Promenons-nous dans les bois

 :: L'Europe :: Russie Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Mer 27 Mai - 16:24
Promenons-nous dans les bois…
…pendant que le loup est là

Mai de l’an 05
À la frontière est des bois du domaine von Kursell


Le printemps des amours, la saison la plus florissante de toute et la découverte perpétuel de la beauté du renouveau de Mère Nature. Cette année n’y échappait pas, que la maladie ait été déclarée dans les pays voisins, que ce soit officiellement le cinquième printemps que je célébrais seule…enfin pas tout à fait. Le cinquième printemps d’Odin également. Ce très cher ami poilu qui incarnait ni plus ni moins tout ce que la vie avait consentit à me laisser. Un compagnon fidèle et affectueux, prévenant de tout danger et, malheureusement pour moi, de plus en plus absent.

Si je ne m’étais pas étonné, au tout début, de ses offrandes de petits gibiers, les carcasses à moitié dévorées au pied du lit en pleine nuitée…autant ne plus y penser. Je devais pourtant bien avouer que ses absences répétées depuis le début de l’année commençaient sérieusement à m’inquiéter. Certes il n’était plus un louveteau à qui je devais donner la viande depuis ma main mais le savoir déjà si vieux, plus indépendant ne faisait que me rappeler l’état de bête sauvage qu’il resterait toute sa vie au fond de lui. Un vérité à laquelle même mon amour immense et mes petits soins attentionnés ne pourraient complètement enrayer. Un jour, Odin allait me quitter.

Mais pas ce matin, non. Ce matin il daignait enfin revenir vers moi, galopant presque dans la fondante des bois pour surgir comme une furie et à main venir demander quelques caresses qu’il devait juger méritées. La vérité ? Il avait une fois de plus passé plusieurs jours hors de ma vue, et sans doute bien au-delà des bois du domaine car même une randonnée de chasse à l’arc n’avait su le faire sortir de son trou. Encore heureux que cette fois il ne m’ait rien rapporté car j’étais aujourd’hui bien décidée à retrouver la pauvre petite à qui appartenait la moitié de poupée qui était passé sous les crocs de ce vilain toutou.

Le temps était doux, presque chaud avec ce soleil qui plombait et n’en finissait pas de grimper dans le ciel dans sa course folle. Le temps idéal pour partir en marche, direction les boisés d’abord, puis la forêt, à l’est du domaine où j’avais souvenir d’avoir vu mon ami revenir ce jour-là. Nul besoin d’attache ou de laisse, une sortie dehors était toujours accompagnée de mon fidèle familier et c’est même lui qui ouvrit la marche, marquant au passage un ou deux arbres, sans doute pour éviter que les auteurs des hurlements de la nuit dernière ne s’approchent d’un peu trop près de son territoire. Si la chasse était autorisée depuis des années sur ces terres qui étaient désormais les miennes, j’avais formellement interdit la chasse au loup et le contrecoup devait certainement être qu’au fil des années, leur population avait non seulement grossit mais était également venu se réfugier dans ces bois privilégiés.

Je dû découvrir les premières traces de passage régulier bien après que le soleil n’ait atteint son zénith, de quoi m’exténuer mais également piquer ma curiosité. Que je sache, je n’avais pas encore franchit la lisière de la forêt et donc, je marchais encore sur les terres von Kursell alors, à qui pouvait bien appartenir ses pas dans la terre bouetteuse du couvert des arbres ? D’abord des odeurs, des voix me parvinrent et je devinais aisément un village reclus à une centaine de mètres. Intriguée, je m’y présentai, avançant lentement pour ne pas les effrayer et tenant toujours la moitié de poupée qu’Odin ne cessait de renifler comme pour en suivre la trace.


« Bonjour… ? Excusez-moi, je cherche quelqu’un… Vous ne sauriez pas à qui appartient cette poupée ? »

Oui, très descriptif comme recherche : quelqu’un… J’adressai un sourire embêté à l’homme devant la taverne, ne sachant pas vraiment vers qui me tourner et me voyant assez mal toquer à chaque porte dans l’espoir de trouver la petite à qui appartenait la poupée. Et pourtant, j’avais avec moi celui qui serait le plus en mesure de répondre à cette question. Après tout, un loup passant dans un village ne devait pas être facilement oublié, surtout lorsque ce dernier pointa son nez dans la place publique au risque de se faire embrocher par un villageois effrayé…

Quelques exclamations fusèrent « Au loup » cria-t-on alors qu’il semblait se diriger vers une maison en particulier. À n’en pas douter, il avait du flair mais était-ce vraiment l’endroit où il était déjà allé ? Ou une simple folie de poursuivre les paysannes en tentant de s’enfouir sous leurs jupons ?
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
Natasha Makarov
Invité
avatar
Natasha Makarov
Mer 27 Mai - 18:11
What if I'm not the same
What if I never let go of the blame
What if you drag me back again
What if I would let you just pretend
I erase this memory
I escape this gravity
Is that how I used to be
Is that the price of my identity

Aujourd’hui, la poupée qui bat le rythme de mes pas contre ma cuisse est celle de la couturière. Je dois me battre contre sa timidité et son attitude soumise, mais elle trouve toujours le moyen de me calmer et me rendre plus innocente aux yeux des villageois. Le talent que j’ai volé à cette couturière il y a quelques mois commence à faire jaser plus loin que le village et je commençais à me faire un nom, les gens me saluaient dans la rue et j’avais tant envie de leur arracher les yeux. Soupirant mentalement, je remerciai Baba Yaga une autre fois dans ma tête pour m’avoir appris à maîtriser le don que j’avais avec les poupées. Elle m’a toujours dit que je devais tenir ça de ma mère, mais étant donné qu’elle est morte je n’en ai rien à cirer. La salope m’a laissé vivre avec un père dont les couilles étaient emprisonnées par une marâtre dont la laideur n’était égalée que par celle de ses chiennes de fille.

La rage qui viens toujours avec ces souvenirs est rapidement éteinte, un sentiment de honte à l’idée de ce qu’elle a fait à sa famille lui serre le cœur et la fige complètement. Elle a soudain envie de se rouler en boule et regarde nerveusement autour d’elle pour s’assurer que personne ne l’a vu penser.

Franchement, que quelqu’un m’a vu penser? Je me donne une gifle mentale et je sens la couturière se recroqueviller dans un coin. Aaaah et merde, je l’ai encore froissé. Je me fais une image mentale de la jeune fille maladivement timide et lui caresse les cheveux, la rassurant que tout va bien. Elle grandit dans mon esprit et je la laisse reprendre de la place dans ma tête, m’aidant à interagir avec un semblant d’humanité avec les êtres qui m’entourent. Bien, bien, je peux continuer ma journée. J’attendais une femme d’un village voisin, dont la fille allait partir en voyage et voulait lui offrir en cadeau une toilette pour le voyage. Il me fallait être calme et en pleine possession de cette petite personnalité qui rassurait toujours les clientes, il me fallait embrasser le rôle de femme facile à dominer qui les rassurait dans leur position de pouvoir. Un goût de bile monte dans la bouche et je sens la couturière sangloter dans un coin. Prenant toute la volonté que je possède, je m’empêche de la gifler, mais bien sûr elle sent mon envie de lui inculquer un peu de bon sens et sanglote de plus belle, gémissant de peur dans un coin.

Ce que c’est fatiguant, gérer une personne dans sa tête… Mais j’ai besoin d’elle, j’ai besoin de son petit sourire lorsqu’elle imagine un patron dans l’air, j’ai besoin de ses petits doigts de fée et de sa petite voix de sourie. Ma voix à moi, sans poupée, j’imagine qu’on pourrait la qualifier de dure et froide. Pas la meilleure idée lorsque la boutique dépends de mes talents en relation publique.

Le meilleur moyen de rassurer la couturière, c’est de s’occuper. Alors, je m’occupe. Je prépare l’atelier, je prépare la salle de montre, le prépare le mannequin, les tissus et quelques idées que je gribouille sur un cahier à dessin et rapidement, je la sens prête à affronter la cliente qui devrait arriver n’importe quand, maintenant. Mes yeux dérivent sur les étagères où trônent quelques poupées, simples et sans âmes celles-là. Prête à acheter, j’offre bien sûr une petite garde-robe pour la poupée, deux ou trois robes à changer n’importe quand. Elles sont en tissus rembourré, des billes de verre pour les yeux et des bouches brodées avec du fil rose. Les cheveux sont faits en tresses de laine de différentes couleurs, j’en ai des rousses et des blondes, quelques brunes.

Dehors, j’entends des cris et distingue un mot en particulier qui me ramène à un incident quelques jours plus tôt.

Loup

J’avais le polyglotte, l’homme qui chante sans cesse comme si sa vie en dépendait, le vantard le plus odieux… Mais, qui pouvait parler en vingt différentes langues et l’assurance dont il faisait preuve était toujours bienvenue lorsque je voyageais dans les villages environnant. Je prenais un raccourci dans la forêt, mais bien entendu, je ne regardais pas où je mettais les pieds, trop occupée à chanter. Immédiatement, l’esprit d’exagération de mon polyglotte se met à fonctionner à cent kilomètres à l’heure, c’était un trou plus profond que la pute du village qui m’a fait tomber, une antre démoniaque et…

Oh merde. Oh, oh, oh merde. Alors que je tentais tant bien que mal de me relever, j’entendis des pas non loin de moi, mais pas des pas humains. Je ne sais pas pourquoi, mais je savais très bien que ce n’était pas humain. Lentement, comme dans une pièce de théâtre exagérée, je me retrouvai face à face avec un loup qui reniflait quelque chose par terre. Mon cœur arrêta de battre quelques instants et un frisson glacé me parcourut l’échine. Ma poupée, mon polyglotte odieux à grande gueule était là, sur le sol de la forêt, sous le museau de la bête. Ignorant tous les messages d’alertes de mon cerveau et de l’esprit dans ma tête, je bondis et au même moment où j’attrapai la tête de ma poupée et le loup, les jambes. Je tirai de toutes mes forces et au bout de quelques instants, le polyglotte se déchira en deux et le loup partis en courant avec les jambes et une partie du torse de ma poupée. Je vérifiai que le lien avec ma poupée était toujours intact dans ma tête, et comme de raison, il vacillait. Concentrant tout mon pouvoir sur ce lien qui était sur le point de rompre, je le renforcit et je savais très bien que j’allais devoir refaire une autre poupée avec la mèche de cheveux qui, heureusement, était toujours bien cachée en boule dans la tête.

Le cœur dans les talons, je continuai ma route alors que le polyglotte s’était tu dans ma tête. Pauvre petit homme, traumatisé ainsi… Soupirant, je rentrai chez moi avec un poids dans ma poitrine qui s’évanouit alors que j’enfermai le polyglotte démembré dans le coffre de cèdre qui coupait tous lien entre moi et la poupée. Le loup n’avais pas eu peur de moi, une humaine, c’était étrange… La salle qui me servait de maison plongée dans l’obscurité, je retournai la scène dans ma tête, tentant de trouver des réponses.

La couturière pousse un cri de peur et se fige, les yeux pleins d’eau. Comme pour bien des choses, elle a une phobie des loups. Des images de bête sauvage aux dents ensanglantées dansent dans la tête de Natasha qui tente tant bien que mal d’ignorer les cris de la couturière et se dirige vers la porte où elle fige un instant, avant de gifler la couturière pour qu’elle se taise.

Les larmes aux yeux – merci beaucoup mademoiselle la couturière, tu vas payer… Les larmes aux yeux donc, j’ouvre la porte en essuyant la larme qui menaçait de déborder du coin de mon œil. Malgré moi, j’avais une expression effrayée et mon regard se dirigea immédiatement vers la bête qui s’approchait de moi, avec ce que je pouvais jurer être une lueur meurtrière dans les yeux. Il a décidé de se venger pour la moitié de poupée que je lui ai enlevée et alors que la panique de la couturière se répand dans mes veines comme un venin insidieux, je me retrouve complètement incapable de bouger. Je dois être aussi blanche qu’un drap et je suis prête à m’évanouir d’une seconde à l’autre. J’aurais peut-être du ranger la couturière avant d’affronter le loup, mais je n’allais quand même pas me dévoiler dans le village au grand jour sous mon vrai visage, j’aurais perdu tous mes clients d’un seul coup… Il approche encore et je suis toujours figée, comme un lièvre devant le canon d’un fusil.
Natasha Makarov
Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Jeu 28 Mai - 20:28
Snif Snif
C’est là…juste là…Snif…les autres deux pattes… Les voix et…
Snif…les odeurs. C’est une meute…une meute de femelles. Snif.
Et elles sentent bon ! Je peux les attrapper…Nomm…Juste pour jouer.
Et elles courent. Tellement lentement. Nomm. Et…
Bouge plus.

Snif Snif…Snif Snif Snif… Là ! C’est là c’est…Nomm Nomm…
Cette deux pattes…Snif…
Cette odeur comme la fourrure sans goût…Celle rapportée à l’Alpha deux pattes…Nomm. Nomm…
La peur…la soumission je la sens…Nomm Nomm…


J’eus beau chercher, il m’avait fallu un battement de cils pour perdre de vu mon loup alors que le village semblait soudain s’animer d’une peur commune et d’une tension à vous dresser les cheveux sur la tête. L’homme à qui je venais de parler me dévisageait comme si j’avais le diable au-dessus de la tête, une sensation très désagréable en soit qui me fit par réflexe reculer d’un pas. Je ne redoutais pas les coups, petite, j’avais régulièrement droit aux gifles et fessées à la ceinture de ma belle-mère mais ce n’est pas parce qu’un geste est répété à outrance sur votre corps que cela en devient forcément agréable, encore moins acceptable ! Mais il fit de même, reculant simplement et ravalant sa crainte et me tournant finalement le dos, me laissant en plan, les mains vides de surcroit de la poupée qu’Odin était parvenu à me dérober !

Dans l’agitation, je fis quelques pas hasardeux, tentant de percer le mouvement de foule entre les femmes criant et courant et quelques hommes se rassemblant avec faux à blé ou branche de bois cassé. Je ne voulais qu’aucun mal ne soit fait à mon loup, aussi, commençais-je à l’appeler à travers le brouhaha en espérant que cette fois-ci, il m’obéisse sans rechigner. Les clameurs fusèrent à nouveau et en quelques pas de course à jupons retroucés, je parvins en vue d’une scène qui me figea sur place.


« Odin, non ! »

À plusieurs pas devant, mon loup, les pattes bien ancrées au sol, l’encolure basse et les yeux visiblement fixés sur une pauvre femme tétanisée. Je distinguais sans peine la pauvre demi-poupée qu’il tenait en gueule en la mâchonnant sans ménagement, comme s’il s’agissait là d’un moteur à réaction lente. Une distraction qui ne sembla pourtant pas le faire dévier de sa cible –proie ?- à qui je m’adressai plutôt, pour peu qu’elle entente quelque chose dans sa frayeur.

« N’ayez pas peur, Mademoiselle, il n’est pas dangereux… »

Et on se demanderait qui de nous deux serait la plus folle de ne pas fuir devant un loup aux allures affamées ou de celle qui clamait haut et fort qu’il était doux comme un agneau… Je fis un autre pas dans la direction d’Odin, la main tendue, répétant son nom d’un ton sec, déjà surprise qu’il n’ait même pas daigné tourner une oreille vers moi. À savoir ce qu’il voyait, ou sentait, mais je devais l’en détacher ou bien je ne pourrais plus répondre de lui…

[HRP : Après le lancée de dée :Ici ]

Ce ne fut ni moi ni celle qu’il observait depuis qui finit par dévier son attention mais une jeune fille qui passa par-là, comme si de rien n’était, à savoir si elle était sourde, téméraire ou simplement stupide, mais Odin ne manqua pas de la remarquer et après un faible glapissement dans sa direction, il lâcha la poupée pour partir à ses trousses, me laissant pantelante, une expression de surprise totale au visage qui m'en fit même momentanément oublier la poupée lâchée à mi chemin de nos pieds.[/justify]
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Ven 5 Juin - 0:27

Il fallait croire qu'aujourd'hui on entrait chez Natasha comme dans un moulin. Après le loup et sa propriétaire, voilà que se profilait un individu bien curieux. Vêtu d'un manteau élimé et tâché, des lunettes d'aviateur sur la tête, l'homme avait l'allure du voyageur égaré. Pourtant, ce fut d'un pas décidé qu'il entra dans la demeure, regarda les deux femmes. Levant son index vers le ciel, il déclara sa phrase fétiche.

« Ne faites pas cela, sinon... voilà ce qui va se passer ! »

L'homme (connu sous le nom de Voyageur) laissa planer le suspens avant de reprendre.

« Pendant que vous vous amuserez à discuter magie, tout en sirotant de la vodka entre filles, un cataclysme va se répandre dans le village. Si vous ne faites rien, les habitants seront tous atteints d'allergies chroniques qu'aucun médecin ne pourra soigner. Le village sera fui, déserté, et seulement habité par les malades qui auront muté... en zombies ! »

Tout à sa diatribe, le Voyageur avait levé les mains au ciel pour mieux appuyer son discours. C'est dans ce geste suspendu qu'il se mit à quitter la demeure.

« Donc, si vous voulez éviter de finir malades, ou dévorées par des zombies allergiques, je vous conseille d'empêcher la horde de crabolets d'attaquer le village. Je compte sur vous ! L'espoir de l'humanité dépend de vous ! »

Sur ces derniers mots, l'homme disparut – littéralement. Probablement grâce à un don d'invisibilité ou, mieux, de téléportation.

Les premiers cris retentirent alors, à demi étouffés par les croassements de dizaine de crabolets qui se mirent à déferler dans les rues.




© Avatar par Odori. Compte PNJ, ne pas lui envoyer de MP, merci.
Si vous souhaitez une intervention dans vos RPs.
Revenir en haut Aller en bas
Natasha Makarov
Invité
avatar
Natasha Makarov
Ven 5 Juin - 4:52
Mon cerveau est divisé en deux en ce moment. Il y a moi, Natasha, forte, indépendante, géniale, inventive, et la couturière… Craintive, timide, mais aussi ingénieuse. Lorsque j’ai un lien avec une poupée, c’est un combat constant entre elle et moi pour savoir qui prends le dessus lors des interactions avec mon entourage. Parfois, je laisse la poupée prendre le dessus, parfois je prends le dessus. Cependant, lorsque l’âme liée à la mienne ressens des émotions fortes, il est difficile de la contrôler et une des émotions les plus puissante envahit mon système en ce moment, la peur. Les russes ne sont pas réputés pour leur naturel craintif, bien au contraire, mais il semble que cette couturière n’était pas russe d’origine… Peu importe, j’aurais dû mieux choisir, parce qu’en ce moment, les mots se coincent dans ma gorge et ne sort que des petits couinements aigues, apeurés. Mes yeux écarquillés sont fixés sur le loup et je sursaute violemment lorsqu’avec un glapissement enthousiaste, il lâcha la poupée pour courir sur les talons d’une jeune fille qui passait par là.

MA POUPÉE!!!!

Je profitais de la surprise de la couturière pour reprendre le dessus et bondit sur la moitié qui gisait par terre, mon pauvre petit polyglotte, traumatisé… C’est bien la première fois que quelque chose de pareil arrive à une de mes poupées et je ne sais pas comment réagir. Est-ce que je devrais la recoudre? Peut-être que ça suffirait à rassurer l’âme, de retrouver la moitié manquante de son corps, mais je ne le saurai qu’en essayant.

Sans dire un mot, toujours sous le coup de la peur du loup, je rentrai dans ma boutique en laissant la porte ouverte. L’autre moitié du polyglotte était dans mon coffre de cèdre, mais il était hors de question que je risque de me faire découvrir par cette étrangère. Maintenant que le loup est loin, je prends le temps d’observer la dame qui, je crois, est la propriétaire de la bête… Si l’on peut réellement apprivoiser une telle bête sauvage. J’ai déjà vu des chiens énormes, croisés avec des loups, mais un loup pur-sang ne peut être une bête de compagnie… Pas pour une dame aux allures aussi noble qu’elle! Je me rends compte que je la dévisage depuis un bon instant et alors que j’allais ouvrir la bouche pour me présenter, un étranger entra en cavale dans ma boutique. Mon cœur au précipice de la crise cardiaque, l’inconnu se planta au milieu de la pièce et se mit à déblatérer un discours sans queue ni tête…

Premièrement, discuter magie entre femmes? Pourquoi je discuterais magie avec une dame? Je ne suis pas sous le costume de la sorcière, et il est impossible que quelqu’un m’ait percé à jour… Pas déjà?? Un regard apeuré vers la dame, je me repris en main alors que le prophète finissait de maudire mon village.

La peur, ais-je dis, est une émotion très puissante et rends la tâche de dominer l’esprit de la poupée quasi-impossible, mais je n’ai pas le choix de me battre contre moi-même en ce moment, peu importe les apparences. Je suis encore considérée comme une étrangère pour certains et le fait que la propriétaire du loup soit dans ma boutique alors que les… crabolets? Qu’est-ce qu’un crabolet, pour commencer? Enfin, tout va pointer dans ma direction lorsque les villageois vont chercher un coupable, et une femme contre un village n’augure rien de bon.

Respirant profondément, mon corps tremblant de peur de la tête aux pieds, je me tourne vers la dame et tente de parler.

-IIIIIHJINISAISPASCIQUISEPASSEZETEQUIPARTOUSLESDIEUXHIIIIIIIJVEUXPASMOURIR

Meilleure chance la prochaine fois. Je n’ai pas le choix, il faut que je change de poupée. Prenant une autre grande respiration, je lève la main et me gifle moi-même pour faire taire la couturière. Relevant mes jupes, je cours dans l’arrière-boutique, ouvre une trappe qui mène à une cave et enferme la poupée de la couturière, sans en prendre d’autre, je n’ai pas le temps de me lier à une poupée dans la panique du moment, hors de question. Je prononce une formule rapide, pique mon pouce avec une aiguille et trace un symbole rapide sur le coffre de cèdre pour couper le lien entre moi et l’âme. Je remonte et me retrouve face à la dame, mon cerveau fonctionnant à cent milles à l’heure pour essayer de justifier mon comportement injustifiable pour une personne saine d’esprit. Meh, à quoi ça sert de me justifier, c’est perdu d’avance.

Jetant un regard sombre à la dame qui est toujours dans ma boutique, je parle doucement, mais avec une colère sourde, complètement à l’opposé de la panique d’il y a quelques instants.

-Qui êtes-vous et pourquoi apportez-vous ce malheur ici? Prenez votre bête et rappelez les crabolets qui sont venus avec vous, ou je vous attache au milieu du village pour que vous soyez la première victime de ces monstres.


Ma voix était presque couverte par le bruit de crapauds qui envahissait le village, mais si elle a des problèmes d’audition, elle n’a qu’à lire sur mes lèvres.
Natasha Makarov
Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Ven 5 Juin - 16:08
Les évènements se déroulaient vite, trop vite pour que j’y ai emprise pendant un moment. Odin, ce loup traître de qui je commençais sérieusement à douter de la fidélité, non que de revenir vers la main nourricière comme la situation aurait voulu que ce soit, partit en déridée dans les jupons d’une pauvre effrayée passant par là. Vraiment, je devais être une très mauvais maîtresse pour être ainsi «trompée» par une jouvencelle. Je n’eus pourtant pas le loisir de m’étendre sur le drame du moment que je vis la poupée tomber un peu plus loin. Pas une ni deux secondes je n’eus le temps de demander si, en fin de compte, cette jeune fille devant moi en était la propriétaire qu’elle se jeta sur la pauvre demi-poupée pour courir à toutes jambes à l’intérieur de la maison derrière elle.

La suivre et entrer, rester ici et…attendre ? J’étais tellement surprise que je fis ce qui me parut le plus instinctif, la suivre. Après tout, elle était peut-être envahit par la joie triste d’avoir retrouvé son bien, certaines fillettes agissaient ainsi après tout même si. Cette femme n’avait pas grand chose d’une fillette malgré sa peur visible d’Odin, elle était tout simplement humaine n’est-ce pas ? J’allais cette fois parler, demander, m’assurer qu’elle n’avait pas été blessé, qu’elle se remettait du choc, prête à réitérer qu’Odin malgré sa nature certes sauvage, n’était pas dangereux quand on m’interrompis à nouveau, à croire que je n’arriverais jamais à placer un mot sans que quelque chose d’inattendu n’arrive. Mais ce qui arriva…

Spoiler:
 

Si on m’avait dit qu’une journée comme cela était possible. D’abord cet homme qui débarquait et disparaissait tout aussi soudainement, ces paroles…autant être franche, complètement insensées. Je levais les yeux vers la jeune femme, une chose retenant mon attention « discuter magie »… Est-ce que je me faisais des idées ou bien… Comment est-ce possible que cet inconnu puisse savoir que je pratiquais la magie ? Et que penser de celle qui me faisait face alors ?! Je restai là, tout simplement ébahis alors que d’autres mots, tous aussi incompréhensibles fusèrent de la bouche de ma vis-à-vis.


« Allons nous n’allons pas mourir ! »

Bravo ! Les premiers mots qui sortaient enfin de ma bouche avant qu’une gifle ne vole. Ébahie, j’écarquillai les yeux vers la pauvre qui venait de poser ce geste, non à mon égard mais au sien !, avant qu’elle ne repart à la course, plus loin dans l’habitation. C’était à n’y rien comprendre mais quoi qu’il se soit passé dans ce court laps de temps, celle qui revint finalement vers moi semblait beaucoup plus maîtresse de ses émotions. Pire même, c’est elle qui me jaugeait maintenant du regard, m’adressant quelques mots –plus détachés cette fois- qui me figèrent comme sur place. Non de peur mais d’étonnement aux premiers abords et puis…

« Je vous demande pardon ? »

J’avais très bien compris ce qu’elle avait dit qu’elle ne croit pas le contraire mais comment pouvait-on consciemment accuser quelqu’un de quelque chose d’aussi improbable qu’une pluie de crapaud ! Surtout que tout comme moi, elle avait bien dû voir que c’était cet homme –qui n’était plus là d’ailleurs- qui avait proféré de pareilles absurdités et pas moi !

« Oui, le loup est avec moi mais comme je vous l’ai dit, il n’est pas dangereux, il n’a simplement pas l’habitude de beaucoup de gens à la fois. Je comprends votre affolement, votre peur même mais je ne suis ni ici en mal intentions ni en responsable de ce…phénomène ! D’ailleurs, pure folie ou fond de vérité, qu’importe les paroles de cet homme mais nous ferions bien de… »

De quoi au fait ? Je n’en avais pas la moindre idée mais de toute évidence, ces crapauds n’allaient pas cesser d’envahir le village si nous ne faisions pas quelque chose et rapidement ! Si ces créatures devaient vraiment apporter…des zombies ?, avec eux, autant s’en débarrasser pendant qu’il était encore temps mais transformer toutes les maisons du villages en braseros géants pour les chasser comme la plupart des nuisances n’était clairement pas la meilleure des solutions. Je jetai un regard inquiet derrière, comment gérer la crise sans mettre notre propre santé en péril ?

« Si vous voulez, j’appelle Odin pour qu’il nous aide à repousser les crapauds, il pourra en tuer quelques-uns mais pas tous s’ils n’arrêtent pas de venir à nous… Nous avons besoin de l’aide des villageois…et nous munir de torche, déclarais-je lentement, ne montrant autant que possible aucun agression à son intention. »

Je ne voulais pas lui donner d’ordre mais la situation pressait et à moins qu’elle ne cache une surprise dans sa manche, je ne voyais pas d’autres solutions. Je me doutais de ce qu’elle faisait. Elle était russe après tout non ? Une louve donc et tout comme moi, elle trouvait plus facile de montrer les crocs en grondant que de venir renifler la main tendue pour de l’aide. J’attendis donc alors que les cris affolés me parvenaient de plus en plus près. Les crapauds nous envahissaient !
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
Natasha Makarov
Invité
avatar
Natasha Makarov
Mar 9 Juin - 5:28
Je n’ai que moi dans ma tête et le silence est étrangement assourdissant. Je me rends compte que la panique est autant la mienne qu’elle était celle de la poupée, maintenant dans le coffre, et je ne sais pas comment y réagir. Je me sens comme un poulain nouveau-né qui essaie de se mettre sur ses jambes pour la première fois, il y a trop de choses qui arrivent en même temps, je tremble et je tombe, victime de ma maladresse. Me fâcher contre la noble était simple, facile, mais réfléchir à un plan d’action pour sauver le village d’une horde de crapauds qui vont nous transformer en zombie? Attendez un instant, je vais aller me rouler en boule dans un coin…

NON!!!

Pas de roulage en boule dans un coin, je suis une adulte maintenant et je dois me tenir debout!! De préférence dans un coin sombre et oublié du monde, me faire oublier… Non, non, ça ne faisait pas l’affaire non plus. S’il y a une chose que je sais bien faire, c’est me fâcher, non? Commençons avec ça.

-Peur? Fait-moi rire petite folle, s’il y a une personne qui devrait avoir peur c’est l’étrangère qui apporte un loup et une horde de crapaud dans ce village. Mais, étant donné que l’étrangère est dans MA boutique alors que les crapauds envahissent la ville, j’ai un peu peur des répercussions et je n’ai aucune envie de retourner vivre en ermite avec Baba Yaga.


Merde. Il faut que j’apprenne à finir mes phrases avant de révéler que je suis l’apprentie de Baba Yaga. C’est pour cette raison que je ne sors jamais sans poupée, parce que je suis complètement imbécile. Merde, merde et re-merde… Mon désarroi doit se lire dans mes yeux et je reprends le contrôle rapidement, sifflant entre mes dents mon impatience et ma colère. Bon, la colère est principalement dirigée vers mon manque de retenue, mais ça, elle n’a pas besoin de le savoir. Mon regard est obscurcit par quelques mèches rebelles et d’un geste rageur, je les remets à leur place. Si seulement me débarrasser de l’étrangère, du loup et des crabolets en même temps pouvait être aussi simple! La journée s’annonçait beaucoup trop stressante pour moi sans poupée, je devrais aller en chercher une, peu importe laquelle… Peut-être que la matrone pourrait m’aider, elle qui était toujours en pleine possession de ses moyens… Non! Elle allait voir ce qui se passait dans ma tête et elle allait me prendre en pitié, je peux déjà entendre son petit bruit désappointé lorsque je ne suis pas assez bonne à son goût. C’était toujours étrange l’entendre me juger ainsi, mais c’était dans son caractère après tout… Non, personne ne pouvait faire l’affaire en ce moment, j’étais seule. Seule dans ma tête, seule à prendre les décisions à la seule à panique apparemment, puisque la noble parlait lentement, calmement, faisant tout en son pouvoir pour me faire perdre la tête!! Pourquoi et comment était-elle aussi calme? Mon souffle s’accélérait rapidement, aussi rapidement que les crapauds semblaient envahir le village.

Allons, Natasha, tu es une sorcière, tu es forte, tu es brave, tu es pleine de ressource et au pire aller, tu mets le feu au village et ça règle le problème. Je n’ai qu’à reprendre la route par la suite, me trouver un autre métier, d’autres poupées. C’était l’avantage de vivre dans un petit coin reculé du monde, le reste du monde était ouvert et je pouvais aller partout sans craindre que mon passé me suive.

Je levai le regard vers la noble et prit la parole avec un sourire en coin. Je devais réellement avoir l’air bipolaire, passant d’effrayée à sûre d’elle, de désemparée à n’ayant rien à perdre.

-Des torches contre une armée de crapauds? Mouais, on pourrait mettre le feu au village et ne jamais regarder en arrière. De toute façon, je comptais partir un jour ou l’autre. C’est un petit peu tôt, mais je peux m’adapter. Je n’ai pas de torche ici, mais j’ai de l’huile et des allumettes, c’est déjà un début…


Arquant un sourcil,

-Tu ne comptes pas vraiment essayer de sauver le village contre une armée de crabolets, peu importe ce qu’est un crabolet, non? Même si tu penses avoir réussi à apprivoiser un loup – ce dont je doute fort, mais ce n’est pas le sujet, on parle d’une invasion de créatures capable transformer les gens en zombie…


Enfin, peut-être qu’elle allait essayer, mais elle allait devoir s’essayer toute seule, sans moi. Nah-ah, hors de question que je risque ma peau, l’avenir en tant que zombie n’était pas une option pour moi.
Natasha Makarov
Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Mer 10 Juin - 3:53
Du feu. C’est tout ce que j’avais trouvé dans l’immédiat pour nous sortir de cet impasse. Après tout, tout vivant craignait le feu, l’homme également même s’il se croyait capable de le maîtriser depuis la préhistoire. Quant à savoir si cela fonctionnerait contre ces créatures inconnues…

-Peur? Fait-moi rire petite folle, s’il y a une personne qui devrait avoir peur c’est l’étrangère qui apporte un loup et une horde de crapaud dans ce village. Mais, étant donné que l’étrangère est dans MA boutique alors que les crapauds envahissent la ville, j’ai un peu peur des répercussions et je n’ai aucune envie de retourner vivre en ermite avec Baba Yaga.

Un moment de doute me prit. Alors elle me croyait toujours responsable de cette invasion dont j’essais précisément de nous sortir ? Et quelle était cette histoire de Baba Yaga ? Cette femme du mythe qui soi-disant mangerait les petits enfants ? Je commençais sérieusement à me demander si elle n’était pas tombé sur la tête, le choc de la peur ? De l’inconnue que j’étais comme elle semblait le dire ? Impossible d’en tirer une conclusion cohérente, d’ailleurs elle ne semblait pas non plus très stable au niveau émotionnel si je pouvais me permettre… Mais en dehors de cela, la réalité, la menace, était bien présente et devrait être prise en charge dans les plus brefs délais. Si seulement nous avions pu unir nos esprits, nous aurions certainement été bien surprises de découvrir que nous pensions précisément à la même chose : notre nature de sorcière.

J’en étais une, elle je n’en savais rien mais à ce titre, il devait bien y avoir quelque chose que je pouvais faire, que je savais faire.. ? Mais en dehors de mes filtres d’amour, je devais admettre que mon champs de compétence était réduit. J’avais Odin, certes mais comme la femme le soulignait, combattre de telles créatures sans réellement savoir de quoi elles étaient capables, quel était leur champs d’action, de contamination sur les hommes ou sur les animaux… C’était risqué. Mais avions-nous seulement le choix ? Quant à incendier le village, j’y avais pensé aussi mais…quelque chose n’allait pas. Un membre d’un village ne pouvait pas simplement penser à tout brûler «sans jamais regarder en arrière».


«Si je ne le fais pas, qui le fera ?, m’emportais-je légèrement. Comment pouvez-vous rester si impassible ? C’est votre village non ? Vous devez bien y avoir des amis, de la famille ? Les pertes ne se compteront pas seulement en vie humaine si nous n’agissons pas. Ce village borde la forêt, les animaux succomberont et les migrateurs rependront ce fléau à tout le pays ! »

Je ne me connaissais pas si émotive et sentimentale mais la réalité était qu’à l’Ouest de ce village, se trouvait mon domaine, ma forêt et que plus au Nord passait un important troupeau de bison. Tout bête mais ces animaux devaient parcourir plus de la moitié du pays à eux seuls, les laisser être contaminé en fuyant aujourd’hui, c’était condamner le pays et le transformer en zombie. Nous en avions déjà assez de ce Délirium, pas besoin d’en rajouter et bien égoïstement, je ne venais pas de me battre inutilement au début de cette année pour me voir mourir aussi bêtement par des crapauds ! Mais ils ne semblaient pas de cet avis, de nous laisser tranquille, quand l’un deux parvint à sautiller jusqu’au seuil de la porte de la boutique. Grand Dieu ! C’était déjà notre tour ? Ça n’allait pas se passer comme ça, foie de moi !

« Reculez !, ordonnais-je sans vraiment me rendre compte en marchant déjà vers la créature, remontant vivement mes jupons pour lui décocher un bon coup de sabot sur la tête…et l’expédier quelques mètres plus loin avant de brusquement refermer la porte. »

Le soucis, dans l’empressement d’un geste dicté par l’instinct, était que certaine chose nous échappait, glissait tout simplement de notre contrôle…ou de nos poches… Au milieu de la pièce, à mi-chemin entre la Dame et moi, reposait sur le sol une fiole. De celle bien particulière que l’on trouve chez les apothicaires et qui servent en règle générale à conserver des mixtures à la nature douteuse. Celle-ci ne faisait pas exception. En réalité, il s’agissait d’un des rares philtres que je conservais en tout temps sur moi. Ceux trop puissants pour les laisser à la maison sans surveillance et à la portée de qui savait forcer une porte même verrouillée. Un moment de flottement sembla s’installer entre mon regard qui remonta depuis la fiole vers le visage de ma compagne d’infortune. Que faire ? Que dire ? Avait-elle seulement compris ce que c’était ? Puis un éclair de génie traversa mon esprit. Huile…allumette… C’était risqué, même dangereux…mais qu’avions-nous à perdre ? Lentement, je m’avançai pour récupérer mon philtre, les yeux droit dans les siens.


« Si je vous demande de me faire confiance…me prêteriez-vous votre huile et vos allumettes ?, j’hésitai un instant, cherchant ce qui manquait et puis finalement. Et du tissu donc vous consentiriez à vous séparer ? Je vous donne ma parole que vous serez dédommagée, mon domaine est seulement de l’autre côté de la forêt. Je vous rendrai votre dû. »

J’attendis, impatiemment je devais avouer. Je n’avais aucune garantis que cela allait fonctionner mais si oui…nous aurions peut-être un répit avant que l’invasion ne reprenne et qui sait, peut-être être parvenues à l’éradiquer d’ici là. Les torches de feu restaient la manière la plus sur mais si je pouvais épargner la vie des villageois, je ne demandais que cela ! Autant tenter le tout pour le tout avant d’en arriver au radical point de non-retour.

« Cette potion devrait… devrait quoi en fait ? Cela agirait-il vraiment de la même manière sur les animaux que sur les humains ? devrait les…rassembler. Pour un temps du moins et nous en profiterons pour rassembler vos gens et les diriger vers la forêt. Ensuite… nous pourrons brûler le village ? Quelle scène horrible se déroulait dans ma tête et pourtant… Ensuite nous aviserons. »

Oui voilà. Tant pis pour la révélation, l’utilisation presque tabou du mot «potion». Oui, j’étais une sorcière mais qu’allait-elle en faire ? Si nous survivions, elle me devrait la vie après tout alors… Une chose à la fois. Et pour commencer : Les bombes aphrodisiaques.
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
Natasha Makarov
Invité
avatar
Natasha Makarov
Sam 13 Juin - 20:35
Que ça me serve de leçon, si je veux vivre une vie tranquille, que je me trouve un coin de forêt et que je laisse le reste du monde m’oublier. Le plus d’action que je voyais était lorsque l’on sortait pour aller vérifier les pièges, donc oui, le plus d’action que j’avais vu avant de sortir de ma forêt était des animaux morts. Maintenant, il faut que je gère, avec une bourgeoise qui murmure à l’oreille des loups, une invasion de crabolets qui va nous transformer en zombie si on ne fait rien.

«Si je ne le fais pas, qui le fera ? Comment pouvez-vous rester si impassible ? C’est votre village non ? Vous devez bien y avoir des amis, de la famille ? Les pertes ne se compteront pas seulement en vie humaine si nous n’agissons pas. Ce village borde la forêt, les animaux succomberont et les migrateurs rependront ce fléau à tout le pays ! »


Oh, pauvre femme naïve. Le pays au complet pourrait brûler dans les feux de l’enfer, geler dans une nouvelle ère glaciaire, succomber à une invasion de monstres sortis tout droit de mes pires cauchemars, si moi je survis, je n’en ai absolument rien à faire. Je n’ai aucun attachement pour les gens de ce village, je suis l’antithèse même du patriotisme. Comment puis-je rester si impassible? La première moitié de ma vie a été passée à me faire insulter et injurier par ma belle-famille, la deuxième a été une planification sans relâche de leur mort. Voyons, comment puis-je rester impassible devant la mort probable de tous ces étrangers? Décidément, je n’ai pas de cœur.

C’est juste moi, ou la petite dame s’emporte un peu sur le scénario apocalyptique? L’hurluberlu qui était dans ma boutique quelques moments auparavant n’a jamais mentionné une catastrophe nationale… Si on n’empêchait pas les crabolets d’envahir le village, c’était une catastrophe locale, tous vont éviter le village et il va sûrement dépérir et mourir, mais il n’a jamais parlé d’apocalypse nationale. De toute façon, ais-je mentionné que je m’en bat les pattes? C’est simplement une raison de plus pour moi de voyager. Il faut que je trouve un moyen de remettre mon polyglotte en état fonctionnel, mais dès que c’est fait, je pars à l’aventure! Vers l’infini, et plus loin encore!

-Si tu ne le fais pas, je ne le fais pas, personne ne le fait et tout le monde meurt. Ah, et je reste impassible parce que ce n’est pas mon village, je suis ici depuis quelques mois seulement. En passant, je ne suis pas du genre à me faire des amis…
un rictus déforma mon visage l’espace d’un instant, lorsque je pensai à ma famille. Je comptais voyager de toute façon, voir d’autres pays. C’est l’occasion parfaite!

Je sais très bien qu’il y a une pandémie que les gens ont appelé Délirium en ce moment, qui s’abat sur le monde entier, mais tant que je fais attention et que je reste loin des Délirants (c’est comme ça qu’on appelle les gens infectés par le Délirium, non? Sinon, les gens ont passé à côté d’une belle occasion…) je devrais bien m’en sortir. Quelqu’un, quelque part, va bien finir par trouver un remède. Ce n’était pas mon problème, après tout je ne suis pas encore infectée, mais je compte sur l’humanité pour ne pas (trop) me décevoir. Alors que je planifiais mes voyages dans ma tête, la bourgeoise m’ordonne de reculer et d’un coup de sabot bien placé, fait valser un crabolet qui menaçait d’envahir ma boutique.

Alors qu’elle s’avançait vers la bestiole pour le faire reculer, un *toc* sourd attira mon attention. Une fiole. Simple et bête, une fiole. Cependant, la forme et l’impression générale qu’elle dégageait me rappelait vaguement celles que Baba Yaga cachait dans un coin sombre et plein de poussière, avec quelques araignées pour faire bonne mesure. Le genre de fiole que je n’ai jamais touchée, par peur des représailles de mon mentor, le genre de fiole qui transforme les gens en crapaud, qui tue un enfant dans le ventre de sa mère, le genre de fiole qu’il vaut mieux laisser aux araignées et à la poussière.

Je levai un regard suspect vers la dame bourgeoise, lorsqu’une phrase de l’hurluberlu téléportateur revint à la surface de mon conscient. < Pendant que vous vous amuserez à discuter magie, tout en sirotant de la vodka entre fille… > Eh bien voilà, elle était une sorcière et elle fait des fioles louches. D’un coup, j’ai bien peur que je n’ai pas d’autres choix que de filer doux et de l’aider, parce que je ne connais pas d’autres sorcières que Baba Yaga et mon expérience me dit de ne pas me mettre du mauvais côté d’une sorcière. Prenez moi comme exemple, je vole les âmes et les enferme dans une poupée. Qu’est-ce qu’elle est capable de faire, elle? Elle qui semble si gentille, si innocente, prête à aider la mère patrie coûte que coûte, au péril de sa vie! Elle doit cacher un monstre sous ce saint sein. Haha, saint sein…

Pas le temps de rigoler! Malgré tout, un petit gloussement nerveux échappe mes lèvres, je dois réellement avoir l’air de quelqu’un que la sage-femme a échappé par terre lors de la naissance, mais je m’en fiche un peu, peut-être qu’elle va me sous-estimer et lorsque les gens me sous-estime, c’est toujours à mon avantage. J’acquiesçai à sa demande, et lui indiquant de venir m’aider, je lui mit dans les bras un rouleau de tissus – le moins dispendieux de tous, mais je savais que la matrone et la couturière allait vouloir me passer un savon lorsqu’elles vont voir ce que j’ai fait, et je prit une bouteille d’huile et un paquet d’allumette.

HAHA! Je savais que c’était une potion. Qui fabrique des potions? Une sorcière. J’avais donc en face de moi une sorcière.

-Vous pensez vraiment que les villageois vont vouloir suivre deux sorcières dans la forêt? Mieux vaut qu’ils se barricadent dans l’église, elle est à l’extrémité ouest du village et avec un peu de chance, les crapauds n’y sont pas encore.

Ouais, je venais de lui dire que je suis une sorcière, mais si on ne peut pas faire confiance à une consoeur, à qui peut-on faire confiance je vous demande?

-Si tu peux les assembler au même endroit, par exemple… un bûcher? On pourrait tous les brûler en même temps. Bonus cuisse de grenouilles pour souper!

Un petit rire hystérique s’échappa de mes lèvres, un peu de stress, un peu de l’adrénaline, un peu des émotions mixtes que je ressentais devant le fait d’avoir trouvé une autre sorcière, et compléta l’image d’une folle à lier pour elle. C’est vrai, sans poupée pour me dire quoi faire en société, c’est ce qui arrive.

-Tu as l’air d’avoir une idée, alors je te laisse prendre les rênes, mais si je meurs à cause de toi, sois certaine que je vais te hanter le restant de tes jours et j’ai beaucoup d’imagination.


La dernière phrase avait été dite comme un simple fait, pas une menace, pas une insulte, juste la suite logique des choses. J’espère pour elle qu’elle sait ce qu’elle fait.
Natasha Makarov
Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Mer 17 Juin - 19:29
Une femme désespérée, voilà tout ce qu’elle pouvait être pour se montrer aussi insensible envers ceux qui, s’ils n’étaient ni ses amis ni sa famille, l’avaient tout de même accueillie sur leurs terres. Ce n’était pas possible autrement et pourtant, je ne trouvais ni le courage ni la volonté de lui en vouloir pour cela. Non que je me sentais prête à sacrifier toutes ces vies en faisant de leur demeure des bûchers géants au risque de les voir périr par la propagation des flammes mais je reconnaissais quelque chose en elle. Quelque chose que j’avais aussi vécut quelque temps plus tôt. Il faut dire que mon voyage, non autant dire cela comme il l’était : mon chemin de croix en Scandinavie, avait profondément changé mon regard sur le monde. Chacun avait sa place, bonne ou mauvaise et nous n’étions même pas en mesure de diriger notre propre fin alors il était aussi de notre devoir de respecter le chemin des autres et de tout faire pour les y conserver jusqu’à ce que leur heure soit venue.

Le mien, en l’occurrence, était de protéger ce village et dans l’immédiat, d’empêcher ce dégoutant crapaud d’entrer dans la boutique. Ce que je fis d’un bon coup de sabot avant de… Oh, la fiole… Deux choix s’offraient à moi, nier ce qu’elle était, ou l’exposer et ainsi m’assurer de pouvoir l’utiliser en toute liberté sans avoir à sans cesse me demander ce que cette femme penserait de moi par la suite. Une fois l’huile, les allumettes et le tissu rassemblés, j’étais prête à procéder bien qu’une aide serait grandement appréciée, surtout pour répandre un peu partout les boules de tissu que nous allions déchiré à même le rouleau mais avant tout il fallait…


-Vous pensez vraiment que les villageois vont vouloir suivre deux sorcières dans la forêt? …

La suite ne parvint pas jusqu’à mon cerveau. Je m’étais même arrêté dans mon élan, les yeux fixés sur elle plutôt, un air certainement très surpris sur le visage. Oh, alors elle était… Je souris. Non pas un sourire hypocrite, encore moins menaçant non. Juste, un sourire. Sincère, à mi-chemin entre une tristesse et un vrai bonheur. Comme lorsque l’on retrouvait un être cher après tant d’années. Bien entendu ce n’était pas le cas, je ne connaissais pas cette femme bien qu’en d’autres circonstances, nous aurions peut-être pu devenir amies. Tout du moins, de bonnes voisines. Mais pas aujourd’hui, pas encore.

Je repris mes esprits en me redressant un peu. Si elle était l’une des nôtres –l’une des miennes ?- elle devait aussi avoir certaines…capacités. Il fallait mettre toutes nos chances dans le même panier alors, comme je me mettais à déchirer le tissu pour en faire de petits chiffons, je lui tendis le reste du rouleau, expliquant à la fois histoire de gagner du temps.


« Nous allons faire des lambeaux afin de répandre les vapeurs sur tout le village et coincer d’éventuels fugitifs. Un peu plus et je me serais cru en train de parler de prisonniers gardé en otage, j’étais effrayante quand je m’y mettais. Vous prendrez la partie Nord du village, depuis ici jusqu’à l’église et je prendrai la partie Sud pour vous y rejoindre. Nous dirigerons les villageois là-bas pendant que le feu brûle. Cela est-il possible à votre avis ? Acceptez-vous de m’aider ? »

Oui, je lui laissais le choix car bien que la situation était pressante, je ne voulais pas la forcer de quoi que ce soit. Elle avait le droit de refuser, de…s’enfuir…loin….pour ne jamais revenir. Cette idée suffit à faire se resserrer ma gorge mais ce n’était pas le temps pour les effusions, plutôt celui à la concentration alors que j’approchai la fiole des guenilles que nous avions formés. J’inspirai, lentement, je devais me concentrer, profondément. Je n’avais encore jamais utilisé cette potion, pas cette version améliorée que j’avais prévu de garder pour une occasion bien particulière. Mais elle était là, cette occasion, celle de tester plus que jamais l’étendu des possibilités qui s’offraient à moi.

Au cours des dernières années, j’avais pratiqué sur plusieurs cas, certains si facile qu’ils étaient à se demander si la magie avait vraiment été nécessaire, d’autres si impossibles que j’avais quelques fois pensé abandonner. Au final, tous mes contrats avaient réussit, homme vieux et jouvencelle. Femme mûre et jeunot. Même deux personnes de corps identiques. J’avais donné beaucoup mais jamais je n’en étais venu à penser utiliser cette même magie pour unir…des animaux. Une première, et j’osais espérer que cela ne soit pas la dernière, ne serait-ce que parce que cela signifierait que j’avais survécut à cette invasion. Je n’entendis qu’à moitié ces mots de menace, qu’elle crache son venin, j’adorais les serpents, les loups et tout le reste. Nous allions survivre.


« Nous allons vaincre, lâchais-je simplement avant de faire sauter le bouchon de liège de la fiole, brisant le sceau de cire qui le maintenait en place avant d’en verser la totalité dans le cruchons d’huile et de refermer précipitamment le tout. »

D’abord, je devais diluer car j’avais besoin de quantité plus que de qualité. Rien ne pouvait être aussi fort que cela, pas créé de ma main du moins alors autant que cela serve pour le plus grand nombre. Je tremblais légèrement, mes mains serrées sur le bouchon trahissait ma grande nervosité et je jetai machinalement un regard à cette…à ma…consoeur ? Je ne voulais pas la décevoir mais la panique qui vrillait mes entrailles devait certainement se lire dans mon regard. J’inspirai à nouveau, lentement, les yeux mi-clos avant de hocher la tête.


« Il est temps. Et de verser l’entièreté du cruchon sur les torchons pour les imbiber, les noyer devrais-je dire. Si vous acceptez de m’aider, c’est maintenant qu’il faut agir. Si le sort arrive à son terme, les bêtes se rassembleront au centre du village. Il nous faudra les tuer à ce moment. »

Les tuer comment ? Ça, je n’en avais aucune idée. À moins que la couturière n’est un autre rouleau en réserve et se serve de celui-ci comme d’une bombe de feu à diriger vers les crapauds une fois rassemblé, j’avais complètement omis ce détail. Mon champs d’action se limitait à les rassembler, via la potion aphrodisiaque mais pour ce qui était de les exterminer…je devais à un moment ou un autre laisser la main, je n’y arriverais pas seule.

Je pris la moitié des allumettes, la moitié des linges en commençant la marche, d’un côté du village, craquant une allumette, enflammant un haillon et le jetant sur le pavé, non loin des maison pour faire sortir les bestioles. Quand trois furent enflammés, je marquai un temps d’arrêt, avisant un sautillement à quelques pas de là pour me diriger vers le crapaud et le maintenir au sol sous mon pied, entamant enfin l’incantation, Celle du sort de liaison. Celle qui ferait exploser les hormones des êtres que j’aurai désignés, les faisant inévitablement s’attirer l’un à l’autre. Que dire du fait que comme à l’habitude, il n’était pas question de deux seules personnes mais d’un nombre incalculable…d’animaux ? Mes chances de réussite étaient faibles et pourtant, j’incantai jusqu’aux derniers mots, gardant un contact avec le crapaud sous ma botte. Ça devait fonctionner, je devais réussir sinon…sinon…


[HRP : Et je te laisse débuter en beauté avec le résultat du lancée de dés :Ici Bonne écriture ;) ]
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
Natasha Makarov
Invité
avatar
Natasha Makarov
Mer 22 Juil - 0:52
Il est impératif de dire que je ne compte pas mourir aujourd’hui. Si les choses tournent au vinaigre, vous n’allez pas avoir le temps de dire *Baba Yaga* trois fois en tournant sur vous-même devant un miroir que je vais être loin, très loin. Peu importe si elle est une sorcière ou non, parce qu’en fait, elle ne me l’a jamais vraiment confirmé – Je vais peut-être avoir à la tuer pour que mon secret reste un secret. Elle me regarde avec un air vraiment étrange, le coin de ses lèvres se tordent en une grimace – oh oui, c’est un sourire. Un sourire, c’est bien, c’est pas mauvais. Il n’y a aucune méchanceté dans ses yeux, mais beaucoup d’autorité et je ne suis pas certaine d’aimer ça. Une femme qui sait commander doit avoir quelques secrets dans sa manche et j’ai rudement peur de me retrouver avec une deuxième paire de jambe si jamais je la déçois… Ou, je sais pas, pire encore, laide. Je peux toujours cacher une deuxième paire de jambe, j’imagine… Mais un visage affreux est un peu plus difficile à cacher.

Elle se met à me décrire son plan, et j’essaie de figurer dans ma tête comment ça pourrait bien fonctionner. Qu’est-ce que les vapeurs allaient faire exactement? Les rassembler, oui, mais comment? C’était un genre de phéromone? Comment allait-elle faire pour viser les crabolets en particulier, comment éviter que la potion ne fasse effet sur moi par exemple?

-Donc, rassembler les crabolets avec les vapeurs – qui vont faire quoi exactement? Histoire de ne pas jouer avec quelque chose dont j’ignore tout… Sinon, rassembler les crabolets et diriger les villageois vers l’église. J’imagine que je peux faire ça oui, j’ai pas envie de me retrouver défigurée.

Oups, en espérant qu’elle prenne l’allusion à la défiguration par rapport à la malédiction des crapauds plutôt qu’à ma peur des autres sorcières. Je n’aime toujours pas les femmes que je ne connais pas, mais la peur des conséquences l’emporte sur le traumatisme. Surtout qu’à voir son regard, elle avait l’.air décidée et je ne voulais surtout pas me mettre dans son chemin. Pour l’instant, il est plus dans mon intérêt de l’aider que de m’enfuir alors je vais accepter… Un regard d’adolescente découragée et un soupir plus tard, alors j’allais le faire.

Avec la tâche à faire, il me fallait absolument me lier à une poupée. La matrone allait être parfaite pour la tâche, pas grand monde qui refuse quelque chose à cette dame qui dégage une aura d’autorité. Alors, sans y penser à deux fois, pendant qu’elle préparait la concoction, je me précipitai dans l’arrière-boutique où mon coffre de cèdre m’attendait, le symbole de plus tôt toujours humide sur le bois de cèdre odorant. L’ouvrant, mon cœur se serre quelques instants alors que je vois la moitié du polyglotte toujours mutilé et attrape le corps sans vie d’une petite poupée portant un tablier crème sur une robe bleu. Sa chevelure brune était tressée et roulée en toque, à la demande de l’âme qui était prisonnière de la poupée. Les compromis, c’est important pour l’entente à long terme…

Piquant mon doigt, je déposai une goutte de sang sur les lèvres brodées et récité une petite formule pour réveiller l’âme ensommeillée. Comme lorsqu’on ouvre une porte sur une tempête de neige, ma poitrine se compressa et je perds mon souffle l’espace d’un moment. Je sens sa présence dans ma tête, qui grandit et qui prends compte de la situation. Une bordée de jurons me fait sourire, et je sens sa confiance et sa force couler dans mes veines et faisant battre mon cœur d’un pouls plus fort.

Au milieu de la pièce, les poings sur les hanches et une bosse déformant le côté de ma jupe où se trouve la matrone, mon énergie vient de changer radicalement. Là où j’étais suspicieuse et acerbe, je suis maintenant sûre de moi et en pleine possession de mes moyens… Ouch, saleté de matrone, range ta cuillère de bois imaginaire ou arrête de me frapper avec!

Je la sens grogner à l’intérieur de ma tête et je décide de l’ignorer, mais je carre mes épaules pour me préparer à d’éventuels coups de cuillère. Ça doit être son instrument de torture préféré, mais il faudrait que je me raffermisse avec elle, elle prend trop de places et se croit trop de choses permise dans ma tête… Aïeux! Oui, c’est bon, j’ai compris, garde ta cuillère, saleté de vieille truie… Oups, j’aurais pas dus dire ça… Ignorant ses insultes, je prends l’autre moitié des linges et des allumettes et je me mets à courir en lançant dans linges un peu au hasard. De sa grosse voix autoritaire, j’instruis les gens que je croise de se diriger vers l’église, qu’on allait s’occuper des crapauds, et lorsque je croise le forgeron du village en compagnie du menuisier, je leur demande d’organiser un bûcher au milieu du village, le plus vite possible. Un russe, lorsqu’il doit faire quelque chose, le fait, peu importe la horde de crapauds mutants qui infeste le village. Un hochement de tête sérieux plus tard, il pose sa main sur mon épaule l’espace d’un instant et me pousse sur le côté violemment.

Avec un cri de surprise, je me retrouve les quatre fers en l’air, et le forgeron en face du loup – Odin, je crois. Ça n’annonce rien de bon… Je sais que selon la petite noble, il est apprivoisé et tout, mais comment être certain qu’un loup pouvait être apprivoisé? Il s’agissait d’une bête sauvage et je sentais la matrone se raidir dans ma tête. Au moins elle ne se roulait pas en boule larmoyante, c’était déjà un bon début. Je me relève le plus vite que ma tête étourdie me le permet, retenant des larmes de douleur.

-Filipp, attends! Il est avec la noble, il n’est pas méchant…


D’un coup, ma vision s’obscurcit. La dernière chose que je vois avant de tomber dans les pommes, c’est le forgeron qui me regarde avec un air rudement inquiet et qui cours vers moi. Salopard, si tu voulais pas me faire mal, t’avais juste à pas me lancer sur le côté de la route comme ça… En espérant que ce que j’ai déjà allumé va être suffisant, ou que je vais être capable de me réveiller rapidement, parce que là….

Il fait noir.

(hrp - je me retrouve inconsciente quelques minutes et un groupe de crabolets continue de progresser dans le village... désolée, la chance n'était pas de mon côté aujourd'hui xD http://fantasmagorie.forumactif.org/t1439p510-lancer-de-des#27984)

Natasha Makarov
Revenir en haut Aller en bas
Vashka von Kursell
Invité
avatar
Vashka von Kursell
Jeu 23 Juil - 19:13
« Je ne laisserai personne vous faire du mal d’une quelconque manière ! »

J’avais compris les paroles dans le sens le plus évident qui soit. Si les villageois comptaient s’en prendre à elle, j’interviendrais il n’y avait pas même une question à se poser. Elle allait m’aider après tout, je lui devais au moins au minimum de protection et de sécurité pour se faire. Puis je tentai d’expliquer comment le sortilège fonctionnait, cela dit, j’omis volontiers de mentionner qu’en général, cela ne fonctionnait que sur des gens comme nous. Des humains en soit.

« Cette potion est un très puissant filtre d’amour. Il réunira par tous les moyens les cibles que j’indiquerai à condition d’avoir un lien avec elles, dans ce cas, le sang que j’ai sous ma botte. Les phéromones les assailliront un moment, les paralysant temporairement avant qu’ils ne pensent plus pendant ces quelques minutes qu’à s’accoupler. »

Autant dire que sur deux humains, il s’agissait ni plus ni moins d’un coup de foudre instantané suivit d’un violent désir d’union charnelle. En d’autres circonstances, ce sort permettait aussi d’assurer la fidélité des deux parties, du moins pour un certain temps. Je n’avais heureusement pas à m’encombrer de telles complications, la complexité du sort par la nature animal des cibles et leur nombre anormalement élevé constituaient à eux seuls des entraves que je devais à tout prix briser pour atteindre la finalité désirée.

Je partis devant, attendant d’être assez éloignée de la boutique avant de répandre de manière aléatoire les bombes aphrodisiaques dans ma moitié du village. Je sentais une pression énorme d’accumuler sur mes épaules mais je devais tenir bon, j’avais presque terminé que des bruits attirèrent mon attention, des crapauds se trouvaient non loin, visiblement indemnes. La fumée n’avait pas dû les toucher, ils ne seraient donc pas figés comme les autres le temps de réciter la formule. Une seule chose pouvait alors fonctionner.

« Odin ! Attaque ! »

L’ordre d’attaque. Je savais que même devant un gibier sanguinolent, il viendrait à moi pour mirer la cible et ne la lâcher que lorsqu’elle serait soit morte ou que je lui en donne à nouveau l’ordre. En l’occurrence, il s’agissait ici de neutraliser les crabolets qui avaient passés au centre du village et qui se dirigeaient dangereusement droit sur l’église. J’avais besoin de gagner du temps mais la soudaine vision de la femme aux poupées allongée par terre me fit m’affoler et courir vers elle sans réfléchir.

« Non ce n’est pas possible ! Non non ! Vous ne pouvez pas… revenez… revenez à moi ! »

Oui parce qu’évidemment je dramatisais tout depuis le début de cette rencontre. D’abord une simple mise en garde d’un esprit dérangé était devenue une menace d’épidémie à échelle du pays. Et un…corps ? Devenu mort… ? Allons ressaisis-toi ! Ne laisse pas tes émotions t’emporter dans des exagérations qui feront que tu perdras le contrôle de la situation. Ce n’était pas le temps ! Je posais plutôt ma tête contre sa poitrine, tendant une oreille avant de lâche un soupir de soulagement. Voilà, elle n’était pas morte, seulement évanouit.

J’avais pourtant besoin d’elle, ne serait-ce que pour doubler la puissance du sort dont j’ignorais toujours s’il fonctionnerait ou non comme prévu. Je tapotai ses joues, sa tête sur mes genoux, perpendiculairement à ma position assise et son oreille contre mon ventre. Je ne réfléchis qu’à ce moment à ma propre situation. Je portais un enfant, ces sentiments décuplés ne venaient-ils pas de ce désir, inconscient, à vouloir le protéger ? Cet énervement frôlant l’hystérie était-il de son fait ? Je n’en aurais pas été surprise en fin de compte.

J’inspirai lentement, amenant à moi sérénité et calme tout en veillant au réveil de ma compagne mais le temps pressait et je devais commencer.


« Par les puissances rouges de l’Amour et du Sang, en cette heure d’amour, par ce jour heureux, entendez mes prières. De cette huile sacrée qui leur est destinée, de cette fumée volage qui embaumera leur esprit, faites que ceux à qui elles sont destinées se retrouvent enfin. Par ce sang qui est le leur, qu’ils s’unissent pour la vie. »

Des paroles presque banales qui me parurent bien futiles face à l’étendue des dégâts. Un groupe de crabolets se dirigeait droit sur l’église, semblant intouchés par la fumée, entre mes mains, la tête de ma sœur-sorcière semblait tout juste sur le point de s’éveiller et malgré les sprints et les crocs acérés de mon loup, la menace planait toujours…jusqu’à ce que la fumée ne prenne un ton plus foncé. Celui d’un rouge sombre, profond. Le rouge de l’Amour. Le sort fonctionnait !

Un rire m’échappa alors que peut-être, je serrais un peu trop fort la tête contre moi, secouée par l’émotion, la joie d’avoir réussit mais aussi la fierté doublée de cette peur sourde qui se refusait pourtant à me quitter. Quelque chose n’allait pas ? Oh mais bien sur ! C’était une chose de les avoir rassemblé mais encore fallait que le bûcher soit prêt. Que nous puissions réellement les anéantir. Des paroles, des pensées qui m’effrayèrent encore plus alors que j’hésitais à abandonner ma compagne pour prêter mains fortes aux hommes non loin de là. Je posai sa tête sur un morceau de tissu non imbibé avant de relever mes jupes pour aller à leur rencontre, notant au passage que les crabolets croassaient en cœur, s’approchant à petit bonds en se rassemblant comme prévu au centre du village en détournant leur attention des humains réfugiés, tout près de nous… Trop près de nous…

Une allumette craqua et ce n’est alors que je remarquai enfin les regards posés sur moi. Particulièrement celui de l’homme qui avait secourut la couturière. J’eus un moment d’hésitation, avais-je fais quelque chose ? Et puis soudain… Mais que devait-il penser de moi aussi ? J’avais tout simplement récité la formule de mon sortilège devant ses yeux ! À ses oreilles ! Mais quelle inconsciente j’étais… Pourvu que l’autre se réveille et me sorte de ce pétrin ou je finirais bien avec ces crapauds en brochette pour le repas du soir !
Vashka von Kursell
Revenir en haut Aller en bas
Narrateur
Conteur d'histoires
avatar
Lun 28 Sep - 13:54

Les villageois, armés d'allumettes et de torches, se ruèrent sur les crabolets. Les croassements joyeux de parades nuptiales se muèrent en croassements étranglés -les cris de suppliciés jetés au bucher. Un villageois se fendit d'un trait d'humour, proposant qu'on use des crabolets grillés pour accompagner le repas de ce soir.

La fumée dissipée, l'odeur du crabolet grillé demeura longtemps dans l'atmosphère. Natasha fut ramenée dans sa demeure, veillée par le médecin du village. Quant à Vashka, les villageois la remercièrent de son aide. En ce pays où la magie était acceptée, on ne brûlait pas la sorcière. La Russe eut même droit à quelques questions au sujet de sa magie qui intriguait nombre de jeunes filles. Qui dit magie d'amour, dit philtre, et le villageois comportait nombre de jouvencelles cherchant l'amour !

En définitive, il y eut plus de peur que de mal. Natasha se remit de ses émotions, promptement. Quant à Vashka, son nom se propagea à la suite de cette aventure.

RP clos


© Avatar par Nougat. Compte PNJ, merci de ne pas envoyer de MP.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Contes Défaits :: L'Europe :: Russie-
Sauter vers: