Miroir, miroir, dit-moi miroir...

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Natasha Makarov
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Natasha Makarov
Sam 9 Mai - 1:16
Le sommeil me fuit cette nuit. Mon établit semble oppressant, étouffant, les murs se referment sur moi alors que dans l’ombre se terre mes peurs enfouies. Le souffle commence à me fuir, mon cœur a beau être de glace, je ne suis pas immunisée à la peur de mes démons. Je n’arriverai pas à dormir ainsi, autant aller me promener dehors pour m’éclaircir l’esprit un peu.

Cela fait à peine quelques mois que j’ai acheté un magasin et que je dors dans l’arrière salle, avec une machine à coudre et mes rouleaux de tissus. Une petite fenêtre crasseuse laisse filtrer un rai de lumière, mais insuffisant pour chasser les ombres. Rapidement, je mets une petite cape de laine, qui arrête au bas de mon dos, avec un capuchon qui descend jusqu’à mes yeux. M’habillant rapidement, je laçai mes bottillons de cuir rapidement, l’air de la nuit m’appelant avec insistance. Je jetai un dernier regard à ce qui était maintenant ma vie, une petite boutique toute simple avec quelques mannequins couvert de mes dernières créations (gracieuseté des qualités de la première poupée que je fis lorsque je pris la route, celle d’une couturière beaucoup trop talentueuse pour son manque d’ambition). Ce qui était ma vie pour le moment plutôt, devrais-je dire. Je pourrai toujours partir et me trouver une autre profession lorsque la Russie va m’ennuyer. Après tout, je suis jeune et j’ai le monde à découvrir! Pour l’instant, la nuit m’appelle et j’y réponds en passant le pas de ma porte, la verrouillant et prenant une grande inspiration.

Mon souffle fit un nuage de buée qui se dissipa dans une volute blanche, mon cœur se figea l’espace d’un battement alors que je me rendis compte que je n’étais liée à aucune poupée en ce moment, mais je chassai cette impression du revers de la main, c’était la nuit et je ne pensais pas croiser qui que ce soit. Mes pas me portèrent nulle part en particulier, jusqu’à ce que j’aperçois au loin le reflet de la lune sur un écriteau pareil à celui qui annonce ma chope, mais celui-ci était fait en miroir et reflétait le blanc doux. Mes pas me dirigèrent vers cette étrangeté, mais même si j’avançai à un bon rythme, je ne semblais pas m’en approcher… Fronçant les sourcils, je me concentrai et mes pieds se plantant fermement dans le pavé gelé des rues, mes talons claquant dans l’écho de la nuit, j’arrivai sans m’en rendre compte aux abords de la ville. C’était la dernière bâtisse avant une plaine givrée où les enfants jouent en été. Sur le miroir était gravé en lettrage noir « Labyrinthe De Glace », et une conversation avec une cliente me revint en mémoire. Elle aussi était nouvelle dans la région et nous discutions des attractions de la ville, et c’est avec un regard de conspiratrice qu’elle me parla du Labyrinthe. Selon elle, c’était un endroit étrange, où les enfants vont pour se faire des peurs, mais d’où les adultes se tiennent bien loin. Elle m’avait dit que l’endroit était magique, que les reflets prenaient vie selon des rumeurs. Pouffant de rire, on avait chassé ces images grotesques de nos têtes, mais maintenant…

Une étrange impression se dégageait de cette place, comme si elle était irréelle, une image déformée sous l’eau et pourtant, aussi claire que possible. Clignant des yeux, ma curiosité naturelle prit le dessus et serrant les pans de ma cape, je poussai la porte pour l’ouvrir, m’attendant à ce qu’elle soit verrouillée… Tombant presque face première lorsque la porte s’ouvrit sans aucune résistance. Retrouvant mon équilibre, j’époussetai ma jupe et avec un dernier regard derrière moi, j’entrai dans l’antichambre du labyrinthe. Un doute fit son chemin dans ma tête, pourquoi étais-je rentrée ainsi dans ce labyrinthe? C’était comme si mon instinct me disait d’y entrer, d’aller au cœur du labyrinthe, un désir d’en percer le secret me prenait par les tripes et m’empêchait de faire demi-tour. Baba Yaga m’avait toujours dit de faire confiance à mon instinct, alors j’avançai en prenant une grande inspiration…

Les reflets me jetaient des regards étranges, déformés exprès par les formes des miroirs, je m’amusai à faire quelques grimaces avant de reprendre mon sérieux. Il me fallait encore avancer, encore un peu plus loin… Jusqu’à ce que je me rende compte que je tournais en rond. Un profond soupir secoua mes côtes et je m’arrêtai, les bras croisés, tentant de réfléchir à un plan. Ce labyrinthe n’allait pas m’avoir aussi facilement, pas moi, pas l’héritière de Baba Yaga!
Natasha Makarov
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Sam 9 Mai - 18:34
Mars 05, juste après Memento Mori


Raquettes de neige aux pieds, paquetage sur le dos, Sigmund marchait d'un pas vif, se hâtant de revenir au pays. Il espérait que, avec peu de chance, il arriverait à une ville pourvue d'une gare. Cela lui éviterait de marcher sur des milles et des milles, et de pouvoir profiter de la chaleur et du confort d'un wagon. Passer des heures aux côtés d'une grand-mère bavarde, ou d'un homme revanchard voulant se lancer dans des débats stériles lui semblait une perspective plus enrichissante que de devoir traverser une bonne partie de l'Europe à pied.

Malheureusement la nuit tomba plus rapidement, mettant à mal ses prévisions. Sigmund avait bien tenté de frapper à quelques portes, de demander un lit (voire même dormir dans une écurie) en échange d'un paiement sonnant et trébuchant. Il n'avait essuyé que des refus – et encore quand ce n'était pas le silence qu'il obtenait comme seule réponse. Les Russes n'étaient pas les plus réputés pour leur hospitalité, et l'Allemand s'en mordait désormais les doigts.

Il lui fallait trouver un abri. Marchant droit devant lui, le regard errant parmi les ombres, il était arrivé aux abords d'une structure d'une blancheur presque inquiétante, rendue encore plus impressionnante au sein de la noirceur nocturne. Se rapprochant pour mieux voir, sa main s'était posée sur une surface qui se révéla être une porte. Ne percevant la voix d'aucun gardien, Sigmund entra, lâchant un bref soupir. L'air était bien plus chaud ici, à l'instar de la température pouvant régner au sein d'un igloo. Allumant son briquet, l'homme le tendit alors et se mit en devoir d'observer les alentours. Il trouverait bien un endroit où dormir, le temps d'une nuit.

Les murs se révélèrent être des miroirs qui renvoyaient son image, tantôt fidèle, tantôt outrageusement déformée. On aurait dit un de ces palais de glace qu'on peut observer au sein des foires, où chacun s'amuse de son reflet.

Sigmund stoppa net à la vue d'un reflet particulièrement... troublant. L'Allemand plissa les yeux, intrigué, se rapprochant à petits pas. Le reflet n'avait rien en commun avec lui. Il présentait un profil tout à fait nouveau, aux antipodes de sa personne. Brun au lieu de roux, femme au lieu d'homme. Tendant le bras, Sigmund posa ses doigts sur l'apparition. Un glapissement, qu'il ne put réfréner, sortit de sa gorge.

Ce n'était pas un reflet. Mais une personne. En chair et en os, avec sa propre chaleur.

« P-Pardonnez-moi je vous ai pris pour... une apparition. »

L'Allemand s'était mis à parler en espagnol, la langue commune en Europe. Mieux valait éluder la vérité. Sigmund n'était pas certain que la femme apprécierait d'être qualifiée de "reflet".

« Vous... êtes la propriétaire ? Je ne voulais pas vous déranger. Je recherchais simplement un abri pour la nuit. Je ne suis nullement un voleur, ou un brigand. »

En même temps, il voyait difficilement ce qu'un voleur aurait pu vandaliser au sein d'un labyrinthe de miroirs.


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Jahan Shah Farvahar
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Jahan Shah Farvahar
Sam 9 Mai - 22:49
Debout au milieu du couloir, je me demande maintenant quelle folie m’a poussé à venir ici. Le manque de sommeil devait troubler mon jugement, et alors que je regardais mon reflet dans un miroir qui me donnait une silhouette de sablier, et lui fit une grimace juvénile. Surprise, je m’arrêtai un instant… Voilà combien de temps que je ne m’étais pas permise un acte aussi spontané? Un sourire mi-figue, mi-raisin étira mes lèvres alors que je réalisais que j’étais une troisième Natasha maintenant. La première Natasha, la belle martyr a été tuée une nuit où la lune brillait, la deuxième balaie encore la pièce principale sous l’œil étrangement bienveillant de Baba Yaga et je sais qu’elle y restera à tout jamais, ce pourquoi je ne retournerai probablement jamais chez la vieille sorcière et voici la troisième Natasha, sûre d’elle, confiante, la reine de glace…

Time is always, harder on the quiet days,
Brings back up that old sacrifice,
You cost me more than I ever knew before,
And looking back I can not deny…


La ballade m’était revenue en tête alors que j’approchai d’un autre miroir, un qui ne déformait pas le reflet. Le manque de lumière créait un jeu d’ombre dans les angles de mon visage, reflétant une femme effrayante, sans regard… Peut-être était-ce le miroir de vérité, celui qui montrait ce que j’étais réellement devenu. Une femme qui se voile le regard grâce à des poupées, qui vit par procuration, toujours cachée derrière une simple goutte de sang… Par réflexe, je porte ma main là où normalement, serait cachée une poupée qui me donnerait le don de me camoufler dans la foule, mais je ne rencontrai que les muscles de ma cuisse sous l’épais tissu de ma jupe.

Déambulant sans but à présent, l’urgence de trouver le centre de cette place s’était estompé sans réellement partir, mais suffisamment pour que je puisse percevoir mon entourage et donc, le son de pas dans la galerie. Maudissant mentalement mon empressement qui m’a coûté la présence rassurante de l’âme volée d’une personne normale, j’allais devoir faire face à cet inconnu, probablement un garde ou le propriétaire de la place, avec mes qualités et mes défauts personnels. Comment l’adage se dit déjà, tourner la langue sept fois dans sa bouche avant de parler? Je me tournai pour faire face à l’inconnu qui était maintenant dans le même corridor que moi. Étrangement, il ne semblait pas vouloir m’interpeller, il avançait vers moi avec un mélange de curiosité et de stupéfaction, comme si j’étais une attraction quelconque.

Je sens déjà l’envie de lui tordre le cou me prendre les tripes, mais je me retiens. Je me retiens si bien qu’il me touche le bras sans que j’esquisse un geste, me disant maintenant qu’il devait être simple d’esprit. Un glapissement qui n’aide en rien son cas plus tard, il s’approche dangereusement des limites de ma patience. Je fulmine intérieurement devant le manque de respect de cet énergumène qui régurgite des mots dans une langue que je ne connais guère. J’ai vécu toute ma vie à récurer des planchers, puis en ermite dans la forêt, je ne connais pas d’autres langues que le russe… Tiens, il me fait penser que je devrais peut-être me trouver l’âme d’un polyglotte, ce serait franchement utile.

- Parlez russe lorsque vous êtes en Russie, bien que vous sembliez mépriser les natifs ici. Les étrangers ne devraient pas entrer dans des bâtisses ainsi au milieu de la nuit, vous allez vous finir en cellule… Quoi que cela m’épargnerait de service de spectacle.


Mon ton était sec et rude, laissant clairement voir mon impatience et ce que je pensais du personnage. Il n’avait pas l’air très bien, chétif comme un malade, un œil en moins caché par un bandeau de travers sur son visage. Je pourrais le faire tomber en soufflant trop fort… Il n’avait pas l’air de porter des mauvaises intentions, mais cela le rendait simplement plus dangereux, car les gens doivent baisser leur garde. Je ne serai pas dupe, grand dadais roux.
Jahan Shah Farvahar
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Lun 11 Mai - 17:50
Sigmund ouvrit la bouche, estomaqué. L'homme mit quelques secondes à se rendre compte qu'il devait ressembler à un poisson mort, ce qui le poussa à refermer la bouche. Il ne s'était nullement attendu à ce que la femme lui réponde en russe. L'Allemand n'avait jamais été polyglotte, et ne connaissait que quelques termes dans cette langue – grâce à quelques clients qui s'étaient adressés à lui dans un borborygme mêlant espagnol, allemand et russe.

Discuter avec cette femme allait se révéler être une épreuve ardue.

Sigmund déposa son paquetage à ses pieds, faisant bouger ses épaules pour dénouer les muscles qui avaient du supporter le poids du fardeau sur des kilomètres. L'homme s'éclaircit la gorge, et tendit la main à la femme. Libre à elle de l'ignorer, ou de la serrer en retour. Au moins effectuait-il un premier pas.

« Je parle mal russe, madame. Je cherche abri. Pour la nuit. »

L'Allemand leva les yeux vers le plafond. Ce dernier était aussi blanc et lisse que les parois servant de murs. De la glace finement taillée, découpée par des artisans chevronnés. Curieuse architecture.

« Vous habitez ici ? Très original. »

Mû par la curiosité, Sigmund se rapprocha d'une des parois. La glace refléta son image. Une version avec une cinquantaine de kilos en trop, le ventre si énorme que sa panse était sur le point d'éclater. L'Allemand voyait à peine son visage, dissimulé derrière cet épais bourrelet de graisse. Sigmund lâcha un rire face à cette vision.

« Moi devoir faire régime ? Très amusant. »

Tout à son hilarité, l'homme ne voyait pas le reflet qui se trouvait derrière lui, lui tournant obligeamment le dos. Un reflet dont, curieusement, on voyait le visage et observait son original avec une expression presque malsaine. L'image avait adopté un visage grave, son unique œil décortiquant Sigmund, avec la froideur du scientifique observant un cobaye. Le reflet amorça un pas. Sa main traversa la paroi de glace, prenant place dans la réalité.


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Natasha Makarov
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Natasha Makarov
Jeu 14 Mai - 3:31
Quelque chose me dérangeait ici. L’air, peut-être, le fait d’être seule avec un étranger qui ne parle pas ma langue, être attirée par cet endroit et en même temps, l’heure tardive, ou peut-être était-ce seulement le manque de sommeil. Les reflets me mettaient mal à l’aise, ça faisait si longtemps que je n’avais pas vu tant de miroirs réunis à la même place… Chez Baba Yaga, il n’y avait qu’un seul miroir dans toute la maison, dans sa chambre. Autant dire que je n’ai pas vu mon reflet pendant les années d’études que j’ai passée chez elle. Me voir alors, partout, déformée et avec tant de différent visages et silhouettes… J’avais l’impression d’être au bord d’un précipice, de voir le vide, un vertige étourdissant me prend la tête et l’espace de quelques secondes, j’oublie le rouquin maigrelet pour reprendre mon souffle.

Je n’ai pas vraiment le temps de l’oublier, le voilà qui bafouille quelques mots en russe. Il se cherche un endroit pour la nuit et me tends la main. Pourquoi me tend-il la main? Merde, merde, merde, j’aurais vraiment du avoir une poupée avec moi. J’ai autant de capacité sociale qu’une ermite… Mouais, je viens de sortir de la réclusion de Baba Yaga aussi, et sans le confort d’une poupée dans ma poche ou proche de moi, sans les connaissances sociales d’une personne normale, je n’ai aucune idée comment réagir. Le stress me prend d’un coup, l’anxiété me gèle sur place et je donne sûrement l’impression d’une personne froide et suspicieuse. Bien, très bien, si j’ai l’air suspicieuse, il n’essaiera pas de me rouler d’une quelconque façon. Peut-être qu’il attend simplement que je l’invite chez moi pour qu’il me tranche la gorge pendant mon sommeil. Oups, haha, c’est moi qui fais ça normalement. Bah, si je le fais, d’autres personnes le font certainement aussi et la barrière du langage pourrait le rendre plus confiant en quelque sorte.

Alors que j’ignore sa poignée de main, il tente ce que je crois être un compliment. Je forçai les coins de mes lèvres à se retrousser en un sourire, mais le reflet d’un miroir me renvoi l’image d’une femme froide, et le sourire dans son visage lui donne l’air plus psychopathe qu’autre chose. Ah oui, cette femme dans le miroir, c’est moi. J’ai l’air psychopathe avec ce sourire… Mieux vaut arrêter, je vais effrayer l’étranger. Quoique, ce ne serait peut-être pas si pire que ça, il prendrais ses jambes à son cou et je pourrai rentrer chez moi, dormir et oublier cet épisode, avant de partir à la recherche d’un polyglotte à enfermer dans une poupée. Des plans tortueux se formaient alors dans ma tête pour faire fuir de peur ce jeune étranger et un rire sincère monta doucement dans ma gorge. Peut-être prit-il ce rire pour autre chose, vu qu’il se tenait devant un miroir qui lui renvoyait l’image d’un rouquin obèse au lieu du maigrelet qu’il était réellement, mais ce n’était pas important pour moi. Je lui tournai le dos pour observer mon reflet dans d’autres miroirs, en lui répondant d’une voix moins sèche, mais recelant toujours une pointe d’impatience, et lente, articulant chaque mot pour qu’il comprenne.

- Non, je ne vis pas ici. Je me promène, comme vous apparemment, et je me suis perdu ici.

Je lui tournai le dos, faisant les cent pas dans le petit corridor où nous nous trouvions. La place était étrangement construite, peut-être était-ce à cause des miroirs, mais j’avais l’impression que la largeur des couloirs était irrégulière. Plus étroite à certains endroits, plus large à d’autres, obligeant les gens à penser à chaque pas, en faisant toujours attention à ce qui nous entourait. La place était étrange, mais pas déplaisante après tout, juste… singulière. Qui suis-je pour juger ce qui sors de l’ordinaire, après tout?

- Mon nom est Natasha, soit dit en passant.

M’approchant du miroir, j’observai l’obèse dans le miroir et plissai le nez de dégoût.

- Je trouve les gros plus laids qu’amusant, mais ils sont pratique à avoir sous la main… Je sais que je ne serai jamais la plus faible lorsqu’il y a un obèse, si les loups arrivent je n’ai qu’à le faire trébucher pour sauver ma peau.

La scène imaginée me fit sourire, mais le sourire n’atteignit pas mes yeux qui restèrent de glace, comme toujours. Les cheveux remontés en chignon lâche, quelques mèches obstruaient mon visage et je me servais de mon reflet dans un miroir pour ajuster mon visage et le rendre le plus dément possible. Penchant légèrement la tête de côté, mes dents révélés entre mes lèvres finement dessinées, mes traits froids et implacables… Ohlala, que j’aime ce que je vois dans le miroir.

Oups, non, pas celui-là, il me fait un gros cul.

Je me retournai dans un mouvement dramatique, savourant la scène que j’étais en train de créer et le personnage psychopathe qui se formait pour effrayer le rouquin. Enfin, j’espère que je l’effrayais un minimum, je fais plus d’effort que d’ordinaire. Mon regard s’aventura sur les miroirs qui formaient le couloir et je m’arrêtai brusquement, comme les battements de mon cœur l’espace d’un instant. Une main sortait du miroir et se dirigeait vers l’étranger, mais ce n’était nullement à cause de moi. Je fais confiance à la magie – seulement lorsque c’est moi ou Baba Yaga qui la contrôle. Autrement, hors de question que je reste là sans agir. Le reflet roux de l’étranger s’animait, et je n’avais aucune idée quoi faire. L’espace d’une fraction de seconde, le temps s’arrêta et mon cerveau se mit à rouler à cent milles à l’heure, je ne serais pas surprise que de la fumée me sorte des oreilles.

Premièrement, je n’avais aucune idée si la chose était hostile… Quoique, la meilleure des défenses reste l’attaque. Il fallait que je déstabilise la créature qui sortait du miroir, un bras complet et le début d’une jambe faisait son apparition dans le monde réel. Logiquement, si je bougeais le maigrelet, le reflet bougeraient aussi et arrêterait l’apparition, ou la ralentirait du moins… Ou pas. Alors, je devais faire autre chose. Le temps presse maintenant, il faut que j’agisse selon mon instinct.

Prenant mon élan, j’agrippai l’apparition par la manche et me servant de mon corps comme d’un levier, je le projetai contre le reflet obèse. Avec un peu de chance, la chose voyage par les miroirs et trébuchera sur l’obèse, ce qui le ralentirai, sinon il se fracassera le crâne contre un miroir, ou alors il disparaîtra pour réapparaître ailleurs. J’ignorai la petite voix dans ma tête qui me disait de regarder derrière moi pour voir ce qui était arrivé et je prit le borgne par la manche et commençai à courir.

- Tu sais par où est la sortie?


Pourvu qu’il ne panique pas, parce que je ne faisais mon sens de l’orientation dans ce labyrinthe de miroir. Qu’on ne se méprenne pas, je n’aurai aucun regret à le laisser derrière moi pour ralentir le reflet s’il ne se prouvait pas utile à ma survie.




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Natasha Makarov
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Lun 6 Juil - 21:20
Sigmund eut un rire nerveux, montant dans les aigus, exprimant toute la peur qui, peu à peu, s'insinuait en lui. La dénommée Natasha dévoilait un visage peu affable, à l'image de la Sainte Mère Russie. Glaciale, prompte à la violence, pouvant vous charmer pour mieux vous ensevelir dans un tombeau de neige. Sigmund recula par instinct, cherchant à conserver une distance entre lui et la femme. Allez savoir ce qu'elle dissimulait derrière ce sourire tordu. De mauvaises intentions, à ne pas douter. Et, qui sait, une âme de sorcière, aussi noire que sa chevelure d'ébène.

« Je suis heureux, en ce cas, de prendre garde à ma ligne. »

Le changement d'expression de Natasha déstabilisa Sigmund. Avec appréhension, la sueur coulant le long de son échine, l'Allemand se tourna à demi. Son souffle se suspendit à la vue de la... créature. Du reflet matérialisé. Un double de soi mais différent, perturbant. Sigmund déglutit, mais ne bougea pas, figée la peur. Il fallut l'intervention de Natasha, son geste intrépide, des paroles presque hurlées pour que l'Allemand reprenne pied.

Ses pieds avaient déjà agis, par instinct, suivant le pas énergique de Natasha. Sigmund manqua, plus d'une fois, de trébucher le temps de calquer son pas à celui de la sorcière. Le souffle court, l'homme jetait des coups d’œil aux alentours essayant de retrouver un soupçon de déjà-vu au sein du décor environnant. Les miroirs semblaient les entourer de toutes parts, projetant des reflets qui n'avaient plus rien d'amusants. Visions cauchemardesques de corps nécrosés, aux orbites creux se faisant vider par des corbeaux affamés, de suppliciés criant grâce. Le labyrinthe leur projetait des possibilités de morts, des strates d'avenir, la vision malsaine de leur propre déchéance.

Le cœur au bord des lèvres, Sigmund ne put que balbutier quelques mots à l'adresse de Natasha.

« Je... Je ne sais pas... Tout se ressemble... »

Un reflet l'obligea à stopper net. Sa main empoigna celle de Natasha, l'obligeant à en faire de même. Le miroir projetait l'image d'un Sigmund terrorisé au visage blanc de craie, le trouble dans son regard, les membres tremblants de terreur. Son ombre se mouvait, mue de sa propre vie, menaçant d'engloutir l'humain.

Peu à peu, se rapprochant, on pouvait entendre les cris des reflets néfastes, de ceux qui n'avaient cessé de poursuivre Sigmund et Natasha, voyageant de miroir en miroir. Sigmund les fixa sans ciller, certain de ce qu'il projetait. Sa main serra davantage celle de Natasha. Curieux comme, face à l'adversité, on pouvait s'allier à un potentiel ennemi.

« Atêsh ! » La voix de Sigmund fit vibrer le verre des plus proches miroirs. « Réveille-toi ! J'ai besoin de ton aide, mon ami. Je t'en prie ! »

Avec un rire dément, un reflet de Natasha sortit d'un miroir, à la droite du duo. Ses mains, devenues serres, se tendaient vers eux.

Précisions a écrit:
Comme prévu, Atêsh nous rejoint et juste après mon post. Désolé pour le poste, je me remets doucement dans l'ambiance. J'espère que ce n'est pas trop confus.


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Jahan Shah Farvahar
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Jahan Shah Farvahar
Mar 7 Juil - 23:29
Balloté au gré des pérégrinations de Rühigfeuer, je passais les quelques jours - ou semaines - suivant notre départ de la Source soigneusement niché dans son ombre. A dire vrai, je passais la plupart de mon temps à dormir. Enfin somnoler dans un état de conscience second plus précisément, bien que la distinction tienne à peu de choses. J'émergeais chaque soir pour tenir compagnie à mon ami et nous entraîner mutuellement. A force d'exercices et grâce à l'aide fournie par le roux, je n'avais plus de problème à conserver ma forme djinn sans que s'y emmêle l'Ombre. La transition entre le intangible et l'ombre tangible prenait encore bien trop de temps à mon goût, mais j'avais bon espoir d'arriver à un résultat concluant à la fin du mois ou peut-être d'avril.

Autant dire que je n'avais pas profité du voyage. Le frimas et la neige furent les seuls indices nécessaires à me rappeler que nous n'avions toujours pas quitté cette fichue Russie. Certes les paysages étaient grandioses, mais je ne rêvais que de désert et de soleil triomphant. Assurément, je n'étais pas le plus pieux des djinns. Les religions tendent à m'indifférer au mieux. Oh je respectais un minimum chacune des superstitions pour éviter de froisser qui que ce soit - vu les caractères des peuples magiques, je n'osais imaginer si le divin s'en rapprochait -. Je vénérais aussi comme il se doit les Elements dont la Magie. Mais, quelques mois supplémentaires engoncé dans cette fichue poudre et je commencerais à prier avec dévotion Allah, Yavhé, Jésus et tous ses saints. Ou plus vraisemblablement, je me serais réfugié dans le giron le moins spectral croisé - rien qu'une autre sorte de seins, j'imagine -.

Ce soir-là, mon camarade galérait pour trouver un toit où se reposer bien au chaud. L'hospitalité russe était aussi chaleureuse que leur climat. Silencieusement, je pestais et échafaudais divers plans pour venir au secours du roux. Lorsqu'il pénétra dans cette drôle de demeure, j'hésitai à l'en empêcher. De l'endroit et des fines glaces transpiraient une désagréable sensation de magie. Toutefois, vu ma capacité à pénétrer dans les lieux où aucune personne sensée ne poserait les pieds, je m'abstins. Qui étais-je, après tout, pour juger les velléités aventureuses du feu tranquille ?

Très vite pourtant, ombre silencieuse, mes épaules tressautèrent de fous rires. Impossible de rester stoïques avec les mimiques de mon hôte et ses sursauts. Décidément, j'adorais cet homme. Je ne pouvais, hélas, pas en dire autant pour sa compagne de l'instant. L'animosité suintait de ses propos incompréhensibles et, même si j'admirais la tournure de son physique, le sourire tirait sur une sonnette d'alarme au fond de ma petite caboche. J'en ignorais encore la raison, mais il me paraissait primordial de la garder à l'œil.

La petite excursion se gâta franchement lorsqu'une créature, un reflet s'extirpa d'un miroir : une sorte de doppelgänger. Je fouillais ma mémoire pour me rappeler les différentes mythes liés et, éventuellement, avoir une solution à proposer à Sigmund. Hélas, aucune méthode claire pour les abattre ou les empêcher de nuire ne m'apparut. Au lieu de me précipiter au secours du feu tranquille, je rongeais mon frein : Comment pourrait-il appréhender son don, sa capacité à se battre si je manifestais au moindre danger ? Puis, à force, son orgueil en prendrait un coup et je me transformerais en une sorte de père-poule absolument imbuvable.

Alors j'observais l'enchaînement d'action. Attentif. Patient. J'analysais. Quand intervenir pour abattre le plus rapidement possible l'ennemi ? Quelle solution proposée aux fuyards pour les mettre en sécurité ? Mon camarade alors m'interpella et de son ombre je jaillis, diable hors de sa boîte. Dagues en avant, je tranchais le reflet griffu avant d'enfoncer l'une d'elles avec précision dans son gosier. Il étrangla un cri gargouillant sinistre qui résonna sur les parois de glaces. La nuit dévora ensuite la moindre lueur dans le couloir où nous nous trouvions. Sans lumière, pas de reflet.

- Avancez. Ton don te permet de savoir où est la sortie. Défais les illusions qui te la voile : cette magie est néfaste, c'est en ton pouvoir. Il suffit de te concentrer. Je veille.

Fis-je en espagnol, sans prendre le temps de considérer la russe qui ne piperait sans doute pas un mot. Je n'avais nullement le temps, pour l'instant, de m'amuser à lui offrir un anneau traducteur. Privées de victimes à copier, les reflets n'avaient guère le choix : revêtir une forme au hasard, peut-être leur apparence originelle, ou abandonner. Toutefois, après avoir hésité à, pragmatiquement, briser toutes les glaces pour leur couper retraite ou voie de passage vers mes protégés, un souvenir trop vibrant m'en empêcha. Puis, à la réflexion, des centaines d'éclats de miroir, des surfaces de voyage supplémentaires ne me paraissaient plus une si bonne idée.

Sur les talons du roux, je scrutais à travers mes propres ombres afin de venir à bout des menaces les approchant. J'ignorai si la brume pouvait nous être de la moindre utilité en cas d'affrontement, quoiqu'elle avait déjà des bons réflexes en témoignait sa réaction au premier reflet vivant. Si elle avait des connaissances en magie, peut-être pourrait-elle aider Sigmund à découvrir le couloir à emprunter pour sortir de ce lieu maudit. Mes ténèbres ne facilitaient en rien leur avancée. Toutefois, je n'avais aucune autre solution devant la profusion de glace. Même le feu, pour les faire fondre, m'effleura l'esprit, mais les deux humains auraient eu tôt fait de mourir asphyxiés s'ils ne trouvaient pas la porte très rapidement. Non, je ne voyais pas d'autre alternative pour le moment. Pour le moment, je les gardais en sécurité dans la nuit, prêt à repousser leurs copies viciées.

A dire vrai, j'avais un petit creux.

Hrp:
 
Jahan Shah Farvahar
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Jeu 1 Oct - 20:45
Son don. Avec toute cette histoire, Sigmund l'avait presque oublié. C'est qu'il était encore tout récent et qu'il n'était pas encore habitué à l'utiliser malgré les conseils du djinn. L'Allemand inspira longuement, tentant de faire le calme dans son esprit. Ténébreuse était la nuit régnant en ces lieux. La lueur même des étoiles n'y parvenait pas. Sigmund ne voyait pas plus loin que le bout de ses doigts, et encore devait-il les rapprocher de ses yeux pour les distinguer. La sorcière, dont il avait saisi le poignet, ne se débattait pas, muette. Il avait simplement cru l'entendre hoqueter de surprise à la vue d'Atêsh.

Le labyrinthe n'était, après tout, qu'une vaste toile d'araignée dont les fils étaient autant de sortilèges tissés. Probablement l’œuvre conjointe d'une fée et d'une sorcière pour que la magie demeure aussi puissante malgré les âges. Sigmund tendit la main, cherchant, tâtant. Ses doigts frôlèrent la surface d'un miroir, touchèrent les limites d'un maléfice. La paume se colla contre la surface.

De l'autre côté, quelque chose frappait contre la paroi. Des ongles grattaient la surface. Les reflets ne demandaient qu'à apparaître à la lumière.

Tic, tic, tic.

Laisse-nous sortir. Laisse-nous sortir. Laisse-nous sortir. Laisse-nous sortir. Laisse-nous sortir. Laisse-nous sortir. Laisse-nous sortir. Laisse-nous sortir. Laisse-nous sortir. Laisse-nous sortir. Laisse-nous sortir. Laisse-nous sortir. Laisse-nous sortir. Laisse-nous sortir. Laisse-nous sortir. Laisse-nous sortir.


Sigmund laissa la magie couler dans son bras, emplir sa paume d'une chaleur bienfaisante. Sous sa peau la glace craquela. Un hurlement strident lui vrilla les tympans.

La glace explosa.

Le vacarme rebondit contre les murs, tout comme le cri. Un autre miroir se brisa, un autre, et encore un, au sein des hurlements des reflets rongés par la magie qui rongeait leurs corps. Les purifiait de leurs souillures.

Sigmund ne savait nullement s'il avait réussi à briser tous les maléfices, ou simplement une partie. Sa main libre accrocha l'épaule d'Atêsh.

« Nous devons partir. S'il reste de ces créatures en vie, elles risquent de rappliquer pour venger leurs camarades... »

Des rires funèbres se permirent de résonner sous la voûte du labyrinthe. Probablement ceux des reflets encore en vie, ou d'autres créatures peuplant les lieux.


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Jahan Shah Farvahar
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Jahan Shah Farvahar
Sam 10 Oct - 16:50
Sigmund, après quelques tâtonnements, se débrouillait très bien avec son don. Il traçait un chemin dans ce fichu labyrinthe mieux qu'une armée tranchant dans les rangs ennemis. Ma tâche, presque rébarbative, consistait de fait surtout à protéger nos arrières et nos flancs, tranchant, griffant ou dévorant les reflets les plus zélés qui osaient s'approcher. Bien sûr, certaines de leurs serres plongèrent avec ardeur dans mes chairs ténébreuses, rencontrant parfois une résistance plus tangible. Les dents serrées, la douleur ressentit décuplait alors ma faim et je m'avançais soudain pour faucher l'ennemi avec zèle.

La main de Rühigfeuer m'arrima alors vers eux, m'obligeant à retourner sagement sur mon fil. Je m'y hissai alors avec un petit grondement agacé.

- Tout droit.

Indiquai-je en prenant la tête et revenant à une forme plus humanoïde, tangible, mais toujours une peau d'ombres presque écailleuses. Une de mes dagues regagna son fourreau sur mes reins. Mon cimeterre, dans les couloirs étroits, nous handicaperait plus que de raison. De la main libre, je m'emparai du bras de Sigmund. Hors de question qu'un reflet me l'arrache. Bien trop précieux à mes yeux, le perdre m'aurait sans doute rompu mon équilibre violemment. En d'autres circonstances, la scène aurait pu avoir des nuances amusantes. Je le traînai à ma suite, le pas pressé, comme un gamin forçait son grand frère à le suivre pour lui faire découvrir sa nouvelle cachette. Hormis naturellement qu'un gamin ne gronderait pas devant chaque miroir rencontré, montrant des crocs suintant d'ombres devant son reflet déformé - mais parfaitement sage, allez savoir si c'est de peur ou le fait que ça soit un simple miroir standard - et s'amuserait de voir le tandem formé tour à tour géants fils de fer ou nains obèses accompagnés d'une greluche que j'avais finalement, à la poupée qu'elle transportait, assimiler à une sorcière. L'explication quant à sa nature probable acheva le peu d'intérêt que je portai à sa survie et j'hésitai un instant à la jeter en pâture à ce qui nous suivait.

Grâce à la magie de Sigmund, personne ne se dressa sur notre chemin. Toutefois, le manque de Vent dans ces lieux confinés troublait mon sens de l'orientation. Deux fois, je nous engageai sur le mauvais chemin et nous dûmes rebrousser chemin de quelques mètres. Nos ennemis sur les talons, nous perdions trop de terrain et nous dûmes allonger le pas. Lorsque nous débouchâmes enfin dans la neige, ce fichu rire résonnait au creux de mon oreille. J'accueillis alors avec plaisir le vent glacial et l'humidité du sol irrégulier sous mes bottes. Au lieu de me réjouir d'avoir échappé à ce fichu labyrinthe, mauvais joueur, je n'appréciais guère qu'une créature m'ait ainsi talonné comme si elle jouait avec nos vies. Je me hissais alors sur le perron des lieux. Presque nonchalamment, une des bagues à mes doigts roulait. Lentement, je la chargeai de magie avec un don très précis en tête. Tandis que j'amassai mon sortilège, j'offrais une garde ouverte et minable qu'une attaque aurait tôt fait de briser. Autrement dit, une cible facile. Offerte. Je posais l'anneau au sol. Rien n'est plus difficile que résister à l'envie de se venger sur une proie désarmée. Naturellement, nos adversaires, supérieurs en nombres et en pouvoir, ne tardèrent pas à chercher à profiter de la faiblesse apparente.

Mon khalat se déchira tandis que mon sang perlait. La pirouette d'esquive n'avait pas suffi à éviter l'entier de l'attaque. Une grimace.

- Consume.

Lâchai-je entre mes dents serrées dans ma propre langue. La magie contenue dans la bague s'éveilla et brusquement d'elle jaillirent les flammes. Je me précipitai alors derrière Rühigfeuer, me dissimulant à moitié sous son manteau pour échapper à la morsure de la brusque lumière après mon passage en ombre. A mes tympans vrillaient une migraine d'épuisement. A l'entrée du labyrinthe de glace, l'anneau sertie d'un rubis, une belle pièce que j'avais emprunté à un des frères de Tayeb, fondait doucement en une flaque d'or tandis que la glace redevenait eau au grand désarroi de l'ennemi. Sans doute cela ne ferait-il que les confiner à l'intérieur et ne détruirait pas ce lieu de malheur, mais nous aurions encore le temps une fois du repos pris pour démolir le reste. Un bon entraînement pour Sigmund et ses nouveaux talents ou pour le développement des miens.

- Sigmuuund...

Hélai-je d'une voix faussement plaintive, pour dédramatiser la situation, pour détourner l'attention des cris stridents des reflets en feu, des miroirs de givre en train de fondre ou que le sort de Sigmund purifiait encore plus au coeur du labyrinthe.

- ça me pique...

Bougonnai-je comme un gamin. Je pointai le bout de mon chèche hors de son manteau pour le dévisager.

- Tu veux bien nettoyer la plaie ? S'il te plait.

La dite plaie, une estafilade un peu épaisse mais peu profonde de l'épaule jusqu'au milieu du dos, n'était en rien mortelle et ne laisserait même pas de cicatrices sur le long terme pour peu qu'on la désinfecte et panse correctement.
Jahan Shah Farvahar
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Sam 10 Oct - 21:44
Bienfaisante fut la neige qui tomba en flocons cotonneux sur le visage de Sigmund. Aussi apaisante qu'une pluie froide après une course éreintante. La sorcière s'était extraite de son contact, feulant comme un chat échaudé. Sans même une once de remerciement elle s'engouffra dans les ténèbres nocturnes, laissent seuls ces deux étrangers avec qui elle ne voulait pas demeurer. La bouche de Sigmund dessina un pli amer. L'homme n'était pas du genre à vite juger les inconnus, et il aurait aimé souhaiter chasser tout quiproquo et malversation entre lui et cette dame Russe peu amène. Cette dernière en avait décidé autrement, préférant fuir l'étrangeté que de l'affronter.

Atêsh se rappela bien vite à lui. Le djinn, après avoir fait miroiter un splendide incendie – du moins se montra-t-il splendide aux yeux émerveillés de Sigmund – quémanda l'attention de l'Allemand. Avec la mine piteuse d'un enfant venant de se brûler en agrippant une part de tourte chaude. Sigmund entrouvrit davantage son manteau, faisant signe au djinn d'en sortir. Il n'était pas une tente !

« Montre-moi donc ça. »

Des plaies, Sigmund en avait vu tant et plus depuis sa prime enfance. Tout enfant se blesse, que ce soit en jouant ou en fuyant les quolibets de ses pairs. Adulte, l'homme avait du panser les blessures de son aîné au point, parfois, de faire appel à un médecin lorsqu'elle dépassait ses maigres compétences. Rien de tel chez Atêsh. Même la plaie la plus importante demeurait bénigne. Posant une main dans le dos du djinn, l'Allemand lui indiqua d'avancer.

« Dans la pénombre, j'aurais du mal à te soigner. Sans compter le froid. Trouvons un abri. »

L'abri se matérialisa sous la forme d'une cabane de trappeurs actuellement inoccupée. Dès que le feu ronfla, fort et clair, dans l'âtre, Sigmund s'occupa de panser Atêsh. Non sans le reprendre gentiment lorsque le djinn se permettait une remarque ou s'agitait sur sa chaise. Chaque ecchymose fut nettoyée et bandée au besoin. La nuit se conclut par quelques échanges de théories diverses au sujet de ce labyrinthe des glaces. Qui l'avait construit ? Dans quel but ? Quel serait son avenir après l'attaque que la structure, et ses habitants, avaient subis ? Autant de multiples questions qui sombrèrent dans l'inconscience du sommeil.

Fin


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