[Début Juillet 004] Entre chiens et loups ft. Friedrich

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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Sam 10 Jan - 1:11

coughing up blood

Si le nom de Solal Yarhi n'était qu'un patronyme inconnu et totalement anonyme dans le reste du monde, mis à part à Tortuga et Nassau, il était tristement célèbre dans le centre de l'Empire Ottoman. Inscrit en lettres sanglantes enroulées autour d'une promesse de mort bien réelle.

Les rancunes et la vengeance ont la dent dure. Étouffées pendant des années, elles peuvent ressortir au grand jour plus vivaces que jamais et en cet instant, ses foulards lui cachant la moitié du visage tandis qu'il franchissait les frontières entre l'empire Ottoman et l'Autriche-Hongrie , Solal, le démon aux yeux lagons ne pouvait le démentir.

Les couleurs qu'il arborait avaient disparu, au profit d'une cape sombre et opaque. Obscur, ténébreux, sombre, seule brulait l'étincelle vengeresse de ses prunelles. Peu importe le prix, le sang et les cadavres, le bras droit du Père Fouettard allait le sortir de là.
Son petit frère.
Son ombre miniature, même si celui-ci devait maintenant le dépasser d'une tête.

Et les faire payer. Le faire payer.

Cet empaffé et ses grands idéaux sur ce qu'étaient les ottomans. Ses tableaux et cette richesse qui puaient l'aristocratie et la mort. Plus jeune, Solal avait déjà tenté d'ôter la vie de cet énergumène de petit roitelet, cet empereur qui semblait toujours le regarder de haut. Mais cette fois Friedrich Franz Edelstein n'y réchapperait pas.

Cette résolution était ancrée dans la tête et le cœur du Second du Souffle Gris depuis quelques semaines déjà. Peu de gens savaient comment contacter le persan, toujours en vadrouille mais sa mère et quelques rares élus connaissaient une certaine destination, perdue au fond de l'océan pacifique, où Solal pouvait recevoir des missives.
En lisant les mots de sa génitrice, le pirate avait froissé le papier, d'humeur aussi massacrante que celle de son Capitaine, s'enfermant avec lui dans la cabine.
A force d'arguments, et de regards noirs, ils étaient parvenus à un accord, et quelques minutes plus tard, la silhouette de Solal s'accoudait à la salle des machines, adressant un sourire entendu à Lazaro.
Ils en avaient déjà parler.
Celui-ci serait nommé Second par intérim... et définitivement si le basané ne revenait pas. Solal devrait de nouveau prouver sa valeur s'il souhaitait revenir... Telles étaient les lois de Trappen.
Souples et cruelles à la fois.
Dictature noire sous couvert de démocratie sanglante.
Même la position toute particulière de Solal ne le soustrayait pas de ces ordres, mais lui s'en fichait.
Il reviendrait, avec Salim.
Il le devait.

S'il les avaient abandonné pendant dix ans, Solal n'en restait pas moins l'aîné de la famille, celui veillant de loin à leur assurer une sécurité tranchante face à ses propres actes et leurs répercutions. Mais apparemment ça n'avait pas suffit, et son frère cadet était le roi pour se ficher dans des galères pas possibles.
Mais peu importe, Solal devait le protéger, à tout prix et le sortir des geôles d'Autriche-Hongrie.
Simple à dire... à faire, c'était une tout autre paire de manches...
Canaan et deux autres pirates avaient insisté pour l'accompagner à bord de la chaloupe et dans leur infiltration du palais, par les souterrains.
La ville avait bien changée par rapport aux souvenirs du Second, certains passages bloqués mais leurs ombres étaient déterminées.
A mi-parcours, il leur fit de signer de s'arrêter et ne pas aller plus loin.
C'était de la folie mais le pirate ne voulait pas impliquer plus de personne que ça et frottant ses doigts entre eux, il sentait déjà le sable s'égrainer.

La maitrise n'était pas parfaite, mais au moins ne se transformait-il pas en un petite tas de sable ridicule à la moindre contrariété, angoisse ou excitation. Quelle galère !
Mais Solal devait bien avouer que depuis, cela lui avait sauvé la vie et aider plus d'une fois...

...

"- T'as rien entendu ? "
"- Non...."

Soudainement, le corps du garde fut pris de soubresauts violents, les yeux écarquillés d'horreur devant le manque d'air et le sable qui s'infiltrait dans sa bouche. S'il voulu de l'aide, il ne l'obtint pas, son comparse étalé par terre par une ombre souriante.

Malgré les ordres, le sniper du Souffle Gris avait suivi le Second et comptait bien l'aider avant de s'éclipser...
Plus ou moins silencieusement, ils arrivèrent à entrer par un balcon et à éviter les rondes. Mais ils n'étaient pas idiots et savaient que le temps étaient compté. Mais peu importe la folie et le danger, Solal irait chercher Salim.
Planqué derrière un rideau, les deux hommes se retenaient de respirer, et de rire accessoirement nerveusement, quand deux gardes passèrent devant eux.

"- ... de garde ce soir. L'empereur est toujours là-bas ?"
"- Oui, il reste dans la salle pourpre pendant des heures... Il joue, je crois".


Un petit plaisir solitaire et nocturne qui lui couterait cher.
Les appartements de l'empereur étaient à l'autre bout du bâtiment, itinéraire quasi suicidaire, mais cette info là... ça valait le coup de tenter. Solal s'était renseigné, avait fait poser quelques questions en apparences anodines sur les habitudes du dirigeant...

Une des grandes salles d'art possédait un piano en son centre.

Quand il vit le Second dévier de l'itinéraire prévu, Canaan leva les yeux au ciel. Ça présageait bien des emmerdes, et ... quelques minutes plus tard, il s'appliquait à faire diversion avec quelques pétards et une course poursuite qui l'obligea à s'éloigner du palais en riant comme un diable.
Un peu inquiet tout de même...

Pendant ce temps, une ombre sablonneuse se glissait sous les lourdes portes de l'immense pièce, dans le dos de l'Empereur.
Une silhouette acide, l'arme à la main, et du sable s'égrainant encore de ses vêtements.

"- Libérez mon frère.... "

Solal Yarhi
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Sam 10 Jan - 13:41

L'empereur s’était enfermé dans une des nombreuse salles de son château. Mais Friedrich avait une grande préférence pour celle-ci. Cette sale était bien sûr d'un grand raffinement artistique.

Cette salle était un lieu de culture. Des tableaux à l’effigie de l'empereur et de ses parents étaient accrochés, les murs étaient couverts d’étagères et toutes remplies de livres. On pouvait y voir un mur complet qui était consacré à la musique, avec des partitions pour tous les instruments. Elles étaient toutes rangées par pays et par compositeur. Tout cela avec, en son centre, un piano surplombé d'un lustre de cristal et de porcelaine.

Mais en cette soirée chaude d’été l'empereur préférait rester avec une lumière tamisée, émanent d'une bougie sur une table de verre à côté du piano. L'empereur jouait des mélodies chaudes et douces. Cela apaisait ses longues journées. Jouer était vraiment comme un remède pour lui. Cette nuit il ne trouvait pas le sommeil et joua à en perdre le fil du temps et de tout ce qui l'entourait. Quand un cri le sortit de cette douce mélancolie qui berçait son âme.

"- Libérez mon frère.... "

Mais l'empereur n'eut même pas le temps de se retourner qu'un autre ombre fonça sur son agresseur. C’était le garde du corps personnel de l'empereur, Schlange, l'homme qui détestait les Ottomans autant, voire plus, que l'empereur. Friedrich se leva et courut allumer la lumière. Il se tourna vers les deux hommes. Le garde du corps avait fait volé l'homme contre une bibliothèque qui avait fait tomber plein de livres, dont certains sur la tête du fou qui s’était introduit dans son palais. Un dernier livre tomba et accrocha le turban sur la tête de ce que l'empereur devina comme étant un Ottoman. Le visage de l'empereur se défigura par la haine.

— TOI !

L'Ottoman et le garde du corps se jetèrent un coup d’œil et se pointèrent du doigt.

— Mais non pas toi. TOI !

L'empereur s'approcha un peu, alors que Schlange reconnut l'Ottoman qui lui avait fait perdre un œil. Il eut pour réflexe de sortir son pistolet et tira sur ce sous-homme, cet humain qui était de cette race impure. Mais le tir n'eut aucun effet. La balle traversa l’épaule, qui s’était transformée en sable. Schlange sauta en arrière et se plaça légèrement devant l'empereur. Qui s'adressa à ce scélérat qui venait perturber cette chaude nuit.

— Tss, sale rat d'Ottoman. Comment oses-tu salir Vienne de ta présence en son sein ? Et surtout en cette salle aussi pure que nous. La vue de cette peau me donne envie de régurgiter mon repas. Nous aurions du tous vous tuer pendant la guerre. Avoir créer le croissant était juste bien pour vous humilier au quotidien ! Sale rat crois-tu vraiment que notre noble personne se souvient de tous les Ottoman que nous avons tué ? Sottise. Vous vous ressemblez tous, comme tous les rats se ressemblent. De plus pourquoi répondrais-je à ta question mécréant qui va mourir d'ici peu !




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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Ven 6 Fév - 15:37

coughing up blood



Le choc envoya Solal valser contre la bibliothèque, lui coupant le souffle.
Un. Aïe.
Deux. Grognement de douleur.
Trois. Et merde….
Les livres rebondirent sur sa tête, le faisant jurer tout bas, alors qu’il se dégageait de la prise du garde du corps d’un bon coup de pied, sans se soucier de l’étoffe de soie qui chuta à terre. A ce stade, dévoiler son identité était sans importance pour Solal, concentré, obnubilé par son objectif.
Le coup de feu ne fit qu’attiser la haine réciproque entre le persan et l’Empereur, qu’il fixait d’un regard incandescent. Se retrouver en face du dirigeant et de son âme damnée avait comme un goût âcre, mais surtout d’inachevé. Solal n’était pas un homme à oublier les choses, même des décennies après… La vengeance était presque inscrite au fer rouge dans son cœur. Presque trop ancrée pour se voir oublier.

En face d’eux, le pirate affichait un sourire torve, presque amusé par la haine et les crachats de ce petit roitelet qui se prenait pour le centre du monde. D’un geste souple du poignet, il faisait tourner sa lame, alors que de son épaule s’égrainait une multitude de grains de sable, semblant se propager sur l’ensemble de son bras. Si au départ, la verve de l’Empereur avait allumé une lueur dangereusement joueuse dans les prunelles claires de l’Ottoman, une expression fermée et assassine vint très vite la remplacer.

Des années de guerres ne pouvaient s’effacer.

« - Le rat va te faire fermer ta grand gueule, blanc-bec. Je vois que tu te caches toujours dans les jupes de ta « nourrice », arrêtes de couiner, t’as peur ?… » Son bras sablonneux, transformé en véritable fouet vivant, claqua contre le parquet.
« - T’as beau craché tout ce que tu veux, tu ne nous as jamais anéanti, Edelstein… et c’est pas demain la veille que ça va arriver. Tu t’étoufferas avec ta connerie bien avant, espèce de serpent ! Rends-moi mon frère…. Il est dans tes geôles, je le … SAIS !!… »

Sans même terminé sa phrase, le Second du Souffle Gris s’était lancé contre Schlange, rempart de roc qui l’empêchait d’atteindre son objectif. La tête de Friedrich. Les deux premières balles de l’autrichien se perdirent dans le sable qui avait maintenant remplacé plus de la moitié du corps du forban, plus tout à fait humain, tandis que la dernière finit quand même par érafler ses côtes. Grimaçant, le persan vit ses doigts se teinter de sang, mais s’élança de nouveau, alternant entre lame d’argent et de sable, Solal finit par faire s’envoler le pistolet, revenant au combat à mains nues.

Un peu moins rapide sous cette forme qui lui demandait pas mal de concentration, le pirate jouait au coude à coude avec le soldat. Un instant, il glissa sur son propre sable, et manqua de s’étaler par terre !
Mais cette chute le sauva d’un potentiel étranglement et d’un geste sec, sa lame entama la chair du garde du corps, faisant plier sa jambe gauche, avant qu’elle ne vienne se planter brutalement dans le nez de Friedrich.
Ou plutôt son portrait, à moins que ça soit celui de son père, mais Solal s’en fichait, déformant ainsi le port qui se voulait altier du personnage. La lame n’était pas passée loin de son véritable ennemi. Et la prochaine fois…
Il recula prudemment, les yeux fixés sur les mouvements de Schlange, et s’attendait à un coup d’éclat de sa part. Le vieux soldat était aussi fort que roublard, et il s’était déjà fait avoir.

« - Vous pouvez bien crever dans votre foutu pays d’afamés* et d’hérétiques ! »

Parfaitement distingué, le crachat de sang du pirate s’écrasa par terre, mais n’eut pas le temps d’en rajouter, que son amour d’autrichien borgne s’élançait de nouveau contre lui. Son couteau s’enfonçait dans le sable, comme dans du beurre, mais l’Ottoman était toujours débout.
Quelques minutes seulement s’étaient écoulées, et déjà arrivait l’apogée d’un combat commencé une dizaine d’années plus tôt…


*Ancienne insulte pour dire éfféminé, chochotte, tapettes etc… ;)
Solal Yarhi
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Dim 22 Mar - 18:09

Alors que le nègre, qui avait fait irruption dans sa demeure, fonça sur Schlange un duel s'ensuivit entre l'homme de sable et l’élite des garde impériaux. Les deux hommes se détestaient mutuellement, à croire que l'empereur n’était presque plus qu'un figurant qui servirait d'arbitre à leur duel.

Les deux combattants étaient au sol Schlange était dans une position dans laquelle il n'avait peu l'habitude de se retrouver. Le genou au sol, son sang coulait comme un coulis de cranberry sur une glace à la vanille.

"- Vous pouvez bien crever dans votre foutu pays d’afamés* et d’hérétiques ! "

— Espèce de cul Terreux, restant de galère ! Osez s'en prendre à une telle merveille d'art. Tu ne sortiras jamais d'ici vivant. Tu finiras comme le cadavre pestiféré qui te sert de famille, à crever comme un vulgaire chien des rues dans le Labyrinthe des peines. Là est votre place à vous, sales chiens d'ottomans.

Schlange sauta à la gorge de l'ottoman, pour effectuer une prise d'art de combat autrichien. Mais comment attraper du sable qu'il ne pouvait point saisir, qui glissait entre ses doigts ? Mais le vieux serpent esquissa un petit sourire. Tout sable qu'il était, il avait un point faible. Schlange sortit une fiole à whisky, vide, et enferma du sable dans la fiole.

Une fois la chose accomplie Schlange fit un saut en arrière avant de retourner auprès de son empereur, lui donnant la fiole. Friedrich comprit immédiatement ce dont la fiole était remplie. Mais en regardant l'intrus, qui avait l'air en un seul morceau, il se demandait quelle partie de l'anatomie le militaire avait-il privé le primate à la peau mate.

—Il semblerait qu'il te manque quelque chose, le nègre. Quant à ton ahuri de frère, bien que nous ne vous avons pas encore tous décimé cela est en cours en ce moment même. Si tu es un tant soit peu plus intelligent qu'un primate des sables, tu devrais savoir où il est. Nous ferais-tu le plaisir de te jeter toi-même dans ce lieu où nous avons envoyé tant de cul-terreux comme toi ? Cela nous éviterait de nous salir les mains avec votre sang si impur !

Friedrich tendit le bras en direction du balcon qui donnait vu sur le magnifique Labyrinthe des peines.



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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Dim 12 Juil - 16:51

coughing up blood



Autre temps, autre histoire, les deux hommes auraient pu éprouver un profond respect l'un pour l'autre.

Schlange était un guerrier émérite, un genre de gars avec qui Solal aurait certainement partagé ce mélange d'estime et de rivalité que certains ennemis entretiennent.

Aujourd'hui, il y avait comme un restant de cela, mais camouflé sous l'étincelle de haine et de rage qui brillait dans le lagon des yeux de l'Ottoman.
Le sang glacé par les paroles de l'Empereur, la peur se disputait à la rage dans son esprit.
Le pirate ne pouvait, ne voulait pas penser à l'évidence amère de la mort de son frère.
Il était son petit frère, son ombre cadette qu'il devait protéger à tout prix...

Alors qu'ils échangeaient coups sur coups, lutteurs acharnés dans cette arène improvisée, les paroles de l'Empereur claquèrent dans l'esprit du pirate comme une balle passée trop près de son oreille.

Le Labyrinthe des Peines.

متاهة الأحكام

"- Non..."

Véritablement légende suintante d'horreur, forteresse de torture autrichienne dont tout Ottoman avait entendu parler. Pire que les prisons de glace de Russie, mystère dirigé par les caprices d'Edelstein.
Le perse avait beau avoir été absent de nombreuses années, les rumeurs de ce labyrinthe étaient parvenues jusqu'à lui.
Ce salopard avait jeté Salim pour jouer avec...

Quelques secondes, instants de trop, le corps de Solal se figea et Schlange en profita pour enfermer une partie du sable et la remettre à son employeur... Le forban ne sentit pas tout de suite la différence, les grains de soleil en constant mouvement, comme s'ils étaient animés d'une vie propre.
Il recula prestement, passa une main rapide sur son torse, cherchant une douleur, un indice de l'entourloupe du serpent. Tout en essayant de ne pas paniquer, ne pas y penser... Mais le Second du Souffle Gris ne maitrisait pas vraiment sa nouvelle nature et cela s'en ressentait : le sable s'agita, recouvrant, découvrant son bras, son bassin.
Sa main droite, dont un des doigts était fait entièrement de sable, comme cherchant par lui-même à remplacer le membre manquant.
En vain.
La douleur commençait à affluer, plus psychologique que réellement physique , et la lame d'argent chuta sur le sol.

Les dents serrées, le souffle court, les yeux du persan ne quittaient pas la vasque entre les doigts de Friedrich , si ce n'était pour jeter des rapides coups d'œil au balcon.
Il voulait le tuer, le déchirer, le déchiqueter, l'effacer d'un trait pourpre... mais la situation de Salim était plus importante.

"- Rends-moi ce qui m'appartient, salopard d'autrichien... Rends-moi mon sable et mon frère.... !! " Grondant. A bonne distance de Schlange, en position de défense, le pirate se rapprochait du balcon à pas chassés.
Il n'avait pas d'autre alternative.
Pas avec une si piètre maîtrise de sa nouvelle magie.
Les Dieux savaient combien il regrettait un peu de ne pas avoir écouter et appris de sa mère plus jeune...
Mais le forban avait plus d'un tour dans son sac.

D'un bond, le singe des mâts du Souffle Gris s'élança, la rage au cœur, mais pas pour tuer. Sa main valide bouscula Friedrich, faisant valser la précieuse vasque et déchira une tenture pourpre, tandis que sans une hésitation, Solal bondit par dessus le balcon.

Folie aérienne.

Solal Yarhi
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Lun 17 Aoû - 17:23

La tenture se déchira dans un crissement. Fin de la scène. Tombée de rideau. Côté cour, la pièce venait de se clore. Il était temps de passer du côté des jardins.

Trop rapide pour ses geôliers, Solal avait bondi hors de la pièce, se jetant dans le vide. Schlange réagit le premier, fonçant sur le balcon avec une telle vitesse que la rambarde le cueillit au ventre. Mais l'homme n'eut pas le temps de s'armer. La silhouette de l'Ottoman avait déjà disparu, avalée par le Labyrinthe.

L'empereur rejoignit son homme de main, secouant sa main. Celle là même qui avait détenu la vasque, que Solal avait frappé. La colère faisait vibrer la voix de l'empereur.

— Où est-il ? Ce chien, ce rustre...

Schlange désigna le labyrinthe, sans un mot. Sourire cruel sur les lèvres de l'empereur. Envolée de cape lorsqu'il fit volte-face, gagnant déjà la porte de la pièce.

—  Il aura eu, au moins, la décence de répondre à notre invitation. Rapprochons-nous de la scène, pour en profiter... 

Le labyrinthe était une structure complexe. Par ses multiples chemins, mais aussi par ses pièges. Un des balcons du palais donnait une superbe vue d'ensemble des lieux. Au sein de cette pièce, accessible seulement à l'empereur, se dissimulait tous les mécanismes régissant les pièges. L'empereur pouvait même s'adresser aux infortunés prisonniers, sa voix portée jusque dans les couloirs du labyrinthe.

L'attention de l'empereur se porta, en premier, sur le cadet de Solal. Salim. Ou Selim. Il n'avait pas réellement pris le temps de graver son nom dans sa mémoire. Quel que soit son patronyme, il était perdu.

Le pauvre homme était prostré dan un cul-de-sac, gémissant tout bas. Son corps n'était plus que plaies et ecchymoses. La voix de l'empereur le fit sursauter.

— Voyons, vous êtes si près de la sortie. Il serait regrettable que vous abandonniez maintenant. D'autant plus que votre frère est venu vous rendre visite... 

Un silence. Salim regardait autour de lui, hagard.

— Ou, devrions-nous dire, mourir avec vous. 

L'empereur laissa là Salim, le laissant seul avec ses questions. Solal, de son côté, avançait, plus rapide que prévu. La main de Friedrich fit basculer un levier. Des piques jaillirent du sol, parsemant le chemin emprunté par l'Ottoman.

— Montrez-nous donc vos talents, singe.

Laissant le mécanisme continuer à porter sa voix jusqu'à Solal, Friedrich se tourna vers Schlange.

— Vous seriez bien avisé de mander à un domestique de m'apporter un café. Et un croissant. Pour parfaire le spectacle.

Un autre levier bascula. L'étiquette au-dessus indiquait « jets d'acide ».



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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Sam 12 Sep - 18:20

coughing up blood




 Le saut de l'ange de Solal ne fut pas aussi héroïque qu'il le raconta plus tard. Sous le choc et poids du pirate, la tenture claqua mais heureusement pour lui, elle ne se déchira pas avant qu'il ait atteint le sol d'un bond.
Ce fut un joli miracle que son épaule ne se déboite pas, et malgré la douleur, il adressa un sourire insolent au balcon avant de filer.
Si le labyrinthe était à ciel ouvert, cela n'en restait pas moins une prison. Mais Solal n'avait qu'une idée en tête, ou plutôt deux.
D'abord, retrouver son foutu petit frère, et ensuite tenter l'impossible : sortir de ce jeu morbide, de ce mythe austro-hongrois.
Avant la tombée de la nuit.


Salim quand à lui, n'était pas en très bon état, et c'était un euphémisme de lire. Les phalanges rougies par le sang, la jambe gauche tremblante, tordue sous la douleur, les yeux hagards et les vêtements en lambeaux, le cadet des Yarhi n'y croyait pas d'être encore en vie dans cet enfer.
Quand la voix de l'empereur lui parvint, amusée, le jeune homme ouvrit de grands yeux.
Solal , ici ?
Comment ? Pourquoi ?
Les liens entre les deux frères n'étaient plus aussi fort qu'avant, dû à la distance quotidienne qui les séparaient, et à l'exil du plus âgé, mais pas que. Salim avait désapprouvé aussi fortement que le père de famille l'attirance et les actes de Solal pour cette femme... qui avait mené son frère à sa perte.
Combien de fois s'étaient-il jetés l'un contre l'autre dans un cri de rage ?
Il n'en était resté qu'une entente froide et provocatrice. Jamais Salim n'aurait pensé qu'il viendrait le chercher.
Ce ne pouvait être vrai.
Les paroles de ce foutu empereur étaient-elles véridiques ? Le jeune homme en doutait, mais ne put s'empêcher de se lever, faiblement.
Son instinct lui soufflait de chercher cette sortie inespérée, mais sa loyauté, ancrée au sang et au cœur malgré tout ce qu'il pouvait dire, lui dictait de chercher son frère.
Grimaçant, le marchand se mit en marche.
~

Les parois de lierre et de feuillage se ressemblaient toutes, la logique et le sens de l'orientation du forban furent rapidement mises à rude épreuve.

"- AAAAaaah !"

Le cri du basané retentit d'un seul coup. Sous ses pieds, une trappe sombre s'était ouverte, et il ne dut sa survie qu'à son agilité innée et au bond soudain qu'il avait du faire pour ne pas tomber dans le gouffre empli de piques de métal. Sa jambe droite était éraflée, mais le pirate n'y prêta pas grande attention.
Il jura en perse, posant ses mains sur ses genoux mais n'eut pas le temps de reprendre son souffle qu'un déclic se fit entendre. Quelle autre malédiction allait s'abattre sur lui ??
Et Salim ?
Où était-il ?
Il n'eut pas le temps de prononcer le nom de son cadet que littéralement, une fontaine d'acide se déversa sur le passage.
Brusquement, le pirate se plaqua contre le mur de végétation et ne dut qu'à une insolente chance de ne pas finir la tronche grillée à l'acide.
Le liquide, glouton, avait quand même réussi à toucher l'une des écharpes de Solal, et celui-ci se dépêcha de s'en débarrasser avant de finir ronger par le poison.
Rageur, il leva les yeux au ciel, ne sachant pas franchement où poser son regard.

"- LACHE ! Tu t'amuses bien hein ?! Sale autrichien, tu te caches derrière ton pouvoir et ton labyrinthe mais t'es qu'un sagouin, un chie-culotte ! "

Le perse hurlait comme un damné au milieu de l'allée.
Il s'amusait, cette saleté d'empereur, il jubilait surement, et si au départ, Solal pensait que les pièges pouvaient être activés par simple "hasard", le fait que ce soit Friedrich aux commandes le mettait dans une rage folle.
Le Second n'était pas dans une geôle, mais avait quand même le sentiment d'être pieds et poings liés, jouet entre les mains délicatement ignoble du dirigeant.
Sombre, la promesse de faire ravaler ses paroles et son arrogance à l'autrichien se fit plus vive dans son esprit.


Une main contre le lierre, et l'autre en porte-voix, il décida de continuer à avancer, plus prudemment. Mais qui sait ce qui lui tomberait sur le coin du nez ?

"- SALIM ! SALIM ! Est-ce que tu m'entends !!??"

Crétin de petit frère...

Solal Yarhi
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Sam 5 Déc - 14:45
L'improbable se produisit. La Chance se tourna du côté des frères. Salim entendit l'appel de son aîné, y accourut, les jambes tremblantes. Les nerfs prêts à lâcher. Mais il n'était pas l'heure des embrassades. Ils devaient fuir. Séance tenante. Au-dessus d'eux l'empereur abaissait les leviers, transformant le Labyrinthe en un parcours du combattant.

Solal, seul, représentait déjà un défi de taille. Les deux frères, ensemble, se complétaient si bien qu'ils surent déjouer les pièges. Par la ruse, la vitesse, l'agilité, l'intelligence.

Le centre du Labyrinthe s'offrit à eux, leur ouvrant les bras. Une place dallée avec, en son centre, un puits menant à l'extérieur. Le saut vers la liberté.

Néanmoins, le centre du Labyrinthe avait un gardien. Un scorpion géant. Un Kajdom. Les pinces cliquetèrent, annonçant l'approche de la créature. Le soleil fit luire chaque strate de la carapace. Ses multiples pattes tapotant le sol, le Kajdom avança. Prêt à décimer ses ennemis.

Dans sa loge, l'Empereur souriait. Jamais personne n'avait su survivre face au scorpion. Que ces orientaux se fassent décimer par une créature de leurs contrées était délicieusement ironique.

Le scorpion fonça vers les frères, son dard levé. Prêt à frapper.

Au tout, tout, dernier instant, Salim poussa son frère.

Le dard le transperça.

Le poison s'infiltra dans ses veines. Salim tituba, un pas en arrière. Le poison figea son corps.

Immobile, Salim ne put échanger qu'un dernier regard avec Solal. Un ultime regard avant que la pince du scorpion ne le transperce.



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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Mar 5 Jan - 0:12
Bien plus qu'un dernier regard pour décider d'une vie
Bien plus que cette fin d'espoir que le courant charrie
C'est un amour qui ne trouvera pas de rivière
Mon frère


Ciel d'un bleu lagon. Océan.
Salim et Solal avaient hérité des mêmes yeux que leur père, même si le plus jeune tenait en réalité plus des traits de sa mère.
Deux paires d'orbes immenses qui se croisèrent dans une étreinte fraternelle aussi forte que soulagée. Les poignes du pirate se crispèrent sur le vêtement de son frère tandis que son souffle se faisait presque moins difficile.

Il était en vie.
Ce morveux, cet imbécile heureux au sourire aussi torve que le sien.
Ce miroir plus jeune.

Mais ce n'était pas le moment de larmoyer. La crevure d'empereur était toujours aux commandes et la réputation du labyrinthe des peines n'était pas volée... S'enchainaient les pièges vicieux et les fausses solutions de repli, les parois de lierre et un sol qui recelait plus de noirs secrets que la cabine de Trappen.
Mais les deux frères étaient un peu comme les deux côtés d'une même pièce. L'agilité de singe de Solal complétait l'intelligence et l'ingéniosité de son cadet. Sa ténacité et sa force physique compensait l'état de la jambe de Salim.
Témérité, audace, efficacité, le duo s'en sortait miraculeusement très bien.

Jusqu'à cette seconde.
Cet instant soufflé où le corps de Salim encaissa l'attaque fulgurante du scorpion.
Leurs regards se croisèrent et son sourire se crispa.

Entre fierté et tristesse.
Promesse et loyauté.

" - SALIM ! "

Poussé dans la poussière par son cadet, Solal ne put qu'hurler et se précipiter vers son frère, en vain. L'horreur figea sa voix, son corps. Le pirate connaissait le goût du sang, de la mort.
Mais jamais la grande faucheuse ne lui avait fait aussi peur, aussi mal.
Le regard d'eau de Salim s'était figé, à jamais dans un hoquet de douleur, un filet de sang au coin des lèvres tandis que son corps chutait.

Un cri brut, animal, résonna dans le labyrinthe des peines, déchirant.
Sauvage.
Le cœur et l'esprit du perse refusaient la réalité, se noyaient dans la souffrance.

Pourquoi ? POURQUOI ?
Pour lui rendre la pareille ? le sauver, lui ?
C'était quoi cette connerie ?

Salim avait toujours mis son nez là où il ne fallait pas, et Solal l'avait toujours tiré d'affaire, rieur mais bagarreur. Il était capable d'encaisser, pour lui.
Pour un foulard, une fille, un vol.
Adolescents, ils rentraient couverts de terres et de bleus, mais bras dessus bras dessous. Ils se faisaient copieusement engueuler par leur mère et filaient, l'espièglerie au bord des lèvres.
Aujourd'hui, sur cette terre maudite, le rire de Salim ne s'échapperait plus.

Il ne rentrerait pas.

Hébété, Solal n'était plus que déni, rage, souffrance et refus.
Mais à peine eut-il le temps de s'agripper aux épaules de son frère, le tirant, le secouant comme un damné que la menace se fit de nouveau au dessus d'eux.
La bête comptait bien chasser cet autre intrus de son territoire, roi d'éclat noir dont la pointe empoisonnée s'abattit subitement sur les deux ombres plus bas.
Instinctivement, le second du Souffle Gris s'écarta, mais sans armes pour se défendre, c'était déjà peine perdue.

Son corps réagissait tout seul, sa tête, elle n'était plus là. Ou plutôt concentrée sur une seule chose.
Salim. Salim.

La nature hybride du pirate lui sauva la mise à de nombreuses reprises, échappant au dard acéré du Kajdom, qui ne transperça que du sable. Malgré tout, la nature a ses limites et malgré ses efforts, les tentatives désespérées de Solal pour s'approcher du corps de son frère se soldaient par des attaques plus fortes et rapides de la légendaire créature.

Il ne voulait pas l'abandonner.
Pas ici.
Pas aux mains de ses autrichiens dont la méfiance n'atteindrait jamais la haine qui luisait dans ses prunelles devenues d'or par la magie.
D'un jeu, le but de la vengeance était devenu viscéral.

Si le Sable détourna un regard voilé et s'enfuit par le puits, ce ne fut que par pur instinct de survie. Dans ses doigts crispés, sablonneux ne restait que le vestige d'un bout de tissu bleu nuit.
Ses pas l'éloignèrent du labyrinthe des peines, alors que les larmes glissaient sur ses joues sales. Intarissables. Il avait hésité à remonter mais Salim n'avait pas donné sa vie pour qu'il la gâche ainsi, et avait continué à courir.

A l'air libre, Solal se retourna vers les murailles de lierres, effondré. Détruit.
Il hurla sa rage, sa douleur dans une tempête de sable qui s'éleva, comme si la part magique en lui résonnait avec ses sentiments.

Cette aventure ne ferait l'objet d'aucun récit dans la bouche de Solal.

N'en resta qu'une lueur de mort et de souffrance sous une silhouette qui s'éloignait dans les steppes, pour s'y perdre.
Puisqu'on ne sera jamais
Que la moitié de nous
Mon frère....


FIN

Solal Yarhi
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