un sourire pour parfaire le rôle du dévoué à sa cause qui se savait maintenant cuit, et je n'avais pu me retenir de le laisser s'échapper sur mes lèvres. Oui, maintenant je ne jouais plus le rôle du domestique, mais celui de l'assassin démasqué! L'assassin qui avait tenté de porté atteinte au roi d'Espagne, et rien d'autre... Il y avait après tout du bon dans cet échec!

Je ne montrais aucune résistance, si ce n'était ce simple sourire. L'on me traîna dans les couloirs que je n'avais pas eu le temps de visiter et dont je tâchais d'imprimer l'image dans mon esprit, chose qui me serait utile pour pouvoir plus tard m'y retrouver sans avoir à finir dans les cuisines par pur hasard... Je comptais bien faire de ce mot plus tôt mal choisi le seul bémol de la soirée.

Le pas militaire était pénible, rapide, bruyant, mais silencieux. Il ne leur arrivait jamais de parler? Les gardes bien entraînés se montraient d'un ennui grandiose, ce sans exception. Pourquoi tout devait être si peu délirant dans le milieu clinquant et mondain? Les "grands" auraient dû s'en suicider rien qu'à l'ennui qu'ils y vivaient chaque jour... A moins peut-être que les histoires pitoyables qu'ils créaient ici et là arrivaient à contenter leurs esprits de riches.


La cave, enfin. Du moins, pour le moment, une trappe. Sans traîner, l'un des garde l'ouvrit pour permettre aux trois autres de me pousser avec eux dedans, celui se trouvant derrière moi n'hésitant pas à me donner un coup de coude assez violent pour m'ordonner d'avancer. Nous pénétrions donc dans cette fameuse cave dont mes yeux scrutaient chaque recoin, se posant bien vite sur l'homme tuméfié qui se trouvait là, seul, et adorablement bien présenté. J'avais moi même honte d'être montré à un tel spécimen à chemise ouverte, c'était un affront pour une personne si précieuse que moi de me forcer à dévoiler ma poitrine ainsi!

« C'est qui lui? »

Je n'obtins pour réponse qu'une poussée contre l'un des piliers de soutien face auquel on me força à m'asseoir, le tout avec la douceur et la finesse d'un marteau. Tant qu'ils étaient là, il valait mieux faire profil bas, même s'il se fichait bien de tout ce qu'on aurait pu leur dire... Ils me lièrent au pilier à l'aide de cordages qui entourèrent mes mains, puis ils terminèrent en attachant le milieu et le bas de mes jambes. Pressés, ils ne perdirent pas plus de temps avec moi, se contentant de quitter les lieu pour très certainement retourner à leur poste, et peut-être bien en appeler un en face de la trappe...

Dans l'odeur nauséabonde des lieux, je pris une grande respiration pour enfin faire apparaître mon seul sourire véritable, celui qui savait dévoiler tout mon amusement. Je ne pouvais que faire cela, sourire, sourire! Des gloussements filèrent même entre mes lèvres; le crapaud venait à son tour de commettre une bien grosse erreur.

« Arsène, je ne pensais pas vous trouver ainsi accoutré! Mais vous êtes plutôt bel homme je dois avouer, si cela vous rassure... Enfin, nous n'avons pas plus le temps de discuter. »

Je tentais sans plus attendre de me défaire de mes liens, cherchant le nœud de la corde qui entourait mes bras et m'attachais au pilier, mais il n'était là en rien une tâche aisée... Même si j'arrivais à le trouver, je savais bien qu'il ne serait pas des plus simples à défaire, si ce n'était même infaisable pour moi.

En dernier recours, je pouvais toujours me casser un poignet.

« En fait, nous avons tout notre temps, celui qu'il me faudra pour ôter ces foutus liens... »

Et moi qui comptais arriver tel un héros, la princesse sauvant le chevalier, je me trouvais bien embêté...
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Rey de Marisma
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Mer 25 Fév - 0:16
Spoiler:
 

Rappelons la "joie" procurée après l'attentat de la Toussaint.


Échec cuisant ou incroyable preuve de sa volonté de survie. Il laissera sa marque physiquement et moralement.
Le Roi Grenouille rira toujours, mais peut-être sera-t-il plus jaune que vert d'espoir.
Qui sait ?
Cela le réduirait-il à renoncer à ses idéaux ?
Ahah ! Quelle question !

Au milieu de tout cela une rose entourée de ronces.
Rappelons la "joie" de la danse (de ce soir).


Prévue ? Oui, bien que les circonstances étaient quelque peu différentes de celles envisagées : il ne pensait pas rencontrer une quelconque "soeur d'adoption par marraine", mais un tel phénomène semblait exister et être des plus rebelles. De quoi ravir le plus parfait roi limité à sa condition de monarque (suivant une vois prescrite et ennuyeuse ?). Ahah ! Quelle question ! Dans tous les cas, il fallait reconnaître qu'il avait si peu eu l'habitude de montre d'affection de sa part, qu'il était agréabement etonnant d'en recevoir en pareille circonstance. Et en pareil cas, il fallait toujours survivre et sourire.

Il s'agissait de remercier les roseaux qui avaient d'abord caché les prédateurs du crapaud, puis le crapaud lui-même.
On avait appris.
Il lui sourit donc en la prenant par le bras. Marraine à la main du roi se laissant guider dans les frasques des gens des autres classes, inconnus, la jeune Zahnfee par exemple accompagnée d'un étrange personnage gracile et moustachu (il garda pour plus tard l'idée qu'il avait sur le personnage), quelques huluberlus dont la jeune androïde aux atours qui semblaient crier l'appartenance à une classe sociale hors du propos de cette soirée, et enfin l'éternelle inconnue trop connue... aussi belle que glaciale et tempétueuse, à vrai dire.
Rappelons les "joies" de la table


Parfait figurant.
Sa chère marraine semblait s'amuser comme si elle était retournée dans ses plus jeunes années (soit, avant d'avoir le jeune prince indiscipliné sur son dos), et il ne voyait pas une utilité immédiate à intervenir, il y avait trop de chose à remarquer par ailleurs...
Comme le fait que personne ne semblait content d'être là, à part la reine des lieux et le moustachus.
Pions. Le sentiment d'êtres l'un d'eux et d'attendre une alarme qui sonnerait l'ordre des mouvements désordonnés de chacun des pions présents dans la pièces était omniprésent. Il voulut avertir d'un regard ce qui se rapprochait le plus dans cette salle d'une coéquipière et qui n'était nulle autre que son amante avec un coup d'oeil éloquent, l'avantage d'avoir toute une partie du visage sous des rouages étant qu'en exposant ce profil rendait impossible de suivre son regard.

Peut-être devrais-je m'inspirer de vos étonnantes capacités, ma chère marraine, puisque vous semblez avoir fait avorter une bien sinistre affaire,
dit-il avec une certaine absence, attrapant au vol, dans un battement de paupière, le contenu de la lettre laissée sur la table finit de l'en persuader.
Une "sinistre affaire" contre sa personne.
Ou bien il devenait paranoïaque ou bien accordait-il à sa personne trop d'importance qu'elle n'en avait pour croire qu'il y avait définitivement bien trop d'actes mortels dirigés contre lui, ou bien il s'agissait là d'un fait indiscutable. Il avait une âme profondément marquée par les sciences. C'était donc un fait, telle était sa conclusion. Il était devenu une cible de prédilection. Il réprima une envie de hausser les épaules : il était arrivé à la même conclusion à la Toussaint, rien n'avait changé, c'était la même histoire (et le même acteur, bien qu'il n'en sache rien), c'était à lui de changer cela dans les mois à venir.

Assis là où il devait se trouver, Felipe prit soin de noter que ce dîner pouvait remplir deux des trois arguments pouvant l'obliger à considérer un repas trop ennuyant pour ne pas bénéficier de sa présence et être réduit à un plateau dans son bureau, atelier, bain et autres partie du palais où il pouvait se trouver... ce qui incluait parfois le lit. Tout d'abord, les invités semblaient assez diversifiés d'origines et de caractères pour pimenter une réunion mondaine, ensuite l'hôte en lui-même était assez original pour promettre des surprises, le tout aurait été parfait, si, en dernier lieu, cela avait été lui, le fameux hôte.
Comme cela n'était pas le cas, il était contre son étique de voler la vedette, cela revenait à faire le travail d'autrui, pire, lui enlever le plaisir d'assumer ses choix et rebondir sur les péripéties.

Loin d'être passif cependant, il observait avec minutie ce qu'il se passait, et il n'était pas question de fermer les yeux sur les "péripéties" qui le concernait directement. Alors que Ranita faisait son entrée, et qu'il se satisfaisait par la même occasion d'être déjà assis en entendant "Maman", que ses méninges connurent un de ces rares moments où elles ne se noyaient plus dans la vapeur de leur échauffement, arrêtées de façon nette, gelées... Son visage impassible ne laissa voir aucune émotion tandis que sa main se crispait légèrement sur l'accoudoir de sa chaise.
Une autre histoire de fiançailles ? Ranita ? Maman ? Une autre histoire de fiançailles ? Et, pire que tout, cette batramuomachia qui revenait s'amuser avec sa vie, ses projets, sa patience.
Fronçant l'unique sourcil visible à la remise en marche de la locomotive qui lui servait cerveau, il crut entendre cracher les moteurs tandis que les morceaux s'imbriquaient. Les petits sacrifices, les petits tours, les requêtes, le choix de proposer la quête-même d'aller chercher l'étrangère blonde aux plus grands criminels à bord d'un dirigeable, et non à lui... Il n'aurait pas été avantageux que le roi récalcitrant au mariage, futur fiancé selon les désirs de la Grande Vassilissa, ait en sa possession sa protégée et soit en droit d'en faire ce qu'elle souhaitait.

...
Si seulement il avait su plus tôt qui elle était !
Mais il n'en avait eu vent, même de la part de Yama.
Et la situation était là. Critique.

Le premier élément capable de rendre un dîner rocambolesque (à savoir, des invités peu communs) se manifestait en la personne de l'androïde qui envoya valdinguer vaisselle et plats. Étant en bout de table, le roi se donna la peine de reculer son siège d'un mètre, puis s'accouda, effleurant son menton avec un air absent plutôt inquiétant.
Ce n'était pas dans ses habitudes.
« Zahnfee n'épousera pas cet homme ! Qu'il soit roi, grenouille ou crapaud, peu m'importe ! Il n'est pas digne d'elle ! »
La réplique sonnait clair comme un son de cloche dans sa tête, tandis qu'elle se répétait... à l'attendre, on aurait dit qu'il était parfaitement consentant. À croire que personne ne se souciait réellement de son avis quand on parlait de mariage.

Au douzième coup (et quelques verres, qu'il aurait été incapable de dévier à cette distance, et injures jetés en l'air plus tard) :
Si je puis me permettre d'émettre l'humble avis d'un roi amphibien, bien sûr il allait se le permettre, ce n'est pas la première fois que l'on me tente de me fiancer... par exemple, un sourire tordit étrangement ses lèvres, à une jeune grenouille qui se trouve également dans cette pièce et qui se révèle finalement être... en fait il avait encore du mal à y croire, la mère de cette femme que vous défendez avec une ardeur qui ne sied guère au lieu, bien qu'elle soit d'un naturel assez louable, il laissa son regard se perdre dans le vague avant de fixer intensément l'Androïde, dont il ne connaissait pas le nom. Je n'ai jamais accepté cette proposition... Séñorita ... ? et aujourd'hui encore, cette fois il regarda sa marraine, je n'avais pas donné mon accord.

Mais il en comprenait les ressorts. Contrôlant la certaine confusion qui envahissant son esprit concernant certaines valeurs sûres qu'il assimilait à certaines personnes de son entourage, il se leva, étonnamment tranquille.
Au moins, sa visions de sa marraine n'était pas prête de changer et ce fut d'un ton assez sombre qu'il lui demanda :

Est-ce qu'au moins vous avez mis Señorita Fatina au courant de ce qu'était la batramuomachia ?

À vrai dire la question pouvait paraître très secondaire, mais c'était sous-estimer l'essentiel.

Spoiler:
 
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Yama Albadune
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Ven 27 Fév - 23:30

Les événements s’étaient succédés à une vitesse effarante alors que Vassilissa enchaînait coup sur coup, révélation sur révélation. Figée à la place qu’on l’avait invitée à prendre, la Capitaine Albadune n’avait aucune idée de quoi faire, comment réagir. Elle jeta un regard au mousse qui lui faisait face, mais Hawkins semblait tout aussi déconcerté. Tout ce temps, des questions d’ordre divers filaient à travers l’esprit de la pirate : comment des animaux pouvaient-ils "dépasser leur état bestial", comme l’avait dit Vassilissa ? Que venait faire Ranita ici ? Et surtout... pourquoi ne se sentait-elle pas catastrophée devant l’annonce des fiançailles de son amant et de son amie ?

Les deux appellations, pensées machinalement, firent cesser le flot de ses pensées. Elle jeta un coup d’oeil étrange aux fiancés. La réalité se rappela à elle comme une descente de morphine : Felipe n’était plus exactement son amant. Plus depuis la Toussaint maudite.

L’intervention brutale d’Alice mit fin à son état de stupeur. Par pur instinct, elle se recula, évitant ainsi une fourchette qui manqua - ironie - de l’éborgner. Son regard passa d’Alice à Ranita, s’attardant très brièvement sur Felipe alors qu’elle se levait. L’androïde réagissait avec coeur, mais manquait de pragmatisme : c’était dommage, car Yama avait promis de la protéger. C’était ce qu’elle comptait faire, malgré le fil à retordre que la demoiselle était en train de lui donner.

Avec rapidité, la pirate se leva et longea la table, arrivant au niveau de l’androïde et du roi qui, debout également, venait de poser une question. Elle le poussa avec une maladresse inhabituelle pour se rapprocher de l’androïde, qu’elle saisit par son bras métallique avant de la tirer sans ménagement vers elle. Debout ainsi sur la table, Alice faisait une cible idéale, absolument voyante : usant de sa force nouvellement retrouvée, la criminelle la fit descendre et s’avança, se plaçant entre elle et la maîtresse de cérémonie. L’ironie de la situation la fit grimacer alors qu’elle se rendait compte de sa proximité avec le Roi.

Élan de lassitude. Bien qu’elle soit prête à faire usage de ses armes, la nouvelle Comtesse se contenta de joindre ses mains en une série d’applaudissements lents, amèrement polis.

- J’imagine qu’il nous faut féliciter les mariés ?

Ses paroles sonnaient faux, contrastant terriblement avec la froideur de son attitude, l’éclat de son regard. En réalité et malgré son état d’alerte, Yama restait femme d’action : elle ne comprenait pas grand chose de ce qui se jouait et ne préférait pas questionner ses émotions. Tout ce qui lui importait, c’était que tous s’en sortent indemnes. Certes, elle risquait d’y laisser des plumes, mais elle avait fini par en avoir l’habitude.
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Zahnfee V. Edelstein
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Dim 1 Mar - 13:23
Ange vit Arsène contracter la mâchoire alors qu'il soulevait délicatement les cheveux entravant son visage. Il avait beau jouer d'une belle contenance, sa souffrance ne faisait aucun doute. Il s’astreignait à conserver une expression égale en toute occasion. Pourtant lorsque le blond prononça son véritable nom de famille, il eut une expression de surprise involontaire. Une fissure dans sa composition. Personne n'avait plus prononcé le nom d'Aubigné depuis des lustres. Sève d'Aubigné, sa grand-mère avait fuit la France juste avant le Grand Sommeil, emportant avec elle sa honte, son amour désespéré et son fils. Il portait d'ailleurs le nom de son père, mort trop tôt et ce dans la misère la plus complète. Il était Arsène Martes depuis si longtemps que la vérité lui semblait simplement irréelle.
Raccommodant son masque, il offrit un filet de sourire à son interlocuteur.

- Un sang-bleu endormi, voilà qui est incongru...

Leur échange fut interrompu par l'arrivée en fanfare de plusieurs gardes encadrant un hurluberlu vociférant. Bien en fit à Ange qui profita des gesticulations du nouveau prisonnier pour se dissimuler plus facilement. Son « C'est qui lui? » n'éveilla chez les soldats qu'un énervement exacerbé et un manque de vigilance. Ils mirent plus d'entrain à le ligoter avant de vider la pièce. Leurs talons martelèrent les planches au dessus de leurs têtes. Des éclats de voix leur firent comprendre que le gardien ayant abandonné son poste se faisait sévèrement tancer. Désormais un acolyte lui serait assigné.

-Arsène, je ne pensais pas vous trouver ainsi accoutré! Mais vous êtes plutôt bel homme je dois avouer, si cela vous rassure... Enfin, nous n'avons pas plus le temps de discuter.

Il lutta quelques minutes avec ses entraves avant d'ajouter :

- En fait, nous avons tout notre temps, celui qu'il me faudra pour ôter ces foutus liens...

Arsène observa l'étranger.

- Peut-être demander au nobliau caché derrière ce baril de nous porter secours ? Je ne connais même pas votre nom, jeune homme. Cela dit, hâtons nous : la "Diversion" a du commencer.

Intenvention MJ pour la "Team Cave":
 

***

- Ce sera le dernier...

Ranita eut juste le temps de souffler ces quelques mots à son étrange compagnon invisible avant d'être abruptement jetée dans l'arène du diner. Elle observa tous les convives de ses grands yeux verts limpides. L’atmosphère était étrangement tendue. La digestion peut-être ?
Elle chercha Ange des yeux, ne le trouva pas, mais croisa le regard borgne de Felipe et les amandes sombres de Yama. Elle s'autorisa un petit coucou de la main avec un sourire confondant d'innocence.

"Maman...."

Une jeune femme blonde s'était levée si brusquement que sa chaise en avait chut. Elle l'observait fixement avec une expression sidérée, terrifiée même. Ranita regarda derrière elle, mais comprit soudain que c'était à elle qu'on s'adressait. Elle battit des cils sans comprendre et son regard glissa var la Sainte Vassilissa comme une interrogation muette.
Mais la seule réponse qui lui fut offerte fut l'explosion de colère d'une jeune fille brune, de fureur et de métal. Elle grimpa sur la table, insulta la Sorcière-Grenouille, puis commença à lui jeter de la nourriture en visage. Un plein plat de purée de marrons alla s'écraser dans sa rousse chevelure. Par réflexe, Ranita plongea son index dans la mixture maculant sa tête et sa robe et le porta à sa bouche.
C'était incroyablement délicieux.

Profitant de l'incartade, Raminagrobis s'était glissé silencieusement derrière Zahnfee comme une ombre menaçante.
Les gardes entourant la table s'approchèrent, resserrant les rangs autours de l'infâme trublion, cette androïde dégénérée. Mais la main tendue, une expression de calme glacé plaqué sur le visage, Vassilissa les maintenait à distance, figés. Il s'en fallut de peu pour qu'elle ne lâche les chiens lorsque le vin vint tacher de pourpre sa magnifique robe crème. Ce fut son filleul qui la ramena brusquement à la raison. Faisant preuve d'une maitrise olympienne, il désamorça la fureur grandissante de sa marraine.
L'Albadune acheva de lui faire regagner ses sens avec une attitude digne de son héritière. Oui, elle n'avait pas fait de mauvais choix. Les pièces de cet échiquier étaient de choix et de son coté. Raminagrobis se joignit lentement aux applaudissements de la pirate, suivi par Ranita qui ne voulais pas être en reste mais qui n'avait rien compris. Les gardes restèrent néanmoins là, encadrant étroitement chaque convive.

- Merci pour eux, ma chère Yama, même si techniquement ils ne le sont pas encore
, fit la comtesse en attrapant une nappe et en s'essuyant lentement le visage. Lorsqu'elle se fut épongée, son sourire urbain était revenu. Non Ma chère Zahnfee ne sait encore rien de nos usages. Elle a été maintenue à l'écart pour sa propre sécurité, à l'écart même de sa propre magie. Ce qui me force a accélérer le cérémonial de ce soir, d'ailleurs...


La sus-nommée eut enfin une réaction.

- Je.. je ne comprends pas. Maman est morte ! Qui.. qui-est-ce ? Pourquoi lui ressemble-t-elle ?

- Ah, fit sa marraine avec une pointe de condescendance. Évidemment que ta mère est morte, ne soit pas sotte.

Avec superbe, elle se dirigea vers Ranita et la débarbouilla comme elle l'aurait fait avec un petit enfant. La grenouillette se laissa faire avec une ferveur et un amour immodéré dans le regard. Elle ronronnait presque.

- Cette demoiselle n’est pas ta mère. Mais que veux-tu je suis une sentimentale... Lorsque ma chère Tanfee est morte, je ne pouvais me résoudre à sa disparition. Alors quand la maman de cette pauvrette est venue à moi en me suppliant de sauver sa fille qu'elle avait gavée comme une oie pour la marier à un boeuf, j'y ai vu l'occasion de rendre à mon amie un dernier hommage. J'ai cousu une peau d'homme en usant des lambeaux du cadavre de notre chère Tanfee.

Vassilissa caressa les cheveux de Ranita avec une affection écœurante.

- Tu as quoi... balbutia Zahnfee, pâle comme la mort.
- Je sais, je sais... Taxe-moi de nostalgique. Néanmoins Ranita a été le meilleur stratagème que j'ai trouvé pour cacher le plus précieux de tous les trésors...

D'un mouvement précis et sec, Vassilissa ouvrit le peignoir chinois de Ranita dévoilant sa complète nudité. Le vêtement tomba au sol dans un bruit soyeux. La petite rousse était toute en rondeur et en tâche de rousseurs. Mais au milieux de sa carcasse, courant du milieu de sa poitrine jusqu'à l'aine, se trouvait une terrible cicatrice.
Une marque de couture.
Raminagrobis saisit Zahnfee fermement par la taille, lui coinçant les bras derrière le dos pour qu'elle ne puisse pas s'enfuir. Il la fit avancer devant lui avec rudesse jusqu’au niveau de la Comtesse.
Vassilissa sourit tendrement à Ranita.

- C’est l'heure mon enfant. Es-tu prête ?
- Oui, Ô très Sage.
- As-tu pu profiter de cette vie ?
- J'ai retrouvé Felipe, je me suis fais des amis, j'ai mangé beaucoup de choses nouvelles et délicieuses. Je ne pouvais pas rêver vie meilleure.
- Bien.
- Vous direz à Ange de ne pas m'oublier ?
- C'est promis.


Ranita ferma les yeux. Vassilissa prit une inspiration. La cicatrice luit, faisant briller des fils invisibles sur la peau constellée de sons. Son visage parut soudain plus grêlé, plus marqué par la vieillesse. Les coutures sautèrent une à une à mesure qu'elle arrachait le fil magique. Lorsque la fissure s'ouvrit, béante, elle y plongea la main et fouilla profondément dans la cage thoracique de la rousse. Ranita s'affaissa brusquement et vacilla en arrière alors que Vassilissa retirait un petit objet rond de son corps. La grenouille tomba mollement sur le carrelage de marbre. La chair et le sang reprirent leurs droits et se rependirent tout doucement autour de sa silhouette de plus en plus pâle. Elle ne put qu'assister, sa vie la quittant peu à peu, à la suite du processus.

Vassilissa brandit un oeuf.
Un simple oeuf.
Ses mains s'étaient considérablement ridées et son regard cerné de cernes disgracieuses. Mais elle souriait, elle souriait de ravissement et peut-être un peu de folie.

- Voici ton héritage, Zahnfee, voici ce dont ta mère et moi t'avons privé il y'a si longtemps, faisant de toi cette chose incomplète, cette carcasse vide.

Elle s'approcha de la confiseuse dont le duc releva la gorge, la forçant à ouvrir la bouche. Vassilissa broya l'oeuf et la poudre de coquille se mêla à son contenu : une bulle de lumière iridescente qui une fois libérée se jeta comme une goulue entre les lèvres d'une Zahnfee tétanisée. Les témoins virent la chose éclairer de l'intérieur la trachée et le thorax de la jeune femme qui poussa finalement un râle de souffrance. Sa peau brulante força Raminagrobis à la lâcher.
Les mains libres, elle se mit à hurler en titubant. Sa plainte n'avait plus rien d'humain. Elle chuta au pieds de Vassilissa en se grattant la poitrine jusqu'au sang. Elle finit par se recroqueviller sur elle même en gémissant.

- Félicitations, Zahnfee. Tu es redevenue une fée, fit froidement la comtesse.

Intervention MJ "Team salle à manger":
 
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Le chat du Cheshire
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Dim 1 Mar - 18:44
Chester ne comprenait pas tout ce qu'il se passait. Mais les actions de ses sœurs en disaient long entre Alice qui lançait tout ce qu'elle avait sous les mains, et Zahn qui criait juste à côté d'elle. Chester comprit que tous ici étaient des personnes qui ne devaient pas toucher sa famille. Dont cette femme aux forme défiant la gravité, qui applaudissait comme pour approuver ce qui se passe ici. Seul l'homme semblait contre ce qu'on lui imposait.

Il y avait cette femme que Chester venait de rencontrer. Mais surtout cette maudite femme, cette »Vassilissa ». Elle parlait bizarrement, elle agissait bizarrement. Chester n'aimait pas du tout cette femme.

Mais tout s’enchaîna à une vitesse folle. Chester ne vit même pas le gros matou de salon aller dans le dos de sa sœur, et la forçant à avancer. Chester allait avancer pour stopper tout ça mais une lumière vint captiver son regard. Elle ne put que regarder la scène qui se déroulait devant elle, impuissante, comme si cette lumière l'avait cloué sur place. Jusqu’à ce moment où cette sale femme mit cette lumière doucement dans la bouche de Zahn. Chester vit le plaisir sur le visage de cette vielle ridée qui se présentait devant eux. Un sourire que même Chester n'aimait pas. Elle voulait lui faire ravaler son sourire avant de partir d'ici.

Mais les cris résonnèrent dans la tête de Chester, la libérant de l'emprise de ce détestable spectacle. Des cris de douleur qui résonnaient encore et encore. Chester avait le regard plein de haine et de rage.

Chester, qui était resté invisible, sortit une fiole de sa poche et l'apporta à ses lèvres. Si quelqu'un pouvait la voir il verrait l'image de Chester se troubler pour laisser apparaître une seconde elle. Une deuxième Chester du Cheshire qui possédait la même capacité d'invisibilité que l'originale.

Une double d'elle qui venait de naître pour une seul chose : protéger sa sœur Zahn. Chester confia un petit objet à son double. Elle devait le remettre à Zahn au plus vite.

Chester, quant à elle, avança, laissant tomber sa capuche sur ses épaules, laissant apparaître un visage empli d'envie de meurtre, mais toujours invisible aux yeux des autres. Ces personnes qui faisaient souffrir sa grande sœur allaient devoir payer de leur vie. Mais pas dans une mort rapide. Elle les lacérerait de toutes parts, doucement, après les avoir rendus dans l’incapacité de bouger, brisant les os de leur membres. Oh oui Chester voyait rouge et n'allait pas tarder à libérer toute cette rage qu'elle essayait de contenir pour ne pas être vue.

Une fois arrivée dans le dos de Raminagrobis, Chester ferma les yeux avant de placer son corps aussi près que possible de celui du chat de salon qui était là. Chester fit ré-apparaître son corps tout entier. Chester fit un bond rapide sur place pour atteindre la hauteur adéquate, pour passer sa patte devant le visage de Raminagrobis. Elle sortit ses griffes subitement et trancha le visage du vieux moustachu grincheux, le forçant à poser un genou à terre.

— Voilà ce qui se passe quand on s'attaque aux personnes qui sont chères au « petit chaton ». Vieux gros chat de salon !

Chester leva la patte devant son visage, léchant doucement le sang sur ses griffes. Elle regarda de haut Raminagrobis, le défiant du regard. Elle n'attendait que ça, de laisser libre cours à la rage bestiale qui était en elle, à l'animal qu'elle était. Tous les poils de son corps étaient dressés pour essayer de dominer le mâle alpha qu'elle avait en face d'elle. Même ses cheveux étaient comme des poils raides.

— Au moins ton sang lui est agréable !

Pendant que Chester avait enfin réussi à attirer l'attention de Raminagrobis, son double s’était faufilé, avec un peu de mal. Mais personne ne l'avait remarqué.

Chester, le double, s’accroupit à côté de Zahnfee. Le double de Chester était perturbé de voir sa sœur dans cet état de douleur. Chester lécha légèrement la joue de Zahn comme pour essayer de soigner quelque chose d'invisible. Mais rien à y faire. Sa sœur souffrait. Elle était impuissante, ne savait pas quoi faire. Le double de Chester prit la main de Zahnfee et plaça, dans cette main, le petit écrin contenant la dent, et chuchota quelques motss à Zahn.

— Ma pauvre sœur. Chester ne sait pas comment faire partir ta douleur. Chester ne supporte pas de te voir souffrir de la sorte. Mais Chester a trouvé cet objet que Chester pense être pour toi.

Chester prit sa sœur dans ses bras sans pouvoir en faire plus. Le double pouvait être invisible mais n'avait pas beaucoup de force et ne pouvait pas fuir avec Zahn. A la place elle ferait barrière avec ce piètre corps si besoin pour protéger sa sœur. Elle garda la tête de Zahn contre sa poitrine et caressa le dos de sa sœur, ne sachant pas comment l'aider autre que comme aider un chaton souffrant.

— Tout va s'arranger. Chester te le promets. Chester et Alice te feront sortir d'ici. Crois en nous, en ta petit famille, en tes petites molaires.



Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Dim 1 Mar - 22:54
Le calme affiché du roi laissa Alice comme deux ronds de flancs. La jeune fille fit face au souverain et l'écouta. A son interrogation, elle chuchota même son prénom. Le roi d'Espagne venait de dompter la bête, de canaliser sa rage. La demoiselle s'inclina même face à lui, en une courbette gracieuse. Même si ses pieds étaient maculés de nourriture et de vin renversés.

« Je ne savais pas. Veuillez excuser... mon audace. »

Mais pas sûr que la Marraine, elle, passe l'éponge sur l'affaire. L'étau des gardes se resserrait signifiant à l'Androïde qu'on l'avait à l’œil. Par son attitude, elle avait clairement allumé la mèche d'une bombe qui n'aurait pas manqué d'exploser si le roi d'Espagne ne l'avait pas, promptement, douché.

Une main glacée se saisit du bras de chair d'Alice, la forçant à descendre de son piédestal. Le profil de la nouvelle Comtesse se dessina à ses côtés. Froid et dur, à l'image d'une statue. Libérée de la poigne de la femme, Alice fit basculer la bouteille de sa main androïde à celle de chair. L'objet, qu'on avait omis de lui retirer, pourrait se révéler utile.

Les applaudissements sonnèrent, à ses oreilles, comme autant de coups de marteaux sur les clous d'un cercueil. Alice posa un regard dur sur la femme à ses côtés, ne comprenant pas à son geste. Mais son visage, sa voix, trahissaient une tension palpable. Cette femme de glace cachait-elle, en son cœur, un plan ? Un plan allant à l'encontre de celui de la grande marraine ?

Alice aurait voulu la questionner mais la scène reprenait, la pièce de théatre s'amorçait pour jouer le dernier acte.

Les pieds de l’Androïde demeurèrent scellés au sol, tout le long du processus. Elle ne put qu'observer ce qui advenait à Zahnfee. Cette marche forcée qui rappelait celle des condamnés à mort menés à l'échafaud et criant grâce. Alice ne put que crier en voyant sa sœur prostrée au sol, combattant contre un mal qui la rongeait.

- Félicitations, Zahnfee. Tu es redevenue une fée.

Une fée.

L'image du corps de Zahnfee devint floue, laissant un autre corps prendre sa place. Une forme familière, remontant à un temps séculaire. Alice voyait désormais sa propre mère, gisant à ses pieds, le corps perclus, ensevelie sous les pierres.

Le passé était-il condamné à se répéter ? Était-elle vouée à voir les êtres qui lui étaient chers se faire tuer, sous ses yeux ?

La main d'Alice se resserra autour du goulot de la bouteille. La jeune femme leva le bras, et abattit la bouteille à grand fracas sur la table. Les vibrations résonnèrent jusque dans ses os. Alice répéta son geste, le regard sombre, le visage fermé. La bouteille explosa. La partie que tenait Alice se finissait en copeaux tranchants.

Du coin de l’œil, Alice crut voir une silhouette aux côtés de Zahnfee. Une silhouette aux oreilles de chat. L'Androïde laissa s'échapper un soupir. Si Chester était auprès de Zahnfee, alors tout irait bien. Zahnfee pourrait s'échapper, quoi qu'il arrive.

La jeune fille savait que son idée était folle mais, après tout, n'était-elle pas une échappée de l'asile ?

Alice se mit à rire. Un rire frénétique, discordant. Elle n'allait pas pleurer. Les larmes ne lui allaient pas.

Je préfère ton expression de femme forte inébranlable. La fragilité ne te va pas.

L'Androïde poussa sur ses jambes et se mit à courir à la rencontre de Vassilissa. Elle avait vu la fée se flétrir après avoir usé de sa magie contre la rouquine. Mentalement, la jeune fille s'excusa auprès de la victime. Si Zahnfee n'avait pas été en jeu, elle aurait pu l'aider. Mais, ce qu'elle entreprenait de faire, ne lui laissait pas la possibilité de jouer les sauveuses.

La tête d'Alice percuta Vassilissa en pleine poitrine. Ses deux mains serrées autour du goulot, La jeune fille tenta d'enfoncer les copeaux de verre dans le ventre de la fée-grenouille. Le sang se mit à s'écouler des plaies. Si elle avait pu, Alice aurait enfoncé ses propres griffes dans le corps de la Comtesse.

« Ne sous-estimez pas les petites demoiselles, ô grande Comtesse ! »

Vassilissa accusa rudement le coup porté, et tomba même à terre. Alice avait relâché son arme, observant le corps à ses pieds. Était-ce tout ? Elle se doutait bien que non. Déjà la jeune fille se retournait, prête à faire face aux gardes qui allaient l'assaillir.



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Ange
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Mar 3 Mar - 22:46

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La voix du prisonnier que l'on amenait éveilla quelque chose en Ange, un sentiment familier. Aucun doute, il l'avait déjà entendue. Cependant, c'était un souvenir qui datait d'il y a longtemps, pas à cette réception ni en ce lieu. Toutefois, il était trop occupé à retenir sa respiration en priant pour qu'on ne le remarque pas (et que l'homme aux traits d'une femme du passé tienne sa langue) pour s'interroger davantage.

Des pas qui s'éloignaient, des éclats de voix en espagnol à l'étage et un rire à peine contenu, gloussement du bout des lèvres. Le français resserra brièvement ses doigts autour du petit crucifix d'or qu'il avait saisit à son cou avant de le lâcher. Pour une fois sa prière avait été exaucée, même s'il n'était de loin pas sorti du pétrin dans lequel il s'était fourré.
Il maudissait sa curiosité.

— Arsène, je ne pensais pas vous trouver ainsi accoutré! Mais vous êtes plutôt bel homme je dois avouer, si cela vous rassure... Enfin, nous n'avons pas plus le temps de discuter.

Oh oui, cette voix, définitivement familière. Cependant, le sentiment que le patriarche éprouva à son écoute fut loin d'être positif. Un brin de colère vint même se nicher en son ventre, au milieu de la peur qui restait néanmoins maîtresse dominance à l'instant.

— En fait, nous avons tout notre temps, celui qu'il me faudra pour ôter ces foutus liens...
— Peut-être demander au nobliau caché derrière ce baril de nous porter secours ? Je ne connais même pas votre nom, jeune homme. Cela dit, hâtons nous : la "Diversion" a du commencer.

Ange laissa échapper un soupir agacé, il n'avait guère envie de s'en mêler. D'un autre côté, il était déjà dans la fange jusqu'au cou, alors quitte à être damné...autant y aller avec application.

Et puis il était curieux de savoir qui diable était ce nouvel arrivant, il n'avait toujours pas réussi à replacer sa voix.
Se relevant, le petit marquis épousseta ses vêtements et poussa une exclamation vive et dégoûtée lorsque sa main chassa une grosse araignée noire qui avait entrepris d'escalader sa cuisse.
Voilà pourquoi il ne partait pas à l'aventure usuellement, les insectes étaient trop répugnants pour être côtoyés.

— J'arrive, j'arrive, une seconde.

Ils n'étaient plus à ça près après tout.

Contournant le tonneau, le français tomba face à face avec un visage indéniablement connu. Réellement cette fois, pas seulement la ressemblance qu'il avait vu chez l'homme dont il avait entendu qu'il se nommait Arsène.
La surprise première céda bientôt place au déplaisir.

— Vous ! Bloody Tee, Je me rappelle, espèce de monstre.

La créature en question avait eu les cheveux rouge à l'époque et une apparence très chimérique. C'était néanmoins les même éclats de verre qui pointaient de son torse dévoilé, les même yeux à l'éclat de braise ardente.

— Bon sang, avez-vous seulement idée de la valeur des meubles que vous avez abîmés ? Après vous être introduit dans mon château comme un voleur ! Restez donc à moisir ici. En plus le rouge vous allait mieux au teint que ce brun terne.

L'écarlate brigand avait aussi ligoté sa nourrice comme un saucisson dans la foulée, mais elle s'en était sortie sans dommage. Le fauteuil Louis XIII et la commode en cerisier ne pouvaient pas en dire autant.

— J'aurais du tirer quand je vous avais au bout de mon canon, ajouta-t-il en marmonnant.

Les yeux bleus d'Ange se portèrent ensuite sur le second prisonnier. Celui-ci était toujours aussi sale et couvert de plaies et il éprouva le même malaise que quelques minutes auparavant à le fixer. Cela ne tenait pas tant à sa nudité – même s'il accordait à Tee qu'il devait être bel homme sous la crasse et le sang – qu'à l'aura étrange qu'il dégageait. Et la façon dont il était ligoté évidemment. Écartelé comme un porc qu'on s'apprêtait à vider, offert sans la moindre retenu. La position devait être douloureuse, il ne parviendrait sans doute pas à marcher tout de suite une fois libéré.

La vérité s'imposa à lui. Il ne pouvait décemment laisser cet homme là mais tout deux n'avaient aucune chance de s'échapper seuls. Il allait devoir demander l'aide du monstre, quelle idée déplaisante.

C'est donc avec toute la mauvaise foi du monde que le marquis se mit à chercher des yeux quelque chose susceptible de couper les liens de corde épaisse. Il y avait bien une hache dans un coin, mais c'était un instrument tout de même un peu trop aléatoire pour le travail demandé. Peut-être un tesson de verre ? Sauf qu'il risquait d'alerter les gardes en brisant l'une des nombreuses bouteilles présentes dans la cave...

Oh mais bien sûr, le couteau dentelé qu'il avait volé sur le chariot de nourriture ! Où était-il ? Il se rappelait l'avoir fait tomber à la vision d'Arsène lorsqu'il était entré.
En effet, il était là, reposant sagement sur le sol de la cave. Heureusement, les soldats avaient été trop pressés et agacés pour remarquer celui-ci.
Il alla le ramasser puis se tourna vers Bloody Tee.

— Je suppose que nous avons tout de même besoin de vous.

Et puis Ange se serait sans doute senti coupable de laisser croupir quelqu'un de ce sous-sol. Peu importe qui, ou quoi.
Passant derrière la colonne, il commença à scier le plus rapidement possible les liens qui enserraient les poignet du monstre rouge. Dans l'empressement – et peut-être un peu exprès – son couteau dévia et vint entailler la paume du prisonnier.

— Quel maladroit je fais, je suis désolé, ronronna-t-il, un sourire étirant son charmant visage.

Encore quelques secondes et la Bloody Mary était libre.

— Réfléchissez à un plan pendant que je m'occupe de Monsieur Arsène, si vous êtes capable de ça.

S'approchant du dénommé Arsène, le marquis se laissa glisser sur ses genoux et se mit à la tâche avec plus d'application qu'il n'en avait eu pour l'autre prisonnier. Cet homme-là était déjà suffisamment charcuté ainsi.

Une fois la corde qui enserraient les pieds du français coupée (il avait commencé par les liens du bas pour d'évidentes raisons), Ange se dressa sur la pointe des pieds afin d'atteindre celle qui liait encore ses poignets. Pour une fois dans sa vie, il regretta ne pas être plus grand.
Déglutissant, la bouche soudainement sèche, il dit rapidement:

— Il n'y en a plus pour longtemps, je fais de mon mieux, je ne veux simplement pas vous blesser davantage.

S'il ne parlait pour ne rien dire c'était que, aussi concentré fut-il, il ne pouvait ignorer la présence présence oppressante de l'homme si proche de lui, même alors que celui-ci se trouvait en position de faiblesse.
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Bloody Tee
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Sam 7 Mar - 13:37
— Vous ! Bloody Tee, Je me rappelle, espèce de monstre.

Ah, ce bon vieil Ange... Toujours aussi imprévisible, à débarquer au moment où l'on s'y attendait le moins! La dernière fois, je l'avais cru incapable de se lever de son siège pour finir dans la mire de son arme, et maintenant voilà qu'il sortait de nulle part, dans cette cave. Au moins, il avait su se rappeler de moi, un honneur que de na pas être oublié!

— Bon sang, avez-vous seulement idée de la valeur des meubles que vous avez abîmés ? Après vous être introduit dans mon château comme un voleur ! Restez donc à moisir ici. En plus le rouge vous allait mieux au teint que ce brun terne.

Je pouffais. Des dires de nobles, quoi de plus agaçant? Tout de même, je ne pouvais qu’acquiescer le fait que ces couleurs vides ne m'allaient pas.

— J'aurais du tirer quand je vous avais au bout de mon canon

« Mais oui, mais oui... »

Ricanant, je le voyais ainsi se diriger vers Arsène. Il comptait vraiment me laisser attaché ici, à la prise des gardes, et je n'en attendais pas moins de lui. Il verrait, une fois mes liens détachés...

« Humph... Saleté... »

Malgré tout mes efforts, la corde ne voulait pas se dénouer, et jamais elle ne le voudrait. Il fallait vite que je m'en sorte avant qu'Ange ne trouve la première arme à feu qui lui tomberait sous la main... Ou le premier objet coupant.

Ce qu'il trouva assez vite pendant que je tentais de me libérer, d'ailleurs.

Me voilà en bien mauvaise posture... Ce qui ne m'empêchais pas de sourire. Moi, tué par le simple besoin de vengeance d'un de ces aristocrates auquel j'aurais fissuré quelques meubles? Quelle blague, surtout venant d'un Ange! Oui, une bonne blague, car il semblait que j'allais vivre encore quelques temps.

— Je suppose que nous avons tout de même besoin de vous.

Il commença à couper mes liens, sans manquer de me couper une main. La paume de ma main droite saignait, m'arrachant une grimace de surprise suivie d'un sourire nerveux.

— Quel maladroit je fais, je suis désolé.

« Entraînez-vous avec votre maîtresse, ça vous aidera. » Chuchotais-je un sourie en coin, à la limite de son audition.

— Réfléchissez à un plan pendant que je m'occupe de Monsieur Arsène, si vous êtes capable de ça.

Maintenant debout et libéré de mes liens, je crispais ma main droite en soupirant, la posant contre ma chemise déchirée qui se maculait de sang. J'en arrachais rapidement un lambeau pour en entourer le dos et la paume de ma main coupée, observant avec plus grande attention les environs pour me lancer dans l'improvisation. Peut-être étais-je bien meilleur acteur dans cette pratique en vue de ces derniers évènements...

Mes yeux rencontraient ce qu'Ange avait lui aussi aperçu plus tôt. Je venais de trouver le plan qu'il nous fallait, à moi, à Arsène, et peut-être à Ange, pour sortir de ces lieux.

« J'espère que vous ne tenez pas au vin ici présent autant qu'à celui de vos cales, mon Ange! »

M'étant emparé de la hache qui traînait non loin sur le sol, je me dirigeais vers l'un de ces énormes tonneaux, de ceux qui contenait des litres de la fameuse boisson. J'empoignais le manche de mon arme de mes deux mains, me préparait...

Je frappais, une première fois. Le fer s'enfonça dans le bois du tonneau, mais rien n'en coulait.

Je frappais, une deuxième fois. La lame frappa au même endroit, le bruit du coup s'étouffant contre le bois, mais ce n'était toujours pas suffisant.

Une troisième fois. Un filament de vin, il allait céder, je le sentais, je souriais.

Une quatrième fois. La blessure que m'avait assené Ange me fit manquer mon coup, la hache se cogna contre une armature métallique, faisant retentir le son dans toute la cave. En haut, l'on pouvait aussi percevoir du mouvement, les gardes se doutaient de quelque chose, et plus même, ils étaient prêts à descendre.

Pas le temps de pester.

Une cinquième fois. Les planches se brisaient dans un grand fracas, le vin se répandait à foison. Une flaque épaisse s'étalait sur le sol, les lumières vacillantes des lanternes y créaient un reflet. Parfait!

Mais je me réjouissais bien trop vite, la trappe s'ouvrait, dans quelques secondes les gardes arriveraient pour punir nos actes. Mais de quoi pouvais-je bien m'inquiéter? Je riais, oui, je riais; enfin un peu d'action!

Hache en main, je plongeais dans le reflet du vin aussi vite que je le pus, évitant de me faire voir des gardes. La flaque s'étendait encore, et encore, elle le ferait jusqu'à ce qu'il n'y ai plus de ce liquide goûteux dans le tonneau.

Tout ceux qui oseraient poser le pied dans ce sang de noble ne pourraient qu'admirer leurs jambes se faire lacérer, puis, tomberaient, au sein de ce liquide... Et je l'assurais, il valait mieux ne pas y trébucher!

Mon rictus ne cessait de grandir, je pouvais à peine contenir le rire. Je les attendais, eux qui descendaient, oui, il ne restait que quelques secondes avant que leurs pieds quittent les marches de bois, quelques secondes avant qu'ils ne se posent sur le sol de la cave.

« Approchez, approchez, que je puisse mêler les fluides... »



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Yama Albadune
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Dim 15 Mar - 16:14
La Capitaine avait légèrement baissé sa garde lorsque la Très Belle s’était détournée d’elle pour s’adresser à Zahnfee. Le Duc s’était rapproché de cette dernière, ce qui crispa la nouvelle Comtesse sans pour autant la faire bouger : si elle se rapprochait d’elle, elle laisserait Alice seule. Et par dessus le marché, il y avait ces gardes, qui se rapprochaient. Et la pièce était fermée.

Un frisson de mauvais augure parcourut l’échine glacée de la pirate. Elle n’appréciait pas du tout cette sensation. Autour de Vassilissa, le temps semblait ralentir, se changer en une masse visqueuse qui les enveloppaient tous, les réduisant à l’état de simples spectateurs.

En même temps, que dire. Que faire. Les affaires qui se déroulaient là ne la concernaient pas, c’était des affaires... de famille.

Pourtant, lorsque Zahnfee fut maintenue, lorsque Ranita fut - littéralement - mise à nu, Yama ne put rester immobile. Elle fit un pas en avant, fut retenue par un garde. Le mauvais pressentiment qui avait pris naissance entre ses poumons se muait lentement en peur au fur et à mesure que le cérémonial avançait. Quelque chose ne tournait pas rond. Quelque chose allait se produire.

Quelque chose de mauvais.


- C’est l'heure mon enfant. Es-tu prête ?
- Oui, Ô très Sage.
- As-tu pu profiter de cette vie ?
- J'ai retrouvé Felipe, je me suis fais des amis, j'ai mangé beaucoup de choses nouvelles et délicieuses. Je ne pouvais pas rêver vie meilleure.
- Bien.
- Vous direz à Ange de ne pas m'oublier ?
- C'est promis.


- A... attendez !

L’exclamation, faible et geignarde comme le miaulement d’un chaton, ne perturba personne. Avec horreur, Yama prit conscience d’un fait glaçant : elle n’avait aucun contrôle sur les événements qui se déroulaient sous ses yeux.

Comme pour la narguer, le temps sembla s’accélérer. Figée par la stupeur, la pirate vit Ranita s’écrouler, suivie par Zahnfee.

- Félicitations, Zahnfee. Tu es redevenue une fée.

Le bruit d’une bouteille que l’on brise tira Yama de sa torpeur. Un froid revitalisant parcourut son échine : d’un geste ample et d’une rapidité mortelle, son bras marqué vint plonger dans la doublure de son kimono pour en sortir un sabre dont elle fit usage pour se dégager : frappé au ventre, le garde s’écroula, marquant la tenue de la pirate d’une gerbe de sang. Mais cette dernière n’en avait cure : seule comptait la petite grenouille que tous semblaient avoir oubliée, la rousse sacrifiée, réceptacle qui, en début d’année, avait veillé sur elle... et vers qui, désormais, elle courait.

- Ranita !

Yama tomba à genou, aux côtés de celle qui, en quelque sorte, avait été sa gardienne. Un coup d’oeil horrifié à la plaie béante, obscène, qui barrait le ventre de la rouquine lui confirma ce qu’elle ne voulait admettre : la situation était désespérée.

Ranita était en train de mourir sous ses yeux.

- Oh, bordel...

Yama était en proie à la panique. Oublieuse de tout ce qui se déroulait autour d’elle comme de l’arme qu’elle avait précipitamment rangé dans son fourreau de fortune, ses yeux passaient sans cesse de la plaie au visage de la rousse. Que dire... que faire...

- Ranita, je suis désolée.

Désolée de quoi ?

De ne pas savoir quoi dire, quoi faire devant une âme agonisante.

- ... Ranita...

Gémissement enfantin, interrompu soudain par un souvenir. Celui de la fois où c’était elle qui mourrait... où la grenouille avait chanté pour elle.

Oui. C’était tout ce qu’elle pouvait faire.

Rendre la pareille et payer ses dettes.

Avec une délicatesse étrange, la pirate vint prendre la tête de Ranita sur ses genoux. Elle se souvenait qu’en cette nuit de janvier, la petite rousse lui avait raconté une histoire. Elle n’avait aucun conte en réserve, aucune imagination, mais il lui restait encore... une chanson.

Une berceuse.

D’une voix grave, un peu cassée mais étrangement douce, Ran se mit à chanter l’air qu’Avela lui répétait toutes les nuits, avant qu’elle ne quitte la Russie. Au milieu du chaos, sa voix s’élevait.

Puisse cette berceuse t’accompagner où que tu ailles, petite grenouille.

Bien malgré elle, Yama sentit des sentiments aussi stupides qu’impromptus humidifier ses yeux. D’un geste rageur, elle essuya les larmes qui menaçaient de couler. Au milieu de la tristesse, il y avait la colère aussi. Une colère qui glaçait ses mains mais qu’elle contenait, toute à son murmure. Ranita, en cet instant, était la seule qui comptait.

Le massacre viendrait après.
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Zahnfee V. Edelstein
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Ven 20 Mar - 0:35

- Il n'y en a plus pour longtemps, je fais de mon mieux, je ne veux simplement pas vous blesser davantage.
- Nous n'en sommes plus là...


Arsène avait une voix douce et grave qui, d'aussi près, pénétra l'oreille du Marquis pour ne plus s'en déloger. Le blessé dardait son regard noir comme les nuits d'orage sur le blondinet qui peinait cisailler ses liens. Il sentait le pouvoir qu'il exerçait sur "celui qui savait" aussi surement que s'il l'avait étreint pour le prendre sans retenu. Un fin et imperceptible sourire se dessina sur son visage abimé. Glacé.

- ... Ange.

La corde céda et le prisonnier se réceptionna avec une surprenante aisance malgré la gravité de ses blessures. Il se massa les poignets et fit rouler ses omoplates sous la peau de son dos. Il pencha la tête à droite et à gauche, faisant craquer les vertèbres. Sa nudité ne l’incommodait guère. Il était de taille moyenne mais de musculature entretenue. Il prit une inspiration : tout était en place. Il se tourna alors vers Ange, les mains tendues, comme un prince charmant secourant une demoiselle en détresse, montée debout sur une chaise à la vue terrifiante d'une souris.

- Auriez-vous l'amabilité de me prêter votre veste, Ange ? Je ne retrouve pas mes vêtements
, fit Arsène Martes sur un ton tout à fait badin, pendant que Bloody défonçait enfin le couvercle de l'énorme tonneau dont le vin se rependait à gros bouillons sur le sol.

Les gardes postés devant la cave furent alerté par les fracas du bois malmené. Nul doute qu'il ne s'agissait pas des battements d'excitation de leurs cœurs. La soirée s'agitait et les rendaient nerveux. L'épisode de l'Albatros avait laissé des traces et les hommes d'armes se souvenait encore avec une froide terreur les assassinats contre l'uniforme qui y avait été perpétré.
Ils ouvrirent la trappe en grand et se précipitèrent sur l'escalier vacillant. Le second rata soudain une marche et perdit l'équilibre. Il bascula en avant et entraina le premier dans sa chute.
Ils s'affalèrent tous deux dans la flaque rougeâtre comme les pièces d'un sandwich désassemblé.

-"... Et le sang se mêla au vin..." récita l'élu de Rosthramus.

Intervention MJ "Team cave":
 

***

-AAAAH !!!!
- Voilà ce qui se passe quand on s'attaque aux personnes qui sont chères au « petit chaton ». Vieux gros chat de salon !

Le hurlement de Raminagrobis se faisant lacérer le visage sonna le glas de toute politesse. Il mit un genoux à terre, de surprise, pendant que la gamine fanfaronnait en lapant son sang. Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il était déjà sur elle, le visage à vif figé dans une expression de haine pure. Il balaya les jambes de Chester, manquant de lui arracher un genoux au passage. Son attaque avait fait mouche et si la chatte ne réagissait pas au plus vite, il s'affalerait de tout son poids sur elle pour lui arracher la jugulaire avec les dents.

Intervention MJ "Chester":
 

Tout à leur combat de gouttière, les chats ne virent pas Alice se glisser vers Vassilissa pour la poignarder avec une bouteille éventrée. Incrédule, la Comtesse regarda les tessons de verres enfoncés dans son abdomen et tacher sa robe d'un autre rouge que le vin. Elle attrapa le bras d'Alice pour tenter de ne pas s’effondrer, mais ses escarpins patinèrent dans son propre liquide vital. Elle tomba, mollement, au ralenti, agrippant la robe d'Alice et y imprégnant une trainée carmin pour chaque ourlet auquel elle n'arrivait pas à s'accrocher.
Charca, la vieille camériste de la sorcière-grenouille, se jeta sur le corps de sa maitresse pour tenter d'endiguer l’hémorragie.

-Ne sous-estimez pas les petites demoiselles, ô grande Comtesse !

La soeur de Zahnfee lâcha son arme pour faire face aux gardes qui réagissaient enfin. Leur premier réflexe avait été de mette Felipe de Marisma, le roi d'Espagne, à l'abri en l'évacuant vers la salle de bal (garde 5 et 6). Le souverain était resté figé, sans voix, devant le spectacle et n'avait émis aucune résistance.
Restaient les soldats près de la rangée de fenêtres.
Un des gardes (1) accourut du fond de la salle et visa la tête d' Alice au débotté. Il manqua son tir de beaucoup et explosa un bibelot sur la cheminée.
Un autre (3) , le plus proche Raminagrobis, tenta lui aussi un tir, mais -de manière surprenante- sur le Duc. Il avait choisi l'homme enragé et incontrôlable plutôt que l'hybride qui venait d'être fauchée, afin d'arrêter les frais. Sa balle se logea entre les deux omoplates du matou qui accusa l'impact mais ne cilla pas, poursuivant Chester de sa vindicte.
Le garde tenant Hawkins en joue (2), voulut quand à lui assommer le matelot avec sa crosse mais manqua de coeur à l'ouvrage. Le pirate s'en tirerait avec une grosse bosse à l'arrière du crâne et sans doute l'envie d'en découdre avec son agresseur.

L'ultime soldat (4) s'avança vers Yama , fusil pointé en avant. La femme berçait tendrement le corps de Ranita qui venait de s'éteindre, sans un mot, sans une plainte, aussi nue qu’elle était apparue, un jour de l'année 00 aux abords de la Plaza de toros de Goya. Elle souriait paisiblement, ses grands yeux verts fixés sur l'Albadune comme si elle observait là la plus belle chose du monde.

- Comtesse, quels sont vos ordres ?

Vassilissa de Valeroso portait désormais une robe pourpre, lourde et humide de sang. La vieille Charca, pressait la plaie avec désespoir, faisant ruisseler l'hémoglobine entre ses doigts tavelés. Encore consciente, la russe parvenait néanmoins difficilement à balbutier autre chose que des bribes.

- Comtesse, vos ordres !
répéta-t-il avec fermeté.

Et Yama se rendit compte que c'était à elle qu'il s'adressait en ses termes.
A la nouvelle Contessa de Valeroso.

Intervention MJ générale + Plan de la salle:
 




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Le chat du Cheshire
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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Ven 20 Mar - 21:02

Chester était fière d'avoir fait mettre un genou à terre à ce gros chat. Mais sa joie fut de courte durée, quand ce dernier lui balaya les jambes, dans un geste souple et fluide, à l'image de l'agilité d'un chat qu'il était.

Chester accusa le coup qui résonna dans tous ses os. Mais serrant les canines Chester n’émit aucun cri de douleur, pas même un miaulement. Par contre elle tomba, les fesses sur le sol, et cracha sur le moment.

Mais le pire était à venir. Chester sentit un poids lourd lui sauter dessus. C’était le mâle alpha qui était sur elle. Chester voulut se relever en repoussant Raminagrobis. Mais ce dernier était furieux et attrapa la gorge de Chester, lui plaquant la tête contre le sol. Chester essayait de se débattre. Mais la furie et la force d'un mâle alpha qui voyait rouge était plus forte, alors que Chester manquait d'air. Elle dévisageait un regard empli de haine et de rancune. Ce chat : elle avait jamais haï quelqu'un de la sorte.

Pendant ce temps là, le double de Chester était collé à Zahnfee qui était toujours inconsciente, en ronronnant à ses côtés. Mais Chester-bis venait de voir, au loin, aux pieds d'Alice, s’effondrer le corps de la femme qui dominait tout le monde ici. Alice avait réduit à néant ce parasite. Chester-bis était faible mais elle devait, elle aussi, aider la sœur de son autre elle.

— Zahn. Chester va t'amener près de la fenêtre. On doit partir d'ici et vite.

Chester-bis ne savait pas si Zahnfee l'entendait, mais elle savait que lui parler l'apaisait. A ce moment même les balles fusaient, bien qu'elles ne touchaient personne. Chester-bis avait pensé à prendre Zahn dans ses bras mais elle savait très bien qu'elle n'en était pas capable. Du coup, dans un éclair de génie, elle agrippa les chevilles de Zahnfee et la tira jusqu'à la fenêtre la plus proche, sans aucune difficulté. Mais elle était si concentrée sur son effort qu'elle en avait perdu son invisibilité.

Une fois contre la fenêtre, Chester-bis vit son double et sa sœur en pleine bataille. Elle attendit le calme après la tempête.

Chester, la vrai, manquait d'air : elle devenait rouge tomate. Elle se débattait et agitait ses pattes arrières dans tous les sens. Ses yeux se dilataient, sa gorge lui brûlait : il lui fallait de l'air et immédiatement. Ses deux pattes, dans un dernier réflexe, défiant toute l'agilité d'un être humain normal, vinrent se placer sur le bas-ventre de Raminagrobis. Ses yeux fixèrent sa cible. Elle essaya d’articuler quelques mots pleins de haine, mais aucun son ne sortait.

Chester fit sortir la totalité de ses griffes. Rassemblant ses dernières forces Chester poussa sur ses pattes, toutes griffes dehors, laissant le gros mâle hurler de douleur et lâcher prise.

Chester toussa en se relevant. Elle avait enfin retrouvé le plaisir de sentir de l'air dans ses poumons. Chester voulait détruire ce mâle, le faire souffrir tout doucement. Mais il y avait des choses plus importantes : ses sœurs. Chester regarda autour d'elle. Elle aperçut son double, marchant doucement en louvoyant, jusqu'à sa sœur Zahnfee, qui était toujours inconsciente.

Chester regarda son double dans les yeux. Un regard compatissant, comme un adieu avec elle-même. Sans un mot son double partit en direction de Raminagrobis pour servir de bouclier. Chester passa à autre chose et aperçut Alice au loin. Chester se mit à genoux, prit Zahnfee dans ses bras, et se releva. Elle s'adressa à Alice d'une voix enrouée.

— A... Alice. Chester et Zahnfee sont ici. Il y a une fenêtre qui donne sur un jardin. Partons d'ici vite !

Hrp:
 


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MessageSujet: Re: [31 décembre 04] Dent de Sagesse   Sam 21 Mar - 18:33
Vassilissa avait chu à ses pieds. La grande fée-grenouille saignait à ses pieds, tel un vulgaire porc à la gorge tranchée par un boucher. Alice avait regardé, sans mot dire, le sang de la Comtesse se répandre sur sa robe. Jamais elle ne réussirait à ôter ce sang du tissu. Il s'y était imprégné, à tout jamais, en même temps que la sueur d'Alice dans l'exaltation de la confrontation, de la mise à mort. L'Androïde comprenait mieux pourquoi les humains appréciaient tant s'entre-tuer. L'impression de contrôler l'autre, de jouer coude à coude avec Dieu, avait un je ne sais quoi qui ravissait les sens.

Alice avait opéré un pas en avant. Elle était prête à achever la pièce par la mise à mort de Vassilissa. Il lui suffirait de saisir ce joli cou de cygne entre ses mains, et de serrer. Comme pour tuer une poule. Serrer jusqu'à ce que le cœur cesse de battre, jusqu'à ce que le dernier soupir s'échappa des lèvres exangues.

Mais l'existence de Vassilissa fut sauvée par son alliée la plus proche : Charca. L'apparition de la camériste doucha les projets d'Alice. Dans ce corps voûté par les ans, dans ce regard aux yeux presque globuleux, l'Androïde lisait une dévotion à nulle autre pareille. Une fidélité plus profonde que les liens du sang, défiant les simples rapports maîtresse et domestique. Un amour comparable à celui qui la liait à ses « soeurs ».

Charca, par sa simplicité, par son dévouement, venait de remporter une victoire.

Alice ne dit pas un mot à son encontre. Tous auraient été hypocrites, auraient sonnés faux. Elle espérait que l'ancienne comtesse ne survivrait pas à ses blessures ou, si ce miracle advenait, que chaque jour lui fasse connaître le martyr.

Alice délaissa la camériste et sa maîtresse, ses pas la menant à un autre duo. Ici aussi, le sang s'écoulait. Mais l'amour n'avait pu sauver la martyrisée. L'Androïde se mordit la lèvre à la vue du corps suppliciée, de la blessure à demi dissimulée par la nouvelle Comtesse. Alice détourna les yeux, pudiquement.

« Je suis désolée. »

Des mots faibles, presque dénués de sens.

« Je ne la connaissais pas mais... Si vous l'aimez tant que cela... Enterrez-là dans un endroit qui lui a tenu au cœur, lors de son vivant. Pas un lugubre cimetière. Un lieu empli de vie, de bons souvenirs. Que son âme puisse reposer en paix. »

Ce souhait, Alice se l'était formulée à elle-même de nombreuses fois. Les cimetières ne lui plaisaient guère, et ne lui inspiraient que dégoût. Les êtres humains méritaient mieux que de finir enfermés dans des boîtes, collés les uns aux autres.

Aux côtés de Yama, le garde répétait ses injonctions. Alice finit par stopper son manège, sa voix tranchant l'air.

« Voici les ordres. Vous me laissez partir avec ma fratrie, dont Zahnfee, et on clot l'incident. Il n'arrivera plus rien de fâcheux. Auquel cas, si vous vous interposez, je ne retiendrais pas mes coups. »

Le garde brandissait toujours son arme devant lui. Un échange de regards se fit entre l'homme et l'Androïde jusqu'à ce que le premier abaisse son arme. Le visage de l'homme ne trahissait nulle crainte, plutôt de la lassitude. Au vu de son apparance, des rides qui se dessinaient au coin de ses yeux, il devait approcher de la retraite. Il ne devait souhaiter qu'une chose : finir ses jours tranquille avec sa femme et ses enfants.

L'Androïde glissa un dernier regard à Yama avant de rejoindre Chester. Sa main avait hésité à se poser sur l'épaule du capitaine, mais elle s'était retenue. Un froid glacial entourait la capitaine, et Alice avait craint de finir geler si elle osait outrepasser cette barrière invisible, mais protectrice.

Sa main de chair alla gratouiller une des oreilles de Chester avant de se poser devant la bouche de Zahn. Un souffle chaud vint lui lécher les doigts. Zahnfee respirait encore : preuve qu'elle était en vie. Puis l'Androïde tenta d'ouvrir la fenêtre : verrouillée, évidemment. On ne rigolait pas avec la sécurité – même si les gardes avaient tiré comme des malpropres.

« Recule Chester. »

Fermant son poing de métal, Alice donna un grand coup dans la vitre de la fenêtre. Le verre explosa dans un grand bruit, les débris parsement les buissons situés sous la fenêtre. Finissant d'agrandir l'ouverture avec son bras, Alice enjamba la bordure et aida sa sœur à en faire de même, encombrée qu'elle était par le corps de Zahnfee. Les jardins de la Comtesse s'étendaient devant eux, bordés d'une haute grille qu'il faudrait escalader pour pouvoir sortir.

Sauf qu'il était inutile de sortir des jardins.

Alice fouilla dans une poche de sa robe, et en sortit un paquet d'allumettes et une fusée de détresse. Suivant les directives de Charly (« sans quoi tu vas te brûler » avait-il précisé), l'Androïde planta la fusée et gratta l'allumette. Dès que la mèche fut allumée, l'Androïde se précipita en arrière.

La fusée décolla, explosant dans le ciel en une corolle rouge, rappelant les feux d'artifices.

Dans le ciel se dessina, rapidement, la silhouette d'un zeppelin.



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[31 décembre 04] Dent de Sagesse

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