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 [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où

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Rebecca L. Schneider

MessageSujet: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Sam 28 Mar - 19:29
- Fais attention à toi. Ne parle pas aux inconnus. Reste dans les rues que tu connais, ne te perds pas. Et surtout...

- Je sais.

Quelle plaie, mais quelle plaie ! Si en apparence, Rebecca semblait très calme, elle bouillait littéralement à l'intérieur. Elle était toujours prise pour une enfant, et même pour se rendre dans les rues de sa propre ville, les recommandations n'en finissaient pas de pleuvoir. Elle avait déjà obtenu la maigre victoire en laquelle consistait la permission qu'elle puisse sortir seule, sans chaperon, mais le reste, elle y avait toujours droit.

Et Leanne était fatiguée de cette sempiternelle rengaine.

C'est donc après un énième conseil que la petite chocolatière sortit de chez elle, la tête toute bourdonnante et assez agacée. Elle commençait à croire que jamais elle ne serait prise pour une vraie adulte, ce qu'elle était déjà. Elle ne savait pas trop pourquoi on la traitait de la sorte, alors que cela faisait bien longtemps que son aînée n'était plus à ce point protégée. Était-ce parce qu'elle était la cadette ?
Ça ne lui semblait pas être une raison suffisante.

Quoiqu'il en soit, cette sortie en ville en solitaire lui ferait du bien, ne serait-ce que pour s'aérer l'esprit. À force de trop côtoyer les effluves de chocolat, on pouvait finir par être complètement écœuré. Rajustant ses gants, la jeune femme se dirigea dans les rues animées du centre-ville de Vienne.

En soi, le lèche-vitrines, ça ne l'intéressait pas tant, même si elle n'était pas contre quand elle avait vraiment besoin de nouveaux vêtements. Aussi n'accorda-t-elle aux vitrines que de bien rapides coups d’œil, souriant parfois lorsqu'un modèle était plaisant.
Ne serait-ce pas plus amusant si elle était en compagnie d'une amie ?
Elle n'en avait pas vraiment. Elle pouvait les compter sur les doigts d'une seule main. Voilà ce qui arrivait lorsque la plupart du temps, c'était Sofia qui l'accompagnait.

Elle poussa un léger soupir qui alla faire naître un rond de buée sur la glace. Il faisait frais, elle rajusta sa veste autour d'elle, et continua à déambuler. Le brouhaha de la rue résonnait tout autour d'elle, diffus, quand des éclats de voix plus forts la firent se retourner.

Derrière elle, deux hommes se battaient. Ou plutôt se disputaient, mais cela ne dura que jusqu'au moment où le premier homme décocha un coup de poing dans le visage de son interlocuteur, un grand roux. Le coup était si fort que l'homme tomba à terre, devant Rebecca qui avait mis ses mains sur sa bouche.

Oubliés les conseils et recommandations des géniteurs. Elle se baissa devant le rouquin et s'enquit de ses nouvelles

- Monsieur, vous allez bien ??

Elle avait oublié l'autre homme qui déjà revenait à la charge, apparemment hors de lui...
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Gretel
Sigmund Rammsteiner
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MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Sam 28 Mar - 23:44
L'Allemand ravalait, difficilement, le fiel que sa rencontre avec un potentiel client avait provoqué en lui. L'homme l'avait contacté par courrier, afin de s'informer des produits qu'il proposait. En homme de commerce, désireux de fidéliser sa clientèle, Sigmund avait proposé à l'Autrichien de se rencontrer chez lui afin de lui parler en toute intimité, face à face. Sigmund avait déballé ses produits, vantant leurs qualités, se proposant même d'opérer quelques essais sur sa propre personne. Chose qu'il avait fait sous la demande du client. Ce dernier, quand le propriétaire du fumoir commença à tanguer sous l'effet abusif de la drogue, ouvrit grand les portes de son salon privé, exposant la décadence à ses invités qui, derrière la porte, avaient attendu le clou du spectacle.

Les rires avaient rebondis sur l'Allemand, éveillant en lui une colère qui avait menacé de le submerger. Les moqueries fusaient, raillant la dégaine de l'homme, les tremblements de ses mains, son physique rongé par l'opium. L'Allemand avait eu la sensation d'être un singe exposé dans un zoo, sur qui on lance des denrées pour mieux se moquer de ses mimiques. Dans de grands gestes convulsifs, l'homme avait rassemblé ses affaires et partit sans demander son reste, quittant la scène par la porte des domestiques.

L'Allemand ne stoppa sa course que dans une maigre ruelle. A même les pavés, il s'alluma une pipe et inspira longuement la première bouffée. La préparation le calmait, peu à peu, endormant les sensations mitigées provoquées par les démonstrations exécutées plus tôt. Sigmund savait qu'il ne faisait qu'ajouter des braises à un feu mal éteint. Mais il ne voyait aucun autre moyen, sur le court terme, pour apaiser sa rage.

Mais les ruminations étaient revenues rapidement. Malgré la carapace qu'il se forgeait, certaines flèches mesquines arrivaient, encore, à percer la barrière, à distiller leur venin. Il marchait sans regarder devant lui, laissant ses pensées errer dans l'univers, comateux et opiacé, de la drogue. Sous ses yeux le monde se paraît de couleurs chatoyantes, comme pour mieux contrebalancer avec son humeur.

L'épaule de Sigmund heurta celle d'un passant, aux allures de parfait Autrichien. L'Allemand proféra une excuse, mais l'intervention sembla ne pas toucher la victime. La moustache de l'homme en frémissait – on aurait dit un Scottish terrier méprisant.

« Il est évident que, comme tous les sous-Autrichiens, vous manquez cruellement d'éducation. »

Le rire vint spontanément à la bouche de Sigmund : un rire railleur.

« Sous-Autrichien, vraiment ? Je ne méprise aucunement votre patriotisme, Herr. C'est un sentiment très honorable. Mais qui manque d'éducation, d'après vous ? Celui qui faute mais prend la peine de reconnaître ses torts, ou celui qui, aussi rigide que le balai qui lui traverse le corps jusqu'au fondement, ne prend pas la peine d'accepter des excuses ? »

C'en fut trop pour l'Autrichien qui, perdant son sang-froid, décocha un magistral coup de poing dans le visage de Sigmund. L'Allemand entendit, distinctement, un craquement, tandis que son corps tombait à la renverse. Son crâne heurta les pavés de la rue. Un liquide poisseux, et curieusement chaud, s'écoulait sur son visage. Sigmund trempa deux doigts dans le liquide et les tendit face à son unique œil valide. Du sang. Ce bourgeois avait du lui briser le nez.

Un ange vint alors à sa rencontre.

La vision, altérée par la drogue, rendait la lumière encore plus éblouissante, esquissant une auréole de lumière autour du visage de la demoiselle. Son visage n'avait rien de particulièrement séduisant, mais sa prompte gentillesse la rendait plus belle que n'importe quelle madone. Ce secours, tombé du ciel, rappelait à l'Allemand que l'être humain n'était pas dénué de bonté.

« Je ne vous cache pas, Fräulein, que j'ai connu déjà meilleure situation. Mais permettez... »

Sigmund releva le haut de son corps, se retrouvant assis. Posant sa main sur le flanc de la jeune femme, il l'invita, en accentuant la pression, de se décaler. L'Autrichien revenait à la charge. Le sang n'avait pas lavé l'affront fait à sa personne. L'orgueil humain était un concept qui dépassait totalement Sigmund. L'homme finit par se remettre debout, et aida sa bienfaitrice à se relever. Cela tout en ignorant superbement le regard de son agresseur. La foule, aux alentours, se massait pour profiter du spectacle qui s'annonçait.

« Je vous ai vu, Herr. Mais permettez que j'aide cette dame. Vous devez bien connaître la courtoisie, n'est-ce pas ? Ou auriez-vous oublié votre manuel de savoir-vivre, quelque part entre le fumoir où vous allez perdre votre argent, et la maison close où vous allez oublier votre épouse ? »

La pique était sortie de ses lèvres, galvanisée par l'opium qui brûlait dans ses veines. Une lame brilla, soudainement, sous le regard de l'Allemand. L'Autrichien venait de sortir une fine épée de sa canne. Sigmund haussa les épaules, exhalant un soupir fataliste.

« Soit. Si c'est ce que vous désirez, nous allons engager notre honneur de mâle dans un duel. »

Sigmund tendit le bras et se saisit... d'un balai qui avait été lâchement abandonné sur le pas d'une porte. Affirmant sa prise sur le manche, l'Allemand tendit la brosse en direction de son adversaire qui, décontenancé, en perdait son latin.

Enhardi par la situation qui s'annonçait cocasse, Sigmund héla un pauvre hère qui, assis sur une caisse, les observait, son violon à la main. Probablement un mendiant quelconque, ou un de ces hommes préférant le ciel et l'herbe à un lit douillet entre quatre murs.

« Herr, si vous nous jouiez un petit quelque chose pour rendre le spectacle plus amusant ? Je vous payerez en conséquence. »

Tournant son regard vers Rebecca, Sigmund esquissa une révérence.

« Fräulein, si vous le souhaitez, vous serez notre arbitre. Comme vous le voyez, j'ai opté pour une arme qui ne fera pas couler le sang. Tout au plus, j'arriverais à assommer notre homme. Si le combat vous paraît trop barbare, un seul ordre de vous et nous stopperons. Vous serez comme la dame qui, dans les chansons médiévales, offrait ses couleurs au vainqueur. »

En face, l'Autrichien renâclait comme un taureau prêt à charger. Il en devenait si rouge que Sigmund se demanda s'il n'avait pas une quelconque parenté avec des tomates.


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Rebecca L. Schneider

MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Jeu 2 Avr - 23:56
Un rire désabusé, suivit d'un coup de poing : voilà comment Rebecca vit le début de la bagarre entre un rouquin aux longs cheveux et un homme d'âge mûr venant sans doute de la haute bourgeoisie viennoise. C'était ce dernier qui avait décoché le coup à l'homme roux, pourtant plus grand, mais aussi plus mince que lui. Ce n'était pourtant pas une raison, et jamais Leanne n'aurait cru voir un jour un noble se comporter de la sorte en public. L'étiquette était pourtant de mise partout ! Alors à moins que le rouquin ne se soit montré particulièrement insultant avec lui... quoiqu'il en soit, Rebecca ne réfléchit pas davantage et s'accroupit près du blessé pour s'enquérir de son état et lui offrir son aide s'il la désirait. Du sang coulait sur les pavés, les gants blancs anti-magie de la petite chocolatière se tâchèrent.

L'homme avait un cache-œil, tel un pirate dont on pouvait en voir des illustrations dans les livres pour enfant. Mais le rouquin n'avait pas l'air méchant. Seulement... malade. La jeune femme était inquiète, et regarda l'Autrichien de haut rang qui s'avançait à nouveau, l'air féroce. Qu'allait-il se passer, allait-il frapper un homme à terre ? Quelle honte ce serait pour lui, quel manque d'honneur et de magnanimité !

Le rouquin s'adressa à Rebecca, avec un accent légèrement différent des Viennois. Un Allemand ? Cela avait-il un rapport avec le regard méprisant du bourgeois ?

- Monsieur, prenez garde ! Votre tête... vous êtes blessé !

Mais le rouquin n'en eut cure et se redressa tout de même, décalant Rebecca pour se retrouver face à l'Autrichien. Et sa langue se délia. Leanne haussa les sourcils, surprise de l'aplomb du rouquin. Mais n'était-ce pas une arme égale, si ce n'était supérieure, face à la violence de son adversaire ! Le pensa que c'était bien envoyé, même si elle ne le dit pas. Mais la jeune femme eut réellement peur pour l'Allemand quand le bourgeois sortit une épée de sa canne ; une sorte de fleuret tant elle était fine.

Comment osait-il ? Face à un homme blessé, sans arme, ou du moins, avec nulle autre arme qu'un manche à balai et une éloquence aiguisée ? Au moins, ce dernier relevait courageusement le défi, demandant à un musicien de mettre de l'ambiance et à Leanne d'arbitrer le combat.

- Très bien. Mais de grâce, prenez garde à vous !

Elle ne pouvait rien faire d'autre, pas vrai ? C'était une affaire d'hommes. La petite chocolatière se sentait si impuissante, qu'elle en grinçait des dents. D'un geste, elle donna le signe du début de la bataille. Un manche à balai contre une épée ! Il n'y avait pas plus déséquilibré ! Si seulement...

Une idée germa dans son esprit. Les recommandations de ses parents résonnèrent une fois encore dans sa tête, mais qu'importait ? Elle les fit taire, et regarda comment se déroulait le combat. Bien entendu, l'homme à l'épée était furieux, et ses gestes lourds, tandis que le rouquin savait éviter les coups lestement, malgré sa maladie. La musique accompagnait bien les gestes de chacun des deux et beaucoup de gens s'étaient amassés autour d'eux pour regarder. Certains riaient, d'autres encourageaient ou échangeaient des paris.

Rebecca retira doucement son gant droit tandis que les deux combattants se rapprochaient d'elle. Une nouvelle fois, l'Autrichien, suant comme un porc, bascula en avant, droit sur l'arbitre. Mais cette dernière, légère aussi, quoique sans doute moins que l'Allemand, fit un pas de côté, et toucha très discrètement l'épée qui était passé très près d'elle. Si près d'ailleurs, qu'elle lui entailla le bras, et un mince filet de sang coula de sa blessure.

Mais la jeune fille avait rempli son but. Point de bruit métallique quand l'épée tomba au sol, mais un craquement sourd... comme quand on casse une tablette de chocolat. L'épée était brune et brisée sur les pavés viennois, à la stupeur de tous.

- Le gagnant est Monsieur le roux ! À défaut de connaître votre nom...

Elle sourit à l'encontre de l'homme ; elle avait remis son gant anti-magie, et protégeait sa minime blessure en se demandant déjà ce qu'on lui dirait une fois rentrée à la maison.
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MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Dim 5 Avr - 21:43



Un curieux hybride lapin a eu l'idée saugrenue de voyager dans une montgolfière. L'individu s'amuse à lancer des œufs en chocolat en contrebas, occasionnant des incidents sur son passage. Mais il faut avouer que ses œufs sont délicieux. Le chocolat donne un coup de fouet, améliore l'humeur. Néanmoins, ces sucreries renferment des dons curieux.

Croquerez-vous un de ces œufs surprises ?

Rebecca voit sa chevelure s'allonger, telle Raiponce.

Sigmund est atteint du syndrome Doctissimo. Il exagère tout ce qui concerne la santé, et transforme une blessure en maladie incurable.

Libre à vous de faire durer ces dons tout le long du RP, ou non.


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Gretel
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MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Lun 6 Avr - 15:25
Sigmund virevoltait sur le champ de bataille, tel un fringant danseur de ballet se mouvant sur scène. La mélodie du violoniste faisait vibrer ses nerfs. Sigmund frappait la mesure, s'autorisant un sourire qui ne faisait que décupler la rage de son adversaire. Des encoches marquaient le manche à balai, traces des attaques de l'Autrichien. L'Allemand lui-même n'était pas dénué de blessures, mais heureusement qui demeuraient légères. Sigmund avait riposté du mieux, frappant son adversaire, lui laissant des traces d'ecchymoses.

Mais le combat était clairement désavantagé. Peu habitué à de tels exercices, l'Allemand sentait ses mains glisser sur le bois, sa peau s rendue moite par la sueur. Une faiblesse que son adversaire voulut tirer à profit. Au même instant, la femme qui leur servait d'arbitre s'interposa. L’œil unique de l'Allemand s'écarquilla de surprise. Pendant une fraction de seconde, l'homme crut voir la lame autrichienne se planter dans le corps de la femme. Mais un clignement de paupière chassa l'illusion, et le ramena à la réalité.

L'épée avait disparu. Ou plutôt elle avait changé. Elle gisait, brisée, sur les pavées et dégageait une légère fragrance chocolatée. Sigmund fronça les sourcils, se demandant si c'était là encore une illusion opiacée, ou la surprenante réalité.

- Le gagnant est Monsieur le roux ! À défaut de connaître votre nom...

Sigmund reposa le balai, un brin déconcerté. Il avait surtout gagné par forfait, mais il n'allait pas s'en plaindre. Son honneur d'homme s'en contenterait grandement. Pas comme l'Autrichien qui ruminait dans sa barbe, et demandait une revanche, en bonne et due forme. L'homme stoppa net sa diatribe, assommé par un objet volant non identifié. La foule posa son regard sur l'homme gisant sur les pavés, et leva les yeux. Sans prévenir, une pluie d’œufs en chocolat s'abattit sur la rue. La foule se dispersa telle une horde de poules terrifiées par l'arrivée impromptue du renard.

Sigmund suivit le mouvement, non sans oublier la jeune femme. L'attrapant par le bras, l'Allemand la mena sur le perron d'une boutique. L'avancée du toit leur permettait d'être à l'abri de cette averse. Les œufs roulaient sur les pavés, faisant le bonheur d'enfants qui, bravant la tempête, tête basse, couraient pour attraper les sucreries. L'averse stoppa aussi net qu'elle avait commencé.

« Les intempéries de ce genre sont habituelles dans votre pays ? » demanda-t-il à Rebecca. « C'est donc pour cela que votre empire est si riche ? Si je prie assez le saint dieu germanique, est-ce que de l'or tombera du ciel ? »

Emballé par cette idée, Sigmund sortit de son abri. L'homme écarta les bras, rejeta la tête en arrière et hurla son souhait.

« Qu'on me couvre d'or ! »

Un ange passa. Sigmund baissa les bras, et se retourna vers Rebecca, légèrement désapointé.

« Au moins aurais-je essayé... » Se baissant pour ramasser deux œufs, Sigmund en tendit un à Rebecca. « Un chocolat ? »

Pour sa part, l'Allemand ne se fit pas prier et croqua goulûment sa friandise. Une douce chaleur se propagea depuis ses entrailles. Il avait l'impression d'avoir dévoré un morceau de soleil, une quintessence de bonne humeur. Un sourire béat peignait ses traits. Sigmund vit alors la fine coupure qui marquait le bras de Rebecca. Ses mains tremblèrent, fébriles.

« Mais que vous est-il arrivé ? »

Sigmund se saisit du bras de la jeune femme, rapprochant la blessure de ses yeux pour mieux la voir.

« Il faut la désinfecter au plus vite ! Vous risquez l'infection, la gangrène et on devra vous couper le bras ! »

L'Allemand tourna sa tête de tous côtés, cherchant une aide providentielle.

« Y aurait-il un médecin dans la salle. Enfin, dans la rue ? »


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Rebecca L. Schneider

MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Mar 7 Avr - 21:50
Rebecca était soulagée que le combat ait pris fin Dieu sait ce qu'il serait advenu du rouquin si l'Autrichien avait voulu aller jusqu'au bout de la bataille ! Elle était également soulagée d'avoir pu se servir de son don comme d'un bienfait, pour faire cesser ce duel Une sueur froide lui glissa le long du dos néanmoins Et si... et si elle avait mal visé ? Si sa main avait glissé sur la peau de l'homme ?

Mieux ne valait pas y penser. L'imaginer suffisait à horrifier Rebecca.

Point le temps de discuter avec le rouquin cependant, car il se mit à pleuvoir. Des œufs. Oui oui, des œufs, mais pas des vrais, des œufs en chocolat ! Chacun alla se mettre à l'abri le plus vite possible, Leanne fut entraînée par le borgne, mais elle s'était déjà pris un lourd œuf sur sa tête, heureusement protégée par un chapeau.

- Ça alors ! Que se passe-t-il ?

La pluie n'avait que peu durée, mais elle avait été abondante. Les pavés viennois étaient recouverts d’œufs succulents, de toutes les tailles possibles et imaginables. Rebecca en était bouche bée, et c'est avec ce même air qu'elle leva les yeux sur Sigmund.

- Je dois dire que je n'avais jamais vu ceci !

L'homme en profita alors pour quémander au ciel de l'inonder d'or. Et pourquoi pas ? Après tout, il venait bien d'y avoir une pluie de chocolat ! Mais sa tentative resta infructueuse, et après un petit silence, Leanne éclata d'un grand rire joyeux.

- Tentez votre chance une prochaine fois ! Je crains que le ciel n'ait déjà été trop généreux aujourd'hui !

Souriante, elle accepta volontiers l’œuf que lui tendait le rouquin et l'examina avant de croquer dedans. Quel chocolat ! Il semblait être aussi magique que le sien, si ce n'était davantage, car elle avala la première bouchée, elle sentit comme une aura dorée l'envelopper tel un cocon.

C'est en ouvrant les yeux qu'elle sentit qu'elle avait la tête bien lourde. Mais elle n'y fit pas tout de suite vraiment attention, car Sigmund s'alertait sur sa blessure au bras.

- Quoi, ça ? Ce n'est rien ! Juste une estafilade ! Calmez-vous voyons ! AÏE !!

En voulant calmer Sigmund, elle s'était avancée, et quelque chose avait retenu sa tête ; elle se retourna et...

- Faites donc attention monsieur, vous marchez sur... sur.... ooooh.... oh non... ! Comment ça se fait ?!

Rebecca ôta son chapeau, et un immense rideau de cheveux s'abattit sur son visage.
Ses cheveux venaient de pousser d'un coup, et ils étaient extrêmement longs.

- Oh non, non non non ! Pourquoi ?! AÏE ! Arrêtez, faites attention !

Tout le monde marchait sur ses cheveux, surtout les enfants qui ramassaient les œufs en chocolat.
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Gretel
Sigmund Rammsteiner
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MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Sam 11 Avr - 21:28
Sigmund avait stoppé net, son regard fixé sur l'immense masse capillaire. Il en avait vu des femmes aux cheveux longs. Mais jamais une telle longueur ne s'était répandue devant lui. L'image lui rappelait ce conte, obscur et lointain, de Rapunzel. Sigmund s'était toujours demandé comment une demoiselle pouvait avoir des cheveux assez longs pour faire grimper un prince à une tour. La réalité venait de lui souffler une réponse : en mangeant un œuf en chocolat, tombé du ciel.

Les enfants, tout à leur chasse, avaient ignoré la longue traîne qui se déroulait derrière Rebecca. L'Allemand alla à son secours. Relâchant son bras, il alla jusqu'au bout de la chevelure et, de là, se mit à enrouler les cheveux autour de ses bras. Comme lorsqu'on déroule, petit à petit, une pelote de laine – mais le processus était inversé. Des œufs finissaient, parfois, entortillés dans la masse. L'infortunée Rebecca se transformait en égérie de Pâques. En fée du chocolat.

« Ça en fait du cheveu. »

L'Allemand, les bras entortillés dans la masse, secoua légèrement pour soupeser.

« Et ça pèse son poids. Si vous restez ainsi, votre nuque ne va pas supporter et vous aurez un torticolis. Ou pis, votre nuque va se tordre en arrière et vous resterez, à jamais, dans cette position. » Le sort de l’œuf continuait à lui faire voir le pire – du moins en ce qui concernait la santé. « Vous connaissez peut-être un coiffeur pour dames ? »

La demoiselle lui indiqua une rue qu'ils emboîtèrent au plus vite. Les enfants, curieux, avaient aperçu les délicieuses friandises à moitié dissimulées par la chevelure, et tendaient leurs mains avides. Heureusement pour le duo, leurs chasseurs abdiquèrent rapidement et le chemin jusqu'au salut ne fut guère long. La devanture annonçait la couleur. Teintes pastels, écriture féminine se disputaient le tableau pour inscrire, avec forces volutes : « Le boudoir de Sissi. »

Dès que Sigmund entra à la suite de Rebecca, le pauvre homme crut s'étouffer. L'oxygène avait déserté la boutique. Sa gorge n'inspirait qu'un air empesté de parfums forts. Même l'air qui régnait dans sa boutique était bien plus respirable. Quand l'Allemand réussit à trouver une bulle d'air frais, il crut perdre la vue. Tout brillait. Les miroirs, les lavabos, les chaises... Tout. La boutique suintait le luxe, le haut de gamme, le renvoyant, d'une claque bien sentie, aux rues nauséabondes de la Germanie profonde.

Après la vue, vint l'ouïe. On disait souvent des femmes qu'elles piaillaient comme des perruches. Les Autrichiennes ne semblaient pas déroger à cette règle. Sissi venait de faire son entrée. Elle semblait venir d'un autre monde. Presque évanescente, elle semblait davantage glisser que marcher. Toute sa beauté s'était concentrée en un point : sa chevelure. Quand elle se tournait de trois-quarts, on pouvait voir une architecture complexe de tresses, torsades, un labyrinthe où plus d'une main masculine avait du se perdre. Une chevelure complexe d'un noir profond, comparable au pelage d'une panthère. Tout simplement fascinant.

Le reste de son être était presque effacé, comme si la chevelure avait observé toute pulsion de vie. A se demander même si la chevelure ne « vampirisait » pas sa propriétaire.

Elle salua, profondément, Rebecca, se pliant si bien en deux que Sigmund craignit qu'elle ne se brise aussi net.

« Mademoiselle Schneider, je suis ravie de votre venue ! Qu'est-il arrivé à vos cheveux ? »

Les yeux écarquillés, Sissi remonta le long de la chevelure. La femme se figea à la vue de Sigmund. Sentant comme un froid, l'Allemand ouvrit la bouche. Mais la coiffeuse agrippa, fermement, un pan de sa chevelure. Ses doigts glissaient le long des mèches.

« Mais quelle chevelure magnifique ! Je me damnerais pour en avoir d'aussi beaux ! Mon cher monsieur, avez-vous déjà songé à offrir vos cheveux pour aider à la confection des perruques ? Le roux est très recherché, il est si rare de trouver une pigmentation aussi pure ! »

Sigmund en ravala sa langue. Il ne savait pas s'il devait être flatté de tels compliments, ou vexé d'être complimenté... comme une femme.


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Rebecca L. Schneider

MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Dim 26 Avr - 18:14
Rapunzel autrichienne, Rebecca sentit le désespoir glisser le long de son dos comme une cascade glacée. Ses cheveux étaient lourds, si lourds que sans l'aide de Sigmund, elle n'aurait pu les transporter. D'ailleurs, le rouquin revint à la charge avec un diagnostic plausible qui ne faisait guère envie. Leanne leva sur lui des yeux effrayés.

- Je vous en prie, ne parlez pas de malheur ! Il faut absolument les couper !

Par chance, la boutique de sa coiffeuse ne se trouvait pas très loin de là. Indiquant le chemin à son compagnon d'infortune, ils s'y rendirent sur le champ, d'abord coursés par des enfants qui réclamaient les œufs en chocolat cachés dans les cheveux de la brune.

Enfin ils arrivèrent au boudoir de Sissi. Dès l'entrée, les parfums capiteux, l'ambiance pleine de bavardage les assaillirent, et Rebecca, écartant sa frange trop longue, vit venir vers la propriétaire des lieux, et qui plus est, sa coiffeuse attitrée.

- Ah, bonjour, Frau Sissi. J'ai un besoin faramineux de votre aide, comme vous pouvez le constater...

Ou pas. En fait, après les salutations, l'attention de la coiffeuse s'était détournée sur Sigmund, et la vue de ses longs cheveux roux la ravit au plus haut point. La petite chocolatière resta d'abord bouche be, avant d'éclater de rire devant la mine mi-figue mi-raisin de Sigmund.

- Je pense que vous devriez le laisser réfléchir à votre offre, Frau. En attendant, puis-je m'asseoir afin que vous copiez le surplus de mes cheveux ? Je commence à souffrir vraiment du poids supplémentaire qu'ils m'infligent. Vous pourrez les garder pour des perruques si vous le souhaitez.

La coiffeuse l'installa alors sur un fauteuil, et la jeune femme soupira, lasse de transporter un tel fardeau ; car entre temps, sa chevelure avait encore poussée ! Elle se tourna vers Sigmund

- Ne soyez pas vexé par ses propos. Sissi est extravagante, mais elle ne manquerait de respect à personne ! Asseyez vous donc aussi, vous devez avoir mal aux bras d'avoir transporté tout cela !

Après un long moment de coupe et de repousse... les cheveux de la jeune femme retrouvèrent une taille acceptable. Elle en avait même profité pour les faire couper de sorte qu'ils soient plus longs qu'avant.
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Gretel
Sigmund Rammsteiner
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MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Mar 28 Avr - 18:45
Sigmund s'était assis, du bout des fesses, dans un des fauteuils. Le lieu le mettait mal à l'aise. Tout suintait la féminité, lui rappelant sa place d'homme, lui rappelant qu'il n'avait aucunement sa place dans ce saint des saints de la coiffure. L'homme se tenait droit comme un I, triturant ses doigts. Sentant les regards sur sa personne, l'Allemand avait fini par nouer ses cheveux en catogan. Comme si, par ce geste, il pouvait soustraire la vision de sa chevelure rousse aux yeux affamés des coiffeuses.

Sérieusement, qu'avait le monde envers les roux ? Si les gens n'éprouvaient pas de la répulsion, elle était alors remplacée par de la fascination. Curieux comportement.

Lorsque la demoiselle Schneider retrouva une chevelure plus... correcte, l'Allemand se leva, prêt à partir. Il fallut, bien entendu, attendre que les dames devisent entre elles avant de sortir de la boutique. L'homme se colla même à la porte, forçant le sourire, ne voulant pas paraitre grossier. Ce ne fut qu'en regagnant l'air frais de la rue que Sigmund se détendit. Voilà un endroit où il se sentait davantage à sa place.

« Avec toutes ces aventures, mademoiselle, je ne me suis pas même présenté. »

Sigmund inclina la tête en guise de salut. Il hésita à faire un baise-main, mais s'abstint, craignant de courroucer la jeune femme.

« Sigmund Rammsteiner. Simple commerçant allemand, de passage dans ce beau pays. J'y songe, mais ne devriez-vous pas aller quérir des soins ? Vous avez été blessé lors de cet infâme duel. »

L'Allemand pointa du doigt le bras de Rebecca, se souvenant encore de l’estafilade qui avait rougi la peau de la jeune femme. Il serait inconvenant de la laisser dans cet état.


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Rebecca L. Schneider

MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Sam 9 Mai - 22:15
Il avait fallu un temps fou à Sissi pour couper les cheveux de Rebecca, car ceux-ci poussaient encore et encore, toujours sous l'emprise du sortilège renfermé dans l’œuf en chocolat. Ce n'est qu'au bout d'une bonne demi-heure qu'ils arrêtèrent de pousser et que la coiffeuse put réaliser un travail digne de son nom et de sa boutique. Un bon quart d'heure supplémentaire après, Rebecca avait retrouvé une tête acceptable, avec une coiffure impeccable. Pas un cheveu ne dépassait, les boucles étaient soyeuses et bien fixées.

Pendant ce temps là, le rouquin avait du se faire violence et endurer les regards avides de Sissi et de ses collaboratrices. Rebecca s'en était aperçue, et c'est pour cela qu'elle avait abrégé le plus possible les adieux avec la coiffeuse qui était en réalité une véritable pipelette. Tous les ragots de Vienne passaient par cette boutique.

- Vous pouvez respirer maintenant, elles ne vous importuneront plus.

Leanne sourit, souhaitant que son camarade se détende un peu.

- Ravie de vous connaître Herr Rammsteiner. Pour ma part je me prénomme Rebecca Schneider, mais on m'appelle aussi Leanne.

Elle exécuta une petite révérence, avant de porter son attention sur son bras. Le sang avait séché, la plaie ne saignait plus, pourtant il fallait à tout prix remédier à cette inconvenante blessure. Rebecca était certaine que, si elle rentrait ainsi chez elle, elle pourrait dire adieu à sa maigre liberté.

- Vous avez raison... mais pourriez-vous m'aider ? Si je rentre ainsi chez moi pour recevoir des soins, je suis à peu près certaine de ne jamais pouvoir repasser la porte d'entrée dans l'autre sens...
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Gretel
Sigmund Rammsteiner
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MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Lun 11 Mai - 17:53
« Par la Sainte Déesse Germanique, vos parents vous protègent-ils tant qu'ils craignent qu'une simple blessure puisse vous briser, telle une poupée de porcelaine ? »

Les paroles de Sigmund avaient franchi ses lèvres, bien avant que son esprit n'ait le temps de réfléchir à la portée de ses mots. Le mal était fait. Mais, à sa décharge, l'Allemand avait été élevé dans un milieu modeste, au sein d'un empire où les conflits formaient le pain quotidien. La violence l'avait toujours entouré. Ses yeux d'enfants avaient perçus des blessures qu'on ne voyait, habituellement, qu'aux abords des terrains où se jouait la guerre.

Sauf qu'il ne se trouvait pas en Allemagne, mais en Autriche-Hongrie. Si conflit il y avait, elle se déroulait envers des ennemis extérieurs et avec d'autres armes, bien plus perfides, comme le mépris. Une façon de mener une bataille de manière plus... raffinée.

Sigmund se racla la gorge, tâchant de briser le silence gêné qui avait suivi sa diatribe.

« Veuillez m'excuser, mademoiselle Leanne, je me suis permis de donner mon opinion sur un fait qui ne me regarde en rien. Je crois avoir vu un hôpital dans les environs. Un infirmier sera, sûrement, être tout à fait capable de vous soigner. »

Lui proposant son bras pour s'y appuyer, en digne gentleman, l'Allemand conduisit l'Autrichienne jusqu'au centre de soins en question.

A l'image de l'ensemble de la ville, l'hôpital faisait ressentir, par chaque fibre de ses murs, son raffinement que Sigmund jugeait trop omniprésent. Quelle importance que la décoration soit épanouie, au sein d'un lieu où, ce qui importait en premier lieu, était la sauvegarde des vies des malades ? Le roux retint ses acerbes critiques, guidant Leanne jusqu'à l'infirmier chargé de recevoir les passants. Au vu de la blessure de Leanne, une rapide visite auprès d'un médecin compétent suffirait.

Sauf qu'une tornade surgit dans le hall : une femme brune empressée, suivi par un infirmier. Sa voix rebondissait contre les murs, emplissant tout le hall, démesurée comparée à sa figure presque chétive. Par sa figure, son maintien strict, elle faisait songer à une de ces nanny britanniques : une infirmière au caractère trempé, prompt aussi bien à soigner qu'à coller une gifle magistrale. Elle ne cessait d'invectiver l'infirmier qui, penaud, se recroquevillait sur lui-même, tout en trottant à sa suite.

« Peu m'importe que vos draps soient piqués de dentelle ou de soie. L'hygiène passe avant toute chose. Sans hygiène la maladie se propage, et cet hôpital deviendra en quelques secondes... » La femme claqua des doigts sous le nez de l'homme, le faisant sursauter. « Un charnier. Une réplique des catacombes parisiennes. J'ai vu, de mes propres yeux, ce qu'un manque de gestes élémentaires peut causer. J'ai été à la guerre. »

La femme vit alors le duo qui patientait, n'osant rien dire. Son masque de rigidité se fendilla, dévoilant une femme affable, charmante. Laissant l'homme méditer sur ses paroles, elle se rendit auprès de Sigmund et Rebecca pour les saluer.

« Monsieur, Mademoiselle, veuillez m'excuser pour cette scène. Je puis m'occuper de vous si vous le souhaitez. Je n'étais qu'en visite, mais comme personne semble avoir l'obligeance de s'occuper de vous... Moi, Florence Nightingale, infirmière venue des contrées du Royaume-Uni, serait honorée de vous prêter assistance. »

Son regard alla de Rebecca à Sigmund, cherchant à déceler la cause de leur présence. Le mal à éradiquer, la blessure à panser, l'assistance à apporter.


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Rebecca L. Schneider

MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Dim 24 Mai - 21:36
- Ne vous excusez pas, Herr. Vous avez parfaitement résumé la situation, malheureusement. À croire que je suis faite de sucre, mais je vous prends à témoin : une estafilade ne m'a pas ôtée la vie. Enfin... je vous suis volontiers.

Rebecca souriait pauvrement, avec résignation. Même un parfait inconnu trouvait exagérée l'attitude dont faisait preuve les parents de la chocolatière envers leur cadette. C'était cette oppression constante, ces mises en garde et ces recommandations sans fin qui étouffaient Leanne.

Mais au fur et à mesure que le temps passait, la jeune femme oubliait volontiers les terribles dangers qui l'attendaient une fois qu'elle mettait le nez dans la rue. Elle n'était pas une prisonnière que diable ! Et des choses très amusantes se produisaient, comme une pluie d’œufs en chocolat, un duel entre deux hommes et une sympathique rencontre avec l'un des deux. Franchement, on avait déjà vu pire.

De son bras valide – elle ne pouvait pas dire que l'autre la faisait souffrir le martyr – elle s'appuya sur celui de Sigmund qui dirigea leurs pas vers le centre de soins le plus proche, à savoir l'hôpital. Nouvelle expérience pour la jeune chocolatière, qui n'avait jamais vu un soignant ailleurs qu'entre les quatre murs de la maison ; en effet, si quelqu'un de la famille était malade, le médecin venait directement au domicile, alerté par une maîtresse de maison paniquée à l'entente d'une toux caverneuse ou lorsqu'une de ses filles avait plus de 37 degrés de température.

L'hospice était blanc, fréquenté par toutes sortes de gens différents, soignants et des personnes issues de différentes classes sociales ; on trouvait surtout des gens du petit peuple. L'ambiance était assez calme, jusqu'à ce que surgisse une femme autoritaire, à la voix forte et très marquée par l'accent anglais. Elle parlait de draps, d'hygiène et de guerre, en termes que Rebecca eut bien du mal à comprendre. Quand la femme se tourna vers eux, elle se raidit et écarquilla les yeux, comme si elle craignait que la fougue verbale de l'anglaise ne s'abatte sur eux.

Mais il n'en fut rien, et l'infirmière, car c'en était une, retrouva un visage serein et une voix douce quand elle offrit à Leanne de soigner son bras. À l'entente de son nom, Leanne haussa les sourcils.

- Oh, j'ai entendu parler de vous. Vous avez été d'une aide énorme aux soldats blessés de la guerre de Crimée... on raconte que la mortalité a baissé de plus de moitié une fois que vous étiez sur place !

Les yeux de la jeune femme brillaient un peu. Si elle n'avait pas été chocolatière, sans doute se serait-elle tournée vers la même carrière que Florence Nightingale ; venir en aide aux autres était un but honorable. Mais c'était malheureusement impossible avec ses mains maudites... elle montra son estafilade à la dame.

- Mon ami m'a conduite ici afin que quelqu'un soigne cette blessure. J'ai une simple demande à formuler en revanche : j'aimerais que les soins soient les plus discrets possibles.... je n'aimerais pas avoir à porter un bandage. Ce n'est pas une question de coquetterie, plutôt de... sauvegarde de liberté. Mais ce serait un peu trop long à expliquer...
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Gretel
Sigmund Rammsteiner
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MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Lun 25 Mai - 22:09
Miss Nightingale apprécia grandement le compliment de l'Austro-Hongroise. Elle rejeta les épaules, en arrière, bombant la poitrine, et ses yeux brillaient. Son être, tout entier, rayonnait.

« Je suis ravie de croiser le chemin d'une demoiselle aussi instruite. »

Sigmund, pour sa part, ne pipa mot jusqu'à ce que Rebecca parle des soins. En homme digne de ce nom, voulant montrer tout son savoir-vivre, l'Allemand s'empressa d'apporter quelques précisions.

« Bien évidemment, madame, je m'engage à vous payer comme il se doit, en échange de votre... »

Florence Nightingale avait levé la main, avec la rudesse d'une maîtresse d'école. Sigmund se tut se sentant, curieusement, contrit. Comme s'il venait de proférer une insanité.

« Ta, ta ta. Je ne fais que mon travail. Les soins, et la vie humaine, ne se monnayent pas. Mais, si jamais une de vos connaissances recherche une experte en la matière, glissez mon nom dans la conversation. Cela me suffira amplement. »

D'un geste du doigt, Miss Nightingale intima à ses passants de la suivre. La femme se dirigeait au sein des couloirs comme si elle se trouvait chez elle, avec l'aisance d'un poisson louvoyant au sein de son lagon natal. L'infirmière les mena ainsi jusqu'à une petite salle. Refermant la porte derrière eux, elle ordonna, d'une voix aux intonations professionnelles, à Rebecca de prendre place sur une chaise. Sigmund, lui, devait demeurer en retrait afin de nullement gêner les soins. Florence inspecta la plaie, les yeux plissés par la concentration.

« Par souci de sécurité, je m'en vais procéder à la désinfection de la plaie. Concernant les potentiels bandages... ne craignez rien. J'ai quelques atouts dans mon sac. »

Imbibant un coton de désinfectant, l'infirmière tamponna la blessure, veillant à ce que la moindre parcelle de peau soit nettoyée. Tout en opérant, Miss Nightingale discutait.

« Je suppose que vous voulez cacher ce... léger incident à votre famille. Oh, n'ayez crainte, je suis tenue par le secret médical à ne rien dévoiler sur mes patients. Puis-je tout de même savoir comment cela s'est produit ? »

Ne voulant pas mettre Rebecca dans l'embarras, Sigmund répondit lui-même à l'interrogation.

« Un homme a voulu laver un affront en me lançant un duel. Malheureusement, cette jeune femme a du jouer les arbitres, et s'est retrouvée aux premières loges. »

L'infirmière lui jeta un coup d'oeil, que Sigmund jugea comme glacial. L'impression ne dura qu'une fraction de seconde. Miss Nightingale l'avait déjà quitté du regard pour s'occuper de sa patiente.

« L'orgueil de l'homme est un sujet fascinant. Au moins, avez-vous veillé à la faire soigner. C'est tout à votre honneur. Maintenant, silence. »

L'infirmière posa un index de chaque côté de la plaie. Ses yeux se plissaient au maximum, son souffle se suspendit. Les rebords de la plaie se rapprochèrent, ne laissant comme souvenir pas même une cicatrice. Miss Nightingale hocha la tête, satisfaite de son ouvrage. L'infirmière se leva et alla se laver les mains.

« Vous voici aussi intacte que le jour de votre naissance. Ne me remerciez pas, je n'ai fais que mon travail. Quant à vous, monsieur, si vous devez mener prochainement un duel, procédez ailleurs que dans un lieu public. »
« Je n'y manquerais pas », assura Sigmund d'une voix tremblante.

Fichtre, cette femme lui donnait l'impression d'être un enfant en bas-âge.


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Rebecca L. Schneider

MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Jeu 11 Juin - 16:39
Fraü Nightingale avait une réputation de femme stricte et ce n'était pas peu dire. Une institutrice n'aurait pas été plus ferme qu'elle, de sorte que même Sigmund était tenu en respect par l'infirmière, qui déclinait toute rémunération monétaire, mais ne disait pas non à un accroissement de sa renommée. Il suffirait pour cela que sa patiente et son accompagnateur parlent d'elle en des termes élogieux.

La soignante les emmena dans une salle où elle pourrait dispenser ses soins à la chocolatière en toute discrétion. Et parce que cela faisait parti de son travail elle posa quelques questions sur les origines de la blessure de la jeune fille. Comme Leanne grimaçait sous l'effet désagréable du désinfectant, ce fut Sigmund qui répondit à sa place. La réaction de la soignante ne plut pourtant pas à Rebecca. C'était comme si elle déduisait que Sigmund était la cause de sa blessure.

- Ce n'était pas une question d'orgueil, mais d'honneur. On ne peut décemment se laisser insulter sans réagir. De plus, c'est l'autre homme qui m'a blessée, non mon ami.

Lorsque la situation fut éclaircie, Leanne vit l'infirmière se concentrer sur la blessure de la chocolatière, qui deux secondes après avait complètement disparue. La jeune fille écarquilla les yeux.

- Ça alors...

Elle remercia Fraü Nightingale, sourit en voyant le dernier échange qui s'exerça entre elle et son camarade, puis se rappela soudainement de l'heure. Il devait être tard ! Une bonne partie de l'après-midi s'était enfuie avec toutes leurs aventures !

- Fraü Nightingale, je vous remercie pour vos soins ! Vous avez sans doute d'autres patients à voir, aussi allons nous vous laisser. Merci encore !

Une fois dehors, le duo sembla respirer à nouveau. L'odeur d'éther était très forte dans cet hôpital !


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Gretel
Sigmund Rammsteiner
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MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Jeu 11 Juin - 23:57
Et effectivement Sigmund se sentit plus détendu rien qu'en inhalant l'air de la ville. L'infirmière, aussi professionnelle soit-elle, lui avait laissé un goût amer en bouche. Au moins elle avait su soigner la blessure de Rebecca, effaçant avec elle tout souvenir de ce fâcheux incident. Un silence palpable planait au-dessus du duo. Le calme, soudainement retrouvé, semblait les avoir cloué au silence.

Sigmund finit par le rompre après un bref raclement de gorge.

« Vous voici entière et en bonne santé. Le soleil décline lentement à l'horizon. Il me faut vous quitter, avant que le dernier train ne quitte la gare. »

L'homme fouilla dans sa poche, et en tira une carte de visite qu'il tendit à Rebecca. Depuis que son commerce avait commencé à se développer, l'obligeant parfois à quitter les terres allemandes, l'homme avait veillé à agir en professionnel. Et la carte de visite remplissait l'office d'être à la fois pratique, et de donner un cachet supplémentaire à son commerce. Les apparences jouaient beaucoup, et une carte de visite donnait l'impression, à votre interlocuteur, que vous étiez un gentilhomme bien éduqué.

« Si vous souhaitez me contacter. Non pas pour... user de ma marchandise. Mais pour garder contact, me donner de vos nouvelles. Si vous le souhaitez, bien entendu. Je ne veux nullement vous forcer. Mais, si jamais, mes pas me ramenaient au sein de cet empire, je serais ravi que vous soyez ma guide. En tout bien tout honneur. »


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Rebecca L. Schneider

MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Mar 16 Juin - 23:58
C'est pensive que Rebecca sortit de l'hospice en compagnie de Sigmund, marquant à jamais en elle la très forte impression que Fraü Nightingale avait laissée sur elle. Quelle femme forte elle était, sans peur, et qui semblait si juste dans ses idées et ses propos ! Une femme que Rebecca admirait, le genre d'adulte qu'elle aimerait devenir.
Elle étouffa un bref rire pathétique : techniquement, elle était déjà une femme. Mais elle y ressemblait si peu. Aux yeux de sa famille, et même à ses propres yeux, elle était encore comme une enfant. L'esprit plein de ces sombres idées, la jeune femme vidait ses poumons de l'air de l'hôpital saturé d'éther pour les remplir avec celui bien plus pur du dehors.

- Oh, c'est vrai, il se fait tard... vous ne retournez pas en Allemagne tout de même ? C'est un si long voyage...

Malheureusement il le fallait et si Rebecca aurait voulu proposer son hospitalité à Sigmund, nul doute qu'elle l'aurait fait sur le champ. Mais il y avait dans sa demeure trois autres personnes qui n'auraient pas vu ce geste d'un bon œil. Leanne soupira.

- Je suis navrée de toutes ses mésaventures qui vous sont arrivées. D'abord ce duel, puis les cheveux et l'hospice... au moins nous ont-elles donné l'occasion de nous rencontrer. Je serais ravie de vous faire découvrir une facette de Vienne bien plus agréable que celle que vous avez aperçue aujourd'hui, Herr Rammsteiner.

Souriante, la chocolatière garda la carte entre ses doigts gantés et remercia son camarade de la journée.

- Ce sera avec grand plaisir, n'en doutez pas. Quant à vous, si jamais vous deviez revenir sous peu à Vienne, sachez que vous pourrez me trouver à la chocolaterie Schneider ; la rue se situe juste en face de l'opéra.

Amicalement, elle prit les mains de Sigmund entre les siennes.

- J'espère que nous nous reverrons vite. Merci pour tout, Herr. La liberté a meilleur goût encore lorsqu'on la passe en compagnie amicale.
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Gretel
Sigmund Rammsteiner
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MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   Mer 17 Juin - 22:57
Des mésaventures ? Sigmund aurait plutôt qualifié la journée riches en tribulations que même, jamais encore, l'opium n'avait réussi à créer. Néanmoins l'homme se tut sur ce sujet. Il était malséant de parler de drogues en présence d'une dame et, encore moins, quand on s'adressait spécifiquement à elle. Sigmund se contenta alors d'un sourire, riant sous cape.

En grand homme, il salua bien bas Rebecca, opérant une révérence qui semblait tout droit sortir d'un vieux livre d'Histoire. Ou d'un conte populaire.

« Hélas si, ma patrie me rappelle à elle. Si jamais je revenais ici, je n'oublierais pas de vous rendre visite à la chocolaterie. Je pourrais ainsi découvrir votre famille, par la même occasion. De même, si vous avez l'occasion de venir en Allemagne, je serais heureux de vous amener dans quelques lieux méconnus, mais qui font la beauté de cet empire. »

L'instabilité politique, et les conflits perpétuels, ne présentaient guère un visage avenant de l'Allemagne. Sigmund se faisait fort de prouver que, sous cette couche de crasse, se dissimulait quelques bijoux – des gemmes noyées dans la boue.

Sigmund serra doucement les mains de Rebecca.

« Ecrivez-moi, si le temps vous le permet, et peut-être pourrais-je encore vous permettre de vivre un instant de liberté, vous libérer de votre cage. »

L'Allemand n'y sous-entendait aucune malice, aucun désir inconvenant. Malgré tout sa phrase aurait eu sa place dans la bouche d'un galant. Sigmund relâcha Rebecca, rompant le charme. Le temps s'écoulait, et les trains n'attendaient jamais.

« J'espère que nous nous reverrons. Vous m'avez redonné foi dans le peuple autrichien. Quoi que vous disent les gens, demeurez telle que vous êtes : humble, et le cœur sur la main. Votre naturel, un jour, saura être récompensé. »

Après un ultime salut, Sigmund tourna les talons, remontant les rues jusqu'à la gare de Vienne. Tout le long du voyage, et bien des jours après, l'odeur tenace, mais non désagréable, du chocolat imprégna ses vêtements. Comme ultime souvenir.

RP clos.


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MessageSujet: Re: [An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où   
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[An 03] L'amitié peut surgir de n'importe où

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