[An 5] L’avenir d’un enfant est l’oeuvre de sa mère

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Ronce de France
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Dim 8 Mar - 1:27
→ Suite direct de ce RP

Versailles resplendissait, comme à son habitude. Même vidé de nombreux de ses habitants, le palais demeurait un écrin où reposaient deux grands trésors du royaume : la reine Ronce de France, et le prince Ciel. Ce dernier était un présent encore plus choyé que le premier, car taillé dans une matière fragile. Hilda ne le verrait probablement pas aujourd'hui, sauf si le prince se sentait en meilleure forme et pouvait quitter le lit. C'est ce qu'expliqua Ronce alors que les deux femmes traversaient les couloirs. Sans Ronce pour la guider, la sorcière se serait probablement perdue.

« Les médecins sont encore plus présents qu'auparavant dans le palais, depuis la menace du Delirium. Cette maladie a fait fuir nombre de nobles, Versailles est devenu ainsi plus... paisible. Ce qui ne sera pas un mal en soi pour vous, Mère. Cela vous aidera à mieux vous acclimater. »

Le vide des couloirs rendait l'ambiance plus oppressante. Ronce finit par gagner les jardins, laissant un vent frais leur caresser le visage.

« Mais suis-je bête, vous voulez probablement vous asseoir. Allons donc prendre place auprès de cette fontaine. »

D'une main douce, Ronce poussa Hilda à s'asseoir sur la margelle de la fontaine. La reine trempa son mouchoir dans l'eau fraîche, tamponnant doucement le front de la sorcière. La fièvre avait laissé, sur le front de la femme, une fine pellicule de sueur.

Le Delirium faisait bouillir le sang de la sorcière. Il la dévorait, peu à peu, inexorablement. Chaque minute, passée à ses côtés, accroissait le risque que Ronce contracte, à son tour, la maladie.

Mais, après tout, ce ne serait pas la première fois qu'elle jouerait avec le feu.

« Avez-vous besoin de quoi que ce soit, dans l'immédiat ? Vous pouvez exiger, vous êtes ma Mère désormais. Vous n'êtes pas prisonnière de ces murs. »


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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Dim 8 Mar - 7:51
Le vent frais était plus agréable que les richesses innombrables affichées dans les couloirs et les dizaines de salles qu'elles avaient traversé. A cet instant, elle préférait l'eau rafraichissante de la fontaine à la profusion d'or scintillant.

Puis, cet endroit manquait de couleurs. Ce n'était pas aussi chatoyant que sa petite confiserie en Scandinavie.

« Merci, ma Ronce caramélisée. »

Malgré la chaleur qui l'avait envahi, Hilda n'avait pas voulu se séparer de ses fourrures. Cela pour plusieurs raisons. La première, elle savait qu'après la chaleur viendrait les frissons. La deuxième, elle les aimait trop pour les confier à un inconnu. La troisième, elle se sentait en sécurité dedans. Sans ses fourrures, elle se sentirait nue et vulnérable. Déjà qu'elle se sentait vieille en recevant l'aide son nouvel « enfant »...

« Effectivement, il y a quelque chose que j'aimerais beaucoup que tu fasses pour moi. Vois-tu, lors de mon voyage depuis la nordique Scandinavie, j'ai rencontré un homme. Quelqu'un de bien qui s'occupe de ma chère petite tête blonde pendant que je recherche un remède à cette maladie. »

Durant le voyage qui avait ramené les deux femmes à Versailles, Hilda Wagner en avait profité pour se dévoiler un peu à Ronce. Elle lui avait appris qu'avant d'être malade, elle était tenancière dans une confiserie s'appelant « A la Voie Lactée ». Que là-bas, elle vivait seule mais n'était pas malheureuse. Le travail, mais surtout les visites innombrables des enfants la remplissaient de joie. De cette manière, elle en était venue à lui parler de son orphelin préféré. Celui qui était tout comme son fils même s'il n'y avait pas de lien de sang. Un petit Scandinave à la bouille ronde, aux cheveux blonds et répondant du nom de Svir.

« Est-ce que vous pourriez récupérer pour moi une missive ? Mon correspondant se nomme monsieur Hood et il travaille pour une société répondant au nom de Taylor. Cette lettre est très importante pour moi. Au-dedans, il se peut qu'il y ait une solution à mes maux ou tout du moins, une piste prometteuse. »

Sa requête émise, les deux femmes se retrouvaient seules et assises sur la fontaine d'un des jardins de Versailles. Elles étaient toutes les deux des inconnues. Elles n'avaient pas encore d'histoire profonde, bien que leur rencontre avait de quoi inspiré quelques écrivains.

Le calme était troublé uniquement par le chant des oiseaux. Souriant d'abord à cet oasis de plénitude, la sorcière eut soudain une idée. Elle avait promis à la Reine qu'elle lui apprendrait à utiliser son « don ». Elle s'y tiendrait et ne partirait pas d'ici sans faillir.

« Dis-moi mon sucre d'orge, connais-tu la portée de ta magie ? Ce que mes mots veulent dire c'est, est-ce que ta magie agit uniquement sur les hommes ? Fonctionne-t-elle également sur les oiseaux et les autres animaux ? Aurais-tu la capacité, en touchant cette fontaine de tes mains, ou encore l'herbe sous nos pieds, d'en accélérer leur vieillissement ? »

Ses pensées maintenant occupés par l'enseignement qu'elle prodiguait, Hilda en oublia un peu sa maladie. Son dos se redressa. Elle gagna en stature. En plus de poser toutes ses questions, elle faisait des liens entre sa magie et celle de son enfant. Elle, elle pouvait agir sur toutes choses : que ce soit vivant ou inerte.
Hilda Wagner
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Ronce de France
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Lun 9 Mar - 23:27
Le portrait que la sorcière avait fait du petit Svir poussait Ronce à vouloir le rencontrer. Au sein de Versailles l'enfant serait bien accueilli, protégé, et n'aurait jamais à craindre le lendemain. Il est même fort probable que le prince Ciel verrait en lui un futur compagnon de jeu. Ronce se fit la promesse, muette, de rapatrier l'orphelin en France dès que sa mère adoptive serait soignée. Cela promettait de joyeuses retrouvailles, pleine d'effusions.

Ne se départissant pas de son sourire, la reine accepta la requête d'Hilda. Recueillir une missive, ce n'était point difficile. Les messagers du palais s'en chargeraient sans problème. Si Hilda avait usé, avec son interlocuteur, de pigeons mécaniques (une invention capable de rejoindre son destinataire sans se perdre), la missive parviendrait sans heurt à Versailles.

Le nom de « Hood » éveilla un écho dans la mémoire de Ronce. Le seul Hood qu'elle avait rencontré était un pirate. Mais les deux Hood ne devaient, probablement, avoir aucun rapport. Pourquoi un pirate oeuvrerait-il dans une société ? L'énigme demeura en suspens, la voix d'Hilda ramenant Ronce au présent.

« J'ai... déjà fait faner des fleurs dans un vase. Je suppose donc que oui. »

Mais elle ne devait pas supposer, elle devait en être certaine.

Ronce délaissa le banc et s'avança auprès d'un parterre de tulipes. Retirant son gant, la reine fit courir ses doigts sur les corolles des fleurs. Lentement, elle respirait, laissant la magie parler. Les fleurs se penchèrent, se courbant comme sous l'effet d'un puissant vent. Les couleurs se diluèrent, les pétales tombèrent. Il ne resta rapidement du parterre que des tiges flétries.

Mais ce n'était pas assez. Ce n'était qu'un tour de passe-passe.

Ronce revint à la fontaine. Les gants chutèrent à ses pieds. Les mains de la reine caressèrent la pierre, cherchant à en comprendre la structure, discerner les jointures, l'architecture. L'eau se mit à tarir, le flot continu devenant un filet poussif, paresseux. La pierre se lézarda, s'effrita. Des cailloux tombèrent aux pieds de Ronce, de la poussière se glissa entre ses doigts.

Sentant venir la catastrophe, la reine retira vivement ses mains. La fontaine ne s'était pas écroulée, mais il s'en était fallu de peu. Le temps s'était suspendu pour la fontaine. La construction ressemblait désormais à une ruine, prête à s’effondrer.

Les mains moites, Ronce remit ses gants au plus vite.

« Je... Je me suis laissée emporter... »

Ronce hésita à parler mais Hilda lui parlait sans détours depuis le début. Elle devait en faire de même.

« L'exaltation m'a gagné. Le pouvoir est si... grisant. Sur les fleurs ce n'était rien, mais sur la fontaine... J'ai eu l'impression réel de contrôler le temps. J'ai senti l'évolution des ans, ce ruisseau impétueux qu'est le temps. Je crois bien que ce pouvoir touche aussi bien objets que les êtres... »

Les mots demeurèrent suspendus dans l'air. Ronce dut se rattraper à la margelle de la fontaine pour ne pas tomber. Elle se sentait vaciller. La fatigue la gagnait. Le pouvoir avait puisé dans son énergie. Il réclamait son dû. La jeune femme raffermit sa prise, tentant de demeurer debout malgré ses jambes flageolantes.

« Mais je crois bien que... Cette magie demande beaucoup d'énergie, je me sens très lasse. Cela vous fait-il pareil quand vous usez de vos pouvoirs ? »

Se comparer à sa « Mère » lui permettrait de mieux se comprendre elle-même.


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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Mer 11 Mar - 18:36
Voir faner les fleurs à grandes vitesses avait été un spectacle trivial. Par contre, la morsure du temps qui transformait le roc solide en poussière et lézards fissurés était autrement plus spectaculaire !

Sans prévenir, voir la Reine de France user de son don avait fait germé une idée folle dans la tête de la sorcière... Mais elle ne voulait pas encore l'expliquer de vive voix.

« Oui. La magie a toujours un prix. Ce n'est pas un tour de prestidigitateur, ni un deus ex machina. »

La sorcière était un peu perdu. Ses pensées étaient partagé en deux voies différentes. L'une se focalisait sur l'entraînement de son enfant, l'autre réfléchissait à comment atteindre son objectif. Hilda était comme ça, quand elle avait un but, elle n'en déviait jamais.

« Laisse-moi te raconter quelques théories et souvenirs que j'ai sur le sujet de la magie. »

Hilda se mit en marche, se dirigeant vers un banc blanc un peu plus loin.

« Pour moi, la magie est quelque chose de naturelle. Un appendice que certains ont et d'autres pas. Un peu comme certains ont les cheveux longs et bruns tandis que d'autres les ont courts et blonds. La magie est naturelle et c'est pour cette raison qu'il m'est difficile de te l'enseigner. Ce n'est pas comme les mathématiques ou l'histoire d'un pays. »

Les jardins de Versailles étaient immenses. Hilda s'en rendait compte maintenant. Faire le tour devait prendre une bonne heure. Et ça, c'était sans s'arrêter devant les chefs d’œuvres que peuplaient les eaux des fontaines, ou mettre son nez dans la multitude de fleurs différentes et colorés.

« La magie n'est pas quelque chose qui vient se greffer sur nous. Ce n'est pas un morceau de métal qu'on vient connecter à notre corps. Vois-tu, ma petite guimauve de ronce, pour moi la magie est un muscle. Comme l'est tes jambes qui te permettent de courir ou ton cerveau qui te permet de réfléchir. La magie est un don. Mais un don qui demande à être pratiquer pour en apprendre la portée, l'intensité et les dégâts. »

Elles arrivèrent au niveau du banc. Hilda s'assit et invita la Reine à en faire de même. La stature fière, la sorcière croisa une jambe par-dessus l'autre. Elle remonta ses fourrures et profita de ce geste pour caresser son visage dans les poils doux.

*Ah, qu'est-ce que j'aime mes fourrures. *

Hilda observa la Reine et plongea par ce contact dans son passé. Elle remonta vingt ans en arrière, lorsqu'elle était encore jeune et naïve. Une nuit comme une autre, allongée dans un lit avec un bel inconnu en tenue d'Adam. Elle se souvint de la découverte de son don et du goût amer-sucré du meurtre. Ses souvenirs voyagèrent rapidement dans les années qui suivirent. La sorcière expérimentait ses dons. Elle en était ivre nuit et jour. Euphorique sans limite.

Jusqu'au moment où elle avait manqué mourir. Elle avait vu la mort de si près.

« …Dans mes souvenirs, je crois entendre une musique envoutante. »

Son regard portait au loin. Son visage avait perdu de sa superbe, gagné par les restes d'un cauchemar qui la réveillait quelques nuits par an.

« Et quand je me réveille, j'ai l'impression de voir le squelette d'un homme aux longs cheveux blancs dans un corps de ténèbres... »

Mais elle s'égarait. Elle devait en revenir au sujet principal.

Ses yeux se baissèrent à nouveau sur son bras. Était-ce la réminiscence de ce cauchemar ou était-ce le Delirium qui contractait son bras ? Était-ce les ombres de la peur ou la conquête de la maladie ?

Hilda attrapa les mains de son enfant royal et les enferma entre les deux siennes.

« Ma petite ronce en sucre, j'ai une idée en tête. Quelque chose qui concerne ma maladie et ta magie. »

Hilda brisa le contact visuel et s'attarda sur le lointain. Elle se perdit dans le vent qui agitait les buissons et le bruit de l'eau qui atterrissait dans les fontaines.

Mais elle ne pouvait pas s'aveugler. Quand elle avait un but, elle devait le suivre. Peu importe les épreuves et les douleurs. C'était plus fort qu'elle. C'était ce qui la définissait.

« Si je te donnais l'autorisation de retirer tes gants et de poser tes mains nus sur mes tempes, est-ce que tu serais capable de localiser le Delirium ? Est-ce que tu pourrais le traquer comme un monstre et l'assassiner de vieillesse à l'aide de ton don maudit ? »

C'était inconscient, mais Hilda plaçait soudainement beaucoup d'espoir entre les mains trop blanches et trop jeunes de la Reine de la France.
Hilda Wagner
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Ronce de France
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Mer 11 Mar - 23:13
Hilda, au sein de ses fourrures, ressemblait à un gros chat. Un de ces persans au pelage soyeux, se complaisant de leur propre apparence. La vision fugitive manqua d'arracher un rire à la reine. Mais l'humour laissa rapidement place au doute. Les paroles de la sorcière se firent, soudainement, plus décousus. Le squelette d'un homme dans un corps de ténèbres. Une illusion provoquée par le Delirium, se greffant dans sa mémoire ?

Ronce se pencha vers la sorcière, son regard quêtant dans celui d'Hilda les traces d'un regard enfiévré. Enfiévré, il l'était oui. Par la maladie, mais pas seulement. Ronce poussa un léger cri quand Hilda se saisit de ses mains, surprise par le geste, exécuté de façon abrupt. On aurait dit un noyé se raccrochant à la planche de son esquif détruit.

« Si je te donnais l'autorisation de retirer tes gants et de poser tes mains nus sur mes tempes, est-ce que tu serais capable de localiser le Delirium ? Est-ce que tu pourrais le traquer comme un monstre et l'assassiner de vieillesse à l'aide de ton don maudit ? »

Avait-elle bien entendu ? Ronce cessa de respirer. Il lui sembla même que son cœur venait de s'arrêter. Le temps s'était figé. Entre les mains d'Hilda, celles de Ronce tremblaient.

« Ce que vous me demandez est bien trop difficile à exécuter... Si jamais mon pouvoir vous touchait, je pourrais... comme ce garde vous... » Le mot était si difficile à prononcer. Ronce dut déglutir pour réussir. « Tuer. »

Ronce retira ses mains d'Hilda, brisant le contact. La reine se leva et se mit à faire les cents pas, serrant convulsivement ses mains autour de ses bras repliés.

« Je ne veux pas courir ce risque. Comprenez-moi. Je souhaite votre guérison, presque autant que vous. Mais j'ai si peur de faillir au dernier moment, de commettre l'irréparable... »

Le poids de la honte pesait sur Ronce. Elle se sentait faible, lâche. Elle qui s'était laissée gagner par l'ivresse du pouvoir se retrouvait à freiner des quatre fers dès que sa responsabilité était mise en jeu. La jeune femme posa ses doigts contre son front, tentant de trouver une solution. Une alternative.

Ronce stoppa sa marche. Sa robe bruissa légèrement quand elle se tourna pour faire face à Hilda.

« Ne m'avez-vous pas parlé d'un certain monsieur Hood dont la missive devait contenir une solution à vos maux ? Chercherait-il, lui aussi, un remède au Delirium ? Peut-être l'a-t-il trouvé. Savez-vous quand vous contactera-t-il ? Nous pouvons même aller à sa rencontre pour le questionner à ce sujet. Cette clé de la délivrance se trouve, peut-être, présentement entre ses mains. »

Ronce se raccrochait à cet espoir avec ferveur. Si cet homme manquait de moyens pour parvenir au remède, la reine lui fournirait de quoi exécuter cette tâche.

« Et puis vous pourriez ainsi revoir Svir. Il pourrait venir vivre au château, en sécurité. »

Cela ressemblait presque à du marchandage affectif. Et peut-être en était-ce, en partie du moins.


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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Jeu 12 Mar - 17:49
Les deux femmes semblaient embarquer dans une roue les emmenant d'une sensation forte à une autre. Elles passaient toute deux par des sensations extrêmes et cycliques. Pour Hilda : l'instinct maternel oscillait avec la couse contre la mort contre le Delirium. Pour Ronce : l'ivresse du pouvoir l'emmenait vers les responsabilités effrayantes, puis revenaient vers l'ivresse du pouvoir, etc...

La tête légèrement baissée, la sorcière esquissa un triste sourire.

« Non. Je ne peux penser à Svir maintenant. Je ne peux pas imaginer un futur, même un très beau où il serait accueilli dans le Cœur de la France, merci, un futur où je risque de ne pas me trouver. »

Hilda releva son visage vers celui de cette enfant qui cherchait à obtenir ce qu'il voulait. Avec leur technique qui consistait à ouvrir grands leurs yeux humides et innocents.

Debout, elle alla chercher la Reine et la ramena gentiment sur le banc. Elle lui reprit ses deux mains entre les siennes, les laissant poser sur la luxueuse robe royale. De cette façon, elle lui transmettait son amour et l'obligeait à revenir au calme en douceur.

« Je ne doute pas que ton messager va bientôt nous revenir avec la lettre de monsieur Hood. Une lettre pleine d'espoir, promesse de guérison et de retour à la normale. »

Sa main droite se leva dans les airs. Son index vint glisser en-dessous le menton de la Reine et elle fixa ses yeux de ses yeux qui avaient déjà beaucoup vécu.

« Je ne vais pas te torturer plus longtemps avec mon idée qui risque de causer la mort d'une sorcière et de faire tomber tout un pays, faute d'une gentille reine brisée par ses remords. Mais je veux que tu saches que je n'abandonne pas pour autant. Je garde cette solution comme solution de repli. D'accord, ma petite ronce en sucre ? »

Puis, comme beaucoup de mamans, le visage d'Hilda se transforma d'un seul coup. Toutes ses peines et ses douleurs disparurent derrière un sourire réconfortant pour ses enfants. Ce n'était qu'un mirage, mais c'était un charme essentiel. Une manière de se sacrifier pour qu'une seule personne souffre au lieu de deux.

Elle se releva et se dirigea vers la fontaine en piteux état. Elle laissa glisser sa main sur les pierres poussiéreuses, prête à dégringoler. Elle se retourna ensuite vers une Reine qui devait se demander comment les choses allaient tourner.

« Ça me fait de la peine de voir un si beau jardin écorché par un tas de ruine. Avant que tu ne me rencontres, tu avais l'âme allégée et un chef d’œuvre de fontaine. J'ai l'impression de ne causer que désastres et douleurs. »

Sa main droite se leva. Ses doigts se préparèrent à claquer, laissant alors exploser sa magie sucrée et colorée dans le cas où la sorcière découvrirait l'assentiment de la reine.

Alors qu'elle attendait, un sourire pleine de malice illuminait son visage, et tirait les rides au coin de ses yeux. Des cicatrices de vieillesse et de joie, qui était apparu à force de sourire à tous ces enfants qui découvraient les merveilles de sa magie qui chamboulait une rue terne en un terrain de jeu gourmand.
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Ronce de France
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Jeu 12 Mar - 23:17
Ronce eut un léger hochement de tête face à la question de la sorcière. Elle ne pouvait aller à l'encontre de sa détermination. Elle n'avait fait que retarder l'inéluctable : le possible décès d'Hilda, rongée par le Delirium. Silencieusement la reine ravala sa salive, rendue amer par les sensations qu'elle éprouvait. La honte d'avoir, probablement, déçue sa nouvelle Mère, mêlée à la crainte que son recul d'aujourd'hui ne lui coûte la vie.

« Ça me fait de la peine de voir un si beau jardin écorché par un tas de ruine. Avant que tu ne me rencontres, tu avais l'âme allégée et un chef d’œuvre de fontaine. J'ai l'impression de ne causer que désastres et douleurs. »
« J'avais déjà l'âme alourdie par la vengeance qui me consume. Vous avez su l'apaiser, vous avez su me faire prendre conscience de qui j'étais. Vous m'avez montré que ce pouvoir n'est pas un fardeau, il peut être une bénédiction. Vous m'avez aidé à prendre confiance en moi. »

Mais il est vrai que cette ruine faisait pâle figure au sein des jardins fastueux de Versailles. De ce que la reine avait vu, le pouvoir d'Hilda permettait de tout métamorphoser en sucreries. La fontaine pourrait-elle devenir une structure moelleuse à la guimauve, et son eau serait-elle sucrée ? Curieuse de voir ce phénomène, la reine invita la sorcière à user de son pouvoir.

« Votre Majesté ! »

Un domestique, vêtu de la livrée royale, courait à leur rencontre. L'homme devait approcher de la trentaine, son visage oscillant encore entre la prime jeunesse et l'approche de l'âge mûr. En domestique bien discipliné, l'homme s'inclina. Il se releva seulement après que Ronce lui ait donné l'autorisation. Le domestique tendit une lettre décachetée.

« Une missive est parvenue au palais. Le service de sécurité s'est permis de l'ouvrir car le nom du destinataire nous était inconnu. Vous... devriez la lire... »

Ronce prit la lettre, et la tourna entre ses doigts. Le destinataire n'était autre qu'Hilda Wagner. Ronce leva la main, mettant en évidence la missive.

« Cette lettre semble être pour vous. Veuillez me pardonner, je me permets de la lire rapidement. Je pense que, de toute façon, nous n'avons plus rien à nous cacher, entre mère et fille ! »

Sortant la lettre de son enveloppe, Ronce la déplia et la lut en diagonale. Elle était à la fois curieuse d'en apprendre le contenu, et se demandait si son service de sécurité avait cru déceler quelque chose. Le visage de Ronce s'illumina dès les premières lignes. L'homme avait trouvé un malade immunisé – autrement dit une personne pouvant posséder, en elle, la clé du remède contre le Delirium ! L'espoir fou cultivé par Ronce devenait réalité.

Le sourire s'effondra à la vue de la signature.

R. Hood.

Ce nom avait un son familier. Proche de celui de Robin Hood, le pirate qui s'était attaqué à l'exposition autrichienne Simple coïncidence ? Ronce n'y croyait que peu. La reine remit la lettre à Hilda, la laissant lire à son tour la missive.

« Ce monsieur Hood semble avoir trouvé ce que nous cherchions. Je serais ravie de le rencontrer. »

La voix de Ronce se faisait douce-amère. La reine préféra jouer cartes sur table. De la main elle congédia le domestique, l'invitant à quitter les lieux. Inutile d'abreuver les oreilles d'un simple valet d'histoires qui ne le concernaient pas.

« Mère, je me dois de vous questionner au sujet de ce Monsieur Hood. Voyez-vous, j'ai rencontré, l'an dernier, un homme du nom de Robin Hood, un pirate. Un des membres de son équipage m'a tiré dessus et a manqué de me tuer. Heureusement les médecins ont su me secourir, mais j'en conserve à jamais la trace. »

La main gauche de Ronce se posa sur sa clavicule et tira sur le tissu, dévoilant la cicatrice qui marquait sa peau.

« Cet homme, cette femme, cet équipage est dangereux. Décrivez-moi cet homme, se nomme-t-il Robin ? A quoi ressemble-t-il ? »

Il ne manquerait plus qu'Hilda est confié son enfant à un criminel.


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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Sam 14 Mar - 10:22
Hilda était un peu perdue dans toutes ces nouvelles informations. Encore une fois, ses émotions passaient de l'une à son opposé. De la joie à savoir que monsieur Hood avait découvert une personne immunisé à la mise en garde de sa nouvelle enfant.

La sorcière se trouvait dans un maelstrom d'actions et de révélations. Elle qui avait parcouru des semaines durant les villes et les différents pays de l'Europe sans aucun succès. Désormais, elle était dans le cœur des péripéties. Absolument hors de question de se laisser aller maintenant : l'épilogue était maintenant visible sur la ligne de l'horizon.

« Ma petite ronce en sucre, ce que tu me dis me perturbe. L'image que j'ai de monsieur Hood ne correspond pas à celle de quelqu'un qui attente à ta vie. En fait, je ne crois même pas connaître son prénom. »

La main qui tenait la lettre revint rapidement au niveau de ses yeux qui la relurent en diagonale. Comment monsieur Hood pouvait-il avoir laissé sa marque sur la belle peau gourmande de la Reine ? La façon dont il lui donnait des nouvelles de sa chère petite blonde était en parfaite contradiction.

« Tout ce que je peux te dire à propos de monsieur Hood est qu'il porte un chapeau et des cheveux ébouriffés. Il a cet accent qui ne vient pas de notre continent. Quelque chose qui ressemble aux Anglais. »

Alors qu'elle lui donnait les maigres informations qu'elle possédait, elle se souvint qu'elle avait un de ses objets. Un mouchoir qu'il lui avait offert au cas où les symptômes du Délirium la « salirait ».

« Voici tout ce que j'ai de lui. » dit-elle en tendant le mouchoir dans lequel elle avait séché ses larmes. Probablement après beaucoup trop de fatigue et d'émotions.

*Est-ce que j'aime cet homme ? Ou me suis-je fait manipuler comme une sotte ?... *

Hilda revint s'asseoir sur un banc blanc. Soudainement, le poids des âges semblaient peser sur son visage. Elle perdit de sa droiture et s'affaissa un peu comme une vieille dame.

*S'il arrive à trouver une solution à cette terrible maladie. Ne pourrait-il pas faire quelque chose pour me réparer à l'intérieur ?... *

Elle se toucha le ventre. Là où aurait du grandir la vie il y a vingt ans maintenant.

Hilda commençait à douter de tout. En y réfléchissant, elle faisait confiance à beaucoup d'inconnus beaucoup trop vite.

Qui était monsieur Hood ? Quels étaient ses véritables desseins ?

La Reine l'aimait-elle vraiment ? Ou, comme toutes les adultes, jouait-elle la comédie pour obtenir ce qu'elle voulait vraiment ?

Son visage s'enfonça dans ses fourrures. Elle n'avait que ça. Au moins, elles lui portaient chaud, réconfort et ne pouvaient pas la trahir.

« Ronce »

C'était la première fois qu'elle l'appelait par son simple prénom. Sans ajouter une petite connotation sucrée.

« Pourrais-tu me laisser quelques instants ? J'ai besoin d'être seule et de réfléchir. »

La Reine de France devait avoir des occupations à tenir au vu de son rang. Il ne serait probablement pas difficile pour elle de s'en aller et de s'affairer.

Le regard de la femme dans la force de l'âge regardait au loin. Peut-être espérait-elle voir ses terres tranquilles de Scandinavie ? Ou bien encore le navire sur lequel Svir vivait des aventures qu'elle espérait exaltante.

Sans regarder la Reine dans les yeux, Hilda lui demanda si elle pouvait avoir de quoi répondre à la lettre de monsieur Hood.

Elle ne savait pas si elle écrirait. Elle ne savait pas si elle enverrait cette lettre même écrite. Mais elle voulait avoir la possibilité de trouver une solution au Delirium et de recevoir des nouvelles de son orphelin préféré.
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Ronce de France
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Sam 14 Mar - 17:31
Ronce avait-elle tiré des conclusions trop vite ? Le monde comptait probablement de nombreuses personnes se nommant Hood, sans aucun lien entre elles. Mais les quelques indices glissés par Hilda ne faisaient que confirmer l'hypothèse de la reine. L'homme qu'elle avait rencontré à l'exposition portait aussi un chapeau et parlait avec un accent britannique. La reine déplia le mouchoir, cherchant un quelconque indice comme des lettres brodées sur le tissu. Mais le mouchoir demeurait un carré de tissu blanc. Ronce le replia et déposa le mouchoir auprès d'Hilda.

Sa main voulut se poser sur l'épaule de la sorcière, mais elle se retint à temps, laissant simplement ses doigts frôler la fourrure.

Hilda semblait s'être enfermée dans une gangue de glace et sa voix, sous ses accents de douceur, dévoilait un ton ferme. N'admettant aucune objection. La voix d'une mère voulant être obéie, d'une femme emplie de doutes.

Ronce replia ses bras contre elle.

« Fort bien Mère. Je vais mander aux domestiques de vous amener ce que vous souhaitez. Vous pouvez leur ordonner ce que vous voulez. Vous êtes ici chez vous. »

La reine s'inclina avant de quitter les jardins sur la pointe des pieds. Le domestique de tout à l'heure sursauta quand Ronce le surprit en train d'essayer d'écouter aux portes. Le jeune homme se précipita dans les couloirs, suivant les ordres dictés par sa souveraine. Il revint auprès d'Hilda, promptement, accompagné d'une servante. Les domestiques s'inclinèrent, l'un donnant un écritoire accompagné d'encre et d'un stylo à plume, tandis que l'autre déposait un service à thé. La domestique emplit elle-même la tasse du liquide chaud, avant de reculer de quelques pas.

« Madame, sa Majesté a tenu que nous demeurions auprès de vous, au cas où vous souhaiteriez quelque chose. Ordonnez et nous obéirons. »

De son côté Ronce avait gravi des escaliers, rejoignant le bureau de son ministre de la Sécurité. La reine laissa à peine le temps à l'homme de le saluer.

« Asseyez-vous, et prenez note. »

La plume du stylo de l'homme gratta frénétiquement le papier, tandis que Ronce parlait, faisant les cents pas devant le bureau du ministre.

« Je veux que vous vous renseigniez sur un certain R. Hood. Probablement prénommé Robin. Il travaille avec la compagnie Taylor. Je veux tout savoir sur lui. Sa date de naissance, la composition de sa famille, le parcours de sa vie, ses antécédents criminels s'il en a. De même pour la compagnie. Depuis quand elle a été fondée, dans quelle partie du globe, ses activités légales, ou non. »
« Quand souhaitez-vous ces informations, votre Majesté ? »
« Au plus tôt avant ce soir. Au plus tard, dans une semaine. Ce Monsieur Hood serait en France, actuellement. Usez de vos relations, de votre réseau. Trouvez-le, localisez-le. »

Les dernières paroles de Ronce furent prononcés d'une voix forte, à en faire trembler les lustres.

« Cet homme, votre Majesté, est-il un ennemi de la couronne ? »
« Cela c'est à vous, et à vos hommes, de me le confirmer. »

Ronce laissa son ministre sur cet énigme, quittant le bureau sans un mot.

Une reine avait de nombreuses tâches à mener, mais Ronce n'avait plus en tête que ce Robin Hood. La jeune femme alla respirer l'air frais en ouvrant une des fenêtres du couloir. En contrebas Ronce pouvait deviner la silhouette d'Hilda.


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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Dim 15 Mar - 12:30
Hilda était complètement désemparée. Elle se sentait bien seule dans cet immense jardin français. Bien loin de son pays d'adoption où elle menait une vie tranquille et satisfaisante. Les aventures n'étaient plus pour elle, elle avait passé l'âge.

Seule, pourtant, elle ne l'était pas. Les deux domestiques que la Reine lui avait envoyé attendaient en silence à ses côtés. Ils se tenaient droit et ne montraient aucune émotion autre que celle de la servitude volontaire.

Elle avait envie de les congédier. Mais ne voulait pas se retrouver seule...

« Excusez-moi madame, mais votre thé refroidit. »

Hilda releva la tête, découvrant la servante qui s'était rapprochée.

« Oh !... »

Elle ne savait pas très bien ce que cette exclamation fatiguée signifiait. Elle n'avait rien envie d'ajouter de plus. Pourtant, la servante semblait attendre des instructions.

« Ne restez pas debout. Prenez une tasse et venez vous asseoir à côté de moi. »

« Si madame le désire. »


Les deux femmes burent leur thé à petites gorgées en silence. Hilda profitait de cette diversion pour ne pas penser à ses problèmes. Elle se concentrait sur les arômes qui réveillaient ses papilles. Le thé était de grande qualité, et la boisson chaude faisait du bien là où elle passait.

Une main apparut dans son champ de vision.

« Madame souhaite-t-elle toujours écrire ? »

« Je ne sais pas encore. »

« Peut-être que je pourrais vous aider à prendre une décision. Je pourrais également vous aider à construire de belles phrases. J'ai quelque éducation vous savez. »


« C'est bien aimable à vous. »

Le visage de la servante donnait envie de lui parler. Elle semblait la bonté incarnée. Une femme qui ne pensait jamais à soi et qui venait en aide à tous les autres. Elle semblait savoir écouter, et c'était peut-être pour cette raison que la Reine la lui avait envoyée.

*Cette femme doit être au courant de toutes les décisions prises par la Reine. Elle pourrait très bien être une espionne... *

« Madame, racontez-moi vos soucis, je vous en prie. »

Hilda releva la tête, sorti son cou de ses fourrures. Elle était lasse mais un sourire venait illuminer son visage. La présence de cette femme lui faisait du bien. Elle devait être de son âge. Probablement encore une des raisons pour laquelle Ronce la lui avait envoyé. Il était plus facile de parler à quelqu'un qui vous ressemblait.

« Si vous le souhaitez, je peux écrire la lettre à votre place. »

La servante faisant gentiment allusion aux contractions qui agitait de temps à autre son bras droit. Elle avait du user de trop de magie ses derniers temps. Avec le Delirium, la connaissance de ses limites allaient se perdre dans le brouillard sous un ciel nocturne.

Hilda acquiesça et commença à se confier à la servante. Elle lui raconta sa rencontre avec son sauveur répondant au nom de monsieur Hood. Si elle connaissait l'histoire de la reine et de sa cicatrice, elle n'en montra rien. Hilda poursuivit, lui racontant dans les grandes lignes son voyage qui l'avait conduit de la lointaine Scandinavie jusqu'en France, à Versailles. Bien entendu, elle lui parla beaucoup de sa chère petite tête blonde, son orphelin préféré : Svir.

« Un gentil garçon que vous avez là, madame. »

La servante avait toujours le mot gentil. Elle intervenait toujours au bon moment, ne laissant jamais le silence les emprisonner dans une gangue gênante.

Hilda lui dicta alors la lettre qu'elle voulait écrire. Son bras était toujours parcouru de spasmes. Ce n'était pas violent, ce n'était pas douloureux : mais c'était présent. Une fois que la lettre fut fini de rédiger, la servante la lui relu. Avec l'assentiment d'Hilda, le domestique s'empara de la lettre, fit une révérence et s'en alla la poster.

De ce fait, les deux femmes se retrouvèrent seules dans les jardins magnifiques. Hilda se sentait mieux. Elle pensait avoir trouvé une amie en la personne de la servante. Si elle devait rester quelques temps en France, il valait mieux pour elle qu'elle ait quelqu'un avec qui passé du temps. La reine ne serait pas toujours avec elle. Elle avait un pays à diriger.

HRP:
 
Hilda Wagner
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Ronce de France
La belle au bois dormant
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✦ Double-compte : Sigmund Rammsteiner, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Dim 15 Mar - 23:32
Ronce se détacha de la fenêtre, la refermant comme pour rendre toute son intimité à Hilda. Elle semblait s'être rapidement entendue avec la domestique. Une situation que Ronce ne pouvait qu'approuver. Elle souhaitait que sa nouvelle Mère se sente en confiance au sein de Versailles. Et non dans une prison, aussi dorée soit-elle.

Le domestique, armé de la lettre, la présenta obligeamment à la reine, après avoir gravi les marches de l'escalier. Les doigts de Ronce se tendirent pour saisir l'enveloppe. Au dernier instant Ronce stoppa son geste, ses doigts se refermant contre sa paume. Elle devait instaurer une relation de confiance. Ce n'était pas parce que Hilda avait confié Svir à un potentiel criminel, qu'elle était une complice.

Mieux valait questionner le domestique.

« Avez-vous entendu quoi que ce soit qui puisse être... troublant, lors de votre entrevue avec Madame Wagner ? »
« Non, votre Majesté. Elle a dicté sa lettre à Madame Uranie, et je n'ai rien entendu qui ne soit... discutable. »
« Fort bien. » Ronce se saisit de l'enveloppe. « Vous pouvez retourner à votre poste. »

Le domestique s'inclina avant de disparaître au sein des méandres de Versailles. La reine remit l'enveloppe à son ministre de la sécurité. L'homme confia la lettre à un des pigeons mécaniques utilisés pour l'envoi de courrier – cette invention permettait une transmission plus rapide que les voies postales habituelles. Sauf que, contrairement aux pigeons mécaniques communs, celui-ci possédait des fragments de miroir magiques incrustés à la place des yeux.

« Ces fragments sont liés au miroir magique présent dans mon bureau. Avec ce stratagème, nous pourrons voir et entendre ce qui se déroule autour de ce Monsieur Hood. Nous pourrons savoir ainsi où il se situe. »
« Parfait, envoyez cet oiseau sans tarder. »

Un poids sembla tomber des épaules de Ronce dès qu'elle sortit du bureau du ministre. Ne restait plus qu'à attendre les informations concernant Monsieur Hood. Dès que la reine connaitrait sa localisation, elle irait à sa rencontre. Seule une confrontation face à face permettrait de chasser ses derniers doutes.

La reine revint au sein des jardins, alors qu'Hilda et Uranie étaient en pleine discussion. Ronce demeura en retrait le temps que les paroles aient fini de s'échanger. La complicité qui se tissait entre les deux femmes la rendait presque jalouse. Durant une poignée de secondes, Ronce comprit ce que ressentait son frère Ciel lorsque des individus osaient s'approcher de sa sœur, et surtout converser avec elle.

La domestique perçut la présence de la reine, comme si cette dernière éveillait chez elle un sixième sens. Uranie se leva abruptement et s'inclina.

« Veuillez m'excuser de vous interrompre, mesdames. Mère Hilda, vous sentez-vous mieux ? Vous semblez fort bien apprécier Uranie. Voulez-vous qu'elle soit à votre service ? Elle œuvre à Versailles depuis des années. Elle saura vous guider et conseiller mieux que quiconque. »

Ronce devait être lucide : elle ne pourrait pas demeurer présente d'Hilda à chaque instant de la journée. Comme ses moments passés avec son frère demeuraient rares. La couronne demandait beaucoup d'investissement, laissant peu de place au temps libre.

« J'ai demandé à mes hommes d'envoyer votre lettre le plus rapidement possible. Vous devriez avoir une réponse promptement. »

Ronce avait hésité à parler de ses doutes sur Hood, sur l'enquête qu'elle avait lancé. Mais elle ne voulait pas ramener la tristesse dans le cœur d'Hilda. La femme se remettait à peine des révélations de tout à l'heure, inutile de la replonger dedans.


Spoiler:
 


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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Mer 18 Mar - 18:22
Uranie avait tourné la tête. Hilda avait fait de même pour découvrir la venue de la Reine. Elle l'avait accueilli avec un sourire. Avoir discuté avec la servante lui avait permis d'éclaircir ses idées maussades.

« Ce serait un plaisir que d'avoir Uranie comme guide et comme confidente. Je te remercie ma petite ronce sucrée de ce geste. »

Les jours qui suivirent passèrent très vite. Hilda s'en rendu compte lorsqu'elle revit sa nouvelle enfant mais avec une expression sérieuse.

Elle avait des nouvelles à lui annoncer, et elle risquait de ne pas toutes les aimer...

-

Mais avant cette rencontre qui allait renvoyer la sorcière sur les routes, Hilda avait vécu de beaux jours. En compagnie d'Uranie, elle avait traversé plusieurs fois Versailles tandis que la servante lui servait de guide. Elle lui racontait d'où venaient certaines œuvres, les rumeurs qui courraient actuellement dans la capitale.

Mais ce qu'Hilda préféra, ce fut d'entendre des anecdotes sur la jeunesse de Ronce, Reine de France.

Mais les sourires et la bonhommie retombèrent bien vite. Les histoires des premières choses que faisaient les enfants restaient un tabou.

« Qu'est-ce que je viens de dire qui vous cause tant de chagrin, madame ? »

« Ce n'est pas de votre faute, Uranie. »


Hilda baissa légèrement la tête, posant sa main sur son ventre plat.

« Ce n'est pas de votre faute. C'est uniquement de la mienne. Ce ventre n'a jamais voulu s'arrondir. Ce corps n'a jamais voulu accueillir d'enfants... »

« Oh !... Je suis désolé, madame. »


Puis la nature chaleureuse d'Hilda avait repris le dessus. Elle avait demandé à sa nouvelle amie où se trouvait les cuisines dans ce palais doré. D'abord, la servante n'avait pas compris l'objet de la demande. C'était son travail que de servir les autres. Hilda Wagner était une invitée de la Reine et, à ce titre, elle était traitée comme tout invité de marque. Pourquoi aurait-elle voulu se rendre dans les cuisines ?

« Je pense pouvoir t'apprendre quelques recettes. Des spécialités tout droit venu des lointaines terres de Scandinavie. »

Son visage s'illuminait. Hilda reprenait vie. Alors qu'elle commençait à parler de sa vie passée, de son métier de confiseuse, elle revoyait tous ses enfants qui s'émerveillaient devant ses créations sucrées et magiques. Elle entendait déjà les petits pas des français courant dans les couloirs, crier « maman maman, des bonbons ! ».

-

C'est ainsi que se passèrent les quelques jours avant la rencontre déterminante avec Ronce. Des conversations avec Uranie. Des heures passées derrière les fourneaux. De nouvelles relations nouées avec les enfants français. Et un enfant, peu importe sa nationalité, avait le même amour pour les bonbons.

Pendant ses quelques jours, elle en oublia le terrible Delirium. Elle ne ressentit pas de contractions dans ses bras... jusqu'au moment où la vie et la maladie la rattrapèrent.
Hilda Wagner
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