Quomodo vales ? [fin février 05] [Public avertit]

 :: L'Europe :: France :: Château de Versailles Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
Kapphären Jan
La gardeuse d'oies près de la fontaine
avatar
✦ Libre pour RP ? : Non

✦ Double-compte : Ofelia / Louie

Lun 27 Avr - 23:54


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)



Bien qu’enfermé dans une chambre à ne rien pouvoir faire d’autre que de suivre la routine organisée par le médecin et ses assistants, Jan était éreinté. Il s’abandonna au sommeil sans une once de regret. La main posée sur les cheveux d’Arsène, ressentant sa présence comme une part en plus dans son atmosphère personnelle morcelée. Il dormi, d’un sommeil sans rêves ce qui était tout autant agréable. Ne se rendit pas compte de la porte qui s’ouvrit dans l’après midi, du regard qui les observa, puis quitta la pièce sans les déranger.

Ce fut son nom, murmuré par l’ombre, qui acheva de le sortir du sommeil.

Jan ouvrit les yeux, un instant perdu. Puis sa nuque endolorie envoya un pique à son cerveau et il grimaça en bougeant, plaçant une main sur ses muscles crispé par la position assise qu’il avait du garder pendant son sommeil.

« Arsène… »
Arsène portait une blouse blanche et un visage plus professionnel. Même si ses yeux noirs ne le quittaient pas des yeux.

Jan s’étira, tendit une main vers lui. Et caressa sa joue rapidement.

« Quelle heure est-il ? »
Un regard vers la fenêtre lui répondit mieux qu’une parole. « Il est déjà si tard ? » Son ventre protesta légèrement. Il était tard, et il avait faim. « Tes assistants… Bon sang. » Ses assistants avaient du se demander ce qui prenait tant de temps dans leur interrogatoire.

Pourtant, malgré cette faiblesse, Jan n’arrivait pas culpabiliser de cet acte.

« … Ne t’avise plus jamais de laisser tes bandages moisir ainsi. Quand tu en auras besoin, viens me voir dans la chambre que tu m’as réservée. D’accord ? »


Il se leva. Lui tourna le dos pour vérifier l’arrangement de sa tenue. Prêt à sortir.











Dynasty decapitated
You just might see a ghost tonight
And if you don't know now you know
Revenir en haut Aller en bas
Arsène Martes
Invité
avatar
Arsène Martes
Lun 27 Avr - 23:59
Arsène cilla légèrement mais son expression ne changea pas. Elle ne changeait jamais.
Jan venait de lui formuler....une invitation. Il y'eut quelque chose de subtile, un son, une sensation, comme étouffée et lointaine dans sa cage thoracique.

- Bien.

Il rejoint le luxembelgeois et l'écarta doucement de la porte.

- Il vaut mieux que je te raccompagne moi même.

Il ouvrit et franchit le seuil. Les corridors étaient déserts. La marche fut silencieuse. Une fois arrivés à la chambre du prince, Arsène la déverrouilla et lui permit d'entrer.

- Je vous envoie quelqu'un faire votre prise de sang. Merci de m'avoir accordé de votre temps, votre altesse.

Ce remerciement officiel en masquait un autre, bien plus personnel. Il eut un hochement de tête pour Jan et le laissa là.

***

Une demi-heure plus tard, on toqua à sa porte. Une infirmière inconnue se présenta à lui avec le charriot en fer blanc et le matériel habituel. Les cheveux châtains clair, elle était assez commune si ce n'est le grain de beauté sous sa lèvre.

- Pardonnez-moi, sire. Katharina est occupée. Je me charge de votre prélèvement sanguin ce soir. Je vous ai également apporté une collation. Vous semblait avoir été accaparé par le rapport de notre médecin royal...


La fin de phrase fut laissée en suspend. Jan aurait pu y voir quelques sous-entendus. Mais la donzelle ne poursuivit pas et pénétra dans la chambre en refermant derrière elle. Elle releva le linge aseptisé qui couvrait son charriot et entreprit les gestes usuels : se munir de gants en plastique, désinfecter les seringues, prendre un peu de cotons et d’antiseptique.

- Relevez votre manche et serrez le poing, je vous prie.

La jeune femme lui fit un garrot avec une lanière de caoutchouc et tapota le creux de son coude pour trouver une veine adéquate. Elle lui planta finalement l'aiguille et le sang commença à s'écouler doucement dans le réservoir.

- J'éspère que cette quarantaine n’est pas trop lourde à subir pour vous ? Le Docteur Martès est un médecin très moderne, très à la pointe. Vous n'avez pas à vous faire d'inquiétude.

Et elle ajouta avec un drôle de regard une fois que le flacon de sang fut plein.

- Mais vous le saviez sans doute déjà, je présume.

Elle lui maintint un morceau de coton sur le bras et l'enroula avec un petit bandage. Elle lui sourit poliment et rangea ses ustensiles. Puis elle disposa sur la table un plateau à cloche avec un verre de vin.

- Confit de canard aux pommes braisées sur son lit de verdure. Il y'a une tarte amandine en dessert. Bon appétit.

Elle fit une révérence et prit congé.
Arsène Martes
Revenir en haut Aller en bas
Kapphären Jan
La gardeuse d'oies près de la fontaine
avatar
✦ Libre pour RP ? : Non

✦ Double-compte : Ofelia / Louie

Mar 28 Avr - 0:03


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)



Au seuil de la porte, il eut envie de le toucher. De garder ce contact entre eux, nécessaire à leur lien. Mais ils étaient dans un couloir où le moindre quidam pouvait se présenter et les surprendre. Au vouvoiement, Jan eut un regard presque désolé. Mais hocha la tête. Dans tous les cas, il l’attendrait. Arsène n’était pas le seul à avoir besoin de ce repos nécessaire. Sa respiration et sa présence lui manquait déjà.

A l’intérieur se trouvait son courrier du jour muni d’un coup papier de bonne facture. Il déchira la première lettre qui portait le sceau de Kastamer et eut un sourire rassuré à la lecture des mots perçants de Sigrid. A travers le parchemin, sa marraine lui apportait tout le soutien nécessaire dans son confinement. Et cela lui fit l’effet d’une caresse dans les cheveux, bienveillante et maternelle.

Il était entrain de lui répondre quand l’infirmière se présenta.

Et ce n’était pas Katharina.

Sans qu’il puisse se l’expliquer, l’esprit de Jan se figea dans une certaine appréhension clairement méfiante. Le sourire engageant de cette femme, son attitude, et ses propos : rien ne semblait rassurant et honnête. Il lui tendit le bras sans faire de scandale, observant à la fois l’éclat glacé de ses yeux crispés sous une bonne humeur factice. Puis l’aiguille, qui perçait sa peau.

Il s’en sentit mal à l’aise.

Et comprit que pendant le court laps de temps pendant lesquels ils s’étaient endormis, quelqu’un les avait surpris.

Le sous-entendu était trop gros. Le ton, trop posé. Jan ne répondit à aucune de ses questions, ne la salua même pas quand elle s’en alla.

Il observa son plateau repas. Piqua de sa fourchette les plats présentés.
Et se résolu à manger. Sans grand appétit.

Puis rangea le coupe-papier dans ses affaires personnelles. Juste au cas où.








Dynasty decapitated
You just might see a ghost tonight
And if you don't know now you know
Revenir en haut Aller en bas
Arsène Martes
Invité
avatar
Arsène Martes
Mar 28 Avr - 8:26

Quarantaine : Jour 07

"Infection"


Les jours s'égrainèrent et la routine reprit son cours. Arsène ne vint pas le voir durant ce laps de temps et la menace d'avoir peut-être été découvert s'estompa avec le temps. Il le croisa quelques fois, jamais seul à seul, pour échanger moult mots formels ou émettre un rapport sur l'évolution de l'état de santé de ses gens. Rien de personnel.

Rien du tout.

Pourtant la tension entre les deux hommes étai réelle, presque palpable. L'invitation planait entre eux comme une chape de plomb. Si Arsène subissait cette pression, il n'en montra rien. Mais quoi de plus normal après tout ? Il en était incapable.
L'infirmière qui avait remplacé Katharina se nommait Marie. Elle était bien moins sympathique que cette dernière mais toujours très polie. Ses passages occasionnaient néanmoins un malaise inexplicable. Il n'y avait pourtant rien à lui reprocher. Elle faisait son travail avec précision et sobriété.

Jan sentit néanmoins sa fatigue s'accentuer. Il ne savait pas à quoi cela était du. Peut-être simplement au surmenage, au poids de l'attente. L'attente d'un contact qui ne venait pas et qui nourrissait sa faille.

Un soir pourtant, alors qu'il venait de s'endormir, une ombre se faufila dans sa chambre.

Arsène état là, assis au bord du lit. Son regard ténébreux happé par les éclats de lune, seule lumière à la fenêtre. Il retira chaussures, blouse et vêtements, ne conservant que son pantalon. Sans un bruit, il se glissa dans les draps et entoura la frêle silhouette de Jan de ses grand bras. Il huma l'odeur de ses cheveux et ferma les yeux.
Ses pas l'avaient guidé ici par une force surnaturelle. Il n'avait pu s'y dérober.

"Quand tu en auras besoin, viens me voir dans la chambre que tu m’as réservée. D’accord ?"

Si il était là, c'était qu'il en avait besoin. Point. Il ne connaissait pas la culpabilité et elle ne l'étreindrait pas aujourd'hui. Jan était un somnifère, rien de plus. Il s'en était convaincu.
Il serra le prince contre son torse et s'enivra de son parfum. Le "frisson" s'invita soudain, l'obligeant à ouvrir les yeux. L'alchimie de son corps -qu'il connaissait à la perfection- venait d'être mise en route. Son pouls s'était sensiblement accéléré, synonyme d'excitation.
Venir ici était une erreur qu'il aurait pu prédire.

Le sommeil le déserterait pour sur cette nuit.
Arsène Martes
Revenir en haut Aller en bas
Kapphären Jan
La gardeuse d'oies près de la fontaine
avatar
✦ Libre pour RP ? : Non

✦ Double-compte : Ofelia / Louie

Mar 28 Avr - 21:15


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)




Il était crevé. Tout le temps crevé. Cela se ressentait dans ses mots, dans ses lettres, dans la manière dont il faisait de plus en plus de sieste. Et ce n’était pas normal. Enfermé, Jan était habituellement tel un lion en cage. Ne pouvant s’empêcher de bouger, d’étudier, d’agir de quelque manière que ce soit. Mais il n’y avait rien qui puisse attirer son attention. Rien qui puisse l’éveiller de cette somnolence quasi constante. Pas même la présence d’Arsène, et comment aurait-il pu. Arsène était absent. Ne lui accordant de temps qu’en compagnie d’autres personnes.

C’était bien évidemment. Surtout au vu de la menace qui pesait sur eux. L’infirmière, Marie, était une sangsue qui lui collait au corps désagréablement. Jan ne l’aimait pas mais ne trouvait rien à redire pour la chasser de son service. Katharina commença à lui manquer. Puis le voile de la fatigue recouvrit tout, rendant le monde grisatre.

Ce soir là, la porte s’ouvrit sur le sommeil de Jan. Lui qui était si prompt à se réveiller, à bondir au moindre contact, n’eut pas un seul tressaillement quand on vint se glisser sous ses draps. Son corps se fit enlacer sans protester. Son visage vint se blottir contre le torse d’Arsène sans marquer un simple froncement de sourcil.

Il était profondément endormi. Mais contre lui, la chaleur augmentait. Ses yeux s’entrouvrirent dans le soir, tiré de force par l’instinct.

Il reconnut l’odeur d’Arsène. Le souffle court du médecin le renseigna mieux que l’expression de son visage. Dans la pénombre, il pu discerner ses yeux noirs.

Et tenta de reculer, faiblement.

« Non. »
La peur de la menace revenait malgré sa fatigue et la surprise de le sentir contre lui. Arsène, finalement, avait cédé à son invitation. « La femme… elle sait. »








Dynasty decapitated
You just might see a ghost tonight
And if you don't know now you know
Revenir en haut Aller en bas
Arsène Martes
Invité
avatar
Arsène Martes
Mar 28 Avr - 22:15
Arsène eut un grognement d'agacement. Il n'était pas ravi du déclenchement -sans son aval- de ses bas penchants. Mais maintenant que la chose était amorcée, il ne comptait pas qu'on lui résiste jusqu’à ce que cela s'arrête. Il renversa Jan sous lui. Il était plus lourd et plus découplé. Il le maintint sous sa coupe sans effort. Il l’embrassa à sa manière dure et sèche. Intrusive. Ses doigts filèrent sous le coton du pyjama du prince. Il ne lui demandait pas son avis. Il prenait impérieusement le droit.
Sa langue se déroba jusqu’au cou du belge. Là il mordilla la chair, l'aspira, la violenta. Le sang se mit à stagner là où il avait apposé ses lèvres. Il abandonna la place-forte vaincue pour s'attarder à une autre. Il agissait comme un guerrier faisant pillage, à la lisière de la brutalité

- La femme… elle sait.

Son cerveau lui foutu une mandale. Il fallait au moins ça pour le dérouter de sa trajectoire.

- Assez d'excuses !
gronda-t-il.

Visiblement pas assez. Arsène venait de classer la supplique de Jan dans la catégorie "prétexte inutile pour résister". Après avoir malmené son torse, il repoussa l'élastique du pantalon de sa proie, découvrant la seule chose qui pourrait le calmer.

Tout crocs dehors, le prédateur le dévora sans retenu.
Arsène Martes
Revenir en haut Aller en bas
Kapphären Jan
La gardeuse d'oies près de la fontaine
avatar
✦ Libre pour RP ? : Non

✦ Double-compte : Ofelia / Louie

Mar 28 Avr - 22:20


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)




Malgré sa fatigue, Jan se cambra dans une expiration rauque, les yeux grands ouverts. Sa bouche dans son cou laissa une marque, et cela le fit sursauter violemment. Il tenta de s’extraire à ses crocs. 7 jours. 7 jours qu’il était enfermé, qu’il le cherchait. Qu’il rêvait de lui, depuis cet après-midi où Arsène lui avait fait assez confiance pour le laisser changer ses bandages. Il le voulait, son corps offert. Contrastant avec ses « non », de plus en plus étouffés.

Il le voulait. Il en avait rêvé, ici, dans ce lit. Mais il avait eut l’impression le lendemain que Marie savait.

Que Marie savait tout.

Et maintenant qu’il recevait enfin ce qu’il avait appelé mentalement pendant des heures, voilà que son état et sa panique ne lui permettaient pas d’y réagir convenablement.

« Ne laisse pas de marques.. Arsène arrête, elle sait !! »


Mais Arsène n'arrêtait pas. Toujours pas.

« Pitié… Pitié Arsène ils vont m’entendre crier… ils vont venir… »
Il tira sur ses cheveux. Mit ses dernières forces pour un coup de rein, poussant du pied contre son torse et ce malgré ses bandages. Le repoussant définitivement. Et se repliant sur son lit, mains levées. En signe dénégatif. « Regarde moi. Regarde moi ! »

Il haletait.

« J’ai envie. J’ai tellement envie de faire l’amour avec toi mais la femme sait. Marie sait. Tu ne comprends pas, je suis… Je suis faible ce n’est pas. »
Il vacilla. Ferma les yeux. « Normal… »








Dynasty decapitated
You just might see a ghost tonight
And if you don't know now you know
Revenir en haut Aller en bas
Arsène Martes
Invité
avatar
Arsène Martes
Mar 28 Avr - 22:25
La tête froide. Il ne l'avait plus. Il ne l'avait plus du tout. Anormal. Impensable. Il avait été toujours été maitre de lui. En toute circonstance. Il ne savait pas quelle toxine exhalait cette sale petite péronnelle mais cela excitait ses neurones, les faisant valser sur une pente savonneuse.

Jusqu’à la chute.

Il fut brutalement repoussé avec les pieds. Il sentit ses muscles se contracter et sa mâchoire se serrer. Il était en colère. Mais si cela lui parvenait de manière diffuse, comme sous un oreiller. Il distinguait benoitement qu'il était furieux. A nouveau.
Inapproprié.
Malvenu.
Dangereux.

- Regarde moi. Regarde moi ! J’ai envie. J’ai tellement envie de faire l’amour avec toi mais la femme sait. Marie sait.


Asène se figea. Sa cervelle venait de buter sur un obstacle. Un concept.
"L'amour".
Dans la bouche de Jan, cela semblait comme un mot étranger. Pas une insulte, mais quelque chose d’exotique et de chantant, qui conforte et berce l'oreille. Sil ne comprenait absolument pas le sens profond de ce terme, ni son emploi dans un tel contexte, cela lui permit au moins de focaliser son attention loin de sa souveraine virilité.

-Tu ne comprends pas, je suis… Je suis faible ce n’est pas... Normal.

Jan sembla s'effondrer sur lui même comme une marionnette sans fil. Il le rattrapa à la volée, plaçant un bras dans son dos. L'autre vint se placer en support sous sa nuque. Son cerveau tournait à plein régime. Opérationnel.
Il s'en flatta.

Il tâta le pouls de Jan, extrêmement lent. Sa faiblesse n'était pas une excuse. Quelque chose clochait, effectivement. Il allongea avec douceur le prince dans son lit, et le borda.

- Depuis quand ? Tu manques de souffle ? Tu as perdu l'appétit ? Depuis quand ?! pressa-t-il.

Ses analyses de sang ne montraient rien de tel. C'était curieux. Arsène sortit du lit pour observer l'état de la pièce Il lui fallait allumer la lumière ce qui risquait de se voir. Son sens logique penchait pour des causes extérieures mais il lui fallait faire une inspection en règles des lieux. Peut-être une allergie, la nourriture, quelque chose qui ne se voyait pas à l'examen sanguin. Il en était là de ses réflexion quand la poignet tourna dans ses gonds.
Souple comme un lynx, Arsène attrapa vêtements et chaussures et se dissimula derrière le rideau.

Une silhouette de femme en livrée d'infirmière fut éclairée par la lune. Marie s'approcha de Jan avec un silence mortel.

- Bonsoir, prince... susurra-elle glaçante.

Elle prit place au bord du lit et sortit une seringue de son tablier.

- Vous qui semblez si proche du Docteur Martès...

Elle lui plaça un garrot autours du bras. Les paupières de Jan étaient lourdes. Ses gestes engourdis. Il n'avait aucun moyen de lutter.

- Vous le serez encore plus en devenant son cobaye de prédilection.
Arsène Martes
Revenir en haut Aller en bas
Kapphären Jan
La gardeuse d'oies près de la fontaine
avatar
✦ Libre pour RP ? : Non

✦ Double-compte : Ofelia / Louie

Mar 28 Avr - 22:28


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)



Il respirait mal. N’arrivait plus à maintenir son regard ouvert. Il lui fallait dormir, comme chaque nuit. Profondément. Arsène n’était pas venu le voir pendant plusieurs jours et un autre ballet s’était opéré dans sa chambre, sans son consentement. Marie. Marie était un fauve dangereux toujours à l’affut. Il gémit, essaya de lui parler, de lui expliquer qu’il ne mangeait plus, non. Qu’il n’arrivait pas à se lever le matin et que dormir l’après midi lui semblait une obligation pour ne pas juste s’évanouir. Il ne le pu pas. Le monde, dans sa normalité, lui sembla plus rapide tandis qu’il s’effondrait.

On l’allongea sur le lit, Arsène s’éloigna. Et la main de Jan remonta avec une difficulté certaine jusqu’à son oreiller. A l’intérieur, le coupe papier.

La poignée tourna. Il se concentra pour rester éveillé malgré l’appel de l’obscurité montante. Sentit le parfum chimique de son adversaire. Entendit les mots, comme un écho dans l’écho. Répercuté dans son crâne et sonnant l’alerte. Il ne vit pas la seringue, mais n’eut pas besoin de cette vision pour comprendre qu’on cherchait à le contaminer.

Sa main jaillit. Il n’eut pas assez de force pour la frapper à la gorge. La pointe du coupe papier griffa son poignet profondément. La seringue tomba sur le lit, toujours intacte. L’aiguille perlant du maléfice liquide qu’était le Delirium.

Arsène.

Arsène était sa seule chance de survie.







Dynasty decapitated
You just might see a ghost tonight
And if you don't know now you know
Revenir en haut Aller en bas
Arsène Martes
Invité
avatar
Arsène Martes
Mar 28 Avr - 22:35
Marie pesta en français.

- Chier !


Elle retourna une cinglante gifle à Jan et tâtonna prudemment pour récupérer sa seringue. Finir ce pourquoi elle était venue : injecter au prince le sang contaminé de Karen Asselborn.

Elle n'en eut pas le temps.

Arsène la couvrit de toute son ombre projetée sur le lit. Elle se retourna, croisa son regard fixe, opaque, monstrueux. Dans ses prunelles régnait une nuit éternelle, un déni pur pour la vie qu'il avait sous les yeux. La terreur fondit sur elle comme un loup affamé. Elle voulut crier, elle n'en eut pas le temps. Arsène se saisit à deux mains de son visage et lui retourna proprement et sobrement la tête. Ses vertèbres craquèrent. Musique sinistre. Lorsque le praticien la relâcha, elle s’effondra mollement sur les couvertures, vidée de sa vie.
Le français était calme. Serein. Froid comme la faucheuse. Il attrapa la seringue à travers le tissus de sa chemise et la mis de coté, sur une table. Son expression indéchiffrable ne trahissait rien de ses pensées. Il mit un genou sur le lit, enjambant le cadavre de Marie, puis encadra la tête de Jan de ses mains et l'embrassa à pleine bouche. Sa langue chercha la sienne, chercha sa vie.

Était-ce là une manière d'exprimer son soulagement ? Peut-être.

La porte s'ouvrit à la volée sur une Katharina, chandelle dans une main, scalpel dans l'autre :

- Votre altesse faites atten...

Elle loucha sur la scène - le cadavre de Marie, yeux exorbités, le prince pendu au médecin royal, torse nu, le coupe-papier au sol -surprise. Puis ses traits prirent une expression nettement plus furibonde.

- Menya eto zaebalo ! Arsène à quoi tu joues !?
siffla-t-elle en baissant d'un ton.

Elle regarda derrière elle et referma soigneusement la porte.

- Va falloir encore que je nettoie tes conneries. T'as intérêt à me trouver une bonne explication et une putain de bonne bouteille de vodka,
rageât-elle à demi-ton , poing sur la hanche.
Arsène Martes
Revenir en haut Aller en bas
Kapphären Jan
La gardeuse d'oies près de la fontaine
avatar
✦ Libre pour RP ? : Non

✦ Double-compte : Ofelia / Louie

Mar 28 Avr - 22:37


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)



Jan eut un grondement éreinté. Sentant que son coup n’avait pas eut la portée escomptée. Il aurait aimé trancher les veines de cette garce mais la gifle le rendit au lit. Sans être assommé, son ego blessé tâchait d’éveiller son corps pour combattre. Ses yeux s’ouvrirent.

Il ne manqua rien.

Rien de la présence d’Arsène soudain. De ce squelette implacable qu’il était devenu – la mort elle-même. De son geste vif pour attraper la nuque de cette misérable ordure pour la lui briser, comme on casserait en deux une branche sèche. Oui il vit tout cela.

A aucun moment il n’eut peur.

C’était terminé. La seringue fut éloignée, le coupe papier demeura à terre. Arsène vint sur lui, alors que le poids du cadavre reposait en partie au sol, en partie sur le lit. Jan releva la nuque pour lui offrir ses lèvres. Quand la langue vint dans sa bouche, il l'aspira entre ses lèvres. Lentement. Docilement.

Un merci.

Puis la porte s’ouvrit. Et Jan s’égara dans les ombres, sa main crispée sur les draps. Cherchant celle d’Arsène. Katharina parlait mais il ne pouvait plus comprendre ses paroles. Se fichait même d’être surprit ainsi.

Arsène était là. Arsène le protégeait.
Il pouvait dormir.








Dynasty decapitated
You just might see a ghost tonight
And if you don't know now you know
Revenir en haut Aller en bas
Arsène Martes
Invité
avatar
Arsène Martes
Mar 28 Avr - 23:17
Le lendemain matin, lorsque Jan ouvrit les yeux, se fut pour constater que Katharina était à son chevet. Elle lui sourit chaleureusement. La lumière matinale donnait à sa chevelure érable, des teintes d'automne baignées de soleil. Elle lui épluchait des oranges.

Pas de cadavre.
Pas de seringue.
Pas de couteau.
Pas d'Arsène.

L'infirmière eut un petit gloussement malicieux.

- Comment allez-vous, Sire ?

Elle lui fourra un quartier d'orange entre les doigts et une tasse de thé à la menthe.

- Je me suis permise de "nettoyer". Marie est retournée das sa famille pour un congé indéterminé. Elle a été une vilaine fille. Très vilaine. Elle a affaibli vos défenses immunitaires en vous faisant ingurgiter de l'essence de sauge chinoise dans tout vos repas. Ce qui aurait été des plus favorables pour une implantation du Delirium... Enfin rien qu'une cure de vitamine et de sel minéraux ne puisse soigner. Buvez , la menthe va apaiser vos maux de têtes.


Elle continua de peler ses oranges.

- Je crois que Marie était belge. Visiblement elle a agit sur un coup de tête et suivit l'opportunité qui se présentait. Vous n'êtes pas très populaire, les Montbéliard, pour la partie "belgeoises", des luxembelgeois, malgré les années qui passent !

Elle rit de manière charmante.

- Je ne pense pas que cette suka avait prévu de vous surprendre avec Arsène. Elle a ajouté ça à la liste des ses griefs à votre égard.

Elle grignota un morceau d'orange d'un air amusé. Elle avait prononcé le prénom du médecin royale avec une familiarité irritante.

- Je ne sais pas ce qui vous lie à ce bon vieux Martes, altesse, mais l'homme est dangereux. Vous êtes un jeune homme plein d'avenir : trouvez vous une épouse qui portera de beaux petits garçons. Vivez votre vie. Laisser ce génial Mudak derrière vous.

Ses yeux le contemplèrent avec un froid que Jan n'avait jamais remarqué. A sa manière Katharina était effrayante. Sous son masque enjoué et rieur se cachait une personnalité semblable au médecin français. Elle devait avoir tué. Souvent.

- Il faut avoir vécu dans les ténèbres toute sa vie pour arriver à suivre le sillage d'Arsène, mon seigneur. Ce sont des sables mouvants dont vous risquez de ne jamais revenir...

Elle se leva tranquillement.

- Tâchez de prendre du repos. Pour l'heure nous ne déplorons aucune nouvelle contamination de votre personnel. Votre navire a été désinfecté de fond en comble. Dans quelques jours vous pourrez repartir vers votre royaume et oublier cet incident.

Katharina se dirigea vers la porte. Avant de la franchir, elle ajouta :

- Je travaille pour Arsène depuis plusieurs années maintenant. Si ses secrets sont aussi les vôtres, ils seront tus. Au sens littéral du terme si il le faut.

Elle le laissa méditer sur ses paroles et referma la chambre à clé.

***


Quarantaine: jour 14

"Libération"


-... J'insiste Ernest, je ne le sens pas du tout.

Katharina observait le médecin trier des échantillon de sang et prendre des notes. Derrière une porte, pourtant capitonnée, un gémissement plaintif se fit entendre.

- Il a exigé une dernière audience avec Arsène. Dieu seul sait ce qu'ils fabriquent dans ce bureau.
- Oh.. On en a bien une petite idée, fit l'épidémiologiste avec un petit sourire.
- Comment peux-tu prendre les choses aussi tranquillement ? Arsène n’est plus le même depuis que ce prince est dans les parages. Cela peut compromettre notre couverture ici. Et nos projets tout court.
- Je ne suis pas de cet avis.
- Pardon ?
- Tu sais, Arsène n’est pas une pièce unique, il fait parti d'un moteur à deux dynamique. Seul, il serait sans doute mort depuis longtemps. C’est sa sœur, sa proximité, qui lui a insufflé la vie nécessaire pour lui permettre de durer et qui a nourri son génie. Sa perte a été tragique et je m'inquiétais de voir Arsène sombrer d'avantage vers ses vieux réflexes.
- Que veux-tu dire ?
- Pourquoi crois-tu qu'il nous ait fait attendre neuf mois avant qu'on le libère. Il espérait simplement y rester.


Katharina regarda le scientifique et sa face à demi-brulée d'un air surpris et un peu inquiet.

- Arsène œuvre à sa propre destruction parce qu'il ne connait pas ses propres limites. Si il s’est découvert quelqu'un pour les lui dessiner à nouveau , ça n’est pas plus mal. Cela lui évitera de sombrer et nous avec...
- Tu.. Tu es plus psychologue que je ne l'aurais cru.
- C’est le privilège des gens laids, Jolie Katherina, le laideur est un promontoire d'observation à la vue imprenable.
- Tu n'est pas laid, Ernest.
- Pourtant tu ne m'a toujours pas répondu.

Katharina se mit à rougir brusquement.

- C’est que.. je.. C'est.. je suis une aventurière, tu sais ? Une cosaque purs jus. Je ne ferais pas une bonne épouse.

Ernest pencha la tête sur le coté avec un sourire.

- Permets moi d'en douter.
- Je te promet... d'y réfléchir, dit-elle en serrant les pans de son tablier comme une jeune fille en fleur.
- J'ai tout mon temps, fit sereinement le médecin.

La Délirante se mit à pleurer avant de finalement trouver le sommeil. La lune couvrit la "Douane" de ses rayons bienveillants.
Demain serait l'hymne d'une séparation.
Arsène Martes
Revenir en haut Aller en bas
Kapphären Jan
La gardeuse d'oies près de la fontaine
avatar
✦ Libre pour RP ? : Non

✦ Double-compte : Ofelia / Louie

Mar 28 Avr - 23:22


Quomodo vales ?

with Arsène (Fin février 05)




Ainsi est le temps. De longues années de sommeil où l’essentiel se déroule parfois trop rapidement, comme rattrapant la lenteur du quotidien. Des moments intenses, que l’on résume par des portraits, des souvenirs grappillés dans le monde et dans lequel on cherche un sens, comme si cela suffisait à capturer le coeur d’une myriade d’émotions et de scènes. Parfois un simple mot semble suffire.

Pour Jan. Ce fut Ebène.


~


Love cannot fit inside a theory
The end is near defining lonely
Is anybody there to show me


~

Le hennissement des chevaux de la délégation luxembelgeoise était le seul son palpable dans l’entrée si propre de Versailles. L'heure n'était pas aux effusions. Les gardes, silencieux, attendaient les derniers saluts. Devant eux, les servantes, têtes baissées, ne regardaient personne, pas même leurs consoeurs. Les diplomates, figés, murmuraient des remerciements et des excuses. Le chambellan et le majordome se tenaient tout deux aux côtés du prince Jan. Ce dernier venait de saluer la Reine, promettant une bonne entente entre les deux royaumes, malgré ce mal régnant dans le monde et celui qu’ils avaient faillit causer par leur venue en France. Tout fut impeccablement poli et diplomate. D’aucun remarqua les légères cernes sous les yeux de Jan Van Veerle de Monbéliard. Ni sa posture, légèrement tendue, avant qu’il ne rejoigne sa diligence.

15 jours en tout. Retrouver l’air frais le matin même lui avait semblé étrange, presque non naturel. Irréel. Le costume princier, neuf, lui serrait la gorge et empêchait la majorité de ses mouvements. Il eut comme un regret, une piqure au fond de l’âme. D’abandonner la chambre misérable bien que confortable qui avait été la sienne pendant son confinement. Comme un syndrome de Stockholm, il s’était surprit à trouver ses marques et ses habitudes dans le ballet des infirmières et des prises de sang. Bien évidemment, il avait été mieux traité que la plupart de ses gens. Et ses servantes en gardaient une trace blême dans leurs lèvres pincées et leurs regards vides.

Plus jamais elles ne prononceraient le nom des deux femmes contaminées qui avaient disparues dans les couloirs, l’une crachant du sang et l’autre recouverte de ce fluide maléfique. Elles tâcheraient bien vite d’oublier jusqu’à leurs visages. Comme un coup de balais passé sur les malheurs.

Jan, par contre, n’aurait pas cette chance.

3 ans auparavant, il avait pu se permettre d'enterrer la silhouette de son sauveur d’une nuit. Son amant, son adversaire. Les 15 jours passés en sa compagnie, à être le témoin de sa faiblesse comme de celle d’Arsène, de cette partie d’échec qu’ils menaient inlassablement l’un contre l’autre, avant de faire front ensemble, lui laissait désormais une marque indélébile.

Dans l’âme comme sur son corps. Une morsure.

Un nom.

Ils avaient entre eux bien plus que ces recherches sur le Delirium et leur théorie partagée, parfois entre deux baisers. Il y avait la trace de Marie, l’infirmière belge qui avait tenté de l’empoisonner, de le tuer. De l’arracher au trône comme à Arsène.

Mais aussi celle de ce pouvoir meurtrier au fond des yeux noirs, qu’Arsène avait mis à sa disposition pour le protéger. Une neutralité empathique qui n’avait pas effrayé le prince. Pas plus que celle de sa douleur.

Au contraire.
Au contraire…

Il était une clef, comme Arsène détenait la sienne.
Une clef d’une seule nuit à se céder l’un à l’autre.


« Mon homme. »




Plus que se céder même.

Jan sentait encore la douceur de ses cheveux sous ses mains tandis que l’aube se levait dans le bureau. Allongé sur la banquette, il s’était rendu compte de sa nuit blanche. Une nuit sans rêves, passée à murmurer lentement :

« Ebène. » Oh mon ombre.

Il monta dans la diligence. Le garde claqua la portière. Le cortège suivit.

Il ne se permit pas de le chercher du regard dans la foule attroupée aux portes de Versailles. N’en avait pas besoin.

Il lui suffisait de fermer les yeux pour le voir.

C’était effrayant.

Dans un autre temps, les choses auraient été plus simples.

Jan profita de sa solitude pour glisser sur le banc. Et appeler à l’aide.
Recouvert de sel.

~

Un bureau en désordre, des plumes à terre, du papier. Une machine à écrire repoussée dans un coin, une feuille accrochée à elle, quelques mots tapés.


Trouve un temps.
Trouve un moment.
N’attends pas trois ans.



Et la trace invisible d’un baiser en signature.





Fin du topic









Dynasty decapitated
You just might see a ghost tonight
And if you don't know now you know
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 3 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Contes Défaits :: L'Europe :: France :: Château de Versailles-
Sauter vers: