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 [Mars 03]Violon, préjudice et solitude

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L'ombre
Jahan Shah Farvahar
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MessageSujet: [Mars 03]Violon, préjudice et solitude   Jeu 16 Avr - 0:01
Valencia, 10 mars 03



Ma très chère Stella,

Quel malheur, quel malheur, ma chère. Que n’ai-je point offenser Dieu pour mériter un tel châtiment ? Notre majordome, celui conseillé par la baronne d’Alicante, a complètement ruiné la fête organisée à l’attention des falles. Lorsque je lui ai commandé d’organiser la soirée, il a envoyé nos invitations jusqu’à l’Empereur d’Autriche et celui-ci, par égard pour mon époux sans doute, a accepté. La nouvelle m’aurait transposé de joie et d’honneur si notre invité d’honneur actuel n’avait pas décidé de prolonger son séjour ! Nous avons la chance de recevoir le Prince Tayeb, fils du Sultan Shahryar, durant sa visite espagnole.

Imaginez-vous ma chère la catastrophe à venir ? Comment puis-je décemment annuler la venue de l’un ou l’autre ? Il m’est même impossible de renvoyer l’imprudent, source de mon tourment, pour le moment. Comment pourrais-je dénicher un majordome à l’aise avec notre demeure et avec de bonnes références en aussi peu de temps ?

A défaut, nous avons réorganisé notre propre installation pour séparer les Autrichiens des Ottomans, les faisant loger dans des ailes opposées du manoir. Pour nous faire pardonner, nous avons commandé à la hâte plusieurs présents pour nos hôtes d’exception. Pour son Altesse l’Empereur d’Autriche, nous avons réussi à acquérir, en de si brefs délais, des partitions originales de différents compositeurs, deux tableaux de paysages d’un artiste local, Pablo, sans grande renommée, mais au talent incontestable, à découvrir. Je vous emmènerai d’ailleurs visiter son atelier à votre prochain passage à nos cotés. J’ai pensé à ajouter une petite attention pour sa fille : Un coffret à musique ravissant dans lequel j’ai fait glisser une fiole d’un parfum portant son nom. Les notes printanières de cerises et lys conviendront parfaitement à une jeune fille. J’en ai gardé un flacon que vous puissiez essayer. Seigneur, j’ai tellement hâte que vous me rendiez visite à nouveau mon amie.

Les présents pour le jeune prince ottoman furent plus simples à rassembler. Nous avons préparé plusieurs ouvrages scientifiques et quelques inventions dont nous avons l’exclusivité dont un merveilleux télescope. Je n’y entends rien à ce genre d’invention, mais mon époux m’a assuré que les modifications apportées à l’instrument raviront notre hôte. Saviez-vous que le Prince, pas encore 18 ans, avait déjà sept épouses ? Je ne comprendrai jamais les musulmans et leurs façons. Toutefois, je me suis permise d’ajouter un nombre important d’étoffes précieuses et un flacon de parfum pour chacune d’entre elles, le même parfum que nous vendions dans les boutiques de Père, simplement dans un flacon glorifié de cristal et d’or.

Mon Reinhart a réussi à convaincre son frère de quitter Vienne pour l’occasion. Le jeune Carl est un violoniste virtuose et refuse normalement catégoriquement de quitter l’Académie. Je ne doute pas en instant que son talent vous soit connu à une femme de goût tel que vous. En jouant de mes contacts, j’ai réussi à apprendre que le Prince se passionne pour le violon. Peut-être est-ce là le terrain d’entente à mettre en avant pour éviter une catastrophe entre les deux pays et de mettre l’Espagne au milieu. Douces illusions qui ne me bercent guère, j’espère toutefois réussir à garder la situation civile. Peu m’importe finalement qu’ils s’ignorent, tant que nos relations ne s’en retrouvent pas mauvaisement affectées.

Avec impatience, j’attends votre courrier retour et vos conseils, mon Amie.

Votre Dévouée,
Camelia


Quelques jours plus tard…


Le Prince avait choisi Valence pour sa proximité avec la mer et sa réputation de ville des arts. Il aurait préféré visiter l’Autriche et sa Vienne, mais la situation entre nos deux pays ne lui permettait guère l’insolence de fouler le sol de l’empire ennemi. Du moins, pas sans de sérieuses tractations. Ironiquement, notre principal partenaire d’affaires, nous avions investi assez largement chez un constructeur de navire volant, était un aristocrate autrichien. Bauer avait toutefois fait fortune en réinvestissant dans la technologie des navires volants les capitaux qu’il tenait de son épouse, la fille d’un richissime parfumeur espagnol et unique héritière. Et heureusement pour nous, son fief se trouvait à Valencia et non à Linz dont il était originaire.

Debout sur un escabeau, le prince pestait. Un tisserand madrilène reprenait les vêtements occidentaux qu’il avait confectionnés pour coller à la lubie de Tayeb de parcourir l’Europe en singeant leurs manières et façons. La déconvenue du pantalon étroit et du corset nécessaire pour suivre la mode avaient eu le mérite de reléguer l’idée saugrenue aux oubliettes. Brusquement, il congédia le tailleur dans le couloir en même temps que son conseiller, Khassim , un vautour sinistre mais efficace, et son garde-du-corps chauve, Mork, une force de la nature, efficace pour protéger le Prince mais un brin idiot. Une fois seul, Tayeb tira les rideaux de la pièce et se tourna vers le mur.

- Sors. Je m’ennuie.

Lentement, je m’extirpai du mur pour reposer les pieds sur un sol palpable. Le prince s’approcha de moi, remplit nonchalamment une coupe d’eau et me la tendis. Je m’en saisis et la vidai d’une traite. Il coula ensuite un regard sur sa tenue suivie d’un signe de tête. Habituées, mes mains s’affairèrent alors à le dévêtir. Puis, j’enfilai par-dessus sa tête sa gandoura d’une blancheur immaculée. Je posais ensuite le keffiyeh puis l’agal sombre afin de retenir le premier. Il s’allongea ensuite au bout du lit, sur le coté, une main sous la tête.

- Je t’ai préparé un cadeau pour notre anniversaire. Va chercher le marchand ou tailleur.

Obéissant, je me dirigeai vers la porte et insufflais dans le chambranle de celle-ci un sortilège temporaire de confidentialité. J’avais développé celui-ci afin que personne ne puisse jamais révéler mon existence auprès du prince. J’entrouvris ensuite la porte et invita l’homme à reprendre les essayages. En m’apercevant, il me dévisagea longuement, un peu interdit tandis que je refermai la porte derrière lui. D’un geste de la main, je l’invitai à avancer et esquissai un sourire navré. Mon prince nous révéla alors mon présent d’anniversaire. Des vêtements neufs et le droit de passer ma soirée à mon gré. En cas de question, le marchand me présenterait comme un client ottoman qu’il avait amené pour rencontrer sa majesté contre une forte somme d’or. Je retrouvai à mon tour à l’essayage et reprise avant que Tayeb ne me congédie purement et simplement pour se fourrer dans un bouquin reçu.

Ainsi, depuis la première fois depuis presque 10 ans, je me retrouvai seul. Désemparé au milieu du grand jardin espagnol, je n’avais aucune idée de qui j’étais, de ce que je devais faire, ce que je pouvais faire. Droit, la main sur le pommeau, immobile et silencieux, j’écoutai de plus en plus fasciné la répétition du violoniste derrière la grande fenêtre éclairée.




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MessageSujet: Re: [Mars 03]Violon, préjudice et solitude   Ven 17 Avr - 15:24

L'empereur Friedrich Franz Edelstein avait reçu une invitation pour une fête, à l'attention des falles. Cela étonna l'empereur. Mais l'invitation venait d'un noble Austro-hongrois qui avait établi résidence en Espagne. Par égard, et par respect envers un membre de son peuple, l'empereur accepta.

Le jour était venu de se rendre en Espagne, L'empereur avait décidé de s'y rendre en navire volant, le voyage serait ainsi plus court. En moins de deux heures l'empereur était sur place et accueilli correctement. L'empereur demanda à ce qu'on le conduise lui, ainsi que son haut conseiller Ronove et le chef de sa garde rapproché Schlange, à la suite qu'on lui avait préparé.

Les domestiques obéirent immédiatement. La chambre était pleine de surprises. Différents présents avaient été déposés à l'attention de sa personne. Il avait du goût et avait su bien choisir, cela il devait l'avouer. Il y avait aussi un présent pour la princesse Maria Elisabeth. Cela lui ferait sûrement plaisir.

L'empereur demanda à Ronove d'ouvrir la porte qui mène au balcon, pour qu'un peu d'air frais prenne possession des lieux. Friedrich se dirigea vers le balcon, la vue était à son goût.

— Finalement, certains Espagnols savent faire preuve de raffinement, dirait-on.

L'empereur retourna dans la chambre, quand quelques notes de violon titillèrent ses oreilles. Le son n'était pas désagréable et semblait venir de l’étage inférieur. Friedrich ne pouvait résister à l’appel de découvrir qui jouait de la sorte.

— Ronove, vous restez ici. Schlange vous m'accompagnez. Nous allons trouver ce violoniste.

L'empereur avança doucement, découvrant l'architecture des lieux. L'empereur Austro-hongrois n’était pas spécialement friand de l’architecture de cette demeure. La musique était de plus en plus proche. L'empereur et son garde du corps durent passer par les jardins pour se rapprocher de la musique. Une personne se tenait là. Un basané.

— Tss, on dirait que, finalement, les Espagnols s'attachent de mauvaises connaissances.

Friedrich avança vers cette homme basané. Il allais devoir s'abaisser à lui adresser la parole.

— Salutations. L'empereur austro-hongrois que que je suis se demande ce qu'une personne telle que vous fait ici, dans le même lieu que notre noble personne !

Les politesses avec un basané lui arrachaient la gorge. Mais après tout c’était peut être un domestique qui menait une pause durant son travail.

HRP:
 


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MessageSujet: Re: [Mars 03]Violon, préjudice et solitude   Mar 21 Avr - 22:45
Dodelinante, ma tête suivait les mouvements de l’archet frottant les cordes. De concert, mon cœur battait au même rythme que la mélodie. De sombres et discrètes, les notes s’envolaient claires et aigues. Frétillantes et triomphantes, elles prenaient de l’ampleur et s’arrachaient à leurs ténèbres. Elles dansaient loin, si loin des basses considérations, là-haut où la Lumière baignait le monde. Machinalement, j’étendis la main vers elles. Stupidement. Aveuglée par la clarté, la musique ne pouvait guère s’abaisser et s’engluer dans les abysses pour mon seul bénéfice. Personne ne porterait d’attention à la nuit environnante aussi chaudement installée, aussi choyée. Amoureux éconduit, je restais seul debout et immobile au milieu d’un jardin aux mille senteurs. Peut-être finirait-elle par m’apercevoir et m’inviter à jouer, danser, rire et chanter à ses cotés. En attendant ce jour espéré, je me retrouvais marionnette aux fils coupés, incapable de savoir qui j’étais, ce que je voulais et comment distraire la tempête menaçante au creux de mon ventre.

Brusquement, quelqu’un m’interpella. Je sursautai légèrement. Ou plutôt j’en bondis presque de joie. Quelqu’un me voyait ! J’aurai pu à cet instant-là, m’approcher de cette personne, et l’embrasser chaleureusement pour la remercier, agitant ses mains comme l’on secoue un dattier. Hélas, le phrasé et la présentation me rappelèrent bien vite à l’ordre. Pour ma première nuit de semi-liberté, la vie m’avait accoquiné avec l’empereur détesté par mon souverain. Avec politesse, je m’inclinai bien bas. Quelle était ma couverture en cas de découverte déjà ? Un jeune marchand ? Oui, quelque chose comme ça. Pourtant dans mes manières policées, le maintien rigoureux et martial, la légère nonchalance du geste, je savais que je ne transmettais guère le servile exigé pour mon rôle de l’instant. Ne pouvant décemment resté silencieux, il me posait une question après tout, je répondis d’un ton poli.

- Votre Altesse Impériale, nous vous prions d’excuser notre présence et no… je vous adresse mes meilleurs salutations. Je ne souhaitais nullement vous déranger, juste profiter du calme des jardins et de la musique.

Ma voix s’éraillait. En plus d’être encore en pleine croissance, je n’avais guère l’habitude de prononcer autant de mots à la fois. Comment devais-je agir ? L’Autriche-Hongrie n’était pas un ennemi de mon peuple à proprement parler, mais la haine de leur souverain à l’égard des djinns n’était pas méconnue. Parmi les esclaves du sultan, j’avais ouï les rumeurs de son labyrinthe tentaculaire où il regardait les djinns souffrir en riant. Peut-être y avait-il là quelques vérités larvées, j’estimais néanmoins que les racontars avaient surtout vertu à dédramatiser notre condition. Armé d’un sourire courtois, je me risquais à un commentaire supplémentaire :

- J’ai appris que le violoniste en question fréquentait l’Académie viennoise et était le frère de notre hôte. Je découvre les merveilles de l’Art austro-hongrois et, pour le moment, leur réputation n’est point usurpée.




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MessageSujet: Re: [Mars 03]Violon, préjudice et solitude   Ven 24 Avr - 20:46

En voilà une surprise. Un basané poli et éduqué qui, apparemment, connaît le protocole pour s'adresser à sa noble personne. Cela eut un effet visible sur l'empereur qui afficha un visage bien étonné.

Mais la plus grande surprise était qu'il appréciait les arts de son empire. Est-ce là une ruse pour mieux l’approcher et s'en prendre a lui ? Possible. Mais Schlange était là pour veiller à la sécurité de l'empereur Austro-hongrois. Friedrich prit le partis, pour le moins surprenant, de donner une note de son temps à cette personne.

— Nous connaissons en effet cette personne. Elle a une très bonne réputation à l’académie des Beaux-Arts. Il a un grand avenir de violoniste, s'il persiste. Mais son jeu n'est pas encore parfait je dirais. Il lui manque une certaine chose qui rend tout grand musicien envoûtant.

L'empereur fit quelque pas en la direction de cette personne qui, il devait l'avouer, l'intriguait. Peut être que tous ces basanés n'étaient pas tous des sauvages qui ne connaissaient rien des bonnes choses de la vie. Friedrich, intrigué, allait voir, un peu plus, ce qui se cachait derrière cette peau colorée. Une âme de sauvage ? Ou une âme d'homme ?

— Avant tout, dites-nous comment vous nommez-vous ? Vous nous connaissez, mais nous ne savons même pas votre nom ! Vous appréciez cette musique, de ce que je constate. Vous aimez la musique classique ou uniquement le violon ?

L'empereur allait faire un test. Qui sait si cela aurait un impact sur ce qu'il pensait de ces personnes.

— Si c'est le violon que vous aimez, nous pourrions vous faire écouter une musique plus … passionnée. Bien que cela dépende des goûts et des couleurs, notre personne a une très bonne réputation de violoniste. Si nous nous sentons de bonne humeur, et que vous appréciez notre musique, peut-être pourrons nous vous apprendre une ou deux leçons de violon, si cela vous intéresse.


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MessageSujet: Re: [Mars 03]Violon, préjudice et solitude   Sam 25 Avr - 0:59
Pas parfait ? La musique était-elle comme les passes d’armes ? A exercer avec zèle pour la polir du moindre défaut ? Jusqu’à présent, profane, je n’avais écouté et observé les musiciens que pour l’émotion suscitée et la mélodie. Mais peut-être oui, qu’il fallait aussi apprécié la précision, la rigueur et la beauté du Geste. Curieux, je me demandais quel était le fameux ingrédient secret pouvant rendre la Mélodie plus envoûtante encore.

La question suivante me perturba franchement. Quelle réponse devais-je fournir à une altesse impériale austro-hongroise ? Le plus simple si je voulais mentir par la suite pour m’épargner des problèmes consistait à coller au mieux à la vérité.

- Je ne saurais vous dire, Votre Altesse Impériale. J’ai oublié le nom que me donnèrent mes parents. Je porterai le nom qu’il vous conviendra.

Ombre de Tayeb, mon maître n’avait pas besoin de me nommer. Entremêlés, ses souvenirs, ses façons, ses moindres gestes, une partition à laquelle je répondais sans qu’il ait besoin de me nommer. D’avant, je me souvenais du soleil et de la caresse du vent, des secousses provoqués par le rire d’un homme qui m’enfermait dans ses bras en tournant, de Negin qui chantait en pleurant, d’une femme comme un soleil lointain, inaccessible. Mais pas de nom. Les doigts crochus l’avaient arraché en même temps que tellement de choses. Un instant, je marquai un silence sans doute un brin gênant. J’ignorai si la réponse convenait mais à dire vrai, j’ignorai aussi ce que j’aurais pu affirmer d’autre. Je me rappelai naturellement aussi que j’étais un djinn. Je ne tenais toutefois pas l’information d’un souvenir quelconque. Je le ressentais simplement au fond de moi aussi sûrement que j’aimais la musique.

- J’aime la musique en générale. Le Violon particulièrement, il est vrai. J’aime beaucoup les œuvres de Vivaldi. Mais j’apprécie Chopin aussi, ses Nocturnes principalement. L’un comme l’autre sont des compositeurs de génie.

Tayeb ne se sentirait plus de joie s’il pouvait lui passer un instant avec l’Empereur austro-hongrois, que la rumeur qualifiait effectivement de grand musicien. Tayeb aurait sans doute des ennuis pour simplement penser cela. Mais je n’étais pas l’Ombre ce soir, aussi pouvais-je accepter sans crainte d’entacher ou mécontenter, non ?

- Cela serait un grand honneur de vous entendre jouer, Votre Altesse Impériale. Néanmoins, je ne suis Personne et je ne voudrais pas voler de votre temps. Pourtant, j’aimerai, oui, apprendre à jouer.

N’avais-je pas le droit à une nuit de liberté ?




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MessageSujet: Re: [Mars 03]Violon, préjudice et solitude   Sam 25 Avr - 17:47

Curieux individu que cet ottoman. Lui aurait-on menti toutes ces années au sujet de ce peuple, lui inculquant une haine viscérale, simplement pour suivre une tradition ancestrale ? Friedrich demeurait tout de même sceptique, sur ses gardes. Il n'oubliait pas pour autant Farah, la djinn qui l'avait maudit. Allez savoir. L'homme en face de lui n'était peut-être autre que son fils. Ou un comparse de se pirate Solal

Il allait falloir jouer de prudence.

— Personne, dites-vous ? Vous prendriez vous pour Ulysse qui, face au cyclope, se targua de n'être Personne pour pouvoir le tromper ? Mais peut-être ne connaissez vous pas l'histoire. Nous vous la raconterons, si vous le souhaitez. 

Nommer quelqu'un, même simplement le surnommer, n'était pas une tâche aisée. Un nom était lié à l'identité, il forgeait l'esprit.

Friedrich fit signe au musicien, derrière la fenêtre, de l'ouvrir. Les deux hommes échangèrent brièvement quelques mots jusqu'à ce que le violoniste ne donne son instrument à l'empereur, avec une révérence. Friedrich observa l'instrument sous toutes ses coutures, l'accordant. Le propriétaire s'était posté à la fenêtre ouverte, probablement curieux d'entendre le jeu de l'Austro-Hongrois.

— Nous vous nommerons Geige, à défaut de connaître votre nom de baptême. C'est le nom que nous donnons au violon dans notre langue. 

L'empereur positionna le violon sur son épaule, glissant l'archet sur les cordes.

— Chopin et Vivaldi sont de très bons compositeurs, nous en convenons. Mais je vais vous faire connaître la composition d'un grand homme qui mérite qu'on s'y attarde. Franz Schubert. »

La musique étant plus forte que les discours, Friedrich se mit à jouer. Plongé dans son jeu, l'empereur ferma les yeux, oubliant tout. La présence du public, les jardins, le monde, la réalité. Ne restait que la composition, les notes jouées, l'archet qui dansait sur les cordes avec vivacité, et le son qu'il produisait,

Quand la dernière note résonna, l'empereur revint, seulement, à la réalité. Friedrich tendit le violon et l'archet au djinn.

— A vous d'essayer. Je vous guiderais. 


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Dernière édition par Friedrich Franz Edelstein le Lun 27 Avr - 13:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Mars 03]Violon, préjudice et solitude   Dim 26 Avr - 1:19
- La référence à l’Odyssée n’était pas dans mes intentions, mais j’admire votre Altesse Impériale pour avoir établi aussi rapidement le parallèle.

Point là de flagornerie, à ma mine perturbée, un observateur attentif comprendra sans doute que j’étais un tantinet jaloux de ne pas avoir pensé à ce trait d’esprit moi-même. D’autant plus qu’une large partie des terres helléniques appartenaient à l’Empire Ottoman. Passif, respectueux, j’observai l’échange entre le jeune Carl et son empereur. Le jeune homme s’inclinait à de multiples reprises. Tellement flatté, le rose emplissait ses joues pâles. Un instant, il me parut bien plus jeune que moi. Puis, je constatais les longs favoris blonds et la moustache encore naissante au-dessus de ses lèvres. Intimidé, le violoniste se gênait surtout de sa tenue inappropriée devant son souverain. Après tout, nous le dérangions pendant ses répétitions solitaires. Je m’inclinais avec politesse devant le frêle artiste pour toutes salutations.

- Geige. Geige. Geige.

Répétais-je plusieurs fois, laissant rouler les sonorités sur ma langue, jusqu’à m’accorder au mieux avec le ton de l’empereur pour le prononcer de manière correcte.

- Le nom me plait. Merci votre Altesse Impériale.

Il me plaisait vraiment. C’était un nom gai, loin du rôle d’une Ombre. Un violon pouvait faire pleurer, rêver ou sourire. Parfois même, il invitait à la danse. Satisfait, je hochai la tête et souris. Nul besoin de préciser à mon interlocuteur l’improbabilité d’un baptême : A force d’écouter, je connaissais parfaitement la haine des européens à l’égard des religions différentes.

A la mention de Schubert, je hochai simplement du chef. Hormis sa nationalité, je ne connaissais rien du compositeur. Aussi me contentai-je de découvrir.

Et quelle découverte !

Les violonistes ayant séjournés au palais impérial n’arrivaient pas à la cheville de l’Autrichien. Même ma douce Abigale adorée, bien qu’elle n’a jamais revendiqué être une musicienne de talent elle-même, j’étais pourtant vendu à sa cause. Happé dès les premières notes, je suivis avec attention le mouvement de ses doigts sur les cordes, le frottement de l’archet. L’air printanier aux accents presque ingénus peignait un sourire sur mon visage. Avec les notes renaissaient les pas d’un enfant suivant le cours d’un ruisseau jouant entre les pierres. Il y avait une nostalgie lointaine, celle de l’innocence et l’insouciance perdue. Pourtant le thème central revenait inlassable, comme un espoir de renouveau.

Très naturellement, j’applaudis l’artiste et glissais une série de remerciements sans queue ni tête. Aussitôt le violon dans les mains, je m’empressais de retirer mes gants et en pris la mesure du bout de doigts. Flirtant avec les contours, je caressai le bois. Il me semblait alors plus beau, plus précieux que l’instrument offert à Tayeb. Révérencieux, je n’osai guère, dans un premier temps, pincer les cordes comme si provoquer un son briserait la magie de l’instant : Ma première leçon. La première qui n’appartenait qu’à moi. La première fois que je jouerai vraiment de l’instrument, que je ne serais pas juste l’ombre du musicien. L’émotion que je ressentis alors, personne ou peu s’en faut ne pourrait réellement la saisir. La joie, mais aussi soulagement. Brusquement, je vivais. Brusquement, l’empereur pourtant ennemi me poussait dans la lumière. Je voulais rire et pleurer. Mais un homme, un prince, ne pouvait se permettre de se laisser aller à tant d’émotions devant des spectateurs.

L’instrument trouva sa place nichée entre les étoffes précieuses de ma tenue et ma peau presque fiévreuse. Je redressai l’archet presque comme une lame au garde-à-vous, parfaitement solennel.

Les premières notes furent laborieuses. Pénibles même. Stridentes.

Je grimaçai, déplaçai mes doigts sur les cordes, m’accordais avec l’instrument durant une série de portées. Je connaissais les gestes pour les avoir pratiqué durant des heures chaque jour depuis l’arrivée d’Abigale. L’anglaise avait décrété qu’un homme du monde se devait de jouer d’un instrument. Naturellement, nous avions choisi le violon pour accompagner le sien en tandem. Bien qu’à présent Tayeb délaissait de plus en plus les leçons au profit d’une mélodie plus charnelle dans les bras de notre nouvelle épouse. Brièvement amusé, je rapprochais les gémissements d’Azziba à ce que j’avais réussi à tirer du violon pour le moment.

- Laissez-moi essayer encore.

Quémandai-je en rassemblant mon courage et mes esprits. Monter la gamme. Oui, ça je pouvais le faire. Je m’appliquai alors à réussir le premier objectif fixé. Après quelques autres portées désastreuses, le jeu se stabilisa dans l’audible d’abord. Un observateur extérieur, l’impression transmise tenait sans doute d’un violoniste confirmé feignant de n’avoir jamais toucher un instrument. Les gestes avaient une certaine précision, mais oscillaient entre le manque de force ou le trop de force dénaturant ainsi les notes de manières presque comiques. J’apprivoisai les cordes comme des animaux furieux, tant elles roulaient sous mes doigts en cherchant à s’échapper. J’obéissais aussi à la moindre injonction de l’empereur, prenant en compte les conseils qu’il ne manquait sans doute pas de me prodiguer. Il aurait sans doute pu me dire de me jeter dans le buisson pour mieux jouer que je l’aurai sans doute fait.

Après la torture auditive, je domptai enfin l’instrument. Malgré quelques erreurs, je réussissais à présent mes gammes, les accords simples. Puis, il me prit l’envie d’égrainer un air. Non pas en singeant l’empereur, à l’oreille il me serait impossible après une seule écoute de me souvenir de toutes les notes fussent-elles celles du mouvement de base, mon choix se porta sur la pièce favorite d’Abigale, celle qu’elle jouait lors de son arrivée, lorsque nous étions encore enfants le prince et moi.



Malgré son lot de fausses notes, la mélodie se déroulait en douceur entre nostalgie et tendresse. L’interprétation restait un peu mécanique, je me devais de rester bien concentré sur les mouvements. L’intention toutefois était bien présente, avec de l’entraînement – beaucoup – il serait peut-être possible de faire quelque chose de moi.




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MessageSujet: Re: [Mars 03]Violon, préjudice et solitude   Lun 27 Avr - 13:08

Friedrich avait préalablement accordé le violon. C'était déjà une chose dont son élève improvisé n'avait pas à se soucier. Mais les premières notes qu'il fit parvenir à ses oreilles étaient un désastre, une cacophonie, comment dire... infâme, qui lui hérissa tous les poils des bras.

Mais Geige demanda une seconde chance. D'un geste de la main l'empereur lui accorda. Peut être découvrirait-il un talent chez ceux qu'il a toujours considéré comme ennemi et sauvage, sans avoir vraiment chercher plus loin que nécessaire.

Geige joua comme une marionnette. Les geste n'étaient pas mauvais mais… c'était tout. Friedrich connaissait très bien ce qu'il était en train de jouer. Pour un novice cela pouvait être passable. Il avait de gros progrès à faire pour que cela soit, un tant soit peu, digne d’être écouté. Ce genre de commentaires, venant de l'empereur qui était réputé pour être un tyran de critique musical, était beaucoup.

— Bien Geige. Cela est passable. Mais nous trouvons que vous manquez clairement de flexibilité dans les doigts, pour commencer.

La vraie leçon allait commencé. Friedrich leva la main droite, et fit quelques gestes rapide avec ses doigts.
Exercise:
 

— Ce genre d’exercice est une base pour toute personne voulant jouer de grands morceaux, qui sonneront comme une mélodie aux oreilles de tous. Faites-nous cela immédiatement. La main droite en première, puis la gauche, et les deux mains en même temps !

Friedrich sourit, en voyant le petit homme l'écouter attentivement. Si un jour il aurait cru devoir éduquer musicalement un de ces « hommes ». Mais c'était une exception, sûrement la seule même. Mais passons à l'exercice suivant !


— Maintenant, avec vos bras, faites des moulinets, comme un moulin. Vos deux bras dans un sens, en sens opposés. Vos pieds doivent être bien ancrés au sol. Faites tourner votre buste à droite et à gauche, en laissant les bras décontractés le long du corps. Le corps ne doit pas être crispé pour jouer. Un exercice de respiration peut aider le violoniste .

Freidrich prit l'archet des mains de Geige, pour lui montrer directement le mouvement.

— Le maniement de l'archet demande de la pratique et une compréhension du mécanisme qui permet de doser la pression des crins sur les cordes. Plusieurs exercices peuvent être étudiés, comme celui de poser la tête de l'archet sur une table et d'exercer une pression avec l'index. Le rôle de l'index et de l'auriculaire sont très importants car ils dosent la pression sur les cordes. Il faut aussi garder l'archet perpendiculaire aux cordes pendant tout le mouvement. Comprenez vous ?

Friedrich était sec dans ses paroles mais très pédagogue. Il était plutôt rare qu'il donne autant de conseils qui, au final, étaient plus une leçon qu'autre chose. Même les membre de l’académie, qui avaient reçu une leçon directe de l'empereur, se comptait sur les doigts des deux mains.

— Voila. Si vous avez tout compris rejouez maintenant. nous doutons que cela soit parfait, mais vous avez déjà ce qu'il manque au propriétaire de ce violon. Il ne vous manque que l’entraînement et l'agilité.

Freidrich croisa les bras, et attendit de voir le résultat de son labeur. Est-ce qu'il allait échouer, ou bien son jeu serait-il plus léger ? Telle était la question que l'empereur avait dans la tête.



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MessageSujet: Re: [Mars 03]Violon, préjudice et solitude   Mar 28 Avr - 6:43
Une petite grimace accueillit la fin de ma mélodie. Je ne me leurrai pas : J’étais mauvais. Ma maigre victoire résidait principalement dans le fait que personne ne saignait des oreilles ou n’avait tenté de s’enfuir, horrifié. Je me contentais de peu vu mon œuvre. Dès que l’empereur en donna le signal, je déposai le violon avec précaution sur le banc adjacent et commençai les exercices avec application.

A dire vrai, j’obéissais simplement. Cela avait un coté rassurant, apaisant de s’en remettre à quelqu’un d’autres. Me concentrer sur d’autres pensées que les implications de mon semblant de conscience personnelle et liberté me permettait de mieux profiter de la rareté de celle-ci. Souplement, j’ouvrai, fermai puis réouvrai l’espace entre mes doigts ornés de quelques cales d’armes, de grimpes et d’anneaux d’or ciselés, « des mains de voleurs » disait-on, longues, carrées et souples. Cet exercice-là deviendrait, plus tard une manie, lorsque je me retrouvai désoeuvré ou en attente.

Les autres exercices se déroulèrent de la même façon. Il ordonnait, expliquait, j’exécutai. Même Carl, juste à coté, s’y mettait à son tour, attentif aux explications de son souverain. Je hochai la tête pour signifier à son altesse que je saisissais. Alors qu’il affirma que je possédai ce qu’il manquait au propriétaire du violon, le blond et moi échangions un coup d’œil perturbé. Je le vis un instant se battre contre lui-même, argumenter mentalement s’il devait ou non se risquer. Aussi, me dévouai-je.

- Qu’est-ce que j’ai qu’il n’a pas ?

Toutefois, comme le Roux avait demandé de rejouer, aussi repris-je l’instrument en main. Je le replaçai, en lorgnant sur les cordes discrètement pour ne pas positionner mes doigts n’importe comment dès le départ. Fermant ancré sur mes pieds, mon corps suivait le balancier de mon archet, j’essayai de caler ma respiration sur le tempo de la mélodie. Au lieu de me battre avec les cordes, je les courtisai de douceurs, tellement que l’air pourtant pur et innocent se teintait des notes presque sulfureuses, souvenir d’une nuit câline dans les bras d’une amante mutine, au lieu de berceuse enfantine emplie de nostalgie. En bonne marionnette, j’appliquais les gestes enseignées par mon maître temporaire sans faillir. Les fausses notes, toutefois, du manque d’entraînement, de la concentration nécessaire pour se souvenir de tout, n’épargnait pas les oreilles des auditeurs. Oh, les coups d’archets se faisaient encore parfois un peu impatients, comme les ardeurs d’un amant, geste trop brusque que je cherchais à compenser par un excès de douceur dans le mouvement suivant. La marge de progression restait conséquente, mais il y avait du mieux.

A la fin de la mélodie, je baissai bien vite mon archet, l’instrument en main et dévisageai l’empereur avec une impatience toute enfantine : Avait-il aimé ? Etait-ce mieux ? Etait-il content ? A dix-sept ans, encore dans les brumes, je gardais encore quelques illusions sur le comportement humain. Aussi, il ne me venait pas encore à l’idée que la gentillesse de l’instant puisse être autre chose. Peu m’importait que la leçon offerte ne puisse être que le miroir d’une envie de « dompter un singe savant », ainsi que les européens surnommaient tous les autres peuples pour peu que la peau soit plus colorée qu’un lait caillé.

Un peu gêné, je me rendis compte que j’agissais exactement comme mon Prince lorsqu’il cherchait l’approbation du sultan, ou celle d’Abigale, lorsqu’il lui exposait une idée. Je me forçai donc à en revenir à une attitude plus digne, plus princière, pondérée. Je songeai brièvement que je me comportais aussi ainsi lorsque je guettai un regard de mon père lors de mes premières passes d’armes. L’ironie qu’une ombre dévouée à un prince ottoman, un djinn, regardait un empereur austro-hongrois comme une personne de référence à satisfaire tissa un sourire sur mon visage et un rire silencieux loin dans mes pensées.

S'il n'y répondait pas, j'étais prêt à redemander encore ce qui manquait au violonniste et dont j'étais apparemment le détenteur.




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MessageSujet: Re: [Mars 03]Violon, préjudice et solitude   Mer 29 Avr - 14:43

- Qu’est-ce que j’ai qu’il n’a pas ?

Friedrich afficha un sourire franc et sincère aux deux hommes.

— Cela fait partis de l’entraînement, c'est a vous de le découvrir, si la réponse au énigme, était donner avec la dite énigme, le plaisir de chercher la réponse, n'est plus aussi plaisante, prenait cela comme, une quête dans la recherche de jouer toujours mieux non pas pour sois, mais pour ceux qui vous écouterons.

Geige se remit à jouer comme le lui avait demandé Friedrich. Quelques grimaces se mirent à apparaître sur le visage de Friedrich. Mais il y avait du mieux. Geige donnait moins une impression de marionnette. Un jeu plus libre, plus léger.

Le morceau était fini. Friedrich chuchota quelques mots à Schlange qui, doucement, disparut hors des jardins. Quant à Friedrich il fit un début de cent pas, réfléchissant, d'un air perdu dans ses pensées, avant de commencer à prononcer quelques mots seulement audibles pour lui. Il ne comprenait pas comment un être comme Geige, qui n'avait jamais joué au violon auparavant, pouvait être même plus doué que certains élèves de son école. Schlange revint près de l'empereur, lui apportant un étui à instrument de musique, puis se tourna vers son élève improvisé.

— Je dois reconnaître votre talent. Vous n'êtes pas parfait, loin de là. Mais avec un entraînement quotidien vous pourriez devenir très bon violoniste. Bien que cela nous perturbe qu'une personne comme vous soit si doué. Nous ne nous attendions point à une telle rencontre.

Freidrich prit l'étui des main de son garde du corps pour l'ouvrir devant Geige.

— Cela doit rester une exception. Nous n'avons pas réputation à aimer les Ottomans. Mais nous devons avouer que vous nous paraissez différent de ceux que nous avons rencontré. Cela reste exceptionnel, et ne changera pas notre point de vue sur tous vos semblables. Nous désirons marquer, d'une pierre blanche, cette rencontre particulière, en vous offrant ceci. En espérant que cela vous donne envie de progresser.

Friedrich tendit l'étui vers l'homme où un violon complément blanc était posé. Une pièce en très peu d'exemplaires que Friedrich, offrait à cet homme, qu'il considérait comme doué en musique, et rien d'autre. Cela devait rester juste pour ce moment. Qui sait ce qu'il se passerait s'ils se recroisaient, à un autre moment ?


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Dernière édition par Friedrich Franz Edelstein le Dim 3 Mai - 9:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Mars 03]Violon, préjudice et solitude   Dim 3 Mai - 4:32
Un jeune chiot fou.

Voilà l'image que je me faisais. Fouet, le garde-du-corps de l'Empereur qui ferait passer une badine pour un instrument de pure délice - bien que la pratique sensuelle ne soit pas forcément dénuée d'intérêt, le coté douloureux de l'affaire restait à jamais graver dans mon esprit - quittait temporairement son Maître suite à un ordre de celui-ci. L'Empereur faisait les cents pas sans s'adresser à moi, ce qui, pour la peine, me dérangeait un peu. Avais-je fait mieux ? Etait-ce pire ? Fouet allait-il chercher son alter-ego de cuir pour me punir d'un quelconque affront ? Etait-ce fini ou un autre test ? Les possibilités me semblaient si infinies que j'en avais le tournis. Pensez, presque dix ans ou mes seuls chemins consistaient à être avec mon Maître et obéir. Cette liberté en cours d'apprivoisement tout autant que le violon - plus lucide j'y verrais sans doute une analogie amusante - perturbait parfaitement la nature docile d'une ombre policée. Aussi, à défaut de rester les bras ballants, je me retrouvais vite à faire miroir aux gestes du maître de l'instant, lui emboitant le pas.

Heureusement, la situation comique qui se profilait fut déjouée par le retour du Fouet. Je m'arrêtais alors parfaitement et essayai de caser mes mains sur moi-même, comme je pouvais. J'optai après deux essais infructueux, pour le repos militaire. Droit comme un i, les poings nonchalamment enfermés l'un dans l'autre sur mes reins reposaient non loin de mes dagues. Bien que Fouet en avait sans doute noté la présence à peine dissimuler sous le voile de mon keffiyeh, mon geste et mon comportement ne comportait pas une once d'agressivité. Pire encore, je ne prenais aucune garde à ma propre sécurité, comme un gamin confiant. Pour ma défense, rare étaient les imbéciles à défier les ténèbres et l'humeur de l'instant, perdue toujours dans ses circonvolutions, n'était guère à la paranoïa.

Elle était à la Joie.

La plus pure des joies, étonnée et soudaine, éclata cette fois-ci impossible à maîtriser, à juguler pour paraître adulte et pondéré. Mes yeux s'illuminèrent comme des soleils ardents. Le sourire contamina l'entier de mon visage, jusqu'aux oreilles, celui d'un gamin à qui on offrait la Lune.

- Pour moi ? Vraiment ?

Demandai-je incrédule. Emu, j'en tâtonnai presque dans l'air pour effleurer de l'index, un bref instant, le violon que je craignais de voir disparaître. J'en oubliais un instant que l'Empereur tenait l'étui et qu'il s'attendait à ce que je le remercie, que je le soulage du poids sans attendre. Tout à ma contemplation de l'objet à présent caresser du bout des doigts, même le velours sur lequel reposait l'instrument, je répondis parfaitement machinalement à l'Empereur, sans me soucier le moins du monde de dévoiler d'éventuels secrets à taire.

- Peut-être que je suis différent des Ottomans parce que je ne suis pas Ottoman, votre Altesse Impériale : Je suis Perse. Sans doute cela ne fait-il aucune différence à vos yeux, mais sachez que mon peuple combat activement le Sultan, son régime et ses façons répugnantes qui salissent nos terres. Chacune de vos batailles éloignent ses ongles souillés de la gorge de nos soldats. En quelques sortes, nous sommes des alliées involontaires. Peut-être viendra un temps, où je pourrais vous rencontrer en me souvenant de mon nom et nous pourrons signer une alliance temporaire pour écraser cette injure hurlée à la face du monde. Mais, pour l'instant, je ne suis qu'une Ombre parmi les autres.

Le ton ferme, presque impérieux, me surprit moi-même, tout autant que les propos. Ma voix me paraissait alors si éloignée du ton trop policé de Tayeb. Mes mots sonnaient comme une sentence, une mise à mort de mon doux prince. Et pourtant, n'était-ce pas que justice ? Ne me devais-je pas de conquérir et venger les miens ? Un instant, quelque chose en moi vacilla. Implacable, le sortilège qui me liait à mon maître resserra son étreinte sur mes pieds lestés, englués. Je soupirai et m'inclinai devant l'Empereur Austro-hongrois.

- Je vous prie de m'excuser, votre Altesse Impériale, et d'oublier. Ni voyez là que la joie adolescente de Geige qui aura débordée. Vous connaissez mieux que moi les élans soudains qui jouent sur les cordes d'un violon.

Avec révérence, je délestai l'empereur de l'étui.

- Je ne saurai vous remercier assez pour ce présent, votre Altesse Impériale. Mon coeur est touché au-delà de ce que je saurai exprimer dans cette langue. Je vous promets de m'entraîner autant qu'il me sera possible de le faire afin d'honorer le temps que vous m'avez accordé.




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MessageSujet: Re: [Mars 03]Violon, préjudice et solitude   Mer 6 Mai - 23:57

Peut-être que je suis différent des Ottomans parce que je ne suis pas Ottoman, votre Altesse Impériale : Je suis Perse. Sans doute cela ne fait-il aucune différence à vos yeux, mais sachez que mon peuple combat activement le Sultan, son régime et ses façons répugnantes qui salissent nos terres. Chacune de vos batailles éloignent ses ongles souillés de la gorge de nos soldats. En quelques sortes, nous sommes des alliées involontaires. Peut-être viendra un temps, où je pourrais vous rencontrer en me souvenant de mon nom et nous pourrons signer une alliance temporaire pour écraser cette injure hurlée à la face du monde. Mais, pour l'instant, je ne suis qu'une Ombre parmi les autres.

En effet cela n'avait vraiment aucune différence aux yeux de l'empereur Austro-hongrois. Cela pouvait être réducteur mais, pour lui, un basané ou un autre c’était la même chose. Tout comme un jaune ou un autre jaune était la même chose.

Le Sultan. Voilà un moment qu'il n'avait pas entendu ce mot, et cela ne lui avait pas manqué.

— Votre peuple ? Ces mots sont étranges dans la bouche de quelqu'un qui accompagne le prince du dit-sultan. N'en convenez-vous pas ?

L'homme se fondit en excuses, avec une révérence destinée à Friedrich

Je ne saurai vous remercier assez pour ce présent, votre Altesse Impériale. Mon coeur est touché au-delà de ce que je saurai exprimer dans cette langue. Je vous promets de m'entraîner autant qu'il me sera possible de le faire afin d'honorer le temps que vous m'avez accordé.

Friedrich regarda l'homme qui s'était incliné, face au sol.

— Nous devons vous reconnaître une grande qualité. Nous allons être honnête avec vous. C'est bien la première fois qu'une personne du moyen nous parle de la sorte. Nous nous attendions point à cela. Il est vrai que, pour nous, les habitants du moyen Orient se ressemblent tous, comme tout personne du continent oriental. Mais, en ce moment, nous sommes agréablement surpris de voir, une personne telle que vous , nous offrir tant de savoir vivre. Bien plus que certains européens dans leur meilleur forme. Votre éducation et votre sens de l’étiquette vont même au delà de la barrière des cultures. C'est une belle chose que vous nous montrer là.

L'empereur demanda à ce que le frère de son hôte lui amène de quoi se désaltérer.

— Nous n'avons aucun doute que vous prendrez grand soin de cet instrument. Qui sait peut être un jour seriez-vous amené à jouer devant nous au sommet de votre talent. Du moins nous l’espérons. Car la musique n'as pas de frontière, bien qu'elle soit souvent dans mon empire.


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MessageSujet: Re: [Mars 03]Violon, préjudice et solitude   Lun 18 Mai - 18:05
- J'en conviens, votre Altesse Impériale. Vous n'êtes pas sans savoir que les Ottomans affectionnent particulièrement l'Esclavage. Quand bien même j'aime mon prince, un homme bon appréciant particulièrement les moeurs austro-hongroises d'ailleurs, je ne serai jamais un ottoman. Mon pays est la Perse. Mon peuple s'y trouve. Même éloigné de lui depuis de trop nombreuses années, mon coeur est enfoui dans ses déserts et mon souffle s'y repose.

Mon sourire s'étira franchement à nouveau, joyeux.

- J'ose présumer que même éloigner de vos contrées, de votre peuple, seul parmi les étrangers, votre coeur et votre âme ne réclament que l'Austro-Hongrie, ses montagnes et ses vertes vallées.

Après sa diatribe, je m'inclinai légèrement pour le remercier.

- Je suis ravi, votre Altesse Impériale, d'avoir pu vous donner un nouvel éclairage sur les habitants du Moyen-Orient. Et j'espère également pouvoir jouer à nouveau devant vous d'ici quelques années. Libre cette fois-ci. J'espère également que je pourrais, à cet occasion, trouver un autre moyen de vous remercier, car votre impact sur ma vie est bien plus grand que vous ne l'imaginez.

Moi-même, je peinais encore à comprendre exactement ce que cela avait provoqué. Pourtant, au fond de moi, quelque chose avait changé. Contrairement à l'accoutumé, j'arrivais à distinguer clairement mes pensées de celles de mon prince. Quelques brides d'images n'appartenaient qu'à moi. Etait-ce la musique qui avait éveillé mon égo ? Etait-ce la mention de la Perse et de mon Peuple ? Les mots choisis de l'Empereur ? Impossible de mettre le doigt sur la cause exacte. Brusquement, sans crier gare, l'évidence s'imposa à moi : Je me souvenais. La Perse, le Désert, le Vent, les Sylphes, les jeux, les montagnes rocheuses renfermant l'Oasis, le Coeur, le Berceau des Vents. Quelque chose très loin se brisa. Libéré, léger, j'avais envie de chanter, de danser, de rire, d'embrasser l'Empereur sur les deux joues et le faire tourner. Heureusement, je me retins ou plutôt mes chaînes étaient encore trop volumineuses et entravantes pour ça. A la place de telles inconvenances, je choisis de traduire l'émotion en musique et de faire honneur à mon présent tout neuf. D'une main, je vérifiais l'harmonie des cordes vraisemblablement déjà accordées. Je plaçais le violon immaculé sur mon épaule.



L'archet rencontra souplement les premiers accords, simples et guillerets. La mélodie s'envola rapidement comme autant de courant d'air. Chaque nouvelle portée naissait de la même source, des mêmes notes, pour s'élever plus haut. La musique tourbillonnait. Les mouvements claquaient les étoffes en rythme avec chaque oscillation de la musique. Le vent, même, jouait dans les quelques mèches cirrus comme dompté par le violoniste sylphe. Même les fausses notes se faisaient discrètes, étouffées par la liberté soudaine et triomphante. Je fermai les yeux. Plus rien n'avait d'importance. Empereur, Espagne, Prince, Ombre, rien ne subsistait que la joie. Les souvenirs lointains se dissimulaient encore, timides, mais je savais à présent comme les appeler, comme me les approprier à nouveau. Chaque coup frotté sur les cordes éloignaient les ongles crochus et faisaient naître le Soleil dans mon éternelle nuit. Un jour, il éclairait assez pour que je puisse être à nouveau moi et il me chuchoterait mon nom.




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MessageSujet: Re: [Mars 03]Violon, préjudice et solitude   Jeu 21 Mai - 11:21

L'empereur écouta à nouveau le jeu de Geige. Son jeu était déjà d'une légère gamme au dessus de ce qu'il avait déjà joué. L'empereur applaudit, une dernière fois, le jeune basané. Avant de se retourner avec un mouvement de cape qui suivit le geste de son bras.

— Nous allons prendre congé. Peut être nous reverrons nous un jour prochain, et nous évaluerons vos potentiels progrès. Ne nous décevez pas !

Sans même jeter un œil au frère de son hôte, l'empereur sortit des jardins puis rejoignit les appartement qu'on lui avait réservé. Cette rencontre avait eu une saveur particulière. Ce basané était différent des autres, cela donnait à réfléchir. Mais pour Friedrich, au final, il restait une exception rare qui ne se réitérait jamais, pour le moment.

RP fini.


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MessageSujet: Re: [Mars 03]Violon, préjudice et solitude   
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[Mars 03]Violon, préjudice et solitude

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