Avril 05 – Fermer la parenthèse [Poisson d'avril]

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Ronce de France
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Lun 30 Mar - 23:55
Vivre.

Jamais encore ce mot n'avait pris autant d'importance dans le cœur de Ronce.

Son chapeau s'était envolé, emporté par le vent cinglant. La pluie plaquait la robe contre sa peau, son corps tout entier grelottait. L'averse donnait l'impression, à la reine, que des hallebardes tombaient du ciel, lancées par des Valkyries dissimulées derrière les nuées. La Nature martelait sa peau, la frappait sans discontinuer. Rejetant la tête en arrière, Ronce accueillit l'averse sans un mot, un sourire énigmatique sur les lèvres.

Silencieusement, elle souhaita que l'orage éclate, que la foudre divine la transperce. Mais le salut ne vint pas du ciel. Abandonnée sous l'averse, au sein de la lande déserte, Ronce comprit qu'elle devait agir par elle-même. Comme toujours.


Le couteau brillait, sa lame ravivée par un éclat de soleil. Ronce fit tourner l'objet entre ses doigts, pensive. Son regard se posa sur la chair de son poignet, tendre et blanc.

Le sang tâcha la lame du couteau. Le couvert tomba aux pieds de Ronce. Mains plaquées sur sa bouche, la jeune femme tentait d'étouffer sa toux rauque. Le sang remontait le long de sa gorge, manquant de l'étouffer. Un sang épais, noir, ignoble.

Le Delirium la rongeait peu à peu.

Ronce se refusait de laisser mourir.

Ses yeux se posèrent sur son miroir magique.

Sa décision était prise.


La reine avait ordonné qu'on ramène son invité jusqu'à son boudoir. Face à la fenêtre grande ouverte, Ronce tentait d'apaiser son cœur. Son palpitant battait tel un tambour de guerre. Les mains de la reine étaient agrippées au rebord de la fenêtre. Quand la porte s'ouvrit, Ronce se tourna d'un bloc. Un sourire faux tentait d'éclairer son visage, émacié par des nuits blanches.

« Votre Majesté impériale... Merci d'être venu. Je m'excuse de vous avoir mandé, mais... »

Ronce se rapprocha, mais stoppa sa marche, sa main se posant sur le dossier d'une chaise. Elle veillait à conserver une distance, une limite à ne pas franchir.

« J'ai besoin d'un ami. »


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Mar 31 Mar - 2:38

Friedrich était toujours hanté par la Mort de février. Mais un appel par le miroir magique arriva. Il n’était pas rasé, et la reine de France était face à lui. Comment pouvait-il se présenter ainsi devant elle ? Devant la seule femme qui gouvernait un pays qu'il respectait. Il en avait honte. Mais ce que la reine de France lui apprit le bouleversa. Si son cœur n'avait pas déjà été enlevé par « elle », il le perdrait sûrement à l'instant.

La reine de France était atteinte par le fléau. La maladie la rongeait, le delirium. Comme si le retour de cette maudite fée Farah n’était pas suffisant, la maladie, qui se répandait comme la peste, l'avait atteinte. L'empereur mit tous ses soucis personnels de côté. Elle lui avait demandé de venir, d'une voix si fébrile. Pas une seconde à perdre. Friedrich fit préparer le navire volant impérial. Il devait être prêt dans les trente minutes à venir, et il ne tolérerait aucun excuse.


Le voyage était court. Mais l’angoisse de venir voir la reine Ronce, d'arriver trop tard, lui torturait l'esprit, et lui fit perdre le fil du temps. Ce court voyage parut durer une éternité.

— Décidément la mort nous entoure de bien des façons...

L'empereur descendit en trombe du navire impérial. Il avait demandé où était la reine. « Dans son boudoir ». Il connaissait le lieu. C’était l'endroit de leur rencontre, la première fois qu'il avait vu la reine de France. Il courut le plus vite possible pour atteindre le lieu, n’attendant aucun garde. Seul Schlange le suivait à la trace.

Devant la porte l'empereur entra, apercevant de l'autre côté de la pièce Ronce, blanche comme un linge, mais toujours souriante. Les leçons qu'il lui avait donné, elle les appliquait encore. Une dame doit toujours se montrer souriante, et sous son meilleur jour.

Cette pensée éclata les veines du cœur de l'empereur. Rongée par la maladie elle restait digne. Oui il était fière d'elle, et la respectait, même si elle était une femme qui gouvernait seule. Mais Friedrich ne devait pas céder. Elle faisait tout pour rester digne. Il devait se montrer à la hauteur des efforts de Ronce.

« Votre Majesté impériale... Merci d'être venu. Je m'excuse de vous avoir mandé, mais...  J'ai besoin d'un ami. »

Un ami. Voilà un mot qui n'avait bien jamais été prononcé entre les deux monarques, bien que les sentiments étaient dans ce sens là. La reine garda des distances. Il avait bien compris mais, à ce moment les mots qu'elle avait prononcé, le fit agir sans penser aux conséquences.

Friedrich avança et posa un genou à terre, pour faire un baise-main à la reine de France qui portait, de nouveau, ses maudits gants magiques.

— Ma chère amie, reine Ronce, nous ne savons que vous dire. Nous ne savons comment exprimer le désarroi que cette nouvelle provoque en notre personne... Nous avons fait mené, dans notre empire, des recherches pour un remède. Peut-être cela pourra-t-il vous aider. Nous l’espérons, mais il faut garder espoir.

Être fort pour elle...
Rester digne pour elle …
Plus facile à dire qu'à faire. La reine arrive à être forte. Mais l'empereur laissa échapper un regard perdu dans les yeux de la reine. Pourquoi elle...



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Ronce de France
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Mar 31 Mar - 18:20
Ronce voulut reculer, empêcher l'empereur de l'atteindre. Mais l'homme s'était déjà saisi de sa main, et la reine ne put que se plier. Juste assez pour accepter ce geste. Elle ne devait pas ployer. Elle avait pris une décision, qu'elle espérait irrévocable. Si elle faiblissait, c'en serait fini de ses convictions. Elle ne devait pas redevenir la petite princesse, effrayée par une fée maligne.

« Levez-vous, voyons. »

Ronce forçait sa voix pour paraître un brin enjouée, et surtout sûre d'elle. La main de Ronce se posa sur l'épaule de Friedrich, l'invitant à se relever. Au même instant, elle sentit le Delirium remonter en elle. La reine recula, posant sa main sur sa bouche pour étouffer la toux qui la secouait. Tendant son autre main devant elle, elle obligea l'empereur à reculer. Le gant se retrouva tâché de sang, plus rouge que blanc.

« Vous pouvez constater, de vos yeux, que mes propos étaient véridiques... »

La reine n'eut qu'un bref regard sur sa main, avant de la laisser retomber, ballottant contre les jupes de sa robe.

« Votre Majesté, j'ai une requête à vous faire. Une requête égoïste. Vous êtes, bien entendu, libre de la refuser. »

Le tambour de guerre reprit sa marche. Les doigts de Ronce s'entrecroisèrent, signe de l'anxiété qui lui nouait les entrailles.

« L'information a été tenu secrète mais... cela fait déjà longtemps que le Delirium me ronge. Je me suis tenue recluse de tous, depuis que mon don s'est emballé. Je suis même, parfois, témoin d'hallucinations. Je crois voir feu mes parents, mais aussi cette djinn. Je n'en dors plus depuis des jours. »

La lassitude se fit entendre, sur les derniers mots. Ronce aurait voulu s'abandonner à la faiblesse, cesser de se battre. Mais elle ne pouvait pas. Une reine ne pouvait pas faiblir.

« Je suis sur le point de devenir folle. Je refuse que cette maladie ait raison de moi. Le remède viendra peut-être. Peut-être trop tard. Je veux mourir dignement. J'ai essayé, plus d'une fois, de couper moi-même le fil qui me retenait à la vie. Mais je n'ai pas réussi. Je n'en ai pas eu la force. »

Pas le courage, pas la faiblesse.

« C'est pour cela que je vous ai appelé. »

Le regard de Ronce se mit à fuir celui de l'empereur. La honte la rongeait autant que la maladie.

« Ce que je vais vous demander est pure folie, et... je ne vois pas d'autre solution. Aidez-moi à mourir. Je ne demande rien d'autre que finir mon existence en tant que reine. Je ne veux pas me voir décrépir, je ne veux pas que le Delirium ait raison de moi. Si... » Le regard de la reine se posa sur Schlange. « Votre homme veut bien se charger de cette peine, je lui en serais reconnaissante. »

D'un bond, la reine se rendit auprès d'un secrétaire. Ouvrant un tiroir, elle en sortit une enveloppe cachetée qu'elle déposa sur la table.

« Voici mon testament. La couronne reviendra à mon cadet, le frère Ciel. Quant à ma mort, il est stipulé que j'ai moi-même demandé l’abrègement de mes souffrances. Quel que soit la personne qui portera la main sur moi, elle sera dédouané de toute responsabilité. »

Tout était dit. Ne restait désormais qu'à savoir si bourreau il allait y avoir et, si oui, qui.


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Mar 31 Mar - 23:47

Cette femme, non, cette personne avait grandi si vite. Friedrich avait l’impression d’être un grand frère qui s'apercevait de la maturité que sa petit sœur avait acquis tout le long de ses années. Une vague de sentiments traversa son corps, ceux à propos de la reine, poussés par tout le manque qu'« elle » provoquait en lui.

Une requête égoïste, un état qui poussait la dame dans ses derniers retranchements. Friedrich pensait bien savoir de quoi il s'agissait, mais non. Il ne voulait pas y croire, ni l'entendre. Pourquoi toutes les femmes formidables qu'il avait, dans sa vie, devaient l'abandonner. Sa mère, Hildegard, Zahnfee, et maintenant Ronce de France. Pourquoi les femmes exceptionnelles étaient si rares en ce monde ? Pourquoi portait-il malheur aux femmes ? La prochaine serait-elle sa fille Maria ?


« Ce que je vais vous demander est pure folie, et... je ne vois pas d'autre solution. Aidez-moi à mourir. Je ne demande rien d'autre que finir mon existence en tant que reine. Je ne veux pas me voir décrépir, je ne veux pas que le Delirium ait raison de moi. Si... Votre homme veut bien se charger de cette peine, je lui en serais reconnaissante. »

Un mot brûla les lèvres de l'empereur. Mais de tels mots ne devaient pas franchir ses lèvres devant la reine, pas dans cette situation. Friedrich se mordit la lèvre inférieure, laissant quelques gouttes de sang couler sur sa lèvres. Les mots de la reine, qui laissèrent leur empreinte dans le choix de Friedrich étaient : «Je ne demande rien d'autre que finir mon existence en tant que reine ». Il était bien placé pour le comprendre, et il était de son devoir d'homme... Non d'ami, de l'aider si cela était son choix. Mais pas avant d’être certain qu'aucun regret resterait dans le cœur de Ronce. Friedrich ne regarda pas dans les yeux son garde du corps et s'adressa a lui, d'une voix ferme mais fébrile.

— Schlange. Veuillez me laisser seul avec sa majesté. Je ne veux être dérangé par personne. Quitte à ce que vous y laissé la vie.

Sans un mot l'homme de fer de l'empereur avait compris qu'il avait pris sa décision, et qu'il ne pourrait rien faire pour dissuadé le duo royal, ou plutôt les deux amis. Après avoir fait une révérence à la reine Schlange ferma la porte et resta posté devant. Personne n'entrerait, foi d’Austro-hongrois.

L'empereur était seul avec Ronce. Il lui demanda si elle était sûr de vouloir tout laisser. Son peuple, son frère fragile.

« Voici mon testament. La couronne reviendra à mon cadet, le frère Ciel. Quant à ma mort, il est stipulé que j'ai moi-même demandé l’abrègement de mes souffrances. Quel que soit la personne qui portera la main sur moi, elle sera dédouané de toute responsabilité. »

— Êtes-vous sûr de cela ? N'avez-vous rien d'autre à accomplir, avant de vouloir nous quitter, de quitter votre peuple ? Avez-vous fait vos adieux à votre frère ?

La reine lui répondit d'un faible signe de tête. Soit alors. Friedrich sortit la lame de sa canne épée, pour se placer devant Ronce, le regard plein de compassion et d’égard envers la femme qui avait le courage de faire face à la mort. Le regard résolu de la reine le fit avancer dans un cri de rage, l’épée en avant, direction la poitrine de Ronce.

Mais l’épée se planta à côté du bras de la reine, il n'avait pas réussi.

— Non... Nous ne pouvons nous résoudre à vous tuer... Du moins pas de la sorte. Pas tel une vulgaire volaille empalée...

L'empereur l'invita à s’allonger sur le sofa qui n’était non loin de là, la guidant de la main. Doucement la reine avança, affaiblie.

— Nous allons vous accorder une mort plus douce et moins douloureuse. Vous savez nous avons beaucoup aimer être à vos côtés, vous voir évoluer. Nous sommes fiers de ce que vous avez accompli depuis notre rencontre. Nous avons un profond respect pour vous en ce jour, et une certaine fierté pour la femme que vous êtes devenue. Nous... Je voulais que tu le saches, oh mon ami Ronce de France . Maintenant, s'il te plaît, si tu veux accomplir une dernière chose, dis-le moi. Car une fois que tu fermeras les yeux, je t’ôterais la vie. A toi la majestueuse reine de France, et s'il te plaît aie confiance, quoi qu'il arrive.

La reine ferma doucement les yeux. Friedrich la regarda, posa un genou à terre pour être à la hauteur de Ronce. Il se pencha légèrement au-dessus d'elle, plaçant chacune de ses mains sur les épaules, et posant ses lèvres contre celle de Ronce. Par ce baiser il n'allait pas réveiller la belle qui dormait, mais offrir le sommeil éternel à cette grande femme. A qui il était en train de faire inhaler sa malédiction, son halène empoisonnée, alors que les larmes coulaient sur ses joues, jusqu'à tomber sur le visage de la reine qui, dans les dernière spasmes, contenue par les mains de Friedrich, rendit son dernier souffle.

C'est sans un mot que l'empereur se releva, regardant le corps apaisé de la défunte reine de France. De sa défunte amie, sur qui il posa sa cape, pour ne pas laisser le corps exposé de la sorte.

L'empereur ferait instaurer en ce jour, un jour de deuil, même pour l’Autriche-Hongrie en la mémoire de cette grande reine que fut la reine de France. Ronce de France.

Et ainsi la parenthèse fut fermée une fois pour toutes.

Fin.



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