[Février 05] Sucré & Salé

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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Mar 17 Fév - 22:57
Quelques jours après les événements du bal de Versailles

La nuit est sans fin. Sans étoile. Au loin le menuet sonne comme le tocsin. Où bien est-ce la musique de nos coeurs épuisés par le galop. Je sens le sien enhardi par la chamade, le mien plus exténué. Est-ce le manque de souffle pour irriguer mon cerveau qui rend mon esprit vaporeux ? Ou bien ses caresses divines, ce langoureux va et vient de métronome, l'exquise ivresse de sa musique ?
Ô Père, Père...
Mais l'homme entre mes cuisses n'est ni blond ni tatoué d'un masque mortuaire. Il est roux. Roux comme le diable. Et ses yeux de démon arrachent mon coeur et mes soupirs pour les dévorer.

Je vais mourir, vierge sacrifiée, et à mes lèvres perle le sang de son nom :


- Friedrich ! AAaah !

La violence du choc m'éveille d'un coup. Le sol de ma petite chambre est dur et froid. Au moins autant que le plat de mes cuisses est humide. Je me redresse d'un bloc, les oreilles en feu. Il y'a une escalade croissante dans ces rêves fiévreux qui me visitent chaque nuit et s'invitent à rester longtemps dans mon lit. J'en ai mal aux os.
Ainsi qu'à l'égo.
Il n’est jamais agréable de se réveiller, cueillie par la nausée de l'humiliation.

- C'est pas vrai...

Je regarde mes mains crispées sur l'étoffe de l'objet de tous les délits : une veste. Une simple veste d'homme. Une veste d'un costume ridicule aux boutonnières dorées et criardes que je sers contre moi comme une seconde peau.
D'un geste de colère je jette le vêtement au loin à l'autre bout de la pièce. Puis piteusement, je me traine à quatre pattes jusqu’à lui. J'inspecte fébrilement manches et col, chaque parcelle de broderies, chaque couture surpiquée d'or. Tout a l'air en place, rien n'est déchiré. J'éprouve un soulagement pathétique.

Détestable.

Je pose la veste avec beaucoup de soin sur un cintre avant de la ranger hors de ma vue dans l'armoire. Double tour de clé. Ainsi dissimulée j'ai l'impression que ma contenance reprend ses droits. J'ai songé plusieurs fois à jeter cet oripeau, mais quelque chose en moi m'en empêche. et ce "quelque chose" risible et sentimentale me pousse à ce fétichisme odieux.

Il est urgent que je m'occupe l'esprit.
Et les mains.

Quelques ablutions et une toilette descente plus tard, je me dirige à pas décidés vers les appartement du Maitre du March, cet immense mastodonte de fer inesthétique qui donne la furieuse impression d'être enfermé dans l’œsophage d'une baleine. Le Lièvre n'est pas du matin et il est six heure tapante.
Quatre coups secs portés avec fermeté à sa porte et j'entre sans y être invitée.

- Pitt, Debout. Il faut qu'on parle.

La robe de Zahnfee:
 
Zahnfee V. Edelstein
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Pitt
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Pitt
Mer 18 Fév - 23:07
 
Ce bal avait laissé une vision particulière, les frontières des sentiments. Les ressentis de ce genre, exactement des éléments bien trop partagés pour l'esprit du proxénète. La fascination étant plutôt ce qui correspondrait à ce qu'on appelle l'amour, mais les réflexions de ce genre ne le gardaient pas longtemps attentif. Trop proche de la réalité sans doute, ou trop proche de l'attachement. Il ne faut pas s'inquiéter, le pilleur était rassuré sur son orientation. Ce qui changeait, c'était plutôt qu'il pensait que l'admiration pouvait être très forte, à en devenir fou.
 
De toute manière, les pensées étaient floues, noyées dans le léger mal de crâne né de la Fée Verte du soir passé. Il en avait un peu trop bu.
 
En tout cas, le Lièvre était bien dans ses appartements, plus larges, plus dignes de son rang dans March. Le vert, le bois et le métal dominaient. Des fenêtres, plus grandes que les hublots -ils n'étaient pas sur un bateau après tout-, elles permettaient à l'esprit de mieux s'envoler. Sur un meuble trônait une boîte ouverte, contenant des morceaux de papiers en vrac. Les fameuse briques désordonnées des mémoires de février, des lettres, des pages de journaux intimes, des mots qui avaient eu la chance de survivre aux flammes alcoolisées. Il en restait moins, le récipient se vidait depuis cinq années, les mots des pensées s'étaient écrasées au sol dans des bouteilles d'absinthe. Les mots d'esprits disparus emportés par la fée verte qui ne sait voler. Que se passera-t-il lorsque le Lièvre de Mars n'aura plus de mémoires dont il ne lisait pas les phrases ? Que pourra-t-il donner à emporter au sol ? Il aurait dû en lire certaines de ces suites de lettres... peut-être quelques logiques auraient été autrement dans l'esprit du pilleur de tombes. S'il avait su, s'il avait lu, mais non. Pas assez attentif, trop aveuglé par sa fascination. Trop rancunier, ces gens de sa petite ville d'origine ne lui prêtaient pas attention, pourquoi leur prêterait-il la sienne ?
 
Quatre coups. Quatre comme le nombre de famille dans un jeu de carte, c'est amusant, il y a le carreau comme famille. Comme les symboles arlequins. Ce son contre la porte avait résonné dans la tête de Pitt, entre éveil et sommeil. Il se contenta de ronchonner, et de rouler sur son autre côté, le visage enfoncé dans le coussin. Tiens, cette fois-ci pas de Fleur avec lui. Remarque, il n'avait pas non plus comme habitude d'absolument être accompagné.
 
- Pitt, Debout. Il faut qu'on parle.
 
Un râle puis un soupir.
 
-... Bordel... c'te bonne femme...
 
Des mots étouffés dans le coussin, mais il finit par daigner tourner la tête vers l'intruse de la chambre. La porte étant en face et le lit à l'autre bout de la pièce, c'était comme si le proxénète était de dos et il dû se résigner à au moins un peu se soulever afin de voir Zahnfee.
 
C'était donc péniblement qu'il se retourna avant de se redresser pour se retrouver assis, d'autres soupirs agacés. Pas de sourire. Il se frottait l'œil gauche, puis sa main vint masser l'arrête du nez. Le mal de crâne était présent, mais il le supporterait. Un dernier soupir qui souleva quelques mèches sur son front.
 
- Qu'est-ce que... tu me veux alors que j'ai pas encore mangé ? T'es folle de débarquer en catastrophe comme ça...
 
Cette femme, pourquoi n'avait-elle pas attendu que le petit déjeuné soit servi ?
 
Le Lièvre restait bien évidemment à moitié encore au chaud dans sa couverture, pourquoi se lever ? Il avait encore l'air endormi, son sourire revenait, mais faible. Il paraissait bien moins fou lorsqu'il était sonné par le réveil.
 
- Je t'écoute, je t'écoute...
Pitt
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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Dim 22 Fév - 17:00
Le fumet m'agresse les narines dès l'ouverture de la porte. Ça pue le mâle étuvé, l'alcool, le foutre et la crème au beurre. Le mélange est aussi aigre que de la petite fille qui se néglige parsemée de sucre glace. La chambre est un bordel sans nom. Remarque quoi de plus logique pour un proxénète ? J'enjambe un monticule de bouteilles et de vêtements faisandés. Je contourne un plateau de gâteaux écrasés au sol et pousse un fatras de verres plus ou moins -d'avantage moins- vides du pied pour arriver à la fenêtre.

J'ouvre en grand.

- Sainte Molaire, on dirait ton entrepôt de cadavres.
-... Bordel... c'te bonne femme...


Une forme humanoïde et complétement nue se dandine mollement entre les draps. Je fronce le nez avec dégout en voyant d'avantage les fesses que le visage de mon interlocuteur. Avec la vitesse d'un phoque échoué sur une plage, l'énergumène se retourne. Baille. Râle. J'éprouve un frisson : en voyant sa trombine décalquée par une nuit d'ébat et de surconsommation d'absinthe, je regrette presque son derrière.

-Qu'est-ce que... tu me veux alors que j'ai pas encore mangé ? T'es folle de débarquer en catastrophe comme ça...
- Tes arguments auraient plus de poids si j'avais pas l'impression de converser avec ton sexe pendouillant comme une trompe d'éléphant malade. Habille-toi, veux-tu ? Tu vas attraper la mort.

Je lui jette sa combinaison, son pantalon et sa chemise à la figure coup sur coup. Il réceptionne la chose avec la vivacité d'un mollusque.

-Je t'écoute, je t'écoute...

J'attrape une chaise. Je m'y pose dignement. Je prends une inspiration.

-...

Le décor foutraque me coupe réellement mes moyens.

- C’est pas possible, pas possible dans ces conditions ! Comment peux-tu travailler dans ce bazar ?

Je me lève brusquement et embrasse la pièce avec une expression agacée.

- D'abord on fait le ménage, après on causera affaires.

Et je joint le geste à la parole et tentant de trier les bouteilles vides de celles qui ne le sont pas. Il se débrouillera des pâtisseries.
Je déteste les pâtisseries.
Zahnfee V. Edelstein
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Pitt
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Pitt
Dim 22 Fév - 20:20
Il s'habille, le Lièvre, fatigué. Non sans encore ronchonner. Pantalon enfilé, il se leva. Il grimaça en entendant l'acouphène réveillé par le changement de pression lorsqu'il se mit sur ses jambes. Un autre soupir agacé en voyant l'invitée, la protégée, faire le ménage. D'ailleurs, il avait été aussi saoul que ça pour renverser des gâteaux ? Tiens, la fleur était partie d'ailleurs. Remarque, ce n'était pas plus mal. Il prit ses lunettes d'aviateur qui reposaient sur la table de chevet, elles finirent sur le crâne de leur propriétaire. Rien ne changeait des habitudes. La chemise fut finalement portée, et les boutons fermés. Mais l'air négligé demeurait, les bretelles pendant au pantalon brun, manches de la chemise blanche retroussées.
 
- C’est pas possible, pas possible dans ces conditions ! Comment peux-tu travailler dans ce bazar ?
 
Pas de sourire, il la regarde, en s'occupant de mieux retrousser ses manches.
 
- Je ne travaille simplement pas ici.
 
Difficile de reprendre son masque alors que ses idées ne sont pas claires, l'alcool était trop chargées cette fois-ci.
 
- D'abord on fait le ménage, après on causera affaires.
 
- Haha...
 
Un rire, enfin, sans éclat. L'un de ceux qui sont fatigués.
 
Mains dans les poches, il la regardait. En voyant les bouteilles, il se rendit compte qu'il n'avait pas fait une chose depuis un moment. Dans un élan de réveil soudain, Pitt prit un des récipients vide d'absinthe. Puis d'un pas décidé, il marcha vers le meuble où trônait la boîte contenant les mémoires de février -celles d'avant mars 00-. Il se saisit d'un morceau de papier qu'il enferma dans la bouteille qu'il tenait. Il sortit par la porte de ses appartements donnant sur une passerelle plus courte que celles des autres étages, mais peu importait puisqu'elle ne servait qu'à cette chambre. S'appuyant sur la barrière, le Lièvre laissa tomber l'objet en verre. Puis le regarda sombrer dans le vide. Un rire.
 Le sourire s'évapora tout comme le bout de mémoire qui s'en allait. Lubie qui ne dura pas plus de quatre minutes au grand maximum.
 
Son regard d'absinthe se tourna vers la porte qui lui avait permis de sortir, et prendre l'air en plus de la fenêtre que Zahnfee avait ouverte. Pourquoi diable s'amusait-elle a ranger sa pièce à lui ? Il ne pouvait pas mentir, elle était en effet bien plus en désordre que de coutume. Mais si elle était venue plus tard, sans doute les déchets de récipients d'alcool et les pâtisseries auraient été nettoyés par un mousse. Le Lièvre se faisait entretenir. Il traîna des pieds en revenant dans ses appartements. Puis, observa quelques durant une dizaine de secondes la furie, il se dirigea vers la boîte à contenant des pièces du passée et la ferma.
 
D'un air agacé, se concentra à nouveau sur l'invitée envahissante.
 
- Je n'arrive même pas à me remettre en jeu.
 
Il voulait parler de son attitude habituelle, celle qui souriait. Il n'arrivait qu'à presque faire la tête, mais son attitude reviendra vite... il fallait juste du temps pour se réveiller.
 
- Bon...
 
Les bruits des bouteilles qui s'entrechoquaient, voilà qui résonnait dans son crâne comme un son agaçant le gardant dans la "réalité". La main venait tenir la tête, comme lors d'une migraine.
 
- Bon.
 
Le Lièvre frotta le visage.
 
- Okay... On va faire simple. J'ai un gars qui se charge des besognes de ménage. J'ai pas besoin d'une femme de ménage improvisée d'un coup.
 
Un léger rire, sans raison, juste un rire, juste un tic.
 
- Concentre-toi... me fais pas me rendormir.
 
Le proxénète avait visiblement du mal à se remettre de son réveil, il chercha quelque chose au sol, chose qu'il trouva. De l'absinthe. Il but le quart restant de la bouteille sans préparer le breuvage. L'alcool lui donna l'impression de réveiller au moins son œsophage. Le pilleur s'ennuyait. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais cela sembla plus présent ce jour-ci.
 
- Dépêche-toi de me dire ce que tu veux.
 
Il la fixait, las, avec un sourire qui sonnait affreusement faux.

Sa main laissa la bouteille qu'il tenait, s'écraser au sol. Il appuya son dos contre le mur rigide, juste à côté de la fenêtre qui aérait la pièce.
Pitt
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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Dim 22 Fév - 21:14
Comment cet homme misérable, stupide et dépravé peut-il être à la tête d'un empire de l'ombre. Si Alice croit en lui, alors je me dois de faire de même. Quand même ! On dirait un gamin perdu loin du giron maternel ou un amoureux éconduit se morfondant loin de sa belle.
Non.
N'évoquons pas l'Amour.

Je le regarde jeter une bouteille avec un papier chiffonné à l'intérieur, non sans un haussement de sourcil.

- C’est comme ça que tu fais le ménage ?
- Okay... On va faire simple. J'ai un gars qui se charge des besognes de ménage. J'ai pas besoin d'une femme de ménage improvisée d'un coup. Concentre-toi... me fais pas me rendormir. Dépêche-toi de me dire ce que tu veux.
- Soit, le ménage par le vide.


A grands gestes, je balance tout ce que je peux par la fenêtre et la passerelle : bouteilles, verres, gâteaux, reliquat de vêtements, un escarpin de femelle, une pipe à bulle,... La pièce se vide et s'ordonne par ce tri extrême. L'exercice a quelque chose de jouissif et de libérateur. Moi aussi je me départis de mes mauvaise pensées, de mes cauchemars, de mes lubies, à chaque morceau de la chambre de Pitt jeté en pâture à cette aube naissante. Jusqu'à ce que mon coeur dépouillé par la frénésie, se refuse à jeter l'éclat fiché entre ses deux ventricules. Ce tesson a un visage aux yeux fauves et graves, des larmes, une voix douce et profonde. Il est roux comme le cul d'un démon.

Foutu Fantôme.

Je me calme finalement pour me poser face au Lièvre végétant contre son mur. C’est tout aussi posément que je le gifle d'un aller-retour sec et précis sur les deux joues et égare d'un coup de pied bien placé la bouteille d'absinthe encore à sa portée.

- Tu fais peine à voir. Je t'ai rarement vu te mettre aussi minable. Tu es amoureux , ou quoi ? Crois moi l'Amour est une mauvaise chose. Une entrave. Oublie l'amour, pense à te brosser les dents.


Ce faisant, je reboutonne convenablement la chemise du lièvre, détrousse ses manches roulées en boule pour les agrafer convenablement le long de ses poignets. J’humecte mon pouce pour lui nettoyer une marque rouge à lèvres sur le menton. Je continue tout en le débarbouillant, sur un ton docte :

-Il te faudrait des fruits : de la banane ou de l'orange avec du miel. C’est excellent la gueule de bois. Et un thé de gingembre et de menthe poivré. Ce serait idéal. Commande ça à ton cuistot.

Je reprends ma chaise, m'assoie et lisse les plis de ma robe. Je bats des cils quelques secondes, cherchant mes mots.

- Pitt, tu es un homme d'affaires, n'est-ce pas ? Les pu.. les fleurs, le trafic de macchabées, les différentes tractations avec tes associés de la pègre...Bref. Tout ceci prouve que tu es un chef d'entreprise. Une entreprise prospère qui plus est.


Je marque une pause pour vérifier que le blondinet est toujours avec moi. Bon sang, il faut que je lui coupe les cheveux : le tas de foin qu'il a sur le crâne est insupportable. Tâchons d'outrepasser ce détail incommodant.

- Je te propose une diversification de tes activités, un investissement dans un nouveau projet. une sorte de pari sur l'avenir si tu veux...

Je remet malgré moi un de ses mèches rebelles bien plaquées sous ses lunettes d'aviateur. C'ets plus fort que moi.

- Je te promets que le jeu en vaut la chandelle.

Zahnfee V. Edelstein
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Pitt
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Pitt
Dim 22 Fév - 22:24
La bougresse ! Il voyait quelques affaires suivre sa bouteille jetée dans le vide, il cligna plusieurs fois des yeux. En fait... c'était efficace comme rangement, enfin, tant qu'on pouvait remplacer ce qui était perdu. Quelques gloussements, mais la joie habituelle restait un peu timide.
 
- Tu fais peine à voir. Je t'ai rarement vu te mettre aussi minable. Tu es amoureux , ou quoi ? Crois moi l'Amour est une mauvaise chose. Une entrave. Oublie l'amour, pense à te brosser les dents.
 
- Bordel !
 
Elle l'avait giflé ? Mais, mais, mais. Non, on ne fait pas sa à la personne qui nous héberge, ne connait-elle pas la politesse ? Toujours aussi surpris, le Lièvre ne peut réagir. Son esprit tentait de saisir. Amoureux ? Une maladie toxique, certes. Et aussi, il se brossait les dents, ça oui. Il y tenait à ses quenottes, sans elles comment manger ? Une de ses propres mains vint à sa joue gauche. Bon, il fallait se réveiller maintenant.
 
- ...Heu-
 
Le proxénète ne put finir ce qu'il comptait dire, même pas l'entamer. La furie se mettait à l'habiller plus correctement, exactement comme le pilleur ne le faisait jamais. Il la regardait faire, ne pouvant cacher un visage surpris. Et en plus, il se sentait affreusement "emprisonné" avec ses poignets serrés dans une chemise habituée à s'arrêter aux creux des coudes. Juste affreux. Ce n'était pas confortable et encore moins pratique pour aller visiter les morts.
Et ça continue, voilà qu'elle nettoyait une trace sur son visage.
 
-Il te faudrait des fruits : de la banane ou de l'orange avec du miel. C’est excellent la gueule de bois. Et un thé de gingembre et de menthe poivré. Ce serait idéal. Commande ça à ton cuistot.
 
Bon au moins, elle donna une information d'intéressante pour retirer ce mal de crâne agaçant.
Quant à ce qu'elle était en train de corriger sur la figure du proxénète, peut-être du gâteau, peut-être du maquillage laissé par la fleur dont il s'était occupé cette nuit... mais peu importait. Lorsqu'elle s'éloigna enfin, Pitt se frotta le menton avec le poignet. Dieu merci elle lui avait laissé ses bretelles en bas. Il garda un regard méfiant sur elle. On aurait dit une noble, ou une bourge lorsqu'elle s'assit sur la chaise.
 
- Pitt, tu es un homme d'affaires, n'est-ce pas ? Les pu.. les fleurs, le trafic de macchabées, les différentes tractations avec tes associés de la pègre...Bref. Tout ceci prouve que tu es un chef d'entreprise. Une entreprise prospère qui plus est.
 
Il la fixait, prit un sourire naturel, son esprit s'attacha en se demandant ce qu'elle voulait. Mais la lassitude semblait revenir bientôt... Mais il agrandit son rictus pour lui montrer qu'il lui était ouïe, pour le moment.
 
- Je te propose une diversification de tes activités, un investissement dans un nouveau projet. une sorte de pari sur l'avenir si tu veux...
 
L'attention sembla rester, et l'humeur du proxénète revenait à la "normale".
Mais... Zahnfee revint à la charge en lui corrigeant une mèche. Un air blasé vint sur la figure du fou jaune.
 
- Je te promets que le jeu en vaut la chandelle.
 
Ses yeux d'absinthe se mirent à briller en entendant le mot, le doux mot du jeu. Certes, là n'était pas le Jeu, mais un jeu restait ce qu'il aimait. Son sourire se fit grand et il laissa un gloussement s'échapper. L'esprit restait enchaîné à cet unique mot. La proposition semblait être des plus amusante. Restait à découvrir ce qui se cachait derrière ces mots, avoir l'explication exacte serait le mieux.
Un air entre sérieux et amusement se montra, voilà un visage qu'il montrait en affaire. Puis, reprenant ses aises dans son propre vêtement, c'est à dire en remettant ses manches comme il l'avait fait à la base, il répondit enfin.
 
- Un homme d'affaire, en effet.
 
Un petit rire.
 
- Tu veux donc apporter quelque chose à mon jardin ? Pourquoi refuserais-je te t'entendre, surtout si tu me parles de jeu.
 
Large sourire.
 
- Qu'as-tu à me proposer, mis à part cette affreuse tendance à corriger ma tenue ? Mon attention est toute à toi.
Pitt
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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Dim 22 Fév - 23:19
Je constate avec un certain plaisir que j'ai à présent toute son attention. Ses prunelles chartreuses se sont allumées de cette étincelle vivace qu'a parfois le Lièvre pour les sujets qui l'excite et l’anime.
Parfait.

- Tu n'es pas sans savoir qu'avant de mener cette vie j'en avais une autre, plus "rangée" et "plus honnête". J'étais confiseuse. Et pas n'importe laquelle... j'étais la meilleure confiseuse du monde. Si tu ne le sais pas c'est simplement que tu n'a jamais gouté un de mes bonbons. J'ai longtemps combattu contre mon talent sucré, mais je sais à présent que c'est lui que je dois exploiter, soumettre et domestiquer à mon avantage. Et au tien.


Je laisse planer un silence théâtrale tout en croisant les jambes.

- Ma boutique, le Topino, se tenait à Madrid. Il a brulé depuis un an ou deux. Je me retrouve donc sans commerce, sans cuisine, sans laboratoire culinaire, sans réputation, sans finance. Sans rien, donc. Quoi que pas tout à fait.


Je désigne ma caboche de la pointe de mon index.

- Ici se trouve toutes mes recettes.

J'agite mes doigts fins et délicats.

- Ici tout mon talent.

J'offre pour la première fois depuis longtemps un sourire mutin à mon interlocuteur.

- Je veux refaire des confiseries, je veux qu'elles se rependent sur le monde comme la Peste, je veux que l'addiction soit telle que l'univers tout entier ne pourra s'empêcher d'en réclamer. Je veux. Et je peux. Tout dépend de toi.

Je le regarde avec une rare intensité.

- Laisse moi implanter mes chaudrons à New Wonderland. Ton Zeppelin acheminera mes matières premières en même temps que ton cortège de cadavres fraichement embaumés. Et repartira les cales pleines de sucreries prêtes à être distribuées par les petites mains fardées de tes Fleurs, au quatre coin du monde. Ton réseau sera mon circuit de diffusion à grande échelle et toi mon partenaire.

Je le regarde avec une pointe d'espièglerie qui nous fait paraitre comme cousin. J'ai l'air aussi folle que lui dans ses bons jours, il faut bien l'avouer.

- En tant que bec sucré je te sens séduit par l'entreprise, mais ton flair des affaires se demande peut-être où est le piège ? Quelles sont les garanties ? Il n'y en a aucune Pitt. Aucune autre que celle de lancer le nouveau et l'ancien monde sur un plateau de jeu d'un nouveau genre. Celui dressé par notre propre fantaisie.


Je baisse la voix comme une conspiratrice.

- Car vois-tu, Pitt , ces bonbons seront autant de graines de chaos plantées dans leur réalité. Ils valseront au bout de nos doigts comme des pantins paniqués.

Je souffle malicieusement à son oreille.

-... Car ces bonbons seront magiques !
Zahnfee V. Edelstein
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Pitt
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Pitt
Lun 23 Fév - 21:06
Elle parlait, racontait, tentait peut-être de convaincre, elle convainquait de toute manière. Le Lièvre vit dans son esprit une image qui se transposait sur celle du Jeu, sur celle de son empire invisible. Des bonbons magiques, le sucre délicieusement empoisonné de magie.
 
- Là où fleurisse les fleurs, sucre leur nectar mielleux... mielleux de magie. Si mielleux que la masse méprisante s'étouffe avec.
 
Pensées envolées.
Le Lièvre riait. Un jeu, une roulette russe. Parier, il savait faire. Il savait quoi faire, il voyait comment faire. Le schéma, le dessin de ses frontières maniables se traçait.
 
- Tu m'intéresses.
 
Il jeta un œil par la fenêtre, sans réelle raison. Un air plus sérieux, mais toujours souriant se montra.
 
- New-Wonderland... tu veux t'y établir. Tu peux, la magie y a déjà créé une brume éternelle. Une odeur de brûlé et de Mort y règne en permanence. Quant à ma fée arlequin, mon dahlia, elle serait ravie de voir une âme qui ne soit pas de sa création.
 
Pitt planta ses yeux d'émeraude dans ceux de son... associée, ou partenaire de jeu. Elle comptait jouer avec les pantins du monde méprisants, ils ne sont que des pions. Ils ne servent qu'à divertir ceux qui valent mieux qu'eux, d'une certaine manière. Le Lièvre ne valait peut-être pas mieux, mais il se jugeait plus respectueux. Et de part un étrange sentiment venu de Février, celui signifiant le passé flou, il s'en jugeait en droit.
 
- Je veux bien suivre ton projet. Il est amusant, aussi satisfaisant que le Jeu.
 
Le proxénète ne put s'empêcher de regarder dans le reflet que la vitre ouverte donnait, habitude, sans doute lorsqu'il avait évoqué le Jeu il en avait eu le réflexe inconscient. Son sourire se fit grand, un rire. Alors que ses iris vertes revenaient sur l'invitée. Une joueuse.
 
- Vas-y, fais-les danser de peur. Réduis-les en simple jouets, fais-les valser avec les non-méprisants, les morts. Tout comme ils ont valsé avec mes zombies à Londres, parmi une douce pluie de cendres... les cendres d'un symbole si fort pour le pays touché et marqué à jamais.
 
Il riait, se souvenir de cet épisode lui avait fait monter encore plus vite dans sa bonne humeur habituelle. Il avait droit à des scènes parfaites, et on lui proposait encore de porter atteinte aux imbéciles méprisants.
 
- Mais... dis-moi juste quelques précisions : comment comptes-tu y mettre de la magie ? Et dis-moi ce qu'il te faudrait, j'ai des relations assez variées. Dans mes amis et dans les clients, certains seraient même ravis d'avoir quelques prestations gratuites en échange de sucre. Ce n'est qu'un exemple, mais c'est possible.
 
Le pilleur se dirigea vers son lit, y mit la couverture verte, qui gisait au sol, sur le matelas. Il observa sa fameuse boîte de mots du passé, heureusement que Zahnfee ne l'avait pas jetée par la fenêtre d'ailleurs. Il attrapa sa petite tresse sur le côté droit du visage en pensant à ses morceaux de papier. Son esprit s'égarait mais il releva directement les yeux sur la furie.
 
- Raconte-moi, pourquoi veux-tu t'attaquer à la masse méprisante ?
 
Ce sourire cachait la haine qu'il éprouvait face à ces gens qui méprisent si facilement.
 
-... ils méprisent tant qu'ils nous rendent pareils...
 
Des mots sortis de son esprit, sans qu'il ne s'en rende compte. Ils avaient été dits à voix basse. Ces gens, ces mêmes dont un sourire pouvaient les agacer au plus haut point.
Pitt
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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Mer 25 Fév - 17:16
J'étire un rictus sur mes lèvres roses. Connivence et cruelle complicité. Bien, bien, les rouages de ma cervelle prennent toute la place, les perspectives de ma créativité m'empêchent de me souvenir. Fantôme si tu hantes mes nuits, tu ne seras pas maitre de mes jours.

- Parfait, parfait ! Alice apprécie beaucoup cette Dahlia, et le jugement de ma soeur en matière de gens est bien plus sur que le mien.

Ma misanthropie naturelle m'empêche de vraiment me pencher sur le cas de l'humanité. J'ai autre chose à faire que de trier le bon grain de l'ivraie : il y'a "les miens" et il y'a "les autres". Et les autres peuvent bien être ce qu'ils veulent du moment qu'ils ne dansent pas dans ma bouche.

- Mais... dis-moi juste quelques précisions : comment comptes-tu y mettre de la magie ? Et dis-moi ce qu'il te faudrait, j'ai des relations assez variées. Dans mes amis et dans les clients, certains seraient même ravis d'avoir quelques prestations gratuites en échange de sucre. Ce n'est qu'un exemple, mais c'est possible.


J'élude la première question pour me concentrer sur la suivante.

- Je ne souhaite pas mégoter sur la qualité du produit. Il me faudra des fournisseurs de premiers choix : cacao du Brésil, cannelle de Madagascar, sucre de canne du pacifique, des fruits frais etc... Passons par le marché noir et la pègre si besoin est. Il me faut le meilleur. Il va sans dire que ta mise de départ est essentielle. Dans un premier temps c'est mon laboratoire culinaire qu'il faudra remettre au point. Un matériel impeccable et entretenu est la clé d'une cuisine d'excellence. J'ai besoin d'installer deux fours à charbon puissant, de marmites en fonte, de divers ustensiles à pâtisseries. Je te ferais une liste exhaustive, enfin je la donnerais à Violette.


- Raconte-moi, pourquoi veux-tu t'attaquer à la masse méprisante ?... ils méprisent tant qu'ils nous rendent pareils...


Je le regarde faire son manège.
Il ponctue d'un sourire et je comprends soudain qu'il y'a quelque chose sous ce vernis sympathique et nonchalant. L'homme n'est pas si fou. Pas plus que moi.

- Je n'ai jamais disposé de mon destin. Depuis le début c'est moi le pantin. J'ai essayé de jouer selon leurs règles, de satisfaire leurs attentes, de ne pas aller plus loin que mes fils de marionnette. Mais ça n'a pas fonctionné.

Je tripote la flute cachée par les plis de ma tournure tout en m'approchant du fossoyeur.

- Désormais je jouerais avec mes règles. Le monde va regretter d'avoir cru sans danger le fait de rompre mes liens. Nous allons tous valser jusqu’à la mort sur un même pied d'égalité. Crois-moi...


Je me hisse jusqu'à son oreille. Dans l'intimité de ce tympan, au huis clos de nos deux cervelles, je lui fais une confession. Je lui livre mon secret.
Puis je le regarde à nouveau, mon sourire fait écho au sien.

HRP:
 
Zahnfee V. Edelstein
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Pitt
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Pitt
Sam 28 Fév - 17:34
Ce que lui dit Zahnfee le fit rire, non pas moqueur, mais amusé de voir à quel point la masse méprisante se faisait des ennemis. Il en était sûr, ce monde brûlera comme la ville d'avant New-Wonderland. Et les corps deviendront des pantins de chair, non méprisants, de chair pourrie. Ce monde n'est-il pas fait de porcs ? Les affaires marchaient à plein régimes, voilà la preuve. Des porcs avides, méprisants, ils dévoreront. Ils s'empiffreront de sucreries nées au milieu d'un idéal qui ne leur est pas destiné. Une attaque venant la cité où la magie planait au-dessus des cendres, où tout ce qui pouvait haïr la masse méprisante avait sa place. Où tout ce qui étaient unique pourrait y reposer. Là-bas, pas besoin de réfléchir à comment agacé les porcs avide de chair et de douceurs.
 
Des porcs, le Lièvres n'avaient que rarement usé ce terme pour parler de la masse qu'il détestait. Mais aujourd'hui, il trouvait ce mot parfait. Peut-être était-ce à cause de sa mauvaise humeur ? De son état un peu perdu actuel ? Il pourrait toujours revenir sur ses mots. Il était incapable de savoir exactement pourquoi il n'aimait pas du tout ces gens, pourquoi il avait toujours l'impression que tous ne faisaient que mépriser. Qu'importait ? À ce moment, on lui proposait un jeu, un autre jeu, une annexe au Jeu. Pendant que ce dernier se construisait sa prochaine partie, l'autre tout frais né grandirait au rythme du jardin des Fleurs du pays des Merveilles. Un gloussement.
 
- Je ne peux qu'approuver tes motivations. Et puis, ça tombe bien, le quatre est proche de Mort.
 
Un rire, il riait. Tant de personnes qui voulaient jouer contre les méprisants.
 
- À force de se faire des ennemis, la masse méprisante, ces porcs, brûleront comme la base de New-Wonderland. C'est amusant.
 
Un énorme sourire. L'esprit avait été porté par la soif de jeu, par la soif de rancune, la sorte de lassitude fut balayée. Du moins, pour le moment. Car l'esprit ne cessait de jouer aux montagnes russes. Il sera à nouveau stable dans sa folie, il lui faudra juste un peu de temps.
 
- Ton idée m'amuse beaucoup, je ne pourrais pas te dire non. Ce serait contraire à mes principes.
 
Un éclat de rires.
 
- J'ai des connaissances qui pourront te fournir ce qu'il faudra. Ce n'est pas du tout un problème, tu pourrais même considérer que tu disposes déjà de tout ce qu'il de faut.
 
Grand sourire, encore et toujours.
 
- Des senteurs sucrées mélangées aux senteurs de Mort de mon idéal, c'est absolument magnifique.
 
Le Lièvre riait, se délectait de cette nouvelle perspective. Il attendra avec impatience de voir le nouveau plateau de jeu s'étendre sur les pas de ses fleurs.


Pitt
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Zahnfee V. Edelstein
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Zahnfee V. Edelstein
Dim 1 Mar - 18:32
L'homme rit et son hilarité est contagieuse. Je me joins à lui dans cette convulsion vulgaire et ce rictus carnassier. Pour la première fois depuis longtemps -toujours peut-être- ma gorge se déploie sous des gloussements venus du fond de mon âme.
Mon âme de fée retrouvée.
Le monde allait regretter de nous avoir de nouveau réunis.

Au loin dans mon coeur, et au creux de mon ventre, il ne reste plus qu'un petit point sombre des souvenirs du bal de février. Un spectre de réalité. Un souvenir.

Un Fantôme.

Bientôt il bousculera mes entrailles, croissant et gourmand, il grignotera mon énergie et ma volonté. Mais pour l'heure je n'en sais rien.
Pour l'heure je ris.

Le monde m'appartient !






Wake up my friend
Today life will show the answers
It's time for you to face the risk
Dark clouds will go away

Let it out, let it go
Grab the chances
You've been waiting for so long
Let it out, take control
Find your way towards
The places you belong

Just wait the chances you've been waiting for so long
Please wait and find your Way towards the places you belong
Zahnfee V. Edelstein
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