Quomodo vales ? [fin février 05] [Public avertit]

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Arsène Martes
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Arsène Martes
Dim 26 Avr - 9:40
Arsène observa sa créature. Au contrejour de la seule fenêtre qui baignait la pièce, Jan dégageait une prestance dont le médecin n'avait pas souvenir. Malgré les yeux rougis par les pleurs, malgré les cernes, malgré les courbatures de ses muscles endoloris par l'angoisse. Cette facette jusqu’alors inconnue lui ouvrait de nouvelles pistes d'exploration. Ses horizons d’expérimentation prirent une ampleur autre. A mesure que les mots sortaient de la bouche du prince, sa dureté de caractère devenait plus prégnante. Plus séduisante aussi.
Arsène n'avait pas changé d'expression. Il portait toujours ce faciès égal comme une croix. Mais au creux de son estomac et de son bas-ventre il sentait des picotements ça et là. Était-ce ce que l'on pouvait appeler une émotion ou du désir ? Il n'en savait rien. Il était tout aussi possible que ce soit les effets des émanations de la javel.

- Penses-tu arriver à trouver un vaccin. Avec son sang, et tes aiguilles, et toutes ces choses qui me paraissent bien plus scientifique et concret que n’importe quelle potion de sorcière.
- Je m'y emploie, répondit-il simplement.

A ça et d'autre choses.
Arsène évacua de ses pensées ses projets de faire muter le virus. L'ordre du jour était autre.

- Jan, merci de te ranger de toi même aux dispositions que j'ai pu prendre. Il me faudra sans doute une décharge écrite pour que nos diplomates se sentent soulagés du possible litige. Tu devras également communiquer au famille le fait qu'ils ne reverront jamais leurs enfants.
Concrètement la procédure de quarantaine s'applique. Nous avons isolé le sujet, Karen Asselborn, ainsi que la personne sur laquelle elle a craché du sang, Monika Frieden dans deux chambres d'observation séparées. Le reste de ta délégation a été passé à la douche désinfectante et doit subir une série de prise de sang et d'injections régulières de pénicilline. Le Docteur Hawkins est un homme difficile à joindre et Emerald ne semble pas disposé à faciliter la diffusion de son travail. Néanmoins les observateurs scientifiques de part le monde évaluent une période d'incubation probable de 3 à 15 jours.


Le français marqua une pause.

- Nous allons donc devoir vous garder ici pendant quinze jours. Si au terme de ceux-ci, rien ne s'est déclaré parmi tes gens, vous pourrez repartir. Nous conserveront pour étude les deux femmes de chambres.

Arsène passa une mains dans ses cheveux mouillés pour en chasser quelques gouttelettes menaçant de s'écraser sur les mains du prince qui lui tenaient présentement le col. Ses yeux noirs, fixes et dérangeants, étaient posés sur lui.

- Il est nécessaire que tu te soumettes aussi à ce protocole sanitaire.

Il pencha sa tête sur le coté.

- Si tu ne souhaites pas être touché, je peux exclusivement m'en charger. Sinon je t’allouerais les services d'une infirmière agréée.


Arsène Martes
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Kapphären Jan
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Dim 26 Avr - 15:16


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)



« 15 jours… »


Le visage de Jan, jusqu'alors fermé et décidé à l'obtempération, laissa place à une crispation propre à la plus pure des stupéfactions. Pendant le monologue d’Arsène, il l’avait écouté, placidement, hochant simplement la tête aux demandes formulées. Lui obtenir une autorisation de test sur les demoiselles de chambre ne serait pas une difficulté, comme rédiger les missives à envoyer à la famille. Évidemment, le roi Gottlieb serait plus que furieux envers la France pour le « traitement » réservé à son héritier et aux diplomates qui l’accompagnaient. Mais Jan se savait assez malin pour pouvoir faire le tampon entre les deux gouvernements. Pas uniquement par diplomatie. Mais aussi pour son propre intérêt.

Arsène disposait d'une souche humaine de contagion et d'une potentielle contaminée. Cela doublait les possibilités d’exhumer dans leur sang les prémices d’un vaccin, ou tout du moins, d’un facteur retardant les symptômes.

Seulement, il ne s’était pas comprit dans le lot. Et avait négligé la date d’incubation nécessaire à toute observation. 15 jours. Deux semaines, où il serait cloisonné en France, dans une chambre étroite, sous le regard inquisiteur des médecins français. Deux semaines à être traité comme un parasite de marque, une potentielle source de danger. Deux semaines…

Deux semaines sans Sigrid.


Jan relâcha Arsène. Recula de quelque pas. Et passa une main sur son visage, sans toutefois flancher. Il prit une lente inspiration, au moins pour se calmer.

Deux semaines, où Arsène pourrait aussi avancer dans ses recherches. Deux semaines où il serait à portée de voix de toute évolution positive concernant les tests.

Deux semaines dans l’attente de savoir s’il était lui-même atteint.

« Je me soumettrais à ce protocole. Au moins pour ne pas risquer l’incident diplomatique. Mon entière coopération jouera aussi en ma faveur auprès de mon peuple. Si je demeure présent à leurs côtés, et si je ne suis pas contaminé, cela aura une importance future dans la fidélité qu’ils me porteront une fois roi. »


Penser en tacticien lui évitait de sombrer dans la panique.

« Mon père posera plus de difficultés. J’ai peur qu’il n’envoie une missive à la Reine de France. »


Une missive. Le mot poli était trop terne.

« Il va me falloir du papier. De l’encre. Mon sceau officiel. Il demeure sur mon navire. Mes lettres devront partir ce jour. »


Les. Car il ne laisserait pas Sigrid dans une angoissante ignorance.

« Par protocole sanitaire, tu entends le bain désinfectant auquel mes gens ont été soumit obligatoirement c’est bien ça ? »
Jan marqua une pause. « Je n’ai pas besoin d’une infirmière. Ni de toi. Ne le prends pas mal, mais je préfère être seul vis-à-vis de cette tâche. Ce n’est pas dans mes habitudes de me faire frotter par une tierce personne que l’une de mes servantes. Et je ne suis pas dans un état propice à la coopération. Bien malgré moi. »

Le prince soupira.

« Mais je m’y plierais. »









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Arsène Martes
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Arsène Martes
Dim 26 Avr - 16:34
Arsène plissa les yeux. Il s'imaginait la petite péronnelle en robe bleue, déchirée et maculée de ses propres fluides porter une couronne. La perspective était aussi iconoclaste qu’intrigante. Il y'a trois ans, le médecin avait simplement voulu jouer avec un esprit encore malléable pour le marquer à jamais au fer rouge. Il y avait visiblement réussi. Le prince, de sa propre confession, n'avait été touché que par lui. Comme un marcassin encore vert, Arsène l'avait conditionné à n'avoir qu'un maitre. Il l'ignorait encore. Il le saurait bien assez tôt. Le français se repaîtrait de sa chair grasse et cuite à point plus tard. L'adulte que Jan était devenu renâclerait sans doute à se soumettre. Il s'imaginerait avoir le libre arbitre et l'intelligence pour ne pas se laisser prendre une seconde fois. L'étude de la structure de son cerveau et de ses rouages de défense excitaient, par avance, l'intellect du praticien.
Peut-être trop.

- Tu t'y plieras, en effet, appuya-t-il tranquillement.

Quinze jours pour mener à bien deux expériences : l'étude d'un Délirant et celui d'un Prince.

***

Quarantaine : Jour 01

"La Douche"



Le nécessaire pour la rédaction des lettres lui fut apporté immédiatement. Arsène attendit patiemment que le prince ait effectué son devoir diplomatique pour faire passer ce courrier à une infirmière. Il en avait profité lui même pour finaliser son rapport à la Reine. Le soir même il devrait rendre visite à Ciel pour lui raconter une histoire et apaiser ses terreurs nocturnes.

Pour l'heure, il devait conduire Jan à "la douche". Il avait repris son ton respectueux et sa distance polie en sortant du petit cabinet. Durant le trajet, il lui expliqua ce qui allait suivre.

- Votre altesse bénéficiera d'un traitement de faveur. Nous ne pouvons pas vous soumettre à la brusquerie des poires à pression collective. Néanmoins si votre demande de procéder seul à votre "douche" devra se faire sous surveillance médicale. Afin de préserver votre intimité, je serais seul présent dans la pièce.


Ils descendirent une série d'escaliers pour arriver au sous-sol fermé par deux battants hermétiques. Arsène fit une pause avant de les franchir.

- Nous allons procéder en plusieurs temps : Il vous faudra d'abord vous déshabiller intégralement. Nous brulerons tout vos vêtements. Ensuite vous serez soumis à une humidification par poire de douche à l'eau claire. Vous subirez ensuite un bain oxydant composé d'un tiers d'eau de javel. L'odeur est plutôt forte, je vous conseille de vous boucher le nez. Il vous faudra faire également attention à bien fermer les yeux, à ne rien avaler et à ne pas exposer trop longtemps vos parties génitales. Cette solution occasionne parfois des brulures sur la peau et les muqueuses. Ensuite, vous pourrez prendre un bain ou une douche classique avec du savon au PH neutre afin de chasser l'odeur, des onguents et des crèmes si brulures il y a eut.


Arsène posa ses sombres prunelles sur Jan. Il ne lui laissait aucun choix, aucun espace. Il était sur son territoire, maitre absolu en son domaine.

- Si tout cela est entendu, procédons.

Il poussa les portes et foula le sol carrelé de l'antichambre de "La Douche", invitant sa proie à le suivre.
Arsène Martes
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Kapphären Jan
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Lun 27 Avr - 20:57


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)



Sans grande surprise, la lettre qui lui prit le plus de temps de rédaction fut celle de Sigrid. Rédigée en allemand, langue natale de sa fée, elle l’obligeait à demeurer à Kastamer et à ne rien tenter pour le retrouver à Versailles. Crapaud veillerait sur elle et ne manquerait pas de l’avertir en cas de soucis, il en était persuadé. Mais ne put s’empêcher de tendre la lettre à regret à l’infirmière, se demandant s’il n’avait rien oublié.

Enfin. Mis à part lui parler d’Arsène.

De la nuit de Bruges, Sigrid ignorait le moindre détail. Elle savait certainement qu’il avait rencontré un homme ce soir-là, mais n’avait pas cherché à en apprendre d’avantage sur ses pratiques. L'homosexualité ne l’intéressait guère. Et Sigrid ne lui pardonnait cette déviance que par amour. Il lui tardait sans doute de voir Jan marié pour s’occuper de sa descendance. Le fait qu’il soit couronné l’emplissait de joie. Le reste n’était que détails.

Jan emboita le pas à Arsène le long du couloir. Écoutant sa litanie avec une attention silencieuse. Il ne se méprenait pas sur l’attitude du médecin et le message sous-entendu dans ses questions. Le prince n’avait aucunement le choix dans cette nouvelle procédure et devrait jouer le jeu de ce conditionnement.

Il ne perdit pas non plus de temps à croiser son regard. Ses pensées ne se tournaient pas vers Arsène à cet instant. Il ne réfléchissait même pas au fait que le médecin devrait assister à son bain pour observer si le jeune homme suivait bien les ordres donnés. Et n’accordait aucune question sur la possibilité que cela éveille entre eux… eh bien. Cette pression si familière vers laquelle ils tendaient tout les deux.

La faille était présente, mais submergée par ses responsabilités.

Jan entra dans l’anti-chambre. S’assura simplement que le personnel avait vidé les lieux. Et tourna le dos à Arsène, plus par réflexe que par conscience du geste.

Il se dévêtit.

En trois ans, sa silhouette s’était légèrement modifiée. Plus carrée, plus masculine mais toujours aussi imberbe – grâce en soit rendu à Sigrid et au vœu qu’il avait formulé à ce sujet. Sa peau pâle ne portait aucune trace, aucune cicatrice. Pas même une tâche de naissance. Quelques grains de beauté, des muscles discrets, la finesse de ses membres, le galbe presque féminin de ses jambes. Et de ses fesses. Un souvenir à peine modifié d'une nuit d'automne.

Jan déposa ses vêtements sur un banc sans prendre la peine de les arranger. Ils iraient au feu et de toute façon, il n’avait pas le talent d’une souillon, ni l’intérêt.

Son regard se posa sur le pommeau de douche. Docilement il vint se placer dessous, attendant simplement qu’Arsène s’avance pour déclencher le jet. Se permettant simplement de placer sa main devant son entrejambe, là encore par réflexe pudique plus que par choix conscient. Physiquement il semblait éreinté.

Mais l’eau froide lui remit vite les idées en place.

Une exclamation lui échappa. Il fit un pas en arrière avant de revenir, prévoyant une remontrance de la part de Martès. L’eau plaqua ses cheveux noirs sur son crâne, fit naitre des perles d’eau entre ses cils et rougit sa bouche.

Il se mit à trembler.









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Arsène Martes
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Arsène Martes
Lun 27 Avr - 21:02
Arsène ne détacha jamais son regard. Noir. Brume d'encre qui masquait avec une aisance certaine l'intérêt malsain -il le reconnaissait lui même- qu'il éprouvait pour le Prince.
Pour Jan.
Il n'avait presque pas changé. Presque, hormis la pudeur. Sa peau nacrée, poinçonnée ça et là de mouches, la sensualité de la courbe de ses reins, ses jambes galbées, ses cheveux de suie... Tout cela le ramenait trois en arrière, le même corps poisseux et tremblant. Offert.
Offert à lui seul.
Le médecin se prit à penser qu'avec les quelques muscles qui structuraient d'avantage sa silhouette, Jan serait peut-être capable de lui résister. Qui sait ?

L'eau glacée arracha un cri au jeune homme. Arsène remarqua les mamelons durcit et la peau grêlée et dégoulinante. Comme à son habitude il n'en montra rien, mais le bruissement fatal du "frisson" revint le hanter.

- Viens, fit-il simplement , maintenant qu'ils étaient seuls.

Il poussa la porte et l'odeur les agressa d'emblée : acide et suffocante.
La salle suivante était plus vaste et plus impersonnelle en même temps. Blanche, clinique, dépourvue de chauffage. Le sol toujours carrelé, il y avait là plusieurs cuves de fer fumantes exhalant ce fumet infect. De larges tuyaux alimentaient une série de petits bassins à taille d'homme. Arsène désigna l'un d'eux.

- Allonge-toi. Ferme bien les yeux.

Le fond du baquet permettait à Jan de garder la tête surélevée et juste l'ovale du visage hors de l'eau. Le docteur actionna un levier qui déverrouilla une séries d'automate. L'eau javellisée commença à se rependre autours de Jan. Le monde devint écœurant et lui donna une envie fatale de tousser. Il devrait pourtant s'en abstenir.
Le Fils de Rosthramus observa le baigneur avec l'idée subite de l'y noyer. Plus de jeu. Plus d'expérience. Plus de perte de temps. Un esprit libre à nouveau. Il hésita quelques secondes à faire déborder la solution au dessus des bords mais stoppa finalement la progression aqueuse. Lorsque tout le corps du prince fut immergé, Arsène sortit une montre à gousset de sa poche.

Dix minutes.
L'immersion devait durer dix longue minutes.
Arsène Martes
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Kapphären Jan
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Lun 27 Avr - 21:04


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)



Claquant des dents, nu, et fermé, Jan le suivit de nouveau dans la pièce attenante. Comme un chiot mit en laisse par le pouvoir du médecin dans cet étrange univers. L'odeur de la javel, enivrante, lui piqua des yeux et le prince grimaça. Portant à son nez son propre poignet pour en renifler l'odeur. Et quelle odeur avait-il ? Une odeur de savon, de musc et de lait, quelque chose d'approchant. Étrange mélange.

Il toussota. Observant les bassins avec une suspicion modérée.

Et le regard d'Arsène qui le quittait toujours pas des yeux.

Prudemment, il s'approcha de la cuve en fer. En fit presque le tour pour observer le mécanisme. Même dans l'inquiétude, son esprit ne pouvait s'empêcher de travailler. De la vapeur qui s'élevait des autres bassins, il se surprit à y entrer avec plus de facilité. Au moins pour se réchauffer.

Il repensait à la servante. Sans émettre le moindre mot. Jan n'avait aucune envie de passer pour stupide auprès d'Arsène. Pourtant les réponses stupides apportaient une lumière claire sur les évènements.

La crise de cette souillon s'était très certainement déclenchée suite au stress. Bettina était tombée malade avant son fiancé, et Jacob avait mit 3 jours pour développer ces symptômes. 3 jours, sans stress pour sa petite amoureuse - Jan savait pertinemment que Jacob se fichait bien de cette grosse rouquine fadasse - mais d'inquiétude pour son propre sort. Il avait du la baiser et se ronger les sangs quant à une potentielle contamination par voie intime.

L'eau chaude et javellisée commença à se répandre autour de lui. Jan ferma les yeux, tendant la tête en arrière pour ne pas respirer l'odeur insoutenable. Une migraine commença à poindre dans ses tempes.

Sigrid n'était pas d'un naturel stressé.

Elle avait été aux côtés de Jacob dans ces derniers jours, essayant d'endiguer ses crises et de lui offrir des paroles réconfortantes en tant que marraine fée. 4 jours après le bouclier de Jacob s'était transformé en bombe incendiaire. 3 jours plus tard et on l'enterrait à cercueil fermé. 7 jours après, Sigrid crachait du sang.

14 jours.

Et lui.

Il était resté plus d'un mois en sa compagnie, excepté les moments où il devait se rendre au palais impérial ou en France pour mener son enquête sur Oswald. Plus d'un mois en contact avec une victime du Delirium. Devait-il en parler à Arsène ?

L'eau monta à son cou. Il respira plus fort, manqua de s'étrangler.

Non. Pas tout de suite néanmoins. Si au delà des 15 jours il n'avait rien, peut-être effleurerait-il en sa compagnie la possibilité qu'il soit. Eh bien. Immunisé, ou juste chanceux.

Ensuite il le ramènerait à Kastamer. Et Arsène soignerait Sigrid.

Les dix minutes, trop longues, s'étiraient dans le silence des bains quand il sentit un picotement persistant sur ses mains. Jan baissa les yeux, murmurant simplement.

« Ca me brule… »










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Arsène Martes
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Arsène Martes
Lun 27 Avr - 21:07
Arsène vit l’aiguille franchir la huitième minute. Il commença à relever le levier d'évacuation de la solution usée quand un gémissement s'échappa de la cuve.

-Ça me brule…

Le médecin réagit avec une promptitude qui le surprit lui même. Il retroussa ses manches et plongea ses bras dans la cuve, ses même bras scarifiés de blanc qu'il y'a trois ans. Il souleva Jan sans effort. Le bain était chaud, l'air était frais, la javel était entêtante. Le prince pouvait risquer une hyperthermie, le corps entier tentant de produire un maximum de chaleur pour compenser celle perdue. Il se précipita vers le sas suivant, là où l'on rinçait les sujets.

-Jan, ne t'endors pas, reste avec moi... souffla-t-il en ouvrant la porte d'une main, tout en soutenant le prince de l'autre, contre son torse.

Il le déposa sur le carrelage et actionna l'eau. Elle se déversa, tiède, sur le jeune homme encore ensuqué. La javel s'évacua des pores du jeune homme, laissant sa peau plus blanche encore. Ses cheveux n'avaient pas été attaqué, mais s'étaient sans doute abimés durant le processus.
Arsène coupa le robinet et mis un genou à terre pour ausculter le prince. Il consulta l'état de ses yeux, puis chercha une trace de brulure sur sa peau en le manipulant comme une poupée de chiffon. Le toucher de cet épiderme lui rappela des souvenirs mais entremêlés d'impressions étranges. Il peinait les identifier, à les clarifier. A tout simplement les analyser. Il ne s'expliquait pas sa réaction sans doute un peu trop alarmiste. La proximité de Jan le rendait étrange. Inhabituel.
Arsène prit conscience que le sujet de son expérience toute personnelle n'était peut-être pas son ancien amant.

Mais bel et bien lui.

Arsène Martes
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Kapphären Jan
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Lun 27 Avr - 21:10


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)



Il n’arrivait à respirer rien d’autre que cette javel. Le sang battant à ses tempes était assourdissant. Et pourtant son esprit tranquille énumérait des hypothèses et des coïncidences, comme une machine lancée à pleine vitesse que rien n’aurait pu arrêter. Ses yeux, fixes, contemplaient les plaques sur ses doigts dans l’eau. A tout autre instant il aurait bondit de voir son corps brûlé par cet acide, qu’importe l’avis médical. Mais soudain plus rien ne lui important d’autres que le tracé de ces tâches et ce qu’elles semblaient signifier.

Puis Arsène plongea. Et le retira. L’arrachant à la chape d’eau javellisée comme un prince sauvant une princesse. Il fronça les sourcils sans comprendre son geste. Il faisait froid dehors, l’odeur était toujours persistante, lui collait à la peau et asséchait sa gorge. Sur sa nuque, les cheveux atteints frottaient comme de la paille sur sa peau humide. Au sol, ses pieds trainaient, suivant un mouvement que ses muscles peinaient à suivre.


-Jan, ne t'endors pas, reste avec moi...

« Je ne m’endors pas… » Mais sa tête bascula contre l’épaule d’Arsène. Et il flancha dans ses bras au moment où ils passaient la nouvelle porte.

Quand il rouvrit les yeux, l’eau coulait à flot sur son corps. Sa joue reposait sur le sol carrelé de cette nouvelle pièce. Il comprit qu’il avait dû être la victime d’un bref évanouissement, n’ayant pas duré plus de deux ou trois minutes. Et qu’Arsène le touchait.

Las, il leva les mains pour le repousser. Se redressant à peine, le monde vacillant sur son axe tandis que la nausée envahissait sa bouche.

« Je me sens… étrange… »
Ses mains portaient des marques écarlates, surtout aux jointures. Et le démangeaient. Par instinct il les frotta au sol pour apaiser cette brûlure, en grimaçant. « Je hais la javel. » Même si c’était nécessaire à sa désinfection. « Attends. » Encore cette tentative de le repousser, de reprendre le contrôle de son corps avant de le laisser à Arsène. « Attends un instant » Son ton, pâteux, contrastait avec sa manière de parler habituelle.

« C’est bon. Seigneur. Quelle faiblesse… »
Mais de nouveau il maugréait envers lui-même. Ce qui était plutôt bon signe.









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Arsène Martes
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Arsène Martes
Lun 27 Avr - 21:24
Arsène trouva les brulures inhabituelles. Certains sujets était ultra sensibles à la javel, d'autre moins. Il se ferma -plus qu'à l'accoutumée- quand le prince le repoussa. Il se redressa sans égard pour son pantalon trempé et se dirigea vers la porte suivante. Il l'ouvrit et toisa le prince toujours affalé sur le sol. Froidement.

- Debout.

Il ne voulait pas d'aide ? Il n'en aurait pas.
Arsène le laissa patauger mollement dans l'eau glacée en franchissant le seuil de la dernière salle. Une salle de bain normal quoiqu'un peu dépouillée. Il y'avait là plusieurs baignoires, des douches, des bonbonnes de savon et des linges propres. Dans la seule armoire de la pièce se trouvait des bandages, des onguents, des simples et des crèmes. Arsène se saisit d'un flacon d'huile de millepertuis et d'un onguent au miel. Il fit ensuite couler un bain tiède dans l'une des baignoires et s'assit posément sur une chaise en observant l'eau couler.
Il croisa les bras et les jambes.

Il attendait que Jan capitule ou se traine à lui en rampant.
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Kapphären Jan
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Lun 27 Avr - 21:39


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)



Arsène se déplaça. Mais au lieu de lui porter assistance, il s’écarta définitivement de lui, de son corps au sol. Jan releva les yeux sur le médecin. Nota son air renfermé, l’expression glaciale de son regard. Et sa neutralité quand il lança, ordonna :

- Debout.


Avant de disparaitre dans une nouvelle pièce. Faiblement, Jan tapa du poing au sol. Respirant encore trop vite. Maudissant cet homme, le bâtiment, Versailles, la France, le Delirium, la couronne, la robe bleue, la corneille, le Diable et même Dieu tient !

Puis il fixa le sol. La mâchoire crispée.


« Jan ! »


Le ton froid et implacable le fit sursauter. Et il chercha des yeux l’origine de cette voix familière. Personne.


« Tu as insulté ton rang,
craché sur ta famille,
méprisé ton héritage
et rejeté ton statut d’homme.
Tu me fais honte ! »


Jan serra les poings.
Et attendit d'affronter le souvenir de son père.


« Ton comportement est blasphématoire
et je ne peux tolérer vivre sous le même toit
d’un animal contre-nature tel que tu le représentes.
Je te laisse le choix.
Il sera unique. Le sel »


S’il continue à se travestir, à souiller son nom, à porter atteinte à son roi. Oh son bon seigneur si misérable dans cette décision qu’il lui laisse prendre. Entre la mort.


« Ou l’exil. »


Et une certaine forme contrôlée de vie.

Jan releva la tête en s’arrachant à ce souvenir. Se redressa sur ses jambes tremblantes. S’appuyant contre le mur pour s’aider. Laissant le temps au monde de se replacer de manière conforme à la science à son regard. Il n’avait plus 15 ans. Mais foutre. Il passerait cette porte la tête haute !

« Les deux votre altesse »
marmonna-t-il en avançant. Un pas après l’autre.

Jusqu’à franchir le seuil de la salle. Se dirigeant vers la baignoire. Cessant sa marche pour contrôler ses muscles, et trouver la force de s’appuyer, lever la jambe, et entrer dans cette nouvelle cuve d’eau chaude dans laquelle il plongea entièrement.

Le tout, en ignorant superbement Martès.









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Arsène Martes
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Arsène Martes
Lun 27 Avr - 21:46
Arsène l'observa cheminer, nu comme un verre, mais avec une détermination si farouche chevillée au regard qu'il ne put s'empêcher de sourire en coin. Jan était diaboliquement intéressant. Vraiment. Un bref instant il fit l'analogie avec Épine. Sa petite Épine. Vagissant et entortillée dans son cordon ombilicale sanguinolent. "J'existe" braillait-elle. "J'existe en vers et contre tout".

Pour cela, Arsène lui accorda un peu d'intimité. Jan l'avait gagnée de haute volée.

- Je te laisse te débarbouiller. L'odeur ne partira pas avant un moment. Tu as des vêtements propres sur le banc, là bas. Nous nous occuperons de tes brulures après.

Le français se leva et gagna l'ultime porte.

- Ne coule pas dans ton bain sans m'appeler. Que je puisse apprécier.

Il laissa Jan seul avec lui même.

Une fois dans le couloir, il laissa sa tête choir contre le mur, front en avant. Il ferma les yeux. Se rafraichir la tête. C'était urgent. Arsène devait se méfier. Jan n'était pas Épine. Il ne le serait jamais. Il était en train de jouer à un jeu dangereux. La quarantaine serait une épreuve délicate.

- Arsène ?

Le médecin se releva brusquement. Une infirmière, rousse, au visage rond et aux yeux noisette gourmands l'observait avec inquiétude, un dossier à la main. Elle avait un fort accent russe.

- Katharina.
- Est-ce que tout va bien ?
- Je manque simplement de sommeil.


Elle passa une main dans ses cheveux noir avec une tendresse marquant des rapports d'une certaine familiarité.

- C’est à cause de cet enfant gâté ?
- C’est un prince et il est juste à coté. Il va t'entendre.
- La quarantaine est lancée, tout est en place. Nous avons procédé à la première série de prises de sang. Ernest tente un "essais" avec le sujet. Heureusement que la chambre est capitonnée. Ses hurlements sont stridents à souhait. Je te vois, ce soir ?
- Non. Il y a encore fort à faire. C’est notre premier "barrage". On va nous juger nous et notre dispositif. La reine nous regarde. Le monde aussi.
- Tu es toujours si sérieux ! Il faudra quand même que je change tes bandages. Tu es si discret sur ta rémission...
- Pas de nouvelle, bonne nouvelle comme on dit.
- Non, pas dans ton cas et tu le sais pertinemment.


Elle le gratifia d'un baiser, baume chaleureux sur ses propres lèvres.

- Tant pis alors. Bon courage avec le gamin.

Elle s'éloigna d'un petit pas gracieux et remonta les escaliers, un gloussement malicieux l'accompagnant.
Arsène Martes
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Kapphären Jan
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Lun 27 Avr - 21:46


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)


Enfin un peu de solitude.

Jan le surveilla tandis qu’il passait la porte, ne le regardant pas directement. Et soupira de plaisir et de soulagement quand Arsène disparu de son champ de vision. La tension retombait enfin.

La culpabilité, elle, revenait au triple galop.

Deux fois Arsène lui avait laissé « une chance » de s’en aller, de laisser derrière lui toute cette histoire et ce souvenir d’automne. Par deux fois, et lui-même avait tenté à plusieurs reprises de s’extraire de cette maudite toile d’araignée. Et qu’avait-il fait ? Céder, embrassant ses lèvres quand le médecin l’avait rattrapé. Susurrant de nouveaux mots abjects à son oreille. Se traitant lui-même en putain, incapable de résister à ses attouchements comme à ses yeux noirs.

C’était mauvais. Et pas uniquement parce qu’Arsène connaissait son petit secret. En trois ans, il y avait une certaine forme de prescription. Jan se permit de douter de la réaction de son père. En l’absence d’un Monbéliard pour accéder au trône, il ne prendrait sans doute pas le risque de le faire tuer et mettre ainsi à mal l’héritage. Et Arsène n’était pas assez bête pour quitter son poste royal en divulguant une histoire de sodomite à tout le peuple de France.

Jouer par contre, c’était dans ses cordes. Et au vu de son comportement, Jan se maudissait d’accepter de jouer le rôle d’adversaire. Aucun des deux ne gagneraient cette partie. Arsène demeurerait semblable à lui-même dans cette complète neutralité. Et Jan se perdrait dans sa propre folie.

Et puis, il y avait le Delirium. La contamination. Souhaitait-il réellement tenter sa chance en se frottant de manière sexuelle à cet homme ?

Deux semaines. A l’extrême limite il pourrait en apprendre suffisamment sur la maladie et sur le médecin pour pouvoir se servir des deux au profit de Sigrid. Mais il lui faudrait résister au reste. Si la faille était assez grande pour qu’Arsène s’y engouffre, lui pourrait au moins faire l’effort de la colmater en partie.

Au moins pour ne pas mettre en danger, si ce n’est son rang, au moins son âme.

Arsène le troublait beaucoup trop.

Et Jan n’appartenait à personne, cela, il le maintiendrait.

Il quitta le bain, ses forces en grande partie retrouvées. S’approcha des vêtements en glissant maladroitement une serviette de bain sur son corps. Se sécher était un exercice inhabituel, tout comme se laver. Mais pour faire partir l’odeur de la javel dans sa majorité, il lui avait fallu apprendre sur le tas.

Il enfila son pantalon, sa chemise qu’il reboutonna. Envoya ses cheveux noirs en arrière. Prit une inspiration et s’approcha de la porte. Pour l’ouvrir.

Cherchant du regard Arsène qui ne devait pas être bien loin.

« Vous pouvez me ramener dans mes quartiers. Ou tout du moins, la pièce mise à ma disposition pour les 15 prochains jours. Je vous en remercie. »


De nouveau ce vouvoiement officiel, même s’il n’y avait personne. De nouveau cette distance entre eux. Et dans sa tête, une seule envie.

Dormir.










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Arsène Martes
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Arsène Martes
Lun 27 Avr - 22:07

Quarantaine : Jour 03

"Contagion"




Trois jours s'étaient écoulés.
Jan étaient confiné dans une des six chambres réservées aux personnalités "de marque". Elle était individuelle, douillette, meublée sans ostentation mais avec un certain confort. Il lui était interdit d'en sortir. Alors qu'il s'était imaginé trouver Arsène dès le lendemain au bord de son lit, prêt à lui rendre la vie insupportable, il n'en fut rien. A la place, il rencontra une jeune infirmière rousse et pulpeuse, du nom de Katharina Jancovic. Elle avait un délicieux accent musicale, tout droit venu de la toundra. Elle se présenta comme l'assistante personnelle du médecin royal. Elle lui faisait une prise de sang deux fois par jour et lui prélevait également un flacon d'urine tous les matins, à jeun. Elle l'accompagnait aux commodités pour qu'il se baigne et se vide, en lui laissant l'espace nécessaire pour le faire. Elle lui fournissait également les vêtements -en général pantalon et chemise de lin blanc- qu'il devait mettre. Elle se chargeait de lui apporter ses repas, les journaux du monde, des livres et de transmettre son courrier au responsable des rossignols mécaniques. Elle était charmante, pleine d'humour et toute en sourires.
Et comme elle l'avait proprement précisé, elle était là pour répondre au moindre de ses désirs.

Jan ne vit pas la chevelure sombre d'Arsène pendant tout ce temps.

La fin d'après-midi du troisième jour, Katharina vint le chercher pour le guider à travers les corridors de la "Douane". Elle s'arrêta devant une porte, et Jan pu reconnaitre celle du cabinet où il avait attendu en se rongeant les sangs le premier jour. Katharina frappa puis entra sans attendre la réponse.


Arsène était dans l'encadrement de la fenêtre, le regard porté au loin, vers le ciel rosé de fin de journée, un verre de cognac à la main. Les manches de sa chemise étaient retroussées et il ne portait pas sa blouse, simplement son veston de complet. Il se tourna lentement vers les deux intrus puis posa son verre sur le bord du bureau. Il désigna une chaise en face.

- Je vous en prie altesse, asseyez-vous.

Katharina s’éclipsa sans un mot.
Arsène prit place à son tour et rassembla les feuillets et notes prises sur carnet devant lui. Si son expression et sa posture était toujours la même, pleine d'aisance et de confiance, il avait les yeux cernés et les traits tirés.

- J'ai quelques questions à vous poser.

La distance, alors même qu'il étaient seuls, n’annonçait rien de bon.
Arsène Martes
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Kapphären Jan
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Lun 27 Avr - 22:17


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)



La claustrophobie aurait pu se faire sentir si Sigrid avait seulement manqué à l’appel. Fort heureusement pour Jan, il n’en fut rien.

Au matin du troisième jour, il commençait même à vivre une certaine routine. Il se réveillait aux aurores, faisait un peu d’exercice, marchant en rond dans sa chambre ou pianotant sur un clavecin invisible attelé à son bureau en attendant l’arrivée de l’assistante d’Arsène. Après avoir été aux commodités, il recevait d’elle ses lettres et l’ignorait dès lors. Sigrid avait renvoyé une réponse dès le matin du deuxième jour et il lui écrivait deux fois grâce à l’oiseau mécanique, se maudissant que les réponses n’aillent pas plus vite. A défaut, il relisait ses missives, procédait ensuite à la prise de sang avec Katharina, lisait un peu, s’allongeait sur son lit, et pensait.

Pensait tout le temps.

Il n’y avait rien d’autres à faire de toute façon.

Ainsi, quand la routine changea et que Katharina lui demanda poliment de sortir et de la suivre, il ne sut s’il devait en être soulagé ou inquiété. De manière tranquille et distante – il n’avait pas vraiment retenu son prénom et sa crinière rousse ne l’attirait pas dans les circonstances – il lui emboita le pas jusqu’à la salle où Arsène l’avait reçu pour sa première inspection.

A son entrée, Jan remarqua tout de suite la tenue du médecin. Mais prit place sur la chaise à sa demande, observant tout d’abord le verre, puis les manches retroussées de l’homme. Ainsi que les cicatrices ainsi divulguées.

Par le dénie, il avait oublié cette particularité de son corps et se demanda soudain d’où elles provenaient. Ce qu’Arsène avait pu vivre dans sa jeunesse pour être marqué ainsi mais obtenir tout de même un poste aussi prestigieux que celui de médecin royal.

Ce n’était tout de même pas le moment pour ce genre de questions.

« Quelques questions. Bien. Je vous écoute. »
Pas plus. Il était à son entière écoute. Et croisa simplement les jambes, les mains posées sur ses cuisses, le fixant calmement. Sans s’offusquer du vouvoiement ou de la distance entre eux. Après cette absence de trois jours, Jan était persuadé du demi-tour pur et simple du médecin à son encontre.

Au final. Ca l’arrangeait.










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Arsène Martes
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Arsène Martes
Lun 27 Avr - 22:25
- Connaissez-vous les antécédents de Karen Asselborn, votre employée ? A-t-elle été au service de votre frère ou de son épouse ?

Arsène n'y allait pas par quatre chemin. Il semblait pressé d'en finir au plus vite.
Son cerveau n'allumait pas les alarmes de son propre épuisement. Il n'avait pas dormi depuis trois jours. Il avait négligé les soins de sa brulure. Il travaillait sans relâche au coté d'Ernest sur différentes hypothèses, qui pour le moment n'avait abouties à rien de concret. A part le fait d'épuiser le cobaye. Il l'avait sauvée d'une crise cardiaque in extremis aujourd'hui.

- J'ai interrogé votre majordome au sujet de son recrutement mais il n'a pas su être suffisamment précis. Je vous sonde à tout hasard.

Il prit une gorgée d'alcool. En reposant le verre, il constata que sa main tremblait. Il la regarda stoïquement comme un corps étranger s'agitant tout seul. Il serra le poing de manière répétée pour chasser la chose. Il sentait bien que son esprit était moins vivace, que ses muscles répondaient moins également, mais il ne songeait pas à s'arrêter.
S'arrêter c'était s'exposer au danger. Il y'avait un coup à jouer trop énorme pour se laisser distraire par une péronnelle. Une péronnelle obsédée par sa correspondance avec une femme. "La" femme sans aucun doute.

- Avait-elle des relations quelconques avec la dénommée...

Pas bon. Sa vue s'était brouillée l'espace d'une demi-seconde. Il avait du franchir ses limites, il était incapable de dire quand. cet entretien aurait du être repoussé, mais il avait un besoin pressent d'avancer. Il contracta la mâchoire, ses dent crissèrent. Il fut capable de remobiliser sa concentration.
La rechute, n'était pas envisageable.

-... Monika Frieden. Que pouvez-vous me dire sur elle ? Son cas s'est déclarée aujourd'hui. Rien d'étonnant puisque la dénommée Karen lui a expectoré ses fluides en plein visage. J'aimerais sav...

Arsène vacilla. Il eut le réflexe d'attraper le bord de la table pour rester droit. Les tendons sous la peau de ses bras se tendirent comme des arc. Les jointures de ses doigts fixés à la table blanchirent. Il ne dit rien, regardait droit devant lui sans voir Jan.
Son expression vide , figée comme celle d'un mort, yeux grands ouverts, était effrayante.

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Kapphären Jan
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Lun 27 Avr - 22:28


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)



Jan fronça les sourcils. Presque amusé de la naïveté d’Arsène à son égard. Pensait-il réellement qu’il se souciait de cette malheureuse servante atteinte du Delirium ? Jusqu’alors, et comme la majorité de son personnel, il ne connaissait pas même son identité. Elle était là quand il en avait besoin, car tel était son travail. Et il n’y avait rien la concernant qui puisse l’intéresser au-delà de son engagement vis-à-vis du palais et des membres de sa famille.

« Je l’ignore complètement. La majorité des servantes sont engagées par la femme de chambre principale de ce que j’en sais. La femme de chambre principale tient ses ordres du second majordome. Le second majordome assiste le premier majordome. Et le premier majordome se soumet à la volonté du gérant du domaine. Dans le cas présent, je ne savais même pas que cette fille existait. »

- J'ai interrogé votre majordome au sujet de son recrutement mais il n'a pas su être suffisamment précis. Je vous sonde à tout hasard.
« Vous faites fausse route en m’interrogeant. Je vis à Kastamer depuis plus de cinq ans. Je ne suis revenu au palais qu’à la mort de mon frère, il y a moins d’un mois. Je ne peux que supposer que cette servante ait travaillé pour mon frère bien avant cela. »

Arsène buvait. Et les tremblements de sa main n’échappèrent pas à Jan, loin de là. Il en avait déjà été le témoin, en la personne de sa marraine, toujours poussée par le vin. Mais il ne lui semblait pas à cet instant que Martès soit saoul, ou même légèrement ébréché. Au teint cireux et aux cernes de son regard, il pinça les lèvres.

« Vous sentez vous bien docteur ? »
Question inutile de toute évidence.
- Avait-elle des relations quelconques avec la dénommée...

« Arsène. Je ne sais pas qui sont ces servantes. »
-... Monika Frieden. Que pouvez-vous me dire sur elle ?

« Rien. »
- Son cas s'est déclarée aujourd'hui. Rien d'étonnant puisque la dénommée Karen lui a expectoré ses fluides en plein visage.

« Arsène… »

- J'aimerais sav...


L’ombre vacilla.

En un bond Jan fut près de lui. La main sur son épaule. Se foutant bien du vide de son regard comme de ses potentielles défenses. L’inquiétude était palpable dans son comportement, la brèche de nouveau ouverte.

« Mais bon sang qu’est ce qui t’arrive ? »


La fatigue ? Le stress ? La maladie ?

« Assieds-toi tout de suite avant de t’assommer contre ton bureau. »
Il écarta son verre d’une poussée de la main, l’obligea à prendre place dans son fauteuil. Et s’approcha simplement pour observer son visage. Il n’était pas médecin, lui. « Je vais appeler ton assistante, qu’elle vienne t’aider. Au mieux il te faut du repos. Au pire… »

Un personnel médical disposé à prendre en charge les excès de leur maitre.
Ce n’était pas le moment de perdre l’élément central de ce jeu d’échec qu’était la quête du vaccin.










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Arsène Martes
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Arsène Martes
Lun 27 Avr - 23:03
Lorsque Jan aida Arsène à s'assoir, lui mettant naturellement la main dans le dos, il le sentit poisseux et collant. En la retirant, le prince s'aperçut que ses paumes était maculée de rouge.

-Je vais appeler ton assistante, qu’elle vienne t’aider. Au mieux il te faut du repos. Au pire…

Arsène revint de loin. Le temps lui avait parut infiniment long pour quelques secondes. Il attrapa le bras de Jan et le serra avec une force qui aurait pu lui briser l'os.

- NON !

Il desserra sa poigne, comme pour s'excuser.

- Ça n’est rien j'ai du...

Il passa la main dans son dos.

- C'est rouvert, n'est-ce pas.

Cela n'était pas une question.

- L'armoire,
dit-il sans broncher pour autant. Il y a des compresses propres, du désinfectant et un baume, s'il te plait.

Il avait été négligeant. Il aurait du renouveler le bandage chaque jour, tenir compte de la cicatrisation plus longue. Il l'avait simplement oublié et aucune douleur n'avait pu le lui rappeler. Pendant qu'il espérait que Jan s'exécute, il retira la chemise et le veston, dévoila son torse enrubanné de bandages jaunis. Son dos était sanguinolent avec une tâche plus sombre entre les deux omoplates. Il retira les bandes et s'astreint à le faire doucement.

Il était capable de s'arracher de la peau sans s'en rendre compte.
Arsène Martes
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Kapphären Jan
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Lun 27 Avr - 23:24


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)




Sang.



Jan observa la paume de sa main avec une horreur croissante. Du sang. Plein de sang. Visqueux et collant et ferrugineux. S’il avait pu le goûter dans la bouche d’Arsène ce n’était pas la même chose d’en avoir sur les mains, le salissant, le pénétrant le –

La poigne d’Arsène lui arracha une grimace de douleur. Blême, un linceul de sueur naissant dans son propre dos, cela lui permit de sortir de cette crise passagère.

- NON !

« Arsène… »


La main le relâcha. Jan chercha quelque chose pour essuyer sa paume, ne trouva que ses vêtements ou ceux d’Arsène. Leva les yeux au ciel en comptant ses respirations. Flanche pas, s’ordonna-t-il mentalement. Flanche pas.

- Ça n’est rien j'ai du...

« Tu es blessé » Sa voix était faible.
- C'est rouvert, n'est-ce pas.
« Oh seigneur… »


Justement, le Grand Absent ne pouvait rien faire pour lui. Et Arsène venait de lui interdire d’appeler cette maudite assistante aux cheveux en broussaille.

« Je fais quoi. Arsène je fais quoi ? »

- L'armoire. Il y a des compresses propres, du désinfectant et un baume, s'il te plait.

« D’accord. »


Jan se tourna. Vit une serviette qui trainait et s’y précipita, essuyant le plus gros du sang sans regarder les traces. Il ouvrit les armoires à la volée, ramassant ce dont Arsène devait disposer pour se soigner. Se tourna.

Et recula contre l’armoire dans un choc sourd. Lâchant une injure en luxembourgeois.

La nausée revint plus vive.

Comporte-toi en homme ! Comporte toi en homme bon sang ne flanche pas ! Regarde l’état dans lequel il se trouve ! Agis ! AGIS !


Il s’avança d’un pas. Déposa tout en vrac sur le bureau. Et tendit la main vers les bandages, écoeuré.

« Mais qu’est ce que tu as fais… »
Non. Ce n’était pas la bonne question. « Qui t’a fait ça ? »
Et soudain la rage annihila tout sentiment de dégoût. Ses mains entreprirent de défaire le bandage. Dans sa tête défilaient des images paisibles, des corps sains, sans blessures, pour faire abstraction au sang qui s’écoulait des plaies.
« Tu as été massacré… »


Il prit son souffle.

« Attends. Oh bon sang attends. »
A côté de la serviette, un pichet d’eau. Il s’y précipita, plongea les mains, se les nettoya avec moins de négligence et revint près de lui en attrapant les bandages.

« Tu ne touches à rien et tu me guides. Je commence par quoi ? »











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Arsène Martes
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Arsène Martes
Lun 27 Avr - 23:32
Arsène l'entendait s'agiter autours de lui. Il était impassible. Insensible était plus adéquate. Son buste avait été labouré par les tisonniers. Si la plupart des hématomes et des plaies avaient cicatrisé, celle de son dos, formant un profil d'aigle dans un cercle suintait toujours.

-Mais qu’est ce que tu as fais… Qui t’a fait ça ?
- Calme-toi....
-Tu as été massacré…
- Jan...
- Attends. Oh bon sang attends.
- Jan...
-Tu ne touches à rien et tu me guides. Je commence par quoi ?


Arsène lui toucha la joue pour le forcer à le regarder lui, dans les yeux et pas l'abominable amas de chairs boursouflées de son dos.

- Par te calmer. Regarde-moi. Respire. C'est spectaculaire, mais bénin. D'accord ?

Les yeux bleus agités du jeune prince lui laissèrent une drôle d'impression. Les mots coulèrent de la bouche du médecin comme pour tenter d'en éponger l'angoisse.

- Je souffre d'une dégénérescence du cerveau qui me rend peu sensible à la douleur. Ou à quoi que ce soit. Lorsque je la ressens c'est que le mal est déjà fait. Profondément. A peu de chose malheur est bon. J'ai été enlevé et séquestré pendant neuf mois et marqué au fer rouge. Ce manque de réactivité m'a juste permis d’endurer.


Il se mordilla la lèvre inférieure.
C'était une confession. C'était la première fois qu'il en parlait de lui même à une tiers personne. Katharina l'avait découvert par hasard en tentant de lui planter un scalpel dans la main -vaste histoire qui n'avait pas sa place ici-, lors de leur première rencontre. Ernest faisait parti également de la confidence. Et Wilh.

- Personne ne sait pour cette tare. Mes assistants sont persuadés que je suis guéri de mes brulures. Je ne souhaite pas les détromper.

Il relâcha Jan, persuadé d'avoir fait une bêtise. Dévoiler son jeu, de cette manière, cette faiblesse. Ça n'était pas une bonne idée. Mais les siennes étaient pour l'heure très embrouillées.

- Il faut éponger la plaie. La désinfecter et appliquer le baume en large quantité pour réhydrater les tissus. Et puis bander avec une gaze propre. Tu t'en sens capable ?
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Kapphären Jan
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Lun 27 Avr - 23:40


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)




Sa main sur sa joue. Si froide. Jan cilla sur elle avant de croiser son regard et de s’y ancrer, désespérément. Le puits noir. Le puits noir avalait sans considération sa peur comme son angoisse et sa phobie. Le puits ne laissait rien derrière qu’un sentiment bourdonnant dans ses tempes, de vengeance et de colère mal contenue. Puis tout s’arrêta encore, dans le regard d’Arsène. Et Jan se permit même un rictus.

« Je doute que ça soit bénin… »
Pas dans la manière dont ce schéma gravé dans son dos suintait de sang et d’un liquide presque jaunâtre. Son cœur vacilla mais son corps tint bon. Il ne s’écarta pas.

« Explique moi… »

- Je souffre d'une dégénérescence du cerveau qui me rend peu sensible à la douleur. Ou à quoi que ce soit. Lorsque je la ressens c'est que le mal est déjà fait. Profondément. A peu de chose malheur est bon. J'ai été enlevé et séquestré pendant neuf mois et marqué au fer rouge. Ce manque de réactivité m'a juste permis d’endurer.


Trop. Trop pour son cerveau malmené.

Jan le fixa sans douter une seule seconde de la véracité de ces propos. Mais n’en comprenant qu’un morceau à la fois. Pas de sentiment vis-à-vis de la douleur, pas de ressentit de ce genre – est-ce que cela s’appliquait aux autres sentiments, est-ce que cela expliquait la neutralité non feinte de Martès et son comportement et
Stop.
Insensibilité à la douleur.
Le reste = pas maintenant.

Et la suite. Comme des coups de feu dans ses tempes.

Enlevé.
Séquestré.
Marqué.
9 mois.

- Personne ne sait pour cette tare.

Enlevé.

- Mes assistants sont persuadés que je suis guéri de mes brulures.


Séquestré.

- Je ne souhaite pas les détromper.


Marqué.

Pendant 9 mois.


La main était retombée mais Jan sentait encore ce contact entre eux. Comme un fil invisible tendu, entre ce puits insondable et son propre océan interne tourmenté.

- Il faut éponger la plaie. La désinfecter et appliquer le baume en large quantité pour réhydrater les tissus. Et puis bander avec une gaze propre. Tu t'en sens capable ?

« J’en suis capable. »

Pieu mensonge. Il s’y obligerait.

Et en silence s’appliqua à lui obéir. Éponger la plaie, il le fit avec une douceur extrême même en sachant l’insensibilité d’Arsène. Un médecin n’aurait pas été plus appliqué à son bien-être et à l’évincement de la moindre gouttelette de sang sur son dos arraché. La désinfecter, l’odeur d’alcool lui piqua les yeux et il se crispa pour Arsène de tamponner ses plaies, guettant la moindre réaction de douleur. Il n’y en eut aucune. Appliquer le baume, il le fit à la main, cédant à ce contact et frissonnant du relief qu’il sentait sous ses doigts. Des marques, il y en avait partout mais ce tatouage au fer qu’on lui avait gravé le long de sa colonne vertébrale était comme un crachat. Jan se surprit à haïr cet oiseau de malheur, rouge de son sang. Bander avec une gaze, pour cela il le fit se relever. Tournoya autour de lui à gestes lents. Demandant d’un regard si c’était serré, ou pas assez.

Puis il le relâcha. Observa son œuvre. Tendit la main pour effleurer son pectoraux. Et se tourna pour plonger de nouveau ses mains dans le pichet d’eau, déjà rosé.

« As-tu obtenu justice. Concernant ceux qui t’ont fait ça. Est-ce qu’ils ont payé pour ton enlèvement et pour ce qu’ils t’ont causé. »
Il baissa la tête, fixa ses ongles. Des particules y demeuraient encore. « Et par cette question je sous entends effectivement participer à cette justice si elle n’a pas été déjà appliquée. Est-ce que tu comprends ? »

Familiarité dévouée un peu dramatique. Mais à cet instant il était prêt à tenir parole. On ne naissait pas Monbéliard et éduqué comme tel sans un peu de soif de sang et de sel dans les veines.










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Arsène Martes
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Arsène Martes
Lun 27 Avr - 23:41
Arsène observa Jan œuvrer, du moins quand il entrait dans son champ de vision. Il sentait qu'on tamponnait son dos, qu'on y appliquait quelque chose de graisseux. Mais la douleur était absente. Toujours. Jan était appliqué, attentionné. Il y'avait une ironie douce-amère à cette image miroir, inversée, de leur rencontre trois ans auparavant.

Le dégout de Jan se peignait sur sa figure. Il était pâle comme un mort. Arsène le vit lutter en se décrassant les doigts. Il vint à son secours, recouvrant les mains de Jan, les immergeant avec les siennes, passant la pointe de ses ongles sous les siens pour en retirer les dernier résidus.

- Je me suis fait justice.

Pour lui.
Pour Épine.
Vassilissa était morte, salement, et son projet avec elle. Il savait la couronne d'Espagne fortement ébranlée par la chose et s'en satisfaisait. Il avait calculé, gagné de nouveaux alliés et ne s'était pas sali les mains une seule seconde. La blessure qui torturait ses chairs était la seule qu'il se soit sciemment infligé. La nature lui rappelait simplement, avec un humour noir, qu'il était un menteur-né.

- Tu aurais voulu me venger... dit-il après un silence, les yeux rivés sur les main de Jan qu'il était en train d'essuyer.

Il ne sourit pas. Il ne voulait pas parodier un sourire. pas dans un moment où il se sentait sincère.
Vraiment lui.

- J'aurais voulu voir ça. Cela vaudrait presque que je retourne me faire capturer...

Les coins de sa bouche s'étirèrent. Timidement mais... naturellement.
Les ténèbres de ses yeux parurent moins denses.
Il rendit ses doigts au prince avant de s'assoir à nouveau dans son fauteuil. Sa carcasse était éreintée. Il se sentait étrangement calme. Positivement calme. Il tendit une main vers Jan.

- Viens...


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Kapphären Jan
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Lun 27 Avr - 23:43


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with Arsène (Fin février 05)



- Je me suis fait justice.


Le sourire de Jan était froid mais satisfait. Et pourtant en lui, la rage continua de brûler fermement. Peut-être aurait-il souhaité un autre type de réponse. Une ignorance de la part d’Arsène qui l’aurait mené à rembourser une dette vieille de trois ans. Mais ce n’était pas simplement par soucis d’équité qu’il voulait agir, Jan le percevait très bien. Cela coulait en lui, aussi naturel qu’intransigeant. S’engouffrant dans la faille tout autant que cela provenait d’elle, en cercle fermé. La dose. La dépendance. La famine.

- Tu aurais voulu me venger...

« Non » Il croisa son regard, savourant le contact de leurs mains. Ne permettant pas à Arsène de rompre ce lien. « Je t’aurais vengé. »
- J'aurais voulu voir ça. Cela vaudrait presque que je retourne me faire capturer...


Le regard de Jan se fit contrarié, légèrement grondeur.

« Ne dis pas des choses pareilles. Tu t’en es sorti vivant. Eux non. C’est ce qui importe. »


Mais ils avaient réussi à graver leur marque dans sa chair. A faire en sorte qu’Arsène n’oublie jamais. L’aigle faisait partie de lui à tout jamais. Comme les autres cicatrices qui se superposaient en tracé irréguliers sur son torse, ses bras, son dos aussi.

Arsène s’écarta. Jan grimaça comme de douleur. Quand il s’assit et l’invita à venir contre lui, l’héritier lui prit la main fermement, et l’empêcha de s’installer.

« Non. »
Il releva la tête. Haussa un sourcil presque malicieux. « Je suis ton docteur. Tu m’as laissé la responsabilité de gérer tes pansements, et donc par conséquent ton bien-être. Viens ici… »

Il le tira à lui sans pour autant aggraver ses blessures. Même si Arsène ne ressentait aucune douleur, il ne voulait pas prendre appui sur lui dans le fauteuil et risquer une nouvelle déchirure. A pas lents, il contourna le bureau. L’amena sur la banquette étroite. Et s’y assit.

« Tu t’allonges. Tête vers moi… »
La banquette assez longue permettait cela. Jan cala son dos contre le mur. Attendit qu’Arsène lui obéisse, l’obligeant à éviter tout contact contre son dos.

Et plaça sa tête sur ses cuisses. Pour caresser ses cheveux, lentement.

« Il va falloir que tu m’expliques. Les autres plaies. Tu les avais avant cette captivité. Je me rappelle de cette nuit-là… je les ai sentis, sous mes doigts… Qu’est ce qui t’es arrivé. Dans ta vie. Qui t’a fait tout ça ? »
Il effleura son oreille. « Tu m’as l’air plus d’un réchappé de quelques affaires criminelles que d’un médecin royal tu sais… »

Ce n’était même pas dit sur le ton de la plaisanterie. Mais le naturel déconcertant de Jan prouvait le fait que cette vérité-là ne le surprendrait même pas.
Et ne lui ferait ni chaud ni froid.











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Arsène Martes
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Arsène Martes
Lun 27 Avr - 23:45
Arsène se laissa guider comme un enfant. Il sentait confusément que sa garde était baissée, qu'il le regretterait, que Jan était une menace pour ses plans. Il était fatigué et ne pensait plus droit. Son cerveau hurlait à la mort pour un peu de repos. Sans réfléchir. Sans penser à rien. Il s'étala de toute sa longueur sur le prince, tête dodelinante sur des cuisses qu'il avait écarté autrefois avec une sauvagerie sans nom.

Si calme. Si paisible.
C'était redoutable.
Franchement redoutable comme impression.

- Il va falloir que tu m’expliques. Les autres plaies. Tu les avais avant cette captivité. Je me rappelle de cette nuit-là… je les ai sentis, sous mes doigts… Qu’est ce qui t’es arrivé. Dans ta vie. Qui t’a fait tout ça ? Tu m’as l’air plus d’un réchappé de quelques affaires criminelles que d’un médecin royal tu sais…


Arsène se sentait flottant, sans défense, dans un état propice aux confidences. Un état qu'il n'expérimentait que peu. Il parvint à articuler, à moitié vaporeux.

- Je suis un monstre, Jan. On a tenté de m'exorciser mais je reste un diable. Si tu en avais conscience, tu fuirais. Tu fuirais...

Ses doigts se crispèrent sur le tissu crème du pantalon du prince. La voix d'Arsène n'était plus qu'un murmure.

- Pourquoi tu ne fuis pas ?
Arsène Martes
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Kapphären Jan
La gardeuse d'oies près de la fontaine
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✦ Libre pour RP ? : Non

✦ Double-compte : Ofelia / Tsurugul / Morelia / Louie

Lun 27 Avr - 23:47


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)



Jan détourna les yeux pour observer la pièce. Le murmure d'Arsène emplissait sa tête sans pour autant éteindre sa flamme ou calmer ses pensées. Il n'avait pas peur de la vérité. Il n'avait pas peur de l'homme allongé sur ses genoux. Il en avait assez, d'avoir peur justement.

« Oh je ne fuirais pas… Dieu sait pourtant qu’on a pu me traiter de lâche et de toute sorte de chose qui sont, sans doute, peut-être vraies. »


Il eut un soupir, reprenant ses caresses dans les cheveux sombre de son ombre. Ferma les yeux à son tour.

« Toi tu es un diable et moi je suis une erreur. On a voulu t’exorciser, et moi m’enterrer dans le sel. Au final nous sommes des survivants. »
Puis tout bas. « Dieu n’existe pas. Le diable est en chacun de nous. On se fait des minauderies hypocrites pour éviter d’affronter ce mal en face, et ceux qui sont les plus doux sont les plus fourbes pour trahir. Je me méfie des bonnes intentions maintenant. … Reste un diable. Je resterais une erreur. Nous aurons au moins ça pour nous face aux menteurs. »

Il sourit.

« Dors. Dors un peu… Dors contre moi. »












Dynasty decapitated
You just might see a ghost tonight
And if you don't know now you know
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Arsène Martes
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Arsène Martes
Lun 27 Avr - 23:50
Arsène s'assoupit en effet.
Il dormit comme jamais. Lors qu'il ouvrit les yeux , il sentit les effets bienfaisants du repos parce que son esprit était clair et vif. Il se redressa. Le ciel noir dehors indiquait que l'heure du diner avait largement était dépassée. Il tourna la tête pour trouver Jan dans les bras de Morphée. Son visage détendu, son corps alangui par le sommeil fut un écho de la dernière image qu'Arsène avait de lui et qu'il conservait précieusement dans sa mémoire. Il faisait plus juvénile, abandonné au repos de la sorte.
Par mimétisme avec il y'a trois ans, Arsène passa délicatement ses doigts dans les cheveux noirs et fins du prince. Il écarta une mèche de son front, fit courir son index sur sa joue pâle. Avant qu'il ne s'en rende vraiment compte ses lèvres rencontraient la bouche du jeune homme. Sans un bruit.

Sa cervelle se rebella à cet instant précis.

Était-il stupide ?
Son absence allait être remarquée. Il avait peut-être raté le coucher de Ciel. Ernest l'attendait surement. Katharina lui poserait des questions. L'entretien visait à informer le prince et à possiblement en apprendre d'avantage sur les cobayes, au nombre de deux à présent. Comment justifier la chose ?
Il se massa l'arrête du nez puis se passa une main sur la figure. D'abord s'habiller. Ensuite réveiller Jan.

Il se laissa glisser souplement de la banquette et se dirigea vers son armoire où il dénicha une nouvelle chemise et une blouse. Il vint ensuite se pencher sur la péronnelle.

- Jan... souffla-t-il à quelques centimètres de son visage. Jan réveille-toi.
Arsène Martes
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