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 Requiem per London

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Mistral Despair

MessageSujet: Requiem per London   Jeu 5 Fév - 22:53
REQUIEM PER LONDON




Mistral avait regarder Londres brûler, il avait vu le pont s'effondrer et les gens mourir. Tout ce chaos n'était pas de sa faute, il s'était contenté de de fournir une partie des instruments qui avaient contribué à ce concerto grandiose. Il ne pouvait que saluer le talent indéniable de Tee en la matière. Ce monstre rouge avait n'avait peut-être pas grand chose d'appréciable dans sa personne, mais il avait le sens de la mise en scène, ça c'était certain.

Soudain, les flammes vinrent lécher plus haut les bâtiments et il aperçut les londoniens, vulgaires fourmis à ses yeux, fuir en se piétinants. Plusieurs de ces répugnants zombies avaient éclatés, semant autour d'eux leur infect jus.

Le Marquis frissonna et son rythme se fit plus rapide. Il ordonna en même temps à l'alto, au violoncelle et à la contrebasse derrière lui sans se retourner « Jouez plus fort, fortissimo, fuocoso, inspirez-vous du spectacle que nous offrent votre maître et son laquais rubis. »

Ce n'était pas que le français tirait réellement son plaisir de la mort de centaines de personnes, même des anglais. Mais il aimait la beauté de ce décor apocalyptique, et ce qui le faisait réellement vibrer était d'être au-dessus de tout cela. La force froide derrière la vivacité de la mort et de la guerre, celui qui apprenait à déguster le plaisir de l'anarchie comme un bon vin.

Oh oui, il ne se rabaissait pas à traîner dans la crasse et les viscères comme les autres. Mais cela le rendait-il moins impliqué ? Certainement pas. Il était le fin joueur qui se redressait pour avoir une vue d'ensemble sur le plateau.
Jetant un coup d'oeil à une pendule, Mistral remarqua l'heure déjà tardive. Le théâtre touchait déjà à sa fin.

« Piano, pianissimo » ordonna-t-il au trio instrumental qui accompagnait son propre violon avant de se retourner vers eux pour finir par « Morendo, per favore, ça suffit, il est quatre heures de l'après-midi, le Lièvre devrait bientôt revenir. Il va falloir retourner nous poser. »

Son bon ami le proxénète avait autorisé son équipage à se surélevé un peu dans le ciel afin que le Marquis puisse admirer le spectacle dont il était mécène par l'une des grandes fenêtres du Zeppelin. Le français en avait profité pour recruter les quelques membres de son personnel qui savaient suffisamment jouer de l'archet pour l'accompagner dignement.
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Pitt

MessageSujet: Re: Requiem per London   Jeu 26 Fév - 22:51
 
Le Jeu, le Jeu, le Jeu, le Jeu... Parfait, amusant, affreusement joyeux. Divertissant. La masse méprisante souffrait bien assez, ou peut-être trop mollement ? De toute manière, la suite viendra, et toujours aussi agréable pour un chant apocalyptique. Une douce symphonie, celles que les grands compositeurs ne pourront créer. Simplement car leur don avec les notes n'est pas comparable au don avec les gens, avec le Jeu.
Les pas du Lièvre de Mars l'avaient mené au Zeppelin, laissant la danse se calmer. Seule les flammes poursuivaient leur valse. Tout était toujours effacé par le feu. Le feu représente une grande partie de l'Enfer, du moins, dans l'idée générale. Et l'Enfer accompagne toujours le quatrième, cela va de pair avec le nombre quatre. Quatre étant comme une tête de mort, quatre étant la Mort.
 
Les marches de métal furent montées, le fou jaune arriva enfin dans son territoire de fer. Aussitôt arrivé, le mastodonte de fer s'envola. Laissant l'hydrogène et l'hélium remplir les chambres à air, puis porter le monstre froid et grossier dans les cieux. Les cieux si libres, une liberté si précieuse à l'esprit du proxénète.
 
Des rires, des gloussements, le rythme du pilleur restait le même. La joie, quelle délicieuse scène qu'offrait le Jeu. En tournant la tête, la blessure au coup de Pitt lui arracha un râle agacé. Agacé d'avoir perdu une liberté de mouvement, certes petite mais tout de même... Il ne s'en soucia que peu, puisqu'il était capable de mettre sa main dans du tissu rouge sans tenir compte de sa malédiction. Ce dans le but de s'amuser. Un peu.
 
- La comptine est née pour ce jour, pour le Jeu.
 
Un rire, des pensées envolées alors qu'elles résonnaient encore dans les boyaux de la machine volante. Quelques hommes croisèrent le chemin du propriétaire des lieux, quelques fleurs aussi. Une porte, celle du fameux salon où était né le Jeu. En poussant la porte, toujours le large sourire aux lèvres, Pitt entra rejoindre son invité de marque.
 
- N'était-ce pas exquis ?
 
Un ton chantant. Un rire s'en suivit alors qu'il s'affala dans l'un des sofas beige. On lui apporta un plateau de gourmandises en plus de l'absinthe déposée.
 
- J'ai cru mourir de rire, mourir de joie. J'aime la marque laissée, elle demeurera amusante, et menaçante.
 
Des gloussements, puis, prenant un air affreusement sérieux, bien qu'un sourire en coin se montrait encore.
 
- Tout s'est bien passé ? J'espère que vous êtes aussi amusé que moi-même !
 
Le Lièvre riait, encore et encore. Ne mesurant pas la gravité, ne mesurant pas la différence, ne mesurant pas l’intelligence.
Une grand sourire alors qu'il préparait son absinthe.
 
- Mon Rubis ne devrait pas tarder. Il ne tarde jamais.
 
Rires...
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Bloody Tee

MessageSujet: Re: Requiem per London   Dim 1 Mar - 21:00



Les yeux fermés, plus rien n'atteignait mon être. Le son ne me parvenait plus, l'image du monde non plus, rien. Je n'écoutais que le bruit que j'imaginais, celui que j'avais entendu en ces douces dernières minutes. Le crépitement des flammes, la vague des cris, le gémissement des morts. Londres brûlant. Le brasier se répandait, brûlait, tuait, les cadavres s'empilaient. Qu'ils furent écrasés, noyés ou déchiquetés, ils étaient morts, ils avaient payé. Non, non, ils n'avait pas payé. Partiellement seulement. Il ne pouvait y avoir de fin à cette pièce autre que ma mort ou celle de cette ville, de ce pays. Et même, si l'un de nous deux venait à perdre, le second acte viendrait, un acte qui n'est encore point écrit sur le papier.

La souffrance devait être longue, autant pour eux que pour moi. Je devais souffrir, puis leur rendre cette douleur, leur faire payer, les saigner comme des porcs.

Mon esprit se perdait dans le bruit que je ne pouvais plus oublier, les images que je ne pouvais effacer. Je me rappelais tout autant de ces longs mois d'horreur qu'une jeune fille et sa mère avaient subits que de cette courte journée que Londres avait vécu. Malgré les années qui séparaient les évènements, les visions n'étaient pas moins claires, elles étaient parfaites, comme si tout cela n'avait eut lieu qu'hier. L'un avait prit place il y a dix-huit ans de cela, l'autre venait à peine de se conclure, et pourtant, ils étaient présents, tout les deux.

Sur scène, le sang avait coulé comme il le devait, et il recommencerait.



Mes yeux s'ouvraient, enfin. Piégé dans les lunettes de Pitt, je ne bougeais pas, restait allongé à ne rien faire. Je n'écoutais pas même ce qu'ils disaient. Certains aurait pu croire que la première chose que j'aurais faîte en me réveillant aurai été de sourire, de rire aux éclats. Mais il n'en était rien. Je restais silencieux, le visage neutre, un soupçon de nostalgie. Chaque grande scène devait mener à cela. Malgré la douleur que m'offrait ma hanche, je savais que ce qui avait été orchestré fut pour moi une victoire, mais pas pour la fillette. A ce moment, étais-je vraiment moi? Étais-je la malédiction, ou elle? Je savais que la réponse, en cet instant, était "elle". Je lui laissais savourer sa défaite, sa victoire. L'échec pour l'enfant qu'elle fut, la réussite pour celle qu'elle était devenue.
Puis je me mis à rire. Je riais aux éclats.

Pourtant, je ne sortais pas. Mon rire ne faisait que se mêler à celui du blondinet, devenant de plus en plus faible, se terminant par de simples sursauts de rire, un soupir. Un rictus tel que je n'en avais que rarement eu se dessinait sur le contour de mes lèvres, encore et toujours, prêt à me fendre le visage. Puis il se détendit, lentement, jusqu'à en devenir faible. Doucement, je pris la parole pour ne prononcer que quelques mots.

« Ce fut une réussite. »

Je me redressais, disparaissant du reflet des lunettes de Pitt. Le bruit de mes talons claquants sur le parquet du zeppelin pouvait se faire entendre, se faisant de plus en plus fort pour ceux qui se trouvaient de l'autre côté des reflets. Je me rapprochais de la réalité, je redevenais la maudite, le temps pour elle de goûter à la désolation que son âme d'enfant avait pu ressentir était terminé. Il était temps pour moi de remonter sur scène.

Je sortis d'une du reflet de l'une des vitres du zeppelin, me retrouvant face à mes très chers camarades. Le sang me recouvrait, la puanteur de la viande brûlée m'entourait, mais je souriais. Je vivais la plus belle journée de toute mon existence, je voyais le paradis tout autant que les misérables d'en bas entrevoyaient l'enfer.

Mon corps s'affala sur le premier siège qu'il pu trouver, muet. Ma tête alla se poser contre la vitre qui donnait une vue parfaite sur le décors qui s'éloignait. Mes lèvres s'animèrent sans que mes yeux ne quittent ce si beau paysage, prononçant de faibles mots.

« Londres brûle... »

Ma main se posa contre le verre, verre contre lequel je faisais crisser le mien. Des sursauts parcoururent mon corps, animés par de petits ricanements. Ricanements qui devinrent un rire fou, incontrôlable.
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Mistral Despair

MessageSujet: Re: Requiem per London   Lun 2 Mar - 15:17

The Sisters of Mercy - Lucretia, My Reflection


I hear the roar of the big machine
Two worlds and in between
Hot metal and methedrine
I hear your empire down



Dès que le Lièvre fit son entrée, Mistral sentit l'ambiance calme du salon s'électriser. Ce qui avait été une placide contemplation du chaos se remplissait peu à peu de l'effervescence et de l'adrénaline d'après guerre.

Mais c'était toujours ainsi.

Peu importe où il avait pu croiser le proxénète, il avait toujours trouvé celui-ci entouré de son énergie tourbillonnante et bondissante. C'était l'un des traits d'une folie absolue mais c'était aussi pour ça que le Marquis l'appréciait. En opposition à l'impassibilité dont il faisait preuve à toute heure, le blondinet était la face brûlante et explosive de la mort.
Et puis il restait si jeune...pas plus vieux que lui lorsqu'il avait été banni d'Italie. Peut-être qu'il viendrait s'assagir avec les années si son corps lui en laissait le temps vu la masse de sucreries et alcool qu'il consommait chaque jour.

« Oui, oui, la fameuse comptine dont les derniers mots allaient ainsi » le français tourna une nouvelle fois les yeux vers la ville qui brûlait en contrebas « Stone will last for ages long, my fair lady » un sourire narquois étira ses lèvres « Vont-ils a réécrire à présent que leur pierre a été réduite en poussière ? »

Mistral se détourna pour aller piocher dans les amuse-bouches qu'il avait demandé. Pas de viennoiseries pour lui mais de rafraîchissantes bruschettas et un peu de terrine de canard. Demander du lapin aurait sans doute été de mauvais goût.

« Et en effet, ce fut un spectacle absolument charmant. » confirma-t-il finalement au Lièvre qui préparait avec application son horrible liqueur verte.

« Et dépêchez-vous de finir ça. J'ai un Dom Pérignon pour la suite. Un tel événement mérite bien son champagne. »

Il remarqua que l'américain était blessé à la main aussi, mais ça ne semblait pas très grave.

« Mon Rubis ne devrait pas tarder. Il ne tarde jamais. »
« Oh le bougre a donc survécu ? Il ne s'est guère caché, j'aurais pensé Scotland Yard tout de même assez doué pour le jeter au bûcher dans la foulée. »

Comme à point nommé, Tee (dont il lui semblait bien avoir entendu la voix et les pas) se faufila hors de l'une des fenêtre. Son état déplorable concordait plutôt bien avec l'odeur faisandée qu'il dégageait. Mais lorsqu'on était habitué du Zeppelin et ses cales, on apprenait à passer outre la puanteur.

L'écarlate les ignora plus ou moins pour aller faire s'écrouler sa silhouette souillée dans l'un des sièges. Et bientôt le Marquis fut encerclé par le fou rire des deux hommes (il s'évertuait à considérer Tee comme tel bien qu'il lui ait plus ou moins prouvé le contraire).

Soupirant, il alla lui-même s'asseoir en attendant avec impatience que l'hilarité générale se tarisse. Il savait qu'il n'y avait rien à faire, que toute tentative de les faire taire se solderait par un échec.

Roulant en boule une serviette, il la lança sur l'arrivant tardif « Essuie-toi donc, Bloody Mary. Je ne te conseillerais pas de macérer trop longtemps dans le sang de la plèbe londonienne. »

Pas qu'il se souciait réellement de sa santé, mais Tee allait encore avoir son utilité dans la suite des événements. Ou de ce Jeu comme lui et le Lièvre l'appelaient.
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Pitt

MessageSujet: Re: Requiem per London   Dim 15 Mar - 19:33
Tous étaient là, le sourire du Lièvre était si grand que ses joues s'en seraient déchirées. Rire encore et encore. Le Jeu était si amusant, dans ce jeu... pourquoi ne pas jouer aux cavaliers ? Ceux qui apporte la fin. Deux joueurs, quatre rôles, et les pions. Mistral était un homme distingué, c'était amusant de le voir toujours si calme, on en avait presque envie de jouer à "jusqu'où vont ses limites?", cependant le proxénète ne voulait pas jouer à ça. Il semblait mépriser les méprisants autant que lui, pourquoi lui jouer des tours ? Pitt ne se considérait pas extérieur au cycle des méprisants, mais il se définissait comme repentit de par ses actes. Mistral pouvait aussi l'être, qui sait ?
 
Et puis, le Marquis était si amusant quand il voulait bien jouer. Une partie de la comptine sortit même de ses lèvres, en y repensant, le Lièvre laissa échapper un gloussement amusé. Tout était décousu, tant d'amusement, comment garder tout ceci dans le bon ordre ? Il riait et riait. Mais finit par prendre une grande inspiration afin de respirer et de se calmer.
 
Un gloussement final fit apparition en voyant le Marquis envoyer une serviette à Bloody. Il fallait préserver la brillance du rubis en effet. Il finit par se calmer. Enfin. Il se frotta le visage avec ses mains, mais lorsqu'une d'elle se laissa glisser au niveau du coup, il laissa une juron s'en aller. C'était que cette marque était capricieuse. Combien de temps allait-elle lui pourrir la vie de son épiderme de gorge ? Tant que cela ne l'empêcherait pas de manger, il survivrait.
Le sourire revint, bien qu'un brin tordu par la brûlure que le reflet écarlate lui avait infligé involontairement.
 
- Bien bien bien bien... Les porcs méprisants sont cuits et dévorés comme du bacon. Mais maintenant, où allons-nous jouer ? J'espère qu'on reviendra encore un peu poursuivre la comptine ici.
 
Un rire alors qu'il se saisissait d'un cupcake.
 
- Marquis, tant que vous nous donner de si jolie cartes explosives, nous pourrons presque jouer aux cavaliers.
 
Encore une fois ce mot, cavalier, ça amusait le Lièvre. La vision de cette attaque était tout de même digne de l'apocalypse, bien entendu à plus petite échelle. Cependant, on aurait dit que l'Enfer les accompagnait.
 
- Rubis, on dirait que tu t'es bien amusé. Je tiens à dire que ton tour était splendide.
 
Lança le Lièvre de Mars en s'allongeant sur le divan. Il était chez lui, il prenait ses aises. Même s'il montra à nouveau une grimace en bougeant la tête. Il avait trouvé maintenant la position afin de ne pas trop en souffrir, d'ailleurs. Il essaierait de ne pas trop bouger.
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Bloody Tee

MessageSujet: Re: Requiem per London   Dim 19 Avr - 23:53

Mon rire ne pouvait se taire, contrôlé par ma folie en son apothéose. Je n'en avais même plus conscience, il était un réflexe, une ambiance aux images qui me restaient du spectacle. Des images qui ne pourront plus s'effacer, des scènes qui resteront gravés dans ma réussite, inoubliables! Lentement, dans des soupirs proches de ricanements, mon rire se calma. Le verre de la vitre était maintenant orné de rayures profondes; quoi de plus beau que ces crissements auraient pu accompagner mes rires?

Mais venait toujours le trouble fête, celui qui cherchait à faire taire notre amusement... Et qui au final ne faisait que le renforcer. Ce cher Mistral, sans qui le pont n'aurait pas aussi bien explosé! Dans des pouffements, j'usais de son cadeau si gentillement donné pour essuyer mes lunettes, ne prenant pas compte de la remarque d'un être bien trop propre pour comprendre le plaisir du sang de ses ennemis sur la peau. Un sang de morts haïs si attrayant que j'hésitais même à le goûter encore plus que je ne l'avais fait plus bas, les pieds sur le pavé... Puis, il remplaçait si bien la veste que l'on m'avait ruinée! Une autre raison de leur faire payer.

Pour sa part, mon adorable blondinet savait toujours se moquer de ces britanniques pour les comparer à leur déjeuner, ce qui leur seyait à la perfection... Des porcs, oui, des porcs! Le monde n'avait besoin de porcs que pour manger, et aujourd'hui la terre pouvait déguster un avant-goût de ce que l'Angleterre pouvait donner! Le Marquis avait fourni les flammes, le Lièvre les affamés, et j'avais lancé dans un carnage sanguinolent le début des festivités. A le penser ainsi, tout cela devenait trop noble... Je préférais me limiter à ce que je voyais d'ici, des porcs qui brûlaient lamentablement. Puis vinrent de bien doux mots à mes oreilles, la fin de ma prestation se marquait de cette phrase, mais au moins le faisait-elle bien.

- Rubis, on dirait que tu t'es bien amusé. Je tiens à dire que ton tour était splendide.

Mes jambes se croisèrent et je remis mes lunettes avant d'ouvrir les mains sur les côtés, comme si je dévoilais qu'il s'agissait là d'une évidence. Mon sourire en coin, encore large de mon récent rire, ne pouvait que chercher à montrer cela de même.

« Je vous avais promis que ce jour serrait un spectacle des plus palpitants, comme jamais vous n'en auriez vu! Londres a brûlé comme elle le devait. » J'affichais une légère moue qui s'éteignit bien vite pour laisser à mon ancienne expression la place qui lui était due. « Il n'en reste plus que des cendres, mais les restes ne tarderont pas à s'effondrer en miettes lorsque le temps viendra! »

Je déposais la serviette qui me fut donnée contre la brûlure qui m'avait consumé le flanc, laissant s'échapper un petit gémissement dans le mouvement. Si Londres avait réussi à me brûler en même temps qu'elle, ce n'en était que mieux, les souvenirs en resteraient encrés jusqu'au fond de ma chair, et même cette garce ne pourrait à présent oublier ce moment. Ah, que je m'en réjouissais... Mais je ne pouvais pas me taire, je le savais, ou alors j'allais m'endormir face à tant de bonheur. Enfin, j'aurais pu si la brûlure ne gardait pas mes sens éveillés, me laissant maintenant dans un état mélangeant l'euphorie et l'excitation. Mais n'était-ce pas là mon état habituel? J'affichais un visage qui, cependant, m'était bien peu courant. Il se voulait triste, comme si je venais d'avoir une révélation, comme si je pouvais penser d'un coup que tout ce qui avait été fait là n'aurait pas dû l'être.

« J'ai peut-être vu chez les anglais quelque chose de bon aujourd'hui... »

Un pouffement.

Un sourire, calme.

« Ils font de la bonne pâtée. »

Mon sourire s'élargissait et mes sourcils se haussaient. Posant mes coudes sur mes jambes, entrelaçant mes doigts et cachant ma bouche derrière mes mains gantées, j'étouffais un rire qui me faisait sursauter les épaules.
Aujourd'hui était un jour fait afin que nous rabaissions, écrasions, piétinions, afin que nous nous moquions...
Aujourd'hui était un jour fait afin que nous riions!
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Mistral Despair

MessageSujet: Re: Requiem per London   Mar 19 Mai - 10:25
Mistral ne riait pas, mais ça ne voulait pas dire que le plaisir qu'il éprouvait face à la victoire était moindre. Il laissait simplement l'hystérie aux deux autres, attendant les bras croisés devant la baie vitrée - il s' était relevé de son siège - que leur hilarité s' apaise. Si cela était dans le domaine du possible.

Fouillant dans son veston, il en retira une cigarette qu'il glissa entre ses lèvres et enflamma d'une allumette. La fumée de sa bouche se superposa un instant à celle qui s'élevait des toits de Londres. L'incendie ne détruirait pas la capitale, ce n'était d'ailleurs pas la première fois qu'elle brûlait; mais il avait dans l'idée que cette fois elle en garderait une cicatrice plus permanente.

" Vous devriez donner l'ordre à vos hommes de diriger le zeppelin vers les Landes, Lièvre. C'est un beau spectacle mais mieux vaut ne pas s'attarder à contempler les débris, ça pourrait soulever des questions malvenues."

Se retournant vers ses deux comparses il attendit d'avoir capté leur solide attention - ce qui n'était pas toujours chose aisée avant de parler "Ceci, était un échauffement. Lièvre, vous me posez la question de comment nous allons continuer le jeu, je vous réponds donc qu'avec un peu de patience nous pourrons sans doute faire la meilleure partie de votre vie" ses yeux dévièrent légèrement et se posèrent sur la Bloody Mary "Tee, tu te souviens certainement de notre première rencontre, Celle où tu as ficelé la nourrice d'Ange. Te rappelles-tu notre discussion sur la Cité d'Émeraude ? Et bien, j'ai décidé de donner sa chance à ton idée, et je compte bien d'ici quelques mois me retrouver dans le peloton de tête d'Emerald. Cela prendra du temps, probablement jusqu'à Décembre, mais je n'ai aucun doute sur mes capacités."

S' approchant d'un verre vide, il noya son mégot dans la goutte d'absinthe et le petit monticule de sucre qui demeurait au fond.

" Là-bas, je possèderai plus de ressources que nous pourrions jamais en espérer. Je propose donc que notre prochain coup majeur soit l'Espagne" il jeta un nouveau coup d'oeil au Fou Rouge " Le chaos et l'Apocalypse pour vous, et la tête du Roi pour moi. "

Le Marquis n'avait jamais abandonné sa rage à l'encontre du Rey. L'homme qui avait volé non seulement le corps mais surtout le coeur de sa Petite Fleur n'avait aucun droit de vie. C'était le prix que l'Espagnol allait devoir payer pour avoir volé ce qui lui appartenait. Car il ne prêtait pas, ne partageait pas.
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Conteur d'histoires
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MessageSujet: Re: Requiem per London   Sam 11 Juil - 20:29

Mais l'esprit de Bloody est bien trop volage, son amusement bien trop important pour qu'il attende, et patiente. Avec cette exubérance qui lui est propre, l'homme quitta les lieux. Ni par la porte, ni par les fenêtres, mais en se glissant dans les reflets multiples que recelait le Zeppelin. Pour aller où ? Seul lui le sait.

Bloody quitte le RP


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Requiem per London

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