Chasseuses de vagues (juin 04)

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Alice Liddell
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Alice Liddell
Sam 2 Jan - 14:36
Courtisane et prostituée. Alice connaissait fort bien le second terme – entendu dans la rue, précisé par les fleurs de Pitt. Mais le premier la jeune Roumaine n'avait qu'une vague idée de ce qu'il pouvait dire. Dans sa tête les deux termes n'étaient autres que des synonymes, deux manières de désigner la même chose. Elle fut étonnée d'apprendre que Jane avait connu telle expérience. Mais qui était-elle pour juger elle qui avait vécu sur les routes pendant des années, avait fricoté avec les vagabonds, les va-nu-pieds et les criminels de petite envergure ? Elle était bien trop mal placée pour critiquer, et elle se contenta donc d'ouvrir une oreille attentive.

« Si je vais à confesse » finit-elle par glisser, tout bas, « Je crois que Monsieur le prêtre tombera de haut. »

Mon Père, j'ai tué des gens, maudit l'homme que je considérais comme mon père et probablement causé plus de mal que de bien. Vous croyez que Dieu me pardonnera ? Moi qui sait même pas si je crois en lui.


L'arrivée du médecin stoppa toute réflexion sur la religion. Alice se rassit sur le lit, le dos droit, tâchant de paraître un minimum distinguée face à un homme. La tornade Jane retourna pratiquement toute la chambre pour retrouver ses deniers, avant de s'éclipser. Telle une enfant sage, Alice se contenta de s'asseoir sur le bord du lit, patientant.

Jane revint, au bout de quelques minutes, avec la mine pâle de quelqu'un ayant usé trop de ses forces, ou couvant une maladie. Lorsque l'Américaine s'allongea sur le lit, Alice posa sa main de chair sur le front de la jeune fille tentant de voir si elle était victime d'une fièvre subite. Conséquence de leur escapade dans les tréfonds du navire ?

« Jane, tu te sens bien ? »

L'estomac répondit à sa place, arrachant un rire à Alice.

« Je suppose que ça veut dire que tu es affamée. Allons manger ! On rapportera ce qu'il faut à Percy ! »

Ni une, ni deux, Alice agrippa le bras de Jane et l’entraîna derrière elle, l'emportant hors de la chambre. Secouée l'Américaine dut, probablement, demander à la Roumaine de ralentir le temps de reprendre un minimum de contenance et, surtout, de verrouiller la porte de la chambre. Par simple mesure de sécurité.

Alice dévala les marches, quatre à quatre, sautillant tel un cabri retrouvant la montagne natale. Dans le hall les regards se levèrent en sa direction. Avec sa jambe métallique la jeune femme produisait un bruit singulier, et peu discret, loin des enjambées délicates d'une dame de son âge. Alice n'en tint cure et rejoignit le comptoir demandant au maître d'hôtel où se trouvait le restaurant. Digne dans son uniforme et professionnel jusqu'à la pointe de ses moustaches, l'homme indiqua l'entrée à la demoiselle. Une cliente, même extravagante, se devait d'obtenir les services demandés.

Alice le gratifia d'un remerciement et glissa son bras sous celui de Jane.

« Tu as déjà mangé dans un restaurant d'hôtel ? Moi pas. Je crois même que je n'ai jamais mangé dans un restaurant. Juste bu un chocolat chaud dans un salon de thé. »

Autant dire qu'aujourd'hui elle allait tenter une toute nouvelle expérience.

Le restaurant avait ce décorum bourgeois pimpant voulant approcher le faste noble tout en cherchant à se démarquer. Des tableaux modestes décoraient les murs, les chaises étaient rehaussées de coussins d'un rouge sombre. La rumeur des conversations bruissait sous le plafond – discussions enflammées entre clients, jacasseries entre demoiselles, babillages d'enfants courant autour des tables, refusant d'endurer le supplice du long repas interminable. Alice observait tout cela d'un regard avide, empli de curiosité. Un serveur se rapprocha des deux demoiselles, s'inclinant pour les saluer.

« Mesdemoiselles, ce sera une table pour deux ? »

Trop occupée à détailler chaque recoin de la pièce qui s'offrait à son regard, Alice laissa Jane guider la barque et mener la discussion. Elle la suivit, néanmoins, lorsque leur duo s'ébranla afin de rejoindre la table que le serveur leur avait destiné. La commande passée, l'Androïde attendit que le serveur soit reparti pour parler.

« C'est beau ! Bon pas autant que la grande salle du Lady Liberty mais, hein, c'est pas moche ! Dommage que Perçy ait pas pu nous rejoindre. Mais, toi, ça va mieux ? Tu veux que j'aille te chercher quelque chose en cuisine en attendant ? Ou que j'appelle le serveur ? »

Citation :
Moi de même j'ai eu un peu de mal à me remettre dedans mais j'ai réussi ! *encore une victoire de canard* Si jamais parfois je suis allée trop loin, que je n'ai pas été cohérente, ou quoi que ce soit d'autre, inonde-moi de MP !
Alice Liddell
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Galaad
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Galaad
Mar 5 Jan - 15:52
Toute lente et toute penaude, Galaad rougit jusqu'à la pointe des oreilles lorsque son estomac gronda. Une tête dodelinant un piteux "oui" accepta la proposition de la roumaine. Gênée, elle n'osa pourtant pas ralentir plus d'une fois sa camarade. Avec une lenteur qui en devenait presque cérémoniale, elle descendit les escaliers, le dos droit et une main glissant le long de la rambarde comme si elle pénétrait dans une salle de bal. Ses bottines s'enfonçaient presque dans le moelleux du tapis, les parcelles s'approchant des murs ne s'usant pas autant du passage que le reste de la moquette fréquentée. Après une autre hésitation, elle osa s'élancer plus loin de son appui. Le seul avantage de ces fichues crises d'anémie résidaient surtout dans l'aura de délicatesse feutrée, presque indolente, qui entouraient alors une Jeanne habituellement électrique. Enfin cela dépendait sans doute du point de vue. Elle esquissa un sourire rassurant pour sa compagne, pas mécontente de profiter du bras d'une Alice à la démarche plus vive et stable que la sienne.

- Quelques fois. Percy m'emmène parfois, pour rencontrer des clients ou quand on a bien travaillé. J'suis même allé à un banquet en Russie avec des nobles et tout...


Les doigts de l'épéiste s'accrochaient fermement sur la peau de l'androïde.

- Je te raconterai... Profitons du restaurant !

Conclut-elle finalement. Etant arrivé la veille, Jane avait déjà profité des lieux de tout son saoul. Aussi ne perturbait-elle pas l'observation attentive de son amie et prit les rênes. D'une pression et d'une impulsion, elle guida leurs pas vers le pupitre du Majordome. Un serveur sans doute un peu stupéfait par leur mise et de voir deux jeunes femmes sans chaperon dans son restaurant s'empressa de s'approcher d'elles.

- Oui, nous prendrons une table pour deux. Pas en milieu de salle, s'il vous plait.


Le début de céphalées ne donnait aucune envie de s'afficher à la vue de tous et en pleine luminosité. Courtois, le jeune homme blond qui leur indiqua être "Frederik" et qu'il serait "leur hôte pour la soirée" les accompagna à leurs places et tira galamment les chaises pour chacune d'entre elles. Aux petits soins, il leur déclama la carte comme une sérénade alimentaire. Jane camoufla soigneusement le mécontentement de son estomac derrière un sourire poli et malgré ses cris affamés ne commanda qu'un potage aux pois et ... une grosse pièce de viande saignante et de patates avec une grimace qu'elle dissimula mal à Alice tandis que celle-ci passait sa propre commande. Son menu, elle l'avait composé avec les aliments les plus riches en fer comme lui conseillait le docteur familial depuis sa tendre enfance. Depuis qu'il n'y avait plus les saignées pour traiter son anémie - voilà qui ferait sans doute hurler l'éminent docteur Martès s'il en avait vent -, cette diète fonctionnait efficacement pour diminuer le risque d'une grosse crise.

Deux papillons noirs dansaient toutefois devant ses yeux, se donnant la chasse avant de sortir de son champ de vision pour mieux y replonger. D'un geste machinal, elle chercha à les repousser. Toute pâle, elle ne réussit même pas à rougir sous les quelques regards de clients étonnés de voir une demoiselle ainsi s'agiter. Toutefois, ses épaules se contractèrent pour tenter de prendre moins de place et disparaitre parfaitement gênée. Alice reprit la parole, sans doute inquiète et Jane releva le nez vers elle.

- Non, je peux attendre. Je... désolée, je suis un peu fatiguée. Cela passera vite. Manger suffira probablement.

Puis, au pire, quelques jours de calme à s'occuper de Percy et lire ferait le reste. Hélas pour Alice, l'esprit de Jeanne naviguait dans ses eaux lointaines et ses lèvres restèrent temporairement scellées. Le Baron Périlleux n'imaginait même pas de machines mirobolantes et fabuleuses pour se concentrer uniquement sur le fait de garder les paupières ouvertes et la tête droite. Frederik leur apporta heureusement bien vite leurs entrées. Le potage de pois verdoyait dans son assiette et une boucle de crème épaisse y courbait son arabesque laiteuse. En guise de remerciement, la polie petite noble inclina la tête mue par la force de l'habitude en présence des domestiques.

- Bon appétit.

Souhaita-t-elle à son amie en français sans y prêter attention. La cuillère manqua deux fois l'assiette avant d'y plonger enfin. Jeanne s'y brûla ensuite la langue et Vermine la tira prestement et engloutit son verre d'eau en une lampée presque sonore. Yeux écarquillés, Jane fixait Alice.

- Sss'est sschaud. 'Tention.

Non, pas de souci à avoir vraiment, un peu de repos et de la nourriture retaperont efficacement Galaad...
Galaad
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Mer 13 Jan - 21:24
Le rire éclata comme une bulle de savon qu'on venait de piquer avec une aiguille. L'hilarité d'Alice rebondit dans toute la salle et il fallut plusieurs instants à l'Androïde pour ravaler son rire, reprendre contenance. De l'index la jeune femme essuya une larme qui tremblotait au coin de l’œil. Se relevant, la jeune fille se pencha au-dessus de la table et souffla. Un souffle ténu, maîtrisé, qui fit vibrer la surface de la soupe de Jane. L'Androïde plongea la pointe de sa cuillère dedans, goûtant le breuvage. Elle eut un hochement de tête appréciateur avant de se rasseoir.

« Devrait être moins chaude maintenant. Sinon tu peux faire des croûtons avec le pain, et tu les mange tous imbibés. »

Avec sa cuillère, Alice tâta de sa propre entrée. Elle avait opté pour le consommé aux profiteroles, intriguée par le nom, sans véritablement savoir en quoi il consistait. De la pointe de la cuillère l'Androïde fit dériver la profiterole dans le bouillon, s'amusant à en suivre les mouvements. D'un geste sûr la jeune fille pêcha la profiterole et la goba, d'un coup d'un seul, l'avalant tout rond.

« C'est amusant comme soupe. Ils mangent de ça dans le grand monde ? »

Alice laissa à Galaad le temps de se nourrir de quelques lampées avant de soupe avant de la passer à la question.

« T'as été un banquet noble en Russie ? Raconte. Y avait aussi la tsarine ? C'est vrai qu'elle est toute faite de glace et que c'est à cause d'elle qui y a toujours l'hiver dans son pays ? »

Si l'Androïde ne connaissait guère les têtes couronnées, ne savaient pas forcément associer noms et visages sur ces nobles de haute facture, elle était nourrie de rumeurs et d'histoires à leur sujet. De ces histoires que le peuple s'échangeait pour combler l'ennui.

Se tenant le plus dignement possible, l'Androïde avala sa soupe à grandes lampées, loin des mesures délicates d'une fille du monde. Son bras avait le geste rude de la fille du peuple qui se rue sur la nourriture offerte, comme si demain elle n'aurait plus rien dans son assiette. Son assiette vidée, Alice s'autorisa un soupir de satisfaction. Et une trace de bouillon autour de la bouche.
Alice Liddell
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Galaad
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Galaad
Dim 17 Jan - 2:56
Pivoine jusqu'à la pointe des oreilles, bien qu'éreintée et anémiée, le rire d'Alice fut si communicatif que la française s'esclaffait bientôt à son tour. Il gagna même en intensité tandis que l'androïde soufflait comme un mère la soupe de Galaad et en testait la température. Obéissante, Jane découpa une tranche de pain en petits morceaux d'une égalité effarante. Comme une fermière, elle en parsema sa soupe et y plongea sa cuillère pour reprendre une consommation plus avisée d'une soupe. C'est à dire en prenant garde à ce qu'elle faisait au lieu de singer les mouvements comme un automate.

- J'ai jamais mangé une soupe avec des profiteroles dedans. Normalement, c'est plutôt un dessert.

Un terrible dilemme se présenta un instant à elle. Profiteroles ou cupcake ? Patriotisme ou gourmandise outrageusement colorée ? Pire ! Macaron ou cupcake ? Tiraillée en deux, Galaad touilla sa soupe d'air un absent avant d'en suçoter un croûton. A la suite de la question, elle optima du chef accueillant volontiers la distraction.

- L'mois passé en fait. Pour une inauguration d'une université de techno-magie. La Tsarine l'était là oui oui. Si elle est d'glace, l'sculpteur est sacrément doué parce qu'elle avait des couleurs. Il faisait doux en fait et y avait pas d'neige. Alors j'pense qu'c'est que des racontards.

Puis, elle marqua un temps atrocement long durant lequel elle termina sa soupe.

- A dire vrai, c'qui m'a marqué, en dehors des conférences, c'est surtout une dame russe. Une belle dame rousse, une noble. Elle m'a aidé à trouver une robe pour le banquet en me faisant essayer pleins de choses dans une boutique. T'sais, une de ses couturières qui tient pignon sur rue mais qui fait surtout dans l'sang bleu ou du moins les gros bourges. Ensuite, elle m'a emmené chez elle et elle m'a fait essayé de la fourrure toute douce.

Le visage de l'exilée s'éclairait comme celui d'une enfant malgré son âge adulte avéré, bien qu'elle fasse quelques années de moins que son âge réel. En plus du siècle de sommeil, naturellement. Elle s'apprêtait à enchaîner quand Frederik vint s'enquérir de l'avancée de leur repas. Il débarrassa les assiettes vides, en s'inclinant légèrement malgré les mots un peu particulier que le duo de jeunes filles seules et sans chaperon utilisait. Les rôles furent alors échangés et Jeanne se redressa à demi pour venir tamponner de sa serviette les lèvres toujours maculées de bouillon de la jolie roumaine.

- Voilà. Il en restait un peu.

Reprenant sa place, elle goûta quelques gorgées du vin léger commandé. Elle n'osa naturellement pas esquisser la moindre grimace, bien trop polie pour critiquer, mais en son for intérieur la baronne d'Ithier maudissait l'incompétence américaine en matière de vignobles. Trop jeune, le breuvage tenait pourtant déjà plus du vinaigre que d'une boisson digne d'accompagner une viande. Elle ignorait si le sommelier était incompétent, si les palais américain étaient différents ou encore si Frederik se fichait copieusement de leurs poires en leur ramenant le pire pinard de la cave des lieux. Dans les trois cas, Percy aurait râlé vertement mais Jeanne garda le silence. La valse lente du verre sur la nappe claire débuta. Deux petits tours à gauche, un grand pas à droite. Peut-être aurait-il des arômes plus goûteux en s'aérant et décantant un peu. Que ne donnerait-elle pas pour un peu sirop de cassis pour sucrer un peu la piquette !

- T'as visité quels pays toi ? Y en a un dans l'quel t'aimerait aller ?

Demanda Jane avec curiosité. Frederik apporta alors leur assiette à tour de rôle. Disproportionné, le steak prenait plus de place dans l'assiette de la demoiselle. Le plat d'Alice se révélait tout aussi généreux. Le serveur leur adressa alors à chacune un plus franc sourire, un peu canaille et chuchota abandonnant un peu son rôle dans le restaurant pour être plus naturel.

- J'ai d'mandé au chef d'vous mettre du rab'. Si vous voulez, après l'service, avec les femmes de chambres, on fait des parties d'cartes dans l'local du personnel.

Le jeune homme se redressa alors reprenant son rôle, une main repliée sur son ventre, drapée d'une serviette blanche, l'autre le long de son flanc.

- Vous n'aurez qu'à me fournir une réponse en même temps que votre commande pour le dessert, Mesdemoiselles.

Un dernier clin d'œil, tout ce qu'il y avait de plus sympathique et dénué d'ambiguïté, il gagna une table adjacente afin d'écouter la commande de trois hommes d'affaires. Le sujet de prédilection du restaurant ? Le Lady Liberty pardi !

HRP:
 
Galaad
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Lun 18 Jan - 23:11
« Dommage » souligna Alice lorsque Jane, par son témoignage, lui apprit que les racontars sur la tsarine de Russie n'étaient que des fadaises. Apprendre qu'elle n'était qu'une simple femme, simplement attifée d'une couronne lui octroyant un titre, faisait perdre tout son charme à l'image qu'elle avait de la tsarine. Dommage, vraiment. Alice pouvait abandonner son rêve de voir la tsarine toute encroûtée de gel, toucher sa peau glaciale forgée dans le givre même. Une déception parmi tant d'autres.

« Tu as eu bien de la chance. J'ai jamais croisé la route d'un noble. »

Mais était-ce réellement une aubaine de fricoter avec le gratin de la société ? De devoir danser parmi toutes ces règles, ces protocoles à respecter à la lettre, éviter le faux pas pour ne pas se retrouver être la risée de tous, ou finir dans une histoire sordide se soldant par un duel pour « laver l'honneur » ? À bien y réfléchir, Alice préférait, de loin, demeurer une va-nu-pieds, une fille du peuple. Ce monde de bourgeois et de nobles n'était pas pour elle. Elle s'y sentirait à l'étroit.

« Mais j'aurais pas pu porter de la fourrure. Depuis Chester je peux pas en porter. C'est ma sœur. » Une de ses sœurs, pour être plus précise. « Elle a été chat avant et ça a laissé... des séquelles. Si je portais de la fourrure, j'aurais l'impression de la porter, elle. Puis Chester n'aimerait pas l'odeur, ça lui retournerait les moustaches. »

Connaissant l'hybride, la demoiselle se serait même jetée sur l'ignominieuse fourrure pour la lancer par une fenêtre entrouverte – moyen efficace de s'en débarrasser à tout jamais.

L'Androïde se laissa docilement faire lorsque Jane lui essuya la bouche, lui soufflant un « Merci » sans une once de retenue. Pourquoi une telle promiscuité l'aurait gênée alors qu'elles s'étaient vues en dessous, il y a de cela une poignée d'heures, et avaient même partagé un bain ? Le geste lui rappela même Zahnfee. Tortuga. Parfum de terre battue mouillée, de vase et de crasse.

Le retour de Frederik leur apportant la suite du repas l'empêcha de ressasser le passé et de laisser aller à l'émotion. Alice avait opté pour le plat du jour dont avait parlé Jane dans la chambrée : lapin à la moutarde, et sa farandole de petits pois et pommes de terre. Les dents de la fourchette firent rouler les pois avant que l'Androïde ne daigne s'en servir une bouchée.

« Mes compliments au chef ! » lança Alice au serveur après avoir avalé.

Elle se régalait, tout son être le criait. Les yeux pétillaient, la lame du couteau cisaillait le lapin, la pointe rose d'une langue se lovait au creux des lèvres. L'androïde mastiquait, bouche fermée, écoutant la proposition du serveur. Alice y réfléchit, peu habituée à ce qu'on lui offre pareille opportunité.

« Je ne sais pas trop jouer aux cartes. » avoua-t-elle à Jane à voix basse, comme si c'était honteux. « Mais ça s'apprend, non ? Moi ça me dirait bien, mais et toi ? Puis y a Percy à l'étage, faudrait peut-être le surveiller aussi. »

Temps de réflexion entre deux bouchées. Les sourcils d'Alice se froncèrent, formant un pli sur son front.

« J'espère que ce sont pas des jeux de cartes où on doit parier de l'argent. Comme au casino. Je suis déjà allée à un casino. Je pensais y trouver une fée, la fée des jeux. Mais je m'étais trompée, je suis tombée sur une sorcière. Celle dont je t'ai parlé dans la chambre. »

La discussion prenait une excellente tournure pour répondre à la question que Jane avait posé auparavant. L'assiette d'Alice se vidait doucement.

« Quand j'y réfléchis, j'ai voyagé surtout en Europe et en Amérique. J'ai beaucoup vadrouillé en Allemagne. Je suis entrée dans une maison close où j'ai bu du champagne – je ne savais même pas, à l'époque, que c'était ce genre d'endroits. Les dames avaient de si belles robes, je pensais... Je croyais que c'étaient des dames. » Jusqu'au jour où les fleurs de Pitt avaient éludé cette énigme. « Il y a eu aussi cette mercerie où j'ai causé la frayeur des employées. La blonde criait, mais criait... » Alice étouffa un rire derrière sa main, manqua de recracher les petits pois qu'elle venait de mettre en bouche. « Ch'était pire qu'une chouris. » commenta-t-elle, la bouche pleine.

Alice avala, continua le fil de son récit, ponctuant la fin de ses phrases d'une bouchée.

« J'y ai rencontré une sorcière là-bas aussi. On a noué un contrat. Je l'ai jamais revu depuis. Elle a peut-être oublié depuis. » Haussement d'épaules. Tout cela n'avait aucune importance. « Puis je suis tombée sur une maison en pain d'épice vide. Une maison tout en sucre mais déserte ! Enfin, sauf l'Androïde que j'ai sauvé là-bas. Il y avait aussi une créature bizarre... Je crois qu'on appelle ça un Sans-Visage. J'en ai revu dans un orphelinat où j'ai fait la connaissance d'un propriétaire d'un dirigeable. Il a pas la beauté du Lady Liberty mais c'est un beau navire ! Je suis certaine que t'aimerais t'y promener ! »

Piquant un tranche de pomme de terre, Alice désigna Jane de sa fourchette.

« Je pourrais demander au proprio que tu montes dans son Zeppelin. C'est un ami à moi. Et je pense que ça ferait pas de mal que des professionnels viennent faire quelques réglages. Ça couine et grince quand y a du grand vent. »

Et malgré tout ce monologue Alice n'avait même pas fini de narrer tous ces périples. Il manquait sa présence lors des attentats contre Emerald, de son escapade à Tortuga auprès d'une sorcière vaudou. (Curieux comme elle avait rencontré de multiples sorcières chacune avec un profil différent, une magie propre à elles, jamais la même) Il y avait eu aussi sa visite à New-Wonderland. Mais ces faits devaient demeurer seulement connus de ses participants. Ils frôlaient le secret et la criminalité. Jane ne devait rien en savoir.

« Malgré tout, même si j'ai vécu beaucoup de choses en Allemagne, je me vois pas y vivre. Trop violente, trop dangereuse. Puis je n'aime pas la façon dont ils voient les êtres comme moi. On semble les fasciner... d'une drôle de façon... »

Les histoires narrant des laboratoires allemands où les Androïdes étaient menés pour y être étudiés ne manquaient pas. Alice reposa ses couverts.

« Je crois que je ne pourrais pas finir mon assiette. On pourrait à manger deux dedans ! »
Alice Liddell
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Galaad
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Galaad
Dim 7 Fév - 4:19
- Si, tu as sans doute croisé la route d'un noble. Peut-être que tu le savais juste pas. Y portent pas tous un panneau illuminé pour dire qu'ils sont nobles.

S'exclama avec emphase et un rire soudain la française. Découpant sa viande avec application, elle la mangeait par petites bouchées prudentes pour éviter de s'étouffer avec. Parmi les petits détails étranges, les évolutions ordinaires de la vie, l'exilée ajoutait que les saveurs de la nourriture , en cent ans, avaient évolué. Peut-être n'était-ce là qu'une manière de cuisiner ou son féerique palais qui se rebellait. Malgré tout, la viande avait perdu du goût et le poisson se chargeaient souvent d'un arrière-goût. Peut-être était-ce l'industrialisation, la production en gros au lieu du détails calculés sur un besoin strict, Galaad l'ignorait et n'examinait pas autant en profondeur. Jeanne voulait manger le produit d'une chasse récente dans les bois. La bête fraîchement tuée et dégoulinante de sang, sa chaire transportant encore la saveur du grand air. Peut-être était-ce aussi là la supplique de l'ancêtre lui ayant chuchoté à l'oreille en prenant sa rapière en main.

La mélancolie passa aussi rapidement qu'elle était apparue. Jane se concentra sur les détails sur sa nouvelle amie, sa soeur hybride-chat. Pour Frederik, elle n'ajouta rien d'autre qu'une inclinaison polie de la tête et d'un sourire. A la confession de son amie, elle répondit tout bas.

- Oui, ne t'inquiètes pas. L'jeux d'cartes, ça dépend toujours d'l'région où t'es. Y nous apprendront si on veut. Pis j'crois que c'est plus un prétexte pour picoler en fait.

Un temps.

- J't'accompagnerai au début mais j'irai au chevet d'Percy après. J'suis un peu fatiguée aussi.

Avoua-t-elle enfin. Elle se tut ensuite afin d'écouter le récit des errances de sa camarade. Jane ne quittait celle-ci du regard que pour découper le morceau suivant de sa viande qui disparaissaient lentement, de même que le reste des mets sur son assiette. Beaucoup de nouvelles questions se bousculaient au portillon des lèvres françaises mais elle les maintenait close afin qu'Alice puisse continuer de lui narrer ses voyages. La gourmandise attisa un instant le bec sucré de Galaad qui regardait de ses deux billes turquoises son interlocutrice comme si elle détenait le Saint-Graal de la pâtisserie. "Gâaaaateau." souffla-t-elle tout bas. Déglutissant, Jane se redressa un peu sur sa chaise pour reprendre la contenance qui sied à une jeune femme du monde.

- Tous les navires sont beaux. C'sont des bijoux de technologies, des condensés de sciences. J'trouve dommage qu'personne explique aux gens qui y naviguent comment ils fonctionnent, plutôt qu'ils imaginent ça comme une sorte de sorcellerie moderne. J'pense que tout l'monde pourrait comprendre, même les gens qui ont pas eu l'chance d'avoir une éducation rigoureuse pour peu qu'on trouve les mots qui leur parlent à eux.

Après cet instant de passion pour son métier, Jane rougit légèrement et frotta le bout de son nez d'un revers de main, fourchette toujours nichée dans celle-ci et bout de viande piquée.

- Enfin... j'veux dire que j'serai contente d'monter sur un autre dirigeable. Percy et moi, enfin surtout moi de fait, on pourrait même faire l'révision et d'menus travaux en vol le temps d'être rapatrier à New York par exemple. Comme ça, t'saura où que j'habite et t'pourras v'nir m'voir quand tu veux.

Le sourire étira jusqu'aux tâches de rousseurs sur les joues de la demoiselle.

- J'aimerai bien. Qu't'viennes me voir à New York. Souvent. J'pourrais t'montrer des trucs à moi et l'robes qu'Vashka m'a aidé à choisir. J'te présenterai Salomon. Il est tout noir, énorme avec pleins d'cicatrices. Quand y sourit, c'est comme si la nuit s'déchirait sur l'jour. Il m'apprend à tirer, même si Percy veut pas. Y parle pas beaucoup, mais il est très gentil.

Laissant sa camarade reprendre son récit, Galaad terminait son assiette religieusement. Bien évidemment, la quantité remplissait son étroit estomac bien plus que nécessaire mais il était hors de question de ne pas avoir droit à un dessert aujourd'hui ! Peut-être que Jeanne disposait de ce fameux second estomac dédié uniquement aux mets sucrés. Le temps avait redonné à son visage des teintes plus vivantes et le vin but avec régularité malgré le manque de qualité colorait de rose ses joues.

- L'gens y oublient que vous avez pas choisi c'que c'vilain homme vous a fait. Z'êtes humains. Ceux qui disent l'contraire sont des imbéciles et des faux chrétiens. Dieu, j'suis sûre, qu'Il aime pas ça, leurs méchantes façons envers les autres et leur crainte de tout. Même si les curetons d'Rome y disent que toi ou moi, on devrait rôtir en Enfer. Faut pas les écouter.

Baissant les yeux, le regard de Galaad s'anima à nouveau des notes mélancolies précédentes. L'image que sa Foi associait à ce qu'elle était, fée, femme et savante, la blessait profondément. Contradiction suprême, la douce demoiselle, selon leur conception, était une engeance de Satan, une créature à abattre et à châtier pour l'Eternité. Impossible pour elle de rejoindre les siens au Paradis selon les prêches des Hommes d'Eglise. Au fond, peut-être était-ce là la seule réelle peur de la petite baronne. Toute croisée, toute chevalier - ou ce qui s'en rapprochait le plus pour une femme et à cette époque -, toute pétrie du sang des Ithiers et du Roi Pêcheur, tout son don tourné vers le Bien, toute pieuse qu'elle fut, l'Eglise dont elle embrassait la Foi avec Ferveur l'excommunierait dans le meilleur des cas, la condamnant à ne jamais revoir les siens ou la brûlerait comme une autre Jeanne dans l'Histoire de France. Un soupire fendit ses lèvres.

- Oui, les assiettes sont copieuses.

Conclus-t-elle néanmoins. Une longue pause.

- Je veux quand même un dessert.

Affirma-t-elle avec une exigence parfaitement enfantine.

- J'ai fini mon assiette pour ça.

Une moue.

- On va demander un sachet pour emporter le reste de ton assiette pour le manger demain.

Frederik, attentif, se rapprocha des demoiselles. Jane, d'un geste de la main, lui désigna le plat d'Alice. Il opina le chef en débarrassant et leur glissant déjà une carte des desserts. Sans prendre la peine de la consulter, Jeanne commanda.

- Je veux un cupcake au chocolat et un macaron fraise.

Les deux oui. Plus bas, elle ajouta.

- Nous viendrons tout à l'heure.

Le serveur esquissa un sourire moins commercial, visiblement ravi d'amener des jeunes femmes pour leurs jeux de la soirée. Malgré la réponse rapide de Galaad, Frederik patienta jusqu'à ce qu'Alice ait fait son choix en remplissant les verres des demoiselles de vin. Lorsqu'elles furent à nouveau seules, Jeanne confia l'évidence avec une pointe de gêne subite.

- J'adore les desserts. Je pourrais vivre en ne mangeant que des desserts.
Exagéra-t-elle. A une pensée, une grimace de dégoût froissa ses traits.

- J'ai essayé de construire une machine à cupcake un jour... Ils n'étaient vraiment pas bons. Même les mouettes n'ont en pas voulu... Percy m'a enguirlandé pendant deux heures parce que j'avais utilisé toute la réserve de nourriture et que ça lui coûtait un bras.

Le rire léger revint à l'idée suivante, se moquant d'elle-même.

- Bon, c'est peut-être parce que je cuisine pas très bien de base, hormis les cupcakes justement. Tu cuisines avec ta soeur Chester ? Tu as d'autres soeurs ou frères ?
Galaad
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Mer 17 Fév - 21:01
Il aurait fallu être aveugle pour ne pas remarquer combien Jane adorait les navires volants. Son regard brillait d'une toute autre lueur et sa voix vibrait, emplie d'émotion. La même émotion qu'exprime un artiste en parlant de son œuvre, la même émotion qu'une mère s'extasiant sur son enfant. Alice n'en rit pas, l'écoutant religieusement, se contentant de sourire ou de glisser une remarque lorsque Jane stoppait sa diatribe pour mieux respirer.

« Je demanderais à Pitt. Promis. »

Pas sûr qu'il dise oui. Le Zeppelin demeurait son havre de paix, son précieux, d'une certaine façon un jardin secret qu'il n'ouvrait qu'à quelques initiés. Mais Alice se faisait fort d'appuyer sur quelques leviers comme mettre en avant que la demoiselle qui viendrait investir les lieux partageait son amour du sucré, et apparemment, du cupcake.

« Je suis pas très instruite, mais je suis certaine que tu saurais expliquer aux gens. Je sens que t'as de la patience, et que tu aimes parler de ce qui te plaît. Rien que quand tu m'as fait visiter le Lady, je t'ai senti... à l'aise. »

Comme un poisson voguant dans son récif natal. Jane, dans ses habits de mécanicienne, avait eu la grâce d'une dame faisant visiter son manoir.

« J'ai jamais été à New York. Ce serait ma première fois. C'est vrai que les Américaines sont plus... » Alice chercha le mot, fit claquer sa langue. « … é-man-ci... pées ? J'ai connu une femme, en Roumanie, qui faisait des expériences. Elle préférait rester toujours en robe, et refusait de porter le pantalon parce que c'était pas convenable selon elle. Puis beaucoup de gens disent des dames pas comme les autres qu'elles ont des airs d'Américaines. »

Frederik vint, au même instant, déposer les desserts. Alice le remercia d'un sourire, observant le cupcake chocolat qu'elle avait pris elle aussi. Son regard alla de sa cuillère à l'assiette, avant d'être suivi d'un haussement d'épaules. Prenant le gâteau entre ses doigts, Alice croqua une première fois dedans, avant de l'avaler en quelques bouchées. Ses joues s'étaient gonflées comme celle d'un hamster tandis qu'elle mâchonnait, bouche close. Alice avala le tout, non sans boire après une rasade de vin pour aider à la descente.

« Ils sont pas mauvais. Mais je préfère ceux de Charly. C'est le cuistot du Zeppelin dont je te parlais. Il cuisine des cupcakes. Il pourrait t'apprendre quand tu pourras faire ta visite. »

Ce qui venait à point nommé pour parler de ses propres compétences culinaires.

« Je ne sais pas cuisiner. Je crois que j'ai jamais appris. Chester sait lécher les fonds de casserole, c'est tout. C'est Zahnfee l'artiste. Ma grande sœur. Elle sait créer des confiseries, cuisiner du sucré et du salé. Elle sent toujours bon, et elle est très belle. »

Pas comme elle, fade demoiselle aux genoux cagneux, aux coudes secs, tout en angles durs.

« Ce ne sont pas vraiment mes sœurs. Enfin, pas comme les gens l'entendent. On a pas les mêmes parents. On s'est trouvées, et on a fondé une famille, à nous trois. »

Alice eut un petit rire nerveux.

« Dis comme ça, ça doit te sembler bizarre. Mais même si on a pas le même sang, on est comme une famille. Les gens ne comprennent pas toujours. »

Si Alice savait que Jane, d'une certaine façon, partageait pratiquement la même expérience qu'elle au sujet de la famille de cœur, ses paroles auraient été bien différentes.

Frederik vint retirer les desserts, glissant un sourire de connivence aux demoiselles sur ces retrouvailles impromptus qui auraient lieu après le repas. Alice posa sa main de chair sur celle de Jane tandis qu'elles se levaient de table.

« Est-ce que ça va aller pour toi ? On reste le temps d'une partie avant de rejoindre Percy ? Mais si tu te sens encore faible, on peut annuler. »
Alice Liddell
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Galaad
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Galaad
Lun 22 Fév - 17:49
- Y sont drôlement meilleurs qu'les miens d'jà.

Cela n'avait certes rien d'insurmontable tant le niveau culinaire de Jeanne tendait vers le zéro. Hé, on apprend rarement à une jeune demoiselle noble à faire ce genre de tâches domestiques. Il n'y avait guère que les excentriques qui cuisinaient dans le beau monde à la place de leurs domestiques ou en dehors des lubies temporaires.

- Toi aussi, tu ne sais pas ?

Enfin ! Elle n'était pas la seule. Toutes les femmes du peuple ne rêvaient pas de potagers et de recettes séculaires transmis par leur arrière-grand-mère. Si elle n'avait pas été aussi fatiguée ou que l'endroit s'y prêtait mieux, probablement que Jeanne aurait sautillé sur place en entrainant Alice dans une folle ronde. Difficile d'imaginer pour quelqu'un d'autres un tel débordement de joie pour une compétence absente, mais nous parlions du milieu populaire traditionnel et, à cette époque-là, la tâche principale d'une femme restait de nourrir son homme, lui pondre des chiards et d'être une agréable potiche sans trop d'idées indépendantes.

- Pas tellement en fait.

Annonça-t-elle à la déclaration sur la famille.

- L'sang, c'est une chose. C'est important. Vital même. Mais ça n'amoindrit pas pour autant la puissance des liens que l'on tisse en-dehors. Si vous vous sentez comme des soeurs, alors vous z'en êtes. On s'en fout qu'votre père et/ou votre mère n'soient pas les mêmes ! C'est s'qu'tu ressens dans l'Toquant qu'est important.

Interrompue par Frederik, la suite de sa déclaration mourut sur ses lèvres. Le repas serait réglé avec la note d'hôtel aussi les jeunes femmes se lèvrent, elles étaient directement libre d'aller où bon leur chantaient. La partie de carte ? La française hésitait ce qui se traduisait pas un léger balancier d'un pied à l'autre tandis qu'elle restait planter dans le couloir.

- J'sais pas honnêtement. L'fin de leur service, l'est pas pour tout d'suite. On pourrait s'promener ? J'aimerais bien profiter d'la plage tant qu'on est là.

Sans attendre une réelle réponse, Jane glissa son bras à celui de sa camarade et l'entraîna dehors. Police et personnel de l'hôtel avait déjà ratissé les résidus des événements de l'après-midi. Les cadavres de depthscroungers avaient gagné le confort d'une morgue où des étudiants les découperaient pour tenter d'en apprendre plus sur le parasite, afin de s'en prémunir ou Dieu seul savait quel autre plan pouvait concevoir certains scientifiques toqués. La Lady, elle, dormait toujours embourbée dans le sable, la marée haute lui léchant les orteils. D'un coup d'oeil, le Baron Périlleux débuta un estimation de la somme de travail à fournir : Dix hommes pendant cinq jours pour rafistoler et remettre sur pied la dame afin de la faire décoller. Seulement décoller, pas la remettre en état. Pour la baie avant, un vitrier mettrait au moins un mois à préparer le verre spécial nécessaire pour l'aéronautique, une semaine supplémentaire pour l'installer avec deux apprentis. Une petite semaine de travail d'un ébéniste de talent rattraperait les accrocs dans les boiseries et permettrait le retour des clients fortunés et curieux. Restaurer complètement chaque détail prendrait plusieurs mois, la sculpture sur bois étant un art. Concernant la mécanique standard, avant son trébuchage dans le sable, la Lady avait déjà besoin d'une sérieuse chirurgie, tant le cancer des navire la dévorait de l'intérieur dès qu'on grattait un peu la surface clinquante : Rouille, mauvais entretien, manque de rigueur du machiniste. Walls Workshop la récurerait de l'intérieur. En sus, il faudrait à présent changer les pales et remettre à niveau la direction. Diagnostic ? Trois mois minimum avec une équipe de dix mécaniciens. Naturellement si la quille était touchée....

Concentrée sur la Lady, Galaad laissa filer cinq minutes de silence le plus complet, au mépris total de la politesse envers sa camarade. Lorsqu'elle s'en rendit compte, l'exilée rougit jusqu'à la pointe des oreilles et attrapa les mains d'Alice.

- J'suis désoléeeeee.

Serrant les doigts métalliques et de chair de son amie - éphémère amitié ou non, le temps seul le dira -, la demoiselle esquissa un sourire navré parfaitement gênée.

- C'est automatique, j'arrive pas à m'en empêcher : J'vois des problèmes techniques à régler, il faut que ma tête rame à toute vitesse pour trouver comment l'régler.

Cela fonctionnait aussi avec : Foncer dans le tas pour protéger la veuve et l'orphelin, les androïdes, les chiots et les causes perdues. La Justice et la Vérité, la devise d'Ithier, venaient juste ensuite avec la France et sa Reine. Ces centres d'intérêts et d'attentions débridaient l'indolence coutumière aux demoiselles françaises pour relâcher le Baron. Au fond d'elle, Galaad songea brièvement qu'elle aurait dû naître garçon pour laisser libre cours à ses aspirations. Son domaine, elle aurait pu le reprendre comme un conquérant en marchant avec des mercenaires sur l'usurpateur. Elle aurait porté son cas à l'attention de la Reine directement au lieu de fuir à l'autre bout du monde, sous la protection d'un étranger.

Prise d'une marotte, Jeanne relâcha Alice pour retirer prestement ses chaussures et bas. Fourrant les secondes dans les premières, elle les conserva dans une main tandis qu'elle serrait à nouveau les doigts d'Alice dans les siens : Une promenade au clair de lune, pieds nus dans le sable, le long de la mer. Quelques pas furent fait en silence avant que Galaad ne le rompe.

- J'suis une nymphe.

Lâcha-t-elle brusquement.

- C'est les Eaux-Vives ce soir.

Précisa-t-elle.

- Quand j'étais minaude, Mère et mes tantes m'emmenaient parfois nager, très loin vers le large pendant les trois jours que durent l'phénomène. Tout au fond d'l'eau, il y avait un palais enfoui, tout gonflé d'algues et de corail. Dans un coin, il y avait un coffre dont l'bois avait cédé au fil des ans pour déverser des pièces d'or sur le sol, comme un pare-terre d'or miroitant.

Turquoises rivées au profil d'Alice, sans cesser d'avancer, la question tomba :

- Si je trouve un moyen qu'on puisse explorer les fonds marins, tu viendras avec moi ?
Galaad
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Ven 26 Fév - 20:48
« Pas grave. » excusa l'Androïde, respectant les lubies de l'Américaine. Qu'une personne conserva le silence, quel qu'en soit la raison, ne la gênait guère. Elle avait vu des comportements bien plus atypiques au sein de l'asile. Il lui en fallait bien plus pour être déboussolée.

Recopiant les gestes de Jane, Alice retira ses bas et chaussures, veillant à tenir sa jambe métallique loin de l'eau. Le sel pouvait gripper son mécanisme – une expérience qu'elle avait déjà connu lorsqu'elle avait eu la mauvaise idée de s'approcher trop près de la mer. La sensation rappelait celle, désagréable, d'avoir du sable craquant sous la dent.

Honteuse de son manque de connaissances, Alice osa demander ce qu'était une nymphe. Jane lui répondit, la plongeant dans l'étonnement le plus profond.

« Je savais même pas qu'il pouvait y avoir... différentes fées. Pour moi c'était juste des gens qui pouvaient manier la magie, c'est tout. » Un temps, Alice leva les yeux vers l'horizon. « J'ai encore beaucoup de choses à apprendre. »

La proposition de Jane la figea net. L'eau vint lui lécher les orteils, produisant un fourmillement peu habituel dans tout son corps. Alice eut le réflexe de décaler sa jambe gauche, de craindre que les vagues ne la touchent.

« Tu crois que ce serait possible ? »

Lui revint alors en mémoire que les hommes avaient su construire une cité dans le ciel. Alors, explorer les fonds marins... Cela semblait presque une bagatelle à côté.

« Tu as déjà des idées ? Les navires volent, voguent... Peut-être qu'un navire saurait... naviguer sous l'eau ? Mais j'y connais rien. Mais je suis certaine que tu trouveras quelque chose ! » assura-t-elle en saisissant la main de Jane.

Le remous lent des vagues semblait leur chuchoter des encouragements. Les Eaux-Vives eurent lieu, comme l'avait prédit Jane. Alice l'observa, juchée sur les rochers de la grève, observant la montée des eaux, cette ascension naturel que rien ne semblait vouloir stopper. L'air marin colorait ses joues de rouge, et fouettait ses cheveux, les faisant claquer contre son visage.

« Promets-moi Jane, que le jour où tu pourras naviguer vingt mille lieues sous la mer, tu m'inviteras. J'ai envie de les voir ces palais sous l'océan. De voir si les sirènes existent vraiment. Et les trésors cachés au fond des eaux. »

Alice eut un frisson. L'air marin nocturne se faisait encore plus frais, lui faisant trembler légèrement les mains. Alice se releva, époussetant sa robe. La jeune fille remit bas et chaussures, avant de saisir le bras de Jane comme l'Américaine l'avait fait avec elle, quelques instants auparavant, en sortant du restaurant.

« On devrait voir si Percy va bien. Oh, et tiens... »

Fouillant dans la poche de sa robe, Alice en sortit un coquillage. Un de ceux qu'elle avait ramassé sur la plage lors de leur marche, entre deux échanges.

« Ce sera comme un souvenir. Pour pas que tu m'oublies. »
Alice Liddell
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Galaad
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Galaad
Ven 26 Fév - 22:48
Jeanne opina longuement du chef, le nez sur l'horizon.

- Qu'lques unes. Sur mon carnet, j'avais noté des idées pour ça, y a longtemps. Mais, après cet après-midi, j'pense que j'ai un meilleur concept.

Tout sourire, sa tête hocha positivement à sa camarade à nouveau. Un jour, tout le monde pourrait visiter les fonds marins, le ciel et la terre à son gré. Un jour, tout le monde pourrait s'émerveiller des contrées qu'on ne mentionnait que dans les contes de fées. Et tout cela, espérait-elle, sans faire de mal à la nature et à la magie.

Les embruns emplissaient leurs narines d'iode. Installées sur leur rocher, le silence flotta entre elles tandis que gonflait la mer. Après la journée mouvementée, ce calme venait clore la journée comme les quelques mesures douces à la fin d'une symphonie échevelée. A la demande d'Alice, Jeanne opina longuement.

- C'est une promesse. Nous irons ensemble. J'te ferais découvrir le domaine du Roi Pêcheur. Je t'emmènerai aussi visiter l'Antique Demeure, au milieu des champs de lavande et sous le soleil qui invite au rire. Nous pourrons voler au-dessus des calanques blanches striant une mer turquoise. Comme des anges. Quelques parts entre Ciel et Mer.

Suivant le mouvement de l'androïde, Galaad se redressa et mit de l'ordre dans sa mise. Son regard traîna longuement sur les berges et sur les eaux miroitant sous la lune pleine.

- Rentrons oui. J'suis... vraiment crevée.

Concéda-t-elle avec un rire gêné, les pommettes rosies. Durant ce retour, le pas de l'exilée appesantit un peu plus sur Alice. Néanmoins, elle reçut le présent de celle-ci presque cérémonieusement.

- J'ai pas besoin d'un souvenir pour pas t'oublier.

Annonça-t-elle avant de refermer précieusement ses doigts sur le présent, de crainte peut-être qu'on ne le lui retire. De l'autre, elle dénoua le "suivez-moi, jeune homme" turquoise de ses cheveux. Au poignet de sa camarade, le long ruban de soie fut attaché.

- C'est pas tout à fait tes couleurs, mais pour t'oublies pas qu't'as promis de m'accompagner dans une expédition périlleuse.

Taquina-t-elle d'un bref sourire en coin, le genre que Percy affectionnait. Le tandem se dirigeait alors vers l'hôtel. Autour de la Lady, quelques badauds s'affairaient. Gardant profil bas, le propriétaire n'avait qu'à faire garder son navire s'il tenait vraiment à ce que rien n'en disparaisse, Jeanne enjoignit même Alice à presser le pas.

A destination, loin de se glisser dans le sommeil bienvenue après les incidents sous son nez, l'établissement subissait même un subite regain d'activités. Tout un groupe de journalistes se pressaient dans le restaurant, tandis que d'autres prétextant connaître le propriétaire ou les mécaniciens harassaient le maître d'hôtel de questions sur la chambre occupée. Se tendant brusquement, Jane reconnut les moustaches frétillantes de l'armateur de la Lady en grande discussion avec un homme de la trentaine, un journaliste avec un accent allemand. Sans réfléchir plus longtemps ou lâcher les doigts de son amie, Galaad l'entraîna dans une folle course jusqu'à leur chambre. La porte se referma presque en claquant derrière elles.

- Trop... de monde.

Se justifia Jeanne. Trop de questions seraient posées auxquelles elle n'avait aucune envie de répondre et que son incapacité latente à mentir de manière convaincante peinerait à camoufler. Presque aussitôt pourtant, on frappa à la porte.

- C'est Frederik. J'suis désolé, on va pas pouvoir jouer c'soir. Trop d'clients on va finir tard. Désolé.

Même à travers la porte, le ton se mâtinait d'une réelle déception. "Peut-être demain?" aurait-il voulu se risquer sans pourtant oser. La politique de la maison prohibait trop de fraternisation avec la clientèle. Question de standing.

- Bonne nuit.

Conclut-il avant de filer rejoindre la salle bondée. Dans la chambre, Galaad éprouvait visiblement un certain soulagement. Machinalement, elle faillit se réinstaller sur le lit pour enfin s'y reposer avant de finalement se redresser.

- Allons voir Percy ! L'doc a dit qu'il dormirait jusqu'à demain, mais on sait jamais avec les irlandais.

Après un coup d'oeil pour vérifier que le couloir était vide, Jeanne frappa trois coups brefs à la porte de la chambre adjacente. Pas de réponse. Elle colla alors une oreille contre le bois. Pendant quelques secondes, elle écouta avant de se tourner à demi vers Alice.

- Y scie plus d'bois qu'un bûcheron.

Déverrouillant la porte, elle pénétra à l'intérieur, laissant Alice la suivre si elle le désirait. Dans les draps blancs, le poil roux et dru de l'irlandais ressortait nettement, de même que son caleçon rouge. Son ronflement emplissait la pièce entière, sonore. Il s'était à moitié découvert, laissant apercevoir le plâtre sur sa jambe blessée. A chaque expiration, sa moustache frémissait. Son visage endormi n'exprimait aucune douleur. Bref, Percy dormait du sommeil du juste, assommé par les calmants. En petite sœur aimante ou fiancée attentionnée, la différence ne tenait à pas grand chose, Jane le recouvrit soigneusement, l'emmaillotant à demi dans ses draps pour qu'il évite de chahuter pendant la nuit.

- On d'vrait faire comme lui.

HRP:
 
Galaad
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Sam 27 Fév - 22:59
Les doigts de chair d'Alice caressèrent le ruban. Ce n'était qu'un bout de tissu mais, aux yeux de l'Androïde, c'était un cadeau précieux. Il était rare qu'on lui offre quoi que ce soit, de manière désintéressée. Turquoise comme les yeux de Jane. Pour sûr qu'elle n'oublierait pas. Il lui suffirait de voir le ruban pour se rappeler toute cette journée, cette escapade au sein du Lady, la confrontation avec les depthscroungers , son premier repas dans un restaurant, cette balade au bord de la plage à la nuit tombée.

Si Alice avait eu des doutes, concernant son lien naissant avec Jane, cette dernière venait de les balayer efficacement avec son présent. Jane avait rejoint le cercle très fermé des amis. Peut-être même, qu'avec le temps, elle deviendrait membre de la famille, en tant que cousine américaine.

Le temps n'avait pas cessé sa course pour autant. Il leur fallait rentrer, rejoindre l'infortuné Percy abandonné à ses blessures. Docile, l'Androïde suivit les directives de Jane, rentrant la tête dans les épaules, baissant le regard, veillant à ne pas croiser celui d'un journaliste, sous peine de finir coincée dans un recoin, obligée de répondre à des questions dont les réponses seraient déformées.

Le jeu du chat et de la souris se conclut par la victoire des deux souris. L'Androïde emboîta le pas à Jane lorsqu'elle entra dans la chambre de Percy, se demandant, elle aussi, si l'homme se portait bien. Son ronflement semblait prouver que, oui, il allait bien. Merveilleusement bien, même. Alice se mordit la lèvre pour ne pas rire, mais il fallait avouer que la vision du Percy endormi était cocasse. Voire attendrissante. Et la façon dont Jane s'occupait de lui – Alice aurait été incapable de dire si elle agissait en tant que sœur, ou en tant que fiancée. L'Androïde préféra ne rien dire, de peur de briser le moment.

Alice veilla même à marcher à pas lents, le plus léger possible, en sortant de la chambre, laissant Jane refermer derrière elle. Précautions inutiles vu les ronflements du concerné – un train aurait pu entrer dans sa chambre, qu'il ne l'aurait sûrement pas entendu.

« Z'avez l'air de bien vous entendre toi et Percy. Vous vous connaissez depuis longtemps, non ? »

Façon détournée d'en apprendre plus sur la relation entre les deux, sans vraiment mettre de mots dessus.

Arrivée dans la chambre, Alice se laissa tomber sur le lit. L'Androïde jeta un regard perdu au couchage, ayant cru entendre un grincement inquiétant.

« J'oublie parfois qu'à cause de... ça... » Elle désigna son bras et sa jambe. « Je pèse plus lourd. »

Dénouant lacets et rubans, la jeune femme ôta chaussures, bas, robe ne se retrouvant qu'en chemise avant de se glisser dans les draps de l'unique lit. Dormir avec Jane ne la gênait pas outre-mesure – elles avaient bien pris un bain ensemble. D'un côté cela la rassurait même. C'était comme dormir avec une sœur, une personne de confiance, c'était moins effrayant que de demeurer seule, dans une couche glacée, dans un lieu totalement inconnu.

Alice replia son bras, glissant sa main sous sa tête pour pouvoir dévisager Jane. À son poignet demeurait toujours le ruban turquoise.

« Tu peux m'en dire plus sur les escapades sous-marines avec ta famille ? »

C'était comme écouter une histoire. Une histoire vraie aux allures de légende. Alice s'endormit, paisiblement, bercée par la voix de Jane.


Le lendemain, Alice retrouva sa robe dûment séchée, et un Percy bien plus frais que la veille. Les journalistes, eux, étaient toujours à l’affût ne lâchant pas le morceau. Il fallut trouver des trésors de patience, et de furtivité, pour pouvoir sortir de l'hôtel sans être découverts et encore moins stoppés. Le temps de son séjour en ville, l'Androïde avait souhaité être là pour assister les deux mécaniciens. À sa façon. Alice n'avait nullement l'expérience des employés du Walls Workshop Ltd. Mais elle avait la motivation et une ténacité à toute épreuve. Ainsi qu'un bras androïde dont la force, supérieure à celle d'un bras de jeune femme, pouvait aider pour quelques tâches. Ce qui n'était pas rien.

Alice passa ainsi plusieurs jours à prêter assistance, découvrant les tréfonds de la Lady, observant ses entrailles rouillées, ses organes malmenés. Elle apprenait auprès de Jane, l'écoutait toute émerveillée par ses connaissances, mâchant des sandwichs juchées, toutes deux, sur le cadavre de la Lady en rentrant, tels des lapins dans leur terrier, au sein du navire dès qu'un journaliste faisait mine de vouloir approcher le chantier.

Des jours à plonger les mains dans l'huile, à cuire sous le soleil, à respirer les embruns.

Des jours qui eurent l'effet salvateur escompté : redonner le sourire à Alice.

Lorsque le Zeppelin survola la plage, Alice eut un arrière-goût dans la bouche. Elle serra Jane dans ses bras dans une ultime étreinte. Elle s'en était faite une amie. La Roumaine veilla à ne pas perdre l'adresse de la Jane, la glissant dans une poche de sa robe.

« Je viendrais te voir. Dès que possible. » Qu'importe le temps qu'il faudrait, elle tiendrait cette promesse. « Et n'oublie pas. On doit aller voir les fonds sous-marins ensemble. J'exige d'être le premier passager de ce voyage ! Si jamais j'ai pas encore d'adresse, d'ici là, envoie-moi un oiseau mécanique. »

Alice serra, une ultime fois, Jane dans ses bras. Percy eut le même traitement. L'Androïde les salua, agitant la main en tout sens, accoudée au bastingage du Zeppelin. Son salut ne stoppa que lorsqu'elle fut incapable de distinguer leurs visages tandis que le Zeppelin s'éloignait. Le ruban turquoise s'agita au poignet d'Alice, fouetté par le vent.

Précisions et excuses:
 
Alice Liddell
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