Tableau sur rails

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Samaël
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Samaël
Mar 14 Avr - 17:09
An -04, mi-décembre, Moscou
Avec Hilda


- Tu es seul, mon garçon?

Une petite valise de voyage noire pendant au bout de son bras, le garçon fait « oui » de la tête en faisant danser ses mèches sombres sous sa chapka. Puis, sans attendre, il contourne le contrôleur et sa monstrueuse moustache et monte à bord. Derrière lui, le quai s’anime. L’heure est aux embrassades et au revoir, car l’heure, bientôt, est au départ. Mais Vaslav Nijinsky, grand blond fendant la foule, est déjà loin. Il a laissé son apprenti derrière lui, après lui avoir tapoté la joue et l’avoir serré contre lui. Samaël l’a suivi du regard en replaçant son couvre-chef, puis il a empoigné son bagage et…

- Tu es seul, mon garçon?

Retour à la case départ.

La cabine est pas mal, note Samaël en y mettant le pied. Deux banquettes de velours rouge se font face près d’une grande fenêtre. Le sol est recouvert d’un tapis doré tout de fioritures qui rappellent la teinte de la tapisserie, aussi finement ouvragée. Des tableaux de paysages russes habillent les murs. Deux placards, de part et d’autre de la porte, sont à la disposition des voyageurs.
Samaël jette sa valise sur la banquette à sa gauche et se dévêt de son manteau et de sa chapka, qu’il laisse tomber au fond d’un placard, tout comme ses bottes, ses chaussettes et sa veste. D’un bond, il saute ensuite sur la banquette, en mesure la qualité des ressorts un moment en faisant rebondir son bagage auprès duquel il retombe finalement assis. Ramenant ses jambes contre lui, le menton posé sur l’un de ses genoux, il regarde au dehors.

Dans la valise de Samaël dort une petite missive froissée.
Citation :
Très cher Samaël,

Comme tu étais en pleine répétition, j’ai préféré t’écrire afin de m’excuser de mon départ prématuré. Demain, Vaslav te conduira à la gare. Nous nous retrouverons donc bientôt à Ouglitch. Tu verras, une belle et grande demeure t’y attend. Tu y seras comme chez toi.
Tu sais, Samaël, ma maison, jusqu’à ce jour, a longtemps été vide, morte. Et c’est avec grand bonheur que je vous ouvrirai ses portes. Oui, vous. Tu ne seras pas seul. Une dame qui m’est très chère t’accompagnera pour ce voyage. Vous aurez amplement l’occasion de faire connaissance au cours des heures qui vous ramèneront à moi. Aussi, je compte sur toi, mon garçon, pour faire montre de gentillesse.

À bientôt,

Feliks K.

Qui est-elle?

Serait-ce elle? La grosse dame aux dix valises? Ou plutôt celle-là, emmitouflée dans un énorme manteau de fourrure? Est-elle déjà à bord? Parle-t-elle russe? Ou mieux, français!? Sait-elle qui il est, lui? Tentera-t-elle de l’apprivoiser, de s’en faire un allié afin de gagner les grâces, toutes, de Feliks? Ou au contraire, préfèrera-t-elle convaincre le riche homme de se débarrasser de lui…
Samaël sourit, malicieux.
Si c’est une fée, je me ferai gentil, très gentil, et elle ne saura me refuser un seul caprice. Et si c’est une sorcière, je la jetterai en bas du train!
Et il rit, le garçon seul. Il s’esclaffe, le visage dans ses mains, en s’imaginant la grosse dame du quai rebondir le long du chemin de fer et éclater comme un ballon.

Samaël, 11 ans-presque-douze:
 
Samaël
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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Mer 15 Avr - 21:31
Hilda Wagner est, comme à son habitude, habillée de sa belle fourrure. Son air maussade, son visage typiquement sévère du pays allemand, donnent un aspect bestial à ses fourrures. Un peu comme si au lieu d'être l'amante de Feliks, elle était issue d'une famille de guerrières berserk.

« Tu dois être Samaël. Enchanté. » dit-elle avec un sourire qui ne convainc personne. Pas même elle.

Elle s'assoit sur la banquette en face de celle occupé par le petit garçon. Lui aussi a un visage fermé. Il y a même quelque chose de triste qui titille l'instinct maternelle d'Hilda.

Mais ce n'est pas assez pour la sortir de la torpeur dans laquelle elle s'est enfoncée depuis de nombreux mois. Peut-être est-ce le fait de sentir le poids des âges sur ses épaules ? Peut-être est-ce le fait de s'être enfermé dans une routine dans un pays d'adoption reculé ? Peu importe la raison, Hilda Wagner a perdu son éclat, son âme, sa flamme. Peu importe la façon dont c'est appelé, elle ne l'a plus.

« On m'a parlé de toi. On m'a dit que tu étais un artiste de grand talent. Peut-être un jour aurais-je l'occasion de te voir à l’œuvre ? »

Hilda Wagner parle mais ses propos sonnent vides tandis que son interrogation n'appelle pas à une réponse. Elle parle par habitude, pour s'avilir à l'étiquette sociale. Tout comme elle s'est laissée séduire par Feliks K...

*Quel est son nom déjà ?... Peu importe. *

Elle a quitté sa confiserie en Scandinavie et s'en est allé voyagé au bras d'un bel homme. Elle a voyagé. Elle a rencontré du monde, participé à des évènements. Mais rien n'y a fait. Elle se sent étrangère où qu'elle soit. Elle se sent dépossédé de sa destinée de mère.

Elle ne recherche même plus l'attention des enfants...

« Dis-moi, est-ce que tu aimes les bonbons ? »
Hilda Wagner
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Samaël
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Samaël
Lun 20 Avr - 15:18
L’heure du départ approche, le quai se déserte.
Accoudé contre le rebord de la fenêtre, jambes pendantes, Samaël ne l’a pas entendue venir.
Elle.

Il tourne la tête vers l’intruse, hausse les sourcils. Il n’aurait pas cru qu’elle serait la dame au manteau de fourrure, elle qui est entrée ici comme chez elle. Mais il s’efforce de ne pas trop montrer son étonnement. Pas trop longtemps. Tout de même, ce n’est pas n’importe quel garçon impressionnable, qu’elle a sous les yeux. Autant le savoir.

- Tu dois être Samaël. Enchanté.
- Oui, c’est moi.

Il jauge franchement, sans répondre à ce sourire.

- Et ton nom à toi, c’est quoi ? lâche-t-il en croisant les bras.

Puisqu’elle le tutoie, Samaël ne se gêne pas.
Ce n’est pas juste. Feliks ne m’a dit pas comment elle s’appelait, mais il lui a dit, à elle, qui j’étais…
De son silence, il l’observe, attentif, en suivant des yeux chacun de ses déplacements. D’habitude, il ne mets que quelques secondes à trancher à savoir si l’inconnu qui lui fait face est digne ou non de son intérêt. Mais, là, quelque chose le fait hésiter. C’est dans la fausse note de son sourire et la lourdeur de ses gestes.

- On m'a parlé de toi. On m'a dit que tu étais un artiste de grand talent. Peut-être un jour aurais-je l'occasion de te voir à l’œuvre ?
Mais qu’est-ce qu’il ne lui a pas raconté?
Samaël lève les yeux vers le plafond, son regard dessine une courbe jusqu’à l’extérieur. Le train vibre sur les rails.
- Peut-être. fait-il en haussant les épaules.

Ses mains retombent sur la banquette, de part et d’autre de ses cuisses. Ses jambes se balancent au-dessus du vide et ses talons, à tour de rôle, butent contre le dessous du siège.

- Dis-moi, est-ce que tu aimes les bonbons ?
Samaël la regarde et un sourire point au coin de ses lèvres.
- Y'a que les menteurs qui n’aiment pas les bonbons.
Les menteurs et ceux qui se méfient…
- Moi, j’aime bien les bonbons.
Puis il y a Samaël.

D’un signe de tête, il indique le manteau de fourrure.
Curieux, il demande, légèrement incliné vers l’avant :
- C’est toi qui l’a tué? C’était quoi, avant d’être ton manteau?

Après la grosse dame qui rebondit le long du chemin de fer, Samaël s’imagine celle qui lui fait face, arme sur l’épaule, à traquer un monstre terrible dans quelque sauvage contrée. Mais l’image, cette fois-ci, ne le fait pas rire.
Samaël
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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Jeu 23 Avr - 18:12
« Moi, je m'appelle Hilda. »

Le début de conversation semble difficile. Ni l'un ni l'autre ne parvient à voir autre chose que l'étranger. Les questions sont trop superficielles. Puis, Hilda n'est pas vraiment d'humeur en ce moment...

Pourtant, un petit sourire vient décrisper son visage. Son air blafard semble s'éclairer un instant de l'étincelle de la vie. Tout cela parce que l'enfant aime les bonbons. Alors Hilda commence à retrouver ses anciens mécanismes, lorsqu'elle n'était pas encore parti en voyage et qu'elle vivait dans sa petite confiserie en Scandinavie.

Mais l'enfant est ce qu'il est : un enfant. De par sa nature, il ne reste jamais longtemps au même endroit. Quand il parle, il passe d'un sujet à l'autre sans connexion logique, ce qui à la fâcheuse habitude de contrarier les adultes avec leurs cerveaux qui ralentissent.

Hilda fait alors plus qu'esquisser un sourire. C'est un véritable fou rire qui vient lui chatouiller les abdominaux. Terrassé par l'hilarité, elle est obligée de se tenir le ventre. Lorsqu'elle parvient enfin à reprendre son souffle, elle essuie la larme qui lui a coulé de l’œil.

« Je crois bien que c'était un ours. Mais ce n'est pas moi qui l'ai tué. Je n'ai fais que me promener dans les allées d'une boutique et de l'acheter. Je ne sais pas de quelle façon tu me vois, mais je ne suis pas une horrible sorcière. Enfin, je veux dire que je ne suis pas une espèce de chasseur ou de trappeur. »

Elle a bien vu, pendant qu'elle riait, que Samaël avait perdu le sourire. Il avait semblé avoir craint pour sa vie. Comme lorsqu'une proie se retrouve dans l'ombre de son prédateur. Elle espérait que son fou rire et son explication avait rassuré la progéniture de son amant.

Sinon, la suite du voyage allait s'avérer inconfortable et très longue...

« Mais dis-moi Samaël, pourquoi est-ce que tu fais ce long voyage ? »
Hilda Wagner
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Samaël
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Samaël
Ven 24 Avr - 21:29
Quand Hilda rit, Samaël peut aussi entrevoir comment elle pourrait être si elle se fâchait. Ça lui donne presque des frissons d’effroi. Aussi en vient-il rapidement à se demander, tandis que la femme s’esclaffe, s’il pourrait fuir par la fenêtre, en cas de besoin. Mais le train avance. Lentement, mais sûrement, il accélère. Samaël ne met pas longtemps à se rendre à l’évidence : même s’il arrivait à ouvrir la fenêtre, à s’y faufiler, à sauter, il finirait brisé dans un ravin. Qu’est-ce que Feliks dirait ? Voudrait-il toujours de lui comme d’un fils, s’il n’était plus bon à rien ? Car c’est bien ce qui arriverait.
Samaël sans la danse ? Aussi bien dire une loque. Un gamin bon à rien. Ni à compter, ni à écrire, ni à… Rien, voilà.

Il soupire en gonflant les joues, paumes à plats sur ses jambes qui s’agitent nerveusement. Puis il ose un regard vers Hilda, qui lui explique que... et ben non, elle ne tue pas les ours. Il hausse les épaules jusqu’à ses oreilles en guise de réponse. Et sourit finalement, gêné, avant de cacher son visage dans ses mains un moment.

Doigts écartés, il observe Hilda. Au fond, elle lui fait un peu l’effet que lui a parfois sur d’autres… Certains enfants de l’orphelinat, chez les Frères, avaient dit des choses pas très gentilles, à son sujet. Et puis, si Feliks les a tous les deux choisis pour se guérir de sa solitude, c’est peut-être qu’ils ne sont pas si différents, en fait.

Lâchant son visage, Samaël ne répond pas aussitôt à Hilda. Il fouille plutôt dans sa valise, dont il relève complètement le dessus, en exposant le contenu, le désordre. Des vêtements épars sont parsemés de figurines, de pierres colorées, de boutons de manchettes, de monnaie étrangère et autres babioles… Parmi elles, un papier plié en quatre. Samaël le prend dans sa main et se lève. Il se plante devant Hilda et lui tend la lettre de Feliks.

- C’est parce que Feliks m’avait dit qu’il m’offrirait un chez moi, pour Noël.

Il s’assied à côté d’elle et fixe la peau de l’ours qui lui couvre les épaules, avant de lever les yeux vers les siens.

- Kourianov ce n’est pas vrai nom. Feliks m’a adopté.

D’un bond, il se rapproche un peu d’Hilda.

- Mon vrai nom, c’est Samaël Lamoureux. Je vivais de l’autre côté de l’univers, avant. Au Canada. Feliks m’a ramené. Il a dit aux gens qui s’occupaient de moi qu’on gaspillait mon talent. Qu’il me fallait un vrai maître pour devenir l’étoile que je pourrais devenir un jour.

D’une main timide, il effleure la fourrure sur le bras d’Hilda et hausse les sourcils. Il ne croyait pas que ce serait doux. Pas comme ça.

- Toi aussi, Feliks t’a adoptée, Hilda ?
Samaël
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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Sam 25 Avr - 7:00
Hilda prend plaisir à découvrir une partie de la vie du petit garçon, tout étalé dans sa valise. Elle peut l'imaginer en pyjama allant se coucher ou, au contraire, dans une de ses plus belles tenues. Elle découvre ses collections et ses jouets. Sans plus s'y attarder, elle prend la lettre qu'il lui tend.

Un sourire un peu fatigué, mais également joyeux puis triste, s'affiche sur le visage de la femme à la fourrure.

« Je ne pensais pas que tu tenais autant à moi... Je pensais n'être qu'une aventure... »

Elle parle à voix haute sans s'adresser à Samaël. Elle lui parle comme s'il l'était là, d'une voix qui se confesse à petit volume... A Feliks.

Elle est tirée de ses rêveries par le bond de Samaël qui se rapproche finalement d'elle. L'enfant semble commencer à se lier avec elle. Les enfants s'ouvrent et se confient toujours plus vite que les adultes. Moins de peur. Moins de mésaventures vécues durant leur jeune vie. Plus de facilité à oublier et à passer à autre chose.

L'innocence... Une chose merveilleuse qui contraint un instant le cœur d'Hilda Wagner.

C'est alors que Samaël pose sa question. Comme tous les enfants, il pose des questions sans se rendre compte de la puissance de leur portée, de l'intensité des sentiments qui peuvent être créée.

Alors Hilda l'attrape et le sert fortement contre lui. Enfonçant son petit visage dans ses douces fourrures. Elle pose ensuite son menton sur le dessus de sa tête et ne peut empêcher les larmes couler le long de ses joues. Elle ne dit rien et pleure en silence, étreignant toujours Samaël qui n'a pas d'autre choix que d'attendre que « la crise » passe.

Enfin, elle le libère.

« Excuse-moi Samaël. Je deviens une vieille femme. Et comme toutes les vieilles femmes, je deviens gâteuse. »

Hilda se lève et va s'asseoir sur la banquette où était alors Samaël. Sa main plonge dans le contenu de sa valise et en ressort quelques unes des pierres colorées.

« Je crois bien que tu as raison. Feliks m'a adopté tout autant que toi. Je ne m'en étais simplement pas rendu compte. »

Elle tend alors sa main gauche dans laquelle repose les pierres colorées qu'elle a rapporté de sa chasse aux trésors dans les affaires personnelles de l'enfant. Sa main droite se lève alors dans les airs, ses doigts s'empilant les uns sur les autres : prêt à claquer.

« Tu m'as dit que tu aimais les bonbons, n'est-ce pas ? Mais aimes-tu les magiciens aussi ? En quelque sorte, je suis une artiste tout comme toi. Sauf que moi, je ne danse pas. »

Les doigts de sa main droite claquèrent.

« Ce qui étaient alors des pierres dures sont devenues des bonbons délicieux au cœur dégoulinant. Veux-tu goûter ? »

Hilda affiche alors un sourire vrai et sincère. Cette rencontre improbable dans le train est en train de la faire revivre. Ses vieux réflexes reprennent le dessus. Son instinct maternelle se réveille après une longue hibernation.
Hilda Wagner
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Samaël
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Samaël
Mer 29 Avr - 22:46
Une aventure, dit-elle. Et Samaël songe que ce que les adultes appellent « aventure » est souvent bien ennuyant. Une aventure, une vraie, ça n’existe pas vraiment. Ça n’existe que dans les histoires. Il n’y a que ces aventures-là qui méritent leur titre.
Mais Samaël est interrompu dans le fil de ses pensées par le contact forcé, mais chaud, et doux, de son visage contre la fourrure de l’ours.

Interdit, il reste d’abord saisi. C’est que le garçon est bien peu habitué à ce type de démonstrations affectives. Encore moins de la part d’une femme, lui qui a toujours été orphelin de mère. Cette embrassade lui évoque, tout au plus, Vaslav. Quand il le prend par le bras où tout près duquel, parfois, il vient s’asseoir. Vaslav qui est comme un frère, un ami… Aux yeux de Samaël, en tous cas. Mais Vaslav est aussi un jeune homme qui sait satisfaire son besoin d’affection ailleurs. Samaël n’est pas bête, il s’en doute. Mais lui aussi n’est pas insensible.
Aussi se laisse-t-il prendre à s’adoucir dans les bras d’Hilda. Sans pour autant répondre à l’étreinte, c’est, cela dit, non sans éprouver du réconfort qu’il la subit.

Jusqu’à s’étonner de voir Hilda quitter la banquette. Le laisser. Et surtout, fouiller dans ses choses sans demander la permission. L’air renfrogné, Samaël croise les bras.

Mais c’est plus fort lui : la curiosité. Il se demande bien quel genre d’artiste Hilda peut être.
Artiste.
Ce n’est pas la première impression qu’elle lui a laissé. Non… Il aurait plutôt cru qu’elle était de ces dames qui ne font rien, ou presque. Qui vaquent, qui papotent, qui embrassent leur mari et leurs enfants, et voilà.

Au claquement de doigts, Samaël sursaute légèrement. Puis s’incline, paupières plissées. Qu’est-ce qu’elle raconte ? Des bonbons… ? Comment c’est possible ?

- Peut-être… répond-t-il à l’offre.

Il tend la main, attrape un bonbon, l’observe de plus près, regarde Hilda.

- Un.

Samaël porte précautionneusement la sucrerie à sa bouche. Le sucre fond…

- Pas mal. marmonne-t-il. Mais c’est un truc. T’es magicienne. C’est ça ton art. affirme-t-il, pas peu fier.

Et il croque, et c’est bon, et ça salive, ça salive… Ça déborde même des commissures de ses lèvres, et sur le menton. Samaël attrape un autre bonbon qui disparaît aussitôt dans sa bouche. Il se lève. Mains sur les hanches, il fait face à Hilda.

- Toi, tu peux faire ça ?

Et lentement, il descend en grand écart jusqu’au sol.

- Et c’est rien, hein. crâne-t-il. Je pourrais t’apprendre, si tu m’apprends le truc des bonbons.

Il ramène ses jambes devant lui, s’assied en tailleur, tête levée vers sa magicienne.
Samaël
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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Ven 1 Mai - 11:22
Le cœur d'Hilda se réchauffe, brisant sa coquille qui la maintenait dans une espèce de stase mortuaire.

D'autant plus qu'elle s'aperçoit maintenant que Samaël est un petit garçon qui a manqué et qui manque cruellement d'amour. Trop jeune pour être déjà si froid. Si mature.

Mais l'enfant est toujours présent. Il ne peut en être autrement en voyant le plaisir simple qu'il a à avaler ses « bonbons magiques ». Ce qui fait naître un sourire sur le visage de la femme à la fourrure d'ours.

Puis soudainement, Samaël se lève, les mains sur les hanches, avant de s'écrouler par terre, dans un magnifique grand écart.

« Oh, c'est magnifique, petit trésor au sirop d'érable. Tu es un vrai artiste ! »

L'enfant a pris ses marques. Elle a gagné sa confiance. Maintenant qu'ils sont engagés dans une conversation où ils parlent de ce qui les intéressent vraiment, de ce qu'ils sont vraiment, la vraie conversation, celle qui est riche débute.

« Tu sais, même si je voulais faire le grand écart comme toi, je doute que je puisse encore le faire. Le temps est un ennemi impitoyable, mon petit trésor au sirop d'érable. »

Samaël se recroquille dans la position du tailleur. Il lève la tête et semble attendre qu'elle lui livre ses secrets. Mais elle n'en a pas. Il n'y a pas de tour de prestidigitation. Pas de bonbon dissimulé dans une poche secrète. Pas d'outils aux mécanismes débordant d'inventivité permettant de leurrer le public.

Car Hilda Wagner est une vraie sorcière.

« Ok. Nous allons faire comme tu dis. Tu m'apprends à danser, de cette façon nous pourrons surprendre Feliks lorsque nous arriverons. Tandis que moi, je te montre comment fonctionne mon tour. »

Elle leva son bras droit dans les airs, au niveau de son visage. Ses yeux allèrent du visage concentré de Samaël à ses doigts qui se repliaient, prêt à claquer.

« Et ensuite je claque des doigts. Et, magie, ce que je désire se transforme en sucrerie délicieuse. »

Elle ramena sa main sur son autre main, posée sur ses cuisses.

« Mais j'ai une idée un peu plus intéressante pour rendre ce voyage monotone, mon petit trésor au sirop d'érable. Nous allons sortir de la cabine et marcher un peu dans ce long train. Quand tu verras quelque chose qui t'interpellera, dis-le moi, et je le transformerais avec « ma magie ». D'accord ? »
Hilda Wagner
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Samaël
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Samaël
Jeu 28 Mai - 22:57
- Mmm… Sirop d’érable… expire le garçon assis sur le sol.

Comment l’oublier. Même en n’ayant que très rarement eu l’occasion de s’en délecter, la sève des érables, le nectar qu’on en fait, ne connait pas d’égal. On s’en souvient forcément et pour toujours.
Samaël s’en souvient aussi. L’épais sirop dégoulinant sur son menton, figé par le froid, le sirop arrimé à la fourrure de son col.
La claque derrière la tête.
Mieux vaut ne se rappeler que le goût divin de l’érable. S’il y a quelques dieux en ce monde, c’est en Amérique du Nord qu’ils ont élu domicile, car c’est là que coule leur nectar.

Tirés du sirupeux souvenir par les explications d’Hilda, les esprits de Samaël reviennent, en un claquement de doigts de magicienne, au train russe.
Un claquement de doigt.
C’est tout.

Samaël est impressionné et ne masque pas son étonnement qui se traduit sur les traits de son visage. Puis il plisse quelque peu les yeux à nouveau, croise les bras et hausse un sourcil en pinçant les lèvres.
La magie, la magie… C’est amusant, mais il n’est plus un petit garçon. À onze ans-presque-douze, on ne se laisse plus avoir aussi facilement. Samaël sait que tout a un prix, ou presque.
Assis sur le tapis, il réalise pour la première fois qu’il ne reverra sans doute jamais la pierre qu’il a avalée.
Bah! Ce n’est qu’une pierre! songe-t-il, mais qu’en serait-il si c’était l’une de ses précieuses figurines de bois, qu’il avait mangée?

Doucement Samaël décroise ses bras en écoutant l’idée d’Hilda et son visage retrouve se faisant un air plus décontracté, presque neutre. L’ongle de son index gauche entre ses dents, le jeune danseur réfléchit. Au bout de quelques secondes, il tranche :

- D’accord.

Il se relève, félin, et de suite se dirige vers la porte menant au couloir.

Mains dans les poches, toujours pieds nus, Samaël avance à pas posés dans le couloir animé et observe les alentours. Il porte attention à des détails qu’il n’avait pas vus, plus tôt, en entrant dans le train. Tapisserie, luminaires, tableaux, horloge…
Au bout d’un moment, il s’immobilise devant la porte close d’une cabine occupée. Derrière, on entend la voix d’une femme et d’autres plus aigues, des voix d’enfants. Des rires. Une mère et ses enfants, peut-être.
Samaël pointe la poignée dorée, sourire aux lèvres.

- Gentille Hilda, tu crois que tu pourrais faire de cette poignée l’une de tes délicieuses sucreries?


HJ:
 
Samaël
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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Sam 30 Mai - 7:54
Ce qui pourrait être une mère et son enfant marchent à travers les wagons. Et tandis que Samaël cherche quelque chose à transformer pour la sorcière à la fourrure, Hilda fait attention aux gens.

Il y en a peu en fait. La plupart se trouvent dans leur cabine. Certains dorment, d'autres sont froidement silencieuses. Hilda se fait alors la remarque que ce train est horriblement maussade. Sans son nouveau petit trésor au sirop d'érable, elle serait probablement comme toutes ces personnes. Des vivants morts à l'intérieur.

Puis elle s'arrête et suit des yeux le doigt de Samaël. Elle se rend compte alors du bruit derrière la porte. Une famille heureuse et chahuteuse. Un sourire s'étire sur son visage, avant de disparaître en voyant le visage malicieux.

« Si je le crois ? Et si je te montrais au lieu de converser ? »

Elle lève lentement sa main droite, préparant ses doigts prêt à claquer.

« Tu observes bien, mon petit trésor au sirop d'érable. Et, dès que tu as compris comment « mon tour de magie » fonctionne, tu me le dis. »

La porte se trouvant désormais derrière son dos, Samaël peut alors observer la poignée et la main dans le même temps.

« Prêt ? »

Puis les doigts claquent ! La poignée est toujours de couleur doré mais, si l'on rapproche son nez, des effluves sucrées s'en dégagent. Une odeur de caramel. Une texture qui incite la langue à se poser et à suçoter cette nouvelle génération de poignée de train.

C'est alors au tour d'Hilda d'afficher un sourire malicieux. Sa main appuie gentiment sur la poignée Werther's (comme le bonbon), stoppant ainsi la discussion de la famille qui se trouvait derrière. La mère, surprise par l'intrusion, demande ce qui se passe.

« Excusez-moi, chère madame. Je me promenais avec, euh, le fils de mon nouveau mari quand j'ai entendu les rires de vos enfants. »

Un grand sourire vient tuer les doutes que pouvaient avoir les enfants face à l'étrangère. Il n'y a pas de sourire plus innocent et maternel. D'ailleurs, même la mère fait taire ses craintes.

« Nous étions en train d'essayer de comprendre comment fonctionne mon « tour de magie ». Et je me suis dit qu'il était ingrat qu'un seul enfant profite du spectacle. »

Ainsi, Hilda et Samaël n'étaient plus seuls. Plus que cela, une compétition enfantine venait de se mettre en place. Ce serait à celui qui comprendrait comment fonctionnait la magie sucrée de la sorcière aux fourrures. Mais d'abord :

« Dites-moi les enfants, avez-vous goûté à la poignée de votre porte ? »
Hilda Wagner
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Samaël
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Samaël
Mar 9 Juin - 14:07
Y a-t-il des choses qu’Hilda ne peut pas transformer en sucreries?
C’est la question qui prend de plus en plus d’espace dans l’esprit de Samaël tandis qu’il observe, une fois de plus, le tour de magie.
Cela dit, ce n’est pas sans une once de déception qu’il constate que la poignée est toujours fonctionnelle alors qu’Hilda ouvre la porte de la cabine. Le diable en lui, bien que jeune, aurait aimé se trouver devant le spectacle de la petite famille prise au piège.

Peu intéressé par les présentations, il profite du tour de charme de sa compagne de voyage pour jeter un œil plus attentif sur la poignée. Il donne un coup de langue sur son index avec lequel il effleure ensuite l’objet doré, avant d’amener à nouveau son doigt à sa bouche.
C’est bel et bien sucré.

Se redressant, Samaël fait face, à son tour, aux voyageurs : une femme, un garçon un peu plus jeune que lui et une fillette, de son âge peut-être, ou presque. Il darde sur eux un regard indifférent en rangeant ses mains dans les poches de son pantalon. La fillette baisse les yeux vers les pieds nus du danseur et affiche un petit sourire amusé. Samaël détourne le regard et lève le nez.

En réponse à la question d’Hilda, les deux gamins font vigoureusement « non » de la tête. Le garçon se lève en premier et va droit vers la poignée. Samaël s’écarte. Le garçon goûte.

- ÇA GOÛTE LE CARAMEL! C’EST DE LA MAGIE!

Samaël sursaute légèrement devant tant d’enthousiasme. La mère et sa fille ouvrent de grands yeux. La fillette rejoint son frère et semble aussi ravie que surprise par la saveur de la… poignée. Et oui.
Qu’ils sont simples. Qu’ils sont ennuyants…
Le futur danseur étoile – car c’est bien ce qu’il est, et ce, on ne peut plus consciemment – coule un regard vers Hilda, se rapproche d’elle, agrippe un pan de son manteau afin de l’avoir toute à lui : son attention. Il lui fait signe de rapprocher son visage.
C’est une affaire de secret.

- Tu crois qu’on peut aller ailleurs? J’ai pas envie de jouer avec eux. murmure-t-il à l’oreille d’Hilda.

Pas envie, non plus, de partager sa magicienne. Et question que cela soit clair, du bout des doigts, il trouve la main de Hilda afin d’y loger la sienne et ose même faire un pas vers la sortie.

Depuis qu'il est ici, sous l'aile on ne peut plus permissive et complaisante de Feliks, loin de ses pensionnats tous de règles et d'ordres, Samaël a perdu l'habitude de se contraindre à faire quoi que ce soit dont il n'a pas envie. Il n'y a que son mentor, Vaslav, devant qui les caprices n'existent plus.
Samaël
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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Sam 13 Juin - 8:25
Hilda se régale de toutes les réactions des enfants. Autant de la joie de ses deux petits inconnus que de la contrariété de Samaël. Une crise de jalousie venant d'un enfant est très mignon, ce qui fait naître un sourire tandis qu'elle se laisse emporter à quelques pas de la poignée « Werther's ».

Doit-elle céder au caprice de l'enfant de son enfant, de sorte de ne pas ruiner tout le travail qu'elle a accompli jusqu'ici pour se faire accepter dans son petit cœur ? Ou doit-elle contrarier l'enfant, rester sur son idée et prendre le risque de passer le reste du voyage dans une atmosphère tendue et silencieuse ?

« Bien entendu, mon petit trésor au sirop d'érable. Nous pouvons aller ailleurs. »

Hilda s'excuse si elle a occasionné une gêne. L'autre mère lui répond que non et qu'au final, passer la première surprise, cette intervention a été un bon moyen de divertir ses enfants de la longueur du trajet leur permettant à tous de retrouver la famille.

« Je vous souhaite alors de bonnes retrouvailles. Ce fut un plaisir de converser avec vous, cela faisait longtemps que je n'avais pas pris plaisir à une chose aussi simple. Je vous remercie. Mais il est temps d'y aller, ils s'impatientent vite et déjà. »

Les deux « familles » se quittent. Hilda et Samaël s'en vont continuer leur aventure dans le longiligne train. Au-dehors le paysage est rude et froid. Ses pensées vont bon train. Elle se souvient, non sans pouvoir en expliquer la raison, le labyrinthe végétal de son ami Sigrid et plus particulièrement de l'arche au lilas rose et violet qui sent si bon.

Un sourire s'affiche alors sur un visage nostalgique.

« Dis-moi, mon petit trésor au sirop d'érable, maintenant que nous nous sommes éloignés de ces deux petits concurrents : veux-tu continuer le jeu ? Souhaites-tu que je transforme à nouveau quelque chose en une délicieuse sucrerie ? »

Spoiler:
 
Hilda Wagner
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Lun 15 Juin - 22:24

Une dame vêtue de façon extravagante (chapeau disproportionné, vêtements flamboyants de couleurs) manqua de heurter Hilda et son protégé. S'excusant, la femme continua son chemin. Mais stoppa, au bout de quelques pas, fixant son regard sur le duo.

Ses doigts tracèrent des formules dans les airs. Formules magiques muettes.

Les fourrures d'Hilda changèrent de couleur, abandonnant leur teinte naturelle pour un coloris plus... intriguant. L'ours devint tigre, un orange strié de rayures noires remplaça la fourrure nordique si chère au cœur d'Hilda. Les atours simples de Samaël ne semblaient point avoir changé. Si on omettait l'énorme ruban qui ceignait son cou, d'un bleu roi pailleté d'or.

Son forfait accompli, Cristina disparut au sein des méandres du train.

L'effet peut durer tout le long du RP ou moins, selon la volonté des joueurs.


©️ Avatar par Odori. Compte PNJ, ne pas lui envoyer de MP, merci.
Si vous souhaitez une intervention dans vos RPs.
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Samaël
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Samaël
Jeu 25 Juin - 14:28
Samaël est soulagé.
Car il a bien senti l’hésitation. Le moment suspendu… Et finalement, il a gagné.
Soulagé, donc, il resserre un peu plus fort sa poigne sur la main de Hilda et lève son visage vers elle, et lui sourit du coin de la bouche, songeant qu’il est content, de l’avoir trouvée, elle. Ou plutôt, content qu’elle l’ait trouvé, et que Feliks les ait réunis.

Pour la première fois depuis qu’il a vu Hilda, Samaël se surprend à penser à eux trois. Feliks, Hilda et lui. C’est quelque chose qui se peut. C’est un possible qu’il envisage presque avec hâte. Pour voir. C’est une curiosité, du jamais-vu, cette peut-être famille.
Famille, oui. C’est quelque chose, là, près de Hilda, sa main dans la sienne, le visage de son père adoptif en tête, qui se peut. Encore faudrait-il en avoir une idée. Une idée un peu moins floue, un peu moins rien, que celle qu’il se fait.
Il y travaille, le petit danseur, à l’ombre de ses silences, en douce.

Il hoche la tête en réponse à l’invitation de Hilda. Transformer des choses. Ça c’est amusant. Il n’était pas certain qu’elle souhaiterait encore jouer. Après tout, il sait bien qu’il ne s’est pas montré très… aimable. Enfin, il aurait pu mieux faire. Mais Samaël n’aime pas devoir s’improviser gentil garçon et se faire des amis que le temps de satisfaire les grands.

De retour dans le couloir, tout à sa contemplation des jours à venir et à sa réflexion quant à la prochaine sucrerie qu’il demandera, il ne voit pas venir la dame à l’allure extravagante. Ce n’est qu’au dernier moment, qu’il la voit. Et quand il la lâche des yeux, son regard trouve aussitôt le manteau de Hilda. Étonné, il lâche la main de la sorcière et recule de quelques pas.

- Hilda… Ton… Ton manteau…

En même temps, il porte la main à sa gorge, touche le ruban et cherche des yeux de quoi voir son reflet. Comme ils ont atteint l’extrémité d’un wagon, devant eux se trouve une porte bordée de deux fenêtres. Samaël se précipite vers l’une d’elle.

Il est beau ce ruban! Songe-t-il en souriant. On dirait un costume. À tout le moins un élément de costume. Ça lui donne des idées de danses, au garçon, mais le chant d’un oiseau s’est glissé dans l’entrebâillement de la porte de la cabine voisine. Samaël voit une idée poindre dans sa tête, mais d’abord, il se retourne vers Hilda.
Qu’en est-il de son beau manteau? Car le voici rayé comme la peau d’un tigre.

- Hilda, c’était de la magie, ça aussi? Un peu comme toi?

Et lui qui croyait avoir la seule sorcière du train à lui seul.
Samaël
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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Sam 27 Juin - 11:54
La relation s'enrichit au fur et à mesure que les doigts de la sorcière claquent dans les airs. C'est à cela que doit servir ses dons se dit-elle, à mettre de la « magie » dans les relations, dans la vie, dans le monde.

Plongé dans ses pensées chaleureuses, elle ne remarque qu'après le passage de la femme excentrique. Et seulement parce que Samaël la tire de ses pensées en attirant leur attention sur ses fourrures à elle.

« Mais- Mais- ? »

Habituée à être celle qui transforme, elle est surprise de cet inversement de rôle. Au début, elle ne sait pas si elle énervée qu'on est touché à ses précieuses fourrures, ou si elle est ravie de ses nouvelles couleurs exotiques. Ses yeux reviennent alors sur Samaël, cherchant à comprendre si ce tour de magie provient de lui. C'est alors qu'elle remarque l'exubérant nœud autour de son cou blanc.

Et elle éclate de rire. Un rire chaleureux et incontrôlable.

Lorsqu'enfin la crise hilarante passe, Hilda remarque que les bordures de sa fourrure commence déjà à reprendre son apparence d'alors. La dé-transformation est lente, elle aura alors le temps d'apprécier ses nouvelles couleurs et motifs.

« Ah, mon petit trésor au sirop d'érable, nous voilà en plein milieu d'un carrefour. Tellement de possibilités à explorer et à jouer que je crains que ce long voyage en train ne le soit pas assez. Nous pouvons nous précipiter dans ce couloir et partir à la recherche de la magicienne. Nous pouvons également passer dans la cabine suivante, continuer notre petite expérimentation. »

Elle s'accroupit et touche au ruban, comme une mère qui soigne l'apparence de son enfant chéri. Elle l'incite à se retourner pour que tous deux voient leur reflet dans la vitre. Alors, d'un sourire de maman qui sait que son enfant lui cache quelque chose, elle lui demanda avec malice :

« Mais j'ai l'impression qu'une autre idée est piégée dans ta petite tête, attendant impatiemment le moment de sortir. Dis-moi, mon petit trésor au sirop d'érable, qu'est-ce que tu as envie de faire ? »
Hilda Wagner
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Samaël
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Samaël
Jeu 9 Juil - 16:06
Le rire de Hilda est comme une musique. Heureuse et vive, la mélodie. Inspiré par son joli ruban et par la voix de sa sorcière, Samaël exécute quelques pas de danse au beau milieu du couloir du train. Cabriole, il bondit, léger, sa jambe droite tendue, la gauche la rejoint vivement, se repose doucement au sol. Il enchaîne quelques pirouettes, fend les airs, et achève cette courte prestation dans un fouetté sauté, qui vient finalement se fondre dans une élégante révérence.

Samaël est un petit danseur tout de grâce et de maîtrise. Le ballet lui est encore, à ce stade, un monstre à apprivoiser. Il le fait joliment, avec naturel. Jusqu’au jour où il deviendra lui-même cette bête merveilleuse.

Il rejoint Hilda, acquiesce vivement.
Oui, que de possibilités! Lui qui croyait se voir reclus dans sa cabine, seul, à regarder le paysage filer. Oh, bien sûr, il se serait étiré, aurait rêvassé, à demi endormi, et aurait joué avec ses figurines, les aurait judicieusement disposées le long de la fenêtre…

Mais non. À tout le moins, pas maintenant. Car Hilda est là, avec lui. Et il aime sa façon de le regarder, un peu comme le ferait une mère, peut-être. Il aime sa façon de bien replacer son ruban, un peu comme le ferait une mère, sans doute. Il aime, aussi, le reflet qui leur renvoie la vitre. Celui d’un garçon et d’une dame, un peu comme un fils et sa mère. Samaël sourit à ce garçon de l’autre côté de la vitre. Ce garçon qu’il reconnait difficilement.
Puis il se retourne vers Hilda, acquiesçant de plus bel, car Hilda a deviné. Quelque chose lui trotte dans la tête. Une idée. Une question. Afin d’y répondre, il prend la main de la sorcière, l’entraîne à sa suite dans la cabine la plus proche, celle de laquelle l’on peut entendre chanter un oiseau.

- Viens, tu verras…

La cabine est vide. Si ce n’est d’une valise noire appuyée contre une banquette et d’une cage posée sur un siège. Dans la cage : un tout petit oiseau jaune bondissant d’un perchoir à l’autre.
Lâchant la main de Hilda, Samaël s’approche à pas posés et s’agenouille devant la cage du petit oiseau qui le regarde, tête inclinée.

- Tu sais c’est quelle sorte d’oiseau, Hilda? demande-t-il dans un murmure sans lâcher le petit animal du regard.

Il l’observe un moment. Quel petit être fragile… Qu’un peu de chair et des plumes. Et pourtant cette voix! Et ces ailes repliées… Ces ailes dont il ne doit jamais se servir, ainsi prisonnier… À quoi bon avoir des ailes, si c’est pour vivre en cage?
Mais quelque chose chicote Samaël. Et c’est d’une voix douce, d’un ton presque… naïf, qu’il demande :

- Dis Hilda, ta magie, elle fonctionne aussi sur les êtres vivants?

De grands yeux et un air confus trouvent alors le visage de la sorcière.
Samaël
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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Ven 10 Juil - 21:49
Ce qui n’était alors qu’un jeu, un moment d’escapade se transforme en une situation noire. De mauvais souvenirs remontent : celui des premières fois où ses doigts claquèrent, transformant les lèvres d’une femme puis, plus tard le cerveau d’un homme en d’appétissantes sucreries…

*Des actes criminels… Je suis une espèce de démone… *

Hilda s’assoit sur la banquette, ses yeux perdus dans le jaune du petit oiseau. Elle reste comme ça un bon moment. C’est le chant du petit musicien ailé qui la fait revenir à la réalité. Avec l’innocent Samaël.

« Je ne sais pas comment s’appelle cet oiseau. Mais je sais qu’il chante aussi bien qu’il ne danse. »

Elle ne l’a pas appelé « mon petit trésor au sirops d’érable ». Le sourire qu’elle affiche, bien que chaleureux, est teintée d’une chose d’adulte. Quelque chose que l’on essaie de conserver au plus loin et le plus longtemps possible des petites aventurières d’un enfant.

« Assied-toi s’il te plaît, Samaël. »

Le moment est grave. Hilda n’a pourtant qu’un seul rêve : celui de devenir maman. Elle souhaite seulement cela : l’attention, l’innocence et les grands sourires d’un enfant pour elle toute seule. Mais un rêve n’est jamais parfait. Il y a toujours un vice caché. Dans ce cas-là, c’est devenir une personne sérieuse et froide. Une de celle qu’aucun enfant ne veut rencontrer. Une de celle qui fait que les enfants disent à leur maman « je te déteste ! ». Et ça, ça pourrait détruire le cœur d’Hilda Wagner.

« Je ne vais pas te mentir. J’ai effectivement le pouvoir de transformer les petits animaux en de succulentes sucreries… Mais cela signifie que je les tue. Tu comprends ce qu’est la mort, Samaël ? »

Son regard se pose ensuite sur le petit oiseau jaune qui ne chante plus. C’est probablement l’imagination de la sorcière, mais cette dernière pourrait jurer que l’oiseau comprend tout ce qu’elle dit. Et donc, a fortiori, comprend la menace de mort qui plane au-dessus de sa tête.

« J’espère de tout mon cœur que tu n’allais pas me demander de transformer ce pauvre petit oiseau en un bonbon. »

Elle glisse sur la banquette et se relève. Les doigts de sa main droite claquent dans les airs. L’oiseau bat alors des ailes, comme s’il était surpris de toujours être constitué de sang chaud et de plumes légères.

Hilda prend la cage et la laisse tomber sur le sol du train lancé à pleine vitesse. Les barreaux explosent dans tous les sens tandis que la liberté souffle dans les ailes du petit oiseau jaune qui se met à voleter au-dessus de leur tête.

Arrive alors un vieux monsieur. Le possesseur de la male noire et de l’oiseau jaune.
Hilda Wagner
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Samaël
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Samaël
Mer 22 Juil - 15:59
Samaël ne reconnaît pas cette Hilda, là devant lui, qui s’assied sur la banquette, soudain autre, comme si la sorcière des instants d’avant avait cédé sa place à une femme qui semble venir d’ailleurs, de loin, une femme que Samaël ne soupçonnait pas, dans les yeux de sa Hilda. Pris au dépourvu par cette réaction inattendue, le garçon obéit et s’assied auprès de la sorcière comme auprès d’une bête endormie : précautionneusement.

La mort?
Samaël acquiesce.
Oui, la mort, il sait. C’est…

- Quand Dieu décide qu’on retourne dans sa maison dans le ciel que le Christ a ouvert la porte pour les bons chrétiens que nous sommes et qu’on ne revient plus jamais sur la Terre alors on a pas besoin de notre enveloppe charnelle qui pourrit derrière. Je sais c’est quoi la mort.

Se grattant la narine, il tient à ajouter :

- Même que moi, je préfère la vie. Il baisse la tête, lâche son nez, se triture les ongles. Pardon, Hilda.

Il ne peut pas lui dire qu’il lui aurait peut-être demandé de transformer le petit oiseau. Petit oiseau, d’ailleurs, qu’il n’ose plus regarder, coupable qu’il est. Même si ce n’était que par curiosité, il ne peut pas lui dire, pas maintenant qu’il voit bien qu’il risquerait de tout gâcher et de perdre la complicité de sa sorcière, de perdre, peut-être même, son affection.

La cage qui se fracasse fait sursauter Samaël. L’étonnement imprégné au visage, il lève les yeux vers l’oiseau voletant gaiement dans la cabine. Puis regarde Hilda. Il n’aurait pas pensé, n’aurait jamais soupçonné ce qu’elle ferait.
Mu par l’habitude acquise auprès de sa compagne de voyage, il se penche afin d’attraper une fraction de barreau et de la porter à sa bouche. Mmm… Ça goûte la canne de Noël.

- Honey! Mon petit Honey!

Le vieux monsieur qui vient de les rejoindre lève les bras vers le plafond, tentant vainement d’attraper l’oiseau surexcité.

- Mais pourquoi! Qu’avez-vous fait! Ma femme va me tuer!

Son bonbon tombant à ses pieds, Samaël, sans réfléchir, bondit vers la fenêtre et, appuyant son pied sur la banquette, empoigne la poignée et ouvre d’un coup. Aussitôt l’air frais s’engouffre à l’intérieur et l’oiseau, lui, fuit d’instinct vers l’extérieur, disparaît, emporté par le vent, poussé vers le ciel. Le vieil homme se précipite, passe le haut de son corps par la fenêtre, cherche des yeux son canari.

- NON!

Une main sur le cœur, essoufflé, il semble se calmer au bout d’un moment et se laisse lourdement choir sur un siège. Ayant recouvré, partiellement, son souffle, il jette à Samaël un regard noir.

- Et tu crois qu’il survivra comment, dans le froid de la Russie? Levant les yeux vers Hilda. Votre garçon, madame, c’est lui qui devrait être tenu en cage.

Mourir en cage ou mourir de froid…
Samaël hausse les épaules, s’accroupit, attrape un nouveau barreau de sucre et s’accoude contre le rebord de la fenêtre ouverte en dégustant son butin. Le froid ne l’incommode pas. Ou plutôt, il s’en fiche. Quand bien même il attraperait la crève, ça lui ferait une raison de plus pour qu’Hilda s’occupe de lui. Alors oui, il tourne le dos à ce vieil idiot. Il s’en fiche bien, de se faire sermonner. Surtout par un inconnu. Et puis, comme ça, il peut sourire en paix, à l’abri, en songeant qu’il a dit « votre garçon », le vieux.
Samaël
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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Sam 25 Juil - 7:32
Si Samaël n’avait pas reconnu Hilda, l’opposé avait été également vrai. Ses yeux s’étaient légèrement agrandis tandis que sa bouche s’était ovalisée de surprise. La façon dont il parlait de la mort avait quelque chose de… triste. Hilda eut envie de le serrer dans ses bras pour lui donner du réconfort. Lui mentir si besoin… comme le font toutes les mamans.

Mais elle n’en fit rien car un grand sourire chaleureux illumina son visage lorsque son petit trésor au sirop d’érable lui dit « qu’il préférait la vie ».

Puis tout alla très vite. L’intrusion du vieil homme. Le ballet aérien de l’oiseau. Le geste de Samaël. Les cris du vieil homme. Le froid aspirant le fragile oiseau. Et enfin le repli sur soi-même de Samaël.

« Monsieur, je vous prie de nous excuser. Moi et mon…

Elle tourna la tête vers Samaël, se souvenant de la manière dont le vieil homme l’avait appelé…

-garçon tentions une expérience. Cette dernière nous a amené dans votre cabine où il a appris une grande leçon de vie. Je- »

« Mais je m’en fous de tout ça, moi ! Qu’est-ce que je vais dire à ma femme ? Vous avez tué mon oiseau ! Mon Honey ! »


Le vieil homme pestait. Il alla devant les restes de la cage et porta les mains au ciel. Enfin, au plafond de la locomotive qui continuait à braver le froid. Il se rendit ensuite près de la fenêtre qu’il ferma, faisant ainsi taire les plaintes du vent. Puis il revint se poster juste devant Hilda. Sa bouche s’ouvrit pour crier encore. Mais aucun mot n’en sortit. Son visage passa de l’incompréhension du phénomène qu’il observait, à la surprise pour finir par une colère teintée de peur.

« Sorcière ! SORCIÈRE ! »

Le doigt pointé, accusateur, visait les fourrures d’Hilda qui était toujours sous le contrôle du sortilège. Le vieil homme se rendit auprès des restes de la cage. Avec douleur et craquement, il plia son genou pour récupérer un morceau de barreau. Qu’elle ne fut sa surprise en découvrant sa main collée au sucre !

« Sorcière ! SORCIÈRE ! »

Hilda se précipita vers Samaël. Elle lui prit la main de force et l’emmena dans l’urgence ailleurs qu’ici. Au début, elle ne réfléchit pas. Son objectif était de s’éloigner un maximum de ce vieux fou hystérique. Ils se dirigeaient donc vers leur cabine où ils s’étaient rencontrés.

Mais est-ce que cela serait un refuge sur ?
Hilda Wagner
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Samaël
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Samaël
Mer 5 Aoû - 18:23
La pauvre Hilda se démène pour lui, songe Samaël près de la fenêtre. Et comme il soupire, son ruban s’envole, lui aussi emporté par le vent. Ç’en est terminé du costume. Il ne reste plus que l’orphelin.
Orphelin.
C’est un mot qu’il oublie souvent et auquel il a du mal à s’associer. Peut-être parce qu’il a toujours eu le sentiment de l’être, orphelin.
Mais il reste que le vieillard a bel et bien dit « votre garçon ». Et est-ce qu’un fils digne de ce nom laisserait sa mère, sa chère maman, affronter seule la colère d’un méchant bonhomme? Non!
Abandonnant son perchoir, Samaël volète jusqu’aux côtés de Hilda. Et fronce les sourcils, insulté, lorsque l’autre pointe méchamment son doigt vers elle, à sa sorcière oui, mais gentille sorcière.

Si Hilda ne l’avait pas entraîné à l’extérieur de la cabine, il lui aurait montré, à ce vieux croûton, et l’aurait même envoyé valser par la fenêtre. Ruminant sa vengeance, il se laisse tout de même guider jusqu’à la case départ.

Une fois à l’intérieur de la cabine, il croise fermement les bras, planté devant la porte close. Il voudrait lui dire, à Hilda, combien le vieux n’était qu’un imbécile et comment il aurait pu le jeter par la fenêtre, qu’il aille rejoindre son oiseau, tient.
Mais non. Plutôt, il reste planté là, crispé, l’air frustré et impatient à la fois. Impatient car incapable de dire. Incapable de faire. Capable de rien. Sinon de penser qu’il ne savait pas, que l’oiseau mourrait sûrement de froid… Qu’il a fait semblant que ça ne lui faisait rien, mais qu’en vérité…

Samaël renifle et essuie les larmes qui s’échappent de ses yeux. Mais elles répètent leurs assauts et se font plus insistantes encore. Bientôt, ce sont même des sanglots, qui le prennent à bras le corps, impossibles à chasser, à ravaler. Alors, il traîne ses pieds et sa mine basse jusqu’à Hilda, passe ses bras autour d’elle et enfouit son visage dans son manteau en pleurant à chaudes larmes. Comme il ne le fait jamais. Comme il ne le refera plus. Mais là, maintenant, c’est trop tard. Sans compter la fatigue.

- Tout ira bien quand on aura rejoint Feliks, hein Hilda? Commence-t-il, la voix entrecoupée de hoquets. Lui il sait que t’es une gentille sorcière, pas vrai? Et on sera que tous les trois dans sa maison et on fêtera Noël et je te ferai un présent… Et… on mangera des bonbons… Et de la tire au sirop d’érable sur la neige…

Les sanglots s’amenuisent graduellement, mais Samaël garde son visage contre Hilda, et ses doigts ne démordent pas du manteau. Paupières closes, il s’imagine disparaître dans la peau de l’ours. Au chaud, à l’abri.
Samaël
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Hilda Wagner
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Hilda Wagner
Ven 7 Aoû - 6:57
L'abandon total de Samaël dans ses bras provoquent chez elle deux sentiments forts. Le premier est un grand bonheur. Eux qui n'étaient que deux étrangers au début de ce voyage ont noué une relation très forte en si peu de temps. Sans compter qu'elle a l'impression qu'une telle manifestation de proximité accompagné de chaudes larmes n'est pas événement anodin pour le « froid » Samaël. Hilda est très heureuse. Son amour maternel a réchauffé le petit cœur alors glacé de son nouvel enfant.

« Bien entendu que tout ira bien lorsque nous serons tous les trois avec Feliks. Tu verras, nous aurons une belle vie où il sera question de grands spectacles et de bonbons magiques. »

Le deuxième sentiment fort que je ressens Hilda est de la tristesse. D'abord pour une raison évidente : son cœur de maman ne supporte pas de voir un enfant triste. Mais également pour une raison diffuse, abstraite. Quelque chose qui à corps avec avec un futur certain. De mauvais vibrations qui émanent de son instinct de femme.

*Faites que mon passé de maléfique sorcière ne me rattrape... Pas là-bas... Pas alors que je viens de trouver une nouvelle famille... S'il vous plaît. *

Les lèvres d'Hilda se rapproche de l'oreille de Samaël tandis qu'il est toujours plongé dans ses fourrures qui ont perdu toute étincelle de magie fantaisiste. Elle lui chuchote alors ses quelques mots :

« J'ai hâte de déchirer le papier du présent que tu vas m'offrir. Je suis sur que ce sera un magnifique cadeau. Mais je crois qu'il est temps que tu prennes du repos maintenant. »

Ses yeux s'enfuient quelques instants derrière les vitres du train. La nuit commence à ses disperser. Mais cela ne veut pas forcément dire quelque chose dans un pays où les cycles du soleil et de la lune semblent déréglés comparés à la vie que mènent ces astres dans les pays dits « civilisés » : ceux de l'Ouest.

« Tu devrais prendre du repos maintenant. Je suis certaine que tu es fatigué, surtout après tout le chemin et toutes les expériences que nous avons vécus dans ce train. »

Sa main vient se poser dans ses cheveux alors que son autre bras vient enlacer le corps du danseur. Elle ne veut plus le quitter. Elle veut le garder dans cette position. Cela fait si longtemps qu'elle n'a pas connu autant de calme et de sérénité.

« Dors dans mes fourrures, mon petit trésor au sirop d'érable. Dors, et lorsque tu te réveilleras, Feliks te souhaitera la bienvenue les bras grands ouverts. »

Ses lèvres viennent finalement déposer un baiser dans ses cheveux. Celui que l'on laisse pour souhaiter bonne nuit et tuer les cauchemars avant même qu'ils n'endossent leur rôle de monstres mangeurs de petits enfants.
Hilda Wagner
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Lun 7 Déc - 22:06

Ce fut, dans le réconfort chaleureux des fourrures, que Samaël s'endormit. Bercé par les roulis du train, l'enfant ne pouvait partager les craintes de la sorcière qui, elle, espérait que le passé ne la rattraperait pas.

RP clos


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