Partagez | 
 

 [Année -25] Rattenfänger

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
Invité
Orphée

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Mer 18 Mar - 21:22
La première chose que vit Orphée en se réveillant fut le plateau de nourriture qu'un serviteur avait glissé en se faufilant dans la chambre. Il se retourna, voulant savoir ce qu'était cette chaleur contre lui. Ce n'était autre que sa Muse dans le plus simple des appareils, dormant en toute quiétude.

Des gargouillis animèrent son ventre. Orphée décida donc de se lever. Il se sentait étrangement bien. Libre, puissant. Sa main glissa sur la peau d'une belle pomme aux milles reflets. Il croqua avec grand appétit dedans, laissant couler un filet de jus qui glissa sur son corps... nu.

Un grand sourire s'étala sur son visage alors qu'il découvrait pourquoi il se sentait aussi libre.

*La journée s'annonce des plus intéressantes : hey hey ! *

Repu, il erra dans la chambre. Il découvrit ainsi le costume que Von Fausten lui avait fait apporté. C'était à la fois simple et esthétique. Un peu trop sombre à son goût. Ce n'était pas parce qu'il était Mort qu'il devait être triste.

Il ne s'habilla pas tout de suite et s'approcha de sa grasse Muse. Il ramena silencieusement une chaise près du lit où elle était allongée. Et il l'observa. Il alla même jusqu'à faire glisser son longiligne index sur les courbes de son corps. Un nouveau sourire naquit sur le visage du musicien en découvrant que dans son sillage, les poils se hérissaient de frissons.

*J'entends des pas. Notre hôte doit donc être prêt à écouter l'artiste que je suis. *

Orphée commença à s'habiller. Il ne réveilla pas tout de suite sa compagne. Peut-être par caprice ? Peut-être pour savourer cette période avant le spectacle ? Une forme de stress qui devenait peu à peu de l'euphorie.

*Ah ah ah, j'aimerais bien voir la tête de celui ou celle qui la découvrira tout innocemment allongée. *

Assommé par la fatigue, il ne se souvenait pas des tracas qu'elle avait causé au vieux domestique. Avec un peu de chance, le visage cramoisi de cet homme aux tempes grisonnante la mettrait dans une excellente humeur dès le réveil.

Nouveau sourire.

(Toc toc toc)

« Les invités de monsieur Von Fausten sont-ils réveillés et présentables ? »

« Bien entendu. Déverrouillez donc cette porte et menez-nous à notre public. »


La clé tourna. La porte s'ouvrit sur un musicien qui tirait sa révérence. Son regard alla du domestique à sa compagne. De sa compagne au domestique. Sa main tendue se plaqua devant sa bouche, mimant une surprise exagérée.

« Oh ! »

HRP:
 

-

Johan Von Fausten n'était pas un membre archétypé de la haute-bourgeoisie allemande. C'était un homme qui avait toujours guidé ses pas vers la Connaissance, la Vérité, le Savoir. Il était allé dans plusieurs écoles. Il avoir travaillé sous la férule de plusieurs maîtres avant de devenir lui-même professeur. Il avait engrangé un nombre incroyable de richesse intellectuelle : mathématique et astrologie, Histoire et légendes, philosophie et arts du combat. Mais Johan Von Fausten n'était toujours pas comblé. Il n'avait toujours pas trouvé ce qui lui manquait.

Alors il avait commencé à étudier les sciences occultes, la magie et l'ésotérisme. La pièce dans laquelle ils se trouvaient tous (Orphée et Tanfee, Johan Von Fausten et ses serviteurs) était une belle et grande salle de réception. De beaux canapés pour les invités et un fauteuil luxueux pour le maître de maisons. Des tapisseries au sol et des tableaux là où les bibliothèques n'étaient pas remplis d'ouvrages divers et variés.

« Vous aviez bien plus fier allure qu'hier. J'espère que vous vous êtes bien reposé, que l'eau était assez chaude et la nourriture à votre convenance. »

Johan Von Fausten était assis dans son fauteuil, une jambe croisée sur une autre.

« Maintenant, il est temps pour vous de nous donner une représentation privée en échange de tous ce que l'on vous a offert. »

Orphée s'avança et tira une révérence au maître de maison. Il tendit son bras et récupéra sa flûte que Tanfee conservait. Il aurait pu ajouter son étui à la tenue qu'il portait en ce moment, mais l'effet aurait été moins théâtral. Il valait mieux montrer qu'il y avait plus qu'une complicité entre l'Homme et la Femme, la Mort et la Vie.

« Avant que vous ne commenciez, pourriez-vous me dire ce que vous êtes. Je vois que vous êtes un musicien à votre flûte, mais vous ma chère, qu'êtes-vous ? Une chanteuse ? »

« Elle est ma Voie »


Le bec de la flûte se posa sur les fines lèvres du musicien. A ce contact, le monde changea. A moins que sa Muse venait de faire quelque chose de spécial dans le même temps ?

Orphée avait les yeux ouverts mais ne voyaient plus avec. Sa vision était ailleurs. Il ressentait les personnalités uniques de chacun des serviteurs autour de lui, attendant dans un silence respectueux et patient.

Comme la nuit auparavant, il voyait des espèces de courant émerger des êtres. Des mouvements de magie et de son. Mais c'était bien plus que cela. Et Orphée étira les commissures de sa bouche. Il retira le bec de sa flûte et annonça :

« Ce que je vais vous jouer, je viens de le nommer : Symphonie des Âmes. »

Orphée commença alors à jouer. C'était une belle musique mais rien qui ne sortait de l'ordinaire. Johan Von Fausten semblait ennuyé d'avoir perdu de son temps à ses deux vagabonds. Au lieu de devoir écouter jusqu'au bout ce concert unique, il aurait pu se replonger dans un grimoire plus qu'intriguant. Le sujet étant la hiérarchisation des démons, comment les appeler et passer des contrats avec eux.

Orphée se tenait bien droit. Il jouait de son instrument comme un étudiant sérieux l'aurait fait devant tous ses professeurs, ses amis et sa famille. Ses yeux étaient clos tandis que ses doigts bouchaient et débouchaient les cavités. Les serviteurs chuchotaient entre eux, ne se doutant pas qu'Orphée n'était pas du tout concentré sur ce qu'il faisait comme ils aimaient se l'imaginer.

Alors le premier Mouvement débuta !

Orphée sauta sur lui-même, ouvrant d'un seul coup ses yeux. Il bondit sur lui-même. Le rythme de sa musique s'accéléra tandis qu'il battait les mesures en dansant sur place de ses pieds nerveux. Tout son corps, toute sa musique était centrée sur un serviteur. Ce dernier ressentait la musique le pénétrer. Il se tint le cœur qui venait d'accélérer puis masqua sa bouche de ses deux mains. Voulant empêcher un fou rire incontrôlable de sortir.

Le deuxième Mouvement suivit au premier.

Orphée ne bougea plus. Son air devint maussade, ses mélodies longues, lentes et lourdes. Il oscillait sur lui-même tandis qu'il visait de son épée musicale un nouveau serviteur de Von Fausten qui prenait soudain de l'intérêt à ce qui se déroulait devant lui. La femme tomba brutalement sur ses genoux. De gros bouillons sortaient de ses yeux tandis qu'elles griffaient jusqu'au sang de ses ongles ses poignets.

Ce fut au tour du troisième Mouvement de succéder au deuxième.

Orphée haletait. Sa musique était frénétique. Il semblait perdre son haleine tandis que son corps montait du bas vers le haut. Redescendant aussi vite du haut vers le bas, dans une boucle qui rappelait le serpent qui se mord sa propre queue. Le serviteur visé arracha ses vêtements. Il était en sueur et surexcité. Il se jeta sur son maître, lui témoignant tout l'amour qu'il dissimulait pour lui depuis qu'il était entré à son service.

Alors le quatrième Mouvement arriva.

Orphée jouait d'une façon inquiétante. C'était une mélodie qui semblait provenir tout droit des débuts de l'Homme. Une musique primaire qui hurlait à la Lune, réveillait les bas-instincts de celui qui en était visé. Ce dernier se jeta sur le serviteur en rut. Il le balança à l'opposé de Johan Von Fausten. Puis le suivit dans sa trajectoire. La victime en rut n'avait même encore rebondi sur le tapis que les poings se fracassaient partout sur son visage défiguré.

La musique se tut progressivement. Laissant alors dans son sillage une victime évanouie au visage trop heureux, une autre qui se vidait de son sang, une troisième désapé et défiguré tandis que la dernière se réveillait en état de choc.

Orphée fit une énième révérence avec un grand sourire qui s'apparentait plus à un rictus.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Zahnfee V. Edelstein

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Lun 23 Mar - 12:21
Tanfee parut dans sa robe de soie crème cousues de motifs floraux élégants. Le vert des rubans faisait contraste avec sa peau tachetée de son et son opulente chevelure rousse. Elle semblait une autre femme. Pourtant elle était toujours aussi dodue et elle n'avait aps changé de visage. Elle dégageait simplement quelque chose de terriblement sensuel qui, dès qu'elle fit irruption dans la pièce, fit grand impact sur les hommes présents. Il la dévorèrent des yeux comme des bêtes avides. Von Fausten ne dérogea pas à cette règle, bien qu'il eut plus de maitrise et un sens de l'étiquette plus à propos.

- Une souris verte
Qui courait dans l'herbe
Je l'attrape par la queue,
Je la montre à ces messieurs ...

Chantonna-t-elle avec entrain en entrant dans la pièce, flûte en main.

La robe de Tanfee:
 

La souris grise était devenue une souris verte et nul doute que la conclusion de la chanson qui évoquait quelques "culottes" pétillait à l'imaginaire déviant des mâles en présence. Elle jeta une œillade amusée à l'auditoire pour ensuite ne se concentrer que sur sa moitié. Elle se mordit le pouce faisait perler quelques goutes de sang sur le bec, puis embrassa l'objet de manière indécente. Le monde frissonna autours d'elle.

-Avant que vous ne commenciez, pourriez-vous me dire ce que vous êtes. Je vois que vous êtes un musicien à votre flûte, mais vous ma chère, qu'êtes-vous ? Une chanteuse ?
demanda le Freiherr.
- Elle est ma Voie.
- Mais pas celle à laquelle vous songez, messire, ponctua-t-elle en souriant.

Orphée se mit en position, le musicien introduisant son oeuvre :
-Ce que je vais vous jouer, je viens de le nommer : Symphonie des Âmes.

Tanfee se glissa opportunément près du siège de Von Fausten, se coulant presque sur le bras du fauteuil qu'il occupait. Mais ce dernier n'eut pas le temps de s'offusquer de cette familiarité ni de la réaction instantanée de son corps à la vue de la chair de cette inconvenante invitée. Le concert avait débuté.
Et quel concert !
Chaque envoi, chaque note, était plus endiablé, plus dément que le précédent. Les bras de Tanfee, dans le dos du nobliau, enlacèrent ses épaules. Il était prisonnier du spectacle et de l’étreinte de la rousse. Il l'entendit glousser de plaisir à plusieurs reprises.
Alors que la Mort faisait valser les esprits, la Vie engorgeait son pantalon.
A la fin de la représentation, le souffle court et les sens enfiévrés, il balbutia :

- Par tous les saints, quel art est-ce là ?

Tanfee se redressa, l'abandonnant à la froideur de son fauteuil, pour sautiller jusqu'à son éphèbe. Elle se pendit joyeusement au cou d'Orphée et lui vola un baiser.

- De la musique, rien que de la musique... ronronna-t-elle en fixant Von Fausten comme un petit démon tentateur.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Orphée

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Ven 27 Mar - 19:04
Sa Muse était si vivante. Elle ne cessait de prodiguer son amour. Que ce soit à son beau musicien, ou à son charmant hôte qui les avait tous deux accueillis. Lui ne pouvait pas faire cela. Même sublimé par la rencontre de leur deux âmes, Orphée dépérissait dès l'entracte prenait place au spectacle.

Orphée accueillit le baiser de sa moitié comme des applaudissements bien mérités. Von Fausten semblait encore confus par ce qu'il venait de se produire. Il cherchait des réponses tandis que ses serviteurs se vidaient de leur sang. Sa Muse répondit que ce n'était que de la musique. Alors Orphée attira délicatement son menton et l'embrassa avec passion. Il ne pouvait pas faire dans la demi-mesure.

Quittant ses lèvres humides, il s'adressa à son hôte :

« Ma musique est puissante car elle est le reflet de l'univers. Ce dernier n'est que vibrations et la musique est cela. Avec cette flûte, j'agis directement sur ce que certains nomment les lois de la physique. Mais je suis capable de plus que cela. La musique me permet de voir l'âme d'un individu. Lorsque j'ai lu ces courants musicales, je peux alors composer et converser avec elle. »

Johan Von Fausten avait les yeux ébahis. Lui qui avait recherché toute sa vie des réponses. Il avait dédié son existence à la recherche de la Vérité et des secrets de l'univers. Pour cela, il avait d'abord étudié toutes les disciplines académiques. Mais ça n'avait été qu'un premier cul-de-sac. Alors il avait ouvert que tous craignaient. Il était descendu dans les souterrains. Il avait cessé de vivre le jour, allumé les lampes et étudié avec passion les sciences occultes. Mais à nouveau, il avait senti la voie se rétrécir pour aboutir à un nouveau cul-de-sac.

Il se releva, ouvrit la bouche. Et la referma.

Des larmes coulèrent de ses yeux. L'euphorie mouillait son visage.

Tandis que ses serviteurs gémissaient de douleur.

Johan Von Fausten se rapprocha de celui qui lui amenait la Vérité. Il le serra dans ses bras et le remercia plusieurs fois. Reculant, mais agrippant toujours les bras d'Orphée, il dit :

« L'illumination. Vous m'avez apporté l’Épiphanie que je recherche désespérément depuis des années. »

De nouveau, il serra fort Orphée dans ses bras, le remerciant comme un homme ayant entendu la voix divine de Dieu.

Il voulut ensuite retourner s'asseoir dans son fauteuil mais son esprit était dans un tel état d'excitation que cela lui était impossible. Il s'agitait comme un enfant qui vient de découvrir un nouveau jouet.

« Apprenez-moi. »

« Pardon ? »


Johan Von Fausten revint devant le beau musicien. Il posa les genou à terre et répéta :

« Apprenez-moi. Montrez-moi ce monde que la musique vous ouvre. Apprenez-moi. Je veux tout savoir. Je suis un élève studieux et appliqué. J'apprends très vite. Je vous en prie, apprenez-moi. »

Orphée regarda l'homme qui le suppliait. Ce visage qui était alors si fier, si arrogant de sa puissance financière et de son intelligence. Ce visage avait perdu de sa noblesse face à quelqu'un de plus élevé que lui. Il n'était plus le maître de sa demeure. Il avait changé de place et portait désormais le masque du serviteur.

Le fauteuil accueillit Orphée qui s'y assit. Il croisa une jambe par-dessus l'autre, suivant des yeux sa Muse qui le rejoignait.

« Je suis vraiment désolé, mais je ne peux rien vous apprendre. »

« Mais- mais- »


Le longiligne index du musicien se releva. Dans l'arrière-plan, un sourire s'étira.

« Par contre, je pourrais mettre ma musique à votre service. »

« Je- C'est que- »

« Imaginez cela : vous donnez lieu à des festivités comme cette bâtisse n'en a encore jamais donné. Vous y invitez tous les puissants de cette région. Mais également tous ceux qui vous ont dénigrés, et toutes celles que vous avez rejetés. »

« Non. Non... » Johan pleurait. « Ce n'est pas cela que je veux. Il n'y a que la Vérité qui m'intéresse. Rien que cela. Maintenant que je l'ai vu, maintenant que je me suis brûlé les ailes sur cet ardent brasier, je ne peux plus faire demi-tour. »


Les mains du musicien se croisèrent. Son expression était sérieuse.

« Mais qu'est-ce que la Vérité vous apportera ? L'Homme n'existe pas pour trouver les réponses. Il passe sa vie à chercher sans jamais rien trouvé. Car si l'Homme parvenait à trouver toutes les réponses qu'il souhaitait, il n'aurait plus aucune raison de vivre. »

« Je ne comprends pas. Est-ce que cela veut dire que ma cause était tout sauf noble ? Est-ce que j'ai perdu mon temps ? »

« Pensez ce que vous souhaitez. Tous ce que vous dit maintenant, c'est qu'il est l'heure de goûter à ce qui fait la richesse de la chair physique et à tous ses sens qui nous permettent d'interagir avec notre environnement. »


Sa longue main caressa le visage de sa Muse, la guidant jusqu'à son visage, lui donnant de nouveau un baiser passionné. Il en ressortit avec un grand sourire satisfait. Ses lèvres brillaient, tout autant que ses yeux.

Il se releva soudainement et s'exclama :

« Vivez pour connaître des émotions simples mais puissantes ! Arrêtez de cogitez et agissez ! Ressentez la fougue de la passion, les ébats déchaînés entre deux corps en sueurs ! Ne jetez plus votre colère dans les oubliettes de votre personne. Laissez-la jaillir ! Frappez avec conviction ! Ressentez le plaisir de faire couler le sang ! Administrez la mort si nécessaire et gorgez vous en ! »

Johan Von Fausten était perdu. Cet homme aux longs cheveux blonds devant lui était en train de détruire tout ce qu'il était, tout ce qu'il avait connu, tout ce qu'il avait traversé avec tant de travail et de détermination. Cet homme, toujours accompagné de cette femme aux courbes sensuelles, lui donnait des maux de tête. Johan Von Fausten se raccrochait à sa vie passée. Son cerveau tentait de conserver ce qu'il était tout en ajoutant ce nouvel être qui naissait.

Puis il rit !

Il avait fait son choix.

« Vous êtes ici chez vous. Mes serviteurs sont vos serviteurs, tout comme je le suis maintenant. Que souhaitez-vous ? »

La Mort regarda la Vie. L'Homme regarda la Femme. L'Artiste observa sa Flamme.

« Je ne désire rien d'autre que de connaître les passages secrets et les pièces dissimulées de cette bâtisse. Pour cette belle femme aux cheveux de feu, accédez à tous ses désirs. »

Orphée quitta le fauteuil.

« L'heure est venue d'aller préparer mon prochain spectacle. »

Ses bras étaient grands ouverts. Tout comme son large sourire.

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Zahnfee V. Edelstein

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Dim 29 Mar - 17:43

Crushing Room by Angra on Grooveshark


In my reflection a shadow of the man
I'm just a stranger to myself
No, the silence, is coming!

Let me take your hand
Please let me back to your side
In your eyes I seal the man I am


***

Les jours qui suivirent furent baignés d'une exaltation étrange.
Orphée et Tanfee étendaient leur corruption dans toute la maisonnée, laissant entrer la gangrène par chaque fenêtre, captivant, subjuguant, accélérant la dépravation. Les cerveaux des habitants de ce manoir étaient comme les pores d'une peau saine aspirant l'opprobre à pleine goulée. Le maitre, plus que tout autre, était sensible à l'alchimie particulière de leur amour. Il les observait souvent à la dérobée, intoxiqué, avide de les posséder sans pour autant pouvoir s’immiscer entre eux. Il voulait Tanfee pour l’appétence de ses charmes pétillants et Orphée pour la folie brillante et sans limite de son esprit. L'imagination du baron le noyait sous les flots d'une passion effrénée, enlisé sous leurs caresses communes, dont il se réveillait exsangue et fébrile toutes les nuits.

Le couple, indifférent au monde qui les entourait, vivait leur amour avec le romantisme morbide qui sied aux déments. Tanfee était chaque jour plus désirable mais personne n'osait l'approcher. Elle avait beau jouer innocemment de ses attraits, elle n'avait d'yeux que pour l'ombre élégante et distinguée qui hantait chacun de ses pas. Et il n'y avait que les boucles de la rousse pour faire briller les grands yeux gris et froids d'Orphée.
La Vie n'existait que pour la Mort et la Mort pour la Vie. Et pourtant leur union n'avait pas été consommée, étrangement exempte de toute la lubricité et les vices écœurants qu'ils déchainaient autours d'eux. Leur amour était chaste, pur, comme deux enfants malicieux qui s'amusent sans penser à mal.

Et les trublions d'Eros et Thanatos préparaient allégrement leur méfait suivant.

Le "prochain spectacle" s'annonçait des plus excitants. Johan von Fausten était sorti de sa réserve pour jouer les hôtes. Les invitations avaient été envoyées aux notables d'Allemagne et d'ailleurs : le Baron priait ses amis, érudits ou non, de venir assister au fruit de ses longues années de quêtes : " L'Ôde à la Vérité" composée et jouée par le mystérieux Méphistophélès.
Qui était ce mystérieux musicien qui avait sorti Von Fausten de son mutisme et de son apathie ? C'est motivé par la curiosité que la plupart des invités répondirent présents.

Aucun d'eux ne s'imaginait l'expérience qu'ils allaient vivre.

***

Dans le laboratoire, échevelée et le regard fiévreux, Tanfee observait son œuvre. D'une main elle s'essuya la joue, y laissant une sombre trainée de peinture noire, et fit le tour de sa création. Orphée était presque nu, magnifique et couvert de son amour le plus fou.

Quelques heures auparavant, il l'avait guidée, les yeux fermés comme pour une partie de colin-maillard, vers les entrailles du château. Là, il lui avait montré le laboratoire secret de Johan. Il était froid de sa présence : il avait abandonné cet endroit désormais inutile. Toutes ces fioles, ces livres, ces alambics ne serviraient plus.

"Prépare-moi" lui avait soufflé son amant.

Honorée, elle avait accepté cette charge de haute volée.
Haletante, possédée, elle avait pétri et façonné Méphistophélès du bout de ses doigts potelés. Couvrant le corps de l'homme qui avait su la transformer pour le transformer à son tour, grimant ses muscles finement ciselés de pigments noirs, dessinant avec un soin de jeune mariée les motifs blancs qui accrocherait l'âme du spectateur. Elle recréait son squelette et en martelait chaque os sur son épiderme noirci. Elle avait laissé sa chevelure blonde, seule point de lumière divine dans cet océan de ténèbres, cascader sur ses épaules qu'elle avait drapées ensuite d'une cape à mi-chemin entre la bure et la peau d'ours.

- Mon Amour...
, souffla-t-elle, soudain ivre de lui.

Elle lui agrippa le visage, éperdue, et l'embrassa avec passion.

- Tu es beau, déclara-t-elle sans appel. Mais je ne peux pas les laisser voir ces yeux qui n'appartiennent qu'à moi.

D'un geste leste elle attrapa un des masques chamaniques qui trônait sur l'étagère et le fixa au sommet du crâne de sa moitié.
Le masque (dans le genre):
 
Le musicien était fin près. Elle se déshabilla à son tour et, une fois en tenue d'Eve, ouvrit les bras en grand :
-Prépare-moi à ton tour...

Ils entreraient bientôt en scène.

HRP:
 

***

La réception avait commencé et les convives affluaient accueillis avec chaleur par le Ferrher Von Fausten dont la mine était éclatante, malgré les yeux cernés. Vins hongrois, cuisine gouteuse et raffinée en buffet, robes de bal en dentelle et queues de pie... Tous les ingrédients pour une soirée mondaine réussie. Chacun oubliait déjà la réputation sulfureuse de leur bienveillant ami.

Jusqu’à ce que la lumière se tamise.
Jusqu’à ce que le silence se fit.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Orphée

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Mar 31 Mar - 18:06
Tous les invités étaient maintenus réunis. De petits groupes de discussions s'étaient formés. Certains donnant des nouvelles au vu d'une trop longue absence. D'autres essayant de deviner ce que dissimulait cette surprenante invitation. Le baron Von Fausten attira l'attention sur lui. Le silence s'installa et il put alors expliquer que le moment était venu de leur présenter ce pour quoi ils s'étaient tous déplacés.

Johan en tête de ses invités, il les emmena à travers plusieurs couloirs jusqu'à une pièce qu'il avait alors abandonné : sa salle d'ésotérisme. Peu à peu, les conversations à voix basse reprenaient. Certains tentaient toujours de trouver une explication à tous ces mystères. D'autres faisaient remarquer que le baron semblait à la fois plus vivant que jamais, mais également plongé dans un état d'épuisement mental. (Probablement du aux passions que déchaînaient Eros et Thanatos sur sa psyché)

« Mes études ont finalement abouti. » commença Johan Von Fausten « Toutes ces nuits passés dans des livres honnis m'ont été bénéfiques. Non, plus que cela : ils m'ont apporté l'illumination. »

La salle plongée dans les ténèbres n'était plus très loin. Tous le ressentirent par différents signaux. L'odeur de souffre dans les airs. Un petit courant d'air anormalement froid. De mauvaises vibrations ou encore l'agitation de Von Fausten qui avait encore grimpé d'un échelon.

« J'ai étudié la hiérarchisation des anges et des démons. J'ai provoqué des états de mort de sorte à aller voyager au-delà, pour découvrir ce qui se trouvait après la vie. J'ai fais tout cela et bien plus. » continuait le baron.

L'odeur de souffre devenait plus forte. Des mouchoirs furent portés au niveau des narines pour tenter de faire obstacle aux pestilences de l'Enfer. Tandis que tous s'arrêtaient en face de leur hôte qui se retournait face à eux. Dans son dos se trouvait la Porte. Derrière l'épaisseur du bois se trouvait sa Vérité.

« S'il vous plaît, écoutez-moi bien. Certains vont tenter de nier ce qu'il y a au-dedans. D'autres ressortiront en pensant que tout cela n'était qu'un rêve ou un cauchemar éveillé. N'en croyez rien. Combattez vos idées préconçus. Embrassez ma réalité. »

Il frappa trois coups, posa la main sur sa poignée. La faisant tourner, il ouvrit et invita ses invités à entrer...

-

Avant tout cela, Orphée avait nettoyé la marque noire qui entachait la beauté de sa Muse. Il s'était rapproché pour faire cela, et de ce fait, avait accru cette proximité érotique qui gagnait toujours en intensité tandis qu'ils se réservaient.

Il retira le masque qu'elle lui avait mis. Il avait vu quelque chose de plus intéressant. Ce que sa Muse lui avait donné n'était pas assez brut, n'était pas assez mort. Il s'empara d'un masque que portait les médecins qui marchaient alors parmi la Peste. Ce masque au nez allongé.

Mais ce n'était pas encore assez. Il fit quelques pas et alla se servir sur une autre étagère. Mais sa main changea d'avis et s'empara de la relique qui était accroché sur un des murs de pierre noire. Un crâne blanc duquel s'échappait deux longues cornes qui se torsadaient aux extrémités.

De cette manière, il avait l'impression d'incarner la Mort plus parfaitement. Habiller ainsi, il se sentait véritablement Méphistophélès.

Désormais, le temps était venu de transcender la beauté de sa Muse.

Dans un bol de terre, il plongea ses doigts qui en ressortirent rouge. Il commença par en étaler une première couche en suivant les courbes de son visage. Du haut de son front, en passant par sa joue pour redescendre jusqu'à son menton. Ses doigts s'attardèrent sur ses lèvres charnues, pulpeuses, mouillées. Il couvrit ainsi son visage et s'attaqua au reste de son corps. D'abord, ce fut ses bras. Puis il alla dans son dos, se dérobant à son regard. Une fois qu'il eut recouvert toute la surface, il commença à faire glisser ses mains de pigments rougeoyant sur sur son ventre, commençant de son nombril, s'insinuant dans les plis que formaient sa graisse. Toujours derrière elle, il posa sa main au niveau de son plexus, suivit la courbe de ses seins. Il revint et s'attarda cette fois dessus. Dans des mouvements concentriques qui tournaient et tournaient encore autour de ses mamelons.

« La couleur rouge te va à ravir. C'est la couleur de la Vie, du sang qui coule avec passion dans tes veines. »

Il s'en alla chercher alors un autre bol dans lequel attendait une mixture dorée. Il se saisit d'un pinceau aux poils doux et chatouilleurs. Puis Orphée commença à peindre le corps passionné de sa Muse. D'une femme à la peau blanche, il la transforma en un félin ivre de vitalité. Un petit bout de femme peint de rouge et rayé d'or comme les élégants félins.

« Si je suis un démon, tu dois être un ange. »

Johan Von Fausten avait fait plus que travailler dans cette salle où les lois de l'ésotérisme courtisaient les la folie. Le baron avait fait ramener de nombreux endroits des objets insolites, transformant cet endroit en un cabinet de curiosités. Orphée exhiba une paire d'ailes tandis qu'il sortait d'un coffre plusieurs mètres de corde.

« Je pourrais te donner des ailes. Les attacher à l'aide de cette corde et dissimuler cette artifice par quelques nœuds. »

Orphée se rapprocha de Tanfee. Très, très près. Ses lèvres firent de même et murmurèrent :

« Mais je ne suis pas certain de pouvoir garder le contrôle... »

Un sourire s'étira sur son visage mortuaire.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Selbas

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Mer 1 Avr - 18:52


Rattenfänger

with Orphée / Tanfee / Wilhelm / Friedrich (-25)



Heberger imageHeberger image



Annelies prit la suite de son père hors de la calèche, les tempes bourdonnantes et le cœur battant la chamade. Son regard brun embrassa la large bâtisse pour ne pas observer le rictus d’ors et déjà satisfait qui se dessinait sur le visage de son géniteur. Car le comte Albert Von Neipperg était content, très content. Pour sa famille, la chance revenait et ses objectifs étaient pour l’instant tous auréolés de succès. Tout d’abord la colonie germanique dans cette Afrique Australe recelant de nègres pour son commerce d’esclave, la magnifique maison qu’il y avait fait bâtir et qui lui servirait de palais, et maintenant les fiançailles.

Cela faisait près de 5 ans qu’il s’acharnait à glorifier son nom et à trouver un héritier. 5 ans depuis la mort de son aîné, dévoré par la petite vérole et ne lui laissant pour seul successeur qu’une fille de 12 ans rouquine, brillante et dévouée à son nom, à la Cause.

Une fille de 17 ans désormais, toujours rouquine, pas vraiment belle mais silencieuse, pliable et pratique. Une fille qui avait les cheveux de sa mère mais son regard à lui, vif et intelligent. L’intelligence. Une chose inutile pour une femme du commun. Mais Annelies devrait former son mari, le manipuler dans l’ombre et lui pondre quelques garçons pour assurer la pérennité de sa lignée. Tel était son devoir de femme et de comtesse. Un devoir qu’Annelies rêvait d’accomplir, pour rendre fier son père.

Cela il en était convaincu. Et sa fille elle-même n’aurait pu lui donner tord.

Seulement. Elle n’avait que 17 ans. Et l’angoisse de croiser pour la première fois celui qui lui était destiné ne la calmait pas.

« Essayez de ne pas rougir. Micha a passé des heures à vous farder, ne faites pas ressortir ces tâches de son malpropres. »
Lui conseilla-t-il sans animosité. Il l’aimait. A sa manière certes et pas seulement pour son utilité de féconde. Elle était la seule qui lui restait, ne pouvant compter sur sa femme souffrante pour se faire encore engrosser – il avait déjà essayé.
« Oui père. » répondit Annelies sans se formaliser. Et elle attrapa son bras en lui souriant.

« Je préfère vous prévenir. La soirée à laquelle nous allons assister ne sera sans doute pas »
Il grimaça. « Des plus calme. Tachez de préserver vos yeux et votre conscience Annelies. Nous ne sommes ici que dans un seul but. »
« Votre ami. » Elle hésitait sur le mot. « Le baron. Vous semblez vous en méfier. Pourquoi ne pas avoir organisé… une autre encontre ? »

La jeune fille s’attendait presque à une remarque sur son idée – son père n’avait pas pu ne pas y penser tout d’abord. Mais ce dernier eut un regard songeur qui la laissa perplexe.

« Hohenwald est un jeune homme particulier. Contacter son père, s'il en avait eut un, et organiser cette union eut été plus facile. Et je dois avouer qu’il est difficile à rencontrer. Cette soirée est une aubaine pour nous tous. Alors je vous en prie. »
Son regard gris la fixa avec fermeté. « Pas d’erreurs. »
« Pas d’erreurs. » Répéta-t-elle sagement.

Ils franchirent le perron du manoir ensemble.

~

Une coupe à la main, Albert fouillait la salle des yeux. Il ne s’était pas attendu à ce que la fête du baron attire tant d’invités. Mais il est vrai que l’entête avait de quoi allécher les plus curieux des excentricités de Von Fausten avait toujours su retenir l’attention même des plus sceptiques. Ne l’ayant encore salué, Albert prit le temps de se demander si cela avait été une si bonne idée. Surtout à l’écoute des quelques conversations qui se perdaient autour d’eux.

« Mon cher Von Neipperg ! » S’exclama soudain un homme de petite taille, accompagné d’une femme austère au visage blême qui évalua d’un coup d’œil la toilette d’Annelies avant de se détourner.

« Comment allez vous ? »
« Très bien Gustav. » Albert força un sourire.
« Et cette chère Annelies, déjà si grande. Votre mère n’est pas ici mon enfant ? »
« Elle se repose »
répondit la jeune fille en effectuant une rapide révérence.
« C’est mieux pour sa santé »

Gustav Tannenbaum échangea un regard complice avec Albert qui ne lui répondit pas.

« Vous avez finalement accepté de venir à la soirée de Von Fausten. Je ne sais quelle surprise il nous réserve, mais sans le moindre indice que le titre, nous avons déjà l’écume aux lèvres. Regardez les tous. Ils parlent déjà de spirituel et de rencontre avec Jésus. »

Le ton amusé du vicomte déplu à Albert.

« J’ose espérer qu’il saura atténuer ses excentricités, surtout en faveur du Divin. »
« Oh oui oui, bien sûr. Enfin vous connaissez Von Fausten mieux que moi. »
« Malheureusement. »

Les propos du comte surprirent Tannenbaum tout autant que sa fille. La femme imperturbable lâcha soudain.

« Ne serait-ce pas Hildegarde ? »

Aussitôt le petit homme tourna la tête, soufflant fort, comme un taureau.

« Oh si si. Allons donc la saluer. Von Neipperg. » Salua-t-il d’un signe. « Je vous dis à plus tard. »

Albert hocha la tête sèchement. Et referma sa prise sur le bras d’Annelies. Dans la foule, il venait de repérer l’objet de sa venue.

« Il est là. »


Annelies inspira, bombant la poitrine, la gorge soudain sèche.

« Ne parlez pas sans mon ordre et ne – »


La voix de Johan Von Fausten le coupa. Le baron arrivait au plus mal et Albert grimaça dans l’ombre, malheureux de devoir retarder l’entrevue.

« Père » chuchota Annelies. « Vient-il de parler de… mort volontaire ? »
« Suivons-les. » Le ton sombre de son père apportait une toute autre réponse. Et c’est avec un regard angoissé qu’Annelies lui emboita le pas. L’odeur de soufre la fit toussoter discrètement, et elle tira un mouchoir de sa manche en dentelle pour en inspirer les effluves mentholée.
« Cette odeur… »

« Faites attention. » Lui murmura son père. Il ne savait quelle vérité se dissimulait derrière la porte, mais au vu du comportement enjoué du baron et de ses propos, cela n’augurait rien de bon.

Spoiler:
 





Revenir en haut Aller en bas
Le basilic
Friedrich Franz Edelstein
✦ Libre pour RP ? : yep

✦ Double-compte : Chester du cheshire//Alexender Rammsteiner//Nikolas Klaus//Kay Sokolov//Hanako Hayashi



Si on en savait plus sur toi ?
✦ Profession: Empereur Austro-hongrois
✦ Pouvoir: Haleine empoisonnée (sous forme de gaz)
✦ Bric à brac:
MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Lun 6 Avr - 21:23


Le jeune empereur Friedrich Franz Edelstein, qui régnait par régence sur le grand empire Austro-hongrois, avait été invité par le Freiherr Johan Von Fausten. Cet homme était connu à la cour de l'empire. Mais le jeune empereur était encore marqué par la mort brutale de l’ancien couple impérial, que furent son père et sa mère. Bien que les marques de la malédiction s’étaient calmées l'empereur ne maîtrisait toujours pas cette « haleine ».

L’Allemagne était toujours emplie de conflits. La discussion fut rude. "Méphistophélès" n'aidait en rien. Cela n'avait rien de rassurant. Cela fut tranché. Il fallait présenter le jeune empereur. Il irait donc, accompagné du garde du corps Schlange et de son précepteur Ronove.

Le trajet fut court : les deux empires étaient frontaliers. Une fois sur place l'empereur et sa suite descendirent de la voiture.

— Nous, Friedrich Franz Edelstein, avons daigné venir voir votre spectacle. Nous, Friedrich Franz Edelstein, espérons que vous nous divertirez avec ce spectacle « L'ôde à la Vérité ! » Conduisez notre humble personne impériale jusqu'à notre place au premier balcon, réservé aux invités de marque.

Ronove fit une courbette de politesse au Freiherr Johan Von Fausten. S'il voulait parler à l'empereur plus amplement, il viendrait le trouver. Il ne pouvait laisser le jeune monarque au milieu de la foule. Pas avant la fin du spectacle, du moins. Schlange ouvrit la marche, ne laissant aucune personne approcher, aucune main approcher, dans une distance de sécurité, de son jeune empereur. Une fois devant le porte que le baron venait d'ouvrir, Schlange fit entrer le garde Castellanos, qui était avec lui, pour faire fouiller les lieux, dans la possible idée d'un attentat à l’héritier de la couronne austro-hongroise.

— Cela ennuie Freidrich Franz Edelstein. Qu'on se dépêche. Notre personne impériale désire prendre place.

Quelque minutes plus tard, le garde revint pour confirmer que tout était en ordre. Friedrich avança, entrant dans la salle, ne portant aucune attention à l'odeur de souffre. On lui répétait sans cesse qu'il était au plus haut de la hiérarchie. Qu'il était un empereur, et donc au-dessus des rois. L’enfant, qui ne connaissait pas encore vraiment le monde, prenait tout cela au pied de la lettre, développant un ego surdimensionné pour son jeune âge. Il se conduisait chez le baron, comme en terrain conquis.

— Qu'on apporte à nous, Friedrich Franz Edelstein, des jumelles et des Husaren Krapferl, pour apprécier, comme il se doit, l'ôde à la Vérité .

Husaren Krapferl:
 
Jumelle:
 


♔ Empereur d'Autriche-Hongrie ♔
Défi:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Wilhelm Hohenwald

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Jeu 16 Avr - 23:46
Allons dépêche-toi un peu Friedschmidt! Tu n'aimerais pas rater les jeunes demoiselles même à ton âge?

Me voilà Graf me voilà. Remettre de l'ordre dans vos dossiers n'est jamais chose aisé en voiture monsieur.

Formidable! Et maintenant suis-moi et vite.

Si je puis me permettre comte, aussi tard que cela puisse paraitre, peut-être aurait-il mieux fallut prévoir un meilleur endroit pour le r-

Allons allons dépêche-toi nous allons rater la soirée!

-Rendez-vous...

Wilhelm Hohenwald en -25 (17 ans):
 

Sortant du véhicule, ce vieux Friedschmidt servant de majordome rattrape enfin son nouveau comte. Voilà une soirée de plus où le comte se fera remarquer pour ses décisions quelques-peu osés ou désintéressé, c'est selon. Wilhelm von Hohenwald, jeune homme devenu comte dès sa seizième année, caractère insolant dont les opinions et les actions controversés ont d'ores et déjà donné naissance à plusieurs rumeurs peu flatteuses sur ses origine sa naissance et son héritage de la part de ses détracteurs. Jamais longtemps au même endroit, rarement chez lui et toujours partit pour des affaires. Ne se rendant que là où ses intérêts pourraient êtres servi. Ignrant et méprisant ce qui ne peuvent lui apporter quelque chose, hôtes des événements auquel il répond présent inclu. Malgré ce qui peut être dit sur lui, le jeune Hohenwald est malgré tout un comte légitime ayant hérité d'une fortune colossale même parmi les plus grands. Cette sortie serait également importante si ce n'est plus encore. Non seulement le baron von Fausten promettait un événement peu classique mais c'est aussi le lieu de rendez-vous avec Von Neipperg. Encore un autre noble certes mais un noble riche détenteur d'un commerce qui ne laisse Hohenwald pas indifférent et dont l'invitation semblait plus sérieuse que certains.

Ce comte tarde bien trop et cette attente s'éternise. Quel heure est-il Friedsmichdt?

Il est très exactem-

Seulement six minutes que nous sommes là?! J'espère au moins que la soirée sera agréable.

Si je puis me permettre pourriez-vous me laisser finir mes phr-

Monsieur Hohenwald bien le bonsoir.

Oui oui c'est ça bonsoir.

Comment vous portez-v-

Ne m'en voyez pas désolé Richtofen mais j'ai d'urgentes affaires à régler à un certain instant, tout de suite par exemple.

Après avoir été accueilli comme il se devait par le baron lui-même, le comte juvénile voyait sa curiosité piquée au vif. Le baron semblait curieusement "vivace". Ajoutez à cela le rendez-vous avec Neipperg et le nom inconnu au bataillon qu'est "Mephistophélès" et vous avez alors un jeune homme bien trop impatient. Se lassant d'attendre, le jeune comte partit ailleurs, cela fait déjà bien trop longtemps que Von Hohenwald attends celui qui n'est n'est même pas son hôte. Passant d'un noble à un autre, dévisageant chacun d'entre eux comme si on lui avait volé un quelconque bien, et ce, suivi tant bien que mal par son malchanceux majordome. Saluant à peine les connaissances présentes à la soirée jusqu'à heurter accidendetellement certaines personnes avant de filer aussi vite que cela est arrivée. Au même instant, Friedshmidt suivit tant bien que mal son maitre en prenant soin de ne pas faire les mêmes erreurs que son comte. Il aurait été un comble pour un professionel du millieu de faire preuve d'aussi peu d'attentions et d'adresse. Cette micro-poursuite se fit un bref instant jusqu'à ce que ce le bon vieux serviteur remarqua un visage accompagné d'un autre qui ne lui était pas sans lui être familier. C'était bien lui! Il lui faudrait désormais reprendre sa course vers Von Hohenwald pour en finir et, peut-être, avoir un moment de tranquilité.

Mein Graf! je les ai trouv-

Peine perdue pour le vieil homme qui venait pourtant d'atteindre le jeune comte. A peine ce dernier s'était-il d'ailleurs retourné qu'une voix attira leurs attentions. A cela vint un autre saut d'humeur de la part d'Hohenwald.

Neipperg attendra. Qui plus est, nous aurons toutes les chances de le croiser juste après.

Ceci étant dit, Wilhelm Von Hohenwald et son servant firent comme n'importe qui en suivant l'hôte. Odeur infernale, noirceur abyssale, froideur hivernale. Tout est là pour commencer à se soucier un tant soit peu de la situation mais même cela n'était finalement que peu comparé au majordome observant son maitre. Le regard aguerri et apparament impassible face à l'odeur, l'on pourrait dire que le Hohenwald serait tel un enfant voyant son attention aller d'une chose à une autre aussi vite que l'éclair si cela était dans ses habitudes. Pour la première fois, le vieux Friedschmidt pouvait observer son maitre avec une attitude qui n'était pas la sienne. Ce qui commençait à l'inquiéter n'était pas cette mise en scène mais la soudaine fascination du jeune Wilhelm pour ce qui ne devait être une priorité. Comme s'il ressentait quelque chose que lui ne pouvait appréhender normalement. Sans dire un mot, le comte fit comme n'importe qui d'insensé et passa outre la porte sans daigner prêter attention aux autres invités, pas même à cet enfant bien trop curieusement accompagné. La soirée commençait finalement à gagner véritablement en intérêt pour au moins quelques personnes, mais en quoi ça...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Orphée

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Sam 18 Avr - 9:10
La soirée promettait d'être riche. Car, en plus du futur spectacle du dénommé Méphistophélès, des relations se nouaient et se jouaient dans la foule impatiente. Orphée n'en avait pas conscience car il attendait depuis l'ouverture des portes...

Johan Von Fausten avait invité personnellement chacun de ses invités. Il avait tenté de faire la discussion à tous mais son état d'excitation et le flot perpétuel de nouveaux arrivants ne lui permettaient pas de rester longtemps à la même place.

Puis le moment était enfin venu. Il avait attiré l'attention pour finalement les emmener dans cette salle obscure qui empestait le souffre démoniaque. Désormais, les grands rideaux pourpres s'ouvraient. Le spectacle pouvait commencer.

-

Von Fausten attendit que le silence soit complet. Et il attendit encore afin de faire grandir le suspens. Il attendit toujours de sorte à ce que chacun prenne conscience de l'endroit où il se trouvait et de ce qu'il exhalait.

Pour une salle d'étude, la pièce était plutôt grande. Le manoir du baron avait l'apparence extérieur de l'opulence. Des murs blancs gravés de milles détails à celui qui prenait le temps d'y faire attention. Les pièces qui avaient été crée pour recevoir du monde était lumineuse et bien garnies de mobiliers aux finitions patinés. Alors que dans cet endroit... C'était un autre monde. C'était la matérialisation de chaque part ténébreuse en tout homme. Cette partie que l'on essayait de dissimuler aux autres et à soi-même. Ces voix qui vous murmurent des insanités dans le creux de votre oreille, qui vous poussent à commettre les pires exactions que l'homme puisse commettre et qui résonnent encore et encore derrière tout ce flux de pensées mondains.

« Mesdames, mesdemoiselles et messieurs. » introduisit Von Fausten qui avait fait quelques pas pour se détacher du groupe.

Il se retourna pour faire face à son assemblée et ouvrit grands les bras pour présenter « le lieu où se trouve la Vérité ». Tous les regards le détaillaient. Toutes les oreilles étaient fébriles, dans l'attente de ce qui allait suivre.

Et Von Fausten reprit la parole. Ses mots n'étaient maintenant plus qu'un murmure.

« Dans cette pièce se trouve déjà le démon. Son enveloppe charnelle l'attend. Inanimée. »

A nouveau, il se tut. Il laissa son audience être submergé par le silence et l'obscurité. Certains devaient frissonner. D'autres devaient être impatients et rouspéter. Mais aucun ne pouvaient partir : soit en vertu des règles de bien-vivre, soit en vertu d'une curiosité insatiable.

« L'esprit de Méphistophélès flotte dans cet air lourd. Ses poils qui se hérissent dans votre cou sont la marque de son passage. Ce que vous croyez percevoir dans le silence sont ses mots. »

Le corps de Von Fausten était aussi communicatif que les mouvements de sa langue. Ses mains semblaient pointer tour à tour ce qui constituait cette salle. Elles semblaient essayer de mettre sur la voix les esprits qui n'étaient pas encore paralysés. Peut-être ce démon se trouvait-il dans ce coin sombre, derrière cette étagère remplie de bocaux où flottaient des choses innommables ? Peut-être se trouvait-il non loin de ce squelette, gardien possible d'un cimetière en-dessous leurs pieds ? Peut-être se trouvait-il tout simplement dans les ténèbres mais comment cela pouvait-il être possible : un garde s'était assuré de la sécurité de la scène de théâtre avant de laisser entrer son maître...

Soudainement, Von Fausten se retourna face au vide. Il leva la tête vers le plafond et cria !

« Méphistophélès ! Viens nous chanter ton Ode à la Vérité ! »

Les yeux d'Orphée s'ouvrirent.

« Mon chéri, j'ai l'impression que le squelette me fixe... »

« Ne dites pas de sottises, ma chèr- »


Un rictus déforme le crâne.

« Regardez tout là-bas. La mort semble s'éveiller d'une nouvelle vie. »

Von Fausten était ravi. Il avait craint que tout ce la ne soit trop théâtrale, trop surjoué. Mais il fallait avouer que les sensations étaient au rendez-vous.

Tandis que Méphistophélès posait son premier pas sur le sol. Un brouillard blanchâtre commença à ramper sur le sol. Et plus le Démon se rapprochait des invités du Baron, plus le brouillard gagnait en épaisseur.

Son avancée semblait inéluctable. Les démons n'avaient bonnes réputations et quelques cris et évanouissement furent la réponse adapté à un surplus d'émotions.

« Méphistophélès ! Je te somme de t'arrêter. »

Orphée s'arrêta, gardant toujours son épouvantable rictus sur son faciès mortuaire.

« Voyez mesdames, mesdemoiselles et messieurs : j'ai un parfait contrôle sur lui. Il n'y a pas de chaînes cliquetantes. Simplement un puissant contrat passé entre lui et moi. N'ayez aucune crainte. »

A ce moment, Von Fausten conseilla aux époux et aux pères de prendre soin de ceux qui avaient des vertiges, des nausées ou qui avaient perdus connaissance. Il appela ses domestiques qui semblèrent sortir des ombres. Des plateaux contenant un pichet en cristal et des verres, mais aussi des serviettes furent proposés à ceux qui en avaient besoin.

Orphée ne bougeait pas et observait. Il écoutait les conversations qui devenaient de plus en plus nombreuses. Certains semblaient réellement croire en son existence démoniaque. D'autres étaient encore circonspects. Von Fausten leur avait donné un entracte. La première scène venait d'être jouée.

La prochaine serait autrement plus amusante. Sa Muse lui apporterait sa belle et longue flûte traversière.

Méphistophélès jouerait alors l'Ode à la Vérité...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Zahnfee V. Edelstein

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Dim 19 Avr - 11:59
La symphonie des cris et de l'effroi sonna doux à ses oreilles. Son homme, son Rattenfänger, trônait au centre de la pièce exigüe où les souffles d'excitation se disputaient à la peur. Johan lui parlait, exultait, dompteur tragique à la parole fébrile. Qu'il se rende à l'évidence : il ne maitrisait rien de la Bête. La Bête avait jeté son dévolu sur lui et sucerait son âme comme une sangsue, jusqu’à la dernière saillie.

Elle sourit dans l'obscurité.
"Regarde-moi, mon amour! Regarde moi, je viens à toi...."


Les bougies vacillèrent. Certaines s'éteignirent. Le monde bascula sans dessus-dessous. Alors elle alluma la lanterne de leur salut. Elle surgit derrière eux, du fond de la pièce, du coin opposé à Méphistophélès. La nuée d'insectes poussa des "Oooh !" et des "Aaaaaah!" en s'écartant telle la Mer Noire. Elle portait le masque de crâne d'oiseau que son tendre amant avait dédaigné. Il couvrait le haut de son visage et laissait son opulente chevelure rousse en cascade dans son dos. Elle était nue, de la tête au pied, sa peau luisant d'or et de sienne. D'étranges ailes ternies de rouge se déployaient dans son dos. Les cordes qui ceignaient le stratagème étaient dissimulées sous la lourdeur de ses seins pleins et la couverture de ses cheveux. Elle brandissait la source de lumière, bras tendu devant elle, faisant danser des ombres fantastiques sur les murs. Mamelons dressés vers le ciel et bouche suscitant tout les appétits, elle démontrait aussi puissamment que simplement, le véritable sexe des anges. Elle avança à pas comptés, révélant les voracités, frôlant les têtes de certains superstitieux tombés à genoux et en prière sur son chemin. Une mère nourricière, frôlant les blés, bénissant ses petits affamés. Son corps tout entier était une supplique du désir et de la procréation.

Son autre main tenait la flûte. Au poing. Comme une arme.

Elle posa la lanterne au pied de Méphistophélès, hypothétique adversaire, alors que les mortels rasaient les murs et que Johan s'était éclipsé. Elle tira l'instrument de musique au clair, comme pour trancher la tête du cornu. Mais au lieu de cela, elle mordit sauvagement la partie charnue de sa paume, sous le pouce. Le sang perla sur sa peau, giclant entre ses dents. Sa langue pourlécha ses lèvres souillées. Elle enduit la flûte de son sang, avec une langueur extrême, obscène.
La Vie consacrait la faux de la Mort.
Elle porta délicatement la flute au dessus de sa tête, à deux mains, comme une relique, et se laissa choir au pied de Méphistophélès. Écrin de chair et d'amour de son puissant instrument. Offerte et dévouée.
Une fois cueillie, la flute lui laissa les bras libres pour enserrer les fourrures de sa moitié et tourner son visage vers les spectateurs.

Ainsi débuta l'Ôde à la Vérité.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Selbas

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Dim 26 Avr - 15:40


Rattenfänger

with Orphée / Tanfee / Wilhelm / Friedrich (-25)



L’entrée de l’enfant fut remarquée autant par Annelies que par son père. Intriguée par le comportement de l’empereur, elle se permit de poser une main sur son géniteur, murmurant au plus bas pour ne pas attirer l’attention.

« Père, qui est-ce ? »
Sur son visage, Neipperg pouvait lire l’embarras de son unique héritière. Fort heureusement pour elle, il ne pouvait pas non plus la corriger. Ses sourcils froncés détaillèrent le visage de ce gamin. S’il ne lui apporta rien comme information, le nom lancé par cette voix juvénile suffit à le renseigner.
« L’héritier de l’empire Autriche-Hongrie. »

« Mais que fait-il ici ? N’est-il pas. » Elle se troubla un peu plus. « Un peu jeune pour le sujet que votre ami souhaite aborder ce soir par cette pièce de théâtre ? »
« Je reste persuadé que Von Fausten saura se montrer intelligent quant au choix de sa réalisation. Des morts. » Neipperg renifla. Et l’odeur de souffre lui arracha un nouveau toussotement. « Des subterfuges pour attirer l’attention. Il faut toujours qu’il soit au centre de toutes les conversations. »

Annelies hocha simplement la tête. Et son regard se perdit une nouvelle fois dans la foule, pour tenter de repérer son futur fiancé. Émotive, elle sentait l’angoisse lui tordre les entrailles. Et tâcha d’oublier ses peurs bibliques quant au sujet de la pièce en se demandant, puérilement, si sa tenue et sa coiffure plairait au comte de Hohenwald.

« Mesdames, mesdemoiselles et messieurs. »


Il faisait malheureusement bien trop sombre malgré les quelques bougies. Annelies redressa la tête, reportant son attention sur l’hôte de cette soirée.

« Dans cette pièce se trouve déjà le démon. Son enveloppe charnelle l'attend. Inanimée. »


Le démon ?


Son cœur rata un battement. A ses côtés, une vieille rombière se signa.

« L'esprit de Méphistophélès flotte dans cet air lourd. Ses poils qui se hérissent dans votre cou sont la marque de son passage. Ce que vous croyez percevoir dans le silence sont ses mots. »


Annelies suivit le ballet de ses mains tout en se rapprochant de son père. Ce dernier, dans un geste certainement inconscient, lui tapota la main pour la rassurer. Tous deux demeuraient muets.

« Méphistophélès ! Viens nous chanter ton Ode à la Vérité ! »


Il y eut un bruissement de conversation au côté opposé à leur présence. Annelies tendit le cou avant de regretter son geste. Elle ignorait si elle avait envie de voir. De savoir.
Tout cela l’impressionnait bien trop.

« Regardez tout là-bas. La mort semble s'éveiller d'une nouvelle vie. »
« Seigneur » murmura Neipperg en reculant.

Dans la foule, un squelette prenait place. Obligeant les invités à reculer. Se mouvant dans leur direction. Les yeux d’Annelies s’exorbitèrent de terreur.

« Père »
Elle étouffa un cri de la main aussi rapidement qu’elle avait appelé à l’aide. Neipperg se plaça aussitôt devant elle, comme pour la protéger.

Une femme s’évanouit devant eux.

« Annelies ne flanche pas. »
Ses yeux aciers fouillaient l’ombre pour trouver la sortie. Hohenwald ou pas, ils devaient s’extirper de ce piège démoniaque. Et ce qu’importe le contrôle que Von Fausten semblait exercer sur cette créature.

« Père ça ne peut être vrai. »
Mais pour des croyants comme leur famille, difficile de réfuter ce que la Bible leur avait enseigné à craindre depuis tant d’années. L’enfer.

Il y eut un souffle. Juste un souffle parfumé. Une présence.

Annelies se tourna tandis que les bougies vacillaient.
Et fit face à un ange.

Un ange nu.


Elle ne put la lâcher du regard. Ne put ignorer son visage dissimulé sous le masque d’oiseau. Ni la poitrine dressée de sa féminité. Ni son corps dénudé, sa féminité à peine peinte par les ombres et par l’or. Elle avait des ailes rouges comme baignées par la rage et le feu.

Elle était magnifique.

Annelies s’écarta, se signa. Et pria.

A ses côtés, son père s’était retourné en ne l’entendant pas répondre. Et eut le souffle coupé de cette apparition aussi choquante que sensuelle.

Il sentit les picotements d’un mal de jouvenceau lui descendre de la nuque jusqu’à son bas ventre. Et tout aussi promptement se glissa auprès de sa fille pour lui fermer les yeux d’une paume ferme. Et luisante de sueur.

« C’était un ange père. C’était un ange »
bredouilla son enfant, régressant aussitôt à un âge inférieur.
« Ne regarde pas. Quoiqu’il se passe Annelies, ne regarde plus rien. »

L’ange tenait une flûte, que le démon prit. Et la jeune fille trembla sous sa main. La Vérité ayant trop d’impact pour son âme jeune et innocente.

Le sang jaillit, de l'offrande de la vie à la mort.

Pour Neipperg, la vision était aussi fascinante que blasphématoire.

Ca ne devait être qu'une pièce de théâtre. Que Dieu pardonne à Von Fausten ce parjure. Mais cela ne pouvait exister. Cela ne pouvait être vrai.

Mais il ne pouvait s’en détourner.





Revenir en haut Aller en bas
Le basilic
Friedrich Franz Edelstein
✦ Libre pour RP ? : yep

✦ Double-compte : Chester du cheshire//Alexender Rammsteiner//Nikolas Klaus//Kay Sokolov//Hanako Hayashi



Si on en savait plus sur toi ?
✦ Profession: Empereur Austro-hongrois
✦ Pouvoir: Haleine empoisonnée (sous forme de gaz)
✦ Bric à brac:
MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Dim 3 Mai - 23:48

Le jeune empereur Austro-hongrois avança, emboîtant le pas à son garde du corps. Les regards étaient posés sur lui, mais cela l'importait peu. Après tout les ragots à l'encontre de sa personne n’étaient pas chose nouvelle depuis la mort de ses parents. Elles étaient même fréquentes lors de ses apparitions publiques. Friedrich se plaça au plus près de la scène. Il voulait pouvoir observer comme il se doit. Il était, après tout ,le futur empereur des arts.

Friedrich, entouré de sa légère suite, observait les murs qui, il devait l'avouer, étaient d'une grande beauté. Le maître des lieux s’avança et leur adressa la parole à tous. Des paroles qui firent à peine lever un sourcil au jeune empereur. Les démons... Il laissa un léger sourire se dessiner sur son visage. Il avait vu un enfer dès son plus jeune âge. Pour le moment rien qui n’impressionnait le jeune empereur. Il avait l'habitude des pièce théâtrales en tous genres. Un homme dans le noir n'était qu'une marionnette à ses yeux.

Quand des cris surgirent dans la foule, Friedrich eut un sursaut. Non pas de peur mais il fut saisi. Apparemment une femme avait fait un malaise. Une scène revenait en mémoire de Friedrich. Celle de ses parents, gisant sur le sol, manquant d'air, leurs visages se déformant de douleur, leurs peaux cloquant avant d'exploser quand le poison parcourut leurs veines. Cette vision le hantait encore. Alors comment être impressionné par un homme qui bouge dans le noir, sous le prétexte des seules paroles d'un simple mortel, qu'il s’agisse bien d'un grand démon.

« Méphistophélès ! Je te somme de t'arrêter.Voyez mesdames, mesdemoiselles et messieurs : j'ai un parfait contrôle sur lui. Il n'y a pas de chaînes cliquetantes. Simplement un puissant contrat passé entre lui et moi. N'ayez aucune crainte. »
— Que cela est pitoyable. S’évanouir ou crier de peur pour si peu. Nous, Friedrich Franz Edelstein, trouvons cela, comment dire... ennuyeux.

Mais les bas gens s'affolaient d'un rien, apparemment. Friedrich envoya un de ses gardes faire le tour de la salle pour voir si certaines personnes avaient besoin d’être évacués. C'est à ce moment qu'une femme apparut en fond de salle. L'empereur tourna légèrement la tête, jusqu'au moment où elle passa, non loin, de sa personne.

Voila une chose que Friedrich appréciait. Non pas la nudité apparente de la femme. Il était bien trop jeune pour se soucier de cela. Mais plutôt du crâne difforme posé sur sa tête, et cette longue chevelure rouge sang qui sortait de l’arrière de ce crane, tels les organes crânien qui s'étaient glissés doucement le long de la longue chevelure de la femme, transformant cette dernière en chevelure du diable.

Friedrich était plus fasciné par cette femme aux ailes de feu, qu'il défiait du regard, que par l'homme à qui elle tendait une flûte. Flûte qui, maintenant, était recouvert de son sang. Il devait avouer que la mise en scène était devenue bien plus intéressante maintenant. Voilà une mise en spectacle qu'il appréciait, bien que quelque peu libidineux.

L'homme allait sûrement jouer de cette sanglante flûte. Friedrich espérait qu'il ferait autre chose que juste avancer cette fois. Friedrich était devant un spectacle. Pour lui il était au théâtre et le deuxième acte commençait. Friedrich haussa la voix pour se faire entendre du joueur de flûte.

— Est-ce que l'Ode à la Vérité va enfin commencer ?



♔ Empereur d'Autriche-Hongrie ♔
Défi:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Orphée

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Dim 24 Mai - 8:11
Après tant d'attente, le second et majeur acte pouvait commencer.

-
Premier mouvement : PEUR

Tandis que les doigts bouchaient et débouchaient les trous de la flûte traversière, la magie se répandait dans la pièce. Tel un chasseur pistant et traquant son type de gibier favori. Lorsqu'enfin la magie avait détectée la peur inconsciente cachée au fond des entrailles : elle plongeait dedans !

Un homme qui, en temps normal, reste au-delà des lumières. Que cela soit la lumière du jour, ou le feu des projecteurs qui le place au centre de rumeur. Cet homme qui ne peut supporter la lumière de la vérité et le regard des autres est alors pris d'une réaction insensée. Il se rue vers un des serviteurs de Johan Von Fausten, s'empare de la carafe en cristal. L'objet tombe par terre et explose en petites parties, dont l'une d'entre elle vient lui crever les deux yeux : le rendant alors aveugle et gémissant.

Au côté de Wilheim Von Hohenwald, Friedschmidt se met alors à parler sans discontinuer. Parlant de tout et de rien, il parle. Toute sa vie, il a été au service du jeune Hohenwald ou d'une autre personnalité. Toujours en retrait, cloisonné dans son rôle d'assistant sans jamais vraiment pouvoir donner le vrai fond de sa pensée. Friedschmidt parle et parle, sans jamais prendre de pause, de peur que quelqu'un lui vole sa langue.

-
Deuxième mouvement : LUBRICITE

Les yeux fermés, Orphée était concentré à jouer chacune des notes qu'il voyait se transformer en une espèce de ballet tentaculaire. Des appendices invisibles, de son et de magie, qui s'enroulaient parfois autour d'un homme ou d'une femme, l'enserrant jusqu'à lui faire cracher son désir inconscient.

Une vieille femme tourne la tête vers un jeune homme. Ce dernier capte son regard et s'avance rapidement vers elle. Les deux se connaissent depuis très longtemps étant donné que la vieille femme est l'ami de la mère de l'homme. Ils se sont vus grandir l'un l'autre, tout autant que cet amour interdit. Désormais, la Mort vient de parler : ils ne sont plus chez les vivants, ni dans les palais où règlent la bienséance. Qu'ils se livrent à leur passion !

L'empereur Austro-Hongrois, peut-être à la recherche de la protection de sa garde, tourne la tête d'un côté puis de l'autre à leur recherche. Il les découvre parmi cette foule endiablé, tombant chacun à leur tour sous le charme de la Mort et de sa musique libératrice. Les hommes armés de Friedrich ont laissé tomber les armes et leur mission de protection. Ces hommes qui viennent du peuple ne vont pas laisser gâcher cette occasion d'aller s'acoquiner avec les bourgeoises qui leur sont d'habitude intouchables.

-
Troisième mouvement : FOI

La mélodie semble s'élever dans les airs, dépasser le plan humain pour aller recherche une perfection divine. Quelque chose qui représente ce que sont Orphée et Tanfee au-delà du masque. Quelque chose qui lie la Mort et la Vie dans un instant éphémère d'une intense compréhension de tout.

Deux groupes se sont formés. Des discussions houleuses qui tournent très vite aux cris et aux injures. Lorsqu'il est question de religion, les hommes se sentent obligés de tirer les lames et de partir à la conquête de la terre sainte. Dans ce royaume souterrain en Allemagne, il y a ceux qui veulent débarrasser le démon Méphistophélès au nom de Dieu. Tandis que les autres sont le bouclier de la Mort.

Annelies et Von Neipperg sont deux croyants. A la différence de la jeune femme, le père a déjà vécu une longue vie. Une vie qui n'a pas été de tout repos et qui présente quelques erreurs et pêchés dans son sillage. La flûte vient de mettre à vif la foi de cet homme qui se jette aux pieds d'Orphée. Commence alors une confession cruciale qui déterminera si son âme finira effectivement dans cet Enfer, ou si elle connaîtra la salvation et pourra remonter voir la lumière.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Selbas

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Sam 30 Mai - 15:11


Rattenfänger

with Orphée / Tanfee / Wilhelm / Friedrich (-25)



Quand la musique prend place dans la pièce, la foule attentive, incertaine et incrédule se change en danseurs sans conscience, entièrement livrés aux travers de leurs âmes, à ce chaos de beauté, de force, de pulsions refrénées aux accords si profondément bestiaux qu’ils en deviennent presque fous. Les yeux toujours clos par la main de son père, Annelies sent son cœur battre au rythme de cette mélopée que le joueur de flûte, ce démon, répand dans leurs âmes sans concession ni complaisance pour leurs faiblesses. A sa gauche soudain, un cri s’élève, un mot « Blasphème ». C’est une voix masculine, forte et intransigeante qui tire aussitôt l’épée, se dirigeant vers le diable. Deux autres voix se font entendre pour l’en empêcher, clamer leur soumission à cette divinité qui vient de leur apparaitre, porteuse d’un message qui les dépasse tous en tant qu’humain. La dispute, qui vire soudain en bagarre, la rend nerveuse, mais alors qu’elle attrape la main de son père et veut lui demander, plaintivement, à partir au plus vite, on la bouscule sévèrement.

Arrachée à son géniteur, ses yeux s’ouvrent, perdus. Elle n’a pas de repères, et la première chose qu’elle voit, dans ce tumulte dissonant, ce n’est ni l’ange, ni le démon. Mais le jeune homme et son ainée. Enlacés tous les deux, leurs corps semblent ne faire qu’un et leurs bouches liées se dévorent sans pudeur. Elle voit ses mains à elles fouiller sur son torse et descendre entre eux pour défaire sa braguette à lui. Et ses mains à lui se poser sur la rondeur encore ferme de ses seins à elle. Ensemble ils s’aiment et ça en est choquant.

Bouche bée, Annelies se détourne. Et cherche son père qui, figé, observe le démon. Il semble ailleurs, sourd aux insultes qui fusent, aux prises à partie de ses confrères qui le savent croyant et conscient des choses.

« Neipperg ! Tirez l’épée ! Ces fous veulent défendre le diable ! »

« Neipperg réveillez vous mon ami ! Il faut briser cette sorcellerie et les amener au bûcher ! »
« Saisissez le démon ! Saisissez sa putain ! Saisissez leur maitre ! »


Un mouvement de foule cherche à cueillir le baron, à le massacrer lui, l’instigateur de l’ôde à la vérité.

Et au milieu de tout ça, l’aveugle gémit en rependant son sang, bouscule Annelies qui tâchait de rejoindre son père, éclaboussant sa robe et lui arrachant un hurlement terrifié.

Albert Von Neipperg n’entend pas la plainte de son enfant. Il se fiche des gardes qui se sont rués sur la noblesse qui s’offre, cuisses écartées, à leurs baisers et à leurs mouvements incertains. Se fiche des combats pour défendre ou contrer la parole de Dieu. Les yeux en pleurs, les mains levées, il s’approche du démon sans peur ni honte. Et s’agenouille à ses pieds. Dans ce désordre, ses mots sont presque étouffés mais se cale sur la musique qui se joue, comme un chant.

« Pardonnez-moi mon Seigneur car j’ai pêché. A 15 ans j’ai volé les deux pièces d’or que ma mère dissimulait dans la bourse rouge. J’ai acheté avec ces pièces une prostituée de la région dont je n’ai jamais su le nom. Ce n’était qu’une fermière dont j’avais entendu les rumeurs, le jardinier en faisait régulièrement son usage.

J’ai épousé une femme que je n’ai jamais aimé et j’ai profité un soir de l’absence du mari de sa sœur pour la tromper avec cette dernière. Mon neveu est très certainement mon fils, je reconnais mes traits sur son visage, personne ne dit rien. Je voudrais le reconnaitre mais je ne le peux, alors que le mien est mort, Seigneur tout puissant Ta justice est miséricordieuse. La vie ne m’a laissé qu’une fille inutile que je peine à faire marier et je voudrais déjà qu’elle soit engrossée d’un héritier qui puisse reprendre les affaires, que je trouve une quelconque fierté à son existence car Seigneur, elle ressemble à sa mère en tout point et son faciès fadasse me révulse.

L’adultère et la luxure ne furent pourtant pas mes seuls pêchés, oh Seigneur pardonne moi, car j’ai tué un ivrogne qui cherchait querelle il y a trois mois de cela et j’ai fait accuser le serviteur qui m’accompagnait pour me protéger de la justice.

J’ai versé des pots de vins conséquents dans l’affaire que je compte mener en Afrique. Et je pense accepter l’offre de ce braconnier au visage basané qui me soumettait l’idée d’offrir aux chasseurs de tête la main mise sur les négresses non fécondes de mon entreprise, pour mieux protéger mon or et mon rendement. Ainsi que mon titre.

Mais je suis riche Seigneur, et en Ton nom pour que Tu me pardonnes, je construirais une église en Afrique, j’apporterais Ta bonne parole pour sauver les âmes pécheresses de ces animaux noirs et je donnerais au fils de ma fille le nom de Jésus, en l’honneur du Tiens, qui s’est sacrifié pour les hommes et leurs pêchés, sur la sainte croix.

Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour. La bonté du Seigneur est pour tous, Sa tendresse, pour toutes Ses oeuvres. Que Tes œuvres Te rendent grâce et que Tes fidèles Te bénissent ! »






Revenir en haut Aller en bas
Le basilic
Friedrich Franz Edelstein
✦ Libre pour RP ? : yep

✦ Double-compte : Chester du cheshire//Alexender Rammsteiner//Nikolas Klaus//Kay Sokolov//Hanako Hayashi



Si on en savait plus sur toi ?
✦ Profession: Empereur Austro-hongrois
✦ Pouvoir: Haleine empoisonnée (sous forme de gaz)
✦ Bric à brac:
MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Mar 9 Juin - 11:16

Cette mélodie était étrange, ni plaisante, ni déplaisante. Mais en ouvrant les yeux le jeune empereur vit un spectacle des plus absurdes. Un homme qui s’était crevé les yeux avec une carafe de cristal qu'il avait lâché, d'autres qui criaient sans véritable raison. C'est ce qu'on appelait la panique à bord. Friedrich chercha rapidement ses gardes, entre celui qui lui montrait un spectacle de la chair humaine, et Ronove qui courtisait, sans aucune manière, plusieurs dames en même temps.

Mais le plus marquant était Schlange qui, à genoux, avait une mine abattue. Il suppliait qu'on lui pardonne, qu'il n'avait pas su protéger l'empereur, ni son fils. Friedrich, malgré son jeune âge, comprit rapidement que tout le monde était pris dans des illusions vu que, bien que Schlange l'affirmait, non Friedrich n’était pas mort.

C’était donc ainsi que le maître musicien de la salle voulait faire éclater la vérité. Le titre était plutôt bien choisi. Mais la goutte de trop était l'homme au pied du flûtiste, qui l’implorait, lui, son dieu ?
Fadaises et, surtout, quel blasphème.

Friedrich ne chercha pas à comprendre plus loin. Il monta, approcha le trio d'adulte : la rousse qui ne bougeait plus et admirait toute la scène, le blasphémateur, et le maître de la vérité.

— Ta vérité n'est qu’illusion. Et cela ne nous plaît point à nous, Friedrich Franz Edelstein. Les êtres vivants vivent dans la réalité.

À peine avait-il fini de parler que le jeune empereur saisit le bout de la flûte, de l'homme au masque de mort, pour atténuer le son.

— Vous n'êtes qu'un tricheur et vivez dans vos propres chimères monsieur. Mais le peuple, lui, vit dans la réalité. Il n'a pas à subir vos sombres illusions. Veuillez arrêter cela immédiatement.


♔ Empereur d'Autriche-Hongrie ♔
Défi:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Zahnfee V. Edelstein

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Ven 28 Aoû - 13:31
Accrochée aux jambes de son aimé, baignée par les émotions vives de cette foule qui se meut comme des vagues, des flots d’âmes ballotées, Tanfee exulte. Et cette exultation insane la rend plus belle, plus appétissante et plus irréelle encore. Cette attraction dont elle jouit explose en grappes lourdes d'humeurs et de sel partout autours d'elle.

Son joueur de flûte est beau.
Son joueur de flûte est grand.
Et grâce à lui -grâce à elle - ils voguent au dessus du tumulte de ces corps empêtrés, suants, suffoquants et souillés.

Un rire gracieux et cristallin s'échappe de ses lèvres pleines. Cet amour qui est le leur, voilà donc de quelle trempe il se constitue : de divin, d'improbable, d’excréments humains, de ces carcasses grouillantes de vers et de vices, de secrets et d'espoirs vains. Comment ces gens auraient-ils pu comprendre ce qui n'était pas possible d'appréhender. Le Commun des Mortels. Car mortels, eux ne le sont plus, ni lui, ni elle. Muse et Musicien se sont vus sublimer par la flûte.
C'est elle le lien véritable.
C'est elle la main du destin.

— Ta vérité n'est qu’illusion. Et cela ne nous plaît point à nous, Friedrich Franz Edelstein. Les êtres vivants vivent dans la réalité.

Tanfee tourne lentement la tête vers la note dissonante, celle qui perturbe la sublime symphonie. Ce n’est guère plus qu'un moustique qui piaille à son oreille. Strident et ridicule. C’est déjà trop. Lentement elle se lève, drapée de sa simple nudité et son aura souveraine.
Le gamin, roux comme elle, continue de s'élever en simple bruit séditieux.

— Vous n'êtes qu'un tricheur et vivez dans vos propres chimères monsieur. Mais le peuple, lui, vit dans la réalité. Il n'a pas à subir vos sombres illusions. Veuillez arrêter cela immédiatement.


L'infect petit insecte se saisit de la flûte avec ses mains sales, crasseuses d'humanité et d'orgueil. Tanfee ne le supporte pas. Dans sa transe magnifique, elle sent sa colère embraser son corps tout entier. Ses doigts potelés attrapent l'enfant par le poignet et le serrent à l'en faire craquer ses os, libérant l'instrument de son aimé.
D'une gifle sans appel elle envoie valser le petit.
Le claquement brutale couvre un millième de secondes toute mélodie.
Elle rayonne, la native d'Hamelin, elle vibre comme un petit soleil. La petite souris n'a plus le poil gris. Dans son sang pulse le vrai pouvoir, celui qui se refuse à elle depuis tant d'année, celui qu'elle porte comme une coupe étanche mais qui n’effleurera jamais ses lèvres. Il ne se peut.
Elle vaut mieux que ça.
Elle est la Muse.
Elle est la Vie.

Le rouquin sent soudain le fond de son palais se noyer d'une douleur aigüe. Ses gencives le lancent. Son émail semble sur le point de se briser en milles morceaux. Sa dentition n’est que souffrance.

Elle est la Muse.
Elle est la Vie.
Elle est la Fée des Dents, aussi.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Orphée

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Mar 1 Sep - 18:44
« ... »

Qui est-il pour interrompre la Vérité ? Comment peut-il oser ?

Orphée observe l'homme qui parle de lui à la troisième personne du singulier. Comment peut-il l'énerver autant qu'il l'intrigue ? Son visage qui figurait alors de la surprise n'a pas le temps de changer en quelque chose d'autre. Probablement une espèce de folie théâtrale suivi d'un rapprochement enfiévré.

(PAF!)

La folie revient arrondir les yeux et la bouche de la Mort. La Vie est entrée sur scène violemment. Comme une prêtresse qui ne peut accepter qu'on bafoue une tombe, viole un cimetière, dérange une cérémonie mortuaire.

Et il y a plus que cela. Bien qu'Orphée perd la Vision que lui prodiguait la transe de « l'Ôde à la Vérité », il peut voir physiquement la magie s'éveiller dans le corps de son petit ange enflammé. Sans pouvoir l'expliquer, son imagination transforme la scène, habillant la nudité en surimpression d'un costume d'infirmière muni d'un appareil de torture dentaire.

Son corps frisonne alors ardemment ! (de plaisir)

« Ô ma Muse ! »

Les mots manquent. Une situation dont il n'a pas l'habitude. La Vie a un drôle d'effet sur lui, la Mort.

Son regard fascine quitte ses yeux pour s'évader dans les ténèbres du plafond rocheux. Il vient de comprendre quelque chose. Il sait quelle est l'effet qu'elle a sur lui : elle le rajeunit. Devant elle, il redevient un petit garçon en face d'une maman forte et belle. La meilleur d'entre toutes !

« Ô ma Muse ! Ô ma Maman ! Corrige donc ce vilain petit chenapan ! »

Au loin, il y a une jeune femme qui pleure. Sa robe est tâchée de sang tandis qu'elle assiste médusée à la révélation de qui est réellement son père. Elle vient de le perdre. Elle aurait, elle aussi, besoin d'une belle et forte maman.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Selbas

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Sam 19 Sep - 14:00


Rattenfänger

with Orphée / Tanfee / Wilhelm / Friedrich (-25)



Quelle horreur. Que d’entendre l’aveu de son idôle, de le voir redescendre sur terre. De n’être qu’une déception de plus, d’en avoir les larmes aux yeux. Annelies étouffe ses cris contre son poing, s’égratigne les jointures à force de les mordre, et finit par se redresser, refouler nausée et évanouissement pour tomber de nouveau à genoux aux côtés de son père. Dans le tumulte générale des bagarres qui prennent une tournure funeste, voire mortelle, elle se détourne de l’enfant qui dénonce la supercherie. Qu’importe au fond les croyances de chacun, à savoir si cela est vrai ou si cela est faux, puisque ne reste que les conséquences à assumer.

Elle n’ose pas le regarder en face, l’homme qui s’est changé en vieillard pleurnichant. L’homme qui tend les mains vers les pieds de ce cadavre, de la mort en personne qui jubile de ce spectacle et encourage l’ange de paroles poisseuses comme un fruit pourri.

Elle grogne, la pauvre rouquine qui n’est pas courageuse pour deux sous. La fadasse que l’on doit marier, que l’on doit vite engrosser pour s’en débarrasser, dans l’union d’un autre. Elle le jouet, toujours enfantin, toujours poli et souriant, bien coiffée, bien proprette, l’hymen intacte et le corset à lui briser les côtes. Elle sanglote mais n’est plus triste, et offre son épaule à son père. Le redresse de force, même s’il n’est qu’un poids lourd.

Et qu’il la repousse soudain, d'un geste brutal qui lui arrache un nouveau cri.

« N’entends tu pas ! N’entends tu pas saluer ton Dieu ! Fille indigne ! Trainée ! Qu’as-tu fais pendant toutes ces années ? Es-tu au moins intacte ? Es-tu au moins digne de ton nom ? Tu vas porter la croix, Annelies ! Tu vas la porter comme nous tous, les pêcheurs. »

La main de l’homme se referme sur sa coiffure. Lui tire la crinière. Et Annelies plonge dans ce regard fou, les pensées acharnées (Ca ne peut pas arriver) (Ca ne peut pas vraiment arriver) (Tout cela est un mauvais rêve) à rétablir une réalité, un contrôle qui lui échappe.

Tout sera différent à partir de cette nuit. S’ils s’en sortent. S’ils s’en sortent vivants.

« Maman ! » braille celui qu’elle croyait être son héros. « Maman vient punir celle-ci ! Cette catin lubrique ne se plie pas aux désirs de notre Seigneur tout puissant ! Viens la tourmenter ! Viens lui faire entendre raison ! Si ton œil droit t’a offensé, il te faut l’arracher, c’est dans la Bible, Sainte Vierge Marie que votre Grâce soit rendue sur Terre comme au ciel, douce et belle Marie toute puissante vous êtes la beauté même mon ange mon ange viens régenter ta descendance !! »

La main d’Annelies cherche une arme. Trouve sur une table dressée un candélabre qu’elle arrache. Et dont elle frappe son géniteur, un son creux, étouffé dans le vacarme. Aussitôt il s’effondre, inconscient. Définitivement tranquille.

Et elle lâche le luminaire qui tombe au sol dans un fracas. L’empoigne au col. Et s’évertue à le tirer vers la sortie.






Revenir en haut Aller en bas
Le basilic
Friedrich Franz Edelstein
✦ Libre pour RP ? : yep

✦ Double-compte : Chester du cheshire//Alexender Rammsteiner//Nikolas Klaus//Kay Sokolov//Hanako Hayashi



Si on en savait plus sur toi ?
✦ Profession: Empereur Austro-hongrois
✦ Pouvoir: Haleine empoisonnée (sous forme de gaz)
✦ Bric à brac:
MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Jeu 15 Oct - 22:15
On l'avait giflé. On avait osé le gifler, lui, l'empereur ! Des larmes de rage et de douleur montaient aux yeux de Friedrich, roulant sur sa joue tuméfiée. Douleur de la gifle infligée, douleur de ses dents qui tentaient de s'extraire de ses gencives. La Muse Rousse n'avait pas apprécié qu'il touche à son Musicien. Une Muse aux antipodes de celles dont Friedrich s'était bercé depuis toujours. Terpsichore, Polymnie, Èrato et consœurs étaient bien plus douces que cette furie. Sous l'effet de la magie émanant d'elle, ses cheveux s'agitaient comme de multiples serpents. Méduse personnifiée.

Friedrich recula n'osant véritablement se lever que lorsqu'il se fut éloigné du duo. Lorsqu'il fut certain que Méduse n'allait pas se jeter sur lui. Le garçon cracha une dent et un glaviot de sang. Heureusement c'était une dent de lait.

— Vous... Vous me le paierez.

Sous l'effet de la douleur, de la peur, sa voix démontra son âge véritable. Il restait encore un enfant.

— Ne vous avisez jamais... de jouer votre Ode... chez moi.

Autour de lui les suppliques des victimes continuaient. Friedrich tenta de retrouver des visages alliés, croisa le regard terrifié d'Annelies tirant derrière elle son père assommé. Tout n'était que chaos. Et la douleur vrillant ses gencives ne cessant pas, Friedrich hurla. Comme un enfant appelant sa mère. Mais à défaut de mère, reléguée au caveau familial, ce fut Schlange qui vint auprès de lui. Tel un chien bien dressé il avait accourut en entendant la voix de son maître. L'empereur eut le réflexe de vouloir le frapper pour avoir osé s'éloigner de lui, mais n'en eut pas la force. Il n'eut pas même celle de pester contre Ronove lorsque celui-ci les rejoignit, débraillé comme à la sortie d'un bar.

— Faites-moi sortir.

Schlange le saisit dans ses bras, aussi dignement que possible. La troupe quitta la demeure, laissant dans son sillage quelques dents de lait ensanglantées.

Citation :
Au vu de l'action et du post de Selbas, j'ai supposé qu'on allait vers la fin. Du coup Friedrich quitte le RP. Merci à tous !


♔ Empereur d'Autriche-Hongrie ♔
Défi:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Conteur d'histoires
Narrateur

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Sam 2 Juil - 11:25

Cacophonie, chaos. La Vérité avait à jamais laissé des traces dans le coeur de chaque spectacteur. La flûte d'Orphée avait mené la danse, troublé les sens. On se bousculait, on se marchait les uns sur les autres, usant des corps comme autant de marches pour approcher la sortie. Pour une première représentation le joueur de flûte avait frappé fort. Secondé de Tanfee, il avait su montrer les arcanes de son art. Le début d'une longue liste.

RP terminé


© Avatar par Nougat. Compte PNJ, merci de ne pas envoyer de MP.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: [Année -25] Rattenfänger   Aujourd'hui à 7:22
Revenir en haut Aller en bas
 

[Année -25] Rattenfänger

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Contes Défaits :: L'Europe :: Allemagne-
saigoseizon Cabaret du Lost Paradise bouton partenariat