[An 04] Entre terre et mer

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Coya Ameyal
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Coya Ameyal
Sam 31 Jan - 23:50
Le Soleil venait tout juste de se lever. Ce n'était encore qu'une immense étoile se montrant timidement au travers des montagnes saillantes et ses rayons rosâtres titillaient depuis quelques minutes les yeux de la reine.
                  
Impatiente, celle-ci se leva finalement de sa couche, encore étourdie par un long sommeil réparateur, puis se dirigea vers la fenêtre la plus proche. La rosée laissait au jour nouveau une dernière chance avant de disparaître pour laisser place à un air désagréablement chaud.
 
Pour Coya Ameyal, reine des Incas, le plan de la journée était déjà tout tracé: fuir la chaleur du plateau en faisant une excursion -si possible qui durerait tout le jour- dans les hautes montagnes. Cela aurait put être une idée brillante, si elle n'avait pas été aussi monotone. En effet, des excursions en montagne, Ameyal en avait déjà fait hier, avant-hier, avant-avant hier... bref, depuis le temps, elle avait déjà vu et fait la connaissance de tous les lamas et autres alpaguas de la région montagneuse. Elle avait fait au moins une trentaine de colliers de fleurs avec ses suivantes, en pique-niquant et bavardant de sujets tous plus barbants les uns que les autres...
 
Prise d'une faim soudaine, Ameyal se rendit aux cuisines d'un pas plus ou moins sûr. En fait, elle essayait tant bien que mal de ne pas faire de bruit, espérant ainsi ne pas attirer l'attention des servants qui, elle le savait bien, allaient s'agglutiner autour d'elle dès qu'ils l'apercevraient. Dès le petit matin, c'était le genre de chose qui énervait Ameyal. Comme si le passe-temps favori des servants était d'imiter des mouches tournicotant autour d'une carcasse. En général, ils s'y donnaient à cœur joie. C'était la grosse différence entre servants et esclaves; les premiers aimaient leur métier, les seconds n'avaient pas le choix et étaient nettement moins enquiquinants.
 
Finalement, la mission fut un succès. La reine avait atteint les cuisines sans se faire remarquer. Il restait encore à atteindre le bac à fruits au fond de la pièce, mais les premières domestiques étaient déjà en train de préparer le déjeuner. Heureusement, Ameyal avait plus d'un tour dans son sac. Bien qu'encore en tunique de nuit et décoiffée, elle avait prévu son coup; dans sa main se trouvait une plume de colibri. Il lui suffisait de traverser la pièce sous la forme de cet oiseau, et personne ne la remarquerait.
 
En quelques discrets battements d'ailes, la jeune reine devenue oiseau se retrouva les pattes sur une goyave, picorant la pulpe sucrée du fruit. Malheureusement, ce délice matinal fut de courte durée. Une voix rauque de femme durcie par l'âge stoppa net le repas improvisé d'Ameyal.
 
- Coya Ameyal! Pensez-vous vraiment que ce soir le moment?
 
C'était la voix de la Mama, comme tout le monde l'appelait ici. Il y avait plus d'une dizaine d'années, cette femme fut la nourrice d'Ameyal. A ce jour, c'était surtout la "domestique en chef", et pour une domestique, elle se faisait respecter presque exagérément. Après tout, elle faisait partie du comité ayant parfait l'éducation de la future reine. De quoi être supérieure à bien des citoyens.
 
Le colibri ne se déconcentra pas de son petit-déjeuner. S'il poursuivait son repas, Mama penserait s'être trompée et laisserait, par tradition, le colibri terminer son repas.
 
- Inutile de m'ignorer, je vous ai reconnu. Vous faites cela tous les matins, ne me prenez pas pour une gourde!
 
Zut. Repérée. Ameyal aurait aisément tenu tête, mais plutôt avec son précepteur. Pas avec la Mama. Elle reprit nonchalamment sa forme propre -celle d'une jeune reine avec des cheveux en bataille du matin- et rouspéta.
 
- Je préfère manger seule le matin, vous m'énervez tous à toujours me tourner autour!
 
- Vous êtes la reine, ma foi.
 
- Eh bien si je suis la reine alors j'ordonne que vous me laissiez tranquille le matin. Voilà.
 
- Cela ne se fait pas. Allez vous préparer, nous ne partirons pas tard.
 
Evidemment, cela ne se fait pas. Que peut-on répondre à ça? Rien! Mais quand on est susceptible comme Ameyal, on répond quand même.
 
- Et j'en ai marre d'aller en montagne! On ne fait que ça depuis je ne sais combien de jours, je m'ennuie affreusement! J'ai mal aux pieds! J'ai l'impression qu'il ne se passe jamais rien dans ce pays. Phrase qui se termina par un coup de pied dans les caisses, et un léger regret de la part d'Ameyal qui venait de se rendre compte qu'elle se comportait comme une enfant.
 
- Dans ce cas, changeons de destination. Un vent s'est levé ce matin, vous n'avez même pas remarqué, Madame lève-tôt?
 
Du vent, il y avait du vent, enfin! Cela signifiait qu'il ferait moins chaud aujourd'hui, ou en tout cas, plus doux. De quoi sauter sur l'occasion.
 
- A la plage, allons à la plage ou même dans la jungle! J'aimerais trouver des temples abandonnés.
 
En définitive, ce sont les plages qui furent choisies. La jungle et les temples abandonnés ne rassuraient pas vraiment le reste du groupe.
 
* * * * *
 
L'après-midi commençait à peine et les rayons du Soleil ne parvenaient pas à cuire la peau des promeneurs. Le vent, tel un partenaire fidèle des excursionnistes, dansait au travers des rayons, leur empêchant toute attaque.
 
Comme d'habitude, les discussions des suivantes de la reine ne volaient pas toujours très haut. A vrai dire, elles n'avaient pas grand choses à dire d'intelligent. De tout le groupe, la seule personne à avoir bénéficié d'une éducation allant plus loin que l'écriture et les calculs simples était Coya Ameyal. La jeune femme avait eut essayé de parler d'astrologie, de l'économie du pays, mais elle avait vite laissé tomber lorsqu'elle voyait la tête que faisaient ses interlocutrices. Elle avait toutefois réussit à attiser leur curiosité à plusieurs reprises en leur racontant ce qu'elle avait vu au-delà du continent sud-américain, sa rencontre avec la reine de France ou encore avec un mystérieux homme aux cheveux blancs et aux yeux rouges.
 
- Regardez là-bas! s'écria soudainement l'une des filles, pointant du doigt quelque chose à l'horizon, sur la plage.
 
Cela ressemblait, au fur et à mesure que le groupe avançait, à une personne allongée, peut être morte. Ameyal se mit à courir, suivie par les autres. Arrivés vers le cadavre, tout l'attroupement encercla le cadavre en question. C'était une femme, avec de longs cheveux foncés et une peau très blanche. Sûrement une femme espagnole, supposait quelqu'un, on ne sait trop qui. Elle n'était pas morte, juste malade ou très fatiguée, comme si elle était arrivée ici à la nage, fit remarquer quelqu'un d'autre...
Coya Ameyal
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Ursula
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Ursula
Dim 1 Fév - 13:11
Les vagues me réveillèrent. Les mouettes se nourrissaient de cadavres de poissons dans un coin obscur de ma grotte. J’avais affreusement mal dormi. Je maudissais cette journée. Je venais de me remettre de mon aventure avec Pitt et Sophia. Cette fée m’avait fait voir de toutes les couleurs. Mais j’avais réussi à contrôler mes jambes à nouveau grâce aux chaussures qu’elle m’avait offertes. Malheureusement le pouvoir de mes nouvelles ballerines était limité. Chaque matin, je devais ingurgiter une potion infecte que j’avais donnée des années plus tôt à une pauvre petite sirène qui rêvait d’avoir des jambes pour pouvoir me servir de mes pieds. J’étais encore maladroite dans mes pas et je me tenais au mur pour avancer. Mais de pouvoir marcher m’importait peu au final. Ce qui me remplissait de joie était sans aucun doute le fait que je pouvais à nouveau nager parmi les récifs et les poissons. Avant, je me contentais de me laisser glisser dans l’eau en prenant garde à ne pas trop m’éloigner du bord, mais désormais libre à moi de remuer mes longues jambes dans l’eau salée. Le prix à payer était cependant très lourd. J’étais épuisée à la fin de la journée et j’oubliais de me nourrir. Je dormais peu. Mais je m’en fichais.

Je me mis debout, m’aidant du mur pour me soulever. Je mis quelque temps à trouver mon équilibre quand je remarquai que quelque chose avait changé. L’air était différent, les oiseaux paraissaient étranges et même les vagues semblaient changées. Quelque chose ne tournait pas rond. Un équilibre venait d’être brisé.

Je mis toute la journée à chercher ce qui clochait sans pouvoir mettre la main dessus. Quand en fin d’après-midi, je reçus la visite d’un couple de nobles en promenade excité à l’idée de pouvoir visiter une grotte. Ils trouvaient ça rustique et authentique. Mais ils ne venaient pas là pour me demander de les aider.

« Oh Charles, regarde comme c’est beau toute cette roche. Et puis on peut entendre la mer et les vagues. »

L’homme acquiesça et son regard se posa sur moi. Il me regarda avec un air de dédain et de supériorité. Il me méprisait. Je me tenais encore à une paroi, mes jambes tremblaient. Charles se pencha vers sa compagne et me montra du doigt.

« Regardez très chère, une sans-abri est venue souillé cet endroit idyllique. »

« Si seulement vous pouviez l’enlever de ma vue Charles. »

Il sourit et s’approcha de moi. Il leva sa canne en ivoire et me frappa si fort que mes pieds me lâchèrent. Il continua ainsi pendant quelques minutes puis me prit par les cheveux pour me balancer dans la mer. Je me débattais en le griffant et en essayant de le mordre, mais toutes mes tentatives étaient vaines.

La femme s’approcha de nous en riant aux éclats.

« Jetez la dans l’eau Charles. »

Ils rirent de bon cœur et il me fit tomber dans l’eau. Quel imbécile vraiment. J’étais plus forte sous les vagues qu’à la surface. J’attendis quelques instants puis, aussi vive que l’éclair, je sortis ma main et m’emparai de son pied. Il tomba à la renverse dans l’eau glacée. Je lui souris en tenant la tête sous l’eau. La terreur qu’on lisait dans ses yeux faisait froid dans le dos. Il ferma finalement les yeux et coula vers le fond.

La jeune femme, inquiète pour son compagnon de promenade, se penchait à la surface de l’eau. Je lui agrippai la tignasse et la noya à son tour. Quand je refis surface, j’étais épuisée. Je venais de comprendre ce qui clochait. Les murailles invisibles qui entouraient mon petit empire venaient de se briser. Je n’étais plus en sécurité. Il fallait que je parte.

* * *

« John, qu’est que t’as fait du whisky ? »

L’agitation au port était à son comble. Les marins bougeaient dans tous les sens pour amarrer leurs navires entre deux bouteilles de rhum. Les femmes faisaient des adieux discrets à leurs maris, les enfants se faufilaient entre leurs jambes en jouant de la balle. Moi, je me tenais sur le pont d’un bateau embarquant pour les Amériques. J’avais pris la bourse des nobles que j’avais tué pour pouvoir payer mon voyage et j’avais enfilé la robe en satin bleue de la jeune femme. Les matelots étaient réticents quant à ma présence. Une femme à bord d’un navire n’était jamais bon signe, mais les pièces d’or changent l’avis de toute homme.

J’avais effacé toutes traces de ma présence ici avant de m’en aller d’Europe. J’avais brisé les coquillages et libéré mes pauvres âmes et j’avais embarqué toutes mes potions et mon poignard dans une besace en cuir qui m’accompagnait partout. Personne ne se douterait plus de ma présence sur ces terres.

« Madame, êtes vous prête ? »

Le capitaine me reluquait de son œil de verre. Je lui souris tristement.

« Allons-y ».

On largua les amarres, on déploya les voiles, on salua les spectateurs et le bateau pris la mer. Je fis mes adieux à l’Europe sans regrets.

* * *

Les étoiles éclairaient avec douceur le ciel noir. Cela faisait deux jours que nous naviguions et j’avais passé la plupart de mon temps dans ma cabine. Je ne voulais pas attirer l’attention et les fantasmes des hommes. On m’apportait à manger et à boire dans ma chambre. Je souffrais de rester à l’intérieur et de ne pas pouvoir sentir les embruns salés sur mon visage.

« Madame, je suis venu prendre de vos nouvelles. »

Le capitaine entra sans frapper. Il faisait peur à voir avec ses cheveux gras, son œil de verre et ses mains ridées. Il s’approcha de moi doucement et me caressa les cheveux. Il me dit que je sentais comme sa mère. Je ne relevai pas quand il se prit à toucher mon cou.

« Puis-je savoir ce que vous faites ? »

« Je profite, mademoiselle. Ce n’est pas tous les jours que nous avons une beauté sur notre modeste frégate. »

Il me prit les poignets et m’embrassa avec fougue. Je me débattis et sortis mon poignard que je plaçai sous sa gorge barbue.

« Si tu tentes de recommencer je te tranche la gorge. C’est clair ? »

Des pas se firent entendre dans les escaliers. Un jeune mousse débarqua et hurla qu’une tempête faisait rage. Le navire tangua, les chandeliers et les feuilles tombèrent à la renverse sur le plancher. Le vieux loup de mer se détacha de mon emprise et monta sur le pont. Je le suivis. Mais quand j’arrivai sur le pont une vague énorme se fracassa sur les planches de bois et je fus emportée dans la mer. Je mis quelques instants à reprendre mes esprits quand je vis un tonneau de vin au milieu des vagues que je m’empressais de saisir.

« Ran, ma mère, je vous en supplie, ne me tuer pas aujourd’hui. »

La déesse sembla écouter mes paroles car des heures plus tard la tempête se calma. Plus de navires à l’horizon j’étais seule parmi les vagues. Je me cramponnai à mon tonneau et fit jouer mes jambes. J’étais épuisée mais les vagues me portaient comme les bras d’une mère vers une destination inconnue. Je me mis alors à fermes les yeux.

Quand je me réveillai, j’étais allongé sur une plage blanche entourée de palmiers. Des oiseaux étranges me tournaient autour et parlaient d’un langage que je ne comprenais pas. Mes yeux mirent du temps à s’habituer à l’éclatante brillance du soleil.

« Que..où…suis-je ? »

Les oiseaux se remirent à parler. Je comprenais peu à peu de quoi ils parlaient. Je reconnaissais des mots espagnols, mais j’étais trop faible pour me concentrer et déchiffrer leur discussion. On me prit par les bras et on me traîna sur la plage. A la lisière de la forêt de palmier, d’autres oiseaux plus grands encore me soulevèrent. Une longue marche à travers une jungle luxuriante m’aida à me réveiller peu à peu. Je devais sûrement être au Valhalla. J’étais morte dans la tempête. Un oiseau dont les plumes étaient plus chatoyantes que celles des autres se tenait à mes côtés. Mes paupières tombèrent. J’étais fatiguée de cette aventure.
Ursula
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Coya Ameyal
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Coya Ameyal
Sam 21 Fév - 14:54
- Emmenons-la jusqu'au palais. Les chamanes pourront peut-être la soigner.

Sur ordre de la reine, le groupe se dirigea donc vers le dôme d'or. C'était là-bas qu'on trouvait les chamanes et les meilleurs savants du royaume. De quoi tenter de sauver une femme échouée, ne serait-ce que pour éviter encore un conflit avec les Espagnols, sous prétexte que les Incas auraient laissé mourir l'une de leur femme.

Durant le trajet, la présumée Espagnole s'était réveillée à plusieurs reprises, puis était retombée dans son sommeil. Elle avait même réussit à bafouiller quelques mots incompréhensibles avant de s'évanouir encore. Au cas où elle se réveillerait pour de bon, les Incas se mirent à parler en espagnol, pour éviter trop d'incompréhension et pour ne pas déboussoler complètement l'infortunée passagère.

Au palais, ce fut toute une ribambelle de domestiques et autres petites mouches qui accueillit le groupe. Immédiatement, la femme fut emmenée dans une chambre d'ami; il n'y avait rien d'autre à faire que la laisser se reposer au moins le reste du jour et une nuit, avaient expliqué les chamanes.

La reine inca marchait en rond dans la salle du trône, réfléchissant à toute sorte de scénario. La présumée Espagnole l'intriguait beaucoup. Pourquoi était-elle seule, échouée et presque morte sur la plage? Etait-elle la seule survivante d'une grosse tempête, ou d'une attaque de pirate?

La journée se déroula normalement, à un détail près: tout le monde parlait de cette inconnue pleine de mystère, et la nouvelle fit vite le tour du palais.

***


Le lendemain dans la journée, des domestiques apportèrent un repas dans la chambre de l'Espagnole. Ameyal en profita pour les accompagner, espérant ainsi pouvoir parler avec son invitée.

La chambre où dormait l'infortunée était tapissée de lumière du jour; cela mit la reine de bonne humeur et pleine d'entrain pour entamer une conversation. Celle-ci frappa joyeusement dans ses mains, non sans faire sursauter l'une des domestiques.

- Holà Señora, comment allez-vous aujourd'hui?
Coya Ameyal
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Ursula
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Ursula
Mer 25 Fév - 18:38

Les doux rayons du soleil caressèrent mes paupières. Un jour splendide s’annonçait dans mon nouveau paradis inconnu peuplé d’oiseaux doués de parole. Quand je me mis enfin à sortir de mon cocon d’obscurité, quelle ne fut pas ma surprise de voir l’environnement luxuriant qui m’entourait.

« Par tous les Ases. »

Des plantes grimpantes sortaient des fenêtres et pendaient au sol comme une chevelure. De l’or parsemait le sol et les meubles. Des fresques grandioses représentants des serpents emplumés ornaient les murs, eux aussi dorés. Des femmes à la peau d’ébène et aux tenues chatoyantes s’affairaient dans la chambre et s’arrêtèrent aussitôt pour me dévisager. Une d’elles portait, sur un plateau d’or, des étranges aliments. Mon repas ?

« Qu’est ce que vous regardez ? »

Et soudain, rompant le silence, une jeune femme dynamique fit une entrée des plus fracassante. Elle frappa si fort dans ses mains que la femme au plateau fit tombeau tous mon repas sur le sol. Quelle idiote !

La jeune venue semblait être sortie d’un songe avec sa peau chocolat, ses parures extravagantes, ses innombrables plumes bariolées, ses bijoux si précieux que le soleil se réfléchissait à l’intérieur avec une telle clarté qu’il était difficile de la regarder en face.

« Je vais bien. Puis-je savoir où je suis ? »

Je voulais m’approcher de la fenêtre pour pouvoir voir la beauté du paysage. Mais dès que mes pieds firent quelques essais hors du mon lit, je tombais la tête la première contre les dalles de ma chambre. Je me sentais tellement ridicule. J’avais perdu toute crédibilité. Alors que je me relevai péniblement pour me reposer contre le mur, je fusillai la jeune femme du regard comme pour lui dire : « Fais gaffe, je n’en ai peut être pas l’air, mais je suis une femme dangereuse. »

Je me levai péniblement à l’aide du mur et me reposai contre une immense colonne d’or et de rubis. Toutes ces richesses. Je pouvais certainement en tirer un bon profit. Après avoir échafaudé des plans pour m’emparer de quelques trésors, je me rendis compte, en passant un rapide coup d’œil sur la salle, que mes si précieuses chaussures magiques avaient disparues.

« Où sont mes chaussures ? J’espère pour vous que vous ne les avez pas jetées. Sans elles, je ne peux pas marcher. »

Encore une pierre sur le temple de ma faiblesse. Décidément, j’avais l’art de donner bonne impression.
Ursula
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Coya Ameyal
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Coya Ameyal
Sam 28 Fév - 22:07
Ameyal fit signe à l'une des servantes d'aller chercher un autre repas, puis prit la parole.

- Nous sommes dans l'Empire Inca, au Brésil et vous êtes ici au palais royal, que l'on appelle aussi le Dôme d'or.

Un grand sourire se dessina sur le visage de la reine, alors qu'elle s'apprêtait à se présenter fièrement, en bonne et due forme, oubliant la scène du plat.

- Et je suis...

Lorsque la femme à la peau claire s'écroula par terre, un long silence envahit la chambre. Le silence s'empara de chaque recoin restant de la pièce quand l'Espagnole lui jeta un regard des plus effrayants. Ameyal n'osa plus dire un mot; cette femme était véritablement la Peur en personne. L'inconnue demanda soudainement où se trouvaient ses chaussures, déclaration qui fut suivie d'une recherche précipitée des domestiques dans toute la chambre.

- Vous n'aviez pas de chaussures quand nous vous avons trouvée. Elles ont sûrement dû être emportées par le courant lorsque vous étiez dans l'eau, répondit Ameyal, intriguée par cette question.

Les servantes stoppèrent immédiatement leurs recherches. Pourquoi, en se réveillant perdue en un lieu étranger, l'objectif premier de cette femme était de savoir où se trouvaient ses chaussures? Ne voulait-elle pas savoir combien de temps avait-elle dormi, ou comment faire pour rentrer chez elle? Non, elle voulait ses chaussures...

- Nous pouvons vous apporter des chaussures si vous le souhaitez. Elle ne ressemblent pas aux chaussures occidentales, mais l'usage en est le même... enfin je crois.


Spoiler:
 
Coya Ameyal
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Narrateur
Conteur d'histoires
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Jeu 5 Mar - 21:36



La porte de la chambre s'ouvrit avec fracas, faisant sursauter une nouvelle fois la servante. A ce rythme l'infortunée finirait par faire une crise cardiaque. Dans un tintement de bracelets et de bijoux tintinnabulants, une silhouette élancée entra, la tête haute. Une conquérante en terrain conquis. La styliste du futur, la génie du relooking. Cristina Cardulo.

« Une dame sans chaussures ?! Dios mio, cela n'est pas po-ssi-ble ! »

Cristina était dôtée d'un sixième sens. Elle pouvait sentir, à des kilomètres, l'infortune d'une femme dépourvue d'atours digne de ce nom. Elle salua la reine de ces lieux, son sourire semblant prêt à se décrocher de son visage tant il était vaste.

« Ma chéwie, toujours aussi sublaime ! Tou suis mes conseils, c'est bien ! »

Sa mine se renfrogna à la vue d'Ursula.

« Par contre, toi ma chéwie, tou a besoin de moi. »

En un claquement de doigts, des servantes se mirent à entourer Ursula. La jeune femme tourna entre des mains expertes. Des tissus, apparus de nulle part, couvrirent sa peau. La sorcière des mers était devenue la petite protégée de la fée-marraine de la mode.

« Avec ta silhouette en H, ma chéwie, il faut miser sur les courbes ! Tu as des hanches, il faut les montrer ! »

Les servantes finirent par s'écarter, dévoilant la tenue d'Ursula. Une tunique brésilienne (aux motifs aussi colorés que les plumes d'un paon) l'habillait qu'une ceinture nouait lâchement, au niveau des hanches. De nombreux bracelets encerclaient ses poignets et ses bras jusqu'au coude. De multiples colliers se répandaient sur sa poitrine. Cristina mit le point d'orgue à ce changement en piquant une fleur colorée dans les cheveux d'Ursula.

« La grisaille ne te va pas. Il te faut dé la couleur. Souris ma chéwie, tou es belle ! »

Cristina donna une petite tape sur la joue, et repartit de la salle, suivie de la cohorte de servantes. Sa venue n'avait duré qu'une poignée de minutes – et pourtant un ouragan semblait avoir mis à terre tous les occupants de la pièce, un cataclysme qui semblait avoir durer des heures.


© Avatar par Nougat. Compte PNJ, merci de ne pas envoyer de MP.
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Ursula
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Ursula
Mar 10 Mar - 10:42
L’ouragan de la mode s’en alla, laissant pantoises toutes les femmes présentes. Je ne savais plus quoi dire, car elle m’avait prise au dépourvu. Je retirai la fleur de mes cheveux et la jetai à terre.

« Puis-je savoir ce qui vient de se passer exactement ? »

Les servantes souriaient. Je devais ressembler à un épouvantail. Je n’étais pas taillée pour les vêtements exotiques. Je retirai un à un les bracelets de mes poignets, les lançant sur le sol en prenant bien soin de faire trembler les servantes-oiseaux. J’y mettais toute ma haine.

« Vous, dis-je en désignant la femme-soleil, vous êtes vraiment naïve. Mes chaussures étaient magiques. Vous voyez ces jambes, elles sont faibles et ne peuvent pas supporter mon poids. »

Rampant à même le sol (ce qui était une expérience des plus humiliantes), je m’approchai de la chaise où étaient entreposées mes affaires. Je fouillai ainsi dans mon sac de cuir à la recherche d’une de mes potions. Mais rien. J’avais tout perdu.

« Par tous les dieux, ce n’est pas possible. Je suis maudite. »

Mon cœur se souleva quand une vague de fureur m’envahit. Je me retenais de tout casser autour de moi.

« Nous sommes dans le palais royal, comme vous l’avez dit vous-même. Je suppose qu’il y a des tas de sorciers ici. Allez les chercher. Sur le champ. »

D’ailleurs, je ne savais toujours pas qui était la femme qui brillait, mais avec ses riches accoutrements, je la soupçonnais d’être noble voire même d’être la reine. Je n’aimais pas les têtes couronnées, toujours à ce croire au-dessus des autres. Mais celle-là semblait différente, presque gentille. Il fallait que je m’en méfie. Même moi j’arrivais à être gentille quand je le voulais, et pourtant j’étais une véritable harpie.
Ursula
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Coya Ameyal
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Coya Ameyal
Ven 13 Mar - 21:39
Le plateau tombant pour la deuxième fois lâcha un bruit sourd, qui secoua vivement l'air et ceux qui la respiraient.

Décidément, il faudrait donner quelques jours de congés à cette pauvre servante.

La cause de cette sonorité soudaine, c'était la pire ennemie du mauvais goût, Cristina Cardulo; une Brésilienne comme il n'y en avait pas deux. Sa voix si portante résonnait dans la pièce aussi puissamment que les rayons du soleil, et déjà l'ambiance glacée de tout à l'heure avait disparu.

- Madame Cardulo, je ne pense pas que ce soit...

- Ma chérrrie, toujours aussi sublaime! Tou suis mes conseils, c'est bien!

Evidemment, ce n'était pas le moment pour ce genre d'activité, mais la reine, flattée, ne put s'empêcher de ressentir une certaine fierté. Bien sûr qu'elle suivait ses conseils! Mais l'heure était plutôt grave; une étrange femme se retrouvait dans ce royaume et ne le prenait pas du tout à la rigolade. Il fallait régler cette sombre histoire, pas glorifier la mode!

Tel un puma en chasse, Cristina cherchait la petite bête et bondissait immédiatement sur ce qui n'allait pas. Des bijoux, des breloques, des tissus de toutes les couleurs devinrent bientôt la nouvelle tenue de l'Espagnole, bien que celle-ci n'eut pas l'air enchantée pour le moins du monde.

Puis, aussi rapidement qu'elle était venue, Cristina Cardulo repartit. Sa cliente improvisée était rouge de colère.

- Veuillez m'excusez pour ce qui vient de se passer. Cette Cristina est assez imprévisible, expliqua Ameyal, encore ébranlée par la scène qui venait de se dérouler.

L'étrange femme retira toutes ses parures avec une telle hargne que les domestiques, au début amusés, prirent rapidement peur, puis reculèrent jusqu'à utiliser leur propre reine comme bouclier.

- Vous, vous êtes vraiment naïve. Mes chaussures étaient magiques. Vous voyez ces jambes, elles sont faibles et ne peuvent pas supporter mon poids.

Cette manière de parler... Cela irrita Ameyal. Comment pouvait-on être aussi insolent? A ce moment, la reine n'avait qu'une envie: énumérer toutes les pires insultes qu'elle connaissait à l'attention de l'Espagnole qui, visiblement, n'avait aucune notion du respect. Mais la Brésilienne se retint; cette étrange femme devait être complètement déboussolée.

Alors comme ça, ses fameuses chaussures lui étaient absolument nécessaires... Malheureusement, la mer avait dû les emporter très loin maintenant, donc partir à leur recherche aurait été inutile.

La femme se mit à ramper jusqu'à ses affaires; il ne restait plus qu'un sac vide, trouvé plus loin sur la plage. La voir ramper ainsi puis jurer devant des divinités fut la scène la plus dérangeante qu'Ameyal ait pu voir de la journée. Aussi ordonna-t-elle aux domestiques de soutenir la femme dans sa marche, mais ceux-ci n'osèrent pas s'en s'approcher.

- Nous sommes dans le palais royal, comme vous l’avez dit vous-même. Je suppose qu’il y a des tas de sorciers ici. Allez les chercher. Sur le champ.

Cette fois-ci, c'en était trop. On venait de donner un ordre à la reine, et d'un ton désagréablement agressif. Ameyal avait suffisamment serrer les poings comme ça. Elle en avait assez. Les mains sur les hanches, la reine prit son souffle, prête à dégainer ses mots.

- Madame, je n'accepte pas que l'on me parle de cette façon! Je me nomme Coya Ameyal, je suis la reine de ces lieux et j'ai choisi de vous aider, alors j'exige de votre part un respect conséquent. Vous avez besoin de mes sorciers? Je ne vous garantis rien, puis, faisant un pas en avant, d'autant plus que je ne sais rien de vous. La moindre des choses serait de me remercier et vous présenter, avant de vous permettre de telles libertés.

Cette fois-ci, Ameyal ordonna d'un ton ferme aux domestiques d'aider l'inconvenante à se tenir debout. Cette fois-ci, elles obéirent.

Coya Ameyal
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Ursula
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Ursula
Lun 30 Mar - 20:52
Je soupirai. Mon souffle devenait saccadé. Je n’en pouvais plus, mes nerfs allaient lâcher. La vie que je menais n’était pas celle dont j’avais rêvée. Qu’avais-je bien pu faire pour la gâcher ainsi ? Je me tournais vers la reine-oiseau en essayant de me relever avec l’aide des servantes.

« Si je vous disais qui je suis et ce que j’ai fait, vous le regretteriez. »

J’étais faible de minute en minute. Mine de rien, ce naufrage m’avait encore plus affaiblie. Et le fait de m’énerver pour rien, n’arrangeait aucunement la situation. Je voyais trouble mais je serrai les dents.

Ne montre pas ta faiblesse, me disais-je. Surtout ne laisse rien paraître.

« Ne prenez pas mal mes propos, je suis déboussolée, je suis perdue. »

Je m’effondrai par terre, provoquant des cris surpris.

« Je suis perdue depuis que je suis née. »

Une violente vague de nostalgie m’envahit. Je levai mon regard vers Ameyal avec des yeux suppliants. Je ne savais pas ce qui m’arrivait. Je passai de la femme sans cœur à l’innocente petite fille à qui le noir fait peur.

Tu n’es pas une gentille fille Ursula, mais tu es humaine. Laisse toi aller.

« Voulez-vous bien m’aider, sans poser de questions ? »

La couleur azur de mes yeux accentuée par la blancheur anormale de ma peau et mes mains tremblantes, je faisais peur à voir. Mais pour une fois de ma vie, je demandais de l’aide en retirant le lourd manteau qui faisait de moi une sorcière crainte et détestée.

Laisse toi aller, petite fille.
Ursula
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Coya Ameyal
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Coya Ameyal
Jeu 9 Avr - 15:20
Ameyal hocha la tête gravement. En effet, bien qu'effrayante, cette femme était dans le besoin et la laisser dans un tel pétrin n'aurait pas été digne de l'hospitalité des Incas.

Tout ce qui s'était déroulé jusqu'à maintenant fut quelque peu embarrassant. Cette Espagnole qui rampait sur le sol, ne pouvant pas user de ses jambes, une servante qui fit tomber deux fois de suite en même pas une heure un plateau de mets nobles, Cristina Cardulo et ses milles secrets de relooking... C'était le moment où jamais de ne pas avoir l'air plus ridicule que jusqu'à présent. En conséquence, Coya Ameyal tenta une approche plus sérieuse; d'une voix portante, elle s'exprima comme une reine devait le faire.

- Je veux bien vous aider, Señora, car j'ai pris pitié de vous. Je comprends votre énervement dû à la condition inhabituelle dans laquelle vous êtes. Nous allons tout d'abord trouver une solution pour vous faire marcher sans l'aide de vos chaussures magiques.

Aller chercher ses chamanes revenait à obéir à l'ordre que l'Espagnole lui avait donné il y a quelques instants. En l'occurrence, il s'agissait là bien de la propre volonté de la reine, mais sa susceptibilité la faisait hésiter. Evidemment, comme c'était ridicule, Ameyal chassa cette idée de la tête puis ordonna aux servantes d'aider la femme à s'asseoir sur le lit.

- Je vais chercher un sorcier, ne bougez pas, annonça-t-elle alors qu'elle se dirigeait vers la porte.
En même temps, avec ces jambes, l'Espagnole ne bougerait pas vraiment de toutes façons.
- Enfin... je voulais dire que, heu... vous ne pouvez pas aller bien loin, je sais... Enfin bref, je reviens.

* * * * *


La pièce où travaillaient quotidiennement les chamanes était particulièrement imposante. Elle jouxtait les jardins du palais, depuis que le roi d'une époque ancestrale, dont Ameyal ne se souvenait jamais du nom -c'était un nom imprononçable, avec une sonorité Aztèque-, décida un jour d'offrir aux chamanes un atelier où ils pourraient mener leurs études et expériences à bien. On pouvait passer librement des jardins à cette salle, ce qui donnait la possibilité aux sorciers de cultiver toutes sortes de plantes à proximité de leur laboratoire, sans être gênés par une longue marche jusque dans les jungles environnantes.

Lorsqu'on entrait dans le laboratoire, de fortes odeurs de brûlé ou de plantes fumées enivraient les narines et piquaient les yeux. Sensation qu'Ameyal ressentit immédiatement en y pénétrant. Elle se frotta les yeux, puis traversa la pièce à la recherche du sorcier qu'il lui fallait. Dans le genre de situation où une étrangère se retrouvait échouée sur les plages brésiliennes sans l'usage de ses jambes, la reine comptait sur Rimac pour trouver une solution. Il s'était spécialisé dans la magie et était souvent capable de grandes choses. Souvent, car ses tours ne réussissaient pas à chaque fois, bien qu'il soit le plus expérimenté de tous dans ce domaine. La magie est un art capricieux; Ameyal en était consciente et pardonnait facilement les erreurs du sorcier.

Coya Ameyal trouva Rimac au fond du laboratoire. Avec son nom digne d'une marque de produit nettoyant utilisé par les Blancs, Rimac était le meilleur sorcier du palais. Il n'était pas très imposant, aussi Ameyal le dépassait avec sa coiffe à plumes. Rimac avait le profil parfait du savant fou, de l'érudit expert en magie, avec ses cheveux ébouriffés. Quand Ameyal le rejoignit, il était concentré sur un sort: changer la couleur des objets. La reine s'arrêta derrière lui, observant par dessus l'épaule du sorcier des fleurs passer de l'orange au bleu. De la couleur du soir à celle de la nuit.

- Magnifique, dit-elle doucement, comme si parler trop fort pouvait annuler l'effet du sort. Vous pourriez faire la même chose avec mes robes!
Rimac se retourna vivement, surpris. Le sorcier se contenta de répondre par un grand sourire, puis une révérence.
- Mais ce n'est pas le moment. J'ai besoin de vous, suivez-moi. Je vous expliquerai en chemin.

* * * * *


Le duo rejoignit la chambre où attendait l'Espagnole. La jeune reine savait à quel point son invitée était sur les nerfs et en avait fait part à Rimac. Elle tenait à repartir sur une bonne entente, car les débuts ne furent pas très agréables. En entrant dans la chambre, Ameyal s'illumina d'un sourire chaleureux et parla d'une voix radieuse. On dit toujours que le sourire est contagieux; c'était le moment de tester cette affirmation, bien que l'Espagnole ne paraissait pas vraiment du genre à partager les sentiments d'autrui.

- J'espère ne pas avoir été trop longue, pardonnez-moi. Voici Rimac, un grand chamane et le meilleur de mes sorciers.
Ameyal posa sa main sur l'épaule du chamane.
- Je lui ai fait part de votre problème. Il va vous rendre l'usage de vos jambes et vous n'aurez plus à vous inquiéter pour vos fameuses chaussures magiques!

La reine fit discrètement signe au sorcier de s'avancer mais celui-ci ne bougea pas. Les servantes n'étaient pas les seules à être intimidées par l'étrange aura qui émanait de l'Espagnole. Comme Ameyal s'impatientait, elle bouscula Rimac pour le faire avancer vers la femme en lui faisant les gros yeux. Maintenant face à sa patiente et conscient de l'agacement de sa reine, le chamane n'avait pas d'autre choix que de se mettre au boulot. Il présenta à l'Espagnole un parchemin sur lequel étaient inscrits des symboles en aymara. En fait, il savait très bien que sa cliente ne comprenait certainement rien à ces symboles, mais le papier faisait office de bouclier -quoi qu'inutile- contre cette mystérieuse femme, peu rassurante.

- Holà Señora, dit-il, intimidé. Je vais réciter cette formule, et vos jambes retrouveront leur usage.
Normalement
, ajouta-t-il, après une brève réflexion.

Rimac recula, suivi d'Ameyal. Il prononça donc sa fameuse formule, dans l'impatience des spectatrices -il était le seul homme dans cette pièce, le reste se composant de la reine Inca, d'une Espagnole et de servantes.

Tout ce déroula très vite. D'abord, l'enthousiasme emplit la pièce; il y eut comme une lumière émanant des jambes de l'Espagnole, puis, rapidement, son corps tout entier s'illumina. Ensuite, un gros POUF. De la fumée violette apparut, suivie d'une odeur d'iode, puis, lorsqu'elle se dissipa, la femme avait disparu.

- Merde! s'écria Ameyal, furieuse. Où est-elle?
- Là! regardez ma reine! répondit une servante, en désignant du doigt un petit poulpe qui gisait au pied du lit.

Tous accoururent auprès de l'animal, supposant qu'il s'agissait de l'Espagnole en personne.

- Oh non non non! le sort a raté! j'ai transformé la Señora en poulpe, je suis désolé ma reine! s'exclama Rimac qui regardait, circonspect, le céphalopode.

Ameyal se pencha au-dessus de l'animal. Après réflexion, elle se redressa et gifla le sorcier; les erreurs ça se pardonne, mais pas celle-ci. Une fois la sanction effectuée, la reine se frotta la main puis se pencha à nouveau au-dessus du poulpe.

- Hem... Señora? Vous allez bien?

Coya Ameyal
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Ursula
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Ursula
Sam 16 Mai - 17:26
Je sentais tous mes membres devenir mous. Les paroles du vieux sorcier résonnèrent sur mes tempes et pénétrèrent mes pores. Je sentais la magie faire son œuvre dans mes veines. Mon corps prit une teinte inhabituelle. Une épaisse couche de fumée enveloppa mes yeux. Je ne percevais aucun bruit mis à part la formule sacrée de Rimac.

Je me sentais partir vers quelques obscures contrées. Mes battements de cœurs étaient rythmés par les syllabes du chamane. Soudain, mes jambes se séparèrent brutalement comme si on m’écartelait. Je sentis ensuite des membres pousser aussi souples que de la soie. Je bougeais dans tous les sens. Ma souffrance était insupportable. Ma tête grossit, mes yeux changèrent pour ne percevoir qu’un champ de vision restreint. Ma poitrine se compressa. Ma tête et mes jambes se rapprochaient dangereusement.

Après toutes ces métamorphoses, je me mis à gigoter dans tous les sens. Je sentais mon corps devenir sec. J’essayais de regarder ce que j’étais devenu en me basculant en arrière pour mieux pouvoir admirer le bas de mon corps. 6 tentacules s’agitaient dans tous les sens. Je me mis à paniquer.

Je percevais plusieurs sonorités. Des cris ? Des rires ? Je n’en savais rien, mais je voulais leur hurler dessus. Il me fallait de l’eau. Une ombre me prit par les tentacules et se mit à courir à travers un dédale de couloir que je visualisais avec peine. Puis je sentis mon corps entrer en contact avec de l’eau fraîche. Une fois totalement immergé, je m’éloignais de bord pour commencer à brasser l’eau avec mes nouvelles jambes. Je partais dans tous les sens, m’emmêlant les tentacules. Je pestais intérieurement.

Il me fallut plusieurs minutes pour pouvoir m’habituer à mon nouvel environnement. Je me sentais flotter et je m’amusais à bouger mes tentacules dans tous les sens. Cela me provoquait d’étranges sensations. Sentir son corps sans consistance, sans os, était très particulier. Je n’avais plus la notion du temps. Je voyais des ombres se pencher à la surface pour pouvoir m’observer à travers les nuages des pétales d’hibiscus flottants sur l’eau. Des murmures suivirent, mais je n’y faisais pas attention. J’avais un mélange d’émotion en moi : la haine et la liberté.

***

Il me semblait que plusieurs jours avaient passés. Je me sentais plus à l’aise dans ma nouvelle forme. On me jetait dans mon bassin des crabes trois fois par jour. Au début, je me faisais aisément pincer les tentacules, mais pas la suite je me mis à réfléchir et je réussis à le manger. Les carapaces des malheureux crustacés gisaient au fond de la piscine. Mon esprit semblait plus aiguisé et plus attentif à ce qui m’entourait que d’habitude. J’aurai pu rester sous la forme d’une pieuvre jusqu’à la fin de mes jours.

Un matin (je devinais en effet les reflets de l’aube sur la surface transparente de l’eau), une ombre humaine se plaça devant les marches du bassin. Il murmura des incantations qui résonnèrent à mes oreilles. Comment était-ce possible ? Je l’entendais très nettement. Rimac recommençait ses sortilèges. Je sentis ma tête s’allonger, mes bras repousser. Mes yeux prirent leur forme et leur place initiale. Mes cheveux noirs repoussèrent et se balancèrent sur mon dos nu. Mais mes tentacules semblaient ne pas avoir changés.

J’étais une femme-pieuvre désormais.

« Quand est-ce que vos tours cesseront-ils ? »

Ameyal se tenait aux côtés de son chamane. Je la dévisageais avec rancune. Elle ne m’avait en rien aidé. Je mis mes mains sur mes hanches, mi humaines mi pieuvre, en faisant gicler l’eau avec mes puissantes tentacules.

« J’espère pour vous deux que vous saurez régler ce problème … Rapidement. »
Ursula
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Coya Ameyal
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Coya Ameyal
Mar 26 Mai - 18:34
Cela faisait trois jours que l'Espagnole s'était faite transformée malencontreusement en poulpe. Tout ça parce que Rimac s'était trompé de formule. Quel idiot.
Cela faisait trois jours également que la pauvre Señora se retrouvait à patauger dans l'un des bassins des jardins royaux, tandis qu'on lui donnait les meilleurs crabes du littoral -c'était peut-être un poulpe, mais c'était aussi et surtout une invitée- et que Rimac cherchait désespérément un contre-sort.

Ce fut le deuxième jour suivant la transformation qu'une servante un peu trop curieuse tomba sur une lettre, en fouillant dans les affaires de la Señora. Ne sachant pas lire, la servante en question fut très intriguée et en parla à toutes ces collègues. Rapidement, le papier se retrouva entre les mains de la reine qui, après l'avoir lue, la rangea soigneusement dans le tas de paperasse dédié aux affaires importantes. En effet, cette lettre révélait -vaguement, certes- des informations sérieuses sur la mystérieuse Espagnole.
La lettre ici

Le matin du quatrième jour, Rimac pensa avoir trouvé la solution et en informa Coya Ameyal. Ainsi, la reine et son chamane se rendirent au bassin en espérant que, cette fois-ci, ce serait le bon sort.

Ameyal, les poings sur les hanches, observait le bassin tandis que le sorcier prononçait sa formule tout juste concoctée le matin-même. Elle s'attendait à voir le poulpe reprendre sa forme humaine et pouvoir lui parler de la fameuse lettre. Ce qui sortit de l'eau fut un peu différent...
C'était bien une femme, d'ailleurs la reine reconnu le visage de son invitée, mais elle avait gardé certaines caractéristiques d'un poulpe.
Nom de Viracocha, elle avait des tentacules!

Même si l'Espagnole n'avait pas l'air particulièrement bouleversée par sa transformation, Ameyal, au contraire, resta bouchée.

« Quand est-ce que vos tours cesseront-ils ? »

- Nous... nous allons trouver une solution, répondit Ameyal, les yeux écarquillés.

Avec des tentacules, cette femme n'était plus simplement effrayante, elle était cauchemardesque.

« J’espère pour vous deux que vous saurez régler ce problème … Rapidement. »

- Ne vous inquiétez pas, Señora. Rimac va de suite aller se mettre au travail.

Ameyal jeta un regard froid à son chamane et le frappa discrètement avec son coude. Celui-ci comprit le geste; il s'en alla immédiatement, tandis que des servantes apportèrent les vêtements que Cristina Cardulo avait soigneusement choisi pour l'Espagnole. Puis la reine inca tendit la main. Une servante lui apporta de ce pas la lettre trouvée dans les affaires de la mystérieuse femme.

- Vous êtes Ursula, n'est-ce pas? Vous avez l'air d'avoir des problèmes et comptez apparemment sur moi pour vous aider.

Ameyal jeta un coup d'œil rapide sur la lettre. Elle l'avait lue et relue; il n'y avait définitivement rien d'explicite sur ce qu'avait bien pu faire cette femme. En tant qu'hôte, Ameyal se devait d'aider au mieux son invitée, et c'est ce qu'elle ferait.
Coya Ameyal
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Ursula
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Ursula
Dim 5 Juil - 10:47
Je faisais valser mes tentacules à la surface de l’eau et je savourai ma nouvelle apparence qui semblait faire trembler de peur la jeune reine. Un troupeau de servantes se rapprochait du bassin, tenant dans leurs mains les guenilles que je portais avant ma transformation.

« Donnez moi ça » dis-je en leur arrachant des mains un pagne noir pour cacher ma poitrine.

Je vis le chamane retourner penaud à ses occupations sous les ordres à peine dissimulés d’Ameyal. Cette dernière, justement, tenait en ses mains une lettre mouillée et jaunie par les marées, je la reconnaissais et une once de haine se forma dans les veines.

« Vous êtes Ursula, n'est-ce pas? Vous avez l'air d'avoir des problèmes et comptez apparemment sur moi pour vous aider. »

Avec l’aide d’un tentacule, je m’emparai rapidement de la lettre. Comment avait-elle osé fouiller dans mon sac ? Et si elle apprenait qui j’étais réellement ?

« Où avez-vous trouvé ça ? On ne vous a jamais appris à respecter l’intimité de vos hôtes ? »

Je déchirai la lettre en laissant tomber les morceaux de papier froid dans les profondeurs du bassin. Je me sentais humiliée. Personne n’avait à ce jour réussi à percer mes faiblesses. J’avais, à présent, deux choix qui allaient déterminer mon destin : mentir sur mon identité et échapper à nouveau à mes détracteurs ou tout avouer pour obtenir son aide.

« On me nommait Ursula autrefois, c’est vrai, mais c’était il y a très longtemps… »

Je fusillai du regard les servantes qui, effrayées, allaient se cacher dans l’ombre des colonnes d’or qui entouraient le bassin. Les oiseaux ne chantaient plus. Une atmosphère lourde pesait dans la cour. Tout le monde tendait l’oreille.

« Même si cela m’écorche la gorge de le dire, vous êtes effectivement mon dernier espoir… »

Mes tentacules tournoyaient dans l’eau sans faire de bruit ni d’éclaboussures. L’un d’eux ramassa les restes de ma lettre au fond du bassin. Les mots « Je vous aime Maman » paraissaient intacts.

« Je n’ai pas eu une vie facile, les gens ont été cruels. Je dois réparer ça. Et vous êtes celle qui pourra m’aider à remettre de l’ordre dans ma vie. »

Je relevai la tête fière. Je lui devais la vérité. J’affrontai mon passé avec dignité.

« Aurez-vous l’étoffe d’une héroïne, votre Majesté ? Saurez-vous me sauver et punir mes démons ? »
Ursula
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Coya Ameyal
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Coya Ameyal
Lun 17 Aoû - 21:00
Les tentacules nouvellement constitués de la Señora semblaient fonctionner à merveille, comme des bras, et aux vues de la précisions avec laquelle la dame lui arracha la lettre des mains, Ameyal en fut étonnée.
Intéressante découverte... il ne manquait plus qu'à en faire un sort officiel et le réutiliser sur des soldats. Cela pourrait toujours servir.

« Où avez-vous trouvé ça ? On ne vous a jamais appris à respecter l’intimité de vos hôtes ? »
Ameyal ne put s'empêcher de se cabrer, même si cela ne se faisait pas. Peu importait les règles de politesse! On l'avait accusée à tort!
- Ce n'est pas moi! s'exclama-telle, irritée. Elle fronça les sourcils à tel point que son front en devenait douloureux. C'est la faute d'une servante. Mais peu importe, dans tous les cas, je l'ai lue.

La reine croisa les bras sèchement (comme si cela allait impressionner qui que ce soit), puis regarda son invitée déchirer la lettre. Son expression s'adoucit alors qu'elle écoutait Ursula. Son histoire était vague, très vague, mais la Coya ne se découragea pas à tenter de comprendre. Comprendre quoi exactement? difficile à dire... quelque chose en particulier ressortait des paroles de l'étrangère: apparemment, Ameyal était son dernier espoir. Si des gens l'avaient fait souffrir, cherchait-elle à se venger?

« Aurez-vous l’étoffe d’une héroïne, votre Majesté ? Saurez-vous me sauver et punir mes démons ? »

Quelque chose s'anima au fond de la reine. Une héroïne? Cela sonnait bien, et ça sentait surtout l'aventure à plein nez. Mais quel genre d'aventure? Ameyal craignait de ne pas pouvoir se permettre n'importe quoi, d'autant plus que si elle acceptait, elle ne saurait absolument pas dans quoi elle aurait été fourrée. Elle ne devait pas s'emballer trop vite, même si cela la titillait.
La reine inca montra un large sourire à Ursula, avec des airs complices. Il faut dire que l'expression "étoffe d'une héroïne" avait réveillé son goût pour l'aventure.

- Je pourrais vous aider, mais... avant toute chose, en quoi consiste "punir vos démons"?
Coya Ameyal
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Ursula
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Ursula
Dim 6 Sep - 20:50
La question qui fâchait. La question que je redoutais plus que tout. La question qui faisait remonter en moi des effluves de haine. Je regardais la reine sans ciller. Elle était très curieuse. Un peu trop même. Je réfléchis à mes mots.

« On m’a répudiée. On m’a chassée de chez moi. On m’a arrachée à ma terre. »

Je revoyais avec nostalgie ma grotte sous-marine. Le bruit rassurant des vagues tintait soudainement à mes oreilles. Je m’imaginais à nouveau mon temple creusé dans la pierre. La statue pleine de majesté de marbre et de nacre me représentant au milieu des flots déchaînés avec un trident en or me rassurait. J’aimais ma terre, mon océan. Et je devais y revenir.

« Un empereur européen m’a bannie pour un crime que je n’avais pas commis. »

Un silence s’installa. Je ravalais ma salive avec difficulté. Munie de mes tentacules, j’aurai aisément pu étrangler ce vicieux Elias. Il aurait été à ma merci. Et je n’aurai pas entendu ses plaintes. Je l’aurai tué à petits feux. Lui et toute sa cour pourrie jusqu’à la moelle.

Et Thalia. Cette petite sotte. Sale morue. Qu’elle aille brûler en enfer, elle et ses mensonges ! Le poids de la culpabilité et l’infidélité de son mari ne me semblaient pas assez convaincant comme châtiment. Je la réduirai en esclavage quand elle sera entre mes tentacules. Je la réduirai à rien. Je voulais la voir souffrir. Pour toujours.

« Je compte bien réparer cette injustice. J’ai passé ma vie entière à trouver des moyens pour renter chez moi. Vous êtes mon dernier espoir. »

Je la fixai avec envie. Elle avait le pouvoir, elle avait de la noblesse dans le sang. Comme ça devait être enivrant de pouvoir sentir la vie et la mort au bout de ses doigts ! Je voulais sentir cela, seulement une fois. Je m’approchai d’elle avec lenteur. L’eau obéissait à mes moindres mouvements.

De mes tentacules, je m’emparai de sa main droite et l’examinai. Délicatesse et pouvoir se côtoyaient en harmonie. Je reniflai ce parfum subtil. Je souhaitais le pouvoir. Pour pouvoir écraser les pauvres âmes en perdition à ma merci.

Le pouvoir de la mort sur la paume de la reine me fit arracher un doux sourire.

« Je vous en supplie, votre Majesté. Laissez moi goûter à ma vengeance. Il est temps pour la roue de la Fortune de tourner. »
Ursula
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Coya Ameyal
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Coya Ameyal
Mer 6 Avr - 19:45
La question semblait déranger l'étrangère. Ses propos étaient vagues; elle ne faisait ni mention d'un quelconque pays, ni du moindre nom, ni même du crime en question, ou de quel genre de vengeance elle avait l'intention d'accomplir. Cela ressemblait à une entourloupe bien étrange.

Pourtant, plus cette discussion avançait, plus la certitude de la reine inca que les mots d'Ursula étaient sincères grandissait.
Cette femme, bien que mystérieuse, disait la vérité. Ameyal n'en avait désormais plus aucun doute.

— Je n'ai jamais vécu de choses pareilles, mais je peux comprendre la souffrance que cela doit être de se faire ainsi haïr par sa propre patrie. Surtout si c'est à tort.

A ce moment, Coya Ameyal se trouvait face à un dilemme. Elle tenait à aider cette femme, mais il y avait à ça bon nombre d'obstacles. Elle ne devait pas faire d'erreur dont son peuple risquerait de devoir payer. Pensive, Ameyal se mit à faire le tour du bassin, bras gauche appuyé contre la poitrine, bras droit relevé jusqu'au menton. Tel le penseur de Rodin, l'intense réflexion dans laquelle la reine nageait rendait son expression faciale presque caricaturale.

— Je ne connais l'Europe que pour sa beauté, sa géographie et ses traditions. Les problèmes politiques qui s'y déroulent me sont assez vaporeux, et je n'oserais m'immiscer sur de tels terrains. Je ne sais pas ce que mon Empire risque, et je souhaite lui éviter des peines pour cause de mes propres désirs, expliquait-elle, comme relevant tout ce qui lui passait par la tête à voix haute.

Il fallait trouver un compromis, et ce n'était pas chose facile.
Finalement, une idée pointa son nez.

— Je pourrais vous offrir une terre, ici, sur mon Empire. Pas la plus grande, ni la meilleure, mais vous pourrez y vivre sans que personne ne vous bannisse. Je vous propose donc le Brésil, Empire inca, comme votre nouvelle patrie. Ameyal se tourna à nouveau vers son invitée. Puisque je suppose que vous n'avez rien, je peux également vous offrir quelques moyens; de quoi construire sur cette terre, et de quoi y vivre. Si vous avez besoin d'autres choses que je n'ai pas citées, demandez-moi. En ce qui concerne votre vengeance, je ne peux pas me permettre de m'y mêler. Il faudra pour cela que vous vous débrouilliez, en partant de ce que je veux bien vous donner.

Cette idée plaisait à la reine brésilienne, mais elle ne savait pas si cela suffirait à Ursula. Face à la femme tentaculaire, Ameyal attendait le verdict.
Coya Ameyal
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Narrateur
Conteur d'histoires
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Dim 31 Juil - 18:48

Ne voulant que complaire à son hôte, la Coya Ameyal lui proposa une demeure que la sorcière accepta bien volontiers. Ursula séjourna trois mois avant de repartir en Angleterre. Malgré son séjour, Coya ne sut jamais réellement quelles étaient les plans de son invitée, et ne chercha pas à en savoir davantage. Elle lui avait rendu service car elle était son hôte. L'avenir de la sorcière ne la regardait pas.

RP terminé


© Avatar par Nougat. Compte PNJ, merci de ne pas envoyer de MP.
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