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 Loin de la Foule

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Invité
Pitt

MessageSujet: Loin de la Foule   Sam 7 Fév - 15:59
Spoiler:
 


Le Lièvre était profondément perdu, comme si ses pensées allaient dans le sens contraires de ses actes et de ses émotions. Il avait l'impression d'être étranger à lui même. Il n'avait pas de souvenir ayant apprécié un pareil baiser venu d'un homme, sur ce point, il en aurait mis sa main à couper. Mais, ses bases déjà bancales ne tenaient plus dorénavant.
Le proxénète avait aimé, savouré ce moment inapproprié. N'ayant cherché aucunement à se défaire de cette sensation. Son esprit s'en trouvait dégoûté, il aurait voulu en finir avec une roulette russe... Mais tout le reste, lui, écrasait cette infime partie consciente. Le bien-être, le plaisir qui l'emportait gagnait. Tout comme le sucre gagnait toujours dans ses goûts alimentaires, il fallait croire que quelque chose avait mis du sucre pour le genre masculin...
 
Lorsqu'ils achevèrent leur baiser, les yeux du Casanova se tournèrent aussi vers le reste de la salle. Certes, il ne put tourner la tête de manière à mieux y voir mais, il crut comprendre que Sherlock remarquait quelque chose. Cependant, le Lièvre de Mars était bien trop peu concentré sur le reste pour analyser la situation qui les entourait.
La sensation de ne plus être contre son intérêt principal de la soirée lui fit tourner la tête à nouveau en direction de cet interlocuteur fascinant, presque en panique de ne pas le retrouver. Que c'était idiot... depuis quand panique-t-on pour cela ? Mais le soulagement était bel et bien présent, et même accompagné d'un manque de ce contact langoureux. Pitt remarqua la main tendu et l'excuse, il la saisit sans plus réfléchir -de toute manière il ne réfléchissait que très peu- avec encore un sourire qui se cachait. L'assurance l'avait-il quitté ? Ou bien le masque souriant s'était jugé inapproprié face à un être si... important ? Le sourire n'était jamais loin, juste, plus sincère et simple. Loin de l'exagération amusée de tout et tous.
 
Le Casanova ne dit rien, une fois debout, il avait même hésiter à laisser la main du détective fictif s'en aller. Il l'avait laissé glisser lentement, comme lorsque l'on essaie de ne pas dévorer une pâtisserie trop vite afin d'en garder le goût plus longtemps.
 
Il aurait pu avoir une mine boudeuse en comprenant que l'objet de son attention voulait s'en aller, mais la suite lui fit presque briller les yeux. Le sourire fin, presque gêné, on aurait pu sentir qu'un conflit se faisait en lui. Il hocha la tête. Le Lièvre avait-il perdu sa langue ? Il parlait peu, alors qu'il pouvait parler encore et encore en temps normal. Se jeter sur les pâtisseries du buffet ne l'intéressait plus, la faim n'était plus là. La seule présente comprenait le Sherlock Holmes.
 
Pitt alias Casanova suivit donc l'inconnu dans les jardins. Versailles était démesuré pour le proxénète, les places vertes accompagnaient cette immensité, les deux hommes devraient avoir de quoi se promener, de quoi prendre l'air. Une évidence.
Par réflexe, il leva les yeux au ciel, pour cherche son repère, son Zeppelin. Mais son fameux point de repère ne l'aiderait pas à se retrouver... ce ne serait pas ainsi qu'il réussirait à ne plus être perdu dans l'incompréhension qu'il ressentait. Le pire fut de constater à quel point cette perturbation était délicieuse. Il n'arrivait pas à penser à autre chose que ce Sherlock, même pas à ses autres trésors si uniques pourtant.
 
Les pas les menèrent vers la fraîcheur des airs de "la pièce d'eau des Suisses"-le nom du lac sans doute-, l'un des grands parcs de ce territoire royal. Une sorte de grand lac décorait les lieux tapissé d'herbe et donc les contours de la zone étaient bordés d'arbres.
 
À quelques reprises, le proxénète s'attardait sur l'homme qui le fascinait bien trop. Les bras qu'il tenait croisés, comme lorsque l'on cherche à ne pas laisser le froid nous atteindre, auraient pu lui donner un air agacé. Mais il ne s'agissait que d'une barrière inconsciente. Une barrière qui se contredisait avec la distance peu large qu'il avait mis entre le détective et lui lors de leur marche. Quelle torture de ne pas pouvoir laisser son esprit vagabonder, et surtout, de ressentir une attirance pour un être que l'on n'aurait jamais abordé de cette manière...
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Damian Morariu

MessageSujet: Re: Loin de la Foule   Dim 8 Fév - 18:04


Damian Morariu avait de la peine à se concentrer. Sa belle logique, son infaillible sens de la déduction étaient mis sens dessus dessous par l’être qui marchait à ses côtés.

Un autre homme. Auquel il prêtait une véritable attention... pas étonnant qu’il aie fini par déduire que quelque chose ne tournait pas rond.

Le lac, magnifique, reflétait, à l’image d’un miroir géant, la lueur des étoiles. Peu touché par la beauté du spectacle, le détective tentait de réfléchir, de comprendre pourquoi son comportement se trouvait altéré, pourquoi son coeur avait décidé de se remettre à battre et surtout, surtout pourquoi il se trouvait si bêtement heureux que Casanova aie bien voulu l’accompagner. C’était stupide, bon sang, ils ne parlaient même pas. Ils ne se touchaient pas non plus, mais l’androïde, quelque part, n’allait pas s’en plaindre : la dernière fois qu’il y avait eu contact entre eux... hé bien, il y avait eu contact, et pas des moindres. Le détective poussa un soupir, vaguement embarrassé : si cela ne le dérangeait pas d’embrasser les gens qui lui plaisait de manière impromptue, les autres mâles ne provoquaient jamais, d’habitude en lui ce genre d’envies.

Que se passait-il ? Il n’en avait aucune idée.

Et puis, il avait tellement de peine à se concentrer.

- Je ne comprends pas. Finit-il par lâcher, dépité, alors qu’il s’arrêtait en bordure du lac. Il se passa la main dans les cheveux et reprit :

- Je ne suis pas attiré par les hommes, d’habitude.

Et voilà qu’il parlait de lui comme s’il était à une foutue consultation psychiatrique. Un instant, les pensées de Damian s’égarèrent quelque part du côté de l’Asile de Roumanie. Heureusement que Vasile et les autres ne pouvaient pas le voir en ce moment.

Il se retourna pour faire face à son interlocuteur, auquel il jeta un regard désemparé.

- Il doit y avoir quelque chose... un sort ou un artifice du même ordre... qui modifie les comportements, ici.

Il en était sûr. Aussi sûr qu’il était - en temps normal - convaincu de sa propre hétérosexualité. Mais le regard de Casanova le déconcentrait, faussait ses réflexions, ses pensées. Et il en avait conscience, il tentait - parfois - de lutter. Il détourna le regard, croisa les bras, penaud, et reprit.

- Je veux comprendre.

Entre autres choses. Mais justement, pour tenter d’éviter de se faire duper, mieux valait qu’il se concentre sur un mystère à résoudre. Une énigme, oui c’était de cela dont il s’agissait : une bête énigme. Voilà qui sonnait bien, voilà un concept... connu. Réconfortant. Pris d’un doute qui remonta avec brutalité à la surface du chaos de son esprit, le roumain reprit :

- Tu crois que je me fais des idées ? Concernant... ce bal ?

Mieux valait qu’il ne les mentionne pas eux, directement. Les mots donneraient de la force à l’idée d’un toi et moi, plus de présence qu’il ne pouvait l’accepter. Il voulait éviter de se perdre hors de sa zone de confort, surtout si c’était une décision influencée. Question d’orgueil, sans doute. Ou peut-être de dignité.
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Pitt

MessageSujet: Re: Loin de la Foule   Lun 9 Fév - 13:44
 
Ils marchaient mais le détective s'arrêta. Casanova fit de même. Toujours attentif à ce que l'homme aux cheveux sombres faisait, il se trouvait d'ailleurs vraiment trop concentré sur cette unique personne... trop unique... Il ne pouvait même laisser ses pensées s'en aller... il n'en avait pas qui trottaient dans son esprit. Juste ce type.
 
- Je ne comprends pas.
 
Le proxénète non plus ne comprenait pas, il n'avait jamais eut un sentiment pareil... jamais pour ses filles, jamais pour aucune, et encore moins pour des hommes.
 
- Je ne suis pas attiré par les hommes, d’habitude.
- On est deux alors...
 
Il regardait tout sauf son interlocuteur, essayant à sa manière de regagner une liberté. Liberté qu'il n'avait pas l'impression de vouloir récupérer. Non, non. Il était sûr que quelque chose n'allait pas. Les hommes ne sont pas des femmes, comment pourrait-il avoir l'envie et apprécier le contacte d'un être du même genre que lui ? Il serrait encore plus ses bras croisés. Il essayait de s'enfuir mentalement. Mais ses prunelles d'émeraude se dirigeaient toujours vers Sherlock, qu'il le veuille ou non, il voulait presque s'assurer qu'il ne disparaisse pas de sa vue. Quelle horrible sensation de répétition.
 
- Il doit y avoir quelque chose... un sort ou un artifice du même ordre... qui modifie les comportements, ici.
 
Pitt fixa son cher interlocuteur, voilà qui évoquait du possible. Si Dahlia pouvait faire "vivre" les morts, alors d'autre fées pourraient jouer avec les sentiments des gens, jouer aux poupées, en quelque sorte. Le Lièvre vêtu en Casanova eut un air pensif, la magie donnait une explication. Cette réflexion avait réussi à emporter les yeux du pilleur de tombes dans les cieux.
 
- Je veux comprendre.
 
Pitt eut presque un sursaut, ramenant ses iris absinthe sur Sherlock Holmes. Hahaaa... me dis pas çaaa... la dernière fois que j'ai entendu ces mots, dans ce type d'ambiance, ça s'est fini... très proche. Ces pensées, il se trouva incapable de les dire à voix haute. Il eut juste l'impression de manquer d'air. Ses doigts se resserrèrent sur le tissu de ses manches.
 
- Tu crois que je me fais des idées ? Concernant... ce bal ?
 
Son regard s'était réfugié dans le vide, mais il le releva sur l'homme beaucoup trop passionnant. Ce dernier était vraiment trop au-dessus des autres trésors, c'était supérieur à de la fascination. L'esprit se tortillait dans des constatations qui le dérangeait, oubliant presque la piste des fées. Il fronça les sourcils, et soudain, il sentit plus de confiance. Un jeu. Il était dans un jeu. Enfin, s'il suivait la théorie de son centre d'intérêt supérieur. Le sourire revint, mais une sorte de mal-être demeurait. Celui provoqué par l'affreuse force des sentiments qui pouvaient apparemment même couper l'appétit du Lièvre de Mars.
 
- Je sais pas trop. J'ai déjà vu de quoi les fées sont capables, elles peuvent être joueuses. Mais la magie n'est pas mon domaine.
 
Aussi joueuses que lui-même. Pitt s'était trouvé un terrain plus sûr, et ce grâce à la déduction probable de ce cher être plus unique que les uniques. Et puis, ce dernier lui demandait son avis. Le Lièvre aimait qu'on ne néglige pas son point de vue.
Le proxénète avait encore moins envie de laisser partir le détective trop loin de lui, celui-ci était aussi amusant apparemment. Quelle autre théorie pourrait-il servir ? Le fou jaune, s'était encore rapproché de son favori. Il ne pouvait pas s'en empêcher, toujours cette impression qu'il soit trop loin. Il failli ne pas remarquer que le lac était à un pas d'eux. En tout cas, le pilleur se dit qu'il aurait bien voulu le garder à New-Wonderland, ou dans son Zeppelin, ce Sherlock. Il fallait bien le mettre à l'abri des méprisants, non ? Déjà, en s'éloignant de la salle de bal, c'était chose à peu près faite.
 
- Mais... je sais que c'est un pays qui à connu le monde libertin, le siècle passé. Peut-être l'ambiance y est due. Mais l'idée de magie joueuse me semble amusantes.
 
Réponse dite avec légèreté, évidence. L'impression d'être dans un jeu, enfin l'idée, le rassurait. Bien qu'au fond, il n'était pas sûr d'avoir voulu dire ces mots.
D'après ce qu'il avait comme connaissance des maisons closes de ce royaume, certaines mœurs sont différentes. Cependant, il se trouvait incapable de dire si elles étaient en voie de changer. Et puis, une humeur agacée commençait à faire surface. Agacé de se sentir mal, de se sentir en train de retenir son souffle.
 
Son sourire disparu, à nouveau il se fit songeur. Il porta l'une de ses mains vers son visage, afin que son index puisse arriver à la hauteur de sa bouche. Ses yeux verts vinrent se plonger dans ceux pâles du détective après avoir observé les mains de ce dernier.
 
- T'as laissé ta pipe à bulles quelque part ? Dommage, je l'aimais bien.
 
Enfin, peut-être il ne l'avait pas vu tout simplement. Le Lièvre se souciait vraiment d'éléments peu importants. Il voulait bien se laisser aller au jeu en tout cas, l'esprit se trouvait las de tenter de résonner le reste. 
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Damian Morariu

MessageSujet: Re: Loin de la Foule   Mar 10 Fév - 21:38

La vague réplique de Casanova, en réponse à son aveu, conforta le détective dans l’idée qu’ils étaient tous deux victimes d’une entourloupe. Il tentait en vain d’organiser ses pensées, de chercher dans sa mémoire les informations qui auraient pu l’aider à résoudre le problème, mais c’était peine perdue : à chaque fois que son regard frôlait celui du blondinet, Damian perdait ses moyens. Devoir tout recommencer à chaque fois... c’était donc ça, avoir des sentiments ? Entre deux élans de confusion exaspérée, l’androïde se fit la réflexion qu’il comprenait maintenant pourquoi les autres ne réfléchissaient pas aussi bien que lui. Foutus sentiments, foutue confusion.

L’idée de l’enquête sembla plaire à son interlocuteur, puisque ce dernier lui parut soudain prendre de l’assurance.

- Je sais pas trop. J'ai déjà vu de quoi les fées sont capables, elles peuvent être joueuses. Mais la magie n'est pas mon domaine.

Il se rapprocha, sans donner vraiment l’impression d’en avoir conscience alors que Damian, lui, se rendait pleinement compte que la distance entre eux s’était réduite. Il ne recula pas, pourtant. Son esprit, bien que troublé par le sort, parvenait à se débattre, luttant pour ne pas être une marionnette. Mais bon sang... c’était difficile. Décrire le phénomène n’en rendait pas les sensations, les sentiments moins forts. Ce n’était pas de la simple attirance physique, non, puisqu’une forme de répugnance s’y mêlait. Non, c’était autre chose qui faisait pulser l’huile dans ses veines et le rendait un peu plus vivant. Il avait le nom de ce chose... sur le bout de la langue.

- Mais... je sais que c'est un pays qui à connu le monde libertin, le siècle passé. Peut-être l'ambiance y est due. Mais l'idée de magie joueuse me semble amusantes.

L’emploi d’un tel adjectif pour désigner la source d’une situation aussi confortable était pour le moins curieux. L’androïde fronça les sourcils : une vague sensation de déjà-vu l’effleura... avant de repartir aussi sec. D’un ton pensif, il répliqua :

- Les mentalités ont eu le temps de changer depuis.

Alors qu’il reportait son regard pour observer son interlocuteur, les yeux de ce dernier happèrent son regard. Comme de juste, ses raisonnements s’effondrèrent comme un château de carte.

- T'as laissé ta pipe à bulles quelque part ? Dommage, je l'aimais bien.

Damian répondit par un rire qui ne lui ressemblait pas.

- Désolé, j’ai oublié de la ramasser après notre... collision.

Oh le joli choix de mots. Le détective tenta de retrouver le fil de ses pensées mais c’était peine perdue : l’homme qui lui faisait face retenait toute son attention, c’en était ridicule. L’androïde soupira : il aurait été bien plus efficace pour mener son enquête si Casanova n’était pas là pour le déconcentrer, mais voilà... c’était hors de question que ce dernier s’en aille. Sa présence ne faisait pas que le perturber : étrangement, elle le rassurait. Et puis, si l’aspect le plus rationnel de sa personnalité n’appréciait pas les changements que lui faisait traverser le sort, le reste appréciait le rythme des battements de son coeur. Il se sentait... moins seul. Moins triste. Il planait un peu, en quelque sorte. Il se perdait.

Ce n’était pas si désagréable.

Soupir d’exaspération. Damian détourna le regard :

- J’arrive pas à me concentrer.

C’est que cette saloperie le rendait bavard, en plus. Mais bon, c’était vrai qu’il ne risquait pas d’avancer en restant là comme un imbécile. Il inspira, ferma les yeux, tenta de concilier sa bonne vieille logique et l’obsession magique qui avait planté ses griffes dans son coeur morne. Au bout de quelques secondes (et après avoir vérifié que tout le monde était d’accord), l’enquêteur chercha sa respiration, rouvrit les yeux et franchit la distance qui le séparait de Casanova. Ses bras se refermèrent sur ce dernier en une étreinte d’une tendresse étrange.

Une étreinte, rien de plus. Un bête câlin. C’était sur cela que s’étaient mis d’accord coeur et esprit.

- Te fais pas d’illusions, surtout.

Il avait dit ça avec une sorte de sourire dans la voix. C’était que, maintenant qu’il tenait l’objet de son attention dans ses bras, le détective se sentait bien mieux, bien plus lucide. C’en était ridiculement beau, stupidement sublime.

Et dégueulasse de mièvrerie, aussi.
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Zahnfee V. Edelstein

MessageSujet: Re: Loin de la Foule   Mar 10 Fév - 22:40
Courir sonne comme Mourir à une lettre près. Et je comprends vite pourquoi.

Mue par mon instinct de conservation, j'ai suivi le chemin emprunté par Pitt. Mais cette saleté de jardin n'a rien d'un parc municipale. C'est gigantesque, feuillu, touffu et mal éclairé. Et toutes ces statues qui donnent l'impression que le moindre espace est habité !

-Scheiß ! Scheiß ! Scheiß ! Scheiß !Scheiß ! Scheiß !

En sueur, gênée par ma chaussure orpheline, ma tournure, mes jupons et la veste de Friedrich -ne dis pas son nom ! Ne pense pas à lui ! -toujours sur mes épaules, je suis au bord de la panique.
Non, soyons honnête deux minutes : je suis complétement paniquée, j'étouffe sous l'hystérie, Je suis comme n'importe laquelle de ces femelles dont j'aimerais achever les souffrances avec un sédatif de canasson. Il me faut mon chaperon, il me faut mes soeurs ! Je veux rentrer à la maison !

- Pitt ?! suis-je en train de gémir en tournoyant pathétiquement sur moi même, les poings crispés sur ma robe. Le monde entier est mon ennemi. PITT !??! PITT OU ES-TU !??!

Les trémolos dans ma voix sont risibles. Je me fais l'effet d'une petite fille déboussolée. Depuis quand suis-je perdue à ce point ? Depuis quand ai-je peur de mon ombre ?
Je renifle péniblement pour ravaler un stupide sanglot. Je suis trop grande pour pleurer et appeler mes parents parce que je suis terrorisée par le noir.
Maman ne viendra plus.
Papa n'est jamais venu.

Dans les ténèbres se détache soudain une masse plus sombre, deux silhouettes en une, étroitement mêlées. Je fronce les sourcils.

- Pitt ?! C'est toi ?

Mon soulagement s'exprime toujours de la plus inattendue des façons.

- Sainte Molaire ! Qu'est-ce que tu branles encore ?

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Pitt

MessageSujet: Re: Loin de la Foule   Mer 11 Fév - 19:47


Toujours aussi accroché à l'attention pour le détective, le Lièvre n'avait pas détaché son regard de son interlocuteur favori. Et puis... dommage pour l'amusant accessoire à bulles. Mais bref, là n'était pas le centre. Le Casanova se sentit comme brusquement mieux, et même, se sentir remarqué d'une autre manière. Car oui, le proxénète aimait qu'on le remarque, en bien ou en mal, tant qu'il n'était pas ignoré. Cependant, certaines situations étaient plus efficaces que d'autres en ce qui concernait son bien-être. Et là, à ce moment, l'étreinte. Se retrouver dans les bras ce Sherlock, voilà qui lui sembla être des plus agréables. Même son esprit n'avait pas trouvé à rouspéter.
Pitt imita le mouvement, ses mains venant s'accrocher au dos de la veste de son si précieux centre d'intérêt. Il eut presque l'impression que le temps avait bien voulu se mettre à février, comme tout le monde semblait penser se trouver en février. Le pilleur en oubliait tout le reste. Son sourire était sincère et loin de la folie.
 
- Te fais pas d’illusions, surtout.
- Non, non.
 
Février était avant mars, avant un certain nettoyage. Tout ce qui venait de ce mois s'effritait au fil du temps qui faisait semblant de passer, qui jouait au cycle de la temporalité. Raison de plus de n'y voir rien de plus qu'un jeu, qu'une scène apaisante qui se verra détruite par le troisième mois. Cette logique, cette folie encore présente était sans doute ce qui aidait à laisser ce que le proxénète jugeait d'inapproprié. Et puis... un jeu est un jeu. Quoi de mal à ce qu'il soit plaisant, encore plus que tous les autres ?
 
Alors que Pitt savourait -et perdu dans son schéma du temps- ce moment étrange. Trop étrange et plaisant, beaucoup trop unique.
 
- Pitt ?! C'est toi ?
 
Il tourna la tête dans la direction de la voix qui semblait familière, voix qui l'avait ramené sur terre et lui avait fait reprendre sa logique du temps, celle qui ne passe pas au mois suivant.
 
- Hein ?
- Sainte Molaire ! Qu'est-ce que tu branles encore ?
- Rien, rien.
 
Un large sourire amusé, celui d'avant avait disparu. Il se détacha légèrement de son trésor supérieur, et eut un rire.
 
- La règle d'un bal masqué est aussi de garder une sorte d'anonymat... t'as révélé mon nom. C'est pas vraiment du jeu ça.
 
Il observa longuement Zahnfee.
 
- Une veste.
 
Son attention détachée de Sherlock Holmes, il redevenait lui-même. Du moins, le Lièvre de Mars que l'on connaît.
 
- Héhé... Ton Fantôme était-il divertissant ?
 
Loin de la moquerie, il pensait réellement que cette rencontre avait peut-être apporté un peu de rebondissement positif. Du moins, d'après ses logiques. Parce qu'il n'avait absolument aucune idée de ce qu'elle avait bien pu faire avec cet invité masqué. Il reprit aussitôt, comme si son autre question ne servait à rien. 
 
- Bon, tu me cherchais ? Envie soudaine de cupcakes ? Mais aussi, pourquoi cet air si paniqué ?
 
Un autre rire, un grand sourire. Mais lorsque ses doigts se resserrèrent inconsciemment sur le vêtement de son partenaire, il perdit son expression qui lui était si commune. Cette présence le gardait encore dans cet état inhabituel.
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Damian Morariu

MessageSujet: Re: Loin de la Foule   Jeu 19 Fév - 23:45
Des cris, dans le lointain. Des bruits de pas. Et dans la poitrine de l’androïde, un tambour battant.

Boum boum, boum boum.

Les pas se rapprochaient. Va-t-en, ne put s’empêcher de penser le détective. Il appréciait ce moment, à tel point qu’il en avait presque oublié l’endroit où il - pardon, où ils se trouvaient. Depuis quand n’avait-il pas ressenti une telle... plénitude ? Une telle complétion... il n’en avait aucune idée. Et même la partie froide et rationnelle de son être n’y trouvait plus rien à redire. Tout ce qui formait ce qu’il était se retrouvait heureux, satisfait par une étreinte anodine. La chimie agissait, la magie l’animait : un simple contact l’emplissait d’un bonheur imbécile.

C’était bizarre, quand même. Mais il s’en foutait.

- Pitt ?! C'est toi ?

Une voix féminine, qui brise l’instant. Celui que Damian tient contre lui se tourne, répond à l’appel. Un dialogue s’ensuit, mais le détective ne l’écoute pas. Il ne perçoit même pas la séparation, trop occupé par son esprit qui sursaute, se débat.

Pitt... ce nom, il l’a déjà entendu. Il y a plus d’un an, dans les rues de Londres. Lors d’une nuit morne qu’il passa à tirer d’affaire une fille qui le rejeta par la suite. A cause d’un certain proxénète blond.

Aussitôt, les pièces se mettent en place. Au portrait du Casanova masqué se superpose celui du proxénète, dont il reconnaît alors le rire. Il est mortifié, le détective. Mortifié et furieux, comme si le blond l’avait dupé alors que lui-même en cette nuit est tout aussi masqué. Mais peu importe, c’est la douche froide. Il redescend sur terre, se casse la gueule au passage.

- Bon, tu me cherchais ? Envie soudaine de cupcakes ? Mais aussi, pourquoi cet air si paniqué ?

Son attention se raccroche à ces derniers mots, le laissant amèrement reprendre ses marques. Pitt - Pitt, bon sang - le tient toujours, mais l’enquêteur se dégage. La femme tout juste arrivée, va l’aider à se concentrer autre part. Reprendre ses esprits.

Reste calmes, méthodique. Pousse tes hormones de côté. Chaque chose en son temps.

- Un imprévu, sans doute. Répond-t-il à la place de la jouvencelle. Froidement, il termine de la jauger, poursuit en s’adressant à elle d’un ton factuel :

- Au vu de l’état de vos vêtements et de votre expression, j’imagine que vous avez été agressée...

Il veut en rajouter, s’arrête brièvement, le temps pour une nouvelle hypothèse de jaillir dans son esprit :

- ... à moins que le sort qui anime ce bal ne vous a jeté dans les bras de quelqu’un à qui vous ne vous seriez jamais donnée en temps normal. Et vous vous en êtes rendue compte.

Voilà, affaire réglée. Au suivant. Se tournant vers Casanova, il reprend :

- Quant à toi...

L’androïde amorce un geste, hésite un infime instant...

Et se reprend, arrachant le masque de son partenaire pour être sûr, confirmer l’hypothèse. Bien sûr, l’hypothèse se confirme. L’amertume de Damian est passée, elle pue la poussière et pourtant, sa rancune refait surface. D’une voix ferme mais mortifiée, un peu étrange et métallique, le détective reprend :

- J’aurais préféré me tromper.

Par égard, il fait de même avec son propre loup, le retirant amèrement pour que le proxénète puisse comprendre le ridicule de la situation. Un sourire peu engageant se dessine sur ses lèvres.

- Je suis le gars que t’as tué, espèce d’enfoiré.

Accessoirement, ce soir-là, Pitt l’avait aussi - indirectement - empêché de conclure mais c’était peu important. Le plus marquant pour le blond était sans doute le fait que Damian se soit révélé... comment il l’avait appelé, déjà ? Ah oui. Un zombie.

Sa rage est passée, elle a un goût de principe. C’est pour cela que, lorsque le détective envoie un coup à son interlocuteur, c’est de son poing humain et pas aussi fort qu’il ne le faudrait. L’affaire est passée, classée mais la surprise reste déplaisante : c’est stupide, mais le détective se surprend presque à souhaiter que l’autre péronnelle n’aie pas débarqué. Que les masques ne soient pas tombés.

Tant pis.

- Tu m’excuseras, hein. Mais ça fait deux ans que je rêve de faire ça.

Sa voix est moins incisive, plus moqueuse qu’il ne le souhaite. Le sort agit encore, un peu. Foutu bal, foutus sentiments, foutu coeur qui bat.

Décidément, il aurait mieux fait de rester à Londres.
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Invité
Zahnfee V. Edelstein

MessageSujet: Re: Loin de la Foule   Dim 22 Fév - 16:27
- Héhé... Ton Fantôme était-il divertissant ?

Espèce de salopard.
La bile envahit ma bouche. C’est si "transparent" , Si "évident" ? Les vipère ne m'ont-elles pas rhabillée comme il faut ? Si j'avais su que la perte de virginité s'accompagnait d'une pancarte énorme pointant une flèche accusatrice sur vous avec l'inscription "hymen perdu, reste à louer" en lettre de feu, je me serais peut-être abstenue.
Ou pas.
Saleté de rouquin.
Adorable rouquin.

Pendant que je m'étouffe avec ma honte, Pitt continue, poussant son avantage comme un gros bouseux martyrisant un pie de vache sans défense. Sans finesse ni doigté. Et il est suivi dans son mouvement par son ami pédéraste.

- Bon, tu me cherchais ? Envie soudaine de cupcakes ? Mais aussi, pourquoi cet air si paniqué ?
- Un imprévu, sans doute. Au vu de l’état de vos vêtements et de votre expression, j’imagine que vous avez été agressée...

Je suis parfaitement habillée, nom d'un extraction dentaire sans anesthésie !

- ... à moins que le sort qui anime ce bal ne vous a jeté dans les bras de quelqu’un à qui vous ne vous seriez jamais donnée en temps normal. Et vous vous en êtes rendue compte.

Le soufflet est cinglant. Trop cinglant pour mon cœur. Il renverse la vapeur de ma colère. Je ne veux pas entendre cette vérité crue et sale. Je ne veux pas qu'elle entache le souvenir de mon fantôme et cette veste qui m' enveloppe. J'éprouve une violente envie de pleurer et de supprimer le scélérat qui vient d’éclabousser mon âme de détritus.
Mon inertie légendaire m'empêche de réagir avec appoint.
J'assiste à la suite de la scène qui se joue soudain sous mes yeux comme un spectateur démuni. Après de brillantes - et insupportables- déductions, le compagnon de Pitt le démasque, puis l'insulte et enfin... le brutalise.

- Tu m’excuseras, hein. Mais ça fait deux ans que je rêve de faire ça.

Alors qu'il prononce cette phrase, je constate que sa voix est plus proche. Mon corps s'est mu tout seul jusqu’à l'agresseur. Ma main s'agrippe à sa mâchoire par en dessous, comme la serre d'un oiseau de proie. Ma voix, elle, est sourde d'une rare fureur. Trop aveuglé par sa propre haine, il ne m'a pas vue arriver.
Grave erreur.
Ma magie désordonnée lui picote déjà l'épiderme.

- Écoute le macchabée, j'ai assez été contrariée ces derniers mois pour toute une vie. J'en ai foutrement marre qu'on piétine ce qui est à moi . Pitt est mon chaperon. Lève encore la main sur lui et je t'assure que tes dents se déchausseront de tes gencives pour remonter la rivière de ton œsophage comme des saumons. Tu t'écouteras moins parler sans râtelier et avec l’estomac perforé.

Et j'ajoute avec une morgue acide.

- Et mes vêtements sont tout à fait comme il faut.


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Invité
Pitt

MessageSujet: Re: Loin de la Foule   Lun 23 Fév - 19:23
Voilà qui était problématique. Il n'avait pas l'air content... pourquoi ? Aaah oui. Lui. Pitt se prit à éclater de rire, et ce même après avoir reçu un coup de point dans le visage.
 
- Lui...
 
Réussit-il à prononcer entre deux respirations alors qu'il était au sol. Au final, il eut une grande inspiration en se calmant, en se laissant tomber en arrière dans l'herbe. Il se sentait un peu soulagé, il y voyait une logique encore assez rassurante. Une forme d'explication au pourquoi.
 
Et la demoiselle qui le défendait, par intérêt sans nulle doute, mais cela restait amusant. Le proxénète révélé sentit quand même un malaise, son comme si son cœur se serrait. Sensation qui le fit froncer les sourcils avant de finalement reprendre un air plus apaisé tout en se redressant afin de se trouver assis.
 
- ... peut-on appeler demoiselle Mort, demoiselle Avril ?
 
Il eut un rire, son esprit avait enfin réussi à s'échapper un peu. Mais peu longtemps puisque qu'il sentit encore cette affreuse impression que son cœur pourrait exploser en portant ses yeux verts pâles sur le mort. Il y vit un équilibre qui le rassurant encore, que Mort. Tout trois, tous lié en quelque sorte, dans le tableau que peignait son esprit d'étrange logique. Toujours cet air apaisé, affreusement souriant, et ce malgré la fine trace de sang qui coulait un peu de sa lèvre.
 
- Je comprends un truc, au moins, cette fascination... c'était parce que t'es unique.
 
Bon, cela remettait en cause la définition de la fascination que le Lièvre éprouvait pour ses trésors... Y a-t-il différents niveaux ? Ou la magie n'a fait qu'amplifier ? Possible. Du moins, en suivant la logique concrète du détective londonien. Sherlock devait d'ailleurs avoir un nom, le "macchabée" comme l'a désigné Zahnfee, le devait. Le sourire du Lièvre disparu, il appuya son menton sur sa main tout en fixant l'homme. Hésitant. Il n'avait pas donné de surnom à Lui.
 
- Je ne sais pas ton nom. Aurais-tu la politesse de me le dire ? Tu connais le mien, je veux connaître le tien. Donnant-donnant. Tout comme je t'ai frappé à la roulette russe, tu m'as frappé en retour... En quelque sorte...
 
Les lèvres s'étirèrent encore, et ce, même si l'inférieure était coupée par un fil rouge. Le Casanova démasqué n'avait aucune idée si son interlocuteur, encore plus fascinant, allait lui répondre. Cependant, c'était comme une roulette russe. Et la meilleure de toutes, car son partenaire était increvable. Résistant à la mort aléatoire, du moins, lorsque l'on visait dans le cœur. Le cœur, voilà une jolie symbolique. Les carreaux, les trèfles, les piques et les cœurs. Dahlia était en quelque sorte parmi les carreaux, la forme aux quatre côtés. Ce Sherlock était-il un cœur ? Un cœur qu'il cachant le noir du pique qu'il est ? Un autre plateau de jeu. Encore flou, impossible d'en sortir quelque chose d'amusant pour le moment.
L'esprit s'égarait, moins d'emprise de la part du sentiment trop proche de l'amour ? Non, juste un instant d'inattention sur la situation.
 
- Infiniment unique.
 
Un rire, amusé, ces mots l'aidaient à ne pas céder à une possible panique en se rendant compte que son esprit était attaché tout entier à ce type, celui qui venait pourtant de le frapper. Et accessoirement de l'insulter. Au moins, Sherlock ne l'ignorait pas du tout.
 
- Zahnfee... c'est malin... maintenant on ne peut plus jouer au bal masqué...
 
Un rire, encore et toujours, mais moins exagéré. Pitt restait assis dans l'herbe, la main qui ne soutenait pas son menton était allée arracher quelques brins végétales.


Le proxénète avait un peu mal où il avait été frappé, peut-être que cela le tenait réveillé...
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Invité
Damian Morariu

MessageSujet: Re: Loin de la Foule   Lun 2 Mar - 22:20
HRP:
 


À peine finissait-il de prendre une bien maigre revanche sur le proxénète qu’une main vint cueillir sa propre mâchoire. Le détective s’immobilisa alors que son regard se posait dans celui de la nouvelle venue. Il l’avait vue venir, il n’avait pas réagi. Pour voir.

Il vit.

- Écoute le macchabée, j'ai assez été contrariée ces derniers mois pour toute une vie. J'en ai foutrement marre qu'on piétine ce qui est à moi . Pitt est mon chaperon. Lève encore la main sur lui et je t'assure que tes dents se déchausseront de tes gencives pour remonter la rivière de ton œsophage comme des saumons. Tu t'écouteras moins parler sans râtelier et avec l’estomac perforé. Et mes vêtements sont tout à fait comme il faut.

Allons bon. La péronnelle féerique (si l’on suivait ses insinuations) avait au moins le mérite de savoir se montrer claire dans son hystérie. Damian la fixa froidement, contemplant au passage sa tenue qui - il était vrai - était en ordre, au final. Le détective fronça les sourcils : l’air paniqué de la jeune femme lorsqu’elle était arrivée ainsi que l’allure fantasque de son déguisement avait sans doute suffi à lui faire tirer des conclusions un peu trop hâtives. Décidément, il ne se reconnaissait plus.

- Mes confuses. Lâcha en conséquence l’androïde d’un ton dénué d’émotions. Il reporta ensuite son attention sur celui qui la retenait captive malgré lui : le proxénète blond, son vieil assassin personnel.

- Je comprends un truc, au moins, cette fascination... c'était parce que t'es unique.

Damian se surprit à sourire vaguement devant cette remarque qu’il préféra considérer comme flatteuse. D’un pas souple malgré sa nature métallique, le détective s’éloigna de la femme qui l’avait menacé un peu plus tôt.

- Je ne sais pas ton nom. Aurais-tu la politesse de me le dire ? Tu connais le mien, je veux connaître le tien. Donnant-donnant. Tout comme je t'ai frappé à la roulette russe, tu m'as frappé en retour... En quelque sorte...

La logique était bancale, mais tant pis : au vu du personnage, l’androïde s’en contenterait. S’inclinant légèrement en un simulacre de révérence, il se présenta.

- ... Damian. Je suis Damian.

Un temps passa, temps durant lequel l’enquêteur apprit le nom de la blonde. Il voulut ajouter quelque chose, mais une vague de froid l’arrêta : son coeur lutta quelques instants avant de cesser de battre, laissant dans sa cage thoracique un vide désespérant. Il ferma la bouche, s’éloigna d’un pas. La sensation était familière, presque réconfortante : il retrouvait celui qu’il était : un bête fils de bûcheron sans coeur.

- ... on dirait que le sort a cessé d’agir.

Un regard vers le Château, la salle de bal illuminée. Damian reporta son attention sur la dénommée Zahnfee : maintenant que les oeillères du charme imbécile s’étaient retirées, il pouvait voir qu’elle était séduisante en diable.

- Si tous, là-bas, se retrouvent dans le même état que vous, je doute avoir envie d’y revenir.

S’il avait eu un peu d’humour, il aurait pu trouver l’idée drôle, mais voilà : il n’en avait pas. D’un geste un peu las, un peu nonchalant et froid, il retira sa casquette, s’ébouriffa les cheveux. La vue de Pitt ne lui inspirait plus rien que la nostalgie de sentir son coeur battre. Il vissa son chapeau de nouveau.

- Rentrez donc ensemble, tous les deux.

Lui-même se trouverait un endroit où finir la soirée. Un bar ou un bordel, de préférence. Histoire de
se rassurer sur ses propres tendances.

- Bonne soirée.

Sur cette salutation aussi creuse que peu sincère, Damian se retourna et se dirigea vers ce qu’il devinait être la sortie des jardins.
HRP II:
 
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Invité
Zahnfee V. Edelstein

MessageSujet: Re: Loin de la Foule   Lun 23 Mar - 9:31
- ... on dirait que le sort a cessé d’agir.

Pourtant je ressens encore les frissons de braise laissés par chaque baiser de mon amant nocturne. Le parfum mâle de sa veste me tourne encore la tête. Pourquoi ?

- Si tous, là-bas, se retrouvent dans le même état que vous, je doute avoir envie d’y revenir. Rentrez donc ensemble, tous les deux. Bonne soirée.

Je me tourne vers Pitt d'un seul tenant.

- Tu fais ce que tu veux, Pitt. Moi je m'en vais.

Et d'un pas décidé sans un regard en arrière je foule les graviers pour retrouver le carrosse qui me conduira au March. Cet étrange bal masqué me laisse un souvenir doux-amer. Un arrière-gout de honte. Un arrière gout de sucre. Mais un arrière-gout de vie.
Je suis en vie.
Mon âme est pleine. Lourde et pulsante. Gorgée d'une sève interdite qui ne demande qu'à être bue. Je suis à nouveau éveillée et alerte parce qu'un Fantôme m'a ouvert les yeux. Magie ou pas, il laisse en moi une part de lui pour toujours.

Il me faudra simplement quelques mois pour comprendre à quel point c'était le cas littéralement.
HRP:
 
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Loin de la Foule

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