Ultimatum ; Au bout du chemin d'une vie [Avril de l'an 05]

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Vashka von Kursell
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Vashka von Kursell
Sam 13 Juin - 21:39


Ultimatum ; Au bout du chemin d’une vie
avec
Nikolas Klaus

-Début Avril de l’an 05-
Scandinavie – Sur une route effacée au Nord du pays

Un désert immaculé. Le vent des tempêtes soufflant depuis la veille déjà et tous rentrés à l’abri dans l’attente que la colère de la Mère s’en soit allée. Des bourrasques aussi fortes que des torrents de printemps, le vent glacial et mordant d’une pluie de larmes gelées. La neige glacée, crissant sous les pieds et s’étendant à perpétuité. La Scandinavie, terre de magie camouflée et de mort au Nord pour les aventuriers. La nuit tombée, aucun espoir de s’y retrouver, chaque être balayé, lavé de tout passé, de tout péché car tous égaux dans l’immensité enneigé. Terre de désolation, de jugement et d’acceptation car face à l’hiver il n’y a que soit sur qui se reposer, sur qui compter. Soit et sa bonne fée, si seulement elle daigne se montrer.

Un vent enneigé. C’est la seule chose que je voyais depuis que j’avais repris ma route. La veille encore, j’aurais sans doute consentit à rebrousser chemin, à entendre raison sur cette folie qui avait accaparé mon esprit et refusait à l’en libérer tant qu’elle ne serait pas exhaussée. Un périple aveugle et irréfléchi dans lequel je me lançais, espérant surtout y sauver ma vie ! Ces hommes l’avaient bien dit. Ceux qui avaient eu pitié de la Dame grisonnante qui s’était présentée à eux pour un lit à louer avant de repartir, encore plus au Nord. Ils avaient mainte fois répétés qu’il était fort imprudent de se lancer dans une telle aventure même pour un chasseur avisé. L’arc, les flèches et la présence d’Odin étaient quand même parvenus à les faire douter.

Certes, mon visage n’était plus aussi engageant et serein qu’il aurait pu l’être une semaine avant. La vérité ? Je vieillissais, et mes traits en portaient l’emprunte indescriptible de la jeune femme figée dans le corps d’une Dame respectable ayant perdu la raison. Pour preuve, qui aurait quitté son foyer en Russie pour vouloir marcher sur les terres de Scandinavie à la recherche de la moindre trace de magie. Sans guide ni autre renseignement qu’un vieux grimoire à demi effacé dont les dessins de plaines blanches ressemblaient à toute celles ayant déjà été croisées auparavant, autant dire que mes chances d’arriver à destination frôlait le nul. Je ne pouvais pourtant pas abandonner cette idée.

Plus que jamais, ma vie en dépendait. Et loin de ces excuses faciles avec lesquelles je m’étais nombres fois tirée de situations embarrassantes, pour ne pas dire souvent déplacées, en usant des hommes à mon plaisir et à ma convenance. Cette fois, le temps était compté. J’avais choisi, non décidé, d’affronter ce mal qui me poussait à tant d’obscénité. Mon heure était venue et l’urgence de la situation se rappelait de plus en plus à moi à chaque pas. Dans ce froid, dans cette neige et ce vent, mon corps soufflait –non me criait- que j’avais bien largement abusé de mes étranges capacités et que je devais en terminer. Non que je ne puisse continuer à user des mâles alléchants qui croisaient ma route mais même à ce niveau là, mes désirs avaient également changés.

Après près de cinq années de débauche assumé, je désirais maturer, m’échapper de cet étiquette, de ce sortilège qui avait fait de moi celle que j’avais pris tant de plaisir à être et qui aujourd’hui me dégoûtait plus que tout. Pas que de mauvaises expériences, j’en avais eu –quelques-unes- de très agréables, voire même enrichissante sur ma nature de femme tout comme celle de sorcière mais il y avait un temps pour chaque chose et chaque chose en son temps. Maintenant, j’en étais passé à l’acceptation. Si le péché devait à jamais mener ma vie je choisissais d’y faire face, de le confronter. Si la magie avait régit ma vie jusque là, elle m’aiderait à y échapper. Plus d’homme jusqu’à savoir m’en passer, ou faire autrement, trouver de quoi les substituer. J’en avais fait le serment de ma vie.

Une vie qui arrivait pourtant au bout de son chemin. Au bout du chemin. Celui que j’avais suivit depuis les indications de l’aubergiste. La route du Nord. Celle-là même qu’apparemment, on n’empruntait pas, allez savoir pourquoi d’ailleurs, mais quelque chose me disait que c’était là et seulement là que je devais me rendre. Qu’allais-je y trouver ? Seule ma bonne étoile le savait. Étoile ou bonne fée remarquez car dans un tel pays, qui savait sur quoi je pouvais tomber. Et à ce propos…

Jamais un tel voyage n’aurait été envisageable sans mon fidèle compagnon et il parvint même à faire ressentir un serrement à mon cœur gelé. Odin mon loup. Mon meilleur ami, mon frère, mon fils. S’il n’avait pas été là pour me relever, j’en serais encore aux premiers mètres de neige calleuse que j’avais rencontrée. Si seulement cela avait suffit à me faire oublier le tiraillement incessant dans mes genoux et mes pieds pourtant bien protégés. J’avais mis à profit les coffres bien garnit de la famille et minutieusement sélectionné bottes, pantalon et manteau long de fourrures diverses et variées. Qu’importait l’allure que cela prenait comme de toute façon, seule la Mère dans toute son immensité me verrait progresser en son sein le plus aride et froid. Aussi froid que le corps qui me portait difficilement de l’avant, les jambes transies par la brise qui les faucha. À la recherche de quelque chose…quelque chose que je commençais sincèrement à douter un jour trouver.


Un désert immaculé. Le vent des tempêtes soufflant depuis la veille déjà et une seule sortie dans la colère de la Mère. Le vent glacial et mordant recouvrant les larmes gelées du visage d’une Dame sage. La neige glacée, crissant sous le poids d’un corps écroulé dont l’écho retentit dans l’immensité s’étendant à perpétuité. La Scandinavie, terre de magie recherchée et de mort au Nord pour les âmes désespérées. Lavé d’un passé de péchés trop enflammés, maintenant gardé au berceau de l’éternelle terre gelée. Le jugement est passé. L’acceptation donnée. Le soir arrivé, aucun espoir d’y être retrouvé. Cette nuit, un corps est tombé, une vie sera volée comme l’écharpe arrachée que le loup n’a pu rattraper, emporté au loin par la brise enneigée et le hurlement d’un animal déchiré résonnant jusqu'aux branches de la forêt enchantée. Rien, ni personne sur qui compter sinon une bonne fée qui par-là aurait passée…
Vashka von Kursell
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Nikolas Klaus
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Lun 15 Juin - 1:08

Nikolas était revenu depuis peu en Scandinave ou, plus précisément, dans son orphelinat. Il avait une idée précise de son futur, de ses projets. Son expérience avec Emerald ne l'avait pas laissé indemne, ni mentalement, ni physiquement. D'ailleurs il en avait perdu la main gauche, ce qui ne l'aidait pas pour ses sculptures de bois. Grâce à son don de manipulation du bois il s’était sculpté une main de bois, pendant qu'il traversait les pays à pied, loin des transports mécaniques depuis sa fuite d'Emerald, tout ça pour ne pas effrayer les enfants. Cette main gauche de bois, à qui il donna le don de revêtir une apparence de peau humaine. Tout cela associé à son pouvoir de manipulation de bois donnait l'illusion d'une vraie main, mais qui n'avait en aucun cas le côté pratique d'une vraie main.

Mais la première chose à faire, avant même d'aller voir comment allaient les enfants, c’était de se rendre dans le jardin, où le plus grand sapin de la région se trouvait. Sapin on ne peut plus cher aux yeux de Nikolas. La fée y déposa deux roses de bois, peintes de rouge et de vert. Nikolas se laissa tomber à genoux pensant encore une fois au passé funeste qu'il avait laissé derrière lui.

Mais le recueil fut de court terme. En effet les enfants avaient appris le retour de leur « père » et sautèrent en direction de l'homme, le plaquant au sol avec une dizaine d'enfants autour de lui qui montraient à quel point le retour de Nikolas était si attendu. Ils lui demandèrent de lui raconter son voyage, ce qu'il avait vu. La joie des enfants fit apparaître des larmes de joie et un grand sourire joyeux sur le visage de l'homme.

– Je suis revenu les enfants. Et je vous raconterais tout cela se soir avant d'aller dormir. Mais seulement si vous avez été sage pendant mon absence.

Enfin il éviterait de raconter son passage dans la cité volante. Il ne voulait pas mentir aux enfants. Mais son enfermement à tort, les enfants n'avaient pas à le savoir. Ils seraient capable d’être tristes pour lui et cela il ne le voulait pas/ Rien ne devait gâcher la joie des retrouvailles avec tous les enfants.

Nikolas se releva tout en regardant le sapin et les deux roses posées à son pied, pensant à « elles ». Mais il devait aller de l'avant pour les enfants, pour leur joie de vivre, pour leurs futurs.

– Allez les enfants. On vas tous aller boire un chocolat bien chaud.

L'homme tint sa promesse et, le soir avant d'aller au lit avec un verre de lait pour tout le monde, Nikolas raconta les choses qu'il avait pu voir dans les différents pays, décrivant les paysages magiques des pays qu'il avait pu visiter, comme l’Autriche-Hongrie qui a un certain goût pour la beauté des paysages. Mais aussi de l'Italie qui était un pays très riche en culture, bien que quelque peu enfermé dans ses croyances. Nikolas raconta aussi ce qu'il avait vu de la France, de ce pays qui avait dormi pendant cent ans, et qui avait une beauté qu'on pouvait qualifier de perdue.

Les yeux des enfants brillaient de mille feux-follets, comme si le Père Noël leur contait milles et un contes, sortis d'un livre. Mais il était l’heure d'aller dormir. Bien que les enfants réclamaient plus, il leur fit comprendre qu'ils auraient la suite demain, seulement s'ils étaient sages. Tous les enfants approchèrent de l'homme en même temps, voulant un câlin. Nikolas sentit que les enfants ne voulaient plus qu'il parte aussi longtemps. Leur amour envers l'homme lui fit prendre conscience à quel point son absence avait du être dur pour eux. Mais il resterait auprès d'eux, il n’était pas prévu qu'il reparte de sitôt.


Les jours passèrent. Nikolas ne dormait que très peu. La journée il passait du temps avec les enfants. La nuit, il travaillait sur son idée de l’amélioration de la magie. La technologie était trop présente dans ce monde et la magie était de plus en plus reléguée au second plan. Il fallait, dans un premier temps, pouvoir se défendre correctement contre cette technologie pour ensuite la remplacer. Il y passait ses nuits entières à travailler là-dessus.

Mais en ce dimanche, le climat était plutôt rude. Les enfants devaient rester dans l'orphelinat. Nikolas avait décidé, en ce jour, de profiter pour aller se ressourcer en magie dans les bois magiques de Scandinavie. Cela ne lui ferait pas de mal de se relier un instant avec la nature. Bien que le temps était peu clément Nikolas, à son habitude, sortit dehors en chemise verte, les manches remontées jusqu'aux coudes.

En chemin le temps se gâtait, mais la fée fit avec. Il avait besoin de se sentir à nouveau proche de la nature et rien ne l’empêcherait d'aller accomplir sa méditation au cœur de la foret. Une heure de marche plus tard il était en son centre. Il était arrivé à la source magique de la foret. Nikolas tendit son unique main de chair en direction de la source pour établir un lien plus profond avec la foret, pour ne faire mentalement plus qu'un avec elle. Mais la concentration de l'homme fut perturbée par les cris d'un loup, un cri de détresse, Nikolas pensa même reconnaître les cris d'un loup mâle. Avec le temps qu'il y avait, peut être l'animal s’était blessé.

Nikolas se résigna à arrêter son retour aux sources avec la nature, pour aller voir si l'animal n'avait rien de grave. L'homme courut aussi vite qu'il pouvait. Les cris étaient en dehors de la foret. Nikolas, sans hésiter une seconde, quitta la foret, ne pensant qu'à l'animal qui hurlait depuis plusieurs minutes.

Nikolas apercevait au loin une forme animale, avec quelque chose à côté de lui, recouvert de neige. Sa louve blessée ? Auprès de laquelle il restait, impuissant ? Nikolas approcha près du loup et de la forme recouverte de neige. Mais quand Nikolas arriva à quelque pas de l'animal celui-ci changea de comportement, montrant les crocs et se rapprochant de la silhouette qui semblait bien trop grosse pour être une louve.

Nikolas jeta un coup d’œil rapide. Le loup était à côté d'une humaine. Il se demanda bien pourquoi le loup gardait le corps d'une humaine. Un loup de compagnie ? Mais le temps n’était pas aux questions. Si cette personne restait comme ça dans la neige elle finirait par y rendre son dernier souffle. L'homme regarda l'animal droit dans les yeux, communiquant uniquement par le regard. Non pas par un échange de dominant/dominé, mais plutôt par un échange compatissant.

L’homme ou l'animal, l'animal ou l'homme. C'est finalement l'homme qui bougea en premier. Nikolas avança doucement sa main, vers le corps inanimé. Mais le loup continua à montrer les crocs. Nikolas changea d'approche, et avança sa main vers le loup, plus précisément vers sa truffe, pour partager un premier contact.

Bien que méfiant le loup se mit à sentir la fée. Sentant qu'il ne voulait aucun mal ni à lui, ni à sa propriétaire, et qu'il était de nature magique, le loup donna un coup de truffe pour faire passer la main de l'homme sur la tête de l'animal en signe de soumission à ce dernier. Après une brève caresse à l'animal, Nikolas se précipita vers la femme, qui commençait à avoir la peau qui changeait de couleur, atteint par le froid.

Le loup poussa un petit couinement. Nikolas regarda la bête et la rassura en prenant sa maîtresse dans ses bras, comme on porterait une mariée. Qui avait d'ailleurs des habits qu'il jugeait de mauvais goût. De la fourrure, il détestait ça. Mais la vie d'une personne était plus importante que ce détail. Nikolas hésita à amener la femme jusqu'à l’orphelinat, mais il était loin d'ici et il fallait réchauffer le corps de la femme au plus vite. Nikolas se rappela d'un refuge non loin d'ici.

– Suis-moi le loup. On va aider ta maîtresse.

Nikolas avança au plus vite, accompagné du loup jusqu'au dit abri. Il posa la femme contre le mur, courant dans la chambre pour prendre le matelas du lit et le mettre devant la cheminée. Il y déposa la femme avec une grosse couverture, pour ensuite allumer le feu dans la cheminée.

La salle se réchauffa plutôt rapidement. Nikolas ne pouvait décemment pas laisser une femme sur un matelas à même le sol. Il prit quelques secondes pour se concentrer avant de créer grossièrement, sous le matelas, un sommier de bois qui surélevait la femme. Le loup regarda Nikolas d'un air triste.

L'homme comprit et, d'un geste de la main, autorisa l'animal à monter sur le lit d’appoint, où il s’installa aux pieds de sa maîtresse.

Quant à la fée, après avoir fait le tour de la cuisine, trouva ce qu'il cherchait : de quoi faire un chocolat chaud avec feuilles de menthe. Cela aiderait sûrement la femme à se sentir mieux à son réveil, car le chocolat soigne tous les maux.
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Vashka von Kursell
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Vashka von Kursell
Mer 17 Juin - 5:01
On nous mentait. Depuis le tout début. Beaucoup disait qu’à la mort arrivée, notre corps devenait aussi léger que l’esprit, communiant presque avec la nature, l’essence même du monde. Que nos souvenirs les plus chers refaisaient surface, comme une rédemption à la douleur de la vie mortelle pour une promesse d’un monde meilleur. Que la lumière était, vive et douce à la fois, vous emplissant de chaleur et… Tout cela n’était que des mensonges. Moi, je n’avais pas chaud, bien au contraire. Je n’aurais jamais cru possible de ressentir une telle froideur pour une femme ayant grandit en Russie ! Et le noir. Ce noir immense, inquiétant, vide. Comme pouvait-on se sentir apaisé dans tout cela ? Je ne l’étais pas mais qui sait si je le serais encore un jour à rester ainsi exposée à la fureur de la Mère. Je n’y songeais pas. J’avais sommeil. Et ce noir… Ce froid… Je ne ressentais plus que cela.

Un loup docile et un homme sauvage. La nature elle-même se contredisait de laisser ces deux êtres un jour se rencontrer. Chacune des facettes d’évolution de sa propre souche, l’homme animal, l’animal civilisé. Le respect de chacun, la reconnaissance, la considération de leur vie respective les avait unis. Le loup restait sauvage et pour protéger son Alpha, rien n’était trop imposant. Sauf peut-être cet homme. Un peu comme lui, sauvage, libéré et pourtant loyal. Fidèle à son espèce et âme charitable, prévenante, à vouloir secourir son Alpha. Ce qu’il le laisse faire, de toute manière, pour lui comme pour elle, rester dans cette tempête n’engageait rien de bon, autant suivre l’autre deux pattes et attendre.

Un abri plus tard, il peut enfin revenir contre elle, la tête couchée entre ses pattes à suivre de ses pupilles bleues les aller-et-venues de l’humain dont il renifle parfois l’odeur. Non pas comme les autres. Pas juste un deux pattes. Quelque chose comme l’Alpha. Quelque chose qui lui rappelait… Un mouvement attira son attention, l’Alpha bougeait dans son sommeil froid comme la neige. Une chance ! Elle n’allait pas dormir toutes ces nuits jusqu’à ce que lui aussi doive dormir dans le froid sans fin sans plus bouger. Non, ça n’arriverait pas. Pas avec ce deux pattes. Il ne les laisserait pas dormir pour toujours, il le savait. Il sentait ces choses et comme si la menace avait soudain disparut, il garda la tête levée, alerte et attentif. Pas question de quitter l’Alpha mais il regardait, il reniflait. Et ce qu’il sentit lui tira un glapissement, presque un jappement joyeux alors que sa queue touffue balayait légèrement la couette et les mains de l’inconsciente.
Cette odeur, celle du froid mais pas le froid dur.
Le froid du vent du temps où les femelles sentaient bons. Ou quand le poil était mouillé d’avoir nagé dans la rivière quand il fallait chasser.
Ce froid, le bon, celui de l’herbe que le deux pattes tenait et qu’il arrivait de mâchonner un peu avant que l’Alpha lui dise d’arrêter pour le garder pour elle !


Le fumet d’une infusion, la chaleur réconfortante ou une présence familière ? Était-ce seulement l’un de ces facteurs ou l’entêtement à vivre –du moins jusqu’à avoir eu sa chance de changer sa situation- qui tira finalement la Russe congelée de son engourdissement mortel.

Le froid se dissipait. Quelque chose…me tirait de ce sommeil trop profond pour être naturel. Des odeurs, le crépitement de bûches léchées de flamme. Étais-je de retour chez moi ? Avais-je seulement rêvé toute cette aventure ? J’étais sur un lit, Odin à mes pieds…Odin…

« Ass.., …sez, voulus-je lui intimer mais ma gorge sèche s’éraya alors que la langue joyeuse de mon compagnon continuait de me manifester tout son amour…baveux. »

Je ne pus terminer, comme il me fut difficile de reconnaitre ce plafond au dessus de ma tête. Quelque chose clochait et alors que je parvenais enfin à écarter le loup avec toutes les forces qui me restaient…je ne pus reconnaitre les lieux. À mon grand désarrois et une panique vive qui m’emplit.


« Où…suis-j… ? »

Quelqu’un était là. Je ne pouvais pas encore le voir mais je le savais, je sentais sa présence, comme une ombre dans e coin d’une pièce. Ami ou ennemi ? Ça, je ne pouvais l’affirmer. Pas plus que savoir s’il était mon sauveur ou mon bourreau ? Je bougeais mes doigts, faisant à nouveau circuler le sang dans les extrémités de mon corps avant de tendre le cou, jetant un œil à l’intérieur. Un homme. C’est tout ce que je voyais. Mais lui…que voyait-il en réalité ? La jeune femme que je n’étais plus ? Ou la Dame ridée aux cheveux blanchissant et au regard étrangement jeune ?

Mes muscles endoloris par la tétanie passagère se réveillaient lentement, me permettant cette fois e tendre les bras, tenter de me relever. Si Odin ne bronchait pas et restait assis –presque sur moi d’ailleurs- pourquoi avais-je à m’inquiéter de l’identité de cet homme ? Si lui n’y voyait pas de menace, je devais être tranquille non ? Mes idées étaient toujours embrouillées mais j’étais reconnaissante d’encore porter mes vêtements et plus important encore, d’être à l’intérieur. Mon regard se tourne automatiquement vers le petit foyer d’où la chaleur se diffusait dans la maisonnée. Une seule chose me vint alors à l’esprit.


« Merci… »

Pour quoi ? De tout ? La réponse me semblait évidente et tout le reste tellement superflus que je me tus. Regardant simplement ces flammes qui dansaient, comme aspirant mes tourments, ne laissant qu’un vide. Un vide qu’il faudrait pourtant combler. De questions, de réponses mais pour l’instant. Juste rester là, à assister au ballet enflammé en caressant mon loup. Le reste viendrait bien assez vite. Oui voilà. Ma fin viendrait bien assez tôt.
Vashka von Kursell
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Nikolas Klaus
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Ven 19 Juin - 15:01

Nikolas était dans la cuisine en train de faire les deux chocolats chauds à la menthe, ainsi qu'une gamelle de viande crue pour le loup. À supposer que les loups domestiques mangeaient ce genre de chose. L'idée même de domestiquer un loup sauvage ne lui avait jamais traversé l’esprit.

Nikolas, qui avait fini ses préparations, entendit un petit couinement venant du loup. La femme s’était-elle réveillée ? Un faible mot qu'il ne pouvait comprendre vu la distance qui les séparait.
La fée regarda tout autour de lui pour finalement trouver un rouleau à pâtisserie en bois. Nikolas l'attrapa pour poser sa main dessus. En quelques secondes le rouleau était devenu plat et rond. Cela lui servirait de plateau, sur lequel il plaça les deux tasses, qu'il amena avec la gamelle pour le loup.

Nikolas arriva dans le salon où le lit de fortune était installé près du feu, où il vit une main posée sur la tête du loup. En arrivant près du lit, Nikolas posa la gamelle au pied de celui-ci en adressant quelques mots à la rescapée.

– Bonjour mademoiselle. Après tout ce n'est pas parce qu'une femme avait l'apparence d'une dame de la quarantaine, qu'elle n’était pas forcement une demoiselle. Je m’appelle Nikolas Klaus. Enchanté de vous rencontrer. Bien que sans votre loup cette rencontre n'aurait pu avoir lieu, et je crains même que vous n'auriez pu survivre. Vous lui devez la vie.

Nikolas posa le plateau sur le sol, non loin du visage blanc de la femme.

– Je vous ai retrouvé à peine vivante, évanouie dans la neige. Dans l'urgence je me suis permis de vous porter jusqu'à ce chalet. Où j'ai pris soin de vous poser près de ce feu, et de vous préparer un chocolat chaud à la menthe, et de préparer à votre courageux loup de la viande crue. J'aimerais bien savoir ce qu'une si noble personne, et ravissante demoiselle, faisait dehors avec une pareille tempête. Mais cela doit attendre que vous vous sentiez mieux

Nikolas but une gorgé de chocolat à la menthe, pour prouver de la sorte qu'aucune drogue, ou produit bizarre, pourrait avoir été mis dans la boisson. Après tout ils étaient deux inconnus qui ne se connaissaient pas. Et elle était en droit de croire tout ce qui lui passerait par la tête. Mais la santé de la demoiselle était actuellement la seule préoccupation qui accaparait toutes ses pensés.

– Je dois vous avouer que, loin de moi d'avoir de mauvaises attentions, mais vos vêtements étaient très humides à causse de la neige. Je me suis permis grâce à un sort de les rendre imperméables, du moins de l’extérieur. Mais je doute que le mieux pour vous et de rester avec de tels vêtements humides à l’intérieur. Votre santé et votre rétablissement sont prioritaires. A votre chevet y est déposé des vêtements. Moins noble que les vôtres, vous m'en voyez désolé. Mais ils seront plus saints pour votre corps. Mais si vous préférez rester vêtue ainsi, près du feu cela séchera peut-être dans quelques temps sur vous. Mais soyez sans crainte. Je changerais de pièce si vous désirez être plus au sec, mademoiselle ?

Elle verrait peut-être dans le comportement de l'homme une quelconque envie de bas étage. Mais il n’en était rien. Nikolas pensait uniquement, et vraiment, à la santé de cette demoiselle. Et aussi sur le motif de cette sortie suicidaire, car tout le monde ne résistait pas au froid comme lui.
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Vashka von Kursell
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Vashka von Kursell
Lun 22 Juin - 20:25
Un homme, un feu, un loup. Un nom aussi. Nikolas Klaus. Je ne le connaissais pas, à moins que ma mémoire me fasse déjà défaut, et écoutai donc les mots de bienvenues, les…remerciements ? pour Odin. Je n’étais pas certaine de comprendre, pas certaine de me souvenir précisément. Je marchais dans la neige puis, plus rien. Juste le noir et le froid. « Vous lui devez la vie. » Ces mots résonnèrent en moi comme un glas. J’avais vraiment faillis mourir alors. Le reste des paroles me parvint comme dans un brouillard. J’étais ici grâce à lui, grâce à eux plutôt, je leur devais à eux la vie.

La mention du breuvage chaud me tira temporairement de mes pensées embrouillées. Oui cette odeur m’était familière, elle me rappelait…


– Je dois vous avouer que, loin de moi d'avoir de mauvaises attentions, mais vos vêtements étaient très humides à causse de la neige. Je me suis permis grâce à un sort de les rendre imperméables, du moins de l’extérieur. Mais je doute…

La suite fut à nouveau coupée. Un sort ? Je dus écarquiller les yeux, de surprise mais de méfiance aussi. Cet homme connaissait donc la magie, mieux, il l’utilisait ! Tout compte fait, j’étais peut-être bien tombée dans ses bras pour une raison. Il était peut-être mon premier pas vers la rédemption. Et qui sait, peut-être aussi un prochain allié dans ma quête ? Je n’osais pas croire qu’il puisse vouloir prendre le titre de mentor mais s’il savait m’indiquer un endroit, une personne susceptible de m’aider dans mes difficultés…

« J’ignorais que les sorciers de vos terres vivaient aussi reclus de la civilisation. »

Il n’y avait là rien de reproche, ni même de jugement, j’avais moi aussi songé à un moment de me retirer plus au Nord du pays afin d’être en paix des rumeurs de la Cour devenues difficiles à supporter. Bien sur je ne l’avais pas fait, peu de temps après, j’avais été fait demandé par son Altesse et l’expérience c’était ainsi répété à quelques reprises, me plaçant parmi les rares privilégiés agréables à ma souveraine. Cela avait semblé me suffire à m’affirmer même si aujourd’hui, j’étais dans un tout autre combat.

Celui d’une très longue réflexion, d’une remise en question depuis le jour où j’en étais venue à ne même plus désirer d’homme pour ce qu’ils représentaient mais simplement pour me sauver. Un désenchantement certain de la vie, de son cours, de son but qui m’avait finalement mené à vouloir étudier, comprendre mon sort. Autant dire que la médecine ne m’avait été d’aucun recours alors pourquoi ne pas me tourner vers la source même de ce changement ? La magie. Et où était-on mieux placé pour en trouver que dans ce pays. J’avais trouvé. Non pas la réponse ultime aux troubles de ma vie quotidienne, ni même un possible moyen de les expérimenter au moins une fois en survivant à cette fin de mois vieillissante, mais j’avais trouvé un sorcier. C’était un bon début non ?

Enfin il fallait bien le voir ainsi pour se consoler du fait qu’étant un homme –et paroles à l’appuis !- il pensait à bien autre chose que parler magie. Et pourtant, je devais bien être vieille non ? En apparence du moins, quel intérêt avais-je à ses yeux alors ? Ce pourrait-il, que pour une fois, on s’intéresse vraiment à moi, physique en moins ? Je dévisageai l’homme un instant, comme s’il parlait soudain une autre langue. Les vêtements. Les vêtements ? Je louchai sur le pied du lit, là où Odin avait précisément son museau, reniflant les tissus à l’odeur inconnu. Ces vêtements. Se changer. Les porter. Voilà, ça commençait lentement à faire du sens et j’acquiesçai lentement sans confirmer à quelle proposition j’adhérais.


« Odin, guettes, dis-je à son oreille mais surement pas assez murmuré pour que ce ne soit pas entendu. »

Je n’en avais cure d’ailleurs que cela semble insultant pour cet homme qui c’était pourtant montré d’une bonté étonnante à mon égard, j’avais passé les dernières années à redouter les hommes autant que j’avais pu les désirer alors.


« Vous avez raison. J’aimerais me changer si vous le permettez… ? »

Ce à quoi je n’attendis pas vraiment de réponse avant de retirer le pantalon doublé de fourrure depuis le secret du dessous des draps, faisant glisser le tout hors du lit en frissonnant de froid. Oui, de toute évidence je devais faire vite. Mon corps plus faible qu’à la normale ne supporterait pas aussi longtemps le froid et je retirai finalement gant et écharpe pour poursuivre le défeuillage. Odin quitta le lit, comme si son esprit de mâle aussi avait été interpelé par la mise en garde et venant plutôt appuyer sa tête contre les jambes du nordique. En guise de réconfort ou pour le pousser à quitter la pièce ? À voir mais je ne m’en préoccupais plus. Je finis entièrement nue entre les draps mais pas pour très longtemps ! Le corps secouer de légères secousses, j’enfilai tant bien que mal les bas de laine épais, le pantalon duveteux et la chemise de lourd coton aux manches beaucoup trop amples.

Je devais certainement renvoyer l’image de la gamine habillée dans les vêtements de son père mais au moins j’avais chaud et je pris même la couette pour la jeter sur mes épaules après m’être assise, les jambes repliées et encerclés de mes bras maigrelets. J’avisais alors la boisson qui fumait encore. Une odeur sucrée, doublé de celle rafraichissante de menthe, je ne pouvais refuser et me levai donc pour prendre la tasse qui n’avait pas été touchée, la ramenant au lit pour en boire une gorgée avec un long soupir de satisfaction.


« Vous faites le remède comme elle, murmurais-je, plus pour moi-même que pour mon hôte même si une fois de plus, cela pouvait bien avoir été entendu. Elle disait que ce breuvage soignait tous les maux…toutes les peines. »

Cette même femme qui était la principale responsable des ceintures et gifles reçus tout au long de mon éducation. Cette même femme qui, au fond, m’avait aimé comme sa propre fille. Cela, je ne l’avais compris que trop tardivement mais le temps n’était pas aux souvenirs, plutôt au présent, au temps pressant. Je relevai mon regard vers l’homme qui devait être revenu comme j’étais désormais changée, je scrutais ses traits, son visage c’était…apaisant.

« C’est endroit est à vous ? Vous êtes…médecin pour parcourir ainsi les plaines enneigées ? À la recherche de jouvencelles en détresse, demandais-je, un brin ironique même si la reconnaissance qui devait se lire dans mes yeux n’était en rien feinte. »

Je ne fis d’ailleurs pas attention à l’emploi du «jouvencelles» étant donné que mon apparence physique devait ressembler à tout sauf cela… Ça m’avait échappé et il ne me vint pas plus à l’esprit de le corriger. Sans doute aurais-je du y prendre garde…
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Nikolas Klaus
Le Père Noël
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Mer 24 Juin - 14:54

« J’ignorais que les sorciers de vos terres vivaient aussi reclus de la civilisation. »

Nikolas fronça les sourcils. Le confondre avec un sorcier. Il ne détestait pas ces êtres qui usaient de la magie bien mieux que les humains. Mais il n'avait rien à voir avec ces copie de fées.

– Pas du tout. Ne me confondez pas avec ces individus qui utilisent grossièrement la magie. Je ne fait qu'un avec la magie et la nature. Je suis Nikolas Klaus, une fée. Et la magie et aussi vitale pour moi que de respirer.

Nikolas ne leva pas le ton, mais dit cela sur un léger ton agacé. C'est que, sans le vouloir, la demoiselle avait touché son ego de fée. Nikolas finit par sortir de la pièce, retournant dans la cuisine, caressent la tête du loup qui le suivait. Pour le surveiller peut être ? Nikolas le laissa faire. Il n'avait aucune mauvaise idée, et donc n'avait rien à craindre. Du moins c'est ce qu'il pensait.

Nikolas inspecta les placards pour voir ce qui pourrait être utile : farine, blé, raisins secs, et autres nourritures. Nikolas entendit la femme parler. Après avoir demandé si elle s'était changée, et avoir eu l'autorisation de revenir, l'homme retourna dans la pièce principale. Nikolas n'avait pas entendu exactement ce que la femme avait dit, mais cette dernière lui posa d'autres questions.

La fée prit une chaise qu'il posa à côté du lit pour répondre une à une aux questions.

– Ce lieu n’appartient à personne. Il sert d'abri aux personnes égarées. Ou qui en ont besoin. Comme vous, par exemple. Oh oh oh, je pourrais l’être avec les nombreux enfants que j'ai du soigner. Mais non. La magie offre beaucoup de possibilités quand on la maîtrise, même celle de soigner les gens. Pour ce qui est des jouvencelles, mademoiselle, tout est dans la tête. Même une charmante personne comme vous peut être une jouvencelle.

Nikolas but son fond de chocolat à la menthe, avant de regarder la femme dans les yeux. Nikolas avait vu quelque chose de particulier dans cette femme. Il y avait une autre chose à ajouter sur la liste des questions.

– Je crois que vous avez besoin de reprendre des forces. Voulez vous que je vous laisse vous reposer ? Ou peut être puis-je vous demander comment vous vous nommez. Il sera plus simple de parler ainsi. Et si vous avez besoin de quelque chose, demandez-moi. Je ferais tout pour vous être agréable. Mais j'y pense vous cherchiez peut être mon orphelinat ? Une envie d'un enfant ?

Nikolas essaya une pointe d'humour. Il avait du mal avec les adultes. Il était plus habitué à faire rire les enfants. Il fallait avant tout faire les présentations correctement. Il ne savait rien de la femme, pas même son nom. Et pour délier la langue de la demoiselle, Nikolas tendit la tasse de chocolat à la dame qu'il avait en face de lui.


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Vashka von Kursell
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Vashka von Kursell
Jeu 25 Juin - 20:13
Tomber sur un sorcier, sur quelqu’un qui connaisse la magie, qui l’exerçait certainement mieux que moi et donc plus susceptible de pouvoir m’aider dans ma quête était déjà une chance en soit selon moi, mais tomber sur une fée simplement susceptible et un brin trop assuré qui dénigrait en plus l’utilisation que faisait les sorciers de la magie…était-ce vraiment aussi chanceux ? Ce fut mon tour de froncer les sourcils en confrontant son regard.

« Vous ne semblez pas avoir une très haute opinion de ces gens, lâchais-je simplement. »

J’avais hésité à employer le «nous» mais m’étais révisé au dernier moment. Le comble serait d’être rejeté de cet abri en pleine tempête au dehors ! Je doutais que cet homme en soit capable pourtant, pas qu’il manquait de force ou même de courage il lui en avait fallu pour me cueillir au passage, mais s’il n’avait pas voulu s’encombrer d’une étrangère et des inconvénients possibles y étant reliés, il ne m’aurait pas sauvé si ? Bien, je n’avais pas non plus une indication « sorcière » sur le front mais si je pouvais éviter le sujet, ce serait déjà ça de gagné non ?

Autant rester concentrée sur l’essentiel, se changer avant tout, s’assurer qu’Odin avait de quoi manger et qu’il n’avait pas non plus trop froid. Quand Nikolas revint dans la pièce, une chaise au bord du lit désormais occupée, je me tournai vers lui, non sans respecter une certaine distance de « sécurité ». J’avais beau dire, je sentais mon corps faiblir et je n’étais plus tout à fait disposée à me défendre aussi vivement que j’aurais pu le faire en d’autres circonstances. Une fois de plus, je doutais qu’il ne me veuille aucun mal mais on n’était jamais assez prudent, surtout avec un homme. Quant à l’endroit où il m’avait amené, il m’apprit qu’aucun propriétaire ne semblait y être désigné. Un lieu de partage entre fée ? Pour leurs expéditions dans la forêt enchantées ? Je ne savais rien d’eux alors ce n’était pas impossible qu’en réalité, il ne s’agisse que de nomade avec un lien particulier les unissant à la magie et la nature. Et peut-être beaucoup avec la magie que je ne le pensais, n’en témoigne les dernières paroles de mon sauveur.


Même une charmante personne comme vous peut être une jouvencelle…

« Si seulement vous saviez à quel point vous visez juste…, ne puis-je m’empêcher d’ajouter avant de réaliser l’énormité de ce que je venais de dire. Je tentai de me reprendre, d’ajouter quelque chose. Je veux dire…il ne faut pas se fier aux apparences n’est-ce pas ? Pas avec moi du moins… »

Ça avait été plus fort que moi. Quelque part, un coin de ma conscience devait crier de toutes ses forces que cet homme, cette fée, était peut-être la première personne que je rencontrais et à qui je pouvais entièrement faire confiance. Un guide, même passager. Je me mue dans un silence soudain, donnant sans doute l’impression de me refermer bien qu’involontaire et il enchaina en ce sens, arguant que je devais être fatiguée. Ce n’était pas faux, je me sentais lasse, vraiment. Mais je ne pouvais abandonner, pas encore, pas alors que je n’avais pas vraiment commencé à me battre. Contre la magie, contre moi, ma mort et ma vie à la fois.

« Je suis sincèrement navrée, cette étourderie m’a fait perdre mes bonnes manières. Je me nomme Vashka. Vashka von Kursell. »

J’omis volontairement le titre qui aurait dû précéder. Pas que je me souvenais avoir vu un jour cet homme à la Cour de son Altesse mais sait-on jamais. J’aurais pu être traitée d’imposteur que je n’aurais eu aucun moyen de démentir les accusations. Je laissai donc mon simple nom qui, de toute façon, devait parler à lui seul. Lui par contre, Nikolas, parlait bien pour deux, démontrait des ambitions pour autant dirons-nous alors que seule la dernière phrase résonnait dans mon esprit.

Une envie d’un enfant ?

« Vous…voulez me… »

Je dus certainement le dévisager aussi franchement que s’il venait de m’annoncer que je portais déjà son enfant… D’accord, le froid me montait véritablement à la tête mais mon expression ne devait pas en être bien loin.

« On ne m’avait encore jamais proposé la chose sous cet angle, ne puis-je m’empêcher d’avouer, incertaine si je devais en rire ou m’en méfier. Et puis vous avez beau dire, vous m’avez bien regardé ? Je doute même d’encore arriver à vous faire… »

Voilà, pas la peine de terminer, c’était dit. Certes avec une crudité dont je ne me serais pas cru capable. Ou était-ce le ton, frôlant la violente ironie. Oui, si je vivais assez longtemps pour cela, je deviendrais certainement une vieille mégère, amère, pleurant sur sa jeunesse trop rapidement consumée. Sur toute cette débauche qui était quand même parvenu à me tirer quelques frissons dont je me souviendrais encore si j’avais été seule dans ce lit. Mais ce n’était pas le cas. Et cet homme…venait ni plus ni moins de me proposer de me faire un enfant n’est-ce pas ? J’eus un sourire, un peu triste.

« Pardonnez-moi je… Mes idées m’échappent. Je ne connais pas cet orphelinat, non. Pas d’enfant, s’il-vous-plaît. »

S’il-vous-plaît ? Étais-je vraiment en train de le supplier de ne pas me prendre ? Ça devait être le monde à l’envers et pourtant. Non, je ne voulais pas d’enfant. Enfin si mais…tout s’embrouillait, j’avais chaud. Non froid, ma peau me semblait moite et je frissonnais malgré la présence du feu juste à côté et de cette tasse que je serrais un peu trop fort entre mes mains tremblotantes. Je revoyais des images que moi seule pouvais voir, pouvais se souvenir…
Flashback

** Une culotte blanche. Encore. Deux lunes maintenant que je ne saignais plus. Deux lunes depuis mon voyage en Allemagne, depuis ma rencontre avec lui. Cet androïde aux cheveux aussi blanc que la neige. Celui qui avait maintenant son nom dans le carnet rouge. Comme celui d’après, d’ailleurs, dont j’avais déjà oublié l’identité. Un trop faible souvenir, pas même une nuit –mais bien protégée celle-là !- à la Cour même de son Altesse. Ce n’était pas lui, ça ne pouvait pas. J’avais été beaucoup trop minutieuse, beaucoup trop consciente aussi pour avoir pu laisser passer quelque chose d’aussi important. Et pourtant… Le mois touchait déjà à sa fin et j’étais presque soulagée d’en ressentir les douleurs au bas-ventre annonciatrices… Seulement ce ne fut pas pareil.
Tout était différent.

Je me revois encore, le souffle coupé dans ma baignoire par la douleur beaucoup trop importante, irrégulière pour être réellement normale alors que l’eau de la douche emportait le violacé de mes entrailles. Et puis, il y eut ça. Cette…chose qui s’échappa. Cette étincelle de vie qui s’en était allée. Je n’avais pas tout de suite réalisé. Même que je n’y aurais pas songé si une Duchesse de ma connaissance n’avait pas rencontré le même..incident. Une fausse couche. Certainement lié à la malédiction qui pesait sur mon corps. Vieillir en si peu de temps ne pouvait être compatible avec le don de vie. Celui que je n’aurais jamais. Celui qu’on m’avait refusé. **

J’avais fermé les yeux, de telles images ne devaient pas pouvoir être partagées, pas plus que les larmes retenues ne devaient être vues.

« Je n’ai jamais eu la…chance de pouvoir en avoir, concluais-je, la voix lourde de tout ce que cela avait impliqué pour moi de prononcer ces mots, de me les remémorer. »

Un enfant. Je n’en avais pas, je n’en aurais jamais mais je n’avais pas non plus fait mon deuil de cette idée. Je n’étais pas prête à grandir, à quelques jours de ma mort quelle ironie ! Non pas encore. Je voulais rester jeune, comme l’enfant que j’avais été autrefois. Comme la femme que j’étais encore au début du mois.
Vashka von Kursell
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Nikolas Klaus
Le Père Noël
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Sam 27 Juin - 1:43

« Vous ne semblez pas avoir une très haute opinion de ces gens »

– Je ne dirais pas ça de cette façon. Ce sont des êtres capable de manipuler la magie, dans de faibles performances comparées à nous, les fées, qui somment des êtres magiques. Nous somme les êtres vivants qui manipulons la magie à souhait. Car nous sommes la magie. Du coup être comparé à un sorcier est quelque peu dégradant, sans vouloir blesser ces personnes. C'est comme comparer un chaton à un loup.

Les paroles qui suivirent laissèrent Nikolas songeur. Elle était donc d'une nature trompeuse. Du moins de ce qu'elle lui faisait comprendre. Devait-il y voir là quelque chose, alors qu'elle disait que les apparences étaient trompeuses ? Oui, elles l'étaient souvent, trop souvent même. Mais elle insistait particulièrement sur son cas.

Nikolas était gêné. Il devait être aussi rouge qu'une boule de Noël. Il n'avait pas voulu proposer ce genre de choses. Il parlait de son orphelinat et des enfants qui ne demandaient qu'à avoir une mère aimante. Mais alors que Nikolas avait son visage cacher dans ses mains à cause de la honte qu'il ressentait, pour ce moment on ne peut plus embarrassant, il ne put s’empêcher de faire un petit commentaire quant à la façon dont la femme se dénigrait.

– Je suis désolé si mes propos ont pu porter confusion. Mais il ne s'agissait en rien de ce genre de proposition. Comme vous l'avez dit, il ne faut pas se fier aux apparences. Je vous dirais même que les apparences ne sont pas ce qui compte le plus. Si vous, comme moi, le désirions je ne doute pas que vous y arriverez. Mais la question n'est pas là.

Nikolas tendit à la femme des fruits secs, qui étaient dans la cuisine. Manger devrait l'aider à se remettre de toutes ses émotions. Surtout qu'elle avait eu un teint bien palot d'un coup à parler d'enfant.

– Je ne sais pas ce que vous avez vécu par le passé. Mais les enfants sont ce qui est le plus merveilleux. Même si il est dur pour une femme de supporter cette période d'incubation, je ne dis pas le contraire. Mais elles ont la chance de connaître le don de donner la vie. J'aurais aimé connaître cette sensation, aussi douloureuse soit-elle, au moins une fois. Mais je ne vous forcerais pas. Cela ne serait ni bon pour vous, ni pour l'enfant.

Mais la femme restait palote et éplorée. Pourtant le feu était vif et chauffait correctement la salle. Nikolas était perplexe. Est ce que le mal qui rongeait cette dame était vraiment physique, ou alors magique ?

Et là tout devint limpide dans la tête de la fée. Si cet état était du à une surexposition à la magie, ou même une malédiction, cela expliquerait certains sous-entendus. Nikolas fronça les sourcils. Il devait approfondir la chose. Mais comment le faire sans paraître bizarre.

– Dites-moi, vous insistez beaucoup sur votre apparence. J'en déduis que vous êtes bien plus jeune que votre apparence. Cela serait-il du à une quelconque magie, ou même d'une malédiction ?

A ce moment là Nikolas n'avait rien vu, ni ressenti. Cette magie, si c’était bien le cas, devait avoir était lancée par une personne puissante, ou avec un sentiment très profond et fort. Il n'avait comme piste que son intuition.

– Je ne veux pas paraître vulgaire ou vous mettre mal à l'aise. Ce n'est qu'une intuition suite à notre discussion, et aux symptômes que je peux voir. J'ai eu le malheur de voir bien de mauvaises magies, bien que rien de comparable aux catastrophes de la technologie. Et je pense que si la cause est magique je pourrais peut être vous aider. Je suis une fée après tout.

Il dit cela avec un grand sourire, comme pour rassurer la femme, et la voir afficher une mine quelque peu plus colorée. Car Nikolas était de plus en plus sûr de lui, et son intuition lui avait rarement fait défaut. S'il pouvait aider cette femme, il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour lui rendre le sourire.
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Vashka von Kursell
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Vashka von Kursell
Lun 29 Juin - 21:08
Comparer un chaton à un loup, l’image eut tôt fait de me tirer un sourire amusé. Vraiment ? Pouvait-on en arriver à les comparer d’une quelconque manière ? Déjà qu’à la simple question, je n’aurais su où me placer. Bien qu’en y réfléchissant.

« Je préfères encore entre celle qui dévore… »

Cela m’avait échappé et surprise à la fois. Avais-je réellement prononcé ces mots ? Je préférais dévorer ? Depuis quand étais-je si…bestiale ? Quoi que le sujet s’y portait bien et à dire vrai, je choyais davantage les loups, en plus du fait qu’Odin en était un et que j’étais nu plus ni moins son Alpha, je reconnaissais davantage la férocité de l’animal et respectais sincèrement sa loyauté et son désir de protection envers ceux qui lui étaient chers. Quand au chat…je n’en avais tout simplement pas assez connu pour en avoir une idée alors. Celle que me fis pourtant de Nikolas ne tarda pas à éclater au grand jour avec les suppositions que je ne pus tout simplement pas ignorer. Vouloir un enfant, non plutôt, me faire un enfant ? Autant dire que mon désarrois était à son comble et apparemment, ce n’était pas là le but des mots, autant pour moi !

Les fruits me permirent un temps d’arrêt, un moment pour me recentrer sur…quoi au fait ? Je ne pouvais affirmer ce qui suivrait, dans les évènements comme dans les échanges, les paroles ou gestes. Il sembla que Nikolas voulait me voir me rétablir, enfin je n’étais pas malade non plus, enfin pas au sens commun dirons-nous. Et la mention régulière de la magie me laissa penser qu’en tant que fée, il était véritablement un maître dans le domaine. J’écoutai donc, à défaut de savoir que dire de plus sur moi dans l’immédiat. L’entendre poursuivre sur le sujet des enfants, pourtant, eut de quoi continuer à me retourner. Les enfants étaient ce qu’il y avait de plus merveilleux. Comme j’étais d’accord et comme je n’en savais absolument rien à la fois ! Un vrai paradoxe, un déchirement continuel alors que je ne demandais qu’à le croire sur parole. Quand à ce qui était de la grossesse dont il parlait, j’eus presque l’envie de lui dire qu’en tant que fée, il avait certainement la possibilité d’expérimenter la chose même en étant un mâle mais qu’en savais-je en réalité ?

Ce que je savais pourtant était que toutes les femmes n’avaient pas cette chance, moi la première, et une boule à ma gorge m’empêcha d’avaler plus de fruit, ni même de liquide, je revoyais encore…cette chose… Et cela dû certainement se lire en moi car il revint sur le sujet délicat, mon apparence n’était pas ce qu’elle aurait dû être. Quant à l’implication possible de la magie dans mon état… Je soupirai. Un soupir las, résolu, alors que je relevais la tête pour lui faire face, le regarder du plus profond de mon âme. Là où l’acceptation de mon sort n’avait pas encore entièrement engloutit l’espoir. Surtout pas après ces dernières paroles. Il pouvait m’aider, il venait de le dire non ?


« J’ai célébré mon vingt-deuxième anniversaire il y a quelques mois, lâchais-je dans un premier temps. Autant dire que le choc risquait d’être grand quand on regardait la vieille Dame que je semblais être à présent. Bien loin du début vingtaine comme il aurai dû en être. Puis je baissai la tête, poursuivant sur ma lancée à cœur ouvert. La magie ne m’est pas non plus étrangère, elle fait même partie de mon quotidien depuis quelques années déjà. Je suis une sorcière en réalité. »

L’aveux m’avait pris un certain courage, sachant tout ce qui avait été dit plus tôt sur l’utilisation ‘grossière’ que nous faisions apparemment de la magie. Je n’avais personnellement jamais su quelles étaient les différences possibles entre sorcières et fées mais du point de vue de l’un des côtés, se trouver de l’autre sembler constituer une méfiance ? Ou plutôt, une non-appréciation. Enfin qu’importait après tout. J’étais ce que j’étais et je l’avais subis car non choisi. Je le lui dis d’ailleurs, me remémorant les évènements qui avait à jamais chamboulé non seulement ma vie, mais mon dix-huitième anniversaire également.

« La femme qui m’a élevé en était une avant moi. Je sais aujourd’hui que c’est d’elle dont je tiens cette magie même si nous n’avons été lié que par les liens du mariage et jamais du sang, Je marquais une pause, ne sachant comment formuler la suite sans blasphémer sur la mémoire de celui qui m’avait tout de même légué son titre. Mon père…n’était pas le plus attentionné des maris. Il a plus d’une fois été surpris en adultère pas son épouse qu’il…abusait régulièrement. »

Nouveau temps d’arrêt, ma voix était blanche, terriblement neutre face aux souvenirs du passé mais il le fallait. Après toutes ces années, je devais raconter l’histoire, la vraie et en entier. Cela me sauverait peut-être, en fin de compte, de m’exorciser de mes démons et de marcher sur eux une bonne fois pour toute. J’inspirai lentement, le regard fuyant pour ne pas voir que la pitié prenait surement possession de mon hôte. Je détestais cela. Je n’en voulais pas. Je voulais seulement qu’il m’en sorte, qu’il m’aide à me dominer, à me comprendre, à m’accepter comme condamnée…ou à m’en délivrer.

« Le soir de mon dix-huitième anniversaire, elle l’a maudit. Enfin, lui et sa descendance. Pour faire de sa chair et de son sang l’Arme de vengeance de toutes ces femmes abusées, de façon à...user des hommes comme il l’avait fait avec tant de femme. À faire de moi celle…, je buttai un instant sur les mots avant de lâcher, très directement. À faire de moi celle qui s’en nourrirait. »

Se nourrir des hommes. Ça semblait tellement absurde et déluré que j’eus un rire nerveux. J’allais certainement passer pour folle il ne pouvait en être autrement et pourtant… J’avais cette sensation, ce chaud au fond de mon être, cette pensée folle que peut-être, pour une fois, je n’aurais plus à me cacher, à toujours appréhender. Je pouvais simplement tout déballer et advienne que pourra ! Ce qui me fit inévitablement revenir à la source : un enfant. J’en avais eu un, l’espace d’un trop court instant oui.

« Si je n’ai pas d'enfant… C’est que je ne peux en avoir. Du moins pas le porter sur un temps long comme il le faudrait, avouais-je, me livrant davantage que je ne l’aurais cru avant de poser un silence. Je repris au bout d’un moment, levant à nouveau le regard vers le sien pour le regarder tout aussi franchement qu’au début de notre entretien. Ce que vous contemplez est le résultat de ce sort lancé à mon égard. J’ai une vingtaine avant de voir mon corps commencer à vieillir anormalement rapidement. Une dizaine pour m’en sauver. Une lune en tout et pour tout pour m'unir à un homme et retrouver ma jeunesse suita à quoi...je devrais mourrir.»

La sentence était irréversible. J’avais épluché plus d’un grimoire, plus d’un manuscrit plus d’une sorcière et tous étaient formels : pas moyen d’inverser le sort. Mais face à une fée, l’impossible devenait-il soudain possible ? Je n’osais l’espérer. Ou du moi, si, j’y croyais. Pour un seul des deux déchirements dont il était question. Redevenir jeune, le rester et vieillir au rythme normal des choses serait en soit une vraie bénédiction. Mais…

« J’en suis à un peu plus de vingt jours. Je n’attends aucun miracle, vous avez été si prévenant déjà en me sauvant de la tempête. Mais si je suis ici, c’est pour affronter cette malédiction. Je refuse de la laisser diriger ma vie ou alors j’accepte…d’en mourir. Au moins aurais-je tout essayé pour en venir à bout avant de céder. »

Des paroles sans doute bien durs. Difficile de concevoir qu’une femme de mon âge –mon véritable pas celui du corps- puisse sincèrement penser à quitter la vie qui lui avait été donné mais continuer sur ce chemin me semblait tout simplement impossible. J’étais désespérée, certes, mais ce désespoir me donner l’espoir. Et tant que je n’aurais pas usé de tout ce que cette force nouvelle avait à m’apporter, je ne pourrais baisser définitivement les bras. Pas tant que je respirais encore ! J’ignorais même si mes paroles étaient compréhensibles, avaient un sens quelconque pour l’oreille qui les écoutait, si elle le faisait réellement cela dit, mais dans cette lancée, une seule conclusion me vint comme une évidence, comme une certitude et toute fébrile que j’étais, de ces souvenirs et émotions, je lâchai dans un sanglot à peine contenu.

« Je vous supplie, Nikolas Klaus, si une chose est en votre pouvoir pour me guider, pour m’épauler dans cette quête… On ne peut retrouver le passé mais je vous en conjure, ne me laisser pas mourir…pas comme l’enfant que le sort a tué, m’étranglais-je, une chaleur vive aux joues, sur tout le visage alors que mes yeux piquaient, coulaient de larme que je n’avais su laisser aller toutes ces années. »

Tel était mon sort. Mourir ou vivre mais qu’importait en fait. Jamais je n’aurais le plaisir de poursuivre ma lignée. De la changer. De corriger ce destin que je n’avais jamais voulu être le mien. Être une femme mais pas seulement. Une mère, tout simplement.
Vashka von Kursell
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Nikolas Klaus
Le Père Noël
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Ven 3 Juil - 0:13

Quand la femme annonça son age cela ne choqua pas vraiment Nikolas. Certains sorts, ou malédictions, étaient puissants. Par contre cela l’attristait qu'une enfant, qui avait l'air si bien éduquée et sensible, ait à subir ce genre de magie.

– Vous êtes une sorcière et cela ne change rien. Après tout, comme je vous l'ai dit, du moment qu'on ne dit pas qu'une fée est du même niveau magique qu'un sorcier, je n'ai rien contre les sorciers. Je vous l'ai dit.

Nikolas écouta tout que la jeune femme disait. La jeune demoiselle avait eu un passé vraiment peu enviable. Il avait appris, à ses propres dépends, que tout être humain finissait par souffrir d'un martyr inconsolable un jour.

– Je comprends votre détresse. Mais je vais me permettre de vous dire une chose mademoiselle. Ce que votre mère vous a laissé pour se venger des hommes, de TOUT les hommes, pour la bêtise d'un seul représentant de l’espèce, n'est ni plus ni moins qu'une forme de haine égoïste. A-t-elle seulement pensé aux conséquences que cela aurait sur votre vie ? Sur la femme, sur ce que la chair de sa chair allait subir, pour une vengeance contre les hommes ? J'aurais pu croire que, dans un désespoir, que cela soit possible mais cet acte a failli vous tuer. Non, je suis désolé, mais pour moi le rôle d'un parent n'est pas d’infliger les pires souffrances à son enfant, quelque soient les raisons, l'obligeant à vendre son corps peut être parfois contre son gré. Non, les parents ne devraient pas penser de façon aussi futile à leurs enfants.

Nikolas avait bien entendu aussi ce qui concernait un enfant qu'elle aurait perdu. Cela lui serra le cœur. La perte d'un enfant n'est jamais facile. Mais pour une fois, et une seule fois, il allait faire passer l'adulte qui était mourante devant lui, plutôt que de parler de l'enfant en question. Vieillir ne devait pas aider son système de reproduction en cas de grossesse.

« Je vous supplie, Nikolas Klaus, si une chose est en votre pouvoir pour me guider, pour m’épauler dans cette quête… On ne peut retrouver le passé mais je vous en conjure, ne me laisser pas mourir…pas comme l’enfant que le sort a tué »

Nikolas se leva de sa chaise sans un mot. Il sentit bien la détresse de la femme. Mais les mots qui l'achevèrent vraiment étaient ceux destinés à l'enfant. Elle ne rejetait pas la faute sur la malédiction. Elle l'assumait. Cette femme est forte. Il ne pouvait pas la laisser dans cet état, pas en repensant à sa défunte femme et sa défunte fille. Ce serait salir leurs mémoires, ainsi que d’être indigne d'une fée.

Nikolas quitta le feu des yeux, essuyant ces derniers avec la manche de sa chemise, avant de se retourner vers la femme, s'agenouillant à son chevet, et lui prenant la main.

– Je vais voir ce que je peux faire. L’éthique des fées m'oblige de vous dire qu'il y aura un payement. Avec cet accord qui lie deux personnes, la magie utilisée est plus puissante, car un lien unit les deux partis. Je vous laisse réfléchir à cette option. Pendant ce temps là, reposez vous. Je vais, de mon côté, étudier cette magie en vous. Si vous le permettez, j'aurais besoin d'un peu de salive, une mèche de cheveux. Je vais étudier ça. Faites-moi confiance. Je suis un scientifique spécialisé dans la magie.

La femme ne se fit pas prier. Elle avait l'air de faire confiance à la fée. Nikolas borda la femme jusqu'aux épaules, avec la couverture. Partant dans la cuisine où il joua à l’apprenti magicien, d'un point de vue extérieur. Mais il savait ce qu'il faisait. Il étudiait depuis un moment la magie elle même, ce qui la constituait. Les réactions des différents éléments, qui étaient exposés à la magie de Nikolas, voire la réaction des particules de magie.

Il en vint même a goûter certaines mixtures pour voir une quelconque réaction avec la magie en lui. Pendant plus de deux heures, Nikolas avait mené plusieurs expériences sur l’étude de la magie de Vashka avec un verdict sans appel.

Il ne pouvait pas lever le sort qui planait sur la femme. Il pourrait, au mieux, atténuer la malédiction. Cette magie, qui était de la mère de Vashka, était saturée de haine. Il ne savait pas comment expliquer autrement la puissance d'un sort, lancé par une simple sorcière. Les sorciers étaient donc capables, avec de forts sentiments, de déployer des magies si puissantes. Qu'est-ce-que cela devait être pour une fée dans le même état.

Il était temps d'annoncer la nouvelle à la demoiselle russe. Nikolas la rejoignit dans le salon pour voir si elle était réveillée. Sinon il attendrait son réveil à son chevet.


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Vashka von Kursell
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Vashka von Kursell
Ven 3 Juil - 1:54
Je ne répondais plus de rien. Mes mains, mes bras, mes jambes tremblaient d’un effort de trop, de celui de la confession, de celui du souvenir, de l’acceptation... J’ignorais si Nikolas prenait conscience de cet effort, de cette confiance complètement folle et aveugle que je plaçais en lui pour avoir prononcé autant de mots que je m’étais résolue à presque oublier. Ces histoires, non, cette histoire la mienne que je n’avais contée à personne avant, ni même écrite, seulement tracé dans ma mémoire qui s’effritait avec les jours. Lorsque les derniers mots franchirent mes lèvres, étrangement, je n’en fus pas soulagée –au contraire- j’avais le corps aussi tendu que la corde de mon arc de chasse en saison chaude. J’attendais. Quoi ? Je l’ignorais mais cette corde, ce bout tendu qui n’était pas sous mon contrôle, se trouvai là, dans ses mains à lui. Nikolas tenait l’autre bout de l’arc, l’autre bout de ma vie. La corde allait-elle se rompre d’avoir trop été sous tension ?

J’entendis à peine ce qu’il me répéta, sur les sorciers et les fées. Ce n’était pas la même chose, je l’avais compris, je ne referai plus la même erreur deux fois. De toute manière, allais-je seulement avoir le temps de rencontrer d’autres fées ? Juste de revoir quelqu’un d’autre que cet homme ? Pas qu’il ne se soit pas montré aimable jusque là mais, vous comprenez, au point où j’en étais…


« Je suis certaine…qu’elle avait une bonne raison. Oui, quelque part dans les brumes de mon esprit, je devais avoir conscience d’être en train de l’excuser pour ce qu’elle m’avait fait. Je me rappelais les giffles, son visage, son expression aussi incompréhensive que celle que j’avais eu à la première fois. Au fond, elle m’avait aimé, je le savais mais… Elle ne me détestait pas. Elle détestait ce que je représentais. La trahison, la violence qu’elle avait subit et celle que toutes les femmes avant et après avaient aussi vécues. »

Oui voilà. C’était la vérité. J’avais été puni pour un homme parce que j’étais sa fille. Tout simplement. Je ne pouvais pas dire que je ne lui en voulais pas, ni à lui ni à elle d’ailleurs, ç’aurait été un bien mauvais mensonge dans les deux cas mais on ne pouvait renier son sang. Je ne le faisais pas du mien même s’il ne m’avait apporté jusque là que des ennuis –certes quelques parcelles de plaisir- et une lente descente dans la déchéance de la luxure. J’en étais saturé aujourd’hui, je n’en pouvais tout simplement plus et c’était pour cette raison que je m’étais refusé à me « nourrir » le derniers mois qui avait suivit. À quitter mon toit à la recherche de quelqu’un, quelque chose, qui puisse me venir en aider.

J’ignorai d’ailleurs comment Nikolas comptait s’y prendre, lui raconter mon histoire ou plutôt, perdre un temps précieux à lui raconter mes malheurs, ne m’aiderait pas à dompter la magie en moi, à en faire une arme que je pourrais désormais maîtriser plutôt que d’en être son esclave. Il semblait avoir une idée, d’ailleurs une fois ma litanie terminée, il se leva, fit les cents pas. Je ne pensais pas avoir été capable de le touche à ce point mais sans doute ne réalisais-je pas non plus mes propres larmes qui coulaient désormais de mes joues. J’étais vidée, de toute force, de toute énergie et bientôt…de toute vie. Et lorsqu’il vint au chevet, me parlant d’engagement, de liaison magique, mes oreilles ne firent que recevoir les sons en provenance de sa bouche. Il me demandait quelque chose ? Il l’aurait, tout simplement. Je ne me posais plus de question, je n’en avais plus le temps. Seulement celui de me reposer, de me rallonger sur le matelas, bordée comme l’enfant que je devais encore être, quelque part, dans les replis de peau de cette vieille apparence qui était pourtant la mienne il fallait croire.

J’attendis, je l’observais, le scrutai…puis m’endormis. C’était plus simple, plus facile que de rester éveiller. Simplement être bercée par cette brise dans mon esprit, ce calme, froid mais rassurant quelque part. J’étais au chaud. Une chaleur douce, familière, et brûlante à la fois. Comme une plaie qui saigne depuis trop longtemps. Elle s’écoule, la pression s’enfuit, libère de l’espace, créer un vide qui se remplit d’air en nous brûlant l’instant d’après. Un creux, chaud. Ma poitrine, quelque part sur elle, entre mes seins, Odin veillait. J’avais les yeux fermés mais je devinais presque son regard, bleu, qui me fixait.
Il guettait.
Il chassait…la Mort.
Qu’elle n’approche pas, mon heure n’était pas encore venue et pourtant…
Il se pourrait que… Dans les brumes vaporeuses de mon esprit…
Du blanc.
Furtif
Rien à voir avec cette lumière dont tous parlaient. Non c’était plus terne. Et brillant à la fois. Ni la neige, ni une fourrure. Enfin, pas à proprement parlé.
Des cheveux. D’un blanc immaculé. Un nom me vint, le sien,
mais…


« Je ne dors pas… »

Je n’ouvris pas pour autant les yeux. Pas tout de suite. Pas alors qu’ils étaient à nouveau noyés de larmes. J’inspirai, le Loup levant sa tête, assis au sol mais les antérieurs contre le sommier, regardant maintenant Nikolas qui revenait. Je l’avais sentit, j’étais éveillée et je devais ouvrir les yeux. Je le regardai, je souris sans avoir la force de me relever. Et s’il me disait…quoi donc ? Je n’en savais rien. J’écoutais, simplement, m’attendant au pire. M’attendant à trouver en mon sauveur, celui qui abrègerait mes souffrances. Pas de magie, pas de remède, rien. Juste la fin.

« Vous avez mauvaise mine cher Monsieur. »

Quelle ironie que ce soit moi, avec cette apparence, qui lui propose ces mots. J’eus un rire, bref, et me relevai finalement. Allons je n’étais pas sur mon lit de mort. Pas encore non ! Je n’avais même pas tenté que je voulais abandonner ? Ou était donc la Baronne von Kursell. Celle qui faisait parler, tourner, charmer les gens. Un jour, si je m’y rendais, cette apparence n’en serait pas moins la mienne ! Allais-je mourir pour autant ? D’être vieille et naturelle ? Pas question. Je tournai alors la tête vers lui, plongeai mon regard dans le sien, m’y noyant, m’y accrochant de toutes mes forces.

« Je vous écoute. Quelle vérité avez-vous découvert ? Suis-je réellement condamnée à me voir m’éteindre sur ce lit ? »

J’exagérais peut-être un peu mais sous le coup de l’émotion, tout était décuplé, ma vivacité d’esprit aussi, étrangement, alors que je me remémorai ce qu’il avait dit plus tôt. Il devait y avoir un paiement. J’acquiesçai dans le vide, me disant qu’avec un peu de chance, il lierait dans mes pensées mais pour le formuler plus officiellement, j’ouvris la bouche.

« J’ignore quel est ce paiement dont vous parlez mais sachez que je suis prête à accepter votre aide, vos connaissances si je dois également payer pour cela. Votre prix sera le mien bien que je doute, en toute honnêteté, que ce soit d’argent dont vous parliez. »

Autant être franc. Je tentai d’ailleurs de me ressaisir mais sans cesse –et pour une raison qui m’était complètement inconnue- je revoyais ce blanc, ces cheveux, ce visage flou et en superposition, cette baignoire, mon sang…cette vie. Je repris alors, d’un ton décidé bien qu’il aurait fallu un sourd pour ne pas y entendre tout le désespoir et l’infini tristesse qui me noua alors la gorge.

« Dites-moi, s’il-vous-plaît…que me propose la magie ? »
Vashka von Kursell
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Nikolas Klaus
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Lun 6 Juil - 14:42

Nikolas n'aimait pas annoncer de mauvaises nouvelles. Il ne savait que trop bien ce qu'on pouvait ressentir dans ces moments là. Et du coup ne pas faire durer les choses plus longtemps.

– Avant la question du payement. Je me dois de vous dire que je ne peu annihiler votre malédiction. J'en suis, croyez moi, désolé... Mais il y a une bonne nouvelle tout de même. Je pense être en mesure de pouvoir vous sauver la vie. Vous devez vous demander comment, je suppose.

Nikolas prit la mais froide de Vashka, la regardant dans les yeux, avec un regard plein de compassion.

– Je pense pouvoir atténuer votre malédiction et la rendre vivable. Du moins de meilleur façon qu'en ce moment. Je ne prendrais pas de gants. Je sais de quoi vous avez besoin pour redevenir physiquement la belle demoiselle que vous êtes intérieurement. Et cela je ne peux vous le donner. Mais je peux rendre cela moins important.

Nikolas prit un verre d'eau, qu'il but d'une traite, proposant un autre verre à la baronne.

– Pour faire simple je peux rendre votre malédiction non mortelle. Ralentir les effets du vieillissement et, surtout, vous rendre ce que vous désirez le plus. Apparemment votre désir d’être mère, votre fécondité. C'est surtout là le point le plus important. Vous ne vieillirez plus que de l’extérieur. Aucun de vos organes ne sera touché par la malédiction qui pèse sur votre corps. Ce qui implique que vous ne pourrez plus mourir de vieillissement prématuré. Mais, car à mon grand regret il y a un « mais », votre corps vieillira quand même physiquement, mais sur une durée de trois mois au lieu d'un. Vous aurez toujours besoins de cette «  source de jouvence ». Mais si vous n'en désirez pas, vous pourrez vivre avec l’apparence d'une personne d’expérience sans en mourir.

Nikolas baissa la tête, se sentant plus faible qu'il ne l'aurait crue. Il aurait aimé aider cette femme bien plus encore. Mais ses compétences, contre une telle malédiction, étaient finalement limitées.

– J'aurais aimé vous apporter plus, croyez moi. Mais c'est là le mieux que je puisse faire par moi même... Bien que je n'aime pas aborder le sujet, puisque vous l'avez demandé à nouveau, parlons du payement. Je vous demanderais, à vous, Baronne Vashka Von Kursell, de bien vouloir fournir pour tous les 24 décembre à venir, soit une contribution financière, soit des marchandises pour le Noël des enfants de l'orphelinat dont je suis le directeur. Pour leur apporter un sourire en ce jour de fête.

Nikolas s’était retenu de dire « en ce triste jour de fête ». Mais la femme n'avait pas à se soucier d'autre chose qu'à sa santé actuelle. Il espérait qu'elle accepterait. A la vue de la haute couture de ses détestables fourrures, Nikolas avait jugé que la Baronne n'était pas démunie de moyens.



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Vashka von Kursell
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Vashka von Kursell
Mar 7 Juil - 4:54
J’allais décidément passer par toutes les émotions en très peu de temps. D’abord le désarroi, l’attente, le presque sommeil et le réveil, presque brutal, à l’entendre dire qu’il ne pouvait rien pour moi. En fait non, pas tout à fait, je l’écoutai attentivement en m’essayant le plus confortablement possible. Il ne pouvait donc pas lever la malédiction, je n’en demandais pas autant, enfin si intérieurement quelque part je voulais me débarrasser de ce mal –ou plutôt de ce besoin- qui me rongeais depuis quelques années déjà- mais je ne l’aurais pas affirmé de vive voix. Aussi l’entendre dire, me conforta dans cette idée que j’étais condamné. À moins que… Me sauver la vie ? J’attendis, aux aguets, tout comme les propres oreilles d’Odin qui pointaient vers lui.

– Je pense pouvoir atténuer votre malédiction et la rendre vivable. Du moins de meilleure façon qu'en ce moment. Je ne prendrais pas de gants. Je sais de quoi vous avez besoin pour redevenir physiquement la belle demoiselle que vous êtes intérieurement. Et cela je ne peux vous le donner. Mais je peux rendre cela moins important.

J’en rougis. Oui, de honte que mon secret soit ainsi découvert mais après tout, nous étions là, à ce moment précis pour une bonne raison et je n’en avais pas de faire quelques cachoteries que ce soit. Oui, j’avais besoin de l’essence même des hommes, du don de leur plaisir, de son partage, et je me doutais bien que cela n’encourageait pas à me faire don du sien même en cas de besoin comme la situation l'était ici. Je devais être trop vieille sans doute. Enfin, passons cela n’avait plus d’importance maintenant non ? Je n’allais pas mourir. Si ce n’était pas une excellente nouvelle. Mieux ? L’euphorie me montait à la tête aussi n’entendais-je qu’à moitié les paroles qui suivirent. Il voulait…me rendre mon enfant ? Incompréhension et trop plein d’émotion me submergèrent et une vague de chaleur afflua depuis ma poitrine, les larmes aux yeux. Non. Les larmes qui coulaient, cette fois, belle et bien. J’étais heureuse. Tout simplement. Tellement que je ne fis pas attention, bafouillant simplement.

« Il faudra…m’expliquer comment…comment vous comptez faire…sans me toucher. »

Oui parce que dans mon esprit, il me proposait ni plus ni moins –et encore une fois- e me donner un enfant. Tout ayant préalablement précisé avant qu’il ne serait pas dans la possibilité de me donner ce dont j’avais besoin pour me rajeunir. Il faudrait m’expliquer, vraiment parce que je n’y comprenais plus rien. Mais bien évidemment, c’est mon esprit embrouillé qui avait tout mélangé et je ne m’en rendis qu’un flot de larmes plus tard que je peinais à tarir. Le stress, l’angoisse, la peur, la déception tout ça se mélangeait, s’entremêlait m’avait maintenu dans un étau qui soudain se relâchait. Le barrage qui craque, la rivière qui reprend son lit.

« Vous voulez dire… »

Mais dire quoi au juste ? Je n’en savais absolument rien tout compte fait. Tout était encore trop vague, trop flou. Je n’avais tout simplement rien compris à ce qu’il m’expliquait. Une chose me resta pourtant à l’esprit à ce moment : passer à l’étape suivante. S’il pouvait effectivement me « guérir » même si à ses dires, il s’agissait d’une moins que moitié, pour moi, pour ma vie au quotidien, c’était un pas énorme pour me sortir de cette boue tiède et poisseuse qui m’enserrait à mesures que les mois se succédaient, me faisant lentement mais certainement couler. J’avais même songé à quitter la Cour ! C’était peu dire que les rumeurs, les murmures devenaient de plus en plus difficiles à supporter. Mais que pouvais-je y faire ? Ma vie, jusque là, en avait dépendue. Pouvait-on sincèrement m’en blâmer ? Me reprocher le batifolage au prix d’un mariage… Ça aussi, j’y avais songé. Mais… Je ne pouvais pas. Des souvenirs encore trop frais en tête malgré les années. Je ne pouvais pas. Je ne devais pas. Et en ce qui concernait l’enfant…

Les conditions de cet accord, de ce paiement fut alors énoncé, me tirant de mes pensées, très solennellement qui me laissèrent une étrange impression. C’était vraiment important pour eux alors de conclure cela en attente avec leur…victime ? Leur…protégé ? J’ignorais quel qualificatif employer pour me désigner à ce moment mais j’écoutai attentivement. J’écoutais et rapidement, je secouai la tête à la négative, ma voix enrouée m’échappant pour prononcer des mots sans appel, franc et direct.


« Je refuse. Je refuse de ne vous épauler d’un seul jour dans toute l’année sous prétexte que ce serait celui où l’on devrait se montrer le plus clément, enfant ou adulte. Je secouai à nouveau la tête, essuyant une dernière larme sur ma joue avant de le regarder droit dans les yeux. Si tel est sincèrement votre prix, je m’engage à le respecter, certes, mais également à vous prêter main forte par une partie des cultures de saison chaude de mes terres et par don monétaire à chaque livraison. Cela semble-t-il acceptable pour vous ? »

Je tenais à l’équité. Et accepter si peu de redevance devant tant à obtenir, ce n’était pas juste. Pas à mes yeux aussi avais-je rectifié cette « dette » que je me ferai un plaisir et un honneur d’honorer à toutes les trois lunes. Un clin d’œil inconscient à cette période allongée qui me serait désormais allouée. Mais comment y parvenir, c’était bien là ma prochaine question et après avoir inspiré un bout coup pour terminer de me calmer, je me tins droite, prête à faire front.

« Dites-moi. Comment devez-vous procéder ? Je ne suis peut-être qu’une faible sorcière, et j’entends là également ma condition physique actuel en plus du peu de maitrise magique que je connaisse mais si mon aide peut vous alléger en quoi que ce soit, surtout n’hésitez pas à en user. Je vous suis toute obligée. »

J’ignorais complètement ce qu’il en serait. Je n’avais déjà pas l’habitude d’user de magie en dehors de quelques rituels bien basique pour mes filtres, le tout renforcé de certaines potions la majorité du tout, alors en user sans aucune directive, à sa source même. Je me questionnais même sur ma possible réussite. Ne serais-je pas plutôt un poids mort à ne pas connaître mes capacités autant que semblait le faire Nikolas des siennes ? Quoi qu’il en soit, j’avais demandé, j’avais proposé et je ne contais pas revenir sur ma parole. Mon aide serait celle demandée. Je lui devais au moins cela !
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Nikolas Klaus
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Ven 10 Juil - 1:30

Nikolas ferma les yeux. Il afficha un grand sourire lorsque la femme lui proposa de l'aider bien plus qu'il ne le demandait. C’était bien la première fois que cela lui arrivait. Cette femme avait un bon fond qui, malgré les mises à l’épreuve du destin, n'avait rien perdu de sa nature première.

– Je vous remercie. Je n'en demande pas tant. Mais si faire plaisir aux enfants est pour vous un plaisir, je ne refuserais en rien cette aide de votre part. Et sachez que je n'ai qu'une parole. Le prix annoncé seras mon prix final. Toutes les fées ne sont pas les mêmes. Les tarifs changent bien selon l’individu. Mais, à mon grand regret, les prix sont trop souvent mauvais à mon goût.

La femme posa une question bien pertinente. Nikolas connaissait très bien jusqu’où sa force magique pouvait agir. Encore plus quand cela touchait de près, ou de loin, les enfants. Comment allait-il procéder pour atténuer la malédiction de la femme ? Plusieurs choix s’offraient à lui, mais surtout deux possibilités fiables, mais épuisantes.

– J'ai deux façon de vous soigner, dans la mesure que je vous l'ai annoncé. Soit par une potion magique, mais qui demande du matériel et beaucoup de préparation en terme de temps. Soit en vous lançant un sort, qui ciblerait vos organes, qui seront épargnés du vieillissement prématuré. Mais pas votre apparence.

L'apparence subirait une dégradation plus lente. Même si elle avait l'apparence d'une dame d’expérience, elle ne mourrait pas de vieillesse prématurée.

– Je pense donc que la deuxième solution est la meilleur, bien que certainement plus éprouvante pour moi. Mais ce n'est qu'un détail pour sauver l'enfant que vous êtes.

Nikolas regarda pendant quelques instants le feu, les flammes qui purifiaient les esprits torturés. Il connaissait un esprit qui ne vivait que par le feu de la vengeance. Pauvre enfant…

– Mais pour pouvoir faire correctement ce sort, il faut que vous soyez au mieux de votre forme. Avec le sourire radieux de la jeune femme que vous êtes. Et que je me prépare, mentalement, à lancer un tel sort.

Nikolas caressa légèrement sa petit barbe, réfléchissant à ce qui serait le plus juste, jetant un rapide coup d'œil à la cuisine.

– Je me doute que vous aimeriez retrouver votre apparence au plus vite. Mais est-ce-que vous pourriez tenir jusqu'à demain matin ? Je m'occuperais de vous. Vous serez aux petits soins et je vous préparerais un bon repas, me laissant ainsi la nuit pour me préparer. Je ne voudrais pas rater ce sortilège dans la précipitation.

En toute honnêteté Nikolas pensait pouvoir agir en moins de trois heures. Mais cela faisait longtemps qu'il n'avait pas lancé un sort qui prendrait presque la totalité de sa puissance magique. Il aurait sûrement besoin d'un temps de repos après avoir rendu à la femme ce qu'on lui avait volé. Il espérait juste que, si un jour elle retombait enceinte, qu'elle soit une mère qui aime son enfant plus que tout et qu'elle lui présenterait l'enfant. Mais il ne pouvait lui imposer ce genre de caprice égoïste.


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Vashka von Kursell
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Vashka von Kursell
Ven 10 Juil - 22:51
Donner en tentant de respecter la règle de l’échange équitable. Une priorité que j’avais appris à développer au contact de la Tsarine. Certes cette dernière estimait la valeur des choses d’une manière…particulière disons-le ainsi pour rester polie envers son Altesse, mais au moins ce concept m’était resté à l’esprit. En ce qui concernait le marché avec Nikolas, l’offre venait du cœur, tout simplement, pas de la tête mais je n’en avais cure, à mes yeux, il était et resterait celui qui donnerait beaucoup plus quoi que je puisse lui rendre.

« Je ne peux douter ni de votre parole ni de votre bonté d’âme, Sir Nikolas. Pas après ce que vous vous engagez à m’offrir alors que vous ne me devez rien, Je me redressai dans le lit, assise même, les pieds reposant sur le sol comme si je me refusais à ce qu’il s’éloigne trop. Lui montrer ma propre sincérité. Je ne trouve même pas les mots pour vous remercier convenablement. »

Et j’en étais terriblement désolé. Moi qui aimais à trouver de jolies phrases, des expressions bien pensées, ne restait désormais plus que les émotions. Vives, intenses, beaucoup trop pour qu’elle puisse être mesurées à l’échelle du langage sinon celui du corps. Ce regard brillant qui ne devait plus me quitter malgré une fatigue certaine d’avoir encaissé tant d’émotions en si peu de temps. Je n’en perdis pas pour autant le fils de la discussion et vint rapidement à demander de quelle manière il –nous ?- devait s’y prendre. Les choix me parurent évidents bien que la décision semblait tout de même me revenir. Vraiment, cet homme était trop bon. Je n’eus besoin d’aucune réfléxion, mon cœur parlant le premier.

« Je souhaite avant tout vous causer le moins d’inconvénient possible mais à choisir entre une question de temps, d’attente, ou celui d’une préparation méticuleuse à cette heure tardive et par ce froid car je doute que vous ayez tout ce dont vous avez besoin sous ce toit pour une telle potion… Je préfères encore attendre au lendemain, pour le sort, tranchais-je, décidée, non sans ajouter tout naturellement par la suite et doublé d’un sourire doux, vrai. Ce sera ensuite mon devoir de veiller sur vous. »

Un léger froncement de sourcil me vint à la mention de « l’enfant » que j’étais. J’avais eu beau dire que les apparences étaient trompeuses, j’avais largement dépassé l’âge de l’innocence ! Je ne m’en froissai pas plus que cela, nous avions un temps certain devant nous mais par-dessus, je ne souhaitais pas être une gêne pour cet homme au cœur si grand. Aussi me levais-je, quelque peu chambranlante sur mes jambes désagréablement engourdies, la couette glissant sur le matelas, ne laissant que la chemise à carreaux, les manches trop amples et le pantalon large. Oui, d’un côté, je devais ressembler d’un enfant je le concédais.

« Si…je peux vous être utile ou agréable à quoi que ce soit. Vous m’offrez le toit sans aucune préoccupation de votre propre état, laissez-moi rendre cet imprévu moins gênant. Que puis-je faire pour vous, Sir Nikolas ? »

J’y tenais. Je n’irais certainement pas bûcher du bois dans la forêt mais si préparer un modeste lit pouvait être utile. Ou préparer une autre boisson sucrée ? De quoi grignoter ? J’avais beau être noble et disposer d’un large éventail de domestique à mes moindres caprices, je n’en restais pas moins une femme vivante et serviable. Puis une question toute bête me vint à l’esprit et à défaut d’un regard dur m’indiquant clairement mon indiscrétion, je me risquais. Après tout nous avions au moins le début de la nuit à nous, sans compter le lendemain. Je n’allais pas me taire et demeurer hermétique, ça ne me ressemblait pas. Enfin si, j’accordais difficilement ma confiance mais cet homme…

« Est-ce votre nature magique, féérique je devrais dire même, qui vous rend si…tendre. »

Le mot me sembla quelque peu déplacé et j’en rougis même assez vivement, les lèvres pincées dans une moue indécise comme je rejoignais finalement le lit à nouveau. Comment expliquer ce sentiment qui m’était inconnu.

« Excusez ma maladresse, je dois avouer avoir quelques difficultés à…décrire ce que je ressens… L’effet que vous me faites. Sans aucune arrière-pensée bien entendu ! Ça ne s’arrangeait visiblement pas et sans doute aurais-je mieux faite de me taire plutôt que de tenter à éclaircir cette douce chaleur en moi. Vous êtes un homme bon. Vous êtes ma bonne fée en quelque sorte non ? »

Cela me semblait plus simple à l’expliquer ainsi. Il était mon ange-gardien, ma bonne étoile, ma bonne fée. Il veillait. D’un amour inconditionnel, comme un père. Le Père de toute chose en quelque chose. Non que je crus qu’il puisse être Dieu je n’irais pas jusque là ! Mais sa bienveillance avait autant d’égal à mes yeux désormais que celle du Père Céleste.

Cette pensée me ramena inévitablement à mon propre père…et à Odin. La seule famille qui me restait désormais. Je caressai tendrement sa tête, des mots que je n’aurais jamais cru possible franchissant ma bouche, à mon plus grand étonnement. Comme une baignoire trop pleine, une bouteille de champagne trop bien bouchée. Le bouchon explosa…et les mots s’écoulèrent.


« Je n’ai pas tout de suite compris. Je savais que les hommes jouaient un rôle primordial dans mon rétablissement mais…pas à quel point j’en souffrirais à la fois de les désirer encore plus fort. Par désir et nécessité mêlés. Ma place est-elle réellement plus basse que celle des Dames du Plaisir de ne pas avoir su trouver époux plutôt que de poursuivre d’habitudes volages ? »

J’haussai les épaules, à quoi bon ressasser cela de toute façon. Cela ne changerait pas, j’en aurais toujours besoin. Loin de moi la pensée de le reprocher à mon sauveur ! De ne pas avoir su complètement enrayer ce besoin. Déjà allonger d’une à trois lunes étaient nettement plus viables qu’un visage nouveau, qu’un corps différents chaque fois dans des draps inconnus. Un soupir m’échappa, le regard ne revoyait des images que moi seule pouvait voir.

« J’étais trop jeune, trop innocente et inconsciente à ce moment mais…, ma voix mourut au bout de mes lèvres, le ton en devint bas, presque sombre. Effrayant même pour moi, celle qui articulais les mots interdits. Peut-être…si la magie m’avait été plus familière…aurais-je pu tenter. Je n’aurais pas hésité. À tenter de le ramener à moi… »

L’homme, ou l’enfant ? Je n’étais moi-même pas certaine de savoir de qui je parlais ainsi mais ma gorge nouée, ma poitrine soudain agrippée de cette main invisible qui me broyait le cœur m’empêchèrent –heureusement- de poursuivre plus avant dans mes plus sombres pensées. Jamais la magie ne m’avait servie à des fins de la sorte. Je prônais plutôt l’amour, la vie justement et la procréation…pas la nécromancie ! Si les sombres paroles résonnaient dans mon corps, dans mon âme en y faisant vibrer des frissons de dégoût, d’horreur de mes propres paroles, cela n’en reflétait pas moins une vérité que je n’aurais pas non plus découverte, comprise à ce point : J’avais espéré, ardemment, passionnément cet enfant pour qui j’avais eu si peu de considération au moment de son expulsion et qui, depuis, me hantait parfois des nuits entières.

Un violent frisson me parcourut alors, comme si l’exorcisme de cette femme, de cette conscience beaucoup trop noire pour être assurément la mienne s’était fait tout naturellement. N’en restait plus que le même visage que j’avais alors exposé à Nikolas un peu plus tôt à la première mention de cet enfant. Quelque chose de défait, de brisé…à jamais ?


« Je n’ai pas…mesuré mes mots. Pardonnez-moi je…suis lasse. J’imagine que vous allez me dire que ce qui est passé est passé. Vous n’auriez pas tord mais…détenons-nous ce droit ? Celui d’oublier nos fantômes ? »

Les fantômes, précisément. Les morts comme les vivants…
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Nikolas Klaus
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Mar 14 Juil - 13:54

La demoiselle se leva hors du lit, et demanda en quoi elle pouvait être agréable ou utile. Voilà qui étonna la fée. En général les humains, une fois persuadés que leur vœu leur serait accordé, ils ne voulaient rien d'autre que voir leur don accordé dans les plus bref délais. Mais cette femme était différente. Même dans cet état elle voulait aider.

Nikolas eut un grand sourire et posa sa main sur l’épaule de la jeune femme, qui était en face de la fée.

– Avant toute chose ne m’appelez pas « Sir Nikolas », mais Nikolas tout court. Si vous tenez tant que ça à mettre les formes, je veux bien vous accorder le « Monsieur Klaus ». Mais ce que je voudrais surtout, pour m'être le plus agréable et utile, est votre corps. Enfin prendre soin de ce dernier en se reposant, bien sur. Pour ce soir c'est l'homme que je suis qui se chargera de prendre soin de la femme que vous êtes. Vous devez être au meilleur de votre forme mentale pour demain. Et pour cela rien de tel que le repos.

Nikolas prit la main de la femme pour la faire passer devant lui et l'amena au lit, pour qu'elle s'y assoit. C’était là la condition à ce qu'il donne des réponses à ses questions. Une fois installé, l'un à côté de l'autre, Nikolas lui répondit en toute honnêteté.

– J'aimerais vous répondre que oui. Malheureusement il existe de mauvaises fées, qui s'amusent au détriment des autres. En particulier des humains, en leur donnant des dons très peu enviables. Mais je vous remercie pour le compliment. Je suis comme ça naturellement. C'est ma personnalité. Mais ne vous méprenez pas, tout être vivant a une part sombre en lui, et je ne fait malheureusement pas exception. Je ne me considère pas comme une fée marraine. Ce titre étant pour ceux qui travaillent dans l'objectif de donner des dons. Mais si cela vous fait plaisir, vous pouvez le dire, mais uniquement en nos seules présences.

Nikolas croisa les bras. La demoiselle Kursell était trop tendue. Il allait encore essayer de faire parler son mauvais humour.

– Quant à l'effet que je vous fais, belle demoiselle, je suis honoré. Mais je ne peux point me permettre de vous donner ce genre de plaisir. Ce ne serait pas bien pour votre corps. Enfin si. Mais vous voyez pour le sort...

Nikolas s’était lui-même emmêlé les pinceaux dans son geste pour détendre la baronne. Il avait vraiment du mal à faire rire les adultes, contrairement aux enfants. La jeune demoiselle se mit à parler de son passé. Nikolas écouta attentivement. Tendre l'oreille était une chose primordiale, et importante selon lui. Savoir écouter, et savoir ne pas juger, juste écouter, et dire ce que l'on pense à la personne qui se confie.

En effet la femme avait un passé très atypique. Nikolas eut, pour premier réflexe, avant toute réponse vocale, de prendre la femme dans ses bras. Comme un homme prendrait sa femme dans ses bras ? Non. Comme un père prendrait sa fille dans ses bras ? Non plus. Mais comme un ami qui veut juste partager la chaleur de ses bras avec un autre ami. Après tout Nikolas était très bien placé pour savoir que oublier le passé n’était pas facile, et encore moins une chose que l'on devait faire.

– Je ne peux pas dire que je sais ce que vous ressentez. Mais sachez que le passé est une chose qui forme le nous de demain. Même si je persiste à dire qu'aucun parent ne devrait faire subir ce que vous subissez à son enfant. Le passé ne doit pas être oublié. Le passé doit nous rendre plus fort. Je ne peux comprendre votre douleur. Mais sachez que j'ai moi même perdu la chose la plus chère qu'un homme, et un père, peuvent perdre.

Nikolas n'avait pas revu le sourire de sa femme et de sa fille aussi clairement qu'en ce moment même, où il avait les yeux fermés. Des petites perles d'eaux salées se formaient au creux de son œil.

– Ce n'est pas votre faute. Vous étiez une enfant perdue, sans un père pour vous guider. Vous étiez perdue, pensant agir de la meilleur manière qui soit. Ayant peut être peur que, si vous cherchiez un époux, celui-ci s'enfuit face à votre... véritable vous, et non celui que vous auriez montré préalablement. Je ne peux vous blâmer. Si je le pouvais j'aurais aimé, à cette époque, vous connaître et vous adopter, pour vous aider. Je vous le jure.

Nikolas voulait déjà aider la femme. Mais il était décidé à repousser ses limites au maximum, pour aider au mieux cette femme à retrouver une vie la plus normale possible. Peut être était il trop sensible et gentil, et que cela lui jouerait un tour. Ce ne serait pas la première fois. Mais il voulait agir comme le père qu'elle n'avait pas eut, lui faire connaître cette chaleur. Et tout ça sans rien en retour. Car tout enfant se doit de connaître la chaleur des bras de parents aimants.

– Je n'ai pas vu le temps passer. Je vais aller vous préparer quelque chose à manger. Je vous conseille de vous reposer. Mais si vous voulez vous dégourdir un peu les jambes, faites donc. Mais faites bien attention. Je veux que vous soyez en pleine forme et tout sourire, pour mon retour avec le repas.



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Vashka von Kursell
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Vashka von Kursell
Mer 15 Juil - 21:19
« Monsieur Nikolas. »

C’est ainsi que mon esprit retint l’appellation de cet homme et j’acquiesçai en le répétant une dernière fois comme s’il s’était lui-même présenté de la sorte. Cela lui convenait parfaitement, d’image comme de personne. L’utilisation du patronyme précédé ou non d’un titre me rappelait beaucoup trop les usages de la Cour, ce à quoi je ne croyais pas qu’il soit judicieux d’employer ici. Pas par manque de considération pour lui, au contraire, parce que je m’en découvrais au point de ne pas vouloir le considérer comme une simple figure de pouvoir parmi d’autres. Il était bien plus que cela.

Nous retournâmes au lit où je m’allongeais pour la énième fois, devant bien reconnaître que je ne n’escomptais plus en ressortir avant le lendemain au vu de l’engourdissement de mon corps. Léger, certes, mais fort désagréable alors que j’écoutais sa réponse en ce qui concernait la nature des fées dont j’ignorais tout. Paroles auxquelles je m’aventurai à lui transmettre mon impression de sa personne, l’apaisement auquel il participait passivement par sa simple présence. Et ce à quoi, lui répondit –ou tenta de le faire- par quelques maladresses qui me tirèrent un faible sourire.

Pas de promesse, ni de reproche, je n’essayais pas non plus de lui faire du charme, seulement de calmer sa possible appréhension de s’être mal exprimé. Avec quelques années de plus…ou physiquement de moins à voir. Nous aurions pu être proche mais jamais je ne l’aurais autant été que maintenant. Cet homme allait me sauver la vie. On ne pouvait avoir plus belle preuve de confiance, de respect et d’amour mêlé à la fois. Autant de sentiments qui poussèrent les confidences, les tourments, comme pour tenter de les arracher de mon passé une bonne fois pour toute. J’y cru du moins…un instant. Il le fallait sinon je pouvais bien renoncer et je ne devais pas.

Le repas en cours, j’attendis qu’il revienne le partager à mon chevet pour échapper quelques mots, sans vraiment me soucier qu’ils puissent, involontairement, le blesser ou le torturer d’une quelconque manière. Seulement l’émotion du moment, les quelques mots du cœur avec lesquels, à ce moment, je fus en parfait accord.


« Les choses auraient pu être différentes, en d’autres circonstances. Je peux maudire mon père des nuits entières de ce qu’il aura fait subir à toutes ces femmes, il reste mon père et je lui dois respect de sa mémoire. Malgré tout, vous avoir connu à sa place aurait été un grand honneur. Vous êtes fait pour ce rôle, Monsieur Nikolas. Vous auriez été un père formidable je n’en doute pas un instant… »

Je n’eus besoin que de quelques minutes, une fois couverts desservis, lavés et rangés, pour sombrer dans un profond sommeil aussitôt la tête posée sur l’oreiller.

Le réveil fut difficile malgré la présence qui se voulait apaisante de Nikolas, son énergie sereine imprégnant chaque centimètre de la petite maisonnée, mon corps n’en avait que faire : il poursuivait sa course…mais n’arriverait jamais à la fin. Cette pensée unique suffit à me tirer un sourire à peine les yeux ouverts, enfin. J’emplissais mes poumons d’air tout en étirant maladroitement les os fragiles de mes côtes avant de me redresser pour m’asseoir dans le lit et jeter un œil aux alentours.

Le feu avait continué de brûler toute la nuit, propageant sa chaleur pour envelopper la pièce dans un cocon de douceur et de réconfort. Ces mêmes sentiments que je retrouvai lorsque mon regard se posa sur Nikolas. Il était là, il était resté auprès de moi pour me veiller, comme promis. J’en étais touchée, sincèrement, et lui offrit alors mon plus beau sourire en guise de bonjour.


« Dites-moi que vous avez aussi pu vous reposer un peu ?, m’enquis-je, un léger froncement aux sourcils car toute aussi inquiète de son état que du mien. »

J’ignorai de quoi serait constitué les prochains moments mais je devais me montrer forte et pour commencer une journée, rien de tel qu’un premier repas que je préparai de mon mieux quoi qu’un brin lentement et certainement pas aussi goûteux que ceux de mon cuisinier mais je n’étais pas une femme à servir. Pas aujourd’hui. Je voulais montrer toute ma volonté d’aller de l’avant et surtout, ma reconnaissance infinie.


« Avez-vous réfléchis…à comment procéder ? Avez-vous besoin d’une préparation particulière, d’un rituel ? Que dois-je faire, où me placer ? »

Les questions fusaient entre chaque bouchées, c’était presque à s’en étouffer mais je restais calme, j’attendais, comme la bonne élève que j’étais en réalité. Je voulais tout autant que lui, sinon plus, que ce sortilège fonctionne, que sa magie altère la mienne pour le mieux. Ç’aurait été bien déplacé de ma part de ne pas m’enquérir des bases recommandées à l’exercice d’une telle pratique. J’avais confiance, de toute façon, je n’avais d’autres choix alors autant m’en remettre entièrement à l’homme-fée. Le destin, la chance, le hasard, appelons cela de toutes les manières possibles mais il ne restait que ma volonté et mon profond désir de survie. Deux armes que je léguais à Nikolas afin de l’accompagner dans son combat contre le sort, contre ma malédiction.
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Nikolas Klaus
Le Père Noël
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Jeu 23 Juil - 23:56

« Les choses auraient pu être différentes, en d’autres circonstances. Je peux maudire mon père des nuits entières de ce qu’il aura fait subir à toutes ces femmes, il reste mon père et je lui dois respect de sa mémoire. Malgré tout, vous avoir connu à sa place aurait été un grand honneur. Vous êtes fait pour ce rôle, Monsieur Nikolas. Vous auriez été un père formidable je n’en doute pas un instant… »

Nikolas prit les paroles de la femme comme un compliment, mais aussi comme une épée de Damoclès. Avant ce Noël en 01, on lui avait souvent dit qu'il était fait pour être père. Jusqu'à le devenir. Non pas avec les enfants de l'orphelinat, mais avec la chair de sa chair, avec son sang et celui de sa femme. Mais tout ça lui avait été enlevé aussi vite qu'on le lui avait donné.

– J'ai eu ce rôle, il fut un temps, que j'aimerais rejoindre, hormis que dans mes rêves.

Sur ces paroles l'homme rejoignit la cuisine, laissant Vashka essayer de s'endormir. La nuit allait être longue pour lui. La fée s’installa dans le fauteuil, au fond de la pièce, où le lit était exposé avec la femme qui, à présent, dormait à la simple lueur d'une bougie. Nikolas ne quitta pas des yeux la femme pendant une heure, écoutant la respiration comme pour faire sienne son rythme. Demain il devrait presque ne faire plus qu'un avec elle, se focaliser sur son être tout entier pour que ce sort, d’une complexité supérieure, puisse bien se dérouler.

Nikolas resta plusieurs heures à osciller entre méditation et surveillance de la dame et de son loup, s'assurant qu'elle n’était pas en danger pendant la nuit. Mais après de très longues heures de méditation, l'homme sombra dans le sommeil.


Nikolas avait été réveillé par l'odeur du petit déjeuner. Bien qu'il était content d'avoir un vrai petit déjeuner maison, il devait avouer que deux choses lui faisaient tirer la grimace. Il aurait bien aimer ne pas dormir et méditer toute la nuit pour augmenter les chances de réussite du sort. Et aussi que la baronne aurait du resté au lit.

– Trop. Je le déplore malheureusement. Je n'ai même pas pu vous empêcher de vous lever, pour pouvoir vous laissez vous reposer. Mais je tiens à vous remercier malgré tout.

Nikolas mangea ce que la baronne lui avait préparé. Il mangea avec bon cœur et entrain, et après avoir bien avalé sa nourriture il reprit la parole.

– Oui j'ai médité une partie de la nuit pour avoir une concentration maximale sur mon flux magique. Pour pouvoir lancer le sort qui vous libérera en partie de votre corps maudit. Mais je dois vous prévenir. Il vous faudra quelques jours, pour la première fois, retrouver votre apparence d'origine. Après cela vous savez ce que votre corps réclamera pour les prochaines fois.

Nikolas avait fait quelques tracés de craies autour du lit, et sur quelques murs. Enfin, sur les murs cela pouvait plus être des runes magiques de chance pour faciliter l’opération qui allait suivre.

– Nous commencerons d'ici une heure si cela vous convient. En attendant je répondrais à toute vos questions. Une fois l'heure passée à 11h11, je commencerais les incantations magiques. Cela pourra être dur pour vous. Mais vous ne devrez pas bouger et tenir le coup quoi qu'il arrive. Je vous fais confiance. Vous êtes une femme forte. Vous avez vécu bien pire. La délivrance, bien que partielle, sera la plus belle récompense pour avoir endurer cette souffrance.

Nikolas regarda la femme. Il était prêt à répondre à toutes les questions qu'elle lui poserait. Même les plus indiscrètes. Après tout ce sort était compatible que si une grande confiance mutuelle était à l’œuvre entre le lanceur, et le receveur.


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Vashka von Kursell
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Vashka von Kursell
Ven 24 Juil - 21:02
Quelle indélicate je faisais ! Nikolas avait déjà été père et à en juger par son visage, je devinais presque les stigmates de ce temps sur sa peau, dans son cœur. Le mien se serra vivement et je regrettai aussitôt ma franchise. Quelle idiote j’étais. Je me fis muette pour ce qu’il restait du repas, choisissant de sommeiller plutôt que de risquer de continuer à me montrer indiscrète par toutes les questions le concernant qui me venaient à l’esprit. Où était donc sa famille ? Où était cet enfant ? Était-il aussi…perdu dans l’immensité du monde ? Si la fatigue n’avait pas été si grande, j’en aurais bien versé encore quelques larmes. Impossible de faire son deuil, je n’y arrivais tout simplement pas. C’était comme si seulement je prenais conscience de la profondeur de cette blessure que j’avais tenté d’atténuer en la gavant de sable et de pierre sans même la soigner. Maintenant, elle se rouvrait. Et elle était plus douloureuse et infectée que jamais.

Le repas du matin me revenait et je m’enquis de ma tâche avec joie. Aujourd’hui était un grand jour, je devais montrer toute ma reconnaissance et faire taire mes appréhensions. J’avais confiance en Nikolas, une confiance que je n’aurais même jamais cru accorder à qui que ce soit, pas même à certains fantômes du passé. Il lisait en moi, il me comprenait et me consolait à la fois sans avoir un seul mot à prononcer. Si ce n’était pas de la magie ça. Autant que celle qui nous rassembla autour de cette table à discuter simplement, comme deux vieilles connaissances partageant un repas. J’eux un sourire.

« J’aurais trouvé un moyen de me lever quoi qu’il en soit. »

Loin d’être une menace, il s’agissait d’une plaisanterie destinée à le détendre un peu. Je n’aurais pas accepté d’être servie une nouvelle fois. Pas que je n’apprécie pas ses attentions mais il m’avait déjà tant donné, et aller m’en rendre le double au cours de la journée. Je pouvais donc bien faire cela pour lui. Lui préparer à manger, déguster le repas avec lui en écoutant sa voix. Elle était apaisante malgré l’ampleur des mots qui me traversèrent. Il avait médité. Il avait donc besoin de toutes ses forces et moi…moi au lieu de ça j’avais dormie, comme un bébé. L’injustice de la situation me réapparut de plein fouet, une fois de plus, il donnait beaucoup plus qu’il n’allait recevoir et je n’en étais qu’encore moins à l’aise. Je tins bon et écoutais jusqu'à la fin avant qu'une question ne me vienne aussitôt.

« J’aurais mal ? »

La réponse me semblait évidente sinon il ne m’aurait pas mise en garde. Mais la véritable question était surtout : à quel point ? Je ne renoncerais pas, je ne pouvais pas, pas au point où nous nous étions rendus mais mes appréhensions ne pouvaient être ignorées. Je devais savoir. Pour me préparer mentalement du moins. J’étais prête à entendre, à connaître les petits écriteaux en bas du contrat.

Je le regardais, franchement mais calmement, mon esprit cogitant seul au fur et à mesure de ses paroles. 11h11. Je retins l’heure non sans un froncement léger des sourcils. Cela signifiait-il quelque chose en particulier ? Je l’ignorais. En fait je prenais enfin conscience de mon incultitude du monde magique. Jusque là, je m’étais contenté de quelques formules et potions mais la base même semblait m’échapper. Et c’était aussi pour cette raison que j’avais fait ce voyage, dans l’espoir de trouver quelqu’un qui puisse m’enseigner, ne serait-ce qu’un minimum. Mais chaque chose en son temps, l’heure n’était pas encore à l’apprentissage.


« Je…hm, je doute avoir le temps de contacter le manoir afin de demander à ce que quelqu’un vienne me chercher… Vous parlez de quelques jours… Puis-je, user de papier et d’encre afin d’avertir les miens…à défaut d’oser vous demander à nouveau de m’héberger le temps de mon rétablissement… »

J’avais honte, profondément, de lui demander tant alors que jamais encore il n’avait vu ne serait-ce que la couleur de mon paiement. Un toit, un couvert, de façon passagère, d’accord. Sur plusieurs jours…après avoir lancé un sort dont lui même disait être très puissant et par la même, épuisant pour lui… Non ce n’était pas possible. Je devais trouver le moyen de contacter un messager, faire parvenir des ordres au manoir mais…quelque chose me disait que…

« Vous ne me laisserez pas repartir, n’est-ce pas ? »

Ma question pouvait sans doute paraître bien bête, un peu insolente aussi mais il n’en était rien. Quelque chose dans ces yeux où j’avais fixé les miens me disait, me murmurait que cette...chose, cette chaleur bienveillante qui m’emplissait n’était pas prête de me quitter même une fois le sort lancé. Comme si je pouvais sentir sur moi les bonnes intentions de Nikolas pour les temps prochains. Une sensation des plus étranges qui me laissa un moment muette. Tant de bonté. Je n’y étais pas habituée. Tant d’amour, pur, encore moins. J’en étais retournée et je me surpris à bêtement rougir de mes propres pensées.

« Je veux dire…je…vous paierai bien évidemment. Mais d’ici là, je peux aussi…rejoindre l’orphelinat ? »

La proposition m’était venue naturellement, m’en laissant presque bouche bée. Est-ce que j’avais vraiment offert mon aide auprès des enfants ? Pas que je ne les aimais pas, au contraire, mais…était-ce une bonne idée ? Ne ferais-je pas que retourner le couteau dans la plaie encore béante ? Si, évidemment, mais parfois il fallait souffrir encore davantage avant de pouvoir guérir. J’étais troublé, par ce que cela pouvait impliquer mais je refermai ma bouche et n’ajoutai rien de plus. Je me tiendrais à ma décision, à celle que mon cœur avait annoncé avant que ma tête n’y réfléchisse réellement. Suivre ses instincts que l’on disait. Aujourd’hui, j’étais la louve. Celle qui se bat pour survivre et celle qui lèchera le temps qu’il faut sa blessure pour la cicatriser.

Je jetai un œil à l’horloge. 11h00. Il était temps. Je pinçai les lèvres, une hésitation certaine au cœur qui s’emballa comme un grand sans que je n’ai rien à dire ou faire. J’inspirais, je devais me calmer mais…c’était difficile. Là, tout de suite, je ne le cachais pas, j’avais peur. Vraiment peur. Je n’aurais su dire si j’agis de mon propre chef ou si Nikolas me guida à la voix, aux gestes, mais je retournai près du lit pour m’y allonger, inspirant profondément à plusieurs reprises pour tenter de me calmer. Je le cherchais des yeux mais réalisais aussitôt que le voir agir, apercevoir d’éventuels manifestations auxquelles je n’étais pas habitué de m’aiderais pas à rester calme alors je fermais simplement les yeux.

Voilà, le calme, le silence qui se faisait peu à peu. Visualiser un endroit apaisant, un décor, une personne… Pas besoin de réfléchir bien longtemps et au fil de ma respiration, mon cœur ralentissait, se calmant enfin. J’aurais pu être en transe mais alors je n’en aurais pas eu conscience. Nikolas était là, je le savais, je le sentais. Odin aussi bien qu’il se soit contenté d’une léchée avant de se reculer, pressentant peut-être un éventuel danger ? Pas pour moi alors mais peut-être pour lui.


« Je suis prête. »

Ce furent les dernières paroles que je prononçais.
Vashka von Kursell
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Nikolas Klaus
Le Père Noël
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Jeu 6 Aoû - 0:30
Spoiler:
 


Nikolas avait vu venir la première question. Il finit de manger. La Baronne s’était donnée bien du mal pour faire ce repas, il se devait d'y faire honneur. Une fois le repas engloutis Nikolas regarda droit dans les yeux la dame Kursell.

– Je vais être honnête avec vous. Je ne pratique que rarement des sorts aussi complexes. Ce n'est pas le genre de demande que j'ai l'habitude de recevoir. Mais je me sens capable de vous aider. La magie, selon moi, doit servir à ce genre de fin : aider les gens dans le besoin. Mais, de nos jours, beaucoup de personnes préfèrent se fier à la technologie. Mais pour tout vous dire, je pense que oui, comme un os brisé qui repousse, un organe qui rajeunit, d'une manière non prévue, cela va malheureusement vous faire souffrir. Au point de vous faire croire que vous êtes en train de digérer un chocolat chaud comme le magma. Vous direz des choses que vous ne pensez pas. Enfin, sûrement. Mais ne vous en faites pas. Je ne sourcillerais pas. Parlez, hurlez, si cela peut vous apaiser un tant soit peu. Mais, surtout, restez éveillée. Ne succombez pas à l'évanouissement. Les douleurs auront surtout lieu pendant que je lancerais le rituel. Il faudra être forte. Pour le reste cela demanderas du repos, et je resterais à vos côtés pour prendre soin de vous.

Nikolas regarda sa montre magique indiquant l'heure. Le moment n’était pas encore venu, mais il approchait. Pourquoi cette heure précisément ? Juste que la fée était du genre méticuleuse. Avoir deux chiffres identiques était, pour lui, comme un symbole de perfection. Quand il s’agissait d'un sort si puissant, il ne voulait rien laisser au hasard. Ne serait-ce que par respect pour sa « cliente ».

– Vous pouvez écrire votre lettre. Mais je vous propose d'envoyer plutôt une beuglante. Façon traditionnelle d'envoyer du courrier par ici. Cela sera moins éprouvant pour vous. Il suffit de parler à cette enveloppe en concentrant un peu d'énergie magique. Mais si vous ne vous en sentez pas capable, je peux le faire pour vous.

Nikolas avait bien plus confiance en ce système de courrier qu'en celui des autre pays. Il suffisait d’insuffler un minimum de magie pour que le courrier aille à l'endroit voulu, délivrant le message avec la voix de l’expéditeur.

Après lui avoir expliqué ces quelques détails, la baronne choisit la façon dont elle préférait faire parvenir le message. Quant à la demande sur si Nikolas la laisserait partir, la fée eut un rire avant de lui adresser la parole.

– Voyons madame. Ce n'est pas que je ne veux pas vous laisser sortir. C'est que je vous interdis de faire un tel voyage. Votre corps sera en plein rétablissement radical. Un tel voyage pourrait vous être fatal. Mais je me ferais une joie de vous accueillir à l'orphelinat qui n'est pas trop loin d'ici. Ou, si vous le préférez, dans mon simple chalet qui se situe juste à côté de l'orphelinat. Mais cela pourrait vous ennuyer d’être dans une maison si silencieuse. Je surveillerais votre état de santé à votre chevet. Voyez même cela comme un service après vente, oh oh oh . Mais vous êtes la bienvenue dans l'habitat qui vous conviendra le mieux. Surtout que, les premiers jours, vous ne serez sûrement pas en mesure de vous lever. Cela dépendra des effets secondaires.

L'heure avait passé à une grande vitesse. Nikolas était serein. Il se devait de l’être. Tout, ou presque, dépendait de lui. Nikolas fit reculer doucement le lit en bois du feu de cheminée, grâce à son pouvoir, pour lui même se placer devant le feu. Nikolas posa les genoux à terre, pied calés sous les fesses, le torse bien droit et commença à méditer.

Une aura magique bleue commença à apparaître doucement autour de lui. C’était la libération brutale d'une grande quantité de magie. La fée ouvrit les yeux qui, eux aussi, avaient virés de couleur pour passer au bleu clair, comme le ciel, un jour d'été sans nuage. Les douleurs devaient commencer à se faire sentir. Mais la fée se concentrait, essayant de faire abstraction des gémissements de douleur. Il devait se visualiser mentalement les organes de la baronne, qui gesticulait de douleur. Ce n’était pas facile de concentrer autant de magie, tout en essayant de la stabiliser en lui, tout en imaginant là où il devait faire parcourir la magie en Dame Kursell.

De longues minutes étaient passées, de trop longues minutes. Mais Nikolas était en condition optimale pour agir. La fée tendit la main droite vers la femme, allongée sur le lit. Toute l’énergie magique qui l'entourait se dirigea vers sa main. Cette énergie se dirigea lentement vers la bouche de Vashka. La magie pénétra dans la bouche. C’était comme si une fumée entrait en elle, tout en la laissant respirer. Nikolas avait le regard fixe. Il manipulait la magie depuis sa position avec sa main, avec une telle concentration qu'on aurait pu croire que ses yeux allaient subitement sortir de ses orbites.

La grande quantité magique avait fini par quitter le corps de Nikolas, qui se sentait de plus en plus faible. Mais il devait tenir bon. C’était le passage le plus délicat. Une grande partie de magie avait quitté sont corps et provoquait un épuisement, aussi bien physique que psychique. Mais les soins n’étaient pas finis. Il devait répartir la magie dans les entrailles de Vashka. Pour qu'il puisse, comme il l'avait annoncé, partiellement soigner la malédiction de la dame. Mais il fallait être juste. Le cœur, les poumons, l’utérus, les intestins, tous ne demandaient pas la même quantité magique. Ils n'étaient pas tout atteint de la même façon par la malédiction.

Nikolas posa sa seconde main sur le sol. La fatigue prenait un pas trop important sur lui. Nikolas avait, de ce qu'il pensait, répartit comme il faut la magie en Vashka. Pour sceller le rituel Nikolas serra le poing, ce qui eut pour effet de sceller sa magie sur chaque organe, enrayant la malédiction. Avec ça le vieillissement ne devrait plus être que physique. Pour la fée c’était un grand soulagement, aussi bien humain que magique. Il avait sauvé de la mort cette personne, et ce grâce à la magie.

Nikolas jeta un œil sur le côté en direction de Odin, avec un regard qui lui disais : « Tu peux aller la voir mais doucement ». Juste après cet échange avec l'animal Nikolas tomba sur le côté, s’écroulant de fatigue. Il ne se réveilla qu'une bonne demi-heure plus tard le corps plein de courbatures, et vidé en magie.


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Vashka von Kursell
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Vashka von Kursell
Mer 19 Aoû - 6:02
J’écoutais attentivement. Ce devait être encore la seule chose que je savais convenablement faire malgré l’angoisse qui accompagna les paroles de l’homme. J’aurais donc mal. Très mal à l’entendre et l’espace d’un bref, très bref instant, j’eu la pensée que peut-être, la mort serait moins douloureuse. Pensée qui ne dura évidemment pas bien longtemps –et encore heureux !- alors que je secouais doucement la tête pour faire évacuer la pensée dérangeante.

Je ne pouvais pas renoncer. Je ne voulais pas renoncer. Pas alors que j’avais trouvé quelqu’un qui puisse réellement m’aider, qui s’offre même de le faire en jugeant mon cas asse désespéré peut-être bien. Mais je misais d’avantage sur cette bonté d’âme inconditionnelle que je devinai peu à peu chez mon hôte. Je pris sur moi, levant mon regard pour affronter le sien, le soutenir.


« Je tâcherai de ne pas vous décevoir, Sir Nikolas, répondis-je d’un ton qui se voulait résolu. »

Je l’étais aussi, d’une certaine manière. Résolue à aller jusqu’au bout de ce chemin qu’était ma vie. Qu’il revienne en boucle au moment où il s’était égaré dans la direction de la malédiction était le but de la manœuvre, qu’il s’achève abruptement à la fin de celle-ci était aussi une possibilité. L’un comme l’autre regorgeait de mystère, de crainte mais aussi d’acceptation bien que la première fin apporterait aussi son lot de soulagement, de bonheur et une reconnaissance infini envers l’homme-fée.

Avant tout cela, je me devais de visualiser la chose, de prévoir tout ce dont j’aurais besoin afin d’éviter d’indisposer davantage mon sauveur. Il était de mon devoir de veiller sur lui une fois le maléfice modifié, ne serait-ce que pour lui témoigner un remerciement. Car il l’avait bien dit, si je serais ébranlé par le sort, lui userait également d’une partie considérable de sa propre force vitale, il risquait donc de ne pas être au mieux de sa forme pendant un temps. J’endosserais donc le rôle du veilleur…du moins, je le croyais.


« Je vous fais confiance…aussi vais-je opter pour la méthode de votre pays, la beuglante, l’informais-je. »

J’étais pourtant bien incertaine de savoir comment extraire un peu de magie de ma personne, surtout en pareille condition de faiblesse. Je pris plutôt l’enveloppe, la maintenant à deux mains avant de fermer les yeux, inspirer lentement pour souffler, comme à un confident.


« À l’attention du Majordome Anthos au manoir du Domaine Von Kursell en Capitale de Russie. Moi, Baronne Vashka von Kursell vous informe d’un séjour prolongé en terre de Scandinavie aux soins et attentions d’un homme de confiance. Aussi, vous pris-je de ne point vous inquiéter, de mener un attelage de deux chevaux dont la marchandise à transporter sera un coffre d’habits complets de rechange et un cargo équivalent au tiers des réserves de légumes d’été et de poissons salés dont le dépôt du manoir dispose, le tout répartis en barils gelés afin qu’aucun aliment ne se tarisse en chemin. »

J’inspirai à nouveau, je devais faire vite afin que le tout soit bouclé avant l’heure mais il restait bien une chose qui devait être terminé et je m’empressai d’ajouter, pesant bien chaque mot.

« Je vous pris également de contacter Sir Ulgor, trésorier de la famille afin qu’un retrait de 2000 pièces soit effectué en mon nom et acheminé à l’adresse d’envoie, soit l’orphelinat, avec le reste de l’attelage. J’affirme par la présente qu’il ne s’agit en aucun cas d’une rançon et que ma personne se porte au mieux de sa forme. Je signe en ce jour et suis impatiente de vous revoir, Baronne Vashka von Kursell. »

Un soupire las m’échappa. À coup sur, écrire aurait été beaucoup plus demandant mais parler autant m’avait éreinté. Pourtant, c’est comme si un poids s’élevait finalement de ma poitrine. Quel que soi la finalité de cette journée, Sir Nikolas aurait son dû, du moins en partie, et j’en étais quelque part soulagée. Je lui souris d’ailleurs, ne m’inquiétant pas de lire une possible surprise sur son visage. Il fallait dire que le montant n’était pas peu et doublé de tout le reste, cela faisait beaucoup. Mais jamais assez. Pas en comparaison avec ce qu’il s’apprêtait à m’offrir. Une vie plus paisible.

« Je m’en voudrais de vous priver de vos petites joies, Sir Nikolas, déjà que l’impression d’abuser de votre bonté m’effleure à m’en donner la nausée, je ne peux refuser pareille offre et accepte donc de vous suivre jusqu’à l’orphelinat, concluais-je en me laissant reposer sur le lit, à nouveau bien faible. »

La suite se déroula avec une vitesse étonnante. Onze heures onze minutes. Le temps était venu et avec lui, l’appréhension qui revenait. Je n’avais toutefois ni le temps ni l’envie de lui accorder quelque importance que ce soit, le sort ne pouvait attendre. Je ne pouvais plus attendre.



Un spectacle d’horreur se jouait. Une véritable scène d’exorcisme alors qu’il n’en était rien, bien plus de l’inverse en vérité. La magie vibrait, irradiait, s’infiltrant d’abord par la bouche qui eut le réflexe de suffoquer avant de reprendre une respiration aussi régulière que la douleur le permettait. La femme sur le lit se tordit, la douleur n’était pas seulement vive, elle persistait, de toute part, de tous les côtés, elle l’enrobait. Il fallait tout de même tenir bon et entre les plaintes humaines et animales du loup qui, impuissant, ne pouvait que regarder sa maîtresse souffrir au loin, l’esprit de cette dernière restait éveillée. Certes embrumé d’endorphine que le corps tentait en vain de sécréter pour atténuer la torture, mais conscient.

Lorsqu’enfin l’homme-fée abaissa les mains, rompant tout drainage magique depuis sa personne à la vieille Dame allongée, le loup vint les veiller, tous deux car à peine l’homme sombra-t-il dans les ténèbres que la Baronne le suivit de près. Elle ne pouvait en supporter d’avantage et elle s’évanouit une fois le rituel accomplis. C’était fini.



Rp Clos
Vashka von Kursell
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