Christopher Swanson
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Christopher Swanson
Lun 15 Juin - 23:45
Storybook fantasy

Autour de cette petite maison au toit escarpé, aux colombages déformés, des rosiers. À pertes de vue. Le soleil est haut mais ses rayons n'apportent aucune chaleur, le vent qui agite les branches des arbres aucun frisson, le chant des oiseaux aucun son.
Seul rythme le silence le bruit régulier d'un sécateur que tient un jeune homme accroupi dans l'herbe devant les rosiers directement à flanc de la maisonnette. Des fleurs bicolores aux pétales mordus d'un pâle rosé en leur centre, aux bords aussi rouges que des lèvres écorchées au sang.

L'albinos est appliqué à obtenir des roses de même taille pour parfaire un bouquet qui se forme doucement à côté de lui à chaque fleur déposée. Pourtant, le voilà qui se décale de quelques pas pour cueillir une belle qui a attiré son attention ; car il les choisit soigneusement ; l'ensemble doit être homogène.

Il est parfait..., souffle-t-il dans un sourire en finissant d'ôter les épines de la douzième des roses qu'il pose sur le petit tas avant de ramasser le tout, prenant garde à ce qu'aucun pétale ne tombent.

Ce bouquet qu'il tient dans ses bras et observe un instant est composé de fleurs flétries. Leurs couleurs ne sont que spectre, leurs feuilles dévorées, leurs tiges malades, leur parfum absent, leur éclat brisé, leur beauté morte... Magnifiques. Simples. Magnifiquement à l'image de leur destinataire, simplement.
Ravi de l'allure de son présent, sourire figé aux lèvres, le jeune homme auquel on accorderait à peine la vingtaine passe vivement sa main sur ses genoux pour ôter la terre de la toile grossière de son pantalon avant de se redresser et d'avancer vers le devant de la chaumière.

Mais une présence.

Celle d'une fille aux cheveux or qu'il remarque en levant vers elle un regard onyx. Empreint de surprise. De vide, aussi.

Que fais-tu ici ?

Son sécateur est resté dans l'herbe, elle n'a rien à craindre si ce n'est les yeux inquisiteurs qui tentent de lire en elle comme si elle n'avait pas sa place. Comme si elle était une bizarrerie en ces lieux.
Christopher Swanson
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Lena Geist
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Lena Geist
Mar 16 Juin - 11:58
crac.
Tu apparaît.
L'ambiance ici est... Calme. Sérénité. Bien être. C'est ce que tu ressens à cet instant.
Tu te sens bien, entourée de ces roses, ces belles roses roses, rouges.
Des roses pourtant si fades, mais si belles, un contraste étrange qui ne fait qu'amplifier la beauté macabre de cet endroit, qui pourtant n'a rien à voir avec un cimetière.
Tu te sens si bien que tu te met à danser.
Au milieu de ces innombrables fleurs.
Ce rêve doit être le rêve de quelqu'un de joyeux, penses-tu.
Pourtant, tu sens bien que dans ce rêve, l'ambiance n'est qu'une façade: quelque chose se prépare, quelque chose de terrible: c'est le même sentiment qu'avant un orage.

Et puis, tu le sens, en toi.
Tu n'es pas seule.
Bien sûr que je ne suis pas seule, c'est le rêve d'une autre personne.
Tu sens la présence glacée d'un personne aussi froide que toi, mais qui pourtant à engendré ce rêve magnifique.
Cette présence à quelque chose de terrifiant, mais contre toutes attentes, tu t'approche.
De plus en plus.
Pas par pas.
Et tu tombe sur un albinos en tenue de jardinier, qui coupe ces roses.
Tu trouve que cet homme, sûrement de pas plus de 10 ans ton aîné, fait tâche dans un paysage aussi ensoleillé.
Tu trouve que la beauté qui s'en dégage pourrait fondre à n'importe quel moment, comme ça, sans prévenir.
Et au moment où tu t'y attends le moins, il te regarde.
Avec un regard fort, glacé.

— Que fais-tu ici ?

Il te fait peur, ce bonhomme de neige.
Un peu.
Tu décide de répondre en toute franchise, comme si tu faisais partit du rêve.

x Je viens pour danser.

C'est tout ce que tu as pu trouver.
Dans les rêves, tu n'es pas floue, alors autant en profiter.
De toute manière, il ne pourrait rien te faire, tu es morte.
Lena Geist
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Christopher Swanson
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Christopher Swanson
Mar 16 Juin - 15:14
Même après que la petite lui ait donné une réponse, il reste là à la fixer. Dix secondes tout au plus. Cinq tout au moins. Ce qui est long.

On ne danse pas ici, déclare-t-il d'une voix morne. ...Ne danse pas.

Pas un quelconque écho. Il lui en donne l'ordre.
Ses pas le mènent près d'une petite table en bois foncé, non loin de la double porte qui constitue l'entrée principale de la maison. Dessus, un linge jaune pâle humide étalé sur lequel il pose ses fleurs pour les y envelopper eu niveau des tiges. Peut-être que si la petite s'en va, elle pourra s'occuper de déposer ces roses pour lui. Peut-être même qu'elle sait à qui il doit les donner.

Tu viens du village ?

Oui, bien sûr qu'elle vient du village. Sinon d'où viendrait-elle ? Des roses ? On lui a appris que les petites filles en sortaient à la naissance mais beaucoup plus auraient croisé son chemin si ça avait été le cas, non ?

Tu devrais y retourner, renchérit-il sans attendre de réponse.

Avant que ses parents ne viennent la chercher et ne troublent la tranquillité solitaire du jeune qui laisse ses épais gants à côté du bouquet qu'il admire encore un instant. Il manque un ruban. Un rose. Son regard se tourne vers la porte de la maison et le paysage s'assombrit. Pourtant, aucun nuage n'est visible ; le soleil semble se battre contre sa propre ombre sans gagner la moindre parcelle de terre. Les champs de roses se parent d'une avide et attirante obscurité, immobiles, le vent n'a plus d'effet sur eux. Dans l'air, une tension qui fait bourdonner les tympans.
Un avertissement. Toujours le même ; il ne doit pas entrer. Il le sent plus que ne le sait : il ne doit pas entrer.
Pourtant il a besoin de ce ruban.
Christopher Swanson
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Lena Geist
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Lena Geist
Mar 16 Juin - 18:27
Tu regarde cet homme avec incompréhension.
Tout le monde aime danser.
Et tu peux danser n'importe où !
Tu ne comprends pas la démarche de la personne qui se tient en face de toi.
Toi, tu aime danser, alors tu ne te prive pas, tu recommence à tournoyer dans les roses.
Pourtant, le regard et l'intensité de l'ordre qu'il t'as intimer te pousse à t'arrêter de danser.
Tu te dit qu'il pourrait te faire des choses.
Des choses... sales.
Avec beaucoup de sang.

— Tu viens du village ?

Non, tu ne viens pas du village.
il n'y a pas de village dans ce rêve.
Enfin, tu n'en sais, rien, peut-être y en a-t-il un, plus loin dans l'imaginaire de l'homme.
Tu le rejoins à sa table, il te regarde.
Tu le regarde tout en t'assoyant à la table.

— Tu devrais y retourner

Tu regarde cet homme.
Il semble être de glace.
Tu t’attendrais presque à ce qu'une veine apparaisse sur son front, alors que son visage est calme.
Et puis, d'un coup, comme pour appuyer ta pensée, le temps se gâte.
Pourtant il fait toujours aussi beau.
Pas si étrange que ça, vous êtes dans un rêve.

x Je ne pense pas... dis-tu, en un souffle.

Tu te dis que quitte à rester là, autant jouer le jeu.

x Vous avez besoin de quelque chose avec ce bouquet ? Oh, je suis sûre qu'il manque quelque chose. Comme... Comme... Je ne sais pas...
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Christopher Swanson
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Christopher Swanson
Mar 16 Juin - 20:58

...un ruban, achève-t-il presque sèchement en regardant toujours du côté de la maison.

Il y a un danger, derrière cette porte. Quelque chose d'affreux que même lui n'accepterait de voir pour rien au monde. Pourtant, il ne saurait dire ce que c'est. Quelle forme ça a. Il ne l'a jamais vu mais a conscience qu'en y faisant face, il ressentira encore ce grand froid de la terreur jusque dans ses os, à ne plus pouvoir respirer, à se retrouver condamné à regarder, à sentir l'affolement de ses organes dans ses tempes...

Qu'y a-t-il derrière cette porte ?

Un regard noir de teinte se pose sur la blonde, exprimant une interrogation muette. Elle ira ? Peut-elle y aller ?

Il y en a à l'intérieur. Près de la cheminée. La boîte à couture.

Il espère ne pas parler dans le vide. Il espère. Il espère qu'elle saisira. Espérons.

Il m'en faut un rose.

L'intonation toujours aussi inexistante, son visage se complaît dans une non-expression qui lui donne un air de statue. Albâtre ou glace ? Entre les deux. D'un blanc penchant vers le translucide du givre. Flagrant à la lumière, inquiétant dans la pénombre qui ne semble pas vouloir décroître.
Les ombres encerclent la maison. L'homme de glace ne semble pas le remarquer. Ou du moins ne pas être dérangé par leur présence. Elles rampent maintenant hors des champs de roses et convergent vers la maison sans jamais la toucher, ni même l'effleurer. Elles-mêmes sont...craintives ?

Un craquement brise le silence et le jeune homme tend sa main vers la petite, une clef faite de glace au creux de sa paume. Il ne peut être plus expéditif. Des scrupules à l'y envoyer à sa place ? Aucunement. Rien ne lui arrivera. Au fond, lui aussi le sait.

Prends.

Rien d'autoritaire, rien de tendre non plus. Un juste rien qui met mal à l'aise. Sans équivoque.
Christopher Swanson
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Lena Geist
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Lena Geist
Mar 16 Juin - 21:20
Une clef, en glace.
Soit, le rêve de cet homme semble se refléter sur son apparence.
Tu te dis que tu ferais mieux de faire ce qu'il te demande, pourtant, les mots qu'il prononçaient semblaient ne vouloir en aucun cas t'influencer.
Pourtant, il y avait dans sa démarche quelque chose d'envoûtant, qui te poussait à entrer dans cette maison.
Tu pris la clef en main.
Elle était froide, beaucoup trop froide.
Elle te brûla la main tant elle était froide, et elle te tomba des mains.
Tu te dis que le seul moyen de la prendre en main était d'être aussi froid que l'homme.
Ou de prendre ses gants.
Tu te leva et pris les gants de l'hommes, posés sur la table.
Tu les revêtis et pris la clef.
Et elle glissa de tes mains.
Tu retenta, mais rien ne fît: tu ne pouvais pas la prendre en main.
Peut-être n'en étais-tu pas digne.
bien sûr que si j'en suis digne, ne dis pas de bêtises.
Tu te dis donc que la seule solution était...

x je n'arrive pas à prendre la clef en main, pourriez vous m'ouvrir la porte ?

Tu sentais bien que le bonhomme de neige ne voulait pas entrer dans cette baraque, mais peu importais: tu voulais l'aider, mais tu ne pouvais pas.
Tu te souvenais d'un homme, sage, disparu de ta mémoire qui disais:
dans les rêves, mieux vaut se confronter au danger que l'éviter.
Tu étais tout à fait d'accord avec cet homme, dont tu ne te souvenais plus du nom.
Rien ne pouvait arriver dans un rêve.
Tu le savais.
Tu le pensais.
Tu en étais sûre.
Presque.
Un peu.
Lena Geist
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Christopher Swanson
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Christopher Swanson
Mar 16 Juin - 22:10
Il la regarde faire sans esquisser le moindre geste, terriblement immobile, monstrueusement indifférent. À la requête cependant il se penche pour ramasser la clef, mais dans la seconde, elle n'est plus là.

Non.

Une lueur de déception passe en éclair dans ses yeux et il soupire légèrement. Ou expire lentement, plutôt. Ses paupières se fermant à demi se faisant.
Il n'ouvrira pas, et elle ne peut pas ouvrir.
Les voilà bien avancés.

Si on ouvre, on ne pourra pas revenir ici. ...Et on est bien ici. On est... On est bien. Ici. Non ?...

Un semblant de sourire crispe une fraction de seconde le coin de ses lèvres alors qu'il la détaille. C'est vraiment ce qu'elle veut ? Ne plus revenir ? Cette adorable blonde dans son chaperon carmin ?

...si.

Et si...
Et s'ils n'avaient pas à entrer ?
Pas besoin de son sécateur, sa main de glace en prend la forme alors qu'il pose l'autre sur l'épaule de la fillette. Qu'elle ne bouge pas. Qu'elle garde ses yeux dans le regard vide et terne qui lui fait face. Qu'elle ne crie pas. Qu'elle n'esquisse pas un geste quand le tranchant des énormes ciseaux fend son habit. Qu'elle ne réagisse pas. Qu'elle se taise quand il lui subtilise un lambeau avant de se détourner comme si de rien n'était.

Rose. Rouge. Ses roses sont rouges, alors le ruban peut l'être aussi. Rouge. Pas besoin d'entrer. Le jeune homme parfait son bouquet en l'entourant de cette touche passion, ses traits retrouvant la sérénité qu'il a laissé un instant de côté. Instant de doute. De peur engourdie. Comme vécue à travers un souvenir que l'on ne possède pas.

Là. Il est prêt.
Christopher Swanson
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Lena Geist
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Lena Geist
Mer 17 Juin - 12:02
Ton... Chaperon !
TON. CHAPERON.
Tu étais sur le point de péter une durite.
L'homme que tu avait aidé venait de couper ton habit.
Tu te dis alors que de toutes manières, tu ne savais même pas d'où il venait, ce chaperon.
Mais il te plaisait bien quand même...
Tu t'avança vers l'homme en lui jetant le regard le plus défiant et le plus mauvais que tu puisses lancer, c'est à dire... Un regard pas si méchant que ça.
Parce que malgré le fait que tu sois énervée, tu étais sereine.
Les ombres et le mauvais temps avaient disparu, et ne restait qu'une ambiance sereine, calme.
Et lorsque tu aperçu le visage du bonhomme de neige, tu ne pu que toi aussi t'adoucir.
Le calme était revenu.
Et la petite maison ne semblait n'être qu'une ombre désormais.
Tu te débarrassa de ton chaperon, à moitié découpé, et tu rejoint l'homme à la table.
Tu regarda le bouquet.
Un bouquet parfait.
Beau.
Rouge.
En contemplation, tu demanda:

x pour qui sont ces fleurs ?

Tu te dis que l'homme devait avoir une fiancée, quelque chose comme ça.
Tu ne t'en rendait pas compte, mais tu étais absorbée par le rêve de cet homme.
Il y avait quelque chose de...
Fascinant.
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Christopher Swanson
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Christopher Swanson
Mer 17 Juin - 21:43
Si la lumière est revenue, elle n'apporte toujours pas de chaleur. D'un geste presque tendre le jeune homme ôte d'une rose un pétale encore trop beau, encore trop coloré, faisant tache dans le bouquet.

Tu ne sais pas ?

Plus une constatation qu'une réelle question. Comme si c'était si évident que s'interroger n'était pas permis.
Bien sûr que c'est pour elle. Pour qui d'autre ?
La fillette doit certainement la connaître. Elle est unique. Au village tout le monde l'admire. Au village les regards se posent sur elle. Mais elle le regarde, lui.
Alors il prononce son nom. Quelque chose de chaud dans la voix.

Et le silence qui s'ensuit le tabasse.

Il baisse les yeux sur les fleurs en expirant comme s'il avait longtemps retenu son souffle. Ce qui est peut-être le cas d'ailleurs.
Elle le lui a pris... Son souffle.

Tu lui donneras.

Cette fois une vrai question. Une demande. Une supplique presque sifflée.

...et je t'apprends quelque chose en échange.

Il tourne lentement la tête vers la petite tête blonde, levant vers elle son regard qui a comme peiné à se détacher du bouquet. Si la requête est importante à ses yeux, il n'en montre pas un signe. Pas un cil qui frémit, pas un mouvement de la part de ses lèvres pâles.
Rien.
Un trop rien.

Il attend. Il observe.
Et le temps semble s'arrêter, se suspendre aux mots qu'on espère de la petite. Les fleurs écoutent, la maison se penche, elle aussi curieuse, projette son ombre sur eux.
Christopher Swanson
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Lena Geist
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Lena Geist
Mer 17 Juin - 21:59
Le nom qu'il prononce te fait un effet.
Un effet étrange.
Réconfortant.
Chaud.
Comme le câlin d'une mère, ou le baiser d'un amant.
Ce nom, c’est la chaleur incarnée.
Le soleil.
Tu t'imagines une femme rayonnante, un soleil de joie et de bonheur.
Qu'elle à de la chance.
Et qu'il à de la chance, ce bonhomme de neige, de ne pas fondre à son contact.

— Tu lui donneras.

Pendant un instant, tu crois pouvoir aller la voir.
Mais tu sais très bien qu'il n'y a pas de village.
Pas tant que lui ne voit pas de village.

— ...et je t'apprends quelque chose en échange.

Tu as toujours été curieuse d'apprendre de nouvelles choses.
Alors tu te dis que oui, tu peux lui donner les fleurs.

x Si vous m’accompagnez. En réalité je me suis perdu.

Tu te lève, et tu prends délicatement les fleurs dans tes bras.
Comme un enfant.
Tu es, l'espace d'un instant, la mère de ces fleurs.
Et tu attrapes le bras de l'homme.
Mais il te fait mal.
Comme la clef.
Froid.
A un tel point que cela te brûle.
Alors tu le lâche, en couinant.

x Bon, en route maintenant, ne traînons pas !
Lena Geist
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Christopher Swanson
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Christopher Swanson
Jeu 18 Juin - 0:42
Incertitude.
Le sentiment d'aller vers l'inconnu se présente à l'homme de glace. Il a l'impression de ne jamais être allé aussi loin, de ne jamais avoir été aussi proche de l'accomplissement de quelque chose d'important. Sans comprendre l'origine de cette sensation étrange.

D'un côté, il ne se sent pas d'y aller. Rien que de s'imaginer là-bas, il est oppressé.
Mais la petite main qui se pose sur son bras nu lui communique un peu de sa chaleur. Elle est là. Ce petit ange est avec lui. Et elle semble si enthousiaste...
La voyant souffrir à son contact, il se détourne placidement pour attraper un gant, revient s'accroupir devant elle et lui enfile sans un regard, sans un mot.

Tu as des toutes petites mains..., constate-t-il avant de se redresser.

Comparées à la sienne, longue et maigre, qu'il glisse dans celle gantée de la fillette.
Un sourire dans son regard.
Ce petit bout de femme l'aide. Il se met en marche et elle va le suivre. Il lui montrera le village et elle ira lui donner le bouquet. Il lui dira merci et elle disparaîtra. Il ne la verra plus elle ne reviendra pas. Comme...

...à chaque fois.

La maisonnette frémit. En les voyant s'éloigner sur un petit chemin de terre coupant à travers champ, elle appelle d'un gémissement sourd.
Personne n'est là pour l'entendre, pour lui répondre, pour lui céder.
Une ombre s'abat de nouveau sur les hectares de roses que s'apprêtent à traverser les deux âmes main dans la main. Les fleurs n'apprécient pas et semblent se parer de teintes plus sombres.
Pourtant l'homme aux roses, le regard perdu sur un point invisible à l'horizon marqué par la silhouette de toits réguliers, trouve ce moment parfait pour entonner un petit air sifflé.


Le vent qui depuis tout à l'heure ne semble qu'atteindre les végétaux s'engouffre soudain entre les mèches blondes et les boucles blanches de la fillette et du jeune homme.
Seulement pendant un souffle.

Tu peux appeler le vent avec cette chanson. Les roses le font parfois. Elles disent qu'il chasse leurs peines et envole leurs craintes.

Il laisse sa main libre effleurer les pétales carmins, les gelant inconsciemment sur son passage.
Puisse cet air être utile à la petite fille.
Christopher Swanson
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Lena Geist
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Lena Geist
Jeu 18 Juin - 13:39
Tes mains son désormais gantée.
Gantée de soie, une matière si douce, un contraste total entre l'homme et la matière.
Tu distingue, dans son regard, malgré une expression neutre, une grande douceur.
Insoupçonnée.
Belle.
Tu lui souris, un sourire qui vient du fond du coeur, un sourire tendre.
— Tu as des toutes petites mains...
Il se redresse, et toi, tu le fixe encore plus: cet être de glace est attachant.
Et puis, il prends ta main gantée dans la sienne, et vous avancez, dans ce champs de roses.
Le décor semble se mouvoir, plus vous avancez, plus les roses deviennent rouges et colorés.
Et puis, il se met à siffler.
Une mélodie que tu ne connais pas, mais qui te plait.
Une mélodie mélancolique sans pourtant être triste.
Une mélodie...
Douce et froide, comme celui qui la siffle.
Et puis, le vent se mit à souffler.
Violemment.
Des roses virent leurs pétales arrachés, et, en s'envolant, elles poussèrent des cris de terreur.
Les roses avaient peut-être peur de l'altitude.
— Tu peux appeler le vent avec cette chanson. Les roses le font parfois. Elles disent qu'il chasse leurs peines et envole leurs craintes.
Tu eu un petit rire.
Tu imaginais les pétales des roses s'envoler en pleurant, ou en criant leurs colère, ou en exprimant toutes expressions négatives, et les roses se soulager en poussant un soupir.

x C'est beau... soupiras-tu, les yeux dans le vague.

Vous marcherez encore pendant un long moment, avant d'arriver dans un village.
Un étrange village...

Lena Geist
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Christopher Swanson
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Christopher Swanson
Ven 26 Juin - 16:12

Étrange de par le silence et le calme presque oppressant qui y règnent. Les maisons sont bien entretenues, les volets ouverts, les jardinières aux fenêtres en bon état, mais personne. Le terne des pavés sur lesquelles avancent la fillette et le jeune homme n'est visiblement dû qu'à l'absence de lumière, encore une fois. L'astre solaire est haut dans le ciel mais ne semble pas les atteindre.

Tu sais où elle habite ?, demande l'albinos tout bas en arrivant sur la place centrale du village.

Un étal de fruits, un autre de poissons, encore un d'étoffes, mais rien n'apparaît comme réel. Pas d'odeur, juste un visuel, à l'instar des portes des maisons qui si on y prête attention ne sont en réalité que dessinées, peintes à même les murs.

Tu sais ?, qu'il insiste en lâchant la main de la petite, prenant le gant en même temps.

Il l'a accompagné au village, l'a même mené au centre de celui-ci, mais jamais il n'a accepté de venir avec elle la voir.

Tu ne lui dira pas que c'est de moi. Elle saura.

L'absence de toute âme ne semble même pas inquiéter l'épris de roses. Son attention a été captée par un tas conséquent de bûches inertes au centre de la place. Il en approche. Il fixe. Comme cherchant à replacer ce bois dans un contexte, comme cherchant profondément en quoi il le fait se sentir un peu plus mal.
Christopher Swanson
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Lena Geist
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Lena Geist
Lun 6 Juil - 14:45
Tu regarda l'homme.
D'une étrange manière, oui, tu savais où elle étais.
Tu savais où se trouvait sa maison.
Tu savais où elle se trouvait.
Tu savais quoi lui dire.
Tu savais que cette femme n'était autre qu'elle.
Mais tu ne connaissais pas le chemin.
Alors, pour ne pas déranger ton compagnon de voyage, tu te mit à marcher dans le village.
Il semblait infini, ce village.
Il ressemblait à un décor de cette histoire, Le Cavalier sans tête.
Plus tu t'enfonçait dans le village, plus tu sentais sa présence.
Plus tu sentais sa présence, plus tu sentais une chaleur t'envelopper, comme celle d'un astre solaire, beaucoup plus proche que le soleil.
Tu te guidais ainsi grâce à la chaleur qu'elle dégageait, te dirigeant vers une des maisons les plus petites du village.
La maison ne devait pas être plus grande que toi, pourtant tu entras aussi facilement que dans un bâtiment normal.
Dedans, il n'y avait rien à part une petite table avec un vase plein d'eau dessus.
Et il y avait elle.
Quand tu la vis, tu sentis la chaleur t'envelopper complètement, tu te sentais chez toi ici.
Et elle dansais, avec une grâce infini, une beauté à couper le souffle, que tu en oubliais les roses.
Tu ne pensas plus qu'à la rejoindre et à danser.
Danser dans les flammes, dans les douces flammes qui la recouvraient, la faisant briller de plus belle.

Tu ne devrais pas rester avec lui.

Ces mots s'étaient imposés à toi.
Sans s'arrêter de danser, sans même bouger les lèvres, elle t'avais susurrer ces mots.
Tu ne savais quoi répondre, et de toute façon tu étais trop occupée à danser.
Danser, danser.
Danser pour oublier.
Pour la première fois depuis que tu étais morte, tu te sentais vivante.
Elle remplissait la pièce de sa chaleur, de sa beauté, si bien que tu te sentais belle toi aussi.
Mais tout se brisa d'un coup.
Quelqu'un d'autre était entrer dans la pièce.
Et ce n'étais pas ton bonhomme de neige.
La chaleur disparu, et elle disparu avec.
Il ne restait que cette personne, que tu ne pouvais décrire tellement il étais étrange.
Et sombre.
Si sombre.
Rien qu'à le regarder, tu te sentais partir.
Tu allais t'évanouir.
Tu tombas au sol, en poussant un cri silencieux à l'adresse de Christopher.
Et en tombant, tu vis les roses, à terre elles aussi.
Tu les avais oublier.
Et l'individu les prenait en main.
Et tu perdis conscience.

Lena Geist
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Christopher Swanson
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Christopher Swanson
Mar 7 Juil - 0:26
Pendant tout ce temps le jeune homme fixe le bois
À se poser maintes questions mais surtout un réel pourquoi.
Pourquoi ce sentiment acide et familier ?
Aucune trace de ce qui a pu se passer
N'est visible. Sous les bûches, pas même des cendres.
Dans le silence vibrant un appel se fait entendre.

C'est plein c'est faible ; c'est loin c'est fade.
Mais la fillette l'appelle, et fixer ainsi le vide le retarde.
Il s'élance à travers les petites rues du village
Pour la rejoindre au plus vite même s'il n'a aucune envie de voir son visage,
Surtout pas son corps, encore moins son âme.
Il reste sur le pas de la porte, ignore ses flammes.

C'est sur la silhouette masculine que ses yeux se posent ;
Celle-là même ayant ramassé son bouquet de roses
Fanées. Puis la fillette, au sol, sa petite tête blonde.
Il a envie de la relever, de l'aider, plus que tout au monde,
Mais sa présence, la présence de cet inconnu, l'empêchent d'entrer.
Alors il reste, il regarde, il écoute, mais rien ne sert d'essayer.

Rien.
Affreux sentiment d'impuissance sans fin
Qui sonne alors qu'il croise son regard lourd
L'atteinte d'un point de non retour.
Citation :
Suite directe : Leaves and loneliness
Christopher Swanson
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