[Janvier 05] En apesanteur

 :: L'Europe :: Royaume-Uni :: La Théière renversée  Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre. Contactez-moi par MP !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Ven 27 Mar - 21:13
Sigmund n'avait jamais réussi à réellement apprécier les Anglais. Imbus de leurs personnes, ils observaient le monde avec un air de suffisance qui lui hérissait le poil. A les entendre leur sainte Albion était la plus belle, et la plus, civilisée des patries. Et lui, en tant qu'Allemand, venant d'un pays perpétuellement en guerre, ne pouvait que ronger son frein. Et distiller son opium, le vendant au plus offrant, tentant de faire concurrence à ses conquérants déjà bien installés sur la terre anglaise. Concurrents qui, le plus souvent, étaient Chinois – ce qui n'était pas sans rappeler ce vieux Jaune, Zhao Ping, ancien propriétaire du Lotus Bleu.

Sigmund s'ébroua. Il sentait toute la tension peser sur ses épaules. La sensation lui donnait l'impression que son dos était devenu rigide. Il sentait ses nerfs noués, devenir de véritables pelotes de laines. Il devait trouver de quoi se détendre. Par réflexe, sa main droite vint tapoter la poche de son manteau, où reposaient ses cigarettes. Mais, malgré sa basse extraction, l'homme avait des notions de savoir-vivre. Il ne se permettrait pas de fumer dans la rue, alors que femmes et enfants pouvaient croiser sa route et respirer la fumée de tabac.

La délivrance lui vint par le biais d'une enseigne. Une enseigne détourée en théière qui se balançait, en grinçant. L'Allemand s'en rapprocha, intrigué. Le nom de la boutique lui arracha un rire. La théière renversée. Le propriétaire semblait plus doté d'humour que le british lambda. Curieux d'en savoir plus sur cet lieu atypique, Sigmund poussa la porte. Une demoiselle, en tenue de serveuse, son tablier blanc bien amidonné, le salua d'une courbette.

« Bien le bonjour, monsieur. En quoi puis-je vous rendre service ? »

L'employée parlait avec un anglais distingué, assorti d'un sourire commercial. Le sourire simple, mais assez rayonnant pour harponner le client et l'obliger à rester. Sigmund le voyait clairement : il usait du même stratagème dans sa propre boutique. Il joua le jeu, curieux de voir où tout cela le mènerait.

« Voyez-vous, mademoiselle, mes pas m'ont mené à votre boutique sans que je n'y prenne garde. Je serais ravi que vous me présentiez les lieux. »

Loin d'être décontenancée, la serveuse répondit aux demandes de son client.

« Voyez-vous, ce salon de thé diffère de nos concurrents. Ici nous proposons une expérience inédite. Levez les yeux et vous verrez que nos clients sont attablés au plafond. D'après le propriétaire, cela rend le thé et ses accompagnements encore plus savoureux. Nous disposons aussi de café pour notre clientèle. Désirez-vous donc une table ? Je peux vous aider à choisir votre consommation. »

La clochette tinta, annonçant qu'un nouveau client venait d'entrer. Sigmund s'effaça sur le côté, permettant à l'employée de s'enquérir des souhaits du nouveau venu. L'Allemand observa, intrigué, la clientèle qui devisait tranquillement, alors que tous avaient la tête en bas. Heureusement que les vêtements n'étaient pas touchés par la gravité – cela aurait mis bien des demoiselles dans l'embarras.

Reportant son regard en bas, Sigmund put alors distinguer le nouvel arrivant. Un Jaune. L'Allemand fut intrigué, au premier abord, avant de finir par hausser les épaules. Un Jaune venu boire du thé dans un salon de thé : quoi de plus logique, après tout ? Dans l'esprit de Sigmund, les asiatiques buvaient forcément du thé, aussi cliché soit l'idée.

L'attitude du Chinois l'intriguait. Habituellement les personnes de couleur avaient tendance à baisser la tête, face aux Blancs. Il émanait de cet homme une impression de puissance et, surtout, de suffisance. A l'image des bourgeois et des nobles. L'employée sembla elle-même le sentir car, quand elle s'adressa au Chinois, elle avait la voix de celle qui n'ose pas dire « non » à quelqu'un de puissance.

« Je suis désolé monsieur. Mais il ne reste qu'une table, et cet homme est arrivé avant vous. »

L'individu était si, perturbant, hors des normes que la langue de Sigmund alla plus vite que sa pensée.

« Si cela ne dérange pas monsieur, je peux fort bien partager ma table avec lui. »

Sigmund planta son regard dans celui de l'asiatique.

« Si cela ne vous embête pas de boire en compagnie d'un Allemand, loin de son pays. »


Revenir en haut Aller en bas
Jin Otori
Invité
avatar
Jin Otori
Lun 6 Avr - 11:03
Dans une ruelle anglaise, un samurai dépité regardait l'entrée d'un restaurant japonais dont la porte affichait une triste annonce de fermeture provisoire. Cet établissement tragiquement clos n'était autre que le Dragon d'or, et cet homme qui, résigné, s'éloignait de cet endroit n'était autre que le resplendissant Jin Otori. Naviguant entre les rues qu'il avait appris à connaître au fil de ses enquêtes, le rônin était en quête d'un établissement ouvert afin qu'il puisse se désaltérer. Ses pas l'avaient guidé vers la théière renversée, salon dont le prince avait déjà entendu parler mais qu'il n'avait jamais fréquenté jusqu'à ce jour. En effet, il le jugeait clairement inférieur au Dragon d'or et ce salon ne l'avait jamais engagé pour qu'il y joue de la musique. Mais ce jour-là, le restaurant préféré du noble Jin Otori était fermé, sans doute parce que son patron devait le réapprovisionner. Jin était donc prêt à accepter d'entrer dans un autre établissement sans y avoir été convié, que ce soit pour la musique ou ses activités secondaires. C'est donc d'un pas décidé qu'il se dirigea vers l'entrée. Un pas décidé car quand on avait sa noblesse, on ne pouvait que difficilement se diriger vers un endroit d'une autre manière.

Une clochette trahi l'entrée du samurai, mais ce dernier ne s'en préoccupa pas. En effet, malgré le brouhaha ambiant, le plancher était presque désert. Il n'en fallait pas plus à l'héritier des Otori pour confirmer les rumeurs qu'il avait jusque là entendues. Il jeta néanmoins un regard au plafond, et vit que la salle semblait comble, vue d'en bas. Interrompant ses observations, une employée l'apostropha.

« Mes salutations. En quoi puis-je vous être utile ? »

– J'aimerais profiter d'un thé dans votre établissement.

La Blanche le regarda, apparemment gênée. Quelque chose n'allait pas, la requête du Samurai posait problème. Elle déclara, désignant un Blanc borgne des yeux.

« Je suis désolé monsieur. Mais il ne reste qu'une table, et cet homme est arrivé avant vous. »

On allait donc céder la place du resplendissant prince héritier de la vénérable famille des Otori à un vulgaire Européen ? Jin allait-il donc laissé passer ça ? Evidement. Cela faisait bien longtemps qu'il ne s'attendait plus de la part des Blancs aux privilèges qu'il méritait pourtant plus que quiconque. Il ne laverait pas cet affront par le sang. Il était trop bon pour ça. Et puis, se réconfortait-il, le thé de ce salon était sans aucun doute infect. C'est pour cela que sans faire d'histoire, le samurai tourna le dos à cet établissement, laissant derrière lui un "Soit." indigné. Mais une autre voix s'adressa à son tour à lui.

« Si cela ne dérange pas monsieur, je peux fort bien partager ma table avec lui. »

Jin se tourna vers celui qui lui avait parlé. C'était un Blanc qui, de son oeil unique, le fixait, ce qui prouvait qu'il ne se rendait pas compte de l'importance de la personne à laquelle il parlait.

« Si cela ne vous embête pas de boire en compagnie d'un Allemand, loin de son pays. »

Ces dernières paroles laissèrent l'asiatique septique. En effet, pour lui, l'Allemagne était très proche de l'Angleterre, tellement plus proche que le pays du soleil levant. Il avait néanmoins assez de tact pour ne pas le faire remarquer, du moins pas tout de suite. Le prince allait-il donc accepter cette opportunité ? Oui. Après tout, cela faisait longtemps qu'il avait pris l'habitude de fréquenter le bas peuple.

– Volontiers, merci de votre proposition.

Puis il se tourna vers l'employée qui avait tenté de le faire partir pour lui demander, désignant le plafond :

– Comment faisons-nous pour grimper là-haut ?
Jin Otori
Revenir en haut Aller en bas
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre. Contactez-moi par MP !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Lun 6 Avr - 16:14
L'employée semblait vouloir se recroqueviller sur elle-même, pour mieux disparaître du champ de vision de ses clients. Elle releva tout de même la tête quand elle remarqua, à son grand soulagement, qu'ils avaient échappé à un incident diplomatique. La jeune femme laissa même échapper un soupir parfaitement audible qu'elle essaya de masquer en reprenant son babillage commercial.

« Oh le principe est très simple, voyez-vous. Il me suffit d'actionner ceci... »

Trottinant comme une petite souris, l'employée se glissa derrière le comptoir et actionna un levier. Un léger vrombissement se fit entendre et, employée et clients se mirent à léviter au-dessus du sol. La jeune femme guida les deux hommes, évoluant avec une grâce acquise par l'habitude. Dès que leurs pieds touchèrent le plafond, ce dernier devint le plancher.

Sigmund chancela sur le coup, troublé par ce changement. L'Allemand se laissa tomber sur sa chaise. L'homme craignait, inconsciemment, de tomber. L'employée déposa deux cartes de menu, et se retira le temps que ses clients choisissent pour s'occuper du reste de la clientèle.

Un silence pesant plana sur la table. Sigmund sentit que, s'il ne faisait pas le premier pas, l'autre resterait bloqué sur ses positions. L'Allemand laissa son regard errer sur la carte, laissant le temps à l'Asiatique de prendre place. Après un bref raclement de gorge, l'Allemand finit par briser le silence.

« Je dois dire que c'est la première fois que je viens ici. Vous connaissez ce salon de thé ? Vous saurez peut-être me conseiller. »


Revenir en haut Aller en bas
Jin Otori
Invité
avatar
Jin Otori
Jeu 9 Avr - 14:01
« Oh le principe est très simple, voyez-vous. Il me suffit d'actionner ceci... »

C'est en prononçant ces mots que l'employée avait abaissé un levier, actionnant ainsi une machine. Machine qui envoya en l'air (au sens propre) celle qui l'avait actionnée, le roux borgne et le prince japonais. Il fut par ailleurs assez difficile à ce dernier de garder la dignité nippone qu'il portait en lui, car malgré les innombrables aventures qu'il avait menées, malgré les innombrables affreux qu'il avait occis, il ne s'était jamais trouvé en pareille situation. Et pourtant, sans le sol à ses pieds, sans ce reperd essentiel, le descendant des Otori devait rester digne, ne pas montrer son malaise. Que porter le sang royal pouvait être difficile !

Bref, le japonais et l'allemand purent retrouver un semblant de gravité normale en touchant le plafond qui devint alors sol. Tandis que le borgne affichait son malaise en chancelant, le samurai tentait de le dissimuler à l'aide d'un air digne. Néanmoins, il gardait une main son précieux sabre familial de peur qu'il ne tombasse.

Une fois installé, il jeta un regard vers la carte que l'employée avait déposée avant de partir. Il fut contraint de constater que nul thé japonais ni ne serait-ce qu'asiatique n'était proposé. Quelle tragédie ! Son pressentiment quant à la qualité du thé allait donc s'avérer exact. Tout le monde savait que les seuls thés potables venaient de l'Orient et que ceux d'Occident n'étaient qu'infâme breuvage. Un raclement de gorge arracha le prince désemparé à sa contemplation. Le Blanc voulait lui parler.

« Je dois dire que c'est la première fois que je viens ici. Vous connaissez ce salon de thé ? Vous saurez peut-être me conseiller. »

Avant de répondre, l'asiatique accorda un dernier regard à la carte.

– On ne m'a jamais appelé en ces lieux, je n'y suis donc jamais allé. Néanmoins, je connais et apprécie assez les thés pour vous conseiller. Sachez que les meilleurs thés viennent d'Asie, plus particulièrement du Japon. Hélas, sur cette carte, je ne vois guère de breuvage provenant de ces lieux. Je ne saurais donc que trop vous conseiller de choisir le thé qui vous paraîtra le moins infâme et de le boire en faisant bonne figure, car il ne sert à rien de montrer aux anglais la médiocrité de leur boisson : ils ne savent pas faire mieux et les démoraliser ne les aidera pas.

Puis il ajouta, décidé à faire profithé son compagnon de son expertise :

– Si jamais il vous prenait l'envie boire un thé qui mérite son nom, je ne saurais que trop vous recommander un restaurant asiatique présent non-loin d'ici : le Dragon d'or. En ces lieux, le thé comme la nourriture sont de qualité et proviennent d'Orient. Hélas, ce temple du bon goût est pour l'instant fermé, d'où ma présence en ce salon.

Il jeta à nouveau un regard vaguement dégoûté à la carte allongée face à lui, et laissa le silence s'instaurer. Silence qu'il brisa par la suite lorsqu'il accorda à nouveau son attention au Blanc qui lui faisait face. Curieux de savoir s'il pouvait faire gagner un client à son amis Fukuo, propriétaire du restaurant qu'il venait de promouvoir, il posa une question à son commensal :

– Est-ce que vous habitez en Angleterre ? Je ne vous ai jamais vu par ici auparavant.
Jin Otori
Revenir en haut Aller en bas
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre. Contactez-moi par MP !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Sam 11 Avr - 21:33
La façon de s'exprimer de l'Asiatique rappelait à l'Allemand ce vieux chinois, Zhao Ping. Chauvin jusqu'au bout des moustaches, l'homme ne cessait de prôner la supériorité de l'Orient sur l'Occident. Surtout concernant la Chine. L'Allemand avait toujours émis des doutes sur les paroles du Chinois. Mais, il fallait croire que tous les Asiatiques se sentaient supérieurs aux Blancs. A tort, ou à raison ?

– Est-ce que vous habitez en Angleterre ? Je ne vous ai jamais vu par ici auparavant.

Sigmund se retint de protester qu'il n'avait rien d'un Anglais. Néanmoins peut-être que pour les Asiatiques tous les Blancs se ressemblaient. Sigmund, lui, n'avait jamais réussi à différencier un Jaune d'un autre. Ils se ressemblaient tous avec leur teint de peau bizarre, et leurs yeux bridés.

« Non. Je viens de l'autre côté de la Manche. D'Allemagne. Vous vous y êtes déjà rendu ? Quoique, probablement pas. Nous n'avons pas de thé là-bas, mais de la bière. Je pense que vous n'êtes pas homme à boire de l'alcool. Du moins, pas du basique. »

Observant la carte, Sigmund finit par la replier et adressa un signe à la serveuse, commandant un thé noir, accompagné d'un Victoria Sponge Cake. Le nom l'intriguait. L'Allemand attendit que la serveuse parte pour reprendre la conversation.

« J'ai goûté du thé oriental, il y a longtemps, auprès d'un vieux J... Chinois. Ce n'était pas une expérience désagréable. Mais mes connaissances gastronomiques orientales s'arrêtent là. Si je reviens en Angleterre, peut-être aurais-je l'occasion d'aller à ce restaurant dont vous m'avez parlé. »

La serveuse revint, déposant les commandes sur la table. De la pointe de sa cuillère, l'Allemand toucha la part de gâteau.

« Il n'y a bien que les Anglais pour mélanger confiture de framboise et crème à la vanille. Au moins cela a l'air plus savoureux que leur pudding. »


Revenir en haut Aller en bas
Jin Otori
Invité
avatar
Jin Otori
Jeu 16 Avr - 11:34
Face au thé vert commandé, le japonais pensait. La personne qui l'accompagnait n'habitait donc pas en Angleterre. Ce fait permettait au japonais de critiquer ce pays sans vexer son camarade, ce pauvre homme qui n'avait jamais pu goûter au thé japonais. Le prince avait pitié de lui. Heureusement, il pouvait se réconforter en se disant qu'à défaut d'avoir pu goûter aux meilleurs thés du monde, il avait au moins pu nourrir son âme avec du thé d'Orient. Chinois, certes, mais c'était mieux que rien.

« Il n'y a bien que les Anglais pour mélanger confiture de framboise et crème à la vanille. Au moins cela a l'air plus savoureux que leur pudding. »

Jin ne put retenir un bref sourire. Il avait face à lui un homme qui semblait déprécier autant que lui la nourriture anglaise. Ce Blanc semblait doté de goûts plus distingués que ses semblables. Se rappelant de ses voyages et donc de ses expériences culinaires, le samurai déclara.

– Ces mets sont en effet étranges mais croyez-moi, au fil de mes errances, j'ai eu l'occasion de voir des mélanges d'aliments défiants toutes logiques ainsi que des assiettes remplies d'animaux qui n'auraient jamais dû s'y trouver. Que le mot "nourriture" peut être malmené, parfois !

Une fois ces paroles prononcées, le prince but une gorgée de la boisson commandée. Comme pour confirmer ses dires, ce thé était fade. Et dire que les anglais osaient s'en venter ! Mais bon, Jin ne s'en étonnait même plus. C'était une réaction égocentrique typiquement blanche, après tout. Inspiré par le thème de la nourriture barbare, le samurai continua sur sa lancée.

– Néanmoins, je dois admettre que même les plats les plus immondes peuvent sembler bons en temps de guerre, lorsque la nourriture se fait rare et que l'on se voit contraint de manger des choses que l'on ne se serait jamais abaisser à ne serait-ce que toucher en temps de paix. J'espère sincèrement que vous n'aurez jamais à endurer cela...

Au vu de la situation de l'Allemagne, il se pouvait que le borgne ait déjà eu à endurer de telles souffrances. Jin ne pouvant pas en être persuadé, il avait déclaré cela d'un ton désinvolte, prêt à observer la réaction de celui qui lui faisait face. Après tout, le majestueux prince des Otori pouvait lui aussi se montrer curieux.
Jin Otori
Revenir en haut Aller en bas
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre. Contactez-moi par MP !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Mar 21 Avr - 22:44
Avec ses histoires, le Chinois (Sigmund n'avait pas assez de connaissances pour distinguer Chinois et Japonais) allait lui couper l'appétit. L'Allemand préféra ne pas demander de précisions sur cette nourriture infamante qu'avait pu voir l'homme durant ses voyages. L'Allemand avait bien une vague idée, mais se retint de la formuler à voix haute. Selon certains, en Chine l'on mangerait du chien. A tort ou à raison, ce choix culinaire demeurait intriguant.

« Ainsi, si je comprends bien, vous avez connu la guerre ? Il existe tant de conflits en Asie ? »

Autant profiter de la situation pour s'informer sur des sujets méconnus. L'Allemand but une gorgée de son thé, laissant la boisson réchauffer son corps, imprégner son palais. L'homme n'arrivait pas à définir si le goût lui plaisait ou non. Il n'était pas habitué à boire de telles boissons, et se retrouvait donc en terrain inconnu. Il se contenta de hausser les épaules, chassant ces questions comme on chasse une mouche qui vient bourdonner à vos oreilles.

« En Allemagne, la guerre est... perpétuelle. Je crois que cela n'a jamais cessé, et que cela ne cessera jamais. La notion de paix m'est étrangère. Une journée sans incident grave est déjà un soulagement en soi. J'ai connu la dureté de la vie, les fins de mois difficiles, la nourriture qui se raréfiait dans l'assiette. »

Sigmund leva la main, sourire aux lèvres.

« Je ne m'en plains pas. Je ne vais pas pleurer sur mon passé, et même sur mon sort actuel. J'ai su sortir mon épingle du jeu, œuvrer pour améliorer ma situation. Les épreuves m'ont fortifié, m'ont permis de me dépasser. »

Zhao Ping lui avait appris à remonter à la surface, à ne pas se laisser gagner par des sentiments négatifs. Une doctrine que Sigmund avait tâché d'appliquer au mieux, aussi maladroitement que possible, parfois.

L'Allemand coupa un morceau du gâteau, et le mit en bouche. La sucrerie resta, à peine, quelques secondes dans la bouche de Sigmund avant d'être recrachée, et posée sur le coin de l'assiette.

« Non décidément, la nourriture anglaise et moi ne sommes pas faites pour nous entendre. »


Revenir en haut Aller en bas
Jin Otori
Invité
avatar
Jin Otori
Jeu 7 Mai - 19:04
« Ainsi, si je comprends bien, vous avez connu la guerre ? Il existe tant de conflits en Asie ? »

Piqué à vif par l'insolence de cette remarque, Jin Otori rétorqua :

– J'ai certes connu la guerre, mais ayant beaucoup voyagé, je peux sans autre affirmer que l'Orient subit bien moins souvent les assauts répétés de cette dernière que l'Occident.

Les paroles du Prince refermaient-elles la vérité ? Pour le moment, ce dernier n'en avait cure. Il se devait de dorer l'image de ces merveilleuses contrées aux yeux de ces Blancs qui jusqu'à ce jour les considéraient – allez savoir pourquoi – comme inférieures, indignes d'intérêt. Et puis... ce n'était parce qu'il y avait des fous pour provoquer des guerres qu'il fallait que l'image de tout un pays en souffre, surtout un pays si resplendissant que le Japon.

Le Blanc continua de parler, mais cette fois, plutôt que de critiquer les pays civilisés, il raconta son expérience de la guerre, celle qui rongeait l'Allemagne depuis toujours selon ses dires. L'honorable Prince vint presque à se reconnaître dans les paroles de son commensal. Lui, un Japonais, se reconnaître dans les paroles d'un Blanc ? C'était tellement absurde que Jin en venait presque à se demander si l'on n'avait pas drogué son thé. Du moins, c’était avant qu’il ne se rappelle que des paroles sages pouvaient même sortir de la bouche de certains Européens. C'était rare, improbable, mais pas impossible. C'est entre autre pour cela que le Prince oublia son irritation face à la critique injustifiée de son pays.

Encore pensif à cause des dernières paroles prononcées par son commensal, il écouta néanmoins sa dernière remarque concernant la nourriture anglaise. Il déposa sa tasse de thé dont il venait de boire une infecte gorgée et déclara, tout en la regardant.

– Cette nourriture et ce thé sont comme la guerre... Si immondes soient-ils, je suppose qu'à force d'y goûter, on finit par s'y habituer.

Puis il leva un regard à la fois froid et déterminé.

– En ce qui me concerne, la dernière guerre à laquelle j'ai participé me laisse toujours un goût amer et détestable, encore pire que les thés occidentaux. Je doute pouvoir trouver le repos avant avoir fait tomber certaines têtes.

Il se rappelait de la dernière guerre, il se rappelait de la cupidité et de la cruauté de ses ennemis, il se rappelait de ceux qui s'étaient sacrifiés pour lui, de tout le sang qui avait coulé. Il ajouta, une main posée inconsciemment sur son antique arme.

– J'y parviendrais et ce quel que soit le prix à payer. Il en va de la Justice.

Après tout, grâce à Lon Zu, beaucoup attendaient son retour. Ils n'étaient pas encore assez nombreux, certes, mais le Prince saurait attendre le temps nécessaire à la réunion de forces capables d'écraser l'ennemi.
Jin Otori
Revenir en haut Aller en bas
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre. Contactez-moi par MP !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Dim 17 Mai - 15:50
Sigmund aurait ri de la fine répartie de l'Asiatique si son ton n'était pas aussi... sombre. L'homme n'avait pas l'air d'aimer la plaisanterie, ni même d'en connaître le sens. Peut-être fallait-il mettre cela sur le compte de sa culture. Les dernières paroles de l'Asiatique laissèrent un blanc, l'atmosphère se fit plus pesante. Sigmund déglutit, cherchant les mots.

« Je... ne savais pas que vous avez été soldat. Je ne sais quel conflit vous a amené à prendre les armes, mais vous avez tout mon respect. »

Un homme d'armes, qu'il soit Jaune ou Blanc, demeurait ce qu'il était. Un homme qui avait versé le sang de l'ennemi, et le sien, pour le salut de sa patrie. Un acte courageux que Sigmund ne pouvait qu'admirer, incapable qu'il était d'avoir ce courage fou d'offrir sa vie à la sainte patrie.

Sigmund appela la serveuse, afin qu'elle apporte l'addition. Le temps qu'elle s'exécute, Sigmund fouilla dans ses poches.

« Ne vous souciez de rien. Je paye pour nous deux. La prochaine fois, si nous nous rencontrons, vous me retournerez la faveur. »

L'addition apportée, Sigmund paya. Tirant une carte de visite, l'Allemand la déposa à côté de la tasse de l'Asiatique.

« Je tiens une fumerie à opium, à Berlin. Si vous avez l'occasion, venez me rendre visite. Je vous ferais un prix. Ou même si vous voulez simplement discuter dans une ambiance moins... européenne. »

Remettant ses affaires dans ses poches, l'homme croisa les bras.

« Je retiens aussi votre conseil. Si je reviens dans cette ville, j'irais probablement dans ce restaurant que vous m'avez indiqué. »


Revenir en haut Aller en bas
Jin Otori
Invité
avatar
Jin Otori
Mar 9 Juin - 18:46
Alors comme ça, on le prenait pour un simple soldat, lui, le descendant d'une des plus noble et plus grande famille que l'illustre Japon n'ait jamais porté. Le Prince ne savait pas s'il devait s'en outrer ou, au contraire, s'en amuser. Au vu de l'atmosphère de plus en plus pesante, le splendide nippon opta pour la seconde solution. Après tout, le Blanc lui octroyait son respect. Et puis... Alors que Jin avait déposé la tasse qu'il venait de vider des dernières goûtes de son liquide âcre, l'allemand avait si gentiment proposer de payer l'addition qu'on ne pouvait décemment lui en vouloir pour une erreur que tant de gens pouvaient commettre. Suite à cet acte sympathique, ce dernier tira une carte de visite.

« Je tiens une fumerie à opium, à Berlin. Si vous avez l'occasion, venez me rendre visite. Je vous ferais un prix. Ou même si vous voulez simplement discuter dans une ambiance moins... européenne. Je retiens aussi votre conseil. Si je reviens dans cette ville, j'irais probablement dans ce restaurant que vous m'avez indiqué. »

Jin avait saisi la carte que l'on lui offrait avant de la regarder. Ainsi, il put connaître le nom de son interlocuteur. Puis il glissa le présent que l'on lui avait fait dans une poche intérieure de son beau vêtement.

– J'espère que vous pourrez me pardonner, je n'ai hélas pas de carte à vous offrir. Je n'en ai encore jamais faite, ce n'est ni dans mes habitudes, ni dans celles de mon pays.

Pensif, le samurai ajouta :

– Je doute que mes pas me mènent en Allemagne, mais tout peu arriver. De même que, bien qu'ayant toujours refusé les paradis artificiels afin de garder mon sens du Jugement le plus juste possible, j'irais presque jusqu'à me laisser tenter par les produits que vous proposez. Quant au Dragon d'Or, croyez-moi, c'est sans aucun doute le meilleur restaurant que je connaisse de toute l'Europe. Vous aurez peut être même l'occasion de m'y entendre jouer.

Le Justicier se leva et, alors qu'il faisait une courbette élégante en guise d'au revoir, prononça ces paroles, décidé à proposer une aide future à son camarade :

– De plus, si vous êtes victime de la moindre injustice, c'est en ces lieux que vous pourrez faire appel à ma personne. Je sème la Justice là où je passe, mon sabre se nourrit des criminels. Si vous faite appel à lui, le prince héritier de l'illustre famille des Otori ici présent sera heureux de vous rendre ce service.

Que voulez-vous ? Un prince aussi honorable que Jin ne pouvait pas accepter que l'on le prenne pour un vulgaire guerrier plus longtemps...
Jin Otori
Revenir en haut Aller en bas
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre. Contactez-moi par MP !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Ven 12 Juin - 23:15
Les yeux de Sigmund se firent aussi ronds que des billes. Son souffle se suspendit, à l'instar des clients attablés les plus proches. Déjà les murmures se firent entendre, la rumeur se propagea au sein du café. Aussi prestigieux soit le commerce, on ne devait pas accueillir quotidiennement un client de sang royal, qui plus est prince d'un lointain empire.

L'Allemand perçut le changement d'ambiance. Soudainement tous les regards étaient braqués sur son interlocuteur. On ne s'intéressait plus seulement à sa mine, et à ses atours exotiques, mais désormais à son rang. La convoitise se disputait à la curiosité au sein des regards rendus brillants, des visages grimaçants.

Sigmund prit une brève inspiration, juste de quoi emplir ses poumons d'oxygène. Son rire tonitruant ébranla les convives et employés. On sursautait, on s'échangeait des regards, on se questionnait sur cette réaction insolite. L'Allemand donna une grande claque dans le dos du prince, comme si ce dernier venait de narrer la meilleure plaisanterie qu'il n'ait jamais entendu.

« Fabuleux ! Quelle maestria dans ton jeu, quel style. On sent que tu es totalement entré dans ton personnage. Non vraiment, du grand art. Tu vas brûler les planches ! »

Sigmund émit un clin d’œil à l'intention de l'Asiatique, essayant de lui faire comprendre par ce geste de lui faire confiance. Il fallait espérer que, dans ce pays, ce geste n'avait pas une toute autre connotation.

Retirant sa main du dos de Jin, Sigmund s'avança de quelques pas, ouvrant grand les bras.

« Mesdames, messieurs. Ce qui a été joué devant vous n'est autre qu'un bribe de pièce qui sera bientôt joué au sein du National Theatre. En effet mon ami, ici présent, jouera le rôle d'un prince déchu de l'empire du Japon, devenu justicier afin de sauver les opprimés. Une histoire pleine de rebondissements qui saura vous ravir, je vous le garantis ! »

Des applaudissements se firent entendre. D'abord timides, ils s'amplifièrent, chacun semblant accepter, sans émettre le moindre doute, l'explication de l'Allemand. Ce dernier salua à grands renforts de bras, s'inclinant profondément, agitant un chapeau invisible. Sigmund se remit debout avec prestance, un sourire s'étirant d'une oreille à l'autre.

« Malheureusement, nous devons vous laisser. Les artistes ont besoin de repos pour être au meilleur de leurs performances. Nous nous reverrons au théâtre ! »

Avec empressement, Sigmund se colla, épaule contre épaule, avec Jin. Tout bas, il lui chuchota de le suivre, lui promettant des explications plus précises dès qu'ils se trouveraient à l'extérieur. L'Allemand préférait éviter d'encourir la fureur princière, et de finir embroché sur la lame de la justice. Après un petit tour de magie qui les ramena au plancher des vaches, Sigmund poussa la porte du salon de thé. Le brouhaha des rues londoniennes les enveloppa de son doux chant tapageur. L'Allemand se permit de s'éloigner de quelques pas de la boutique, afin d'éviter toute oreille indiscrète, avant de s'expliquer comme promis.

« Veuillez m'excuser pour ce stratagème. Mais... à votre place, je ne crierais pas sur tous les toits votre lignage. Oh, vous avez de quoi en être fier mais, nombreux sont ceux qui y verraient une opportunité. Londres, comme nombre d'entre villes, grouillent de scélérats qui sont prêts à tout pour mener leurs noirs projets. Sous couvert de vous aider dans votre quête de la justice, des personnes pourraient se servir de vous. Enfin, j'espère ne pas me montrer trop... oppressant. Messire ? Sir ? Son Altesse ? »

La langue de Sigmund butait sur les mots. Existait-il un titre en particulier, au sein de l'empire du Japon, pour qualifier ses princes ?


Revenir en haut Aller en bas
Jin Otori
Invité
avatar
Jin Otori
Sam 11 Juil - 10:47
Le silence se fit. Puis la tension monta en même temps que les murmures. Il ne restait plus qu'à attendre. Le prince avait, pour son plus grand plaisir, fait impression. Nul doute qu'après son départ, plusieurs personnes le rechercheraient : les personnes en quête de Justice que Jin se fera un plaisir d'aider, et les fourbes attirés par le profit que le Japonais se fera un plaisir d'occire. Ah ! Qu'il était bon d'être la Justice ! Hélas, l'allemand ne prit apparemment pas le Nippon au sérieux. En effet, ce dernier éclata de rire et la tension que le prince avait si bien créée retomba. Après lui avoir donné une grande claque dans le dos, le roux le fit passer pour un comédien. Jin, malin comme compréhensif, ne s'offusqua pas outre mesure du comportement du roux, car ce dernier, à l'aide d'un clin d'oeil, lui avait fait comprendre qu'il essayait de l'aider. Par conséquent, le prince joua le jeu, salua le public sous les applaudissements, souriant comme la plus grande des célébrités. Cette situation lui était étrange, car il était rare que l'on l'applaudisse sans qu'il ait eu à jouer du saxophone ou à battre quelques prétentieux aux échecs. Mais bon... Quand on était quelqu'un d'aussi grand que Jin Otori, on savait s'adapter. Puis il quitta le restaurant avec son compagnon, comme celui-ci le lui avait demandé tacitement.

Une fois dans la rue, l'Européen s'expliqua :

« Veuillez m'excuser pour ce stratagème. Mais... à votre place, je ne crierais pas sur tous les toits votre lignage. Oh, vous avez de quoi en être fier mais, nombreux sont ceux qui y verraient une opportunité. Londres, comme nombre d'entre villes, grouillent de scélérats qui sont prêts à tout pour mener leurs noirs projets. Sous couvert de vous aider dans votre quête de la justice, des personnes pourraient se servir de vous. Enfin, j'espère ne pas me montrer trop... oppressant. Messire ? Sir ? Son Altesse ? »

C'était donc ça ! Voilà la raison du clin d'oeil ! Jin se permit un sourire (élégant, cela va de soi).

– Le terme Son Altesse me plaît bien, même si je préfère Sa Majesté... Néanmoins, ne vous inquiétez pas, je ne prendrais pas ombrage si vous ne suivez pas toutes les étiquettes à mon égard... Si je m'offusquais pour si peu, je serai sans doute revenu au Japon depuis bien longtemps, quitte à finir exécuté par mes ennemis.

Le prince s'arrêta pour rire, tant cette idée lui semblait absurde.

– Bref, votre action était bienveillante, et je vous en remercie, mais vous n'aviez pas à vous inquiéter... En effet, je me plais parfois à tenter comme je l'ai fait dans ce salon de "thé" les fourbes en clamant mon titre ainsi que mes objectifs. Par la suite, ceux qui tentent de me berner – et beaucoup ont déjà essayé par le passé – voient leur misérable existence écourtée.

Il avait prononcé ces mots en jetant un regard presque affectueux envers son splendide sabre dont il touchait le pommeau si bien sculpté de sa main droite. Il reprit :

– Quant aux gens honnêtes mais désespérés à cause de quelques crimes subis qui viennent implorer mon aide, je leur offre la Justice. Maintenant, vous connaissez les raisons de mon comportement.

Puis il jeta un nouveau regard vers celui qui, inquiet pour lui, avait tenté de lui venir en aide.

– Sachez néanmoins que même si vous avez compromis mes projets, je ne vous en veux pas... Au contraire, vous n'avez voulu que mon bien et avez donc fait preuve d'une bonté qui ne peut qu'être appréciée. Je tiens aussi à vous dire avant que l'on ne doive se quitter que si vous avez le moindre problème, je me ferais un plaisir de rétablir la Justice...
Jin Otori
Revenir en haut Aller en bas
avatar
✦ Libre pour RP ? : Libre. Contactez-moi par MP !

✦ Double-compte : Reine Ronce, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Sam 11 Juil - 21:54
Sigmund se sentit idiot, face aux explications du prince. En voulant l'aider, il n'avait fait que mettre à mal ses objectifs. Et dans sa grande bonté d'âme, le prince l'excusait. Nombreux auraient été ceux qui, à sa place, auraient lavé l'affront dans le sang. Sigmund glissa un regard sur le sabre. Il espérait ne jamais avoir affaire à sa lame. Ni la voir, de trop près.

Sigmund se plia en deux, en une profonde révérence.

« Veuillez accepter mes excuses, votre... Majesté. Je veillerais à ne pas répéter cette erreur si nos chemins se recroisent. »

L'homme se releva, mais veilla à conserver les yeux légèrement baissés, à ne pas regarder le prince droit dans les yeux. Inutile de provoquer un affront par un geste inconsidéré. La bonté des princes connaissait des limites à ne pas outrepasser.

« Sachez que je réitère mon offre si jamais vous souhaitez vous rendre dans ma boutique. Je tâcherais de vous proposer un opium à la hauteur de votre personne. Quant à votre soif de justice... Si vous le souhaitez, je pourrais glisser votre nom dans quelques oreilles de personnes infortunées, qui auraient grand besoin d'un homme tel que vous. »

Sigmund disait cela sans aucune volonté de tirer la couverture à lui. Les principes du prince lui plaisaient, même s'il se questionnait sur ses secrètes motivations. Sur les raisons qui le poussaient à traquer l'injustice. Mais il est des choses à demeurer sous scellé.

Citation :
Je crois qu'on touche à la fin. A toi de voir si tu veux qu'on conclue, ou qu'on continue encore un peu si tu souhaites jouer quelque chose en particulier. :write:


Revenir en haut Aller en bas
Jin Otori
Invité
avatar
Jin Otori
Ven 31 Juil - 20:52
L'allemand semblait apparemment embarrassé. Le prince nippon déduit que cela était autant dû à son intervention dans le restaurant que au fait que ce membre du peuple se retrouvait face à une personne de sang royal. Jin remarqua aussi, comme pour confirmer ses déductions, un changement radical dans le comportement de son camarade. En effet, celui-ci devint beaucoup plus respectueux, s'excusant à l'aide de révérence, utilisant un titre de noblesse pour s'adresser à lui et évitant de croiser son regard. Cherchait-il à ne pas l'énerver ? Quoi qu'il en soit, le resplendissant prince des Otori ne put qu'apprécier ces témoignages de respects qui n'étaient que trop rares en ces sombres terres d'Angleterre. En effet, les alliés qu'il avait en ces lieux ne ressentaient pas le besoin de suivre l'étiquette si loin du Japon. Quant aux inconnus, n'en parlons pas ! Jamais ces blancs ne montreraient un respect quelconque pour quelqu'un à la peau couleur or sans le connaître ! Les rares témoignages de respects dus à la noblesse dont Jin bénéficiait étaient ceux de Lon Zu lors de leurs correspondances épistolaires.

« Sachez que je réitère mon offre si jamais vous souhaitez vous rendre dans ma boutique. Je tâcherais de vous proposer un opium à la hauteur de votre personne. Quant à votre soif de justice... Si vous le souhaitez, je pourrais glisser votre nom dans quelques oreilles de personnes infortunées, qui auraient grand besoin d'un homme tel que vous. »

Ainsi, Sigmund lui proposait son aide. Était-il lui aussi attiré par la Justice ? Si c'était le cas, cet allemand ne collait pas vraiment avec l'idée que le nippon se faisait des européens. Mais bon, tous les européens ne pouvaient pas être fourbes et cupides, de même que toutes les musiques ne peuvent être des oeuvres d'art. Se pourrait-il que l'allemand qui faisait face au prince soit une de ces fameuses exceptions qui confirme la règle ?

– Votre offre est généreuse et si mes pas me mènent en Allemagne, je viendrais volontiers à votre boutique. Je vous remercie aussi de votre offre. Nombreuses sont les personnes en détresses qui ne savent pas à qui réclamer de l'aide et qui en subissent les conséquences.

Puis Jin, suite à une gracieuse révérence, déclara :

– Je dois admettre être heureux d'avoir fait votre connaissance. J'ai apparemment bien fait de visiter cet établissement, si médiocres soient ses thés. Je compte sur vous pour diriger vers moi ceux que mon sabre pourrait aider. En attendant que nos chemins se croisent à nouveau, puissent vos jours être longs et vos difficultés passagères.

Le merveilleux prince exilé avait parlé. Maintenant, il devait retourné à ses occupations, surveiller la ville en quête de criminels à châtier, car tel était son destin en attendant l'heure fatidique où il récupérera son trône.


HRP:
 
Jin Otori
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Contes Défaits :: L'Europe :: Royaume-Uni :: La Théière renversée -
Sauter vers: