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 [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."

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Arsène Martes

MessageSujet: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Sam 25 Avr - 9:16
Neuf mois.
Neuf mois que le Medecin Royal de la cours de Versailles avait disparu sans laissé de traces. Son enlèvement n'était plus une conjecture. Les espions royaux avait trouvé des indices, aux abords de la frontière espagnole, laissant sous entendre que le médecin avait été kidnappé ou détroussé sur la route. Sa piste s'arrêtait dans un petit village aux abords de Toulouse, chez un herboriste de sa connaissance chez qui il se fournissait spécifiquement en simples. Pourquoi ? Dans quel but ? Aucune rançon n'avait été réclamée.
On en connaissait pas d’ennemis à Arsène Martès. En fait on se savait pas grand chose d'Arsène Martès tout court.
Son ascension fulgurante au poste de Medecin Royal en chef avait fait grincer des dents à la cours de France : malgré son demi-sang français, on le prenait pour un étranger, trop moderne, trop talentueux, trop roturier. Plusieurs savants et nobles convoitant ce post avaient lancé de folles rumeurs sur son compte, exprimant leur mépris et leur jalousie par tous les pores. Il y'avait même eut des lettres de menaces, adressées directement à la souveraine faisant état d'un complot, portant de graves accusations sur le docteur et son possible rôle d'espion ou d'aventurier. Tout ceci avait été vite relégué aux oubliettes face au professionnalisme et au dévouement quais monastique du jeune homme. Il œuvrait auprès de Ciel avec la constance et l'oeil bienveillant d'un père. Sans compter ses heures, sans relâche.

Au bout de neuf mois, personne ne songeait plus à le retrouver ou alors mort et décomposé.
Jusqu’à ce mois de janvier.

On frappa aux aurores aux portes des appartements royaux. Le jour pointait à peine et la cours ne s’ébrouerait que de longues heures après. Domestiques, jardiniers et palefreniers étaient, pour leur part, déjà à pied d' œuvre. Le chambellan redoubla ses tambourinements.

- Majesté ! Majesté ! C'est terrible ! Venez vite !

Une camériste l'introduisit à la hâte, encore ensuquée de sommeil.

- Nous l'avons retrouvé ! A.. Arsène Martès !

Ce matin là, à cinq heures précises, premier chant du coq, Arsène Martès avait été découvert, gisant dans la paille des écuries. Un des laquais avait faillis l'embrocher avec sa fourche en retournant le foin. On l'y avait déposé, ligoté comme un saucisson et nu comme un vers, baignant dans son propre sang.

Mais toujours vivant.
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MessageSujet: Re: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Sam 25 Avr - 18:17
L'aurore venait à peine de se lever que Ronce était déjà levée. La reine observait les jardins par sa fenêtre, laissant sa camériste la coiffer, l'accoutrer pour la journée. Fut un temps, Ronce aurait demeuré dans son lit, attendant que l'on amène la cour, que l'on mène le grand cérémonial du lever. Mais depuis l'éveil de la France, ces rites avaient été relégués dans le passé. La reine courait après le temps et ne pouvait supporter l'idée d'attendre que ces Messieurs Dames daignent venir la voir pour avoir le droit de se lever.

Elle n'avait déjà que trop dormi.

Comme chaque matin, le temps de se préparer, la reine songeait aux tâches à effectuer, les missives à envoyer, les rencontres à mener. Le programme de la journée. La quiétude de l'instant fut brisé par l'arrivée soudaine du chambellan. A demi vêtue, Ronce plaqua la robe contre elle, préservant sa pudeur.

- Nous l'avons retrouvé ! A.. Arsène Martès !

Le nom s'écrasa, tel un plomb, dans l'estomac de Ronce. La reine percuta la chaise, sous le choc, et évita de justesse de tomber à terre. La surprise qui avait peint ses traits disparut, remplacé par la figure de reine.

« Apprêtez-moi, camériste. Au plus vite. Chambellan, veuillez sortir. Vous me conduirez sur les lieux. »

Exhortée par la reine, il ne fallut que quelques minutes à la camériste pour vêtir la reine. On passa sur l'extravagance, préférant une mise simple au vu de l'urgence de la situation. Le chambellan annonça toute l'affaire à la reine, tandis qu'ils remontaient les couloirs de Versailles. Arsène avait été mené dans son ancienne chambre (son successeur actuel n'avait pas souhaité vivre dans "le repaire d'un rival"). Les domestiques s'occupaient de lui rendre figure humaine, tandis que le nouveau médecin veillait sur sa santé.

« Le dernier point ne doit guère plaire à Monsieur Martès. »

La reine savait combien l'homme méprisait l'ancienne médecine. Il n'avait cessé de le démontrer par quelques allusions bien senties.

Le chambellan ouvrit la porte de la chambre, annonçant l'entrée de la reine. Les rideaux avaient été tirés, laissant entrer la lueur matinale, encore faible. Les domestiques vaquaient en tout sens qui, portant du linge sali, qui des vêtements. Le successeur d'Arsène (un homme grisonnant, portant perruque à la française) se tenait penché au-dessus du lit, où se tenait une silhouette. A la vue de la reine, il laissa éclater sa hargne.

« Votre Majesté, cet homme est plus têtu qu'une vieille bourrique. Il refuse mes soins prétendant que je suis... » Les veines de son cou se gonflaient, menaçant de se rompre. « Un charlatan ! Majesté, vous savez que j'ai officié pendant des années. Je suis fort capable de soigner un homme qui a été maltraité... »

Ronce leva la main, faisant taire le médecin. La reine se rapprocha du lit où reposait Arsène.

« Je ne pensais pas vous revoir, un jour. Et de surcroit, ainsi. Cela aurait été cocasse que votre retour inopinée se déroule le jour de mon anniversaire. »

La jeune femme croisa les bras.

« Puisque ce médecin ne vous convient pas, puis-je savoir quel collègue pourrait vous soigner ? Je ne pense pas que vous soyez en état de panser vous-même vos plaies. Vous préfériez peut-être la compagnie d'une domestique qui agira selon vos ordres ? »

Si l'homme avait su renvoyer le médecin, c'est qu'il avait encore quelques ressources. Les premiers soins des domestiques avaient réussi, semblent-ils, à ramener un peu de vie en lui. Derrière le paravent, l'eau de la baignoire était teintée de rouge, tout comme les linges que les domestiques rapportaient au lavoir.

Petit mot:
 


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Arsène Martes

MessageSujet: Re: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Sam 25 Avr - 23:32
- Vo... Votre majestée !

Arsène tenta de se redresser sur sa couche mais grimaça et se renversa aussitôt sur son oreiller, déjà tâché de pus. Il feignait, bien évidemment : il ne ressentait guère que des picotements. Mais la dramaturgie de la scène exigeait de jouer finement la souffrance. Il n'en restait pas moins que ses blessures étaient réelles. Ses pouces étaient brisés, son poignet fracturé, ressoudé à moitié. Tabassé subtilement pour faire souffrir sans briser de l'intérieur , il avait été brulé au tisonnier.

- Je ne pensais pas vous revoir, un jour. Et de surcroit, ainsi. Cela aurait été cocasse que votre retour inopinée se déroule le jour de mon anniversaire.
- Vo.. Votre gracieuse Majestée, je.. je suis tellement désolé de vous causer tant de soucis, mon travail.. le prince... dit-il sans gouter l'humour grinçant de Ronce.

Il ceint le masque de la mortification et de la peine. C'était dans le ton avec son œil au beurre noire et ses lèvres coupées et tuméfiées.

-Puisque ce médecin ne vous convient pas, puis-je savoir quel collègue pourrait vous soigner ? Je ne pense pas que vous soyez en état de panser vous-même vos plaies. Vous préfériez peut-être la compagnie d'une domestique qui agira selon vos ordres ?

Arsène déglutit. La honte se lisait sur son visage.

-Ils m'ont brulé... Ils....

Il ferma les yeux et pris une inspiration. Il serra les dents. La contracture de sa mâchoire rendit saillantes certaines veines à ses tempes. Il se retourna, à grand peine, pour montrer son dos à la souveraine. Là, au centre, entre ses deux omoplates on l'avait marqué au fer rouge. La plaie était suppurante sous la chair brulée. Elle formait un dessin particulier, une sorte de tête d'aigle de profil dans le cercle d'un médaillon.
Arsène se laissa choir sur le flanc.

- Je risque la septicémie si je ne suis pas traité au plus vite. Le.. L'officier Ernest Duchesne. Il est à actuellement à Paris , à l'hôtel des trois couronnes, place d'Italie. C’est.. C’est le meilleur épidémiologiste que je.. gn.. connaisse.


Il était épuisé et cela, par contre, il ne le singeait pas.
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MessageSujet: Re: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Dim 26 Avr - 21:41
Une reine ne doit montrer aucune faille. Aussi immuable qu'une statue, parfois cruelle.

Ronce veilla à ne montrer aucune émotion. Il y eut, évidemment, quelques mouvements subtils. Dilatation des pupilles, clignement de paupières, plissement des lèvres. Mais c'est d'une voix inflexible qu'elle s'adressa au chambellan.

« Vous avez entendu monsieur Martès. Allez donc quérir Monsieur Duchesne. Dites-lui que c'est un ordre de la reine. Il viendra d'autant plus vite. » Le chambellan s'inclina brièvement, quittant la pièce à pas précipités. « Quant à vous, médecin, vous pouvez disposer. »

L'homme se raidit, mais obéit face au poids du regard de la reine. Désormais seule avec Arsène (les gardes étaient demeurés aux portes), Ronce s'assit au bord du lit. Elle posa sa main gantée sur l'épaule de l'homme.

« Apaisez-vous. Vous êtes en sécurité. Vous aurez tout le loisir de parler lorsque vous irez mieux. »

Le regard de Ronce détailla la marque au fer rouge. Le symbole ne lui évoquait rien, mais elle le grava en son esprit. Elle enquêterait sur le sujet dès que possible. Le symbole d'une organisation peut-être. Ou un symbole utilisé par les criminels, cachant un sens bien particulier.

Attrapant une serviette, Ronce la trempa à demi dans un baquet d'eau propre, avant de tamponner le front d'Arsène. A défaut de lui prodiguer de véritables soins, en attendant l'épidémiologiste, elle pouvait essayer d'apaiser sa douleur. Ou du moins apporter une présence réconfortante.

« Vous êtes un homme fort. Vous vous en sortirez. J'en suis certaine. »

Elle n'aurait su dire si elle le pensait vraiment, ou si elle disait cela pour rassurer l'homme.


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Arsène Martes

MessageSujet: Re: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Mar 28 Avr - 22:10
Arsène était toujours étonné par la propension de son ainée à être si proche de ses gens, si aisément tactile, si "maternelle". Sa grand-mère lui avait toujours appris qu'un souverain n'était pas l'égale de l'homme mais le chainon manquant entre lui et Dieu. Pourquoi alors se complaire parmi les fanges des mortels quand on peut effleurer du doigt le céleste.
La proximité de Ronce de France était sa force comme sa faiblesse la plus crasse.

Le médecin fit trembler sa carcasse avec un crédibilité remarquable lorsque la reine passa le linge humide sur son front. Il lui attrapa le poignet, en proie à une certaine agitation.

- Je n'ai jamais cédé votre altesse ! Jamais, je vous le promets ! Mon dévouement à la couronne... Mon dévouement pour vous, est total.

Il se mit à sangloter, c'était tout à fait à propos.

- Alors ils ... ils m'ont puni...

Il se cacha pudiquement les yeux avec ses mains plâtrées. Il donnait la parfaite image de l'homme humilié. Qui sait ce que ses mystérieux agresseurs avaient pu lui faire subir ?

Et pourquoi ?
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MessageSujet: Re: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Jeu 30 Avr - 16:20
« Puni est un terme bien faible pour ce que vous avez subi. »

Point d'émotion, simplement une froide constatation. Ronce ne pouvait voir que ce que les draps ne masquaient pas. Mais cela suffisait amplement pour enrichir son imagination.

Ses doigts enserrèrent le tissu trempé, le pressant comme si c'était une gorge qu'elle tenait entre ses mains. L'eau dégouttait sur ses jupes, détrempait la robe. Mais Ronce n'en avait cure. Son regard était froid, dur, comme on lui avait enseigné, reflet de la colère qui, doucement, emplissait ses veines.

Elle était reine. Loin de s'enorgueillir de ce titre prestigieux, elle y voyait là la tâche, lourde, de veiller sur son peuple. D'être à l'écoute de ses douleurs. Arsène en faisait partie. Par sa dévotion, son travail, il était devenu aussi Français que ceux nés sur les terres du royaume.

« Vous êtes en sécurité ici. J'enquêterais sur ces hommes. Je veillerais à ce que vous ayez subi ne l'ai pas été en vain. »

La porte de la chambre s'ouvrit alors sur le chambellan, qui s'effaça pour laisser entrer Ernest Duschene. De brèves salutations furent échangées. Ronce se leva, se reculant du lit pour laisser place à l'homme, lui laisser les coudées franches pour mener ses soins.

« Monsieur Duchesne. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, dites et j'ordonnerais. Monsieur Martès a besoin de vos secours. Nous devons panser son corps, dans un premier temps. »

L'apaisement de l'esprit viendrait plus tard.


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Arsène Martes

MessageSujet: Re: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Ven 8 Mai - 18:53
Arsène sombra dans une semi-conscience - feinte ou non - lorsque son collègue fit irruption dans la chambre.

Ernest Duchesne.

Freluquet, petit et maigre, le front large et les bésicles sur le nez. Ernest n'avait rien du bel homme malgré ses apparents vingt-sept printemps. D'autant qu'une brulure lui déformait le visage, du dessus de l'oeil gauche à la joue. Mais son regard vif et son pas alerte, témoignaient d'un homme de conviction et de grande intelligence. Lui aussi avait dormi. Cependant, lui c'était adapté, comme le prouvaient son costume et complet veston en tweed brun, tout à fait moderne.

- Votre Altesse, fit-il sans plus de cérémonie.

Ses yeux glissèrent vers la charpie qu'était le corps de son ami. Il eut un temps d'arrêt.

- Qui a osé...
commença-t-il d'une voix blanche.
- Monsieur Duchesne. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, dites et j'ordonnerais. Monsieur Martès a besoin de vos secours. Nous devons panser son corps, dans un premier temps.

Ernest dompta ses nerfs avec promptitude et se mit au travail. Il évacua le matériel moyenâgeux de son prédécesseur et commença à étaler méthodiquement le sien : divers flacons, des seringues, du coton, une boite en fer contenant des bandes de plâtre sèches, et divers autres ustensiles.

- Arsène, je veux dire Monsieur Martès a un bon métabolisme. Il cicatrise vite. mais il lui faut cicatriser bien. Je vais m'occuper de ressouder ses pouces au plus vite. Un chirurgien n’est plus rien sans ses doigts. mais avant toute chose, je vais lui faire une injection pour prévenir de la septicémie.

Et il s’exécuta, les gestes précis, calmes, rompus par une maitrise totale de la chose.

- Le Docteur Martès a toujours cru en mes recherches. J'éspère qu'elles lui sauveront la vie.

Il lui désinfecta le bras, chercha la veine et planta l'aiguille de sa seringue. Un drôle de liquide disparut sous la peau d'Arsène.

- Aidez-moi à le retourner !
lança-t-il à la reine comme s'il eut s'agit d'une simple infirmière. Sainte Mère de Dieux ! jura-t-il à la vue de la brulure. Pardonnez mon langage, altesse, mais c'est la brulure la plus moche que j'ai jamais vu. Et j'en connais un rayon ! J'ai besoin que quelqu'un lui parle. Il ne faut pas qu'il s'endorme...

Ernest s'affairait comme un diable, au four et au moulin, pour réparer la carcasse échouée du médecin royal.

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MessageSujet: Re: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Lun 11 Mai - 17:55
La reine ne se formalisa guère des propos tenues par Ernest. La situation autorisait les débordements, et l'absence de respect envers le protocole. Elle aida même le médecin à retourner Arsène, ne rechignant pas à la tâche. Si Ernest lui demandait de l'assister, elle le ferait sans broncher. Ronce n'avait jamais aimé demeurer oisive, et encore moins inapte alors que la situation exigeait une paire de bras supplémentaires. Les domestiques les plus anciens pouvaient témoigner. Lors du réveil, elle avait participé à la reconstruction de Versailles, retroussant ses manches, marchant dans la fange telle Cendrillon.

« J'ai besoin que quelqu'un lui parle. Il ne faut pas qu'il s'endorme... »
« Fort bien. Monsieur Duchesne, faites-moi savoir si vous avez besoin d'une main supplémentaire pour vous aider. Je peux mander un domestique, et même plusieurs. »

Ronce saisit la main libre d'Arsene. Elle ressentit la chaleur fiévreuse qui irradiait de l'homme, à travers le tissu de son gant. La scène lui rappelait les veillées qu'elle avait parfois mené aux côtés de Ciel, lorsque les médecins n'interdisaient pas les visites. Mais Arsène était un adulte, elle ne pourrait pas apaiser ses maux avec des simples histoires.

« Monsieur Martès, concentrez-vous sur ma voix. Ne la lâchez pas. Votre collègue va vous ramener parmi nous, et vous pourrez, à nouveau, faire tourner les têtes des jeunes filles les plus impressionnables de la cour. »

L'humour adoucissait les pires situations. Ronce n'avait rien trouvé de mieux pour tenter de garder l'esprit d'Arsène éveillé.

« Ce blason incrusté dans votre chair, je crains que... nous ne pourrons jamais l'enlever. Mais je veillerais à traquer ces hommes, à les faire comparaître en justice. Pour ceux qu'ils vous ont infligé, mais pas seulement. Pour ce qu'ils ont pu commettre sur d'autres individus qui n'ont rien demandé. »

La reine s'écarta lorsque Ernest se rapprocha pour continuer ses soins. Elle ne devait pas gêner le praticien dans sa tâche. Craignant que l'esprit d'Arsène ne leur échappe, Ronce lança une dernière bouée.

« Monsieur Martès. Parlez-moi de la pathogenèse. »

Ronce n'allait sûrement rien comprendre au discours du médecin, mais peu lui importait. Elle espérait que le sujet éveillerait quelque chose en l'esprit d'Arsène.


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Arsène Martes

MessageSujet: Re: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Mar 21 Juil - 11:02
-Monsieur Martès, concentrez-vous sur ma voix. Ne la lâchez pas. Votre collègue va vous ramener parmi nous, et vous pourrez, à nouveau, faire tourner les têtes des jeunes filles les plus impressionnables de la cour.

Le blessé papillonna des cils. Visiblement la fièvre venait de monter d'un cran. Il était brulant et fatigué. Les cernes noircies autours de ses yeux témoignaient d'une lutte acharnée pour ne jamais dormir. De peur d'être tué, sans doute.
Le médecin serra la main de Ronce.

- Ce blason incrusté dans votre chair, je crains que... nous ne pourrons jamais l'enlever. Mais je veillerais à traquer ces hommes, à les faire comparaître en justice. Pour ceux qu'ils vous ont infligé, mais pas seulement. Pour ce qu'ils ont pu commettre sur d'autres individus qui n'ont rien demandé.
- Rostrhamus.... Rostrhamus ... gémit le praticien.

La reine le sentit clairement : son sujet était en train de s'enfoncer dans les marais spongieux de l'inconscience. Ses épaules s'étaient affaissées, ses muscles s'étaient relâchés. Ses doigts tenaient mollement dans la paume de la jeune femme.

- Monsieur Martès. Parlez-moi de la pathogenèse

Arsène ouvrit les yeux à demi. Il esquissa un drôle de sourire et il eut une série d'éructations gémissantes qui, après quelques seconde de réalisation, se définir comme un rire. Ernest haussa un sourcil, surprit par la réaction de son vieil ami.

- Épine, murmura-t-il, ne me fais pas rire...

Son regard vitreux se posa sur Ronce. Elle put y déceler un amour infini qu'elle ne l'avait jamais vu exprimer. Son médecin royal, bien qu'affable et poli, était un homme secret, un peu froid. Bien peu accessible. Cela n'entachait en rien ses compétences et son professionnalisme. Mais même envers Ciel, qu'il traitait avec beaucoup d'affection, il ne faisait pas démonstration d'autant de chaleur.
Ernest s'était figé, quelque peu choqué. Livide.
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MessageSujet: Re: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Lun 27 Juil - 22:19
Épine.

Un nom inconnu. Mais aux relents indéniablement français. Il n'y avait que dans ce pays qu'on donnait de tels patronymes à ses enfants. Probablement le nom d'une proche, au vu du tutoiement. Ou d'une simple femme de joie. Arsène demeurait un homme, après tout.

Ernest, de son côté, ne bougeait plus. Apparemment choqué par l'attitude de son collègue. De sa main libre, Ronce secoua son épaule.

« Reprenez-vous. Ce ne sont pas les paroles d'un condamné. Vous pouvez le sauver. Vous êtes un expert. »

Qu'il était fatiguant d'user de la flatterie envers ses pairs. Si le praticien baissait les bras, c'en était fini.

La main de Ronce pressa celle d'Arsène, la seconde se posa sur son front. Telle une sœur veillant sur son frère.

« Fort bien, Arsène. Parlez-moi donc de cette Épine. Une sœur que mes parents m'ont caché, peut-être ? Nos noms font un joli écho... »

Attrapant un chiffon propre, Ronce en tamponna le front d'Arsène.

« La rose est toujours accompagnée d'épines... Les ronces en sont couvertes intégralement... Ronces et épines veillent sur les roses... » Ronce palabrait, sans queue ni tête, parlant simplement pour couvrir le silence, empêcher Arsène de sombrer. « Ronce et Épine veillent sur vous, Arsène. »

Et là-dessus un sourire, avant de glisser un regard vers Ernest, de quémander du regard des informations sur ses avancées.


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Arsène Martes

MessageSujet: Re: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Ven 21 Aoû - 12:01
Ernest fut secoué comme un prunier par une main ferme. La mention d'Epine l'avait déstabilisé. Arsène était un menteur né, mais rarement quand il s'agissait de sa sœur. Cette mention était-elle calculée, ou bien, était-ce le produit de la fièvre.

- Oui.. Oui Madame.

Ernest se remit au travail, troublé.

- Fort bien, Arsène. Parlez-moi donc de cette Épine. Une sœur que mes parents m'ont caché, peut-être ? Nos noms font un joli écho... La rose est toujours accompagnée d'épines... Les ronces en sont couvertes intégralement... Ronces et épines veillent sur les roses... Ronce et Épine veillent sur vous, Arsène.

Le malade frémit dans sa semi-conscience. Il attrapa les poignets de la souveraine et les fit glisser sur son torse. Il était trempé de sueur et son cœur battait à tout rompre. Il brulait littéralement. Des prunelles sombres, voilées par la lutte que menait son corps contre lui même, se posèrent sur la première dame de France. Il eut un sourire, si tendre que s'en était choquant. Jamais Le Médecin Royal n'avait fait preuve d'autant d’épanchement.

- Un jour je t'emmènerais à Versailles. Tu y verras les roses qu'on nous a promis... les roses comme...

Ernest se dandina sur ses pieds, inquiet. Arsène était-il en train de se compromettre malgré lui ? Lorsque ce dernier avait évoqué son projet, l'épidémiologiste avait désapprouvé. Pourtant il s'était tenu là, lui aussi dans cette forêt, et il avait regarder sans broncher Wilheim tenir le fer qui lui avait mordu les chairs.

- "La rose et moi différons d'une chose: Un Soleil voit naître et mourir la rose..."

Les vers de Ronsart s’échappèrent des lèvres du blessé, énigmatiques. Il serrait toujours les mains de Ronce contre lui, entremêlant ses doigts effilés -des doigts de pianiste ou de chirurgien- avec les siens.
Ernest se crut obligé d'intervenir.

- Épine est sa sœur. Il l'a perdu l'année dernière, au mois de janvier précisément. Mais je suppose que vous l'ignoriez...

Il eut un sourire un peu triste tout en poursuivant ses soins.

- Arsène n’est pas homme à se confier beaucoup.

Le principal intéressé, avait clos les paupières et émit un filet de gémissement. L'inconscience le gagnait.

- Vous lui rappelez sans doute cette cadette, votre majesté. Arsène ne l'exprime pas beaucoup, mais c'est un homme qui a toujours porté sa souffrance et celle des autres à bout de bras, avec beaucoup de dignité. C’est sans doute pour cela qu'il prend grand soin de vous et de votre frère. Eux aussi se sont trouvés seuls au monde, tout comme vous le fûtes vous même...

L'épidémiologiste se reprit, soudain conscient de son manque d'étiquette.

- E.. excusez-moi votre majesté, je me montre bien trop familier. Je ne voulais pas vous manquer de respect. Je lui ai fait des injections d'antibiotique, et administré un sédatif. Ses plaies ont été nettoyées, recousues et sont saines. J'ai fixé des attèles sur ses pouces, les os devraient se ressouder sans trop de soucis. Maintenant il lui faut du temps, du repos...

Et osa-t-il ajouter en levant les yeux vers elle :

- ... et une présence bienveillante.




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MessageSujet: Re: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Dim 23 Aoû - 22:01
Le trouble s'était dessiné sur le visage de Ronce lorsque Arsène avait montré cette facette qui lui était inconnue. Et que, non content de la surprendre par ce sourire, avait apposé les mains de la reine sur son torse. Peau contre peau. Geste impudique qui fit naître des rougeurs de pucelle sur le visage de la reine. Même envers son propre frère, elle n'avait jamais eu de geste aussi familier. Cette scène faisait presque écho à celle d'un roman pour demoiselles en manque de romance, où une courageuse dame sauvait la vie d'un mystérieux homme séduisant.

La voix d'Ernest sauva les pensées de Ronce. La reine se concentra sur ses paroles. Mais ses doigts, inconsciemment, répondaient à l'étreinte du médecin, lui pressant doucement les doigts.

« Monsieur Duchesne, ne soyez jamais gêné de me parler franchement. Je ne m'en formaliserais pas. Je préfère la franchise, aussi brute soit elle, que l'hypocrisie mondaine. »

En cet état, et avec les révélations d'Ernest, le médecin royal prenait un visage plus... humain. Plus accessible. Toujours, jusqu'à présent, l'homme avait été un roc infaillible, inatteignable. Mais aujourd'hui il s'était brisé.

« Je veillerais à ce que personne ne le dérange. Je veillerais sur son état. Comme l'aurait fait sa sœur. »

Elle était déjà sœur, par le sang, avec le prince Ciel. Son cœur était bien assez grand pour en accueillir un second. Par le passé elle avait bien accueilli une fille. Même si ce fut pour un court temps.

N'osant se détacher d'Arsène, de crainte que le médecin, sous couvert de ne plus sentir la présence de sa sœur, de se laisser emporter par un sentiment de désarroi, une peur panique, la reine fit signe à Ernest Duchesne. Ôtant une de ses mains de l'emprise d'Arsène, elle serra celle d'Ernest.

« Je vous remercie de tout ce que vous avez accompli. N'hésitez pas à revenir à Versailles quand vous le souhaitez. Je vous tiendrais au courant de l'avancée de son état. »

Lorsque la porte se fut refermée sur Ernest, la reine reprit les mains du médecin entre les siennes. Tout bas, comme si elle berçait un enfant, elle chantonna une comptine. Maladroitement, pour combler le silence.

La boulangère a des écus
Qui ne lui coûtent guère,
D'où viennent tous ces écus
Charmante boulangère ?
- Ils me viennent d'un gros Crésus
Dont je fais bien l'affaire
Vois-tu !
Dont je fais bien l'affaire


La Boulangère, chanson complète


Les dernières strophes furent oubliées, bien trop coquines pour être prononcées. Ronce ne se leva que lorsqu'elle sentit Arsène se laisser emporter par Morphée. Du bout des lèvres, elle déposa un baiser sur son front, remonta les draps sur son torse.

XXX


Des heures passèrent, des jours peut-être, avant qu'Arsène ne se réveille, ne reprenne conscience. Ronce veillait, le plus souvent possible, assise dans un fauteuil au chevet du malade. Compulsant des papiers importants, veillant à ne jamais perdre une seconde, ne laisser de côté aucune de ses obligations.

Ce jour-là, elle s'était à demi assoupie, un livre menaçant de tomber de sa main entrouverte. Le mouvement dans le lit la fit se lever. Bondissant de son fauteuil comme un diable de sa boîte, elle n'eut pas un regard pour le livre qui venait de choir à ses pieds. Sa main se posa sur l'épaule d'Arsène.

« Tout doux, vous êtes encore faible. N'ayez crainte, vous êtes chez vous. »


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Arsène Martes

MessageSujet: Re: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Sam 29 Aoû - 11:12
Font-Romeu, petite bourgade française d'une poignée d'âmes. Située à la frontière, elle contemplait l'Espagne paisiblement, accueillant les voyageurs vagabondant dans la beauté des paysages pyrénéens. Ou perdus. Sans doute l'immense et épaisse forêt de La Calme entourant le lieu de pèlerinage de l'Ermitage y était pour quelque chose. Réputée magique, elle avait survécu à un incendie, étouffant les vapeurs de carbone sous son feuillage touffu qui ne laissait passer que très peu de lumière. Pourtant des rumeurs faisaient état d'esprits et feux-follets qui dansaient entre les troncs râpeux des pins en pleine nuit. Les villageois prenaient soin de ne jamais s'y aventurer et ceux qui le faisaient, ne revenaient jamais.
Une vraie "Forêt Noire".

Arsène pensa au dessert éponyme et un sourire retroussa ses lèvres bleuies. Il se sentit saliver.

Son séjour chez Vassilissa la Grenouille lui avait laissé de cuisants souvenirs : une fracture du poignet gauche, les pouces brisés, de nombreuses contusions et un visage tuméfié. On avait épargné sa bouche pour qu'il parle. Mais jamais un mot n'avait franchi ses lèvres. Il s'était contenté de sourire.
Sourire quand on lui retournait les ongles de chaque doigt.
Sourire quand on lui brulait le torse à la pointe du tisonnier.
Sourire quand on le rouait tout bonnement de coups.
Et cela mettait ses inquisiteurs plus au supplice que lui. La consigne avait été claire : rien qui ne puisse se voir ostensiblement. Ses doigts n'avaient pas été découpés, son sexe n'avait pas été mutilé, ses yeux voyaient toujours. Même l'arrête de son nez, rectiligne comme un bec, avait été épargnée. Sa tortue avait exquise et raffinée. Il l'avait endurée jusqu’à ce que la douleur coule dans sa moelle épinière, indiquant que le rubicond de sa souffrance avait été franchi.
Et même là. Il n'avait rien dit.
Il avait simplement souri pendant les neuf mois de sa détention. Une gestation.
Il faisait nuit noire lorsque la voiture s'arrêta enfin et le manteau d'épines des sapins alentour rendaient la chose plus accrue encore. La clairière était animée de quelques maquisards aux trognes salement découpées par la lueur du feu de camp.

Il y'avait longtemps que les principaux Enfant de Rostrhamus ne s'étaient pas réunis. Assemblée extraordinaire sur fond de ténèbres fantastiques, voilà qui saillait bien à leur organisation de l'ombre. L'attentat de Vassilissa les révélerait au grand jour. Cet attentat et le rapt du Médecin Royal. Le fer rouge ciselé en forme de tête d'aigle cerclé, rougeoyait sur les braises. Arsène défit sobrement sa chemise et vint se mettre à genou dans l'herbe.

L'odeur de sa propre chair brulée lui envahit les narines. Ses terminaisons nerveuses défectueuses mirent quelques longues minutes à réagir. La douleur l’envahit comme une nappe de lave, lente et inexorable. Il la prit comme une sincère preuve de son humanité. L'image d'Epine souriant dansa devant ses rétines.
Il se laissa aller à hurler quelques secondes avant de s'évanouir.


***

<< Chut... N'ouvre pas les yeux.>>
Fait la voix dans un murmure.
<< Tu es fatigué, Ebène. Tu aurais du lui dire d'arrêter.>>
Quelque chose d'humide ceint son front. Il est étrange de constater que si son épiderme perçoit la pression froide et les gouttelettes d'eau qui roulent à sa surface, son cerveau est incapable de convertir ses information en sensations.
En réactions.
<< Quand il est lancé, il ne s'arrête plus, n'est-ce pas ?>>
La voix est douce, avec quelques notes riantes, familières. Une main se glisse dans la sienne, la serre.
<< Ne t'inquiète pas, je te tiens. Je serais toujours là pour l'empêcher de te faire du mal, Ebène...>>

Qui ?

<< Rostrhamus >>


***

- Épine !

Arsène se redressa dans son lit, avec un bref sursaut, déboussolé. Il se laissa choir à nouveau dans les oreillers en plumes quand sa cervelle lui imprima les souvenirs de sa chambre de convalescent.

- Tout doux, vous êtes encore faible. N'ayez crainte, vous êtes chez vous.
- Chez moi ?
répéta-t-il, ensuqué.

La femme qui se tenait à coté de lui était blonde et jolie. Son visage poupon était à peine sorti de l'adolescence. Elle esquissa un sourire affectueux. Il discerna les légère marques bleuies sous ses yeux, symptômes d'une longue veille. Plusieurs peut-être, ajouta-t-il mentalement, en observant la pile de dossiers et de courriers sur une petite table non loin du fauteuil jouxtant son lit.
Ronce lui avait donc tenu la main tout ce temps ? Cela lui parut incongru. Elle avait d'autres obligations et il n'était rien de plus qu'un de ses sujets. Il comptait bien évidemment exploiter cette faiblesse. Il ne s'était simplement pas attendu à compassion si grande.

- Votre majestée ? Combien de temps ai-je... ?


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MessageSujet: Re: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Lun 31 Aoû - 22:26

« Une semaine. Au bas mot. Vous en aviez bien besoin. »

Remontant vers le sommet du lit, Ronce aida Arsène à finir de se relever, à caler son dos contre les oreillers qu'elle fit bouffer. Certes sa main n'était pas aussi experte que celle d'une domestique, mais le geste était là. Avec une vivacité toute féminine la reine ouvrit une des fenêtres, laissant l'air frais entrer, chasser les fragrances de médicaments et de sueur. De maladie et de convalescence.

Croyant aviser, du coin de l’œil, qu'Arsène tentait de sortir de son lit, Ronce bondit à sa rencontre.

« Ne vous levez pas. C'est un ordre. »

Mains sur les hanches, avec sa face de poupon, la reine prêtait plus à rire qu'à être obéi. Elle ne laissa pourtant pas le loisir au médecin d'aller à l'encontre de sa volonté. Sa silhouette se campait devant le lit, tel un mur.

« Vous êtes arrivés ici dans un état déplorable. Remerciez votre collègue, Monsieur Duchesne, d'avoir su vous prodiguer les soins. Il me faut d'ailleurs le mander promptement. Je lui ai promis de vous faire part de votre réveil. »

La main de Ronce alla saisir une cordelette, appelant une domestique à venir, au plus vite, s'enquérir des ordres royaux. En attendant sa venue, Ronce reprit place dans le siège, ramassant négligemment le livre tombé à terre.

« Si vous le souhaitez, je peux aussi le faire venir. Qu'il vienne vérifier votre bonne santé. »

Le livre sur ses genoux, Ronce saisit une des mains du médecin.

« Vous nous avez causé bien des frayeurs. Mais qu'importe. Vous êtes en vie. C'est là un moindre mal. »

Les doigts de Ronce pressèrent la poigne d'Arsène. Son regard se fit plus sombre, le ton plus acéré.

« Un moindre mal comparé à ce que devront subir vos tourmenteurs. Ils ont causé plus d'une perte, de ce que j'ai cru entendre... Une chaîne sanglante de désolation... »

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Dernière édition par Reine Ronce le Jeu 29 Oct - 23:23, édité 1 fois
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Arsène Martes

MessageSujet: Re: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Dim 11 Oct - 12:41
Arsène papillonna des paupières, la lumière agressant ses rétines. Il observa la reine s'affairer autour de lui comme une abeille besogneuse. Peut-être était-ce la faiblesse de son état, mais il en vint à éprouver des sentiments contradictoires pour le petit bout de femme. Elle aurait fait une bonne épouse pour un médecin, se dit-il non sans ironie : serviable, à l'écoute et humaine. Il déplorait déjà de devoir la tuer un jour.
Ronce et Épine, les deux versants d'une même Rose.

- Ernest est un bon médecin. Ses recherches sont...

Il grimaça alors qu'elle l'aider à se rallonger sur les coussins

-.... révolutionnaire. Si vous accepter de me reprendre à mon poste de médecin royal, j'aimerais le faire embaucher à mes cotés.

Elle glissa sa main dans la sienne et une fois encore, la sensation de proximité, la similitude de comportement avec sa propre sœur, serra son coeur d'ordinaire si froid. L'affection n'avait pas sa place dans une guerre. Et dans cette partie d'échec il avait sacrifié son pion pour une promotion et mieux menacer la Reine blanche pour faire mat le petit roi. Il serra néanmoins cette mains délicate et vibra malgré lui à la colère qui animait les yeux bleus de la souveraine, si semblable à celle qui avait jadis agitée Épine.

- Madame, ces monstres sont d'une dangerosité rare.

Et c'était la stricte vérité. L'attentat du Jour de l'An à Madrid avait fait grand bruit et ébranlé la couronne espagnole. De simple groupuscule pamphlétaire, les enfants de Rostrhamus étaient devenus des terroristes. L'assassinat manqué de Felipe de Marisma, celui réussi de la Contessa Vassilissa de Valeroso, avait forcé El Rey a se replier sur lui même. La vacance du pouvoir était en marche, affaiblissant l'Europe toute entière. Remontait alors ça et là des bruits de couloir, des réseaux de présomption sur des attentats avérés passé comme la tentative d'enlèvement dont Ronce avait fait l'objet trois ans auparavant.

-Ils sont partout, tapis dans l'ombre. N'essayez pas de me venger. Je n'en vaut pas la peine. La France doit prévaloir avant tout. Votre pays... Votre frère a besoin de vous.

Il était convainquant au point de s'en troubler lui même. Il ignorait jusqu’à quel point il jouait la comédie et dans quelle mesure il s'exprimait par conviction. Ebène Maintenon d'Aubigné, le bâtard royal, aimait profondément son pays. Viscéralement. Ses yeux noirs semblaient bouillonner comme du café brulant et sa main, chaude et poignante accentua sa pression sur les doigts de la reine. La fièvre surement.

- Je suis le dévoué serviteur de la France. Je vous suivrais comme une ombre...

Pour vous occire.

- ... pour vous protéger.



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MessageSujet: Re: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Jeu 29 Oct - 23:34
Il y eut un raidissement dans la position de Ronce. Petite sœur se faisant morigéner par une figure fraternelle, celle d'un aînée. Ses mains ne lâchèrent pas celles du médecin, répondant à la pression que ces dernières exécutèrent.

« Vous êtes devenu membre à part entière de la France en devenant mon médecin. Vous êtes aussi Français que n'importe qui en ce palais. Il est de mon devoir de reine de veiller sur mes sujets. »

Comme une mère se doit de veiller sur ses enfants.

La domestique frappa à la porte, menue souris n'osant troubler la quiétude de l'instant. Elle repartit promptement, avec comme mission de ramener Ernest Duchesne au plus vite au chevet de son collègue. Ce ne fut que lorsque la porte se fut refermée que la reine osa repousser une mèche de cheveux qui était venue se coller sur le front moite d'Arsène.

« Il est évident que vous allez reprendre votre poste. Depuis votre arrivée, et vos soins, le prince Ciel ne s'est jamais aussi bien porté. Si je vous destituais de votre rôle, Grand Dieu, mais la cour et le peuple tout entier sonneraient la révolution ! »

Elle en riait, mais il y avait peut-être une belle part de vérité dans ces propos.

« Soyez mon soutien, Arsène. Mais laissez-moi vous soutenir à mon tour. Que serait une Reine si elle laissait son peuple saigner pour elle sans même panser ses blessures ? »

Arsène serait son ombre. Une figure fraternelle. L’aîné dont elle avait rêvé, enfant, d'avoir pour échapper à toutes les charges qu'on lui imposait. Il serait médecin, et confident. Elle lui ouvrirait son cœur, écouterait ses paroles si, d'aventure, il s'ouvrait aussi.

Parce qu'elle était sa Reine.

Parce qu'il avait sa confiance.

Fin.


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MessageSujet: Re: [Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."   Aujourd'hui à 17:15
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[Janvier 05] "Il faut perdre un vairon pour pêcher un saumon."

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